Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/10/2016

Mondialistion : grandes manœuvres pour le "libre échange"

L'Humanité :
MONDIALISATION

Grandes manœuvres pour sauver le Ceta du veto wallon | L'Humanité

Réunis hier à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne n’ont pas pu avaliser l’accord de libre-échange avec le Canada. Les autorités wallonnes, qui refusent d’autoriser la Belgique à le signer, subissent le feu nourri des institutions et des multinationales.


---------------

Le Monde :

CETA : la Wallonie rejette le délai que ses partenaires voulaient lui imposer
    
Il paraît improbable que le gouvernement fédéral belge puisse se prononcer dans les délais prévus sur le traité, dont la signature est prévue le 27 octobre.

17/03/2015

Connaissez-vous les bactériophages ?

Savez-vous qu'ils peuvent être utilisés contre les infections bactériennes, en particulier contre les bactéries résistant aux antibiotiques ?

Savez-vous pourquoi on en parle si peu et pourquoi leur utilisation est si peu fréquente ? (réponse en bas de note : * )

---------------

lu sur :

Le CHUV se lance dans la phagothérapie

Le Temps - Il y a 18 heures
MÉDECINE Mardi 17 mars 2015
 

Le CHUV se lance dans la phagothérapie

 

La phagothérapie utilise des virus pour lutter contre les bactéries résistantes aux antibiotiques. Un essai clinique sur des patients brûlés et la constitution d’une banque de virus débuteront bientôt au Centre hospitalier universitaire vaudois

Ils sont partout: sur notre peau, dans nos intestins, dans l’eau des lacs et des stations d’épuration. Les bactériophages sont des virus, microscopiques, prédateurs naturels des bactéries qu’ils détruisent. Avec leur forme caractéristique de module lunaire, ils sont plus de 10 millions dans un millilitre d’eau du lac Léman. Les médecins du Service de soins intensifs du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) voient en eux une piste prometteuse pour venir à bout des bactéries résistantes aux antibiotiques. Un essai clinique au CHUV chez des patients brûlés, en partenariat avec la France et la Belgique, se prépare et le premier patient est attendu dans les semaines à venir. Une banque de phages prélevés dans l’environnement est aussi en cours de réalisation.

Soigner les infections avec des bactériophages n’est pas une idée nouvelle. Dès le début du XXe siècle, la phagothérapie était pratiquée, mais elle a progressivement été abandonnée au profit des antibiotiques, sauf en Europe de l’Est, notamment en Géorgie. «Plus de 2000 patients sont traités chaque année au Centre médical de l’Institut Georges Eliava des bactériophages de Tbilissi, raconte Grégory Resch, chercheur au Département de microbiologie fondamentale de l’Université de Lausanne. Essentiellement pour des infections urinaires ou de l’appareil digestif.» Mais à ce jour, aucun essai clinique pour vérifier l’efficacité de la phagothérapie n’a été mené selon les critères occidentaux. Avec la hausse de la résistance aux antibiotiques de certaines souches bactériennes, à l’origine de quelque 25 000 morts par an en Europe, la phagothérapie suscite un regain d’intérêt.

En 2013, le premier projet d’étude clinique «Phagoburn» est lancé par le Service français de santé des armées en collaboration avec le CHUV et l’Académie militaire royale de Belgique. Le but est d’appliquer un cocktail de phages sur les plaies infectées de patients atteints de brûlures sévères. Le projet pionnier devait débuter initialement il y a neuf mois mais il a pris du retard. «Le processus de réglementation auprès des autorités de régulation est complexe, commente Yok-Ai Que, médecin adjoint au Service de médecine intensive du CHUV. Le projet vient d’être accepté par les commissions nationales d’éthique des trois pays. Nous attendons le feu vert de l’agence française des médicaments, puis de Swissmedic.» L’inclusion du premier patient au CHUV est attendue pour le printemps. Onze à douze patients seront inclus dans l’essai à Lausanne, sur 200 à 220 patients au total sur les trois pays. L’essai clinique de phase I/II vise à vérifier l’innocuité du traitement par les phages et à évaluer son efficacité.

Deux cocktails de phages ont été mis au point et validés; ils sont produits par deux entreprises françaises. L’un est spécifique de la bactérie Escherichia Coli et l’autre de Pseudomonas aeruginosa. «Ces bactéries sont responsables d’une grande morbidité chez les patients brûlés, entraînant des destructions de greffes cutanées voire le décès, explique Yok-Ai Que. Elles peuvent être résistantes à certains antibiotiques, ou même à tous.»

Les bactéries peuvent aussi développer des résistances aux phages, d’où l’utilisation dans l’étude d’un cocktail de plusieurs virus visant la même bactérie pour limiter le phénomène. Grégory Resch estime qu’environ 5% des souches bactériennes des patients évalués seront d’emblée résistantes aux cocktails de phages utilisés, excluant ces derniers de l’étude. «Mais on pourra toujours isoler, plus rapidement que pour les antibiotiques, de nouveaux phages efficaces, ajoute-t-il. Il y a une quantité énorme de ces virus sur Terre. Ils sont dix à cent fois plus nombreux que les bactéries.»

C’est pourquoi, en marge de l’essai clinique, l’équipe de Grégory Resch va établir une banque de phages qu’elle récolte par exemple… à la station d’épuration de Vidy. Le projet a reçu un soutien de 135 000 francs de la Loterie Romande en décembre 2014. «On planifie de caractériser en 2015 150 nouveaux phages spécifiques des bactéries résistantes aux antibiotiques et tout autant en 2016», explique Yok-Ai Que. Le procédé est simple: prélever des échantillons d’eau à la station, enlever les déchets et les bactéries par filtration et isoler sur boîtes de Petri les phages qui détruisent des bactéries courantes comme Escherichia Coli ou Pseudomonas aeruginosa. Mais Grégory Resch précise que «seuls les phages dits «lytiques», c’est-à-dire qui détruisent très efficacement les bactéries, sont intéressants. Ils sont repérés grâce à des techniques de séquençage de génome.» Les phages intégrés dans le génome bactérien sont inoffensifs et donc éliminés, de même que ceux qui présentent des facteurs de virulence pour l’homme.

L’essai clinique «Phagoburn» ne porte que sur les infections de la peau, mais peut-on imaginer étendre les applications de la phagothérapie? «Les virus ne peuvent être utilisés que pour des infections en contact avec l’extérieur comme celles de la peau, du tube digestif ou des poumons, commente Jacques Schrenzel, responsable du laboratoire de bactériologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Il faudra s’assurer de l’innocuité des phages et de leur efficacité pour une application interne.»

Les phages présentent des avantages par rapport aux antibiotiques. «Les phages ne tuent pas les bactéries utiles de la flore intestinale. Chacun détruit une espèce bactérienne bien précise», observe Yok-Ai Que, qui espère aussi qu’il y aura moins d’effets secondaires observés qu’avec les antibiotiques. «En Géorgie, il n’y a pas d’effets secondaires majeurs observés chez les patients traités par phagothérapie, rapporte Grégory Resch. C’est logique car notre corps en contient d’énormes quantités. Il est aussi constamment exposé aux phages présents naturellement dans l’environnement.»

Mais est-ce que la phagothérapie remplacera les antibiotiques? «Non, répond Grégory Resch. Il s’agit surtout d’une nouvelle arme pour des patients en impasse thérapeutique face à des bactéries résistantes aux antibiotiques.» Dans des cas de maladies chroniques rares, les médecins espèrent pouvoir proposer des solutions personnalisées au patient. Après caractérisation de la bactérie résistante, ils pourraient sélectionner le bon cocktail de phages efficaces. Mais cette démarche prend du temps, aujourd’hui il faut 48 heures rien que pour faire le diagnostic moléculaire (identifier la bactérie et caractériser sa résistance). «Ce n’est pas réaliste de penser que la phagothérapie sera systématiquement personnalisée, à cause du coût et du temps nécessaires pour chaque préparation, commente Jacques Schrenzel. Mais elle trouvera sa niche dans les années à venir. Cela dépendra de plusieurs choses: l’évolution de la recherche sur les antibiotiques et les moyens financiers disponibles.»

-------------

réponse : parce que les bactériophages ne sont pas brevetables, donc pas intéressants pour l'industrie pharmaceutique.

23/02/2015

Salon de l'agriculture : la carte de France des fermes géantes

à lire sur BASTAMAG (lien ci-contre)

20/02/2015 AGROBUSINESS

Les dessous de votre assiette : la carte de France des fermes géantes

www.bastamag.net/Les-dessous-de-votre-assiette-la-carte-de-France-des- fermes-geantes

Alors que le Salon de l’agriculture s’ouvre le 21 février, la Confédération paysanne vient de publier une carte de l’industrialisation de l’agriculture. Vous connaissiez la célèbre « ferme-usine des Mille vaches » en Picardie ? Découvrez un élevage de 250 000 poules pondeuses dans la Somme et de 125 000 poulets dans le Vaucluse, un centre d’engraissement de 2000 taurillons dans l’Aube, une maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an dans les Côtes d’Armor, ou bien encore les 3 000 brebis laitières dans les Pyrénées Atlantiques...

voir la carte sur le site de BASTAMAG

Image 1.png

 

 

22/02/2015

Pétition: Pas de drônes d’origine israélienne pour l’armée de terre française !

 
Pétition: Pas de drônes d’origine israélienne pour l’armée de terre française !

 

" Refusant cette complicité et rejoignant l’appel de la société civile palestinienne à la mise en œuvre d’un embargo militaire international contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il respecte le droit international, nous vous demandons de rejeter l’achat du drone Watchkeeper." 

                               SIGNEZ LA PETITION !

05/01/2015

Ne donnez plus votre sang : vendez-le !

lu sur :

Les vampires de Lachen | L'Hebdo

www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/les-vampires-de-lachen

18 déc. 2014 ... Ils prélèvent le plasma sanguin, le transforment et le revendent. ... Car le marché des dérivés sanguins est très lucratif: 12 milliards de dollars ...

Enquête. Ils prélèvent le plasma sanguin, le transforment et le revendent. Octapharma AG est l’un des leaders mondiaux du secteur. Un succès aux méthodes troubles: la firme est mise en cause au Portugal et au Brésil. Tandis qu’en Suisse, la Croix-Rouge lui revend une partie du sang de ses donateurs.

Marie Maurisse et François Pilet

Le cauchemar de José Sócrates porte un nom: Octapharma. Derrière les barreaux de la prison d’Evora, où il purge une peine préventive depuis maintenant un mois, l’ancien premier ministre portugais doit regretter d’avoir frayé d’un peu trop près avec la multinationale suisse.

Car derrière le business apparemment aseptisé de cette entreprise méconnue se cache une stratégie implacable, parfois aux frontières de la légalité. Présente dans plus de cent pays, Octapharma avance comme un bulldozer sur le marché en pleine croissance des dérivés du plasma sanguin.

L’ex-leader socialiste est accusé de fraude fiscale, de blanchiment d’argent et de corruption par la justice lusophone. Et si l’enquête a des dizaines de ramifications complexes, les pistes remontent avec insistance jusqu’à la bourgade schwytzoise de Lachen, siège d’Octapharma AG.

Depuis le début de 2013, José Sócrates était consultant de la firme pour l’Amérique latine. Avec un salaire de 12 000 euros mensuels, écrit la presse portugaise, qui lui aurait été versé à double. Une partie de cette rémunération viendrait du compte offshore d’un ami – une manière efficace de blanchir une fortune d’origine douteuse, avec l’aval d’Octapharma. Comment l’ex-ministre a-t-il pu gagner les 20 millions d’euros qu’il détenait sur un compte chez UBS?

Décrit comme bling-bling, l’ancien chef du gouvernement, qui a démissionné en 2011, aurait mis en place un système élaboré de détournement de fonds. Plusieurs autres personnes mises en cause par l’enquête, comme ses compatriotes Jaime Couto Alves ou Paulo Castro, sont également liées à Octapharma. L’entreprise pharmaceutique s’est déclarée prête à collaborer avec les enquêteurs et a démis José Sócrates de ses fonctions.

Le scandale ne fait que commencer: les accusations de Lisbonne sont en voie de remonter jusqu’au Brésil, où Octapharma a déjà connu de gros problèmes. En 2004, la firme suisse était apparue avec deux concurrents dans l’affaire des «vampires du sang» qui avait ému tout le pays. Octapharma y était accusée d’avoir inondé le marché de ses produits à coups de dessous de table auprès de fonctionnaires du Ministère de la santé et du Parti du travail. Les prix des injections de plasma avaient explosé, tandis que les malades, eux, mouraient.

Le dossier, explosif pour le parti au pouvoir, n’est toujours pas jugé et la société suisse a jusqu’ici pu poursuivre ses affaires au Brésil. Depuis 2008, Octapharma a touché près de 700 millions de dollars du gouvernement brésilien, écrit Globo News. A la suite de l’arrestation de Sócrates, le Ministère public brésilien vient de demander au gouvernement de ne plus signer de contrat avec la firme suisse.

Avec 1,4 milliard de francs de chiffre d’affaires et une croissance des ventes de 26% en 2013, Octapharma n’est pas encore menacée. Car le marché des dérivés sanguins est très lucratif: 12 milliards de dollars par an selon des estimations.

Si le business d’Octapharma est en plein boom, c’est que les besoins de plasma, un des principaux composants du sang, sont en augmentation. Les produits qui en sont issus servent à renforcer les défenses immunitaires des personnes victimes d’accident, par exemple, ou à améliorer la coagulation sanguine des hémophiles.

Voilà pour le principe. Sauf que, dans la réalité, «le marché du plasma est un marché trouble», prévient Jean-Daniel Tissot, médecin-chef du Service vaudois de transfusion. Toute la richesse d’Octapharma et de ses concurrents repose sur une seule source: les dons de sang par des centaines de milliers de «volontaires». Cette activité est aujourd’hui une industrie florissante.

«Ce marché ne correspond plus à la vision traditionnelle du don de sang, basée sur une solidarité entre donneur et patient», constate Jean-Daniel Tissot. Contrairement à la Suisse, des pays comme l’Allemagne, la Chine ou les Etats-Unis autorisent la rémunération des dons.
 

Octapharma dispose par exemple d’un grand nombre de centres à travers tous les Etats-Unis, souvent installés dans des supermarchés. Les donneurs de plasma, appelés «plassers», reçoivent 50 dollars par prise. La somme leur est versée sur une carte de débit qui ponctionne des frais lors des retraits. Les plus vaillants peuvent toucher 60 dollars s’ils acceptent de passer sous l’aiguille deux fois par semaine, un rythme difficilement supportable, qui serait interdit en Europe.

Selon une enquête de la chaîne américaine MSNBC, près de 40% des donateurs feraient le voyage chaque semaine depuis le Mexique pour vendre leur plasma dans des centres de collecte du sud des Etats-Unis. Octapharma y est très présente en Californie, dans le Nevada et au Texas avec ses enseignes en banlieue et ses slogans publicitaires du genre: «Que ferez-vous de l’argent que vous allez gagner?».

Ce modèle hérisse Jean-Daniel Tissot, qui dénonce une dérive: «J’espère que nous n’irons pas vers un marché où les plus riches profitent des plus pauvres. Il est impossible de fabriquer ces produits sans dons. Mais dans beaucoup de pays, les donneurs ne sont pas ceux qui profitent des médicaments issus du plasma, qui sont extrêmement coûteux.»

Patience et détermination

Malgré ses 5500 employés, Octapharma reste une entreprise familiale, et ne publie pas de chiffres sur sa rentabilité. C’est un Allemand, Wolfgang Marguerre, qui l’a fondée en 1983. Sa fortune est estimée aujourd’hui à plus de 3 milliards de dollars par Forbes. Récompensé en 2009 par la Légion d’honneur, il a, depuis, placé deux de ses fils à la direction.

Gérée depuis la Suisse, aussi puissante que discrète, l’entreprise conquiert chaque pays avec patience et détermination. La première étape consiste à s’insérer dans les systèmes nationaux de collecte de sang, longtemps restés en mains publiques. Il faut ensuite convaincre les hôpitaux d’acheter les produits transformés, et les régulateurs de faire confiance à l’enseigne suisse.

C’est là que le lobbying intervient, avec des modalités particulièrement efficaces. Comme au Brésil. Julien, un ancien employé du groupe qui souhaite conserver l’anonymat, l’explique en ces termes: «Rien n’est propre dans le secteur médical. Pour investir les marchés émergents, il faut beaucoup de moyens…»

Octapharma a récemment gagné une importante bataille en France, un pays pourtant très attaché à son système public de transfusion depuis le scandale du sang contaminé. La Cour de justice européenne lui a donné raison il y a quelques mois en décidant que le «plasma solvant-détergent» – procédé de traitement du plasma pour y désactiver les éventuels virus – était un médicament et non pas un produit sanguin.

En tant que tel, son commerce doit être ouvert aux règles du libre marché. N’étant pas une entreprise pharmaceutique, l’Etablissement français du sang (EFS), qui produisait ce plasma dans l’Hexagone depuis plus de vingt ans, a donc perdu le droit de le fabriquer. Au profit d’Octapharma, qui reprend la main.

«Pour nous, ce n’est pas qu’un échec symbolique, car 500 emplois sont en jeu», estime Serge Dominique, délégué syndical central Force ouvrière à l’EFS.

Le syndicaliste s’inquiète d’autant plus que le plasma vendu par Octapharma a connu son lot de polémiques.

En 2010, la firme a même perdu sa licence aux Etats-Unis et en Europe pendant plusieurs mois car son immuno globuline Octagam avait provoqué des décès à la suite d’une attaque cérébrale. Aux Etats-Unis, Raymond Sieger a porté plainte en 2011 contre la compagnie suisse, l’accusant d’être responsable de la mort de sa femme. Susan Sieger, qui souffrait de sclérose, a subi plusieurs injections d’Octagam en 2010, ce qui aurait provoqué une attaque fatale – le lot de plasma en question était apparemment défectueux.

La procédure s’est terminée en octobre dernier par un accord amiable dont les termes sont confidentiels.

Octagam, près de chez vous

L’autorisation de mise sur le marché de l’Octagam a finalement été rendue à Octapharma. Mais Julien, l’ancien employé, se souvient que l’épisode a porté un gros coup à la réputation de la firme. «Si vous mangez un Big Mac en Chine ou en Suisse, il est censé être parfaitement identique. Notre plasma ne l’était pas et c’est ce qui a posé problème.»

Octapharma vend-elle ses produits en Suisse? Oui, répond l’autorité suisse de contrôle des médicaments, Swissmedic, en montrant une liste de treize dérivés de plasma commercialisés sur notre sol. En général, ce sont les hôpitaux qui les utilisent. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) indiquent, par exemple, que ces produits ne sont utilisés que rarement, chez des patients au groupe sanguin particulier. D’autres établissements, notamment en Suisse alémanique, utiliseraient ce médicament bien plus fréquemment.

Monopole du sang

La firme de Lachen ne vend pas seulement son plasma aux Suisses. Elle leur achète également. La Croix-Rouge, qui détient le monopole du don de sang, revend une partie du plasma à des firmes, dont Octapharma. Au total, 80 000 litres sont collectés chaque année, dont 80%, soit 64 000 litres, sont en surplus.

«Plutôt que de le jeter, ce qui serait dommage car c’est un produit précieux, nous le cédons à des compagnies pharmaceutiques, indique Rudolf Schwabe, chef du Service de transfusion de la Croix-Rouge. Nous touchons environ 100 francs par litre et nous utilisons cet argent pour faire baisser le prix des autres produits que nous envoyons aux hôpitaux.» Six mille quatre cents litres environ sont vendus à Octapharma chaque année, ce qui rapporte 640 000 francs à la Croix-Rouge. Gagnant-gagnant? Pas tant que ça.

Même dans un système qui repose sur la gratuité des dons, le marché du plasma pose un problème éthique, dénonce Jean-Daniel Tissot: «Le modèle d’affaires de ces sociétés repose sur la transformation d’un don en un médicament commercial, qui est ensuite revendu au prix fort aux hôpitaux.» Pour Vincent Corpataux, magistrat, docteur en droit et auteur d’une thèse sur l’utilisation du sang, il est important d’informer le donneur qu’une partie de son sang tombera entre les mains de sociétés privées.

Informé des déboires d’Octapharma au Portugal et au Brésil, le responsable des transfusions à la Croix-Rouge est clair. «S’il s’avère que cette compagnie ne joue pas le jeu, nous cesserons de lui vendre du plasma», prévient Rudolf Schwabe. Sollicitée, Octapharma n’a répondu à aucune de nos questions.

------------------

sur le même sujet :

La marchandisation du sang en ordre de marche | L'Humanité

www.humanite.fr/la-marchandisation-du-sang-en-ordre-de-marche-561682

Le 31 janvier, l’Établissement français du sang devra arrêter la production et la délivrance aux patients d’un certain type de plasma thérapeutique au profit du produit vendu par la firme suisse Octapharma. C’est la première étape visant à la privatisation du corps humain. 

La marchandisation du sang en ordre de marche 

Alexandra Chaignon Lundi, 5 Janvier, 2015

Le 31 janvier, l’Établissement français du sang devra arrêter la production et la délivrance aux patients d’un certain type de plasma thérapeutique au profit du produit vendu par la firme suisse Octapharma. 
C’est la première étape visant à la privatisation du corps humain.La privatisation des produits issus du corps humain serait-elle pour demain en France, pays attaché à son système public de transfusion depuis le scandale du sang contaminé?? C’est en tout cas une crainte réelle depuis que le Conseil d’État, après consultation de la Cour de justice de l’Union européenne, a donné raison en juillet 20014 à la firme suisse Octapharma en décidant que le plasma SD – un procédé de traitement du plasma pour y désactiver d’éventuels virus – était un médicament et non pas un produit sanguin labile (produit thérapeutique issu du don du sang). Une décision qui implique que sa commercialisation doit être ouverte aux règles du libre marché, attaquant le monopole de l’Établissement français du sang (EFS). 
N’étant pas une entreprise pharmaceutique, ce dernier, qui produisait ce plasma thérapeutique, a donc perdu le droit de le fabriquer au 31 janvier 2015. Donnant raison à Octapharma, dont le but est de faire des profits à partir du sang humain, une première brèche a été ouverte, plaçant la transfusion sanguine française dans une situation inédite de concurrence. 
Il faut dire que le marché des dérivés sanguins est très lucratif. Les estimations évoquent un juteux «marché» de 12 mi ▶ La suite ...

15/12/2014

Pollution chimique, Phtalates et quotient intellectuel : les nouvelles générations ont un QI de plus en plus bas

lu dans la revue de presse de l'INSERM : (les surlignages sont de moi)

Lien entre l’exposition prénatale aux phtalates et le développement du cerveau

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université Columbia à New York l’exposition prénatale aux phtalates pourrait perturber le développement du cerveau du fœtus, et aurait ainsi un impact sur le quotient intellectuel des enfants en âge scolaire, rapporte France 5.

Ces produits chimiques, que l’on retrouve dans une grande variété de produits de consommation car ils ont la propriété de ramollir la matière « sont accusés de perturber le système endocrinien », rappelle la chaîne télévisuelle.

Ces travaux, publiés dans la revue Plos One, montrent notamment que les phtalates sont capables d’arriver jusqu’au fœtus en traversant toutes les protections qui l’entourent.

France 5, 11/12

Et aussi :

Dans un dossier dédié à l’impact de la pollution chimique sur la santéLe Généraliste rend compte du nouveau volet du programme GEOCAP dédié aux cancers de l’enfant et leur lien éventuel avec l’environnement.  

Selon Jacqueline Clavel, chercheuse au sein de l’unité Inserm 1028, ce travail « montre [notamment] que le trafic intense est associé à un sur-risque [de leucémie chez les moins de 5 ans]. Et, sans surprise, le benzène est probablement la ou l’une des principales causes attribuables à ce sur-risque (…) ».

Le Généraliste, 05/12

10/10/2014

11 OCTOBRE 2014 : journée contre le traité de libre échange

communiqué :

infos sur : https://stoptafta.wordpress.com/

 

11 OCTOBRE 2014 : MOBILISATIONS

 – Journée Stop TAFTA, CETA, TiSA et Journée internationale GLOBAL FRACKDOWN

30/06/2014

Ferme-usine des 1000 vaches :les procès en cours

à lire sur BASTAMAG :

30/06/2014 MODÈLE AGRO-INDUSTRIEL

Ferme-usine des 1000 vaches : neuf opposants en procès

PAR SOPHIE CHAPELLE 30 JUIN 2014

« Le bonheur est dans le pré, pas dans l’usine à vaches ! » C’est au rythme de (...)

03/02/2014

L'utilisation des antibiotiques dans l'agroalimentaire : un exemple

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/01/30/comment-des...

Des antibiotiques à risques encore utilisés dans les élevages américains.pdf

voir aussi :

rapport publié lundi 27 janvier : Playing Chicken with Antibiotics: Previously Undisclosed FDA Documents Show Antibiotic Feed Additives Don’t Meet the Agency’s Own Safety Standards antibiotic-feed-fda-documents-IB.pdf

Freedom of Information Act. (site, USA)

Antibiotiques _ gare à la surdose animale.pdf

Les animaux d'élevage malades des antibiotiques.pdf

18/11/2013

La législation européenne protège le commerce mais pas l'environnement

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/13/apres-le-naufrage-et-la-maree-noire-l-equipage-du-prestige-acquitte_3512971_3244.html 

En Espagne, acquittement général au procès de la marée noire du "Prestige" 

 

Le "Prestige", pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, le 13 novembre 2002.

Aucun coupable. Onze ans jour pour jour après le SOS lancé par le Prestige, le pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas qui fit naufrage en novembre 2002 au large de la Galice, en Espagne, déversant 63 000 tonnes de fuel et souillant 2 900 km de côtes espagnoles, portugaises et françaises, le tribunal de justice de Galice a rendu son jugement mercredi 13 novembre.

Les trois prévenus, le commandant grec Apostolos Mangouras, le chef des machines, Nikolaos Argyropoulos, et l'ancien directeur de la marine marchande espagnole, José Luis Lopez Sors, ont été acquittés du délit contre l'environnement. Aucun n'est coupable du naufrage. Seul le commandant a été condamné à neuf mois de prison pour avoir refusé, trois heures durant, le remorquage. Une opération que tout armateur demande à un équipage d'éviter tant le coût en est élevé : la société de remorquage est en droit de demander un pourcentage (plus ou moins fort) sur le prix de la cargaison du navire en perdition.

" Nous ne pouvons pas avoir de certitudes sur les causes de l'avarie " ni sur le fait qu'éloigner le navire des côtes, comme l'avaient ordonné les autorités espagnoles, refusant de l'abriter au port et obligeant le pétrolier à errer sur une mer déchaînée durant cinq jours en direction du Portugal puis de la France, ait été une " décision imprudente ", a expliqué le juge avant de prononcer l'acquittement général.

"REMISE EN CAUSE DU PRINCIPE DE JUSTICE ENVIRONNEMENTALE"

Pour Greenpeace Espagne, ce jugement montre que "créer un désastre environnemental est sans conséquence " et "n'empêchera pas qu'un autre Prestige soit possible ". L'avocat de l'ONG, José Manuel Marraco, est plus sévère encore : "Si la condamnation prononcée en France lors du procès du naufrage de l'Erika contre l'affréteur Total et le propriétaire du pétrolier était une avancée, celle du Prestige est un retour en arrière de vingt ans, digne d'un pays du tiers-monde, qui remet en cause le principe de la justice environnementale", a-t-il déclaré au Monde.

Pour le président du conseil général de Vendée, département souillé par la marée noire du Prestige, Bruno Retailleau, " cette décision de justice montre à quel point la législation des pays européens se révèle impuissante à briser l'impunité qui prévaut généralement dans les affaires de pollution maritime ".

Le jugement du procès de la plus grande marée noire qu'ait jamais connue l'Espagne ne pouvait être que décevant puisque seuls trois prévenus répondaient de la catastrophe devant la justice espagnole. Trois hommes, aujourd'hui âgés de plus de 70 ans, qui comparaissaient en lieu et place des " véritables responsables " pointés du doigt par l'accusation : les propriétaires du Prestige, l'affréteur, le propriétaire de la cargaison, l'agence de certification et les responsables politiques.

 

  • A fisherman from Cangas collects oil from the sunken tanker Prestige in front of Vigo Rias 11 December 2002. The tanker is estimated to have spilled 10,000 tons of its 77,000-ton cargo before sinking 19 November 2002. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • Spanish militaries and volunteers work on cleaning the Figueras beach on Cies island, 15 December 2002 in Galicia. Spanish fishermen said today they were steeling themselves for another wave of pollution of their battered coast, as heavy winds pushed a huge oil slick northwards from portugal further complicating clean-up efforts from a disastrous tanker sinking.
  • (FILES) This file picture dated November 19, 2002 shows an aerial view of the stricken Bahamas-flagged tanker Prestige, split in two, sinking off Cayon, northwestern Spain. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / DOUANE FRANCAISE
---EDITOR'S NOTE--- RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / DOUANE FRANCAISE" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
  • Le "Prestige", pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, le 13 novembre 2002.
  • (FILES) This file picture dated November 23, 2002 shows a volunteer cleaning the petrol covering the beach in Muxia. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
  • Hundreds of Spanish military and volunteers clean up oil on the Filgueras beach in Cies Island 15 December 2002, as Galacia braces for another wave of ol pollution to wash up on its beaches. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • une trentaine de bénévoles participent, le 11 janvier 2003, au nettoyage de la plage du Petit Nice à la Teste. Ils ont dû passer un examen médical, s'équiper de bottes, de combinaisons de gants et de masques avant de commencer à récolter les galettes d'hydrocarbures venues s'échouer sur les plages d'Aquitaine suite au naufrage du pétrolier le "Prestige". AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
Volunteers rake up debris and oil globs 11 January 2003, at the Petit Nice beach in Tests, where oil from the sunker tanker Prestige has washed ashore from the nearby waters off Spain's northern coast. AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
AFP
  • des plaques de mazout issues du pétrolier le Prestige, dérivent le 10 janvier 2003 dans le Golfe de Gascogne, à environ 350 kilomètres des côtes aquitaines. Le bâtiment océanographique de la Marine nationale "d'Entrecasteaux" navigue dans le Golfe pour rechercher les traces d'hydrocarbures qui s'échappent du pétrolier échoué au large de la Galice.
  • A volunteer cleans-up 15 December 2002 the oil-polluted Filgueras Beach on Cies Island. Spain is bracing for a 9,000 ton oil-slick from the sunken tanker Prestige to wash ashore on its northern coastline. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • des pêcheurs du bassin d'Arcachon déversent, le 15 janvier 2003, deux tonnes de galettes d'hydrocarbures issues du naufrage du pétrolier "Prestige" mélangées à du sable et à du varech, devant le portail des Affaires maritimes à Arcachon afin de protester contre "l'absence de garantie écrite d'indemnisation de l'Etat". Les pêcheurs demandent une indemnité de 150 euros par jour où il n'ont pu pêcher des palourdes dans le bassin ainsi qu'une compensation journalière de 450 euros par bateau réquisitionné pour le nettoyage. AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
  • (FILES) This file picture dated November 22, 2002 shows a dead bird covered with oil on Langosteria beach, near Finisterre cap after the sinking of the Prestige petrol tanker. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
  • A volunteer (R) gestures at the press 02 December 2002 before the visit of King Juan Carlos of Spain at Muxia's oil-covered beach as a new wave a petrol hit the shore 01 December 2000, leaking from the sunken petrol tanker "Prestige" in the northwest of Spain. AFP PHOTO/Pierre-Philippe MARCOU
 1 / 12

 

 

_

 

Crédits : AFP/CHRISTOPHE SIMON

 

 Mais après dix ans d'instruction, près de 300 000 pages d'accusation, 1 500 plaintes regroupées en 55 parties civiles, huit mois d'audiences et près de 200 témoins et experts appelés à la barre, le verdict a été accueilli avec consternation à La Corogne, en Galice. Autour du tribunal, les membres de la plate-forme Nunca Mais (" plus jamais " en galicien) ont dénoncé " une farce ", un verdict " honteux "et " insultant pour les milliers de personnes qui ont dû aller nettoyer la côte ". Déjà, lors du procès, le maire de la commune de Muxia, la plus affectée par la marée noire, avait dénoncé une " pantomime "" On n'attendait pas grand-chose puisque les principaux responsables n'ont même pas été mis en examen, mais au moins une victoire morale ", a affirmé un porte-parole de Nunca Mais.

"CORROSION DES RÉSERVOIRS"

N'ont été inquiétés ni les propriétaires du navire, la compagnie Mare Shipping, malgré le témoignage d'un ancien capitaine du Prestige qui a dénoncé la"corrosion des réservoirs", ni l'affréteur, la compagnie suisse Crown Resources, qui s'est dissoute avant l'ouverture de l'enquête et a empêché que soit connu le destinataire de la cargaison – un fioul lourd de mauvaise qualité et d'origine russe.
Sur le banc des prévenus manquait aussi la société américaine de classification ABS qui avait autorisé le pétrolier, construit en 1976, à naviguer et contre laquelle le gouvernement espagnol a porté plainte aux Etats-Unis, sans succès.

Des volontaires nettoient les côtes espagnoles, au large de la Galice, après le naufrage du "Prestige", le 13 novembre 2002.

Enfin, aucun des principaux responsables politiques de l'époque n'a été mis en examen, ni l'actuel chef du gouvernement, Mariano Rajoy, alors numéro deux du gouvernement de José Maria Aznar, qui avait minimisé les risques, ni l'ancien ministre de l'équipement, Francisco Alvarez Cascos, dont dépendait la décision d'éloigner le navire de la côte, décision qui, selon Greenpeace, a " transformé un accident en catastrophe ".
Personne ne paiera les 4,4 milliards d'euros de dommages et intérêts chiffrés par le procureur, dont 100 millions pour la France. Le jugement se contente deréclamer les 22 millions d'euros que la société londonienne d'assurance a déposés en garantie en 2002. Une maigre compensation.

Sandrine Morel (Madrid, correspondance) 
Journaliste au Monde

voir aussi :

Naufrage du pétrolier Prestige - Wikipédia

-----------

Pollution

Édition abonnés Contenu exclusif

04/10/2013

Pesticides : les effets sur la santé

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

LSA consacre un article aux pesticides dont le lien avec certaines pathologies chez l’adulte semble confirmé par une expertise de l’Inserm publié en juin.

Face à cette mauvaise image des pesticides, certains magasins, tels que Botanic et les magasins Leclerc de Bretagne, ont décidé de ne plus les commercialiser.

Christophe Juif, directeur France du fabricant Bayer Cropscience, reconnaît le problème d’image des pesticides : « L’étude de l’Inserm pourrait avoir un impact sur les ventes ».LSA, 03/10

---------------

sur le même sujet :

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-l-inserm

Pesticides : Effets sur la santé - Une expertise collective de l’Inserm

13 Juin 2013

Une nouvelle expertise collective de l’Inserm vient faire le point sur les connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. L’ensemble des données concernant les expositions professionnelles et les expositions précoces (fœtus et jeunes enfants) ont été analysées.

 


Dans ce contexte, la Direction générale de la santé a sollicité l’Inserm pour réaliser un bilan de la littérature scientifique disponible, afin de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l’exposition professionnelle aux pesticides, en particulier en secteur agricole, et sur les effets d’une exposition précoce du fœtus et du jeune enfant.Depuis les années 1980, l’implication des expositions professionnelles aux pesticides dans la survenue de plusieurs pathologies (cancers, maladies neurologiques, troubles de la reproduction) est évoquée par des enquêtes épidémiologiques. Ces enquêtes ont également attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition, même à faible intensité, au cours de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

Pour répondre à cette demande, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitué d’épidémiologistes spécialistes en santé-environnement ou en santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.

D’après les données de la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années et analysées par ces experts, il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples). Par ailleurs, les expositions aux pesticides intervenant au cours des périodes prénatales et périnatale ainsi que lors la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant.

Pour en savoir plus :

26/09/2013

Coupe de l'AMERICA ...

... que de la pub !

Oracle/Tag Heuer/Puma l'emporte face à Fly Emirate/Omega/Nespresso.

Nous vivons vraiment dans un monde sans autre repère que la consommation ...

 

 

23/09/2013

Une monnaie solidaire en Ille-et-Vilaine : le galléco,

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/le-galleco-premiere-monnaie-solidaire-de-france-20-09-2013-1733634_28.php

Le gallécopremière monnaie solidaire de France

Le Point.fr - Publié le 23/09/2013 à 16:51

Le Point.fr - Publié le 20/09/2013 à 23:05 - Modifié le 21/09/2013 à 09:41

Le conseil général d'Ille-et-Vilaine a annoncé la mise en circulation de 10 000 billets pour une valeur de 40 000 euros, qui pourront être dépensés dans des commerces partenaires.

source AFP

Le département d'Ille-et-Vilaine lance samedi le galléco, une monnaie solidaire conçue pour "favoriser l'accès de tous à la consommation responsable" à Rennes, Fougères et Redon dans un premier temps, a-t-on appris vendredi auprès du conseil général. "Si d'autres initiatives de monnaie complémentaire ont vu le jour ou sont en cours d'élaboration en France (Toulouse, Brest, Nantes...), la dimension départementale du galléco est inédite", affirme le conseil général dans un communiqué.

"Trois territoires - Rennes sud, Fougères et Redon - ont été choisis pour expérimenter" le galléco, a-t-on précisé au conseil général, avec l'ambition de l'étendre au département si la phase d'expérimentation se révèle concluante. Quelque 10 000 billets ont été édités pour une valeur de 40 000 gallécos (40 000 euros), selon la même source. Pour l'utiliser, les habitants doivent adhérer à une association issue des comités locaux ayant préparé l'expérimentation, puis échanger des euros contre des gallécos auprès du Crédit coopératif, du Crédit agricole ou du Crédit mutuel. Ils pourront ensuite les dépenser dans des commerces (cafés, restaurants, alimentation, etc.), associations et équipements publics partenaires.

09/09/2013

Le projet de loi pour l'accès au logement et les lobbies des professions immobilières

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/09/projet-de-loi-logement-bataille-inegale-entre-lobbys-avant-l-examen-au-parlement_3473319_3224.html

Projet de loi logement : bataille inégale entre lobbys avant l'examen au Parlement

 
Les 84 articles du texte seront débattus par les députés à partir du mardi 10 septembre.

LE MONDE | 09.09.2013 à 11h01 • Mis à jour le 09.09.2013 à 11h04 |Par Cécile Prudhomme et Catherine Rollot

Depuis des semaines, ils se préparent au grand rendez-vous législatif. Ils décortiquent les 84 articles et les 1 278 amendements du projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) dont l'examen doit commencer à l'Assemblée nationale mardi 10 septembre. Pourtant les principaux groupes de pression qui interpellent partis et députés n'avancent pas à armes égales pourfaire entendre leur voix, sur un texte qui entend rééquilibrer les rapports entre locataires et propriétaires au profit des premiers, et réguler le marché de l'immobilier.

Dans cette bataille, les représentants des propriétaires et des locataires paraissent bien démunis face aux puissants lobbies des professions immobilières, aguerris aux réseaux et aux campagnes de presse.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vousabonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

 

En privé, Cécile Duflot, la ministre du logement, ne cache pas avoir manqué d'interlocuteurs de poids côté locataires comme côté propriétaires, deux parties dont l'influence est affaiblie par la disparité de leurs instances. Loin d'avancergroupées, les cinq organisations nationales représentatives des locataires (CNL, CLCV, CGL, CSF, AFOC), continuent à défendre en solo leurs points de vue.

Dans ce panel d'associations marquées à gauche, la Confédération nationale du logement (CNL), la plus importante, est aussi la plus remontée contre le projet de loi, qu'elle juge trop favorable aux bailleurs. La CNL a transmis aux deux rapporteurs de la loi une cinquantaine d'amendements. "Nous avons interpellé tout le monde à droite comme à gauche", précise Eddie Jacquemart, son président.

Un positionnement que ne partage pas la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), la deuxième association de consommateurs en France après QFC-Que choisir, qui assure aussi la représentation des locataires depuis 1982. Moins politisée que la CNL, elle estime avoir été entendue par Mme Duflot sur ses principales revendications. "Nous monterons au créneau si le texte dévie de sa ligne, mais nous n'allons pas crier au loup pour crier au loup", assure David Rodrigues, juriste et porte-parole de la CLCV.

PETITS POUCET

A l'opposé de l'échiquier politique, les groupements centrés sur la défense des propriétaires, souvent ancrés à droite, peinent également à s'organiser. Ainsi, l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) qui rassemble environ 250 000 propriétaires, et sa branche francilienne, la Chambre des propriétaires de Paris, essaient d'exister dans le débat mais leur force de frappe est affaiblie par leurs désaccords. De son côté, l'ARC (association des responsables de copropriété), sorte d'UFC des copropriétaires, qui fonctionne depuis 1987 grâce au bénévolat et aux cotisations d'adhérents, ne parvient pas à sortir du lot.

Au final, tous ces acteurs font figure de Petits Poucet face aux représentants des professions immobilières qui, cette fois-ci, ont su dépasser leurs clivages pourpeser dans le débat. Ainsi la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), créée en 1946, qui revendique près de 12 000 agences adhérentes et 100 000 collaborateurs, et l'Union des Syndicats de l'Immobilier (UNIS), 3 500 adhérents mais avec des poids lourds de l'administration de biens comme Foncia, ont fait cause commune dès la phase d'élaboration du projet de loi, qui encadre leurs pratiques.

"La FNAIM est incontestablement l'organisation la plus influente par son nombre d'emplois, son ancrage territorial qui rend compte de la diversité géographique et politique du pays, et aussi parce qu'elle dispose au sein de son état-major de militants socialistes", estime Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du management des services immobiliers.

Sa force repose aussi sur ses adhérents, à l'image de Laurent Vimont, le patron du réseau d'agences immobilières Century 21, qui a effectué un travail de lobbying de terrain. Le chef d'entreprise a ainsi rencontré une petite douzaine de députés et vient d'envoyer à ses 900 points de vente une "fiche de langage" pour qu'ils s'imprègnent des dispositions du projet de loi et demandent à leur tour des rendez-vous avec les parlementaires. "Peu de députés connaissent le projet sur le fond", déplore M. Vimont. En moins d'une semaine, 125 patrons d'agences représentant 200 points de vente ont suivi sa consigne.

Les équipes juridiques de la FNAIM ont de leur côté planché tout l'été pour rédiger 63 amendements. "Nous avons interpellé des élus de droite comme de gauche pour qu'ils portent nos revendications, indique M. Buet. Nous allons maintenantsuivre les débats pour voir qui tient ses promesses et pour préparer la bataille au Sénat."

23/08/2013

Le repos dominical et ses dérogations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/23/le-repos-dominical-une-histoire-millenaire_3465333_3234.html

Le repos dominical, une histoire millénaire

LE MONDE | 23.08.2013 à 09h11 • Mis à jour le 23.08.2013 à 11h39 |Par Michel Noblecourt

Le 10 août 2009, depuis Le Lavandou (Var) où il se repose, Nicolas Sarkozy promulgue une loi "réaffirmant le principe du repos dominical et visant à adapter les dérogations à ce principe dans les communes et zones touristiques et thermales ainsi que dans certaines grandes agglomérations pour les salariés volontaires". Avec ce texte de quatre articles, le président de la République relance un débat vieux comme le monde... C'est, en effet, le 3 juillet 321 que Constantin, premier empereur romain à s'être converti au christianisme institué religion d'Etat, fait du dimanche un jour de repos légal.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Le dimanche, dit jour du soleil, est le premier jour de la semaine, celui où, raconte la Bible, Dieu s'est reposé après avoir créé le monde. Pour les chrétiens, il symbolise aussi la résurrection du Christ.

Comme le souligne l'historien Robert Beck, dans son livre Histoire du dimanche de 1700 à nos jours (Editions de l'Atelier, 1997), le repos dominical est d'abord une tradition chrétienne. Au Moyen Age, comme sous la Renaissance, des conciles et des ordonnances royales rappellent l'obligation d'assister à la messe du dimanche.

En 1598, l'édit de Nantes d'Henri IV réaffirme ce principe. Un règlement de police en date du 8 novembre 1782 impose aux employeurs et aux salariés l'observance des fêtes de l'Eglise. Peu à peu, dans les classes populaires, les hommes délaissent les vêpres pour les guinguettes et les artisans et commerçants choisissent de chômer le "Saint-Lundi". Montesquieu et Voltaire s'en prennent aux effets pervers, moraux ou économiques, de ce jour oisif...

BONAPARTE MAINTIENT

La Révolution change la donne. Le 5 octobre 1793, la Convention instaure un calendrier républicain qui divise l'année en douze mois de trente jours auxquels s'ajoutent des jours complémentaires.

Fabre d'Eglantine s'inspire des saisons pour baptiser les mois (vendémiaire, brumaire, pluviôse...). Les semaines sont converties en décades de dix jours, débutant avec le primidi et s'achevant avec le décadi. Exit le dimanche ! La loi du 17 Thermidor an VI (juillet 1798) prévoit toutefois que le décadi, "les boutiques, magasins et ateliers seront fermés", ce qui mécontente les ouvriers qui n'ont plus que 36 jours de repos dans l'année.

Un arrêté du 7 Thermidor an VIII restreint l'obligation de repos aux fonctionnaires mais indique que "les simples citoyens ont le droit de vaquer à leurs affaires en prenant du repos suivant leur volonté, la nature et l'objet de leur travail".

Lorsque Bonaparte, premier consul, promulgue la loi du 8 avril 1802 relative à l'organisation des cultes, il maintient le repos dominical pour les serviteurs de l'Etat mais refuse de suivre les conseils de Jean-Etienne-Marie Portalis, qui voulait l'étendre à tous les salariés.

LE REPOS DOMINICAL RESURGIT À LA RESTAURATION

Avec la Restauration, le repos dominical resurgit. Par la loi du 18 novembre 1814 "pour la sanctification du dimanche", Louis XVIII restaure cette obligation mais la limite aux activités visibles et audibles des commerçants et artisans.

Après la révolution de 1830, le système sera assoupli, seules les entreprises dépendant de l'Etat ou de fonds publics étant astreintes à la fermeture. La loi du 22 mars 1841 sur le travail des enfants interdit à ceux de moins de 16 ans de travailler le dimanche.

Après son coup d'Etat du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte ne touche pas à la loi de 1814 mais laisse le repos dominical à la liberté de chacun. Dans une circulaire du 15 décembre 1851, le duc de Morny, ministre de l'intérieur, estime "le repos du dimanche nécessaire à la santé et au développement intellectuel des classes ouvrières""Chaque individu, conclut-il, reste libre d'obéir aux inspirations de sa conscience mais l'Etat, l'administration et les communes peuvent donner l'exemple du respect des principes."

En décembre 1879, après la victoire électorale des républicains, un député radical dépose une proposition de loi pour abroger la loi de 1814. Les royalistes s'y opposent en mettant en avant la nécessité pour l'Etat d'intervenir en faveur des plus démunis. "Le faible, le pauvre qui a besoin de protection, s'insurge le sénateur du Morbihan, Armand Fresneauvoilà la victime de la disparition des temps de repos, de ce repos sacré que l'on supprime tout en se jouant."

Le 8 mai 1880, l'abrogation est votée par 165 voix contre 106, le repos dominical étant maintenu pour les fonctionnaires. Promulguée par le président de la République, Jules Grévy, la loi du 12 juillet 1880 précise qu'il n'est "porté aucune atteinte" à celle de 1802 permettant aux catholiques de pratiquer leur culte le dimanche.

Dès lors, à l'exception des ateliers urbains, de nombreux employeurs accordent un jour de repos hebdomadaire en souhaitant qu'une loi généralise ce droit pour éviter les inégalités entre entreprises. En 1889, un "congrès international du repos hebdomadaire" se tient à Paris et note le retard de la France par rapport à d'autres pays (Grande-BretagneAllemagne, Etats-Unis, Japon) qui ont légalisé ce repos.

QUATRE ANS DE DÉBATS

Le 27 mars 1902, un député socialiste indépendant de l'Isère, Alexandre Zévaès, propose un repos obligatoire d'un jour par semaine. Les débats dureront quatre ans. Au Sénat, le rapporteur, Alcide Poirier, en fustige tant le principe, "contraire à la liberté individuelle, contraire à la liberté du travail à la fois du patron et de l'ouvrier", que son caractère dominical, les autres religions devant pouvoir opter pour un autre jour que celui des catholiques.

Le climat change le 13 mars 1906 lorsque, quelques jours après la catastrophe minière de Courrières dans le Nord (1 099 morts), le député radical Ferdinand Sarrien devient président du Conseil.

Les manifestations des employés des grands magasins et la campagne de la CGT pour la journée de 8 heures attisent les tensions. Il faut jouer l'apaisement. Le Sénat se rallie au choix du dimanche "parce qu'avec les moeurs actuelles, le grand intérêt est de permettre à tous les membres d'une famille de se trouver réunis en ce jour de repos".

Le président de la République, Armand Fallières, promulgue la loi du 13 juillet 1906 qui "interdit d'occuper plus de six jours par semaine un même employé ou ouvrier" et dispose que "le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche". Dans onze secteurs d'activité, les entreprises auront le droit de "donner le repos hebdomadaire par roulement".

La CGT ne s'estime pas quitte et réclame la "semaine anglaise", avec le samedi après-midi, introduite en Grande-Bretagne en 1854. Une affiche de la CGT montre le bonheur d'une vie de famille où des enfants cueillent des fleurs avec leurs parents.

Une brochure de la maison des fédérations CGT argumente : "Tenue au travail toute la semaine, la femme pourra, avec la liberté du samedi après-midi, faire les travaux de propreté, rendre le logis plaisant et attrayant, se reposer le dimanche avec les siens, réparer les forces dépensées pendant la semaine..." C'était il y a plus d'un siècle.

12/05/2013

Le marché du tabac en France

Un marché de dupes qui coûte aux contribuables 26 milliards d'euros (*) par an !

Sachant qu'il y a environ 26 millions de foyers fiscaux imposés (**), cela représente 1000 euros par foyer fiscal et par an, payés par le contribuable pour enrichir les multinationales du tabac.

lu sur:

http://www.lepoint.fr/societe/rentrees-fiscales-le-prix-de-la-mortalite-du-tabac-10-05-2013-1665381_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130512

La Sécu paie le prix fort du tabac

Le cancer a un coût très élevé pour la société, et cela, même si l'intégralité des sommes perçues par les douanes va combler le trou de la Sécu. “Ce coût du cancer s’étale dans le long terme”, explique volontiers le docteur Gilles Lecoq, à la tête de la Mildt. “L’ordre de grandeur n’est pas le même que celui des rentrées fiscales”, assène-t-il.

L’Assurance maladie, dont les dernières estimations datent de 2011, chiffre les dépenses du cancer à plus de 30 milliards d’euros. La Cour des comptes évoque la quarantaine de milliards. Au-delà des vies perdues, c’est plus de deux fois les rentrées fiscales annuelles que génèrent les produits du tabac. Plus d’un fumeur sur deux contracte un cancer au cours de sa vie.

(Le marché du tabac en France représente près de 14 milliards d'euros pour les 2,705 millions de paquets vendus en 2011)

-----------

(*) 40-14=26

(**) http://ww.installagri.net/resultat_donnees_chiffres.php?id=864&ln=a5b&region=0&page=OBSERVATOIRE_N&affichage=resultat&change=&noframe=&tdb=1

09/05/2013

En France, 105 tonnes de saumon à consommer avec modération

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/du-saumon-aux-dioxines-importe-en-france-08-05-2013-1664808_23.php

 Du saumon aux dioxines importé en France

Le Point.fr - Publié le 08/05/2013 à 17:30 

L'Union européenne a interdit l'exportation du saumon de la Baltique suédois, l'estimant dangereux pour la santé. 

L'entreprise française plaide sa bonne foi. 

Mis en cause mercredi par un documentaire de la télévision publique suédoise SVT, un importateur français, Pêcheries nordiques, a confirmé avoir fait entrer en France du saumon suédois pêché en mer Baltique, interdit à cause de niveaux de dioxines supérieurs aux limites autorisées. Interrogée par l'AFP, l'entreprise, implantée à Echinghen (Pas-de-Calais) près du port de Boulogne-sur-Mer, a confirmé avoir importé 103 tonnes en 2011 et 2012, puis avoir arrêté. Le directeur général de cette société de six personnes, François Agussol, a plaidé sa bonne foi. "Personne n'est venu nous dire que c'était illégal", a-t-il souligné. Des analyses n'ont pas permis de détecter de problème, a-t-il ajouté.

 
 

Depuis 2002, la Suède n'est plus autorisée à exporter de poisson pêché dans la Baltique, l'Union européenne l'estimant dangereux pour la santé. Stockholm a négocié une exception pour que sa consommation reste autorisée sur son territoire. Elle l'est aussi dans deux autres pays riverains de la Baltique, la Finlande et la Lettonie. Les Suédois, au courant de la pollution de cette mer, savent qu'il faut consommer de ce saumon avec modération. Leur gouvernement recommande aux enfants et femmes enceintes de ne pas manger de ce saumon plus de trois fois par an.

Dans les rayons de la grande distribution

Le 16 avril, les autorités de sécurité alimentaire suédoises avaient annoncé dans un communiqué qu'une entreprise de Karlskrona, un port du sud de la Suède, avait exporté illégalement 105 tonnes de saumon de la Baltique vers la France. Elles n'avaient précisé ni la période ni les entreprises concernées. Pêcheries nordiques revend du poisson frais scandinave à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration. Dans le documentaire de SVT, M. Agussol dit que le saumon suédois s'est retrouvé dans les rayons d'enseignes comme Carrefour. SVT cite Intermarché comme autre acheteur.

D'après des témoins interrogés par la chaîne, ce saumon suédois s'est retrouvé illégalement dans d'autres pays de l'UE en moindre quantité, comme le Danemark, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne. Le saumon de la Baltique est renommé pour son goût. Le négociant en caviar parisien Petrossian en vend à 18 euros les 120 grammes, soit 150 euros le kilo. Il vient toutefois de Pologne, pays qui a le droit d'exporter.

-------------------

mon commentaire : le saumon de Pologne est aussi du saumon pêché dans a Baltique !

Image 1.png

07/05/2013

Semences agricoles : Bruxelles aux ordres des industriels

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/07/bruxelles-renforce-la-mainmise-des-grands-groupes-sur-la-commercialisation-des-semences-agricoles_3172368_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Bruxelles renforce la mainmise des grands groupes sur la commercialisation des semences agricoles

LE MONDE | 07.05.2013 à 11h11 • Mis à jour le 07.05.2013 à 14h24

Par Laurence Girard et Martine Valo

C'est au nom de la sécurité alimentaire et de la protection des produits cultivés dans l'Union que la Commission européenne a proposé, lundi 6 mai, un ensemble de mesures de "modernisation" de la filière.

 

Son ambition affichée est de sauvegarder à la fois la productivité et la diversité des filières végétales en Europe. Ces dernières sont sous la menace de nouvelles agressions d'insectes ravageurs et de maladies, aggravées par la mondialisation et le changement climatique. La Commission rappelle que les échanges dans ce secteur représentent 205 milliards d'euros par an.

Le texte, qui fixe les nouvelles règles du jeu du marché des semences, vise à simplifier la commercialisation de variétés industrielles. Les grands semenciers sont a priori satisfaits. "Il semble que les enjeux de la production agricole, de sa performance et de sa compétitivité aient été pris en compte. C'est une très bonne nouvelle", réagit Eric Devron, directeur de l'Union française des semenciers. "Il est important qu'il y ait une harmonisation car il y avait des barrières à la circulation des semences entre les Etats membres", ajoute-t-il, dans l'attente des décrets d'application.

"HOLD-UP SUR LES SEMENCES"

Les promoteurs des variétés paysannes, des sélections biologiques et des graines anciennes, en revanche, n'y trouvent pas leur compte. Pas plus que les défenseurs du droit pour les paysans à cultiver et à échanger leurs propres graines. Certes, la Commission a a pris soin de préserver quelques espaces de liberté à la marge – pour les jardiniers amateurs en particulier –, mais sans toutefois soutenir l'agriculture biologique.

Avec cette "modernisation", les semences de variétés de niche bénéficieraient toutefois de règles d'enregistrement allégées au catalogue officiel. Certaines pourraient même être dispensées des lourdes démarches nécessaires pour y être inscrites lorsqu'elles sont commercialisées par des entreprises de moins de dix salariés.

"Au prétexte de simplification, cette proposition place toutes les semences sous le contrôle direct de l'industrie et de ses brevets", dénonce le Réseau Semences Paysannes. Dans un communiqué publié mardi 7 mai, il qualifie le texte de "hold-up sur les semences, soigneusement caché sous des centaines de pages de jargon réglementaire".

Car, explique le réseau, l'office communautaire qui délivre les titres de propriété intellectuelle sur les variétés sera directement chargé du catalogue qui conditionne l'accès au marché des semences. En outre, un suivi électronique des échanges de semences en Europe, géré par l'administration au nom de la sécurité sanitaire, pourrait servir à poursuivre les agriculteurs qui utilisent des graines protégées ou leurs propres variétés de ferme.

PERTE DE RÉSISTANCE AUX DIVERSES AGRESSIONS DE RAVAGEURS

Les propositions présentées par le Commissaire européen à la santé et à la consommation, Tony Borg, s'inscrivent dans un "paquet législatif" qui pourrait entrer en vigueur en 2016. Le texte doit d'abord être approuvé par le Conseil des ministres et le Parlement européens, où il est attendu de pied ferme par les Verts.

Tandis que Bruxelles met en avant la valeur des exportations de semences européennes – soit 60 % des échanges mondiaux de ce secteur –, les écologistes rappellent, eux, que des milliers de variétés de céréales, de légumes et de fruits ont été perdus ces dernières décennies.

Le système de certification mis en place dans les années 1960 a causé une réduction de la biodiversité, qui se traduit par une perte de résistance aux diverses agressions de ravageurs et autres pathogènes, donc par un recours accru aux pesticides.

"Le commissaire Borg n'a pas tenu compte des réserves de ses homologues de l'environnement et de l'agriculture, note Sandrine Bélier, députée Europe Ecologie-Les Verts. Son objectif reste la promotion d'une agriculture intensive, l'enjeu de la perte de biodiversité n'apparaît nulle part. On réduit les règles, on lisse, on harmonise, mais quelle place pour les variétés paysannes, différentes ?"

Lire aussi : Les paysans, otages des semenciers industriels

Les paysans, otages des semenciers industriels.pdf

---------

Agriculture

Édition abonnés Contenu exclusif

03/05/2013

"CE", "TÜV", le leurre des certifications européennes

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/05/02/20464-homologation-tracabilite-grand-bazar-protheses?position=1&keyword=bazar

Homologation, traçabilité: le grand bazar des prothèses

Mots clés : Ceraver, santé
Par figaro iconAnne Jouan - le 02/05/2013
 
La réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, et les moyens pour vérifier la qualité des produits restent rares. 

Des prothèses de hanche non conformes fabriquées par le numéro deux français de la prothèse orthopédique, Ceraver, ont été posées à 650 patients, révélait Le Parisiende jeudi. L'Agence du médicament, qui a tenu à préciser que ces prothèses ne présentaient pas de risque sanitaire, a confirmé qu'entre 2009 et 2012 une soixantaine d'hôpitaux avaient implanté ces dispositifs médicaux. L'Agence conseille néanmoins aux patients bénéficiant de ces prothèses de consulter leur médecin pour un bilan clinique et radiologique. Sur son site Internet, elle publie la liste des lots concernés. Enfin, près d'un millier de ces prothèses non conformes a été mis sous séquestre.

Cette affaire de prothèses de hanche intervient alors qu'est actuellement jugé à Marseille le premier procès des implants mammaires frelatés de PIP. Il faut dire que la réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, puisqu'il n'existe pas d'autorisation de mise sur le marché, à la différence de ce qui se fait pour les médicaments. Seul le fabricant est responsable de ce qu'il met en vente et la certification des prothèses est réalisée par l'un des 70 organismes de contrôle accrédités par les agences gouvernementales réparties dans toute l'Europe. Seul le «marquage CE» est nécessaire pour pouvoir commercialiser des dispositifs médicaux. Mais ce marquage ne signifie pas que le produit a été fabriqué en Europe: la prothèse peut parfaitement avoir un label CE et venir d'Inde ou de Chine. Pour l'obtenir, le fabricant ne doit pas présenter son produit à l'organisme, mais seulement un dossier, exactement comme ce fut le cas avec les prothèses PIP. Le certificateur allemand TÜV n'a jamais eu entre les mains les prothèses, uniquement les dossiers.

Outre ces problèmes d'homologation et de traçabilité, les prothèses font également l'objet de trafics. Mais les médecins préfèrent parler «off». Certaines, considérées comme innovantes, sont beaucoup plus chères que d'autres. Il n'est pas rare de voir des médecins facturer au patient la prothèse innovante alors qu'ils lui implantent en réalité un modèle beaucoup plus courant et donc beaucoup moins cher. C'est comme si on facturait une Ferrari alors qu'en réalité on vend une 4L. «Sauf que là, personne n'ira vérifier», ironise un médecin. Le prix peut être multiplié par dix.

Autre pratique: proposer au patient une prothèse dernier cri, donc chère, alors qu'une autre plus classique aurait parfaitement été adaptée à son âge et son état de santé. «On ne choisira pas le même implant pour une personne de 95 ans que pour un trentenaire sportif, résume un chirurgien. Et le corps médical fait semblant de croire que ce n'est pas de l'escroquerie.» Sauf que, du coup, c'est l'Assurance-maladie, et donc la collectivité, qui prend en charge le surcoût. À charge pour le praticien de bien justifier dans le dossier médical la nécessité d'avoir recours à cet implant.

Des défaillances passées sous silence

Tout comme les déclarations d'effets indésirables des médicaments, les médecins «sous-déclarent» largement les problèmes rencontrés avec les prothèses. «Nous évoluons dans un milieu hypercompétitif, confie un chirurgien cardiaque. Toute nouvelle technique nous confronte à des problèmes, mais les médecins évitent d'en parler. Car si vous commencez à évoquer vos soucis, tout le monde saura que vous en avez et c'est l'équipe d'en face qui récupérera vos patients. Même chose avec l'industrie qui fabrique les dispositifs médicaux. Si on leur dit que l'on rencontre des soucis avec tel de leur produit, ils nous répondent que c'est bizarre, parce que nos concurrents dans tel autre hôpital n'ont jamais eu de problèmes alors qu'ils utilisent ces prothèses depuis bien plus longtemps que nous…»

Et ce chirurgien d'ajouter: quand une personne âgée porte une prothèse cardiaque qui se détériore vite et qu'elle décède, les médecins ne vont pas forcément dire que la prothèse était abîmée. Ils vont juste dire que le malade est décédé. Alors que stipuler la vitesse de dégradation de l'implant pourrait rendre service à des patients plus jeunes qui pourraient être amenés à en porter.

Enfin, la responsabilité juridique des chirurgiens qui implantent des dispositifs médicaux est importante. Du coup, lorsqu'une prothèse a un problème, le fabricant se retourne contre le médecin en disant qu'elle a mal été posée. Comme il est impossible de démontrer que le travail a été bien fait, les chirurgiens hésitent souvent avant de déclarer des accidents survenus avec la pose de prothèses… En résumé, conclut le chirurgien: «Les médecins n'aiment pas parler des problèmes. Sauf quand ils ne peuvent plus faire autrement.»

LIRE AUSSI: 

Des prothèses frauduleuses posées sur 650 patients 

Prothèses: «Aucun incident n'a été signalé à ce jour» 

Des prothèses retirées du marché 

11/04/2013

Boycottez les éthylotests ! (suite 2)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/01/08/les-ethylotests-au-c-ur-du-debat-sur-la-securite-routiere_1813962_3224.html

Les éthylotests au cœur du débat sur la sécurité routière

LE MONDE | 08.01.2013 à 10h47 • Mis à jour le 08.01.2013 à 14h03

Par Rafaële Rivais

Faut-il maintenir l'obligation de détenir un éthylotest dans son véhicule ? Cette question sera au coeur des travaux de la commission "alcool, vitesse et stupéfiants" du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), qui se réunira pour la première fois, mercredi 9 janvier, à la Défense (Hauts-de-Seine). La mesure, entrée en vigueur en juillet 2012, avait été décidée par le président Nicolas Sarkozy, en novembre 2011 : il entendait lutter contre l'alcool au volant, à l'origine d'un tiers des accidents mortels.

Pour certains, comme Armand Jung, le président du CNSR, cet auto-dépistage permet, en cas de doute, de renoncer à prendre le volant. Mais la Ligue contre la violence routière conteste son bien-fondé : "80 % des accidents mortels liés à l'alcool ont lieu avec une alcoolémie supérieure à 1,2 gramme, soit l'équivalent de dix verres. Les personnes savaient qu'elles ne devaient pas conduire", rappelle sa présidente, Chantal Perrichon. Elle réclame "une véritable politique de lutte contre le lobby alcoolier", et non un "gadget".

La fiabilité des éthylotests est, en outre, de plus en plus contestée. Un décret du 28 février 2012 prévoit que les éthylotests doivent disposer soit d'une certification "NF", prouvant qu'ils sont conformes à la norme française X20702, soit d'un marquage du fabricant déclarant sa conformité à cette norme.

"DISQUALIFIÉ"

L'accidentologue Claude Got, qui devrait faire partie des experts du CNSR, estime que la norme n'est "pas assez précise", et que la procédure employée par le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) pour tester la conformité des appareils à cette norme n'est "pas assez exigeante". "Le LNE ne teste pas le changement de couleur au seuil légal de 0,25 mg par litre d'air expiré, mais seulement aux seuils de 0,17 mg ou 0,30 mg", explique-t-il. En outre, il faudrait que les techniciens examinent les appareils en laboratoire, mais aussi "dans les conditions du terrain".

Deux associations de consommateurs viennent de confirmer que les éthylotests disposant de la certification "NF" du LNE ne sont pas fiables. L'UFC-Que choisir attribue à l'éthylotest de Contralco la note de 12,1 sur 20, bien qu'il donne satisfaction aux températures recommandées par le fabriquant, de 10 à 40 degrés. "Nous faisons les tests en fonction des usages réels", rappelle le magazine, dans son édition de janvier. "Or, à -5 degrés, l'éthylotest ne réagit plus, le froid inhibant le réactif."

De même, 60 millions de consommateurs ne lui décerne qu'un 13/20 après avoir constaté deux surévaluations de la dose d'alcool, et dû mettre à l'écart certains échantillons qui présentaient un défaut. Quant à l'éthylotest de Redline, Que choisir lui attribue la mauvaise note d'1,5 sur 20 et 60 millions le juge "disqualifié", avec six "faux négatifs", incitant à prendre le volant, sur 50 essais. "Avant de prendre la décision d'imposer les éthylotests, il aurait fallu évaluer leur fiabilité, en faisant des doubles contrôles, avec éthylotest puis éthylomètre", indique M. Got.

156 INCIDENTS

Les éthylotests ont d'autres détracteurs, comme l'association Robin des bois qui, en juillet 2012, a réclamé leur recyclage, parce qu'ils contiennent du dichromate de potassium, substance cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction. Entre le 1er janvier 1999 et le 10 juin 2012, les centres antipoison ont enregistré 156 incidents liés à des éthylotests chimiques – irritation des muqueuses digestives, problèmes oculaires...

En revanche, Contralco, l'entreprise de l'Hérault devenue le leader mondial de l'éthylotest à usage unique, a déjà protesté, dans une lettre ouverte aux élus de ce département, contre l'"absence de continuité de l'Etat". Elle assure que le retrait du décret mettrait en danger des emplois, ainsi qu'un programme d'investissement de 3,7 millions d'euros pour 2013.

La piste d'une interdiction totale de l'alcool au volant pour les jeunes de moins de 25 ans pourrait aussi être examinée, en lien avec la commission "jeunes et éducation routière". En 2001, la Commission européenne a recommandé de réduire à 0,2 gramme par litre de sang le seuil d'alcoolémie des jeunes conducteurs, pendant les trois années qui suivent l'obtention de leur permis.

A titre personnel, le président du CNSR, M. Jung n'y est pas favorable : "Les spécialistes constatent qu'il y a très peu d'accidents corporels ou mortels liés à un taux d'alcoolémie inférieur à 0,5 g." En outre, "il est très difficile d'avoir un degré zéro d'alcool", précise-t-il. "Il suffit d'avoir mangé des fruits ou bu certains sirops pour être positif."

Rafaële Rivais

-----------

voir aussi :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2013/01/02/boycottez-les-ethylotests-suite.html

Boycottez les éthylotests ! (suite) : lebloglibredemonquartier

Achetez vous sur le net ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/12/25/les-pirates-des-carpates_1810181_3214.html

Les pirates des Carpates

LE MONDE | 25.12.2012 à 12h12 • Mis à jour le 26.12.2012 à 18h09

Par Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial

Pour le touriste pressé, Ramnicu Valcea est une ville tranquille et verdoyante. Située au pied des Carpates, dans le centre de la Roumanie, elle ne laisse guère deviner le secret bien caché de son quartier ouvrier, Ostroveni. Il faut quitter le grand boulevard qui traverse la ville et s'engager dans les petites rues bordées d'HLM délabrées héritées de l'époque communiste pour comprendre que quelque chose ne tourne pas rond dans cette cité d'une centaine de milliers d'habitants.

Au pied de ces immeubles construits à la va-vite au temps de la dictature communiste se trouvent des voitures de luxe. Au volant, des jeunes de 20 à 30 ans, fiers d'afficher une richesse qui contraste avec l'environnement. Bienvenue dans le repaire des hackeurs ! Ces jeunes ont trouvé sur la Toile des opportunités que la réalité roumaine ne peut leur offrir. Ramnicu Valcea, avec son quartier Ostroveni, est une ville bien connue de la presse américaine qui l'a surnommée "Hackeurville".

 
 

Comprendre : la capitale mondiale du vol sur Internet. Français, Britanniques, Allemands, Italiens, mais surtout des Américains, qui font leurs courses sur Internet, sont tombés dans le panneau des réseaux roumains du hacking. Selon la police roumaine, environ 80 % de leurs victimes se trouvent aux Etats-Unis. "L'année dernière, les hackeurs roumains ont volé un milliard de dollars aux Etats-Unis", affirme Mark Gitenstein, l'ambassadeur américain à Bucarest.

TRAVAILLER EN RÉSEAU

A Ostroveni, tout le monde est au courant, mais la loi du silence règne dans le quartier. L'un de ces hackeurs a toutefois accepté d'évoquer son "commerce", sous couvert d'anonymat. "Avec les Américains, c'est plus facile, explique-t-il. Ces types, même quand ils veulent acheter du pain, ils vont cliquer sur Internet, ils ont l'habitude de tout faire sur le Web." Il lui arrive, assure-t-il, d'"embobiner quatre ou cinq types par semaine, en leur soutirant des sommes allant de quelques centaines à quelques dizaines de milliers de dollars".

"Le monde est grand et il est plein d'idiots prêts à acheter tout et n'importe quoi sur Internet, poursuit-il. On vend des produits fictifs, on clone des sites et on pirate des cartes bancaires. En Europe, pour récupérer l'argent, on envoie les "flèches", des types qui n'ont rien d'autre à faire que de retirer l'argent envoyé sur un compte. Ils gardent dans les 30 % du magot, et le reste ils nous l'envoient via Western Union." Vu le nombre d'enseignes Western Union qui ont poussé comme des champignons dans le centre-ville de Ramnicu Valcea, il semble que les affaires marchent bien.

Mais sortir l'argent des Etats-Unis est plus complexe. "Nous avons trouvé une solution légale, indique notre interlocuteur. J'achète une voiture de 120 000 dollars en cash. Rien de plus légal. Je la fais venir en Roumanie où je la vends 80 000 dollars. C'est toujours légal. D'accord, j'ai perdu 40 000 dollars mais j'en ai blanchi 80 000. Le mec qui l'achète est content, car il économise 40 000 dollars. Maintenant, les gars viennent directement nous commander les modèles qu'ils veulent."

Les hackeurs roumains ont compris l'intérêt de travailler en réseau. C'est ce qui fait leur différence et leur force. Les "flèches" sont les plus exposées, raison pour laquelle leurs papiers d'identité sont souvent des faux. Ils sont initiés aux méandres d'Internet. "On enchaînait les nuits blanches, scotchés devant les ordinateurs, se rappelle le hackeur d'Ostroveni. On prenait des garçons à partir de 14 ans pour nous aider. On emmenait aussi des enfants de l'orphelinat et on leur apprenait les trucs pour qu'ils travaillent pour nous."

"LA CRIMINALITÉ INFORMATIQUE EST TRANSFRONTALIÈRE"

Le FBI, dont plusieurs spécialistes de la criminalité informatique ont pris leurs quartiers à Bucarest, a formé plus de 600 policiers roumains pour endiguer le fléau. Une brigade d'enquête spécialisée dans le vol sur Internet dispose de 200 policiers présents dans les 41 départements du pays.

"La criminalité informatique est transfrontalière, déclare Virgil Spiridon, le chef de cette brigade spéciale. Nous avons fait beaucoup de progrès ces dernières années. La Roumanie coordonne actuellement un programme de lutte contre la criminalité cybernétique à l'échelle de l'Union européenne avec Europol et la Commission européenne."

La traque et les arrestations de hackeurs se sont accélérées. En 2011, la brigade roumaine a enregistré un millier d'enquêtes, procédé à 500 arrestations et remis 150 dossiers aux juges.

Côté FBI règne la plus grande discrétion. Retirés dans un immeuble classé secret situé sur un des grands boulevards de Bucarest, les officiers du Bureau fédéral d'investigation américain sillonnent le monde virtuel pour trouver la trace des hackeurs roumains. Ils s'inspirent des méthodes des hackeurs, créent des sites de vente où ils passent de petites annonces appétissantes.

Victor Faur, nom de code SirVic, connaît bien le système. Il a été à la tête d'un des réseaux les plus performants de Roumanie. "Mais j'ai toujours été un hackeur blanc , je ne veux pas être confondu avec les petits cons qui volent sur Internet, précise-t-il. Ça, tout le monde peut le faire. C'est pour cette raison que le FBI leur met la main dessus, ils ne savent pas effacer leurs traces."

Malgré ses prouesses, SirVic a été arrêté et condamné à six mois de prison avec sursis, et 240 000 dollars d'amende. Il s'était amusé à attaquer les serveurs de l'agence spatiale américaine, la NASA, pour montrer aux Américains qu'il y avait des brèches dans leur système de sécurité. "Je les ai prévenus pour qu'ils règlent le problème, mais j'ai fait la connerie de me vanter de mon exploit sur un site dont ils avaient l'accès."

TOUT EST À VENDRE, CARTES AVEC CODE, CARTES VIERGES

Face à la répression policière, les hackeurs se sont faits très discrets mais ils croient toujours à leur bonne étoile. Le hacking est-il difficile à apprendre ? Pour Ice Man, le "prince noir" des hackeurs roumains, voler sur la Toile est très simple. De son vrai nom Robert Butyka, âgé de 26 ans, il précise d'un ton irrité qu'il ne faut pas confondre hackeur et voleur. Que lui ne s'intéresse qu'aux vrais défis d'Internet.

"Oui, voler sur Internet est une affaire simple", insiste-t-il néanmoins. "Il y a une centaine de bons guides d'utilisation sur Internet pour apprendre à devenir hackeur", explique-t-il. Démonstration en quelques clics : "Voilà, j'ai trouvé des types qui proposent à la vente des cartes bancaires avec les codes associés pour l'Italie, la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne." Sur l'écran de l'ordinateur défilent des petites annonces. Tout est à vendre, cartes avec code, cartes vierges, listes d'e-mails extraits de messageries de grandes entreprises et toute une panoplie de programmes pour accéder à des serveurs.

"Il faut faire attention quand même, prévient-il. Une partie de ces annonces est rédigée par les agents du FBI ou de la CIA pour appâter. Si tu ne sais pas les éviter tu peux te faire avoir." C'est ce qui est arrivé au jeune Iulian Dolan qui, avec trois amis, avait mis la main sur les données de 80 000 cartes bancaires américaines et dérobé plusieurs millions de dollars.

Une femme agent de la CIA jouant le rôle de la fille qui cherche une relation sur Internet a réussi à attirer le cybercriminel roumain. Elle lui a proposé de lui payer un billet d'avion pour un séjour dans un casino à Hawaï. Armé d'une grosse boîte de préservatifs, Iulian Dolan a été menotté dès son atterrissage à l'aéroport Logan de Boston.

PLAQUE TOURNANTE

Environ 10 000 informaticiens sortent tous les ans des universités roumaines, et une bonne partie d'entre eux travaille actuellement dans les multinationales qui se sont installées en Roumanie. "La masse des informaticiens est très importante et le risque de la criminalité cybernétique est à la mesure, affirme Florin Talpes, informaticien et fondateur de la société Bitdefender. Les jeunes sont les plus exposés."

"Quand j'ai démarré mon affaire dans les années 1990, la cybercriminalité était un sport individuel, dit-il. Aujourd'hui, ces gens agissent en groupe et sont organisés comme une société commerciale. L'avance technologique qu'on a connue ces dernières années profite aussi à ceux qui sont de l'autre côté du miroir, ce monde obscur où le vol sur Internet est devenu un vrai business."

Ramnicu Valcea est une plaque tournante de la criminalité informatique dont les ramifications s'étendent sur plusieurs continents. Le phénomène a commencé en 1996, et le succès d'une poignée de jeunes a fait boule de neige à l'échelle de la ville. Ce n'est qu'en 2003, sous la pression des Etats-Unis, que la Roumanie a voté une loi permettant de combattre ce nouveau type de criminalité.

Du haut de son balcon qui a vue sur le quartier des pirates de Ramnicu Valcea, le hackeur d'Ostroveni ne cache pas ses doutes. "Les cerveaux, les gros poissons ont quitté Hackeurville, conclut-il en souriant. Ils s'installent ailleurs et se fondent dans le paysage aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France ou en Suisse. Ce sont des fantômes super-friqués et très discrets. Je ne pense pas qu'on les aura."

Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial

02/04/2013

Crise et impayés : les méthodes des sociétés de recouvrement de dettes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/02/les-methodes-musclees-des-chasseurs-de-dettes_3151843_3224.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

LE MONDE | 02.04.2013 à 11h15 • Mis à jour le 02.04.2013 à 11h21

Par Catherine Rollot

Le jour où il a compris que celui qui était au bout du fil n'était pas un agent de la Sécurité sociale mais un employé d'une société de recouvrement de dettes qui cherchait sa nouvelle adresse, Rudy, 40 ans, s'est dit que c'était allé trop loin et a pris un avocat. Une solution onéreuse dont se serait bien passé ce cadre de production qui, à la suite d'un divorce, s'est retrouvé dans l'impossibilité de payer les mensualités de 800 euros de son crédit à la consommation.

"Quand j'ai commencé à avoir des difficultés, j'ai contacté mon créancier pour demander un échelonnement de ma dette, raconte Rudy. Et là, je me suis heurté à un mur. Aucun arrangement ne m'a été proposé et le cauchemar a commencé."

Lettres au ton menaçant et alléguant de poursuites judiciaires, relances téléphoniques jusque sur le lieu de travail, usurpation d'identité. Avec la crise, de plus en plus de Français confrontés à des impayés ont affaire, comme Rudy, à des "chasseurs de dettes" aux méthodes souvent musclées.

Pour récupérer les sommes qui leur sont dues, opérateurs de téléphonie, commerçants, organismes de crédit... ont recours à des sociétés, indépendantes ou filiales d'établissements financiers, dont la vocation est de pousser le débiteur à rembourser volontairement ce qu'il doit. Si la négociation n'aboutit pas, le créancier peut décider de poursuivre par la voie judiciaire, mais dans ce cas-là, seul un huissier, un officier de justice muni d'un titre exécutoire, peut saisir des biens ou des salaires.

"Les sociétés de recouvrement ont finalement peu de moyens pour récupérer les créances, explique Régis Halter, directeur adjoint de la fédération Cresus, un réseau d'aide aux personnes endettées. Elles se parent souvent des atours des huissiers de justice, en adoptant la forme de papiers officiels, en faisant référence à des textes de loi, en utilisant des termes intimidants, voire comminatoires."

FRAIS ILLÉGAUX DE RECOUVREMENT

"Mise en demeure avant poursuites judiciaires", "avis d'injonction de payer", autant de formules choisies pour faire peur à des débiteurs souvent fragilisés. Des sociétés qui jouent souvent sur la confusion entretenue par la double casquette de l'huissier. Ce dernier peut aussi, comme les sociétés de recouvrement, être mandaté dans la phase amiable et, dans ce cadre, a les mêmes prérogatives qu'une société de recouvrement.

Lire Les huissiers veulent améliorer leur image

Pour Nathalie Nolen, responsable de l'association Cypres qui accompagne les personnes surendettées sur tout le département de la Somme, "les sociétés commerciales, mais aussi les huissiers, font de 'l'intox' pour récupérer au plus vite les créances". Leur seul objectif serait d'encaisser la somme réclamée, parfois augmentée d'illégaux frais de recouvrement, alors que la loi prévoit qu'ils sont à la charge du créancier.

Encadrées par un décret de 1996, les sociétés de recouvrement profitent aussi du fait que beaucoup de victimes d'abus n'osent pas réagir. Soit parce qu'elles culpabilisent, soit par peur ou encore parce qu'elles ne savent pas où s'adresser. Rémunérées à la commission sur les sommes récupérées, ces officines sont régulièrement dénoncées par les associations de consommateurs pour avoir fait pression, menacé, voire harcelé les débiteurs en téléphonant à la famille, aux voisins ou à l'employeur...

Sur le site Lesarnaques.com, les témoignages sur les sociétés de recouvrement se comptent par dizaines. "Certaines utilisent des méthodes de voyou pour obtenir des informations sur la personne ou pour qu'elle craque", explique Sacha Leroy, sa responsable juridique. Au printemps 2012, Lesarnaques.com a renvoyé la ligne téléphonique d'une famille en difficulté, avec son accord, sur celle du site pour se rendre compte des pressions exercées par un cabinet de recouvrement. "Menaces de saisie de tous les biens, de placement des enfants... tout y est passé", se rappelle Mme Leroy.

Directeur général de Contentia, filiale du groupe 3SI, spécialisé dans le commerce électronique, Sébastien Dirand ne nie pas que la profession ait ces moutons noirs mais il en relativise les dérives. "Le marché compte de 200 à 500 acteurs, qui vont de la grosse entreprise à de toutes petites avec un seul salarié. Les sociétés importantes ou reconnues ne peuvent pas se permettre de tels agissements", justifie le directeur général d'une société qui revendique une deuxième place sur le marché français, 380 salariés et un chiffre d'affaires de près de 30millions d'euros.

"NOUS SOMMES UNE ACTIVITÉ QUI SUSCITE PEU DE VOCATIONS"

Pour recouvrer le stock d'impayés de 1,5 milliard qui provient pour "70 % à 80 % des particuliers", Contentia se targue d'un certain code déontologique. "Pas d'appel avant 9 heures, pas d'usurpation d'identité, aucun dommage et intérêt ou frais demandés...", égrène le directeur général. "Nous sommes un secteur respectable", affirme aussi Alexandre Gonzevac, président du Syndicat national des cabinets de recouvrement de créances et de renseignements commerciaux, un des trois syndicats professionnels du secteur.

Selon M. Gonzevac, qui dirige par ailleurs le cabinet d'Ormane (12 salariés et 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires), la mauvaise image de son secteur reposerait "sur des clichés qui datent d'il y a vingt ans". Il préfère insister sur les difficultés du métier. "Nous sommes une activité qui suscite peu de vocations. Nous sommes toujours pris entre deux feux, le client qui veut être payé, et un débiteur qui soit légitimement ne peut pas payer soit est de mauvaise foi." Quant à la crise économique, elle ne serait pas une aubaine pour le secteur, au contraire, affirme M. Gonzevac : "Les dossiers sont plus difficiles, la capacité des ménages à rembourser baisse et in fine cela devient de plus en plus compliqué d'obtenir le remboursement des dettes."

20/03/2013

Perturbateurs hormonaux : le poids des lobbies sur l'Autorité européenne de sécurité des aliments

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/20/perturbateurs-hormonaux-l-efsa-ne-tranche-pas_1850838_3244.html

LE MONDE | 20.03.2013 à 11h05 • Mis à jour le 20.03.2013 à 15h49

Stéphane Foucart

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu public, mercredi 20 mars, l'un de ses rapports les plus attendus. L'agence basée à Parme (Italie) avait été saisie à l'automne 2012 par la direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne pour rendre une opinion scientifique sur les perturbateurs endocriniens – ces substances chimiques interférant avec le système hormonal et suspectées de jouer un rôle important dans l'augmentation d'incidence d'une variété de troubles et de pathologies.

L'EFSA devait en particulier répondre à plusieurs questions. Comment définir un perturbateur endocrinien ? Comment distinguer les effets indésirables dus à cette classe de molécules ? "Il n'existe pas de critère scientifique spécifique défini pour distinguer les effets nocifs potentiels des perturbateurs endocriniens par rapport à une régulation normale des fonctions corporelles, ou 'réponses adaptatives', estime l'agence européenne. Des experts doivent évaluer le poids des éléments probants disponibles au cas par cas."

En d'autres termes, la distinction entre un effet acceptable et un effet indésirable devra être jugée pour chaque substance. Du coup, l'EFSA propose deux qualifications : les substances endocriniennes actives et les perturbateurs endocriniens. Les premiers produisant des effets considérés comme non délétères, conduisant à une adaptation de l'organisme. Les seconds étant jugés potentiellement nocifs, en fonction de leur "potentiel d'activité". Ce point est l'objet d'une controverse, une part de la communauté des endocrinologues considérant que toute substance ayant une activité endocrinienne doit être considérée comme un perturbateur.

INTENSE PRESSION

Le groupe d'experts réunis par l'EFSA a conduit ses travaux sous une intense pression. Le sujet est en effet, depuis plusieurs mois, au centre d'une attention considérable. Quelques jours avant que l'agence de Parme ne dévoile ses conclusions, le Parlement de Strasbourg adoptait ainsi un rapport très ferme sur le sujet, dans lequel les députés européens se disaient "en total désaccord avec les tentatives visant à introduire le critère d'activité en tant que seuil de définition des perturbateurs endocriniens". Ces derniers, ajoutaient les parlementaires, "se trouvent dans les emballages alimentaires, les produits de soins de la peau, les produits cosmétiques, les matériaux de construction, les produits électroniques, les meubles et les sols".

Considérant qu'"un nombre croissant d'études scientifiques suggère que les perturbateurs endocriniens (...) jouent un rôle à la fois dans les maladies chroniques, y compris les cancers hormono-dépendants, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires, ainsi que dans les problèmes de procréation", les eurodéputés invitent la Commission à prendre une série de mesures "à même de protéger efficacement la santé humaine en insistant davantage sur le principe de précaution".

Outre le rapport du Parlement, la direction générale de l'environnement de la Commission a également publié, en janvier 2012, son propre rapport sur le sujet. De même, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié, début 2013, un vaste "état de l'art" sur la question. Ce dernier conclut à "des preuves extensives" des effets délétères des perturbateurs endocriniens sur la faune sauvage, mais juge que les preuves formelles de leurs effets sur les populations humaines ne sont pas encore, pour l'heure, apportées.

CAUSALITÉ COMPLEXE À ÉTABLIR

Une telle causalité est complexe à établir du fait, rappellent les députés européens dans leur rapport, que "le délai entre l'exposition et l'apparition des effets peut être très long", que "le risque de subir des effets préjudiciables n'est pas le même aux différents stades du développement – fœtal, petite enfance, adolescence", ou encore que les hommes sont exposés tout au long de leur vie à "un grand nombre de mélanges complexes de substances chimiques"...

Certaines questions scientifiques, estime L'EFSA, ne sont pas tranchées. L'agence juge ainsi qu'il existe une "absence de consensus international sur l'existence et/ou la pertinence des effets dits 'à faible dose'". C'est l'une des principales pommes de discorde entre l'EFSA et ses critiques.

En septembre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), son homologue française, avait passé en revue la littérature scientifique et avait conclu que le bisphénol A – l'un des perturbateurs endocriniens les plus répandus – pouvait susciter des effets délétères sur l'homme, après une exposition à des doses "notablement inférieures" au niveau de référence calculé par l'EFSA à 0,05 mg/kg de poids corporel et par jour, ne serait pas réellement protectrice.

Nul doute que ces derniers rapports internationaux seront épluchés ligne à ligne par la communauté scientifique pour y détecter d'éventuelles discordances entre les panels d'experts.

Stéphane Foucart


Les insecticides, une source d'exposition possible

L'association Générations futures a rendu public, mercredi 20 mars, le premier volet de son rapport consacré à évaluer les voies d'exposition aux insecticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens pour l'homme.

L'association a traqué vingt-quatre substances appartenant à deux grandes familles : les pyréthroïdes et les organophosphorés. Environ les trois quarts des produits alimentaires testés contenaient des niveaux détectables de ces substances.

D'autres voies d'exposition que l'alimentation ont été identifiées, par le truchement des traitements acaricides de la literie, de produits vétérinaires, de produits d'entretien du jardin, etc.

19/03/2013

Commerce : le "libre échange" est la loi du plus fort

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/15/un-projet-de-partenariat-transatlantique-menacant_1849027_3232.html

Un projet de partenariat transatlantique menaçant

LE MONDE | 15.03.2013 à 16h20

Par Zaki Laïdi, directeur de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po

Le projet d'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) est généralement perçu comme l'expression d'une routine commerciale propre au monde marchand. Pourtant, ses enjeux sont considérables et introduisent dans la stratégie européenne une rupture essentielle, dont il faut mesurer les enjeux et les conséquences.

Vues de Bruxelles, les choses sont simples. Un traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'UE générerait des gains considérables, évalués à 100 milliards d'euros par an. Pris dans un élan lyrique qu'on ne lui connaissait guère, Karel De Gucht, commissaire européen au commerce, identifie ce projet à un gigantesque plan de relance économique puisqu'il garantirait un point de croissance du PNB des deux côtés de l'Atlantique sans coûter le moindre euro.

Mais les choses sont-elles si simples ? Probablement pas. Car, derrière la stratégie forcenée de communication d'une commission en quête de succès politique au terme d'un mandat pour le moins médiocre, s'expriment des non-dits dont il faut pourtant bien parler.

Si cet accord venait à voir le jour rapidement, il faut tout d'abord prendre conscience qu'il mettra à terre le système commercial multilatéral organisé autour de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

SOCLE HISTORIQUE

Cet accord de libre-échange transformera la politique commerciale de l'UE, qui sera alors couverte à plus de 60 % par des accords bilatéraux alors que cette proportion n'était que de 25 % il y a de cela dix ans. Or, il faut savoir que l'Europe a toujours investi dans les négociations multilatérales, qu'elles soient commerciales ou climatiques. Le multilatéralisme est le socle historique de la politique européenne et la meilleure garantie de ses intérêts dans la mesure où elle n'est pas dotée des ressources géopolitiques classiques dont dispose un Etat comme les Etats-Unis.

Or, la Commission se garde bien de nous dire pourquoi elle a opéré de manière aussi forte ce tournant en faveur du bilatéralisme. Elle n'assume pas ce changement de cap car elle ne veut pas admettre que le cycle des négociations commerciales de l'OMC (cycle de Doha) est mort et enterré. Et ce, largement par la faute des Etats-Unis, qui ne croient plus au système multilatéral commercial qui n'est plus en mesure de leur procurer les gains qu'ils retiraient de lui jusque-là.

Si le cycle des négociations multilatérales est définitivement enterré, c'est l'avenir de l'OMC qui est en jeu. Car, depuis 1947, les organisations commerciales ont toujours été adossées à de grandes négociations commerciales. Si ces grandes négociations disparaissent, les disciplines commerciales qui les sous-tendent se relâcheront et le règlement des différends qui est au coeur de l'OMC perdra forcément de sa légitimité. Et ce d'autant plus que les normes privées envahissent de plus en plus l'espace commercial mondial, au détriment des normes publiques négociées à l'OMC par les Etats.

MISE EN PÉRIL

La mise en péril de l'OMC n'est pas une mince affaire. Pourtant, on ne voit nullement, à Bruxelles, l'esquisse d'une réflexion sur ce que sera le système commercial mondial dans dix ou vingt ans. La Commission se contente de nous vendre les mérites d'un traité bilatéral avec les Etats-Unis, sur la table depuis au moins quinze ans et qu'elle espère conclure avant de rendre les armes en juin 2014. Le risque est d'ailleurs grand que, par volonté d'aboutir à tout prix et dans les délais qu'elle s'est fixés – mais que les Américains se gardent bien de confirmer –, la Commission négocie un peu trop rapidement un traité qui pose pourtant de nombreux problèmes sur le plan non pas tarifaire mais réglementaire.

En effet, il existe d'immenses divergences et différences entre Américains et Européens sur toute une série de sujets comme la protection des données privées, les règles des droits d'auteur dans l'audiovisuel, les subventions agricoles, les indications géographiques, les politiques de compétition, les règles sanitaires et environnementales, pour ne parler que de celles-ci.

Ces divergences sont d'autant plus difficiles à surmonter que les régulateurs sont des deux côtés indépendants et qu'il existe de part et d'autre de l'Atlantique des régulateurs nationaux en Europe et locaux aux Etats-Unis. Pour parvenir à cet accord, quelle méthode choisira-t-on : l'harmonisation ou la reconnaissance mutuelle ? Dans le premier cas, les Européens risquent fort de renoncer à certaines de leurs préférences sociales, liées notamment au principe de précaution.

Dans le second cas, le risque est de voir les gains de ce projet limités dès lors que chacun admet les spécificités de l'autre et les considère comme opposables à la libre circulation des services et des biens. La somme des problèmes est telle que : soit l'Europe accepte d'avancer prudemment, mais dans ce cas la signature de cet accord n'interviendra que dans un délai de cinq à dix ans ; soit elle veut avancer à marche forcée et l'Europe court alors le risque de bâcler la négociation à son détriment. A son détriment, car à l'évidence le rapport des forces entre Américains et Européens est inégal, même si sur le papier les deux ensembles représentent des forces économiques équivalentes.

DEUX MÂCHOIRES

Sur l'Europe, les Etats-Unis disposent de deux avantages essentiels. Le premier est qu'ils sont un Etat pour lequel le commerce est l'élément d'une équation géopolitique beaucoup plus large dont l'objectif avoué est de contenir la montée en puissance de la Chine. Dans cette perspective, leur objectif est de mettre en place deux mâchoires réglementaires puissantes couvrant 60 % du commerce américain : l'une avec l'Europe, l'autre avec l'Asie mais sans la Chine, et ce en plaçant la barre des négociations de l'accord Partenariat transpacifique (TPP) suffisamment haut pour dissuader Pékin d'y entrer.

Or, il n'est pas exclu que les Etats-Unis, déjà lancés dans le TPP, parviennent à un accord en Asie avant d'avoir conclu avec l'Europe. Dans ce cas, ils risquent de se trouver en position de force face à nous pour nous imposer des standards qu'ils auront préalablement négociés dans le cadre du TPP.

Quel sera alors notre marge de négociation, surtout si Bruxelles est si pressé de parvenir à un résultat ? Face à la Chine, l'Europe et les Etats-Unis ont indiscutablement des intérêts communs. Mais l'Europe n'a ni la puissance stratégique des Etats-Unis ni l'équivalent d'un TPP sous la main en Asie pour pouvoir la contrer. Pour isoler la Chine, mieux vaut en avoir les moyens politiques, à supposer que cela soit la bonne solution.

Les Etats-Unis ont fait le choix politique de tirer un trait sur le multilatéralisme, et Obama n'a fait qu'amplifier ce mouvement. L'Europe doit-elle forcément les suivre dans cette voie sans l'assumer politiquement et sans en mesurer toutes les implications ? Toute la question est là.

Zaki Laïdi, directeur de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po

Zaki Laïdi est l'auteur de "La Norme sans la force. L'énigme de la puissance européenne" (Presses de Sciences Po, 2010).

05/03/2013

Le trafic illégal du bois

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/04/l-europe-s-arme-contre-l-importation-de-bois-illegal_1842372_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

L'Europe s'arme contre l'importation de bois illégal

LE MONDE | 04.03.2013 à 15h14

Par Laurence Caramel

Du bois illégal en provenance du Liberia a-t-il transité par le port de Nantes en février ? C'est ce qu'affirme l'organisation non gouvernementale (ONG) Global Witness en accusant deux sociétés allemandes, B & T Wood et Treemex, d'avoir respectivement importé 1 631 m3 et 929 m3 de grumes issues de concessions dont les permis d'exportation ont été gelés en août 2012 par le gouvernement libérien. La première société – dans plusieurs courriers dont Le Monde a eu connaissance – réfute catégoriquement les accusations de Global Witness. La seconde n'a pas répondu aux sollicitations de l'ONG britannique. "Nous n'avons aucun doute, ce bois est illégal", affirme Alexandra Pardal, documents des douanes à l'appui.

Global Witness n'a pas choisi la date du 4 mars au hasard pour rendre publiques ses accusations. Elles interviennent au lendemain de l'entrée en vigueur du règlement bois de l'Union européenne (RBUE), censé barrer l'accès du bois exploité illégalement au marché communautaire. Il est la dernière pièce d'un plan d'action lancé il y a dix ans, qui allie politique de coopération avec les pays auprès desquels l'Europe s'approvisionne et traçabilité du bois acheté. 

Mais à ce jour, comme a voulu le rappeler Global Witness en mettant en avant cette affaire libérienne, l'Europe – qui se targue pourtant d'être à l'avant-garde de la lutte contre la déforestation – reste une passoire. Entre 20 % et 40 % du commerce mondial de bois sont d'origine frauduleuse, selon plusieurs sources, dont la Banque mondiale. En Europe, rien n'obligeait jusqu'à présent un importateur à justifier solidement l'origine de sa marchandise, et les contrôles des douanes restent rares.

INTENSE LOBBYING DES INDUSTRIELS DU SECTEUR

L'entrée en vigueur du règlement bois ne signifie pas pour autant qu'un couperet va tomber brutalement sur les entreprises. A l'instar de la France, qui n'a toujours pas désigné l'administration qui serait chargée de sanctionner les importateurs pris en faute, la plupart des pays ne sont pas prêts. Les règles que devront suivre les entreprises n'ont définitivement été fixées qu'en juillet 2012 par la Commission européenne.

La nouvelle législation cible les entreprises qui introduisent le bois pour la première fois sur le marché européen. Les grumes et tous les produits dérivés du bois (planches, panneaux en aggloméré, pâte à papier, etc.), mais aussi les meubles sont concernés. Seul le papier imprimé passe au travers des mailles du filet grâce à un intense lobbying des industriels du secteur.

Les entreprises devront être en mesure d'indiquer le pays de provenance, la région et la concession où l'arbre a été coupé. Le nom de l'essence, dans son appellation scientifique, devra être indiqué, de même que la quantité achetée, le prix payé ainsi que le nom et l'adresse du fournisseur. Chacune de ces étapes doit permettre à l'importateur d'évaluer le risque d'être en présence de bois illégal, pour l'exclure le cas échéant de ses approvisionnements.

Si une infraction est constatée, des sanctions seront appliquées : saisie de la marchandise, ordre de cessation d'activité, amende calculée à la hauteur du préjudice écologique et du manque à gagner fiscal pour les Etats floués. La France n'ira toutefois pas aussi loin que l'Allemagne et le Royaume-Uni, où le trafic de bois sera passible – comme aux Etats-Unis – de peines de prison.

De peur d'être un jour la cible de campagnes d'une ONG, nombre d'entreprises n'ont pas attendu la contrainte réglementaire pour assainir leurs pratiques. Les plus grandes ont commencé à acheter du bois certifié sous les labels FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC, et elles ont mis en place leur propre système de traçabilité.

LA CHINE, PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC DE BOIS AU MONDE

Dans son baromètre annuel qui classe 35 entreprises, WWF-France notait ainsi en décembre 2012 que Castorama et Ikea font beaucoup mieux par exemple que Saint Maclou ou Intermarché. Tout en déplorant que "trop de produits ne possèdent encore aucun renseignement sur l'origine du bois, même lorsqu'il peut provenir de zones à risque".

La signature d'accords de partenariat volontaire (APV) entre l'Union européenne (UE) et ses pays fournisseurs est censée tarir ces "zones à risque" avec lesquelles l'UE réalise une grande partie de son commerce. Six pays (Cameroun, Ghana, Indonésie, République centrafricaine, République du Congo et Liberia) ont jusqu'à présent signé de tels accords qui prévoient la réforme de leur secteur forestier (renforcement des capacités de surveillance des administrations forestières et douanières, création de systèmes de traçabilité) en échange d'un accès plus facile au marché européen.

Mais comme le montre la situation du Liberia, où une vaste opération de démantèlement de réseaux frauduleux est en cours, le système est encore loin d'être fiable et, pour l'instant, aucun signataire n'est en mesure d'offrir du bois estampillé "légal" à l'Europe.

La Chine, qui est le plus gros fournisseur européen et la première plaque tournante du trafic de bois au monde, n'entend pas s'engager dans le processus. Pas plus que le Brésil. "La lutte contre le bois illégal ne peut aboutir sans la coopération des gouvernements des pays tiers", rappelle pourtant Roselyne Defer, directrice développement de SGS, le leader mondial des systèmes de contrôle et de certification.

Lire aussi : Les entreprises publiques chinoises, plaques tournantes du trafic de bois

La mise en oeuvre du règlement bois européen est une étape importante pour la protection des forêts. Le défi suivant sera d'exiger que le bois importé provienne de concessions gérées de façon durable. La légalité, n'est pas, loin s'en faut, toujours un gage que les forêts ne sont pas surexploitées.

-------------

La forêt tropicale victime de la demande européenne

12 % à 17 % C'est la part des émissions de gaz à effet de serre dont est responsable la déforestation des massifs tropicaux.

13 % C'est la part du bois tropical dans l'ensemble des importations de bois de l'Union européenne en 2010.

1 million de mètres cubes de bois tropical aurait été importé en France en 2008. Sa provenance, par ordre décroissant, serait la Chine, le bassin du Congo, l'Indonésie et le Brésil.

---------------

Biodiversité

Édition abonnés Contenu exclusif

23/02/2013

Règles a minima pour le pétrole en mer

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/compromis-critique-sur-la-securite-des-forages-en-mer_1836990_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

(pour avoir les liens, cliquez d'abord sur le titre de la note ci-contre)

Compromis critiqué sur la sécurité des forages en mer

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h13

Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, bureau européen

A la veille d'un conseil européen des ministres de l'énergie, la Commission européenne, le Conseil (les Etats) et le Parlement se sont mis d'accord, jeudi 21 février, sur un projet de directive concernant les forages de pétrole et de gaz en mer.

Le texte impose de nouvelles règles aux compagnies dans le domaine de la sécurité et du respect de l'environnement. Il clarifie les responsabilités des exploitants et espère, à terme, les obliger à démontrer qu'ils disposent des ressources nécessaires pour couvrir les dégâts qui pourraient être causés à la nature. Il insiste aussi sur la prévention des catastrophes et la mise au point de plans d'urgence.

C'est "une occasion manquée", estime pourtant Eva Lichtenberger, du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. "Un accord décevant", juge pour sa part l'association Oceana, qui lutte pour la protection des mers.

Au départ, la Commission voulait réduire le danger des forages les plus risqués. Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, avait évoqué la nécessité d'un moratoire. C'était en avril 2010, au lendemain du choc provoqué par la marée noire survenue dans le golfe du Mexique, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, exploitée par BP. L'émotion est retombée, la pression de certains pays – dont la Grande-Bretagne, qui exploite la moitié des mille plates-formes européennes – a été forte, et la Commission a dû négocier avec des Etats réticents et des députés européens divisés entre ceux qui entendaient donner la priorité aux intérêts économiques et ceux qui défendaient des mesures de précaution environnementales.

AUCUN MORATOIRE

Les critiques déplorent que l'Agence européenne pour la sécurité maritime ne soit pas dotée de compétences supplémentaires et que son intervention soit limitée aux situations "post-catastrophe". Les défenseurs de l'environnement regrettent qu'aucun moratoire ne soit prévu pour les forages dans la zone arctique.

Oceana évoque une disposition "honteuse" : les normes imposées aux compagnies seront différentes selon qu'elles opèrent en Europe ou en Afrique, par exemple. "Une lacune monstrueuse, commente Nicolas Fournier, conseillerpolitique de l'ONG. Nous avons seulement obtenu que les compagnies doivent rendre compte d'un accident à leur autorité nationale, mais il y a des chances que ces rapports dorment sur une étagère..."

Un dernier doute subsiste quant à l'obligation faite aux sociétés pétrolières d'apporter la preuve qu'elles sont aptes à couvrir les coûts d'une catastrophe. Ceux-ci pourraient osciller annuellement entre 205 et 915 millions d'euros selon l'ampleur de l'accident, estime la Commission. Les procédures financières à mettre en place le seront avant la fin de l'année, promet-elle.

La catastrophe de Deepwater Horizon

a coûté jusqu'ici 28,3 milliards d'euros à BP. Depuis 1974, l'exploitation pétrolière en mer a entraîné la fuite de 2,2 millions de tonnes de pétrole en Europe.

20/02/2013

APPELS AU BOYCOTT d'AMAZON

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/18/le-systeme-amazon-fait-scandale-en-allemagne_1834213_3234.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Le "système Amazon" fait scandale en Allemagne

LE MONDE | 18.02.2013 à 14h01 •

Mis à jour le 18.02.2013 à 14h02 Par Cécile Boutelet - Berlin, Correspondance

Le scandale gronde autour du géant Amazon, numéro un de la vente en ligne en Allemagne. A la suite de la diffusion, mercredi 13 février, d'un reportage accablant sur les conditions de travail des intérimaires chez le cybermarchand, syndicats, politiques et clients dénoncent le "système Amazon", de plus en plus décrit comme un "esclavage moderne".

Ce que cache la facilité d'un achat sur Amazon est à voir dans le reportage de la chaîne ARD, accessible sur son site. Deux journalistes filment, la plupart du temps en caméra cachée, le sort de 5 000 intérimaires recrutés par Amazon pour assurer le pic de commandes précédant la période de Noël.

Silvina, une Espagnole au chômage dans son pays, raconte son quotidien dans ce qu'elle appelle la "machine Amazon".

SERVICE DE SÉCURITÉ

Les journalistes la suivent dans le bus bondé, affrété pour transporter les saisonniers jusqu'au centre logistique de Bad Hersfeld (Hesse), en Allemagne. Ils montrent la longue attente sous la neige pour prendre les navettes trop rares ; la promiscuité des conditions d'hébergement, dans des bungalows de vacances laissés libres pendant la saison creuse ; son renvoi trois jours avant Noël, sans motivation, après quinze jours de travail d'affilée ; le salaire versé moindre que promis dans l'offre d'emploi.

Mais le plus pénible, raconte la travailleuse, est la présence permanente d'un service de sécurité recruté par l'agence d'intérim. Les agents de sécurité surveillent les saisonniers sur leur lieu d'hébergement, fouillent leurs chambres, inspectent leurs effets personnels. Intimidés, les travailleurs, originaires pour la plupart d'Europe de l'Est ou du Sud, n'osent se plaindre.

Détail accablant, ces agents portent des sweat-shirts à capuche de la marque Thor Steinar, appréciée des néonazis. Les journalistes révèlent qu'ils sont employés par une société de surveillance nommée HESS (pour Hensel European Security Service), qui entretiendrait des liens étroits avec les milieux d'extrême droite. Une accointance démentie par la société. Amazon, de son côté, a annoncé "procéder à des vérifications" à la suite de ce reportage.

APPELS AU BOYCOTT

Alors que l'Allemagne s'interroge de plus en plus sur l'évolution de son modèle social – absence de salaire minimum, explosion des contrats précaires, de l'intérim et des emplois à bas salaires –, ces révélations provoquent une onde de choc. "Il faut arrêter le système Amazon", a déclaré Michael Sommer, président de la fédération de syndicats DGB.

La ministre du travail, Ursula von der Leyen, a menacé la société d'intérim de sanctions en cas de violations avérées du droit.

Sur Internet, les premiers appels au boycott ont été lancés. Dans une lettre ouverte au PDG d'Amazon, Jeff Bezos, le petit éditeur Christopher Schroer a annoncé son intention de mettre fin à son référencement sur le site. Et, sur la page Facebook d'Amazon, des centaines de clients ont déclaré avoir supprimé leur compte. En 2012, les Allemands ont consommé sur Internet pour 27 milliards d'euros.

03/01/2013

Protection de l'environnement : interdiction des sacs plastiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/03/l-interdiction-des-sacs-en-plastique-se-mondialise_1812467_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

L'interdiction des sacs en plastique se mondialise

LE MONDE | 03.01.2013 à 13h11 • Mis à jour le 03.01.2013 à 13h23 Par Gilles van Kote

Bouc émissaire ou calamité environnementale ? Trois décennies auront suffi à faire du sac plastique, merveille technologique capable de supporter une charge deux mille fois supérieure à son poids, le symbole des inconséquences et de l'empreinte écologique de nos modes de consommation. Pour tenter d'enrayer ce fléau qui pollue les paysages et les océans, la Mauritanie et le Mali, après d'autres, ont interdit, le 1er janvier, les sacs en plastique.

En octobre 2012, Haïti avait déjà instauré une interdiction des sacs en plastique et des emballages en polystyrène sur tout son territoire, afin, selon le premier ministre, Laurent Lamothe, de protéger son littoral et ses mangroves, menacés d'asphyxie par les détritus.

Au Nord, la ville canadienne de Toronto comptait en faire autant, mais elle a fait marche arrière, fin novembre, par crainte de poursuites de la part de l'industrie du plastique et d'associations de commerçants. A Concord (Massachusetts), c'est la vente de petites bouteilles d'eau en plastique qui est prohibée depuis le 1er janvier.

DANS L'ESTOMAC DES MAMMIFÈRES MARINS

Les mesures d'interdiction ou de taxation des sacs de caisse – ou sacs à usage unique – se multiplient à travers le monde. Le Danemark a fait figure de pionnier en instaurant une taxe dès 1994. En 2002, le Bangladesh a décrété une interdiction totale des sacs en plastique, soupçonnés d'avoir provoqué de graves inondations à Dacca en empêchant l'évacuation des eaux. La même année, l'Irlande a imposé une taxe de 15 centimes par sac de caisse qui en aurait fait chuter de 90 % la consommation.

La production de sacs en plastique dans le monde a atteint entre 500 et 1 000 milliards d'unités au début des années 2000. Leur légèreté explique qu'ils pèsent relativement peu dans la production mondiale de plastique mais aussi qu'ils s'échappent facilement des circuits de collecte des déchets. Dans la nature, ils peuvent mettre jusqu'à quatre siècles avant de commencer à se dégrader. Les océans en regorgent, jusque dans l'estomac des mammifères marins.

"Les sacs en plastique à usage unique doivent être interdits ou supprimés rapidement partout", affirmait, en 2009, Achim Steiner, le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Les opposants aux mesures d'interdiction affirment que celles-ci ne répondent pas réellement à des considérations économiques ou environnementales. "L'interdiction des sacs est malheureusement devenue un symbole politique puissant", affirmait Todd Myers, directeur environnemental du think tank d'obédience libérale Washington Policy Center, en octobre, dans le Wall Street Journal.

UNE AUTRE VOIE QUE L'INTERDICTION, CELLE DU RECYCLAGE

Les interminables forêts de poches en plastique accrochées aux arbres, aux buissons et aux clôtures, qui cernent aujourd'hui la plupart des agglomérations des pays du Sud, sont pourtant bien une réalité. Mais au Togo, où ces sacs sont interdits depuis début 2011, "rien n'a changé", selon plusieurs observateurs.

"Ces mesures d'interdiction ne sont souvent que de la poudre aux yeux, car elles ne sont jamais appliquées, estime Michel Loubry, représentant de PlasticsEurope, le syndicat européen des producteurs de plastique. On ferait mieux de commencer par aider ces pays à se doter d'un système de collecte et de traitement des déchets."

L'association française Gevalor explore une autre voie que l'interdiction, celle du recyclage : son projet de production semi-industrielle de pavés fabriqués à base de sacs en plastique recyclés et de sable, à Madagascar, arrive au stade de la commercialisation. Au Kenya, le PNUE aide la ville de Nairobi à développer des infrastructures de collecte et de recyclage des sacs parallèlement à la mise en place d'une taxe. Mais les filières de recyclage des pays du Sud sont trop artisanales pour répondre au défi environnemental.

LES DISTRIBUTEURS VENDENT DÉSORMAIS DES SACS RÉUTILISABLES

Alors que l'Union européenne hésite encore à imposer une interdiction ou une taxation des sacs en plastique, l'Italie a pris une mesure d'interdiction en 2011. La France a décidé de taxer les sacs de caisse à usage unique non biodégradables à partir du 1er janvier 2014. La taxe devrait être d'environ 6 centimes. La consommation de sacs de caisse y a pourtant déjà été ramenée de 15 milliards d'unités en 2003 à environ 800 millions en 2010.

La suppression de la gratuité des sacs par les grandes enseignes de distribution y est pour beaucoup. Les distributeurs ont bien compris leur intérêt : ils vendent désormais des sacs réutilisables. Et la disparition progressive du sac de caisse, souvent réutilisé par les particuliers pour jeter leurs ordures, a eu pour effet de faire augmenter les ventes de sacs poubelle... beaucoup plus gourmands en matière plastique que les sacs de caisse.

24/10/2012

Expérience illégale de géo-ingénierie au Canada

lu sur :

Géopiraterie

Quand un riche « voyou du climat » veut manipuler les océans

Par Sophie Chapelle (23 octobre 2012)

Un businessman californien a joué les apprentis sorciers cet été, au large du Canada. Il a mené en toute illégalité une expérience visant à faire croître le plancton, qui se nourrit de CO2, sur une zone de 10 000 km2. Le but : monnayer ensuite des « droits à polluer » en échange du carbone ainsi séquestré. Qui arrêtera ces « géo-pirates » ?

100 tonnes de sulfate de fer ont été déversées dans l’océan Pacifique, au large des côtes orientales du Canada, en Colombie-Britannique. Objectif : provoquer une prolifération rapide de plancton sur une zone un peu plus grande que la Corse (10 000 km2). Et par conséquent lutter contre le réchauffement climatique. Le plancton se nourrit de gaz carbonique (CO2) et le séquestre au fond des océans. Le faire croître artificiellement pour augmenter sa capacité d’absorption de CO2 est l’une des techniques envisagées à grande échelle pour manipuler le climat. Ces techniques, appelées géo-ingéniérie, consistent par exemple à envoyer des nanoparticules dans l’atmosphère ou à recouvrir les déserts de plastique blanc pour réfléchir les rayons du soleil (lire notre précédent article). Mener des expériences de géo-ingéniérie à grande échelle est interdit depuis octobre 2011.

Problème : l’expérimentation qui a eu lieu au large du Canada en juillet relève d’une initiative totalement privée. Sans aucun contrôle, réalisée en toute illégalité, elle ne s’appuie que sur la recherche de profits. Le projet a été mené par Russ Georges, un homme d’affaires californien, qui espère qu’en retirant du CO2 de l’atmosphère, il pourrait vendre des « droits à polluer » sur le marché du carbone. C’est l’organisation canadienne ETC Group qui a découvert le pot-aux-roses et averti le journal britannique The Guardian, qui a mené l’enquête.

Des communautés autochtones dupées

Pour trouver les 2,5 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son expérience, l’entrepreneur s’est adressé à une communauté amérindienne vivant sur l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique. Il leur a vendu un « projet de restauration des populations de saumons », lesquelles déclinent dans cette région du Pacifique.

Pour leur vendre son idée, Russ George s’est servi d’une étude parue dans la revue Fisheries Oceanograph. Cette étude montre que des cendres volcaniques provenant d’Alaska, et très riches en fer, auraient favorisé l’éclosion de phytoplancton dans le fleuve Fraser, qui se jette à Vancouver. Et contribué à la multiplication des saumons. Le Conseil de la communauté a donc accepté d’emprunter deux millions et demi de dollars sur son fonds de réserve pour mettre sur pied la société Haida Salmon Restoration Corp. (HSRC) afin de financer le projet.

Aucune autorisation ni étude d’impact préalable

En dépit d’un moratoire international sur les expériences de géo-ingénierie [1], Russ Georges a mené son expérience sans aucune autorisation, ni aucune étude d’impact préalable. Car l’expérience contrevient à la Convention de l’Onu sur la diversité biologique et à la Convention de Londres qui interdisent la fertilisation des océans dans un but lucratif.

Après la révélation de l’affaire, le directeur général de la société HSRC, John Disney, a affirmé que plusieurs organismes gouvernementaux canadiens étaient au courant du projet. Le ministre de l’Environnement canadien a répondu qu’une enquête a été lancée dès le 30 août et que le déversement de sulfates de fer serait déclaré illégal s’il avait effectivement eu lieu.

Le président de la communauté qui a financé l’expérimentation a défendu ses habitants, arguant que la communauté autochtone n’avait pas été prévenue que le projet comportait des risques et qu’il violait des traités internationaux. « Notre peuple et l’humanité toute entière dépendent des océans et ne peuvent laisser leur sort aux caprices de quelques-uns », ont déclaré dans un communiqué paru le 18 octobre [2], le président et les chefs du conseil de la communauté.

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Cette « fécondation » artificielle des océans affectera-t-elle l’écosystème local ? « Il est difficile, sinon impossible, de prévoir ou détecter les effets qui se manifesteront dans les mois ou les années qui viennent », répond l’océanographe John Cullen dans le Guardian. Certains effets possibles, comme la raréfaction de l’oxygène ou l’altération des chaines alimentaires, devraient nous dissuader de manipuler l’océan de cette façon. L’histoire est riche d’exemples de manipulations écologiques qui se sont retournées contre nous ».

Des images de la NASA ont confirmé une croissance du plancton sur la zone de 10 000 km2. «  C’est normal d’en voir en cette période de l’année », temporise ETC Group. L’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), qui avait accepté de prêter vingt balises flottantes pour traquer l’évolution du plancton, assure de son côté avoir été « dupée », ne sachant pas que des dizaines de tonnes de sulfates de fer seraient déversées.

Les recherches menées en 2005 par une mission océanographique internationale (KEOPS) avaient déjà émis de sérieux doutes « sur les propositions de certaines sociétés de géo-ingénierie climatique qui prétendent pouvoir remédier à l’augmentation du CO2 atmosphérique par une manipulation délibérée de la pompe biologique, via un ajout artificiel en fer ». L’ajour artificiel de fer n’a pas les mêmes conséquences qu’un « apport continu et naturel de fer aux eaux de surface » [3].

« Ingénieur voyou »

« Ce n’est pas la première fois qu’un géo-ingénieur voyou tente de tirer profit de la pollution des communs, dénonce Neth Daño d’ETC Group. Et ce ne sera pas la dernière tant que les gouvernements n’interdiront pas toutes les activités de géo-ingénierie et ne tiendront pas leurs contrevenants responsables ». La géo-ingénierie n’est pas seulement une distraction dangereuse de quelques riches illuminés. Elle constitue aussi une excuse pour éviter de réduire sérieusement les émissions de combustibles fossiles.

Et qu’en est-il des millions de dollars escomptés par la vente de crédits carbone soi-disant produits par l’expérience ? « Il ne va pas obtenir un sou de crédits carbone, car il n’y a aucune preuve que le carbone va rester là où il est », estime le climatologue Andrew Weaver de l’université canadienne de Victoria. Aucun dispositif n’existe à ce jour pour évaluer le nombre de crédits carbone correspondant à ce type de manipulation.

Sophie Chapelle

Crédit photo : KEOPS / CNRS 2007

Notes

[1] Avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

[2] Télécharger le communiqué rédigé par les chefs de la communauté après la révélation de l’affaire

[3] Voir cet article du CNRS.

-------------------------

voir aussi :

Polémique après une "fertilisation" illégale du Pacifique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/24/polemique-apres-une-fertilisation-illegale-du-pacifique-nord_1780108_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

LE MONDE |24.10.2012 à 11h49

 

Par Stéphane Foucart et Anne Pélouas (à Montréal)

L'objectif était ambitieux : faire revenir les saumons dans le Pacifique nord et récupérer d'importantes sommes d'argent par la vente de crédits-carbone. Russ George, un entrepreneur américain qui se pique d'océanographie, a promis tout cela aux autorités d'Old Massett, un petit village de l'archipel canadien Haida Gwaii, situé au large de la Colombie-Britannique.

Comment ? En "fertilisant" l'Océan avec une centaine de tonnes de particules de fer. Menée en haute mer en juillet, sur une zone d'environ 10 000 km2, l'expérience a coûté un million de dollars (environ 770 000 euros) à la communauté autochtone, sans compter un prêt bancaire de 1,5 million de dollars supplémentaire, garantie par elle. Récemment révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'expérience est, depuis, au centre d'une forte polémique – au Canada et au-delà, puisqu'elle a été dénoncée au cours de la conférence d'Hyderabad (Inde) sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 octobre.

 

Pour les associations comme Greenpeace ou l'ETC Group, l'opération, réalisée sans les autorisations requises, contrevient à la Convention sur la diversité biologique, ainsi qu'à la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers. Les instigateurs de l'expérience, financée par la société Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – dont le directeur scientifique est le fameux Russ George –, ont de leur côté assuré, lors d'une conférence de presse tenue le 19 octobre à Vancouver, qu'"au moins sept ministères étaient au courant".

"AUCUNE DEMANDE D'AUTORISATION"

Céline Tremblay, porte-parole du ministère de l'environnement canadien, confirme que "des agents ont rencontré des représentants de l'entreprise, le 7 mai". Ils ont été informés des lois canadiennes interdisant la fertilisation des océans. La seule exception, rappelle-t-elle, concerne les "projets de recherche scientifique accrédités", mais le ministère n'a reçu "aucune demande d'autorisation".

La communauté scientifique conteste aussi avec force la légitimité et le bien-fondé de cette expérience. "Comme la plupart des campagnes scientifiques en mer, les expériences scientifiques dites "de fertilisation" sont préparées très longtemps en amont, rappelle Francesco d'Ovidio, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (université Paris-VI, CNRS, IRD, MNHN). Elles sont discutées pendant un an et demi à deux ans dans la communauté scientifique pour en évaluer les risques potentiels et l'intérêt, en termes de recherche."

Plusieurs expériences scientifiques semblables ont été menées au cours de la dernière décennie. Elles montrent que l'épandage de sulfate de fer dans certaines régions de l'océan pouvait parfois augmenter la productivité – donc l'abondance – du phytoplancton dans les eaux de surface. Mais le stockage effectif de dioxyde de carbone (CO2) n'a pu être montré qu'une seule fois, dans les conditions très particulières de l'océan Austral (Le Monde du 21 juillet).

Malgré l'absence de preuves de l'"efficacité climatique" de l'expérience, le conseil d'Old Massett espérait récupérer son investissement dans l'opération grâce à la vente de crédits de carbone. En témoigne un échange de courriers entre le conseil d'Old Massett et la banque Northern Savings, qui a accordé le prêt. Dans ces lettres, rendues publiques par le groupe de conservation Living Oceans Society – qui avait alerté le gouvernement, dès août, de l'épandage –, on identifie même une entreprise européenne comme acheteur potentiel des crédits-carbone !

"LES RISQUES DE CE GENRE D'OPÉRATION NE SONT PAS NULS"

Quant à faire revenir le saumon dans le Pacifique nord... Le postulat avancé est que la prolifération de phytoplancton favorise celle de son prédateur immédiat – le zooplancton – et que l'abondance de celui-ci dope à son tour les populations de salmonidés qui s'en nourrissent. Là encore, les scientifiques doutent fort qu'un lien aussi simple puisse être tiré. "On ne réussira jamais à montrer de lien entre cette expérience et l'état de la pêcherie, estime M. d'Ovidio. Il y a beaucoup trop de paramètres non contrôlés pour pouvoir démontrer la réalité d'un effet."

"Le bloom de plancton que l'on observe après ces expériences disparaît très rapidement, alors que le cycle de vie du saumon est beaucoup plus long", confirme Christine Klaas, chercheuse au Alfred Wegener Institute, spécialiste des aspects biologiques de la fertilisation océanique. "En outre, ajoute-t-elle, les risques présentés par ce genre d'opération ne sont pas nuls. Il est possible de voir proliférer certaines diatomées qui produisent une toxine dont les effets peuvent être importants. Par exemple, des mortalités de pélicans, sur la côte ouest des Etats-Unis, ont par le passé été rapprochées de telles toxines."

Expérience illégale de géo-ingénierie au Canada

lu sur :

Géopiraterie

Quand un riche « voyou du climat » veut manipuler les océans

Par Sophie Chapelle (23 octobre 2012)

Un businessman californien a joué les apprentis sorciers cet été, au large du Canada. Il a mené en toute illégalité une expérience visant à faire croître le plancton, qui se nourrit de CO2, sur une zone de 10 000 km2. Le but : monnayer ensuite des « droits à polluer » en échange du carbone ainsi séquestré. Qui arrêtera ces « géo-pirates » ?

100 tonnes de sulfate de fer ont été déversées dans l’océan Pacifique, au large des côtes orientales du Canada, en Colombie-Britannique. Objectif : provoquer une prolifération rapide de plancton sur une zone un peu plus grande que la Corse (10 000 km2). Et par conséquent lutter contre le réchauffement climatique. Le plancton se nourrit de gaz carbonique (CO2) et le séquestre au fond des océans. Le faire croître artificiellement pour augmenter sa capacité d’absorption de CO2 est l’une des techniques envisagées à grande échelle pour manipuler le climat. Ces techniques, appelées géo-ingéniérie, consistent par exemple à envoyer des nanoparticules dans l’atmosphère ou à recouvrir les déserts de plastique blanc pour réfléchir les rayons du soleil (lire notre précédent article). Mener des expériences de géo-ingéniérie à grande échelle est interdit depuis octobre 2011.

Problème : l’expérimentation qui a eu lieu au large du Canada en juillet relève d’une initiative totalement privée. Sans aucun contrôle, réalisée en toute illégalité, elle ne s’appuie que sur la recherche de profits. Le projet a été mené par Russ Georges, un homme d’affaires californien, qui espère qu’en retirant du CO2 de l’atmosphère, il pourrait vendre des « droits à polluer » sur le marché du carbone. C’est l’organisation canadienne ETC Group qui a découvert le pot-aux-roses et averti le journal britannique The Guardian, qui a mené l’enquête.

Des communautés autochtones dupées

Pour trouver les 2,5 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son expérience, l’entrepreneur s’est adressé à une communauté amérindienne vivant sur l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique. Il leur a vendu un « projet de restauration des populations de saumons », lesquelles déclinent dans cette région du Pacifique.

Pour leur vendre son idée, Russ George s’est servi d’une étude parue dans la revue Fisheries Oceanograph. Cette étude montre que des cendres volcaniques provenant d’Alaska, et très riches en fer, auraient favorisé l’éclosion de phytoplancton dans le fleuve Fraser, qui se jette à Vancouver. Et contribué à la multiplication des saumons. Le Conseil de la communauté a donc accepté d’emprunter deux millions et demi de dollars sur son fonds de réserve pour mettre sur pied la société Haida Salmon Restoration Corp. (HSRC) afin de financer le projet.

Aucune autorisation ni étude d’impact préalable

En dépit d’un moratoire international sur les expériences de géo-ingénierie [1], Russ Georges a mené son expérience sans aucune autorisation, ni aucune étude d’impact préalable. Car l’expérience contrevient à la Convention de l’Onu sur la diversité biologique et à la Convention de Londres qui interdisent la fertilisation des océans dans un but lucratif.

Après la révélation de l’affaire, le directeur général de la société HSRC, John Disney, a affirmé que plusieurs organismes gouvernementaux canadiens étaient au courant du projet. Le ministre de l’Environnement canadien a répondu qu’une enquête a été lancée dès le 30 août et que le déversement de sulfates de fer serait déclaré illégal s’il avait effectivement eu lieu.

Le président de la communauté qui a financé l’expérimentation a défendu ses habitants, arguant que la communauté autochtone n’avait pas été prévenue que le projet comportait des risques et qu’il violait des traités internationaux. « Notre peuple et l’humanité toute entière dépendent des océans et ne peuvent laisser leur sort aux caprices de quelques-uns », ont déclaré dans un communiqué paru le 18 octobre [2], le président et les chefs du conseil de la communauté.

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Cette « fécondation » artificielle des océans affectera-t-elle l’écosystème local ? « Il est difficile, sinon impossible, de prévoir ou détecter les effets qui se manifesteront dans les mois ou les années qui viennent », répond l’océanographe John Cullen dans le Guardian. Certains effets possibles, comme la raréfaction de l’oxygène ou l’altération des chaines alimentaires, devraient nous dissuader de manipuler l’océan de cette façon. L’histoire est riche d’exemples de manipulations écologiques qui se sont retournées contre nous ».

Des images de la NASA ont confirmé une croissance du plancton sur la zone de 10 000 km2. «  C’est normal d’en voir en cette période de l’année », temporise ETC Group. L’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), qui avait accepté de prêter vingt balises flottantes pour traquer l’évolution du plancton, assure de son côté avoir été « dupée », ne sachant pas que des dizaines de tonnes de sulfates de fer seraient déversées.

Les recherches menées en 2005 par une mission océanographique internationale (KEOPS) avaient déjà émis de sérieux doutes « sur les propositions de certaines sociétés de géo-ingénierie climatique qui prétendent pouvoir remédier à l’augmentation du CO2 atmosphérique par une manipulation délibérée de la pompe biologique, via un ajout artificiel en fer ». L’ajour artificiel de fer n’a pas les mêmes conséquences qu’un « apport continu et naturel de fer aux eaux de surface » [3].

« Ingénieur voyou »

« Ce n’est pas la première fois qu’un géo-ingénieur voyou tente de tirer profit de la pollution des communs, dénonce Neth Daño d’ETC Group. Et ce ne sera pas la dernière tant que les gouvernements n’interdiront pas toutes les activités de géo-ingénierie et ne tiendront pas leurs contrevenants responsables ». La géo-ingénierie n’est pas seulement une distraction dangereuse de quelques riches illuminés. Elle constitue aussi une excuse pour éviter de réduire sérieusement les émissions de combustibles fossiles.

Et qu’en est-il des millions de dollars escomptés par la vente de crédits carbone soi-disant produits par l’expérience ? « Il ne va pas obtenir un sou de crédits carbone, car il n’y a aucune preuve que le carbone va rester là où il est », estime le climatologue Andrew Weaver de l’université canadienne de Victoria. Aucun dispositif n’existe à ce jour pour évaluer le nombre de crédits carbone correspondant à ce type de manipulation.

Sophie Chapelle

Crédit photo : KEOPS / CNRS 2007

Notes

[1] Avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

[2] Télécharger le communiqué rédigé par les chefs de la communauté après la révélation de l’affaire

[3] Voir cet article du CNRS.

-------------------------

voir aussi :

Polémique après une "fertilisation" illégale du Pacifique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/24/polemique-apres-une-fertilisation-illegale-du-pacifique-nord_1780108_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

LE MONDE |24.10.2012 à 11h49

 

Par Stéphane Foucart et Anne Pélouas (à Montréal)

L'objectif était ambitieux : faire revenir les saumons dans le Pacifique nord et récupérer d'importantes sommes d'argent par la vente de crédits-carbone. Russ George, un entrepreneur américain qui se pique d'océanographie, a promis tout cela aux autorités d'Old Massett, un petit village de l'archipel canadien Haida Gwaii, situé au large de la Colombie-Britannique.

Comment ? En "fertilisant" l'Océan avec une centaine de tonnes de particules de fer. Menée en haute mer en juillet, sur une zone d'environ 10 000 km2, l'expérience a coûté un million de dollars (environ 770 000 euros) à la communauté autochtone, sans compter un prêt bancaire de 1,5 million de dollars supplémentaire, garantie par elle. Récemment révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'expérience est, depuis, au centre d'une forte polémique – au Canada et au-delà, puisqu'elle a été dénoncée au cours de la conférence d'Hyderabad (Inde) sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 octobre.

 

Pour les associations comme Greenpeace ou l'ETC Group, l'opération, réalisée sans les autorisations requises, contrevient à la Convention sur la diversité biologique, ainsi qu'à la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers. Les instigateurs de l'expérience, financée par la société Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – dont le directeur scientifique est le fameux Russ George –, ont de leur côté assuré, lors d'une conférence de presse tenue le 19 octobre à Vancouver, qu'"au moins sept ministères étaient au courant".

"AUCUNE DEMANDE D'AUTORISATION"

Céline Tremblay, porte-parole du ministère de l'environnement canadien, confirme que "des agents ont rencontré des représentants de l'entreprise, le 7 mai". Ils ont été informés des lois canadiennes interdisant la fertilisation des océans. La seule exception, rappelle-t-elle, concerne les "projets de recherche scientifique accrédités", mais le ministère n'a reçu "aucune demande d'autorisation".

La communauté scientifique conteste aussi avec force la légitimité et le bien-fondé de cette expérience. "Comme la plupart des campagnes scientifiques en mer, les expériences scientifiques dites "de fertilisation" sont préparées très longtemps en amont, rappelle Francesco d'Ovidio, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (université Paris-VI, CNRS, IRD, MNHN). Elles sont discutées pendant un an et demi à deux ans dans la communauté scientifique pour en évaluer les risques potentiels et l'intérêt, en termes de recherche."

Plusieurs expériences scientifiques semblables ont été menées au cours de la dernière décennie. Elles montrent que l'épandage de sulfate de fer dans certaines régions de l'océan pouvait parfois augmenter la productivité – donc l'abondance – du phytoplancton dans les eaux de surface. Mais le stockage effectif de dioxyde de carbone (CO2) n'a pu être montré qu'une seule fois, dans les conditions très particulières de l'océan Austral (Le Monde du 21 juillet).

Malgré l'absence de preuves de l'"efficacité climatique" de l'expérience, le conseil d'Old Massett espérait récupérer son investissement dans l'opération grâce à la vente de crédits de carbone. En témoigne un échange de courriers entre le conseil d'Old Massett et la banque Northern Savings, qui a accordé le prêt. Dans ces lettres, rendues publiques par le groupe de conservation Living Oceans Society – qui avait alerté le gouvernement, dès août, de l'épandage –, on identifie même une entreprise européenne comme acheteur potentiel des crédits-carbone !

"LES RISQUES DE CE GENRE D'OPÉRATION NE SONT PAS NULS"

Quant à faire revenir le saumon dans le Pacifique nord... Le postulat avancé est que la prolifération de phytoplancton favorise celle de son prédateur immédiat – le zooplancton – et que l'abondance de celui-ci dope à son tour les populations de salmonidés qui s'en nourrissent. Là encore, les scientifiques doutent fort qu'un lien aussi simple puisse être tiré. "On ne réussira jamais à montrer de lien entre cette expérience et l'état de la pêcherie, estime M. d'Ovidio. Il y a beaucoup trop de paramètres non contrôlés pour pouvoir démontrer la réalité d'un effet."

"Le bloom de plancton que l'on observe après ces expériences disparaît très rapidement, alors que le cycle de vie du saumon est beaucoup plus long", confirme Christine Klaas, chercheuse au Alfred Wegener Institute, spécialiste des aspects biologiques de la fertilisation océanique. "En outre, ajoute-t-elle, les risques présentés par ce genre d'opération ne sont pas nuls. Il est possible de voir proliférer certaines diatomées qui produisent une toxine dont les effets peuvent être importants. Par exemple, des mortalités de pélicans, sur la côte ouest des Etats-Unis, ont par le passé été rapprochées de telles toxines."