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20/03/2015

La Fondation Bille Gates investit massivement dans le pétrole ...

... pour vacciner et maintenir en vie les futurs consommateurs de la société globalisée.

à lire sur :

RevealedGates Foundation's $1.4bn in fossil fuel investments...

www.theguardian.com/.../gates-foundation-has-14bn-in-fossil-fuelsinvestments-guardian-analysis

16 hours ago ... Analysis of the Bill and Melinda Gates Foundation's most recent tax filing reveals huge investments in the world's biggest fossil fuel companies.

(une pétition est en ligne sur le journal)

sur le même sujet :

La fondation Gates sous pression pour exclure les énergies fossiles ...

www.novethic.fr/.../la-fondation-gates-sous-pression-pour-exclure-les- energies-fossiles-de-ses-investissements-143163.html

Sur la prétendue générosité de Bill Gates - Mediapart

blogs.mediapart.fr/blog/.../sur-la-pretendue-generosite-de-bill-gates

27/07/2011

Le saviez-vous ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-producteurs-de-peches-en-guerre-contre-la-concurrence-deloyale-27-07-2011-1356800_28.php

Opération coup de poing des producteurs de pêches

Par Sophie Pams            

Sur l'autoroute A9, ils arrêtaient les poids lourds pour contrôler les cargaisons. Ils n'ont pas hésité à déverser sur la chaussée les pêches dont l'origine n'était pas clairement identifiée. Mardi matin, des producteurs des Pyrénées-Orientales, du Gard et de la Drôme ont mené une opération coup de poing au Boulou. Son but : dénoncer la concurrence déloyale espagnole.

Les producteurs ibériques, en situation de surproduction, préfèrent brader leurs prix en France plutôt que de jeter leur surplus de marchandises. Arrivées sur le territoire français, les pêches sont étiquetées "produit national" par les grossistes, ce qui leur permet de doubler leur marge : en Espagne, une pêche est vendue 0,50 centime le kilo contre 1,20 euro en France. À l'origine de la différence de prix, le coût de la main-d'oeuvre et l'exigence du cahier des charges de la distribution. En France, on ramasse jusqu'à six fois les fruits d'un arbre en fonction de leur maturité. En Espagne, le ramassage est limité à deux passages.

Les grossistes français recourent donc à la francisation de fruits et légumes espagnols, tout comme certains arboriculteurs français. "Des producteurs vont aussi en Espagne, achètent des fruits à bas prix, les ramènent sur leur exploitation et les revendent au prix français", dénonce la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF). Ceux qui respectent les règles sont actuellement contraints de vendre leurs pêches à des prix inférieurs aux coûts de production.

Une pratique illégale

Depuis 2010, date d'entrée en vigueur de la loi de modernisation agricole (LMA), cette pratique est pourtant devenue illégale. La loi oblige les camions à partir de la station de production avec un bon de commande. Il doit mentionner le nom des parties, leur adresse, la date de la commande, la quantité, le prix et la dénomination des produits. Mais lorsque les bons n'indiquent pas le prix ou le destinataire, les fruits ne sont pas renvoyés, cela reviendrait trop cher. Ils sont alors automatiquement bradés par les grossistes.

La francisation des produits espagnols concerne les pêches en particulier. "C'est un fruit cultivé dans le Sud, l'Espagne n'est pas loin et elle produit les mêmes sortes qu'en France", explique la FNPE. Cette année, une recrudescence du phénomène a été observée. "En France, nous avons eu beau temps en avril et mai, ce qui a avancé le calendrier de deux semaines. En Espagne, la pluie l'a au contraire retardé de quinze jours", indique un membre de la FNPE. En temps normal, la production espagnole démarre avant la française. Cette année, la concomitance des calendriers a défavorisé les arboriculteurs français. "On demande aux distributeurs de privilégier la production française, mais s'ils ont le choix avec des fruits espagnols moins chers..." regrette la FNPE.

La bactérie E. coli aurait également joué un rôle. Pendant l'épidémie, la Russie a fermé ses frontières aux fruits et légumes européens. "Elle est un partenaire important de l'Espagne, informe la Fédération nationale des producteurs de fruits. Cela explique le surplus de marchandises et ce besoin de les écouler vers la France."

Renforcement des contrôles

Début juillet, les arboriculteurs se sont rendus au ministère de l'Agriculture. À l'issue de la rencontre, un renforcement des contrôles aux frontières espagnoles a été annoncé. Selon la FNPE, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a particulièrement été réactive depuis, malgré les baisses d'effectifs saisonniers.

Au cours du mois de juillet, les distributeurs ont organisé des ventes au déballage afin d'écouler les stocks français. L'opération s'est déroulée les trois premiers week-ends de juillet et sera reconduite les 29 et 30 juillet prochains. La FNPE s'estime satisfaite de cette action. "D'habitude, les distributeurs font figure de mauvais élèves. Mais cette année, ils ont joué le jeu et proposé majoritairement des produits français." 

20/05/2010

Taxe sur transactions financières : associations et syndicats lancent une pétition

lu sur :

http://www.france.attac.org/spip.php?article11320

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Taxe sur transactions financières : associations et syndicats lancent une pétition

18 mai 2010 - 15:50 - auteur-e(s) : La Croix

La Croix du 18.05.2010 - Source AFP

Plusieurs associations et syndicats français, dont la CGT et la CFDT, ont lancé une pétition pour réclamer l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle mondiale au bénéfice d’actions contre la pauvreté, les pandémies et le changement climatique.

Figurent également parmi les initiateurs de la pétition l’association altermondialiste Attac, l’organisation non gouvernementale Oxfam France, le principal syndicat de la fonction publique FSU et l’organisation de défense de l’environnement WWF.

Les auteurs estiment que "même à un faible taux, la taxation de ces transactions dégagerait chaque année des centaines de milliards de revenus à redistribuer et contribuerait à dissuader les comportements les plus spéculatifs", selon un communiqué publié mardi.

Le texte de la pétition est en ligne sur les sites respectifs des associations et syndicats signataires, ainsi que sur le sitewww.makefinancework.org/?lang=fr/.

Cet appel est lancé en amont du prochain sommet du G20, qui aura lieu les 26 et 27 juin à Toronto au Canada

Lire la suite de l’article

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VOICI LE LIEN POUR SIGNER LA PÉTITION   :

http://www.makefinancework.org/?lang=fr/

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PÉTITION

Mesdames et Messieurs les membres du G20,

La dérégulation du secteur financier est responsable en grande partie de la crise économique actuelle. La croissance exagérée de ce secteur, concentré sur des profits spéculatifs à court terme, a créé une bulle financière déconnectée de l’économie réelle. Avec l’explosion de la dernière bulle, des millions d’hommes et de femmes perdent leur emploi, sombrent dans une plus grande pauvreté, tandis que cent millions de personnes supplémentaires souffrent de la faim.

Vous avez mobilisé des centaines de milliards de dollars pour sauver les banques et le système financier. Mais vous ne répondez pas aux crises sociales et écologiques avec la volonté politique et les ressources financières indispensables

Les acteurs du secteur financier ont bénéficié pendant des décennies de l’absence de régulation significative et sont largement responsables de la crise. Je pense qu’il est temps qu’ils paient eux aussi leur contribution à l’intérêt général. Une taxe sur les transactions financières serait l’instrument le plus juste et le plus efficace pour le garantir.

Elle permettrait de :

  • De dégager les fonds nécessaires pour payer les coûts sociaux de la crise, pour financer les biens publics mondiaux telle que la santé ou la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.
  • De contribuer à une plus grande stabilité du système financier, en réduisant la spéculation et une liquidité excessive.

Votre prochaine réunion à Toronto, les 26 et 27 juin 2010, vous offre l’opportunité de changer le cours des choses et de rompre avec les pratiques habituelles. Nous vous demandons de passer à l’action, à cette occasion, en décidant l’introduction d’une taxe sur les transactions financières.

 

Pour signer la version française de la pétition :

http://www.makefinancework.org/?lang=fr/

30/04/2010

Les agences de notation et la spéculation

à lire sur :
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http://www.mediapart.fr/journal/economie/290410/les-agences-de-notation-agents-de-la-speculation
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Par Martine Orange

Dans le passé, elles n'ont rien vu et ont cautionné toutes les dérives du marché, et en premier les subprimes. Aujourd'hui, elles se posent en juges des politiques d'Etat. Avec la dégradation de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne, les agences de notation se trouvent à nouveau sur le banc des accusés, soupçonnées d'alimenter la spéculation contre l'euro.

 

voir aussi :

L'Euro, la spéculation et les agences de notation

07/05/2009

Les normes comptables et la valeur des banques

lu sur : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-29-normes-comptables

 

mercredi 29 avril 2009

Les banques veulent changer le thermomètre

 

Changer les graduations du thermomètre pour minimiser l’impact dévastateur de la crise financière sur les comptes… C’est la stratégie déployée par l’industrie bancaire aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Depuis qu’a éclaté la crise des subprimes, un lobbying intensif a en effet été mené des deux côtés de l’Atlantique pour modifier les normes comptables. Dans la ligne de mire des agents d’influence, la manière dont sont évalués certains actifs au moment de l’élaboration des comptes. En Europe comme aux Etats-Unis, les banques doivent en effet valoriser leurs actifs à la valeur de marché, c’est-à-dire qu’elles doivent leur attribuer une valeur comme si elles s’apprêtaient à les vendre. Cette disposition, qui est entrée en vigueur au début des années 2000 au nom de la transparence des comptes, a ses avantages quand le marché est haussier ou qu’il connaît la formation d’une bulle. A l’inverse, la baisse des indices a un impact négatif puisque la valeur des actifs est entraînée à la baisse. Pour les banques, cette situation est d’autant plus inconfortable qu’elles sont aussi soumises à des ratios prudentiels qui les obligent à disposer d’une certaine réserve de fonds propres par rapport aux emprunts qu’elles ont accordés. Quand le prix des actifs baisse, voire qu’il est égal à zéro, cela amplifie les pertes des établissements bancaires.

 

Aux Etats-Unis, ces derniers viennent donc d’obtenir un sérieux coup de pouce avec la modification d’une norme comptable établie par le Financial Accounting Standard Board (FASB), l’organisme américain en charge de l’établissement du référentiel comptable. Approuvée par le Congrès début avril 2009, la norme FAS 157-e (1) permet aux banques, dans certains cas, par exemple lors d’une crise boursière, de ne pas valoriser leurs actifs selon leur valeur de marché. En clair, les actifs « pourris » que détient l’industrie bancaire américaine pourront ne pas être imputés au tableau des pertes, ce qui devrait permettre aux établissements concernés d’afficher des résultats moins catastrophiques qu’au cours des dix-huit derniers mois. Au premier trimestre 2009, ces résultats ont d’ailleurs déjà surpris la grande majorité des observateurs puisque les principales banques américaines ont annoncé un retour aux bénéfices et que certaines d’entre elles, à l’image de Goldman Sachs, envisagent même de rembourser le Trésor américain afin d’échapper à sa tutelle, en matière notamment de paiements de dividendes et de bonus.

 

Pour autant, ces résultats en hausse sont plus dus aux aides et financements de l’Etat américain qu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle norme FAS 157-e. Si certaines banques l’ont intégrée pour l’élaboration de leurs comptes trimestriels, d’autres établissements ne l’appliqueront que pour l’actuel trimestre, ce qui promet une nouvelle salve de résultats en hausse en juillet prochain. Parmi les autres facteurs qui ont contribué aux bons comptes des banques américaines, il faut aussi relever la hausse des marges bancaires. Elles sont à un niveau historiquement élevé, en raison de la faiblesse des taux de la Réserve fédérale et de la reprise des émissions obligataires des entreprises, cela sans oublier le fait que les banques américaines ont diminué la masse salariale globale de leur secteur, avec la destruction de près de 300 000 emplois depuis la mi-2008.

 

On s’en doute, la démarche américaine donne des idées aux banques européennes. Tribunes, appels, colloques et interviews de grands patrons martèlent l’idée d’une révision comparable des normes comptables. Même les politiques s’en mêlent, comme en témoignent les déclarations de responsables européens en marge du G20. L’International standard accounting board (ISAB), le pendant continental du FASB, est ainsi sommé de modifier au plus vite la norme de la valorisation au prix de marché. Pour l’heure, ses membres résistent au nom de la « règle de la permanence » en matière de comptabilité, mais ont tout de même dû concéder l’ouverture de discussions sur ce thème avec le FASB, avec pour objectif à moyen terme une « harmonisation » des normes comptables. En clair, la remise en cause en Europe de la valorisation des actifs selon le prix de marché n’est plus qu’une affaire de temps.

Akram Belkaïd

 

(1) La FAS 157-e permet aux banques d’inclure dans leur bilan un prix pour leurs actifs (*) qui n’est pas forcément celui du marché.

(*voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Actif_financier )

11/12/2008

AREVA et EPR (European pressurized water reactor)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/11/olkiluoto-le-bourbier-finlandais-d-areva_1129822_3244.html

Reportage
Olkiluoto, le bourbier finlandais d'Areva
LE MONDE | 11.12.08 | 16h03 • Mis à jour le 11.12.08 | 18h28
OLKILUOTO (FINLANDE) ENVOYÉ SPÉCIAL

À Olkiluoto, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes nucléaires. Sur cette presqu'île du sud-ouest de la Finlande, au milieu d'une forêt de sapins et de bouleaux qui descend en pente douce vers les côtes du golfe de Botnie, le plus grand chantier nucléaire du monde bat son plein au milieu d'un hérissement de grues géantes. Dans le labyrinthe boueux du site, 3 500 ouvriers et techniciens d'une cinquantaine de pays se relaient parfois en 3 × 8, 7 jours sur 7 et par des températures descendant jusqu'à - 15 °C. Des terrassiers et des grutiers polonais, des soudeurs baltes, des électromécaniciens finlandais, des ingénieurs français ou allemands... Oui, tout semble aller pour le mieux à Olkiluoto.

Et pourtant tout a dérapé depuis le lancement, en 2005, de ce chantier phare pour l'industrie nucléaire française et son chef de file, Areva. Prévu mi-2009, le raccordement de ce réacteur de troisième génération au réseau de lignes à haute tension n'interviendra pas avant 2012. Ces retards ont fait exploser les coûts et obligé le groupe, responsable de la coordination du projet, à provisionner chaque semestre (sauf un) des sommes importantes. Ils ont tendu les relations avec le client, le groupe d'électricité finlandais TVO, qui a besoin de l'électricité pour alimenter les papetiers et les sidérurgistes. Et peut-être compromis les chances d'Areva de construire un second EPR (European pressurized water reactor) finlandais.

En décembre 2003, quand Areva signe le contrat de construction de ce réacteur conçu avec l'allemand Siemens, sa présidente, Anne Lauvergeon, y voit plus que la promesse d'un chèque de 3 milliards d'euros : la fin de l'hiver nucléaire. Olkiluoto est le plus ambitieux projet lancé depuis l'explosion du réacteur n° 4 de Tchernobyl en avril 1986. Et le réacteur choisi devient vite l'emblème du nucléaire "made in France", dont Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy vantent l'excellence dans les voyages officiels. Le plus puissant avec ses 1 650 mégawatts. Et le plus propre, puisqu'il consomme 17 % d'uranium enrichi en moins que ceux de la génération précédente pour la même production d'électricité, assurent les ingénieurs d'Areva.

Début 2004, la victoire d'Areva est pourtant lourde d'incertitudes : pour décrocher le contrat, la société a fait la promesse mirobolante de livrer l'EPR clés en main en quatre ans, comme le russe Atomstroïexport et l'américain General Electric. Même les ingénieurs d'Areva qui ont participé à la construction du parc français dans les années 1980-1990 jugent alors le calendrier intenable. "On a mis plus de six ans pour construire certains réacteurs de deuxième génération", rappelle un des responsables du chantier d'Olkiluoto.

"Délais ridicules, prix trop bas, absence de savoir-faire d'Areva comme architecte-ensemblier", tranche un grand industriel français. Les difficultés s'accumulent dès 2006 : problème dans le béton de la dalle supportant le réacteur, forgeage raté de certaines pièces de l'îlot nucléaire... Plus tard viendront des interrogations sur la peau métallique (liner) renforçant l'enceinte de confinement. Rien d'étonnant sur un chantier où 1 200 sous-traitants se bousculent. Les dirigeants d'Areva se défendent : ils ont dû les retenir pour décrocher le marché, mais certains ont une expérience limitée, voire nulle, du nucléaire.

Ces retards arrivent au plus mauvais moment pour Anne Lauvergeon, dont le mandat de présidente du directoire d'Areva expire en juin 2006. Le ministre de l'économie, Thierry Breton, qui ne l'apprécie guère, utilise ces déboires finlandais pour demander sa tête à l'Elysée. Sans succès. Six mois plus tard, quand un marché de quatre réacteurs échappe à Areva en Chine au profit de l'américano-japonais Toshiba-Westinghouse, M. Breton glisse aux journalistes que le groupe français paye les dérives du chantier finlandais...

Les coûts vont continuer à dériver, en dépit d'une sérieuse reprise en main. Début 2007, Anne Lauvergeon a dépêché sur le chantier Philippe Knoche. Jusque-là directeur de la stratégie, cet X-Mines a l'avantage d'être de culture franco-allemande. Un bon profil pour mettre de l'huile dans les rouages de la machine Areva-Siemens. Mais dans les mois qui suivent, des tensions apparaissent avec Bouygues, le responsable du génie civil. Le géant du BTP n'est pas un partenaire comme les autres : premier actionnaire d'Alstom (30 %), son patron, Martin Bouygues, ami de Nicolas Sarkozy, veut entrer dans le nucléaire en prenant le contrôle d'Areva via le fabriquant de turbines. Un mariage qu'Anne Lauvergeon refuse obstinément.

A qui incombe la responsabilité de ces ratés ? Areva incrimine la lourdeur de la procédure de Stuk, l'agence de sûreté nucléaire finlandaise qui valide chaque étape du chantier et l'assemblage des 10 000 composants de l'EPR, de la plus petite valve jusqu'aux énormes générateurs de vapeur. Tout comme les lenteurs de TVO, qui met en moyenne neuf mois à approuver les documents quand son contrat avec Areva n'en prévoit que deux. "Cent mille documents d'ingénierie doivent être approuvés par TVO. On n'avait pas anticipé que leur examen serait aussi long, raconte Philippe Knoche. Mille personnes y travaillent dans les bureaux d'Areva. On ne compromettra ni la qualité ni la sûreté de la centrale."

"Voilà beaucoup de temps et d'argent perdus", s'indigne dès le début Frédéric Marillier, responsable de la campagne énergie à Greenpeace France. Alors que les provisions passées par Siemens sont publiques, celle d'Areva relèvent du secret. "Elles sont significatives", admet juste le groupe. L'ardoise (main-d'oeuvre, équipements, matériaux...) pourrait atteindre 2 milliards d'euros, les deux tiers du prix initial, selon des analystes financiers. S'y ajouteront des centaines de millions d'euros de pénalités de retard au profit de TVO.

"Qui va payer la facture ? Les contribuables français", attaque Frédéric Marillier. Le groupe public français a très vite fait savoir qu'il ne supporterait pas seul les surcoûts. Réplique brutale de TVO il y a quelques semaines : "Le fournisseur d'une centrale clés en main est responsable du calendrier et des éventuelles augmentations de coûts. TVO dispose d'un contrat de fournitures à prix fixe et n'est pas en train de s'accorder avec son fournisseur sur le partage des pertes d'Areva."

Pour l'heure, une seule procédure d'arbitrage a été introduite par Areva devant la Chambre internationale de commerce, à Paris, sur un différend remontant au début du chantier. "Elle porte sur un montant non significatif", assure Philippe Knoche. Mais d'autres contentieux risquent de s'y ajouter. En 2009, Areva entrera dans la période d'assemblage des composants de l'îlot nucléaire, la partie la plus sensible de la centrale. "On n'est pas à l'abri de difficultés", concède-t-il.

Le groupe français n'aurait-il pas mieux fait de s'associer à EDF pour profiter de l'expérience acquise par l'"architecte-ensemblier" des 58 réacteurs français ? Dans le petit monde des nucléocrates français, le "cas Olkiluoto" a ravivé les querelles qui ont toujours opposé EDF à son fournisseur de réacteurs Framatome - devenu Areva en 2001 après sa fusion avec Cogema et CEA Industrie. Des barons d'EDF ont mal accepté qu'on se passe de leurs compétences. Blessés dans leur orgueil, ils ne se sont guère apitoyés sur les mésaventures d'Areva.

A ces critiques feutrées, les experts d'Areva répondent que l'EPR de Flamanville accuse déjà un an de retard. Il n'entrera en service qu'"en 2013", assurait mi-novembre Anne Lauvergeon en soulignant que son entreprise est, elle, "parfaitement à l'heure dans l'ensemble de ses livraisons". "Non, Flamanville sera prêt en 2012", a immédiatement fait rectifier Pierre Gadonneix, le PDG d'EDF. Mais pour 4 milliards au lieu des 3,3 milliards prévus, vient-il de reconnaître.

Malgré ces difficultés, les Finlandais ne semblent pas regretter le choix de la technologie franco-allemande. "Areva et ses sous-traitants sont toujours les leaders mondiaux du nucléaire. Ils possèdent le produit le meilleur et le plus sûr", affirme Jukka Laaksonen, le directeur général de Stuk. "Pour un premier projet du genre, avec tellement d'innovations, c'est pas mal", se rassure Anne Lauvergeon.

Chez TVO, le patron du projet concède que les retards sont inhérents à ces grands projets. "C'est un challenge technologique, comme l'A380", explique Jouni Silvenoinnen. Il a peut-être pris cet exemple à dessein : le programme de développement de l'avion gros porteur européen a finalement coûté 11 milliards d'euros, dont 4,8 milliards liés aux dérapages du calendrier ; mais c'est Airbus - et non les compagnies aériennes clientes - qui paiera la facture !

La vente de l'EPR risque plus de souffrir de la crise financière que des retards du chantier finlandais. La compagnie sud-africaine Eskom, qui envisageait d'en commander deux, vient de renoncer à la relance de son programme nucléaire "en raison de l'importance de l'investissement". Les autres clients ne sont pas mécontents de voir qu'on essuie les plâtres à leur place.

Fin 2007, le chinois CGNPC a commandé deux EPR pour 8 milliards d'euros (avec le combustible). Les Américains prévoient d'en construire au moins quatre. Le géant allemand de l'énergie E.ON - comme EDF - va se développer sur le marché nucléaire britannique avec le réacteur franco-allemand.

Jean-Michel Bezat
Article paru dans l'édition du 12.12.08

28/11/2008

Manger du poulet ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/28/du-soja-bio-a-la-melamine-importe-de-chine-en-france_1124336_0.html

Du soja bio à la mélamine importé de Chine en France
LEMONDE.FR | 28.11.08 | 11h22 • Mis à jour le 28.11.08 | 11h33

Près de 300 tonnes de soja contaminé à la mélamine ont été importées de Chine en France au mois d'octobre, a-t-on appris, vendredi 28 novembre, auprès de la coopérative agricole Terrena, qui a découvert la contamination. Selon Christophe Couroussé, directeur de la communication de Terrena, ces "293 tonnes de tourteaux de soja" ont été importées de Chine "fin octobre" par BNA, une filiale du groupe située en Vendée.
Le taux de contamination peut atteindre 75 mg/kg selon les lots, trente fois supérieur au seuil maximal acceptable, fixé à 2,5 mg/kg par les autorités sanitaires. La mélamine est une substance très toxique destinée en principe à la fabrication de plastiques. Sa présence dans des produits laitiers a entraîné la mort de plusieurs bébés en Chine et l'hospitalisation de milliers d'autres.
Selon France Bleu Loire-Océan, cette farine de soja contaminée a été incorporée dans de la nourriture destinée à des volailles commercialisées sous le label "bio". Une partie de cette préparation a pu être récupérée à temps chez les 127 volaillers qui avaient été livrés. Mais les animaux en ont tout de même consommé une quantité importante, environ un millier de tonnes.

"PAS DE TRACE DE MÉLAMINE DANS LES VOLAILLES"

Les consommateurs n'auraient toutefois pas d'inquiétude à se faire. Selon Ouest France, la viande des volailles qui ont picoré l'aliment contaminé a été analysée. Le quotidien cite les conclusions de Christophe Couroussé : "Pas de trace dans les volailles bio. La mélamine ne passe pas dans la viande, nous a expliqué un expert toxicologue. Elle est excrétée dans les urines dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ingestion", précise M. Couroussé. "Aucune procédure de retrait n'a été ordonnée dans les grandes surfaces, le risque pour la santé humaine étant considéré comme nul par l'Agence de sécurité sanitaire des aliments", assure encore Ouest France.
La coopération d'Ancenis, où était stocké le soja, envisage toutefois de porter plainte contre son fournisseur chinois. "Il s'agit d'une fraude caractérisée, visant à enrichir artificiellement le taux de protéine du tourteau pour en tirer un prix plus élevé", indique Christophe Couroussé.
Le soja utilisé pour nourrir les volailles est habituellement importé d'Amérique du Sud, explique France-Info, qui rappelle que "la France ne produit qu'un petit quart des 18 000 tonnes de soja qu'elle consomme chaque année". Mais les récoltes de cette année ont été mauvaises, notamment au Brésil, et les éleveurs français ont dû se tourner vers un nouveau partenaire : la Chine.

Le Monde.fr, avec AP
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