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27/03/2016

La dernière forêt primaire d'Europe menacée par l'exploitation forestière

Poland approves large-scale logging in Europe's last ...

www.theguardian.com › Environment › Deforestation
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Il y a 22 heures - Greenpeace accuses government of ignoring scientists over fate of Białowieża woodland, home to 20000 animal species and Europe's tallest trees. ... Poland has approved large-scale logging in Europe's last primeval woodland in a ... The action in the Białowieża forest is intended to fight the spread of the ...
Poland approves logging Europe's last primeval forest

En europe, la forêt primaire | La Recherche

www.larecherche.fr/savoirs/.../europe-foret-primaire-01-09-1996-87552
Les surfaces de forêt primaire sont cependant infimes en Europe : leur rôle de ... en Biélorussie couvre 20 000 ha et celle de Bialowieza à l'est de la Pologne intègre 2 ... peut être considérée comme primaire car l'arrêt de l'exploitation y est trop récent. .... Ce dernier cas a longtemps été considéré comme une catastrophe.

https://www.rtbf.be/info/.../detail_abattre-une-foret-a-cause-d-un-insecte?id...
18 févr. 2016 - Elle se trouve sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie et s'étend sur environ 1600 km... ... le nom de la plus vieille forêt primaire d'Europe datant de l'époque glaciaire. ... En 2012, le ministre de l'environnement approuve le " Forest ... En janvier dernier, des centaines d'écologistes ont manifesté en ...

Poland approves logging Europe's last primeval forest

phys.org › Earth › Environment
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Il y a 1 jour - Poland on Friday gave the go ahead for large-scale logging in the Bialowieza forest ... and the EU protesting the move in Europe's last primeval woodland. ... Vowing to protect the forest, Greenpeace accused Szyszko of "ignoring the ... It is home to 20,000 animal species, including 250 types of bird and 62 ...
Poland approves logging in Europe's last primeval forest ...

Poland approves logging in Europe's last primeval forest ...

hatchetgreen.com/.../poland-approves-logging-in-eur...

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Il y a 3 heures - Home to the European Bison and some 20,000 animal species, ... of mammal, in the Białowieża Forest Europe's tallest trees flourish in an ... Polish government has approved large-scale logging in Europe's last ... As the subheading reads, 'Greenpeace accuses government of ignoring scientists over fate of ...
Poland approves logging Europe's last primeval forest

Poland approves logging Europe's last primeval ... - AFP.com

www.afp.com/.../poland-approves-logging-europes-la...
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Il y a 1 jour - Sprawling across 150,000 hectares, the Bialowieza forest reaches across the ... Poland on Friday gave the go ahead for large-scale logging in the Bialowieza ... and the EU protesting the move in Europe's last primeval woodland. ... It is home to 20,000 animal species, including 250 types of bird and 62 ...


25/09/2015

Sauvegarde de la zone humide du TESTET : manifestation samedi 26 septembre

communiqué :

> Objet : Agenda : demain 26/9 à Val Tolosa, etc

>

Agenda : demain 26/9 à Val Tolosa, etc

> > Urgent : manifestation demain à l’ouest de Toulouse

> > + autres dates importantes

> > Bonjour à toutes et à tous,

> > Merci à toutes celles et ceux qui sont venues à la conférence de Marc Dufumier, plus de 200 personnes et une bonne participation au débat ensuite (notamment avec des agriculteurs bios, en conversion et en conventionnel). Une vidéo va être montée avec plusieurs interventions de Marc Dufumier et sera mise en ligne mais cela va prendre du temps. Vous pouvez déjà trouver des conférences en ligne si vous avez raté celle-ci (ces derniers bouquins sont visibles ici). Grâce à notre travail auprès des médias, Marc Dufumier a été par France 3 MP en direct dans le journal 19/20 de mardi dernier. Ce journal est désormais en ligne (choisir 22/9) ici (voir les titres + à partir de 6.14 mn). Son message démontrant que la bio est la solution ici et dans le monde commence à être diffusé auprès d’un large public et interpelle de plus en plus d’agriculteurs conventionnels.

> > 26/9 - 11h à Plaisance-du-Touch

> > Val Tolosa, le projet de centre commercial XXL, GPII à Plaisance-du-Touch (Ouest toulousain, commune où habitait Rémi Fraisse !), fait l’objet d’un passage en force depuis le 7 septembre. Heureusement, le Collectif citoyen « Non aux Portes de Gascogne » est mobilisé quotidiennement sur le terrain pour empêcher l'avancée des travaux. Demain samedi 26 septembre à 11h, ce Collectif appelle à la mobilisation pour une Manif-Visite du Plateau de la Ménude / Chantier, soyons nombreux à aller les soutenir, résistons à ce nouveau passage en force !

> > 30/9 - 19h à Cahors

> > Conférence-débat sur Sivens à la Bourse du travail

> > 2/10 – 20h à Castres

> > Conférence-débat organisée par la Confédération Paysanne du Tarn (détails ici). Le sujet est la souveraineté alimentaire et viendront en discussion le type d'agriculture (industrielle vs paysanne) et le type de distribution (circuits longs vs circuits courts)

> > 3/10 – 10h à soirée dans une ferme à côté de Castres

> > Fête de la Confédération Paysanne du Tarn : visite de la ferme, films, débats (dont un sur l’eau animé par le Collectif Testet), musiques, plein de bonnes choses à manger et à boire… (détails ici)

> > 24 et 25/10 : réservez votre WE, des actions sont en cours de préparation pour rendre hommage à Rémi Fraisse et rappeler nos revendications.

> > N’oubliez pas de vous informer aussi sur l’agenda du Collectif Tant qu'il y aura des bouilles qui est complémentaire au nôtre.

> > Les différents articles sur Sivens sont aussi mis à jour sur notre page « Relais médias en 2015 ». Nous avons ajouté les articles de l’été, notamment le point sur l’enquête sur la mort de Rémi Fraisse par Médiapart le 21 juillet : « Sivens, Rémi Fraisse : la justice freine toujours ». Il y a aussi les déclarations récentes de Valls et Carcenac sur Sivens.

> > Tous ces événements ont besoin de votre soutien, soyons nombreux et déterminés !

> > Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet
http://www.collectif-testet.org

16/06/2014

La ferme-usine

à lire sur MEDIAPART :

 

Ça chauffe toujours contre le projet de ferme-usine dans la Somme!
PAR LA DAME DU BOIS-JOLI

Novissen et la confédération paysanne et tous leurs soutiens, et ils sont nombreux, ne désarment pas et continuent de lutter, courageusement, contre ce crétinissime et aberrant projet de ferme-usine près d’Abbeville, je veux parler de la ferme aux mille-vaches dont tout le monde en France a entendu parler car ce ne sons pas les actions, largement médiatisées, qui ont manqué !

lire aussi, sur BASTAMAG :

TÉMOIGNAGES

Action contre l’usine des « Mille vaches » : une institutrice à la retraite raconte ses 48h de garde à vue

11/06/2014 DOMINIQUE HENRY

Le projet de ferme-usine des Milles-Vaches en Picardie, conçu par un entrepreneur du BTP, continue de diviser. Fermement opposée à ce modèle agro-industriel, Dominique Henry, institutrice et (...)

09/02/2013

il FAUT changer !

les surlignags sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles Boeuf. Nous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

15/01/2013

Les rivières françaises de plus en plus polluées

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/14/le-nitrate-contamine-de-plus-en-plus-de-rivieres-francaises_1816525_3244.html

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Les nitrates contaminent de plus en plus de rivières françaises

LE MONDE | 14.01.2013 à 11h43 • Mis à jour le 14.01.2013 à 11h43 Par Martine Valo

La dégradation de la qualité des cours d'eau et des nappes souterraines progresse en France. Plus de la moitié de l'Hexagone est désormais concernée par la pollution diffuse d'origine agricole, autrement dit les nitrates.

Fin décembre 2012, après d'âpres négociations, les six grands bassins versants de l'Hexagone ont adopté la nouvelle carte de leurs zones classées "vulnérables" – celles qui enregistrent des teneurs en nitrate d'au moins 50 milligrammes par litre (mg/l). La liste englobe 18 860 communes, soit 860 de plus qu'en 2012 : 1 300 rejoignent les zones vulnérables et 440 les quittent. A lui seul, le bassin Loire-Bretagne, qui couvre dix régions, compte 434 communes supplémentaires. Mais l'Ouest n'est plus un cas particulier : presque toutes les régions sont concernées.

Dans le bassin Adour-Garonne en particulier, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, a exprimé son mécontentement, notamment dans le Tarn et les Pyrénées-Atlantiques, où l'organisation a annoncé, début janvier, son intention de faire appel de ce redécoupage.

Aiguillonnée par la perspective des élections dans les chambres d'agriculture fin janvier, la FNSEA a lancé une pétition contre l'extension des zones vulnérables et les contraintes réglementaires qui vont avec. Récemment, elle a fait manifester ses troupes à Metz, Orléans et Toulouse sous la bannière du "bon sens paysan contre l'écologie technocratique" ; quelques tonnes de lisier ont été déversées à Strasbourg et Rouen.

La France s'est engagée depuis plusieurs années à réviser rapidement sa géographie des nitrates auprès de la Commission européenne, qui lui reproche de minimiser le problème. L'affaire traîne depuis la directive européenne nitrates du 12 décembre 1991. Paris répond systématiquement avec un temps de retard : le contentieux s'est depuis alourdi des marées d'algues vertes, dues à l'excès de nitrates.

Les zones vulnérables s'étendent donc à présent aux communes du littoral. En février 2012, lassée par la frilosité de la France, Bruxelles a fini par la traduire devant la Cour de justice de l'Union européenne. Faute de résultats, la condamnation, au moins de principe, est attendue courant 2013. En l'absence de signes tangibles de bonne volonté, elle pourrait se solder par des amendes de plusieurs millions d'euros.

RECETTES CONNUES POUR FAIRE BAISSER LA POLLUTION

Les ministères de l'agriculture et de l'écologie ont hérité d'un dossier à haut risque. Les nouveaux programmes d'action contre les nitrates – ce sont les cinquièmes – sont en préparation depuis plus d'un an. Les recettes sont connues (moins d'épandage d'azote, des bandes d'herbe entre champs et cours d'eau, rotation obligatoire des cultures, couverture des sols avec des plantes "piégeuses" de nitrates), mais ces mesures agacent certains chefs de file de l'agriculture.

"La réflexion avance par exemple sur l'augmentation des capacités de stockage de lisier, ce qui permet de ne pas épandre à certains moments de l'année, de faire attention aux sols gelés ou en pente, constate Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne. Cette fois, ce n'est pas la Bretagne qu'on entend protester, mais les autres régions qui se sentent mises en cause à leur tour."

Si l'Etat impose des pratiques restrictives, il maintient néanmoins quelques gages en direction des tenants de l'agriculture dominante. Ainsi la fin des zones d'excédent structurel (ZES), que le précédent gouvernement avait inscrite dans les cinquièmes programmes d'action, est toujours à l'ordre du jour. Les ZES ont pourtant permis de faire baisser les taux de nitrate dans les rivières de Bretagne en restreignant l'épandage dans des cantons saturés de lisier. Au ministère de l'écologie, on annonce des consultations ultérieures prévues au printemps.

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Pollution

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sur le même sujet :

Application de la directive « nitrates » : la France recherchera l’équilibre entre exigences européennes, objectifs écologiques et intérêt des agriculteurs

Paris

16/01/2013

Ministère de l’Écologie, 
du Développement durable 
et de l’Énergie

Ministère de l’Agriculture, 
de l’Agroalimentaire et de la Forêt

A la suite du classement de 823 communes supplémentaires en zones vulnérables, Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, rappellent que la France est tenue de se conformer aux exigences communautaires dans le cadre de la directive « nitrate », les sanctions financières encourues seraient très lourdes pour le budget national en cas de manquement.

La France a été assignée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour mauvaise application de la directive 91/676CEE dite directive « nitrates » dans le cadre de deux contentieux. L’un des contentieux porte sur l’insuffisance de délimitation des zones vulnérables dans lesquelles les eaux sont polluées ou susceptibles de l’être par les nitrates d’origine agricole ; l’autre contentieux porte sur l’insuffisance des programmes d’actions applicables dans ces zones.

Au-delà de ces enjeux contentieux, l’efficacité des actions de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates est un enjeu fort de protection de l’environnement, et contribue à l’atteinte des objectifs de bonne qualité fixés dans les schémas directeurs et d’aménagement et de gestion des eaux.

Les Ministres rappellent que si 1 440 communes ont été ajoutées à la liste des quelques 18 400 déjà concernées, 617 communes ont été déclassées au vu de l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines, traduisant les efforts réalisés par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions azotées.

L’année 2013 sera consacrée à compléter le programme d’actions national et à élaborer les programmes d’actions régionaux applicables en zones vulnérables. Une nouvelle phase de concertation avec les professionnels sera engagée dès la fin du mois.

Les Ministres sont attentifs à répondre aux exigences imposées par l’application de la directive « nitrates » dans le respect des principes agronomiques qui ont toujours régi la mise en œuvre de cette directive en France.

Les élevages à l’herbe présentent des spécificités et des bénéfices environnementaux reconnus. Les Ministres cherchent à concilier leur rentabilité économique et leur performance environnementale, en limitant les investissements superflus (par exemple, stockage au champ des fumiers compacts pailleux).

Enfin, et parce qu’il est nécessaire de Produire autrement, Stéphane LE FOLL a indiqué qu’un plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote serait présenté au printemps, en lien avec le plan national biogaz inscrit dans la feuille de route de la transition écologique et avec le débat national sur la transition énergétique organisé par Delphine BATHO. Ce plan vise à développer la production de biogaz dans les régions d’élevage ce qui permettra de valoriser une diminution de la concentration d’azote dans les milieux aquatiques par la valorisation des effluents d’élevage et en remplacement de l’azote minéral (chimique) jusqu’alors utilisé.

Contacts presse : 
Service presse de Delphine BATHO 01 40 81 78 31 
Service presse de Stéphane LE FOLL 01 49 55 59 74

30/12/2012

Abeilles et lobbying des firmes agrochimiques

Lire l'article "les abeilles et les nouveaux pesticides" paru dans le Monde daté du 30/12/2012, page 12,

et aussi :

Abeilles : la faillite de l'évaluation des pesticides

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/abeilles-la-faillite-de-l-evaluation-des-pesticides_1731092_3244.html

LE MONDE | 09.07.2012 à 15h11 • Mis à jour le 09.07.2012 à 18h04 Par Stéphane Foucart

Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'être interdit par la France sur le colza, une décision attaquée par son fabricant, Syngenta.

Cette défaillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'évaluation ont été remis à jour en 2010, c'est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs passé à peu près totalement inaperçu...

DES "FAIBLESSES MAJEURES"

Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l'EFSA a mandaté un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l'agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits "systémiques" – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols –, qui imprègnent l'ensemble de la plante au cours de son développement.

De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis...

"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.

Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées.

Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit.

En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille...

Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes.

DE "GÉNÉREUX SPONSORS"

Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont élaborés ces protocoles de test suspectés de grave myopie ? "En 2006, nous nous sommes posés, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment étaient homologuées au niveau européen les substances que nous suspectons d'être la cause principale du déclin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole européenne. En lisant les annexes de la directive européenne sur les phytosanitaires, nous avons remarqué que les lignes directrices de ces tests étaient notamment édictées par l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes [EPPO]." D'autres lignes directrices sont édictées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et sont complémentaires de celles de l'EPPO.

Celle-ci est une organisation intergouvernementale d'une cinquantaine d'Etats membres, basée à Paris"La question des abeilles est une toute petite part de notre activité", déclare Ringolds Arnitis, son directeur général. N'ayant pas d'expertise en interne, l'EPPO délègue à une autre structure – l'International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) – le soin d'élaborer les éléments de base de ces fameux tests standardisés.

L'ICPBR, quant à elle, est une structure quasi informelle créée en 1950 et domiciliée à l'université de Guelph (Canada). "Lorsque nous avons appris que cette organisation se réunissait pour réformer les fameux tests standardisés, nous nous sommes rendus à la conférence, raconte Mme Kievits. C'était à Bucarest, en octobre 2008."

La petite délégation de trois apiculteurs assiste donc à la réunion. Première surprise, raconte Janine Kievits, "les discussions commencent par une allocution pour remercier les généreux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont". Contacté par Le Monde, le groupe de travail de l'ICPBR sur la protection de l'abeille confirme le soutien financier des principaux fabricants de pesticides. Mais ajoute que la source principale de financement était les frais de participation à la conférence. Et que "sans ces financements extérieurs, le montant des frais de participation aurait été plus élevé", empêchant ainsi "une participation maximale de délégués non issus de l'industrie".

"C'ÉTAIT À TOMBER MORT !"

Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. "Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque présenté revenait à définir un produit comme 'à bas risque' dès lors que l'abeille n'est pas exposée à la "dose létale 50" chronique [qui tue 50 % d'une population exposée sur une longue période]. Donc le produit est 'à bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'était simplement incroyable. C'était à tomber mort !"

Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilité d'envoyer des commentaires, dans l'espoir de fairechanger les recommandations finales du groupe de travail. "Nous avons adressé nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n'a été retenu", explique Mme Kievits. Ces mêmes critiques ont été adressées, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l'EPPO. Aucune n'a répondu, à l'exception de l'Agence suédoise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux écotoxicologues de l'agence scandinave disent adhérer "pleinement " aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs...

Pourquoi l'ICPBR n'a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? "Les recommandations finales du groupe sont basées sur une approche de consensus, avec l'obtention d'un accord en séance plénière", explique-t-on à l'ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l'organisation entre les mains de l'industrie. Car l'ICPBR est ouverte à toute participation et les firmes agrochimiques y sont très représentées. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l'abeille, trois étaient salariés de l'industrie agrochimique, une était ancienne salariée de BASF et une autre future salariée de Dow Agrosciences.

CONFLITS D'INTÉRÊTS

Au cours de sa dernière conférence, fin 2011 à Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont été constitués sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous dominés par des chercheurs en situation de conflits d'intérêts. La participation d'experts employés par des firmes agrochimiques ou les laboratoires privés sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. Les autres membres sont des experts d'agences de sécurité sanitaires nationales ou, plus rarement, des scientifiques issus de la recherche publique. Les fabricants de pesticides jouent donc un rôle déterminant dans la conception des tests qui serviront à évaluer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.

En 2009, quelques mois après la conférence de Bucarest, les recommandations finales de l'ICPBR sont remises à l'EPPO. Mais avant d'être adoptées comme standards officiels, elles sont soumises à l'examen d'experts mandatés par chaque Etat membre de l'EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d'intérêts ? Sont-ils compétents ? Impossible de le savoir"La liste de ces experts n'est pas secrète : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n'est pas rendue publique", précise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adoptées par les Etats membres de l'organisation et publiées dans EPPO Bulletin.

Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l'expert représentant ce pays, issu du ministère de l'agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur...

Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une écotoxicologue de la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'agriculture) – qui représente la France à l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employée par l'agrochimiste Dow Agrosciences.

Stéphane Foucart

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voir aussi le fichier joint :

afssa_mortalite_abeilles.pdf

26/02/2011

Manifestation contre les "OGM cachés" devant le salon de l'agriculture

lu sur :

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/02/26/manifestation-contre-les-ogm-caches-devant-le-salon-de-l-agriculture_3244_108_44464762.html

Une trentaine de "faucheurs volontaires" ont manifesté samedi devant le salon de l'agriculture à Paris pour dénoncer la commercialisation d'"OGM cachés".

Avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Halte aux OGM cachés", les manifestants entendaient mettre en garde contre l'existence de nouvelles variétés de tournesols et de colzas, désormais tolérantes à des herbicides après "mutagenèse" (action d'un produit chimique ou irradiation).

Pour les "faucheurs volontaires" cette technique aboutit au même résultat que celle de la "transgenèse" (apport de matériel génétique extérieur) dans la mise au point d'OGM (organisme génétiquement modifié). D'où le nom "OGM cachés".

Les manifestants réclament que ces nouvelles variétés, soient soumises à la même réglementation que les OGM transgéniques (études, autorisations,..).

"Les OGM cachés présentent les mêmes dangers que les plantes transgéniques: contamination des autres cultures, utilisation accrue d'herbicides, brevetage des semences...", expliquent les faucheurs dans un tract.

En juillet dernier, plusieurs dizaines de faucheurs volontaires avaient coupé des tournesols "mutés" résistants à des pesticides en Indre-et-Loire.

29/01/2011

La directive REACH est mal appliquée

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4524

5/1/2011

Industrie et classification des substances chimiques ne font pas bon ménage

 

Œuvrant conjointement avec le programme REACH (1), le règlement relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des produits chimiques, dit règlement CLP, a pour vocation d’aligner le système de classification de l’Union européenne sur le système général harmonisé des Nations unies. Cette mesure vise à décrire et mentionner de manière identique les dangers potentiels sur l’ensemble des étiquetages. Dans le cadre des nouvelles dispositions de ce règlement, toutes les entreprises fabriquant ou important des substances dangereuses étaient tenues de les classer au plus tard pour le 1er décembre 2010, puis de les notifier à l’ECHA (2) pour le 3 janvier 2011. Classés dans des catégories et des classes de danger spécifiques, les substances et mélanges doivent porter une étiquette indiquant les pictogrammes de danger, des mentions d’avertissement, des mentions des risques et des conseils de prudence appropriés. Les fabricants et les importateurs qui mettent des substances dangereuses sur le marché pour la première fois après la date butoir disposent d’un délai d’un mois pour en notifier la classification à l’ECHA. L’enjeu est de permettre aux utilisateurs en aval, de même qu’aux consommateurs finaux, d’identifier les produits les plus dangereux.

Selon la Commission européenne, plus de trois millions de notifications relatives à la classification des substances chimiques ont été soumises à l’ECHA à la date du 3 janvier 2011. Mais dans la mesure où aucun seuil quantitatif n’a été fixé pour ces notifications, contrairement aux dispositions du règlement REACH, beaucoup plus d’entreprises sont concernées par les obligations de notification CLP, notamment de petites entreprises.
Toutefois, ce système suscite quelques réserves, la classification des substances étant le fait des entreprises elles-mêmes. Ainsi, il revient à l’industrie chimique « de trouver un consensus sur la classification de toutes les substances ». De même, dans les cas où des classifications différentes seraient notifiées pour une même substance, les entreprises concernées doivent s’entendre sur une entrée unique. Seule contrainte, en cas de risques particulièrement graves, notamment dans le cas de substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les autorités des États membres et l’ECHA proposeront des classifications harmonisées que la Commission rendra obligatoires par voie législative.

Cette latitude accordée peut expliquer que les industriels soient plus enclins à coopérer dans le cadre du règlement CLP que pour le respect des échéances du système REACH. En effet, très peu d’entreprises ont tenu compte de l’échéance d’enregistrement des substances chimiques de ce dernier, fixée au 30 novembre 2010.  
Cécile Cassier

1- REACH est le règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques. Entré en vigueur le 1er juin 2007, il rationalise et améliore l'ancien cadre réglementaire de l'Union européenne (UE) sur les produits chimiques.
2- Agence européenne des produits chimiques.

 

La Suisse appelle à utiliser les lampes à économie d'énergie avec précaution

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4165

1/4/2010

La disparition progressive des ampoules à incandescence est en cours et s'achèvera en 2012. Technologiquement, les solutions de substitution ne sont toutefois pas encore à 100% aussi satisfaisantes que ces ampoules dont le piètre rendement énergétique (95% du courant se perd sous forme de chaleur) précipité la fin.
De grandes disparités de performance existent selon les différents modèles, notamment les ampoules dites à basse consommation, ou à économie d'énergie. Le délai, pris par certaines de ces ampoules pour parvenir à leur intensité d'éclairage maximale, est fort peu agréable, augmentant d'autant la sensation d'un flux lumineux moins performant face aux incandescences. A ce titre, il est étonnant que le législateur ait choisi un calendrier de retrait des ampoules à incandescence commençant par les références les plus puissantes. L'inverse aurait été assurément plus logique et satisfaisant pour les consommateurs (1), en laissant le temps aux industriels de faire évoluer la technologie.
D'autre part, outre leur problème d'encombrement qui les rend aussi inadaptables à certains luminaires, ces ampoules ont encore deux inconvénients : leur composition, qui en fait des produits dangereux soumis à collecte pour leur traitement, et l'émission de champs électromagnétiques très largement supérieurs aux recommandations actées par le Parlement Européen fin 1998 (recommandation de 1 V/m - volt par mètre).

La publication en août 2007, par les associations Arca Ibérica et Criirem, de tests de mesures de rayonnements radioélectriques avait mis en avant l'existence de ces champs électromagnétiques avec la détection de valeurs comprises entre 180 V/m et 1,8 V/m, dans les 20 premiers centimètres de distance d'une ampoule basse consommation. Si ce constat n'avait fait l'objet que d'une faible médiatisation, une étude, reposant sur une nouvelle méthode d'analyse, vient de faire des constats similaires.
Réalisée pour le compte de l'Office fédéral de la santé publique et de l'Office fédéral de l'énergie suisses, elle confirme que pour une distance de 30 cm, toutes les lampes testées sont largement au-dessus des valeurs limites recommandées sur le plan international, dans le cadre de l'exposition aux champs électromagnétiques.
Présentée hier à Berne, l'étude a été réalisée par la fondation It'Is Foundation (Foundation for Research on Information Technologies in Society) de Zurich. Si les résultats permettent de supposer que les champs électromagnétiques des lampes à économie d'énergie n'ont aucun impact négatif sur la santé à au moins 30 cm de la source, à titre préventif les deux offices fédéraux conseillent de respecter cette distance minimale en particulier lorsque la lampe fonctionne pendant longtemps, comme par exemple une lampe de bureau ou une lampe de chevet. Un conseil d'autant plus logique que les conséquences à long terme d'une exposition plus proche n'ont pas encore été suffisamment étudiées.
Pascal Farcy

1- … et l'emploi, puisque nombre d'ampoules à incandescence étaient fabriquées en France, à l'inverse des ampoules basse-consommation réalisées en Asie.

 

Vers une interdiction de l'insecticide CRUISER ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4548

L’insecticide CRUISER n’a plus la cote au Conseil d’Etat

 

En décembre 2010, le ministère de l’Agriculture annonçait le renouvellement d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour une durée d’un an de l’insecticide CRUISER 350, utilisé en enrobage de semences de maïs. Cette dérogation d’un an en faveur du CRUISER était alors délivrée pour la quatrième fois consécutive depuis 2008. Excédée par cette pratique indéfiniment renouvelable, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) avait dénoncé « un artifice juridique scandaleux destiné à contraindre les acteurs de l’Environnement à engager chaque année un nouveau contentieux pour contester l’AMM ».

A l’époque, l’UNAF avait déjà saisi trois fois le Conseil d’Etat sur ce dossier. Mais il semble aujourd’hui que ces efforts n’aient pas été vains. En effet, le 24 janvier dernier, le Conseil d’Etat (1) a examiné les trois requêtes de l’UNAF, contrant les décisions d’autorisation de mise sur le marché du CRUISER 350. Lors de cette audience, le rapporteur public du Conseil d’Etat, monsieur Edouard GEFFRAY, a demandé l’annulation des décisions par lesquelles le ministre de l’Agriculture a autorisé le CRUISER successivement en 2008, 2009 et 2010. Par ailleurs, le magistrat a également appelé à la condamnation de l’Etat à verser 9 000 € d’indemnités à l’UNAF pour ses frais de procédure.

S’exprimant sur cette « victoire annoncée », le Conseil d’Etat se rangeant aux recommandations du rapporteur public dans la plupart des cas, le président de l’UNAF, Henri CLEMENT a déclaré : « (…) une fois de plus, cette affaire pose la question de l’indépendance de l’expertise au sein de l’agence nationale (l’ANSES) et de l’agence européenne (AESA) chargées de l’évaluation des risques. Elle pose aussi la question de la confiance que les citoyens doivent pouvoir attacher au fonctionnement régulier des pouvoirs publics ».

Puissant insecticide neurotoxique de traitement des grandes cultures, le CRUISER est dénoncé depuis des années par les apiculteurs pour son impact sur l’ensemble des insectes pollinisateurs. Ce produit a succédé aux insecticides GAUCHO et REGENT, tous deux interdits sur intervention du Conseil d’Etat. A l’heure actuelle, le CRUISER est interdit dans la plupart des pays européens.
Cécile Cassier

1- Le Conseil d’État se définit comme « le conseiller du Gouvernement pour la préparation des projets de loi, d’ordonnance et de certains décrets. Il traite également ses demandes d’avis et effectue à la demande du Gouvernement ou à sa propre initiative des études. Depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Conseil d’Etat peut également être saisi par le président de l’Assemblée nationale ou du Sénat d’une proposition de loi élaborée par les parlementaires ».

 

12/12/2010

L'autorisation du pesticide CRUISER renouvelée pour la 4e année consécutive

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4495

09-12-2010 - Le pesticide CRUISER renouvelé pour la 4e année consécutive

Le ministère de l’Agriculture a annoncé le renouvellement d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour une durée d’un an du CRUISER 350, insecticide systémique utilisé en enrobage de semences de maïs. Pour la quatrième fois consécutive depuis 2008, cet insecticide va, en effet, bénéficier d’une dérogation d’un an, les AMM étant habituellement accordées pour une période de 10 ans et retirées dès lors que l’innocuité du produit est remise en doute.  
Allant en ce sens, l’AFSSA a réfuté le lien de cause à effet entre ce type de produits et la disparition progressive des populations d’abeilles, invoquant des causes multifactorielles. Un plan de surveillance mis en place par le ministère de l’Agriculture a pourtant mis en évidence des cas avérés d’intoxication des abeilles au thiametoxam, la substance active du CRUISER.

« Scandalisée » par cette nouvelle, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) a décrit cette AMM exceptionnelle d’un an, et renouvelable à l’infini, comme « un artifice juridique scandaleux destiné à contraindre les acteurs de l’Environnement à engager chaque année un nouveau contentieux pour contester l’AMM ». De fait, l’UNAF a déjà dû saisir trois fois le Conseil d’Etat. L’institution a également dénoncé l’attitude duale du ministère de l’Agriculture qui, bien que se disant préoccupé par les importantes mortalités des abeilles, conforte le recours aux insecticides néonicotinoïdes tel que le CRUISER 350. Loin de suivre le même schéma, l’Italie a retiré du marché ces produits phytopharmaceutiques depuis trois ans.

Cécile Cassier

26/11/2010

Les lobbies pro-OGM

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article4623

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Un demi milliard de dollars pour influencer la politique en matière d’OGM


par Christophe NOISETTE

Selon un rapport publié en novembre 2010 par Food & Water Watch, c’est 572 millions de dollars qui ont été dépensés depuis 1999 par les 50 plus grandes entreprises, qui possèdent des brevets sur l’agriculture et l’alimentation - comme Syngenta, Monsanto, BASF, Bayer - et deux associations professionnelles impliquées dans les biotechnologies - Biotechnology Industry Organization (Bio) et CropLife America - pour mener des campagnes ou organiser du lobby auprès du Congrès en vue de favoriser l’introduction des biotechnologies végétales.

Cette somme est répartie ainsi : 547 millions de dollars ont été dépensés pour du lobby directement auprès du Congrès et 22 millions de dollars ont été donnés à des candidats au Congrès. Le rapport note aussi une augmentation des dépenses au cours de la dernière décade. Ainsi, les dons représentaient 2,4 millions de dollars en 2000, et 5,3 millions de dollars en 2008.


Une part importante de cet argent a servi à éviter que la nourriture issue d’OGM puisse être étiquetée comme le réclame une majorité d’étatsuniens, ou à faire pression sur des gouvernements étrangers pour qu’ils ne limitent (voire n’interdisent) pas les cultures transgéniques.
Le rapport donne de nombreux exemples. Ainsi BIO a dépensé plus de 4 millions de dollars au cours du premier semestre 2010 pour que la FDA autorise les animaux transgéniques et qu’elle fasse pression sur l’Union européenne pour qu’elle revienne sur sa décision d’interdire la viande issue d’animaux clonés.

Par ailleurs, cette organisation s’est mobilisée financièrement en 2004 pour défendre le projet de loi HR 4561 dont le but était de promouvoir les biotechnologies agricoles à l’extérieur des Etats-Unis ou pour faire accepter la résolution n°252 qui visait à utiliser l’OMC pour attaquer les réglementations européennes sur les OGM.


Le rapport précise aussi que ces entreprises emploient plus de 300 anciens membres du personnel du Congrès ou de la Maison Blanche. Parmi eux, John Bradley Holsclaw qui, après avoir été onze ans conseiller du Sénateur Bob Dole, a créé sa propre agence de lobby, Tongour Simpson Holsclaw, laquelle a eu comme client Monsanto, Bio et Aventis. La connaissance précise des rouages de l’administration américaine lui a permis d’opérer un lobby efficace. 

03/10/2010

Agriculture européenne: l'autorisation des OGM en discussion

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4402

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28/9/2010

Les Etats contre leur autonomie en matière d'OGM

Mi-juillet, la Commission européenne (CE) proposait de rendre les pays décisionnaires en matière de culture OGM à l'intérieur de leurs frontières. Hier, contre toute attente, le conseil des ministres européens de l'agriculture ne l'a pas entendu de la sorte et a rejeté la proposition. On peut dès lors imaginer que le prochain conseil des ministres de l'environnement, également invité à se prononcer, suivra cette position le 14 octobre.

La France et l'Italie ont été sur le devant de la scène, soutenues entre autres par l'Allemagne, l'Autriche et l'Espagne. Les duettistes se sont notamment inquiétés des effets d'une telle décision sur la Politique Agricole Commune (PAC), dont ils sont tous deux d'importants bénéficiaires ... A l'inverse, des pays généralement
pro-OGM, comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, ont apporté leur soutien à la proposition de la commission pour surmonter les blocages communautaires qui les empêchent d'ouvrir leurs champs aux OGM.

En rendant les Etats souverains chez eux, la CE permettait certes l'émergence de zones dites 'sans OGM' mais ouvrait aussi la porte de l'Union Européenne à ces mêmes organismes génétiquement modifiés dans les pays les plus permissifs. Or, dans le cadre de la libre circulation des marchandises, on imagine aisément le désordre qui s'en suivrait, et la quasi impossibilité de contrôler ce qui est véritablement semé. Un état de fait qui aboutirait à plus ou moins court terme à une ouverture globale aux OGM.

Ce vote du conseil des ministres de l'agriculture intervient alors qu'une quinzaine d'OGM sont en attente d'homologation à des fins de culture, quand seulement la pomme de terre Amflora de BASF et le maïs MON810 de Monsanto détiennent le précieux sésame.

Pascal Farcy

20/09/2010

La pêche au thon rouge, un gouffre financier pour l'Europe

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actu-science/la-peche-au-thon-rouge-un-gouffre-financier-pour-l-europe-18-09-2010-1238097_59.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100919

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La pêche au thon rouge, un gouffre financier pour l'Europe

Le contrôle et la surveillance de la pêche au thon rouge ont coûté entre 8 et 10 millions d'euros aux pays de l'Union européenne pour la seule campagne 2010. C'est énorme. Aucune autre pêche, à tonnage comparable, n'engage une telle dépense. C'est en réponse à une question de Greenpeace que la Commission européenne a révélé cette effarante addition.

La somme a servi à affréter les navires de surveillance, dont le Jean Charcot, et le personnel chargé de contrôler les thoniers-senneurs. Un première petite division très simple à effectuer aboutit à une dépense de 300.000 euros par bateau senneur ! Une deuxième, tout aussi simple, chiffre la surveillance de chaque tonne de thon rouge pêché à quelque 1.000 euros ! Et encore, font remarquer les ONG, dans ce total, les subventions octroyées aux propriétaires de thoniers pour construire leurs navires, ou pour les indemniser de rester à quai (comme cela a été le cas des senneurs italiens), n'ont pas été incluses. "Bien sûr que le contrôle est essentiel, mais devant un montant aussi élevé pour si peu de captures, les États doivent s'interroger sur la nécessité d'autoriser la poursuite d'une telle pêche", commente Julie Cator, éditeur du site www.cfp-reformwatch.eu.

Les scientifiques dans le brouillard

Justement, le montant des quotas 2011 sera arrêté, en novembre prochain, lors de la prochaine réunion de la Cicta (La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique), à Paris. La session promet d'être houleuse. D'autant que les scientifiques chargés de fournir aux politiques une estimation des stocks et leurs recommandations en matière de quotas sont dans un brouillard épais. Réunis actuellement à Madrid par la Cicta dans le cadre de la session d'évaluation 2010 des stocks de thon rouge, ils sont encalaminés, incapables d'arrêter un avis.

Selon des informations ayant filtré malgré les consignes de silence absolu, le diagnostic sur la reconstitution des stocks de thons n'est absolument pas encourageant malgré les faibles quotas accordés les années précédentes. Même si certains modèles prétendent à une très légère augmentation de la population, on reste loin des chiffres espérés. Par ailleurs, quelle fiabilité accorder à ces modèles ? Bref, un vif débat s'est engagé pour savoir s'il faut continuer à accorder des quotas (même en baisse) ou carrément les suspendre, durant les deux prochaines années. Les scientifiques hésitent car certains sont soumis à de fortes pressions de la part de leurs gouvernements pour éviter un quota nul. L'Europe et le Japon seraient parmi les plus favorables à la poursuite de la pêche.

Mais pourquoi persister dans la pêche industrielle au thon rouge, alors qu'elle met en péril une superbe espèce, qu'elle n'assure pas un besoin alimentaire capital, qu'elle provoque une hémorragie financière à l'Europe, qu'elle ne procure du travail qu'à une poignée de marins-pêcheurs, et qu'elle n'enrichit que quelques industriels de la pêche ? Les explications ne sont pas encore au programme.

05/07/2010

Les métiers liés à la protection de la biodiversité en France

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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/05/le-gouvernement-francais-veut-faire-de-la-nature-un-gisement-d-emplois_1383408_3244.html
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Le gouvernement français veut faire de la nature un gisement d'emplois
LE MONDE | 05.07.10 | 14h55  •  Mis à jour le 05.07.10 | 14h56


n France, les métiers liés à la protection de la biodiversité représentent environ 20 000 emplois. Mais ils sont mal organisés et l'intérêt que suscite l'environnement auprès des jeunes rend nécessaire la structuration de cette filière en principe promise, après le Grenelle de l'environnement, à un certain développement. Un doublement de ces emplois est attendu d'ici à 2020.

Pourtant, lors de l'installation des comités de travail sur les métiers de la croissance verte à l'automne 2009, la biodiversité avait été oubliée. La secrétaire d'Etat en charge des technologies vertes, Valérie Létard, a rectifié le tir, jeudi 1er juillet, en signant une convention avec l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et l'Atelier techniques des espaces naturels (ATEN) pour organiser cette filière. L'enjeu, explique le ministère, est de parvenir à faire émerger des métiers qui protègent la biodiversité et les services écologiques : "Les métiers de la biodiversité sont ceux dont l'activité principale est de contribuer à la connaissance, à la gestion, à la protection et à la restauration de la biodiversité."

"Ce périmètre comprend aussi bien des gardes dans les parcs naturels que des fonctionnaires territoriaux travaillant sur la compatibilité environnementale des grandes infrastructures routières, en passant par la recherche scientifique", explique Chantal Sartorio, directrice de projet sur les métiers de la croissance verte à l'AFPA.

Pour la plupart, les grandes entreprises - lorsque leur activité a un impact sur l'aménagement du territoire - ont déjà leur spécialiste "biodiversité". La loi les contraint en effet à évaluer les atteintes à l'environnement que leur activité occasionne pour les compenser, à défaut de pouvoir totalement les supprimer.

Les Autoroutes du Sud de la France ont, par exemple, un responsable "trame verte" en charge de la continuité des milieux naturels.

"Il y a de vrais besoins et la place pour une vraie filière", assure Christophe Aubert, directeur de la Ligue ROC, une association de protection de la nature. Par exemple, "une entreprise de cosmétique qui a besoin de lavande et de la pollinisation par les abeilles a intérêt à agir pour leur sauvegarde", explique-t-il.

L'AFPA et l'ATEN se sont mis au travail : plus de 800 métiers, en partant des nombreux répertoires existants (Etat, Pôle emploi, etc.), ont été passés au crible. "Une centaine d'entre eux a été identifiée comme relevant de la biodiversité et près de 200 s'en rapprochent et doivent être étudiés de plus près", dénombre M. Vérilhac, le directeur de l'ATEN.

Mais, prudents, les responsables ne veulent pas parler de branche. "Les enjeux ne seraient pas les mêmes, il faudrait élaborer une convention collective avec les partenaires sociaux", explique Mme Sartorio. Et les branches actuelles ne verraient pas d'un bon oeil certains métiers leur échapper.

Aujourd'hui, un employé d'un parc naturel peut appartenir à la fonction publique d'Etat, territoriale ou être rattaché au ministère à l'agriculture. "Cela bloque les évolutions de carrière, les mobilités", regrette M. Vérilhac, qui rappelle le côté, jusqu'à présent, peu gratifiant des métiers de l'écologie, lié au fait que ces emplois ont longtemps été occupés par des bénévoles.

 

Rémi Barroux
Article paru dans l'édition du 06.07.10

Les partenaires de BP jugent qu'ils ne sont pas responsables de la marée noire

lu sur :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/07/05/les-partenaires-de-bp-jugent-qu-ils-ne-sont-pas-responsables-de-la-maree-noire_1383442_3234.html
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Les partenaires de BP jugent qu'ils ne sont pas responsables de la marée noire
LE MONDE | 05.07.10 | 14h46  •  Mis à jour le 05.07.10 | 14h47
Londres Correspondant


n raison du coût des opérations en mer, de l'incroyable complexité des forages à grande profondeur et de la nature de roches-réservoirs, plus compactés et plus cimentés, l'exploitation offshore est une aventure plurielle. La plate-forme Deepwater Horizon, à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique, était un gigantesque Meccano où s'enchevêtraient de multiples compagnies. Et pour l'instant, les associés de BP s'en sont plutôt bien sortis.

BP, qui a déjà dépensé 2,49 milliards d'euros pour la marée noire, était l'actionnaire principal de Deepwater Horizon (65 %) aux côtés de la compagnie pétrolière américaine Anadarko (25 %) et du conglomérat japonais Mitsui (10 %). Société américaine basée en Suisse, Transocean était propriétaire, opérateur et responsable de la sécurité de la structure métallique. Le groupe américain de services Halliburton avait cimenté les appareils de sondages, la petite société texane Cameron International avait fourni les obturateurs anti-éruptions destinés à protéger les équipements contre l'énorme pression à grandes profondeurs.

Le cours en Bourse de ces entités a d'abord souffert de l'inquiétude des marchés face aux poursuites éventuelles de BP contre ses partenaires. En effet, dans la semaine ayant suivi la destruction de la plate-forme, le 20 avril, le groupe britannique avait affirmé que Transocean serait obligée de prendre en charge l'essentiel de la facture, avant de faire marche arrière.

Les milieux financiers se sont rangés aux arguments des partenaires de BP. Pour Transocean, "la production de gaz et de pétrole commence et finit avec l'opérateur ultime, BP". Anadarko et Mitsui ont eu beau jeu de souligner que leur rôle se limitait à l'apport de fonds. Pour sa part, Halliburton a souligné qu'il avait suivi à la lettre le cahier des charges fixé par BP. Enfin, plus que centenaire, Cameron a mis en avant sa longue expérience et son bilan irréprochable en matière de sécurité.

Casting d'enfer

Le recul de ces groupes à la corbeille n'est pas dû à leurs rapports avec BP, mais à la défiance envers l'ensemble du secteur pétrolier (baisse attendue des commandes, hausse du coût des mesures de sécurité et de protection de l'environnement à venir...). Pour le reste, si BP a été contraint de renoncer au versement d'un dividende, Transocean a choyé ses actionnaires en leur distribuant 1 milliard de dollars ! A l'inverse de BP, entité britannique mais de facto américaine, ses associés ont bénéficié du réseau d'influence politique au casting d'enfer bâti par les pétroliers américain. L'administration Obama a concentré ses attaques sur BP, épargnant les autres entreprises.

Pour les deux partenaires du britannique, l'essentiel est de se dégager de toute responsabilité. Ils ont certes participé à l'élaboration du budget, du design du puit et de l'échéancier, et ils ont été informés des progrès de l'exploration. En vertu de l'accord d'association, Anadarko et Mitsui sont responsables à hauteur de leur participation, sauf à démontrer l'acte de négligence de la part du chef de file. Pour n'avoir rien à payer, ces dernières ont délibérément chargé BP. Par ailleurs, les obligations contractuelles des autres sous-traitants, juridiquement bien définies, diffèrent selon les projets et la culture d'entreprise du client.

En attendant le colmatage de la fuite, les concurrents de BP profitent de ses déboires. Ainsi, dans le grand projet d'exploration de la mer de Chine méridionale, la société britannique a dû accepter de laisser à son associé Chevron la direction des opérations.

 

Marc Roche
Article paru dans l'édition du 06.07.10

23/04/2010

Les terres arables dans le monde

La course aux terres arables devient préoccupante
LE MONDE | 22.04.10 | 15h24  •  Mis à jour le 22.04.10 | 19h45


epuis 2006, près de 20 millions d'hectares de terres arables auraient fait l'objet de négociations dans le monde, selon Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Des transactions correspondant presque à la surface arable française.

L'hectare devient un actif à la mode pour des investisseurs comme le financier George Soros ou le fonds Altima, à l'affût d'une hausse durable des prix des denrées ou d'une volatilité accrue des marchés. Tout comme il est devenu un élément stratégique pour les pays soucieux s'assurer leur sécurité alimentaire.

Car d'ici à 2050, la production agricole doit croître de 70 % pour répondre à l'augmentation de la population, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Mais cette offensive sur les terres ne se fait pas sans dérapages. Il devient nécessaire de cadrer ces investissements, dont certains peuvent déséquilibrer un pays, à l'image des visées du coréen Daewoo à Madagascar. C'est pourquoi, parallèlement aux travaux menés au sein des Nations unies, les Etats-Unis et le Japon organisent, dimanche 25 avril à Washington, une table ronde sur les "principes d'un investissement responsable dans l'agriculture".

"Il est nécessaire d'investir dans l'agriculture, mais attention, il faut un code de conduite pour les acquisitions, notamment dans les pays pauvres, qui n'ont pas les moyens politiques et économiques de défendre leurs intérêts", lance Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, deux ans après avoir pointé les risques d'émergence d'un "néocolonialisme". La crise des prix des denrées alimentaires en 2008 a précipité vers les terres des investisseurs aux profils différents.

Aux fonds souverains d'Etats soucieux d'assurer leur stratégie d'approvisionnement, parmi lesquels les pays du Golfe ou la Chine, se sont ajoutés des investisseurs privés, locaux ou étrangers. "Les fonds et les investisseurs privés s'intéressent à la terre, car malgré la crise, ils disposent encore de réserves", explique ainsi Carl Atkin, de Bidwells Property, une société britannique de conseil dans le domaine foncier.

Ces acteurs n'en sont souvent qu'à leurs premiers pas, car "il y a un décalage entre les effets d'annonce et les investissements effectivement réalisés", souligne Patrick Caron, directeur scientifique au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Les acquisitions de terres n'ont pas commencé avec la crise alimentaire de 2008. Mais leur rythme s'accélère, pointe M. de Schutter. L'Arabie saoudite a mis sur pied une société publique pour financer les entreprises privées du royaume qui achètent des terres à l'étranger. Les créations de fonds d'investissement spécialisés se multiplient. Et les élites locales, proches des gouvernements, entendent aussi profiter de l'attrait financier des terres. "En Ukraine, il y a peu d'étrangers sur ce secteur, mais plutôt des Ukrainiens et des Russes", souligne Charles Vilgrain, qui dirige AgroGeneration, une entreprise fondée par Charles Beigbeder pour investir dans la production de céréales et d'oléagineux en Ukraine.

DÉRAPAGES

L'investissement dans les terres arables n'est pas une chose simple et transparente. En Ukraine, les investisseurs étrangers peuvent louer les riches terres céréalières et non les acheter. En Afrique, sur une même terre peuvent se juxtaposer des titres de propriété formels et des droits coutumiers d'usage. "Les accords entre groupes sociaux ne sont pas toujours reconnus par le droit international ou par les acteurs politiques institutionnels", note M. Caron.

Pour éviter les dérapages au cours de ces investissements, l'ONU, la FAO et certains gouvernements essaient de trouver des principes d'encadrement de ces investissements qui protègent les petits producteurs.

"Souvent, tout se passe entre le gouvernement et une grande entreprise, regrette Ajay Vashee, président de la Fédération internationale des producteurs agricoles (IFAP). Il faut un dialogue avec les gens sur le terrain. Par ailleurs, des investissements bien encadrés peuvent apporter des bénéfices aux producteurs, avec des économies d'échelle dues à l'arrivée de sous-traitants des investisseurs, des retombées sociales avec la construction d'écoles ou de centres de santé et la création de contrats qui font travailler les petits fermiers."

Outre l'encadrement des acquisitions, une autre voie explorée est en effet celle du "contract farming", qui établit un contrat de longue durée et évite l'achat de la terre et la disparition des droits d'usage. "Le rôle des organisations paysannes est important pour l'expression des intérêts et des droits des producteurs auprès des Etats et des investisseurs", note Paul Mathieu, expert des questions foncières au sein de la FAO.

Reste à savoir comment et par qui le respect de ces principes sera assuré. L'implication des pays de l'OCDE, des nations en développement et des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale, paraît indispensable, mais difficile à obtenir.

 

Bertrand d'Armagnac
Article paru dans l'édition du 23.04.10

12/04/2010

Agrocarburants,environnement,pollution

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/09/les-agrocarburants-sont-ils-polluants_1331562_3244.html

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Les agrocarburants sont-ils polluants ?
LEMONDE.FR avec AFP | 09.04.10 | 20h34  •  Mis à jour le 10.04.10 | 09h33

es agrocarburants sont-ils respectueux de l'environnement ? C'est à cette question qu'a tenté de répondre l'Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, dans un rapport publié jeudi 8 avril, après une année d'études réalisées par le bureau Bio Intelligence Service.

Comparés aux carburants fossiles, les agrocarburants produits et importés en France (dits de première génération) émettent de 24 à 91 % de gaz à effet de serre (GES) en moins. Les gains nets en émission de GES sont d'environ 50 à 70 % pour les bioéthanols (fabriqués à partir de biomasse), le meilleur élève étant l'éthanol de canne à sucre (72 %). Le gain s'avère encore meilleur pour les biodiesels (obtenus à partir d'huile végétale ou animale), qui assurent de 60 % à 90 % de réduction. Le bilan est en revanche plus faible pour la filière ETBE issue des éthanols de blé ou de maïs : entre 24 et 31 % d'émissions en moins.

Problème : ce bilan s'avère beaucoup plus contrasté, si l'on tient compte de l'impact des changements d'affectation des sols. Par exemple, en transformant une forêt, capable de stocker du CO2 et qui en émet quand on la détruit, en un champ de cultures, on peut renverser le bilan environnemental des agrocarburants. Ainsi, le biodiesel de soja, qui offre une réduction de 77 % d'émission de GES sans prise en compte du changement de sol, ne présente plus le même profil dans le scénario "pessimiste" (un hectare de forêt tropicale transformé en un hectare de culture de biocarburants) : il émet alors quatre à cinq fois plus de gaz à effet de serre que le gasoil. Le même phénomène de pollution est à l'œuvre en cas de dégradation des sols liée à la culture intensive de canne à sucre ou de palmiers à huile.

APPROFONDIR L'ÉTUDE

Un comité d'orientation chargé d'étudier cette question des changements d'affectation des sols va être mis en place le mois prochain, a assuré Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Ademe.

Sur le site de France Nature Environnement (FNE), Michel Dubromel, responsable des transports dans cette fédération qui regroupe près de 3 000 associations, estime que l'étude démontre "qu'en aucun cas les agrocarburants ne représentent une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports routiers". Lionel Vilain, conseiller technique agricole pour FNE, renchérit : "La conséquence, c'est que l'incorporation obligatoire de 10 % d'agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes."

La directive européenne "Energies renouvelables" du 23 avril 2009 demande en effet aux Etats membres d’incorporer dans les transports 10 % d’énergies renouvelables produites de manière durable, avec pour critère une réduction de 35 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux équivalents fossiles en 2010, puis 50 % en 2017. La France, qui produit 75 % de biodiesel et 25 % d'éthanol, est sur le point d'atteindre cet objectif de 10 % d'agrocarburants dans les transports, mais ceux-ci ont pour l'instant seulement permis de réduire de 4 % les émissions du secteur.

04/04/2010

L'huile de palme dans le commerce mondial

Effet d'annonce plus que véritable changement, semble-t-il...
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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/03/l-agroalimentaire-se-convertit-a-l-huile-de-palme-durable_1328292_3244.html
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L'agroalimentaire se convertit à l'huile de palme durable
LE MONDE | 03.04.10 | 13h34  •  Mis à jour le 03.04.10 | 14h00


es attaques contre l'impact environnemental des mauvaises pratiques de production de l'huile de palme, ingrédientimportant de l'industrie agroalimentaire se développent sur plusieurs fronts.

Au cours des dernières semaines, sous la pression d'associations de défense de l'environnement telles que Greenpeace ou Friends of the Earth, plusieurs industriels ont pris leurs distances avec des producteurs indonésiens ou malais. Tout comme l'avait fait Unilever peu auparavant, Nestlé a annoncé fin mars avoir "remplacé" l'Indonésien Sinar Mas, dont les pratiques contribuent à la déforestation, selon Greenpeace, par d'autres fournisseurs.

Le 17 mars, une campagne de Greenpeace, largement relayée sur Internet, avait pris pour cible KitKat, friandise vedette de Nestlé. On y voyait la barre chocolatée transformée en doigt sanguinolent d'orang-outang, espèce symbole victime de la déforestation. Nestlé a réagi très vite. Dès le lendemain du lancement de cette campagne qui pointait les pratiques de Sinar Mas, son fournisseur indonésien, le géant suisse de l'alimentaire a décidé de changer de producteur pour le marché indonésien. "Nous étions sur le point de finaliser un nouveau contrat en provenance de toute une série de fournisseurs quand la campagne de Greenpeace a démarré", affirme Jose Lopez, vice-président de Nestlé, qui explique que "l'huile achetée en Indonésie sert aux besoins indonésiens".

Le cas de Nestlé n'est pas isolé. Depuis le début de l'année, Unilever a pris ses distances avec des producteurs indonésiens. De son côté, Findus, fabricant d'aliments surgelés, vient d'annoncer sa volonté de faire disparaître, courant 2010, l'huile de palme de ses gammes, au profit du colza, tandis que Casino la supprime des produits alimentaires à sa marque, pour des raisons de "qualité nutritionnelle, car elle est riche en acides gras saturés, et pas les bons", dit Philippe Imbert, directeur de la qualité de Casino. Il ajoute : "Jouer la santé est un avantage par rapport à nos concurrents."

Les critiques des mauvaises pratiques en matière de culture de l'huile de palme pointent le fait que certains producteurs abattent des forêts et suppriment des tourbières pour faire place aux palmiers. Pratiquée de manière extensive, cette déforestation augmente les émissions de gaz à effet de serre, bouleverse l'équilibre de la faune et la flore, et peut avoir un impact négatif sur les populations locales de petits paysans.

Mais le passage à une huile de palme respectueuse de l'environnement est un processus qui n'en est qu'à ses débuts. Pour tenter de trouver des modes de production compatibles avec le respect de l'environnement, producteurs, industriels acheteurs et ONG ont créé en 2003 la table ronde pour l'huile de palme durable (RSPO). Cette dernière a établi des critères de certification (CSPO) des bonnes pratiques de culture.

La production mondiale certifiée, disponible depuis la fin de 2008, ne représente qu'environ 4 % de l'offre totale, soit plus de 1,5 million de tonnes pour un total de près de 43 millions de tonnes, selon Jérôme Frignet, de Greenpeace.

L'utilisation d'huile de palme pour la fabrication de biocarburants accentue la nécessité de trouver des solutions, étant donné les objectifs ambitieux en matière de carburants verts affichés notamment par l'Europe.

Face à ces attaques, on se serre les coudes du côté de Djakarta et de Kuala Lumpur. L'Indonésie et la Malaisie contrôlent aujourd'hui près de 80 % de la production mondiale. C'est pourquoi les producteurs ont décidé d'unir leurs efforts pour combattre une "diabolisation" de leur produit fétiche.

Ils déploient aussi un intense lobbying auprès de la Commission européenne pour faire assimiler les plantations d'huile de palme à des forêts, ce qui leur permettrait de supprimer ces dernières en évitant l'accusation d'atteinte à l'environnement.

Les producteurs indonésiens et malais gardent aussi en tête que l'Europe et les Etats-Unis ne constituent qu'une part de leurs débouchés. La Chine et l'Inde sont aujourd'hui les premiers acheteurs d'huile de palme et les principaux relais de croissance, souligne Boris Patentreger, de l'ONG WWF.

Des pistes sont explorées pour éviter une progression de la déforestation. Tout d'abord, la Table ronde RSPO essaie de maintenir un dialogue entre industriels occidentaux, ONG et producteurs.

Non sans mal, comme l'ont montré les blocages qui ont paralysé l'assemblée générale de l'organisation fin 2009. Les tensions entre les membres de la RSPO nées ces derniers jours des actions de Greenpeace face à Nestlé font craindre à certains une fragilisation profonde de la RSPO.

Par ailleurs, une modification des modes de production est envisageable. "Des moyens existent pour cultiver plus et mieux sur les surfaces existantes, notamment avec des variétés plus productives et des modes de fertilisation plus intelligents", note Hubert Omont, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), qui ajoute : "Si l'on doit, par ailleurs, augmenter les surfaces, autant le faire sur des zones déjà défrichées ou sur des endroits où l'impact environnemental et social n'est pas lourd."

Enfin, pour le chercheur du Cirad, des incitations financières doivent être mises en place pour pousser les producteurs à travailler sur des zones déboisées. Sinon, il restera toujours plus rentable, pour des producteurs comme Sinar Mas, de déforester pour vendre le bois puis planter des palmiers à huile.

 

Bertrand d'Armagnac et Yves Mamou

Omniprésente dans l'alimentation

Production

L'huile de palme compte pour un tiers de la production totale d'huiles végétales consommées dans le monde, légèrement plus que le soja. L'huile de palme présente l'avantage d'offrir un rendement à l'hectare dix fois plus grand que le soja et six fois plus important que le colza.

Consommation

L'huile de palme est utilisée par l'industrie agroalimentaire (80 % de ses débouchés), mais aussi pour la fabrication de cosmétiques (19 %). Les biocarburants ne représentent que 1 %, mais leur part est amenée à augmenter. L'huile de palme est présente dans près de 50 % des aliments proposés dans les supermarchés. Il se consomme en moyenne 20 kilos d'huile (toutes origines confondues) par an par habitant dans le monde.

Dialogue En 2003, producteurs, industriels acheteurs et ONG ont créé la Table ronde pour l'huile de palme durable (RSPO), plateforme de discussions sur les modes de culture. La RSPO définit les critères de certification de l'huile de palme durable (CSPO).

Article paru dans l'édition du 04.04.10

05/03/2010

FRANCE : le gouvernement actuel est-il opposé aux OGM ?

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/05/la-france-est-elle-vraiment-opposee-aux-ogm_1314725_3244.html#ens_id=1269926
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La France est-elle vraiment opposée aux OGM ?
LEMONDE.FR | 05.03.10 | 15h59  •  Mis à jour le 05.03.10 | 16h07


es OGM peuvent-ils gagner du terrain en France, pays traditionnellement frileux en matière de biotechnologies ? La question reste posée après la décision de la Commission européenne, mardi 2 mars, d'autoriser dans l'Union européenne la culture de l'Amflora, la pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF, tout en laissant à chaque Etat membre le soin de décider de la cultiver ou pas.

Côté français, la réaction ne s'est pas fait attendre. "Oui à la recherche et à l'expertise, non aux OGM qui nous sont imposés", a affirmé Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, avant de préciser : "Ce qu'on conteste aujourd'hui, c'est une proposition d'OGM dont ne voit pas ce qu'elle apporte : pourquoi accepter les incertitudes environnementales alors qu'on n'en voit pas les bénéfices ?" La France a alors renvoyé le dossier Amflora au Haut Conseil des biotechnologies (HCB), le collège d'experts créé en 2008 par la loi sur les OGM, pour pouvoir "arrêter sa position" sur le sujet. Elle a par ailleurs souhaité "qu'il n'y ait plus d'autorisation d'OGM sans le renforcement de l'expertise scientifique communautaire".

CLAUSE DE SAUVEGARDE

Officiellement, la position de la France sur les OGM est donc très claire. C'est l'Union européenne qui délivre les autorisations de mise sur le marché ou de mise en culture des organismes génétiquement modifiés. Ces autorisations sont basées sur une évaluation, au cas par cas, des risques pour la santé publique et l'environnement, réalisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) après consultation des Etats membres. La France, comme les autres pays, peut ensuite faire jouer la clause de sauvegarde pour interdire sur son territoire l'un de ces OGM, après avis du HCB, en ce qui concerne les risques environnementaux, et de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), pour les risques nutritionnels et sanitaires des aliments contenant des OGM. Elle l'a ainsi fait en 2008, avec six autres pays, pour le maïs MON 810 du géant américain Monsanto, au motif qu'il risquait de contaminer les cultures traditionnelles et biologiques.

COMMERCIALISATION AUTORISÉE

Mais dans la pratique, la position française présente quelques ambiguïtés. S'ils ne sont pas autorisés à la culture, une trentaine d'OGM, cultivés à l'étranger, sont malgré tout importés en France, essentiellement pour l'alimentation animale et l'industrie, grâce à des autorisations de mise sur le marché européennes. Rien que pour l'année 2009, cinq autorisations ont été délivrées, quatre de maïs et une d'œillets. Une "contradiction" qui découle du "pragmatisme politique", selon Philippe Gracien, directeur du Groupement interprofessionnel des semences et des plants (GNIS), pro-OGM : "La commercialisation des produits OGM, assez discrète, passe mieux vis-à-vis de l'opinion publique que leur culture."

Pour le gouvernement, la justification est tout autre : il s'agit d'éviter la contamination, par dissémination du pollen, des plans non transgéniques par les OGM. Un argument qui ne tient pas, avance Michel David, secrétaire national de la Confédération paysanne. "Quand on importe 4,5 millions de tonnes de soja, dont les trois quarts génétiquement modifiées, chaque année, on s'expose naturellement à la contamination de nos champs pendant le transport. Sans compter que l'on retrouve ces OGM dans la viande, le lait ou encore les œufs", déplore-t-il.

INVESTISSEMENT DANS VILMORIN

Là où l'argumentaire français bat de l'aile, c'est dans la décision, lundi 1er mars, du Fonds stratégique d'investissement (FSI), détenu par l'Etat et la Caisse des dépôts, d'apporter 150 millions d'euros au capital de la coopérative agricole française Limagrain. Créé fin 2008 par Nicolas Sarkozy, cet organisme public a pour mission de financer les entreprises françaises jugées stratégiques. Pour son premier investissement dans le secteur de l'agroalimentaire, il a choisi d'aider Limagrain, qui souhaite augmenter le capital de sa filiale, le semencier Vilmorin, dont l'un des axes de développement est basé sur culture d'OGM.

"C'est une vraie escroquerie, martèle Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace. Au lieu d'utiliser cet argent public pour développer une agriculture durable, la France finance une partie de la recherche et de la culture d'OGM à l'étranger, dont une des conséquences sera de générer de nouvelles autorisations de mise sur le marché en Europe." Du côté du FSI, on se défend en affirmant que la décision d'investissement, indépendante de l'Etat, se justifie par le "secteur très concurrentiel et stratégique pour l'agriculture française", tout en avouant à demi-mot que "Vilmorin doit se renforcer par rapport aux autres grands semenciers internationaux, qui, eux, maîtrisent les OGM".

Au final, la France s'avère moins réticente aux OGM lorsqu'il s'agit de permettre à son industrie de jouer un rôle dans ce secteur prometteur et lucratif. Car aujourd'hui, le marché des OGM est en très forte croissance et ses produits se vendent 50 à 100 % plus cher que les autres. Pour Guy Kastler, membre du Haut Conseil des biotechnologies et de la commission OGM de la Confédération paysanne, "la France utilise les normes environnementales et sanitaires sur les OGM pour ralentir la concurrence étrangère et donc soutenir l'industrie française". Et de conclure : "Aujourd'hui, il n'y a pas de culture d'OGM en France car aucun n'est issu de brevet français."

 

Audrey Garric

13/02/2010

Forage gazier et éruption du volcan Lusi à Java

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/13/la-these-de-l-erreur-humaine-relancee-pour-expliquer-l-eruption-du-volcan-lusi-a-java_1305282_3244.html#ens_id=1305373
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La thèse de l'erreur humaine relancée pour expliquer l'éruption du volcan Lusi à Java
LE MONDE | 13.02.10 | 14h13  •  Mis à jour le 13.02.10 | 14h13
Djakarta Correspondance


ne erreur humaine est-elle à l'origine de l'éruption de boue du volcan Lusi qui, depuis le 29 mai 2006, ravage une région industrielle de la province est de l'île de Java, en Indonésie ?

Une étude scientifique, présentée vendredi 12 février, accrédite cette thèse. Selon une équipe de chercheurs internationaux, un forage exploratoire, mené à 3 km de profondeur, a pu provoquer des fractures dans une roche instable et conduire à la formation d'un immense geyser de boue, d'eau et de gaz. "C'est au moment de retirer la tige de forage qu'il s'est produit un afflux de liquide dans le puits. La pression y a été si forte que les parois se sont fissurées, libérant à la surface une grande quantité de matières", a déclaré Richard Davies, géologue à l'université de Durham au Royaume-Uni, et coauteur du rapport.

A l'origine du forage, la compagnie d'énergie indonésienne Lapindo-Brantas a toujours contredit cette version. Jusqu'à présent la justice indonésienne lui a donné raison en l'acquittant lors du procès achevé en septembre 2009. Sa responsabilité dans le drame n'a pu être établie. A l'époque, la compagnie prospectait le sous-sol de la ville de Sidoarjo à la recherche de nouveaux gisements de gaz. Elle comptait au total une quinzaine de puits. Mais, selon elle, c'est un séisme qui, deux jours plus tôt, avait secoué la région de Yogyakarta, à 250 km plus au sud-ouest (d'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter), qui a provoqué l'éruption.

60 000 m3 par jour

Pour les auteurs de l'étude, l'hypothèse du séisme convainc peu. Epicentre trop éloigné, magnitude faible, "la probabilité qu'une telle secousse tellurique ait pu réveiller un volcan est mince", estime Michael Manga, professeur de sciences de la terre à l'université de Berkeley en Californie. "Nos recherches ont montré que la zone a été secouée par au moins vingt-deux tremblements de terre ces trente dernières années. Il n'y a pas eu d'éruption pour autant", insiste-t-il. Autre preuve avancée dans le rapport : le pompage de la boue, à l'intérieur de la cavité, a ralenti le flux, "ce qui démontre que le puits était connecté au volcan au moment de l'éruption", poursuit M. Davies.

Quatre ans après le forage, le volcan, baptisé Lusi, continue de vomir chaque jour près de 60 000 m3 d'eau et de boue. Les coulées ont causé la mort de quatorze personnes et noyé douze villages sous un lac visqueux d'un millier d'hectares. Plus de 50 000 habitants ont été évacués dans des camps de fortune. Derrière des digues de terre qu'il faut sans cesse surélever, quelque 3 000 sinistrés vivent sur une autoroute condamnée, dans des abris de tôle et de bambou. Tous attendent le remboursement de leurs maisons. Le gouvernement est déjà venu en aide à 9 000 déplacés, et l'entreprise Lapindo a néanmoins été tenue d'indemniser les autres. Mais le solde des remboursements - entre 20 % et 50 % de la valeur des biens a déjà été payée - arrive au compte-gouttes, ce qui provoque la colère de certaines victimes. Plusieurs d'entre elles ont manifesté, jeudi 11 février, sur les ruines de leur village. "Un mètre de boue a recouvert ma maison l'an dernier. Mais je ne vais pas reconstruire ici, j'ai trop peur des glissements de terrain, je vais partir faire ma vie ailleurs", se lamente Tony.

Le district est-il menacé de disparition ? Ni les opérations de pompage ni les barrages construits autour du cratère n'ont pour le moment stoppé la marée de boue, qui met en péril une dizaine d'autres villages. Certains sont déjà fantômes, comme un mauvais présage. "L'éruption du volcan ralentira dans quelques décennies, mais Lusi peut encore rester en activité durant des centaines d'années", alerte M. Davies.

 

Arnaud Guiguitant
Article paru dans l'édition du 14.02.10

03/01/2010

Pétrole : l’Agence internationale reconnaît des erreurs

rappel 2009 :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3872

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05/08/2009

Lors d’une interview accordée au quotidien britannique « The Independent », Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a fait part de son inquiétude sur les capacités futures de la production pétrolière mondiale. Selon ses propos, l’Agence aurait largement sous-estimé la baisse de la production de nombreux champs de pétrole. Si la production mondiale repose actuellement sur quelque 70 000 champs, les trois quarts de cette production proviennent de seulement 800 champs dont la plupart ont déjà atteint leur pic de production. D’après une étude récente de l’Agence, le déclin des puits qui avait été estimé en 2007 à 3,7 % par an, serait en fait de 6,7 % par an.
Cette déclaration constitue une sorte de première ; jusqu’à présent l’Agence se contentait de modifier régulièrement ses prévisions à moyen terme pour les faire se rapprocher de la réalité, sans jamais avouer de grossières erreurs d’interprétation.
Les prévisions de l’Agence ont toujours été dénoncées, pour leur caractère simpliste et optimiste par des acteurs indépendants tels l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil & Gas) (1), ou l’ EWG (l’institut Energy Watch Group) (2) qui avait publié, en 2007,
une étude très critique sur les prévisions de l’AIE.
Lors de cette interview, Fatih Birol s’inquiète d’une future remontée brutale des prix du pétrole pouvant remettre en cause la sortie de la crise économique mondiale. Il est vrai que les différents plans de relance, aussi bien celui de l’Administration américaine, que celui de la Chine et ceux des pays d’Europe, privilégient les modes de consommation d’avant crise, à savoir ceux basés sur le pétrole. Il est vrai aussi que, jusqu’à présent, ces gouvernements étaient, directement et exclusivement, conseillés par l’Agence internationale de l’énergie. Les autres sources d’informations étant considérées comme « non fiables » pour ne pas dire « folkloriques».

Michel Sage

1- L’ASPO est un réseau de scientifiques et autres, ayant pour but la détermination de la date et de l’impact du pic et du déclin de la production mondiale de pétrole et de gaz, dû aux ressources limitées. Des sections nationales indépendantes existent ou sont en formation dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, Égypte, Espagne, États-Unis, France, Irlande, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

2- Energy Watch Group (EWG) : Initié par Hans-Josef Fell, parlementaire Allemand, regroupe en réseau des spécialistes des ressources énergétiques.

22/08/2009

Critiques contre le développement du train à grande vitesse

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/22/des-ecologistes-critiquent-le-developpement-du-train-a-grande-vitesse_1230915_3244.html#ens_id=1230991

 

Des écologistes critiquent le développement du train à grande vitesse

LE MONDE | 22.08.09 | 13h57  •  Mis à jour le 22.08.09 | 13h57

 

Des écologistes contre les TGV ? L'hypothèse semblait improbable il y a peu. Les trains à grande vitesse apparaissaient comme le symbole d'une victoire environnementale sur les avions et les voitures. Et c'est sans difficulté que le Grenelle de l'environnement a produit un schéma de développement de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV) de près de 2 000 km, avalisé par le Parlement, en juillet, puis par le gouvernement (Le Monde du 11 août).

Mais, dans plusieurs régions, les projets suscitent une vive contestation. Et des écologistes estiment que la modernisation du réseau existant, beaucoup moins coûteuse et sans impact environnemental, doit être étudiée beaucoup plus attentivement.

"Toute création de nouvelle ligne est pénalisante pour l'environnement", reconnaît Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d'usagers de transport (FNAUT), pourtant favorable au développement des TGV. Dans la Bresse, région de bocage et de zones humides, le projet Dijon-Lyon aurait "des conséquences irrémédiables sur des espèces protégées, car entraînant la destruction de zones naturelles classées (ZNIEFF) et rendant impossibles des corridors écologiques", écrit Thierry Grosjean, président de la CAPEN, une des associations de Saône-et-Loire qui se battent contre le projet.

Dans le Sud-Ouest, on redoute la répétition des destructions occasionnées par l'autoroute Pau-Langon, en cours de construction : "La LGV Bordeaux-Hendaye est aussi inutile et destructrice que l'A 65", affirme Denise Cassou, de Landes Environnement Attitude. Sur le tracé Tours-Bordeaux, "l'atteinte à l'environnement est énorme, affirme Patrick Lantrès, du Comité TGV Réaction Citoyenne, dans le Poitou. Le projet a été conçu pour minimiser les dépenses de protection de l'environnement".

La création de gares en rase campagne est aussi dénoncée : "Nous y sommes radicalement opposés, explique M. Sivardière. Soit elles rendent nécessaire pour s'y rendre de prendre la voiture, et l'on perd le gain environnemental du TGV, soit elles sont desservies par car, mais alors on perd le gain de temps."

Ces nuisances sont d'autant moins acceptées que l'utilité des lignes nouvelles est souvent contestée. "Un record de vitesse a été battu en 1955 sur la ligne Bordeaux-Dax, à 300 km/h, ironise Simon Charbonneau, de Landes Graves Palus Environnement. Cela signifie que, si on l'ajustait, des trains classiques pourraient y rouler à 250 km/h."

Le député Vert de Gironde, Noël Mamère, complète l'argument : "Compte tenu des coûts financiers et environnementaux entraînés par la création de ces voies nouvelles, la grande vitesse ne peut se réaliser qu'au détriment du réseau ferroviaire existant. Mieux vaut se contenter d'utiliser les voies existantes, en les modernisant."

"Le problème, poursuit M. Sivardière, est que pendant qu'on investit pour faire de nouvelles lignes de TGV, on ne fait rien sur le réseau classique. La FNAUT a fait une étude, concluant que 10 milliards d'euros suffiraient à moderniser le réseau classique. A comparer aux 15 milliards que coûtera la ligne TGV en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un kilomètre de TGV, c'est 20 millions d'euros ; moderniser une ligne, 2 millions."

De surcroît, les nouvelles lignes à grande vitesse nuiraient en fait l'aménagement du territoire : "Le TGV est conçu pour les villes d'échelon européen tous les 400 km, mais il pousse au déclin des villes moyennes", affirme Victor Pachon, de la Coordination des associations de défense de l'environnement (CADE), en Pays basque. Cela explique ce qu'observe M. Charbonneau : "Il y a un divorce : les élus de base sont plutôt du côté des associations, alors que les grands élus soutiennent toujours les grands projets."

La polémique a aussi un enjeu social : selon M. Grosjean, "les clients des TGV et des liaisons régionales n'appartiennent pas aux mêmes catégories sociales : la grande vitesse génère de l'inégalité".

Face à ces critiques, la SNCF indique que la construction des lignes n'est plus de sa compétence et renvoie à Réseau ferré de France. RFF répond par une logique de maillage du territoire : "Notre philosophie est de toujours chercher quel sera le service pertinent, dit Jean-Marc Charroud, responsable des grands projets à RFF. Pour que les lignes nouvelles soient efficaces, il faut qu'elles soient correctement reliées." Mais pour lui, l'angoisse des villes moyennes est infondée : "Il ne faut pas les opposer aux grandes agglomérations : le coeur de ville ne va pas vivre parce qu'un train non rapide y passera, mais parce qu'il sera relié à une agglomération qui est un poumon régional."

Au total, le débat sur les nouveaux TGV renvoie à une vision différente de l'avenir. Pour M. Sivardière, "il faut raisonner sur vingt ans : le pétrole sera rare et cher, le climat sera dégradé, il y aura un report quasi autoritaire du fret routier vers le rail et le maritime". Tout en revendiquant la modernisation des lignes classiques, la FNAUT accepte donc la majorité des nouvelles lignes annoncées en juillet.

Mais pour d'autres, c'est le développement de la mobilité lui-même qui pose problème : "Notre position, explique M. Pachon, est qu'il faut une décroissance des transports. On nous explique que le développement du TGV dégagera des lignes pour le fret. Mais cela n'a pas de sens par exemple d'envoyer des pommes de terre belges se faire conditionner en Italie. Il faut se poser la question de la société que l'on veut."

 

Hervé Kempf

Article paru dans l'édition du 23.08.09

09/08/2009

Une ville australienne interdit les bouteilles d'eau

Un exemple à suivre !

 

lu sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/environnement/20090709.OBS3705/une_ville_australienne_interdit_les_bouteilles_deau.html

PREMIERE

Une ville australienne interdit les bouteilles d'eau

NOUVELOBS.COM | 09.07.2009 | 17:04

Les habitants de la petite ville de Bundanoon ont décidé d'interdire la vente de bouteilles dans leur commune afin de limiter le coût environnemental que représentent l'extraction, l'embouteillage et la distribution.

(Reuters)

 

Les habitants de la ville Bundanoon en Australie ont décidé, mercredi 8 juillet, d'interdire la vente de bouteilles d'eau dans leur commune, une première mondiale dans la lutte pour la protection de l'environnement.

Cette décision a été votée à la quasi-unanimité lors d'une réunion publique à laquelle participaient 350 résidents des 2.500 habitants de cette petite ville située dans l'Etat du New South Wales. Seules deux personnes ont voté contre, un habitant et le représentant de l'industrie de l'eau minérale.

 

"Bundy on Tap"

L'interdiction de vente de bouteilles d'eau fait partie d'une campagne de sensibilisation à l'environnement lancée par la municipalité et baptisée "Bundy on Tap" (de "Bundy", surnom de la ville et "Tap" signifiant robinet).

C'est un projet d'une société de boissons qui a sensibilisé les habitants au coût environnemental que représentent l'extraction, la mise en bouteille et la distribution de l'eau minérale. Celle-ci envisageait en effet d'exploiter une réserve d'eau située sous la ville. "La société voulait extraire l'eau localement, la mettre en bouteille à Sydney et la ramener ici pour la vendre", explique à la BBC l'un des responsable de la campagne.

Si les habitants de Bundanoon devront maintenant se contenter de l'eau du robinet, les visiteurs, eux, se verront remettre une bouteille réutilisable, marqué du slogan "Bundy on Tap".

(Nouvelobs.com)

08/08/2009

La prolifération des algues, un danger pour le littoral

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/08/la-proliferation-des-algues-un-danger-pour-le-littoral_1226765_3244.html

 

La prolifération des algues, un danger pour le littoral

LE MONDE | 08.08.09 | 13h32  •  Mis à jour le 08.08.09 | 17h45

 

La mort d'un cheval sur une plage des Côtes-d'Armor, fin juillet, a relancé la polémique à propos des marées vertes provoquées par la prolifération d'algues sur certains littoraux. Le malaise dont a été victime le cavalier lui-même est bien dû à l'inhalation d'hydrogène sulfuré, un gaz toxique dégagé par la décomposition des algues, selon le médecin qui a examiné le jeune homme. Apparues dans les années 1970 dans plusieurs régions du monde, ces accumulations d'algues comme l'ulve, dite "laitue de mer", sont une conséquence de l'emploi massif par les agriculteurs d'engrais azotés et du lessivage des sols par les pluies. Mais la pollution n'est pas seule en cause : le réchauffement climatique provoque l'apparition d'algues toxiques, notamment en Méditerranée.

Les algues peuvent-elles tuer ? La mort d'un cheval sur le littoral des Côtes-d'Armor, fin juillet, dans une zone où prolifèrent des algues vertes et où plusieurs incidents ont déjà eu lieu, a ramené le projecteur sur le phénomène des marées vertes, sensible depuis les années 1970 dans plusieurs régions du monde, notamment en Bretagne. Les effets sanitaires de ces algues font encore l'objet de débats animés entre spécialistes.

La fameuse laitue de mer, ou ulve, recouvre deux espèces relativement proches : Ulva armoricana et Ulva rotundata. Ces végétaux invasifs se plaisent plus particulièrement dans les baies semi-ouvertes, pourvues d'un ou de plusieurs cours d'eau, comme il en existe notamment dans les régions de Lannion et de Saint-Brieuc.

Comme tout végétal, l'ulve a besoin de soleil, mais aussi de deux nutriments : le phosphore et l'azote. Ce dernier se trouve au coeur du problème et avec lui la question de l'agriculture intensive et de la surfertilisation des sols. Lessivant les nitrates des sols, les pluies printanières transportent ces nutriments azotés vers les zones littorales. La Bretagne est particulièrement touchée, à cause de sa forte concentration de zones agricoles.

"Sur le sol breton se trouvent 5 % de la surface agricole utile française, mais aussi 60 % des élevages de porcs, 45 % de volailles, et 30 % de veaux, explique Jean-François Piquot, porte-parole de l'association Eau et rivières de Bretagne. Il y a eu une telle concentration de bétail que la terre et l'eau se trouvent chargées en nitrates à un taux bien supérieur à ce qu'elles peuvent supporter."

En elles-mêmes, les algues vertes ne sont pas nocives. Mais elles s'échouent sur les plages et commencent à s'y décomposer, formant une croûte blanchâtre sous laquelle l'hydrogène sulfuré (ou sulfure d'hydrogène) qu'elles dégagent est emprisonné. Dès qu'il y a rupture de la croûte, ce gaz nauséabond - mortel en cas de fortes inhalations - est libéré. D'après les analyses effectuées par Air Breizh, organisme agréé pour la surveillance de la qualité de l'air en Bretagne, les émissions d'hydrogène sulfuré sur le littoral sont régulièrement supérieures aux seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé.

Pour lutter contre la prolifération d'algues vertes, "l'idéal serait de changer les pratiques agricoles, estime Jean-François Piquot. Notamment en évitant la concentration des terres destinées aux bétails". Ce qui a déjà été fait dans certaines zones proches des points de captage d'eau potable.

En attendant, les algues sont ramassées, mais cela a un coût. Pour la commune d'Hillion, il s'est élevé en 2008 à 100 000 euros, auxquels se sont ajoutés 400 000 euros apportés par le conseil général des Côtes-d'Armor.

Pour les recycler, l'épandage à base uniquement d'algues est une solution. Mais, peu informés, les agriculteurs les ajoutent en général aux engrais habituels, ne faisant ainsi qu'augmenter la quantité d'azote (une tonne d'algues en contient 1,2 kg). Le même phénomène de marée verte s'était produit en Chine, en 2008, peu avant l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin. La pollution avait engendré une prolifération d'algues vertes dans la station balnéaire de Qingdao, qui s'apprêtait à recevoir les épreuves de voile.

Les autorités avaient dû employer les grands moyens pour régler le problème, faisant appel à plus de dix mille bénévoles pour nettoyer le site. Le phénomène est pourtant bien connu en Chine : le lac Taihu, situé dans le delta du fleuve Yangze, avait été le cadre d'une marée verte en 2007. Deux millions de personnes avaient alors été privées d'eau potable pendant quinze jours.

L'ulve n'est pas la seule à provoquer des dégâts : Ostreopsis ovata sévit actuellement sur la Côte d'Azur. Cette algue, invisible à l'oeil nu, vit fixée sur les grandes algues. "Elle se retrouve parfois dans l'air, déplacée par les embruns de la mer et peut entraîner, par son inhalation, des troubles respiratoires, de la fièvre, une toux ou encore un rhume", explique Rodolphe Lemée, chercheur à la station marine de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Les symptômes diminuent en général en un jour ou deux, sans complications.

Le 30 juillet, et ce pour la deuxième année d'affilée, la présence d'Ostreopsis ovata a conduit à une interdiction de baignade sur une plage de Villefranche-sur-Mer : des analyses avaient révélé un taux de 184 000 cellules de cette algue par litre d'eau, alors que le seuil d'alerte est fixé à 100 000 cellules. Cette fois, c'est le réchauffement climatique qui est en cause. D'origine tropicale, cette espèce est présente en Méditerranée depuis la fin des années 1990.

L'Italie, l'Espagne ou l'Algérie ont, elles aussi, été touchées : plus de deux cents intoxications ont été recensées en juillet sur les plages d'Alger. Ostreopsis ovata a également été repérée en Nouvelle-Zélande.

L'inquiétude plane par ailleurs quant à l'arrivée en Europe d'une micro-algue bien plus toxique : Gambierdiscus toxicus pose depuis des années un énorme problème sanitaire sous les tropiques. Certains poissons infectés par cette algue sont susceptibles de provoquer un empoisonnement chez l'homme et sont donc interdits à la consommation.

L'intoxication se manifeste par une démangeaison féroce, qui a donné à cette maladie le nom de "gratte". En 2008, Gambierdiscus toxicus a été localisée en Grèce. Le réchauffement climatique est, encore une fois, la cause la plus plausible de cette migration.

 

Lucie Lecocq

Article paru dans l'édition du 09.08.09

05/05/2009

internet -énergie-empreinte carbone

Menace sur le Net, grand dévoreur d'énergie

lu sur : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/04/menace-sur-le-net-grand-devoreur-d-energie_1188442_651865.html#ens_id=1183120

LEMONDE.FR | 04.05.09 | 11h57  •  Mis à jour le 05.05.09 | 13h15

L'usage d'Internet est de plus en plus répandu dans le monde et son utilisation représente une dépense énergétique de plus en plus importante. Selon des scientifiques, l'appétit croissant d'Internet en énergie représente désormais une menace majeure pour des sociétés comme Google et pourrait, selon le Guardian du lundi 4 mai, mettre en danger l'ensemble du réseau. De fait, de  nombreuses sociétés ont commencé à lutter pour gérer les coûts de distribution de milliards de pages Web, vidéos et dossiers en ligne.

La hausse de la consommation énergétique a un coût financier, comme le souligne Subodh Bapat, vice-président de Sun Microsystems, l'un des plus importants fabricants de serveurs au monde. "Nous avons besoin de plus de bases de données, de plus de serveurs. Chaque serveur consomme plus de watts que la génération précédente, et chaque watt coûte plus cher."

Mais au-delà de l'aspect économique, la hausse de la demande énergétique du secteur augmente de manière drastique  l'empreinte carbone de l'industrie du Net. Alors que son impact sur l'environnement était faible il y a encore quelques années, l'empreinte carbone du Net a maintenant dépassé d'autres secteurs comme celui de l'aérien, pourtant gros consommateur d'énergie. Une augmentation cependant difficile à établir, les sociétés concernées tenant le plus souvent leur consommation secrète. Comme l'explique au Guardian Rich Brown, analyste au Lawrence Berkeley National Lab en Californie, "Google est probablement le meilleur exemple : combien de bases de données possèdent-ils, quelle est leur taille, de combien de serveurs disposent-ils ? Mystère."

Dans une étude pour l'Agence de protection de l'environnement américaine, Brown a mesuré que les bases de données américaines ont utilisé 61 milliards de kilowatts.heure en 2006. Ce qui suffirait à fournir le Royaume-Uni en électricité pendant deux mois. Les innovations techniques ne permettent pas d'endiguer le taux de croissance d'Internet. Et la consommation électrique du Web pourrait  finir par générer des pannes d'électricité, des plantages de serveurs ou  des coupures de télécommunications. Conscientes du problème, de nombreuses sociétés essaient de le combattre en investissant dans les énergies renouvelables, en cherchant de meilleures organisations de leurs bases  de données ou de nouvelles méthodes de refroidissement des serveurs.

Le Monde.fr

28/04/2009

OGM, ROUNDUP, mutations, plantes résistantes

lu sur : http://www.futura-sciences.com/fr/print/news/t/botanique-1/d/ogm-la-menace-des-super-mauvaises-herbes-samplifie_19036/

Le 24 avril 2009 à 11h27

OGM : la menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie
Par Jean Etienne, Futura-Sciences Bookmark and Share

Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s'étend à d'autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…

En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l'est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

Comment en est-on arrivé là ?

Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

La firme Monsanto ne nie pas le problème. Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, a estimé que ces « super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées. Pourtant, un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique).

L’amarante vous salue bien…

En attendant, l’amarante « mutante » se porte bien et prolifère. Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. Profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, comme le constatent de nombreux agriculteurs, non seulement en Géorgie mais aussi en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri, contraints de passer au désherbage manuel… ou de baisser les bras.

D’autres cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland.

Un manque flagrant de statistiques et d'informations

On pourra cependant déplorer le manque de précision des données statistiques permettant de quantifier la relation entre semences OGM, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé. En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement.

voir aussi :
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/dans-les-champs-dogm-les-mauvaises-herbes-font-de-la-resistance_12093/

24/04/2009

La téléphonie mobile sera-t-elle le futur scandale sanitaire

lu sur : http://www.bakchich.info/Les-mauvaises-ondes-des-compagnies,07394.html

Santé | mercredi, 15 avril 2009 | par Ian Hamel

La téléphonie mobile sera-t-elle le futur scandale sanitaire, à l’instar de l’amiante ou du tabac ? Avant d’avoir la réponse, les assureurs, prudents, ont déjà pris les devants.
Contrairement aux opérateurs téléphoniques, aux fabricants de télévisions, d’ordinateurs et de jeux-vidéo, les compagnies d’assurance prennent très au sérieux les effets néfastes des ondes électromagnétiques sur la santé. En toute discrétion, elles ne les assurent plus.

Les ondes des téléphones mobiles et les antennes-relais sont-elles néfastes pour la santé ? La question est toujours sans réponse. Les études
scientifiques s’accumulent et se contredisent. Mais faut-il s’en étonner ? Il a fallu 70 ans pour retirer le plomb des peintures et 50 ans pour établir de façon convaincante le lien entre la cigarette et le cancer du poumon…

Bref, les controverses sur le danger des champs électromagnétiques ne sont pas prêtes de s’éteindre. Le téléphone portable n’est utilisé à grande échelle que depuis le milieu des années 90. Le jour où l’on nous prouvera d’une manière indiscutable que la pollution électromagnétique (qui a été multipliée par 400 en un demi siècle) porte sérieusement atteinte à notre santé, il sera sans doute trop tard.

En revanche, les compagnies d’assurance sont nettement plus rapides pour se mettre à l’abri. Dans un document daté de 1997, intitulé « Les
champs électromagnétiques, un risque fantôme », que Bakchich a pu se procurer, le réassureur Swiss Re, qui assure les compagnies d’assurance, met en garde ses clients :

« Les plaintes en responsabilité civile - en cours ou à venir - du fait des champs électromagnétiques pourraient se terminer favorablement pour les requérants et avoir des conséquences fatales pour les assureurs, il faut s’attendre à des coûts de défense faramineux ». Swiss Re ajoute : « Cela signifie, pour l’assureur, qu’il doit revoir les contrats existants (…) Il serait bon que, de leur côté, les industriels comprennent que les assureurs ne peuvent pas assumer n’importe quel risque ».

A l’exclusion de l’amiante et des ondes électromagnétiques Cette mise en garde n’est pas restée lettre morte si l’on en juge cet autre
document reproduit par Bakchich. (voir le site de Bakchich pour la photo)
Axa range les ondes électromagnétiques au même rang que l’amiante ou le plomb. Il s’agit d’un avenant modifiant les conditions d’un contrat
d’assurance de la responsabilité civile. Il date du 1er septembre 2006. Il a été rédigé par la compagnie Axa. Ce contrat, à effet au 1er janvier 2007, exclut les dommages causés par l’amiante, par le plomb, et ceux qui sont « causés par les champs et ondes électromagnétiques ». En clair, depuis deux ans, Axa n’assure plus ses clients contre les dégâts que pourraient éventuellement provoquer les ondes émises par votre téléphone portable, votre télévision ou votre ordinateur.

Certes, la compagnie d’assurance se garde bien de parler de danger. Mais elle se couvre au cas où il pourrait y en avoir un, au nom du principe de précaution. Axa, l’un des plus grands assureurs européens, n’est pas un cas unique. Le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), installé au Mans, assure que d’autres compagnies d’assurance excluent « tous dommages ou conséquences de dommages résultant de la production par tous appareils ou équipements, de champs électriques ou magnétiques, ou de radiations électromagnétiques ».

Irradiations et cancer du sein :

Cela veut dire quoi concrètement ? Prenons un exemple précis : En 2007, le ministère espagnol de la Santé a publié une étude scientifique de 212 pages intitulé « Relation entre l’exposition aux irradiations électromagnétiques au travail et le cancer du sein ». L’étude montre que les informaticiennes, les standardistes, les femmes qui travaillent derrière un écran « ont un risque plus important de développer un cancer du sein dans la période pré-ménopause mais aussi post-ménopause ». Un risque supplémentaire d’environ 20 %.

Imaginons que toutes les femmes qui tombent malades portent plainte contre leurs employeurs et leur réclament des millions d’euros de dommages et intérêts. Si les patrons, qui ne sont plus couverts par leurs compagnies d’assurance, perdent leurs procès, ils seront contraints de mettre la clé sous la porte.

Les compagnies d’assurance ne sont sans doute pas mieux informées que les instituts de recherche. Mais elles savent davantage tirer les leçons du passé pour interpréter les signes de risques potentiels. Et ne pas perdre des milliards. Comme le jour où des utilisateurs de téléphones mobiles, atteints de tumeurs du cerveau, du nerf auditif ou des glandes salivaires gagneront contre Orange, SFR ou Bouygues-Telecom…

Dès novembre 2008, Bakchich tentait d’en savoir plus sur les dangers du téléphone portable. Et prenait alors conscience lors de son enquête de
l’omerta qui règne sur le sujet.

09/02/2009

L'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-1151687,0.html

Compte rendu
L'Europe veut mieux encadrer la pêche des espèces de requins menacées
LE MONDE | 06.02.09 | 15h47 • Mis à jour le 06.02.09 | 15h47
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

La Commission européenne a présenté, jeudi 5 février, à Bruxelles, son premier plan d'action en faveur des requins. Une initiative rendue nécessaire par la destruction d'espèces qui jouent un rôle essentiel au sein des écosystèmes marins. "Aujourd'hui, l'homme représente une menace bien plus grande pour le requin que le requin pour l'homme", souligne Joe Borg, commissaire chargé des affaires maritimes et de la pêche.

La surexploitation des stocks a des conséquences directes : un tiers des espèces de requins est aujourd'hui menacé d'extinction. Les captures de requins et d'espèces apparentées - raies, pocheteaux, chimères... - sont en forte augmentation depuis vingt ans et atteignent 800 000 tonnes par an au niveau mondial. La flotte de l'Union européenne en pêche 100 000 tonnes par an, principalement en mer du Nord, dans l'Atlantique nord-est et dans les eaux norvégiennes. Les navires communautaires opèrent toutefois dans d'autres zones : Atlantique centre, océan Indien ou Pacifique.

Le requin est une denrée très prisée dans divers Etats membres, dont la France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les ailerons sont surtout exportés vers les marchés asiatiques. Le Royaume-Uni s'est spécialisé dans la capture en eaux profondes d'espèces qui fournissent l'huile de foie, dont est tiré le squalène, une substance utilisée en cosmétique. Le cartilage intervient dans la composition de spécialités médicales, la peau est utilisée en maroquinerie.

Au total, l'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations. Les défenseurs de l'environnement dénoncent depuis longtemps le laxisme de la réglementation européenne, alors que les Etats membres ont, dans le cadre des Nations unies, adopté il y a dix ans déjà un plan d'action qu'ils étaient censés traduire en actes.

UN REGISTRE DES CAPTURES

Jusqu'à présent, les pêcheries visées par la législation européenne sont soit totalement déréglementées, soit gérées avec des quotas jugés très excessifs par les scientifiques. Quant au finning, la pratique qui consiste à couper les nageoires et à rejeter en mer le reste de l'animal, elle est en principe interdite... mais l'application du texte n'est que peu contrôlée.

Le plan d'action de Bruxelles cherche à pallier cette carence en développant la surveillance des bateaux battant pavillon européen, qu'ils pêchent en Europe ou ailleurs. Il vise également à limiter ou carrément interdire les activités dans les zones jugées sensibles pour les stocks menacés et à fixer des limites de capture. Il obligera aussi à la remise à l'eau des requins capturés en tant que "prises accessoires". Les espèces particulièrement vulnérables, dans certaines zones, bénéficieront de mesures spécifiques de protection. Les eaux peu profondes de l'Atlantique nord-est, jugées "hautement prioritaires", devraient notamment faire l'objet d'un programme pilote d'observation.

Globalement favorables au plan de la Commission, les associations de défense de l'environnement manifestent toutefois quelques réserves. Elles craignent, comme le Fonds mondial pour la nature (WWF), une mise en oeuvre trop tardive du plan, qui doit encore passer devant le Parlement et le Conseil européens.

D'autres associations exigent un registre obligatoire des captures, alors que Shark Alliance, une coalition de soixante organisations, réclame l'interdiction de tout prélèvement de nageoires en mer.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 07.02.09