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12/06/2013

La politique française en matière d'ordures ménagères

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/11/gestion-des-dechets-en-finir-avec-les-demi-mesures_3428221_3232.html

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Gestion des déchets : en finir avec les demi-mesures

LE MONDE | 11.06.2013 à 17h25 • Mis à jour le 11.06.2013 à 18h21

Par Gilles van Kote

Est-ce vraiment un paradoxe ? Alors que la France compte parmi les fleurons de son économie deux groupes de dimension internationale présents dans le secteur des déchets, Veolia et Suez Environnement, ses performances en matière de gestion des déchets la placent au milieu du peloton européen. Avec un taux de recyclage et de compostage de ses ordures ménagères de 37 % en 2011, selon les dernières statistiques disponibles, elle est légèrement au-dessous de la moyenne communautaire (40 %), et bien loin des pays d'Europe du Nord, qui frisent ou dépassent les 50 %.

La faute, en premier lieu, à un taux de mise en décharge de 28 %, quand les pays les plus vertueux ont quasiment éradiqué ce mode de traitement, classé bon dernier dans la hiérarchie européenne définie par la directive sur les déchets de 2008. Certains experts du secteur n'hésitent pas à faire un lien entre cette situation et les marges réalisées par les opérateurs sur le stockage des déchets.

Un rapport du Commissariat général au développement durable, rendu public fin mai, dénonce entre les lignes la frilosité de la politique française en matière d'ordures ménagères. Le rapport s'intéresse à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), principal outil fiscal à la disposition de la puissance publique. Les auteurs s'appuient sur une étude de 2012 de la Commission européenne qui établit – somme toute logiquement – une nette corrélation entre le taux des taxes appliquées à l'incinération ou au stockage et le pourcentage de déchets ménagers recyclés ou compostés.

En résumé : plus on taxe les modes de traitement considérés comme les moins vertueux du point de vue environnemental, plus on favorise le développement des solutions alternatives comme la prévention, le réemploi, le recyclage ou la valorisation organique. C'est ce que les spécialistes appellent le "signal prix".

La France a fait un pas en avant avec la loi de 2009 dite Grenelle 1, qui fixe des objectifs de réduction de la production de déchets, de réduction de la part des déchets mis en décharge ou incinérés en 2012 et le passage à 45 %, en 2015, du taux de recyclage et de compostage. Pour y parvenir, la loi prévoit une hausse régulière de la TGAP sur la mise en décharge et son extension à l'incinération, jusqu'alors épargnée.

Or le rapport constate que seulement 10 % des tonnages de déchets stockés et 3 % des tonnages incinérés sont soumis au taux plein de la TGAP. Pour des raisons sans doute excellentes, notamment l'amélioration des performances énergétiques et environnementales des installations, les modulations et exemptions sont devenues la règle. Résultat : " Le taux effectif moyen pour le stockage est de 14,6 euros la tonne lorsque le taux plein est de 20 euros et pour l'incinération de 2,9 euros la tonne pour un taux plein de 7 euros." Aux Pays-Bas, la taxe sur la mise en décharge dépasse les 100 euros la tonne, où ce mode de traitement a presque disparu.

Un signal insuffisant

"Le signal prix donné par la TGAP reste insuffisant", conclut le Commissariat général au développement durable, dans un appel implicite à augmenter les taux de la TGAP et à limiter les modulations et exemptions. Tout en notant les progrès effectués en matière de prévention et d'extension de la redevance incitative, le rapport souligne que "certaines thématiques comme le tri des déchets des entreprises ou la valorisation des déchets du bâtiment et des travaux publics sont clairement en panne".

Le message est clair : fini le temps des demi-mesures. S'il faut considérer les déchets comme des ressources à valoriser et non comme des rebuts à éliminer, la France doit passer à la vitesse supérieure.

Cela tombe à pic : un des cinq chantiers de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 20 et 21 septembre sera consacré à l'économie circulaire, et notamment au recyclage et à la valorisation des déchets. Et une loi-cadre sur l'économie circulaire, actuellement en préparation au ministère de l'écologie, devrait suivre.

Voilà un domaine où, avec un peu de volonté politique, on peut faire preuve d'audace. Un exemple : la collecte séparée des biodéchets, ou déchets organiques. En France, ceux-ci représentent un tiers du poids des poubelles des ménages et finissent la plupart du temps incinérés ou enfouis, alors qu'ils peuvent produire de l'énergie grâce à la méthanisation ou fournir un amendement organique après compostage.

Seules 90 collectivités françaises pratiquent aujourd'hui le tri et la collecte séparée, selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) qui a lancé une campagne sur le sujet le 4 juin. Pourtant, cette méthode semble la plus indiquée pour obtenir des biodéchets non souillés, des installations de méthanisation performantes et du compost répondant aux normes européennes, actuellement en cours de révision. Mais la crainte d'une augmentation des coûts et de la complexité de la mise en place d'un troisième flux de tri – en plus des recyclals et des ordures résiduelles – en freine la généralisation. Celle-ci constituerait pourtant une étape historique dans la gestion des déchets en France et un geste politique susceptible d'emporter l'adhésion des citoyens. Encore faut-il être prêt à bousculer quelques vieilles habitudes. Chiche ?

vankote@lemonde.fr

De la biologie et du comportement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/06/03/les-animaux-aussi-n-en-font-qu-a-leur-tete_3423074_1650684.html

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Les animaux aussi n'en font qu'à leur tête - Le Monde

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.06.2013 à 16h34

Marion Spée

On s'attend à ce que l'antilope déguerpisse à la simple vision d'une lionne affamée ou que le phoque nage de manière effrénée pour échapper à l'orque qui le poursuit. Pourtant, certains animaux ne se comportent pas de manière stéréotypée face à une situation stressante ou nouvelle. Certains vont tenter de faire face à leur prédateur alors que d'autres vont filer à vitesse grand V. Certains vont explorer leur environnement alors que d'autres vont se restreindre à des espaces connus.

Ces attitudes variées pourraient s'expliquer par les différences de personnalité au sein d'une même espèce. Pourquoi et comment les animaux se distinguent dans leurs comportements individuels est une question "à la mode" qui suscite, depuis les années 2000, de plus en plus l'interrogation des scientifiques.

 

Une récente étude publiée dans Behavioral Ecology, menée par des chercheurs portugais, montre ainsi que l'émergence de différentes personnalités chez les astrilds ondulés pourrait être liée aux variations climatiques. Ces passereaux originaires d'Afrique subsaharienne mesurant à peine dix centimètres ont établi des colonies dans le monde entier en raison de leur popularité comme animal de compagnie.

Ils ont ainsi élu domicile au Portugal depuis une quarantaine d'années. C'est en utilisant des données sur leur expansion territoriale à travers le pays que les chercheurs ont établi ce lien entre personnalité et écologie des régions colonisées.

TEST DU MIROIR

Pour évaluer la personnalité des oiseaux, les scientifiques ont utilisé des tests reconnus. Celui du miroir consiste, comme son nom l'indique, à placer un miroir dans la cage de l'oiseau et à mesurer sa réaction face à ce qu'il pense être un conspécifique (qui appartient à la même espèce). C'est une appréciation de l'interaction sociale des oiseaux. Le test de l'openfield (champ ouvert) est, lui, utilisé pour évaluer le comportement exploratoire d'un individu dans un nouvel environnement.

Les individus les moins explorateurs sont les plus attentifs aux stimuli sociaux et se retrouvent ainsi en majorité dans les environnements où le climat est variable, tandis que le profil inverse est plus fréquent dans les environnements plus stables.

"Les variations climatiques saisonnières pourraient modifier la personnalité dans un court laps de temps et cette répartition géographique des oiseaux semble adaptative", propose Carlos Carvalho, doctorant au Centre de recherche en biodiversité et biologie évolutive à l'université de Porto et premier auteur de l'étude. "Une forte variation du climat implique une incertitude sur l'emplacement de la nourriture au cours de l'année. Apprendre des autres leur permettrait alors d'avoir une bonne compréhension de la situation", explique Gonçalo Cardoso, postdoctorant dans le même laboratoire et dernier auteur de l'étude. "L'intérêt d'étudier la personnalité des animaux est de comprendre les fondements biologiques des différences de comportements entre les individus, confie-t-il. Chez l'homme, c'est plus compliqué étant donné que l'influence culturelle est très importante."

FACTEURS ÉCOLOGIQUES

"L'étude ne montre qu'une corrélation, commente Denis Réale, titulaire de la chaire de recherche du Canada en écologie comportementale et animale et professeur à l'université du Québec à Montréal. Mais elle ouvre une voie intéressante pour comprendre quels facteurs écologiques influencent la personnalité." "Une preuve supplémentaire de la nécessité de prendre en compte le tempérament dans les études sur le monde animal", reconnaît Jean Clobert, directeur de recherche à la Station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis (Ariège).

Reste à déterminer si le façonnage de ces personnalités est dû à une plasticité au cours du développement des individus ou s'il s'agit d'une origine génétique. "L'étude ne permet pas de le dire", insiste Jean Clobert.

"Les gens sont intrigués par le caractère des animaux parce qu'ils font le lien avec leur propre tempérament", note Denis Réale. Etudiée depuis un siècle chez les humains, la notion de personnalité a été mise en évidence chez les animaux d'élevage il y a quarante-cinquante ans. A l'époque, on pensait que les hommes les avaient façonnés.

"On sait aujourd'hui que la personnalité est un phénomène général", assure Jean Clobert. Du papillon au chimpanzé en passant par le poulpe, tous ont leur tempérament. Celui-ci peut être classifié selon certains axes : audace-timidité, exploration-évitement ou encore agressivité.

"Les personnalités varient le long d'un continuum, explique Denis Réale. Un individu ne pourra pas devenir audacieux s'il est qualifié de timide, mais son degré d'audace pourra varier." De plus en plus d'études mettent en avant des liens entre tempérament et succès reproducteur ou survie. Ces résultats probants justifient aussi l'engouement des scientifiques pour cette thématique en vogue. "Il n'y a pas de personnalité optimale pour affronter toutes les situations", indique Denis Réale.

"Dans les situations de déséquilibre, comme celle relative au réchauffement climatique, l'hétérogénéité de la population devient importante", conclut Jean Clobert. Moralité : agiter les mains pour faire fuir une guêpe, ou vouloir que son chat soit le plus câlin de tous, peut conduire à des déconvenues.

09/06/2013

Le gaz de schiste en France

à lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

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sur le même sujet, lire sur Bastamag :

http://www.bastamag.net/article3110.html

Energies

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.

07/06/2013

OGM dans l'alimentation humaine : vers plus de transparence ?

... au moins aux USA . Rien dans l'Europe "à 27" de la "concurrence libre et non faussée" pour l'instant.

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article5432

La question de l'étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM agite depuis plusieurs années les États américains. Après une tentative ratée en Californie [1], l'état du Connecticut vient de voter une loi qui rend cet étiquetage obligatoire, sous conditions. D'autres états devraient lui emboîter le pas prochainement. Un effet boule de neige qui inquiète les industries agro-alimentaires et de biotechnologies, contraintes de changer leurs stratégies.

Le 3 juin 2013, dans la foulée du Sénat, les députés du Connecticut ont adopté à une très large majorité (134 contre 3) une loi qui rend obligatoire l'étiquetage des produits alimentaires génétiquement modifiés ou issus d'OGM. Elle doit désormais être signée par le gouverneur de l'état, Dannel P. Malloy, qui s'est engagé à le faire rapidement [2]. Si cette loi est une grande première aux États-Unis, son entrée en vigueur n'est en revanche pas immédiate : elle est conditionnée par l'adoption de lois similaires dans au moins cinq autres états dont deux voisins du Connecticut, et représentant au total 25 millions d'habitants (section 3 de la loi). Pour les députés, l'état du Connecticut est trop petit pour faire cavalier seul.

Seize projets de loi en débat

Interrogé par Inf'OGM, Tim Bergin, juriste au Parlement du Connecticut, se dit optimiste quant à la possibilité que d'autres états adoptent de telles lois sur l'étiquetage des OGM. Et cet optimisme se comprend au regard des nombreux projets de loi similaires déposés auprès des parlements des états. A l'heure actuelle, Inf'OGM a comptabilisé pas moins de 16 projets de loi en débat (Arizona, Colorado, Floride, Illinois, Indiana, Iowa, Maine, Minnesota, New Jersey, New Hampshire, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Virginie et Washington). Et dans trois états, ces lois ont déjà été adoptées par les Députés et sont actuellement examinées par le Sénat... : Alaska (ne concerne que l'étiquetage du saumon GM) ; Hawaï et Vermont (voté le 10 mai, par 99 voix pour et 42 contre). Cependant, dans six autres états (Californie, Maryland, Missouri, Nouveau Mexique et dernièrement New-York), de tels projets de loi ont déjà été déboutés. La bataille pour l'étiqueta ge n'est donc pas gagnée mais n'a jamais été aussi proche de l'être.

La loi prévoit que nul ne peut vendre ou distribuer soit de la nourriture destinée à l'alimentation, soit des semences pour produire des aliments entièrement ou partiellement génétiquement modifiés, à moins d'être étiquetées comme telle. Cette règle est assortie de nombreuses exceptions : l'alcool, les produits préparés pour être consommés immédiatement, la restauration collective, les produits agricoles en vente directe ou semi-directe, et surtout les produits issus d'animaux nourris aux OGM (lait, viande, œuf)... Cette dernière exception réduit considérablement la portée de cette loi, étant donné qu'aux États-Unis, comme dans l'Union européenne, les OGM servent principalement à nourrir le bétail... Cependant, à la différence de l'Union européenne, de nombreux produits destinés à l'alimentation humaine intègrent dans leur recette des OGM, comme les crèmes glacées avec la lécithine de soja ou les huiles issues de colza ou de soja GM. En cas de non respect pa r le producteur, la pénalité a été établie à 100 euros par jour et par produit non correctement étiqueté.
Dans une note élaborée par les services du Parlement du Connecticut, le coût de mise en œuvre de cet étiquetage par l'administration de l'état a été « estimé à 117 632 dollars pour les années à venir » dont 80 000 dollars seraient consacrés aux salaires des inspecteurs et d'un juriste à temps partiel.

Un amendement fédéral pour interdire les velléités locales d'étiquetage ?

Cette situation ne satisfait pas les entreprises agro-alimentaires et de biotechnologies qui ont décidé de répliquer sur un autre front. Plutôt que de mener une bataille coûteuse (et finalement incertaine) dans chaque état, elles essayent en effet de faire interdire directement au niveau fédéral cette compétence des états. C'est dans la loi d'orientation agricole (Farm bill), actuellement en débat au Congrès, que les lobbyistes ont décidé de battre en brèche la transparence vis-à-vis des produits alimentaires. Sous couvert de liberté de commerce et de non discrimination entre les produits, le député républicain de l'Iowa, Steve King, est en passe de voir son amendement intégré à cette loi d'orientation [3]. L'amendement a déjà été adopté par la Commission « agriculture » de l'Assemblée nationale fédérale. La portée de cet amendement est vaste mais concerne directement l'étiquetage des OGM. Il interdit aux états de prendre des lois qui imposeraient des conditions de production des produits agricoles qui sont vendus sur leur territoire mais produits dans d'autres États. Ainsi, l'étiquetage des OGM pourrait être considéré comme une entrave à la liberté de commerce inter-état et jugé discriminatoire pour les produits des autres états qui n'auraient pas adopté une telle obligation. Les multinationales agro-alimentaires et de biotechnologies n'ont pas réussi à faire interdire l'étiquetage des OGM par le Codex alimentarius au niveau mondial. Réussiront-elles a minima pour les États-Unis ? Réponse courant 2013 date à laquelle la Farm Bill devrait être adoptée.

 

 

 

04/06/2013

Les femmes et la grossesse

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

les surlignages sont de moi

Les femmes et la grossesse

Le Figaro publie un sondage OpinionWay, réalisé en amont des assises de la fondation de coopération scientifique Premup, qui auront lieu le 7 juin à Paris, qui révèle qu’« une femme sur quatre ne fait pas de sa grossesse un moment de plénitude ».

Selon une femme sur trois, la grossesse constitue une période à risques. Le quotidien explique que certains risques sont bien identifiés par les femmes interrogées tels que les conduites addictives (tabac, alcool, prise de certains médicaments). « Le rapport Euro-peristat montre que 31% des Françaises fumaient avant la grossesse et 17% continuaient pendant. » Si plus de la moitié des femmes savent qu’une grossesse tardive est à risque, elles sont seulement 10% à savoir que la gestation précoce, en particulier avant 18 ans, en constitue un également, explique le journal.

Les grossesses gémellaires, qui concernent en France 1,74% des femmes et représentent l’un des principaux risques de prématurité, « ne sont perçues comme risquées que par 34% des femmes interrogées », ajoute-t-il.

Enfin, 22% des femmes sondées affirment que si elles étaient enceintes dans un contexte de difficultés financières, elles seraient prêtes à renoncer à certains soins (échographies, rendez-vous de suivi).

Le Figaro, 04/06 - Communiqué de presse : Rapport européen sur la santé périnatale

En Bref

Selon une étude, réalisée par Sylvaine Cordier et son équipe (Inserm, Université de Rennes, Ecole des hautes études en santé publique), « une exposition environnementale à des mélanges complexes de pesticides pourrait conduire à des perturbations métaboliques chez les femmes enceintes habitant près des cultures de céréales fortement traitées », rapporte La Croix.
Les chercheurs ont constaté des « modifications des concentrations urinaires de composés tels que des acides aminés », ajoute le quotidien. La Croix, 04/06

Industries pharmaceutiques : le patient passe après les profits

lu sur :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/medicaments-les-effets-secondaires-graves-passes-sous-silence-par-les-visiteurs-medicaux-28-05-2013-1673123_57.php

Médicaments : les effets secondaires graves passés sous silence par les visiteurs médicaux

Le Point.fr - Publié le28/05/2013 à 18:55  

Chargés de promouvoir les traitements médicamenteux, les représentants des laboratoires pharmaceutiques évoquent, évidemment, surtout leurs bienfaits. 

Des bénéfices thérapeutiques énoncés dans 80 % des cas, des effets secondaires bénins souvent cités, et des effets graves tus plus de 9 fois sur 10 ! C'est le bilan d'une étude* internationale conduite auprès de 255 médecins généralistes exerçant à Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne reçoivent pas toutes les informations nécessaires à une bonne pratique lors des présentations réalisées par les visiteurs médicaux de firmes pharmaceutiques. Ces chiffres inquiètent d'autant plus le Dr Geneviève Durrieu** - qui a mené le volet français de l'étude -, qu'ils ne varient guère quelle que soit la réglementation des pays en la matière.

 
 

En pratique, 704 médecins ont été sélectionnés par tirage au sort sur 4 sites (Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse). Parmi eux, 36 % ont accepté de participer à l'enquête qui a consisté à recueillir des informations sur 1 700 promotions de médicaments lors de visites réalisées entre mai 2009 et juin 2010. Après chacune d'elles, les médecins ont rempli un questionnaire sur les informations fournies par les visiteurs (bénéfices et risques) pour chaque médicament promu, le don d'échantillons médicaux, et d'éventuelles invitations à des événements.

Les effets indésirables "graves" passés sous silence

Selon les résultats publiés dans le Journal of General Internal Medicine, les informations fournies par le visiteur médical concernent plus souvent les bénéfices que les risques des médicaments présentés, ce qui n'est pas illogique dans le cadre d'une démarche de promotion. Mais dans plus de la moitié des visites, aucun effet néfaste du médicament n'est cité spontanément. La proportion atteint même 66 % à Vancouver et Montréal. Le plus inquiétant : les effets indésirables "graves" ne sont mentionnés que dans 6 % des présentations de médicaments !

Pour une fois, la France fait presque figure de bonne élève. Les effets secondaires y sont mentionnés bien plus souvent qu'ailleurs. "Mais il s'agit en général des troubles fréquents et bénins (de type nausées ou diarrhées), alors que les problèmes sérieux sont passés sous silence, comme ailleurs", déplore Geneviève Durrieu. Il faut savoir qu'en France et aux États-Unis, ce sont les autorités gouvernementales chargées de la règlementation du médicament qui sont compétentes pour édifier des règles et surveiller la visite médicale. De plus, une Charte de la visite médicale a été adoptée dans notre pays en 2005. 
Au Canada, en revanche, les activités des visiteurs médicaux sont réglementées par l'association des compagnies de recherche pharmaceutique.

Logiciels

Pour le Dr Geneviève Durrieu, ce travail montre clairement la nécessité de fournir aux médecins une formation et une information autre que celle délivrée par les visiteurs médicaux. Des arguments que Jean-Claude Labrune, président de Cegedim (qui fournit des visiteurs médicaux aux laboratoires), balaie d'un revers de main. "Les médecins n'ont pas forcément le temps ni l'envie d'écouter les visiteurs lister tous les effets secondaires possibles, tels qu'ils figurent sur l'AMM (autorisation de mise sur le marché, NDLR), d'autant plus qu'ils ne sont pas hiérarchisés", affirme-t-il. "Et ils disposent désormais de logiciels qui contiennent tous les ingrédients leur permettant de sécuriser leur prescription."

Les industriels du médicament (LEEM) ne se satisfont pas de cette solution, qui fait fi du rôle d'informateur complet du visiteur médical. Pascal le Guyader (directeur des affaires générales, industrielles et sociales du LEEM), même s'il remarque que la France fait mieux que les autres, regrette que les médecins ne soient pas systématiquement avertis de tous les effets secondaires possibles les plus graves. "Certes, une visite médicale dure en moyenne 12 minutes, mais la charte et le processus de certification nous obligent à assumer ce devoir d'information." Dont acte.

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* Étude dirigée par B. Mintzes de l'Université de Colombie-Britannique de Vancouver, avec des chercheurs de l'Université York Toronto, l'Université de Montréal, l'université de Californie, Davis et de l'université de Toulouse III-Paul Sabatier.

** Équipe pharmaco-épidémiologie, évaluation de l'utilisation et du risque médicamenteux de l'Unité 1027 - Inserm/université Toulouse III-Paul Sabatier

01/06/2013

Essais d'OGM en plein champ : dissémination dans la nature de blé non autorisé

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/31/la-decouverte-aux-etats-unis-de-ble-transgenique-d-origine-inconnue-agite-le-marche-mondial_3421526_3244.html

La découverte aux Etats-Unis de blé transgénique d'origine inconnue

agite le marché mondial

LE MONDE | 31.05.2013 à 12h07 • Mis à jour le 31.05.2013 à 17h00

Par Gilles van Kote

Quelques plants de blé transgénique découverts dans une ferme de l'Oregon ont semé le trouble, jeudi 30 mai, sur le marché mondial de la céréale. Le département américain de l'agriculture (USDA) avait annoncé la veille, dans un communiqué, que "les résultats de tests effectués sur des échantillons de végétaux venant d'une ferme de l'Oregon indiquaient la présence de plants de blé transgénique résistants au glyphosate", le principe actif contenu dans des herbicides comme le Roundup. Des essais en plein champ de ce type de blé ont été menés par Monsanto entre 1998 et 2004 avant d'être abandonnés.

Le Japon a aussitôt annulé un appel d'offres portant sur près de 25 000 tonnes de blé américain, alors que la Commission européenne conseillait aux Vingt-Sept de procéder à des tests sur les cargaisons de blé en provenance des Etats-Unis, premier exportateur mondial. Bruxelles a affirmé avoir contacté Monsanto afin que le groupe américain lui précise la méthode et le matériel à employer pour les réaliser. La variété concernée, du blé tendre blanc, représente néanmoins une part négligeable des importations européennes en provenance des Etats-Unis.

"Je ne serais pas surpris si d'autres pays commençaient à annuler ou à réduire leurs achats de blé américain, notamment des pays asiatiques, ce qui mettrait la demande de blé sous pression", a confié Joyce Liu, de la société singapourienne de négoce Phillip Futures, à l'agence Reuters. Jeudi, en début d'après-midi, le cours du blé à la Bourse de Chicago, déjà orienté à la baisse depuis un mois en raison des perspectives de bonnes récoltes mondiales, enregistrait une chute de 1 %, mais restait stable à la clôture.

Le blé transgénique a été découvert dans une exploitation agricole de l'est de l'Oregon, dont la localisation précise a été tenue secrète par les autorités américaines. Des employés ont aspergé les champs de glyphosate afin d'empêcher l'apparition de mauvaises herbes entre deux récoltes. La résistance de plants de blé a attiré l'attention du fermier, qui les a fait analyser par l'université de l'Etat d'Oregon.

UNE GRAINE DE BLÉ PEUT GERMER PLUSIEURS ANNÉES APRÈS AVOIR ÉTÉ PRODUITE

Les tests ayant démontré qu'il s'agissait de variétés de blé transgénique dites "Roundup Ready", l'université a alerté l'USDA, dont les analyses ont confirmé les résultats. "Il n'existe pas de variété de blé génétiquement modifié dont la vente ou la production commerciale soit autorisée aux Etats-Unis ou ailleurs à cette date", a rappelé le département de l'agriculture, qui a voulu se montrer rassurant en précisant que "la détection de cette variété de blé ne pose pas de problème de sécurité alimentaire."

L'USDA a lancé une enquête officielle pour déterminer l'origine de cette dissémination, qui intervient des années après que Monsanto a interrompu ses recherches, les principaux pays importateurs de blé américain ayant fait savoir qu'ils n'achèteraient pas de variétés transgéniques. "Notre priorité est de déterminer aussi vite que possible les circonstances et l'étendue de la situation", a déclaré Michael Firko, un responsable du service d'inspection sanitaire animale et végétale de l'USDA.

"Il faudrait savoir si ce fermier a participé aux essais de Monsanto ou si ceux-ci ont eu lieu à proximité de son exploitation, et où il se fournit en semences, même si on voit mal comment des semences conventionnelles et transgéniques auraient pu être mélangées", affirme Catherine Feuillet, de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui précise qu'une graine de blé peut germer plusieurs années après avoir été produite.

Dans un communiqué, Monsanto rappelle qu'il s'agit du premier cas depuis l'interruption de ses recherches et s'interroge sur la fiabilité des analyses effectuées, tout en affirmant sa volonté de coopérer avec l'USDA pour déterminer l'origine de la dissémination.

"Il s'agit d'une sérieuse remise en cause de leur système d'essais en plein champ, qui met en danger les fermiers et toute la filière du blé", estime pour sa part Bill Freese, un expert du Center for Food Safety, une ONG opposée aux organismes génétiquement modifiés, interrogé par l'agence Bloomberg.

Gilles van Kote

31/05/2013

Pétition lancée contre l'industrie du tabac

lire sur :

http://www.midilibre.fr/2013/05/31/journee-sans-tabac-une-petition-lancee-pour-faire-payer-l-industrie-contre-ses-crimes,707711.php#xtor=EPR-2-[Newsletter]-20130531-[Zone_info]

vendredi 31 mai 2013

 

La Journée mondiale sans tabac a lieu aujourd'hui. La Ligue contre le cancer a initié une pétition, qui a recueilli 88 000 signatures, pour appeler les pouvoirs publics à l'action. La ministre de la santé, Marisol Touraine, doit présenter un plan anti-tabac pour lutter contre ce fléau à l'origine de 15 000 décès par jour dans le monde. 

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Pour signer la pétition : 

Faisons payer l'industrie du tabac pour ses crimes en taxant ses bénéfices
Signons la pétition « Tueurs-Payeurs »

29/05/2013

Informations médicales du jour : enfants hyperactifs, lobbying pharmaceutique

lues sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon une étude, réalisée par le laboratoire de recherche Celtipharm, qui analyse en continu l’activité de 3 004 pharmacies. le nombre de boîtes vendues de méthylphénidate, molécule commercialisée notamment sous le nom de Ritaline et prescrite aux enfants hyperactifs, a augmenté de près de 70% en cinq ans, passant de 283 700 en mars 2008 à 476 900 en mars 2013, indique Aujourd’hui en France. Le nombre de consommateurs a augmenté de 83% en cinq ans et même 114% chez les moins de 20 ans.

Cette explosion des ventes divise les médecins.

Aujourd’hui en France, 29/05

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France Inter indique que, selon une étude internationale sur les effets secondaires des médicaments, dont une équipe de l’Inserm a réalisé le volet français, les médecins généralistes sont de moins en moins bien informés.

Les visiteurs médicaux jouent un rôle important sur les prescriptions.

L’indépendance de l’information ne progresse pas en France, selon l’étude.

France Inter, 28/05 –

Communiqué de presse :

Des médecins pas assez informés sur les effets indésirables des médicaments

28/05/2013

Pour l'interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics

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LE MONDE | 28.05.2013 à 10h41 • Mis à jour le 28.05.2013 à 11h46

Par Laetitia Clavreul et Pascale Santi

La e-cigarette devrait être interdite dans les lieux publics, interdite de vente aux mineurs, et réglementée : telles sont quelques-unes des 21 recommandations rassemblées dans un rapport piloté par le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT). Ce rapport d'évaluation (disponible sur ofta-asso.fr) devait être présenté mardi 28 mai à la ministre de la santé Marisol Touraine.

La cigarette électronique connaît un fort engouement. Elle est apparue avec le renforcement de l'interdiction de fumer dans les lieux publics en 2008. Les magasins spécialisés ne cessent de se développer. Le premier est apparu début 2010, on en compte 141 à ce jour. Il devrait y en avoir 300 à la fin de l'année. En France, 500 000 personnes utilisent a cigarette électronique, selon la dernière estimation de l'Eurobaromètre (mai 2012) et environ 3 millions (6 % des Français) déclarent l'avoir essayée. Pour le Pr Dautzenberg, il y aurait un million d'utilisateurs.

VIFS DÉBAT SUR SA DANGEROSITÉ

La e-cigarette se présente avec une diode simulant la combustion et contient une cartouche dont la solution s'échauffe au contact d'une résistance. Des flacons de "e-liquides", composés de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes (tabac, fruits...) et de la nicotine – ou pas –, permettent de recharger la cartouche usagée.

Mais tant son efficacité pour arrêter de fumer que sa dangerosité font l'objet de vifs débats. Le rapport recommande d'interdire la e-cigarette dans les lieux publics, comme pour le tabac. Et de proscrire la mention "pour fumer là où c'est interdit".

Surtout, "la e-cigarette ne doit pas être un produit d'initiation au tabac", lance M. Dautzenberg. Les experts veulent donc l'interdire aux mineurs. Selon l'enquête de l'association Paris sans tabac, 64 % des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la e-cigarette en 2013 sont des non-fumeurs, deux fois plus en un an. Il est donc recommandé "d'éviter toute promotion et toute facilitation de l'accès de l'e-cigarette aux mineurs et aux sujets n'ayant jamais fumé", souligne le rapport. Les experts demandent de réglementer l'e-cigarette, aujourd'hui produit de consommation courante (ni produit du tabac ni médicament). Et qu'elle soit vendue seulement dans des établissements agréés.

EFFETS IRRITANTS ET/OU TOXIQUES MOINDRES

Mais pas question, selon ce rapport, ni d'interdire son utilisation ni d'en freiner son usage. Nombre d'utilisateurs rapportent avec fierté avoir considérablement réduit leur consommation de cigarettes. "Si on ne sait pas aujourd'hui si ce produit aide au sevrage, il est moins dangereux. Le tabac tue la moitié des gens qui fument, la cigarette électronique non", assure M. Dautzenberg.

Selon les données scientifiques disponibles en mai, les effets irritants et/ou toxiques des composants de la e-cigarette sont bien moindres que ceux liés à la fumée du tabac, indique le rapport. Contrairement à la cigarette, la e-cigarette ne libère ni monoxyde de carbone, ni particules solides, ni quantité significative de cancérogènes. Elle contient d'autres produits potentiellement irritants et/ou classés comme toxiques mais en quantité moindre que la fumée du tabac.

Pour autant, le rapport préconise que les fabricants soient obligés d'indiquer sur tous les emballages la composition de ces e-liquides, de limiter la quantité de nicotine, et d'apporter la preuve de l'innocuité des arômes et ingrédients utilisés. Les e-cigarettes ne se valent pas. "C'est hypocrite, car les fabricants de tabac ne sont pas obligés de le faire", rétorque Jean-François Etter, professeur de santé publique à l'université de Genève, l'un des dix experts qui ont rédigé le rapport. Il s'est désolidarisé de celui-ci, contestant "son analyse et son sérieux scientifique". "Je réfute certaines des recommandations", assure-t-il.

200 DÉCÈS PAR JOUR

Environ 13,4 millions de Français fument quotidiennement. Chez les adultes, la prévalence du tabac s'élève à 30 %, un taux en hausse de 2 points depuis 2005, rappelle l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Chez les jeunes, avec 38 % de fumeurs, la France est désormais bien au-delà de la moyenne européenne, où elle se situait en 2007. Le tabac constitue la première cause de décès évitables. 73 000 personnes meurent par an prématurément, 200 par jour, ce qui représente un décès sur sept lié au tabac.

A quelques jours de la journée sans tabac, vendredi 31 mai, reste à ce savoir ce que feront les pouvoirs publics de ce rapport. Vont-ils réglementer la cigarette électronique ? D'ores et déjà, les fabricants crient au loup. La société de e-liquide Fuu a indiqué, que l'encadrement de ces produits reviendrait à "tuer dans l'oeuf l'émergence d'une approche fondée sur le plaisir".

Le ministère de la santé est attendu sur le sujet, et plus globalement sur la lutte contre le tabagisme : mise en place d'un paquet neutre ou pas, prise en charge à 100 % des substituts nicotiniques, comme l'a réclamé un rapport parlementaire en février... Marisol Touraine pourrait faire des annonces vendredi. Mais encore faudrait-il aussi que toute la réglementation soit respectée. En 2009, l'interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs a été votée. Chez les détaillants, il leur est pourtant toujours facile de s'en procurer.

Lire aussi : Drogues de synthèse, alcool, cocaïne, herbe..., les pratiques des Français s'européanisent

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Sur le même sujet

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24/05/2013

UBS et la fraude fiscale en France

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e892449e-c3e0-11e2-9d9b-e1235b6f0489/Laffaire_UBS_France_se_poursuit_avec_la_mise_en_garde_%C3%A0_vue_de_deux_nouveaux_cadres

banque Vendredi24 mai 2013

L’affaire UBS France se poursuit avec la mise en garde à vue de deux nouveaux cadres

L’enquête pour démarchage illégal et blanchiment de fraude fiscale avance à nouveau à grands pas. Un nouveau document accable l’établissement

Le juge Guillaume Daïeff enquête depuis plus d’une année sur des soupçons d’évasion fiscale, organisée par la banque entre la France et la Suisse, notamment à travers un mécanisme dit des «carnets du lait», mis en place entre 2002 et 2007 au moins. Ce système de comptabilité fantôme aurait permis de masquer les opérations d’ouverture de comptes non déclarés en Suisse, et les activités des chargés d’affaires suisses sur territoire hexagonal. La quête, notamment lors d’événements mondains, sportifs ou musicaux, de riches clients incités à ouvrir des comptes à Genève, Lausanne, Bâle ou Zurich, n’est en effet pas autorisée.

L’instruction a été ouverte le 12 avril 2012 par le parquet de Paris, pour «démarchage bancaire ou financier par personne non habilitée», ainsi que «blanchiment de fraude fiscale et de fonds obtenus à l’aide d’un démarchage illicite, commis en bande organisée». Au cours de l’information judiciaire, trois personnes – notamment un ancien dirigeant du bureau de Lille et un ancien directeur général de la filiale française – ont été mises en examen, en particulier pour «complicité de démarchage illicite». A la suite de quoi, des perquisitions ont été menées dans les locaux d’UBS à Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Paris.

Dans cette affaire, UBS a toujours repoussé les reproches qui lui sont faits; la banque ne commente pas les enquêtes en cours et assure qu’elle «collabore pleinement» avec la justice française.

Durant l’hiver, l’affaire Cahuzac semble avoir parasité le dossier. Alors que plusieurs sources anticipaient une mise en examen d’UBS France en tant que personne morale, fin novembre 2012, celle-ci n’avait pas été prononcée. Mais ces dernières semaines, alors que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est élevée au rang de priorité numéro un par le gouvernement français, le tempo semble à nouveau s’accélérer. A nouveau pressentie par plusieurs acteurs proches du dossier, la mise en examen d’UBS France devrait constituer une étape finale de l’instruction. Elle pourrait être prononcée prochainement, estiment plusieurs sources.

Un élément supplémentaire s’est ajouté mercredi à l’affaire. Sur le site du journal La Croix , Antoine Peillon, l’auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France, a dévoilé un nouveau document à charge contre UBS France, datant de février 2004: un compte rendu de l’entretien préalable de licenciement du directeur du service juridique et de la conformité d’alors. Ce texte manuscrit d’une douzaine de pages a été rédigé par Stéphanie Gibaud, une salariée élue représentante du personnel qui, de par cette fonction, assistait le directeur au cours de l’entretien. Ce document prouverait que la banque était au courant des pratiques de démarchage «dès 2003 au moins»: il y est précisé que «certains chargés d’affaires d’UBS France, à cette époque, bénéficiaient «d’un statut privilégié», l’un d’entre eux étant, par exemple «rattaché fonctionnellement au président du conseil de surveillance», le Suisse Dieter Kiefer». Le journaliste cite également cette phrase de l’ancien directeur licencié: «Dans le même temps, nous avons une nouvelle preuve du démarchage actif de prospects français, en France, par des équipes de chargés d’affaires d’UBS Suisse: démarchage illicite, plus vente de produits financiers non autorisés à la commercialisation en France. Là aussi, les responsables d’UBS France se rendent complices d’opérations de fraude fiscale.»

Interrogée par Le Temps, Stéphanie Gibaud confirme qu’elle était présente, dans un grand «état de stress», à cette séance d’une durée de deux heures, et qu’elle a bien rédigé ce compte-rendu, cosigné notamment par la DRH et le président d’UBS France de l’époque. Celui-ci a ensuite démissionné, en désaccord avec les pratiques de la banque. Il reconnaît, d’ailleurs, le démarchage pratiqué par les chargés d’affaires suisses en France et admet qu’au début des années 2000, «tout le monde savait» ce qu’il en était.

Enfin, la nouvelle Commission d’enquête du Sénat, qui vient de démarrer ses travaux, devrait aussi se pencher sur UBS France. En se concentrant sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion fiscale, elle veut comprendre les «mécanismes à l’œuvre dans la fraude et l’optimisation», selon son rapporteur Eric Bocquet. Dans ce contexte, le sénateur, seul ou avec la commission, devrait entendre d’anciens salariés de la banque. Il pourrait aussi se rendre dans les bureaux des autorités de surveillance, notamment l’Autorité de contrôle prudentielle, alertée de longue date par d’anciens collaborateurs d’UBS.

22/05/2013

Le marché du tabac en France (suite)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/tabac-les-anti-denoncent-la-desinformation-vehiculee-par-l-industrie-22-05-2013-1671007_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130522

Tabac : les anti dénoncent la "désinformation" véhiculée par l'industrie

Selon l'association anti-tabac, la baisse des ventes de cigarettes en France est due à "la chute du pouvoir d'achat" des fumeurs et non au "trafic".

Le Point.fr - Publié le 22/05/2013 à 12:28

L'association anti-tabac Alliance contre le tabac a dénoncé mercredi la "désinformation" de l'industrie du tabac et des buralistes qui protestent contre les hausses programmées des prix des cigarettes. Les buralistes manifestent à partir de ce mercredi contre les hausses des tarifs des cigarettes et réclament un moratoire sur le prix du tabac, alors que deux hausses de tarifs sont prévues d'ici à la fin de l'année.

Pour la première fois depuis les années 2003-2004, le marché français des cigarettes a enregistré une baisse de 2,50 % en valeur au premier trimestre 2013 (- 8,6 % en volume) par rapport à la même période de 2012. "Contrairement à la désinformation véhiculée par l'industrie du tabac et la Confédération, cette baisse de volume n'est pas liée à l'augmentation des achats transfrontaliers, ni même du trafic", mais "à la chute du pouvoir d'achat" des fumeurs et au boum de la cigarette électronique, affirme l'Alliance contre le tabac dans un communiqué.

Pour le président de cette association, Yves Bur, l'État doit "cesser de privilégier la bonne santé du tiroir-caisse des buralistes et les profits des industriels du tabac aux dépens d'une véritable politique de santé publique" alors que le tabac entraîne "73 000 décès par an". La directrice de l'Alliance contre le tabac, Clémence Cagnat-Lardeau, explique pour sa part qu'elle craint que la hausse d'environ 30 centimes par paquet, prévue début juillet, ne soit pas répercutée sur le prix de vente final car les industriels du tabac pourraient décider de rogner sur leur propre marge pour "neutraliser" cette hausse.

voir aussi la note du 12/5/13 sur ce blog :

Le marché du tabac en France

21/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO (suite)

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

19/05/2013

Pourquoi les mots "sexe" et "race" sont-ils politiquement incorrects ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/17/oui-les-races-existent_3296359_3232.html

Sexes et races, deux réalités

LE MONDE | 17.05.2013 à 18h30 • Mis à jour le 18.05.2013 à 19h13

Par Nancy Huston et Michel Raymond

Sciences humaines et sciences naturelles ne font pas bon ménage. Quand les biologistes s'aventurent dans les domaines de l'anthropologie et de la psychologie, ils extrapolent souvent abusivement des causes matérielles aux conséquences sociales. L'homme fait certes partie de la nature, mais les lois biologiques expliquent-elles tous les comportements ? L'hérédité est certes un facteur puissant, mais comment nier que l'histoire des sociétés comme celle des individus a un impact sur notre identité ? Les analyses sociobiologiques des arts et des cultures, à force de se croire capables de tout expliquer à leur aune, laissent souvent sceptique.

Du côté des sciences humaines et sociales, c'est moins la boulimie que l'anorexie qui fait des ravages : penseurs et philosophes contemporains semblent avoir adopté pour devise la célèbre formule "Commençons par écarter tous les faits". D'où vient cette cécité volontaire, obstinée, parfois loufoque, vis-à-vis des sciences naturelles ? En grande partie, bien sûr, de la catastrophe qu'a représentée, au XXe siècle, l'interprétation finaliste de la découverte darwinienne, qui a débouché sur l'idéologie nazie et sur sa traduction dans le réel.

Hitler croyait au déterminisme biologique, Hitler était un salaud, donc le déterminisme biologique n'existe pas : le caractère spécieux du raisonnement saute aux yeux. On aurait pu aussi bien tirer la conclusion inverse à partir des pratiques adoptées en Russie communiste au cours des mêmes années, où l'on envoyait les généticiens dans les camps et idolâtrait l'agronome Trofim Lyssenko (1898-1976), d'après qui l'hérédité était inexistante et la nature des plantes pouvait être modifiée à volonté par les conditions environnementales et les hommes. Malgré ces excès, l'idée que l'intervention volontariste peut être utile n'a pas été pourfendue autant que celle de la pertinence du biologique.

UNE DIFFÉRENCE BIOLOGIQUE

Certains domaines sont tout simplement désossés de toute influence biologique ; la thèse qui en résulte n'est pas bien différente d'une mythologie moderne. Ainsi de l'idée selon laquelle toutes les différences non physiologiques entre hommes et femmes seraient construites ("la théorie du genre", introduite depuis peu dans les manuels scolaires français). Dans le monde vivant, mâles et femelles diffèrent toujours biologiquement, y compris pour une partie de leurs comportements, car chaque sexe a une façon spécifique de se reproduire, ainsi chez les gorilles, chimpanzés et bonobos, dont nous sommes les plus proches cousins.

Quelle force mystérieuse aurait effacé ces différences dans notre espèce à nous ? Les faits, quand on cherche à les connaître, nous montrent que déjà à la naissance – donc avant toute influence sociale – filles et garçons n'ont pas les mêmes comportements. Et comment ne pas reconnaître que le pic d'hormones de la puberté, que partagent les adolescents humains avec les adolescents chimpanzés, a une origine biologique et un effet marqué sur les comportements ? A cela s'ajoute bien évidemment une forte intervention sociale, qui aura le plus souvent tendance à exacerber les différences biologiques.

Autre exemple : celui des différences entre groupes humains. Il existe une multitude de races de chiens, neuf sous-espèces de girafes, quatre de chimpanzés, quelques variétés de mésanges bleues, une liste impressionnante de sous-espèces de ratons laveurs. Quel que soit le mot employé, il s'agit là de différences génétiques. Et chez Homo sapiens ? La fiction actuellement à la mode nous assène que les différences génétiques entre groupes humains sont proches de zéro, que la notion de race est scientifiquement infondée.

"AUSSITÔT TAXÉ D'ESSENTIALISME"

Idée aussi généreuse dans ses intentions politiques que farfelue sur le plan des faits. La diversité de l'espèce humaine est grande : une partie de notre héritage génétique est largement partagée, mais une autre est caractéristique de groupes géographiques. D'ailleurs, il suffit de séquencer le génome d'un inconnu pour savoir d'où proviennent ses ancêtres. Comment nommer ces différences ? Le mot "race" fait peur – il va du reste prochainement disparaître de la Constitution française, on se demande s'il sera suivi par "sexe" –, mais peu importe le terme, il s'agit de ne pas enseigner des inanités.

Ces mythes modernes ont en commun avec les religions de reposer sur la dénégation tranquille de faits physiques et biologiques avérés et irréfutables. Ils ont aussi en commun avec les religions de nous flatter et nous rassurer sur notre statut "unique", "choisi", "élu" parmi les espèces terriennes : loin de faire partie du règne animal et de la nature, nous assurent-ils, les humains jouiraient d'un statut à part. Les races et les sexes, c'est bon pour les plantes et les animaux. Nous, on est supérieurs ! On décide de notre propre sort !

Cet orgueil inné de l'humain est particulièrement coriace en France, où il se combine avec la certitude nationale de disposer d'une intelligence exceptionnelle. Ainsi les faits biologiques ont-ils tendance, ici, à être instantanément traduits en concepts philosophiques.

Si vous affirmez l'existence chez les humains de deux sexes, plutôt que d'un seul ou de toute une kyrielle, vous êtes aussitôt taxé d'"essentialisme". Pourtant, dire que seules les femmes ont un utérus, ou que les hommes ont en moyenne un niveau de testostérone plus élevé qu'elles, ce n'est ni spéculer quant à l'"essence" de l'un ou l'autre sexe, ni promouvoir une idéologie sexiste, ni décréter l'infériorité des femmes par rapport aux hommes, ni recommander que les femmes soient tenues à l'écart de l'armée et les hommes des crèches, c'est énoncer des faits ! Des faits qui, en l'occurrence, ont eu un impact décisif sur l'histoire de l'humanité – son organisation sociale (patriarcat), familiale (mariage, primogéniture), politique (guerre). Nier la différence des sexes, c'est s'interdire toute possibilité de comprendre, donc d'avancer.

L'IDENTITÉ, RÉSULTAT DE NOS INTERACTIONS

De même, affirmer que Homo sapiens, à partir d'une même souche africaine voici soixante-dix mille à cent mille années, a évolué de façon relativement autonome dans différentes parties du globe et s'est peu à peu diversifié en sous-espèces, ou variétés, ou – pardon ! – races différentes, ce n'est pas une opinion, encore moins un décret politique, c'est une simple réalité. Elle n'implique aucun jugement de valeur ; la génétique moderne se contente de décrire.

Le racisme hitlérien, scientifiquement aberrant, s'enracinait – comme toutes les autres formes de racisme – dans des convictions autrement anciennes et tribales.

Notre identité biologique est elle-même le résultat, non seulement de l'hérédité, mais aussi de l'interaction avec le milieu dans lequel nous vivons. Depuis des millénaires, les populations humaines se sont adaptées au terrain, au climat et aux conditions de vie extrêmement variables d'une partie du globe à l'autre. Aujourd'hui, les différentes populations humaines n'ont ni la même pilosité, ni la même couleur de la peau, ni les mêmes maladies et systèmes de défense contre celles-ci.

Les médecins savent qu'il existe une variation dans la réponse aux médicaments – les psychotropes par exemple – selon le groupe auquel appartient le malade. Les Inuits sont adaptés au froid, tout comme les sherpas de l'Himalaya sont adaptés à la vie en altitude. Même si des traits culturels interviennent également, ces adaptations sont génétiques.

DÉPASSER UNE CÉCITÉ RÉCIPROQUE

L'évolution ne s'arrête jamais. Ces différents groupes humains donneront-ils à l'avenir de véritables espèces ne pouvant plus se croiser ? C'est une possibilité, assez banale dans l'histoire des mammifères et plusieurs fois observée dans notre lignée évolutive récente. A l'inverse, si les reproductions entre les groupes actuels deviennent très fréquentes, cela pourrait homogénéiser l'ensemble. On en est bien loin, même aux Etats-Unis. A l'heure actuelle, donc, les groupes humains génétiquement différenciés existent.

Soulignons au passage que la différence des sexes est d'une autre nature que celle-là, car les sexes ne se métissent pas : en croisant un mâle et une femelle, on n'obtient ni un hermaphrodite ni une transsexuelle mais, dans la quasi-totalité des cas, un mâle ou une femelle. La connaissance du vivant n'a pas à se soumettre au choix politique entre droite conservatrice, qui exagère toujours le poids du donné, et gauche révolutionnaire, qui croit tout transformable. Il est temps de passer outre ces réponses simplistes à des questions infiniment difficiles, car si nous continuons à ignorer et à maltraiter le monde, nous risquons de compromettre nos chances de survie. L'antagonisme entre nature et culture est intenable. L'être humain est un animal pas comme les autres : pas facile d'accepter vraiment les deux parties de cette phrase en même temps !

Comme l'on ne disposera jamais d'un discours unique, capable de rendre compte de sa complexité, au lieu de se cantonner dans le sectarisme et le dogmatisme qui conduisent à la cécité réciproque, nous avons tout intérêt à partager nos différents savoirs. Ceux d'entre nous qui gagnent leur vie par la pensée devraient donner l'exemple en matière de modestie et de curiosité.

Nancy Huston et Michel Raymond

Auteurs

 

Née à Calgary au Canada, Nancy Huston vit à Paris depuis 1973. Romancière et essayiste, son dernier ouvrage paru est "Reflets dans un œil d'homme" (Actes Sud). En août paraîtra son nouveau roman, "Danse noire", chez le même éditeur.


Directeur de recherches au CNRS, Michel Raymond est spécialiste de biologie évolutionniste à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier. Dernier livre paru : "Pourquoi je n'ai pas inventé la roue" (Odile Jacob, 2012). Il est aussi connu pour ses travaux sur la génétique de l'adaptation.

17/05/2013

Europe : interdiction de pesticides tueurs d'abeilles, une décision en trompe l'œil

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/abeilles-trois-pesticides-interdits-mais-une-persistance-dans-l-environnement_3168902_3244.html

Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens

Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013 à 16h04

Par Audrey Garric

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.). La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Lire : Abeilles : trois pesticides interdits dans l'Union européenne

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne. Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

Lire : Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton. Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures. Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014. Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004. Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."

Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.

"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes. Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP. 

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric

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Abeilles

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16/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

12/05/2013

Le marché du tabac en France

Un marché de dupes qui coûte aux contribuables 26 milliards d'euros (*) par an !

Sachant qu'il y a environ 26 millions de foyers fiscaux imposés (**), cela représente 1000 euros par foyer fiscal et par an, payés par le contribuable pour enrichir les multinationales du tabac.

lu sur:

http://www.lepoint.fr/societe/rentrees-fiscales-le-prix-de-la-mortalite-du-tabac-10-05-2013-1665381_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130512

La Sécu paie le prix fort du tabac

Le cancer a un coût très élevé pour la société, et cela, même si l'intégralité des sommes perçues par les douanes va combler le trou de la Sécu. “Ce coût du cancer s’étale dans le long terme”, explique volontiers le docteur Gilles Lecoq, à la tête de la Mildt. “L’ordre de grandeur n’est pas le même que celui des rentrées fiscales”, assène-t-il.

L’Assurance maladie, dont les dernières estimations datent de 2011, chiffre les dépenses du cancer à plus de 30 milliards d’euros. La Cour des comptes évoque la quarantaine de milliards. Au-delà des vies perdues, c’est plus de deux fois les rentrées fiscales annuelles que génèrent les produits du tabac. Plus d’un fumeur sur deux contracte un cancer au cours de sa vie.

(Le marché du tabac en France représente près de 14 milliards d'euros pour les 2,705 millions de paquets vendus en 2011)

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(*) 40-14=26

(**) http://ww.installagri.net/resultat_donnees_chiffres.php?id=864&ln=a5b&region=0&page=OBSERVATOIRE_N&affichage=resultat&change=&noframe=&tdb=1

11/05/2013

Contre les projets inutiles de nos "élus", une résistance "citoyenne"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/un-squat-contre-un-projet-de-zone-commerciale-pres-de-rouen_3175328_3244.html

LE MONDE | 10.05.2013 à 18h40 • Mis à jour le 11.05.2013 à 13h57

Par Rémi Barroux

Rassembler et disséminer : telles sont les deux stratégies des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, défendu par le gouvernement. Samedi 11 mai, les militants doivent tenter de fédérer les soutiens en organisant une chaîne humaine autour de la "zone d'aménagement différé" (ZAD), rebaptisée "zone à défendre". Des milliers de personnes – le 17 novembre 2012, 40 000 personnes avaient arpenté le bocage nantais – devaient se donner la main pour encercler les 1 640 hectares du terrain où doit être construit l'aéroport du Grand Ouest.

Mais, alors que le projet de Notre-Dame-des-Landes est de fait gelé pour une durée indéterminée, les "zadistes" ont une autre stratégie : "semer des ZAD" partout, autrement dit occuper les zones où doivent se construire des projets qualifiés d'"inutiles", comme la ligne ferroviaire Lyon-Turin, un projet d'incinérateur dans le Morvan, le stade de football de l'Olympique lyonnais à Décines-Charpieu, la zone commerciale dans le triangle de Gonesse, en région parisienne...

Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : projet confirmé mais retardé

A Mont-Saint-Aignan, au nord de Rouen, la cible est une filiale du groupe Auchan, Immochan, qui a acheté des terres agricoles. Dans cette nouvelle ZAD, pas de cabanes dans les bois ou de barricades dans la boue : à la ferme des Bouillons, le squat est trois étoiles. Cinq, six ou sept jeunes, selon les circonstances, vivent là en permanence. L'enjeu porte sur 4 hectares de terres agricoles. Avec un mot d'ordre facile : "Des champs ! Pas d'Auchan !"

FERME HISTORIQUE

La société Immochan, qui gère "des espaces de commerce et de vie" dans le monde entier, a racheté le terrain en janvier 2012. Cinq ans plus tôt, les terres agricoles de cette grande ferme ont été classées en "zone à urbaniser" par la municipalité. Une aubaine pour le groupe Auchan, qui ne dispose d'aucun hypermarché à Rouen.

En juillet 2012, un permis de démolition de la jolie maison à colombages est délivré. L'alerte est donnée par une conseillère municipale écologiste de Mont-Saint-Aignan, dont le maire actuel est membre du Parti socialiste. Un petit groupe décide, le 6 décembre, d'occuper la dernière ferme historique du plateau.

Depuis, la vie s'est organisée. Soirées culturelles, réunions militantes, sans compter les soins à apporter aux poules, coqs, brebis et agneaux. Quand deux huissiers sont venus délivrer aux occupants, le 17 avril, un commandement de justice de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures, la riposte a été immédiate. L'Association de protection de la ferme des Bouillons sait pouvoir compter sur plus de 200 personnes dans une "chaîne d'urgence" mobilisable sur simple coup de fil.

Samedi 20 avril, avec l'aide de la Confédération paysanne, les zadistes normands ont labouré une parcelle et semé des pommes de terre. Le projet agricole existe. "Nous voulons empêcher toute destruction, et que la mairie requalifie les terres en zone naturelle et agricole", explique Sacha Vue, 24 ans, un ingénieur agronome qui a lancé le mouvement.

PROJET COLLECTIF

Olympe Crocq, 25 ans, étudiante en allemand, vit aussi ici, comme Barthélemy Guéret, 27 ans, intermittent du spectacle. Cédric Bineau, 31 ans, étudie quant à lui le maraîchage à Yvetot. Avec son collectif, les Appoyas, il cherche un lieu pour développer un projet collectif – maraîchage, boulangerie, forge et activités pédagogiques.

Tous se disent politisés, mais aucun parti ne trouve grâce à leurs yeux. Sacha dénonce le double langage des élus socialistes : "D'un côté, ils votent de grandes résolutions pour préserver les terrains agricoles et, de l'autre, ils ne préemptent pas les terres qui sont vendues."

Adeptes de la guitare, du jonglage, des "soirées conte" ou des mini-concerts qui se tiennent dans l'un des nombreux bâtiments, ces militants misent d'abord sur les habitants de Mont-Saint-Aignan et de l'agglomération rouennaise.

Le groupe est jeune et cultive l'ouverture. Tous se réfèrent à Notre-Dame-des-Landes, où ils se sont souvent rendus. Olympe y a "découvert le militantisme" : "Il s'est passé quelque chose là-bas", dit la jeune fille. Mais ils ne se reconnaissent pas dans l'aspect guerrier parfois véhiculé dans le bocage nantais. Sacha y a campé durant un mois : "Des zones à défendre, il y en a partout, mais ici on ne voulait pas de barricades ou porter des cagoules", dit-il.

Le 11 mai, ils seront à Notre-Dame-des-Landes. Combien de temps vont-ils rester à la ferme des Bouillons ? "On ne défend pas ce projet pour nous", avance Olympe. "On reste ici jusqu'à ce que l'on gagne ou que l'on se fasse jeter", assène Cédric. C'est cela, l'esprit ZAD.

Lire aussi : A Avignon, la possibilité d'une ZAD

Rémi Barroux

10/05/2013

Folie, folies, globalisation anglosaxonne ...

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ff32f62c-b8c2-11e2-89b6-638e06aa0196

Psychiatrie vendredi10 mai 2013
 

Tour du monde de la folie

Les troubles mentaux varient d’une culture à l’autre. Avec une bible mondiale de la psychiatrie rédigée aux Etats-Unis, ne risque-t-on pas d’américaniser la folie?

Chez les Wolofs, au Sénégal, il n’y a pas de démence sénile. Juste des réincarnations qui arrivent un peu trop tôt et font qu’un nouveau-né se retrouve dans le corps d’un vieillard. Au Congo, en lingala, l’anxiété se traduit par une étrange sensation de vibration, «comme une branche qu’un oiseau vient de quitter». Quant aux Coréens, ils ne parlent plus de schizophrénie mais de problèmes d’accordage du cerveau, semblables à ceux qu’on peut avoir avec un vieux piano récalcitrant.

Les troubles mentaux, ou du moins les mots pour en parler, varient d’une culture à l’autre. Pourtant, les psychiatres du monde entier utilisent – notamment dans la recherche et l’enseignement – un ouvrage rédigé par des experts américains: le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), dont la cinquième édition sort la semaine prochaine (LT du 06.05.2013 ). Au risque d’américaniser la folie? Le point avec Norman Sartorius, ancien responsable de la division Santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé et consultant externe pour le DSM-V.

Le Temps: Le «DSM-V» définit les contours de la santé mentale. Est-ce que cette frontière bouge beaucoup d’une culture à l’autre?

Norman Sartorius: Les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie, la dépression majeure ou la démence, existent partout. Pour la schizophrénie, on a une incidence – soit le nombre de nouveaux cas par année – qui est la même à peu près n’importe où dans le monde. La prévalence – le nombre total de cas à un moment donné – varie, elle, parce que les chances de survie ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Il y a eu quelques doutes sur la démence. Certains experts disent qu’elle est plus rare en Afrique, mais on manque de preuves solides pour étayer cette thèse. Quant à la dépression, du temps des colonies, on croyait que cette maladie n’affectait que les Blancs d’Europe. Mais, avec la décolonisation, on s’est rendu compte que ça n’était simplement pas considéré comme un motif de consultation valable pour les populations locales.
En général, je dirais que les maladies graves en psychiatrie ont une similarité remarquable d’une culture à l’autre, c’est pour des troubles plus légers qu’il y a des variations.

– Par exemple?

– L’arachnophobie, notamment, est beaucoup plus répandue en Angleterre qu’elle ne l’est en Inde. Il y a aussi le koro, ce syndrome où la personne a l’impression que son pénis ou ses seins vont se rétracter. Souvent, elle y accroche des objets pour empêcher qu’ils ne puissent rentrer dans le corps. On observe surtout ce trouble à Singapour ou en Malaisie. Mais il y a aussi de rares cas ailleurs. Je suis convaincu que toutes les maladies existent partout, c’est la fréquence qui varie d’une culture à l’autre.

– Il y a aussi des différences dans ce qui est considéré comme pathologique ou non.

– Effectivement. Jusque dans les années 70, l’homosexualité était inscrite au DSM et il y a encore plusieurs pays, dans le monde arabe notamment, où on estime qu’il s’agit d’une maladie. Il y avait aussi dans la classification officielle indonésienne un diagnostic pour les clochards, qu’il fallait mettre en hôpital psychiatrique pour les soigner.

– N’y a-t-il pas des gens qui passent pour fous ici et pas ailleurs?

– La démence sénile, par exemple, n’est pas considérée comme une maladie chez les Wolofs, au Sénégal. Ils pensent qu’à la fin de leur vie les hommes renaissent. De temps à autre, un individu renaît trop tôt, et un nouveau-né se retrouve dans le corps d’une personne âgée: il est incontinent, ne veut pas écouter, ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne sait pas parler… Mais il est beaucoup plus simple de mobiliser les gens pour aider un enfant qu’un vieux atteint d’une maladie mentale. Sa survie est plus importante. Il y a aussi dans beaucoup de populations d’Afrique ou d’ailleurs l’idée que la maladie mentale est une histoire de mauvais œil, de magie noire. Là encore, les gens se mobilisent plus facilement contre une agression qui vient de l’extérieur, de quelque tribu voisine, que pour un cerveau malade, face auquel ils se sentent peut-être plus désarmés. On observe des systèmes similaires dans différentes cultures: ils justifient le fait d’aider les personnes souffrant de troubles mentaux qui autrement seraient considérées comme des poids pour la communauté.

– Vous dites que les grandes catégories de maladies mentales se retrouvent partout, mais n’a-t-on pas pensé un moment que la dépression était moins fréquente en Extrême-Orient?

– Effectivement, une grande étude de l’OMS a montré qu’il y avait moins de gens qui consultaient pour dépression en Chine et au Japon. Surtout si on compare à l’Amérique latine, où il y en a beaucoup. Mais c’est compréhensible: le mot dépression, dans le sens où nous l’entendons, n’existe par exemple pas en chinois. Si on adapte les mots et la manière de poser des questions, d’aborder l’entretien avec un malade, la différence disparaît.

– Donc les troubles sont les mêmes, mais la façon d’en parler varie?

– Absolument. Par exemple, chez nous, le mot anxiété vient d’une racine très ancienne, ang, qui veut dire très étroit. On se sent comprimé, dans un état où on ne peut pas bouger. Ce concept d’étroitesse n’est pas présent chez les Iraniens, qui se réfèrent plutôt à un problème lié à leur cœur. Quant aux Africains qui parlent lingala, ils vont vous décrire quelque chose qui vibre en eux, comme une branche qu’un oiseau vient de quitter. Le phénomène psychologique est le même en Europe, en Iran ou au Congo, c’est la façon de le décrire qui change.

– Le nom que l’on donne à une maladie joue-t-il un rôle important?

– Oui. Les mots que l’on utilise pour un diagnostic sont souvent très stigmatisants. Prenez la schizophrénie, qui a été nommée pour la première fois en Suisse au début du XXe. A l’époque, c’était la mode d’utiliser le latin ou le grec pour donner des noms aux maladies. Ce qui fait qu’il n’y a aujourd’hui plus que les Grecs qui comprennent ce que ces noms signifient. Tous les autres les utilisent sans savoir. Mais au Japon, en Chine ou en Corée, ils doivent être traduits dans la langue locale. Schizo veut dire cassé, fendu, et phrène esprit, cerveau. C’est très difficile de dire à un malade qui demande son diagnostic: vous avez le cerveau cassé, ça n’est pas tellement acceptable. Au Japon, il n’y avait donc qu’une proportion minime de médecins qui communiquaient leur diagnostic aux patients. Les autres s’en sortaient en disant qu’il s’agissait d’une maladie compliquée. Mais un mouvement issu des associations de malades, de leurs proches et de médecins a fait changer le nom de la maladie. Le nouveau terme veut dire quelque chose comme «désordre de la coordination de la pensée», c’est beaucoup plus acceptable parce que ça correspond à ce que les malades ressentent.

– Est-ce que ça a débloqué la situation?

– La communication du diagnostic au patient est passée de 6 à 75% des cas. En s’inspirant de cette idée, les médecins coréens tentent d’aller plus loin. Depuis peu, ils essaient d’introduire pour la schizophrénie un nouveau nom qui signifie «problèmes d’accordage de la pensée», comme pour un piano désaccordé. Là aussi, les patients reconnaissent qu’ils n’arrivent plus à accorder leurs pensées comme avant et acceptent mieux le diagnostic. C’est très important parce que cela sert de base pour avoir un échange entre le malade et le médecin qui permet de se mettre d’accord sur un traitement.

– C’est crucial?

– Lorsque le malade comprend
ce qui se passe, il peut participer au processus de traitement. Sinon, cela revient à lui donner des ordres, qu’il ne va pas bien suivre. Ce contrat entre le
patient et le médecin est aujourd’hui devenu la base du traitement de n’importe quelle maladie.

– Si les mots utilisés pour poser un diagnostic sont si importants, n’est-il pas problématique que des psychiatres du monde entier se basent sur un manuel rédigé aux Etats-Unis?

– C’est le risque général de la globalisation. Vous avez une langue très forte qui s’utilise partout et pour tout. Cela dit, son influence se fait surtout sentir dans le domaine de la recherche. Et, pour surmonter le fait que chaque patient est différent, dans le DSM chaque diagnostic est accompagné d’une description qu’on appelle opérationnelle, une liste de symptômes. Si le malade en réunit un certain nombre, on peut dire
que son trouble correspond au diagnostic. Cela a été introduit dans le DSM-III en 1980.
C’était révolutionnaire, parce que pour la première fois on essayait de donner un aspect quantifiable et comparable à l’état des patients.

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b9fce74c-b5a3-11e2-abed-bb9758babf60/Etes-vous_devenu_fou

psychiatrie lundi6 mai 2013

Etes-vous devenu fou?


Le nouveau manuel de diagnostic psychiatrique américain sort la semaine prochaine. Il redéfinit les frontières de la santé mentale. La norme est en train de passer du côté du pathologique. Enquête sur les apports et les dangers de cette bible de la médecine mentale

C’est le moment de s’interroger sur sa santé mentale. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique américain des troubles mentaux (DSM), la bible mondiale de la psychiatrie, sera publiée la semaine prochaine, au terme d’une révision houleuse. C’est le genre de choses qui arrive lorsqu’on déplace les frontières de la folie. Ses nombreux détracteurs reprochent surtout au DSM-5 de médicaliser des émotions normales, comme le deuil ou les colères infantiles (lire ci-dessous ). Mais qui peut dire dorénavant où se situe la norme?

A l’origine, le DSM ne devait être qu’une nomenclature, rappelle Pierre Bovet, médecin-chef au Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (LT du 19.02.2010 ). C’était d’ailleurs le cas des deux premières éditions. Le DSM-III, publié en 1980, a introduit des critères pour le diagnostic. La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que cette révision était nécessaire, pour endiguer une dérive liée à des critères trop lâches. «Le problème, c’est que le DSM est très vite devenu une sorte de manuel de la psychiatrie, poursuit Pierre Bovet. Comme si les troubles tels qu’ils y sont décrits, sous la forme d’une liste de critères diagnostiques, étaient l’image clinique de la maladie.» Pour lui, cette approche a provoqué un appauvrissement dramatique de la psychopathologie, soit la tentative de comprendre la personne qui souffre et son fonctionnement.

Le DSM est élaboré par l’Association américaine de psychiatrie (APA). Mais son influence s’étend bien au-delà des Etats-Unis. Les principales revues scientifiques étant anglo-saxonnes, les chercheurs du monde entier doivent se référer au manuel dans leurs publications. Il est aussi utilisé un peu partout dans la pratique. Il existe bien une alternative, la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, mais son chapitre sur la santé mentale est à peu près calqué sur le DSM.

Allen Frances, professeur émérite de psychiatrie à la Duke University de Durham, en Caroline du Nord, est un des critiques les plus actifs du DSM-5. De passage en Suisse l’automne dernier (LT du 20.11.2012 ), il prévoyait une pandémie de diagnostics psychiatriques avec la parution du nouveau manuel. Il est assez bien placé pour en parler puisqu’il a participé aux précédentes révisions: «Avec le DSM-IV, en 1994, nous avons créé – ou du moins contribué à créer – plusieurs épidémies.» Aux Etats-Unis, les cas de troubles bipolaires auraient doublé, ceux d’autisme auraient été multipliés par vingt. Pour le psychiatre, un des principaux défauts de l’édition à paraître du manuel est de médicaliser les «soucis de la vie de tous les jours». Selon des études citées par Allen Frances, 50% des Américains et 43% des Européens remplissent déjà au moins une fois au cours de leur vie les critères correspondant à un diagnostic psychiatrique. Le risque est que le DSM-5 fasse basculer une majorité de la population de l’autre côté de la nouvelle frontière de la santé mentale, tracée par les experts de l’APA.

«Peut-être que si de nombreuses personnes reçoivent un diagnostic psychiatrique, la stigmatisation de ces troubles diminuera, fait valoir Pierre Bovet. Je pense que 100% des individus affrontent une fois au cours de leur vie un diagnostic somatique qui va au-delà de la grippe, sans être pour autant pointés du doigt. Du côté de la psychiatrie, être déprimé est aujourd’hui beaucoup mieux accepté qu’il y a une trentaine d’années, parce que tout le monde a une fois traversé une phase de dépression ou connaît quelqu’un qui en a traversé une.» Pour Wulf Rössler, professeur émérite de psychiatrie sociale à Zurich, il est peut-être temps de reconnaître que les problèmes mentaux font partie de la vie et de la nature humaine.

«Peut-être que ça aidera certains à être plus libres par rapport à leur psychisme, relève Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Mais j’ai l’impression que cela dévalorise en même temps le diagnostic de ceux qui souffrent vraiment.» Il estime pour sa part que si plus de 50% de la population correspond à un diagnostic, c’est que l’on psychiatrise des problèmes qui n’ont pas lieu de l’être. Ou alors il faut se poser certaines questions: «Est-ce le fonctionnement de notre société qui est inadéquat? Doit-on revoir notre mode de vie pour viser des existences moins pathogènes et plus épanouissantes?»

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08/05/2013

La moralisation politique ? Quelle moralisation politique ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/07/contresens-gouvernemental-sur-la-moralisation-politique_3173019_3232.html

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Contresens gouvernemental sur la moralisation politique

LE MONDE | 07.05.2013 à 19h11

Par Séverine Tessier (porte-parole de l'association Anticor) et Jérôme Karsenti (avocat de l'association)

La résonance de l'affaire Cahuzac, qui a conduit le gouvernement à soumettre en urgence au conseil des ministres du 24 avril trois projets de loi dits "de moralisation de la vie publique", ne peut s'expliquer que par l'écoeurement des citoyens confrontés à la succession d'affaires politico-judiciaires qui a émaillé les trente dernières années de la Ve République. L'affaire des tableaux de Claude Guéant, qui suinte la fraude fiscale et alimente des soupçons de financement occulte de la campagne électorale, vient ajouter au malaise ambiant.

Cependant, la réponse apportée par le gouvernement à la fois opère un contresens sur le diagnostic et se montre hors sujet quant aux solutions proposées.

Le scandale Cahuzac est né du symbole cumulé d'un ministre du budget, pris la main dans le sac de la fraude fiscale, alors qu'il était le fer de lance de la politique de rigueur et de la chasse à la fraude lancée par le président de la République. L'émotion suscitée a fait penser au gouvernement d'une part qu'il convenait de réagir dans l'immédiateté et d'autre part et surtout que le coeur du problème était l'opacité des revenus des hommes politiques.

Cela semblait si simple, la fraude de M. Cahuzac comme son mensonge public étaient des signes de dissimulation ; contraindre les élus à la transparence serait le remède à cette maladie honteuse. Cette analyse sommaire évite de réfléchir aux causes exactes du malaise démocratique de cette affaire. Le constat primaire qui se répand comme un parfum nauséabond est que la représentation politique est une classe de privilégiés qui sert ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général. En d'autres mots, c'est la porosité de plus en plus palpable entre les élus et le monde de l'entreprise et de la finance qui met en péril l'équilibre de nos institutions. Il ne s'agit donc pas de moraliser la vie publique, mais de la démocratiser pour en faire une société moderne et libre dans laquelle le contrôle citoyen pourra prendre sa place.

Comment concilier une activité privée quelle qu'elle soit et le service de l'intérêt général ? Comment accepter que des amendements législatifs soient apportés clés en main par des groupes privés à des élus ? Comment ne pas réagir à la pratique très courue des partenariats public-privé (PPP), dans lesquels par exemple des élus municipaux, directeurs de banque par ailleurs, ne sont pas inquiétés alors même que la banque qu'ils dirigent est la banque prêteuse de la société créée pour porter le projet ?

Il n'est pas nécessaire de mettre un coup de peinture à la Commission pour la transparence financière de la vie politique (CTFVP) pour en faire une haute autorité de contrôle et tenter ainsi d'illusionner le maître d'oeuvre ignorant ; une réforme d'ampleur institutionnelle s'impose.

Il aurait d'abord fallu prendre le temps et ne pas légiférer dans la précipitation, comme cela se faisait lors du précédent quinquennat. Pourquoi ne pas avoir profité des quatre projets de loi tendant à réformer la Constitution pour solenniser en congrès une réforme qui aurait pu rassembler tout l'échiquier parlementaire ? Qu'il suffise de dire que l'essentiel du travail intellectuel a été fourni dans le cadre de différents rapports élaborés par la commission Sauvé (2011), la commission des lois du Sénat présidée par Jean-Jacques Hyest (2011), la commission Jospin (2012), mais également par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que différentes associations et personnalités.

Une réforme d'ampleur aurait pu d'abord viser à mener une lutte effective contre les conflits d'intérêts. La déclaration d'intérêt ne mettra pas fin au conflit d'intérêts, elle en limitera l'effet ou imposera à l'élu l'usage de subterfuges plus élaborés pour éviter la suspicion. De même que l'interdiction des fonctions de "conseil" avec un mandat de parlementaire est trop restrictive. Seule une interdiction totale du cumul d'une profession privée et d'un mandat électif serait suffisante pour limiter les influences d'intérêts privés sur le mandat public. Cette interdiction pourrait même être sanctionnée pénalement si elle n'était pas respectée.

A cette proposition, il est toujours opposé le risque de professionnalisation des élus et de leur déconnexion du "monde réel". Or, la professionnalisation est un fait actuel que les activités privées des élus n'ont pas empêché. Songeons à ces Balkany, Guérini, Tiberi, Chirac, etc., tels des phénix toujours mieux élus dès lors qu'ils ont été condamnés ou mis en examen. Ainsi, il est indispensable de poser le principe d'une interdiction du cumul des mandats ainsi que de leur renouvellement dans le temps. Le risque de professionnalisation disparaîtrait. Le refus de certains élus, qui ont porté la campagne de François Hollande, de faire voter une loi sur le cumul des mandats participe aussi du discrédit de la classe politique qui apparaît comme accrochée à ses hochets comme les moules à leur rocher. Une telle réforme imposerait de se pencher sur l'élaboration d'un véritable statut de l'élu et l'instauration d'une sorte de "congé électif".

Cette réforme aurait ensuite dû instaurer une autorité indépendante pour contrôler les marchés publics et protéger les lanceurs d'alerte au moyen de l'anonymat. Cette autorité pourrait reprendre également les missions conférées par la loi nouvelle, mais également celle de la Commission de déontologie, qui ne joue qu'un rôle consultatif, alors que les problématiques de pantouflage sont une réalité non négligeable.

Les marchés publics sont une source constante de détournements de fonds publics, d'augmentation des coûts, d'avantages injustifiés. Il est temps de repenser avec plus de rigueur le cadre de la dépense publique, les organes de contrôle de légalité ne jouant plus leur rôle (notamment le préfet ou le contrôleur financier). Le contrôle de la dépense publique échappe de plus en plus aux élus par le biais des partenariats public-privé, qui opèrent un transfert de souveraineté des collectivités territoriales au profit de grands groupes privés (Bouygues, Vinci, etc.). De plus, les lanceurs d'alerte sont aujourd'hui abandonnés par la loi. Ils ont l'obligation de dénoncer des faits illégaux qu'ils constatent, mais aucune protection ne leur est réservée. Il convient de leur donner une légitimité et un statut protecteur. Interdire le lobbying paraît en outre nécessaire.

Il faudrait instaurer un parquet indépendant qui ne disposerait plus de l'opportunité des poursuites en ce qui concerne les infractions à la probité publique. Il serait désormais tenu légalement de donner une suite pénale à toute infraction de cette nature.Chaque infraction devant générer une réponse pénale lorsqu'elle concerne un élu, un membre du gouvernement ou des cabinets, un responsable d'une entreprise publique.

Enfin, les faits relatifs aux infractions portant atteinte à la probité publique doivent être imprescriptibles. De même, tout élu ayant été condamné pour des faits portant atteinte à la probité doit être déclaré inéligible à vie.

Le saupoudrage législatif à venir constitue certes un progrès. Celui-ci réside dans les moyens d'investigation et de contrôle conférés à la haute autorité et dans le droit donné aux associations de lutte contre la corruption de se constituer partie civile dans les procès. Mais il est à craindre que la défiance à l'égard de la représentation politique, qui ne s'attaque pas au trafic d'influence et limite par un agrément aux critères indéfinis la constitution de partie civile des associations, ne soit pas enrayée par une si petite ambition. Nous lançons un appel solennel pour que le gouvernement engage rapidement la réforme d'ampleur tant attendue par les Français de démocratisation de la vie publique.

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mon commentaire :

à propos de moralisation de la politique , pour sortir d'une représentation politique qui est une classe de privilégiés qui servant ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général, voir :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ?

Recherche médicale : les firmes pharmaceutiques peuvent-elles tout se permettre ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/08/en-belgique-le-cas-d-un-enfant-atteint-d-une-maladie-rare-suscite-la-polemique_3173409_3214.html

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En Belgique, le cas d'un enfant atteint d'une maladie rare suscite la polémique

LE MONDE | 08.05.2013 à 10h49 • Mis à jour le 08.05.2013 à 14h29

Par Jean-Pierre Stroobants

Bruxelles, correspondant. Un petit garçon de 7 ans, Viktor Ameys, pourra continuer à vivre grâce à un médicament très coûteux susceptible de soigner la maladie rare dont il souffre. Depuis plusieurs jours, le cas de l'enfant avait suscité beaucoup d'attention en Belgique parce qu'il posait la question éthique des limites éventuelles du remboursement par la Sécurité sociale – son traitement coûte 18 000 euros par mois – et des choix à opérer par le monde politique en période de rigueur. Au fil du temps, l'affaire a aussi illustré l'attitude de certaines firmes pharmaceutiques : celle qui fabrique le médicament de Viktor n'a pas hésité à médiatiser le cas du jeune garçon afin d'exercer une pression maximale sur la ministre de la santé.

Viktor, ainsi qu'une vingtaine d'autres Belges, est atteint du syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa), une maladie auto-immune rare qui affecte surtout des enfants jeunes. Elle entraîne notamment des problèmes sanguins et une grave insuffisance rénale, mais peut finir par toucher d'autres organes. Le traitement possible du SHUa consiste en des injections intraveineuses de plasma, une greffe (rein et foie), mais surtout un traitement jugé révolutionnaire, l'eculizumab, un anticorps mis au point sous le nom de Soliris par la firme américaine Alexion Pharmaceuticals. 

Dans un premier temps, une commission officielle de remboursement, qui regroupe divers acteurs de la santé, a émis des réserves face à l'idée de dépenser un montant annuel pouvant atteindre 500 000 euros par patient. Il y a quelques semaines, les experts de la Sécurité sociale belge ont donc invité Alexion à baisser ses tarifs, d'autant que le laboratoire n'avait pas fourni d'indications claires quant au coût réel de la fabrication du Soliris.

L'entreprise américaine – qui a réalisé un bénéfice net de 194 millions d'euros en 2012 – a d'abord refusé, tablant sans doute sur l'émotion suscitée par les récits des parents de Viktor et d'autres petits malades, catastrophés à l'idée de ne pouvoir assumer le coût du traitement de leurs enfants. Jeudi 2 mai, dans un communiqué, la firme accusait la ministre de la santé, Laurette Onkelinx, de retarder une décision alors que la vie de patients était "mise en jeu". Les parents de Viktor se disaient, quant à eux, "dégoûtés".

Ils ne savaient pas encore que l'importante société bruxelloise de lobbying G + Europe, qui les avait aidés à médiatiser le cas de leur enfant, travaillait, en réalité, pour le compte d'Alexion, comme l'ont révélé plusieurs médias. Une information implicitement confirmée par un responsable de G + Europe qui déclarait, samedi 4 mai, au quotidien De Standaard : "En définitive, les patients et l'entreprise pharmaceutique ont le même but : que la ministre signe un accord avec Alexion."

"LA MÉTHODE N'EST PAS CORRECTE"

"La méthode n'est pas correcte", a estimé le père de Viktor. L'association Pharma.be, qui regroupe les industriels belges du médicament, critique la méthode utilisée ainsi que son manque de transparence. Elle menace, dès lors, d'exclure Alexion de ses rangs.

La ministre de la santé a annoncé, mardi 7 mai, qu'elle avait finalement conclu un accord avec le fabricant américain. Le Soliris sera remboursé pour les malades du SHUa et d'une autre maladie rare, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, une forme grave d'anémie. Les modalités de l'accord conclu entre Mme Onkelinx et Alexion devraient rester secrètes.

Le dossier est toutefois jugé exemplaire pour d'autres raisons. "En laissant la quasi-totalité de la recherche médicale au secteur privé, les gouvernements se sont mis en situation de devoir accepter de payer le prix demandé ou de paraître refuser un soin", déplore par exemple, dans le journal Le Soir, Michel Roland, professeur de médecine générale à l'Université libre de Bruxelles.

L'Europe ne peut intervenir dans les questions d'agrément ou de remboursement des médicaments, qui relèvent des compétences nationales, mais elle tente de remédier à certaines carences en développant les programmes d'aide à la recherche. Les maladies rares ont ainsi fait l'objet d'une centaine de projets financés à hauteur de 500 millions d'euros au cours des six dernières années. En février, 26 nouveaux projets de recherche ont été financés à hauteur de 144 millions. Des programmes plus généraux de recherche médicale, en partenariat avec l'industrie, disposent d'un budget de 2 milliards.

Problème : entre 6 000 et 8 000 maladies dites rares sont recensées, dont une bonne part ne pourra faire l'objet d'un traitement. Environ 30 millions d'Européens souffriraient de l'une de ces pathologies.

05/05/2013

Suicide d'un militant anti-OGM

Aucun média n'en parle.

http://blogs.mediapart.fr/blog/laure/030513/en-souvenir-de-pierre-azelvandre-lerudit-du-mouvement-anti-ogm

En souvenir de Pierre Azelvandre, l'érudit du mouvement anti-OGM

 
Si il n'avait pas été relayé par les militants écologistes de la région, ce décès serait passé inaperçu. Pierre Azelvandre, 49 ans, s'est donné la mort lundi 22 avril, sur une aire d'autoroute haut-rhinoise, le long de la RN 89. Ancien chercheur, titulaire d'un doctorat en biologie moléculaire, il avait consacré ces dernières décennies à lutter contre le déni démocratique que représentaient pour lui les cultures OGM. Il était sorti de son anonymat d'érudit solitaire à l'automne 2009, lors d'une action polémique où il avait coupé 70 plants de vignes OGM, un essai mené par l'Institut national de la recherche agricole (Inra) en plein milieu du vignoble.
Un faucheur d'OGM lors du procès à Colmar contre l'Inra - Septembre 2011© Laure Siegel
Quelques semaines après, il fut condamné en appel par le tribunal de Colmar à un mois de prison avec sursis, 50 000 euros de dommages et intérêts, 2 000 euros d'amende et 2 500 euros de frais de justice. Son geste avait provoqué une prise de conscience au sein de la communauté viticole de la région, mais aussi un vif débat parmi les tenants de la recherche libre qui revendiquaient de pouvoir travailler en-dehors de toute idéologie. Il n'avait pas été soutenu d'emblée par les politiques estampillés Verts de la région, engagés pour certains dans le groupe de travail de l'Inra.
Sa détermination avait pris sa source dans son parcours professionnel : après une thèse au CNRS, il avait travaillé pour une firme qui commercialisait des OGM. Il démissionna le jour où il entendit son directeur de recherche falsifier des faits scientifiques lors d'une conférence devant un parterre de professionnels.
Après avoir été formateur d'éducation populaire sur la réalité des organismes génétiquement modifiés, Pierre Azelvandre avait concentré son énergie à Sausheim dans les années 1990 où il milita « pour que les mairies puissent informer les citoyens des parcelles où sont cultivés les OGM » selon le communiqué hommage de la Confédération paysanne d'Alsace.
Il entama alors le tour de tous les essais en Alsace, saisit la commission d'accès aux documents admnistratifs, puis le tribunal administratif, le Conseil d'Etat et alla jusqu'à la CEDH où il obtint un arrêt en 2007 qui rend obligatoire cette publication.
Né d'une mère tchèque et d'un père originaire du Haut-Doubs, il débarqua à Colmar à l'adolescence. Joseph Finantz l'a côtoyé à cette époque au cours de musique : « J'étais clarinettiste et lui faisait de la trompette à ce moment-là. » Devenu apiculteur, Joseph le recroisa des années plus tard lorsqu'il commença à s'interroger aux enjeux des OGM. Cet ami proche retrace sa pensée : « Il n'était pas partisan de l'arrachage, il a même vivement critiqué José Bové à ce propos. C'était quelqu'un de fondamentalement idéaliste, respectueux des lois. Mais il avait épuisé toutes les voies législatives et il voyait que même son action ne changeait rien, que les essais continuaient sans consultation de la population. Alors il a décidé de couper les plants, mais toujours en scientifique, en emportant les bois coupés contaminés. Il est allé lui-même apporter la nouvelle aux médias et se dénoncer aux gendarmes. »
Un an après, une soixantaine de militants anti-OGM de toute la France poursuivirent son action, arrachant tous les plants de l'Inra un matin d'août, enterrant définitivement toute expérience dans le vignoble. Le procès en appel est toujours en cours. Jean-Pierre Frick, viticulteur, a été un des deux Alsaciens à participer à cette action collective d'ampleur : « L'initiative de Pierre Azelvandre a attiré l'attention sur les aspects troubles de cet essai et nous a poussé à poursuivre ce qu'il avait entamé seul. On lui a proposé de l'aider à rembourser l'énorme somme à laquelle il a été condamné, mais il a toujours refusé, voulait assumer seul ».
Mais l'homme au mode de vie d'ermite n'avait pas de quoi rembourser et n'a d'ailleurs jamais eu l'intention de le faire. Sans adresse mail ni téléphone, il subsistait presque sans argent, se déplaçait toujours à vélo et se passionnait pour l'observation des animaux. L'an dernier, expulsé de son logement après une hausse de loyer, il avait distribué toutes ses affaires autour de lui pour en laisser le moins possible aux huissiers. Habitué à passer ses journées à la bibliothèque municipale et à cultiver son jardin, il avait été poussé par la justice à s'inscrire à Pôle emploi, toucher le RSA et trouver du travail. Un système qu'il avait fui depuis plusieurs années, dont il ne supportait pas les contraintes, les incohérences et les injustices. Et qui lui pesait de plus en plus.
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Plus que l'écologie, c'est le manque de transparence qui le mettait hors de lui, raison pour laquelle il a largement soutenu la lutte anti-nucléaire en Alsace et les militants de Fessenheim qui ont entamé un jeûne de protestation, ininterrompu depuis avril 2011 sur le mode du relais. « Même si le côté spirituel de la chose lui échappait, il nous a aidé depuis le début dans notre démarche de conscientisation »explique Jean-Pierre Frick, également engagé dans la lutte contre le nucléaire, qui recoupe les mêmes problématiques : une énergie à long terme, opaque, dont on ne voit ni ne sent les dangers potentiels.« Même s'il appréciait la biodynamie et la géothermie, il restait dubitatif sur leurs apports tant qu'ils ne sortaient pas du champ de l'idéologie vers la vérité scientifique ».
Il ne faisait partie d'aucune association, étranger au fonctionnement collectif, aux luttes de pouvoir et pressions sur les subventions inhérentes à tout mouvement officiel. Mais il fréquentait beaucoup les membres de la Confédération paysanne. Anne Wanner est l'animatrice régionale de ce syndicat agricole : « C'était un personnage hors norme, avec une mémoire, une maîtrise de l'écriture et des connaissances en biologie, histoire et droit incroyables. C'était un dictionnaire vivant, qui savait absolument tout ce qui s'était passé dans le vignoble. Il était difficile à cerner, difficile à aider, car agissait toujours seul et était très réfractaire à la vie de groupe mais c'était un homme d'une droiture incroyable. On avait parfois du mal à comprendre comment on peut s'isoler à ce point mais on admirait tous son intégrité, son jusqu'au boutisme. Il faisait et disait ce que les autres n'osaient pas. Il connaissait tous les rouages de la recherche en France. On n'avait jamais eu quelqu'un comme ça avec nous ».
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Elle évoque ces dernières semaines : « Il se rendait compte qu'il était dans une impasse, ne voyait pas ce qu'il pouvait encore apporter. Mais en même temps, il était en train de chercher du bois pour le prochain hiver et de refaire son jardin potager... Personne ne s'y attendait. »
Laurent Dreyfus, rédacteur en chef de la revue Biodynamis, a longtemps côtoyé cet électron libre à la Maison de la culture biodynamique à Colmar, qui était son QG pour éplucher des dossiers : « C'est quelqu'un qui remuait et rendait la citoyenneté vivante. Il avait une fixation névrotique sur les OGM mais sa démarche de pédagogie a été fondamentale. Même s'il était un peu rigide, même parfois chiant, il s'est ouvert progressivement aux autres. Il a organisé plusieurs soirées à la MJC pour nous expliquer techniquement ce qu'étaient les OGM. Il a passé sa vie à s'informer pour les autres. Il va nous manquer ». Un parcours de « scientifique autistique » selon Laurent Dreyfus, qui fait le parallèle avec celui de Henry David Thoreau, précurseur américain de la désobéissance civile au 19e siècle (lire son histoire ici)
Dans son communiqué, la Confédération paysanne évoque« ceux qui ont mis toute leur énergie dans la défense de la vie, aux dépens de leur propre vie, parmi lesquels Vital Michalon contre l’énergie nucléaire à Malville, ou Jean-Luc Tournaire contre la vaccination obligatoire contre la fièvre catarrhale ovine . »

Vous pouvez également lire le témoignage hommage de Gabrielle Teissier, qui a côtoyé Pierre Azelvandre au sein de l'association Espoir. Aujourd'hui tous les essais sont au point mort et « il n'y a toujours pas de vigne transgénique dans le vignoble français » selon cette autre contribution sur Mediapart.
Laure Siegel
Pour aller plus loin, vous pouvez lire ce reportage sur le procès des 62 faucheurs volontaires en septembre 2011 à Colmar. 

26/04/2013

Pas la crise pour tout le monde

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-deux-visages-de-la-france-apres-la-crise-financiere-25-04-2013-1659883_28.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130426

Niveau de vie : ce n'est pas la crise pour tout le monde

Par

Le dernier bilan de l'Insee sur le niveau de vie des Français montre un pays à deux vitesses, entre des riches plus riches et des pauvres plus pauvres.

L'année 2008 a-t-elle provoqué une cassure entre les Français ? À l'heure où le pouvoir d'achat subit une baisse historique, l'édition 2013 par l'Insee de la publication Les revenus et le patrimoine des ménages revient sur les années qui ont suivi la crise financière devenue alors crise économique. Qu'y apprend-on ? Qu'en moyenne, sur la période 2008-2010, la moitié des ménages français ont vu leurs revenus continuer à croître, tandis que ceux de l'autre moitié ont baissé.

 
 

Quand on regarde la courbe (voir ci-dessous), le découplage est frappant. D'un côté, du premier au cinquième décile, soit 50 % des ménages, la chute est rude tant en 2009 qu'en 2010. Pour cette partie de la population, le pouvoir d'achat a commencé à décroître il y a cinq ans déjà. Les transferts sociaux ont certes amorti la chute : en 2009, la baisse du revenu des 10 % des ménages les moins aisés aurait été de 4,6 % (au lieu de 1,2 %) sans redistribution. Mais les dispositifs exceptionnels (nombreuses primes en 2009, notamment) n'ont pas été reconduits et la hausse du smic est restée faible. En haut de l'échelle sociale, le niveau de vie de l'autre moitié des Français a lui augmenté, et ce, malgré la mauvaise conjoncture.

Les super riches s'en sortent le mieux

On peut affiner ce constat en y ajoutant une autre ligne de partage, qui sépare cette fois les Français en deux catégories de tailles très différentes. Les contribuables qui tirent (très) bien leur épingle du jeu sont les super riches. Entre 2009 et 2010, les seuls ménages qui ont vu leurs revenus augmenter sont les 5 % les plus aisés, alors que la grande majorité des Français a dû se serrer la ceinture. Si l'on regarde seulement les 1 % les plus riches, ils ont regagné en un an le niveau de vie perdu à cause de la crise. L'étude note que la très grande majorité de la population (99,99 %) a des revenus annuels inférieurs à 735 500 euros par an. La fameuse "taxe à 75 %" des revenus supérieurs à un million d'euros, voulue par le candidat Hollande, retoquée par le Conseil constitutionnel et en attente d'une nouvelle mouture, ne concernerait qu'une infime minorité de foyers qui, face à la crise, s'en sortent beaucoup mieux que la moyenne.

En toute logique, les inégalités se creusent. "Tous les indicateurs en matière d'inégalités s'accroissent sur la période. Leur hausse paraît modérée, mais elle est en fait très inhabituelle", commente Jérôme Accardo, chef du département des conditions de vie des ménages à l'Insee. Le taux de pauvreté dépasse les 14 % en 2010 (964 euros pour une personne seule). Il faut remonter à 1997 pour retrouver un tel chiffre. Plus inquiétant encore, la même année, on constate une montée en flèche du nombre d'enfants pauvres : ils étaient 280 000 de plus qu'en 2009 à passer sous le seuil de pauvreté (2,66 millions au total). Alors, quand on interroge les statisticiens de l'institut national sur l'évolution des chiffres plus récents, ceux de 2011, 2012 et 2013, ils préfèrent botter en touche : "Ces indicateurs de distribution des revenus sont très longs à obtenir." Mais au vu des piètres performances économiques du pays, passées et à venir, difficile de penser que ces tendances ne vont pas se prolonger, voire s'accentuer.

REGARDEZ. Évolution du niveau de vie moyen des Français répartis par déciles en 2008, 2009 et 2010

 

 
Evolution des déciles de niveau de vie des 
Français entre 2008 et 2010

Lecture : en 2009, les 10 % des ménages les moins aisés ont vu leur niveau de vie baisser de 1,13 % par rapport à 2008. Entre 2008 et 2010, ce niveau de vie a baissé de 1,15 % par an en moyenne.

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Saborder le français pour laisser le champ libre à la sous-culture et à la conception anglo-saxonne d'une société néo-libérale ???

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html

"Refusons le sabordage du français",

par Claude Hagège - Le Monde

LE MONDE | 25.04.2013 à 11h59 • Mis à jour le 25.04.2013 à 17h11

Par Claude Hagège (professeur au Collège de France)

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veutimposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer etgalvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assuranceprétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Lire le débat Université, pourquoi une nouvelle réforme ?, avec les contributions de Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'enseignement supérieur ; des prfosseurs d'économie ; Jean-Louis Fournel, professeur à l'université Paris-VIII et ancien président du collectif Sauvons l'université ! ; Claude Hagège, professeur au Collège de France ; Gilbert Béréziat, président honoraire de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Claude Hagège (professeur au Collège de France)

20/04/2013

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/20/des-villes-s-attaquent-au-gachis-des-eaux-usees_3163393_3244.html

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LE MONDE | 20.04.2013 à 10h56

Des villes s'attaquent au gâchis des eaux usées

Par Sophie Landrin et Martine Valo

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique, sans traitement chimique, et économiser ainsi 40 % de la consommation. C'est un système de gestion de l'eau inédit que veut mettre en place une entreprise de Rennes (Ille-et-Vilaine), Hydrocity, dans le futur écoquartier ViaSilva.

Cette écocité de 570 hectares, au nord de l'agglomération rennaise, devrait être achevée à l'horizon 2040 et accueillir 40 000 nouveaux habitants, dans 20 000 logements. La société propose de récupérer l'eau recueillie sur les toitures des futurs bâtiments, les eaux de pluie, l'eau de ruissellement et les "eaux grises" – issues des lavabos, douches et lave-linge – pour les réinjecter dans le circuit des toilettes, du lavage du linge et de l'arrosage.

En France, traditionnellement, les habitations sont alimentées par de l'eau potable et, une fois usées, ces eaux grises ou noires – celles qui proviennent des toilettes – partent dans les égouts, sans distinction, ce qui rend difficile leur réutilisation. Les concepteurs du nouveau dispositif veulent rompre avec cette logique en séparant les flux : seules les eaux noires continueront à rejoindre les égouts.

 ROSEAUX ET IMPURETÉS

"Nous proposons une boucle courte où ce qui n'est pas potable sera collecté, traité écologiquement et renvoyé sur un réseau spécifique dédié aux besoins non alimentaires et non corporels, explique Jean-François de Beaurepaire, président d'Hydrocity. On économise la ressource et on diminue les rejets. Pour les utilisateurs, l'intérêt est aussi financier, car les toilettes et le lavage du linge représentent 40 % de la consommation d'eau domestique."

L'eau des toitures, exempte de contamination, sera directement stockée en citerne puis redistribuée dans les bâtiments. Les eaux grises et celles de ruissellement récupérées passeront dans un bassin de décantation. Là, des plantes, majoritairement des roseaux, viendront se nourrir des impuretés. L'eau ainsi purifiée sera "hygiénisée" par des rayons ultraviolets. "Nous assurons une qualité équivalente à celle des pluies sur les toitures", explique M. de Beaurepaire. En outre, les calories des eaux grises, qui affichent une température moyenne de 34 C, seront exploitées pour le chauffage de l'eau domestique. Le surcoût de 20 % devrait être amorti en sept ans par les économies hydriques et énergétiques.

Le projet rennais tranche avec le retard pris par la France en matière de réutilisation des eaux usées. Après les industriels, des particuliers, notamment en montagne, se sont dotés de dispositifs de recyclage. Mais les exemples de récupération sont encore peu nombreux et essentiellement tournés vers l'irrigation agricole – à l'exclusion des cultures maraîchères –, l'arrosage des golfs et des espaces verts, notamment dans les îles de Ré, de Noirmoutier, d'Oléron ou de Porquerolles. A Clermont-Ferrand, les eaux usées de la ville servent à irriguer 700 hectares de terres agricoles en Limagne noire.

La réglementation française n'envisage pas pour l'instant la possibilité de réutiliser les eaux usées dans les jardins, même si cette pratique se développe. Il en va différemment à l'étranger. La municipalité de San Francisco, en Californie, édite ainsi des guides illustrés d'installations de ce type. Quant à l'Espagne, elle a voté un plan d'arrosage des golfs uniquement à partir des eaux usées. En Italie, Milan s'est dotée de la plus grande usine de recyclage pour irriguer 22 000 hectares de culture maraîchère. Les pays qui connaissent des situations de stress hydriques sont évidemment les plus avancés. Ainsi, en Israël, 70 % des eaux récupérées par les égouts partent, après traitement, irriguer les terres.

CITOYENS RÉCOMPENSÉS

Dans le monde, la moitié des eaux collectées font l'objet d'un traitement, mais seulement 2 % du volume traité sont réutilisés. Certaines villes pionnières ont fait le choix de rendre potable cette ressource. C'est le cas de Windhoek, la capitale de la Namibie, où 35 % de la consommation proviennent des eaux usées.

Singapour est souvent citée en exemple, notamment par le rapport du Programme des Nations unies sur l'environnement (PNUE), consacré aux villes durables et rendu public mercredi 17 avril. A l'étroit sur son territoire, avec plus de 7 000 habitants au kilomètre carré, la cité-Etat dispose de hauts revenus, mais de faibles ressources. Elle mise donc sur le développement durable tous azimuts. Ses quelques sources et son usine de dessalement (136 000 m3 par jour) ne lui suffisent pas, et elle doit s'approvisionner auprès de la Malaisie, dont elle espère devenir indépendante avant 2061.

Depuis quarante ans, elle a beaucoup investi dans la recherche et la technologie et a installé un réseau de récupération qui draine les eaux usées vers des unités de traitement. Une fois rendue potable, cette eau est diluée dans les réseaux domestiques. Ce qui devrait permettre de répondre à 30 % des besoins des 5 millions d'habitants d'ici à 2030.

Mais l'autonomie de Singapour passe d'abord par un sérieux programme d'économie de la précieuse ressource. Chaque année, la ville décerne un prix à ceux de ses citoyens qui ont le mieux contribué à la cause de l'eau.

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

17/04/2013

Informations santé/société du 17/4/13 : les pleurs du bébé, le scandale du Distilbène

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les pleurs du bébé reconnus par ses deux parents

Une étude, menée par Nicolas Mathevon, de l’université de Lyon/Saint-Etienne et publiée dans Nature Communications, révèle que, « contrairement à une idée reçue, le père reconnaît aussi bien les pleurs de son bébé que la mère », indique Le Figaro.

Selon la série d’expériences réalisée par le chercheur bio-acousticien auprès de 29 parents et leurs bébés âgés de 3 mois, si les deux parents restent aux côtés de leur bébé plus de quatre heures par jour, ils identifient facilement et aussi bien l’un que l’autre ses pleurs. Par contre, si l’un ou l’autre passe moins de quatre heures par jour auprès de lui, il devient difficile pour ce parent de distinguer les pleurs de son bébé par rapport aux autres enfants, souligne le quotidien.

Nicolas Mathevon explique que « l’être humain est très doué dans le domaine sonore » et que les pleurs des bébés sont « un signal complexe, une signature sonore à part entière ».

Le Figaro, 17/04

Lancement d’une grande étude épidémiologique sur le scandale du Distilbène

« L’association Réseau DES (diéthylstilbestrol) lance, avec la Mutualité française et l’Agence nationale de sécurité du médicament, une grande étude épidémiologique portant sur trois générations de femmes », souligne L’Humanité.

Cette étude, la première en France, a pour objectif « d’analyser et de détecter l’ensemble des conséquences de la prise du médicament [Distilbène] », ajoute le journal.

En France, entre 1948 et 1977, plus de 200 000 femmes ont pris du Distilbène, médicament prescrit contre les fausses couches.

Ce médicament s’est avéré très dangereux pour les mères et leurs enfants, qui ont aujourd’hui entre 35 et 60 ans, explique L’Humanité.

L’association Réseau DES espère que des milliers de femmes participeront à l’étude, qui est largement relayée par le réseau mutualiste (centres de santé, pharmacies, sites Internet) et conduite « au moins » jusqu’à septembre.

L’Humanité, 17/04

14/04/2013

La prise en charge de l'autisme en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/03/au-centre-maia-pour-enfants-autistes-l-innovation-est-reine_3152777_1651302.html

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Au centre MAIA pour enfants autistes, l'innovation est reine

LE MONDE | 03.04.2013 à 14h43 • Mis à jour le 05.04.2013 à 17h36

Par Catherine Vincent

Pour apprendre à jouer au ping-pong, Enzo a longtemps tapé sur une balle suspendue à un fil : avoir un partenaire en face de lui l'aurait déstabilisé. Le fil a progressivement été allongé, Enzo a envoyé la balle de plus en plus loin et commence à prendre plaisir à jouer sur une table. Une victoire pour ce garçon de 12 ans, qu'il doit pour beaucoup au centre d'accueil de l'association MAIA Autisme. 

Enclavée derrière un immeuble d'habitation du 12e arrondissement de Paris, cette structure est l'une des vingt-quatre à avoir obtenu le label d'Institut médico-éducatif (IME) expérimental dans le cadre du deuxième plan Autisme 2008-2012. Fondée sur l'analyse appliquée du comportement ou méthode ABA (Applied Behavior Analysis), elle prend en charge seize enfants âgés de 5 à 13 ans, atteints de troubles autistiques plus ou moins profonds.

MUR D'ESCALADE ET TABLES DE PING PONG

Dans le hall, des instruments de vibration musicale. Des tables et des casiers dans les salles d'activité, une pièce pour visionner les DVD, une autre pour la relaxation. Et beaucoup d'équipements sportifs, financés pour l'essentiel par la Fondation Bettencourt. Mur d'escalade, tapis de course, vélos d'entraînement, tables de ping-pong. "Mise en œuvre très tôt, la méthode ABA fait faire à certains enfants des progrès fulgurants. Mais pour d'autres, ce n'est pas le cas. Lorsque ceux-là deviennent préadolescents, les outils pédagogiques mis au point pour les petits ne sont plus adaptés. Il faut donc inventer autre chose", explique Claire Doyon. Mère d'une petite Pénélope, aujourd'hui âgée de 13 ans et autiste profonde, elle a créé l'association en 2004. Avec un seul but : apporter une aide financière et éducative à sa fille.

"J'avais fait le tour des instituts existants, et j'avais eu d'emblée un rejet face au discours très culpabilisateur qu'on me tenait", se souvient la jeune femme, qui a dû mettre entre parenthèses sa carrière de réalisatrice pour s'occuper de sa fille. Refusant de mettre Pénélope en hôpital de jour, elle part se renseigner aux Etats-Unis. "J'y ai découvert une façon de regarder ce handicap radicalement différente. Une approche très pragmatique, des outils diversifiés et performants, une grande réactivité de dépistage, du personnel formé..." Tout ce qui manque à l'époque en France, et à quoi le deuxième plan Autisme a donné une réelle mais timide impulsion.

"C'est quoi, ton sport préféré ?", vient demander Kolleens, 8 ans, sous l'injonction de son éducatrice. Quand il est arrivé ici, le petit garçon faisait des crises à répétition. Il se tapait la tête, se montrait violent. Aujourd'hui, ses troubles du comportement ont laissé la place à de vrais progrès verbaux et sociaux. "Comme lui, la plupart des enfants sont partiellement intégrés en école ordinaire ou en CLIS [classe pour l'inclusion scolaire], à raison d'une à quatre demi-journées par semaine", précise Gwenaëlle Lerigoleur, jeune éducatrice spécialisée qui a découvert l'ABA lors d'un séjour à Montréal.

Impossible, cependant, de les laisser en classe sans la présence d'un des seize éducateurs (un par enfant) du centre : des auxiliaires de vie scolaire ont beau, parfois, être sur place, "leur formation est trop peu adaptée aux troubles autistiques pour être efficace", estime Claire Doyon. L'association a passé une convention avec l'hôpital Bichat, qui se charge d'évaluer chaque année le développement psychomoteur et orthophonique des enfants.

MÉLANGE ENTRE L'ÉCOLE ET LA MAISON

Si cet institut expérimental illustre ce qui commence à bouger, en France, en matière de prise en charge de l'autisme, il témoigne aussi du parcours du combattant que constitue une telle aventure. Pour ses fondateurs, l'horizon s'est certes élargi avec l'agrément reçu en 2009, qui s'accompagne depuis lors d'une dotation annuelle de l'agence régionale de santé de 1,2 million d'euros.

Mais ce n'est qu'en 2011 que la structure trouve véritablement sa cohérence, avec la rencontre d'une jeune Brésilienne, Ana Bibay. Aujourd'hui directrice du centre, celle-ci s'est rodée aux Etats-Unis à la méthode ABA, pour laquelle il n'existe en France (à l'exception d'un diplôme universitaire délivré à Lille) ni formation ni supervision reconnue.

Dans ce lieu conçu "comme un mélange entre l'école et la maison", où les parents sont bienvenus et où fratries et amis proches sont accueillis un mercredi sur deux, l'innovation est reine. "Je ne conçois l'ABA que dans la pluridisciplinarité, et dans l'adaptation au cas par cas", précise Ana Bibay.

"LES HISTOIRES MIRACLES, C'EST VRAIMENT L'EXCEPTION"

A côté des éducateurs permanents, des spécialistes de diverses disciplines viennent régulièrement apporter leur savoir-faire. Souvent de l'étranger, où la prise en charge des troubles autistiques n'est pas aussi médicalisée qu'en France. Un programme pour adolescents est à l'étude en collaboration avec une équipe d'Ankara (Turquie), spécialisée dans les activités sportives pour jeunes autistes. Les dons reçus par l'association pour 2013 permettent de financer l'expérience pendant six mois. Après ? Le bricolage continuera, encore et toujours.

Car l'ambiance, ici, a beau être calme et sereine, et les enfants ne connaître ni médication ni salle d'isolement, comme partout ailleurs, le taux de guérison reste dérisoire. "Les histoires miracles que l'on raconte, c'est vraiment l'exception. La réalité du terrain, c'est qu'un autiste profond de 12- 13 ans, même s'il a bénéficié des meilleures stratégies éducatives, ne peut pas intégrer un milieu ordinaire. Il arrive même souvent que ses difficultés d'adaptation resurgissent à l'adolescence", constate Ana Bibay.

Ce qu'elle attend en priorité du nouveau plan Autisme ? Des progrès dans la formation aux méthodes éducatives et comportementales, et des avancées dans la prise en charge des adultes. A MAIA Autisme, la règle veut que les enfants soient accueillis jusqu'à leur majorité. Mais ensuite ? 

Lire aussi : Le troisième plan autisme se fait attendre

Santé mentale

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UFC-Que Choisir : des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/03/de-nombreux-perturbateurs-hormonaux-identifies-dans-des-produits-de-beaute_3152533_3244.html

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Des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

LE MONDE | 03.04.2013 à 11h28 • Mis à jour le 03.04.2013 à 14h09

Par Sophie Landrin

Crèmes, gels douche, shampooings, dentifrices, savons, vernis, poudres de maquillage, etc. : les cosmétiques contiennent des concentrations élevées de perturbateurs endocriniens, ces molécules susceptibles de bloquer ou de modifier le système hormonal humain et d'augmenter les pathologies lourdes comme les cancers hormonodépendants, l'infertilité ou le diabète. 

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié, mardi 2 avril, les conclusions de tests portant sur 66 produits. Une vingtaine de molécules ont été trouvées, des perturbateurs endocriniens utilisés sous forme de conservateurs, d'antibactériens, de filtres solaires, d'adoucissants, d'émollients. Le propylparaben, un conservateur, a été retrouvé dans 28 produits. Un seul des produits analysés ne comportait pas les molécules chimiques recherchées.

L'étude attire l'attention sur plusieurs cosmétiques de la marque Nivea, un déodorant et un gel douche. Dans le Nivea Water Mily & Oil, 2,68 g/kg de propylparaben ont été mesurés, alors que le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) fixe la teneur à ne pas dépasser à 2,48 g/kg. Le stick déodorant Dry Confort 48 h contient 180 g/kg de cyclopentasiloxane et 7,7 g/kg en cyclotetrasiloxane, des dérivés du silicone. Un dentifrice Colgate Total renferme 2,09 g/kg de triclosan, un antibactérien qui pourrait avoir des effets sur la thyroïde. Les experts de l'UFC-Que Choisir considèrent que ce produit, s'il est combiné par exemple avec un déodorant contenant aussi du triclosan, présente "un risque significatif".

EFFETS À LONG TERME

Ce que craignent les toxicologues, c'est l'effet "cocktail" : l'addition au cours d'une journée de tous ces produits, crème, protection solaire, cumulée à l'exposition à un environnement lui-même pollué par les perturbateurs endocriniens. On retrouve en effet ces molécules dans les vernis, les emballages alimentaires, les parquets, le mobilier, etc. L'un de ces perturbateurs hormonaux, le bisphénol A, est présent dans les bouteilles en plastique, les conserves, la vaisselle.

"Les doses présentes dans les cosmétiques sont le plus souvent en dessous du seuil de risque. Mais il faut rappeler que les perturbateurs endocriniens agissent à faible dose et sur le long terme. Par ailleurs, ce sont les effets cumulatifs qui peuvent être nocifs. Le problème, c'est que la toxicologie classique considère la nocivité de chaque molécule isolément sans prendre en compte les risques liés à l'exposition à un mélange de substances", explique Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir.

L'association de défense des consommateurs demande donc une adaptation de la réglementation. Elle réclame à la Commission européenne la mise en place d'un programme de recherche indépendant sur les effets à long terme de ces perturbateurs endocriniens et l'obligation pour les fabricants d'afficher des étiquetages complets et précis. Les tests ont montré que la liste des ingrédients affichés par les fabricants sur leurs produits n'était pas toujours fiable. Les produits comportaient des substances non indiquées.

L'association souhaite enfin que les fabricants prennent les mesures qui s'imposent pour éliminer "rapidement toutes les substances toxiques ou douteuses de leurs produits".

Les effets de ces perturbateurs endocriniens sur le métabolisme humain inquiètent la communauté scientifique. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail doit rendre publique, mardi 9 avril, une étude très attendue sur le bisphénol A. Et, d'ici à juin, l'Autorité européenne de sécurité des aliments devrait rendre son avis sur cette molécule.

Débat sur le bisphénol A

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11/04/2013

Achetez vous sur le net ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/12/25/les-pirates-des-carpates_1810181_3214.html

Les pirates des Carpates

LE MONDE | 25.12.2012 à 12h12 • Mis à jour le 26.12.2012 à 18h09

Par Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial

Pour le touriste pressé, Ramnicu Valcea est une ville tranquille et verdoyante. Située au pied des Carpates, dans le centre de la Roumanie, elle ne laisse guère deviner le secret bien caché de son quartier ouvrier, Ostroveni. Il faut quitter le grand boulevard qui traverse la ville et s'engager dans les petites rues bordées d'HLM délabrées héritées de l'époque communiste pour comprendre que quelque chose ne tourne pas rond dans cette cité d'une centaine de milliers d'habitants.

Au pied de ces immeubles construits à la va-vite au temps de la dictature communiste se trouvent des voitures de luxe. Au volant, des jeunes de 20 à 30 ans, fiers d'afficher une richesse qui contraste avec l'environnement. Bienvenue dans le repaire des hackeurs ! Ces jeunes ont trouvé sur la Toile des opportunités que la réalité roumaine ne peut leur offrir. Ramnicu Valcea, avec son quartier Ostroveni, est une ville bien connue de la presse américaine qui l'a surnommée "Hackeurville".

 
 

Comprendre : la capitale mondiale du vol sur Internet. Français, Britanniques, Allemands, Italiens, mais surtout des Américains, qui font leurs courses sur Internet, sont tombés dans le panneau des réseaux roumains du hacking. Selon la police roumaine, environ 80 % de leurs victimes se trouvent aux Etats-Unis. "L'année dernière, les hackeurs roumains ont volé un milliard de dollars aux Etats-Unis", affirme Mark Gitenstein, l'ambassadeur américain à Bucarest.

TRAVAILLER EN RÉSEAU

A Ostroveni, tout le monde est au courant, mais la loi du silence règne dans le quartier. L'un de ces hackeurs a toutefois accepté d'évoquer son "commerce", sous couvert d'anonymat. "Avec les Américains, c'est plus facile, explique-t-il. Ces types, même quand ils veulent acheter du pain, ils vont cliquer sur Internet, ils ont l'habitude de tout faire sur le Web." Il lui arrive, assure-t-il, d'"embobiner quatre ou cinq types par semaine, en leur soutirant des sommes allant de quelques centaines à quelques dizaines de milliers de dollars".

"Le monde est grand et il est plein d'idiots prêts à acheter tout et n'importe quoi sur Internet, poursuit-il. On vend des produits fictifs, on clone des sites et on pirate des cartes bancaires. En Europe, pour récupérer l'argent, on envoie les "flèches", des types qui n'ont rien d'autre à faire que de retirer l'argent envoyé sur un compte. Ils gardent dans les 30 % du magot, et le reste ils nous l'envoient via Western Union." Vu le nombre d'enseignes Western Union qui ont poussé comme des champignons dans le centre-ville de Ramnicu Valcea, il semble que les affaires marchent bien.

Mais sortir l'argent des Etats-Unis est plus complexe. "Nous avons trouvé une solution légale, indique notre interlocuteur. J'achète une voiture de 120 000 dollars en cash. Rien de plus légal. Je la fais venir en Roumanie où je la vends 80 000 dollars. C'est toujours légal. D'accord, j'ai perdu 40 000 dollars mais j'en ai blanchi 80 000. Le mec qui l'achète est content, car il économise 40 000 dollars. Maintenant, les gars viennent directement nous commander les modèles qu'ils veulent."

Les hackeurs roumains ont compris l'intérêt de travailler en réseau. C'est ce qui fait leur différence et leur force. Les "flèches" sont les plus exposées, raison pour laquelle leurs papiers d'identité sont souvent des faux. Ils sont initiés aux méandres d'Internet. "On enchaînait les nuits blanches, scotchés devant les ordinateurs, se rappelle le hackeur d'Ostroveni. On prenait des garçons à partir de 14 ans pour nous aider. On emmenait aussi des enfants de l'orphelinat et on leur apprenait les trucs pour qu'ils travaillent pour nous."

"LA CRIMINALITÉ INFORMATIQUE EST TRANSFRONTALIÈRE"

Le FBI, dont plusieurs spécialistes de la criminalité informatique ont pris leurs quartiers à Bucarest, a formé plus de 600 policiers roumains pour endiguer le fléau. Une brigade d'enquête spécialisée dans le vol sur Internet dispose de 200 policiers présents dans les 41 départements du pays.

"La criminalité informatique est transfrontalière, déclare Virgil Spiridon, le chef de cette brigade spéciale. Nous avons fait beaucoup de progrès ces dernières années. La Roumanie coordonne actuellement un programme de lutte contre la criminalité cybernétique à l'échelle de l'Union européenne avec Europol et la Commission européenne."

La traque et les arrestations de hackeurs se sont accélérées. En 2011, la brigade roumaine a enregistré un millier d'enquêtes, procédé à 500 arrestations et remis 150 dossiers aux juges.

Côté FBI règne la plus grande discrétion. Retirés dans un immeuble classé secret situé sur un des grands boulevards de Bucarest, les officiers du Bureau fédéral d'investigation américain sillonnent le monde virtuel pour trouver la trace des hackeurs roumains. Ils s'inspirent des méthodes des hackeurs, créent des sites de vente où ils passent de petites annonces appétissantes.

Victor Faur, nom de code SirVic, connaît bien le système. Il a été à la tête d'un des réseaux les plus performants de Roumanie. "Mais j'ai toujours été un hackeur blanc , je ne veux pas être confondu avec les petits cons qui volent sur Internet, précise-t-il. Ça, tout le monde peut le faire. C'est pour cette raison que le FBI leur met la main dessus, ils ne savent pas effacer leurs traces."

Malgré ses prouesses, SirVic a été arrêté et condamné à six mois de prison avec sursis, et 240 000 dollars d'amende. Il s'était amusé à attaquer les serveurs de l'agence spatiale américaine, la NASA, pour montrer aux Américains qu'il y avait des brèches dans leur système de sécurité. "Je les ai prévenus pour qu'ils règlent le problème, mais j'ai fait la connerie de me vanter de mon exploit sur un site dont ils avaient l'accès."

TOUT EST À VENDRE, CARTES AVEC CODE, CARTES VIERGES

Face à la répression policière, les hackeurs se sont faits très discrets mais ils croient toujours à leur bonne étoile. Le hacking est-il difficile à apprendre ? Pour Ice Man, le "prince noir" des hackeurs roumains, voler sur la Toile est très simple. De son vrai nom Robert Butyka, âgé de 26 ans, il précise d'un ton irrité qu'il ne faut pas confondre hackeur et voleur. Que lui ne s'intéresse qu'aux vrais défis d'Internet.

"Oui, voler sur Internet est une affaire simple", insiste-t-il néanmoins. "Il y a une centaine de bons guides d'utilisation sur Internet pour apprendre à devenir hackeur", explique-t-il. Démonstration en quelques clics : "Voilà, j'ai trouvé des types qui proposent à la vente des cartes bancaires avec les codes associés pour l'Italie, la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne." Sur l'écran de l'ordinateur défilent des petites annonces. Tout est à vendre, cartes avec code, cartes vierges, listes d'e-mails extraits de messageries de grandes entreprises et toute une panoplie de programmes pour accéder à des serveurs.

"Il faut faire attention quand même, prévient-il. Une partie de ces annonces est rédigée par les agents du FBI ou de la CIA pour appâter. Si tu ne sais pas les éviter tu peux te faire avoir." C'est ce qui est arrivé au jeune Iulian Dolan qui, avec trois amis, avait mis la main sur les données de 80 000 cartes bancaires américaines et dérobé plusieurs millions de dollars.

Une femme agent de la CIA jouant le rôle de la fille qui cherche une relation sur Internet a réussi à attirer le cybercriminel roumain. Elle lui a proposé de lui payer un billet d'avion pour un séjour dans un casino à Hawaï. Armé d'une grosse boîte de préservatifs, Iulian Dolan a été menotté dès son atterrissage à l'aéroport Logan de Boston.

PLAQUE TOURNANTE

Environ 10 000 informaticiens sortent tous les ans des universités roumaines, et une bonne partie d'entre eux travaille actuellement dans les multinationales qui se sont installées en Roumanie. "La masse des informaticiens est très importante et le risque de la criminalité cybernétique est à la mesure, affirme Florin Talpes, informaticien et fondateur de la société Bitdefender. Les jeunes sont les plus exposés."

"Quand j'ai démarré mon affaire dans les années 1990, la cybercriminalité était un sport individuel, dit-il. Aujourd'hui, ces gens agissent en groupe et sont organisés comme une société commerciale. L'avance technologique qu'on a connue ces dernières années profite aussi à ceux qui sont de l'autre côté du miroir, ce monde obscur où le vol sur Internet est devenu un vrai business."

Ramnicu Valcea est une plaque tournante de la criminalité informatique dont les ramifications s'étendent sur plusieurs continents. Le phénomène a commencé en 1996, et le succès d'une poignée de jeunes a fait boule de neige à l'échelle de la ville. Ce n'est qu'en 2003, sous la pression des Etats-Unis, que la Roumanie a voté une loi permettant de combattre ce nouveau type de criminalité.

Du haut de son balcon qui a vue sur le quartier des pirates de Ramnicu Valcea, le hackeur d'Ostroveni ne cache pas ses doutes. "Les cerveaux, les gros poissons ont quitté Hackeurville, conclut-il en souriant. Ils s'installent ailleurs et se fondent dans le paysage aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France ou en Suisse. Ce sont des fantômes super-friqués et très discrets. Je ne pense pas qu'on les aura."

Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial