Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08/09/2014

France : Multiplication des contestations locales

lu sur : Le Monde

Tensions dans le Tarn, où le barrage de Sivens attise la guerre de l'eau

LE MONDE | 08.09.2014 à 11h31 • Mis à jour le 08.09.2014 à 18h01 |Par Martine Valo

Lisle-sur-Tarn (Tarn), envoyée spéciale

Lundi 8 septembre au matin, aux abords de la forêt de Sivens, dans le Tarn, les forces de l'ordre ont chargé une fois de plus le cortège de voitures et de tracteurs des opposants au barrage qui va provoquer la destruction de 13 hectares de zones humides entre Lisle-sur-Tarn et Gaillac. Deux barrages sur la route départementale ont tenu un bon moment suscitant des embouteillages, tandis que dans les bois, à proximité immédiate du chantier, cinq personnes s'étaient enterrées pour empêcher la progression des engins des bûcherons. Il y a eu des blessés et des interpellations.

La veille, dimanche 7 septembre, les propos de Ségolène Royal avaient fait naître l'espoir d'un moratoire qui frapperait ce futur lac artificiel. Celui-ci, d'une emprise totale de 48 hectares, doit retenir 1,5 million de mètres cube d'eau pour assurer l'alimentation l'été de quelques agriculteurs en aval. « L'eau est un bien précieux », a insisté dimanche la ministre de l'écologie, rappelant en substance que son ministère ne donne pas pour instruction de permettre à quelques grandes exploitations de s'approprier la ressource grâce à des investissements publics.

Voilà des mois que durent les échauffourées dans le Tarn, que des militants s'accrochent au sommet des arbres pendant des jours entiers, sans compter d'éphémères barricades de terre pour freiner le chantier, les manifestations et plusieurs grèves de la faim : le projet de Sivens symbolise le réservoir de trop dans une vaste région, le bassin Adour-Garonne, où l'eau est devenue un enjeu essentiel. 

AMBIANCE FESTIVE ET SOUTIENS

A l'heure du pique-nique, dimanche, l'ambiance pouvait sembler festive dans les clairières de Sivens où se sont côtoyés un bon millier d'amoureux de la nature sauvage dans cette partie de la vallée du Tescou, quelques éleveurs du coin (sympathisants de la Confédération paysanne ou non), des élus Europe Ecologie-Les Verts (avec le député européen José Bové en vedette), tandis qu'était annoncé le soutien de personnalités médiatiques tel le chanteur Manu Chao.

Comme un moment de répit dans un combat au long cours de plus en plus tendu. Car les « zadistes » – l'irréductible bataillon de la « zone à défendre », un terme devenu générique depuis Notre-Dame-des-Landes – sont la bête noire du conseil général du Tarn, maître d'ouvrage du lac artificiel.

Depuis l'arrivée des premiers bûcherons le 1er septembre, puis des engins qui recrachent les pins sous forme de bouillie de bois, les abords du chantier sont placés sous haute sécurité. Environ 150 à 200 gendarmes mobiles lourdement équipés y ont pris position, ils sont souvent plus nombreux que les opposants. Un hélicoptère contrôle le nombre de « zadistes » éparpillés dans les bois, où vrombissent les tronçonneuses.

RADICALISATION 

Sur place, ces derniers se plaignent d'être harcelés ; une jeune fille montre sa cuisse toute bleue d'avoir reçu un tir tendu de Flash-Ball. Des élus écologistes ont même été bousculés par les gendarmes, qui disent de leur côté être la cible de cocktails Molotov.

Dans leur ferme toute proche, un couple d'exploitants s'inquiète de cette radicalisation et s'interroge. « Sivens, c'est un projet de plus de trente ans, témoigne l'agriculteur. Il était fondé alors, mais vous ne croyez pas que de Gaillac à Montauban, on a tous attendu la bouche ouverte que le barrage nous arrive ! Moi, j'ai fait mon propre lac en 1975, j'ai trois puits aussi. Les autres ont fait pareil ! »

Le bassin-versant du Tescou compte déjà 185 retenues collinaires : de quoi stocker 5 millions de mètres cubes en déviant un tiers du cours d'eau. Pourquoi alors investir 8,4 millions d'euros, avec un coût de fonctionnement estimé à 360 000 euros par an, dans un ouvrage supplémentaire au profit de 81 exploitants agricoles selon les chambres d'agriculture locales, 19 selon les opposants ?

UNE MAJORITÉ D'AVIS DÉFAVORABLES

« Sivens répond à 70 % aux besoins de l'agriculture, mais il servira aussi à soutenir l'étiage du Tescou, assure le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac (PS). Même si aucun agriculteur ne pompait dedans, je le ferais quand même pour améliorer la qualité de l'eau », assure-t-il. L'élu admet que l'enquête publique a recueilli une majorité d'avis défavorables ( le surlignage est de moi ). Mais il faut bien agir : le département est déficitaire de 39 millions de mètres cubes par an.

La bataille se livre aussi sur le terrain juridique. France Nature Environnement, Nature Midi-Pyrénées et d'autres associations ont attaqué les arrêtés préfectoraux permettant de lancer les travaux dans un secteur classé zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique et de noyer une zone humide majeure.

Ben Lefetey, porte-parole du collectif, s'est engagé contre le barrage, moins en faveur des 94 espèces protégées de mammifères, oiseaux, reptiles et insectes qui vont perdre leur habitat, que pour dénoncer un modèle agricole « qui sent le roussi »« Entre ceux qui irriguent leur maïs, c'est déjà la guerre : ils pompent dans la rivière et ne touchent au contenu de leurs réserves qu'in extremis, peu importe le voisin en aval. Personne n'a le courage de les mettre autour d'une table pour les obliger à partager. »

Le militant montre une étude rédigée pour le département voisin du Tarn-et-Garonne. Elle indique que, plusieurs fois, le Tescou s'est complètement asséché en à peine une dizaine de jours. « L'influence des pompages d'irrigation est ici manifeste », écrivent les rapporteurs.

Martine Valo

journaliste Planète

---------------------------

voir aussi :

Multiplication des contestations locales

Édition abonnés Contenu exclusif

21/04/2014

L'association pour la protection des animaux sauvages dans la Drôme

les surlignages sont de moi

lu sur : 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/19/dans-la-drome...

LE MONDE | 19.04.2014 à 09h51 • Mis à jour le 21.04.2014 à 15h11 |

Par Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale )

A perte de vue, des falaises de calcaire s'élèvent, majestueuses, tapissées d'un dense couvert forestier. En contrebas, un ruisseau, le Riousset, s'étire longuement, bordant quelques rares bâtisses de pierres du hameau de Véronne. C'est dans ce lieu majestueux, au coeur de la Drôme et aux portes du Vercors, que l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) va inaugurer, mardi 22 avril, la première réserve privée de vie sauvage, celle du Grand Barry. Objectif de ce lieu inédit en France : laisser la nature s'exprimer sans la moindre intervention humaine. Et prendre le relais d'une gestion publique des aires protégées jugée « déficiente ».

« Alors que les parcs et réserves naturelles ne protègent plus autant la biodiversité, en autorisant fréquemment la chasse et l'exploitation forestière, nous avons développé un nouvel outil pour assurer une protection pérenne des milieux naturels : l'acquisition foncière, explique Pierre Athanaze, le président de l'Aspas, reconnue d'utilité publique. Depuis 2010, nous rachetons des terrains avec comme seul mode de gestion la libre évolution. »

FONDS PRIVÉS

Pour financer ses espaces, l'association, qui refuse d'être subventionnée par l'Etat, ne recourt qu'à des fonds privés : ce sont les cotisations de ses 11 000 adhérents, ainsi que des dons, legs et un coup de pouce de la Fondation pour une Terre humaine, qui ont permis de réunir les 150 000 euros nécessaires à l'acquisition des 110 hectares de terrains du Grand Barry, achetés à des particuliers.

Des opérations similaires menées dans les Côtes-d'Armor et dans la Haute-Loire permettent aujourd'hui à l'association de totaliser 300 hectares « sauvages ». Pour l'instant, seule la zone du Grand Barry a été labellisée « réserve de vie sauvage », une marque déposée par l'Aspas. Elle a par ailleurs intégré en février le réseau européen Rewilding Europe, qui regroupe 27 réserves et vise à atteindre, d'ici à 2020, un million d'hectares.

CAHIER DES CHARGES EXIGEANT

Le cahier des charges de ces « îlots de naturalité » est des plus exigeants. Sont interdits la chasse et la pêche, l'exploitation forestière et agricole, l'élevage, les feux, les dépôts de déchets, le passage de chiens non tenus en laisse et même la cueillette. Seule la promenade non motorisée, sur les sentiers, est autorisée.

Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l'Union internationale de conservation de la nature, qui mesure, sur une échelle de 6, l'intervention humaine sur la nature. Une demi-douzaine d'agents assermentés – bénévoles – seront bientôt formés pour faire respecter la charte dans cet espace en libre accès, et des panneaux d'information seront installés.

EFFETS VISIBLES DANS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

« Depuis près de deux ans que les terrains sont interdits à la chasse, nous avons observé un retour des grands ongulés », s'enthousiasment Roger Mathieu et Françoise Savasta, administrateurs de l'Aspas dans la Drôme, en faisant découvrir la réserve. Lors de la visite, on n'apercevra aucun des nombreux chamois, chevreuils, biches ou cerfs qui arpentent les sentiers et rochers de la zone, en raison de la chaleur et des fortes bourrasques de vent. Mais les multiples traces et crottes, ainsi que les pièges photo installés sur des arbres, attestent des fréquents passages des herbivores.

« La biodiversité est exceptionnelle ici. On procède à un inventaire de la faune et la flore », indique Roger Mathieu, en suivant avec ses jumelles des aigles royaux, circaètes, éperviers et vautours fauves qui paradent dans le ciel. A hauteur de sol, ce sont des hépatiques, colchiques ou encore gesses de Hongrie qui fleurissent au pied des chênes pubescents et pins sylvestres. « En France, c'est inimaginable que l'on achète et privatise des terrains pour ne rien en faire, si ce n'est regarder la nature évoluer », regrette Françoise Savasta, passionnée de botanique. Mais les effets véritables de cette renaturalisation ne seront visibles que dans plusieurs générations.

SEULEMENT 1 % DU TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN PROTÉGÉ

La protection française des espaces naturels a pris son envol au début des années 1960, avec la création progressive d'une vingtaine d'outils et de statuts, tels que les parcs nationaux (au nombre de dix), les parcs régionaux (48), les réserves naturelles (166 nationales, 129 régionales et 6 corses), les sites Natura 2000 ou encore les arrêtés de biotopes.

Malgré tout, seulement 1 % du territoire métropolitain est aujourd'hui « sous protection forte » – un chiffre qui est censé doubler d'ici à 2019 en vertu des engagements du Grenelle de l'environnement. « Nous avons des lacunes en termes de protection par rapport à nos voisins européens, regrette Daniel Vallauri, chargé de la biodiversité et des forêts pour WWF France. En France, l'homme a toujours façonné l'ensemble de ses paysages, notamment par l'agriculture, l'exploitation forestière et l'urbanisation. Et nous avons des propriétaires et des usages privés partout, qu'il faut satisfaire. »

« LA LOI DE 2006 A ABAISSÉ LES EXIGENCES »

La loi de 2006, qui réforme le statut des parcs nationaux, a accru l'empreinte humaine sur ces espaces naturels. En ouvrant les conseils d'administration des parcs aux élus locaux, et en renégociant leur charte avec les communes, elle les a davantage soumis aux pressions économiques et touristiques. « L'objectif était de concilier impératif de protection et développement économique, afin de favoriser l'acceptabilité de l'ensemble du parc par les élus et citoyens », explique Alby Schmitt, directeur adjoint de l'eau et de la biodiversité au ministère de l'écologie.

« La loi a abaissé les exigences de protection du coeur des parcs, ceux-là mêmes qui devraient être des sanctuaires », rétorque Anthony Turpaud, secrétaire de la branche espèces protégées au Syndicat national de l'environnement et agent technique au parc du Mercantour. « Nous avons moins de temps à consacrer aux zones centrales car nous avons des nouvelles missions de développement local dans les zones périphériques, poursuit-il. Surtout, le lobbying des différents groupes d'intérêts est devenu plus fort. »

Ainsi la chasse a-t-elle été autorisée dans le cœur du dernier-né des parcs nationaux, celui des Calanques – de même que dans 70 % des réserves naturelles. Le parc national des Cévennes, de son côté, a demandé à être une zone d'exclusion pour le loup. A l'inverse du Grand Barry, où les animaux sauvages sont désormais maîtres de leur territoire.

  • Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale ) 
    Journaliste au service Planète du Monde

 

 

18/03/2012

Les terres rares : un faux problème

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5072

15/3/2012

Exploiter les « terres rares » en Chine

pour préserver son chez soi 

Le 13 mars dernier, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ont déposé plainte contre la Chine auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ils lui reprochent des quotas jugés abusifs, limitant l’exportation de « terres rares », ce terme désignant un groupe de métaux très prisés par les nouvelles technologies. Les Amis de la Terre ont vivement réagi à ce qu’ils dénoncent comme une « hypocrisie » des pays industrialisés. De fait, contrairement à ce que leur appellation suggère, les « terres rares » sont présentes de manière relativement homogène dans le monde. Mais leur exploitation est problématique, impliquant des conditions de travail précaires et des techniques d’extraction nuisibles à l’environnement. 

Aussi, n’est-ce pas un hasard si plus de 95 % de la production mondiale se concentrent en Chine, où les normes sociales et environnementales sont peu contraignantes. Pour l’ONG, plutôt que de faire pression sur la Chine, les pays industrialisés doivent s’interroger sur leurs besoins croissants en matières premières, inhérents à un mode de vie excessivement énergivore. Les associations déplorent une 
ère d’obsolescence programmée qui, en assurant une durée de vie limitée aux produits (*), appelle au renouvellement incessant d’accessoires, notamment high-tech. En atteste la récente sortie du nouveau Ipad d’Apple, le 7 mars dernier, troisième génération commercialisée en deux ans. Loin de se substituer à d’autres produits, ces tablettes s’ajoutent aux smartphones et aux lecteurs MP3. En moyenne, un Européen achète un nouveau téléphone tous les 18 mois. 

(*) http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4996

Cécile Cassier

24/07/2011

Oshkosh, le plus grand meeting aérien au monde

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/oshkosh-le-plus-grand-meeting-au-monde-23-07-2011-1355491_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110723

Oshkosh, le plus grand meeting aérien au monde

Un million de spectateurs suivent généralement cette fête aérienne annuelle qui se tient du 25 au 31 juillet aux États-Unis.

 

Oshkosh, le plus grand meeting au monde

Deux Douglas DC3 ont été préservés en France. A Oshkosh, plus d'une vingtaine arrivent en formation. © Tyson Rininger / EAA 

Aux États-Unis, il n'y a pas de salon aéronautique généraliste comme celui du Bourget ou celui de Farnborough en Angleterre. En revanche, la communauté aéronautique américaine organise chaque été AirVenture, le plus grand rassemblement au monde d'avions, sur une ancienne base militaire du Wisconsin, d'une surface comparable à celle de Roissy-CDG, au milieu des plaines à blé proches des grands lacs. C'est aussi le plus grand rassemblement humain de plein air de notre planète, largement devant les grands concerts. Il se tient cette année à partir de lundi prochain.

À 280 km au nord de Chicago, Oshkosh, connu aussi pour sa fabrique locale de salopettes, est visité, pendant la semaine que dure cette fête, par un million de spectateurs venus pour la plupart des quatre coins des États-Unis. Sur les parkings, on compte 12 000 avions, du Piper-Cub à l'Airbus A380, présent il y a deux ans. À peu près tous les types d'aéronefs, stationnés sur plusieurs rangs et 6 km de long, sont représentés, du minuscule ULM à construire soi-même aux avions d'armes et de transport les plus récents. Concorde était un habitué. En vedette, cette année, le Boeing 787 Dreamliner, à quelques semaines de sa livraison à son premier client, doit combler un déficit de notoriété lié aux trois ans de retard du programme.

Forte présence française

En 2003, l'Airbus Beluga, l'avion qui transporte les ailes et les fuselages d'usine en usine dans toute l'Europe, n'est pas arrivé à Oshkosh les soutes vides. Le plus gros biréacteur au monde transportait le Cri-Cri, le plus petit bimoteur (2 x 9 ch.) existant, ainsi que quelques avions anciens symbolisant la célébration d'un siècle d'aviation. La Demoiselle de Santos-Dumont y voisinait aussi avec le Morane H avec lequel Roland Garros traversa la Manche en 1913.

En 2005, c'est le Flamant MD 312 français de 1947 qui stationne sur le parking d'honneur aux côtés du SpaceOneShip et du Virgin Atlantic Flyer. Le vétéran français, premier avion construit par Marcel Dassault après la guerre, a réussi à traverser l'Atlantique par le cercle polaire avec une quinzaine de monomoteurs de tourisme. Deux ans plus tard, en sauts de puce, le raid HeliVenture rallie Oshkosh au départ de l'héliport d'Issy-les-Moulineaux, saluant le centenaire de l'hélicoptère. Toutes ces aventures ont été organisées par Gérard David, un passionné d'avions et d'hélicoptères, malheureusement immobilisé cette année après un accident. Il avait prévu de traverser une fois de plus l'Atlantique par le Groenland et le Grand Nord canadien. Des dizaines d'aviateurs français empruntent cette route qui n'est pas la plus courte, mais qui réduit la longueur des traversées maritimes.

2 800 avions présentés en vol

Oshkosh obéit à un rythme quotidien immuable. Le matin est généralement studieux. Les stands abritent les constructeurs d'avions mais aussi des salles de plein air où se tiennent près de 500 forums avec des chercheurs de la Nasa, des représentants de la FAA (Administration de l'aviation civile américaine), des astronautes, des pilotes d'essai mais aussi des techniciens qui apprennent à utiliser la dernière colle composite ou qui font découvrir les fonctions cachées des GPS.

Dans le ciel, l'activité est permanente. 400 avions atterrissent chaque heure quand Roissy-CDG peine à en traiter 120. Mais ici les contrôleurs aériens venus de tous les États-Unis sont volontaires et patientent souvent sur une liste d'attente avant d'être admis à la tour. Au total, 5 000 bénévoles permettent le déroulement de la manifestation. L'accès aux taxiways n'est pas interdit comme en France par une double barrière mais par un simple trait de chaux sur l'herbe.

L'après-midi, le meeting permet de présenter 2 800 avions en vol pendant la semaine à l'occasion de tableaux retraçant des grandes batailles où le ciel est saturé d'avions. Les meilleurs voltigeurs viennent de très loin pour cette présentation où ils ne sont pas rémunérés. Mais Oshkosh sur sa carte de visite ouvre ensuite l'accès à de nombreux meetings dans tout le pays.

Business is business

Qui croise-t-on dans les allées d'Oshkosh ? Même en vacances, l'Amérique aéronautique travaille. Sous le couvert de la plus grande manifestation aéronautique mondiale, les dirigeants des grandes sociétés viennent discuter affaires en short autour d'un avion ancien ou d'un prototype. Phil Condit, l'ancien P-DG de Boeing, vient souvent montrer son Stearman à Oshkosh. Parmi les habitués de ce rassemblement, Warren Buffet, le gourou de la finance (Berkshire Hathaway), propriétaire de NetJets, vient évaluer les dernières tendances de l'aviation générale. Sa flotte compte plus de mille avions en propriété partagée.

Paul Allen, le cofondateur de Microsoft, accompagne Burt Rutan, le concepteur du projet SpaceShipOne. Quelques minutes plus tôt, un chasseur P51 vole dans le ciel d'Oshkosh issu de la collection privée de Paul Allen. Celle-ci, près de Seattle, compte à peu près autant d'avions anciens que ceux recensés dans la France entière.

Steve Fossett aimait la réunion d'Oshkosh. Avec son compère Richard Branson, le P-DG de Virgin Atlantic, ils choisissaient ce rassemblement pour annoncer quelque tentative de record ou encore présenter SpaceShipTwo, le vaisseau de tourisme spatial. John Travolta y vient régulièrement aux commandes de son Boeing 707. Harrison Ford, propriétaire d'un petit monomoteur Husky et d'un hélicoptère, encourage tous les partenaires de l'aéronautique à faire voler les jeunes. La vedette d'Indiana Jones préside, en effet, l'association des Youngs Eagles. Son objectif : offrir un million de baptêmes de l'air à des moins de 20 ans. Une bonne manière d'entretenir la fibre aéronautique.

 

La semaine prochaine : Jacques Brel, l'aviateur au service des Marquises

27/03/2011

L'ONG Amnesty international : dérives financières ?

lu sur le Canard enchaîné de cette semaine :

 

Image 1.png

16/10/2006

With a little help of my friends, Joe Cocker