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14/12/2012

Tabac, alcool, sevrage

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

L’échec des politiques de lutte contre le tabagisme

La Cour des comptes a remis, hier, un rapport d’évaluation des politiques de lutte contre le tabagisme, indique Le Monde. Elle y souligne un résultat « décevant » et « inquiétant » en raison d’une discontinuité des décisions, un manque de contrôle, le poids des lobbies… Elle constate une hausse de la prévalence du tabac, notamment chez les femmes et les jeunes. Selon la Cour, les politiques de lutte se sont « essoufflées » et leur échec est flagrant. Les mesures, prises comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la vente aux mineurs, ne font l’objet de quasiment aucun contrôle. Par ailleurs, les magistrats appellent à une remobilisation de « la fiscalité au service de la santé publique », avec un « relèvement soutenu » des prix du tabac à un niveau suffisant pour engendrer une baisse « effective et durable » de la consommation. Outre « le poids persistant des lobbies économiques et de leurs discours », la Cour regrette qu’aucun plan spécifique n’ait été lancé depuis 1976 et la loi Veil, explique le journal. Les magistrats recommandent, par ailleurs, une prise en charge du sevrage, particulièrement pour des groupes ciblés. Ils déplorent que « le coût pour la société des décès [liés au tabac] n’ait jamais été finement évalué », explique le quotidien. La Cour souhaite que « le ministère de la Santé reprenne le rôle de coordination de la lutte contre le tabagisme ».

Le Monde, 14/12

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/12/13/la-cour-des-comptes-fustige-l-echec-des-politiques-de-lutte-contre-le-tabagisme_1805512_1651302.html

La perte de mémoire avec l’alcool complique le sevrage

Lors d’une rencontre-débat organisée par l’Inserm avec les associations d’entraide aux personnes en difficulté avec l’alcool, des spécialistes ont souligné hier à Paris que « les alcooliques souffrent souvent de troubles de la mémoire qui compliquent singulièrement leur prise en charge », indique l’AFP. « Les atteintes sont très variables », estime Hélène Beaunieux, chercheuse en neuropsychologie. Cette dernière, qui travaille depuis plusieurs années à l’Université de Caen sur l’impact de l’alcoolisme sur la mémoire, estime que la prise en charge hospitalière n’est pas adaptée pour les troubles cognitifs, rapporte l’agence de presse. L’alcool peut avoir des effets sur la mémoire à court terme, ainsi que la mémoire épisodique. Ainsi, lorsque cette dernière est déficitaire par exemple, les patients arrivent à l’hôpital alors qu’ils « n’ont pas encore pris conscience de leur problème », souligne la chercheuse. Elle constate, avec ses travaux, que la capacité d’apprentissage des personnes alcooliques est également « plus coûteuse et moins efficace » que celle de personnes non alcooliques, qu’il s’agisse d’acquérir des nouvelles connaissances ou des nouvelles procédures. Cette perte de mémoire est cependant généralement réversible chez les patients abstinents, sauf pour ceux atteints du syndrome de Korsakoff, la forme la plus sévère de l’alcoolo-dépendance.

AFP, 13/12
Alcool et recherche : du laboratoire au malade

http://presse-inserm.fr/alcool-et-recherche-du-laboratoire-au-malade/5782/

journal-alcool-30nov2.pdf

13/12/2012

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et les perturbateurs endocriniens : lobbying

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/perturbateurs-endocriniens-bruxelles-se-dechire_1804965_3244.html

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Perturbateurs endocriniens : Bruxelles se déchire

LE MONDE | 12.12.2012 à 14h49 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h51 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Rarement groupe d'experts aura été scruté avec autant d'attention. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a discrètement publié sur son site Internet, lundi 3 décembre, la composition d'un panel de scientifiques dont la tâche délicate sera de rendre, en mars 2013, un rapport sur les perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques (bisphénol A, phtalates, pesticides, etc.) sont soupçonnées d'être la cause majeure dans la recrudescence de certains troubles (infertilité, cancers hormonodépendants, obésité, etc.) et sont au centre d'une attention grandissante.

Si l'affaire est sensible, c'est qu'elle a tous les traits d'une bataille bruxelloise, engagée entre la direction générale chargée de l'environnement (DG Environnement) d'une part, et son homologue chargée de la santé du consommateur (DG Sanco) de l'autre. C'est en effet cette dernière qui a saisi l'EFSA, en octobre, d'un rapport sur le sujet. La DG Environnement avait, fin 2011, confié une tâche semblable à un groupe de scientifiques conduits par Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres, tâche dont ils s'étaient acquittés avec la publication, en janvier, du Rapport Kortenkamp.

La saisine de l'EFSA par la DG Sanco avait soulevé l'inquiétude des organisations non gouvernementales (ONG). Une vingtaine d'entre elles ont adressé début octobre un courrier de protestations à la Commission européenne.

"Il y a de très grands risques que les experts qui se pencheront sur la question des perturbateurs endocriniens soient de mèche avec l'industrie qui n'a pas intérêt à ce que soit retenue une définition large des perturbateurs endocriniens", n'avait pas hésité à déclarer, de son côté, la députée européenne Michèle Rivasi (EELV).

"11 EXPERTS SUR LES 18 N'ONT AUCUNE EXPÉRIENCE DANS LE DOMAINE"

De fait, la principale mission des dix-huit experts nommés par l'agence européenne basée à Parme (Italie) sera de fournir les critères qui permettront de ranger – ou non – les molécules chimiques de synthèse en circulation dans la catégorie des perturbateurs du système hormonal – ce qui les soumettra de facto à une réglementation spécifique.

Qui sont les dix-huit scientifiques choisis par l'EFSA ? Les responsables de l'agence assurent avoir choisi des experts reconnus, dont les compétences recouvrent l'ensemble des domaines qui doivent être abordés dans le rapport demandé par la DG Sanco.

Les ONG, de même que de nombreux chercheurs engagés dans le débat, ne partagent pas ce point de vue. Le Pesticide Action Network (PAN) a passé au crible les publications des membres du groupe de travail de l'EFSA et en tire de cinglantes conclusions. "Seuls trois des experts sur les dix-huit choisis ont une expérience scientifique sur la question du système endocrinien, dit Hans Muilerman, porte-parole de PAN-Europe. Onze n'ont aucune expérience d'aucune sorte dans ce domaine."

Sur les dix-huit scientifiques choisis, quinze sont décrits par l'ONG comme "non-actifs" – c'est-à-dire ayant publié moins d'un article de recherche par an au cours des cinq dernières années. En outre, huit des scientifiques sélectionnés ont déclaré des liens d'intérêt récents ou en cours avec des industriels – en particulier à travers l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par les principaux acteurs de la chimie, de la pharmacie, de l'agroalimentaire et de l'agrochimie.

De son côté, Lisette van Vliet, conseillère scientifique de Health and Environment Alliance, remarque que "trois des experts choisis par l'EFSA appartiennent aux agences nationales allemande ou britannique ". Or ces dernières ont déjà adopté, en 2011, une position commune sur la définition des perturbateurs endocriniens, jugée laxiste et trop peu protectrice par de nombreux spécialistes.

IMPLICATIONS COMMERCIALES DES OPINIONS SCIENTIFIQUES...

"L'approche privilégiée par les agences britannique et allemande repose sur l'évaluation du potentiel des différents perturbateurs endocriniens. C'est à mon avis une approche arbitraire, non justifiée scientifiquement et insuffisamment protectrice, estime ainsi le professeur Andreas Kortenkamp, principal auteur du rapport commandé par la DG Environnement. De notre côté, nous avons adopté une approche plus flexible et plus protectrice, qui prend en compte l'irréversibilité des effets de certaines substances. En mai 2012, l'agence française s'est rapprochée des points de vue allemand et britannique, ce que je regrette énormément."

Marc Mortureux, directeur général de l'Anses, estime pour sa part que la position prise par son agence est "médiane".

Dans ce dossier très technique aux implications économiques et sanitaires considérables, les soupçons d'ingérence industrielle sont fréquents. "L'agence britannique a partiellement justifié sa position par les effets financiers importants qu'aurait une classification plus large des perturbateurs endocriniens, mais elle ne devrait pas se préoccuper des implications commerciales de ses opinions scientifiques, estime M. Kortenkamp. Ce faisant, elle ne remplit pas sa mission qui est de protéger notre santé, pas de préserver les intérêts des industriels."

Le groupe de travail de l'EFSA va-t-il pencher du côté des agences britannique et allemande ? Catherine Geslain-Lanéelle, directrice de l'agence européenne, veut relativiser la portée du rapport qui sera rendu en mars 2013. "Nous devrons répondre à trois questions : sur la définition des perturbateurs endocriniens, sur celle d'un effet négatif, sur la capacité des tests toxicologiques actuels à les évaluer, indique-t-elle. Nous n'allons pas tout reprendre à zéro."

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/la-doctrine-de-l-autorite-europeenne-de-securite-sanitaire-est-de-plus-en-plus-isolee_1804967_3244.html

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La doctrine de l'autorité européenne de sécurité sanitaire est de plus en plus isolée

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h23 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h50             

La science, dit-on, est un sport de contact. Alexandre Feigenbaum en a fait l'amère expérience. Directeur de l'unité "Ingrédients et emballages alimentaires" de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), ce chimiste français, ancien chercheur à l'Institut national de recherche agronomique (INRA), représentait l'agence européenne à un colloque international tenu en septembre à Berlin, qui a réuni quelque 200 scientifiques sur le thème des perturbateurs endocriniens.

M. Feigenbaum était venu présenter la position de l'EFSA sur la question des effets produits à très faibles doses par ces substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Après sa présentation, "il a été durement interpellé et n'a pas pu répondre aux questions qui lui étaient posées", raconte le biologiste américain Frederick vom Saal (professeur à l'université du Missouri), invité à donner une conférence au cours du même colloque. La position officielle de l'EFSA est que ces effets à faible dose des perturbateurs endocriniens ne sont pas avérés.

"Il lui a été vivement demandé pourquoi l'EFSA ne parvient pas aux mêmes conclusions que l'Anses , le National Toxicology Program américain, etc., en regardant les mêmes données, raconte une participante. Quelqu'un a publiquement suggéré que c'était parce que l'EFSA n'arrivait pas à gérer ses conflits d'intérêts... L'ambiance était assez intense."

L'EFSA IGNORE DES DÉCENNIES DE RECHERCHES EN ENDOCRINOLOGIE

Selon nos informations, les organisateurs du colloque ont bouleversé le programme des interventions à la demande du scientifique français, pour lui offrir la possibilité d'une allocution en forme de réponse, attestant de la probité et de la compétence des experts de l'EFSA. A travers le service de presse de l'agence européenne, M. Feigenbaum assure pour sa part avoir eu des "retours très positifs" après sa présentation... Outre ses fonctions de chercheur à l'INRA et d'expert ès "matériaux au contact des aliments" auprès de l'ancienne Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), il confirme avoir été conseiller scientifique de Tupperware pendant douze ans. Il a aussi conseillé la firme Cofresco, une autre société d'emballage, pendant trois ans... Il assure avoir interrompu ces collaborations en 2007, à son entrée à l'EFSA, mais sa déclaration d'intérêts n'est pas rendue publique sur le site de l'agence européenne.

Sur le dossier des perturbateurs endocriniens, celle-ci est de plus en plus isolée. Un autre participant au colloque de Berlin confirme que la position du représentant de l'EFSA était "très marginale". Un système de vote électronique avait été mis en place par les organisateurs de la manifestation, afin de mesurer le niveau d'adhésion des scientifiques participants à l'idée que certaines substances chimiques puissent agir sous les niveaux conventionnels d'activité. Les résultats n'en sont pas encore publiés.

La mise en doute de ces effets aux faibles doses ulcère littéralement les endocrinologues. "L'EFSA ignore volontairement des milliers d'études et des décennies de recherche en endocrinologie, tempête M. vom Saal, une figure de l'endocrinologie américaine. J'ai évoqué la position de l'EFSA au cours d'une réunion de l'Endocrine Society : c'était comme annoncer à un congrès d'astrophysique qu'il reste des gens pour croire que la Terre est plate et qu'elle est au centre de l'Univers..."

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/le-troublant-parcours-d-un-toxicologue-suisse_1804968_3244.html

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Le troublant parcours d'un toxicologue suisse

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h50 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Selon des documents obtenus par la journaliste indépendante et documentariste Stéphane Horel, publiés mardi 11 décembre sur son site Web (www.stephanehorel.fr), l'un des membres du groupe de travail réuni par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les perturbateurs endocriniens a été, par le passé, en lien étroit avec l'industrie du tabac.

Le toxicologue Josef Schlatter, aujourd'hui retraité de l'Office fédéral suisse de la santé publique, membre du comité scientifique de l'EFSA, a bénéficié de subsides des cigarettiers entre 1972 et 1985, utilisés pour financer ses recherches, pour des sommes de l'ordre de 300 000 dollars (230 660 euros au cours actuel).

LOBBYING SCIENTIFIQUE FONDÉ PAR DES ENTREPRISES

L'un des documents mis au jour par Stéphane Horel relate une réunion de l'Association suisse des fabricants de cigarettes, en 1983, au cours de laquelle est évoquée la demande faite à M. Schlatter d'"écrire une review sur le tabagisme dans les lieux publics qui devra être publiée dans une revue scientifique de haute tenue".

Un autre mémo, daté de 1984, précise que l'étude sur le tabagisme passif menée par M. Schlatter aura pour but d'être "utilisée comme source d'arguments pour des articles de presse vulgarisés". 

La présence de M. Schlatter à des réunions des industriels du tabac est attestée jusqu'en novembre 1985. Moins de cinq ans plus tard, le toxicologue suisse occupe un poste à l'Office fédéral suisse de la santé publique, où il est chargé d'un dossier crucial pour les cigarettiers : l'autorisation de nouveaux additifs dans le tabac...

Aujourd'hui, Josef Schlatter – qui n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est seulement tenu de déclarer ses collaborations avec l'industrie dans les cinq années écoulées. Celles-ci sont au demeurant nombreuses et concernent principalement l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par un grand nombre d'entreprises.

03/12/2012

Soleil, vitamine D et sclérose en plaque ; maïs et diabète

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Des travaux de chercheurs anglais, publiés dans la revue Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, montrent « l’impact de l’ensoleillement dont a bénéficié la mère pendant la grossesse sur le risque ultérieur de l’enfant au cours de sa vie » d’être atteint de sclérose en plaques, indique Le Figaro.

Les chercheurs britanniques, qui ont compilé toutes les études scientifiques consacrées dans le monde à ce sujet et ont analysé les dates de naissance de 152 000 personnes souffrant de sclérose en plaques dans les pays du Nord de l’Europe et de l’Amérique du Nord, ont constaté « un risque accru de cette maladie de l’ordre de 5% pour les personnes nées au mois d’avril par rapport à ce que l’on pourrait attendre si l’exposition au soleil ne jouait aucun rôle ».

Les auteurs concluent que « (…) cela conforte l’hypothèse d’une intervention précoce, pendant la grossesse, par une supplémentation en vitamine D pour prévenir la sclérose en plaques ».

Le Figaro, 03/12

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Des chercheurs de l’université de Californie du Sud et de l’université d’Oxford, dont les travaux ont été publiés en ligne par la revue Global Public Health fin novembre, ont découvert que « les pays où l’on consomme beaucoup de boissons contenant du sirop de maïs à haute teneur en fructose présentent une prévalence du diabète de type 2, souvent associé à l’obésité, de 20% supérieure aux pays qui n’y ont pas ou peu recours », indique Le Monde. 

Le Monde, 01/12

30/11/2012

Les perturbateurs endocriniens dans notre environnement

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

 Les effets nocifs des retardateurs de flamme

Plusieurs études américaines rendent compte des risques pour la santé humaine des retardateurs de flamme, indique Le Figaro.

Certains polybromodiphényléthers (PBDE), utilisés par les industriels dans les produits courants (moquette, literie…), ont été par la suite interdits en raison de leurs effets cancérigènes, neurotoxiques et étant des perturbateurs endocriniens.

L’ensemble des Etats-Unis, mais aussi les pays européens, sont cependant encore aujourd’hui concernés par une pollution aux PBDE.

Une étude réalisée par l’université de Californie, à Berkeley, auprès de plus de 270 femmes enceintes et 270 enfants âgés de 7 ans, révèle « chez ces derniers un déficit d’attention et un manque de coordination des mouvements » en raison d’une forte concentration en PBDE, souligne le journal.

Une étude, menée en 2011 dans 16 habitations californiennes et publiée en ligne dans la revue Environmental Science and Technology, souligne par ailleurs que, même après avoir été interdit progressivement à partir de 2004 aux Etats-Unis et en Europe, le Penta BDE continue de polluer les habitations via les objets domestiques achetés avant l’interdiction.

Une pétition a été lancée en Californie afin d’obtenir l’abolition de la norme TB117 et de demander des produits sans retardateurs de flamme

Le Figaro, 30/11

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/11/29/19499-alertes-etats-unis-sur-lesretardateurs-flamme

Alertes aux États-Unis sur lesretardateurs de flamme

Mots clés :toxicologie
Par figaro iconYves Miserey - le 29/11/2012
 
Omniprésents dans les plastiques et les textiles depuis les années 1970 pour éviter les risques d'incendie, les polybromodiphényléthers (PBDE) provoquent des retards chez les enfants fortement exposés.

Plusieurs études américaines publiées cette semaine remettent sur le tapis la problématique des retardateurs de flammes et des risques qu'ils présentent pour la santé humaine. Toutes ont en commun d'avoir été conduites en Californie. En effet, en 1975, cet État américain a mis en place une norme très stricte pour limiter les risques d'incendie dans les habitations connue sous le sigle TB117. Cette réglementation a amené les industriels à intégrer des polybromodiphényléthers (PBDE) dans la literie, les moquettes, les appareils électroniques, les vêtements, les poussettes…

Quand des études ont montré que certaines de ces molécules permettant d'ignifuger les plastiques et les textiles sont cancérigènes, neurotoxiques ou font partie des perturbateurs endocriniens, elles ont été interdites. Mais il était déjà trop tard: la Californie et les États-Unis, qui avaient suivi le mouvement, comptent aujourd'hui parmi les régions du monde les plus polluées par les PBDE. Les pays européens sont concernés, eux aussi. On retrouve des PBDE partout, car ils circulent sous forme de poussières: dans l'atmosphère, dans l'eau et dans la chaîne alimentaire, jusque dans les zones arctiques. Une fois ingérés ou inhalés, ils s'accumulent dans les graisses.

Il est difficile de se débarrasser des PBDE

L'ingestion de PBDE a des conséquences sur la santé. Les enfants exposés à de fortes concentrations de PBDE, comme c'est le cas dans la région de Monterey, n'ont pas un développement cérébral normal (Environmental Health Perspectives, en ligne). Une étude conduite par l'université de Californie à Berkeley auprès de plus de 270 femmes enceintes et 270 enfants âgés de 7 ans montre chez ces derniers un déficit d'attention et un manque de coordination des mouvements. «Cette étude est très importante car elle confirme des recherches montrant l'impact des retardateurs de flamme sur le développement cognitif», souligne sur le site Web de l'Académie des sciences américaine Heather Stapleton, de l'université Duke, une des meilleurs spécialistes américaines de la question.

Problème, il est difficile de se débarrasser des PBDE. Le Penta BDE qui a été progressivement banni aux États-Unis et en Europe à partir de 2004, continue aujourd'hui encore de circuler dans les poussières des habitations. C'est ce que révèle une étude conduite en 2011 dans seize habitations californiennes et publiée en ligne dans la revue Environmental Science and Technology. Présent dans les objets domestiques achetés avant l'interdiction, le PBDE est relargué au fil du temps quand la moquette et le vieux canapé se dégradent un peu plus chaque jour. Les scientifiques sont particulièrement préoccupés pour les jeunes enfants. Ce sont eux potentiellement les plus exposés car ils marchent souvent à quatre pattes et mettent les doigts à la bouche.

Une pétition lancée en Californie

Les retardateurs de flammes comportent un très grand nombre de molécules et les industriels ne donnent aucune information sur la composition de leurs produits. La même étude a révélé la présence de 102 PBDE ainsi que d'un «nouveau» retardateur de flamme. Il s'agit du TDCPP (Tris-phosphate) qui a été détecté dans 75 % des habitations californiennes étudiées. Cette molécule qui avait été utilisée dans les pyjamas pour enfants, avait été retirée à la fin les années 1970, compte tenu de sa toxicité. Les scientifiques s'étonnent de la retrouver aujourd'hui intégrée à beaucoup d'objets domestiques. En 2011, l'agence californienne de santé avait demandé à ce qu'elle soit classée comme cancérigène.

Une pétition a été lancée en Californie pour abolir la norme TB117 et demander des produits sans retardateurs de flamme. En effet, des études ont montré qu'ils dégagent des fumées très toxiques en cas d'incendie. Les militants les plus virulents n'hésitent pas à faire le parallèle entre les industriels du tabac dans le passé et ceux des retardateurs de flamme aujourd'hui.

LIRE AUSSI:

» Des produits chimiques dans des sièges auto

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et aussi :

http://pubs.acs.org/action/doSearch?action=search&searchText=PBDE&qsSearchArea=searchText&type=within&publication=40025991

Environ. Sci. Technol., 2012, 46 (13), pp 7373–7381
Publication Date (Web): June 1, 2012 (Article)
DOI: 10.1021/es3003487
Factors Associated with Serum Polybrominated Diphenyl Ether (PBDE) Levels Among School-Age Children in the CHAMACOS Cohort 

Polybrominated diphenyl ethers (PBDEs) are a class of flame retardants historically used in textiles, furniture, and electronic products. Recent studies have documented widespread PBDE exposure to humans, with higher levels measured in children than adults. We analyzed 10 tri- to hepta-BDE congener levels in blood collected from 7-year old Mexican-American children living in an agriculture community in California (n = 272). The most frequently detected PBDE congeners in child serum were BDE-47, -99, -100, and -153, all of which were measured in >99% of the children. We used multiple linear regression models to examine associations between child total PBDE levels (ng/g lipid) and determinants of exposure. Factors positively associated with higher PBDE levels in the children were total PBDE levels in maternal serum during pregnancy, duration of exclusive breastfeeding, and having no safe places to play in their neighborhood. Child BMI was inversely associated with serum PBDE levels (regression p-values <0.05). Our findings confirm that exposure to the penta-BDE mixture is ongoing, and that Mexican-American children living in California may be experiencing higher PBDE exposure from their environment compared to children sampled from the general U.S. population. Additional research is needed to assess the health impacts of these exposures.

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résumé :

Determinants of Serum Polybrominated Diphenyl Ether (PBDE) Levels among Pregnant Women in the CHAMACOS Cohort

Environ. Sci. Technol., 2011, 45 (15), pp 6553–6560
Publication Date (Web): July 13, 2011 (Article)
DOI: 10.1021/es104295m
 
Determinants of Serum Polybrominated Diphenyl Ether (PBDE) Levels among Pregnant Women in the CHAMACOS Cohort 

We measured levels of 10 polybrominated diphenyl ether (PBDE) congeners in serum collected during pregnancy and at delivery from 416 pregnant, predominantly immigrant, women living in Monterey County, CA. The most frequently detected congeners were BDE-47, -99, -100, and -153, all components of the penta mixture, detected in >97% of samples. We used multivariable regression models to examine factors associated with exposure to individual PBDE congeners as well as their total summed concentration (ng/g lipid). Prenatal and delivery total PBDE levels were correlated between sampling times (n = 21; Pearson r = 0.99, p < 0.001). In multivariable models, total PBDE levels increased significantly with time residing in the U.S. (p < 0.001) and among women with ≥3 pieces of stuffed furniture in their homes (p < 0.05). Women’s total PBDE levels increased 4.0% (95% CI = 2.8, 5.3) for each additional year residing in the U.S., after adjustment for prepregnancy BMI, weight gain during pregnancy, and SES. Having ≥3 pieces of stuffed furniture in the home was associated with a 26.8% (95% CI = 2.0, 57.5) increase in women’s serum PBDE levels. Findings suggest PBDE indoor contamination in California homes is contributing to human exposures in a population of recent immigrants.

21/11/2012

Merveilleuse nature !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/dans-le-nid-du-merion-sans-mot-de-passe-point-de-nourriture-20-11-2012-1531312_25.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20121121

Dans le nid du mérion, sans mot de passe, point de nourriture

Le Point.fr - Publié le 20/11/2012 à 16:56

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Pour assurer la survie de l'espèce, le mérion superbe (Malurus cyaneus) a développé une parade étonnante face à la très indélicate habitude du coucou de Horsfield (Chrysococcyx basalis), qui a pour coutume de lui faire élever ses petits au détriment de sa propre progéniture... Ce dernier profite généralement d'une absence ou d'un moment d'inattention pour installer ses oeufs, bien au chaud, dans le nid du mérion. De sorte que ses rejetons, qui brisent leur coquille au bout de deux jours contre cinq pour les petits du volatile hôte, puissent jeter par dessus bord les autres oeufs pour se faire adopter, et éliminer au passage la descendance de ses parents adoptifs... Une stratégie redoutable et quelque peu cruelle qui fonctionne tout de même dans 60 % des cas. Comment certains couples de mérions arrivent-ils donc à échapper à la supercherie ?

 
 

C'est en enregistrant les vocalises de dames mérions près de leur nid que la biologiste Sonia Kleindorfer de la Flinders University d'Adelaïde, en Australie, a fait l'étonnante découverte. Selon le résultat de ses recherches publié récemment dans la revue scientifique Current Biology, les femelles, qui ne cèderaient pas à l'appel du jeune coucou et finiraient par le délaisser, auraient produit un chant bien spécifique pendant les cinq jours correspondant à la période d'incubation de ses oeufs, et uniquement pendant celle-ci. Loin d'une simple berceuse, la scientifique a établi qu'il s'agissait d'une sorte de mot de passe que les oisillons apprennent dans l'oeuf et reproduisent ensuite pour réclamer de la nourriture. Sauf qu'étant donné la complexité de la mélodie, les petits coucous, qui sortent de leur coquille en seulement deux jours, n'auraient pas le temps de la mémoriser et seraient ainsi démasqués et abandonnés.

Seuls les petits mérions, forts de leurs cinq jours d'apprentissage, y parviendraient donc ? Pas tout à fait... En plaçant dans des nids de mérion les oeufs d'autres oiseaux à maturation lente, la biologiste a constaté que les oisillons d'autres espèces étaient capables de s'approprier le code. Sauf que, dans la nature, ceux-ci n'ont heureusement pas l'habitude d'abuser de l'instinct maternel du mérion.

16/11/2012

Les armes les plus anciennes des Homo ont 500 000 ans

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/11/15/decouverte-de-pointes-de-lance-datant-de-500-000-ans_1791343_1650684.html

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Découverte de pointes de lance datant de 500 000 ans

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 15.11.2012 à 14h15 • Mis à jour le 16.11.2012 à 09h43 Par Hervé Morin

La longue histoire des armes de chasse s'enrichit d'un nouveau chapitre, avec la découverte en Afrique du Sud de pierres taillées datées de 500 000 ans, qui auraient servi de pointes fixées sur des lances. Ce qui vieillit de 200 000 ans l'invention de cette technologie, qui pourrait désormais être attribuée à Homo heidelbergensis, et non à Homo neanderthalensis ou à Homo sapiens, apparus plus récemment.

Ces pierres taillées, décrites par Jayne Wilkins (département d'anthropologie de l'université de Toronto) et ses collègues dans la revue Science du 16 novembre, ont été trouvées lors de fouilles sur le site de Kathu Pan, en Afrique du Sud. Dans des niveaux datés d'environ 500 000 ans, les chercheurs ont exhumé une collection de fines pointes triangulaires, de trois à dix centimètres de long environ.

 

CARCASSES D'ANTILOPES

Observées au microscope, nombre d'entre elles présentaient des fractures à leur extrémité, "ce qui, du point de vue archéologique, implique qu'elles étaient utilisées au bout d'armes". En outre, à la base de certaines d'entre elles, des éclats de pierre avaient été retirés. "Ce travail pourrait refléter une taille intentionnelle visant à permettre la liaison avec un manche" - en l'occurrence, un épieu.

Pour mettre à l'épreuve cette hypothèse, l'équipe a reproduit des pointes lithiques similaires, taillées dans la même roche sédimentaire ferreuse. Elle les a fixées à des hampes de bois avec de la résine d'acacia et des tendons de boeuf. Et elle a utilisé une arbalète pour reproduire précisément des coups de lance, donnés à bout portant sur des carcasses d'antilopes.

Ces pointes sont des copies modernes fabriquées pour étudier l'usure de ces outils lithiques: des tests ont été effectués sur des carcasses d'antilopes.Ces pointes sont des copies modernes fabriquées pour étudier l'usure de ces outils lithiques: des tests ont été effectués sur des carcasses d'antilopes. | Jayne Wilkins

 "Ces pointes ont bien fonctionné et ont pénétré de façon adéquate dans la cible", notent les chercheurs, qui ajoutent que, sur les 32 répliques testées, il a fallu tirer à de multiples reprises pour voir apparaître des dommages sur la pointe. Deux fois seulement, la pièce s'est retrouvée trop endommagée pour resservir.

"C'est vraiment une surprise de rencontrer de tels objets à une période aussi ancienne", commente Vincent Mourre, de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Il souligne que l'Afrique du Sud, peu explorée sur le plan archéologique, est un terrain prometteur pour de telles découvertes.

RABATTRE ET CERNER LE GIBIER

Comment Homo heidelbergensis (dont le statut d'ancêtre de Neandertal et/ou d'Homo sapiens est débattu) tirait-il profit de cette innovation ? A cette époque, ni le propulseur, apparu il y a 20 000 ans, ni l'arc, né il y a 12 000 ans, ne sont disponibles. "On pense qu'il s'agissait d'armes non de jet mais d'hast, gardées à la main au moment de porter le coup, indique Vincent Mourre. Cela impliquait des chasses collectives, avec l'utilisation du terrain pour rabattre et cerner le gibier, qu'il fallait pouvoir s'approcher."

En quoi la pierre était-elle avantageuse par rapport à un épieu de bois ? "Une arme composite pouvait être un bon investissement : vous conservez le manche, et il suffit de quelques minutes pour tailler une nouvelle pointe", note Vincent Mourre, passé maître dans la facture de tels outils.

L'électrochoc toujours à la mode

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/11/15/volte-face-sur-l-electrochoc_1791344_1650684.html

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Volte-face sur l'électrochoc

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 15.11.2012 à 14h15 • Mis à jour le 15.11.2012 à 17h16 Par Sandrine cabut

Les idées reçues ont la vie dure. Lancez la conversation sur les électrochocs autour de vous et vous obtiendrez immanquablement un flot de réactions négatives : association spontanée au film Vol au-dessus d'un nid de coucou avec Jack Nicholson (qui date de 1975, soit près de quatre décennies) ; image d'un traitement psychiatrique brutal, voire inhumain, en tout cas dépassé... Pourtant, un ouvrage collectif récent sur le sujet, L'Electroconvulsivothérapie. De l'historique à la pratique clinique : principes et applications (éditions Solal, 403 p., 45 euros), invite à en finir avec la réputation sulfureuse de cette technique, aussi appelée sismothérapie.

Coordonné par deux psychiatres, les docteurs David Szekely et Emmanuel Poulet, et rédigé par plus de cinquante contributeurs, ce livre de référence s'adresse avant tout à un public de professionnels. Mais il a le grand intérêt de montrer que les pratiques actuelles sont scientifiquement validées et correctement encadrées, du moins dans un pays comme la France. Plus étonnant, on réalise à travers les nombreuses références scientifiques citées que l'électroconvulsivothérapie fait toujours l'objet d'un champ intense de recherches pour préciser ses modes d'action, optimiser l'efficacité et réduire les effets secondaires, évaluer de nouvelles indications...

 
 

 

Depuis la première expérience (réalisée en 1938 par deux médecins italiens, Ugo Cerletti et Lucio Bini, chez un homme schizophrène), le principe reste inchangé : il s'agit, en délivrant un courant électrique au moyen d'électrodes placées sur le crâne, de provoquer une crise convulsive généralisée. Les modalités ont en revanche beaucoup évolué, et le cadre réglementaire est précisément défini.

Ainsi, l'anesthésie générale est devenue systématique, tout comme l'information et le consentement écrit du patient ou dans certains cas de son représentant légal. Surtout, comme le soulignent le docteur René Benadhira et ses collègues de l'hôpital Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne) dans leur chapitre sur l'évolution de l'activité d'électroconvulsivothérapie dans le monde, elle est devenue "un traitement très technique, et c'est désormais sur ce terrain-là que le débat se situe" : type de courant utilisé, position des électrodes, rythme d'administration...

En France, comme dans la plupart des autres pays où elle est pratiquée, la sismothérapie est principalement proposée dans les troubles de l'humeur. "Malgré les progrès thérapeutiques récents (...), l'électroconvulsivothérapie (ECT) reste un traitement essentiel de la dépression. Sa place est unique dans les dépressions sévères, et l'ECT permet encore d'améliorer la survie du malade", écrivent Walid Choucha et Philippe Fossati, du service de psychiatrie adulte à l'hôpital la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

"En urgence, dans les cas de dépression les plus graves avec un risque suicidaire majeur ou bien une opposition à l'alimentation ou à l'hydratation qui mettraient à court terme le pronostic vital en jeu, c'est un traitement qui doit être considéré en première intention, car il agit plus vite que les antidépresseurs", précise David Szekely, praticien au CHU de Grenoble. L'indication la plus fréquente reste toutefois la dépression multirésistante aux antidépresseurs. Dans les épisodes dépressifs majeurs, le taux de réponse à la sismothérapie est de 80 % à 90 %, alors qu'il est limité à 60 %-70 % avec les médicaments antidépresseurs, indiquent les docteurs Chocha et Fossati, en précisant que les dépressions des personnes âgées représenteraient plus d'un tiers des ECT en psychiatrie.

L'efficacité parfois spectaculaire de cette approche sur les symptômes dépressifs est aussi reconnue par les patients eux-mêmes, comme en témoignent des récits sur des blogs ("Lelectronlibre. ca") ou lors d'émissions médicales (voir par exemple un documentaire sur le site de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille, Ap-hm. fr). L'électroconvulsivothérapie est aussi une option thérapeutique dans d'autres maladies neuropsychiatriques, en particulier certaines formes de schizophrénie.

Son mode d'action n'est pas encore totalement élucidé. Des études chez l'animal et chez l'homme, en particulier avec les nouvelles méthodes d'imagerie, suggèrent que les effets thérapeutiques reposent, au moins en partie, sur des propriétés de neuroplasticité. Une étude récente en IRM a ainsi montré que la sismothérapie induit une augmentation de volume de l'hippocampe structure cérébrale impliquée notamment dans la mémorisation. Les examens anatomiques en imagerie ont aussi permis de vérifier l'absence d'effets délétères des électrochocs sur l'encéphale. Pour autant, il est bien connu que cette thérapie peut entraîner des troubles cognitifs, principalement confusion juste après la séance et atteintes de la mémoire, des effets secondaires dont les patients doivent être avertis. Les auteurs soulignent toutefois que l'effet amnésiant persiste rarement au-delà de six mois, et qu'il peut être limité en adaptant les paramètres de stimulation.

Curieusement, les données d'activité des nombreux centres privés et publics pratiquant l'ECT en France restent méconnues. Selon la Caisse d'assurance-maladie, 21 124 séances ont été réalisées en France en 2011 dans des établissements privés. L'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation (ATIH) a de son côté enregistré 8 534 actes de sismothérapie en 2011 dans les hôpitaux publics, mais ces chiffres ne comprennent pas les séances réalisées dans les établissements spécialisés en psychiatrie, probablement les plus nombreuses.

En clair, il est actuellement impossible de savoir précisément combien de malades sont traités par sismothérapie dans l'Hexagone. Pour le docteur David Szekely, le manque de données est d'autant plus paradoxal que tous les centres pratiquant cette technique font l'objet d'une autorisation spécifique des agences régionales de santé. Avec l'Association française de psychiatrie biologique et neuropsychopharmacologie (AFPBN), le psychiatre envisage de réaliser une cartographie recensant tous ces centres et le nombre de patients traités.

22/10/2012

Infertilité féminine : comment restaurer l’ovulation ?

lu sur : 

http://presse-inserm.fr/infertilite-comment-restaurer-lovulation/4660/17 

Infertilité : comment restaurer l’ovulation ?

17.10.2012 - Communiqué

Il est bien établi que l’allaitement chez la femme entraîne à la fois une augmentation de la sécrétion de l’hormone prolactine et inhibe les capacités d’une femme à ovuler. Ceci empêche la survenue d’une nouvelle grossesse trop précoce ce qui a fait que l’allaitement a été utilisé comme méthode contraceptive par le passé. A côté de cet état physiologique, il existe de nombreuses situations pathologiques où la prolactine augmente. L’une des plus fréquentes sont des tumeurs qui entrainent une trop forte sécrétion de cette hormone. Chez ces femmes existe une infertilité chronique par anovulation. Les travaux des chercheurs de l’Inserm (Unité 693 «Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique ») ont permis de découvrir le mécanisme intime des altérations de l’hyperprolactinémie sur la reproduction chez la souris.
Ces travaux sont publiés dans JCI

Les hyperprolactinémies sont une cause majeure d’anovulation, et responsables de troubles des règles et d’infertilité.

Toutefois, les mécanismes à l’origine de cette pathologie n’étaient pas finement connus. On savait seulement que l’élévation de la prolactine entrainait chez la femme une perturbation d’une des hormones les plus importantes dans la reproduction et la fertilité : la GnRH[1].

Cet effet inhibiteur de la prolactine sur les neurones à GnRH n’était pas compris car ces neurones dans leur grande majorité n’exprimaient pas le récepteur de la prolactine.

Les chercheurs ont alors émis une autre hypothèse : celle d’une action indirecte via d’autres molécules.

L’équipe de Jacques Young et de Nadine Binart à l’unité Inserm 693 « Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique »  à l’hôpital de Bicêtre a mis en évidence un effet indirect de la prolactine sur la GnRH. Ils ont démontré, en utilisant un modèle de souris de la maladie, que la prolactine inhibe en fait la sécrétion de neurones situés en amont des neurones à GnRH et essentiels à leur fonctionnement. Ces neurones, sécrètent un neuro-hormone appelée kisspeptine.

La Kisspeptine, clé de l’infertilité ?

Chez ces souris, l’hyperprolactinémie inhibe directement la sécrétion de kisspeptine et par ce fait empêche la sécrétion de GnRH et la cyclicité ovarienne. L’administration de kisspeptine permet quant à elle de rétablir la libération de GnRH et le fonctionnement cyclique des ovaires et l’ovulation malgré l’hyperprolactinémie.

 

Retentissement de l’hyperprolactinémie sur le cycle ovulatoire

Retentissement de l’hyperprolactinémie sur le cycle ovulatoire

©J Young/Inserm

Il s’agit là à la fois d’une découverte physiopathologique expliquant pour la première fois le lien entre l’infertilité et l’hyperprolactinémie et d’autre part une approche permettant une ouverture thérapeutique originale.

Des études sont en cours pour valider le concept chez la femme ce qui permettra de proposer une alternative thérapeutique quand il existe une résistance aux médicaments actuels.

09/10/2012

Interdiction du bisphénol A : une question de bon sens

Dans mon enfance, il n'y avait pas de bisphénol A dans les emballages alimentaires.

Pourtant il y avait des bouteilles (en verre) pour les boissons, des emballages en papier ou en carton, des boîtes de conserve ... et pas de plastiques. 

Donc se passer des matières plastiques est possible pour l'alimentation !

voir : 

Matière plastique - Wikipédia

 ... La Seconde Guerre mondiale exacerba les besoins en matières premières ...

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lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/27/meme-a-faible-dose-le-bisphenol-a-constitue-un-danger-pour-l-homme_1578307_3244.html

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Même à faible dose, le bisphénol A constitue un danger pour l'homme

LE MONDE | 27.09.2011 à 13h03 •

Mis à jour le 09.10.2012 à 11h16

Par Gilles van Kote

L'interdiction de fabrication et de commercialisation des biberons contenant du bisphénol A (BPA) dans l'ensemble de l'Union européenne depuis le 1er juin est loin d'avoir clos le dossier de ce perturbateur endocrinien. Les deux rapports rendus publics, mardi 27 septembre, par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sont en effet catégoriques sur les dangers de ce produit de synthèse largement utilisé dans la fabrication des plastiques.

Le premier travail consistait à étudier la littérature scientifique existante afin de disposer d'une vision globale des effets sanitaires du BPA. Il conclut notamment à l'existence d'effets "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition". L'Anses considère dès lors "disposer de suffisamment d'éléments scientifiques" pour affirmer "que l'objectif prioritaire consiste à réduire les expositions au bisphénol A des populations les plus sensibles", c'est-à-dire les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge.

La deuxième étude avait pour objectif de recenser les utilisations du BPA. "Près d'une soixantaine de secteurs d'activité potentiellement utilisateurs de bisphénol A en France ont été identifiés", indique l'Anses. La liste des produits susceptibles d'en contenir est impressionnante : emballages alimentaires, mais aussi lunettes et lentilles de contact, CD et DVD, câbles, mastics, adhésifs, électroménager, optiques de phare et pare-chocs, articles de sport, appareils médicaux, revêtements de sol, vernis et peintures, bateaux de plaisance, encres d'imprimerie, etc.

En 2010, l'Anses avait émis des recommandations visant notamment à réduire l'exposition au bisphénol A des populations les plus sensibles, à améliorer l'information des consommateurs par un étiquetage systématique et à rechercher des substituts au BPA.

Cette fois, il s'agissait d'effectuer l'analyse la plus complète possible des nombreuses publications scientifiques, "afin de les mettre en perspective et de tenter d'objectiver le paysage", selon les termes de Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses.

Les experts ont retenu trois catégories d'effets "suspectés" sur la santé humaine, touchant à la fertilité féminine, aux pathologies cardiovasculaires et au diabète. Les effets "avérés" chez l'animal sont au nombre de sept, parmi lesquels l'avancement de l'âge de la puberté, l'augmentation de la survenue de kystes ovariens et de lésions sur la glande mammaire, l'altération de la production spermatique...

Le rapport conclut également à l'existence de "ces effets à des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires, et plus particulièrement lors de certaines périodes de la vie (grossesse, périodes pré et postnatale)". Dès lors, la dose journalière admissible (DJA), fixée au niveau européen à 0,05 milligramme par kilo de poids corporel et par jour pour le bisphénol A, ne constituerait pas réellement un seuil de protection contre les effets du composé chimique.

Deuxième série de travaux

"A partir du moment où il existe des fenêtres de susceptibilité extrêmement fortes pour certaines populations sensibles, la notion de dose de référence a-t-elle encore un sens ? interroge M. Gombert. En tout cas, cela pose la question de l'exposition à la substance dans son ensemble."

L'Anses va transmettre "immédiatement" ses conclusions aux instances européennes "en vue d'examiner la pertinence d'une révision des doses de référence". La réaction de l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) sera particulièrement attendue : en septembre 2010, l'EFSA avait estimé qu'aucun élément scientifique ne rendait nécessaire d'abaisser la DJA pour le bisphénol A.

Par ailleurs, une deuxième série de travaux coordonnés par l'Anses est en cours afin d'étudier les mécanismes et voies d'exposition de la population au bisphénol A, sujet sur lequel "on est souvent confronté à un gros déficit de données", selon Dominique Gombert.

Leurs conclusions sont attendues pour le premier semestre 2012. L'agence a aussi lancé, le 26 septembre, un appel à contributions "afin de recueillir d'ici au 30 novembre des données scientifiques ou informations sur les produits de substitution (au BPA) disponibles" et de "s'assurer de leur innocuité".

08/10/2012

L’interdiction par précaution du bisphénol A justifiée par des risques

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

L’interdiction par précaution du bisphénol A justifiée par des risques

Les sénateurs doivent examiner demain une loi interdisant l’utilisation du bisphénol A dans les plastiques alimentaires, explique Aujourd’hui en France.

Bernard Jégou, directeur de recherche sur la reproduction humaine à l’Inserm, indique à l’AFP que de « solides arguments » scientifiques justifient l’interdiction par précaution du bisphénol A. La « barque du BPA est très lourdement chargée », estime-t-il, en « évoquant des évidences qui touchent au cancer, aux maladies chroniques, à la reproduction », explique l’agence de presse. M. Jégou explique que « le bisphénol A est un perturbateur endocrinien ».

Le biologiste William Bourguet (Montpellier, Inserm/CNRS) souligne : « Le BPA agit comme un leurre hormonal, en mimant l’action d’hormones naturelles. Il usurpe l’identité des oestrogènes et active leurs récepteurs de manière un peu anarchique et dérégule de cette façon le système hormonal ».

Le Pr René Habert de l’Université Paris-Diderot, spécialiste des perturbateurs endocriniens, estime que « la norme actuelle de 50 µg/kg/jour est trop élevée et ne permet pas de protéger la population ».

Selon le Pr Jégou, l’interdiction programmée du BPA dans les contenants alimentaires, tels que les conserves et les canettes, « doit être aussitôt encadrée par des recherches sur les produits de substitution, sinon ce sera une supercherie ».

 

AFP, 07/10, Aujourd’hui en France, 08/10

29/09/2012

Tectonique des plaques

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/sumatra-11-avril-2012-un-seisme-pas-comme-les-autres-27-09-2012-1510929_25.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120928

Sumatra, 11 avril 2012 : un séisme pas comme les autres

Le Point.fr - Publié le 27/09/2012 à 17:59

D'après plusieurs équipes de chercheurs, la plaque indo-australienne serait en train de se fracturer en deux. Explications. 

11 avril 2012, 10 h 38 (heure de Paris), un violent séisme de magnitude 8,7 secoue l'île de Sumatra en Indonésie et déclenche aussitôt une alerte au tsunami sur l'ensemble de l'océan Indien. Deux heures plus tard, une forte réplique de magnitude 8,2 fait redouter une catastrophe de grande ampleur. Le pire sera finalement évité, mais ce tremblement de terre, à 615 kilomètres de Banda Aceh, la capitale de la province d'Aceh, en plein coeur de la plaque indo-australienne, surprend tout le monde. Car ce type d'événement est généralement attendu à la jonction de deux plaques. Dès lors, plusieurs équipes scientifiques vont plancher sur ce séisme... Leurs conclusions, qui viennent d'être dévoilées dans les revues Nature et Science, sont édifiantes.

Ces deux séismes atypiques seraient les symptômes d'un processus géologique très lent de division de la plaque indo-australienne en deux entités distinctes. La plaque porteuse de l'océan Indien, animée dans son ensemble d'un mouvement vers le nord-est, rencontre en effet des résistances plus ou moins fortes. D'un côté, sa partie est entre en collision avec la plaque eurasiatique au niveau de la chaîne de l'Himalaya qui continue lentement à gagner de l'altitude, tout en exerçant une résistance forte. De l'autre, sa partie ouest glisse plus aisément sous l'île de Sumatra. Le tout engendre un mouvement asymétrique de nature à scinder progressivement la plaque en deux, même si le lieu de formation de la future frontière reste encore très largement mystérieux.

Mouvements horizontaux

Mauvaise nouvelle : le divorce entre l'Inde et l'Australie, en germe depuis des lustres, prendra encore des millions d'années et provoquera très certainement des centaines, voire des milliers, de séismes comme ceux du 11 avril 2012 avant d'être prononcé. Bonne nouvelle : à la différence du séisme du 26 décembre 2005, survenu dans une zone de subduction et à l'origine d'un tsunami dévastateur qui a fait plus de 220 000 morts en Asie, ce type de tremblement de terre n'est pas de nature à générer d'importants raz-de-marée. En effet, les cinq failles qui ont rompu le 11 avril dernier (quatre d'abord, la cinquième dans un second temps) ont coulissé horizontalement l'une contre l'autre, sans mouvement horizontal suffisant pour déchaîner l'Océan.

Carte illustrant les mouvements de la plaque indo-australienne :

© Keith Koper, University of Utah Seismograph Stations

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27/09/2012

Flore intestinale et diabète de type 2

lu sur : 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/26/19155-diabete-type-2-preuve-par-bacteries


Par figaro iconMarc Mennessier - le 26/09/2012              
 
La composition de la flore intestinale est perturbée par cette maladie métabolique.

Les cent mille milliards de bactéries qui colonisent notre intestin n'ont pas fini de nous étonner. L'an passé les chercheurs réunis au sein du programme européen MetaHit (Metagenomics of Human Intestinal Tract) avaient démontré que cette flopée de microbes avec lesquels nous vivons en bonne intelligence, était divisée en trois groupes génétiques ou «entérotypes», un peu à la manière de nos groupes sanguins.

Cette fois-ci, une nouvelle étude publiée ce jeudi dans la revue Nature montre clairement un lien entre la composition de ce que les spécialistes appellent le microbiote et la survenue d'un diabète de type 2, une maladie métabolique qui touche près de 350 millions de personnes dans le monde. Pour cela, les chercheurs ont analysé les caractéristiques génétiques (ou métagénome) de la flore intestinale de 345 patients chinois atteints ou non de diabète de type 2.

«Nous avons trouvé une signature microbienne de cette maladie avec un changement très net dans la composition globale du microbiote», explique Stanislav-Dusko Ehrlich, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Jouy-en-Josas (Yvelines) et coauteur de l'étude. Les patients diabétiques présentent notamment un déficit marqué en bactéries productrices de butyrates, substances dont se nourrissent les cellules qui tapissent la paroi intestinale (entérocytes). Fragilisées, ces dernières deviennent plus perméables à certaines bactéries pathogènes qui, en passant dans le sang, entraînent une réaction inflammatoire caractéristique du diabète de type 2.

Le syndrome du foie gras

Mieux: l'équipe dirigée par Junjie Qin et Jun Wang, de l'Institut de génomique de Pékin, a démontré que ces biomarqueurs pouvaient diagnostiquer l'existence d'un diabète de type 2 chez un individu avec une précision de 81 %. «Aujourd'hui très peu d'institutions ont la capacité de faire des analyses aussi poussées, mais il est possible de développer à moyen terme des tests diagnostiques extrêmement simples à mettre en œuvre sous la forme d'une bandelette que le patient introduirait lui-même dans ses matières fécales», explique Stanislav-Dusko Ehrlich.

Ce type de test pourrait s'appliquer au diabète de type 2, mais aussi à certains troubles hépatiques ou la maladie de Crohn (inflammation de l'intestin d'origine auto-immune) qui en sont dépourvus. Il est par exemple impossible aujourd'hui de déceler, sauf à pratiquer une biopsie, le moment où un patient atteint du syndrome du foie gras va développer une inflammation hépatique puis une fibrose et enfin une cirrhose. Or l'analyse de la flore intestinale doit permettre là aussi de détecter les différents stades de cette dégénérescence du foie. Créée l'an passé sous l'égide de l'Inra, la start-up Enterome s'est justement donné pour objectif de développer de manière industrielle des biomarqueurs spécifiques de cette pathologie ainsi que de la maladie de Crohn.

Mais pour M. Ehrlich, le «Graal» consiste à prédire l'évolution de ces maladies, en «détectant les perturbations microbiennes avant la manifestation des signes cliniques et l'apparition de dégâts irréversibles pour l'organisme». Cette médecine préventive permettrait selon lui, d'éviter bien des souffrances et de «pérenniser», en réduisant le coût énorme de la prise en charge de ces maladies, «l'accès à la santé pour tous».

EN SAVOIR PLUS:

» Le diabète de type 2: facteurs de risque, symptômes, traitements

LIRE AUSSI:

» Traiter la maladie de Crohn en changeant nos bactéries?

» Tout sur le diabète de type 2

25/09/2012

Le Bisphénol A provoque une diminution du stock d’ovocytes et une détérioration de la qualité de ces ovocytes

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Une équipe américaine de l’université de Washington montre, dans une étude publiée dans les PNAS, que le bisphénol A « peut avoir des effets négatifs sur le système de reproduction de la femme », souligne Le Figaro.

En effet, les travaux, menés sur des singes rhésus, dont « le système reproducteur est très proche de celui de l’homme », confirment les recherches effectuées jusqu’alors chez les rongeurs qui ont montré les effets négatifs sur leur système reproductif.

Patricia Hunt, principale auteur de l’étude et généticienne à l’université de Washington, a constaté une diminution du stock d’ovocytes et une détérioration de la qualité de ces ovocytes chez les femelles singes qui recevaient « des doses quotidiennes de bisphénol A ou de très faibles doses en continu ».

(Le Figaro, 25/09)

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voir cette étude qui date du mois de mai 2012 :

http://www.pnas.org/content/early/2012/05/01/1120488109.abstract

Bisphenol A alters the development of the rhesus monkey mammary ...

  1. Andrew P. Tharpa,1,
  2. Maricel V. Maffinia,1,
  3. Patricia A. Huntb,
  4. Catherine A. VandeVoortc,
  5. Carlos Sonnenscheina, and
  6. Ana M. Sotoa,2

+ Author Affiliations

  1. aDepartment of Anatomy and Cellular Biology, Tufts University School of Medicine, Boston, MA 02111;
  2. bSchool of Molecular Biosciences and Center for Reproductive Biology, Washington State University, Pullman, WA 99164; and
  3. cDepartment of Obstetrics and Gynecology and California National Primate Research Center, University of California, Davis, CA 95616
  1. Edited* by Joan V. Ruderman, Harvard Medical School, Boston, MA, and approved April 2, 2012 (received for review January 3, 2012)                         

Abstract

The xenoestrogen bisphenol A (BPA) used in the manufacturing of various plastics and resins for food packaging and consumer products has been shown to produce numerous endocrine and developmental effects in rodents.

Exposure to low doses of BPA during fetal mammary gland development resulted in significant alterations in the gland’s morphology that varied from subtle ones observed during the exposure period to precancerous and cancerous lesions manifested in adulthood.

This study assessed the effects of BPA on fetal mammary gland development in nonhuman primates.

Pregnant rhesus monkeys were fed 400 μg of BPA per kg of body weight daily from gestational day 100 to term, which resulted in 0.68 ± 0.312 ng of unconjugated BPA per mL of maternal serum, a level comparable to that found in humans.

At birth, the mammary glands of female offspring were removed for morphological analysis. Morphological parameters similar to those shown to be affected in rodents exposed prenatally to BPA were measured in whole-mounted glands; estrogen receptor (ER) α and β expression were assessed in paraffin sections.

Student's t tests for equality of means were used to assess differences between exposed and unexposed groups.

The density of mammary buds was significantly increased in BPA-exposed monkeys, and the overall development of their mammary gland was more advanced compared with unexposed monkeys. No significant differences were observed in ER expression.

Altogether, gestational exposure to the estrogen-mimic BPA altered the developing mammary glands of female nonhuman primates in a comparable manner to that observed in rodents.     

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voir aussi :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/24/19137-nouvelle-etude-confirme-effets-nocifs-bisphenol

Par Marielle Court - le 24/09/2012

Il perturbe la fertilité de singes dont le système reproducteur est proche de l'homme.

Les nuages continuent de s'accumuler au-dessus du bisphénol A. Une étude publiée dans les PNAS (revue de l'Académie des sciences américaines) montre que ce composé peut avoir des effets négatifs sur le système de reproduction de la femme.

Si la dangerosité du bisphénol A comme perturbateur endocrinien était jusqu'à présent le fruit d'études ayant porté principalement sur des rats, celle menée par l'équipe américaine de l'université de Washington a été effectuée sur des singes rhésus. En s'appuyant ainsi sur des primates dont le système de reproduction est très proche de celui de l'homme, cette recherche confirme les travaux qui montrent des effets négatifs sur le système reproductif des rongeurs.

«Tous exposés»

Le bisphénol A se trouve aujourd'hui dans un très grand nombre d'objets en plastique mais aussi dans les films qui recouvrent l'intérieur des canettes de soda ou les boîtes de conserve ou encore les tickets de caisse… «La question est de savoir si ce produit auquel on est tous exposés pourrait augmenter le risque d'avortements ou le risque d'avoir des enfants qui naissent avec des anomalies congénitales telles que la trisomie 21», rappelle Patricia Hunt, principale auteur de l'étude et généticienne au sein de l'université de l'État de Washington.

La chercheuse et son équipe ont soumis plusieurs femelles singes au cours de leur grossesse à des doses quotidienne de bisphénol ou à de très faibles doses en continu et ont regardé quel impact cela avait sur le système reproductif des fœtus femelle. Ils ont constaté une diminution du stock des ovocytes. Dès lors la femelle produira moins d'ovules tout au long de sa vie reproductive. Par ailleurs la qualité de ces mêmes ovocytes est détériorée, ce qui peut être facteur d'avortement ou de malformations congénitales.

Cette nouvelle étude devrait s'ajouter à la liste déjà longue des travaux soulignant les risques potentiels du bisphénol A pour la santé humaine. La migration du bisphénol A vers des aliments se fait notamment lorsque l'objet est chauffé. C'est la raison pour laquelle plusieurs pays, dont la France, ont d'ores et déjà interdit son utilisation dans les biberons. Le gouvernement français a par ailleurs annoncé qu'il soutenait une proposition de loi déposée par Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne visant à interdire l'usage et la commercialisation du bisphénol d'ici à 2014. Reste à trouver des substituts non dangereux à ce produit très largement utilisé.

LIRE AUSSI:

» Un lien fort entre obésité et bisphénol A

» "Le remplacement du bisphénol A prendra 5 ans»                        

21/09/2012

La dangerosité des OGM (suite)

lu sur : http://www.bastamag.net/article2651.html

L’offensive de Monsanto pour décrédibiliser l’étude sur les OGM

La contre-attaque de Monsanto à l’étude sur les OGM de Gilles-Eric Séralini et du Criigen ne s’est pas faite attendre. C’est un courriel envoyé par un dirigeant de Monsanto, Jaime Costa, ingénieur agronome et directeur technique de Monsanto en Espagne. Il conseille à ses interlocuteurs d’aller consulter plusieurs réactions de scientifiques critiquant l’étude. Des scientifiques loin d’être indépendants...

Traduction de l’espagnol : « Objet : Au sujet des recherches indépendantes sur les OGM.

Sur cette page (lien), vous pouvez lire l’opinion de quelques scientifiques indépendants sur cette nouvelle publication qui n’a pas été revue par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) » [1].

Le courriel a été révélé par l’Observatoire européen des entreprises (CEO). Le lien préconisé par le cadre de Monsanto renvoie vers le site du Science Media Centre, basé à Londres et présenté comme une source d’informations indépendante. Le centre publie huit réactions de scientifiques. Tous rejettent l’étude du Criigen.

Se présentant comme une entreprise indépendante « qui travaille à promouvoir les opinions de la communauté scientifique au Royaume-Uni pour les médias », le Science Media Center est en réalité financé à 70 % par les grands noms de l’industrie de la biotechnologie. BASF, Bayer, Novartis, CropLife International sont autant de bailleurs de fonds de cette entreprise.

Malgré le conflit d’intérêt évident, l’opération semble bien fonctionner. Trois des huit experts mentionnés sur le Science Media Center ont été repris par l’agence de presse Reuters. C’est le cas de Tom Sanders, directeur du département des sciences nutritionnelles au King’s College de Londres, qui note que « cette race de rat est particulièrement sujette aux tumeurs mammaires lorsque les ingestions de nourriture ne sont pas contrôlées ».

Mais aussi de Mark Tester, professeur à l’université d’Adelaïde en Australie qui s’est étonné que les précédentes études n’aient pas soulevé les mêmes inquiétudes. « Si les effets sont aussi importants que rapporté et que l’étude est vraiment pertinente concernant l’homme, pourquoi les Nord-Américains ne tombent-ils pas comme des mouches ? » interroge t-il. « Les OGM font partie de la chaîne alimentaire depuis une décennie là-bas et la longévité continue de s’accroître inexorablement ».

Le groupe de lobby des biotechnologies Europabio a également publié un communiqué de presse citant ces mêmes experts et énumérant un ensemble d’arguments pour tenter de discréditer la recherche. Pour le CEO, ce n’est « probablement que le début des tentatives de l’industrie des biotechnologies pour miner la crédibilité de cette nouvelle étude ». L’équipe du Criigen répond à ces critiques sur le site du Nouvel Observateur.

Notes

[1] Le CEO précise avoir changé des éléments pour protéger la source.

Cancer du testicule : le cannabis, facteur de risque

lu sur :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/14/19048-cancer-testicule-cannabis-facteur-risque

Cancer du testicule : le cannabis, facteur de risque

Fumer de la marijuana double le risque de développer cette forme de tumeur.

La liste des dangers pour la santé de la consommation de cannabis ne cesse d'augmenter au fil du temps et des études médicales. Dernier méfait démontré en date de la marijuana, un risque accru d'apparition d'un cancer du testicule, qui plus est d'un type plus difficile à soigner que les autres.

Une équipe de chercheurs de l'université de Californie du Sud (USC) a donc passé au crible le passé de 163 jeunes hommes chez qui avait été diagnostiqué un cancer du testicule et a comparé ces données avec celles recueillies chez 292 autres hommes en bonne santé, de même âge et de même origine ethnique.

Résultat, les hommes ayant fumé du cannabis présentaient deux fois plus de risques de développer une forme de cancer du testicule de mauvais pronostic par rapport à ceux qui n'en avaient pas fumé. «Nous ne savons pas exactement comment les composés de marijuana agissent sur les testicules pour conduire à une carcinogenèse, reconnaît Victoria Cortessis, l'un des auteurs de l'étude. Notre hypothèse est que cela peut se passer au niveau du système interne endocannabinoïde, qui interagit avec les composés actifs du cannabis et qui est aussi important pour la spermatogénèse.»

C'est un cancer rare (1 à 2 % environ de tous les cancers), mais c'est aussi le cancer le plus fréquent chez l'homme de 15 à 35 ans. Près de 95 % des tumeurs sont guérissables. Son incidence, comme celle du cancer de la prostate, augmente régulièrement depuis les années 1900, et plus nettement dans les pays à peau blanche depuis les années 1950 (augmentation d'un facteur 3 à 5 des années 1950 à 2000).

En France, l'Institut national de veille sanitaire (InVS) a réalisé en 2011 une étude sur les cancers du testicule. Il constate que, depuis le milieu du XXe siècle, «l'incidence du cancer du testicule n'a cessé d'augmenter». En France, cette augmentation est de 2,5 % par an (pour 1980-2005). Les patients sont surtout des hommes de 20 à 64 ans, avec un âge moyen au diagnostic de 37 ans. L'Alsace, la Lorraine, la Bretagne et les Pays de la Loire sont les régions les plus touchées, au contraire du Languedoc-Roussillon et de l'Ile-de-France, les deux régions les moins touchées. Mais on ne sait pas expliquer ces disparités régionales.

EN SAVOIR PLUS:

» Le cancer des testicules

LIRE AUSSI:

» La gravité des troubles liés au cannabis est sous-estimée 

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sur le même sujet :

http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/drogues/cannabis/13170-cannabis-risque-cancer-testicules.htm

Cannabis et cancer des testicules - Doctissimo

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communiqué:

À la suite de la décision de la Cours européenne de justice autorisant les OGM (*), il est temps de réagir contre cette Europe de la "concurrence libre et non faussée" !

Proposition pour une journée d'action tous les mois contre l'Europe néolibérale :

- tous les premiers mardis du mois, retirez de votre banque l'argent nécessaire à vos dépenses mensuelles et PAYEZ TOUT EN LIQUIDE.

Faites passer la proposition à vos amis, votre entourage, vos réseaux, etc ...

(*) voir :

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à...


20/09/2012

Molécules indésirables dans les eaux, toxicité des OGM

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Molécules indésirables dans les eaux

Dans son Hors-Série, Sciences et Avenir souligne que des « millions de molécules indésirables passent chaque jour dans les eaux usées puis traitées, composant des cocktails qui inquiètent les spécialistes ». Selon le Pr Yves Lévy, directeur du laboratoire de Santé publique – Environnement de l’université Paris-Sud, « aujourd’hui, la vraie question est : quel est le risque environnemental et sanitaire lié à ces mélanges de molécules ?»

(Sciences et Avenir, Hors-Série, 01/10)


Etude qui révèle la toxicité des OGM

Une équipe de chercheurs français, dirigée par le Pr Gilles-Eric Séralini, à l’université de Caen, et publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, « démontre que des rats de laboratoire nourris aux OGM développent beaucoup plus de tumeurs que les autres [deux à trois fois plus], et meurent de façon nettement plus précoce », expliquent Aujourd’hui en France et Les Echos. L’étude, d’une durée de deux ans, a porté sur 200 rats, certains nourris avec du maïs OGM NK603 (traité avec l’herbicide de Monsanto, le Round up) et d’autres avec du maïs classique. Les résultats ont montré des « effets dommageables pour la santé, tels que des tumeurs mammaires et des troubles organiques des reins et du foie », ainsi qu’une surmortalité, soulignent Les Echos. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, indique dans Aujourd’hui en France que « si les résultats se confirment, alors on interdira ces OGM (…). C’est une décision [qui] se prendra au niveau européen » car « on passera du simple principe de précaution à un vrai problème de santé publique ». Il souligne avoir saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin qu’« elle réalise une expertise ».

(Aujourd’hui en France, Les Echos, 20/09)

La dangerosité des OGM (suite): l'article "Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize"

Et voici l'article en question :

"Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize"

étude OGM.pdf

19/09/2012

La dangerosité des OGM

Les articles du jour à lire sur :

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2789/ogm-quand-la-grande-distribution-finance-une-etude-choc.html 

 

http://www.liberation.fr/sciences/2012/09/19/une-etude-sur-les-ogm-revele-une-surmortalite-chez-le-rat_847354 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2686/exclusif-oui-les-ogm-sont-des-poisons.html 

17/09/2012

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale

Il va falloir sortir de cette Union Européenne ou la réformer !

lu sur :

http://www.merid.org/fr-FR/Content/News_Services/Food_Security_and_AgBiotech_News/Articles/2012/Sep/07/EU.aspx 

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale, décide la Cour 
Résumé posté par Meridian le 9/10/2012
Source: Bloomberg (6 septembre 2012)
Auteur(s): Rudy Ruitenberg
La Cour de Justice européenne a rendu cette semaine un arrêt indiquant que la mise en culture de plantes génétiquement modifiées telles que les variétés de maïs MON 810 de la compagnie Monsanto ne peut pas être soumise aux procédures nationales d’autorisation par des pays spécifiques de l’Union européenne (UE), lorsque le bloc dans son ensemble en a approuvé l’utilisation et la commercialisation. Selon l’arrêt de la cour, l’absence de règles nationales pour assurer la coexistence entre les cultures modifiées, organiques et conventionnelles ne donne pas droit à un Etat membre d’interdire la culture de plantes biotechnologiques de manière générale. L’arrêt a été rendu dans le différend opposant Pioneer Hi Bred Italia Srl et le ministère italien de l’Agriculture. L’Italie avait refusé d’examiner une demande de Pioneer pour cultiver des hybrides de maïs génétiquement modifié déjà inscrits au catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’UE. Ce pays est le deuxième plus grand producteur de maïs de l’UE, derrière la France. 

voir :

Growing genetically-modified crops such as varieties of Monsanto Co. (MON)’s MON 810 corn can’t be subject to national authorization procedures by European Union countries when the bloc has approved their use and marketing, the European Court of Justice wrote in a ruling today.

The lack of national rules to ensure so-called co-existence between modified, organic and conventional crops doesn’t entitle an EU member state to prohibit cultivation of biotech crops in a general manner, the court wrote.

The court ruled in a dispute between Pioneer Hi Bred Italia Srl and Italy’s agriculture ministry. The ministry had said it couldn’t consider a Pioneer application to grow genetically modified corn hybrids derived from MON 810 already included in the EU common catalogue of agricultural plant species, according to the ruling.

Italy is the EU’s second-largest corn grower. France, the bloc’s largest producer of the grain, in March temporarily banned growing of Monsanto’s insect-resistant MON 810 corn, citing scientific studies it said showed growing the corn variety poses risks to the environment. 

Le chlordécone a des effets néfastes sur le nourrisson

NB: les surlignages sont de moi.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/17/le-chlordecone-a-des-effets-nefastes-sur-le-nourrisson_1761355_3244.html

Le chlordécone a des effets néfastes sur le nourrisson

Une étude démontre que l'exposition in utero au pesticide retarde le développement cognitif.

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Les chercheurs n'ont pas fini de mettre au jour les dégâts sanitaires provoqués par l'utilisation intensive et prolongée du chlordécone, un pesticide destiné à combattre le charançon de la banane, aux Antilles françaises. Une nouvelle étude, publiée sur le site de la revue Environmental Research, montre que l'exposition prénatale ou postnatale à cette substance semble liée à des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons. Le chlordécone est un produit toxique pour le système nerveux et pour la production de spermatozoïdes. Il se comporte comme un oestrogène et est considéré comme un cancérogène possible.

CONTAMINATION À GRANDE ÉCHELLE DES SOLS

Il a été massivement employé, en particulier en Guadeloupe et en Martinique de 1973 à 1992, à la demande des grands planteurs et avec la bienveillance du ministère de l'agriculture, alors qu'il a été interdit dès 1976 aux Etats-Unis. Vingt années durant lesquelles le pesticide a pénétré les sols.

Or ce produit se dégrade très lentement une fois dans l'environnement. C'est donc une contamination à grande échelle des sols, des nappes phréatiques et des récoltes qui s'est produite dans certaines zones des deux îles antillaises.

Pire, elle se poursuit, notamment auprès des populations les plus défavorisées qui cultivent leurs propres légumes, avec des expositions qui persisteront probablement pendant plusieurs siècles, selon les études menées.

Sur le terrain, Luc Multignier (Inserm, Institut de recherche sur la santé, l'environnement et le travail) et les médecins du CHU de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) suivent, dans le cadre de la cohorte "Timoun" ("enfant" en créole), 1 042 femmes et leurs enfants depuis leur grossesse.

Pour cette étude, ils ont collaboré avec des chercheurs québécois, belges et américains pour évaluer le développement cognitif, visuel et moteur chez des nourrissons, garçons et filles, nés à terme et en bonne santé, âgés de 7 mois.

Une estimation de l'exposition prénatale, dans le ventre de la mère, avait été réalisée en dosant le chlordécone présent dans le sang du cordon ombilical. L'exposition postnatale, elle, a été appréciée à la fois par le dosage du chlordécone dans le lait maternel et par la fréquence de consommation par les nourrissons d'aliments susceptibles d'être contaminés par le pesticide. A 7 mois, la mémoire visuelle, l'acuité visuelle et le développement moteur ont été testés.

Les chercheurs ont trouvé une association significative entre l'exposition prénatale au chlordécone et un score abaissé à deux tests : l'un explorant la mémoire visuelle, dit "test de préférence pour la nouveauté" (est-ce que l'enfant regarde plus longuement un objet nouveau qu'un objet déjà vu et devenu familier), et l'autre le développement de la motricité fine (préhension des objets entre les doigts et la paume de la main).

PARUTION DIFFÉRÉE DES RÉSULTATS

L'exposition postnatale par le biais des aliments susceptibles d'être contaminés est associée - mais aux limites de la signification sur le plan statistique - à une réduction de la vitesse d'acquisition de la mémoire visuelle et de la préférence pour la nouveauté.

Les scientifiques n'ont toutefois pas observé de lien entre l'exposition postnatale par le biais de l'allaitement maternel et une anomalie du développement psychomoteur.

"Basées sur de petits effectifs, ces observations ne traduisent pas de troubles graves, mais elles sont à rapprocher de particularités décrites auparavant chez des adultes américains ayant été fortement exposés au chlordécone dans le cadre professionnel", souligne Luc Multignier.

Le chercheur et son équipe se demandent si les anomalies constatées pourraient constituer "un signal d'alerte et annoncer des troubles permanents à un âge plus avancé". Cette étude fait d'ores et déjà parler d'elle dans le milieu de la recherche, où il se raconte que toute communication autour de cet article a été différée, à la demande des autorités, afin de ne pas être sous les feux de la rampe lors de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre.

15/09/2012

Stress au travail et infarctus - Pollution des véhicules diesels et santé

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Stress au travail et infarctus : une association confirmée

La Croix et lemonde.fr notent que, selon les chercheurs de l’Inserm et de l’université de Versailles Saint-Quentin, « qui ont participé à une étude européenne » publiée dans The Lancet, « entre 3 400 et 4 000 infarctus survenant chaque année pourraient être liés au stress au travail ».

Les personnes stressées par leur milieu professionnel ont 21% plus de risque de faire un accident cardiovasculaire.

(La Croix, lemonde.fr, 14/09,

Reprise du communiqué de presse : Stress au travail et infarctus : un lien confirmé du 14/09)

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Pollution des véhicules diesels et santé

La conférence environnementale, organisée aujourd’hui et demain par le gouvernement, aura notamment pour thème la pollution des véhicules diesels, indique Libération.

Selon le ministère de l’Ecologie, « en France, les particules fines émises par les moteurs diesels, et pour une moindre part par le chauffage au bois et l’industrie, seraient à l’origine chaque année de 42 000 morts prématurées », rapporte le quotidien.

Selon Jean-Marie Le Guen, député et maire adjoint de Paris en charge de la santé, qui accorde une interview à Libération, « les liens entre les microparticules et la survenue de cancers ont été démontrés, prouvés et calculés.

La situation en France est inquiétante ». Il estime qu’« interdire le diesel dans les grandes villes [est] une décision incontournable

 ».

(Libération, 14/09)

12/09/2012

Les vertus des oméga-3 remises en cause

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/09/12/les-vertus-des-omega-3-remises-en-cause_1758986_1651302.html
 
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LE MONDE | 12.09.2012 à 12h01

Par Paul Benkimoun


On leur prête toutes sortes de vertu : bienfaits cardiovasculaires, prévention du cancer, remède à la dépression... L'étude, publiée mercredi 12 septembre dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), risque cependant d'ébranler sérieusement cette réputation.

L'analyse combinée de 20 études d'apports en oméga-3 chez un total de près de 70 000 patients ne trouve en effet pas d'association significative entre la prise de ces acides gras et une réduction de la mortalité, toutes causes confondues et d'origine cardiovasculaire en particulier.

Les oméga-3 font partie de ces acides gras dits "essentiels", car l'organisme ne peut les synthétiser ou en tout cas pas en quantité suffisante par rapport aux besoins. Les sources principales dans notre alimentation sont végétales (huile et graines de lin, de chanvre, de citrouille...) ou marines (huiles de poisson et de krill). La médiatisation des effets bénéfiques prêtés à tort ou à raison aux oméga-3 a fait naître un marché florissant de compléments alimentaires.

Néanmoins, les essais cliniques de prévention cardiovasculaire à base de conseils diététiques ou de suppléments, réalisés dans des conditions rigoureuses, ont donné des résultats divergents. Les autorités sanitaires à travers le monde n'ont pas adopté une attitude uniforme.

20 ÉTUDES ET DE MODESTES EFFETS PROTECTEURS  

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) n'a approuvé leur prescription qu'en tant qu'agent faisant diminuer le taux de triglycérides chez les personnes ayant un niveau trop élevé de ces lipides. En France, une autorisation de mise sur le marché a été accordée comme traitement adjuvant en prévention secondaire de l'infarctus du myocarde (après un premier infarctus), en association avec les traitements de référence.

Pour trancher le débat, une équipe de chercheurs de l'université de Ioannina (Grèce) a compilé 20 études évaluant l'effet préventif des oméga-3, à des doses variables, dans le domaine cardiovasculaire chez un total de 68 680 patients.

Les chercheurs concluent que, "dans l'ensemble, la supplémentation en acides gras polyinsaturés oméga-3 n'est pas associée à un risque diminué de mortalité toutes causes confondues, de décès d'origine cardiaque, de mort subite, de décès après infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral".

Directeur de recherche au sein de l'unité d'épidémiologie et de santé publique de l'Institut Pasteur de Lille et spécialiste des oméga-3, Jean Dallongeville souligne que "les oméga-3 ont plutôt fait leurs preuves dans la prévention de la mort subite ou après infarctus du myocarde, donc par rapport à des troubles du rythme cardiaque. Cette analyse mélange et dilue cette indication parmi d'autres".

VERTUS SUPPOSÉES

De fait, en examinant les détails de l'article du JAMA, on retrouve effectivement un effet protecteur très modeste, juste dans les limites statistiques significatives.

"Cette analyse de la littérature ne confirme pas la diminution des problèmes cardiovasculaires observés dans des études anciennes ou dans celle de 2002 ayant conduit à l'autorisation de mise sur le marché, reconnaît le professeur Claude Le Feuvre (Institut de cardiologie, CHU La Pitié, Paris). Cela étant, les études les plus récentes portent sur des patients ayant un risque cardiovasculaire diminué. La meilleure prise en charge des maladies coronariennes a en effet permis de réduire fortement la mortalité par infarctus. Ce progrès pourrait expliquer l'absence de bénéfice supplémentaire du traitement adjuvant par les oméga-3."

"Le recours aux oméga-3 pour prévenir la formation de la plaque d'athérome ou la survenue d'un infarctus du myocarde ne marche pas, insiste Jean Dallongeville. En revanche, ils peuvent avoir un intérêt chez les personnes susceptibles d'être davantage exposées à un décès par des troubles du rythme, parce qu'elles ont déjà fait un infarctus ou qu'il y a eu des décès par mort subite dans la famille."

Les résultats de l'analyse parue dans le JAMA remettent donc en question l'intérêt des acides gras oméga-3 comme outils de prévention cardiovasculaire globale. Reste maintenant à savoir si les vertus supposées des oméga-3 peuvent aussi être contestées dans d'autres domaines et notamment le cancer.

Cela ne devrait toutefois décourager personne de continuer à manger régulièrement du poisson.

10/09/2012

ADN, obésité, médicaments ayurvédiques, cannabis

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

L’ADN non codant, essentiel à la vie :

Une équipe internationale de 400 chercheurs a découvert que « si 2% seulement de notre ADN servent à produire des protéines, 80% jouent un rôle biochimique », expliquent Le Monde et Le Figaro. Ces travaux, publiés dans plusieurs revues scientifiques dont Nature et Science, révèlent que la grande majorité de cet « ADN poubelle » « serait en fait une vaste table de contrôle avec des millions d’interrupteurs régulant l’activité de nos gènes. Sans ces interrupteurs, les gènes ne fonctionneraient pas et des mutations dans ces régions pourraient induire des maladies ». Dans le cadre du projet Encode lancé en 2003 visant à concevoir une « encyclopédie » de l’ADN, les chercheurs ont identifié 4 millions d’« interrupteurs » génétiques. Daniel Vaiman, chercheur Inserm à l’Institut Cochin (Paris), explique dans Le Monde qu’« Encode donne une grille de lecture du génome humain. C’est un magnifique outil perfectible. Mais il ne résoudra pas tous les problèmes liés à l’étude des maladies ». (Le Figaro, Le Monde, 08/09)

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obésité abdominale des femmes :

Des chercheurs américains, dont les travaux sont publiés dans la revue Diabetes, ont apporté la preuve, chez la souris, qu’une enzyme, la ALDH1A1, déclencherait l’obésité abdominale des femmes après 50 ans, souligne Le Figaro. Selon le quotidien, ces recherches, dirigées par le Dr Ouliana Ziouzenkova, professeur de nutrition à l’Université de l’Ohio (Etats-Unis), ont montré que « quand on retire cette enzyme chez une souris génétiquement modifiée, même une femelle soumise à un régime riche en graisses ne grossit pas ». (Le Figaro, 08/09)

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médicaments "ayurvédiques";

L’Institut de veille sanitaire a lancé une opération de surveillance en France de médicaments utilisés en diététique et fabriqués selon la technique traditionnelle indienne dite « ayurvédique ». Cette décision fait suite à la découverte, il y a quelques semaines, par les autorités sanitaires américaines de près de 200 de ces remèdes, contenant des métaux lourds, fabriqués en Inde et en Chine et vendus sur 25 sites web. (Aujourd’hui en France, 08/09)

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cannabis :

Dans son édition Science & Techno, Le Monde publie une enquête sur le cannabis, revenant sur les travaux de chercheurs néo-zélandais et anglo-saxons qui ont conclu qu’« une consommation régulière et prolongée de cannabis, commencée à l’adolescence, peut entraîner une altération des performances intellectuelles » (cf synthèse de presse du 28 août). Mickaël Naassila, directeur du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (Inserm, Amiens), souligne dans Le Monde : « C’est un très beau travail, dont l’intérêt majeur est dans la démonstration de l’interaction du cannabis dans le développement cérébral. Cela renforce l’idée qu’il faut retarder le début de la rencontre avec cette drogue ». (Le Monde, Science & Techno, 08/09)

05/09/2012

Flore intestinale et obésité

lu sur :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/ces-antibiotiques-et-ces-probiotiques-qui-font-grossir-05-09-2012-1502822_445.php

Ces antibiotiques et ces probiotiques qui font grossir

Probiotiques et antibiotiques font grossir les jeunes mammifères dans les fermes, les souris dans les laboratoires... et les enfants ! D'une façon surprenante, l'effet sur le poids des probiotiques et des antibiotiques, utilisés massivement depuis plus de quarante ans pour stimuler la croissance des animaux de ferme (une pratique encadrée par la communauté européenne depuis 1972), n'avait jamais fait l'objet d'étude sérieuse chez l'homme jusqu'à ces dernières années.

Depuis 2006, on sait que la composition des microbes du tube digestif varie avec l'état métabolique des personnes obèses ayant une composition microbienne différente de celle des personnes minces. De ce fait, il n'est pas inutile de s'interroger sur les conséquences de la manipulation des microbes du tube digestif par l'ingestion massive d'autres microbes - en l'occurrence les probiotiques - ou leur destruction par des antibiotiques. Un peu de lumière apparaît maintenant.

Pour les antibiotiques, deux travaux montrent que certains antibiotiques prescrits chez les jeunes enfants, en particulier ceux de moins de six mois, sont associés à une prise de poids ultérieure significative et il s'agit bien d'une prise de poids graisseuse, car, chez les souris, les mêmes antibiotiques induisent une augmentation de la masse graisseuse. Les auteurs en concluent donc qu'il faut être extrêmement prudent avec les antibiotiques, en particulier chez les très jeunes enfants. Ces résultats confirment toutes les données connues chez les animaux de ferme, longtemps engraissés aux antibiotiques. D'autres travaux ont montré des effets comparables, après traitement antibiotique au long cours, chez les adultes.

Concernant les probiotiques - ces bactéries utilisées pour la fermentation des produits laitiers ou ajoutées pour produire des "alicaments" -, les conséquences dépendent des espèces testées. Toutefois, mon équipe a pu montrer qu'avec certaines espèces de Lactobacillus, le même effet était obtenu chez les souris et les animaux de ferme. Les espèces de bactéries probiotiques capables d'entraîner une prise de poids significative chez les jeunes enfants sont Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus fermentans et, sans doute aussi Lactobacillus reuteri. Les conséquences se répètent chez les animaux de ferme, les souris de laboratoire et les humains.

Bref, aussi bien dans les expériences que dans les travaux épidémiologiques, la manipulation des bactéries du tube digestif chez les très jeunes enfants peut entraîner une prise de poids ultérieure. Il apparaît donc urgent de réaliser des études en France sur ces effets. Et, en attendant, de mettre en garde les parents contre la consommation par les tout-petits de produits enrichis en bactéries ou en antibiotiques inutiles et de bactéries, compte tenu de l'épidémie d'obésité actuelle...

La cigarette électronique : pas d'évaluation de l'inocuité

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

De plus en plus de Français adoptent la cigarette électronique, produit de substitution doté d’une diode et d’une petite résistance chauffant un liquide  - souvent à base de nicotine – qui permet aux fumeurs d’inhaler de la vapeur « sans subir les effets nocifs de la combustion », indique La Croix.

Or, ajoute le quotidien, ce phénomène de société « ne fait pas l’unanimité » chez les médecins.

Ces derniers soulignent l’absence d’évaluations de « l’innocuité de cette cigarette nouvelle génération et de son efficacité dans le sevrage ».

voir : La Croix, 05/09

18/08/2012

Un antibactérien courant potentiellement dangereux pour la santé (2)

lu sur : 

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/le-triclosan-bientot-banni-des-produits-d-hygiene-18-08-2012-1496958_57.php

Le triclosan bientôt banni des produits d'hygiène

Sitôt sa toxicité musculaire évoquée, des fabricants annoncent qu'ils vont retirer cet antibactérien de leurs gammes.

 Par

Le Point . 18/8/2012

Présent dans de nombreux produits d'hygiène personnelle, comme le savon liquide, le dentifrice ou le déodorant, le triclosan pourrait faire plus de mal que de bien, si l'on en croit les conclusions d'une nouvelle étude. Car non seulement il est déjà soupçonné d'agir comme un perturbateur endocrinien, mais, en plus, il altérerait la fonction musculaire, et en particulier celle du muscle cardiaque. C'est en tout cas ce que des chercheurs américains viennent de montrer chez des souris et de petits poissons (les vairons). À peine publiés dans les comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) (*), ces résultats ont provoqué des réactions chez les industriels.

En pratique Isaac Pessah, toxicologue à l'université de Californie-Davis, et ses collègues ont injecté aux animaux différentes doses de triclosan. Pour les plus élevées (pouvant correspondre à celles rencontrées par l'homme dans sa vie quotidienne), ils ont remarqué que les muscles des souris se contractaient plus difficilement. "Nous avons été surpris par l'importance de l'altération de l'activité musculaire dans des organes très divers, à la fois dans le muscle cardiaque et dans les autres muscles", a déclaré l'un des coauteurs de l'étude. Le triclosan a eu un effet dépresseur "vraiment spectaculaire" sur la fonction cardiaque des souris tandis que la capacité à nager des poissons étudiés a diminué de façon sensible après 7 jours d'exposition à l'antibactérien. Le triclosan pourrait avoir des conséquences négatives chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque qui l'utiliseraient de façon massive, met en garde un autre signataire de l'article.

Disparition progressive

D'autres études animales effectuées ces dernières années sur le triclosan ont évoqué, outre son effet sur le fonctionnement de la thyroïde, un risque augmenté d'allergie et de développement d'une résistance à certains antibiotiques. Tout cela a conduit l'agence américaine du médicament (FDA) et l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) à réévaluer ce produit. Leur verdict devrait tomber l'an prochain. En attendant, la FDA estime que le triclosan est efficace pour prévenir la gingivite et reconnaît, sur son site, ne pas avoir - encore ? - suffisamment de preuves pour recommander de moins utiliser les produits contenant cette substance. Néanmoins, elle ajoute que rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que le savon antibactérien est supérieur au savon normal.

Sans attendre plus longtemps, la société américaine Johnson & Johnson (qui commercialise notamment les marques Roc, Neutrogena, Biafine, Le Petit Marseillais...) vient d'annoncer la "disparition totale" du triclosan et de certaines "substances préoccupantes" (comme les phtalates et les parabènes) de ses produits d'hygiène. Mais cela se fera progressivement, d'abord dans les produits pour bébés (d'ici à 2013). Concernant ceux destinés aux adultes, il faudra attendre 2015. En revanche, la société Colgate Palmolive avait pris une longueur d'avance en supprimant dès 2011 cet antibactérien de tous ses produits, à l'exception du dentifrice Colgate Total (destiné à combattre les gingivites). Quant à la chaîne Marks & Spencer, elle avait banni le triclosan de ses tablettes dès 2004.

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(*) voir :

http://www.pnas.org/content/early/2012/08/08/1211314109.abstract

Abstract - PNAS

www.pnas.org/content/.../1211314109.abstract

Triclosan impairs excitation–contraction coupling and Ca2+ dynamics in striated muscle

  1. Gennady Cherednichenkoa,1,
  2. Rui Zhanga,1,
  3. Roger A. Bannisterb,1,
  4. Valeriy Timofeyevc,
  5. Ning Lic,
  6. Erika B. Fritscha,
  7. Wei Fenga,
  8. Genaro C. Barrientosa,
  9. Nils H. Schebbd,
  10. Bruce D. Hammockd,2,
  11. Kurt G. Beame,
  12. Nipavan Chiamvimonvatc,f, and
  13. Isaac N. Pessaha,2

+ Author Affiliations

  1. aDepartment of Molecular Biosciences, School of Veterinary Medicine,
  2. cDivision of Cardiovascular Medicine, Department of Internal Medicine, and
  3. dDepartment of Entomology and Cancer Center, University of California, Davis, CA 95616;
  4. bCardiology Division, Department of Medicine, and
  5. eDepartment of Physiology and Biophysics, University of Colorado Denver-Anschutz Medical Campus, Aurora, CO 80045; and
  6. fDepartment of Veterans Affairs, Northern California Health Care System, Mather, CA 95655
  1. Contributed by Bruce D. Hammock, July 13, 2012 (sent for review June 18, 2012)

Abstract

Triclosan (TCS), a high-production-volume chemical used as a bactericide in personal care products, is a priority pollutant of growing concern to human and environmental health. TCS is capable of altering the activity of type 1 ryanodine receptor (RyR1), but its potential to influence physiological excitation–contraction coupling (ECC) and muscle function has not been investigated. Here, we report that TCS impairs ECC of both cardiac and skeletal muscle in vitro and in vivo. TCS acutely depresses hemodynamics and grip strength in mice at doses ≥12.5 mg/kg i.p., and a concentration ≥0.52 μM in water compromises swimming performance in larval fathead minnow. In isolated ventricular cardiomyocytes, skeletal myotubes, and adult flexor digitorum brevis fibers TCS depresses electrically evoked ECC within ∼10–20 min. In myotubes, nanomolar to low micromolar TCS initially potentiates electrically evoked Ca2+ transients followed by complete failure of ECC, independent of Ca2+ store depletion or block of RyR1 channels. TCS also completely blocks excitation-coupled Ca2+ entry. Voltage clamp experiments showed that TCS partially inhibits L-type Ca2+ currents of cardiac and skeletal muscle, and [3H]PN200 binding to skeletal membranes is noncompetitively inhibited by TCS in the same concentration range that enhances [3H]ryanodine binding. TCS potently impairs orthograde and retrograde signaling between L-type Ca2+ and RyR channels in skeletal muscle, and L-type Ca2+ entry in cardiac muscle, revealing a mechanism by which TCS weakens cardiac and skeletal muscle contractility in a manner that may negatively impact muscle health, especially in susceptible populations.                   

17/08/2012

Un antibactérien courant potentiellement dangereux pour la santé

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le triclosan altère les fonctions cardiaques de la souris

Publiée le 13 août, une étude réalisée par des chercheurs des universités de Californie et du Colorado révèle que l’antibactérien triclosan, présent dans de nombreux produits courants (vêtements, produits ménagers, meubles, jouets, produits d’hygiène et certains cosmétiques), altère la fonction cardiaque chez la souris et chez un petit poisson, le vairon. 
Coordonnée par Isaac Pessah, l’étude montre la capacité du triclosan à perturber la contraction du muscle cardiaque et des muscles squelettiques. Les chercheurs ont aussi remarqué la diminution de force musculaire chez la souris. 
Des résultats qui laissent à penser que d’éventuelles perturbations pourraient intervenir chez l’homme. La FDA a de son côté publié plusieurs documents sur le sujet, dont celui d’avril 2010 qui précise que le produit « n’est pas actuellement connu comme étant dangereux pour la santé humaine » mais que « plusieurs études scientifiques sont parues depuis la dernière révision de cet ingrédient qui justifie un plus ample examen »
L’agence a jugé de la nécessité de réévaluer le rapport bénéfice-risque du produit. Le résultat attendu pour le printemps 2011, n’a toutefois pas encore été communiqué. 
(Le Monde, 17/08)

08/08/2012

Gare aux pesticides !

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

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Les mélanges de pesticides démultiplient leurs effets toxiques


Le Monde souligne que selon une étude réalisée par Michael Coleman, de l'Université d'Aston, en Angleterre, le pyriméthanil, le cyprodinil et le fludioxonil (fongicides fréquemment répandus sur les primeurs) causent des dommages vingt ou trente fois plus sévères sur les cellules humaines lorsqu’ils sont associés.

« La viabilité des cellules est dégradée. Les mitochondries, véritables ‘batteries’ des cellules, ne parviennent plus à les alimenter en énergie, ce qui déclenche l'apoptose, c'est-à-dire l'autodestruction des cellules. Enfin, les cellules sont soumises à un stress oxydatif très puissant, possiblement cancérigène et susceptible d'entraîner une cascade d'effets », précise Claude Reiss, ancien directeur de recherche au CNRS et président de l'association Antidote Europe.

(Le Monde, 08/08)

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Dans un article de Notre Temps consacré à l’alimentation bio, Denis Lairon, chercheur à l’Inserm Marseille, confirme que « plus de 100 études ont été publiées récemment et vont globalement dans le sens de la supériorité nutritionnelle des aliments bio ».

(Notre Temps, 01/09)

20/07/2012

Le comportement de l'enfant corrélé à l'investissement paternel

... un problème pour les sociétés où les familles monoparentales sont en progression ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/07/20/le-comportement-de-l-enfant-correle-a-l-investissement-paternel_1736208_3238.html

Le comportement de l'enfant corrélé à l'investissement paternel

Le Monde.fr | 20.07.2012 à 11h08

Par Sylvie Kerviel (avec AFP)

Selon cette étude, publiée le 19 juillet, des interactions positives père-bébé dès l'âge de 3 mois permettent de réduire les problèmes de comportement du nourrisson à l'âge d'un an, et par la suite. Cette étude a également montré que l'impact du père était plus important chez les bébés garçons que chez les filles."Nous avons découvert que les enfants avec qui les pères avaient davantage de contacts avaient de meilleurs résultats, avec par la suite moins de problèmes de comportement. A l'inverse, les troubles étaient plus nombreux lorsque les pères étaient plus distants, perdus dans leurs pensées ou avaient moins de contacts", explique le Dr Paul Ramchandani, qui a dirigé l'étude.

Les chercheurs ont suivi 192 familles, recrutées dans deux maternités britanniques, qui ont été rencontrées à deux reprises– l'une lorsque le bébé avait 3 mois et la seconde au moment où l'enfant atteignait l'âge d'un an.

UNE MEILLEURE SOCIALISATION DE L'ENFANT

Le Dr Ramchandani précise que d'autres facteurs peuvent cependant intervenirpour expliquer un comportement perturbé. Le désengagement du père pourrait ainsi être le résultat d'une mauvaise relation de couple avec la mère ou refléter un manque général de supervision ou de soins, auquel l'enfant réagirait par un comportement agité.

D'autres études ont déjà montré l'influence sur le développement du bébé d'un investissement paternel. On a ainsi observé que les enfants dont le père était très présent avaient un meilleur quotient de coordination vision-préhension, utilisaient mieux leurs jambes et leurs bras pour résoudre des problèmes concrets.

Le psychologue Jean Le Camus, auteur de Comment être père aujourd'hui(éditions Odile Jacob), note ainsi que les pères encouragent plus et gratifient moins que les mères, en ayant moins tendance à intervenir pour résoudre les difficultés à la place de l'enfant. La présence du père durant les deux premières années semble sociabiliser davantage l'enfant. Il sera plus confiant et plus entreprenant en présence d'une personne étrangère.

Pour le pédiatre Philippe Grandsenne, auteur de Bébé dis-moi qui tu es (éditions Marabout), le père, du fait de sa position extérieure au couple mère-bébé, fait la transition entre famille et société.

Sylvie Kerviel (avec AFP)

 

Source : "Do early father–infant interactions predict the onset of externalising behaviours in young children ? Findings from a longitudinal cohort study"Journal of Psychology and Psychiatry, le 19 juillet 2012

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1469-7610.2012.02583.x/full

02/07/2012

Mise en chantier d'un nouveau réacteur nucléaire du type Superphénix

Voir aussi la note du 27/6/2012 sur ce blog :

Nucléaire : les cinq questions qui fâchent

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/30/couleuvres-a-neutrons_1727403_3244.html

Couleuvres à neutrons 

LE MONDE | 30.06.2012 à 16h53 • Mis à jour le 30.06.2012 à 16h53

Le 19 juin 1997, le premier ministre, Lionel Jospin, annonçait la fermeture du surgénérateur Superphénix. Le 26 juin 2012, aucun ministre du gouvernement socialo-écologiste n'a annoncé la signature d'un contrat pour construire un surgénérateur à Marcoule. Il est donc revenu au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et à Bouygues Construction d'informer de leur accord pour concevoir le prototype Astrid, réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium. Le rejeton de Superphénix aura une puissance de 600 mégawatts, ce qui est une échelle industrielle. Il s'agit, écrit le CEA, du "développement d'une filière de réacteur à neutrons rapides". Par une délicate attention, les études sont censées s'achever en 2017, terme du mandat présidentiel de M. Hollande, avant une "mise en service à l'horizon 2020".

On se souvient peut-être qu'en novembre 2011, le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont signé un "accord national de majorité". Le texte comprenait la phrase : "Aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié." En bon français, cela voudrait dire que rien ne sera enseigné à ces projets mais, enfin, la langue a évolué, et maintenant "initier" signifie, indique le dictionnaire Larousse,"Mettre en route, prendre l'initiative d'un processus".

La "conception du prototype" était prévue dans une loi de 2006 et dans une convention entre l'Etat et le CEA signée en 2010. On peut donc juger que l'accord de collaboration s'inscrit dans le déroulement d'un processus déjà "initié". Mais cet accord de collaboration n'est-il pas une "mise en route" ? Auquel cas, il s'agit bien "d'initier" un projet de réacteur.

Au demeurant, la matière doit être appréciée au regard de l'esprit du texte signé par le PS et EELV. Le lancement d'Astrid ne pouvait-il pas attendre ? La nouvelle ministre chargée de l'énergie, Delphine Batho, nommée le 21 juin, a-t-elle été informée par le CEA, avant sa signature le 26 juin, de cet accord aux conséquences évidemment politiques ? EELV juge-t-il qu'il ne s'agit pas là de "l'initiation d'un projet de réacteur" ?

Le député (EELV) Denis Baupin découvre l'affaire. Il réagit : "Il est surprenant de lancer un tel chantier avant qu'ait eu lieu le grand débat annoncé sur la transition énergétique. C'est comme si l'on en anticipait les résultats."

Les biologistes s'interrogent : combien de couleuvres un organisme peut-il avaler avant de se sentir vraiment mal ?

kempf@lemonde.fr

Hervé Kempf