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13/01/2014

États-Unis : le Droit du plus Fort ! (la morale la plus faible)

lu sur :

www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/01/13/les...

Le Monde.fr | 13.01.2014 à 01h55 • Mis à jour le 13.01.2014 à 07h59

L'armée américaine aurait testé des armes biologiques « au moins une douzaine de fois » au début des années 1960 dans la préfecture japonaise d'Okinawa, occupée par les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale jusqu'en 1972. C'est ce que rapporte le Japan Times, qui s'appuie sur des documents des autorités américaines obtenus par l'agence de presse japonaise Kyodo News.

Un champignon dévastateur qui provoque des lésions sur les plants – le Magnaporthe grisea, donnant la maladie de la pyriculariose – aurait ainsi été diffusé sur les rizières pour évaluer son impact sur la production de cette denrée alimentaire de base. « On estime que ce champignon, dont l'existence est connue dans 85 pays, détruit une quantité de riz qui pourrait nourrir 60 millions de personnes par an », note le quotidien anglophone. Selon lui étaient dans le collimateur de l'armée américaine la Chine et l'Asie du Sud-Est.

Le gouvernement américain a déjà dévoilé des programmes d'expérimentation d'armes chimiques et biologiques à Puerto Rico, Hawaï et dans l'Utah, avance aussi le Japan Times. Washington décida de mettre un terme à l'utilisation d'armes biologiques en 1969, avant qu'une convention internationale ne vienne les interdire en 1975.

STOCKAGE DE DÉFOLIANTS

Il a également « été rapporté que l'armée américaine stockait des défoliants à Okinawa pendant la guerre du Vietnam [1954-1975] », rapporte encore le journal. Les défoliants sont une substance chimique utilisée en agriculture pour faire tomber les feuilles d'un végétal, mais également employée en tant qu'arme chimique, comme l'agent orange, produit par Dow Chemical et Monsanto, et massivement déversé par les Etats-Unis sur le Vietnam dans les années 1960.

Lire (édition abonnés) : Au Vietnam, l'« agent orange » répandu par les Américains continue de tuer

Des barils de défoliants ont ainsi été déterrés sur un site appartenant jusqu'en 1987 à l'importante base aérienne américaine de Kadena, en pleine ville d'Okinawa. L'armée a toujours nié avoir stocké des défoliants, et notamment de l'agent orange, à Okinawa. Mais, note le Japan Times, « les conclusions de la communauté scientifique japonaise et internationale sont sans équivoque : non seulement ces barils contredisent les démentis du Pentagone sur la présence de défoliants militaires au Japon, mais en plus la terre polluée menace la santé des habitants, nécessitant une solution d'urgence ».

DÉMÉNAGEMENT D'UNE BASE AMÉRICAINE

Le dossier des bases américaines d'Okinawa perturbe les relations américano-nippones depuis des années, et notamment celle de Futenma, actuellement située en pleine ville de Ginowan, au sud d'Okinawa – une zone de forte concentration urbaine où ces installations sont très critiquées. Fin décembre, le gouverneur d'Okinawa a donné son feu vert au déplacement de la base militaire, en signant une autorisation pour la création de terrains artificiels en bordure du littoral oriental de l'île, qui serviront à son transfert.

Le projet de déménagement de la base de Futenma est sur la table depuis un premier accord américano-japonais en 1996, mais le dossier est confronté depuis le début à la méfiance d'une frange importante de la population d'Okinawa, où sont basés la moitié des quelque 47 000 soldats américains présents au Japon. Lassés des nuisances et de l'insécurité engendrées par cette présence militaire massive sur leur territoire, les opposants au projet demandent que la base, au lieu d'être déménagée dans un autre lieu de l'île, quitte définitivement Okinawa.
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L'article du Japan Times :

Article sur l'agent orange :


09/01/2014

Aluminium, adjuvant, vaccination

lu sur la synthèse de presse de l'INSERM :

Romain Ghérardi, directeur de recherche de l’unité Inserm U955 et médecin en Centre de référence neuromusculaire Garches Necker Mondor Hendaye, a présenté mardi aux membres de l’Académie nationale de Médecine les derniers résultats sur le risque de myofasciite à macrophage (MFM), causée par l’oxyhydroxide d’aluminium, indique Le Quotidien du Médecin.
Il estime que, dans un contexte mondial d’accroissement progressif de la couverture vaccinale, la population pourrait être « exposée à des quantités croissantes d’aluminium aux propriétés neurotoxiques connues, bien que les doses impliquées dans les vaccins soient inférieures à celles ingérées quotidiennement dans notre alimentation », explique le journal.

Les Académiciens se sont demandé comment communiquer auprès du public sur les risques des adjuvants aluminiques sans porter atteinte à l’image de la vaccination.

Le Quotidien du Médecin, 09/01

31/12/2013

Changement climatique et lobbying aux USA

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2013/12/31/les...

LE MONDE | 31.12.2013 à 11h37 • Mis à jour le 31.12.2013 à 13h27 |Stéphane Foucart

Outre-Atlantique, entretenir le doute sur la réalité du réchauffement anthropique peut être une activité lucrative. Elle fait vivre une centaine d'organisations de toutes sortes, qui parviennent à lever près d'un milliard de dollars chaque année. Dans une étude publiée dans la dernière édition de la revue Climatic Change, le sociologue américain Robert Brulle (Drexel University à Philadelphie), spécialiste des sciences de l'environnement, dresse la cartographie la plus complète à ce jour de cette nébuleuse de think tanks et d'associations professionnelles – qu'il baptise « contre-mouvement sur le changement climatique » – et de ses voies de financement.

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Robert Brulle a d'abord identifié quatre-vingt-onze organisations qui portent dans les médias ou sur le Net un discours climatosceptique ou systématiquement opposé à toute action politique pour contrer le réchauffement. L'essentiel du bataillon est formé de syndicats professionnels et de laboratoires d'idées conservateurs ou libertariens inconnus en France – Cato Institute, Competitive Enterprise Institute, Heartland Institute… –, mais souvent considérés par les médias américains comme des sources légitimes sur une variété de sujets. Ces think tanks agissent par le biais de consultants ou « chercheurs associés » qui s'expriment dans les médias, rédigent des ouvrages grand public, publient sur Internet des billets, des rapports, etc.

Tout cela forme, écrit M. Brulle citant un rapport de l'Académie des sciences américaine, « une action organisée et délibérée pour induire le débat public en erreur et distordre la représentation que se fait l'opinion du changement climatique ». Les organisations listées par le chercheur intervenant sur d'autres sujets, il est impossible de préciser les sommes allouées stricto sensu à la réfutation du réchauffement.

FONDATIONS CONSERVATRICES

Qui finance ce « contre-mouvement » ? En analysant la documentation ouverte (rapports sociaux, documents fiscaux, etc.), le chercheur a d'abord mesuré ce soutien financier : entre 2003 et 2010, ce sont en moyenne plus de 900 millions de dollars (environ 650 millions d'euros) par an qui ont été injectés dans cette nébuleuse. Cent quarante fondations philanthropiques, « conservatrices pour l'écrasante majorité », en forment la majeure part. On y trouve notamment les fondations de grandes familles ayant fait fortune dans l'industrie minière, dans la banque ou encore le pétrole

Le sociologue américain montre que, depuis 2008, les dons se font de moins en moins de manière directe. « De 2003 à 2007, les Fondations Koch ou la Fondation ExxonMobil étaient lourdement impliquées dans le financement des organisations du contre-mouvement sur le changement climatique, écrit M. Brulle. Mais depuis 2008, elles ne font plus de contributions publiques. » De manière concomitante, note-t-il, le Donors Trust (qui collecte les dons de fondations philanthropiques pour les redistribuer de manière opaque) prend une place centrale dans le dispositif.

Les trois quarts environ des sommes perçues par la galaxie climatosceptique américaine sont désormais intraçables.


Le changement climatique

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17/12/2013

Le Parlement européen maintient le chalutage en eaux profonde grâce (entre autres) à la France !

lu sur :

www.liberation.fr/terre/2013/12/10/le-parlement-europeen...

À CHAUD

La proposition d'interdire cette méthode de pêche a été rejetée à une courte majorité.

 

Le chalutage profond a encore de beaux jours devant lui en Europe. Tant pis pour les écosystèmes si singuliers des abysses, tant pis pour les champs de coraux et d’éponges, tant pis pour ces espèces de poissons si vulnérables. Ce matin à Strasbourg, le Parlement européen réuni en session plénière a rejeté, l’issue d’un vote serré, par 342 voix contre 326, un projet d’interdiction du chalutage et des filets maillants au-dessous de 600 mètres dans les eaux européennes et dans l’Atlantique Nord-Est. Des techniques que la communauté scientifique considère comme extrêmement destructrices pour les écosystèmes mais aussi pour la ressource halieutique puisque c’est une méthode non sélective, capturant, sans discrimination, des espèces de poissons à croissance et à reproduction lente.

Les eurodéputés ont donc décidé qu’il était urgent…d’attendre : ils ont repoussé la proposition d’interdiction formulée par la Commission européenne, se prononçant pour un contrôle accru des licences de pêche en eaux profonde qui ne seraient plus accordées pour les zones définies scientifiquement comme fragiles. Ils ont inclus une clause de révision par laquelle la Commission européenne devrait réévaluer la situation d’ici quatre ans, avec la possibilité d’interdire alors chaluts profonds et filets maillants.

Le dossier doit maintenant être examiné par les gouvernements européens. Mais à peine l’issue du vote connu, Blue Fish, l’association européenne de promotion de la pêche durable, a clamé victoire.«La décision du Parlement permet la mise en place d’un cadre réglementaire et politique qui renforce encore la protection des océans tout en préservant l’équilibre social et économique des territoires littoraux européens», a déclaré Olivier Le Nézet, son président. L’industrie, dominée par l’armateur français Scapêche, la flotte du distributeur Intermarché, a livré bataille jusqu’au dernier moment pour maintenir son droit à cette méthode de pêche, invoquant des menaces sur 3 000 emplois - seulement une centaine, rétorquent les ONG en se fondant sur les chiffres de la Commission européenne. «Ce texte reconnaît que la pêche en eau profonde peut s’exercer de manière durable et responsable en préservant l’équilibre crucial mais fragile entre la protection de l’environnement et celle des territoires maritimes auxquels des milliers d’emplois sont attachés», a claironné ce matin Olivier Le Nézet.

Du côté des ONG et des scientifiques, c’est la déception et l’amertume qui dominent, après l’exceptionnelle mobilisation des semaines dernières. 750 000 personnes ont signé la pétition élaborée par l’association Bloom pour la défense des océans profonds. Pour la fondatrice de Bloom, Claire Nouvian, le vote marque «la victoire du lobbying acharné des industriels et de la fabrication d’un mensonge d’Etat. Remercions en premier lieu le gouvernement de François Hollande et les socialistes du Parlement européen pour ses positions indéfendables qui achèvent de discréditer le pouvoir en place.» L’UMP, allié au Parti Socialiste, a également rejeté cette mesure Pour l’association Bloom, le seul choix qui reste aux consommateurs est donc de privilégier les enseignes «responsables», comme Casino et Carrefour qui ont décidé de cesser la vente d’espèces profondes.

VIDÉOUne conférence de Claire Nouvian sur les dommages causés par la pêche en eau profonde

Eliane PATRIARCA
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sur le même sujet :

A lire aussi : La pêche profonde prend l’eau

09/12/2013

Le stockage des déchets radioactifs

lu sur :

www.lemonde.fr/.../l-impossible-dialogue-sur-le-stockage...
[2013-12-06] Boycottée par les opposants, la consultation publique sur l'enfouissement des résidus du nucléaire français dans la Meuse a dû être reléguée sur Internet.
 
 

30/11/2013

Bientôt, une « Histoire de l'héroïne » par l'Agence nationale de la recherche

lu sur :

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/11/30/banlieues-les-oublies-de-l-heroine_3523129_3208.html

Banlieues : les oubliés de l'héroïne

LE MONDE | 30.11.2013 à 08h38 |Par Sylvia Zappi

Le premier à tomber fut Nasser, en 1984. Ses proches ont commencé à le voir revenir les yeux rouges, transpirant. Il était tombé dans la « blanche », l'héroïne. C'était aux lendemains de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, dont on fête le trentième anniversaire. Nasser était allé la rejoindre à Paris avec ses potes de la cité des Bosquets, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Nordine a suivi, deux ans plus tard. Ils sont morts, l'un en 1989, malade, à l'hôpital, le second en 1993, d'une overdose. Des années après, le président d'AClefeu, Mohamed Mechmache, en garde une rage intacte, lui qui a retrouvé son cousin, une seringue encore plantée dans le bras. Comme nombre de jeunes de sa génération, il est persuadé que « les pouvoirs publics n'ont rien fait » face au fléau de l'héroïne, puis à celui du sida, qui a frappé les cités.

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A l'image de Nasser et Nordine, ils sont des milliers à avoir succombé sans bruit. Mais aucune statistique, aucun rapport des autorités de santé n'a jamais rien dit de cette hécatombe. Peu de chercheurs se sont intéressés à ce cocktail explosif – drogue, sida, banlieue, immigration. Les choses sont peut-être en train de changer. Deux sociologues spécialistes des toxicomanies, Anne Coppel et Michel Kokoreff, viennent d'obtenir le financement d'une « Histoire de l'héroïne » par l'Agence nationale de la recherche. Pour parvenir à établir enfin une photographie de ce qu'ils appellent la « catastrophe invisible », qu'ils tentent depuis des années de comprendre.

En ces premières années de septennat de François Mitterrand, la drogue circule massivement dans les milieux bourgeois, mais aussi chez les jeunes banlieusards qui viennent en virée en ville. Les cités-dortoirs des périphéries urbaines sont minées par le chômage et la misère, mais il y a encore de l'espoir. Les jeunes des cités font irruption sur la scène publique avec la « Marche des beurs » pour revendiquer une place dans la société française. Et ils ont envie de faire la fête comme les autres.

Alors, le samedi soir, on se sape, on fait la tournée des copains dans la DS 21 Pallas du plus riche, celui qui travaille à l'usine, ou dans la 504 empruntée au père, et on se rend au Kiss-club ou au Poney, à « Paname », ou bien au Métropolis, à Rungis, les rares boîtes de nuit qui acceptent les fils d'immigrés. Là-bas, on goûte à tout. Nasser et Nordine sont « comme des fous » ces soirs-là, se souvient Mohamed Mechmache. « Avec leurs copains, ils se font beaux gosses et, à 22 heures, partent dans un défilé de voitures qui klaxonnent dans les allées de la cité des Bosquets à Clichy-sous-Bois. »

« SUR LE TERRAIN DE FOOT, ON RAMASSAIT LES SERINGUES AVANT DE JOUER » 

Transportée d'Amsterdam, écoulée depuis Paris, l'héroïne se propage progressivement dans les HLM des banlieues. Elle fait vite un malheur dans ces cités où les jeunes déscolarisés ou sans emploi traînent leur ennui. Drogue de l'oubli, la « blanche » est une substance qui anesthésie le corps, vous fait flotter dans une bulle, loin du monde. Mais on devient accro en trois jours. « Au début, ils se cachaient pour se piquer. Mais après, on en voyait partout, dans les escaliers, les halls, le local à vélos, au séchoir sur le toit. Sur le terrain de foot, on ramassait les seringues avant de jouer », se souvient M. Mechmache. « Ils », pour ne pas nommer les drogués, les « toxs », pestiférés qu'on craint et qu'on fuit.

Les tableaux de cette misère se répètent alors un peu partout : les ados en manque qui vendent la télé des parents pour acheter leur dose, les mères qui envoient leurs fils au bled pour les « sortir de la drogue », la déchéance physique que les parents ne comprennent pas, la prison pour beaucoup, où on plonge encore plus dans la dépendance, la maladie qu'on découvre à l'occasion d'un accident… Les scènes se répètent à La Courneuve, au Blanc-Mesnil, à Stains, à Saint-Denis, dans toutes les cités-dortoirs de la région parisienne, comme celles de Marseille et de Lyon« Dans le 93, la pratique par intraveineuse est alors massive et la contamination se fait en réseau », se souvient Nelly Boulanger, ancienne directrice de l'association Arcade. « Tout le monde se passait la seringue comme on se passe le joint. Le “das” , on croyait que c'était une maladie d'homos, personne ne nous disait sa gravité, les dangers qu'on courait », raconte Ahmed Kerrar, éducateur sportif à La Courneuve, qui a vu partir une quinzaine de ses amis. « Les mamans ne sortaient jamais sans leurs bijoux et ne quittaient pas leur sac de peur que leurs fils ne les piquent pour les revendre et s'acheter une dose », décrit Yamina Benchenni, qui animait une association de mères confrontées à la drogue à la cité des Flamants, à Marseille.

LES FAMILLES SE TAISENT

Mais les familles se taisent, trop honteuses. Les premiers à se rendre compte du phénomène sont quelques médecins généralistes. Didier Ménard, praticien aux Francs-Moisins (Saint-Denis), s'en souvient encore avec effroi. « On voit arriver les premiers toxicos contaminés par le sida dès 1985-1986. Comme on est très peu à les accepter, ils arrivent de toute la région. On fait comme on peut, en tâtonnant, avec des traitements de substitution non autorisés », raconte le médecin.

Les structures d'accueil en milieu hospitalier ne parient alors que sur le sevrage et le suivi psychiatrique. La distribution de seringues comme des médicaments à base d'opiacés ou de morphine sont prohibés, et les praticiens contrevenants sont poursuivis par l'ordre des médecins. Quelques cabinets médicaux se regroupent en réseau, mais à la marge d'un système de santé sourd à leurs alertes.

« Pour la santé publique comme chez nos confrères, le toxicomane est un pestiféré, d'autant plus exclu des soins qu'il vient de banlieue. Et, nous, on est pointés comme des dealers en blouse blanche », se souvient François Brun, qui tient un cabinet dans la cité de la Busserine, à Marseille. « Les DASS sont bien prévenues, mais cela ne change rien », souligne Nelly Boulanger. Pour beaucoup, ces malades sont ignorés par racisme social« A l'époque, il y a un déni collectif. Nous sommes quelques-uns à essayer de tirer la sonnette d'alarme, mais comme on parle toxicomanie et sida, on est accusés de faire le jeu du FN », insiste Anne Coppel. Sans politique de réduction des risques – les programmes d'échanges de seringues ne sont autorisés qu'en 1991 et les produits de substitution qu'en 1994 –, le sida continue à faucher massivement. « On a perdu cinq ans. Ce fut une hécatombe », accuse le docteur Ménard.

HÉCATOMBE IGNORÉE

Hécatombe. Le mot revient dans tous les propos de ceux qui ont suivi ces années noires. Combien de toxicomanes sont morts du sida dans les cités ? Sans comptabilisation officielle, le phénomène est ignoré durant plusieurs années. On ne peut le mesurer qu'avec les chiffres épars recueillis par des médecins isolés ou les rares associations de prévention dans les quartiers. « Jusqu'en 2000, c'est la première cause de mortalité dans mon cabinet des Francs-Moisins », témoigne M. Mesnard. Michel Kokoreff, professeur de sociologie à Paris-VIII, relate des témoignages recueillis dans les Hauts-de-Seine, à Asnières, Bagneux, Gennevilliers ou Nanterre : « Dans certaines cités, il n'y a alors pas une famille qui n'ait été touchée par la mort, soit par overdose, soit par le sida, soit par suicide. Tous ces morts ont liés à la drogue. »

A Orly (Val-de-Marne), une étude réalisée à la demande de la ville dénombre 210 usagers d'héroïne en 1986 ; la moitié sont décédés dix ans plus tard. L'hôpital Delafontaine, le grand établissement du nord de Paris, recense, lui, dix décès en 1988. Trois ans plus tard, il en compte 300… « On a connu cinq années d'horreur pendant lesquelles 80 % de nos patients sont morts », se souvient le docteur Denis Mechali, alors praticien hospitalier.

Mais il n'y a rien dans les rapports des autorités sanitaires. « Les premières enquêtes ethnologiques de la Direction générale de la santé ont mis en évidence l'importance du partage de seringue dans la propagation de la maladie mais, pour ces populations reléguées, on n'a pas fait grand-chose », admet Marie Jauffret-Roustide, chercheuse à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), après être passée par l'Institut national de veille sanitaire (InVS). A ses yeux, l'absence de relais dans les médias et auprès des politiques – à la différence des associations telles Aides et Act Up pour les homosexuels – a beaucoup joué en défaveur des jeunes de banlieue. Reda Sadki, qui a longtemps animé le Comité des familles, partage ce constat amer : « Il faut attendre 2001 pour voir les premières affiches de campagne de prévention du sida mettant en scène un Noir ou un Arabe. »

Farida Ben Mohamed est une rescapée. Probablement parce qu'elle n'a touché à l'héroïne que cinq ans plus tard que Nasser : séropositive, elle a bénéficié de la trithérapie. Cette fille d'ouvrier marocain raconte que sa vie a basculé un soir d'octobre 1980, lorsque son frère a été tué par un policier lors d'un contrôle d'identité. Alcool, shit, héroïne, errance dans sa cité des Flamants, dans les quartiers nord de Marseille, vols à l'étalage, recel de drogue, incarcération aux Baumettes… Tout y passe.

C'est en 1993 qu'elle apprend sa séropositivité, lors d'un passage à l'hôpital pour une banale entorse. Depuis six ans, elle est déclarée invalide. « J'ai vu partir tous ceux de ma génération, note-t-elle. S'il n'y avait pas eu mes parents qui faisaient les bars pour me ramener, je ne serais plus là. » Aujourd'hui, les programmes de prévention sont généralisés, mais la drogue est devenue un chantier industriel dans certaines cités. « Il ne faut pas laisser les jeunes sombrer comme on a fait avec nous. » Un grand corps amaigri, des yeux qui mangent un visage creusé, des pommettes saillantes : son corps parle pour elle auprès des jeunes de la cité des Flamants.

 

Des nouvelles du gaz de schiste en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/29/les-contre-verites-du-rapport-parlementaire-sur-le-gaz-de-schiste_3521604_3244.html

Les contre-vérités du rapport parlementaire sur le gaz de schiste

Le Monde.fr | 29.11.2013 à 17h16 • Mis à jour le 29.11.2013 à 18h56 |Par Marie-Béatrice Baudet et Audrey Garric

Pour la remise, le 27 novembre, du rapport final de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, les deux rapporteurs Christian Bataille – député PS du Nord – et Jean-Claude Lenoir – sénateur UMP de l'Orne – avaient soigné la mise en scène. Les députés ont dû aller consulter le volume de 254 pages – un exemplaire écrit non photocopiable – dans une salle ad hoc. Quant à la presse, rien avant la conférence de presse de 11 heures. Aucun document remis sous embargo. 

Pourquoi avoir entretenu un tel « suspens » alors que MM. Bataille et Lenoir avaient déjà largement donné le « la » de leurs travaux six mois plus tôt lors de la publication de leur rapport d'étape ? Comme la copie finale, ce dernier appellait dès juin au lancement de forages expérimentaux afin de lancer une exploitation « maîtrisée » du gaz de schiste en France.

« TORQUEMADA DE L'OBSCURANTISME »

En réalité, depuis les déclarations de François Hollande, le 14 juillet, M. Bataille, pro-OGM et pro-gaz de schiste, ne décolère pas. Le chef de l'Etat avait en effet réaffirmé clairement, lors de la fête nationale, qu'il n'y aurait ni « exploration, ni exploitation du gaz de schiste en France » sous sa présidence. Le lendemain, le député PS, avait expliqué « tomber de l'armoire »  après avoir entendu que « François Hollande s'engouffrait dans un discours environnementaliste anti-industriel ». Samedi 3 août, dans un entretien au Figaro, M. Bataille estimait « qu'il fallait remettre les écologistes à leur place », afin que « le cercle de la raison reprenne l'ascendant sur les Torquemada de l'obscurantisme ».

Le rapport final de MM. Bataille et Lenoir, comme leur document d'étape, suscite la polémique. Et pas seulement parce que les deux auteurs préfèrent largement le terme de « stimulation » à celui de « fracturation ». Les deux parlementaires écologistes membres de l'Opecst, Denis Baupin et Corinne Bouchoux, parlent d'un rapport « partial et partiel ». Quant à Jean-Paul Chanteguet, président (PS) de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, il estime que « la majeure partie du travail réalisé est curieusement hors sujet puisqu'elle concerne la fracturation hydraulique, illégale en France ». Et que la conviction des deux rapporteurs sur la maîtrise technologique de la fracturation hydraulique « relève de l'acte de foi et non de la moindre preuve scientifique ». Décryptage des principaux arguments du rapport.

  • « Une technique ancienne en France »

« La technique de la fracturation hydraulique a été utilisée de façon répétée en France au cours des dernières décennies, sans qu'aucun dommage n'ait été signalé. Elle aurait été utilisée à au moins 45 reprises », avance le rapport. Et de citer notamment quatorze opérations de fracturation réalisées sur le gisement pétrolier de Chaunoy (Seine-et-Marne) par la société Esso REP entre 1986 et 1987, ainsi que quinze autres, sur la même formation, par la société Vermilion, entre 2002 et 2010. 

En réalité, sur les 45 fracturations, quarante-trois concernent du pétrole conventionnel. Or, contrairement aux huiles de schiste dispersées dans des roches-mères ultracompactes, le pétrole « classique » s'accumule dans des réservoirs au sein de formations géologiques plus perméables et poreuses. Le forage d'un puits vertical suffit alors à le faire remonter à la surface. Les hydrocarbures non conventionnels, au contraire, nécessitent, le long d'un forage souvent horizontal, de nombreuses opérations de fracturation de la roche, en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques sous pression – ce que l'on appelle la fracturation hydraulique.

Lire notre décryptage : Gaz de schiste : des fracturations hydrauliques ont-elles eu lieu en France ?

Cette technique peut néanmoins être également utilisée dans le cas des gisements conventionnels. « La roche peut s'endommager après un forage ou avec le temps. Un "effet de peau" peut se créer qui empêche ou rend plus difficile la connexion entre le puits et le réservoir. Pour reconnecter les deux, on peut alors recourir à la fracturation hydraulique », explique François Kalaydjian, directeur adjoint ressources à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN). La technique, désignée sous le nom de « stimulation hydraulique », consiste aussi à envoyer de l'eau, du sable et des produits chimiques sous pression, « mais à des quantités très inférieures à celles utilisées pour récupérer des hydrocarbures non conventionnels ». Surtout, la technique s'emploie de manière très locale, alors qu'il faut fracturer entre quinze et vingt fois le long d'un drain horizontal dans le cas des schistes.

Le groupe pétrolier canadien Vermilion a ainsi procédé essentiellement à des « stimulations hydrauliques ». « Nous en avons réalisé quinze entre 2002 et 2010 pour accroître le taux de production de nos puits de pétrole conventionnel », déclare Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques Vermilion Europe. Deux opérations supplémentaires, menées en juin 2010, ont en revanche bien porté sur un gisement de pétrole de schiste sur le site de Champotran (Seine-et-Marne). Mais elles relèvent davantage de l'expérimentation : deux puits verticaux existants ont été utilisés, et non des forages horizontaux comme aux Etats-Unis. Seul le deuxième a permis de produire du pétrole non conventionnel... à raison d'un baril par jour. C'est aujourd'hui le seul en France. L'expérience hexagonale en la matière ne coule donc pas de source.

  • « Une technique qui évolue pour mieux protéger l'environnement »

« La fracturation hydraulique a fait d'important progrès et c'est une technologie, certes industrielle et comportant des risques, mais maîtrisée », assure le rapport. Première de ces avancées, selon les deux rapporteurs : « Les industriels tendent à réduire le nombre, la quantité et la toxicité des additifs. » « Les produits indispensables au procédé de fracturation sont tous non toxiques, précise le rapport. Les autres produits – biocides, surfactant, acides, inhibiteurs de corrosion et de dépôt – ne sont pas indispensables. Ils permettent toutefois de préserver les équipements et d'optimiser la fracturation. »

De fait, si certains industriels tels qu'Halliburton se targuent d'avoir limité ces additifs chimiques au profit de substituts non toxiques – agréés par l'agroalimentaire –, la tendance reste pour l'instant marginale. « L'évolution n'est pas spectaculaire, reconnaît Roland Vially, géologue à l'Ifpen. Ce sont des produits plus chers. Il n'est donc pas évident que l'ensemble des opérateurs les choisissent, à moins d'encadrer les fluides de fracturation par une législation plus stricte. » « Il est impossible de généraliser car il y a autant de fracturations hydrauliques que de compagnies, confirme un industriel européen. Les compagnies américaines continuent d'utiliser les additifs les plus efficaces. »

Malgré l'ouverture d'un site Internet d'information sur le sujet, FracFocus, il reste difficile de connaître aujourd'hui la composition des fluides de fracturation. En 2010, un rapport rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine annonçait que l'exploitation du gaz de schiste avait nécessité, entre 2005 et 2009, l'utilisation de plus de 2 500 produits pour la fracturation hydraulique, contenant 750 substances chimiques, dont 29 sont connues ou suspectées pour être cancérigènes, ou présentant des risques pour la santé et l'environnement.

« Au-delà des additifs chimiques, le rapport occulte les polluants qui remontent à la surface avec le gaz, en provenance des couches géologiques, et que l'on ne maîtrise pas : des hydrocarbures comme du benzène ou toluène, et même des traces de radioactivité », dénonce François Veillerette, président de l'ONG Générations futures.

Autre conséquence pour l'environnement : les quantités d'eau utilisées. Le forage d'un puits requiert ainsi 10 000 à 20 000 m3 d'eau. « Les progrès techniques réalisés permettent d'optimiser le placement des fracturations et ainsi de minimiser la quantité d'eau nécessaire », assure le rapport. « Il y a des baisses sur certains forages, de l'ordre de 10 % à 20 %. Mais pour le moment, les volumes d'eau utilisés restent importants », juge Roland Vially.

Enfin, concernant la pollution des nappes phréatiques, régulièrement pointée par les opposants au gaz de schiste, elle n'est pas due à la fracturation hydraulique, assure le rapport, mais « à des défauts de cimentation des puits ou des déversements en surface ». S'il n'est effectivement pas possible, en l'état des connaissances scientifiques, d'incriminer la technique de fracturation hydraulique elle-même, reste que l'exploitation du gaz de schiste pollue bel et bien les eaux souterraines depuis des années. En juin, une étude publiée par le biologiste Robert Jackson dans la revue de l'Académie des sciences américaine mettait ainsi en évidence de fortes teneurs en méthane des eaux souterraines prélevées autour des puits de gaz non conventionnel dans le nord-est de la Pennsylvanie.

Lire : En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de schiste

  • « Des fuites de méthane plus faibles qu'il n'était craint »

« Les éventuelles fuites de méthane associées à la production d'hydrocarbures non conventionnels représentent un enjeu environnemental essentiel : compte tenu de l'importance de l'impact du méthane en tant que gaz à effet de serre, des chercheurs ont calculé qu'une fuite de 3,2 % anéantirait les effets bénéfiques de la réduction de la consommation de charbon vis-à-vis des émissions de gaz carbonique », indique le rapport.

Les défenseurs du gaz de schiste mettent en effet en avant ses « vertus climatiques » : à énergie produite équivalente, ce gaz émet trois à quatre fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon, la source d'énergie qu'il tend à remplacer outre-Atlantique. Problème : cet hydrocarbure non conventionnel émet par contre beaucoup plus de méthane (CH4), un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est trente-quatre fois supérieur à celui du CO2.

Pour minimiser cet impact, le rapport de l'Opecst cite une étude de l'université d'Austin (Texas), publiée en septembre, qui « conclut que les fuites au stade de la production de gaz non conventionnel sont de 0,42 %, soit un taux nettement inférieur aux estimations précédentes ». Sans préciser que ces travaux ont fait l'objet de critiques : ses auteurs ont notamment été accusés d'avoir choisi des sites non représentatifs de l'ensemble des bassins de production et d'avoir occulté les puits anciens ou abandonnés, également émetteurs de CH4.

Lire : Bataille d'études sur les vertus climatiques du gaz de schiste

Surtout, la majorité des travaux menés sur le sujet soulignent des taux de fuite de méthane bien supérieurs. En août, des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration ont ainsi conclu que 6,2 % à 11,7 % du gaz naturel produit finit dans l'atmosphère, après une campagne de mesures aériennes dans l'Utah. Dernière étude en date : des mesures publiées, le 25 novembre, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montrent que les Etats-Unis produisent 50 % à 70 % plus de méthane qu'estimé par l'Agence de protection de l'environnement américaine. Et la plus grande part de cet écart provient des activités pétrolières et gazières.

Lire : Les émissions américaines de méthane sont sous-estimées

  • « Des alternatives possibles à la fracturation hydraulique utilisées à une échelle industrielle »

Les rapporteurs et les industriels l'admettent : la fracturation hydraulique reste la technique la plus efficace et la plus couramment utilisée dans le monde. Les auteurs du rapport mentionnent néanmoins plusieurs alternatives. Notamment la fracturation par arc électrique, dont ils reconnaissent qu'elle est toujours au stade de la recherche et développement. Et qu'elle n'est donc pas, « pour le moment », une piste viable. Certains industriels se montrent plus radicaux, expliquant qu'elle ne le sera jamais.

MM. Bataille et Lenoir préfèrent mettre en avant « une technique opérationnelle et prometteuse : la stimulation au propane », dont le principal avantage est « évidemment de ne pas faire usage d'eau ». Une opération pouvant être de surcroît, selon eux, « réalisée avec moins d'additifs, voire aucun additif ». Même s'ils reconnaissent que le principal inconvénient de cette technologie est qu'elle « implique des quantités importantes (plusieurs centaines de tonnes) de propane inflammable », ils soulignent qu'elle est d'« un usage ancien » et que « la société canadienne Gasfrac a réalisé, de 2008 à 2013, près de 1 900 opérations de ce type en Amérique du Nord, principalement au Canada ». Si ces opérations ont bien eu lieu, le rapport oublie de mentionner qu'elles ont majoritairement concerné (85 %, selon un industriel du secteur) des réservoirs de tight gas – soit des hydrocarbures non conventionnels de réservoirs compacts –, et non du gaz de schiste.

Enfin, si des compagnies comme Ecorpstim – l'une des premières à s'être félicitée des conclusions du rapport de l'Opecst – expliquent développer un propane non inflammable, ce dernier n'a jamais encore été utilisé dans le cadre de la fracturation d'une roche-mère.

Marie-Béatrice Baudet 

Journaliste au Monde

Audrey Garric 

Journaliste au Monde

voir :

Gaz de schiste : un rapport parlementaire controversé relance le débat

Gaz de schiste : la fête est finie

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/28/gaz-de-schiste-la-fete-est-finie_3521598_3244.html

Gaz de schiste _ la fête est finie.pdf

29/11/2013

Patrimoine et politique : scandale à Poitiers

à lire sur MEDIAPART :

Poitiers : le maire, le théâtre et le promoteur
PAR MARTINE ORANGE

Le maire socialiste de la ville, Alain Claeys, a accepté la cession de l’ancien théâtre municipal au prix de 510 000 euros, soit moins de 200 euros le mètre carré. La vente réalisée de gré à gré se fait au bénéfice d’un promoteur local, avec de confortables plus-values à la clé. Une association demande l’annulation de la vente.

si vous souhaitez que je vous envoie l'article, contactez moi


25/11/2013

Avez-vous des enfants ? Des petits-enfants ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/19/40-milliards-de-tonnes-les-emissions-de-co2-atteignent-un-niveau-record_3516216_3244.html

40 milliards de tonnes : les émissions de CO2 atteignent un niveau record

LE MONDE | 19.11.2013 à 11h06 • Mis à jour le 19.11.2013 à 11h32 |Par Stéphane Foucart

Le monde émet toujours plus de gaz à effet de serre et la courbe des émissions s'installe désormais au-dessus du pire scénario imaginé par les experts. Dans son bilan annuel, publié mardi 19 novembre, le Global Carbon Project (GCP) – un consortium scientifique conduit par l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) – estime que l'humanité aura émis 9,9 milliards de tonnes de carbone (GtC) dans l'atmosphère au cours de l'année 2013 (soit 36 milliards de tonnes de dioxyde de carbone).

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Cette estimation tient compte de la combustion des ressources fossiles et de l'activité des cimenteries, mais non de la déforestation dont les projections pour l'année se situent autour de 0,8 GtC. Au total, donc, ce sont 10,7 GtC qui auront été produits en 2013 par les activités humaines (soit près de 40 milliards de tonnes de CO2).

LES AMERICAINS EN PREMIÈRE LIGNE

Ce nouveau record marque une croissance de 2,1 % par rapport à 2012, année dont le GCP publie le bilan complet. Ce dernier constate, sans surprise, la poursuite de la montée en puissance chinoise. La Chine a vu ses émissions globales égaler celles des Etats-Unis en 2005. Et sept ans plus tard, Pékin pèse presque deux fois plus lourd que Washington dans le bilan carbone mondial. En 2012, la Chine a été responsable de 27 % des émissions mondiales, contre 14 % pour les Etats-Unis, 10 % pour l'Union européenne et 6 % pour l'Inde.

Rapporté à la population, la Chine reste néanmoins toujours loin derrière les Etats-Unis. En 2012, un Américain émettait en moyenne 4,4 tonnes de carbone par an contre 1,9 pour un Chinois – au même niveau qu'un Européen. « Il faut bien voir que les émissions chinoises servent en partie à produire des biens qui sont consommés ailleurs dans le monde », précise toutefois Pierre Friedlingstein (université d'Exeter, Royaume-Uni), coauteur du rapport.

Entre 2011 et 2012, la Chine a vu ses émissions bondir de près de 6 %, tandis que l'Union européenne les a réduites de 1,3 % et les Etats-Unis les ont vues tomber de 3,7 %, en partie en raison de la montée en puissance du gaz de schiste, qui s'est développé outre-Atlantique aux dépens du charbon.

Or ce dernier demeure le principal facteur d'émission au niveau mondial. Il compte pour 43 % des émissions, contre 33 % pour le pétrole, 18 % pour le gaz et 5,3 % pour la production de ciment. A ces émissions – soit 9,7 GtC pour l'année 2012 – s'ajoutent celles issue de l'utilisation des sols. La déforestation a contribué pour 0,8 GtC en 2012.

PRÉVISIONS ALARMANTES

Seule nouvelle rassurante du bilan publié, les émissions dues à l'utilisation des sols ont tendance à décroître depuis les années 1990, où elles se situaient à environ 1,5 GtC par an.

Le consortium estime en outre que les océans continuent à jouer un rôle majeur dans l'absorption d'une part du carbone anthropique : en 1960, les mers « ingéraient » 1 GtC par an, contre près du triple en 2012.

Lire aussi : Plancton, saint-jacques, huîtres et autres coquillages menacés par l’acidification des océans

extrait : ..."C'est ce que rappellent sans ambages les conclusions du troisième symposium international sur le sujet, publiées vendredi 15 novembre, qui précisent clairement la magnitude du phénomène : « Selon les travaux publiés les plus récents, le rythme d'acidification des océans de la planète pourrait être sans précédent depuis trois cents millions d'années. »...

 Les conclusions du symposium (en anglais)

Plancton, saint-jacques, huîtres et autres coquillages menacés par l’acidification des océans.pdf

Au total, le GCP estime que, depuis 1870, l'humanité a émis 550 GtC. « Selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat , il ne faut pas excéder 790 GtC pour avoir une chance de demeurer de manière “probable” sous la barre des 2º C de réchauffement, explique M. Friedlingstein. Au rythme actuel, c'est-à-dire sans tenir compte d'une possible poursuite de la croissance des émissions, ce seuil sera atteint dans vingt-cinq ans. » Pour l'heure, la courbe des émissions humaines au cours de la décennie place le climat terrestre sur la trajectoire d'un réchauffement de 3,2°C à 5,4°C à l'horizon de la fin du siècle, selon les scénarios du GIEC.

Voir : La carte des impacts du réchauffement climatique

23/11/2013

L'« insécurité alimentaire » en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/23/six-millions-d-adultes-victimes-d-insecurite-alimentaire_3519198_3224.html

Six millions d'adultes victimes d'"insécurité alimentaire"

LE MONDE | 23.11.2013 à 09h51 • Mis à jour le 23.11.2013 à 16h43 |Catherine Rollot

C'est la France des frigos vides. Celle des produits discount et des petits paniers, celle aussi qui peine à frapper aux portes des associations caritatives pour se faire aider. Alors que s'ouvre lundi 25 novembre la 29e campagne des Restos du coeur, qui risque cette année d'atteindre le chiffre record de 1 million de personnes accueillies, de plus en plus de familles vivent en « insécurité alimentaire ».

De ces ménages qui doivent faire des restrictions telles qu'ils n'ont plus accès en quantité mais surtout en qualité aux aliments pour satisfaire leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires, on sait peu de chose. En France, contrairement aux Etats-Unis, la notion est encore mal connue et souvent confondue avec l'absence ou l'insuffisance de sécurité des aliments. La tentation est aussi facile de restreindre cette population à celle des 3, 5 millions de bénéficiaires de l'aide alimentaire. Pourtant, de l'avis de Nicole Darmon, directrice de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui a étudié les comportements alimentaires des personnes défavorisées, 12,2 % des adultes appartiendraient à un foyer en « situation d'insécurité alimentaire pour raisons financières », soit plus de 6 millions de personnes, un chiffre bien supérieur à la population qui a recours à l'aide alimentaire. « Ce phénomène, même s'il est trois fois plus fréquent parmi les ménages défavorisés, ne se résume pas à la pauvreté monétaire, explique Mme Darmon. On estime ainsi que 22 % des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sont en situation d'insécurité alimentaire. Bien que plus faible, cette proportion atteint près de 8 % parmi les personnes vivant au-dessus de ce seuil. »

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Plus jeunes que la moyenne de la population, plus souvent des femmes ou des personnes seules, les victimes de la précarité alimentaire sont aussi celles qui ont les déséquilibres nutritifs les plus importants. Elles consomment ainsi encore moins de fruits et de légumes que les plus pauvres mais aussi beaucoup plus de produits sucrés et de plats cuisinés, alors que les plus modestes se tournent plutôt vers les féculents raffinés (pâtes, riz, pain…). « On peut être pauvre mais ne pas être dans une insatisfaction alimentaire, souligne Mme Darmon. L'assiette peut être remplie de féculents, mais le fait de faire de vrais repas, de se mettre à table, n'engendre pas la même frustration. En revanche, le “snacking”, les repas simplifiés, consommés dans un contexte d'isolement, entraînent une alimentation déstructurée, source d'insatisfaction et de carence. »

Par isolement, par manque d'information ou par pudeur… une grande part de cette population se tient souvent en marge de la distribution alimentaire. Ainsi Laurent Leroy, 50 ans, ouvrier au chômage depuis quatre ans à la suite d'un licenciement économique, a essayé pendant longtemps de « faire avec ». Au fur et à mesure de la baisse de ses indemnités chômage, la question de l'alimentation pour cet habitant de Montdidier (Somme) se résumait à une équation simple : « manger ce que je pouvais m'acheter », en gros des conserves à bas prix, avalées sans plaisir, sur un coin de table. Et de temps en temps de la viande.

Il y a quelques mois, en fin de droits, « au fond du trou », avec 485 euros mensuels, il s'est finalement décidé à demander de l'aide à la Croix-Rouge, qui lui distribue deux fois par mois un colis de nourriture. Pour utiliser au mieux les 80 euros mensuels qu'il consacre à son alimentation, il suit aussi un atelier cuisine proposé par l'association caritative une fois par mois. « J'ai retrouvé le goût de la cuisine, des repas équilibrés, même si je dois tout calculer », explique Laurent Leroy qui, chaque matin, traque les rabais et promotions dans son supermarché et rêve de manger des huîtres, « une envie qui remonte à 2007, quand travaillait encore ».

Au Secours populaire, c'est un peu indirectement que l'association caritative a touché du doigt l'existence de ces « invisibles », pour qui les repas ont un goût de plus en plus amer. « L'année dernière, raconte Jean-Louis Callens, secrétaire national chargé de l'aide alimentaire, nous avons constaté deux phénomènes inquiétants. Au niveau national, le nombre de personnes qui recevait des colis alimentaires avait augmenté de 13,2 %. Parallèlement, nous accusions une baisse de 8 % de nos donateurs fidèles, un socle fait d'ouvriers ou d'employés qui donnaient entre 50 et 100 euros par an. »

L'association a alors mené une enquête pour comprendre les raisons de ce désengagement. « Une grande partie de ces contributeurs modestes était en but à des difficultés, suite à une perte d'emploi ou une mise à la retraite. A notre grande surprise, nous avons découvert des situations très difficiles, avec des gens qui rognaient de plus en plus leur budget alimentation et qui ne voulaient pas se retrouver de l'autre côté de la barrière, en quelque sorte, et demander à bénéficier d'une aide alimentaire. » Pour le seul département du Nord-Pas-de-Calais, 1 600 anciens donateurs en difficulté ont finalement accepté un coup de pouce, après l'intervention de l'association caritative.

Pour Gaëtan Lassale, chargé de mission à l'Observatoire pauvreté-nutrition-alimentation (Opnalim), une initiative lancée il y a un an par la Fédération des banques alimentaires pour encourager la réflexion et les recherches sur les conséquences de la pauvreté sur la nutrition« l'alimentation est devenue une variable d'ajustement dans le budget familial, à tel point que le thème de l'insécurité alimentaire autrefois apanage des pays pauvres du Sud, touche désormais les pays riches du Nord ». Un constat corroboré par l'enquête de l'Insee, parue en juillet, sur les comportements de consommation en 2011. A la question : « Si vos ressources actuelles augmentaient de 10 %, que feriez-vous en priorité avec cet argent ? », 16 % des ménages modestes ont répondu qu'ils consacreraient leur argent à l'alimentation contre 11 % en 2005.

12/11/2013

Appel aux autorités contre les pesticides

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Lancement d’un appel aux autorités contre les pesticides

L’AFP rend compte du lancement, le 9 novembre, par des élus, des scientifiques et des responsables associatifs d’un appel aux autorités afin de réduire ou supprimer l’usage des pesticides en raison de leurs risques potentiels pour la santé.

Selon les signataires de la pétition, initiée par le député socialiste Gérard Bapt (Haute-Garonne), « l’effet cocktail de ces substances est encore insuffisamment documenté, mais pourrait s’avérer majeur pour un certain nombre d’associations avec des pathologies endocriniennes ou cancéreuses ».

Déjà, une cinquantaine de parlementaires et d’élus ont signé la pétition dont deux anciennes ministres de l’Ecologie, Delphine Batho et Chantal Jouanno, souligne l’agence de presse. Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre hospitalier régional universitaire de Montpellier, a également approuvé cette pétition, ainsi que notamment des représentants du Réseau Environnement Santé (RES) et de Générations Futures.

 

AFP, 09/11

15/10/2013

Australie : changement climatique, connaît pas ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/14/l-australie-sacrifie-l-environnement-pour-relancer-son-economie_3495176_3244.html

L'Australie sacrifie l'environnement pour relancer son économie

LE MONDE | 14.10.2013 à 11h12 • Mis à jour le 14.10.2013 à 16h12 |

Par Colin Folliot (Sydney, correspondance) 

Pour Tony Abbott, le nouveau premier ministre conservateur australien, le démontage méthodique de la politique environnementale de ses prédécesseurs est une priorité. Ce climato-sceptique, qui qualifiait en 2009 de "connerie absolue" l'attribution du changement climatique à l'activité humaine, avait fait des élections législatives de septembre "un référendum sur la taxe carbone", mise en place par les travaillistes et qu'il promettait d'abroger. Entré en vigueur en 2012, ce dispositif prend la forme de permis d'émission de CO2 que doivent acheter les 500 plus gros pollueurs du pays.

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La question est délicate en Australie : particulièrement sensible aux aléas climatiques – des records de température cet automne accroissent encore les risques d'incendie –, le pays a échappé à la crise économique grâce à son industrie minière, très polluante, et il est un des plus gros émetteurs de CO2 par habitant. C'est au nom de l'économie que les conservateurs s'attaquent à l'écologie. Pour eux, "supprimer la taxe carbone doit alléger la pression sur les familles, aider les petites entreprises et restaurer la confiance dans l'économie".

 Le ministre de l'environnement, Greg Hunt, est aussi prié de faire des économies en supprimant plusieurs organismes chargés de la lutte contre le changement climatique. Le nouveau gouvernement espère enrayer le récent ralentissement de la croissance australienne, en allégeant les contraintes qui pèsent sur les entreprises.

POLITIQUEMENT RISQUÉ

Tony Abbott s'est engagé à ce que l'abrogation de la taxe carbone soit présentée rapidement au Parlement. Mais ce calendrier est politiquement risqué, car les nouveaux sénateurs élus en septembre ne prendront leurs fonctions que le 1er juillet 2014. D'ici là, les travaillistes et les Verts restent majoritaires à la Chambre haute. Greg Hunt les exhorte à respecter le "mandat " du nouveau gouvernement en votant l'abrogation, mais les travaillistes s'y refusent catégoriquement, comme l'a rappelé Bill Shorten, le nouveau leader du parti. En cas de blocage, Tony Abbott menace d'une "double dissolution" (seul moyen de dissoudre le Sénat), mais il pourrait finalement préférer attendre juillet. Il devrait alors rallier au moins six sénateurs indépendants.

Cette mesure pourrait coûter au budget national jusqu'à 2 milliards de dollars australiens (1,4 milliard d'euros), selon RepuTex, cabinet d'analyse spécialisé dans l'énergie. En effet, en attendant la mise en place, prévue au 1er juillet 2015, d'un marché du carbone, les entreprises ont acheté leurs permis d'émission, dont elles pourraient, en cas de disparition de la taxe carbone, demander le remboursement à l'Etat. 

 MODIFICATION LÉGISLATIVE NÉCESSAIRE 

La suppression de la taxe carbone doit s'accompagner de celle de l'Autorité du changement climatique, chargée de conseiller le gouvernement sur la lutte contre le changement climatique et notamment sur les prix à fixer pour le carbone. Mais cette institution ayant été créée par une loi, Tony Abbott devra aussi passer devant le Sénat. 

Dès sa nomination, Greg Hunt a également supprimé la Commission du climat, organisme indépendant dont le rôle était d'informer le public sur le changement climatique. Son dirigeant, Tim Flannery, a toutefois décidé de lui redonner vie sous la forme d'une ONG. Rebaptisée Conseil du climat, l'organisation a déjà reçu 20 000 dons, pour 1 million de dollars australiens.

Enfin, Tony Abbott a demandé à son ministre de l'économie et des finances, Joe Hockey, de fermer la Clean Energy Finance Corporation. Ce fonds d'investissement public, doté de 10 milliards de dollars australiens et chargé d'investir dans des projets d'énergies renouvelables, est accusé par Greg Hunt "d'emprunter l'argent public pour investir dans des entreprises spéculatives".

MÉPRIS POUR LA CLIMATOLOGIE 

Sénatrice de Tasmanie et chef des Verts, Christine Milne a vivement réagi à ces annonces : "C'est un jour noir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Tony Abbott a démontré son mépris pour la science du climat et pour la santé et le bien-être des générations futures." 

Pour justifier la disparition de toutes ces institutions, le ministre de l'environnement affirme que leur travail sera directement assuré par ses services et le bureau de météorologie. En contrepartie, il devrait ensuite mettre en place un "plan d'action directe", prévoyant des incitations financières pour les entreprises en fonction de leur "efficacité énergétique", et la plantation de 20 millions d'arbres.

Ce plan vise à atteindre les objectifs fixés par les travaillistes pour 2020 : des émissions de gaz à effet de serre réduites de 5 % par rapport à 2000 et 20 % de l'électricité produite par des énergies renouvelables. Mais Tony Abbott a déjà prévenu : il est hors de question de dépasser le budget de 3,2 milliards de dollars australiens sur quatre ans alloué à cette politique. 

11/10/2013

Scierie géante du Morvan : arrêt ?

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/2013/10/10/la-scierie-geante-du-morvan-stoppee-par-le-conseil-d-etat_938534

La scierie géante du Morvan stoppée par le Conseil d'Etat

AMANDINE CAILHOL 10 OCTOBRE 2013 À 19:07

Le projet de la société Erscia est contesté par les défenseurs de l'environnement nivernais.

Nouveau coup d’arrêt au projet de scierie géante du Morvan, dans la Nièvre. Mercredi, le Conseil d’Etat a confirmé la décision du tribunal administratif de Dijon, repoussant à nouveau le début des travaux prévus par la société Erscia, détenue par le groupe luxembourgeois Wood & Energy SA et le belge Industrie du Bois Vielsalm & Cie (IBV).

«Pour la quatrième fois, la justice a donné raison aux opposants à Erscia», se félicite Muriel André, la porte-parole de l’association de défense de l’environnement Adret Morvan. Depuis plus d’un an, l’association se bat contre le projet de scierie industrielle et de centrale électrothermique de cogénération à Sardy-lès-Épiry. Elle dénonce un projet «contraire à l’intérêt public et nuisible pour l’environnement», synonyme de pollution, dégradation de la forêt, course à la subvention européenne et «greenwaching».

PROMESSES D’EMBAUCHE

De son côté, l’industriel tente de séduire le territoire en affichant des promesses d’embauche à hauteur de 126 emplois directs sur le site et 285 emplois indirects liés aux activités de logistique, maintenance ou encore de services. Mais le discours ne convainc pas la société civile, mobilisée sur le terrain associatif et judiciaire.

Embourbée dans des procédures juridiques, Erscia, accompagnée par la société d'économie mixte (SEM) Nièvre Développement et le ministère de l’Ecologie, croyait gagner du temps en saisissant le Conseil d’Etat. Il contestait la décision du tribunal administratif de Dijon qui avait suspendu, en mars, un arrêté préfectoral du 31 janvier, autorisant le défrichage du site. Lors de la séance du 19 septembre (rendue publique le 9 octobre), le Conseil d’Etat a confirmé la décision du juge des référés au motif que «si le projet présentait un intérêt public incontestable, il ne constituait pas pour autant un cas exceptionnel dont la réalisation se révélerait indispensable».

«NATURE IRRÉVERSIBLE»

Le Conseil d’Etat a aussi validé la condition d’urgence du jugement, en raison de la «nature irréversible» et de «l’imminence» des risques pour les espèces protégées du site. Conséquence de ce revers pour Erscia, les travaux de défrichement conduits par Nièvre Aménagement, qui devaient débuter à la fin 2013, pour une mise en service à l’automne, sont gelés.

Pour les militants, pas question pour autant de lever le camp de la Zone à défendre (ZAD) qu’ils occupent dans le massif forestier du Morvan. Les «zadistes», une quinzaine de personnes qui se relaient sur le site depuis février, attendent que la justice ait rendu sa décision - sur le fond - concernant l’ensemble des arrêtés. A moins que, d’ici là, comme l’espère l’association Adret Morvan, les élus locaux de la Nièvre fassent «preuve de sagesse en annonçant rapidement l’abandon définitif du projet Erscia». Le directeur-général de l’entreprise, Pascal Jacob, a lui déjà jeté l’éponge, et annoncé le 2 octobre qu’il démissionnait de son poste. Autre piste évoquée par des sources proches du dossier : une relocalisation du projet dans une autre zone forestière, en Auvergne.

Amandine CAILHOL

 

05/10/2013

Future exploitation du sable de la baie de Lannion ?

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/10/04/attention-a-la-destruction-de-la-baie-de-lannion_3489862_3232.html

Attention à la destruction de la baie de Lannion.pdf

extrait :

L'enquête publique, appuyée sur une étude d'impact indigente, n'apporte pas les garanties minimales d'une décision rationnelle et démocratique. Elle n'informe ni sur les solutions alternatives de lieu d'extraction ni de matériau, ni sur les effets négatifs du projet. Au nom de 29 emplois annoncés par le Groupe Roullier, les pouvoirs publics peuvent-ils programmer la disparition de centaines d'emplois de la pêche, du nautisme et du tourisme ? Au nom de besoins allégués de sables coquilliers pour amender la terre maraîchère, peut-on détruire la mer ? Il serait tout de même incohérent et irresponsable, de la part des pouvoirs publics, de donner à une entreprise privée l'autorisation de se livrer à une exploitation destructrice de ce milieu naturel à la sauvegarde duquel ils ont puissamment contribué. Nous adjurons le gouvernement de faire prévaloir la sauvegarde d'une région, de sa faune, de sa flore, de ses côtes, de ses habitants, sur les intérêts financiers d'une seule entreprise privée.

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/04/les-perturbateurs-endocriniens-au-c-ur-d-un-scandale-europeen_3489918_3244.html

Les perturbateurs endocriniens au cœur d'un scandale européen

LE MONDE | 04.10.2013 à 15h45 • Mis à jour le 04.10.2013 à 17h46 |Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Le dossier est si explosif qu'il est désormais entre les mains du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Sa conseillère scientifique, Anne Glover, devrait ainsi réunir dans les prochains jours l'ensemble des scientifiques impliqués dans une violente controverse aux enjeux économiques de taille : quelle position les Etats membres doivent-ils adopter vis-à-vis des perturbateurs endocriniens ?

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Bruxelles doit statuer d'ici à la fin de l'année sur les mesures destinées à protéger les Européens des effets de ces substances – plastifiants, cosmétiques, pesticides, etc. – qui interfèrent avec le système hormonal, à l'instar du bisphénol A qui sera définitivement interdit, en France, dans les conditionnements alimentaires, en 2015 .

La polémique a atteint ces derniers jours une intensité inédite. Certains membres de la communauté scientifique accusent – à mots couverts – plusieurs de leurs pairs de manoeuvrer en faveur des intérêts industriels, au mépris de la santé publique.

"LA SCIENCE EST DEVENUE L'ENJEU D'UNE GUERRE"

La bataille a débuté cet été avec la publication, dans plusieurs revues savantes, d'une tribune dans laquelle dix-huit toxicologues (professeurs ou membres d'organismes publics de recherche) critiquent les mesures en discussion à Bruxelles. Très contraignantes pour de nombreux industriels, celles-ci seraient, selon les auteurs, des "précautions scientifiquement infondées". Les signataires, menés par le toxicologue Daniel Dietrich (université de Konstanz, Allemagne), contestent notamment que ces molécules puissent avoir des conséquences délétères à des doses très faibles.

Ces effets sont pourtant au centre de nombreuses investigations scientifiques depuis une quinzaine d'années et sont reconnus par un rapport publié conjointement en 2012 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). En particulier, chez l'animal, l'exposition in utero à certaines de ces molécules, à doses très faibles, accroît les risques de survenue de certaines pathologies plus tard dans la vie – cancers hormono-dépendants, obésité, troubles neurocomportementaux, etc.

Le texte des dix-huit chercheurs a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Et une suspicion considérable. "Le problème des "intentions dissimulées" s'est accentué en même temps que s'est accrue la capacité de la science à peser sur la régulation des polluants et que la recherche académique dépend de plus en plus du soutien financier de l'industrie, écrivent, dans la revueEnvironmental HealthPhilippe Grandjean (Harvard Public School of Medicine, University of Southern Denmark) et David Ozonoff (Boston University), professeurs de santé environnementale et responsables de la publication. La science est devenue l'enjeu d'une guerre dont la plupart des batailles se jouent derrière la scène."

PAS MOINS DE 18 CONTRATS DE CONSULTANT ENTRE 2007 ET 2012

Dans la même édition d'Environmental Health, une quarantaine de toxicologues et d'endocrinologues publient une autre réponse cinglante, pointant que le texte de Daniel Dietrich et de ses coauteurs relève d'"une volonté d'influer sur des décisions imminentes de la Commission européenne". Une centaine d'autres scientifiques estiment, eux, dans un éditorial du dernier numéro de la revueEndocrinology, que le texte de M. Dietrich et de ses coauteurs "représente la science de manière trompeuse".

Surtout, les répliques adressées aux dix-huit chercheurs s'indignent de ce que ces derniers n'ont pas divulgué – comme d'usage dans les revues scientifiques – leurs liens d'intérêt avec les industriels potentiellement concernés par une nouvelle réglementation. "C'est ce qu'ont fait les vingt-cinq scientifiques, dont je faisais partie, qui ont rédigé en 2012 le rapport de l'OMS et du PNUE, précise Ake Bergman (université de Stockholm). C'est aussi ce qu'ont fait tous les signataires – dont je fais partie – de la réponse envoyée à M. Dietrich et à ses coauteurs."

Les liens de ces derniers avec l'industrie ont finalement été rendus publics. Fin septembre, une enquête de l'agence Environmental Health News (EHN) a révélé que dix-sept des dix-huit auteurs entretenaient des relations financières avec "des industriels de la chimie, de la pharmacie, des cosmétiques, du tabac, des pesticides ou des biotechnologies".

LETTRE OUVERTE À LA CONSEILLÈRE SCIENTIFIQUE DE M. BARROSO

Certains ont vu leur laboratoire financé par des entreprises, d'autres ont bénéficié de rémunérations personnelles au titre de consultant ou de conseiller scientifique. Le toxicologue Wolfgang Dekant (université de Würzburg, Allemagne), par exemple, a enchaîné, selon les informations recueillies par EHN, pas moins de dix-huit contrats de consultant entre 2007 et 2012 avec des sociétés dont il n'a pas divulgué l'identité. Et la liste ne s'arrête pas là. M. Dietrich et ses coauteurs sont aussi à l'initiative d'une lettre ouverte à Anne Glover, signée par une cinquantaine d'autres scientifiques. Selon un premier criblage effectué par EHN, au moins une quarantaine d'entre eux ont aussi des liens avec des industriels.

"Les estimations les plus récentes suggèrent que près d'un millier de molécules pourraient être des perturbateurs endocriniens, explique M. Grandjean. De nombreux secteurs peuvent donc être impliqués." Le chercheur, une des figures de la recherche en santé environnementale, dit ne pas être surpris des collaborations de M. Dietrich et ses coauteurs avec les milieux industriels, mais s'étonne "qu'ils ne collaborent apparemment pas avec des ONG ou des associations de patients".

LES ZONES D'OMBRE S'ÉTENDENT AUSSI AU SEIN DE LA COMMISSION

M. Dietrich n'a pas souhaité répondre au Monde. L'un des coauteurs, Wolfgang Dekant, assure qu'il n'y a eu "aucune implication de l'industrie, formelle ou informelle", dans l'initiative ou la rédaction du texte.

Les zones d'ombre s'étendent aussi au sein de la Commission. La députée européenne Michèle Rivasi (EE-LV), ainsi que d'autres parlementaires, vont adresser dans les jours qui viennent une question écrite à José Manuel Barroso pour demander la publication de la déclaration d'intérêts d'Anne Glover, sa conseillère scientifique. Des éléments pour le moment non communiqués sur le site de la Commission.

A Bruxelles, on indique que seuls les commissaires sont tenus de rédiger et de rendre publique une déclaration d'intérêts. Il a été précisé au Monde que José Manuel Barroso avait choisi Anne Glover à l'issue d'un "processus de recrutement rigoureux".

Débat sur les perturbateurs endocriniens

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04/10/2013

Agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

communiqué :

Face à l’industrialisation de l’agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

 
Chacun doit savoir qu’agriculture industrielle et agriculture paysanne sont difficilement compatibles. La première cannibalise la seconde depuis des dizaines d’années et rend son existence au quotidien de plus en plus difficile. Les conséquences sont bien connues: destruction et précarisation de l’emploi paysan, détérioration de l’environnement et de la biodiversité, dégradation de notre alimentation et mort silencieuse des campagnes.

Pas de panique, les solutions et les alternatives fleurissent au fur et à mesure de la prise de conscience des paysans et des consommateurs, qui, par civisme et par refus de cette logique destructrice, changent leur manière de produire, de transformer, de distribuer et de consommer. Chacun à son échelle et selon ses moyens.Rejoignez ce formidable défi que représente la transition agro-écologique !
 

Pour cela, nous vous invitons à aller à la rencontre des acteurs de cette révolution: les paysans et les consommateurs qui ont décidé de changer les choses. Partout en France, des fêtes paysannes, des marchés de producteurs, des conférences et des ciné-débats sont organisés. Vous y trouverez toujours de bons produits paysans à déguster !

Pendant un an, les paysans de la Confédération paysanne vous invitent à les rejoindre pour changer les politiques agricoles.

29/09/2013

La ferme aux 1000 (en réalité 1750) vaches, l'Europe néolibérale et nos errements politiques

à lire :

Vaches : l'étable des multiplications

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/28/l-etable-des-multiplications_3486457_3234.html

Vaches _ l'étable des multiplications.pdf


extrait :

..."L'association Novissen tente de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise de BTP Ramery qui construit la ferme de son patron. En mai, elle a déposé un recours auprès du préfet de la Somme contre le permis de construire. Puis le 6 septembre, une requête en excès de pouvoir auprès du tribunal administratif d'Amiens. "La préfecture refuse de nous donner le plan du projet malgré l'accord de la commission d'accès aux documents administratifs" dit Michel Kfoury, président de Novissen qui met en avant l'impact sur la santé, l'eau et l'environnement du projet."...

27/09/2013

Syndicats de la SNCF : 9 ans après, une condamnation pour malversations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/27/six-syndicats-de-la-sncf-condamnes-pour-pillage-d-un-comite-d-entreprise_3485907_3234.html

LE MONDE | 27.09.2013 à 13h41 • Mis à jour le 27.09.2013 à 17h07 |Par Bertrand Bissuel

Les peines prononcées ne sont pas très lourdes mais laisseront une trace indélébile dans l'histoire de la démocratie sociale française. Jeudi 26 septembre, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné six syndicats de cheminots, en tant que personne morale, à des amendes allant de 5 000 à 40 000 euros - la plus élevée étant infligée à la CGT. Ils étaient notamment accusés d'avoir utilisé l'argent du comité d'établissement régional (CER) - l'équivalent d'un comité d'entreprise (CE) à la SNCF - pour financer une partie de leurs activités.

L'affaire avait vu le jour en septembre 2004 à la suite d'une plainte de deux salariés du CER, Nathalie Guichon et Willy Pasche, qui voulaient dénoncer certaines pratiques dans cette instance représentative du personnel : emplois de complaisance, mobilisation des fonds du CER à des fins extérieures à son objetsocial, etc.

Le premier juge d'instruction chargé de l'enquête avait considéré qu'il n'y avait pas lieu de prononcer des mises en examen : pour lui, la prise en charge des frais de déplacement et des formations des élus du CER était nécessaire, cette instance étant essentielle dans le dialogue au sein de la SNCF ; en outre, les sommes en jeu étaient relativement minimes, à ses yeux, et n'affectaient pas les activités sociales organisées par le CER.

Mais le parquet de Lyon était d'un avis contraire et un second magistrat instructeur avait été désigné. Au terme de ses investigations, celui-ci avait conclu qu'un"système frauduleux" avait été mis en place, sur la base d'un accord prévoyant deredistribuer une large partie du budget de fonctionnement du CER aux organisations de cheminots, en fonction de leur audience électorale. Le renvoi en correctionnelle des syndicats avait donc été ordonné en mars 2012.

Le tribunal a estimé que les infractions étaient constituées. Dans son jugement, il a des mots extrêmement rudes à l'encontre des syndicats, auxquels il reproche d'avoir organisé "le pillage du budget de fonctionnement du CER". Les juges concluent aussi que de faux documents ont été établis pour couvrir de pseudo-dépenses de formation.

"UN MAUVAIS COUP"

"Ces agissements sont d'autant plus répréhensibles qu'ils portent atteinte non seulement au patrimoine d'une institution (...), mais nuisent également à l'image des syndicats eux-mêmes", ajoutent-ils. Et d'observer que toute cette affaire peut"laisser penser au public que [les organisations syndicales] se servent, au lieu deservir les travailleurs", même si, en l'espèce, "il n'y a pas eu d'enrichissement personnel".

La décision du tribunal "coupe le trait d'union historique entre les syndicats et les instances représentatives du personnel, réagit Me Bérenger Tourné, l'avocat de la CGT. C'est un mauvais coup porté contre le monde du travail, on attaque la gestion ouvrière des CE."

Me Jean-Félix Luciani, l'avocat de SUD-Rail, relève que les faits sont anciens et les sanctions mesurées. Le jugement n'est pas fondé, à ses yeux, car SUD-Rail avait démontré que chaque dépense incriminée "avait été engagée dans l'intérêt du CER ". Il ne sait pas encore s'il fera appel, tout comme Me Tourné.

M. Pasche, l'un des plaignants à l'origine du scandale, se dit "content" de voir"qu'ils ont tous été condamnés", mais regrette que sa constitution de partie civile ait été rejetée. Son avocate, Me Fabienne Cayuela, constate que la SNCF aura été"la grande absente" du procès : l'entreprise n'était pas partie civile alors qu'elle aurait pu se poser en victime des détournements commis puisque c'est elle qui alimentait le budget du CER.

Bertrand Bissuel 
Journaliste au Monde

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mon commentaire :

cet article du Monde me paraît bien gentil, compte tenu de ce qu'on peut lire ailleurs sur ce sujet.

sur le même sujet :

Lyon : jugement attendu dans l'affaire de recel d'abus de confiance de huitsyndicats de la SNCF

http://www.lyonmag.com/article/57637/lyon-jugement-attendu-dans-l-affaire-de-recel-d-abus-de-confiance-de-huit-syndicats-de-la-sncf

Lyon : jugement attendu dans l’affaire de recel d’abus de confiance de huit syndicats de la SNCF

Le tribunal correctionnel de Lyon doit mettre fin à cette affaire ce jeudi.

Le parquet avait réclamé en juin dernier la condamnation de six des huit mis en cause, deux d'entre eux étant dissous ou en voie de liquidation judiciaire. Contre la CGT, considérée comme l'instigatrice de l'accord intersyndical, 80 000 euros ont été requis. Les réquisitions sont de 30 000 euros contre Sud Rail, Unsa et CFTC et de 15 000 euros contre la CFDT et FO.

La justice leur reproche de s'être financés avec l'argent du comité régional d'entreprise de la SNCF. De l'alcool, des tracts, des restaurants et des nuits d'hôtels auraient notamment été réglés avec ce détournement. Des faits qui se seraient déroulés entre 2002 et 2006 et que les huis syndicats ont toujours contestés, assurant que l'argent était bel et bien destiné à la formation des salariés.

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et aussi, l'article le plus instructif :

Accusés de magouilles, six syndicats de la SNCF condamnés

http://www.rue89lyon.fr/2013/09/26/magouilles-syndicats-sncf-proces/

Ce jeudi, six syndicats de la SNCF ont été condamnés pour avoir détourné de l’argent du comité d’entreprise régional. Les amendes sont variables : 40 000 euros pour la SNCF, 10 000 pour l’Unsa, Sud Rail et la CFTC et 5000 euros pour la CFDT et FO. A l’occasion du début du procès, le 26 juin, Rue89Lyon revenait sur l’histoire d’un bras de fer engagé il y a plusieurs années.

Willy Pasche en a fait l’affaire de sa vie. Ce mercredi démarre le procès de huit syndicats qu’il accuse de malversations réalisées au sein du comité d’établissement Rhône-Alpes de la SNCF. Pour cet employé toujours en poste à la SNCF, dénoncer les pratiques de ces syndicats qui piloteraient cette entité dans leur intérêt est devenu un chemin de croix.

Après des années de bataille, Willy Pasche voit enfin le bout du tunnel. Ou plutôt d’un bras de fer engagé il y a des années contre les syndicats de la SNCF. A partir de ce mercredi, huit d’entre eux comparaissent en effet devant le tribunal correctionnel de Lyon pour abus de confiance, faux et usage de faux. En 2004, avec une de ses collègues, ce salarié du comité d’établissement régional (CER) de la SNCF a déposé plainte pour dénoncer de possibles malversations qui s’y seraient déroulées. Quelques faits étranges, au sein des bureaux à Vénissieux, lui avaient mis la puce à l’oreille :

« J’étais responsable des actions sociales, des colonies de vacances, de l’achat du matériel… Donc je signais des chèques pour cela. Et un jour, j’ai découvert que des chèques avaient été faits à ma place, en imitant ma signature. Je le signale. Et là, on me reprend, on me change de bureau plusieurs fois. J’ai eu le droit à des pneus crevés, des pressions pour que je parte. »

Le CER aurait-il servi à financer les syndicats, par le biais de fausses factures et de formations fictives  ?

Une situation financière catastrophique

Des ordinateurs achetés par le CE auraient alors été emportés dans des locaux syndicaux, des minibus destinés à des centres de loisirs étaient utilisés pour d’autres usages… Autant de pratiques étranges qui impliquent huit syndicats (CGT, Unsa, Sud Rail, CFTC, CFDT, FO, FGAAC et CFE-CGC), qui siègent au sein du CER, à la tête desquels se trouve la CGT. L’enquête montre que pendant des années (au moins entre 2002 et 2006), le comité d’entreprise ne se serait pas contenté de gérer l’action sociale du personnel. Mais aurait financé les huit syndicats en question, notamment par le biais de fausses factures de formation. Un point que réfute Bérenger Tourné, avocat du secteur cheminot de la CGT :

« Si on avait trouvé de l’enrichissement personnel d’élus, évidemment que ce serait de l’abus de confiance. On vient nous dire que cela a servi à financer des organisations syndicales. Mais pas du tout, il s’agissait de former les membres du secteur cheminot de la CGT. Par ailleurs, il ne s’agit pas du tout du budget destiné à l’action sociale mais du budget de fonctionnement. S’il ne sert pas à ça, à quoi sert-il ?»

L’enquête ouverte a décelé une situation financière des plus critiques. En effet, comme le révèle un article publié dans le mensuel de juin 2012 de Mag2Lyon, « le CER a accumulé 900 000 euros de dettes et 900 000 euros de rappel de TVA ». Ce qui, selon Willy Pasche, a conduit à des réductions d’effectifs. De 161 employés en 2001, il n’en resterait que 84 cette année.

« La SNCF achète la paix sociale »

Face à cette situation, il cherche à avertir la direction de la SNCF :

« Assez rapidement, je vais alerter la direction et d’autres syndicats. Parce qu’au début je ne savais pas qu’il y a un accord et qu’ils étaient tous impliqués. On ne m’a pas soutenu. Pourtant en tant que co-présidente du CE, la direction de la SNCF se doit de surveiller les comptes. A partir de là, j’ai eu à la fois les 8 syndicats mais aussi la direction contre moi. »

Depuis, Willy Pasche a la sensation d’avoir été mis au placard :

« On s’acharne sur moi. Ce sont des choses insidieuses. Par exemple, on m’a muté dans un bureau dont je n’ai même pas la clé et dans lequel je ne peux donc pas entré. On ne me donne pas de travail. Et je reste à la vue de gens qui passent devant moi et me provoquent. Aujourd’hui je suis en procès contre le CE mais aussi contre la SNCF aux Prud’hommes. C’est intenable ! »

Ce manque de réaction de la SNCF, qui a pourtant financé à hauteur de 4,8 millions d’euros le CER en 2012 et pourrait donc s’inquiéter de ce que les syndicats en ont fait, interroge. Contactée par Rue89Lyon, la direction de la SNCF ne veut pourtant pas se mouiller :

« Ne mettez pas qu’on ne veut pas s’exprimer, on n’a tout simplement rien à voir dans cette affaire ! »

Pour Willy Pasche, l’explication est simple :

« Je pense que la puissance des syndicats fait peur à la SNCF. Ils achètent la paix sociale. J’ai dénoncé ces agissements auprès de la direction de la SNCF et du comité éthique de l’entreprise. Ils ne m’ont jamais répondu. C’est l’omerta ! Par contre les élus du CER sont reçus, eux. Ils sont persuadés d’être intouchables. Et c’est aussi ce qui a motivé mon combat. Les enjeux sont politiques. Et les gens qui l’ouvrent comme moi dérangent. »

« Je ne suis pas anti syndicaliste »

Portant, celui que certains qualifient aujourd’hui de « lanceur d’alerte », ne veut surtout pas que l’on pense qu’il a une dent contre les syndicats :

« Mon père et mon frère étaient syndicalistes à la CGT. Moi je ne m’occupais pas tellement de ces questions. Mais quand j’ai vu qu’on commençait à faire souffrir des gens, à les licencier, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Je ne suis pas anti syndicaliste. Au contraire. Je suis pour qu’il y ait des syndicats reconnus qui fassent leur boulot. Là, ils n’ont même plus besoin de chercher des adhérents et leurs cotisations, ils se servent dans la caisse. J’ai une autre opinion de la démocratie. Je sais qu’il y a plein de gens biens. Il faut juste évincer ceux qui sont corrompus. »

Pour l’avocat de la CGT, pourtant, les enjeux sont bien politiques :

« On veut tuer l’expression sociale chez les cheminots. Et on cherche à stopper la gestion ouvrière des actions sociales parce qu’on veut les privatiser. « 

De l’audience qui démarre ce mercredi et se poursuivra trois jours durant, Willy Pasche attend justice. Et que les syndicats « remboursent ». Même s’il pense qu’au sein de la SNCF, personne ne s’empressera de vérifier que les sommes seront bien rendues. C’est pourquoi il leur a proposé d’être nommé à un poste de vérification des comptes, raconte-t-il en souriant.

26/09/2013

Coupe de l'AMERICA ...

... que de la pub !

Oracle/Tag Heuer/Puma l'emporte face à Fly Emirate/Omega/Nespresso.

Nous vivons vraiment dans un monde sans autre repère que la consommation ...

 

 

23/09/2013

Une monnaie solidaire en Ille-et-Vilaine : le galléco,

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/le-galleco-premiere-monnaie-solidaire-de-france-20-09-2013-1733634_28.php

Le gallécopremière monnaie solidaire de France

Le Point.fr - Publié le 23/09/2013 à 16:51

Le Point.fr - Publié le 20/09/2013 à 23:05 - Modifié le 21/09/2013 à 09:41

Le conseil général d'Ille-et-Vilaine a annoncé la mise en circulation de 10 000 billets pour une valeur de 40 000 euros, qui pourront être dépensés dans des commerces partenaires.

source AFP

Le département d'Ille-et-Vilaine lance samedi le galléco, une monnaie solidaire conçue pour "favoriser l'accès de tous à la consommation responsable" à Rennes, Fougères et Redon dans un premier temps, a-t-on appris vendredi auprès du conseil général. "Si d'autres initiatives de monnaie complémentaire ont vu le jour ou sont en cours d'élaboration en France (Toulouse, Brest, Nantes...), la dimension départementale du galléco est inédite", affirme le conseil général dans un communiqué.

"Trois territoires - Rennes sud, Fougères et Redon - ont été choisis pour expérimenter" le galléco, a-t-on précisé au conseil général, avec l'ambition de l'étendre au département si la phase d'expérimentation se révèle concluante. Quelque 10 000 billets ont été édités pour une valeur de 40 000 gallécos (40 000 euros), selon la même source. Pour l'utiliser, les habitants doivent adhérer à une association issue des comités locaux ayant préparé l'expérimentation, puis échanger des euros contre des gallécos auprès du Crédit coopératif, du Crédit agricole ou du Crédit mutuel. Ils pourront ensuite les dépenser dans des commerces (cafés, restaurants, alimentation, etc.), associations et équipements publics partenaires.

09/09/2013

Le projet de loi pour l'accès au logement et les lobbies des professions immobilières

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/09/projet-de-loi-logement-bataille-inegale-entre-lobbys-avant-l-examen-au-parlement_3473319_3224.html

Projet de loi logement : bataille inégale entre lobbys avant l'examen au Parlement

 
Les 84 articles du texte seront débattus par les députés à partir du mardi 10 septembre.

LE MONDE | 09.09.2013 à 11h01 • Mis à jour le 09.09.2013 à 11h04 |Par Cécile Prudhomme et Catherine Rollot

Depuis des semaines, ils se préparent au grand rendez-vous législatif. Ils décortiquent les 84 articles et les 1 278 amendements du projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) dont l'examen doit commencer à l'Assemblée nationale mardi 10 septembre. Pourtant les principaux groupes de pression qui interpellent partis et députés n'avancent pas à armes égales pourfaire entendre leur voix, sur un texte qui entend rééquilibrer les rapports entre locataires et propriétaires au profit des premiers, et réguler le marché de l'immobilier.

Dans cette bataille, les représentants des propriétaires et des locataires paraissent bien démunis face aux puissants lobbies des professions immobilières, aguerris aux réseaux et aux campagnes de presse.

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En privé, Cécile Duflot, la ministre du logement, ne cache pas avoir manqué d'interlocuteurs de poids côté locataires comme côté propriétaires, deux parties dont l'influence est affaiblie par la disparité de leurs instances. Loin d'avancergroupées, les cinq organisations nationales représentatives des locataires (CNL, CLCV, CGL, CSF, AFOC), continuent à défendre en solo leurs points de vue.

Dans ce panel d'associations marquées à gauche, la Confédération nationale du logement (CNL), la plus importante, est aussi la plus remontée contre le projet de loi, qu'elle juge trop favorable aux bailleurs. La CNL a transmis aux deux rapporteurs de la loi une cinquantaine d'amendements. "Nous avons interpellé tout le monde à droite comme à gauche", précise Eddie Jacquemart, son président.

Un positionnement que ne partage pas la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), la deuxième association de consommateurs en France après QFC-Que choisir, qui assure aussi la représentation des locataires depuis 1982. Moins politisée que la CNL, elle estime avoir été entendue par Mme Duflot sur ses principales revendications. "Nous monterons au créneau si le texte dévie de sa ligne, mais nous n'allons pas crier au loup pour crier au loup", assure David Rodrigues, juriste et porte-parole de la CLCV.

PETITS POUCET

A l'opposé de l'échiquier politique, les groupements centrés sur la défense des propriétaires, souvent ancrés à droite, peinent également à s'organiser. Ainsi, l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) qui rassemble environ 250 000 propriétaires, et sa branche francilienne, la Chambre des propriétaires de Paris, essaient d'exister dans le débat mais leur force de frappe est affaiblie par leurs désaccords. De son côté, l'ARC (association des responsables de copropriété), sorte d'UFC des copropriétaires, qui fonctionne depuis 1987 grâce au bénévolat et aux cotisations d'adhérents, ne parvient pas à sortir du lot.

Au final, tous ces acteurs font figure de Petits Poucet face aux représentants des professions immobilières qui, cette fois-ci, ont su dépasser leurs clivages pourpeser dans le débat. Ainsi la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), créée en 1946, qui revendique près de 12 000 agences adhérentes et 100 000 collaborateurs, et l'Union des Syndicats de l'Immobilier (UNIS), 3 500 adhérents mais avec des poids lourds de l'administration de biens comme Foncia, ont fait cause commune dès la phase d'élaboration du projet de loi, qui encadre leurs pratiques.

"La FNAIM est incontestablement l'organisation la plus influente par son nombre d'emplois, son ancrage territorial qui rend compte de la diversité géographique et politique du pays, et aussi parce qu'elle dispose au sein de son état-major de militants socialistes", estime Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du management des services immobiliers.

Sa force repose aussi sur ses adhérents, à l'image de Laurent Vimont, le patron du réseau d'agences immobilières Century 21, qui a effectué un travail de lobbying de terrain. Le chef d'entreprise a ainsi rencontré une petite douzaine de députés et vient d'envoyer à ses 900 points de vente une "fiche de langage" pour qu'ils s'imprègnent des dispositions du projet de loi et demandent à leur tour des rendez-vous avec les parlementaires. "Peu de députés connaissent le projet sur le fond", déplore M. Vimont. En moins d'une semaine, 125 patrons d'agences représentant 200 points de vente ont suivi sa consigne.

Les équipes juridiques de la FNAIM ont de leur côté planché tout l'été pour rédiger 63 amendements. "Nous avons interpellé des élus de droite comme de gauche pour qu'ils portent nos revendications, indique M. Buet. Nous allons maintenantsuivre les débats pour voir qui tient ses promesses et pour préparer la bataille au Sénat."

07/09/2013

Notre-Dame-des-Landes : manquements à la législation européenne, mais ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/06/l-aeroport-de-notre-dame-des-landes-a-l-epreuve-de-la-legislation-europeenne_3472364_3244.html

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à l'épreuve de la législation européenne

LE MONDE | 06.09.2013 à 11h26 • Mis à jour le 06.09.2013 à 16h36 |Par Rémi Barroux

Les députés européens n'iront pas, dans l'immédiat, arpenter le bocage nantais pour enquêter sur la nécessité de construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Un dossier brûlant pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ardent défenseur du projet, et une pomme de discorde avec les écologistes.

Jeudi 5 septembre, la conférence des présidents de groupe du Parlement européen a décidé, sous l'impulsion des deux principales formations, le Parti populaire européen (conservateurs) et l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, de ne pas donner suite à la demande d'envoi d'une mission par la commission des pétitions. Pour l'eurodéputée écologiste Sandrine Bélier, "cette décision est injustifiable, alors que la commission des pétitions mène de concert avec la Commission européenne une enquête afin de s'assurer que ce projet ne contrevienne pas au droit de l'Union européenne".

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De fait, les demandes formulées par Bruxelles au gouvernement français sur d'éventuels manquements à la réglementation européenne pourraient expliquer cette décision. "La proposition d'une mission sur le terrain était conditionnée aux conclusions de la Commission européenne sur le dossier. Or celles-ci n'ont pas été rendues ; il est raisonnable de les attendre pour voir si une mission est nécessaire", explique la présidente des socialistes français au Parlement européen, Catherine Trautmann.

"NOMBREUX MANQUEMENTS AUX RÈGLES EUROPÉENNES"

L'éventuel envoi de parlementaires devra donc patienter jusqu'au 17 septembre, date à laquelle la Commission européenne présentera ses conclusions aux députés de la commission des pétitions. Le gouvernement français a fait parvenir, cet été, ses réponses aux nombreuses et longues questions qui lui étaient posées.

Dans un document, que Le Monde s'est procuré, il justifie le projet du futur aéroport du Grand Ouest, notamment au regard d'éventuels manquements aux réglementations européennes : les programmes de compensation liés à la destruction de zones humides, la protection des espèces, l'évaluation environnementale du projet ou encore la détermination d'alternatives au site de Notre-Dame-des-Landes.

Pour Raphaël Romi, spécialiste du droit européen de l'environnement et conseiller des opposants au projet, "les réponses du gouvernement montrent de nombreux manquements aux règles européennes". En ne tenant pas compte des conclusions du comité d'experts scientifiques et de la commission du dialogue – mis en place par le gouvernement en décembre 2012, ils critiquaient notamment la méthode de compensation arrêtée pour les zones humides –, l'Etat se mettrait dans une situation délicate. "Au regard du droit communautaire, qui prévoit une compensation de deux hectares pour un hectare de zone humide détruit, le projet n'est pas conforme à la directive-cadre sur l'eau", dit M. Romi.

"VISION GLOBALE DES IMPACTS"

Un autre point pourrait hérisser Bruxelles : le gouvernement écrit qu'il n'a pas encore réalisé les études d'impact des projets annexes à l'aéroport, tels que la nouvelle ligne ferroviaire Nantes-Rennes, "les projets de zone d'activité en périphérie de l'aéroport", ou encore la desserte par la ligne de tram-train Nantes-Nord. "La Commission européenne est très attentive à la vision globale des impacts d'un programme et ne supporte pas le saucissonnage", avertit M. Romi.

Les conclusions de Bruxelles sont attendues alors que la pause sur le terrain reste fragile. La préfecture fait valoir que les chantiers pourraient débuter prochainement.

Les opposants, eux, restent mobilisés : le 29 août, une nouvelle maison, le Moulin de Rohanne, délaissée par ses habitants, était occupée par des militants de la ZAD, la zone d'aménagement différé devenue "zone à défendre".

Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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05/09/2013

France : les cancers professionnels sont peu reconnus

lu sur :

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202982785773-cancer-les-effets-de-la-pollution-encore-mal-pris-en-compte-600676.php

Cancer : les effets de la pollution encore mal pris en compte

Les Echos, 04/09

Par Joel Cossardeaux | 04/09 | 06

Un rapport prône la réduction des seuils admissibles d'exposition au diesel.
Le nombre reconnu de cancers professionnels est encore très faible.

C'est une anomalie que le troisième plan Cancer pourrait solutionner. Les risques environnementaux, auxquels de multiples études attribuent un nombre important de décès par cancer, sont « encore mal connus et mal estimés », selon le rapport de préfiguration de ce plan prévu sur 2014-2018. Dans le plan Cancer qui s'achève, aucun de ces risques, hormis le radon, cible d'un objectif de la loi santé publique de 2004, n'a fait l'objet d'un dispositif de contrôle de l'exposition des populations. Et encore, si le deuxième plan Cancer a permis d'élargir ce contrôle à l'habitat, c'est-à-dire plus seulement aux hôpitaux, « les mesures de protection n'ont pas été recensées », observe le document.
Les particules fines, « cancérogènes certains »
Les autres risques environnementaux apparaissent largement laissés pour compte : les perturbateurs endocriniens, mais aussi les champs électromagnétiques liés à la téléphonie mobile et classés « cancérogènes possibles » par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) ou encore les particules fines émises par les moteurs Diesel, rangées, elles, dans la catégorie des « cancérogènes certains ». «  L'effet des mesures prises concernant la réduction du rejet de ces particules est encore incertain », juge le rapport.
Ses auteurs proposent, à la faveur du prochain plan Cancer, de « diminuer les seuils tolérés d'exposition » à toutes ces sources environnementales polluantes. Autre objectif : « limiter les sources de pollution atmosphériques urbaines et industrielles, dont les gaz d'échappement des moteurs Diesel » et « limiter les toxiques polluants des eaux (pesticides) ».
Le troisième plan Cancer doit enfin permettre de mieux appréhender les cancers d'origine professionnelle. Car le nombre reconnu «  est encore très faible, particulièrement pour les cancers non liés à l'amiante », relève le rapport. Plus des trois quarts des 1.773 cancers reconnus en 2010 (- 3,1 % par rapport à 2009) à titre professionnel résultent d'expositions anciennes à l'amiante, contre seulement 74 aux poussières de bois et 63 aux huiles et goudrons.

Joël Cossardeaux



Les chiffres
1.773 cancers professionnels indemnisés en 2010
Ce chiffre marque une baisse de 3,1 % par rapport à 2009. Dans 1.473 cas, ces cancers résultent d'expositions anciennes à l'amiante. 
20 % des Français conscients du risque lié au radon
Ce gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration du radium dans le sous-sol, est à l'origine de 5 à 10 % des décès par cancer du poumon. 31 départements sont classés prioritaires face à ce risque. 

27/08/2013

Un cancer provoqué par des pesticides et herbicides indemnisé par l'État

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/27/l-etat-condamne-a-indemniser-un-cerealier-cancereux-va-en-cassation_3467191_3244.html#xtor=AL-32280308

L'Etatcondamné à indemniser un céréalier cancéreuxva en cassation

L'Etat, qui avait été condamné en appel à indemniser un agriculteur malade d'un cancer provoqué par des substances toxiques contenues dans des pesticides et herbicides, a formé un pourvoi en cassation contre cette décision.

"Malgré une solide argumentation des deux juridictions qui l'ont condamné, l'Etat a décidé de se pourvoir en cassation. J'ignore quels points de la décision ils entendent contester", a indiqué l'avocat du plaignant, Me François Lafforgue. L'agriculteur contestait le refus du fonds de garantie de l'Etat de l'indemniser. Mais, en avril 2012, la commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI) d'Epinal lui avait donné raison. Une décision confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Nancy, qui pointait les fautes des fabricants de produits phytosanitaires.

Lire (édition abonnés) : "L'Etat indemnisera un céréalier cancéreux"

"Dans leurs décisions, les magistrats avaient reconnu que des fautes avaient été commises par les fabricants de produits phytosanitaires" qui auraient dû être couvertes par le fonds de garantie de l'Etat, a expliqué Me Lafforgue, en rappelant qu'il s'agissait de la première condamnation de ce type en France.

Son client, Dominique Marchal, céréalier en Meurthe-et-Moselle, avait développé en 2002 un syndrome myéloprolifératif, une pathologie du sang reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal.

UNE TRENTAINE DE PROCÉDURES EN COURS

En première instance, la CIVI avait estimé que, "dès 1982, les fabricants de produits phytopharmacologiques ne pouvaient ignorer que leurs produits contenant du benzène exposaient leurs utilisateurs au risque grave de contracterce type de maladie". Une vingtaine de produits, principalement des herbicides et pesticides, commercialisés par sept fabricants, dont BASF ou Bayer, contenaient notamment du benzène, reconnu cancérogène.

Lire (édition abonnés) : "Des dizaines de pesticides sont autorisés en France contre les avis d'experts"

L'absence de mention sur les emballages constitue un manquement à une obligation de sécurité ainsi qu'une faute de prudence, constataient par ailleurs les juges, qui établissaient un lien de causalité entre les produits et la pathologie développée.

En cas de condamnation définitive par la Cour de cassation, l'Etat, par l'intermédiaire du fonds de garantie, pourrait se retourner contre les fabricants des produits toxiques. Une trentaine d'agriculteurs malades après avoir été exposés aux mêmes produits toxiques ont engagé des procédures similaires contre l'Etat.

voir aussi :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2013/08/27/temp-ffc9ab8ff1841bd6f180527402efbc46-780099.html

Des pesticides autorisés contre l'avis des experts

26/08/2013

La cigarette électronique, fausse solution à l'addiction au tabac

lu sur :

http://www.laposte.net/thematique/actualites/france/article.jsp?idArticle=20130826074205-cigarettes-electroniques---pas-si-inoffensives-&idAgg=actu_france

Selon 60 millions de consommateurs, «vapoter» peut être cancérigène...

Les cigarettes électroniques «ne sont pas aussi inoffensives» que le disent leurs fabricants et «peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes», assure la revue 60 millions de consommateurs de septembre qui a testé une dizaine de modèles, jetables ou rechargeables. (*)

«Les cigarettes électroniques sont loin d'être les gadgets inoffensifs qu'on nous présente. Ce n'est pas une raison pour les interdire. C'est une raison pour mieux les contrôler», écrit Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine de l'Institut national de la consommation (INC). Constatant un étiquetage non conforme au contenu de certains produits, l'INC a alerté les autorités, précise-t-il à l'AFP.

Il dénonce aussi l'absence de bouchon de sécurité sur certaines recharges alors que la nicotine est particulièrement toxique pour les petits. Ingérées, les doses élevées de certains produits de l'étude peuvent tuer un enfant, souligne Thomas Laurenceau.

Molécule très toxique

La revue affirme avoir décelé, grâce à une méthode inédite, des «molécules cancérogènes en quantité significative» dans les vapeurs d'e-cigarettes qui, selon elle, n'avaient jamais été mises en évidence jusque-là. «Ainsi dans 3 cas sur dix, pour des produits avec ou sans nicotine, les teneurs en formaldéhyde (couramment dénommé formol) relevées flirtent avec celles observées dans certaines cigarettes conventionnelles.»

Également décelée, l'acroléine, une molécule très toxique, émise en quantité très significatives par l'E-Roll, et «à des teneurs qui dépassent même parfois celles que l'on peut mesurer dans la fumée de certaines cigarettes». Ceci vraisemblablement en raison d'un dispositif qui chauffe trop vite.

Quant à l'acétaldéhyde, classé cancérogène possible, les teneurs parfois loin d'être négligeables relevées restent très inférieures à celles observées avec les cigarettes de tabac. Des traces de métaux «potentiellement toxiques» ont été détectées dans Cigartex qui libère autant de nickel et de chrome qu'une vraie cigarette et dans la Cigway jetable qui libère plus d'antimoine.

«Imposer un bouchon de sécurité»

Le magazine relève aussi que la dose de nicotine des recharges liquides ne correspond pas toujours à ce qui est mentionné, avec des teneurs inférieures dans tous les cas. Autre défaut d'étiquetage : des produits annoncés «sans» propylène glycol qui en contienne ou des fabricants qui «oublient» de mentionner sa présence.

«Le code de la consommation pourrait encadrer la véracité de l'étiquetage et imposer un bouchon de sécurité», relève le rédacteur. Mais pour le magazine, qui appelle les autorités de santé à réagir, «désormais, il faudra prendre en compte les risques» liés à l'utilisation de l'e-cigarette, qui aurait plus d'un million d'adeptes en France, soucieux de fumer moins voire de s'arrêter.

Le tabac est responsable de 73.000 morts par an en France.

 Avec AFP
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23/08/2013

Le repos dominical et ses dérogations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/23/le-repos-dominical-une-histoire-millenaire_3465333_3234.html

Le repos dominical, une histoire millénaire

LE MONDE | 23.08.2013 à 09h11 • Mis à jour le 23.08.2013 à 11h39 |Par Michel Noblecourt

Le 10 août 2009, depuis Le Lavandou (Var) où il se repose, Nicolas Sarkozy promulgue une loi "réaffirmant le principe du repos dominical et visant à adapter les dérogations à ce principe dans les communes et zones touristiques et thermales ainsi que dans certaines grandes agglomérations pour les salariés volontaires". Avec ce texte de quatre articles, le président de la République relance un débat vieux comme le monde... C'est, en effet, le 3 juillet 321 que Constantin, premier empereur romain à s'être converti au christianisme institué religion d'Etat, fait du dimanche un jour de repos légal.

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Le dimanche, dit jour du soleil, est le premier jour de la semaine, celui où, raconte la Bible, Dieu s'est reposé après avoir créé le monde. Pour les chrétiens, il symbolise aussi la résurrection du Christ.

Comme le souligne l'historien Robert Beck, dans son livre Histoire du dimanche de 1700 à nos jours (Editions de l'Atelier, 1997), le repos dominical est d'abord une tradition chrétienne. Au Moyen Age, comme sous la Renaissance, des conciles et des ordonnances royales rappellent l'obligation d'assister à la messe du dimanche.

En 1598, l'édit de Nantes d'Henri IV réaffirme ce principe. Un règlement de police en date du 8 novembre 1782 impose aux employeurs et aux salariés l'observance des fêtes de l'Eglise. Peu à peu, dans les classes populaires, les hommes délaissent les vêpres pour les guinguettes et les artisans et commerçants choisissent de chômer le "Saint-Lundi". Montesquieu et Voltaire s'en prennent aux effets pervers, moraux ou économiques, de ce jour oisif...

BONAPARTE MAINTIENT

La Révolution change la donne. Le 5 octobre 1793, la Convention instaure un calendrier républicain qui divise l'année en douze mois de trente jours auxquels s'ajoutent des jours complémentaires.

Fabre d'Eglantine s'inspire des saisons pour baptiser les mois (vendémiaire, brumaire, pluviôse...). Les semaines sont converties en décades de dix jours, débutant avec le primidi et s'achevant avec le décadi. Exit le dimanche ! La loi du 17 Thermidor an VI (juillet 1798) prévoit toutefois que le décadi, "les boutiques, magasins et ateliers seront fermés", ce qui mécontente les ouvriers qui n'ont plus que 36 jours de repos dans l'année.

Un arrêté du 7 Thermidor an VIII restreint l'obligation de repos aux fonctionnaires mais indique que "les simples citoyens ont le droit de vaquer à leurs affaires en prenant du repos suivant leur volonté, la nature et l'objet de leur travail".

Lorsque Bonaparte, premier consul, promulgue la loi du 8 avril 1802 relative à l'organisation des cultes, il maintient le repos dominical pour les serviteurs de l'Etat mais refuse de suivre les conseils de Jean-Etienne-Marie Portalis, qui voulait l'étendre à tous les salariés.

LE REPOS DOMINICAL RESURGIT À LA RESTAURATION

Avec la Restauration, le repos dominical resurgit. Par la loi du 18 novembre 1814 "pour la sanctification du dimanche", Louis XVIII restaure cette obligation mais la limite aux activités visibles et audibles des commerçants et artisans.

Après la révolution de 1830, le système sera assoupli, seules les entreprises dépendant de l'Etat ou de fonds publics étant astreintes à la fermeture. La loi du 22 mars 1841 sur le travail des enfants interdit à ceux de moins de 16 ans de travailler le dimanche.

Après son coup d'Etat du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte ne touche pas à la loi de 1814 mais laisse le repos dominical à la liberté de chacun. Dans une circulaire du 15 décembre 1851, le duc de Morny, ministre de l'intérieur, estime "le repos du dimanche nécessaire à la santé et au développement intellectuel des classes ouvrières""Chaque individu, conclut-il, reste libre d'obéir aux inspirations de sa conscience mais l'Etat, l'administration et les communes peuvent donner l'exemple du respect des principes."

En décembre 1879, après la victoire électorale des républicains, un député radical dépose une proposition de loi pour abroger la loi de 1814. Les royalistes s'y opposent en mettant en avant la nécessité pour l'Etat d'intervenir en faveur des plus démunis. "Le faible, le pauvre qui a besoin de protection, s'insurge le sénateur du Morbihan, Armand Fresneauvoilà la victime de la disparition des temps de repos, de ce repos sacré que l'on supprime tout en se jouant."

Le 8 mai 1880, l'abrogation est votée par 165 voix contre 106, le repos dominical étant maintenu pour les fonctionnaires. Promulguée par le président de la République, Jules Grévy, la loi du 12 juillet 1880 précise qu'il n'est "porté aucune atteinte" à celle de 1802 permettant aux catholiques de pratiquer leur culte le dimanche.

Dès lors, à l'exception des ateliers urbains, de nombreux employeurs accordent un jour de repos hebdomadaire en souhaitant qu'une loi généralise ce droit pour éviter les inégalités entre entreprises. En 1889, un "congrès international du repos hebdomadaire" se tient à Paris et note le retard de la France par rapport à d'autres pays (Grande-BretagneAllemagne, Etats-Unis, Japon) qui ont légalisé ce repos.

QUATRE ANS DE DÉBATS

Le 27 mars 1902, un député socialiste indépendant de l'Isère, Alexandre Zévaès, propose un repos obligatoire d'un jour par semaine. Les débats dureront quatre ans. Au Sénat, le rapporteur, Alcide Poirier, en fustige tant le principe, "contraire à la liberté individuelle, contraire à la liberté du travail à la fois du patron et de l'ouvrier", que son caractère dominical, les autres religions devant pouvoir opter pour un autre jour que celui des catholiques.

Le climat change le 13 mars 1906 lorsque, quelques jours après la catastrophe minière de Courrières dans le Nord (1 099 morts), le député radical Ferdinand Sarrien devient président du Conseil.

Les manifestations des employés des grands magasins et la campagne de la CGT pour la journée de 8 heures attisent les tensions. Il faut jouer l'apaisement. Le Sénat se rallie au choix du dimanche "parce qu'avec les moeurs actuelles, le grand intérêt est de permettre à tous les membres d'une famille de se trouver réunis en ce jour de repos".

Le président de la République, Armand Fallières, promulgue la loi du 13 juillet 1906 qui "interdit d'occuper plus de six jours par semaine un même employé ou ouvrier" et dispose que "le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche". Dans onze secteurs d'activité, les entreprises auront le droit de "donner le repos hebdomadaire par roulement".

La CGT ne s'estime pas quitte et réclame la "semaine anglaise", avec le samedi après-midi, introduite en Grande-Bretagne en 1854. Une affiche de la CGT montre le bonheur d'une vie de famille où des enfants cueillent des fleurs avec leurs parents.

Une brochure de la maison des fédérations CGT argumente : "Tenue au travail toute la semaine, la femme pourra, avec la liberté du samedi après-midi, faire les travaux de propreté, rendre le logis plaisant et attrayant, se reposer le dimanche avec les siens, réparer les forces dépensées pendant la semaine..." C'était il y a plus d'un siècle.

12/08/2013

France : grossesse et inégalités sociales

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Une étude pointe les inégalités sociales en matière de grossesse

Libération s’intéresse à une étude de la Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques qui pointe les inégalités sociales pesant sur la grossesse. Les conclusions de l’étude montrent que le suivi diffère en fonction de la catégorie socio-professionnelle de la future maman. Ainsi, cadres et diplômées bénéficient d’une meilleure surveillance prénatale. Réalisée à partir de l’enquête nationale périnatale de 2010, l’étude de la Drees met en évidence que « Comme en 2003, davantage de femmes jeunes ou de classes sociales défavorisées ont un suivi insuffisant ». Par ailleurs, ce travail a permis de souligner que « Les femmes sans emploi sont deux fois plus nombreuses à déclarer leur grossesse hors délai »Les inégalités se retrouvent aussi dans la préparation de l’accouchement40% des femmes sans profession et 58% des ouvrières non qualifiées bénéficient des séances de préparation remboursées par la Sécurité sociale, contre 92% des cadresL’étude précise en effet que « la proportion de primipares ayant eu une préparation à la naissance diminue lorsque la femme est très jeune, vit seule, est née hors de France ou n’a pas de couverture sociale pendant sa grossesse ». Enfin, la catégorie sociale et le niveau d’étude peuvent aussi avoir une incidence sur le risque de prématurité et de poids trop légers à la naissanceLa part de prématurité est de 3,7% chez les cadres contre 6,1% chez les ouvrières et 7,9% chez les personnels de service. 

Libération, 10/08

05/08/2013

Les suites de la marée noire de 2010 en Louisiane

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ea045622-fb95-11e2-bc8f-21853ba6fc73|0#.Uf9I50bENXI

POLLUTION Samedi3 août 2013

La mystérieuse maladie de la marée noire 

Stéphane Foucart Raceland et Thibodaux Louisiane

Depuis la marée noire de BP dans le golfe du Mexique, à l’été 2010, des habitants de la Louisiane se plaignent d’étranges symptômes. Le solvant employé pour disperser le pétrole est montré du doigt

Le cabinet du docteur Robichaux est une petite bâtisse plate et sans charme postée au bord de la route. Derrière s’écoule paresseusement un bayou. C’est ici, à Raceland, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans, que le médecin commence, à l’été 2010, à re cevoir des patients présentant des symptômes qu’il assure n’avoir «jamais vus en quarante ans de pratique».

Migraines, spasmes, éruptions cutanées, troubles respiratoires ou digestifs, douleurs diffuses et, surtout, confusion, perte de la mémoire à court terme et fatigue chronique. Et des atteintes liées au sexe: perturbation du cycle menstruel chez les femmes, impuissance chez les hommes. Pour le médecin, ancien sénateur de l’Etat de Louisiane, ces troubles seraient liés à l’épandage massif de Corexit – le solvant utilisé à grande échelle pour «nettoyer» la marée noire de BP dans le golfe du Mexique.

Trois ans après l’enrayement de la fuite du puits de Macondo, le 16 juillet 2010, le médecin dit avoir été consulté par «plus d’une centaine de patients» présentant ce tableau clinique, comparable, selon lui, au syndrome dont sont encore victimes plusieurs dizaines de milliers de vétérans de la première guerre du Golfe, persique celui-là, de 1990-1991.

Désormais épaulé par deux ONG – le Government Accountability Project (GAP), basé à Washington, et le Louisiana En vironmental Action Network (LEAN) –, Michael Robichaux suspecte un problème de santé pu blique silencieux le long des côtes du golfe du Mexique.

«A l’été 2010, lorsque le nettoyage a débuté, nous avons commencé à lire dans la presse que des personnels recrutés par BP pour participer aux opérations tombaient malades, certains étant hospitalisés», raconte le médecin. Une association écologiste locale présente au médecin une quinzaine de patients, des pêcheurs enrôlés dans le nettoyage de la marée noire ou de simples riverains des côtes, lui demandant de pratiquer des prélèvements sanguins.

«Tous avaient des taux élevés de composés organiques volatils, dit-il. Tous présentaient des symptômes proches, en particulier des pertes de mémoire à court terme et une fatigue chronique.»

Le praticien dit avoir vu quelque 119 malades. Pour combien, au total, dans l’ensemble de la région? «Je l’ignore, mais le chiffre de plusieurs milliers est plausible», répond-il. Une évaluation d’autant plus délicate que «l’état de certains s’est amélioré, tandis que d’autres demeurent affectés, surtout par les problèmes de mémoire et de fatigue chronique».

L’exposition au Corexit est, selon le médecin, la principale cause de ces troubles: «Dans le golfe, nous avons l’habitude des fuites de pétrole, mais celui qui s’est écoulé en 2010 est peu toxique et jamais, avant l’utilisation du Corexit, de tels troubles n’avaient été relevés.»

Au large des côtes de Louisiane, pendant plusieurs mois, le solvant a été utilisé à une échelle inédite. Selon les chiffres officiels des autorités fédérales américaines, plus de 7000 mètres cubes du produit ont été utilisés, plus de la moitié épandus par avion. Or ce solvant est interdit dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, patrie de BP.

Jamie Simon, 34 ans, une ancienne patiente du docteur Robichaux, ne s’est jamais remise de la marée noire. «J’ai travaillé pour BP pendant sept mois sur un «hôtel flottant», à cuisiner pour les marins recrutés pour le nettoyage, raconte la jeune femme, qui vit désormais chez sa mère, à Thibodaux, à quelques kilomètres de Raceland. Lorsque les marins revenaient à bord, leurs bottes étaient pleines d’une boue liquide de pétrole et de dispersant… Le manager disait que ce n’était pas plus dangereux que du liquide vaisselle.» Au bout d’un mois, la jeune femme dit avoir ressenti de premiers troubles, qui sont allés en s’aggravant. Jusqu’à ce qu’ils l’obligent à quitter son emploi.

Les manifestations les plus aiguës ont disparu. «Mais je suis désormais incapable de travailler, dit-elle. J’ai perdu ma mémoire à court terme, ma concentration… Je jouais du piano et je n’y arrive plus. A 34 ans, je suis bonne à rester chez moi et à regarder le plafond.»

Jorey Danos, 31 ans, également habitant de Thibodaux, a été l’un des quelque 50 000 travailleurs recrutés par BP pour travailler au nettoyage de la marée noire. Il dit avoir été, à plusieurs reprises, exposé à des doses importantes de Corexit et de pétrole. Trois ans plus tard, il se déplace comme un vieillard et s’exprime avec difficulté: «J’ai le sentiment que mon cerveau a grillé. Je me perds dans mon jardin. Je ne sais plus conduire… Je ne peux même plus m’occuper de mes enfants.» De plus, raconte-t-il, le responsable de BP dont il dépendait lui aurait refusé le port d’un masque à gaz au motif que cela «attirerait l’attention des médias».

Dans un rapport rendu public en avril, les deux ONG, le GAP et le LEAN, ont fait déposer sous serment une vingtaine de victimes et de témoins des opérations de nettoyage. Outre la description de leurs symptômes, d’autres marins et travailleurs recrutés par BP assurent que leur chef d’équipe leur a refusé du matériel de protection, en dépit de leur difficulté à respirer.

D’autres témoignages, recueillis par l’hebdomadaire News week et publiés au printemps, vont dans le même sens. Or, le fabricant du Corexit, dans sa notice d’utilisation, fait clairement état de la toxicité de son produit. Sur ce point précis, une enquête du médiateur de BP – qui n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est en cours.

Combien de personnes, au total, sont-elles concernées? La réponse viendra peut-être d’une enquête épidémiologique menée par le National Institute of Environmental Health Sciences auprès de ceux qui ont travaillé au nettoyage. «Près de 33 000 participants ont accepté de partager leur histoire avec nous et nous allons les suivre pendant dix ans pour déterminer si des effets sanitaires vont se manifester, explique l’épidémiologiste Richard Kwok, coresponsable de l’étude. Nous avons suivi les informations de presse sur des symptômes liés au pétrole et aux dispersants et avons intégré ces questions au protocole de notre étude.»

Les résultats de ce travail sont attendus dans les prochains mois. Pour l’heure, aucune autorité ne reconnaît ces troubles ni leur lien éventuel avec la marée noire.

03/07/2013

L'Europe responsable de plus du tiers de le déforestation mondiale en raison des importations de viande

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/03/l-europe-importe-massivement-des-produits-lies-a-la-deforestation_3440966_3244.html

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L'Europe importe massivement des produits liés à la déforestation

LE MONDE | 03.07.2013 à 10h46 • Mis à jour le 03.07.2013 à 12h15 |Par Laurence Caramel

L'Europe est responsable de plus du tiers – 36 % exactement – de la déforestation liée au commerce international. Loin devant les Etats-Unis, le Japon et la Chine. L'étude commandée par la Commission européenne à un consortium d'instituts de recherche et publiée mardi 2 juillet, après deux ans de travail, éclaire avec une précision sans précédent le rôle joué par la consommation des Européens – et leurs habitudes alimentaires en particulier – dans la destruction des grands massifs forestiers tropicaux.

L'Union européenne (UE) s'est fixé pour objectif de réduire de moitié la déforestation dont elle est la cause d'ici à 2020 et de la ramener à zéro d'ici à 2030. Cette ambition affichée depuis 2008 a été réaffirmée le 19 juin, dans le cadre de la discussion sur le prochain programme d'action sur l'environnement. Ce que n'ont pas manqué de rappeler les ONG environnementales : l'Europe doit maintenant "donner des indications concrètes sur la façon dont nous pouvons à la fois réduire notre impact sur ces forêts menacées et contribuer à réduire la consommation de produits liés à la déforestation", a déclaré Anke Schulmeister, du WWF Europe.

"Il est dommage de constater qu'une grande partie des approvisionnements agricoles de l'UE est issue de l'exploitation de terres nouvellement défrichées,déplore-t-elle. Si nous prenons en compte ces impacts indirects, notre contribution réelle au changement climatique et à la perte de biodiversité est alors bien plus élevée que ce que nous pouvions imaginer."

ENTRE 1990 ET 2008, 127 MILLIONS D'HECTARES PERDUS

Entre 1990 et 2008, les forêts – essentiellement dans les pays tropicaux – ont perdu 127 millions d'hectares de superficie, dont 29 millions peuvent être attribués, selon le rapport, à des conversions de terre destinées à satisfaire la demande de pays tiers. L'UE a contribué à ce bilan à hauteur de 8,4 millions d'hectares, l'Asie de l'Est (y compris la Chine) pour 4,5 millions et l'Amérique du Nord à hauteur de 1,9 million.

Dans le même temps, la superficie de la forêt européenne est restée quasiment stable, ce qui signifie que l'UE a continué à faire supporter l'essentiel de l'impact environnemental de sa consommation à d'autres : "La stratégie d'approvisionnement de l'UE apparaît très clairement", constatent les auteurs du rapport. L'UE satisfait l'appétit de viande des consommateurs européens en important de plus en plus d'Amérique du Sud – le Brésil étant de très loin au premier rang – de la viande de bœuf directement, ce qui se traduit par une extension des zones de pâturages, des tourteaux de soja pour alimenter son propre bétail... Au total, l'augmentation de la consommation de viande explique 60 % de la "déforestation importée" par l'UE, selon l'indicateur utilisé par l'étude.

UNE JOURNÉE SANS VIANDE POURRAIT FAIRE UNE DIFFÉRENCE

Le développement des agrocarburants n'est pas en reste. "En quelques années, l'UE est passée d'un statut de petit exportateur d'huiles végétales à celui de gros importateur", poursuit le rapport, en s'interrogeant sur l'impact des objectifs ambitieux qu'elle s'est fixés en matière d'énergie renouvelable dans les transports. La part de la déforestation liée au commerce du bois apparaît moindre – 240 000 hectares : un résultat probablement sous-estimé, concèdent les auteurs, qui se sont appuyés sur les chiffres officiels, lesquels ne prennent pas en compte les coupes illégales de bois.

"Si rien n'est fait, l'empreinte forestière de l'UE va continuer de s'aggraver",s'inquiète Sébastien Risso, chargé des forêts au bureau européen de Greenpeace. C'est en effet ce que montre l'étude : continuer à assurer aux Européens la même quantité de viande demandera de dégager plus de 3 millions d'hectares de nouvelles surfaces. D'autres scénarios sont possibles : adopter un régime bulgare – le moins carné – ou le régime autrichien qui, à l'inverse, comporte le plus de protéines animales. Entre les deux, adopter une journée sans viande pourrait déjà commencer à faire une différence, suggère l'étude, dont la Commission européenne a pris soin de préciser qu'elle n'engage que ses auteurs.

24/06/2013

Une expérience hospitalière intéressante

lu sur :

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/06/21/hopital-jean-jaures-une-gestion-a-visage-humain_3434453_3208.html

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A l'hôpital Jean-Jaurès, une gestion à visage humain - Le Monde

LE MONDE | 21.06.2013 à 17h17 • Mis à jour le 24.06.2013 à 16h41 |Par Anne Rodier

"La santé n'est pas une marchandise !" A l'entrée de l'hôpital Jean-Jaurès, dans une petite rue du 19e arrondissement mardi 11 juin, des délégués CGT distribuaient des tracts pour la manifestation nationale du 15 juin contre les réductions budgétaires. Ce tract ne peut mieux exprimer l'esprit du lieu. Racheté fin 2008 par le Groupe SOS, l'hôpital Jean-Jaurès est un établissement privé, certes, mais à but non lucratif.

Lire aussi la note de blog : Impact Journalism Day : 22 journaux, des millions de solutions

Sa particularité réside dans son mode de gestion. Son organisation en réseau vise à sécuriser le parcours de soins des malades et à offrir un niveau élevé d'accompagnement : grandes chambres seules quasiment pour tout le monde, mêmes standards de confort pour tous, à 40 euros la nuitée (il faut compter à peu près 100 euros dans le privé et 60 euros dans le public).

LA PRÉCARITÉ COMME CRITÈRE D'ADMISSION

Spécialisé en soins de suite et soins palliatifs, cet hôpital de 150 lits accueille des malades atteints de multiples pathologies, parfois très lourdes, en fin de vie et pour beaucoup en situation de grande précarité. C'est un des critères d'admission.

"30 % des patients sont en situation précaire, dépendants de la CMU ou de l'aidemédicale d'Etat", indique le directeur, Benjamin Bleton. "Jean-Jaurès" se veut aussi "ouvert sur la ville : 43 % de nos patients sont du nord de Paris, 17 % de Seine-Saint-Denis", ajoute-t-il fièrement.

L'ambiance feutrée, digne de tout hôpital, est à la hauteur de la sobriété du lieu. Le temps s'écoule au ralenti, de l'accueil jusqu'aux vastes chambres aux couleurs pastel. Le stress habituel du personnel de santé semble appartenir à un autre monde.

Deux cents salariés constituent l'équipe, qui assure une trentaine de métiers. Les aides soignants et les infirmières représentent 50 % de l'effectif. Les servicesadministratifs ne comptent qu'une dizaine de personnes. Car le Groupe SOS a structuré un groupement d'intérêt économique (GIE) qui mutualise les expertises, que ce soit dans les secteurs de la restauration, du transport de personnes ou de l'événementiel.

ORGANISATION EN RÉSEAU

L'organisation en réseau renforce la prise en charge sociale : "Dans le Groupe SOS, il y a des salariés qui savent organiser des appels à projets qui permettent de faire venir dans l'hôpital des services d'accompagnement qui n'existeraient pas autrement", explique Thomas L'Yavanc. Tous les vendredis, une socio-esthéticienne vient ainsi proposer ses services aux malades. A l'étage VIH, une équipe d'animation constituée de jeunes en service civique organise des événements culturels.

Lire aussi les autres articles du supplément : Acteurs du changement

La motivation des équipes est la clé du bon fonctionnement de l'hôpital. Pourtant les débuts ont été difficiles. Le changement de spécialisation (de la chirurgie aux soins palliatifs) a été vécu par beaucoup comme un déclassement. "La quasi-totalité des infirmiers sont partis", se souvient Anne de Raphelis, cadre infirmière de l'unité de soins palliatifs.

Mais ceux qui sont restés ne l'ont pas regretté. "De la chirurgie aux soins palliatifs, les temporalités ne sont pas les mêmes. On ne réveille pas un malade qui a enfin trouvé le sommeil. C'est à l'organisation du travail de s'adapter au rythme du patient et non l'inverse. Aide-soignant, infirmiers et médecins doivent travailler à la carte et en partenaires. Résultat : ils se sentent davantage reconnus", explique-t-elle.

Les médecins chefs de service sont, eux aussi, plutôt contents. "Ici, je suis mieux payée qu'à l'AP-HP. Mais je n'y étais pas chef de service", témoigne Julia Revnik. Les perspectives d'évolution de carrière y sont aussi meilleures qu'à l'AP-HP, même si, comme dans tout le Groupe SOS, l'échelle des salaires est fixe : de 1 à 10. Mise en réseau des initiatives personnelles, des compétences professionnelles et du bénévolat : une gestion de la santé d'un nouveau genre.