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07/03/2012

OGM : effets létaux confirmés

communiqué :

Des chercheurs suisses confirment les effets létaux de la toxine Cry1Ab du maïs génétiquement modifié MON810 sur les jeunes larves de coccinelle 



Par Sciences Citoyennes - Action collective
Mercredi 29 février 2012

La contre-étude qui remettait en cause ces résultats est fondée sur une méthodologie erronée.

Dans une publication récente du 15 février, des chercheurs de l’Institut fédéral suisse de technologie (ETH) de Zürich, sous la direction du Dr Angelika Hilbeck[1], confirment les résultats d’une étude précédente selon lesquels, dans les tests de laboratoire, la toxine insecticide Cry1Ab de la bactérie du sol Bacillus thuringiensis (Bt), dans sa version produite par les maïs génétiquement modifiés (GM) Bt tel que le MON810, augmente la mortalité chez les jeunes larves de coccinelle (Adalia bipunctata). Celles-ci font partie des organismes non-cibles, c’est-à-dire censés ne pas être affectés par ces maïs GM et la toxine qu’ils produisent.

Cette première étude, publiée en 2009[2], et qui avait conduit le gouvernement allemand, au printemps de cette même année, à interdire la culture commerciale du maïs MON810, a fait l’objet d’une attaque en règle par des partisans des OGM au sein de la revue scientifique « Transgenic Research » (2011)[3] allant jusqu’à qualifier l’étude de Hilbeck et coll. de “pseudo-science”.

Non seulement la nouvelle étude suisse confirme la première mais leurs auteurs ont également élucidé la raison pour laquelle la contre-étude de 2011 avait conduit à des conclusions opposées : les protocoles qui ont été utilisés sont conçus de telle sorte qu’ils ne permettent même pas de mettre en évidence un effet négatif clair de la toxine Bt Cry1Ab produite par le maïs MON810 lorsque l’organisme testé est pourtant  l’organisme ciblé par cette toxine, à savoir les larves de la pyrale du maïs. (*)

On ne peut que s’inquiéter des attaques systématiques dont font l’objet les études qui remettent en cause l’innocuité environnementale et sanitaire des plantes génétiquement modifiées, quand d’autres études biaisées telles que celles qui ont conclu à l’innocuité de la toxine Bt sur la larve de la chrysope verte alors que celle-ci est incapable de l’ingérer, n’ont suscité la moindre critique de la part de ceux qui se revendiquent de la « vraie science » (« sound science »). Bien que ces dernières années, l’Agence américaine de protection de l’environnement a reconnu l’inadaptation des tests sur la chrysope pour évaluer les risques de cultures GM, ils constituent toujours la base pour l’approbation des cultures Bt de la part des autorités européennes.

En réaction à la toute récente étude de l’équipe d’Angelika Hilbeck, le professeur Brian Wynne du Centre du Royaume-Uni pour les aspects économiques et sociaux de la génomique (Cesagen) à l’Université de Lancaster, s’inquiète que « les autorités européennes, après la mise en œuvre d’une législation sur la biosécurité théoriquement fondée sur le principe de précaution et tout en exigeant des recherches et des évaluations scientifiques rigoureuses des risques écologiques pendant deux décennies, se basent encore sur des protocoles systématiquement erronés et sur des données élaborées et promues par l’industrie de la biotechnologie et leurs collaborateurs scientifiques ».

Cette fausse controverse sur les expériences relatives aux effets de la toxine Bt Cry1Ab sur la coccinelle A. bipunctata souligne la nécessité de définir des protocoles rigoureux et reconnus par l’ensemble de la communauté scientifique pour garantir une évaluation pertinente des risques environnementaux et sanitaires. Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) exhortent les autorités européennes à réviser les autorisations actuelles des plantes génétiquement modifiées pour la culture commerciale et/ou la consommation animale et humaine, et à exiger une expertise contradictoire, transparente et indépendante.

(*) mon commentaire : en d'autres termes, les vérifications sont conçues pour ne pas pouvoir vérifier !

Contacts

Dr Christian Vélot, Université Paris-Sud 11, vice-président d’ENSSER, 06 70 34 78 45, christian.velot@u-psud.fr

Dr. Angelika Hilbeck, ETH Zürich, (P) +41 44 6324322, (E) angelika.hilbeck@env.ethz.ch

Dr. Hartmut Meyer, ENSSER, (M) +49 162 1054755, (E) hmeyer@ensser.org

Télécharger le communiqué en PDF : Des chercheurs suisses confirment les effets létaux de la toxine Cry1Ab du maïs génétiquement modifié MON810 sur les jeunes larves de coccinelle

 

À propos d’ENSSER : Le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) oeuvre pour une expertise scientifique indépendante, et le développement des connaissances nécessaires à l’évaluation critique des technologies existantes et émergentes. L’objectif de ENSSER est la promotion de la science en tant que bien public, et de la recherche pour la protection de l’environnement, la diversité biologique et la santé humaine contre les effets néfastes des nouvelles technologies et de leurs produits. ENSSER préconise l’utilisation bénigne et pacifique des découvertes scientifiques et des développements technologiques, tout en élargissant des approches diverses pour évaluer leur utilité sociale et leur sécurité. Plus d’informations disponibles à l’adresse: http://www.ensser.org


[1] Hilbeck, A et al. 2012. A controversy re-visited: Is the coccinellid Adalia bipunctata adversely affected by Bt toxins? Environmental Sciences Europe 2012, 24:10 doi:10.1186/2190-4715-24-10

Open Access: www.enveurope.com/content/24/1/10

[2] Schmidt et al. 2009. Effects of Activated Bt Transgene Products (Cry1Ab, Cry3Bb) on Immature Stages of the Ladybird Adalia bipunctata in Laboratory Ecotoxicity Testing. Archives of Environmental Contamination and Toxicology 56(2):221-228

www.springerlink.com/content/4317km7733582u32/

[3] Alvarez-Alfageme F et al. 2011. Laboratory toxicity studies demonstrating no adverse effects of Cry1Ab and Cry3Bb1 to larvae of Adalia bipunctata (Coleoptera: Coccinellidae): the importance of study design. Transgenic Research 20(3):467-479

Open Access: http://rd.springer.com/article/10.1007/s11248-010-9430-5

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sur le même sujet, lire la note de ce jour sur "Le blog libre de mon quartier" :

Europe : quatre nouveaux sojas transgéniques autorisés

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2012/03/07/europe-quatre-nouveaux-sojas-transgeniques-autorises.html

Les enfants hyperactifs

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/les-enfants-hyperactifs-ne-sont-pas-ceux-qu-on-croit-07-03-2012-1438661_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120307

Les enfants hyperactifs ne sont pas ceux qu'on croit

Deux études montrent que les troubles du comportement ont parfois des causes fonctionnelles qui ne nécessiteraient pas l'usage de médicaments.

Enfants agités, impulsifs, agressifs, inattentifs plus que de raison : les hyperactifs sont l'objet de toutes les attentions. Deux travaux publiés très récemment montrent que derrière ce trouble neurocomportemental se cacheraient, dans certains cas, des éléments nouveaux : la première recherche dévoile une cause traitable sans avoir recours à des médicaments, la seconde ajuste un diagnostic jusqu'alors erroné.

Selon une étude publiée dans la revue Pediatrics, les jeunes enfants qui ronflent ou qui ont des troubles respiratoires seraient plus susceptibles d'avoir des troubles du comportement par la suite. Pour cette étude de grande ampleur, le sommeil et le comportement de 11 000 enfants britanniques ont été étudiés à la loupe durant leurs sept premières années de vie. Ainsi, les 2 à 4 % des enfants qui souffriraient d'apnée du sommeil auraient 20 à 60 % de risques supplémentaires de développer des problèmes neurocomportementaux à 4 ans, et 40 à 100 % à l'âge de 7 ans. Selon le docteur Bonuck, de l'université Yeshiva de New York, interrogée par la BBC, les problèmes comportementaux des enfants qui ronflent ou qui souffrent de problèmes respiratoires seraient notamment dus à la réduction de l'apport en oxygène au cerveau. Une découverte qui pourrait permettre d'endiguer la prise de médicaments contre l'hyperactivité en traitant ses causes via l'observation du sommeil.

Mois de naissance

Une étude canadienne est parvenue à une autre conclusion étonnante : en observant près d'un million d'enfants de 6 à 12 ans, les chercheurs de l'université de la British Columbia ont découvert que le mois de naissance d'un élève peut avoir des conséquences sur sa supposée hyperactivité. Les scientifiques remarquent ainsi qu'un diagnostic de trouble neurocomportemental est plus souvent posé chez les plus jeunes de la classe, qui ont jusqu'à un an d'écart avec leurs camarades les plus âgés.

Selon l'étude, les écoliers nés en fin d'année ont ainsi 70 % de risques supplémentaires par rapport à leurs amis de janvier d'être considérés comme hyperactifs. Des enfants qui sont en réalité simplement "immatures" par rapport à leurs copains de classe, "manifestant ainsi un manque de concentration, des difficultés à rester calmes, de l'impatience, de la désorganisation ou de l'impulsivité", comme le souligne Richard Morrow, le directeur de la recherche, dans El Mundo.

Un affinage du diagnostic d'hyperactivité semble donc indispensable, afin de mieux la prendre en charge, et ce, sans médicament de surcroît. Des recommandations simples pour un résultat de taille.

06/03/2012

Aimeriez-vous vivre sous

une ligne haute-tension ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/06/les-effets-sanitaires-des-lignes-tht-en-question_1651240_3244.html#ens_id=1651169

Les effets sanitaires des lignes THT en question

lemonde.fr 06/03/2012

Met-on sa santé en danger en vivant près d'une ligne à très haute tension ? Si la question divise la communauté scientifique depuis maintenant trente ans, elle n'a toujours pas été tranchée. Or, l'impact sanitaire de ces autoroutes de l'électricité suscite une inquiétude grandissante parmi la population.

En cause : les champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (50 Hz), générés par le passage du courant dans les câbles électriques, qui ont ont été classés "cancérogènes possibles pour l'homme" en 2002 par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

Alors que la France compte 100 000 km de lignes électriques à haute et très haute tension (THT), 375 000 personnes seraient exposées à des champs magnétiques supérieurs à 0,4 microtesla (µT), un seuil jugé à risque, selon l'exploitant Réseau de transport d'électricité (RTE).

PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Un constat qui a poussé l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsset) à recommander, dans un rapport de mars 2010"de ne plus augmenter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à très haute tension et de limiter les expositions." Dans la pratique, l'Afsset a préconisé de ne plus installer d'établissements accueillant des femmes enceintes ou des enfants (hôpitaux, écoles, crèches…) à moins de 100 mètres de lignes THT.

"Ces recommandations sont insuffisantes. La zone d'exclusion devrait s'étendre jusqu'à 300 mètres de part et d'autre de la ligne", assure Catherine Gouhier, qui a coordonné une enquête citoyenne pour le Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). L'étude, réalisée en 2009 à partir de 6 000 cas, concluait en effet à des champs magnétiques oscillant entre 0,8 et 2 µT dans les habitations situées à moins de 300 mètres des lignes, contre 0,01 à 0,02 µT pour des logements construits dans des zones non exposées.

Pour RTE, ces valeurs restent encore bien inférieures à la norme internationale, qui fixe à 100 µT l'exposition maximale à un champ magnétique. Alors que la France respecte strictement cette règlementation, beaucoup de pays l'ont de leur côté abaissée, comme les Etats-Unis (20 µT), l'Italie (3 µT), la Suisse (1 µT) ou la Suède (0,25 µT). "La France a retenu cette valeur totalement démesurée sous l'effet du lobby électrique", regrette Catherine Gouhier.

LIEN DE CAUSALITÉ

Mais si le principe de précaution n'est pas appliqué par RTE, c'est avant tout parce que le lien de causalité entre l'exposition aux lignes à haute tension et le développement de maladies n'a jusqu'à présent jamais été prouvé. Selon certaines associations de défense de l'environnement et de la santé, les riverains des lignes THT seraient sujets à des phénomènes de stress, nervosité, irritabilité et insomnies plus fréquents que le reste de la population.

>> Lire : "J'ai vécu six ans à proximité d'une ligne à très haute tension"

Surtout, de nombreuses études, conduites notamment en Grande-Bretagne, ont établi une association statistique irréfutable entre l'exposition aux lignes THT et l'augmentation du nombre de cas de leucémies infantiles – deux fois plus – et de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson. 

"Si les chiffres sont là, on ne sait toutefois pas si on peut imputer ces maladies à la présence des lignes, prévient Jacqueline Clavel, qui dirige, depuis 2002, une étude sur ce sujet pour l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. On ne connaît aujourd'hui aucun mécanisme biologique valable selon lequel les champs magnétiques induieraient un risque de leucémie accru."

ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE

"Cette corrélation sera de toutes façons impossible à prouver, rétorque Catherine Gouhier. Comme pour le lien entre tabac et cancer du poumon, il y a de multiples autres facteurs en jeu, tels que l'alimentation, le stress ou la qualité de l'air. On ne peut que confirmer le lien de cause à effet de manière empirique, grâce aux études épidémiologiques, qui étudient la fréquence de maladies dans un large panel de population en fonction des modes de vie."

Aucune étude de ce genre n'a jamais été menée en France, au grand dam des opposants aux lignes THT. Si les autorités sanitaires françaises se justifient en arguant d'un manque de représentativité de ce type d'expériences, les associations, elles, y voient la marque du puissant lobby électronucléaire.

Audrey Garric

23/02/2012

Science, conscience, lobbying et blogosphère

Pour les climato-sceptiques.

La question que je me pose est : Claude Allègre a-t-il été payé ? Combien ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/21/l-origine-de-la-fuite-des-documents-du-heartland-institute-a-ete-revelee_1646404_3244.html

L'origine de la fuite des documents du Heartland Institute a été révélée

Peter Gleick, un hydrologue de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique.

Un éminent hydrologue, membre de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique. Dans un billet posté lundi 20 février sur l'un de ses blogs, Peter Gleick, par ailleurs cofondateur et président du Pacific Institute, un centre de recherche basé en Californie, a admis être l'origine de la fuite d'une dizaine de pièces exfiltrées le 15 février du Heartland Institute.

Rendus publics sur le Net, ces documents ont plongé le think tank dans l'embarras : ils révèlent ses sources de financement (grandes entreprises, fondations, etc.), les noms des "experts" et des blogueurs qu'il rémunère pour propager la parole climato-sceptique, ainsi que ses projets d'action prioritaires pour 2012, en particulier pour asseoir auprès des enseignants et des élèves américains l'idée que le changement climatique est "incertain" et scientifiquement "controversé".

Sur son blog, M. Gleick a expliqué avoir reçu, début 2012, par courrier électronique anonyme, des documents confidentiels présentés comme provenant du Heartland Institute. "J'ai tenté de confirmer la validité des informations de ces documents, écrit l'hydrologue. Pour ce faire, et dans une grave faute vis-à-vis de moi-même, de mon éthique et de mon jugement, j'ai sollicité et obtenu du Heartland Institute, sous l'identité de quelqu'un d'autre, des documents supplémentaires." Ces nouveaux éléments ont confirmé, selon M. Gleick, ceux contenus dans l'envoi anonyme précédent, "en particulier la stratégie de levée de fonds [du think tank] pour 2012 et son budget". M. Gleick dit avoir ensuite fait suivre anonymement les documents en question "à plusieurs experts et journalistes travaillant sur la question climatique". Outre-Atlantique, l'affaire a suscité une intense couverture médiatique.

DES AUTEURS RÉMUNÉRÉS

Les aveux du scientifique, qui présente ses "excuses personnelles" à "ceux qui ont été affectés" par son geste, pourraient en réalité plonger le Heartland Institute dans un embarras plus grand encore. En effet, dès la mise en ligne des documents frauduleusement obtenus, le think tank de Chicago avait déclaré que l'un d'entre eux, un mémo intitulé "2012 Heartland Climate Strategy", était un "faux, apparemment destiné à diffamer et discréditer le Heartland Institute". Cependant, la plupart des informations confidentielles contenues dans le mémo litigieux sont présentes dans les autres documents rendus publics. De plus, le Heartland Institute ne précise pas quels sont les éléments dudit mémo qui auraient été fabriqués. Or, dans sa confession, M. Gleick assure n'avoir fait que transmettre les documents qu'il a obtenus et qu'il n'en a pas altéré, ni fabriqué, le contenu. Dans un communiqué du 20 février, le Heartland Institute maintient sa version, mais celle-ci a encore perdu en crédibilité depuis les aveux de M. Gleick.

Le mémo en question montrait que les responsables du think tank étaient très désireux d'entretenir sur le Net "des voix qui s'opposent" au consensus sur le climat et "des groupes capables de mobiliser rapidement des réponses face à des découvertes scientifiques, des articles de presse ou des billets de blog défavorables". Les documents indiquent ainsi qu'un célèbre blogueur climato-sceptique américain, fréquemment cité dans la blogosphère francophone, Anthony Watts, un ancien présentateur météo, s'est vu promettre près de 90 000 dollars sur l'année 2012. Sur son blog, l'intéressé n'a pas démenti ce chiffre, précisant que la somme en question était censée soutenir "un projet spécial" et non son site Web, pour lequel il assure "ne pas toucher de salaire".

Un autre personnage épinglé dans les documents rendus publics est Frederick Singer, un physicien américain à la retraite rémunéré à hauteur de 5 000 dollars par mois par le Heartland Institute. Cette rétribution correspond au travail de coordination et de promotion d'une série de rapports pseudo-scientifiques, rédigés par un groupe de chercheurs présentés comme le Non-Intergouvernmental Panel on Climate Change (NIPCC). Ces rapports, soumis à des décideurs et mis en circulation sur le Net, concluent systématiquement à l'inverse du consensus scientifique sur le réchauffement. Interrogé par Le Monde au printemps 2010, M. Singer – qui n'a cette fois pas répondu à nos sollicitations – avait assuré que les auteurs de ces rapports étaient bénévoles. Les documents du Heartland montrent que le budget prévu sur la période 2010-2013 pour la production, l'édition et la promotion des rapports du NIPCC se monte à plus d'un million et demi de dollars, dont un demi-million environ pour ses auteurs.

SCIENCE CONTRE IDÉOLOGIE

Frederick Singer a en outre eu ses frais de déplacements partiellement pris en charge par le Heartland Institute. Le physicien donne de nombreuses conférences à l'étranger, notamment pour présenter les conclusions des fameux rapports du NIPCC. En France, il a été invité à plusieurs reprises à l'Institut de physique du globe de Paris, bénéficiant ainsi d'un cadre académique prestigieux pour s'exprimer.

S'agissant des moyens frauduleux mis en œuvre par M. Gleick pour faire éclater le scandale, les commentaires sont partagés. Dans un billet publié mardi sur le site Web du Guardian, Bob Ward, l'un des directeurs du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment (London School of Economics) estime que "bien que des actes de tromperie ne puissent être acceptés, il est aussi important de noter que les documents obtenus par M. Gleick donnent une idée sur la manière dont certains groupes, fondamentalement opposés la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tentent de donner l'impression que leurs arguments sont fondés sur la science plutôt que sur l'idéologie".

Ironiquement, le Heartland Institute – qui proteste aujourd'hui avec virulence contre la publication des documents qui lui ont été dérobés –, avait été l'une des principales caisses de résonance, en novembre 2009, de l'affaire dite du Climategate. C'était alors les courriels de climatologues qui avaient été piratés dans les serveurs de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) et rendus publics sur le Net. Jusqu'à présent, les auteurs de ce piratage-là ne se sont pas dénoncés, pas plus qu'ils n'ont été démasqués par la police du Norfolk, chargée d'enquêter sur cette affaire.

15/02/2012

Informations médicales

lues sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Mercredi 15 février 2012

Bisphénol A et diabète
Selon deux nouvelles études, le bisphénol A (BPA) « contribuerait bel et bien à l’épidémie mondiale de diabète de type 2 », explique Le Monde. La première étude de l’équipe de Tiange Wang du Shanghai Institute of Endocrine and Metabolic Diseases (Chine), publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, « confirme, dans la population générale, le lien entre exposition au BPA d’une part, obésité et diabète de type 2 d’autre part », souligne le quotidien. Le Monde ajoute que, selon les auteurs, chez la population de corpulence normale, « le risque de diabète de type 2 augmente de 94% pour les sujets les plus imprégnés, par rapport au groupe dont les teneurs en BPA sont les plus basses ». La seconde étude, rendue publique dans PloS One, révèle, par des travaux in vitro, que de faibles doses de BPA peuvent contribuer au développement du diabète de type 2. Sergi Soriano (université Miguel Hernandez de Elche à Alicante, Espagne) et ses co-auteurs ont montré que des cellules pancréatiques de souris et d’humains, « lorsqu’elles sont exposées à des faibles doses du BPA, synthétisent plus d’insuline ». (Le Monde, 15/02)

L’intolérance aux ondes étudiée
L’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) lance « la première étude clinique en France » destinée à « évaluer un protocole de prise en charge spécialisée des patients atteints ‘‘d’hypersensibilité’’ » aux ondes, indique Le Figaro. Selon le journal, 1,5 à 2% de la population serait touchée par l’hypersensibilité électromagnétique, qui « se manifeste par des symptômes non spécifiques », mais qui peuvent empêcher certaines personnes de travailler ou les conduire à changer « totalement de mode de vie ». Un premier centre de prise en charge a déjà ouvert à l’hôpital Cochin, à Paris. L’AP-HP prévoit la participation à cette étude, au total, de 24 centres investigateurs en France. Cette étude, réalisée en collaboration avec l’Ineris et l’Anses, vise à « mieux comprendre cette pathologie dont les déterminants sont l’objet d’une crispation entre associations et scientifiques », souligne le quotidien. (Le Figaro, 15/02)

En bref

La Croix publie, dans son cahier central, un dossier sur les jeux vidéo et les enfants. « La question des risques liés à l’usage des jeux violents inquiète parents et éducateurs », explique le quotidien. Elle intéresse également les chercheurs. Ainsi, Michel Desmurget, chercheur en neurosciences à l’Inserm, explique, dans l’article, que « toutes les recherches montrent que les jeux vidéo violents ont un effet délétère ». Il ajoute : « Plus de 3 500 études répertoriées par l’Académie américaine de pédiatrie prouvent que les images violentes suscitent des comportements agressifs ». (La Croix, 15/02)

Le rapport rédigé par l’Observatoire national de la fin de vie doit être dévoilé aujourd’hui. Ce document, qu’Aujourd’hui en France s’est procuré, fait déjà l’objet « d’une grosse polémique », rapporte le quotidien. Plusieurs membres de cet observatoire, en désaccord avec les méthodes choisies pour réaliser le rapport, ont démissionné la semaine dernière. Ils considèrent que ce rapport, qui a coûté 450 000 euros à l’Etat, « n’apporte rien de nouveau » sur la fin de vie, souligne le journal. (Aujourd’hui en France, 15/02)

Le Quotidien du médecin rend compte de la découverte d’une équipe française d’un nouveau gène, GPR179, lié à « une forme génétique de cécité nocturne ». L’équipe d’Isabella Audo et Christina Zeitz (Institut de la vision, centre d’investigation clinique des Quinze-Vingts, UPMC CNRS-Inserm) a été mené pour « mieux comprendre l’origine génétique de la maladie ». Leurs travaux ont montré l’importance de la mutation du gène GPR179 dans la cécité nocture stationnaire. (Le Quotidien du médecin, 15/02)

11/02/2012

Craquements de la terre au fil de l’année 2011

DATA – Ecoutez le pouls des craquements de la terre au fil de l’année 2011

Cette vidéo japonaise, reprise par le site La boîte verte, montre tous les tremblements de terre d'une magnitude supérieure à 6 survenus à travers le globe l'an dernier. En l'écoutant au casque, on croirait plonger dans un battement de cœur électronique déréglé et prendre le pouls de la planète : neuf minutes de vidéo pour 9 323 battements, soit un peu plus d'un choc toutes les 56 minutes dans le monde réel, au fil de l'année.

Au 11 mars, soudain, le rythme s'affole et des cercles de plus en plus larges apparaissent au-dessus du Japon : ils figurent l'amplitude du séisme qui a provoqué la catastrophe de Fukushima, et l'immense espace à travers lequel il a pu être ressenti.

Alzheimer ...espoir ?

lu sur :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2012/02/09/002-alzheimer-anticancer-bexarotene.shtml

Contre le cancer, mais aussi l'alzheimer | Science | Radio-Canada.ca


Une percée sans précédent a été réalisée dans la lutte contre l'alzheimer, soutiennent des chercheurs américains. Un médicament appelé bexarotène agit contre de nombreux effets de la maladie qui apparaissent chez la souris.

Cette molécule est déjà reconnue par Santé Canada et la Food and Drug Administration (FDA) dans le traitement contre le cancer de la peau.

Selon des chercheurs de la Case Western Reserve University à Cleveland, le bexarotène s'attaque à l'accumulation de fragments d'une protéine appelée bêta-amyloïde jugée comme un élément clé dans l'apparition de la maladie d'Alzheimer.

Normalement, le cerveau produit ces fragments qui sont dégradés par des enzymes à l'aide d'une protéine appelée ApoE. La chercheuse Paige Cramer et ses collègues ont émis l'hypothèse que le bexarotène pourrait augmenter l'élimination des fragments bêta-amyloïdes dans le cerveau parce qu'il aide à activer l'ApoE. Ils ont donc donné ce médicament à des souris conçues pour avoir une maladie comparable à l'alzheimer et ont constaté que les niveaux de fragments dans le cerveau des souris avaient chuté en quelques jours. Les souris ont également présenté une amélioration de leurs performances cognitives, sociales et olfactives.

En fait, chez le rongeur, la molécule a fait disparaître jusqu'à 75 % des plaques de bêta-amyloïdes. Il semblerait que le bexarotène reprogramme les cellules immunitaires dans le cerveau pour qu'elles puissent de nouveau « nettoyer » les dépôts d'amyloïdes.

« Jusqu'alors, le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes. » — Dr Daniel Wesson, co-auteur

L'équipe américaine veut maintenant s'assurer qu'il agit de la même manière chez les humains. Si c'est le cas, elle entend transformer cette découverte de recherche fondamentale en traitement. Des essais cliniques préliminaires pourraient commencer d'ici l'année prochaine.

La semaine dernière, la publication de deux études indépendantes (l'une de l'Université Columbia et l'autre de l'Université Harvard) avait permis de répondre à une question qu'on se posait depuis deux décennies : comment la maladie d'Alzheimer se propage-t-elle dans le cerveau? Deux hypothèses existaient : de neurone en neurone ou par blocs, passant de certaines parties du cerveau à d'autres.

La réponse : la maladie se propage de neurone en neurone. Ces travaux étaient les premiers à démontrer que la maladie se répand comme une infection, à l'image d'un virus.

Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Science (*).

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voir aussi :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/09/un-anticancereux-inverse-rapidement-alzheimer-chez-des-souris_1641488_3244.html

Un anticancéreux inverse rapidement Alzheimer chez des souris

Un médicament contre le cancer a rapidement restauré les fonctions cérébrales normales de souris atteintes de l'équivalent d'Alzheimer.

 

Il s'agit d'une percée majeure dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer. Une équipe de chercheurs américains a découvert qu'un médicament contre le cancer restaurait rapidement les fonctions cérébrales normales de souris de laboratoire atteintes de l'équivalent d'Alzheimer. Cette avancée pourrait déboucher sur un traitement pour cette maladie incurable et dévastatrice, révèle une étude (sur abonnement) publiée dans Science, jeudi 9 février.

>> Voir la vidéo explicative de Science (sur abonnement)

Non seulement cet anticancéreux, le bexarotène, a fait disparaître chez ces souris jusqu'à 75 % des plaques de bêta-amyloïde, une forme de protéine dont l'accumulation est une des principales caractéristiques pathologiques d'Alzheimer, mais il a aussi inversé les symptômes de cette maladie, comme la perte de mémoire.

Tout juste soixante-douze heures après avoir commencé le traitement avec le bexarotène, les souris de laboratoire – génétiquement modifiées pour développer l'équivalent de la maladie d'Alzheimer – ont commencé à montrer des comportements normaux, expliquent les chercheurs à l'origine de cette étude.

UNE AVANCÉE "SANS PRÉCÉDENT"

Ces animaux ont ainsi retrouvé leur mémoire et leur sens de l'odorat, explique le Dr Daniel Wesson, professeur adjoint de neurosciences à la faculté de médecine Case Western à Cleveland (Ohio), coauteur de l'étude publiée dans la revue américaine Science datée du 10 février. Il note que la perte de l'odorat est souvent le premier signe de la maladie d'Alzheimer chez les humains.

Cette avancée est "sans précédent", juge Paige Cramer, un chercheur de la faculté de médecine Case Western qui a contribué à cette recherche : "Jusqu'alors le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes." "Ce médicament est efficace chez les souris et notre prochain objectif est de s'assurer qu'il agit de la même manière chez les humains", ajoute le Dr Gary Landreth, professeur de neurosciences dans cette même faculté et autre auteur de l'étude.

"Nous sommes encore au tout premier stade de nos efforts pour transformer cette découverte de recherche fondamentale en un traitement", note ce chercheur. Selon le Dr Wesson, l'équipe de recherche "espère obtenir les premiers résultats d'un essai clinique préliminaire d'ici l'année prochaine".

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(*) http://www.sciencemag.org/content/early/2012/02/08/science.1217697.abstract?sid=7124b893-9cd8-4fb4-b00f-7ff11399ce79

Abstract

Alzheimer's disease is associated with impaired clearance of β-amyloid from the brain, a process normally facilitated by apolipoprotein E (ApoE). ApoE expression is transcriptionally induced through the action of the nuclear receptors peroxisome proliferator activated receptor (PPARγ) and liver X receptors (LXR) in coordination with retinoid X receptors (RXR). Oral administration of the RXR agonist, bexarotene, to a murine model of Alzheimer's disease resulted in enhanced clearance of soluble Aβ within hours in an apoE-dependent manner. Aβ plaque area was reduced >50% within just 72 hours. Furthermore, bexarotene stimulated the rapid reversal of cognitive, social, and olfactory deficits and improved neural circuit function. Thus, RXR activation stimulates physiological Aβ clearance mechanisms, resulting in the very rapid reversal of a broad range of Aβ-induced deficits.                      

09/02/2012

Contre le cancer, une méthode simple

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/08/le-jeune-nouvelle-arme-de-lutte-contre-le-cancer_1640662_3244.html#xtor=RSS-3208

Le jeûne, nouvelle arme de lutte contre le cancer ?

De courtes périodes de jeûne sont dans certains cas aussi efficaces que la chimiothérapie pour lutter contre certains cancers chez les souris, selon une étude publiée mercredi aux Etats-Unis.

De courtes périodes de jeûne sont dans certains cas aussi efficaces que la chimiothérapie pour lutter contre certains cancers chez les souris, selon une étude publiée mercredi 8 février aux Etats-Unis, qui montre que combiner les deux méthodes prolonge leur durée de vie.

Le jeûne seul permet de traiter efficacement une majorité de cancers chez des animaux de laboratoire, y compris les tumeurs cancéreuses provenant de cellules humaines, soulignent les auteurs de cette étude parue dans la revue Science Translational Medicine datée du 8 février. Selon eux, sur huit types de cancer observés chez des souris de laboratoire, cinq ont réagi aussi bien au jeûne qu'à la chimiothérapie.

DES TAUX DE GUÉRISON DE 20 % À 40 %

Le fait de réduire la quantité de nourriture consommée ralentit la croissance et la propagation du cancer, expliquent ces médecins. Et, chaque fois, "la combinaison de cycles courts de jeûne avec la chimiothérapie est soit plus efficace, soit nettement plus efficace que la chimiothérapie seule", précise Valter Longo, professeur de gérontologie et de biologie à l'université de Californie du Sud, principal auteur de cette étude.

Ainsi, de multiples périodes de jeûne combinées à la chimiothérapie guérissent 20 % de certains cancers très agressifs chez les souris de laboratoire. Le taux de guérison grimpe à 40 % pour les souris atteintes de ces mêmes cancers mais moins étendus, tandis qu'aucune souris n'a survécu traitée uniquement avec la chimiothérapie.

Seul un essai clinique d'une durée de plusieurs années permettrait de savoir si ce traitement pourrait avoir des effets similaires chez l'homme, souligne le Dr Longo. Les résultats d'un essai clinique de phase 1 portant sur un tel traitement sur des patientes souffrant d'un cancer du sein, du canal urinaire et de l'ovaire, mené par deux cancérologues du USC Norris Comprehensive Cancer Center, ont été soumis pour une présentation à la prochaine conférence annuelle de la Société américaine de cancérologie (ASCO).

MOINS D'EFFETS SECONDAIRES

Mais cette première phase clinique vise seulement à tester la sûreté de cette thérapie, et surtout à déterminer si des patients peuvent supporter de jeûner pendant deux jours avant une chimiothérapie et un jour après. "Nous ne savons pas si le jeûne est efficace chez l'homme" contre le cancer, souligne le Dr Longo, selon qui de telles privations de nourriture pourraient être risquées chez certains individus. Un jeûne peut notamment provoquer une chute de la tension artérielle et des maux de tête.

Selon une étude fondée sur des données fournies par des malades et publiée dans la revue américaine Aging en 2010, dix patients atteints d'un cancer qui ont essayé de suivre des cycles de jeûne ont dit ressentir moins d'effets secondaires provoqués par la chimiothérapie qu'ils subissaient.

Chez les souris, l'étude publiée mercredi a montré que des cycles de jeûne sans chimiothérapie pouvaient ralentir un développement du cancer du sein, du mélanome et d'une tumeur du cerveau. Dans certains cas, le jeûne est aussi efficace que la chimiothérapie.

07/02/2012

Informations médicales

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le tabac accélère la baisse des fonctions cognitives chez les hommes
Une étude, réalisée par Séverine Sabia (université de Londres) et publiée sur le site Internet de Archives of General Psychiatry, montre que « le tabagisme chronique accélère le déclin cognitif lié à l’âge », souligne Le Figaro. Cette baisse rapide des performances intellectuelles chez les personnes âgées pourrait conduire, par la suite, à une dégénérescence cérébrale. Ainsi, explique le quotidien, selon les travaux, « le fait de fumer augmenterait le risque de souffrir d’une maladie d’Alzheimer ». 10 000 employés du service civil britannique, faisant partie de la cohorte Whitehall II, ont été suivis sur plus de 25 ans. Les chercheurs ont particulièrement étudié la santé de 5 099 hommes et 2 137 femmes âgés de 56 ans en moyenne. Séverine Sabia souligne : Chez les hommes « nos résultats mettent en évidence une association entre le tabac et les capacités intellectuelles, particulièrement pour les personnes âgées ». (Le Figaro, 07/02)

 

La Croix s’interroge, dans son dossier central, sur la « place accordée aux plantes médicinales ». « 200 [d’entre elles] ont été officiellement reconnues par l’Afssaps » explique le quotidien. Par ailleurs, on compte « 1 500 plantes médicinales officieuses ». Certaines ont subi des tests draconiens à l’image de ce que subissent les médicaments chimiques, d’autres pas, ajoute le journal. La Commission européenne souhaite durcir l’autorisation de mise sur le marché de certaines plantes, arguant le besoin d’harmonisation de la commercialisation de ces produits de phytothérapie. (La Croix, 07/02)

04/02/2012

La chasse scientifique en France

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actu-science/pour-l-elysee-les-chasseurs-sont-avant-tout-des-scientifiques-02-02-2012-1426573_59.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120202

 

Pour l'Élysée, les chasseurs sont avant tout des scientifiques 

 

 Le Point.fr - Publié le 02/02/2012 à 09:04

Oies, baleines, même combat. Nicolas Sarkozy décide de prolonger la chasse à l'oie à des fins d'études scientifiques.

Chacun sait que la meilleure façon d'étudier scientifiquement un animal, c'est de le tuer. Et que sa mise à mort, tâche très délicate, ne peut être confiée qu'à un chasseur. Heureusement, notre président Nicolas Sarkozy s'en est soudainement rappelé, hier, lorsqu'il a demandé en toute urgence à la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet de prendre un arrêté autorisant la chasse des oies "aux fins d'études scientifiques" du 1er au 10 février 2012.

Il était temps. La science française a failli passer à côté de grandes découvertes biologiques par la faute d'un Conseil d'État qui avait demandé au gouvernement de fixer la fermeture de la chasse aux oies au 31 janvier. Mais comment ose-t-on ainsi vouloir obstruer l'avancement de la science française ? Il y a pourtant l'exemple japonais qui crève les yeux. Voilà de nombreuses années que la science des baleines avance à pas de géant grâce à leur chasse scientifique qui sacrifie un millier de cétacés chaque année. Enfin... qui devrait, car cet arriéré de Capitaine Paul Watson de Sea Shepherd s'entête à leur couper la vague sous le pied.

Sciences électorales

Ce n'est pas tout, le gouvernement français vient également de décider l'abrogation des moratoires sur la chasse au courlis cendré et à l'eider à duvet, deux espèces en si mauvais état de conservation qu'elles sont classées sur la liste rouge de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Sans doute que, là encore, le sacrifice de ces oiseaux est rendu nécessaire par la curiosité scientifique. Et sans doute encore y avait-il urgence puisque l'État n'a même pas pris le temps de demander une évaluation scientifique au GEOC (Groupe d'experts sur les oiseaux et leur chasse), créé à la suite de la table ronde sur la chasse en 2008. Enfin, à la suite d'une récente rencontre avec les chasseurs à L'Élysée, Nicolas Sarkozy s'est engagé à rouvrir prochainement la chasse au grand tétras. Décidément, la France vise le prix Nobel en matière de recherche ornithologique. Ou en sciences électorales...

Mais pourquoi se limiter à la chasse aux oiseaux ? La France possède une biodiversité formidable qui pourrait faire progresser la science comme jamais. Modestement, voici ma proposition de nouvelles chasses scientifiques qui pourraient, par le plus grand des hasards, arranger chasseurs et éleveurs. Les chasses au loup et à l'ours pour étudier la digestion carnée. La chasse aux oiseaux de proie pour étudier le vol plané. La chasse à la tortue pour étudier les motivations d'un SDF. Mais aussi la pêche scientifique à l'anguille pour comprendre la mentalité d'une migrante. Il paraît que le Collège de France se tâterait pour créer une chaire de chasse scientifique...

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/07/avant-la-presidentielle-la-chasse-gagne-du-terrain-en-france_1639815_3244.html 

Avant la présidentielle, la chasse gagne du terrain en France

LEMONDE.FR | 07.02.12 | 19h05   •  Mis à jour le 07.02.12 | 19h06

Levée des moratoires protégeant certains oiseaux, "prélèvements scientifiques" d'oies après la fermeture de la chasse, lois qui en facilitent la pratique : à l'approche de l'élection présidentielle, les chasseurs sont choyés, au grand dam des écologistes, qui dénoncent "un braconnage électoraliste".

Lors de ses vœux au monde rural, le 17 janvier, dans l'Ariège, le président de la République avait critiqué des règles environnementales trop"tatillonnes" et certaines limitations imposées par la justice à la chasse. "La préservation de l'environnement, ça n'est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit", avait-il lâché, ajoutant que le gouvernement allait "prendre un certain nombre de décisions pour relâcher la pression".

Peu après, le chef de l'Etat avait continué à courtiser le monde cynégétique. Après avoir reçu longuement une délégation de la Fédération nationale de la chasse (FNC), il a adressé une lettre à son président, le 31 janvier, soulignant que "la préservation de cette grande tradition française qu'est la chasse demeure une priorité", avant de conclure : "Je refuserai toujours formellement d'opposer la chasse et la protection de la nature."

ESPÈCES MENACÉES

Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à tenir parole : samedi 4 février, deux moratoires en vigueur jusqu'en 2013 sur la chasse de deux oiseaux, l'eider à duvet et le courlis cendré, ont été levés, après l'avis favorable du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. "A la suite de la demande du président de la République, le Conseil national a rendu une étude indiquant que ces espèces ne présentaient pas des difficultés systématiques et on a demandé qu'elles soient chassables dès maintenant", explique Bernard Baudin, président de la FNC.

Le problème, pour les associations de défense de l'environnement, c'est que l'organisme, composé majoritairement d'associations de chasseurs, n'a pas de vocation scientifique. "Seul le Groupe d'experts sur les oiseaux et leur chasse peut émettre des avis scientifiques sur les espèces qui peuvent être prélevées", rappelle Dominique Py, administratrice chargée du dossier faune sauvage à l'ONG France Nature Environnement. Or, il n'a pas été consulté, comme le gouvernement s'y était engagé. Et la décision d'abroger les moratoires a été prise à la hâte." Par ailleurs, ces deux espèces sont toujours présentes sur la liste rouge des espèces menacées en France publiée par l'Union internationale pour la conservation de la nature. L'eider à duvet y est classé "en danger critique" tandis que le courlis cendré apparaît dans la catégorie "vulnérable".

"Le gouvernement revient sur des engagements pris vis-à-vis du monde de la nature sans nous consulter", déplore Michel Métais, directeur de la Ligue de protection des oiseaux. En juillet 2008, chasseurs et écolos s'étaient en effet mis autour de la table pour s'entendre sur un compromis. En avait découlé un accord, prévoyant un moratoire pour trois espèces d'oiseaux, dont le courlis et l'eider, en contrepartie d'un avancement de l'ouverture de la chasse du 1er septembre au 21 août.

"CHASSER PLUS ET PLUS LONGTEMPS"

Tentative de séduction oblige, la liste des espèces désormais chassables ne s'arrête pas à ces seuls oiseaux. Nicolas Sarkozy a également promis aux chasseurs de prendre des décisions dès mars pour autoriser les chasses traditionnelles d'espèces protégées (bruant, ortolan et pinson dans les Landes) et avancer d'un mois la chasse au vanneau huppé. Enfin, le Conseil national de la chasse a donné vendredi 3 février un avis favorable à "des prélèvements scientifiques" d'oies pendant dix jours après la date officielle de la fermeture de la chasse le 31 janvier. Cent quatre-vingt-quinze bêtes pourront ainsi être chassées dans treize départements, officiellement pour analyser les isotopes de leurs plumes afin de déterminer leur provenance.

"Il n'y avait pas d'urgence à mener cette analyse en février, estime Dominique Py. Il ne s'agit que d'une manière de contourner la loi, en faisant fi des cas de braconnage, pour apaiser les chasseurs." Des chasseurs qui s'étaient vivement indignés de la décision du Conseil d'Etat du 23 décembreavançant la fermeture de la chasse du 10 février au 31 janvier pour le gibier d'eau.

"Ce sont des petits acquis qui remettent en cause les grands équilibres environnementaux et qui constituent la porte ouverte à d'autres autorisations. Or, on ne peut pas réguler la biodiversité en chassant plus d'espèces et plus longtemps", regrette Michel Métais.

"BRACONNAGE ÉLECTORALISTE"

Au-delà de l'allongement de la liste des espèces, le gouvernement entend aussi faciliter l'accès à la chasse. Le 2 février, le Sénat a ainsi adopté à l'unanimité, moins les sénateurs écologistes, une proposition de loi modernisant le droit de chasse et la reconnaissant comme "un acteur à part entière en matière de gestion de la biodiversité". Le texte, qui prévoit notamment qu'un nouveau chasseur pourra chasser sur l'ensemble du territoire national et non plus seulement dans son département et qui exonère les terrains de chasse de taxe sur le foncier non bâti en zone humide, devrait repasser devant l'Assemblée nationale à la fin du mois avant d'être rapidement promulgué.

"Ce braconnage électoraliste ne trompe personne, et ne rehausse pas l'image du Parlement. Il est temps que les députés et les sénateurs se consacrent à des questions plus sérieuses que les obstinations d'un lobby certes vigoureux, mais largement minoritaire dans ses aspirations, y compris dans le monde rural", avait immédiatement réagi Dominique Voynet, porte-parole de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Joly.

"On est très clairement face à une série de mesures à visée électorale", confirme Michel Métais. Et de souligner que la technique n'est pas nouvelle : sur les six lois chasse votées en douze ans, trois l'ont été juste avant une élection (2002, 2007 et 2012) et une juste après (2008). Des actions à même de rassurer les 1,3 million de chasseurs, regroupés en 80 000 associations.

Audrey Garric

26/01/2012

Agriculteurs, méfiez-vous du Round Up !

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4994

Le Round Up perturbe le fonctionnement hormonal 

22/01/2012

Fin juin 2009, une étude réalisée par l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini avait déjà mis en évidence l’impact de l’herbicide de Monsanto sur le fonctionnement des hormones sexuelles. Relayée par l’association Générations Futures, une nouvelle étude scientifique, dirigée par la même équipe, vient de démontrer des effets de perturbateurs endocriniens du Round Up chez des rats. Réalisée in vitro, celle-ci a montré, outre des nécroses sur les cellules testiculaires de rats, des effets de perturbation endocrinienne. Plus inquiétant, ces observations ont été faites à de très faibles doses de glyphosate et de Round Up, de l’ordre de 1 ppm (partie par million), soit 1 mg/kg. Or, comme le souligne l’association, de telles doses de ces substances ont déjà été observées dans les urines d’agriculteurs. D’après la récente publication, une perturbation hormonale des cellules testiculaires pourrait entraîner des perturbations de la reproduction et du nombre de spermatozoïdes.

Cécile Cassier

24/01/2012

Inquiétudes autour des lignes à très haute tension

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Inquiétudes autour des lignes à très haute tension

Aujourd’hui en France rend compte de l’inquiétude et l’opposition de riverains, élus et associations écologistes concernant la construction, qui vient de débuter, de la ligne à très haute tension Cotentin-Maine (163 km de lignes, 420 pylônes), « l’un des plus gros chantiers jamais menés par RTE », la filiale d’EDF. Quatre départements sont concernés par ce projet : la Manche, le Calvados, la Mayenne et le l’Ille-et-Vilaine.

L’ancien garde des Sceaux et député Pierre Méhaignerie, président de la communauté de commune de Vitré (Ille-et-Vilaine), a déposé l’un des six recours effectués devant le Conseil d’Etat contre la ligne THT. Avant que cette dernière ne soit opérationnelle fin 2012, il souhaite, comme la plupart des associations, la réalisation d’une étude épidémiologique pour connaître les effets sanitaires des ondes émises par les pylônes.

Le quotidien souligne que certaines études ont déjà révélé « un risque de développer une leucémie de l’enfant 1,5 à 2 fois plus élevé » près d’une ligne à haute tension. 375 000 personnes seraient exposées en France à un champ magnétique au dessus de 0,4 microtesla, un seuil jugé potentiellement à risque. 

(Aujourd’hui en France, 23/01)

 

20/01/2012

Quelques comportements innés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/19/l-illusion-d-optique-technique-de-seduction-dans-le-regne-animal_1631278_3244.html

L'illusion d'optique, technique de séduction dans le règne animal

Dans le règne animal, l'art du trompe l'œil est une affaire de mâles. Pour attirer les femelles, le jardinier à nuque rose, un oiseau australien, recourt à une illusion d'optique originale : la "perspective forcée".

L'illusion d'optique comme technique de séduction ne date pas du soutien-gorge push-up, ni même du corset. Elle n'est pas l'apanage de l'espèce humaine, et encore moins des femmes. Dans le règne animal, les rois du trompe l'œil sont les mâles.

Chez de nombreuses espèces d'oiseaux, comme la draine (une variété de grive de grande taille), le pigeon ou encore le perroquet gris, la sensibilité des femelles aux effets d'optique est décisive dans le choix du partenaire. Il s'agit avant tout pour les mâles d'induire en erreur les femelles ou de capter leur attention.

Les femelles préférant généralement les mâles à larges taches colorées, ces derniers recourent à des subterfuges pour altérer leur perception. Ils utiliseront tantôt l'illusion d'Ebbinghaus (deux cercles de même taille entourés, l'un d'objets de grande taille, l'autre d'objets plus petits, donneront l'impression d'être de tailles différentes)...

 

Illusion d'Ebbinghaus.

Illusion d'Ebbinghaus.DR

 

... tantôt celle de Wundt-Jastrow : deux arcs de cercle identiques sembleront de tailles différentes selon qu'ils sont placés au dessus ou en dessous l'un de l'autre :

 

Illusion de Jastrow.

Illusion de Jastrow.DR

 

Mais, lorsqu'il s'agit de séduire, le mâle du jardinier à nuque rose, une espèce de passereau endémique de l'Australie, se révèle un illusioniste hors pair,rapporte le magasine Science du 20 janvier. Afin d'attirer les femelles, il construit tout d'abord un "berceau", une allée de branches et de brindilles longue d'une soixantaine de centimètres, dont il décore l'entrée de fragments d'os, de coquillages, de pierres, de morceaux de verre, de goupilles d'aluminium et de divers objets gris ou blancs.

 

Le berceau du Jardinier à nuque rose décoré d'objets divers.

Le berceau du Jardinier à nuque rose décoré d'objets divers.L.A. Kelley/Science

 

Notre passereau passe des heures à arranger avec soin cet ensemble hétéroclite, appelé "gesso", devant une entrée du berceau. Lorsqu'une femelle intriguée se présente à l'entrée opposée, il prend des objets colorés tels qu'un morceau de fruit et les lui présente un par un. Jusqu'ici, rien que de très classique.

Là où le jardinier à nuque rose innove, c'est dans son art très particulier de la mise en perspective. Il placera en effet systématiquement les petits éléments du gesso près de l'entrée du berceau, et les gros éléments plus loin, de manière à créer une illusion d'optique, indiquent deux chercheurs australiens. Comme les objets apparaissent plus petits à distance, cette disposition du gesso crée l'impression que les objets ont à peu près la même taille. Cette illusion est appelée "perspective forcée".


 

Les scientifiques ont cherché à savoir si tous ces efforts de décoration étaient récompensés. Leurs travaux montrent que les femelles ont effectivement tendance à choisir les mâles dont la décoration produit la meilleure illusion. Le rapport entre l'effet visuel et le succès de l'accouplement n'est pas clair, mais il se pourrait qu'avec un gesso uniforme, les objets de couleur retiennent mieux l'attention de la femelle.

Les auteurs de l'étude indiquent que les illusions d'optique pourraient avoir une influence importante sur l'évolution des espèces à travers la sélection sexuelle.

Soren Seelow

09:06 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2012

Comment le goût vient aux enfants

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/comment-le-gout-vient-aux-enfants-16-01-2012-1419810_57.php

Comment le goût vient aux enfants

Le Point.fr - Publié le 16/01/2012 à 17:24

Tout - ou presque - se jouerait pendant la grossesse et l'allaitement, selon des études récentes.

Pour faire aimer les carottes à leurs enfants, les femmes enceintes ont tout intérêt à boire du jus de ce légume au cours de leur troisième trimestre de grossesse. Vous n'y croyez pas ? C'est pourtant l'un des enseignements d'une récente étude présentée dans la revue Équation/nutrition de l'Agence pour la recherche et l'information en fruits et légumes frais. "Quand on sait que les préférences et les habitudes alimentaires se développent au cours de la prime enfance et que la qualité nutritionnelle de l'alimentation des tout-petits est loin d'être optimale, il apparaît vital d'intervenir très tôt", estime, en introduction, Lucie Cooke, du centre de recherche sur les comportements sains à l'University College de Londres.

Il est clairement établi désormais que la grossesse et l'allaitement constituent des périodes charnières dans le développement des goûts du bébé. De nombreuses expériences démontrent l'importance d'une exposition précoce à diverses saveurs pour faciliter l'apprentissage ultérieur de l'enfant. Néanmoins, "la prédilection pour un stimulus gustatif est très fortement influencée par des facteurs innés", rappelle le docteur Thierry Gibault, nutritionniste et endocrinologue à Paris. "Les herbivores et les omnivores montrent d'emblée une préférence pour les aliments sucrés, reflet de la présence de calories sucrées dans les plantes. Cette préférence est ensuite modulée par l'expérience."

Brocolis

À l'inverse, les saveurs amères ne sont guère appréciées et sont donc évitées. Les scientifiques ont une explication : elles signent la présence de composés potentiellement toxiques ou sont dotées de propriétés pharmacologiques (comme le thé ou le café). Mais elles peuvent finir par être appréciées avec le temps et l'expérience. Quant à la sensibilité et à la préférence pour le salé, elle se développe aux alentours de quatre mois et devient maximale vers deux ans. Mais si une femme enceinte vomit beaucoup (et perd du sel) pendant sa grossesse, il y a de fortes chances pour que son enfant ait un goût accentué pour le chlorure de sodium.

L'apprentissage du goût continue après la naissance. Que l'enfant soit alimenté au sein ou au biberon change tout. Le docteur Gibault relate des expériences qui ont consisté à nourrir des nouveau-nés avec du lait de vache maternisé ou avec des hydrolysats de protéines (substituts de lait au goût amer et aigre). "Si les nourrissons de trois à quatre mois consomment ces derniers sans aucun problème, ceux de cinq à six mois les rejettent, ce qui montre bien qu'une exposition précoce facilite l'acceptation d'un aliment", note-t-il. Et les jeunes qui ont été nourris avec ces hydrolysats apprécient ensuite plus les brocolis que les autres.

Fort heureusement, le plaisir de découvrir de nouvelles saveurs peut se faire tout au long de la vie. Mais les enfants qui ont été nourris au sein sont avantagés dans ce domaine. Le fait d'avoir connu très tôt un grand nombre d'arômes issus des aliments, boissons et épices consommés par leur mère conditionne leurs préférences gustatives futures. Ceux dont les mères ont mangé des pêches ou des carottes pendant la période de lactation les apprécient ensuite bien plus que les enfants nourris au lait maternisé. D'où l'intérêt pour les femmes enceintes d'avoir une alimentation diversifiée.

09:56 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2012

Le plus petit vertébré connu

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/le-plus-petit-vertebre-du-monde-est-une-grenouille-12-01-2012-1418214_25.php

L'animal, qui a été découvert en Nouvelle-Guinée, ne mesure que 7,7 petits millimètres

12/01/2012 à 14:51

Le plus petit vertébré connu à ce jour sur la planète est une grenouille mesurant en moyenne 7,7 millimètres qui vient d'être découverte en Nouvelle-Guinée, ont annoncé mercredi des biologistes américains. Cette minuscule grenouille, appelée Paedophryne amauensis, qui appartient à une espèce jusqu'alors inconnue, détrône le poisson d'Indonésie, Paedocypris progenetica, qui était jusqu'alors considéré comme le plus petit vertébré du monde avec une taille moyenne d'un peu plus de huit millimètres.

Chris Austin, conservateur du département d'herpétologie (étude des reptiles et des batraciens) du musée d'histoire naturelle de Louisiane (sud) et professeur de biologie, a fait cette découverte avec d'autres chercheurs lors d'une expédition de trois mois en Nouvelle-Guinée, la plus étendue et la plus élevée des îles tropicales. "Cela n'a pas été facile de repérer cette grenouille, étant donné sa taille réduite et aussi le fait que le mâle a un cri d'insecte durant la période des amours", explique Chris Austin, principal auteur de l'étude publiée dans la revue américaine PLoS One datée du 11 janvier. "Mais cette découverte est formidable", ajoute-t-il, soulignant : "La Nouvelle-Guinée est un haut lieu de la biodiversité et tout ce que nous y découvrons fait avancer notre compréhension générale de la manière dont est générée et maintenue la biodiversité."

Avec une taille moyenne de 25 mètres, la baleine bleue est le plus grand animal parmi les 60 000 espèces de vertébrés connues. Certains biologistes pensaient que les extrêmes dans les tailles chez les vertébrés devaient être l'apanage des espèces aquatiques, l'eau paraissant propice au développement de mensurations très petites ou très grandes. Cette hypothèse a été remise en question avec la découverte de ces grenouilles minuscules qui vivent sur la terre ferme. "Nous pensons que ces créatures ne sont pas une bizarrerie biologique, mais qu'elles appartiennent à une famille écologique jusqu'alors inconnue, car elles occupent un créneau d'habitat que nul autre vertébré n'habite", explique Chris Austin. Cette recherche a été financée par la National Science Foundation américaine.

11/01/2012

Aspirine : bénéfices/risques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/10/l-aspirine-preventive-a-petites-doses-fait-plus-de-mal-que-de-bien_1627734_3244.html

L'aspirine préventive à petites doses fait plus de mal que de bien 

LEMONDE.FR avec AFP | 10.01.12 | 11h27   •  Mis à jour le 11.01.12 | 11h30

Les risques posés par la prise d'une faible dose d'aspirine chaque jour pour des personnes sans maladie cardiovasculaire dépassent les bénéfices en termes de prévention d'un accident cardiaque, selon une étude publiée mardi dans la revue spécialisée Archives of Internal Medicine.

L'étude dirigée par des chercheurs britanniques de l'université de Londres a examiné les données portant sur 100 000 participants à neuf essais cliniques. Les résultats montrent certes une diminution de 10 % du risque de maladie cardiovasculaire, sans conduire pour autant à une baisse significative des décès dus à un accident cardiovasculaire ou à un cancer. En revanche, la prise régulière d'aspirine à faible dose a entraîné un risque 30 % plus élevé de saignements internes mettant en danger la vie du patient.

L'étude conclut que pour des patients en bonne santé, sans pathologie cardiaque détectée, la prise d'aspirine à petite dose entraîne davantage de risques que de bénéfices. L'aspirine, qui prévient la formation de caillots, est administrée aux patients souffrant d'une maladie cardiovasculaire, par exemple après la pose d'un stent. Mais des médecins ont également commencé à prescrire la prise de faibles doses d'aspirine de façon préventive, sans pathologie connue.

Or, l'aspirine à long terme peut entraîner des saignements de type ulcère mais aussi des saignements oculaires. "L'effet bénéfique de l'aspirine dans la prévention des maladies cardiovasculaires pour des personnes ayant fait des attaques ou des AVC [accidents vasculaires cérébraux] est indiscutable", a estimé le docteur Rao Sehasai, de l'université de Londres-St George, engageant ces patients à poursuivre leur traitement.

"Mais les bénéfices pour des personnes qui n'ont pas ces problèmes sont beaucoup plus modestes qu'on le croyait, et un traitement à l'aspirine peut entraîner potentiellement des dégâts majeurs consécutifs à des saignements", a-t-il ajouté. L'étude n'a en outre pas trouvé de preuve que l'aspirine pouvait prévenir des décès par cancer. Plusieurs études précédentes publiées dans The Lancet ont fait état d'effets protecteurs de l'aspirine contre plusieurs cancers courants (colon, prostate, poumon).

09/01/2012

La botaniste Jeanne Baret (1740-1807), la première femme à avoir fait le tour du monde en bateau

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lu sur:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/06/le-nom-retrouve-de-jeanne-baret-premiere-circumnavigatrice-et-botaniste_1626379_3244.html

Le nom retrouvé de Jeanne Baret, première circumnavigatrice et botaniste

 

Nommer les choses est le privilège de l'humanité. L'un des charmes de notre planète est d'en receler encore des quantités qui semblent attendre que nous leur collions une étiquette. C'était le cas, jusqu'à cette semaine, d'une petite plante anodine poussant sur les hauteurs du sud du Pérou. Les Américains Eric Tepe, Glynis Ridley et Lynn Bohs la décrivent, pour la première fois, dans la revue Phytokeys du 3 janvier.

De la même famille que la pomme de terre ou la tomate, cette solanacée n'a rien d'extraordinaire, avec sa fleur à cinq pétales et son fruit orangé. Le genre Solanum auquel elle appartient est l'un des plus vastes au monde. Et, jusqu'à ce jour, il y a de fortes chances pour qu'on l'ait confondue avec l'espèce S. chimborazense équatorienne, presque identique.

Ce qui la distingue avant tout, c'est le nom latin que ses découvreurs ont choisi de lui donner : Solanum baretiae"en l'honneur de la botaniste Jeanne Baret (1740-1807), la première femme à avoir fait le tour du monde en bateau". Avec ses feuilles à la forme si variable, ont-ils estimé, elle porte un parfait tribut à cette héroïne oubliée. Son histoire, digne de romans - qu'elle a d'ailleurs récemment inspirés -, mérite d'être contée : Jeanne Baret (Barret ou encore Baré, selon les chroniqueurs), paysanne bourguignone ayant fini ses jours pensionnée par le roi, a traversé des aventures peu ordinaires.

Un valet au teint frais

Entre sa naissance à La Comelle (Saône-et-Loire), signalée sur le registre paroissial, et son entrée au service du naturaliste Philibert de Commerson (1727-1773) à Toulon-sur-Arroux, dans le Charolais, sa biographie est muette. Veuf, Commerson en fait sa maîtresse et sa compagne en botanique. Un fils mourra en bas âge. Ambitieux, Commerson gagne la capitale, où il se fait bientôt un nom. Recommandé par l'astronome Lalande (1732-1807), il est désigné comme naturaliste pour accompagner Bougainville (1729-1811) dans son voyage autour du monde.

Il n'embarque pas sur la Boudeuse, le navire amiral, mais sur la flûte l'Etoile, navire de charge, en 1767, avec un valet au teint frais, Jean, qui n'est autre que Jeanne. C'est le seul moyen que les amants ont trouvé pour contourner une ordonnance interdisant la présence de femmes à bord des navires du Roy. Pour entreposer ses herbiers, Commerson bénéficie de quartiers spacieux, avec toilettes privées, ce qui sera sans doute bien commode.

Mal en point, Commerson s'appuie sur son valet pour herboriser. C'est donc Jeanne aux seins bandés, sa "bête de somme", qui collectera, "des plus hautes montagnes du détroit de Magellan aux plus profondes forêts des îles australes", une bonne part des quelque 6 000 spécimens récoltés au cours du voyage. Est-ce elle qui a trouvé les plants qui passeront à la postérité sous le nom de bougainvillier, en l'honneur du chef de l'escadre ?

En tout cas, celui-ci se montre magnanime quand le pot-aux-roses est découvert, et il permet à Jeanne de poursuivre le voyage. Quand, au juste, a-t-elle été démasquée ? A-t-elle éveillé les soupçons dès le passage de l'équateur, en ne participant pas aux rituels scabreux qui l'accompagnent ? A-t-elle été démasquée par le capitaine de l'Etoile, à qui elle aurait dit être eunuque ? Par des membres de l'équipage, "ennemis de sa pudeur", selon les termes de Vivez, chirurgien de l'Etoile ? Ou encore par les Tahitiens, qui auraient vu en elle une "vahiné" au premier coup d'oeil ? Les versions varient selon les journaux de bord et les récits de voyage des participants au tour du monde.

A l'île de France (Maurice), le couple débarque, pour herboriser plus longuement dans les Mascareignes et à Madagascar. Commerson assiste l'intendant Pierre Poivre (1719-1786) dans ses efforts pour briser le monopole néerlandais sur les épices. Il meurt à Maurice en 1773, ayant légué une rente à Jeanne. Celle-ci se marie sur place avec un officier du nom de Dubernat.

Rentrée en France, elle vit le reste de son âge en Dordogne, bénéficiant, à compter de 1785, d'une pension royale pour avoir partagé, "avec le plus grand courage, les travaux et périls" de Commerson. Celui-ci avait reconnu son mérite en nommant Baretia le bois de quivi. Las, cet "arbrisseau charmant" avait déjà été baptisé, et l'appellation a disparu. Glynis Ridley, qui a publié en 2011 aux Etats-Unis une biographie controversée de Jeanne Baret, jugeait cette lacune injuste. Grâce à elle, la voilà comblée.

Hervé Morin

05/01/2012

Une mystérieuse épidémie il y a 25 siècles

lu sur :

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/01/05/quelle-epidemie-a-ravage-la-ville-oedipe/

 Quelle maladie avait ravagé la ville d'Œdipe ?

Dans Œdipe Roi, une des pièces de théâtre les plus célèbres, le poète tragique grec Sophocle (env. 495 av. J.-C.-env. 406 av. J.-C.) met en scène une ville de Thèbes ravagée par une mystérieuse épidémie qui frappe bétail et humains. Les protagonistes, au premier rang desquels figure le roi de Thèbes, Œdipe, la prennent comme une manifestation de la colère des dieux : la ville a été souillée par le meurtre du roi précédent, Laïos, et les dieux exigent, par la "peste" qu'ils envoient, le châtiment du coupable. Celui-ci, comme chacun a dû l'apprendre à l'école ou ailleurs, n'est autre qu'Œdipe lui-même qui, sans le savoir, a tué son père et épousé sa mère, ajoutant l'inceste au parricide. La pièce, en plus des diverses interprétations, littéraires ou psychanalytiques, auxquelles elle a donné lieu, présente un intérêt historique et médical si l'on en croit une étude publiée dans le numéro de janvier de la revue Emerging Infectious Diseases. Pour l'équipe de médecins grecs qui en est l'auteur, l'épidémie décrite par Sophocle, même si elle n'est visible qu'en arrière-plan de la pièce, présente toutes les apparences d'une épidémie véritable, comme si le poète s'était plié par anticipation aux codes de l'école réaliste.

Vingt-cinq siècles après la composition d'Œdipe Roi, ces chercheurs ont donc mené une enquête médico-littéraire dans le texte, relevant le moindre fragment de phrase afférent au mystérieux mal fauchant les vies des Thébains. Leur but, voir si cette "peste" peut s'apparenter à celle qui a frappé Athènes en 430-429 av. J.-C. (peu de temps avant que Sophocle n'écrive sa pièce) et tenter d'en identifier l'agent pathogène. C'est surtout dans les premières scènes de l'œuvre qu'est évoquée l'épidémie. Dès sa deuxième phrase, Œdipe dit que "la ville est pleine tout ensemble et de vapeurs d'encens et de péans (NDLR : chants adressés à Apollon guérisseur) mêlés de plaintes". Le prêtre auquel il s'adresse entre dans le vif du sujet : "Thèbes, prise dans la houle, n'est plus en état de tenir la tête au-dessus du flot meurtrier. La mort la frappe dans les germes où se forment les fruits de son sol, la mort la frappe dans ses troupeaux de bœufs, dans ses femmes, qui n'enfantent plus la vie." Un peu plus loin, le chœur décrit l'hécatombe : "L'un après l'autre, on peut voir les Thébains, pareils à des oiseaux ailés, plus prompts que la flamme indomptable, se précipiter sur la rive où règne le dieu du Couchant (NDLR : Hadès, maître des Enfers). Et la Cité se meurt en ces morts sans nombre. Nulle pitié ne va à ses fils gisant sur le sol : ils portent la mort à leur tour, personne ne gémit sur eux. Epouses, mères aux cheveux blancs, toutes de partout affluent au pied des autels, suppliantes, pleurant leurs atroces souffrances."

 Les indices paraissent bien maigres. Ils n'en sont pas moins parlants selon les auteurs de l'étude. La maladie s'avère une zoonose, c'est-à-dire une maladie animale transmissible à l'homme (ou vice-versa) comme l'est par exemple la grippe aviaire. Son caractère hautement contagieux et mortel est lui aussi bien établi. Par ailleurs, le texte parle deux fois d'une "stérilité" de la population, mais en des termes qui évoquent plutôt des fausses couches ou des enfants morts-nés ("d'heureuses naissances ne couronnent plus le travail qui arrache des cris aux femmes"). A quelle maladie, présente dans la Grèce du Ve siècle av. J.-C. ces symptômes peuvent-ils bien se rapporter ? Le docteur House aurait adoré poser le diagnostic... Les auteurs de l'article paru dans Emerging Infectious Diseases ont passé en revue plusieurs maladies et, après un premier tri, se sont concentrés sur cinq d'entre elles. Quatre ont ensuite été écartées, ne collant pas assez bien avec la description de Sophocle : la tularémie (car portée essentiellement par des tiques de rongeurs et de lapins), la variole (qui ne se transmet pas au bétail), la leishmaniose (pas assez contagieuse) et la leptospirose (surtout portée par les rats et c'est aussi pour cette raison que la peste a été écartée).

Au terme de ce grand jeu par éliminationil n'est plus resté que la brucellose, maladie qui touche aussi bien les bovins que les hommes, présente dans le bassin méditerranéen depuis longtemps puisqu'elle était connue à l'époque d'Hippocrate, contemporain de Sophocle, réputée pour provoquer des fausses couches. Le seul hic, c'est que la mortalité entraînée par cette pathologie est généralement faible et que la contamination inter-humaine, de nos jours, l'est également. Il n'est cependant pas impossible que nous ayons aujourd'hui affaire à une souche moins virulente que celle sévissant il y a deux millénaires et demi, suggèrent les auteurs... Pour étayer leur thèse, ceux-ci ont trouvé plusieurs points communs entre le texte de Sophocle et la description spectaculaire que son contemporain, l'historien Thucydide fait de la mystérieuse "peste" d'Athènes – que j'ai signalée plus haut – dans sa Guerre du Péloponnèse. Le fléau qui touche Thèbes dans Œdipe Roi n'est probablement que le jumeau de celui qui avait tué les Athéniens en masse et que Sophocle avait vu directement à l'œuvre...

Cette enquête médico-littéraire, pour passionnante qu'elle soit, atteint assez vite ses limites en l'absence d'éléments plus concrets. Mais ceux-ci existent peut-être. En 2006, une autre étude grecque avait révélé avec un certain fracas que le mystère de la peste athénienne était élucidé : après la découverte d'une fosse commune datant d'environ 430 av. J.-C., l'analyse de la pulpe de quelques dents avait révélé la présence de la salmonelle responsable de la fièvre typhoïde. Même si ce résultat a ensuite été remis en cause (redonnant du sursis au mystère...) par une équipe américaine, laquelle a montré que le micro-organisme détecté était probablement une bactérie moderne installée dans le sol, une voie biologico-archéologique a été ouverte qui pourrait permettre de confirmer ou d'invalider l'hypothèse de la brucellose. On peut ainsi imaginer retrouver dans des squelettes antiques des bactéries du genre Brucella mais aussi repérer sur les os de ceux qui ont survécu à l'épidémie les traces que la maladie laisse au bout de quelque temps. Ce double constat vient d'être réalisé avec succès sur des squelettes du Moyen-Age mis au jour en Albanie. Pourquoi ne pas tenter l'expérience dans la ville de Sophocle et de Thucydide ?

Pierre Barthélémy

03/01/2012

Inquiétudes avec la pilule de dernière génération

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Inquiétudes avec la pilule de dernière génération
Deux études suscitent des inquiétudes parmi les femmes qui prennent la pilule de dernière génération, indique Aujourd’hui en France.

Une étude danoise, réalisée sur 1,7 million de femmes entre 2001 et 2009, et publiée il y a quelques semaines dans le British Medical Journal, révèle que le risque de thrombose veineuse (formation de caillots dans le sang) est deux fois plus élevé sous une pilule de troisième génération que sous une pilule de deuxième génération, et quatre fois plus élevé que sans contraceptif hormonal.

Une autre étude de la Food and Drug Administration (FDA) confirme également le danger de la pilule de dernière génération. Malgré tout, souligne le quotidien, les cas de thrombose veineuse avec la pilule sont rares.

L’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) estime que, pour 100 000 femmes, leur nombre se situe entre 20 et 40 cas par an chez les femmes sous contraceptif de troisième génération.

(Aujourd’hui en France, 03/01)

Alzheimer et gâteaux, biscuits, aliments frits

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Une étude, publiée cette semaine dans la revue scientifique Neurology et réalisée sur 104 personnes d’une moyenne d’âge de 87 ans, souligne le rôle d’un régime riche en produits de la mer et en fruits et légumes pour lutter contre la réduction du volume du cerveau, phénomène souvent observé chez les personnes âgées touchées par la maladie d’Alzheimer.

En revanche, un régime trop riche en gâteaux, biscuits et aliments frits déclencherait plus rapidement ce processus de « rétrécissement » du cerveau. Cette étude, réalisée aux Etats-Unis et basée sur des tests cognitifs, est « la première à examiner précisément les niveaux sanguins des patients pour analyser l’effet d’un régime alimentaire (…) ». (20 Minutes, 03/01)

02/01/2012

Biais d'optimisme, refondation de la psychiatrie, stigmatisation des drogues

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Tali Sharot, professeur en neurosciences et psychologie à l’University College de Londres a publié dans la revue Current Biology un article où elle explique que l’excès d’optimisme, qui concernerait 80% des êtres humains, est dû à la suractivation de deux zones du cerveau, impliquées dans les émotions et la motivation. Ce phénomène est appelé le « biais d’optimisme », précise Le Figaro dans un article consacré à ces travaux. Ces deux régions cérébrales sont aussi celles qui sont anormalement peu actives chez les sujets dépressifs. (Le Figaro, 31/12)

Hervé Bokobza, psychiatre et membre du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, signe dans Libération un article où il prône « une refondation de la psychiatrie », qu’il décrit comme une discipline « en grave péril » que « seul un changement radical de politique permettrait d’éviter le risque de désastre sanitaire auquel nous étions confrontés ». Le spécialiste critique la mise en place de « protocoles aliénants » et déplore que « beaucoup de lieux d’accueil de la souffrance disparaissent pour laisser place à des endroits indignes des valeurs humaines qui ont fondé la psychiatrie moderne ». (Libération, 02/01)

Jean-Michel Costes, ancien directeur de l’observatoire français des drogues et des toxicomanies, signe dans Le Monde un article où il souligne que la politique actuelle, « par sa posture répressive (…), renforce la stigmatisation des usagers de drogues, considérés comme ‘ coupables ‘ et accentue leur précarisation, liée à une moindre accessibilité aux dispositifs de prévention et de soin qu’induit la pénalisation de leur comportement ». Il explique que « dépénaliser ce comportement rendrait plus efficace les dispositifs sanitaires sociaux. Mais, dépénaliser les  usages ne veut pas dire supprimer l’interdit sur les drogues. »  (Le Monde, 31/12)

26/12/2011

Soyez intelligents : mangez moins !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/sante/la-diete-fait-du-bien-au-cerveau-26-12-2011-1412527_40.php

La diète fait du bien au cerveau

Par

Plusieurs études avaient déjà démontré que le vieillissement du cerveau est inversement proportionnel à la quantité de calories absorbées quotidiennement. Ainsi, l'obésité est un facteur connu du ralentissement précoce des fonctions cérébrales. Mais au-delà des observations cliniques, la science ignorait la nature du lien moléculaire entre l'alimentation et le cerveau.

Les chercheurs de l'université catholique de Rome ont apporté une réponse à ce mystère en isolant une molécule responsable de l'allongement des facultés cérébrales. Appelée CREB1, cette molécule est activée par les diètes hypocaloriques. L'équipe du professeur Giovambattista Pani a démontré qu'il suffit d'absorber 30 % en moins de son alimentation habituelle pour stimuler naturellement la production de CREB1.

Dans leurs travaux, publiés dans la revue américaine Proceeding of the National Academy of Sciences of the United States of America (Pnas)(*), les médecins romains ont également apporté la preuve que la molécule agit en augmentant la capacité des synapses à mémoriser les informations. "Or, le bon fonctionnement des synapses est déterminant pour l'apprentissage et la mémoire, explique Guido Grassi, un des chercheurs de l'équipe. Leur altération est à la base du déclin cognitif, de la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence." La CREB1 est également fondamentale pour le contrôle de l'anxiété.

"La restriction calorique n'est qu'une phase expérimentale"

L'expérimentation a été conduite sur des souris soumises à une diète. Les animaux de laboratoire ont confirmé que la réduction de l'alimentation favorisait la production de CREB1 et qu'elle accroissait leurs capacités cognitives et leur mémoire. Mais en bloquant la production de CREB1 chez des souris également soumises à des restrictions caloriques, ces dernières ont développé les mêmes pathologies de vieillissement cérébral que leurs consoeurs nourries normalement. La preuve par neuf du rôle de la CREB1 sur le cerveau et de son lien avec l'alimentation.

"La restriction calorique n'est qu'une phase expérimentale, explique le professeur Pani. Désormais, notre but est de trouver des médicaments capables d'activer la production de CREB1 sans l'obligation de suivre une diète." Toutefois, en attendant, seule une alimentation modérée pourra sauvegarder ce qu'il reste de nos synapses. Raison de plus pour refuser de reprendre de la bûche lors des agapes de Noël.

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(*) voir :

http://www.pnas.org/content/early/2011/12/20/1109237109.abstract?sid=47e219ce-ca9c-4556-87d2-36a42b6a7945

Abstract

Calorie restriction delays brain senescence and prevents neurodegeneration, but critical regulators of these beneficial responses other than the NAD+-dependent histone deacetylase Sirtuin-1 (Sirt-1) are unknown. We report that effects of calorie restriction on neuronal plasticity, memory and social behavior are abolished in mice lacking cAMP responsive-element binding (CREB)-1 in the forebrain. Moreover, CREB deficiency drastically reduces the expression of Sirt-1 and the induction of genes relevant to neuronal metabolism and survival in the cortex and hippocampus of dietary-restricted animals. Biochemical studies reveal a complex interplay between CREB and Sirt-1: CREB directly regulates the transcription of the sirtuin in neuronal cells by binding to Sirt-1 chromatin; Sirt-1, in turn, is recruited by CREB to DNA and promotes CREB-dependent expression of target gene peroxisome proliferator-activated receptor-γ coactivator-1α and neuronal NO Synthase. Accordingly, expression of these CREB targets is markedly reduced in the brain of Sirt KO mice that are, like CREB-deficient mice, poorly responsive to calorie restriction. Thus, the above circuitry, modulated by nutrient availability, links energy metabolism with neurotrophin signaling, participates in brain adaptation to nutrient restriction, and is potentially relevant to accelerated brain aging by overnutrition and diabetes.                    

22/12/2011

Autisme : quelques constats (suite)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/l-autisme-les-raisons-de-la-grande-cause-nationale-2012-21-12-2011-1410947_57.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20111222

L'autisme, les raisons de la Grande Cause nationale 2012

Par  

"Le moment est on ne peut plus opportun pour entamer, grâce au label Grande Cause, une année de sensibilisation du grand public." Les mille associations du rassemblement Ensemble pour l'autisme affichent leur satisfaction et leur soulagement au lendemain de la déclaration du Premier ministre, pour qui l'attribution du label "se situe dans la continuité du Plan autisme 2008-2010 qui a mobilisé 187 millions d'euros". Car elles vont pouvoir communiquer plus facilement et donner "une visibilité institutionnelle et médiatique toute particulière" à leur plan d'action, qui comprend notamment les premières Rencontres parlementaires sur l'autisme à l'Assemblée nationale le 12 janvier, la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme le 2 avril ou encore le Tour de France de l'autisme en septembre.

L'autisme touche près de 600 000 personnes en France. La fréquence d'apparition de cette maladie ne cesse d'augmenter. Selon des statistiques parues récemment dans la revue scientifique Nature, la proportion des troubles autistiques dans la population est passée d'un individu sur 5 000 à un sur 110 entre 1975 et 2009. Et malgré le nombre d'équipes qui travaillent dans le monde sur cette mystérieuse maladie, son origine et l'explosion du nombre de cas ne sont toujours pas expliquées. Certains spécialistes relativisent néanmoins cette nette augmentation en arguant que les critères de diagnostic ont été élargis et que les médecins sont plus sensibilisés à ces patients, autrefois souvent considérés comme des "attardés mentaux".

Retard des diagnostics

Concernant les causes, son caractère familial est connu depuis longtemps. On sait qu'il existe une concordance des troubles de 60 % à 90 % chez les jumeaux monozygotes et que, si un enfant est touché, le risque qu'un de ses frères et soeurs le soit aussi est multiplié par vingt. Impossible, pour autant, d'isoler un gène majeur responsable. D'ailleurs, des centaines d'anomalies génétiques différentes ont déjà été identifiées. Il est vrai que l'autisme peut revêtir de multiples formes, ce qui pousse les spécialistes à parler de "troubles du spectre autistique" comprenant des difficultés de communication, de relations sociales et de comportement, avec ou sans retard mental.

D'autres pistes de recherche sont explorées en parallèle. Les unes concernent les facteurs d'environnement susceptibles d'expliquer la multiplication des cas, d'autres sont destinées à comprendre ce qui se passe au moment du développement du cerveau, chez le foetus, notamment lorsque la future mère est malade et prend des médicaments. Une étude post mortem publiée en novembre dernier dans la revue américaine JAMA montre la présence d'une quantité anormalement élevée de neurones (plus de 67 %) dans la zone préfrontale chez des autistes. Ces anomalies étant impliquées dans la communication sociale, les émotions et le développement cognitif, cela conforte l'hypothèse d'un début prénatal des troubles.

Par ailleurs, un autre sujet taraude les familles : la prise en charge des malades. Ensemble pour l'autisme souligne qu'en décembre 2007, dans son avis sur l'autisme, le Comité consultatif national d'éthique la jugeait "inadaptée", conduisant souvent à de la maltraitance. Depuis, la situation ne s'est pas améliorée. "Le manque de formation des professionnels de santé entraîne un retard de diagnostic aux lourdes conséquences (les enfants sont diagnostiqués à 6 ans en moyenne au lieu de 2 ans) et les parents sont encore orientés vers des traitements psychanalytiques inadaptés." Enfin, près de 80 % des enfants concernés ne sont pas scolarisés malgré la loi handicap du 11 février 2005 qui leur garantit normalement l'accès à l'école en milieu ordinaire. Manifestement, l'attribution de la Grande Cause nationale n'est pas un luxe...

19/12/2011

Autisme : quelques constats

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/16/autisme-changer-le-regard_1619381_3244.html

 

Autisme : changer le regard

 

Spécialiste de l'autisme dans un laboratoire de Montréal, Laurent Mottron a totalement modifié son approche de ce syndrome au contact d'une patiente devenue chercheuse.

 

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.11 | 19h16  •  Mis à jour le 17.12.11 | 10h24

C'est une histoire unique, scientifique et humaine que raconte le psychiatre-chercheur canadien Laurent Mottron, instigateur du Centre d'excellence en autisme de l'université de Montréal : celle de sa relation de travail avec Michelle Dawson, une patiente autiste devenue chercheuse dans son laboratoire en neurosciences cognitives. Mais, pour lui comme pour elle, l'essentiel est ailleurs que dans l'anecdote de cette rencontre. Il réside dans ce qu'elle a pu susciter pour faire avancer la science de l'autisme, jusqu'à lui donner un statut de "variant" humain plutôt que de "trouble", traduction du terme anglais consacré autistic disorder.

Les recherches du groupe de Montréal, avec quelque 80 articles publiés dans les meilleures revues scientifiques et dans lesquels Michelle Dawson a pris une place majeure, permettent d'affirmer que les autistes pensent, retiennent, s'émeuvent, et surtout perçoivent différemment des non-autistes. Ce groupe défend l'idée que la science, en considérant l'autisme comme une maladie à guérir, passe à côté de sa contribution intellectuelle et sociale.

"Surfonctionnement perceptif"

Dans un article intitulé "Le pouvoir de l'autisme", paru dans la revue Nature le 3 novembre, M. Mottron explique comment il a intégré à divers titres, à cause de leurs qualités personnelles et intellectuelles, huit autistes dans son laboratoire, dont Michelle Dawson. En sept ans de collaboration avec cette dernière, "elle m'a montré, écrit-il, à quel point l'autisme, combiné à une intelligence extrême et à un intérêt pour la science, peut s'avérer une force dans un laboratoire de recherche".

A 50 ans, Michelle Dawson est "l'une des plus grandes voix autistes de la planète", s'exclame-t-il. Elle-même se juge avec modestie : "J'ai toujours une vie difficile au quotidien, avec des peurs incontrôlées ; j'ai beaucoup de mal à communiquer." Diagnostiquée autiste au début des années 1990, Mme Dawson commet l'"erreur" de le dire à son employeur, Postes Canada. "J'adorais mon travail de facteur, dit-elle, j'étais très motivée et je voulais être traitée comme n'importe qui." Harcelée à la suite de cet aveu, elle se voit obligée de quitter son emploi quatre ans plus tard et se bat en justice pour faire reconnaître ses droits. Le Canada, affirme-t-elle, "encourage la discrimination des autistes en ne les protégeant pas comme tout être humain".

En 2001, vivant un "trouble terrible", elle contacte Laurent Mottron. Celui-ci dira : "J'éprouvais dans mon rôle de psychiatre à son égard la nullité de ce que je lui proposais." Pour mieux l'aider, il lui propose plutôt de collaborer à son groupe. A partir de 2003, Michelle Dawson dévore la littérature scientifique sur l'autisme, au point d'en devenir une analyste hors pair. "J'ai tout de suite vu, note-elle, qu'elle contenait les informations dont j'avais besoin, qui pouvaient me servir et avec lesquelles je pouvais être utile."

Son travail impressionne M. Mottron : "Sa clairvoyance sur les questions scientifiques est unique ; elle peut vous rapporter le contenu d'un article lu il y a deux ans avec une incroyable précision. Et traiter les miens de façon impitoyable..." Elle l'admet : "Nous ne sommes pas souvent d'accord, mais c'est très productif. Moi-même, je recherche la critique forte !"

Au sein du groupe de Montréal, les deux chercheurs et leurs collègues pourfendent les idées reçues concernant la définition de l'autisme comme trouble social. Ils caractérisent la perception autistique pour laquelle ils accumulent les preuves d'une différence fondamentale, construisant un modèle du traitement de l'information par les autistes, baptisé "surfonctionnement perceptif", qui, d'abord ignoré, se mesure maintenant à armes égales avec les modèles traditionnels.

Ce modèle met, entre autres, l'emphase sur les forces autistiques. Laurent Mottron croit que si l'autisme handicape la vie au quotidien, il peut également procurer des avantages. Au lieu de définir l'autisme par des caractéristiques négatives (défaut de langage, manque de communication, comportements répétitifs, intérêts restreints...) et par comparaison à la majorité (ce qu'il appelle le normocentrisme), on devrait selon lui le décrire pour ce qu'il est, forces comprises.

Capacité d'apprentissage

La question de l'intelligence autistique est au coeur du débat. "Si je ne crois plus que la déficience intellectuelle soit intrinsèque à l'autisme, déclare-t-il, c'est parce que Michelle m'a ouvert les yeux sur cette attitude normocentrique valorisant les tests basés sur le langage comme mesure de l'intelligence", au détriment de tests non verbaux comme les matrices de Raven (des tests classiques d'intelligence où le sujet doit compléter une liste de dessins). Avec cet outil reconnu (l'armée française s'en servait pour ses recrutements !), "l'intelligence autistique est pourtant bien mieux représentée, ajoute Mme Dawson, et l'on peut vraiment comparer les performances des autistes à celles des non-autistes".

Pourtant, on continue d'utiliser les tests verbaux pour les autistes. Avec pour effet d'en classer 75 % comme déficients intellectuels, alors que seulement 10 % à 15 %, selon M. Mottron, souffrent d'une maladie neurologique associée favorisant l'apparition d'une déficience intellectuelle. Une récente étude coréenne révèle ainsi la présence de 3,5 % d'autistes dans les écoles régulières de Corée, dont 2,5 % sont parfaitement intégrés, sans besoin d'aide particulière.

Au-delà même de l'intelligence, "la question de l'apprentissage par les autistes est l'une des questions-clés que l'on doit se poser", avance Michelle Dawson. Elle cherche à comprendre "pourquoi certains autistes de moins de 2 ans connaissent l'alphabet, voire lisent un journal", et voudrait qu'on "les encourage dans leurs habiletés au lieu de les déclarer déficients intellectuels". Et indique être "fascinée par cette extraordinaire capacité d'apprentissage des autistes", présentée pourtant comme la preuve d'un déficit sévère.

"Plus les tâches sont complexes, ajoute-elle, plus ils ont un avantage sur les non-autistes." Elle-même se dit incapable d'apprendre comme un non-autiste. Elle ne peut remplir des formulaires administratifs mais a "appris rapidement à écrire des papiers scientifiques et à rédiger des arguments juridiques !"

Plaidoyer sur le manque d'éthique

Ses difficultés de communication par le langage l'empêchent d'interagir facilement avec quiconque, y compris ses collègues. Elle travaille donc principalement depuis son appartement, se rend sporadiquement au laboratoire et communique surtout par courriels avec les chercheurs du groupe, comme elle le fait sur Twitter et sur son blog (Autismcrisis.blogspot.com) avec d'autres membres de la communauté scientifique.

Dans son travail de chercheuse, elle dit elle-même avoir "faiblesses et incertitudes" mais aussi pouvoir détecter des anomalies que personne ne voit, "lire, retrouver, utiliser, faire des liens, identifier des tendances à travers une foule d'informations dans la littérature scientifique".

Le domaine le plus polémique des travaux du groupe concerne ses positions sur l'intervention comportementale intensive (ICI), préconisée en Amérique du Nord. En 2004, Mme Dawson a publié, sur le Web, un plaidoyer sur le manque d'éthique de cette technique et critique maintenant la mauvaise qualité des travaux en intervention : "La littérature sur le sujet est énorme en quantité mais pauvre en qualité scientifique." Mme Dawson s'en prend également à l'adoption de "standards éthiques et de recherche beaucoup plus bas" que la normale et se demande "pourquoi les autistes vivent des discriminations même dans ce domaine". Nombreux sont les rapports de recherche qui vont aujourd'hui dans le même sens qu'elle : selon l'Académie américaine de pédiatrie, "la force de la preuve (en faveur de l'efficacité de ces techniques) est insuffisante à basse."

Groupes de pression De nombreux gouvernements subventionnent pourtant toujours ces thérapies, qui coûtent jusqu'à 60 000 dollars (45 000 euros) par an et par enfant, sous l'influence de groupes de pression. M. Mottron s'inquiète pour sa part d'un possible soutien gouvernemental français à l'ICI. La Haute Autorité de santé a en effet commandé un rapport sur ces méthodes qui lui semble biaisé en leur faveur : "En favorisant l'ABA (analyse appliquée du comportement) pour contrer la psychanalyse de l'autisme, on passe du tsar à Lénine !"

Au lieu de monopoliser le budget de l'enfance inadaptée pour de telles thérapies, on ferait mieux, selon lui, d'accepter qu'il n'y a pas de traitement de l'autisme, d'aider les autistes à trouver une fonction en société, avec garanties de droits, gestion pragmatique des crises adaptatives, accès renforcé à des services spécialisés éclectiques et aide pour une meilleure qualité de vie. Et surtout, il faudrait revoir l'équilibre entre le niveau d'aide apporté pendant l'enfance et celui donné à l'âge adulte, en augmentant le second.

Par exemple, les fonds pour faire face aux coûts exorbitants des techniques comportementales seraient mieux utilisés, dit-il, pour payer des gens qui iraient dans les entreprises identifier des tâches où les autistes excellent et pour adapter leurs conditions de travail. Mme Dawson partage ce point de vue que "ce n'est ni l'intelligence ni les habiletés qui manquent aux autistes. Ce qui est rare, ce sont les opportunités qu'on leur donne d'avoir une bonne vie et un travail, d'être autonome et responsable, de contribuer à la société, plutôt que de dresser sans cesse des obstacles devant eux".

Anne Pélouas
Article paru dans l'édition du 17.12.11
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sur le même sujet, lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/16/des-pistes-multiples-pour-des-troubles-complexes_1619382_3244.html

Des pistes multiples pour des troubles complexes

 LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.11 | 19h15   •  Mis à jour le 16.12.11 | 19h15

Etudes génétiques, modèles animaux et cellulaires, techniques modernes d'imagerie cérébrale, suivi de cohortes... De multiples outils sont mis à contribution pour résoudre les mystères de l'autisme. Un défi d'autant plus ardu que les troubles du spectre autistique (TSA) correspondent à un ensemble aussi vaste qu'hétérogène de tableaux cliniques associant des troubles de la communication, des relations sociales et du comportement - avec ou sans retard mental.

L'un des grands points d'interrogation et de débats concerne l'explosion du nombre de cas. Entre 1975 et 2009, la proportion des troubles autistiques dans la population est passée d'un individu sur 5 000 à un sur 110, selon des statistiques parues dans Nature le 3 novembre. Soit, en apparence, une multiplication par cinquante en trente-cinq ans ! Pour certains, cette évolution, constatée dans de nombreux pays, est surtout due à l'élargissement des critères de diagnostic (beaucoup de patients avec un retard mental sont aujourd'hui reconnus autistes et plus seulement "attardés mentaux") et à une plus grande sensibilisation du corps médical et des parents.

Pour d'autres, comme le sociologue américain Peter Bearman, cité par Nature, ces deux paramètres n'expliquent respectivement que 25 % et 15 % de l'augmentation des cas, et l'élévation de l'âge parental, 10 %. Près de 50 % des cas de l'"épidémie" d'autisme seraient donc inexpliqués, ce qui donne lieu à de multiples hypothèses faisant intervenir des facteurs d'environnement combinés à des traits génétiques.

Le caractère familial de l'autisme est connu de longue date : la concordance des troubles est de 60 % à 90 % chez les jumeaux monozygotes, et en présence d'un cas le risque pour la fratrie est multiplié par 20. Mais l'analyse du génome de patients et de leur famille met aujourd'hui en évidence des centaines d'anomalies différentes... que les spécialistes ne savent pas toujours interpréter. "Les facteurs génétiques sont bien plus importants dans l'autisme que dans des maladies comme le diabète ou l'hypertension, estime le docteur Richard Delorme, pédopsychiatre à l'hôpital Robert-Debré, à Paris. Mais c'est un sujet complexe. Deux patients avec des signes cliniques similaires peuvent être très différents sur le plan génétique." Et vice versa.

Plusieurs gènes impliqués

Le démantèlement des facteurs génétiques de l'autisme est loin d'être achevé, confirme le professeur Thomas Bourgeron (université Paris-Diderot, Institut Pasteur), qui, depuis 2003, a contribué à la découverte de plusieurs gènes impliqués dans ces affections, dont ceux codant pour les neuroligines (protéines intervenant dans la formation et le fonctionnement des synapses, les contacts entre les neurones) et les gènes Shank 2 et 3, qui interagissent avec les neuroligines.

Dans ce domaine, les connaissances progressent parallèlement aux progrès technologiques. Les spécialistes ont d'abord identifié les 5 % à 10 % de cas d'autisme associés à des maladies génétiques ou à un remaniement chromosomique (comme le "syndrome de l'X fragile"). "Dans les années 2000, les puces à ADN ont permis de découvrir d'autres anomalies, de type perte ou duplication de gènes, chez 10 % à 15 % des enfants autistes", ajoute Thomas Bourgeron. L'arrivée de méthodes permettant de séquencer le génome (pour moins de 3 000 euros en moins de deux mois) va accélérer les découvertes, selon le généticien. "On devrait arriver à décrire rapidement des anomalies diverses, héritées ou non, dans au moins 35 % des cas", estime-t-il.

Ces travaux ont déjà permis la mise au point de modèles animaux et même cellulaires des troubles autistiques, ouvrant de nouvelles pistes pour tester des médicaments. "La génétique est une voie majeure pour améliorer la compréhension et le diagnostic de l'autisme", synthétise le professeur Marion Leboyer (hôpital Chenevier, Créteil). Mais pour cette psychiatre, directrice de la fondation Fondamental (www.fondation-fondamental.org), qui soutient de nombreux programmes de recherche dans ce domaine, la priorité est d'abord de repérer plus tôt les autistes, et notamment ceux de haut niveau, pour leur proposer une prise en charge personnalisée.

C'est le principal objectif des cinq centres experts dédiés au syndrome d'Asperger récemment ouverts en France. "Dans les centres pour adultes, nous voyons souvent arriver des patients de plus de 50 ans chez qui aucun médecin n'avait jamais évoqué le diagnostic d'autisme de haut niveau", souligne Marion Leboyer. "Les approches centrées sur la génétique sont limitatives et ne permettront ni diagnostic ni traitement de l'autisme, assure le chercheur Yehezkel Ben-Ari (Inserm, Marseille). Cette affection commence in utero, et il n'y a quasiment aucun travail expérimental sur le développement du cerveau foetal, comment il réagit aux maladies maternelles, aux médicaments." Récemment, des chercheurs ont mis en évidence un excès de neurones (+ 67 %) dans la zone préfrontale chez des autistes, ce qui conforte l'hypothèse d'un début prénatal des troubles.

Sandrine Cabut
Article paru dans l'édition du 17.12.11

08/12/2011

La recherche en santé environnementale disparaît en France

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

La recherche en santé environnementale mise à mal en France


Le Monde
souligne que le programme consacré à la santé environnementale, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), est annulé pour 2012. L’Agence ne compte en effet pas soutenir l’appel à projets « Contaminants et environnement : métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages » (CESA), indique le quotidien. Bernard Jégou, directeur de l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail (IRSET, Rennes) et président du conseil scientifique de l’Inserm, déplore : « Alors que la détérioration de l’environnement et ses conséquences sur la santé humaine constituent une question centrale pour les citoyens et que des engagements solennels avaient été pris lors du Grenelle de l’environnement pour en faire une priorité nationale, la seule opération ciblée sur ce thème est frappée à peine un an après son lancement ». Selon le responsable du programme CESA, qui se veut rassurant, le programme « revu dans son périmètre, devrait être proposé pour un appel à projet au cours du dernier trimestre 2012 ». Mais, le toxicologue, Robert Barouki, directeur de l’unité 747 de l’Inserm (Université Paris-Descartes), affirme : « Nous ne sommes pas dupes. Tout le monde a ressenti une menace sur le programme. Il y a un problème de continuité (…) ». (Le Monde, 08/12)

à lire sur le journal "Le Monde":

La santé environnementale privée de recherche en France

LE MONDE |  7 décembre 2011 | Paul Benkimoun | 429 mots

Les risques liés aux perturbateurs endocrinens comme le bisphénol A font régulièrement la "une" des journaux. Pourtant, le programme consacré à la santé environnementale, financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR), vient d'être rayé des tablettes pour 2012.

Informations médicales

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Le collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) dénonce la pratique d’échographies sans visées médicales qui se rapprochent plus de la vidéo ou du portrait 3D. Les spécialistes affirment que les ultra-sons ne sont pas sans danger pour le fœtus et s’inquiètent de l’absence totale de réglementation et de contrôle régissant ce nouveau business. (Aujourd’hui en France, 07/12)


Dans un entretien à La Croix, Henri Rubinstein, médecin spécialiste de l’exploration du système nerveux explique que le rire est bon pour la santé, tant physique que morale. Il attribue au rire des bienfaits au niveau musculaire, respiratoire et neurologique. Il assure qu’il s’agit « d’un mécanisme de défense contre le stress » et affirme qu’il permet de « souder le groupe ». Et de conclure : « Le rire est une hygiène de vie, comme le sport ou la diététique ». (La Croix, 07/12)


Le Quotidien du Médecin présente le travail de l’équipe de Laurence Vaivre-Douret (université Paris-Descartes et AP-HP Cochin, unité Inserm 669) qui a identifié des sous-groupes permettant un diagnostic plus précis du trouble de l’acquisition de la coordination (TAC) ou de la dyspraxie développementale. Détectés chez environ 6% des enfants de 5 et 11 ans, ces troubles se traduisent par des difficultés à faire du vélo, s’habiller seul, manger proprement, faire des puzzles, apprendre à nager… L’étude, entreprise sur 43 enfants, a permis de distinguer trois groupes : les deux premiers portent sur des dyspraxies visuo-spatiale et/ou visuo-constructive. Le troisième associe les deux premiers et inclut des troubles spécifiques de la coordination motrice, voire des déficits cognitifs. (Le Quotidien du Médecin, 07/12)

05/12/2011

Informations santé: jeux violents, sevrage alcoolique

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le supplément « Science et Techno » du Monde rend compte d’une étude, présentée le 30 novembre lors du congrès annuel de la Société nord-américaine de radiologie (RSNA), et réalisée auprès de 22 jeunes hommes, âgés de 19 à 29 ans, qui montre que chez « les adultes ayant joué à des jeux violents pendant une semaine, certaines régions cérébrales frontales étaient moins activées », souligne Yang Wang, chercheur au département d’imagerie de l’université de l’Indiana. Ce dernier ajoute : « Ces régions sont importantes pour le contrôle des émotions et des comportements agressifs ». (Le Monde, 03/12)

Le Figaro consacre un article au sevrage alcoolique. Selon le journal, le dogme de l’abstinence, après le sevrage, pourrait être revu. Selon le Dr Philippe Batel, alcoologue (hôpital Beaujon, Clichy), « un projet d’abstinence totale et à vie est une erreur stratégique grave, qui écarte du système de soins 80% des malades, convaincus qu’ils n’y arriveront jamais ». Or, un traitement par le baclofène, un myorelaxant, permettrait de mettre un terme à l’alcoolo-dépendance. Les premiers essais d’efficacité contrôlés sont prévus au printemps 2012. Le Pr Michael Naassila (Inserm ERI 124, Amiens), indique par ailleurs que « l’avenir est clairement au typage des gènes de susceptibilité des malades afin d’individualiser les traitements ». (Le Figaro, 05/12)

03/12/2011

Thérapie génique : pas pour demain

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/02/les-cellules-souches-sont-elles-cancerigenes_1611949_3244.html

Les cellules souches sont-elles cancérigènes ?

Carte blanche à Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNAVision | LEMONDE | 02.12.11 | 16h57   •  Mis à jour le 03.12.11 | 10h03

Capables de se différencier en cellules adultes spécialisées et donc de former des tissus (coeur, pancréas, tissu cérébral, foie...), les cellules souches sont aptes à remplacer des organes défaillants. Schématiquement, il en existe trois types : les cellules souches provenant d'embryons surnuméraires, qui ont un pouvoir régénérateur maximal ; les cellules souches existant chez l'adulte qui ont des potentialités plus limitées ; enfin, les IPS (induced pluripotent stem), produites à partir de cellules humaines banales et reprogrammées par ingénierie génique.

Les potentialités des cellules souches alimentent l'espoir de faire passer la démarche médicale de la réparation à la régénération. La création en éprouvette d'une rétine complète à partir de cellules souches a, par exemple, été réussie au printemps. Les fléaux médicaux comme le diabète, les maladies neurodégénératives et cardio-vasculaires pourraient trouver une réponse radicale.

Au regard de ces immenses espoirs, trois articles publiés dans la revue scientifique Nature de mars, sous le titre "Cellules souches : la face sombre", ont été un coup de tonnerre. La reprogrammation des cellules souches, principalement des IPS, s'accompagne d'anomalies génétiques multiples.

Ces mutations induites par l'ingénierie cellulaire sont préoccupantes puisqu'elles concernent préférentiellement des gènes impliqués dans la cancérogénèse. Autrement dit, la reprogrammation des cellules souches peut détruire les mécanismes génétiques de protection contre le cancer qu'elles contenaient et favoriser la croissance tumorale.

Renforcer la sécurité

Ces découvertes récentes bouleversent l'agenda de généralisation des cellules souches. Après l'affaire du Mediator (ce médicament du laboratoire Servier accusé d'avoir causé la mort de 500 à 2 000 personnes), aucun ministre de la santé n'acceptera la responsabilité d'une "épidémie de cancer" due à une commercialisation trop précoce des thérapies cellulaires. Les effets d'annonce doivent plus que jamais être évités : une technique prometteuse ne devient réalité qu'après un long processus de validation.

Pour les cellules souches, dont beaucoup d'indications concernent des maladies dégénératives touchant des enfants ou des adultes jeunes, il faut pouvoir garantir qu'elles ne généreront pas de cancer pendant de nombreuses décennies. La diffusion des thérapeutiques à base de cellules souches exigera une ingénierie des génomes extrêmement subtile, bien loin des bricolages de première génération.

La plupart des entreprises spécialisées ne survivront pas à l'inévitable renforcement des exigences de sécurité. Le développement des cellules souches s'éloigne ainsi du monde des start-up, mal armées pour financer des développements plus complexes que prévu. Les sommes en jeu, les complexités réglementaires sont plus à la portée de géants comme Sanofi que de PME.

La tension entre les exigences de sécurité et les attentes des patients va être énorme. Les parents d'enfants atteints de rétinopathie, de myopathie, de neuropathie dégénérative ne comprendront pas les retards de diffusion de la médecine régénérative, fût-ce au nom de légitimes exigences de sécurité. Déjà, un marché noir de cellules souches se développe sur Internet.

Il va devenir essentiel de protéger les familles contre les charlatans qui vont pulluler, en faisant admettre aux patients que la révolution des cellules souches est pour 2020, et non pour 2012.

Laurent Alexandre

Lalexandre@dnavision.be

01/12/2011

Comment des physiciens créent de la lumière à partir du vide

lu sur :

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2011/12/01/des-physiciens-creent-de-la-lumiere-a-partir-du-vide/

Comment des physiciens créent de la lumière à partir du vide

Le vide n'est pas si vide que cela. Il est en réalité peuplé de particules virtuelles que des chercheurs sont parvenus pour la première fois à matérialiser.

A sa manière, Raymond Devos avait eu l'intuition de la nature ambiguë du vide, en expliquant dans un sketch que "rien ... ce n'est pas rien. La preuve c'est qu'on peut le soustraire. Exemple : Rien moins rien = moins que rien ! Si l'on peut trouver moins que rien c'est que rien vaut déjà quelque chose ! On peut acheter quelque chose avec rien ! En le multipliant. Une fois rien ... c'est rien. Deux fois rien... c'est pas beaucoup ! Mais trois fois rien ! ... Pour trois fois rien on peut déjà acheter quelque chose !" Le vide est comme le rien de Devos, pas si vide que cela en réalité, car de ce néant peut surgir quelque chose. En effet, la physique quantique décrit le vide comme un espace à énergie non nulle, où surgissent constamment des paires particules/antiparticules qui s'annihilent à peine apparues, restituant ainsi au vide l'énergie qu'elles lui avaient brièvement empruntée pour naître.

On pourrait considérer ce bestiaire subatomique comme virtuel s'il n'avait pas des conséquences observables sur les objets réels du monde. Ainsi, en 1948, le physicien néerlandais Hendrik Casimir prédit que deux plaques métalliques placées très près l'une de l'autre (un écart de l'ordre du millième de millimètre) s'attireraient sous l'effet des fluctuations quantiques du vide. Comme les plaques sont extrêmement rapprochées, entre elles, les particules associées à une certaine longueur d'onde ne peuvent apparaître et il y a donc un déséquilibre entre l'énergie du vide à l'extérieur des plaques et celle présente à l'intérieur. D'où une pression qui pousse les plaques à se rapprocher, un phénomène vérifié expérimentalement pour la première fois en 1958 et qui porte désormais le nom d'effet Casimir.

Il existe une variante plus "dynamique" de cet effet, prédite en 1970 par le physicien américain Gerald Moore. Ce dernier a en effet imaginé un dispositif destiné à arracher les particules issues des fluctuations du vide à leur état "virtuel", à les empêcher de retourner au néant en quelque sorte. L'idée consiste à faire se déplacer un miroir dans le vide. Tant que le miroir ne va pas trop vite, il ne peut empêcher les paires particules/antiparticules, qui filent à la vitesse de la lumière, de s'annihiler. Mais, dès lors qu'il se promène à une vitesse proche de celle de la lumière, il arrive à séparer des photons de leurs partenaires et à les ancrer dans le monde réel. Conséquence : le miroir émet de la lumière.

L'expérience est très belle sur le papier mais elle présente un inconvénient majeur : nous ne savons pas accélérer un miroir à une vitesse dite "relativiste", c'est-à-dire à une vitesse représentant une fraction non négligeable de la vitesse de la lumière. Cela dit, le sac des physiciens n'est pas vide, lui non plus, et contient plus d'un tour. Une équipe internationale est donc parvenue à contourner l'obstacle et, si la nouvelle circulait depuis plusieurs mois, leurs travaux n'ont été publiés que le 17 novembre dans la revue Nature. Ces physiciens ont fait vibrer très vite, et sur une courte distance, un miroir virtuel électromagnétique, à 25 % de la vitesse de la lumière. Au cours de l'expérience, celui-ci transmettait une partie de son énergie aux photons, ce qui les a aidés à se matérialiser.

Dans le commentaire, publié par Nature, qu'il fait de cette expérience, Diego Dalvit, spécialiste d'optique atomique et quantique au Los Alamos National Laboratory, souligne que cette "démonstration de l'effet Casimir dynamique, ajoutée aux actuels efforts expérimentaux et théoriques, aura un fort impact sur la physique fondamentale. Cela permettra, entre autres, de faire des démonstrations en laboratoire de création de particules dans un Univers en expansion et d'évaporation de trou noir." En effet, il se peut que les trous noirs, généralement présentés comme des ogres à l'appétit infini, du ventre desquels rien, pas même la lumière, ne peut ressortir, aient en réalité une petite fuite, connue sous le nom de rayonnement de Hawking, car elle a été prédite par le célèbre physicien britannique Stephen Hawking. Dans quelques milliards de milliards de milliards d'années (voire plus...), quand il ne restera plus de notre Univers qu'une population de trous noirs errant dans un espace très froid et que ces monstres cosmiques n'auront plus rien à se mettre sous la dent, ils perdront très lentement de l'énergie en raison des fluctuations du vide. Si lentement qu'il faudra probablement 10100 ans (un 1 suivi de 100 zéros) pour que tous les trous noirs du cosmos se... vident.

Pierre Barthélémy

25/11/2011

Informations santé

lues sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Augmentation du risque de cancer avec les implants mammaires
La famille d’une femme de 53 ans, porteuse de prothèses de la marque Poly Implant Prothèse (PIP) depuis 2005, est persuadée que le décès, des suites d’un cancer de leur proche, est lié à ces implants, et a donc décidé de porter plainte, indiquent Aujourd’hui en France et Libération. Le fabricant de ces prothèses est soupçonné d’avoir employé un gel de silicone destiné non pas à un usage médical mais industriel. Actuellement, les autorités refusent d’admettre un lien entre ces implants et la survenue du lymphome chez cette patiente. Cependant, il est établi qu’il existe un lien accru de contracter cette maladie lorsqu’on a des implants. Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a rendu, en janvier 2011, un rapport associant clairement l’apparition d’un lymphome anaplasique à grandes cellules (ou ACLC) et la pose d’implants mammaires. (Aujourd’hui en France, Libération, 25/11)

Les 18-25 ans suivent peu les recommandations nutritionnelles
Selon l’étude NutriNet-Santé, les 18-25 ans sont trois fois moins nombreux que les plus de 65 ans à suivre les recommandations nutritionnelles nationales, rapportent l’AFP et France Soir, ainsi que l’édition nationale d’hier du journal « 12-13 » de France 3 et La Correspondance de la Publicité. Plus de la moitié des plus de 65 ans (52%) respecte les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) comme « au moins manger 5 fruits et légumes par jour » et « 3 produits laitiers par jour ». Les jeunes de 18-25 ans sont seulement 16% à suivre ces conseils. (AFP, France 3, 24/11, France Soir, La Correspondance de la Publicité, 25/11)

En bref

Dans le Hors Série du Monde consacré au « Nucléaire », le journal publie un article intitulé « Radioactivité, j’écris ton nom » qui rend compte des savants (Curie et Sievert notamment) qui ont donné leur nom aux mesures des rayonnements. Cependant, comme le souligne le journal, un débat doit être mené sur l’évaluation des effets individuels des doses radioactives. Nicolas Foray, radiobiologiste à l’Inserm, souligne : « (…) Il y a des gens qui meurent de la radiothérapie, encore aujourd’hui ! Tout le monde n’est pas égal face aux radiations, mais cette variable n’est toujours pas prise en compte ». (Le Monde – Hors Série, 01/12)

L’hôpital de Rambouillet (Yvelines) expérimente, pendant un an, des équipements en cuivre dans l’objectif de lutter contre les maladies nosocomiales, indique Metro. L’établissement s’est en effet porté volontaire pour être le premier, en France, à installer à titre expérimental des objets en cuivre, métal aux nombreuses propriétés antibactériennes naturelles, les plus fréquemment touchés par les patients et le personnel. (Metro, 25/11)

Le Lipitor de Pfizer, premier médicament mondial contre le cholestérol, ne sera plus protégé par des brevets aux Etats-Unis à partir du 30 novembre. Cette échéance « relance la bataille des traitements du cholestérol », soulignent Les Echos. Le quotidien explique que la famille des statines à laquelle appartient le Lipitor, prescrite à 60 millions de patients dans le monde, a encore un bel avenir. En effet, selon une étude publiée mercredi, ces produits réduisent sans dommage les risques d’accidents cardio-vasculaires et leur effet bénéfique anticholestérol persiste même après l’arrêt du traitement. (Les Echos, 25/11)