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22/01/2017

La France n’est pas une Démocratie

En ce qui concerne la Politique (avec une majuscule) , la France n’est pas une Démocratie mais une société de castes.

Il y a deux castes.

D’une part la caste des « encartés », constituée par les personnes ayant payé leur adhésion à un parti politique, quel que soit ce parti; et d’autre part toutes les autres personnes en âge de voter : les "intouchables", politiquement parlant.

Faisons un calcul simple :

- les « encartés » constituent un ensemble d’environ 465 000 personnes, selon les chiffres trouvés sur WIKIPEDIA (LR: 275 000, PS: 111 000, PC: 57 000, MODEM : 14 000 , PG : 8000)
- le reste des citoyens en âge d’avoir une carte d’électeur : 44,6 millions environ.

(voir : Le nombre d'électeurs reste quasiment stable entre les 1er mars 2014 ...https://www.insee.fr/fr/statistiques/1379718 ).

465 000 divisé par 44,6 millions = 1%

En d'autres termes, seulement UN pour cent (1%) des citoyens en âge de voter (les "encartés") ont la possibilité de présenter des candidats aux élections Nationales !

Pour les élections législatives, par exemple, les candidats à des postes d’élus appartiennent tous à la caste des encartés constituant environ un centième de la population des électeurs (sauf rarissimes exceptions, peut-être, pour des anciens « encartés »).


Comment s’étonner que rien ne change !

Vous voulez un changement ?

Aux prochaine élections législatives, présentez dans chaque département des listes de personnes tirées au sort, acceptant de rester un temps limité à leur poste d’élu et de changer en cours de mandat contre une autre personne  tirée au sort.
Demandez à ces personnes de s’engager à proposer une reconnaissance du vote blanc et le tirage au sort d’une partie de la Chambre des Députés et d’une partie du Sénat selon des règles simples et de bon sens, telles que :

- un pourcentage de députés et de sénateurs tirés au sort au moins égal au pourcentage de votes blancs

et/ou

- pas plus de 2/3 d’élus « professionnels », ceci pour que le tiers tiré au sort puisse faire pencher la balance des choix possibles du côté de la raison et non du côté du dogmatisme politique

J’attends vos critiques.

Juste un rappel, les prochaines élections législatives auront lieu les 11 et 18 juin prochain.

 

Post Scriptum : à propos du vote blanc, voir la note du 8/2/2017 sur "le blog libre de mon quartier" (lien ci-contre)

23/09/2015

Combien de mégots voyez-vous tous les jours ?

à lire sur BASTAMAG (lien ci-contre)

 

RECYCLAGE

Quand les mégots deviennent une nouvelle matière première

08/09/2015 CLAIRE MERRIEN

La capitale a déclaré la guerre aux mégots, et communique allègrement sur ces 350 tonnes de déchets générés par les fumeurs, qu’il faut ramasser chaque année. Les résidus de cigarettes, quand ils ne (...)

02/01/2015

2015 : élections cantonales les 22 et 29 mars

Voir :

fr.wikipedia.org/.../Élections_départementales_françaises_de_2015

Les élections départementales françaises de 2015 auront lieu les 22 et 29 mars 2015 afin de renouveler l'intégralité des conseils départementaux.

Mode de scrutin[modifier le code]

L'élection des conseillers départementaux a lieu au scrutin binominal majoritaire à deux tours7. Dans chaque canton, les candidatures prennent la forme d'un binôme composé d'une femme et d'un homme (auxquels s'ajoutent deux suppléants, une femme et un homme également). Le corps électoral est celui des électeurs français inscrits.

Pour être élu au premier tour, un binôme doit obtenir au moins la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal à au moins 25 % des électeurs inscrits. Si aucun binôme n'est élu au premier tour, peuvent se présenter au second tour les deux binômes arrivés en tête et ceux qui ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des électeurs inscrits. Est élu au second tour le binôme qui obtient le plus grand nombre de voix.

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Redécoupage cantonal de 2014 en France — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Redécoupage_cantonal_de_2014_en_France 

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Pour les dépôts des candidatures, voir dans votre préfecture. Exemple :

  1. Elections départementales 2015 (ex-élections cantonales ...

    www.nord.gouv.fr/.../Elections-departementales-2015-ex-elections- cantonales
     
    Elections départementales 2015 (ex-élections cantonales). Rubrique créée le 06/ 10/2014 Mise à jour le 31/12/2014. La loi n°2013-403 du 17 mai 2013 relative ...
  2. Dépôt des candidatures / Elections départementales 2015 (ex ...

    www.nord.gouv.fr/...2015...cantonales/Depot-des-candidatures
     
    23 déc. 2014 ... Les candidats se présentent obligatoirement constitués en binôme . Les deuxcandidats du binôme doivent être de sexe différent . Le candidat ...

extrait :

> Consulter et télécharger le mémento à l’usage des candidats - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,83 M

Les candidats se présentent obligatoirement constitués en binôme . Les deux candidats du binôme  doivent être de sexe différent .

Le candidat  au sein du binôme et son remplaçant  doivent être de même sexe . Chaque membre du binôme a son propre remplaçant. 

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voir aussi :

Cantonales de 2015 : ne pas faire confiance aux politiciens professionnels !

Cantonales de 2015 : ne pas...

Les prochaines élections cantonales

Les prochaines élections...

25/10/2014

Nos députés sont-ils honnêtes ?

 communiqué :

Il ne se passe désormais plus une semaine sans qu'un scandale éclate, et entache la dignité de la représentation nationale.

De Thomas Thévenoud restant au Palais Bourbon malgré ses « négligences » dans le paiement de l'impôt à Sylvie Andrieux refusant de démissionner en dépit de sa condamnation en appel pour des faits de corruption extrêmement graves, en passant par Jean-Noël Guérini entrant au Sénat alors qu'il est mis en cause dans plusieurs affaires, ou encore Patrick Balkany, repris de justice et à nouveau soupçonné de fraude fiscale, on aurait pu croire qu'il était difficile de faire pire.

Et pourtant, la lecture du Canard Enchaîné paru ce mercredi nous apprend que le cas de Thomas Thévenoud n'est en rien isolé. En réalité, il s'agirait d'une soixantaine de parlementaires qui se soustrairaient au moins partiellement au paiement de l'impôt. Alors même que les parlementaires ont pour responsabilité de voter la loi qui s'abattra ensuite sur les citoyens qui refusent de la respecter.

Cette situation ne peut plus durer ! Soixante parlementaires, c'est plus de 6 % du Parlement ! Y a-t-il plus de 6 % de fraudeurs fiscaux parmi les citoyens normaux ? Évidemment non !

Ceux qui sont choisis par les citoyens pour voter la loi, et qui sont généreusement payés par ces mêmes citoyens, se doivent d'être exemplaires. Aussi, nous nous permettons de vous demander de signer lapétition de soutien (accessible en cliquant ici) à la proposition de loi du député de la Loire Dino Cinieri « visant à instaurer une peine complémentaire d’inéligibilité pouvant être perpétuelle pour tout élu condamné pour des faits de fraude fiscale ou de corruption », déposée mercredi et envoyée à l'ensemble des députés pour cosignature.

La pétition sera ensuite remise à Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale.

C'est le moment ou jamais de faire bouger les choses, alors soyez nombreux à signer cette pétitionet à la faire circuler largement autour de vous ! Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chances de nous faire entendre !

Merci,

Contribuables Associés

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Contribuables Associés

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voir aussi sur un autre blog :

Nos députés sont-ils...

11/02/2014

L'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

communiqué :

DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN 
Constitution du 24 juin 1793 
- Article 35 :
 
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.    
 
Si cet article a disparu des Constitutions suivantes, donc de la Constitution actuelle, c'est qu'il met en danger une règle non écrite que tous les partis politiques acceptent sans jamais la remettre en cause : 
 
"Représentant élu du Peuple" est une profession réservée aux politiciens professionnels 
 
N'êtes-vous pas choqué de cette situation ? Est-il normal que nos "représentants" soient des professionnels de la politique, qu'être "ÉLU DU PEUPLE" soit une profession, comme plombier, dentiste ou instituteur ?
 
Dans le domaine politique, la société française est une société de castes, il faut bien l'admettre. 
 
Il y a deux castes :
 
la caste des politiciens professionnels : ceux qui sont chargés de gérer la société dans laquelle nous vivons.
la caste des intouchables, politiquement parlant : ceux qui n'ont aucun droit dans cette gestion, autre que celui de mettre un bulletin dans une urne, de temps à autre.
 
Ce genre de société conduit inéluctablement à des révoltes périodiques (des "révolutions"), où les "intouchables", finissant par décider de mettre à bas leurs maîtres, tentent d'organiser autrement la société.
 
 
En 2014, une opportunité s'ouvre de tenter une "révolution par les urnes" : les élections municipales.
 
 
Jusqu'à présent, les listes présentées aux élections municipales dans les villes d'une certaine importance ont été conduites exclusivement par des partis ou des mouvements politiques, dont la seule fonction est de présenter le programme d'un parti politique ou d'une idéologie. 
 
Ce système, consciemment ou inconsciemment accepté par tous, IL EST TEMPS DE LE BOUSCULER, afin de redonner à TOUTES et TOUS la maîtrise d'une vie "politique démocratique" au sens étymologique du terme : 
 
SOUVERAINETÉ DU PEUPLE DANS L'ORGANISATION DE LA VIE SOCIALE
 
Pour les municipales de 2014, IL FAUT DÉPOSER PARTOUT, dans toutes les villes, 
 
DES LISTES "CITOYENNES" constituées à parité de citoyennes et de citoyens  SOUCIEUX DU BIEN COMMUN, dont la fonction ne soit pas d'avaliser le programme d'un parti politique ou d'une idéologie, quel que puisse être ce programme.
 
Si vous voulez y participer, écrivez à l'association " Une place pour tous ! ":
 
uneplacepourtous@cegetel.net
 

Même si les moyens dont nous disposerons pour faire campagne sont infimes, l'aspect symbolique de ce mouvement de révolte citoyenne aura des répercussions sur notre société, il ne faut pas en douter.

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à propos d'élus non professionnels de la politique, lire l'article suivant sur l'expérience italienne :

Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo s'enracine dans l'électorat.pdf

11/05/2013

Contre les projets inutiles de nos "élus", une résistance "citoyenne"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/un-squat-contre-un-projet-de-zone-commerciale-pres-de-rouen_3175328_3244.html

LE MONDE | 10.05.2013 à 18h40 • Mis à jour le 11.05.2013 à 13h57

Par Rémi Barroux

Rassembler et disséminer : telles sont les deux stratégies des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, défendu par le gouvernement. Samedi 11 mai, les militants doivent tenter de fédérer les soutiens en organisant une chaîne humaine autour de la "zone d'aménagement différé" (ZAD), rebaptisée "zone à défendre". Des milliers de personnes – le 17 novembre 2012, 40 000 personnes avaient arpenté le bocage nantais – devaient se donner la main pour encercler les 1 640 hectares du terrain où doit être construit l'aéroport du Grand Ouest.

Mais, alors que le projet de Notre-Dame-des-Landes est de fait gelé pour une durée indéterminée, les "zadistes" ont une autre stratégie : "semer des ZAD" partout, autrement dit occuper les zones où doivent se construire des projets qualifiés d'"inutiles", comme la ligne ferroviaire Lyon-Turin, un projet d'incinérateur dans le Morvan, le stade de football de l'Olympique lyonnais à Décines-Charpieu, la zone commerciale dans le triangle de Gonesse, en région parisienne...

Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : projet confirmé mais retardé

A Mont-Saint-Aignan, au nord de Rouen, la cible est une filiale du groupe Auchan, Immochan, qui a acheté des terres agricoles. Dans cette nouvelle ZAD, pas de cabanes dans les bois ou de barricades dans la boue : à la ferme des Bouillons, le squat est trois étoiles. Cinq, six ou sept jeunes, selon les circonstances, vivent là en permanence. L'enjeu porte sur 4 hectares de terres agricoles. Avec un mot d'ordre facile : "Des champs ! Pas d'Auchan !"

FERME HISTORIQUE

La société Immochan, qui gère "des espaces de commerce et de vie" dans le monde entier, a racheté le terrain en janvier 2012. Cinq ans plus tôt, les terres agricoles de cette grande ferme ont été classées en "zone à urbaniser" par la municipalité. Une aubaine pour le groupe Auchan, qui ne dispose d'aucun hypermarché à Rouen.

En juillet 2012, un permis de démolition de la jolie maison à colombages est délivré. L'alerte est donnée par une conseillère municipale écologiste de Mont-Saint-Aignan, dont le maire actuel est membre du Parti socialiste. Un petit groupe décide, le 6 décembre, d'occuper la dernière ferme historique du plateau.

Depuis, la vie s'est organisée. Soirées culturelles, réunions militantes, sans compter les soins à apporter aux poules, coqs, brebis et agneaux. Quand deux huissiers sont venus délivrer aux occupants, le 17 avril, un commandement de justice de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures, la riposte a été immédiate. L'Association de protection de la ferme des Bouillons sait pouvoir compter sur plus de 200 personnes dans une "chaîne d'urgence" mobilisable sur simple coup de fil.

Samedi 20 avril, avec l'aide de la Confédération paysanne, les zadistes normands ont labouré une parcelle et semé des pommes de terre. Le projet agricole existe. "Nous voulons empêcher toute destruction, et que la mairie requalifie les terres en zone naturelle et agricole", explique Sacha Vue, 24 ans, un ingénieur agronome qui a lancé le mouvement.

PROJET COLLECTIF

Olympe Crocq, 25 ans, étudiante en allemand, vit aussi ici, comme Barthélemy Guéret, 27 ans, intermittent du spectacle. Cédric Bineau, 31 ans, étudie quant à lui le maraîchage à Yvetot. Avec son collectif, les Appoyas, il cherche un lieu pour développer un projet collectif – maraîchage, boulangerie, forge et activités pédagogiques.

Tous se disent politisés, mais aucun parti ne trouve grâce à leurs yeux. Sacha dénonce le double langage des élus socialistes : "D'un côté, ils votent de grandes résolutions pour préserver les terrains agricoles et, de l'autre, ils ne préemptent pas les terres qui sont vendues."

Adeptes de la guitare, du jonglage, des "soirées conte" ou des mini-concerts qui se tiennent dans l'un des nombreux bâtiments, ces militants misent d'abord sur les habitants de Mont-Saint-Aignan et de l'agglomération rouennaise.

Le groupe est jeune et cultive l'ouverture. Tous se réfèrent à Notre-Dame-des-Landes, où ils se sont souvent rendus. Olympe y a "découvert le militantisme" : "Il s'est passé quelque chose là-bas", dit la jeune fille. Mais ils ne se reconnaissent pas dans l'aspect guerrier parfois véhiculé dans le bocage nantais. Sacha y a campé durant un mois : "Des zones à défendre, il y en a partout, mais ici on ne voulait pas de barricades ou porter des cagoules", dit-il.

Le 11 mai, ils seront à Notre-Dame-des-Landes. Combien de temps vont-ils rester à la ferme des Bouillons ? "On ne défend pas ce projet pour nous", avance Olympe. "On reste ici jusqu'à ce que l'on gagne ou que l'on se fasse jeter", assène Cédric. C'est cela, l'esprit ZAD.

Lire aussi : A Avignon, la possibilité d'une ZAD

Rémi Barroux

28/12/2012

Une seule solution : la révolution !

Par exemple, la révolution par les urnes, en présentant des liste "citoyennes" aux prochaines élections.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/un-quart-de-la-population-europeenne-est-menacee-par-la-pauvrete_1811121_3234.html

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Un quart de la population européenne est menacée par la pauvreté

LE MONDE | 28.12.2012 à 12h09 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h12 Par Claire Gatinois

Pour évoquer la situation des pays les plus frappés par la crise de la zone euro, personne n'ose encore employer le terme si angoissant de "dépression", utilisé pendant la crise des années 1930. Pourtant la situation de milliers de Grecs, d'Espagnols, d'Irlandais, de Portugais ou d'Italiens a pris des allures de plus en plus dramatiques.

La récession parfois interminable (cinq années en Grèce), cumulée à un chômage de masse (plus de 25 % en Grèce et en Espagne, plus de 15 % au Portugal) et couplée aux mesures d'austérité réduisant la taille de l'Etat providence, ont fait émerger une nouvelle forme de pauvreté.

 

Celle-ci est perceptible au travers de petites privations mais aussi, souvent, de véritables sacrifices. Les Espagnols ont réduit les budgets de Noël. Nombre d'entre eux ont aussi renoncé, dans des proportions record, à l'usage du téléphone portable : au total, 486 000 lignes ont été interrompues, et leur nombre a chuté de 3,8 % sur un an, rapportait l'agence Reuters, mi-décembre.

Avec un chômage qui frappe plus de la moitié des actifs de moins de 25 ans, les jeunes Espagnols sollicitent de plus en plus leurs aînés pour s'en sortir financièrement. Tandis que les plus âgés ont recours aux associations caritatives, débordées en cette fin d'année.

Le 14 décembre, le quotidien El Pais se faisait l'écho d'un rapport publié par l'association Intermon Oxfam ("Crisis, desigualdad y pobreza"), mettant en garde contre le risque de paupérisation grandissante du pays.

EXCLUSION SOCIALE

Selon cette étude, d'ici à 2022 40 % – deux Espagnols sur cinq ! –, seront en situation d'exclusion sociale. Un "niveau si élevé qu'il faudrait deux décennies pour que le pays retrouve le niveau de bien-être d'avant crise", signalait le journal.

Dans le pays, la consommation de produits alimentaires bon marché conduit à une montée de l'obésité, tandis que chez le voisin portugais, 10 385 écoliers de 253 écoles publiques souffrent de carences alimentaires, s'affolait en novembre le Jornal de Angola. Un quotidien lu à Luanda, capitale de l'ancienne colonie portugaise, où émigrent de plus en plus de Portugais pour fuir la crise.

En Grèce, selon un rapport l'institut de statistique européen Eurostat, publié le 3 décembre, près d'un tiers des Grecs (31 %) seraient en "situation de privation matérielle sévère", menacés de pauvreté ou d'exclusion. C'est-à-dire vivant avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian national, et/ou incapables de payer les factures de la vie courante, comme, par exemple, le chauffage.

Avec la réduction des dépenses de santé, une part croissante de la population grecque n'a plus d'assurance-maladie. Tandis que les faillites et le chômage font basculer certains dans la dépression ou la misère.

NOUVELLES PATHOLOGIES

Depuis deux ans, les médecins de Thessalonique ont vu apparaître de nouvelles pathologies liées à la malnutrition des enfants. Et dans tout le pays, des maladies oubliées font leur retour, comme le paludisme ou la tuberculose (Le Monde du 27 novembre).

Dans le pays, l'arrivée des premiers frimas s'est traduit par des vols de bois recensés jusque dans la forêt protégée du mont Olympe...

Pour Eurostat, le danger est plus prégnant dans les pays du Sud de l'Europe, mais il affecte l'ensemble du Vieux Continent. En 2011, près de 120 millions de personnes seraient en situation de privation ou menacées de pauvreté ou d'exclusion, soit 24,2 % de la population des 27 pays membres, contre 23,4 % en 2010 et 23,5 % en 2008.

La France, plutôt épargnée par le fléau (19 % en risque de pauvreté d'exclusion ou en situation de privation) est, elle, gagnée par la peur. Le 7 décembre, le quotidien Les Echos dévoilait les résultats édifiants d'un sondage réalisé par CSA : près d'un Français sur deux (48 %) se déclaraient "pauvre" ou "en train de le devenir".

Lire aussi : Ces dangers qui guettent la zone euro en 2013

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/ces-dangers-qui-guettent-la-zone-euro-en-2013_1811120_3234.html

LE MONDE | 28.12.2012 à 11h52 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h11 Par Claire Gatinois

Il y a ceux qui pronostiquaient sa mort. D'autres sa déliquescence. Ceux qui misaient sur la sortie manu militari de la Grèce ("Grexit") pour cause de surendettement. Et puis ceux qui évoquaient, pour des raisons totalement opposées, une sortie de la Finlande ("Fixit"). Rien de tout cela ne s'est passé en 2012. La zone euro est restée debout. Les drames ont été surmontés. Parfois in extremis.

Aujourd'hui, la plupart des économistes et des analystes, y compris anglo-saxons, à tendance eurosceptique, estiment que le grand danger qui menaçait la survie de l'union monétaire s'est éloigné.

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Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), y est pour beaucoup. Ses mots durant l'été – "l'euro est irréversible" – et, surtout, la menace d'utilisation d'une arme monétaire dissuasive (le rachat sans limite de dettes d'Etat) qu'il a brandie ont déjoué la spéculation.

Les dirigeants européens, en démontrant leur attachement à la Grèce, leur solidarité financière et en jetant les bases de l'union bancaire, ont aussi apaisé le climat.

Mais si elle est sortie de la tempête, la zone euro n'est pas, pour autant, tirée d'affaire. En 2013, pas plus qu'en 2012, la croissance ne sera au rendez-vous. La récession restera ancrée dans les pays fragiles et contaminera toute la zone, frappant même les pays robustes comme l'Allemagne, où deux trimestres de croissance négative sont attendus fin 2012 et début 2013.

En cause, notamment, les politiques d'austérité, qui, bien que de plus en plus assouplies, empêchent l'activité de repartir. Pour désendetter les Etats, l'effort budgétaire "structurel" (c'est-à-dire corrigé de l'effet du cycle économique) reste estimé l'année prochaine à plus d'un point de produit intérieur brut (PIB) pour l'ensemble de la zone euro. Avec des pics en Espagne (2 points de PIB) et en France (1 point), calcule Laurence Boone, économiste chez Bank of America-Merrill Lynch.

"On est sauvés mais on le paie cher", résume Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

De l'avis des experts, la croissance, espérée fin 2013, ne pourra venir que d'ailleurs. Des Etats-Unis notamment. Sous réserve que ce pays parvienne à surmonter ses propres blocages et difficultés budgétaires.

En outre, si l'euro n'est plus menacé de disparition imminente, certains pays membres pourraient encore donner lieu à quelques sueurs froides en 2013.

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LES HÉSITATIONS ESPAGNOLES

L'Espagne est la première source d'incertitudes et de stress évoquée par la plupart des économistes. Selon eux, le pays, englué dans la récession et le chômage de masse, aura du mal à se sortir de ses difficultés sans faire appel à l'aide financière de l'Europe et de la BCE.

Les analystes sont peu nombreux à imaginer que le pays puisse atteindre ses objectifs de réduction des déficits ; ils redoutent aussi de mauvaises surprises de la part des régions espagnoles, largement responsables du dérapage budgétaire de 2011.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) donne le sentiment de retarder au maximum cet appel à l'aide pour préserver son intégrité et ne pas se voir imposer des réformes par Bruxelles.

"Le risque, c'est que l'Espagne attende trop", pointe Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. Dès janvier, le pays doit rembourser 21 milliards d'euros d'intérêt et d'emprunts arrivant à échéance, indique-t-il. Et pour cela Madrid fera appel au marché.

Si les investisseurs doutent de la solidité financière de l'Espagne, cette opération pourrait mal se passer. "Et les négociations du plan de soutien pourraient se faire à la hussarde", redoute M. Moëc.

LA MENACE "BERLUSCONI"

Pour Roberto Benigni, acteur facétieux de La vie est belle, la fin du monde "pronostiquée" le 21 décembre était une broutille face à la menace du retour en politique de Silvio Berlusconi. "Pitié !", a-t-il imploré à la télévision italienne fin décembre.

Les investisseurs et les dirigeants européens ne sont pas loin de penser comme lui. Si la fin du monde n'a pas eu lieu, la candidature du "Cavaliere", voire sa victoire, aux élections législatives, prévues les 24 et 25 février, reste une hypothèse. Une mauvaise nouvelle car M. Berlusconi tient un discours anti-euro, anti-Allemagne et pourrait compromettre les réformes engagées par Mario Monti, actuel président du conseil.

Aujourd'hui, même si une victoire de M. Berlusconi, peu apprécié de la communauté internationale, semble improbable, son score pourrait perturber la bonne marche du prochain gouvernement. Et compliquer le redressement espéré de l'Italie.

LA FRANCE SOUS SURVEILLANCE

L'Hexagone ne sera sans doute pas la "bombe" que prévoyait l'hebdomadaire britannique The Economist en novembre. Mais la France, jusqu'ici plutôt épargnée par la crise et étrangement appréciée des marchés – le taux des emprunts d'Etat est historiquement bas en dépit d'un déficit et d'une dette élevés –, doit encore démontrer sa solidité économique et financière.

Paris doit poursuivre les réformes engagées (pacte de compétitivité) pour éviter que le possible dérapage des comptes publics – selon le Fonds monétaire international (FMI), l'objectif d'un déficit à 3 % du PIB en 2013 ne sera pas tenu – ne suscite l'agacement de Bruxelles et la nervosité du marché.

Assouplir le marché du travail fait partie des dossiers qui, selon certains économistes, faciliteront la croissance à venir. Le résultat des négociations entre le patronat et les syndicats sera donc scruté. "Pour l'instant, la France a le bénéfice du doute. Mais elle n'a pas droit à l'erreur", pense M. Moëc.

LE DÉFI DU PORTUGAL ET CELUI DE L'IRLANDE

L'Irlande et le Portugal, deux pays sous assistance financière de l'Europe et du FMI, sont censés faire leur grand retour sur le marché de la dette fin 2013 pour financer seuls leurs déficits et retrouver leur totale indépendance.

Mais si Dublin semble en bonne voie pour relever le défi, le cas de Lisbonne suscite plus d'interrogations. Sa discipline à mettre en place les mesures d'austérité et les réformes exigées n'a pas toujours été payante. La dette reste pléthorique et la récession se prolonge.

Le Portugal pourrait donc avoir recours au soutien de la BCE et du Mécanisme européen de stabilité pour sécuriser son retour sur le marché. A moins que l'Europe et le FMI ne lui accordent plus de temps pour remplir tous ses objectifs.

LE RISQUE SOCIAL GREC ET L'ÉPINE CHYPRIOTE

En 2013, la Grèce ne sera plus "le" problème de la zone euro. La rallonge financière accordée par les Européens fin 2012 a en effet donné assez d'air au pays.

Mais il y a un mais. Une longue liste de réformes et d'économies budgétaires à réaliser interviendra cette année. Or, après cinq ans de récession, la population grecque, à bout, pourrait "craquer". Et faire voler en éclats le gouvernement ouvrant la voie à la montée de partis extrêmes.

Et si ce n'est la Grèce, c'est son voisin chypriote qui pourrait préoccuper les dirigeants européens. Ruiné, le petit pays ne peut plus emprunter sur les marchés depuis la mi-2011.

Après un prêt de la Russie, une aide de l'Europe et du FMI est attendue. Les négociations sur les conditions de ce soutien semblent délicates avec le gouvernement chypriote communiste. Elles devraient, espère-t-on, aboutir d'ici à la réunion de l'Eurogroupe programmée le 21 janvier.

02/12/2012

La qualité de l'eau potable dans votre commune

communiqué:

Bonjour,
 
vous le savez, Anticor se bat pour la transparence démocratique. Dans certains domaines, on progresse petit à petit. Alors, même si le lien avec Anticor n'est pas des plus directs, saluons les initiatives qui vont dans le sens de cette transparence due aux citoyens. 
Le Ministère de la santé a mis en ligne il y a peu, sur son site, les résultats des contrôles sanitaires de la qualité de l'eau potable effectués par les agences régionales de santé, régulièrement mis à jour pour toutes les communes de France (celles qui n'y seraient pas encore doivent y être prochainement).
 
Vous pouvez vérifier pour votre propre commune la qualité de votre eau potable, vous pouvez cliquez sur la carte interactive en lien ci-dessous, puis cherchez votre commune dans la liste des communes de votre département :

 
En espérant que vous n'y découvrirez pas de mauvaises surprises, bien cordialement.
 
L'ÉQUIPE ANTICOR

04/07/2012

Doit-on couper l'éclairage public de nuit ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/03/doit-on-couper-l-eclairage-public-de-nuit_1728446_3244.html

Doit-on couper l'éclairage public de nuit ?

De plus en plus de communes limitent l'éclairage de nuit. Objectif : réduire la facture énergétique et les pollutions lumineuses.

Le Monde.fr | 04.07.2012 à 10h21 • Mis à jour le 04.07.2012 à 10h21

Par Audrey Garric

Halte à la pollution lumineuse, c'est l'heure de l'extinction des feux. Depuis le 2 avril, la ville de Ballancourt (Essonne) se retrouve dans une obscurité complète passé minuit. Les 1 300 lampadaires se rallument avant les premières lueurs du jour, à 5 heures. Dans la foulée de 5 000 autres communes, cette ville de 7 400 habitants expérimente pendant six mois la coupure de l'éclairage public la nuit. Une mesure économiquement et écologiquement avantageuse, qui fait néanmoins débat au sein de la population.

A l'origine de cette décision, la volonté de réduire les nuisances lumineuses,objectif du Grenelle de l'environnement"Jusqu'à présent, les villes considéraient l'éclairage comme un acquis, signe de progrès. Aujourd'hui, l'on commence àprendre conscience que la lumière a un coût, économique et énergétique, et des conséquences sur le vivant", explique Anne-Marie Ducroux, présidente de l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (Anpcen), qui milite depuis quinze ans pour réduire l'intensité lumineuse des villes.

"L'augmentation continue de la lumière, en entraînant une rupture de l'alternance jour-nuit, a un impact sur la faune et la santé humaine, comme le déplacement et la reproduction des animaux ou le sommeil des hommes et la récupération de leurs défenses immunitaires", poursuit-elle.

UNE FACTURE ÉNERGÉTIQUE RÉDUITE DE 30 %

Mais si l'expérimentation tente les élus, c'est surtout pour réduire la facture énergétique, en temps de crise économique. Car l'éclairage public des collectivités représente près de la moitié de leurs dépenses d'électricité, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

"L'an dernier, notre budget éclairage a bondi de 70 000 à 100 000 euros, en raison du raccordement de nouveaux lotissements et des taxes qui ont augmenté, explique Jacques Mione, premier adjoint au maire de Ballancourt. En coupant les lampadaires pendant cinq heures, nous avons réduit la facture de 30 %." Une économie non négligeable pour les communes de petite taille.

UN SENTIMENT D'INSÉCURITÉ ACCRU

Le couvre-feu n'a toutefois pas été du goût de tous. Ces dernières semaines, l'opposition a mené une opération visant à demander le rétablissement de l'éclairage public et remis une pétition de 700 signatures lors du conseil municipal, lundi 2 juillet, raconte Le Parisien. L'objet du mécontentement : le sentiment d'insécurité né de l'absence de lumière dans les rues.

"Il existe une anxiété des habitants, mais pas une insécurité réelle", tempère Jacques Mione. Si la période de temps est trop courte pour produire des statistiques pertinentes, les chiffres de la gendarmerie sur les délits commis au milieu de la nuit pour les mois d'avril à juin tendent au contraire à démontrer une baisse des cambriolages et vols de voitures entre 2011 et 2012. "Nous ferons le point en octobre, à la fin de l'expérimentation, et nous verrons si les habitants se sont habitués à l'absence de lumière la nuit", conclut l'adjoint au maire.

ÉCLAIRAGE PARTIEL

"L'enjeu n'est pas de basculer dans le noir complet à tout prix, prévient Anne-Marie Ducroux. Il s'agit plutôt de s'interroger sur la pertinence d'éclairer certains endroits. Un éclairage partiel peut être la solution, soit géographique, soit temporel. Et il ne demande aucun investissement financier."

D'autres communes ont opté pour des dispositifs plus sophistiqués. A Lyon, par exemple, certains quartiers ont développé l'éclairage à distance et installé des détecteurs de présence. D'autres villes, comme Préfailles (Loire-Atlantique), testent plusieurs systèmes d'éclairage à la carte, comme l'extinction de deux candélabres sur trois dans certains îlots d'habitation ou un système d'éclairage des luminaires en moins de trois secondes sur simple appel d'un numéro gratuit.

>> Lire : "Quand les citoyens se font allumeurs de réverbères" (édition Abonnés)

Mais tout cela a un coût, surtout pour les petites communes. Pour soutenir leurs efforts, l'Ademe a dégagé, en février, une subvention de 20 millions d'eurosdestinée aux 32 000 communes de moins de 2 000 habitants qui souhaitententreprendre des travaux pour réduire leur consommation d'électricité et la pollution lumineuse.

"Plus de la moitié du parc actuel, qui représente 9 millions de lampes, est composée de matériels obsolètes et énergivores : 40 % des luminaires en service ont plus de vingt-cinq ans, et un tiers du parc héberge des lampes à vapeur de mercure, la moins efficace des sources d'éclairage public, explique l'Ademe. Le potentiel de réduction de la consommation d'énergie est de 50 à 75 %."

 

Audrey Garric

Extinction des enseignes lumineuses la nuit

 

Depuis dimanche 1er juillet, les enseignes lumineuses, dans les villes de moins de 800 000 habitants, devront être éteintes la nuit, entre 1 heure et 6 heures du matin. Ce nouveau règlement s'applique d'abord aux nouvelles installations, néons, panneaux ou publicités lumineuses, avant de s'imposer progressivement aux 3,5 millions d'enseignes existantes d'ici 2018. A terme, cette mesure devrait permettre d'économiser 1 térawattheure par an, soit la consommation annuelle de 370 000 ménages.

Des dérogations ont toutefois été accordées aux panneaux lumineux ayant une "utilité publique", comme les pharmacies ou affichages des communes, ainsi qu'à certains événements exceptionnels tels que la Fête des lumières de Lyon ou le Festival de Cannes.

Un second arrêté pourrait être pris par le gouvernement d'ici la fin de l'année, pour éteindre les bureaux, vitrines et commerces éclairés la nuit. Selon l'Ademe, il permettrait de nouvelles économies d'énergie, évaluées à 2 térawattheures par an.

05/05/2012

Quand les jardiniers clandestins s'attaquent aux villes...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/04/23/quand-les-jardiniers-clandestins-s-attaquent-aux-villes_1689805_3238.html

Quand les jardiniers clandestins s'attaquent aux villes...

Ils sortent souvent la nuit, seuls ou en groupe. Ils semblent sans arme. Mais, au fond de leurs poches, de petites boules de terre s'entrechoquent. Des bombes à graines. Au prochain arrêt, l'air de rien, ils les lanceront sur le sol délaissé d'une friche urbaine. Avec un peu de chance, dans quelques jours, cet espace fleurira. Puis ils repartiront biner un chantier à l'abandon, entretenir les boutures d'un pied d'arbre ou végétaliser d'autres interstices dans le béton.

Leur combat a un nom : la guérilla jardinière. Inventé à New York dans les années 1970, le terme a retrouvé ses lettres de noblesse après la publication en 2003 d'un opus, On Guerrilla Gardening, devenu la bible des militants et traduit en français en 2010 chez l'éditeur alternatif Yves Michel.

L'auteur, Richard Reynolds, un professionnel de la publicité fan de jardinage, lui-même guérillero clandestin, y fait le point sur l'histoire du mouvement, ses valeurs, ses techniques. Le Britannique se consacre à cette activité qu'il retrace sur son site (Guerrillagardening.org) et donne des conférences sur le sujet dans le monde entier. Sa définition est toute prête : "La guérilla jardinière, c'est la culture sans autorisation de terrains qui ne vous appartiennent pas." Une fertile occupation des sols abandonnés, en somme.

Dans les faits, les attaques ciblent surtout les espaces publics négligés. A Londres, les militants y plantent des massifs de fleurs. A Paris, ils préfèrent les potagers. L'art et la poésie ne sont jamais loin de ces séances de bêchage collectif et autogéré. Il suffit de suivre les tags en mousse qui grimpent le long des murs de ciment. Le Centre Georges-Pompidou à Paris ne s'y est pas trompé, qui organisait sur ce thème, l'hiver dernier, des ateliers lors de son exposition "Green Attitude".

"FAIRE PASSER UN MESSAGE POLITIQUE"

Combien sont-ils dans le monde à s'en revendiquer ? Le chiffre de 60 000 militants circule, difficile à vérifier, car le cercle est mouvant. Il tend surtout à s'étendre. En France, le réseau va de Rennes à Bordeaux, de Lyon à Nantes. Le mardi 1er mai, ces groupes s'associeront à leurs camarades hors des frontières pour une "grande fête globale du jardinage illégal de tournesol" (International Sunflower Guerrilla Gardening Day). Plantations hautes en couleur assurées.

"Pour les militants à la marge, ces actions sont une façon provocante de faire passer un message politique sur la propriété, le vivre-ensemble et la nature", signale Richard Reynolds. Les membres de la plate-forme Guerrilla Gardening Paris se voient ainsi comme des résistants, plus tournés vers la critique de l'urbanisme contraint que vers l'embellissement du bitume. "Nous sommes proches du mouvement des peuples sans terres ailleurs dans le monde, précise Gabe, coordinateur de la plate-forme. L'idée est de s'approprier nos rues et d'agir pour un patrimoine plus diversifié des espaces verts."

Certaines municipalités ont décidé de s'associer à des initiatives s'inspirant du guerrilla gardening, comme Embellissons nos murs à Rennes ou Laissons pousser, partie d'Ile-de-France. "Pour les gens, le guerrilla gardening est une façon de prendre possession des espaces publics en répondant à un besoin pressant de convivialité", reconnaît Richard Reynolds. Une vision proche de la philosophie des jardins partagés. "Plus les citoyens l'adopteront, plus les autorités seront détendues sur le sujet. Et cela n'aura plus à s'appeler guérilla jardinière".

Christine Taconnet

Bombes à graines, mode d'emploi
 
La grenade verte ou bombe à graines est l'étendard de la guérilla jardinière. Un outil amusant, pratique pour les endroits difficiles d'accès. C'est une boule d'argile, de terreau et de graines, que l'on peut confectionner soi-même et lancer où l'on veut, en catimini. Les puristes récupèrent les graines de leurs propres plantations. Autre option idéologiquement acceptable : s'approvisionner dans des Fraternités ouvrières ou auprès d'associations militantes comme Kokopelli, qui distribue des semences bio pour préserver la biodiversité. Trop tard ? Alors direction la jardinerie du coin. On y trouve des sachets prémélangés, comme ceux de la jeune société Nova-Flore, spécialiste de l'écologie urbaine (plantes mellifères, prairie de fleurs sauvages, etc.). Ceux que les travaux manuels rebutent s'achèteront des outils tout prêts. Comme les paquets de bombes à graines de l'allemand Aries ou, plus tendance, l'astucieuse Seedbom, en forme de grenade, du britannique Kabloom.
Mais la bombe à graines est une arme capricieuse, qui n'affranchit pas son utilisateur du b.a.-ba du jardinage. Une graine a besoin d'un sol préparé et d'une météo propice pour s'enraciner. Pas de magie, hélas, d'où certaines frustrations des débutants, que Richard Reynolds, auteur du livre La Guérilla jardinière (éd. Yves Michel, 2010, 274 p., 13,96 euros) et utilisateur régulier, accueille avec le sourire : "Ce sont des bombes très primitives ! Elles sont donc peu fiables."

10/06/2011

La police (russe) j'adore !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/06/09/le-bal-des-menteurs_1534036_3214.html

Le bal des menteurs

Du simple agent de la circulation au ministre, tous passent à la moulinette de la "réévaluation". L'examen comporte une épreuve redoutée : le passage au détecteur de mensonges.

Avis de tempête pour les policiers russes, désormais scrutés à la loupe. Depuis le 1er mars, date d'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la police, ils doivent se soumettre à des tests censés mesurer leur aptitude au métier. Il s'agit de moraliser la profession et aussi d'alléger de 20 % les effectifs du ministère, soit 1,2 million de personnes actuellement. Le processus est "long et douloureux", selon le chef de l'institution, le ministre de l'intérieur, Rachid Nourgaliev.

Du simple agent de la circulation au ministre, tous passent à la moulinette de la "réévaluation". Les candidats sont testés sur leurs capacités d'endurance physique, sur leurs liens éventuels avec le monde du crime, sur leur connaissance du code de la police, un manuel précisant que le policier doit être poli, sentir bon et refuser tout pot-de-vin.

L'examen comporte une épreuve redoutée : le passage au détecteur de mensonges. 6 000 appareils ont été acquis en 2010 par le ministère de l'intérieur (MVD). Tremblez menteurs, affabulateurs, agents indélicats ! Le candidat soupçonné de dissimulation est mené à la machine, où un psychologue officie. Quelques capteurs placés sur la poitrine, la tête et à l'extrémité des doigts permettront de démasquer les dissimulateurs sur un simple emballement du coeur, une transpiration excessive des mains...

Combien de menteurs dans la police russe ? Les autorités restent muettes sur le sujet. Entre mars et mai, une centaine de hauts responsables auraient été limogés par la commission pour la réévaluation, composée de représentants du parquet, du FSB (services de sécurité) et de l'administration présidentielle. A ce qu'on dit, la police fiscale a mal supporté l'examen, 25 % de ses effectifs ont dû rendre leur tablier. Pour quelles raisons ? Mystère.

Récemment, le ministre Rachid Nourgaliev a confié qu'il avait été "abasourdi" par la découverte des luxueuses propriétés acquises à l'étranger par certains de ses collègues. "Nous ne savions pas tout cela", a-t-il assuré. Avec le détecteur, c'est sûr, tout est limpide.

Pourtant, la machine n'est pas infaillible. Prenons, par exemple, le cas d'Artiom Kouznetsov, lieutenant-colonel de la police à la section des enquêtes du ministère de l'intérieur (MVD). L'officier a brillamment passé les tests et pourtant il ment. Point n'est besoin de lui brancher des électrodes sur la tête pour le constater. Il suffit tout bonnement de comparer son revenu et son train de vie.

Comment, avec un salaire équivalant à 364 euros par mois, Artiom Kouznetsov est-il propriétaire d'appartements et de terrains à Moscou d'une valeur de 2 millions d'euros au total ? Il est vrai qu'une partie de ces biens sont enregistrés au nom de sa mère, Lilia Gueorguievna, titulaire d'une retraite de 122 euros mensuels. Lui est modeste, il n'a que la voiture avec laquelle il se rend à son travail, une Mercedes 200 SLK Kompressor achetée 55 000 euros. Sa femme, Ina, fait les courses au volant d'une Land Rover à 89 000 euros.

Bizarrement, son collègue, le major Pavel Karpov est dans le même cas : il roule en Porsche Cayenne (86 000 euros) et sa mère, retraitée, a acquis pour plus de 1 million d'euros d'appartements et de terrains. Bizarrement, tous les enquêteurs se sont enrichis au même moment, à la fin de 2007.

Tout a commencé le 4 juin 2007, quand 25 policiers, conduits par le lieutenant-colonel Kouznetsov, ont perquisitionné les locaux de trois sociétés appartenant au Fonds Hermitage de William Browder, le créateur d'un fonds d'investissement de 4,5 milliards de dollars, chassé de Russie sans plus d'explications en 2005.

Hermitage a depuis longtemps retiré ses billes de l'économie russe, mais il lui reste ces trois sociétés, des coquilles vides. Au moment de la perquisition, les policiers confisquent les sceaux et les enregistrements officiels des trois sociétés. Trois mois plus tard, Hermitage constate qu'elles ne lui appartiennent plus. Elles figurent désormais au registre du commerce comme les propriétés d'un certain Viktor Markekov, qui a purgé deux ans et demi de prison en 2002 pour homicide.

Or le seul moyen de changer la propriété d'une société est d'avoir en main les sceaux et les originaux des titres de propriété. Qui, sinon la police, a pu remettre ces documents au nouveau propriétaire ? L'affaire ne s'arrête pas là. En décembre 2007, le nouveau propriétaire réclame au fisc russe le remboursement d'un trop-perçu de 150 millions d'euros.

La demande est faite le 21 décembre. Le 24, les autorités fiscales donnent leur accord. Le 26, l'argent est versé en roubles sur deux comptes (à la banque russe USB et à l'Intercommerz Bank), puis changé en dollars et transféré aux Etats-Unis. C'est le remboursement d'impôts le plus diligent de toute l'histoire du fisc russe.

En octobre 2008, Sergueï Magnitski, 37 ans, un des juristes employés par le Fonds Hermitage, dénonce l'affaire et porte plainte. Un mois plus tard, il est arrêté par ceux-là même qu'il accuse de fraude, soit le lieutenant-colonel Kouznetsov et le major Karpov. Maintenu un an en maison d'arrêt dans des conditions épouvantables, il meurt le 16 novembre 2009 d'une insuffisance rénale, faute de soins.

Les enquêteurs du MVD responsables de sa détention n'y sont pour rien, dit le parquet. C'était une mort "par négligence". Selon Irina Doudoukina, porte-parole du MVD, le juriste était lui-même l'auteur du "schéma d'évasion fiscale" qu'il dénonçait. On comprend mieux tout à coup pourquoi, selon un sondage publié par l'institut FOM en 2010, 42 % des jeunes Russes rêvent de devenir fonctionnaires. C'est-à-dire riches et intouchables.

jego@lemonde.fr

Marie Jégo

Article paru dans l'édition du 10.06.11

08/03/2011

Le 1er mai 2011

communiqué :

Le 1er mai 2011 tous à Paris, pour une marche citoyenne sur l’Elysée.

 

Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l’égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides et sécuritaires, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l’argent…

 

Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l’écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS, mais aussi du G.I.P.N, etc…
Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :

Liberté- Egalité- Fraternité- Laïcité- Démocratie

Pour nous contacter :

Email : contact.degage@gmail.com

Facebook :http://www.facebook.com/event.php?eid=176465202396613

Twitter  http://twitter.com/contactdegage#

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Et si vous n'allez pas à Paris, manifestez devant les préfectures !


08/04/2009

Les bons réflexes pour recycler ses appareils électroménagers

lu sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/07/les-bons-reflexes-pour-recycler-ses-appareils-electromenagers_1177775_3244.html#ens_id=1171560

Enquête
Les bons réflexes pour recycler ses appareils électroménagers
LE MONDE | 07.04.09 | 16h32 • Mis à jour le 08.04.09 | 08h02

Que faire de ses appareils électriques et électroménagers usagés ? A l'heure où se termine la semaine du développement durable, et bien que les enjeux environnementaux préoccupent le grand public, le taux de recyclage de ces produits n'est que de 30 % environ. Il reste donc du chemin à faire.

Appareils électroménagers (petits et gros), téléphonie, informatique, vidéo, jouets... la liste des objets recyclables est longue. Quatre organismes ont été agréés par les pouvoirs publics pour veiller à la collecte et au traitement de ces déchets : Eco-systèmes revendique 73 % du marché. Son site Internet permet de savoir où recycler son produit. Les autres organismes sont EcoLogic, ERP et Recylum, ce dernier ne concernant que les lampes.

Chaque année, environ 1,7 million de tonnes de ces déchets électriques sont générés par les entreprises et les ménages. Chaque Français produit 14 kg de déchets de ce type par an, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Un chiffre en constante augmentation. "En 2008, Eco-systèmes a atteint l'objectif de 4 kg par habitant et par an. Pour le mois de mars 2009, nous avons dépassé le seuil mensuel de 20 000 tonnes, et nous pensons atteindre 5 à 5,5 kg par habitant et par an", explique Christian Brabant, directeur général d'Eco-systèmes. EcoLogic vient de lancer "le tour de France du recyclage" pour sensibiliser les consommateurs "aux bonnes pratiques de tri".

Comment faire avec votre ancien appareil ? Trois solutions existent. Premièrement, vous pouvez le faire reprendre par le distributeur. Il a l'obligation de le faire gratuitement en cas de rachat d'un appareil neuf. Deuxièmement, il est possible de le déposer dans une déchetterie - elles sont gérées par les collectivités locales. Enfin, vous pouvez donner votre réfrigérateur, machine à laver, etc., à une association, qui les répare lorsqu'ils peuvent encore servir, ou récupère les pièces détachées. Il s'agit d'organismes tels qu'Emmaüs ou Envie.

Surtout, il faut éviter d'abandonner son appareil sur le trottoir ou de le mettre à la poubelle. Certains objets, comme les écrans de télévision, contiennent des substances potentiellement dangereuses.

Des centres de traitement permettent de ne pas rejeter ces substances dans la nature, et de recycler les matériaux. Composés essentiellement de métaux, les gros appareils électroménagers sont par exemple broyés, affinés, puis envoyés en aciérie, souligne Eco-systèmes. Les plus petits appareils, comme les sèche-cheveux, majoritairement composés de plastiques, peuvent être réutilisés dans l'industrie automobile ou pour fabriquer du mobilier urbain. Pour financer ce recyclage, les consommateurs doivent payer, depuis fin 2006, une écoparticipation, affichée en magasin (de 0,01 à 13 euros).

Une directive européenne sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), adoptée en janvier 2003, entrée en vigueur en France en août 2005, a imposé aux producteurs la collecte, la dépollution et le recyclage des équipements électriques et électroniques qu'ils mettent sur le marché. Ils doivent aussi travailler sur l'écoconception de nouveaux équipements. "Les caractéristiques environnementales tiennent une place importante dans les achats d'appareils électroménagers", selon le Groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager (Gifam).

Sur le Web :
- collectons.org ;
- emmaus-france.org ;
- envie.org.

Pascale Santi

Article paru dans l'édition du 08.04.09

20:08 Publié dans Civisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : civisme

20/12/2007

l'attribution de logements (suite)

lu sur lemonde.fr

M. Bolufer demande l'ouverture d'une enquête sur l'attribution de logements en Ile-de-France

Invité du journal de France 2, jeudi 20 décembre, Jean-Paul Bolufer a interpellé le maire de Paris, Bertrand Delanoë, demandant à ce que la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), à qui il loue l'appartement incriminé, publie "la liste de l'ensemble des appartements gérés par cette société, de leur superficie, ainsi que de leur localisation et éventuellement de leurs loyers". "Je souhaiterais que la chambre régionale des comptes fasse une enquête très rapidement sur les conditions d'attribution et de fixation des loyers dans l'ensemble des parcs privés d'Ile-de-France", a-t-il ajouté. L'ancien bras droit de Christine Boutin a également assuré avoir tenté de rendre les clefs de son logement et s'est défendu de l'avoir sous-loué. – (Avec AFP.)

Fadela Amara n'habite pas dans une HLM (note: mais un logement non conventionné sans surloyer; intéressant quand même, non ?)

"Fadela, tu habites toujours dans ton HLM ? - Oui, bien sûr, il n'y a pas de raison que je change, les voisins sont sympas, à moins qu'on me vire." L'échange entre une mère de famille et la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, en visite à Vaulx-en-Velin, le 22 septembre, ne manque pas de sel. En réalité, Fadela Amara ne vit pas dans une HLM. Elle occupe un logement de 55 m2, rue Nationale (Paris 13e), appartenant à la RIVP. Cette régie municipale détient en majorité des logements à loyers conventionnés (comme celui de Jean-Paul Bolufer), mais également des logements à loyers libres. C'est le cas de l'appartement de Mme Amara. Par une lettre du 9 juillet, son cabinet avait sollicité la régie pour l'application d'un éventuel surloyer. Réponse datée du 12 juillet : "Ce logement non conventionné et à loyer libre n'est pas soumis au surloyer."

18:15 Publié dans Civisme | Lien permanent | Commentaires (0)

aujourd'hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être



lu sur lemonde.fr:

Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de la ministre du logement, a remis sa démission, jeudi matin 20 décembre, quelques minutes après que François Fillon et Christine Boutin l'eurent "jugée nécessaire". Elle intervient après la révélation selon laquelle le bras droit de la ministre occupe un appartement de 190 m2, dans un immeuble de standing du boulevard de Port-Royal, à Paris, pour un loyer équivalent à celui des HLM les plus sociaux, soit 6,30 euros le m2.
Il s'acquitte d'un loyer d'environ 1 200 euros auprès de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), contre 4 700 euros environ s'il payait le prix du marché. Cet appartement lui fut attribué en 1981 lorsqu'il était directeur adjoint du cabinet du maire de Paris, Jacques Chirac. Mercredi, l'ancien préfet hors cadre jurait qu'il ne bénéficiait d'"aucun privilège personnel".
Pour Pierre Castagnou, président de la RIVP depuis décembre 2006 et maire PS du 14e, sa situation est "inacceptable et indigne" à double titre : son loyer n'est pas conforme à ses revenus et il a sous-loué son bien à des amis à deux reprises, au total pendant dix-sept ans. Entre septembre 1989 et juillet 1996, lorsqu'il fut en poste à Toulouse, comme directeur général des services et directeur de cabinet du conseil régional de Midi-Pyrénées. Puis, entre septembre 1997 et juillet 2007, car il bénéficiait d'un appartement de fonction au titre de directeur des Journaux officiels, à Paris. Or, rappelle M. Castagnou, son bail prévoyait "une occupation exclusive à titre de résidence principale".
M. Bolufer a contribué à la révélation de cette affaire, au début de l'automne, par un imprudent appel téléphonique à Serge Contat, qui venait d'être nommé directeur de la RIVP. Le locataire a demandé que son bailleur paie des travaux de peinture dans l'appartement qu'il venait de réinvestir, après dix années passées dans son logement de fonction. L'intéressé s'est présenté en tant que directeur de cabinet de la ministre du logement.
M. Bolufer n'en était pas à sa première tentative pour obtenir un passe-droit : Libération du 20 décembre publie un courrier de 1989 adressé par M. Bolufer à son bailleur de l'époque (la SAGI) pour lui demander l'autorisation de loger dans l'appartement une famille amie durant la période où lui-même serait en poste à Toulouse.
Une fois alerté, le président de la RIVP a envoyé une lettre recommandée avec accusé de réception, le 14 décembre, pour enjoindre M. Bolufer de mettre fin à cette situation faute de quoi une procédure de résiliation de son bail sera engagée. Dans Le Parisien, l'intéressé dément avoir reçu ce courrier.
A l'origine, l'immeuble appartenait à la SAGI, une société d'économie mixte (SEM) dont la Ville détenait 40 % du capital. En 2001, Bertrand Delanoë a souhaité que la ville reprenne la main sur la SEM, soupçonnée de loger des personnalités proches de la Chiraquie. Elle s'est heurtée à l'opposition des actionnaires privés. En décembre 2006, après une âpre bataille, une partie des logements de la SAGI, dont celui de M. Bolufer, ont été transférés à la RIVP, désormais contrôlée à 80 % par la Ville.
Père de cinq enfants, ancien militant contre l'avortement, Jean-Paul Bolufer, 61 ans, est un catholique conservateur. Cet énarque a également été formé au sein de la Cité catholique. Christine Boutin l'avait nommé à la tête de son cabinet le 10 juillet. Il n'était pas spécialiste des questions de logement. M. Bolufer avait déclaré le 16 novembre sur France Culture : "Qu'aujourd'hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et que se trouvent dans la rue des gens qui devraient être dans les HLM, je considère que c'est un véritable scandale."
Emmanuelle Chevallereau
Article paru dans l'édition du 21.12.07.

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