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09/02/2017

L'Europe, l'Europe, l'Europe ! ... en sautant comme un cabri !

Économie - À propos de la politique européenne :

 

Stuck on the Treadmill of Temporary Work in Europe

In the European Union, more than half the new jobs since 2010 have been through temporary contracts, creating more workers seeking full-time employment.

Charles de Gaulle - Vidéo Ina.fr

www.ina.fr/video/I00012536
 

07/11/2016

Palestine : privatisation de son occupation par Israël

How Israel Is Gradually Privatising Its Occupation of Palestine

www.globalresearch.ca/...israel-is-gradually-privatising-its-occupati... - Traduire cette page
Il y a 19 heures - Selected Articles: How Israel Is Gradually Privatising Its Occupation of Palestine. By Global Research News. Global Research, November 06, ...


Private companies have been invest­­ing for years in the settlement project. But that involvement, as well as the amounts of money being made, have increased dramatically in the past decade. For Israelis, the West Bank has become a kind of special economic zone, where settlements often provide more profitable business conditions—low rents, favorable tax rates, government subsidies, and access to cheap Palestinian labor—than in Israel proper.

13/03/2016

Errare Humanum Est, Perseverare Diabolicum !

(comprenne qui pourra ... ou voudra ... fouchtra ! )

lu sur :

EDF chief executive warns France over Hinkley costs - The ...


www.theguardian.com › Business › EDF Energy
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Il y a 2 jours - Jean-Bernard Lévy says nuclear project will not go ahead without more financial backing from French government.


One analyst earlier this week described the Hinkley project as “insane” because of the problems EDF and Areva had experienced at similar schemes at Flamanville in Normandy and Olkiluoto in Finland.

The Japanese prime minister at the time of the Fukushima nuclear accident has warned that nuclear power is unsafe and too expensive to justify building new plants anywhere in the world.

Speaking on the fifth anniversary of the disaster on Friday, Naoto Kan said he was against the idea of Japanese manufacturers such as Hitachi and Toshiba building nuclear plants in the UK.

“Nuclear power is not safe. In the worst case scenario up to 50 million people would have had to be evacuated. Nuclear power is not a suitable technology and renewable power is much better,” Kan told the Guardian.

24/01/2016

On n'arrête pas le progrès ! (un exemple : la pêche industrielle)

La surpêche et le déclin des ressources ont été ... - Le Monde

www.lemonde.fr/.../le-declin-de-la-peche-a-ete-largement-sous-estime_484...
Il y a 5 jours - Une étude publiée dans « Nature » contredit les statistiques de l'ONU et montre que les prises dans le monde sont beaucoup plus prédatrices ...
 
La surpêche et le déclin des ressources ont été largement sous-estimés

Le Monde.fr | 19.01.2016 à 17h34 • Mis à jour le 19.01.2016 à 18h02 | Par Martine Valo


Dans les mers et les océans du globe, on prélève nettement plus de poissons que les statistiques officielles ne le prétendent. Néanmoins, malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer depuis les années 1990. Autrement dit, les pêcheurs dépensent toujours plus d’efforts et de carburant pour rapporter de moins en moins de poissons.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, la pêche mondiale a connu un pic en 1996, avec 86 millions de tonnes de poissons sortis de l’eau, puis elle est restée quasiment « stable » selon son administration, perdant juste 0,38 tonne par an. Il n’y aurait donc pas de quoi trop s’inquiéter pour l’état des stocks. Las, ces chiffres sont largement sous-estimés, montre une étude de Daniel Pauly et Dirk Zeller, de l’université de Colombie-Britannique, au Canada, publiée mardi 19 janvier par le site Nature Communications.
(*)


Le secteur a effectivement atteint un sommet en 1996, constatent-ils, mais qu’ils chiffrent à 130 millions de tonnes. Puis les performances de la pêche ont régressé trois fois plus fortement que les statistiques de la FAO ne l’indiquent : de 1,2 million de tonnes par an. Globalement, les deux chercheurs observent une différence de 53 % entre les quantités répertoriées officiellement et leurs propres calculs.


Chute de la pêche industrielle

Leur travail devrait faire date : c’est la première fois que sont publiées des estimations à l’échelle mondiale en dehors de celles de la FAO. Daniel Pauly, directeur du Fisheries Center de l’université de Vancouver, est l’un des plus fameux halieutes sur la scène internationale. Ce biologiste récompensé de multiples prix est le premier à avoir développé des techniques d’évaluation basées sur de multiples documents et a créé une base de données unique et réputée, Sea arounds us.

« Cela a pris beaucoup de temps de mettre à jour les séries temporelles des prises, sans interruption de 1950 à 2010, témoigne-t-il. Mais ça y est : nous avons les statistiques documentées de 200 pays, c’est ce résumé que nous publions aujourd’hui. »

Ce sont les rendements faiblissants de la pêche industrielle qui expliquent largement le déclin global. Selon la FAO, le chalutage de crevettes, par exemple, a chuté entre les années 1990 et 2000, de 27 millions à 7 millions de tonnes environ. La pêche artisanale, quant à elle, est passée de 8 millions de tonnes en 1950 à 22 millions de tonnes en 2010 et semble moins soumise aux variations d’une saison à l’autre.

Pourtant de nombreux Etats la négligent dans leur collecte de données. Ils dédaignent plus encore la pêche de subsistance que l’étude évalue à 3,8 millions de tonnes, sans parler de celle de loisir. Ils ignorent en outre l’ampleur des pratiques illégales qui pillent leurs eaux ou bien les campagnes auxquelles se livrent certains de leurs navires, sans licence, dans les eaux de pays en développement. L’absence de ces éléments génère des sous-estimations chroniques.

Statistiques qui diffèrent selon les pays

Entre la Chine, qui surestime ses prises, « parce que, politiquement, le régime veut afficher des résultats toujours plus productifs » et l’Espagne, « où cela ferait scandale si l’on quantifiait précisément les prises de la pêche clandestine », chaque pays a sa propre vision des performances de ses pêcheurs, analyse le biologiste. On ne peut pas se fier aux seules caisses débarquées au port. Il faut décortiquer la situation au cas par cas, évaluer le fuel consommé, le nombre de bateaux, éplucher des centaines d’articles.

« Dans des régions du Pacifique, pour citer un autre exemple, on ne rapporte que les exportations, nobles, de thon. On ne prend pas en considération les crustacés et les petits poissons que les femmes collectent dans les récifs coralliens et qui nourrissent pourtant la population », rapporte le chercheur. De plus, les statistiques de l’Union européenne ou des Etats-Unis ne sont pas comparables à celles de l’Afrique, imprécises faute de moyens. « En Asie du Sud-Est, ce sont des sociétés qui produisent des données, en appliquant invariablement le même ratio. Nous avions pu le constater lorsque le cyclone Narguis avait détruit la moitié de la flotte de pêche de Birmanie en 2008, sans qu’aucun impact n’apparaisse cette année-là… »

Déclin d’un apport en protéines essentielles

L’étude admet une part d’approximation, mais bien inférieure à celle de la FAO. Récemment, le travail dirigé par Daniel Pauly a nourri une polémique ayant pour cible la FAO. Les agents de l’ONU n’ont pas les moyens de vérifier les données que leur transmettent les Etats, souligne M. Pauly, en précisant les avoir prévenus de la teneur de sa publication. « Il nous arrive de demander à des pays de revoir leurs méthodologies, nous les y aidons parfois, précise Lahsen Ababouch, directeur de la division de la pêche et de l’aquaculture à la FAO. Nos données sont plus fiables depuis 2000. Le propos de M. Pauly est d’évaluer tout ce qui est retiré de la mer, notre mission est de fournir des tendances avec le moins d’incertitudes possible. »

L’important est surtout de mesurer l’ampleur du déclin d’un secteur qui reste un apport de protéines essentielles auprès de beaucoup de populations côtières, rappelle l’étude publiée par Nature Communications. Or, globalement, les tendances mondiales sont à la baisse, hormis dans quelques rares régions du monde où l’on voit des stocks se régénérer comme aux Etats-Unis, en Australie, ou commencer à se redresser comme dans l’Atlantique nord-ouest, où l’Union européenne a imposé des quotas. « Même si des statistiques fantaisistes tendent à le compenser, le déclin est clair et net, insiste Daniel Pauly. Il est même sans doute plus élevé que ce que nous disons. » Les auteurs de l’étude suggèrent à la FAO de faire équipe avec d’autres chercheurs pour établir ses statistiques, comme elle le fait pour recenser les forêts.


 Martine Valo
journaliste Planète

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/19/le-declin-de-la-peche-a-ete-largement-sous-estime_4849986_1652692.html#K5TBuTAvMZLKrRDq.99
 
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(*)

Catch reconstructions reveal that global marine fisheries ...

nature.com/articles/doi:10.1038/ncomms10244 - Traduire cette page
Il y a 5 jours - Catch reconstructions reveal that global marine fisheries catches are higher than reported and declining. Daniel Pauly,; & Dirk Zeller,.

27/09/2015

Il est plus facile d'être stupide et à courte vue qu'intelligent et prévoyant !

Ahhh ! Puissance des lobbies automobiles et pétroliers !

L’affaire Volkswagen remet sur le devant de la scène ce carburant plus polluant que l’essence, mais longtemps favorisé par les Français.

(il serait plus juste de dire : toujours favorisé par  les "décideurs" politiques et économiques")

Le patron de Volkswagen : « Je suis infiniment désolé » - Le Monde

www.lemonde.fr/.../le-patron-de-volkswagen-je-suis-infiniment-desole_ 4767968_1654940.html

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sur le même sujet :

Emmanuelle Cosse réclame une interdiction du diesel d'ici 2025 ...

www.liberation.fr/.../emmanuelle-cosse-reclame-une-interdiction-du-diesel-d- ici-2025_1389405

REPORTAGE La tête de liste Europe Ecologie-Les Verts en Ile-de-France a lancé sa campagne pour les régionales en s'appuyant sur le scandale des tests anti-pollution truqués de Volkswagen et pour faire oublier les divisions des Verts.

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UKFrance and Germany lobbied for flawed car emissions tests ...

www.theguardian.com/.../uk-france-and-germany-lobbied-for-flawed-car-emissions-tests-documents-reveal
 
8 hours ago ... UKFrance and Germany lobbied for flawed car emissions tests,documents reveal. Exclusive: Countries publicly calling for investigations into ...

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et sur MEDIAPART :

La grande hypocrisie des moteurs diesel -

Mediapart 

25 septembre 2015 

extrait :

Pour ne rien arranger, le quotidien britannique The Guardian a révélé le 24 septembre que les gouvernements allemand, britannique et français avaient fait du lobbying auprès de la Commission européenne pour rendre moins sévère la procédure de contrôle des émissions des voitures, qui doit être modifiée en 2017. Dans ce contexte, la hâte des gouvernements à faire aujourd’hui toute la lumière sur le scandale apparaît quelque peu de circonstance. Au demeurant, les Verts allemands dénoncent l’« hypocrisie » d’Alexander Dobrindt, le ministre des transports. Oliver Krischer, député des Grünen, estime que « le gouvernement est depuis des années au courant des manipulations des firmes automobiles » et que « le scandale actuel est le résultat d’une politique qui fait fi de la protection de l’environnement et des consommateurs ». Contacté par Mediapart, le bureau de Krischer précise : « Le problème est connu de nous et de la plupart des experts depuis des années, mais le gouvernement n’a rien fait contre ; nous pensons que d’autres constructeurs [que Volkswagen] utilisent des stratégies similaires, mais aucun nom n’a été mentionné. »

Alexander Dobrindt récuse les attaques des Verts. Mais plusieurs sources confirment que la pratique reprochée à Volkswagen par l’EPA, l’Agence de protection de l’environnement américaine, n’est pas un cas isolé. Le 10 septembre, avant que le scandale n’éclate aux États-Unis, l’ONG Transport & Environment (T&E) a publié un rapport sur la pollution automobile dont le message tient dans le titre : Don’t Breathe Here, « Ne respirez pas ici ». Selon ce rapport, les modèles récents de voitures diesel émettent cinq fois plus de particules et de gaz polluants que la limite autorisée par la nouvelle norme, dite Euro 6, entrée en vigueur début septembre. Sur 23 voitures testées, seules trois sont apparues conformes à la norme, et un modèle Audi a produit 22 fois plus d’émissions que la limite.

24/01/2015

Contre l'extraction de sable dans la baie de Lannion !

 Nota Bene :

les personnes qui lisent les notes mises sur ce blog ont sans doute remarqué la présence d'un bandeau publicitaire dans le haut de l'écran. Cette publicité, mise par le MIDI LIBRE, n'existait pas auparavant ; elle est apparue il y a quelques jours. 

Il faut savoir que cette publicité est extrêmement gênante pour l'enregistrement des notes et ralentit considérablement leur mise en page. 

De plus, je suis par principe opposé à toute publicité.

J'envisage donc de trouver un autre hébergeur pour ce blog.

L'adresse vous en sera donnée en temps voulu.

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lu sur :

(le surlifgnage est de moi)

 
Sable. Lannion dira non à l'extraction 23 janvier 2015 à 12h19/ Jean-Luc Le Roux 
 
© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/sable-lannion-dira-non-a-l-extraction-23-01-2015-10501441.php
 
Lannion attend plusieurs milliers de manifestants, demain, contre un projet d'extraction de sable coquillier. Le ministre de l'Économie doit prochainement trancher ce dossier, qui est en instance depuis près de cinq ans. 
 
> Peuple des dunes. Manifestation le 24 janvier 
> Pêche. "La dune, c'est le poumon" 
 
« Non à l'extraction de sable ». Ce message s'affiche sur d'immenses banderoles déployées à Lannion où plusieurs milliers de personnes sont attendues, demain matin, pour une grande manifestation. 
 
400.000 m³ annuels 
 
Depuis 2010, le monde de la pêche, du tourisme, les défenseurs de l'environnement, les élus locaux sont vent debout contre la demande de la CAN (Compagnie armoricaine de navigation). Cette filiale du groupe Roullier, basée à Pontrieux, recherche un amendement agricole comme substitut au maërl, désormais protégé, et souhaite extraire du sable coquillier dans un gisement situé en baie de Lannion, à 6 km de Trébeurden, entre les zones Natura 2000 de la Côte de Granit Rose et de la baie de Morlaix. La demande initiale portait sur 400.000 m³ annuels, pendant vingt ans. Ce projet a déclenché une opposition quasi unanime sur le territoire, fédérée au sein du collectif Le Peuple des Dunes en Trégor, qui avance de nombreux arguments défavorables.   
 
« Allez plus au large » 
 
Les principaux portent sur les risques de perte de la ressource en pêche, par la turbidité de l'eau et disparition du lançon, petit poisson qui vit dans la dune, nourriture préférée du bar, et l'érosion du trait de côte qui fragiliserait des rivages déjà durement éprouvés par les tempêtes de l'année dernière. « Nous ne sommes pas contre l'extraction de sable. Mais allez plus au large, là où les incidences seront moindres », répond Alain Bidal, président du Peuple des Dunes en Trégor, au discours de la CAN qui défend ses 24 emplois et le besoin d'amendements calcaires pour l'agriculture. Il y a déjà près de cinq ans que le dossier est en instruction, sans obtenir de réponse, positive ou négative, pour l'instant. L'enquête publique menée à l'automne 2010 avait débouché sur un avis favorable, assorti de réserves. 
 
La CAN revoit à la baisse 
 
Face aux oppositions, la CAN a revu à la baisse ses prétentions, à 250.000 m³ par an, pendant 15 ans, « assortis d'une montée en puissance progressive sur les cinq premières années », selon la compagnie. « Le volume total passe de 8 à 3,1 millions de m³, soit une diminution de 61 %. Il ne représente plus que 2 % du volume de la dune », ajoute la CAN, qui propose de suspendre les mouvements des sabliers en mai et juin, la période la plus sensible pour la reproduction du lançon. C'est au ministre de l'Économie qu'il appartient de trancher ce dossier, en accordant ou pas le titre minier nécessaire à l'exploitation du gisement. Et la décision d'Emmanuel Macron serait « imminente », selon les opposants. Ce qui est démenti par le cabinet du ministre. « Il n'y a pas de décision imminente », répond-il en rappelant que le ministre est actuellement absorbé par l'examen de son projet de loi sur l'activité, qui sera débattu à partir de lundi à l'Assemblée Nationale. « Le dossier suit son cours, nous sommes au bout du processus. Toutes les étapes purement administratives ont été franchies. Il y a maintenant une nécessaire concertation avec les parties prenantes locales. Le gouvernement a toujours été très attentif au dialogue », ajoute la même source au cabinet. 
 
Rencontre avec le ministre ? 
 
À l'été 2013, son prédécesseur, Arnaud Montebourg avait laissé entendre, à demi-mot, un accord sur ce projet. Depuis, la seule prise de position du gouvernement a été une déclaration de Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, exprimant son « opposition », en juin 2014. Selon Corinne Erhel, députée (PS) de la circonscription de Lannion, opposée à ce projet, Emmanuel Macron devrait prochainement inviter tous les protagonistes à une rencontre au ministère, comme l'avait fait Arnaud Montebourg, au mois d'août 2013, sans pouvoir rapprocher les positions. « Emmanuel Macron est attentif à la situation. L'important est que le ministre puisse écouter chacun, déclare Corinne Erhel. Il faudra argumenter sur le fond, et d'abord sur l'environnement et les conflits d'usage en matière économique ».
 
© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/sable-lannion-dira-non-a-l-extraction-23-01-2015-10501441.php

10/10/2014

11 OCTOBRE 2014 : journée contre le traité de libre échange

communiqué :

infos sur : https://stoptafta.wordpress.com/

 

11 OCTOBRE 2014 : MOBILISATIONS

 – Journée Stop TAFTA, CETA, TiSA et Journée internationale GLOBAL FRACKDOWN

20/08/2014

Ressource naturelles : la "dette écologique" cette année

lu sur Le Point :

À partir du 19 aoûtl'humanité vit "à crédit" sur sa dette écologique

Le Point.fr - Publié le 19/08/2014 à 14:27

source AFP

Il a fallu à peine huit mois en 2014 pour consommer plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en renouveler, selon les calculs du Footprint Network.

Il y a une dette qui sera plus difficile à rembourser que d'autres, et elle n'est pas financière. La population mondiale vit en effet à "crédit écologique" à partir de ce mardi : elle a consommé en huit mois l'intégralité des ressources que la Terre peut produire sans compromettre leur renouvellement, a calculé l'ONG Footprint Network qui réalise ce bilan chaque année. "Pour le reste de l'année, notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l'accumulation du CO2 dans l'atmosphère", souligne l'ONG basée aux États-Unis. Le "jour du dépassement" ne cesse d'intervenir de plus en plus tôt dans l'année, c'est-à-dire que l'humanité engloutit son "budget écologique" de plus en plus vite.

Pression intense depuis les années 1970

Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003, et l'an dernier, il avait eu lieu le 20 août. L'humanité est "entrée en situation de dette écologique" dans les années 1970, selon l'ONG WWF. "Aujourd'hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler", poursuit-elle dans un communiqué. Selon Global Footprint Network, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l'empreinte actuelle de l'humanité.

Même si les chiffres sont mauvais, "nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l'utilisation durable des ressources. Mais il faut agir maintenant", a déclaré la directrice des programmes de conservation du WWF France, Diane Simiu. Énergies renouvelables, régimes alimentaires moins riches en viande, en finir avec l'économie linéaire (produire-jeter) et se convertir à l'économie circulaire où les déchets des uns sont les ressources des autres, ou encore repenser l'urbanisme sont autant de pistes mises en avant par l'ONG.

07/07/2014

Ferme-usine des 1000 vaches (suite)

lu sur le site du Point :

Le Point.fr - Publié le 05/07/2014 à 16:58 - Modifié le 07/07/2014 à 10:0

Il était une fois la fable des "mille vaches"

Une ferme laitière géante dans la Somme cristallise une forte opposition locale. Son promoteur veut aller jusqu'au bout. Ses détracteurs aussi.

C'est un feuilleton qui sent le soufre, même si on y parle principalement de bouses. Dans ce qui est devenu "l'affaire de la ferme des mille vaches", aucun des deux camps n'est prêt à rendre les armes. Cet affrontement, Colette Michaux, ancienne vice-présidente socialiste de Picardie, le résume à sa façon : "C'est l'histoire d'une vieille personne têtue et de petits bourgeois qui ne veulent pas perdre leur tranquillité." 

Un projet grandeur nature 

Dans le rôle du têtu, Michel Ramery. Ce patron nordiste, fils d'agriculteur, a fait fortune dans le BTP. Le groupe Ramery a engrangé en 2013 un chiffre d'affaires de 551 millions d'euros. D'après Challenges, il est, à 65 ans, la 349e fortune française. Celui qui rafle la quasi-totalité des marchés publics dans le Nord-Pas-de-Calais ne s'attendait pas à voir ses ambitions freinées aussi net quand il décide de s'offrir son "rêve" : ériger une vaste exploitation laitière dans la Somme. Près de 20 000 mètres carrés d'étables, un méthaniseur géant et jusqu'à 1 750 bêtes sous le même toit. La plus grande ferme de France devait ouvrir en décembre 2012. Elle est toujours au point mort.

Et pour cause, en face, les "petits bourgeois" - en l'occurrence les habitants de Drucat - ont de la ressource. La banlieue résidentielle plutôt aisée du nord d'Abbeville doit accueillir sur son territoire une parcelle de la ferme. Celle où fermentent les effluents bovins. Les premières habitations sont à 500 mètres. En septembre 2011, une rencontre publique entre Michel Ramery et les Drucatois jette un froid. Le discours est impossible, la guerre de tranchées commence.

Dès le lendemain, Le Courrier picard rapporte les craintes des habitants : bien-être des animaux, contamination de la nappe phréatique, hausse du trafic routier - pour livrer le lait mais aussi pour transporter des déchets qui "nourrissent" le méthaniseur. Le bruit et les odeurs, aussi. 

"C'est surtout la peur de perdre en valeur immobilière qui les motive", persifle Éric Mouton, le maire de la commune voisine de Buigny-Saint-Maclou, qui accueille le reste des installations laitières. Lui n'est pas opposé au projet, au contraire : il en a même conçu une partie des plans ! Localement, l'architecte reste plutôt isolé. Dès novembre 2011, des riverains créent l'association Novissen - Nos villages se soucient de leur environnement. Entendre "nos vies saines". C'est un autre Michel, le Dr Kfoury, qui prend la tête du mouvement. Il revendique aujourd'hui 2 350 membres, dont la majorité habite la Somme. "C'est un projet tellement juteux, il y a tellement de subventions derrière. On sait que Ramery ne lâchera pas comme ça. Mais il pensait avancer et laisser les gens s'essouffler", analyse le médecin, qui s'est présenté en quatrième position sur les listes EELV aux européennes, sans "être encarté". 

"Démontage" contre "saccage" 

Novissen attaque d'abord le projet de la "ferme-usine" en justice. Les résultats sont loin d'être à la hauteur des espérances : les opposants ne réussissent pas à obtenir en référé l'annulation du permis de construire de Michel Ramery. "C'est une honte collective, s'emporte Grégoire Frison, avocat de l'association. N'importe quel autre dossier aurait été cassé." L'avocat dénonce un "dossier sous tension", monté "n'importe comment". Deux procédures sur le fond, contre le permis de construire et l'autorisation d'exploiter, sont en instruction depuis plus d'un an. "On se bat sur tout, mais avec des pistolets à eau", soupire encore l'avocat. Et de pointer les soutiens politiques locaux de l'entrepreneur. Ce dernier a emmené une quarantaine d'élus de la région - y compris le sous-préfet du département et le maire d'Abbeville - en voyage en Allemagne pour visiter une ferme "modèle". 

Malgré ce lobbying grandeur nature, le projet subit tout de même un revers important puisque le préfet, dans son arrêté du 1er février 2013, plafonne le projet à 500 vaches laitières, la surface d'épandage disponible n'étant pas suffisante. Demi-victoire pour les détracteurs ? Pas vraiment. Car l'étable est toujours prévue pour au moins le double de bêtes. Dans la tête du promoteur, l'objectif mille vaches est maintenu. 

C'est alors que Novissen reçoit le soutien décisif de la Confédération paysanne, le deuxième syndicat agricole. Partisans d'une agriculture familiale, ses membres sont révulsés par les plans de Ramery. En tout, les militants de "la Conf" enchaînent trois escarmouches sur la ferme de Drucat-Buigny. Pour leur dernière action, le 28 mai, une trentaine de paysans infiltrent la salle de traite et participent à une opération de "démontage". On se croirait 15 ans plus tôt, à l'époque de l'attaque du McDonald's de Millau par José Bové, leur ancienne figure de proue . 

En tout, neuf militants sont poursuivis pour dégradations, le procès a été renvoyé au 28 octobre. Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat, en fait partie : "C'est un démontage symbolique, peut-être condamnable, mais c'est surtout un acte légitime", argumente-t-il. De la simple désobéissance civile, alors ? "Avec eux, c'est on saccage et on discute après", tonne Frank Berton, avocat de Michel Ramery, dont il est un ami. Le ténor du barreau, qui s'est illustré dans l'affaire Outreau, est confiant quant aux procédures en cours : "Il n'y a pas de fondements juridiques ! On n'attend pas un blanc-seing pour ouvrir, mais qu'on nous rende justice sur des faits de destruction", explique-t-il. Le promoteur estime les dégâts matériels à 150 000 euros. 

Version vachère de Notre-Dame-des-Landes ? 

Des actions-chocs qui réussissent leur véritable objectif : porter le débat au-delà de la sphère judiciaire. Même s'il s'en serait bien passé, c'est Stéphane Le Foll qui récupère la patate chaude. Le ministre de l'Agriculture, interpellé sans cesse sur le sujet, comme mercredi à l'Assemblée (voir vidéo ci-dessous), est bien obligé de prendre position. "Ce n'est pas mon modèle, affirme-t-il. Mon projet à moi, c'est d'avoir des agriculteurs, des paysans qui soient à la tête des exploitations agricoles." Pour autant, le ministère ne bougera pas : "Que voulez-vous faire contre un projet légal ?" y souffle-t-on. 

La question du modèle est bien le coeur du problème. D'un côté, l'avènement de l'"énergieculteur" à grande échelle, producteur aussi bien de biogaz que de lait, pour qui l'industrialisation et la salarisation des agriculteurs-employés sur le site les "libèrent" de tâches laborieuses. De l'autre, les partisans des exploitations laitières de petite taille, soit le modèle français historique depuis l'après-guerre, plus riche en emplois - la ferme Ramery compte une quinzaine d'employés, alors que 50 vaches font travailler en moyenne deux personnes ailleurs. Avec, en toile de fond, la fin des quotas laitiers au niveau européen en 2015.

"Quotas ou non, on n'a aucune certitude sur la supériorité d'un modèle par rapport à l'autre, assure Alexandre Gohin, économiste et directeur de recherche à l'Inra. Dans la mondialisation, les grosses boîtes comme les TPE peuvent s'en sortir." Le chercheur, plutôt favorable à l'expérimentation de fermes à grande échelle "pour essayer", rappelle qu'outre-Rhin ce modèle de développement a atteint ses limites avec plus de 10 000 unités de méthanisation. En France, l'objectif officiel est de 1 000 d'ici à 2020. Le territoire ne devrait donc pas être envahi de "fermes-usines" du jour au lendemain, quoi qu'en disent les détracteurs.

"Projet affectif"

Ces derniers soutiennent en tout cas qu'un projet agricole dont le dirigeant ne participe pas à la traite, dont il ne consomme pas la production et qui, in fine, est plus un gestionnaire qu'un paysan n'a pas d'âme en plus d'être prédateur pour les plus petits. Faux, rétorque Frank Berton, qui se fait le porte-parole de son client (lequel s'est imposé une cure de silence médiatique) : "C'est un projet affectif. Vous pensez bien que s'il ne lui tenait pas à coeur, il aurait déjà abandonné, étant donné tout ce qu'il a subi. Franchement, c'est beaucoup de bruit pour rien."

Que se passera-t-il alors si la ferme ouvre, comme Michel Ramery l'espère, avant la fin de l'année ? "On bloque ! prévient Michel Kfoury. C'est notre droit et... j'ai beaucoup de retraités avec moi." Une guérilla campagnarde revendiquée aussi par Laurent Pinatel : "Il n'y aura pas de trêve", dit-il. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour que le site devienne un nouveau merdier pour le gouvernement, dans tous les sens du terme. D'ailleurs, pour parler de leur "combat", les membres de Novissen ont été invités ce week-end par... les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La fable des mille vaches est donc loin d'être terminée et on ne sait pas encore qui va en écrire la morale.

30/06/2014

Ferme-usine des 1000 vaches :les procès en cours

à lire sur BASTAMAG :

30/06/2014 MODÈLE AGRO-INDUSTRIEL

Ferme-usine des 1000 vaches : neuf opposants en procès

PAR SOPHIE CHAPELLE 30 JUIN 2014

« Le bonheur est dans le pré, pas dans l’usine à vaches ! » C’est au rythme de (...)

24/05/2014

Documentaire sur l’industrialisation de l’agriculture

lu sur BASTAMAG (lien ci-contre) :

« La Guerre des Graines » : enquête sur une bataille souterraine et silencieuse

23/05/2014 RÉDACTION

En 100 ans, sous les effets de l’industrialisation de l’agriculture, les trois-quarts de la biodiversité cultivée ont disparu. Alors que se renforce la main-mise sur les semences par une poignée de multinationales, un vaste arsenal réglementaire limite le droit des paysans à échanger et reproduire les semences. Le documentaire « La Guerre des Graines », qui sera diffusé le 27 mai sur France 5, décrypte les batailles autour de la privatisation du vivant, avec l’appui de témoignages de paysans, d’élus, de militants, d’experts et d’industriels. Un film percutant et engagé, vivement recommandé par la rédaction de Basta !.

26/04/2014

Agriculture intensive et géants de l'agrochimie

lu sur :

www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/23/les-geants-de...

les surlignages sont de moi

 

 

LE MONDE | 23.04.2014 à 10h57 • Mis à jour le 23.04.2014 à 16h34 |

Par Laurence Girard

Une coccinelle posée sur un haricot vert. Cette image bucolique accueillait les participants au forum organisé par le ministère de l'agriculture, mardi 22 avril, à la Cité des sciences et de l'industrie, à Paris, sur le thème du biocontrôle. Une manière d'illustrer les alternatives aux pesticides, fongicides et herbicides chimiques dont le ministre, Stéphane Le Foll, veut promouvoir l'usage auprès des agriculteurs.

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Mais la coccinelle croqueuse de pucerons ne fait pas à elle seule le biocontrôle. Derrière ce terme se cachent quatre familles de produits issus du milieu naturel et utilisés dans la protection des cultures. Les macro-organismes, comme les insectes ou les acariens. Les micro-organismes que sont les champignons, les virus ou les bactéries. Les médiateurs chimiques comme les phéromones utilisées pour lutter contre les insectes par confusion sexuelle. Et les substances naturelles, issues de plantes, d'animaux ou de minéraux, dont la rustique bouillie d'ortie.

Une boîte à outils bien garnie, mais encore peu exploitée par les agriculteurs. « Les produits de biocontrôle pèsent 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et ne représentent que 5 % du marché des phytosanitaires », a rappelé Jean-Pierre Princen, président de l'Association française des producteurs de produits de biocontrôle (IBMA).

UN MARCHÉ MONDIAL ÉVALUÉ À 1,6 MILLIARD D'EUROS

La France reste forte consommatrice de produits phytosanitaires chimiques. Avec tous les risques encourus. « Le rapport de l'Inserm [Institut national de la santé et de la recherche médicale] publié en 2013 a fait le lien entre l'usage des pesticides et certaines maladies », a réaffirmé Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle.

M. Potier a souligné que l'objectif de réduction de 50 % de l'usage des produits phytosanitaires d'ici à 2018, fixé par le plan Ecophyto dans le cadre du Grenelle de l'environnement, n'a pas été atteint. Au mieux, il évoque une stabilisation. La loi d'avenir agricole, qui devrait être adoptée d'ici à l'été, la refonte du plan Ecophyto en cours de discussion, et les évolutions réglementaires en Europe et en France, devraient contribuer à donner une dynamique au biocontrôle.

Cette perspective de croissance d'un marché mondial évalué à 1,6 milliard d'euros n'a pas échappé aux géants de l'agrochimie. Depuis quelques mois, on assiste à leur arrivée en force à coups d'acquisitions ou d'alliances. A l'été 2012, l'allemand Bayer s'emparait de l'américain AgraQuest. Son compatriote BASF lui emboîtait le pas en acquérant Becker Underwood. En décembre 2013, l'américain Monsanto se lançait en créant BioAg Alliance, une alliance avec le numéro un mondial des enzymes, le danois Novozymes. Quant au suisse Syngenta, il avait pris une longueur d'avance en créant sa filiale Bioline.

« DES PRODUITS DE PLUS EN PLUS EFFICACES »

Les PME françaises du biocontrôle sont convoitées. Ainsi, la société Goëmar, dirigée par M. Princen, vient d'être rachetée par Arysta LifeScience, détenue par le fonds Permira. Et Agrauxine, qui a développé avec l'Institut national de la recherche agronomique un produit pour lutter contre la maladie du bois de la vigne, a été reprise par le numéro un mondial des levures, le français Lesaffre.

« Les grands groupes accélèrent. Les produits de biocontrôle sont de plus en plus efficaces. La réglementation devient plus favorable. Les agriculteurs et les consommateurs sont demandeurs. De plus, il y a un phénomène de résistance accrue aux produits phytosanitaires chimiques. Pour les faire perdurer, les fabricants veulent les associer aux produits de biocontrôle », explique M. Princen.

Cet assaut des grands groupes sur le marché du biocontrôle ne va pas sans poser des questions. « N'est-ce pas un outil de plus pour privatiser le vivant ? », s'interroge Philippe Guichard, de la Confédération paysanne.

Pesticides
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 Mon commentaire :

utiliser des macro-organismes, comme les insectes ou les acariens, ou des micro-organismes cpmme les champignons, les virus, les bactéries n'est pas sans risque a priori. Voir la coccinelle asiatique par exemple :

fr.wikipedia.org/wiki/Coccinelle_asiatique   En cache

08/04/2014

Agriculture, abeilles, pesticides, Europe

lu sur :

LE MONDE | 07.04.2014 à 11h06 • Mis à jour le 07.04.2014 à 11h54 |Par Stéphane Foucart

Phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990, le déclin des abeilles, insectes pollinisateurs indispensables à 84 % des végétaux cultivés en 
Europe, n'avait jamais été précisément évalué au sein de l'Union. C'est désormais chose faite avec l'étude « Epilobee », dont les premières conclusions devaient être présentées lundi 7 avril à Bruxelles.

Les résultats de cette enquête, menée dans dix-sept Etats membres, montrent que les pays du nord de l'Europe sont frappés par des mortalités très supérieures à celles qui touchent le pourtour méditerranéen. En cumulant les mortalités hivernales et estivales, la Belgique apparaît comme le territoire le plus touché, avec un taux de mortalité de 42,5 %, suivie de près par le Royaume-Uni (38,5 %), la Suède (31,1 %), la Finlande (29,8 %) et la France (27,7 %). Ces résultats confirment la mauvaise santé des pollinisateurs.

A l'inverse, le problème semble moins inquiétant qu'attendu dans plusieurs pays du Sud comme la Grèce (9,1 %), l'Italie (7,6 %) ou l'Espagne (16,3 %). Dans ce tableau disparate, la France apparaît comme le pays où la mortalité est, de loin, la plus élevée au cours de la saison apicole : 13,6 %, contre moins de 10 % dans tous les autres pays étudiés. La production de miel y a chuté de moitié depuis les années 1990.

UN RAPPORT DE 30 PAGES SANS LE MOT « PESTICIDE »...

Financée par Bruxelles à hauteur de plus de 3 millions d'euros et pilotée par l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses), l'étude est de dimension inédite. Elle a mobilisé plus de 1 300 inspecteurs qui ont visité à trois reprises, entre l'automne 2012 et l'été 2013, près de 3 300 ruchers totalisant quelque 32 000 colonies d'abeilles.

« Epilobee est originale par son envergure et par sa volonté d'appliquer des méthodes harmonisées à l'échelle de l'Europe, se félicite Axel Decourtye (Réseau des instituts des filières agricoles et végétales). L'abeille est restée trop longtemps orpheline d'un réseau de surveillance fonctionnel. Grâce à ce dispositif, l'ampleur des problèmes que nous connaissons en France est révélée une nouvelle fois : environ un tiers des colonies suivies meurt dans l'année ! »

Le moratoire partiel sur quatre insecticides problématiques, décidé par Bruxelles et entré en vigueur en décembre 2013, est trop récent pour avoir eu un impact sur les résultats.

A chaque visite, les mortalités ont été relevées, mais aussi la présence des principaux pathogènes de l'abeille comme les parasites varroa ou noséma.

Lire aussi (éditions abonnés) Un mal mystérieux décime les ruches ariégeoises (*) 

En revanche, aucune mesure de pesticides n'a été faite dans les ruches analysées. Un point qui suscite des critiques acerbes dans la communauté scientifique : « Cette étude est un peu étrange, ironise l'apidologue David Goulson, professeur à l'université du Sussex (Royaume-Uni). Ils dépensent plus de 3 millions d'euros pour étudier la santé de l'abeille et ne mentionnent même pas le mot “pesticide” ! »

De fait, le mot est absent des trente pages du rapport publié. « Le protocole choisi ne considère qu'une seule catégorie de facteurs pouvant causer des troubles de l'abeille : les agents pathogènes et les parasites, renchérit l'apidologue Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS. Si on ne recherche que des agents infectieux, on ne risque pas de trouver des résidus de pesticides. Ce choix est politique, pas scientifique. »

« Nous nous sommes accordés avec la Commission pour élaborer, sur les deux premières années, une méthode d'évaluation robuste de la santé des colonies, afin de pouvoir comparer les pays, répond Gilles Salvat, directeur de la santé animale à l'Anses. Si nous avions d'emblée effectué un très grand nombre de prélèvements et d'analyses supplémentaires, le coût aurait été prohibitif. A l'avenir, des études plus ciblées seront faites. »

MORTALITÉ ET AFFAIBLISSEMENT DES COLONIES

En l'état, les résultats semblent déjà exclure la responsabilité unique des pathogènes naturels dans les mortalités relevées. « En France, les maladies recensées lors de la visite estivale des ruches sont à un niveau très bas : 1,5 % pour la loque américaine, 1,2 % pour le varroa et moins de 1 % pour la noséma », estime un chercheur qui a requis l'anonymat. Ce dernier regrette aussi que l'environnement des ruchers sélectionnés ne soit pas précisément décrit (zone de grandes cultures, etc.), ce qui rend impossible la recherche de liens éventuels entre les mortalités et les types d'agriculture pratiqués près des ruches.

En outre, M. Arnold relève que seule la mortalité des colonies a été retenue, un choix qui minimise la gravité de la situation. « Il faudrait aussi prendre en compte l'affaiblissement des colonies, dit le chercheur, car des populations faibles donnent peu de récoltes, ce qui est préjudiciable pour les apiculteurs. »

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sur le même sujet :

L'Europe en grave déficit d'abeilles pour polliniser ses cultures... - Le Monde

www.lemonde.fr/.../l-europe-en-grave-deficit-d-abeilles-pour-polliniser-ses- cultures_4345742_3244.html

Le Monde.fr avec AFP | 09.01.2014 à 18h48 • Mis à jour le 09.01.2014 à 19h09

L'Europe affiche un déficit de 13,4 millions de colonies d'abeilles, soit 7 milliards d'individus, pour correctement polliniser ses cultures. Ce sont les conclusions de chercheurs de l'université de Reading (Royaume-Uni), publiées mercredi 8 janvier dans la revue Plos One.

La cause ? En raison du développement des cultures oléagineuses notamment utilisées dans les agrocarburants, les besoins de pollinisation ont crû cinq fois plus vite que le nombre de colonies d'abeilles entre 2005 et 2010.

D'où, aujourd'hui, une situation de déficit : « L'Europe a seulement deux tiers des colonies d'abeilles dont elle a besoin », indiquent les auteurs. Dans la moitié des 41 pays étudiés, « il n'y a pas assez d'abeilles pour polliniser correctement les cultures, notamment en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie », précisent-ils.

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Le cas de la Grande-Bretagne est particulièrement préoccupant avec moins d'un quart des abeilles nécessaires à la pollinisation. En France et en Allemagne, entre 25 et 50 % des colonies d'abeilles nécessaires sont présentes.

Lire la note de blog : A quoi ressembleraient nos supermarchés sans les abeilles ? 

AGRICULTURE DÉPENDANTE DES POLLINISATEURS SAUVAGES

Du coup, soulignent les scientifiques, l'agriculture est de plus en plus dépendante des pollinisateurs sauvages (bourdons, etc.), des espèces qui peuvent se révéler vulnérables, notamment dans le cas de monocultures.

Lire (édition abonnés) : Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles 

« Cette étude montre que la politique européenne en matière d'agrocarburants a pour conséquence imprévue de nous rendre plus dépendants des pollinisateurs sauvages », relève Tom Breeze, l'un des auteurs de l'étude. Selon son collègue Simon Potts, « nous allons vers une catastrophe à moins d'agir maintenant : les pollinisateurs sauvages doivent être mieux protégés ».

« Il y a une déconnexion entre les politiques environnementales et agricoles en Europe : les agriculteurs sont encouragés à cultiver des oléagineux, mais il n'y a pas suffisamment de réflexion sur la manière d'aider les insectes à assurer la pollinisation », estime M. Potts.

et aussi (*) :

Un mal mystérieux décime les ruches ariégoises

LE MONDE | 07.04.2014 à 11h06 |

Par Gilles van Kote (Serres-sur-Arget, Ariège, envoyé spécial )

Quel mal mystérieux frappe depuis cet hiver les ruches de l'Ariège, provoquant la disparition d'environ 20 % des colonies, selon certains exploitants ? Pour Nicole Russier et Bertrand Théry, un couple d'apiculteurs installés depuis les années 1980 dans la vallée de la Barguillère, au-dessus de Foix, cette hécatombe en rappelle une autre : celle survenue en 2008-2009. Ils avaient alors perdu la moitié de leurs ruches. Pour eux, pas de doute, les résidus des traitements administrés aux animaux par les éleveurs pour lutter contre la fièvre catarrhale étaient alors responsables de la mortalité des pollinisateurs.

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« Cette année, nous avons le sentiment de revivre le même genre de catastrophe, témoignent-ils. Ç'a commencé fin novembre-début décembre 2013. Il y avait des tapis d'abeilles mortes. C'est un massacre incroyable : dans certains endroits, où il y avait une quarantaine de ruches, il n'en reste plus qu'une. »

Les vallées froides ont été particulièrement touchées. Certaines zones sont mieux épargnées, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Le varroa, un acarien parasite de l'abeille, a été soupçonné. Mais les premiers prélèvements l'ont mis hors de cause. Une campagne de visites de ruchers menée en décembre par l'Association de développement de l'apiculture en Midi-Pyrénées a abouti à la conclusion que « la proximité d'un environnement en zone d'élevage semblait être le seul point commun » aux colonies détruites.

COHABITATION DIFFICLE ENTRE ÉLEVEURS ET APICULTEURS

Pour se faire mieux entendre des pouvoirs publics, une quarantaine d'apiculteurs ariégeois ont constitué un collectif. Fin février, celui-ci a rencontré François Gerster, coordinateur ministériel du plan de développement durable de l'apiculture, qui lui a assuré qu'une enquête visant à déterminer les causes de l'intoxication des abeilles allait être menée.

Au fil des années, la cohabitation entre les 690 apiculteurs ariégeois et leurs voisins éleveurs est devenue de plus en plus difficile, les premiers supportant mal de voir leurs compétences mises en cause et les seconds, plus puissants sur le plan économique, se sentant placés en position d'accusés.

Lire aussi  En Europe, le déclin des abeilles frappe lourdement les pays du Nord

De leur exploitation de Lux, un hameau situé sur la commune de Serres-sur-Arget, Nicole Russier et Bertrand Théry ont vu la situation sanitaire des abeilles se détériorer« Nous nous sommes installés ici pour être à l'abri des grandes cultures et des pesticides, mais, depuis une quinzaine d'années et l'arrivée de nouveaux antiparasitaires dans les élevages comme l'Ivermectine, on enregistrait de petites mortalités, comme un bruit de fond, raconte l'apicultrice. Si, dans des coins comme le nôtre, l'abeille ne peut plus vivre, c'est que quelque chose ne va plus. »

Pour la première fois en 2013, le couple, dont les 400 ruches produisent du miel d'acacia, de châtaignier, de rhododendron et de bruyère, n'a pas récolté de miel de bruyère. Tout juste retraité, il n'a eu aucun mal à trouver preneur pour ses colonies saines auprès de jeunes confrères cherchant à compenser la perte de leurs ruches. « Nous avons vécu l'âge d'or sans même nous en apercevoir », soupire Bertrand Théry.

04/03/2014

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : enfin une initiative

lu sur le 

Journal de l'Environnement: Environnement, santé et Sécurité

www.journaldelenvironnement.net/
Perturbateurs endocriniens: la Suède va poursuivre la Commission devant la CJUE
Le 03 mars 2014 par Marine Jobert

 
Stockholm ne s’en laisse pas conter dans le dossier des perturbateurs endocriniens: la Suède vient de sommer la Commission européenne de s’expliquer sur sa décision de reporter sine die l’annonce des critères scientifiques retenus pour définir ces substances chimiques qui perturbent le système hormonal. Officiellement, Bruxelles attendrait la réalisation d’une évaluation de l’impact économique. Mais le royaume scandinave considère que ce retard est incompatible avec l’enjeu sanitaire posé par les PE.
 
Selon des documents que Le Journal de l’environnement a pu consulter, la Suède vient d’amorcer la première étape de ce qui pourrait se transformer en un recours en carence contre la Commission européenne. Rarement mise en œuvre, cette procédure permet à un Etat de faire condamner une institution, un organe ou un organisme de l’Union européenne qui aurait fait preuve «d’inaction». Dans un courrier envoyé le 27 février, le gouvernement suédois fait grief à la Commission de son inaction dans le délicat dossier des perturbateurs endocriniens (PE). Bruxelles dispose de deux mois pour répondre, au terme desquels Stockholm se réserve le droit d’introduire le fameux recours en carence, si les explications fournies ne lui semblent pas convaincantes. C’est à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qu’il reviendra alors de contrôler la légalité de cette absence ou de cette omission d’agir.
ETUDE D’IMPACT
Si l’acte posé par la Suède est en apparence formel, il est pourtant diplomatiquement fort, dans un dossier économiquement et politiquement sensible. Dès le mois d’octobre dernier, le Royaume s’inquiétait: Bruxelles risquait de reporter l’annonce (prévue au plus tard le 13 décembre 2013) des critères scientifiques retenus pour définir ces substances chimiques qui perturbent le système hormonal. Source de son inquiétude: le lancement surprise d’une évaluation de l’impact économique qu’engendrerait l’édiction de cette définition, annoncée pour mars 2014 (et qui, pour l’heure, n’a pas connu de développements).
INDUSTRIE À LA MANŒUVRE
Un revirement qualifié de «contre-feu» de l’industrie par le député français Jean-Luc Roumégas. Dans un récent rapport d’information consacré à la stratégie européenne sur les PE, l’élu écologiste dénonçait une tactique éculée, «clairement suscitée, naguère, par l’industrie du tabac (…) Les lobbies industriels résistants à la réglementation ont donc atteint leur meilleur objectif possible au vu du consensus scientifique récemment acté: reporter l’échéance au-delà d’un scrutin [les élections européennes] qui, espèrent-ils, verra se renforcer les effectifs des députés eurosceptiques, opposés par principe aux réglementations communautaires contraignantes». Ce changement de stratégie avait été obtenu après une controverse montée de toutes pièces par des scientifiques, dont la journaliste Stéphane Horel avait démontré les liens forts qu’ils entretenaient avec l’industrie du secteur.
CRITÈRES «RETARDÉS»
Interpellé dès le mois d’octobre 2013 par Lena Ek, ministre suédoise de l’environnement, Janez Potocnik, le commissaire européen à l’environnement avait pris son temps pour répondre… Quatre mois plus tard, il rédigeait une lettre peu convaincante. «Etant donné les interpellations relatives aux possibles impacts significatifs associés à tel ou tel choix particulier de critères et le vigoureux débat qui a eu lieu l’été dernier dans la communauté scientifique sur les PE, la Commission a décidé de mener à bien une étude d’impact, en retenant plusieurs options selon les critères et pour leur mise en œuvre», détaille Janez Potocnik. En conséquence, explique-t-il, «les critères [pour les PE] sont malheureusement retardés». Mais à toute chose malheur est bon: «Cela permettra de prendre une décision informée et d’assurer la consultation de toutes les parties prenantes[1]
RÉACTIONS FRANÇAISES
La nouvelle de la démarche suédoise ravit Michèle Rivasi, eurodéputé écologiste. «Alors que c’est toujours la Commission qui poursuit les Etats qui ne respectent pas les directives, cette ministre suédoise somme courageusement la Commission de prendre une décision», se félicite cette membre active de la commission chargée de réfléchir à la stratégie nationale sur les PE, lancée l’an passé par la France. Le député de l’Hérault, Jean-Louis Roumégas, estime pour sa part que «la France doit suivre cet exemple», et appelle «tous les Etats à faire de même pour sortir de l’enlisement dans lequel se trouve l’Europe dans ce dossier». Philippe Martin, qui rencontrait ses homologues européens à Bruxelles aujourd’hui, aura-t-il eu vent de l’initiative suédoise? «Je vais lui envoyer un message pour qu’il lance une pétition en direction de la Commission!», conclut Michèle Rivasi.

 

[1] Une consultation publique est en effet prévue à compter de… janvier 2014, mais rien n’a été annoncé à ce jour.

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sur le même sujet, lire la note sur ce blog : Perturbateurs endocriniens...

05/10/2013

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

05/02/2014

Les pires endroits dans le monde ...

http://bit.ly/WorstPlaces

Un site anglophone à visiter si vous avez l'intention de faire du tourisme :

Les pires endroits au monde en fonction de critères sociaux et autres !

Il faut cliquer sur "durée de vie moyenne" ... "pollution" ... etc pour voir les statistiques.

http://bit.ly/WorstPlaces

 un exemple pour la pollution

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03/02/2014

Australie : changement climatique, connaît pas ... (suite)

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/01/la-grande...

 LE MONDE | 01.02.2014 à 10h03 • Mis à jour le 03.02.2014 à 10h05 |

Par Colin Folliot (Sydney, correspondance)
Les autorités australiennes viennent de porter un nouveau coup à la protection de l'environnement. Vendredi 31 janvier, l'Autorité du parc marin de la Grande Barrière de corail (GBRMPA) a donné son feu vert à un projet d'extension d'un port minier qui entraînera le rejet de trois millions de m3 de sédiments 24 km plus loin, au coeur de la zone maritime protégée. Cette décision pourrait pousser l'Unesco à rayer de sa liste du Patrimoine mondial le plus vaste ensemble corallien de la planète.
 

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Elu en septembre 2013, le premier ministre conservateur Tony Abbott, est un climato-sceptique revendiqué qui avait qualifié en 2009 de « connerie absolue » l'attribution du réchauffement à l'activité humaine. Son programme électoral très favorable aux industries polluantes promettait, par exemple, la fin des taxes sur les profits des industries minières. Désormais au pouvoir, il passe aux actes : plusieurs lois sont en cours d'examen qui prévoient notamment de supprimer la taxe carbone et le fonds d'investissement public chargé de soutenir le développement des énergies renouvelables.

C'est pour soutenir le secteur minier que le gouvernement souhaite ainsi une extension du port d'Abbot Point, dans le Queensland, au nord-est du pays. Ce projet doit en faire l'un des premiers terminaux de la planète pour l'exportation du charbon, dont l'Australie est un grand producteur mondial. L'agrandissement d'Abbot Point permettrait de faire partir 70 millions de tonnes de plus de minerai chaque année.

RISQUE D'ÉTOUFFEMENT DES CORAUX

« Il existait pourtant d'autres projets moins nocifs pour agrandir le port charbonnier, estime Richard Leck, directeur de campagne du Fonds mondial pour la nature (WWF). Il était possible d'éviter de déplacer ces 3 millions de m3 de déchets en construisant une plus longue digue ou de les stocker dans les terres. Mais c'était plus coûteux. » Selon lui, la GBRMPA aurait pris sa décision sous une forte pression du gouvernement. Qui plus est, plusieurs membres de l'Autorité du parc marin sont visés par une enquête pour conflits d'intérêts depuis les révélations de la chaîne de télévision ABC sur leurs liens avec l'industrie minière.

L'extension d'Abbot Point ne serait que le début d'une longue série, selon Jon Brodie, chercheur à l'université James-Cook et ancien de la GBRMPA : « Dans la décennie à venir, des projets sur tous les principaux ports de la côte pourraient entraîner le rejet de 80 millions de m3 de déblais. »

« La flore marine du site choisi pour les rejets est composée de sable, de vase et d'argile et ne contient pas de récifs coralliens », rétorque Russell Reichelt, président de la GBRMPA, rappelant qu'il a posé une cinquantaine de conditions avant d'accepter ce projet, dont un strict calendrier des rejets et une plus forte surveillance de la qualité de l'eau. « Je ne partage pas son optimisme sur le respect de ces conditions alors que, aujourd'hui, on coupe les effectifs et le budget de la GBRMPA et de l'environnement », répond Larissa Waters, sénatrice des Verts.

Ces précautions ne convainquent pas non plus les scientifiques. Plus de 200 d'entre eux ont cosigné une lettre à Russell Reichelt affirmant que « les études disponibles montrent de manière très claire que l'extension du port d'Abbot Point aura des effets nuisibles sur la Grande Barrière de corail. Les sédiments apportés par le dragage risquent d'étouffer les coraux et de les exposer à des substances toxiques ». De plus, l'extension du port entraînera mécaniquement une très forte hausse du trafic maritime à travers la Grande Barrière.

« DÉCISION QUI INTERVIENT À UN MOMENT TERRIBLE »

« Cette décision terrible intervient à un moment terrible, ajoute Richard Leck. En trente ans, la Grande Barrière a perdu plus de la moitié de ses coraux. » En cause, plusieurs facteurs, liés au dérèglement climatique et à l'activité humaine : hausse du nombre de tempêtes, réchauffement de l'eau, pollution de l'agriculture, développement industriel et portuaire de la côte du Queensland.

Depuis juin 2012, le comité du Patrimoine mondial de l'Unesco menace de retirer le site de sa liste pour la placer sur celle du Patrimoine mondial en danger – aux côtés par exemple de sites classés de la République démocratique du Congo ou de la Syrie. Le gouvernement australien devait d'ailleurs remettre le 1er février à l'Unesco un rapport consignant ses efforts pour protéger la Grande Barrière, en vue de la prochaine réunion du comité de l'organisation internationale, prévue en juin 2014.

Or, « sur chacune des sept recommandations du comité, le gouvernement a échoué à faire des progrès significatifs », affirme un rapport du WWF et de l'Australian Marine Conservation Society (AMCS). Interrogé sur ce risque, un porte-parole de la GBRMPA se borne à répondre que « le comité de l'Unesco prendra lui-même la décision ». Ce qui fait bondir Felicity Wishart, directrice de campagne à l'AMCS : « Soit le gouvernement ne comprend pas ce qui est en jeu, soit il ignore délibérément le comité. »

La Grande Barrière de corail est un véritable atout touristique, dont la destruction pourrait coûter cher à l'Australie. Selon une étude du ministère de l'environnement, elle aurait rapporté 5,7 milliards de dollars australiens (3,7 milliards d'euros) au pays en 2011-2012, et assure près de 70 000 emplois.

Lire aussi : 

« L'Australie sacrifie de plus en plus l'environnement au profit de l'économie »

« L'Australie sacrifie de plus en plus l'environnement au profit de l'économie ».pdf

La Grande Barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux depuis 1985.pdf

La Grande Barrière de corail "infiltrée" par l’industrie minière et gazière.pdf

En Australie, la Grande Barrière de corail accueillera des déchets.pdf

et aussi la note du 15/10/2013  sur ce blog:

Australie : changement...

23/11/2013

L'« insécurité alimentaire » en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/23/six-millions-d-adultes-victimes-d-insecurite-alimentaire_3519198_3224.html

Six millions d'adultes victimes d'"insécurité alimentaire"

LE MONDE | 23.11.2013 à 09h51 • Mis à jour le 23.11.2013 à 16h43 |Catherine Rollot

C'est la France des frigos vides. Celle des produits discount et des petits paniers, celle aussi qui peine à frapper aux portes des associations caritatives pour se faire aider. Alors que s'ouvre lundi 25 novembre la 29e campagne des Restos du coeur, qui risque cette année d'atteindre le chiffre record de 1 million de personnes accueillies, de plus en plus de familles vivent en « insécurité alimentaire ».

De ces ménages qui doivent faire des restrictions telles qu'ils n'ont plus accès en quantité mais surtout en qualité aux aliments pour satisfaire leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires, on sait peu de chose. En France, contrairement aux Etats-Unis, la notion est encore mal connue et souvent confondue avec l'absence ou l'insuffisance de sécurité des aliments. La tentation est aussi facile de restreindre cette population à celle des 3, 5 millions de bénéficiaires de l'aide alimentaire. Pourtant, de l'avis de Nicole Darmon, directrice de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui a étudié les comportements alimentaires des personnes défavorisées, 12,2 % des adultes appartiendraient à un foyer en « situation d'insécurité alimentaire pour raisons financières », soit plus de 6 millions de personnes, un chiffre bien supérieur à la population qui a recours à l'aide alimentaire. « Ce phénomène, même s'il est trois fois plus fréquent parmi les ménages défavorisés, ne se résume pas à la pauvreté monétaire, explique Mme Darmon. On estime ainsi que 22 % des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sont en situation d'insécurité alimentaire. Bien que plus faible, cette proportion atteint près de 8 % parmi les personnes vivant au-dessus de ce seuil. »

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Plus jeunes que la moyenne de la population, plus souvent des femmes ou des personnes seules, les victimes de la précarité alimentaire sont aussi celles qui ont les déséquilibres nutritifs les plus importants. Elles consomment ainsi encore moins de fruits et de légumes que les plus pauvres mais aussi beaucoup plus de produits sucrés et de plats cuisinés, alors que les plus modestes se tournent plutôt vers les féculents raffinés (pâtes, riz, pain…). « On peut être pauvre mais ne pas être dans une insatisfaction alimentaire, souligne Mme Darmon. L'assiette peut être remplie de féculents, mais le fait de faire de vrais repas, de se mettre à table, n'engendre pas la même frustration. En revanche, le “snacking”, les repas simplifiés, consommés dans un contexte d'isolement, entraînent une alimentation déstructurée, source d'insatisfaction et de carence. »

Par isolement, par manque d'information ou par pudeur… une grande part de cette population se tient souvent en marge de la distribution alimentaire. Ainsi Laurent Leroy, 50 ans, ouvrier au chômage depuis quatre ans à la suite d'un licenciement économique, a essayé pendant longtemps de « faire avec ». Au fur et à mesure de la baisse de ses indemnités chômage, la question de l'alimentation pour cet habitant de Montdidier (Somme) se résumait à une équation simple : « manger ce que je pouvais m'acheter », en gros des conserves à bas prix, avalées sans plaisir, sur un coin de table. Et de temps en temps de la viande.

Il y a quelques mois, en fin de droits, « au fond du trou », avec 485 euros mensuels, il s'est finalement décidé à demander de l'aide à la Croix-Rouge, qui lui distribue deux fois par mois un colis de nourriture. Pour utiliser au mieux les 80 euros mensuels qu'il consacre à son alimentation, il suit aussi un atelier cuisine proposé par l'association caritative une fois par mois. « J'ai retrouvé le goût de la cuisine, des repas équilibrés, même si je dois tout calculer », explique Laurent Leroy qui, chaque matin, traque les rabais et promotions dans son supermarché et rêve de manger des huîtres, « une envie qui remonte à 2007, quand travaillait encore ».

Au Secours populaire, c'est un peu indirectement que l'association caritative a touché du doigt l'existence de ces « invisibles », pour qui les repas ont un goût de plus en plus amer. « L'année dernière, raconte Jean-Louis Callens, secrétaire national chargé de l'aide alimentaire, nous avons constaté deux phénomènes inquiétants. Au niveau national, le nombre de personnes qui recevait des colis alimentaires avait augmenté de 13,2 %. Parallèlement, nous accusions une baisse de 8 % de nos donateurs fidèles, un socle fait d'ouvriers ou d'employés qui donnaient entre 50 et 100 euros par an. »

L'association a alors mené une enquête pour comprendre les raisons de ce désengagement. « Une grande partie de ces contributeurs modestes était en but à des difficultés, suite à une perte d'emploi ou une mise à la retraite. A notre grande surprise, nous avons découvert des situations très difficiles, avec des gens qui rognaient de plus en plus leur budget alimentation et qui ne voulaient pas se retrouver de l'autre côté de la barrière, en quelque sorte, et demander à bénéficier d'une aide alimentaire. » Pour le seul département du Nord-Pas-de-Calais, 1 600 anciens donateurs en difficulté ont finalement accepté un coup de pouce, après l'intervention de l'association caritative.

Pour Gaëtan Lassale, chargé de mission à l'Observatoire pauvreté-nutrition-alimentation (Opnalim), une initiative lancée il y a un an par la Fédération des banques alimentaires pour encourager la réflexion et les recherches sur les conséquences de la pauvreté sur la nutrition« l'alimentation est devenue une variable d'ajustement dans le budget familial, à tel point que le thème de l'insécurité alimentaire autrefois apanage des pays pauvres du Sud, touche désormais les pays riches du Nord ». Un constat corroboré par l'enquête de l'Insee, parue en juillet, sur les comportements de consommation en 2011. A la question : « Si vos ressources actuelles augmentaient de 10 %, que feriez-vous en priorité avec cet argent ? », 16 % des ménages modestes ont répondu qu'ils consacreraient leur argent à l'alimentation contre 11 % en 2005.

11/10/2013

Scierie géante du Morvan : arrêt ?

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/2013/10/10/la-scierie-geante-du-morvan-stoppee-par-le-conseil-d-etat_938534

La scierie géante du Morvan stoppée par le Conseil d'Etat

AMANDINE CAILHOL 10 OCTOBRE 2013 À 19:07

Le projet de la société Erscia est contesté par les défenseurs de l'environnement nivernais.

Nouveau coup d’arrêt au projet de scierie géante du Morvan, dans la Nièvre. Mercredi, le Conseil d’Etat a confirmé la décision du tribunal administratif de Dijon, repoussant à nouveau le début des travaux prévus par la société Erscia, détenue par le groupe luxembourgeois Wood & Energy SA et le belge Industrie du Bois Vielsalm & Cie (IBV).

«Pour la quatrième fois, la justice a donné raison aux opposants à Erscia», se félicite Muriel André, la porte-parole de l’association de défense de l’environnement Adret Morvan. Depuis plus d’un an, l’association se bat contre le projet de scierie industrielle et de centrale électrothermique de cogénération à Sardy-lès-Épiry. Elle dénonce un projet «contraire à l’intérêt public et nuisible pour l’environnement», synonyme de pollution, dégradation de la forêt, course à la subvention européenne et «greenwaching».

PROMESSES D’EMBAUCHE

De son côté, l’industriel tente de séduire le territoire en affichant des promesses d’embauche à hauteur de 126 emplois directs sur le site et 285 emplois indirects liés aux activités de logistique, maintenance ou encore de services. Mais le discours ne convainc pas la société civile, mobilisée sur le terrain associatif et judiciaire.

Embourbée dans des procédures juridiques, Erscia, accompagnée par la société d'économie mixte (SEM) Nièvre Développement et le ministère de l’Ecologie, croyait gagner du temps en saisissant le Conseil d’Etat. Il contestait la décision du tribunal administratif de Dijon qui avait suspendu, en mars, un arrêté préfectoral du 31 janvier, autorisant le défrichage du site. Lors de la séance du 19 septembre (rendue publique le 9 octobre), le Conseil d’Etat a confirmé la décision du juge des référés au motif que «si le projet présentait un intérêt public incontestable, il ne constituait pas pour autant un cas exceptionnel dont la réalisation se révélerait indispensable».

«NATURE IRRÉVERSIBLE»

Le Conseil d’Etat a aussi validé la condition d’urgence du jugement, en raison de la «nature irréversible» et de «l’imminence» des risques pour les espèces protégées du site. Conséquence de ce revers pour Erscia, les travaux de défrichement conduits par Nièvre Aménagement, qui devaient débuter à la fin 2013, pour une mise en service à l’automne, sont gelés.

Pour les militants, pas question pour autant de lever le camp de la Zone à défendre (ZAD) qu’ils occupent dans le massif forestier du Morvan. Les «zadistes», une quinzaine de personnes qui se relaient sur le site depuis février, attendent que la justice ait rendu sa décision - sur le fond - concernant l’ensemble des arrêtés. A moins que, d’ici là, comme l’espère l’association Adret Morvan, les élus locaux de la Nièvre fassent «preuve de sagesse en annonçant rapidement l’abandon définitif du projet Erscia». Le directeur-général de l’entreprise, Pascal Jacob, a lui déjà jeté l’éponge, et annoncé le 2 octobre qu’il démissionnait de son poste. Autre piste évoquée par des sources proches du dossier : une relocalisation du projet dans une autre zone forestière, en Auvergne.

Amandine CAILHOL

 

04/10/2013

Agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

communiqué :

Face à l’industrialisation de l’agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

 
Chacun doit savoir qu’agriculture industrielle et agriculture paysanne sont difficilement compatibles. La première cannibalise la seconde depuis des dizaines d’années et rend son existence au quotidien de plus en plus difficile. Les conséquences sont bien connues: destruction et précarisation de l’emploi paysan, détérioration de l’environnement et de la biodiversité, dégradation de notre alimentation et mort silencieuse des campagnes.

Pas de panique, les solutions et les alternatives fleurissent au fur et à mesure de la prise de conscience des paysans et des consommateurs, qui, par civisme et par refus de cette logique destructrice, changent leur manière de produire, de transformer, de distribuer et de consommer. Chacun à son échelle et selon ses moyens.Rejoignez ce formidable défi que représente la transition agro-écologique !
 

Pour cela, nous vous invitons à aller à la rencontre des acteurs de cette révolution: les paysans et les consommateurs qui ont décidé de changer les choses. Partout en France, des fêtes paysannes, des marchés de producteurs, des conférences et des ciné-débats sont organisés. Vous y trouverez toujours de bons produits paysans à déguster !

Pendant un an, les paysans de la Confédération paysanne vous invitent à les rejoindre pour changer les politiques agricoles.

29/09/2013

La ferme aux 1000 (en réalité 1750) vaches, l'Europe néolibérale et nos errements politiques

à lire :

Vaches : l'étable des multiplications

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/28/l-etable-des-multiplications_3486457_3234.html

Vaches _ l'étable des multiplications.pdf


extrait :

..."L'association Novissen tente de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise de BTP Ramery qui construit la ferme de son patron. En mai, elle a déposé un recours auprès du préfet de la Somme contre le permis de construire. Puis le 6 septembre, une requête en excès de pouvoir auprès du tribunal administratif d'Amiens. "La préfecture refuse de nous donner le plan du projet malgré l'accord de la commission d'accès aux documents administratifs" dit Michel Kfoury, président de Novissen qui met en avant l'impact sur la santé, l'eau et l'environnement du projet."...

23/09/2013

Une monnaie solidaire en Ille-et-Vilaine : le galléco,

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/le-galleco-premiere-monnaie-solidaire-de-france-20-09-2013-1733634_28.php

Le gallécopremière monnaie solidaire de France

Le Point.fr - Publié le 23/09/2013 à 16:51

Le Point.fr - Publié le 20/09/2013 à 23:05 - Modifié le 21/09/2013 à 09:41

Le conseil général d'Ille-et-Vilaine a annoncé la mise en circulation de 10 000 billets pour une valeur de 40 000 euros, qui pourront être dépensés dans des commerces partenaires.

source AFP

Le département d'Ille-et-Vilaine lance samedi le galléco, une monnaie solidaire conçue pour "favoriser l'accès de tous à la consommation responsable" à Rennes, Fougères et Redon dans un premier temps, a-t-on appris vendredi auprès du conseil général. "Si d'autres initiatives de monnaie complémentaire ont vu le jour ou sont en cours d'élaboration en France (Toulouse, Brest, Nantes...), la dimension départementale du galléco est inédite", affirme le conseil général dans un communiqué.

"Trois territoires - Rennes sud, Fougères et Redon - ont été choisis pour expérimenter" le galléco, a-t-on précisé au conseil général, avec l'ambition de l'étendre au département si la phase d'expérimentation se révèle concluante. Quelque 10 000 billets ont été édités pour une valeur de 40 000 gallécos (40 000 euros), selon la même source. Pour l'utiliser, les habitants doivent adhérer à une association issue des comités locaux ayant préparé l'expérimentation, puis échanger des euros contre des gallécos auprès du Crédit coopératif, du Crédit agricole ou du Crédit mutuel. Ils pourront ensuite les dépenser dans des commerces (cafés, restaurants, alimentation, etc.), associations et équipements publics partenaires.

07/09/2013

L'écotaxe poids lourds déjà menacée ...

lu sur :

http://www.la-croix.com/Ethique/Environnement/L-ecotaxe-poids-lourds-pas-encore-appliquee-et-deja-menacee-2013-09-04-1006832

L'écotaxe poids lourds, pas encore appliquée et déjà menacée

Le ministère des transports n’exclut pas un nouveau report de l’application de l’écotaxe sur les poids lourds, « pour des raisons techniques ». 

Adoptée dans la foulée du Grenelle de l’environnement et sans cesse reportée, cette nouvelle redevance doit rapporter 1,2 milliard d’euros par an à l’État.

Son objectif est de favoriser des modes de transport de marchandises moins polluants que la route, comme le fret ferroviaire ou fluvial.

Officiellement, la date du 1er  octobre pour l’entrée en vigueur de l’écotaxe poids lourds est « toujours dans la ligne de mire », assure-t-on dans l’entourage du ministre délégué aux transports, Frédéric Cuvillier. Sauf que des raisons techniques pourraient, une fois encore, décaler l’application de cette redevance qui ulcère les transporteurs routiers. « Nous ne mettrons pas en place un dispositif qui n’est pas sécurisé », a assuré le ministre la semaine dernière. La décision d’un éventuel report doit être prise en fin de semaine, une fois transmis un état des lieux de la société Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la nouvelle redevance.

La nouvelle taxe doit s’appliquer à tous les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur le réseau national et sur certaines routes départementales, en fonction du kilométrage parcouru. Les autoroutes, déjà soumises à péage, ne sont pas concernées. Estimée à 12 centimes du kilomètre en moyenne, l’écotaxe est censée faire payer au transport routier non seulement l’usure des infrastructures utilisées, mais aussi une partie des nuisances qu’il engendre en termes de pollution, de bruit et de congestion.

800 000 VÉHICULES CONCERNÉS

En renchérissant le coût de ce type de transport pour les donneurs d’ordre, cette redevance est censée favoriser le report vers des modes de transport moins polluants, comme le fluvial ou le rail. Environ 800 000 véhicules sont concernés – 550 000 français et 250 000 étrangers.

D’après l’entreprise Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la taxe, seuls 20 000 camions sont aujourd’hui dûment enregistrés dans ses fichiers. « Le système est d’un formalisme effroyable, déplore Jean-Paul Deneuville, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), en niant toute mauvaise volonté de la part des transporteurs. Nos entreprises ont envoyé 75 000 dossiers à Ecomouv’, dont 80 % ont été recalés faute d’avoir été remplis correctement. Pour un grand groupe de transport, le dossier peut faire jusqu’à 70 000 feuilles ! Le report est inéluctable. » L’entreprise Ecomouv’affirme être en mesure de tenir l’échéance. « Nos effectifs ont été doublés et nous sommes en mesure d’enregistrer 20 000 dossiers par jour », assure une porte-parole.

SANS CESSE DIFFÉRÉE DEPUIS SON ADOPTION

Si les tout derniers décrets d’application ne sont parus qu’en juillet, on ne peut pas dire que les transporteurs ont été pris par surprise. Actée dans son principe par le Grenelle de l’environnement en 2007, l’écotaxe poids lourds a été adoptée – à l’unanimité – au Parlement dans la loi de finances 2009. Depuis, elle n’a cessé d’être différée à la demande des transporteurs, pour des raisons techniques ou juridiques. En revanche, comme l’a souligné la Cour des comptes en janvier 2012, les transporteurs ont déjà obtenu des compensations. La taxe à l’essieu a été allégée dès 2008 et le poids maximal de circulation a été porté de 40 à 44 tonnes en janvier 2011, ce qui permet de faire des gains de productivité.

Pour ses détracteurs, la nouvelle redevance a tout d’une « usine à gaz ». De fait, son recouvrement s’avère particulièrement complexe… et coûteux. Il ne s’agit de rien de moins que de traquer les déplacements de 800 000 véhicules sur un réseau de 15 000 km. La technique choisie par Ecomouv’consiste à équiper chacun des véhicules d’un GPS embarqué, relié à un satellite. La présence du boîtier à bord du camion sera vérifiée notamment par 173 portiques fixes.

UN COÛT DE RECOUVREMENT DE 20%

Au total, « le coût de recouvrement s’établit à un peu moins de 20 %, estime la sénatrice UMP Marie-Hélène des Esgaulx dans un avis remis à la commission des finances du Sénat. À titre de comparaison, ce pourcentage ne dépasse pas 1,2 % pour l’impôt sur le revenu. » Reste que, selon la sénatrice, ce coût, lié à la complexité technologique du projet, « n’est pas surestimé ». Il est similaire à celui de l’écotaxe allemande, mise en place dès 2005, et qui mobilise 600 contrôleurs.

L’écotaxe aura-t-elle par ailleurs un réel impact environnemental ? Pour la FNTR, le report sur le fret ferroviaire ou fluvial ne sera que très limité, l’essentiel du transport de marchandises se faisant sur de courtes distances où la route est la seule alternative crédible. « En Allemagne, il n’y a pas eu de gros report modal, reconnaît Michel Dubromel, spécialiste des transports à France Nature Environnement. En revanche, les transporteurs ont optimisé leur chargement. En clair, on transporte le même tonnage de marchandises, mais avec moins de camions en circulation. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. » 

 ––––––––––––––––––- 

 Plus d’un milliard d’euros de recettes attendues 

L’écotaxe est censée rapporter 1,2 milliard d’euros chaque année. La recette nette s’élève à 1 milliard d’euros environ, une fois déduite la rémunération d’Ecomouv’(230 millions).

En principe, la majorité de ces recettes – soit près de 800 millions – doit aller au budget de l’Afit, l’agence qui finance les grands projets d’infrastructures français, notamment les lignes de chemin de fer.

Les collectivités locales devraient percevoir 160 millions d’euros pour les dépenses liées à l’entretien du réseau routier.

L’affectation précise du produit de l’écotaxe doit figurer dans chaque loi de finances. Les associations environnementales craignent qu’une partie de la taxe ne soit absorbée par le budget général.

EMMANUELLE RÉJU

11/08/2013

Drôle de guerre dans le golfe de Guinée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/19/quand-la-marine-francaise-traque-les-pirates_3432615_3210.html

Quand la marine française traque les pirates

LE MONDE | 19.06.2013 à 15h42 • Mis à jour le 19.06.2013 à 18h34 |Par Nathalie Guibert

Golfe de Guinée, envoyée spéciale. 

Dans la nuit opaque, des dizaines de puits crachent des flammes orangées. C'est la seule lueur visible sur la mer noir d'encre, dans cette portion du golfe de Guinée, au sud du Nigeria, l'un des plus grands champs pétrolifères offshore du monde. A bord du Latouche-Tréville, l'obscurité règne aussi. La frégate française patrouille en silence. Pour cette nuit de juin, au large de Port Harcourt, le navire de guerre s'est tracé un terrain de jeu de 200 km2. La zone est hérissée de pièges : forages abandonnés, plates-formes secondaires, plates-formes mères, oléoducs reliant les unes aux autres en toile d'araignée, sur des milliers de kilomètres. Les puits du groupe pétrolier français Total figurent telles de larges pièces de monnaie sur les cartes de la marine nationale.

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Le Latouche-Tréville a "quelques échanges informels" avec les compagnies françaises dans la zone, mais le bateau veut circuler sans rendre compte ; il demeure sourd aux appels des étrangers qui lui demandent de s'identifier"Ici, c'est chacun pour soi", commente l'officier de quart. Les plates-formes pétrolières violent le droit des eaux internationales en traçant autour d'elles, à 20 km au lieu des 500 m autorisés, un périmètre de sécurité gardé par des sociétés militaires privées. "Les gardes sont très nerveux. L'insécurité est très élevée", poursuit l'officier.

Dans ces eaux chaudes, où transitent les richesses de l'Afrique, il rôde des fantômes : vedettes blindées des armées privées, circulant tous feux éteints ; embarcations des pirates au système d'identification coupé ; pêcheurs illégaux ; trafiquants d'essence, d'armes, de drogue et d'êtres humains. Au large de l'Afriquede l'Ouest, le Bureau maritime international (BMI) a recensé 966 marins visés en 2012 : 70 attaques ont eu lieu depuis début 2013 dans le golfe.

UNE DES PRIORITÉS DE LA DÉFENSE FRANÇAISE

Présence française dans le golfe de Guinée

Pour les Français, la dernière a eu lieu le 13 juin. Le pétrolier MT-Adour a été attaqué au large du Togo, avant d'être amené dans les eaux nigérianes. Les assaillants, une dizaine d'hommes armés de kalachnikovs, n'ont pu siphonner les cuves, vides. Ils se sont rabattus sur le carburant de propulsion, mais ils ont aussi pris en otage le commandant – aussitôt relâché à terre – et son second. Celui-ci a été libéré mardi 18 au Nigeria, tandis que le Latouche-Tréville escortait le pétrolier.

Le golfe de Guinée est une des priorités de la défense française. Elle y déploie une mission de surveillance baptisée "Corymbe". Pour la première fois, depuis début avril, une frégate de premier rang tient la permanence. Lancée en 1990, Corymbe a été conçue pour appuyer ponctuellement une opération terrestre. Mais, depuis 1996, dans cette zone d'insécurité croissante, la marine patrouille sansdiscontinuer, appuyée par un avion Atlantique-2, basé à Dakar.

Les choses ne sont pas présentées ainsi, mais ce navire forme bien la quatrième base française en Afrique, avec celles de Dakar, de Libreville et de Djibouti. Les intérêts français dans la zone sont majeurs. On compte 1 500 entreprises et 90 000 ressortissants dans l'Ouest subsaharien, dont la majorité dans les villes baignées par le golfe de Guinée, souligne Mathieu Le Hunsec, auteur d'un ouvrage sur la marine nationale en Afrique. D'ici provient le quart de l'approvisionnement national en pétrole. Les ports de la région sont aussi des points d'appui pourintervenir au Sahel. De Cotonou part l'uranium extrait par Areva au Niger. Par Douala passe la logistique de l'armée de terre en République centrafricaine. Depuis Dakar, l'armée soutient ses opérations au Mali.

DE LA PRÉDATION ÉCONOMIQUE À LA PRISE D'OTAGES

Renseignement, coopération militaire avec les pays riverains : la mission couvre un très vaste périmètre maritime, du Sénégal au Congo. "Il s'agit de maintenir les choses à un niveau de violence à peu près maîtrisé, ne pas laisser une situation se dégrader dans la région sans qu'on en ait connaissance", résume le commandant Xavier de Véricourt. Le bateau de Corymbe sera le premier à pouvoirévacuer des ressortissants en cas de crise. Le Latouche-Tréville transporte l'équipement d'un groupe commando qui pourrait être largué en mer pour lerejoindre. Les échéances électorales dans la région sont un baromètre pour l'état-major. En ligne de mire aujourd'hui : les fragilités du Nigeria et du Cameroun.

La piraterie, qui s'étend vers la Côte d'Ivoire, devient plus violente. Sa nature change, elle passe de la pure prédation économique à la prise d'otages. En témoigne l'attaque qui a visé dans la nuit du 4 au 5 juin l'Arethuse, un navire français de service offshore de la société Bourbon. "Les pirates cherchaient des expatriés", indique le commandant du Latouche-Tréville. Deux vedettes de 20 m, une douzaine d'hommes armés en "uniforme", très organisés : les assaillants ont ouvert le feu pour prendre possession du bord. Les expatriés ont eu le temps de se barricader dans une chambre forte.

Des marins nigérians qui n'avaient pas eu le temps de se barricader seront laissés libres. Repartis bredouilles, les assaillants ont attaqué sur leur route deux autres navires, le C-Viking et le Miss-Kayla. La frégate a repéré les deux bateaux pirates 5 km plus loin, dérivant ensemble tous feux éteints. Ils sont désormais dûment répertoriés.

LES ETATS-UNIS DONNENT DES PATROUILLEURS 

Un "contrôle naval volontaire" a été institué dans le golfe de Guinée, piloté par la marine depuis Brest : le bateau de l'opération Corymbe contacte tous les navires battant pavillon français ou les bateaux "d'intérêt" qui se déclarent. La militarisation de la zone semble inévitable. "Si la mer n'est pas contrôlée, si aucune présence n'est assurée, on verra des gens s'y mettre", note le commandant du Latouche-Tréville.

La défense américaine développe depuis 2006 un projet d'aide aux marines locales dans le cadre de l'Africa Partnership Station. Les Etats-Unis donnent des patrouilleurs à tous les pays de la région. La France mène des actions de formation similaires, notamment en Guinée équatoriale où elle a ouvert une école navale. Avec l'aide d'autres partenaires – IsraëlChineRussie –, les pays côtiers du golfe de Guinée tentent de constituer une marine nationale.

La prise de conscience de cette nécessité est récente. En février 2009, le palais présidentiel de Guinée équatoriale, à Malabo, la capitale située sur l'île de Bioko au large du Cameroun, a été attaqué depuis la mer. Des attaques à but crapuleux ont visé de la même façon des banques à Douala (Cameroun), des supermarchés à Port-Gentil (Gabon). Pirates, mafias et groupes politiques rebelles s'imbriquent.

"LA MER N'EST PLUS VIDE"

En mars 2010, un site de Total avait été attaqué pour la première fois par le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger. "Des milices apparaissent, disparaissent, mais opèrent toujours", commente le capitaine de vaisseau Joël Manga, qui a embarqué le 9 juin avec des officiers camerounais pour un exercice à bord du Latouche-Tréville"Nous avons d'abord un problème de pêche illégale dans les eaux territoriales, note-t-il, mais nous concentrons aussi nos forces au nord, pour éviter que les menaces issues du Nigeria, y compris Boko Haram, s'étendent."

Un PC régional s'est mis en place à Douala, où le capitaine de vaisseau Boulingui,officier gabonais, salue de premiers "résultats positifs" au large du Cameroun. "La mer n'est plus vide. Mais nous n'avons que trois bateaux et nous avons besoin deratisser plus large." La coopération maritime sera au menu du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale et de l'Ouest à Yaoundé, les 24 et 25 juin.

Sénégal, Liberia, Cap-Vert, Guinée-Conakry, Côte d'Ivoire, Ghana... Le Latouche-Tréville aura fait une quinzaine d'escales en quatre mois de mission. Elles servent de test : si le programme est tenu, si les marins travaillent bien ensemble, c'est que le pays tient bon.

Piraterie maritime

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26/07/2013

Rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/25/energies-renouvelables-la-cour-des-comptes-epingle-un-soutien-public-peu-rentable_3453282_3244.html

Energies renouvelables : la Cour des comptes épingle un soutien public peu rentable

Le Monde.fr | 25.07.2013 à 11h58 • Mis à jour le 25.07.2013 à 14h21 |Par Pierre Le Hir

Oui aux énergies vertes... à condition qu'elles ne plombent pas l'économie française. C'est, en substance, la teneur du rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables" présenté, jeudi 25 juillet, par la Cour des comptes.

Une semaine après la clôture du débat national sur la transition énergétique, qui s'est achevé sur un constat de désaccord profond entre les parties prenantes, ce document donnera du grain à moudre aux partisans des filières renouvelables comme aux défenseurs du modèle énergétique français, où le nucléaire est en première ligne.

Les premiers retiendront qu'il n'est pas question de "relâcher l'effort" dans ce secteur. Les seconds, que "les choix de long terme" doivent être "soutenables", dans une période où "l'accent doit être mis avant tout sur les économies budgétaires et sur la compétitivité de notre économie".

OBJECTIFS "DIFFICILES À ATTEINDRE"

En matière d'énergies renouvelables, la France s'est fixé des objectifs "ambitieux"qui seront "difficiles à atteindre", note la Cour des comptes. En 2011, celles-ci représentaient 13,1 % de la consommation finale d'énergie, soit un peu plus de la moitié des 23 % qui devront être atteints en 2020 (l'objectif de l'Union européennen'étant que de 20 %). La France figure ainsi "en bonne position par rapport à ses voisins européens", l'Allemagne étant à 12,3 %, l'Italie à 11,5 %, la Belgique à 4,1 % et le Royaume-Uni à 3,8 %, même si l'Espagne, avec 15,1 %, la devance.

"Pour autant, écrivent les rapporteurs, les premiers retards enregistrés dès 2011 dans la production d'énergies de sources renouvelables et le niveau des efforts àfournir pour atteindre les objectifs fixés en 2020 éloignent la perspective de lesatteindre." En effet, "les suppléments de production à réaliser dans les secteurs de l'électricité et de la chaleur renouvelables entre 2011 et 2020 représentent six et sept fois ce qui a été respectivement réalisé entre 2005 et 2011".

"CONJONCTION DE DIFFICULTÉS"

L'essor des filières vertes, analyse la Cour des comptes, se heurte à "une conjonction de difficultés". D'abord, "des coûts de production élevés", qui obligent les pouvoirs publics à les soutenir par "un système de soutien complexe et d'efficacité variable", qu'il s'agisse d'aides à l'investissement, de garantie d'achat ou d'incitations fiscales.

Ensuite, le cadre juridique est "instable et contesté". Sur le plan réglementaire, souligne la Cour, "les objectifs parfois contradictoires des politiques de l'énergie, de la protection de l'environnement et de l'urbanisme compliquent et fragilisent le droit encadrant le développement des énergies renouvelables, ce qui favorise les contentieux et freine les projets". L'Etat n'est pas exempt de reproches, pour n'avoir "pas su adapter son organisation, ce qui nuit à la visibilité et au pilotage de l'ensemble".

Or, de façon générale, les filières industrielles des énergies renouvelables sont"encore fragiles", juge la Cour des comptes. La filière photovoltaïque est "en mauvais état", l'éolien en mer est "un pari industriel risqué", les grands projets de cogénération "déséquilibrent les marchés locaux". Cela, pour un impact sur l'emploi qualifié de "modeste", avec un total de 93 000 emplois directs, dont environ 32 000 dans le solaire, 24 000 dans la biomasse, 14 000 dans les pompes à chaleur, 11 000 dans l'hydraulique, 10 000 dans l'éolien et 1 000 dans la géothermie.

COÛT TRÈS ÉLÉVÉ

Dans ce contexte – c'est la partie la plus sensible et la plus sujette à polémique du rapport –, la Cour estime que "le coût croissant du soutien au développement des énergies renouvelables conduit à s'interroger sur sa soutenabilité sur le long terme".

Entre 2005 et 2011, chiffre-t-elle, "l'ensemble des coûts publics de la politique de soutien aux énergies renouvelables – dispositifs fiscaux, fonds chaleur, recherche et développement, charge de service public de l'électricité [la contribution au service public de l'électricité (CSPE), supportée par les consommateurs pourcompenser le surcoût de l'électricité d'origine renouvelable] – ressort globalement estimé à 14,3 milliards d'euros". A elle seule, précise la cour, "la filière solaire a coûté 3,6 milliards d'euros, alors qu'elle constitue seulement la quatrième source d'énergies renouvelables".

Au final, conclut le rapport, "le coût du soutien aux énergies renouvelables est donc très élevé sans que celui-ci ait apporté, jusqu'à présent, les retombées socio-économiques attendues".

"FAIRE DES CHOIX"

Pour autant, la Cour des comptes ne condamne pas les filières renouvelables. "Il ne s'agit pas de relâcher l'effort, mais de le rendre plus cohérent et plus soutenable dans le long terme", écrit-elle. C'est-à-dire de "faire des choix" et d'arbitrer entre les filières, afin de "réserver le soutien à celles qui peuvent le mieux contribuer à atteindre les objectifs". Cela, tout en recherchant "une meilleure cohérence dans l'organisation et l'action de l'Etat", qui doit aussi "lever les verrous juridiques et administratifs".

Replaçant les renouvelables dans le mix énergétique global, la Cour des comptes ne manque pas de rappeler, en conclusion, le bénéfice que tire la France de son parc de 58 réacteurs électronucléaires – qui lui assurent une électricité meilleur marché que celle de ses principaux voisins et réduisent ses rejets de gaz à effet de serre. Mais elle souligne aussi l'avantage économique que tirent certains pays, notamment les Etats-Unis, de l'exploitation des huiles et gaz de schiste. Même si, précise-t-elle, "il ne [lui] revient pas de se prononcer sur les méthodes employées pour les extraire".

Cette mention, dans un rapport consacré au développement des énergies renouvelables, des hydrocarbures non conventionnels, ne pourra qu'apporter de l'eau au moulin du Medef qui, lors du débat sur la transition énergétique, en a fait un cheval de bataille.

Lire : "Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique"

Plus généralement, même si les promoteurs des énergies vertes pourront liredans ce rapport un invitation à poursuivre leur développement, les industriels, eux, y verront surtout un sévère avertissement sur leur coût pour "les financespubliques, le pouvoir d'achat et la compétitivité économique".

Pierre Le Hir

Le débat sur la transition énergétique

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16/05/2013

Pêche industrielle ou artisanale : le gaspillage de la ressource en poissons

Le saviez-vous ? Une partie des poissons pêchés sont rejetés en mer. Ceci pour respecter des quotas sur les espèces protégées .

Mais si les poissons sont morts dans les filets, où est le respect des quotas ?

L'Europe ne stoppe rien du tout !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/15/l-europe-stoppe-le-gaspillage-de-la-ressource-en-poissons_3232480_3244.html

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L'Europe stoppe le gaspillage de la ressource en poissons

LE MONDE | 15.05.2013 à 13h06 • Mis à jour le 15.05.2013 à 13h43

Par Martine Valo

C'est un compromis à l'arraché, mais qui préserve la réforme de la politique commune de la pêche. Mercredi 15 mai au matin, au terme de deux journées d'un conseil des ministres européens de la pêche sous haute tension, un accord a été trouvé sur la question des rejets de poissons en mer.

Le ministre français, Frédéric Cuvillier, a beau parler de "dramaturgie habituelle", les pressions étaient cette fois très fortes. Le ministre irlandais de l'agriculture, de la marine et de l'alimentation, Simon Coveney, qui espère conclure ce dossier avant la fin de sa présidence fin juin, avait exhorté les Vingt-Sept à rapprocher leurs positions de celles du Parlement européen, sous peine de "catastrophe" pour la future politique commune de la pêche. La crise n'a pas eu lieu et la réforme, qui est censée s'appliquer à partir de 2014, a franchi une étape décisive.

La question des rejets en mer est l'un des principaux points d'achoppement entre les instances européennes. Lorsqu'ils pêchent une espèce dont ils ont déjà épuisé le quota ou sans valeur commerciale – des prises trop petites ou "accessoires" –, les marins passent par-dessus bord ces poissons, souvent agonisants. Les rejets concerneraient près d'un quart des captures totales, selon la Commissaire européenne chargée de la mer, Maria Damanaki, qui se bat sans relâche pour faire cesser cette pratique qu'elle juge choquante. Les députés européens, aiguillonnés par les ONG de défense des océans, l'ont rejointe dans son combat, en votant en faveur d'une interdiction des rejets.

Les ministres ont eux aussi approuvé, il y a plusieurs mois, le principe de la fin de ce gaspillage de la ressource, contraire au concept de "pêche durable", sous réserve d'un assouplissement. Finalement, ils se sont accordés sur un taux de rejet de 7 % dès 2014, puis de 5 % à terme, au lieu des 7 % souhaités initialement. La Suède est la seule à ne pas avoir approuvé le texte, pas assez radical à son goût. M. Cuvillier salue, pour sa part, "un compromis plus qu'acceptable".

Il ne reste plus qu'à mettre le principe voté en application, ce qui n'est pas une mince affaire. L'objectif est d'obliger tous les navires à rapporter à terre l'intégralité de leur pêche. Cette débarque permettra de mieux connaître l'état des populations de poissons, se réjouit la Commission, et contraindra les pêcheurs à concevoir des engins plus sélectifs.

DÉTROIT DE SKAGERRAK

Mais pour les pêcheurs, en particulier ceux dont l'activité concerne plusieurs espèces, les contraintes sont importantes. Leurs organisations professionnelles, notamment Euronor, ont protesté. Leurs bateaux ne sont pas équipés pour transporter un supplément de cargaison invendable, plaident-ils, et ils n'imaginent pas débarquer les espèces qui ont une probabilité de survie élevée si elles sont rejetées à temps, ni celles qui risquent d'affecter leur cargaison en se détériorant trop rapidement...

Le détroit de Skagerrak, entre la mer du Nord et la Baltique, pourrait servir de zone expérimentale avant une généralisation dans l'Union. Cette zone de pêche est fréquentée par des navires danois, suédois, allemands, belges, néerlandais et norvégiens. Or, ces deniers se présentent comme très avancés sur la limitation des rejets par rapport à leurs voisins européens. Pourquoi ne pas s'aligner sur eux ? Le 16 avril, le Parlement européen a adopté un texte qui interdit de remettre à la mer le moindre poisson de 35 espèces. Pour contrôler que les pêcheurs s'y conforment, les Etats membres devront introduire un système de surveillance électronique à distance. Tous les bateaux de plus de 12 m de long "devront être équipés de caméras de télévision en circuit fermé, de GPS et d'émetteurs".

La députée française socialiste Isabelle Thomas s'en est émue, dénonçant "un climat de suspicion à l'encontre des pêcheurs". "Filmer en continu des hommes pose des problèmes sur le plan éthique, notamment sur le lieu de travail. A quand les caméras de surveillance sur les tracteurs ?", interroge-t-elle.

Pour l'heure, il n'y a pas eu de levée de boucliers chez les pêcheurs, qui n'en sont sans doute plus à quelques contraintes supplémentaires près. La cohabitation dans la zone de Skagerrak risque cependant de susciter des frictions avec les Norvégiens qui, eux, ne sont pas tenus de se doter de caméras.

Lire aussi : Des quotas de pêche 2013 plutôt préservés

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Pêche et surpêche

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12/05/2013

Le marché du tabac en France

Un marché de dupes qui coûte aux contribuables 26 milliards d'euros (*) par an !

Sachant qu'il y a environ 26 millions de foyers fiscaux imposés (**), cela représente 1000 euros par foyer fiscal et par an, payés par le contribuable pour enrichir les multinationales du tabac.

lu sur:

http://www.lepoint.fr/societe/rentrees-fiscales-le-prix-de-la-mortalite-du-tabac-10-05-2013-1665381_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130512

La Sécu paie le prix fort du tabac

Le cancer a un coût très élevé pour la société, et cela, même si l'intégralité des sommes perçues par les douanes va combler le trou de la Sécu. “Ce coût du cancer s’étale dans le long terme”, explique volontiers le docteur Gilles Lecoq, à la tête de la Mildt. “L’ordre de grandeur n’est pas le même que celui des rentrées fiscales”, assène-t-il.

L’Assurance maladie, dont les dernières estimations datent de 2011, chiffre les dépenses du cancer à plus de 30 milliards d’euros. La Cour des comptes évoque la quarantaine de milliards. Au-delà des vies perdues, c’est plus de deux fois les rentrées fiscales annuelles que génèrent les produits du tabac. Plus d’un fumeur sur deux contracte un cancer au cours de sa vie.

(Le marché du tabac en France représente près de 14 milliards d'euros pour les 2,705 millions de paquets vendus en 2011)

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(*) 40-14=26

(**) http://ww.installagri.net/resultat_donnees_chiffres.php?id=864&ln=a5b&region=0&page=OBSERVATOIRE_N&affichage=resultat&change=&noframe=&tdb=1

26/04/2013

Pas la crise pour tout le monde

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-deux-visages-de-la-france-apres-la-crise-financiere-25-04-2013-1659883_28.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130426

Niveau de vie : ce n'est pas la crise pour tout le monde

Par

Le dernier bilan de l'Insee sur le niveau de vie des Français montre un pays à deux vitesses, entre des riches plus riches et des pauvres plus pauvres.

L'année 2008 a-t-elle provoqué une cassure entre les Français ? À l'heure où le pouvoir d'achat subit une baisse historique, l'édition 2013 par l'Insee de la publication Les revenus et le patrimoine des ménages revient sur les années qui ont suivi la crise financière devenue alors crise économique. Qu'y apprend-on ? Qu'en moyenne, sur la période 2008-2010, la moitié des ménages français ont vu leurs revenus continuer à croître, tandis que ceux de l'autre moitié ont baissé.

 
 

Quand on regarde la courbe (voir ci-dessous), le découplage est frappant. D'un côté, du premier au cinquième décile, soit 50 % des ménages, la chute est rude tant en 2009 qu'en 2010. Pour cette partie de la population, le pouvoir d'achat a commencé à décroître il y a cinq ans déjà. Les transferts sociaux ont certes amorti la chute : en 2009, la baisse du revenu des 10 % des ménages les moins aisés aurait été de 4,6 % (au lieu de 1,2 %) sans redistribution. Mais les dispositifs exceptionnels (nombreuses primes en 2009, notamment) n'ont pas été reconduits et la hausse du smic est restée faible. En haut de l'échelle sociale, le niveau de vie de l'autre moitié des Français a lui augmenté, et ce, malgré la mauvaise conjoncture.

Les super riches s'en sortent le mieux

On peut affiner ce constat en y ajoutant une autre ligne de partage, qui sépare cette fois les Français en deux catégories de tailles très différentes. Les contribuables qui tirent (très) bien leur épingle du jeu sont les super riches. Entre 2009 et 2010, les seuls ménages qui ont vu leurs revenus augmenter sont les 5 % les plus aisés, alors que la grande majorité des Français a dû se serrer la ceinture. Si l'on regarde seulement les 1 % les plus riches, ils ont regagné en un an le niveau de vie perdu à cause de la crise. L'étude note que la très grande majorité de la population (99,99 %) a des revenus annuels inférieurs à 735 500 euros par an. La fameuse "taxe à 75 %" des revenus supérieurs à un million d'euros, voulue par le candidat Hollande, retoquée par le Conseil constitutionnel et en attente d'une nouvelle mouture, ne concernerait qu'une infime minorité de foyers qui, face à la crise, s'en sortent beaucoup mieux que la moyenne.

En toute logique, les inégalités se creusent. "Tous les indicateurs en matière d'inégalités s'accroissent sur la période. Leur hausse paraît modérée, mais elle est en fait très inhabituelle", commente Jérôme Accardo, chef du département des conditions de vie des ménages à l'Insee. Le taux de pauvreté dépasse les 14 % en 2010 (964 euros pour une personne seule). Il faut remonter à 1997 pour retrouver un tel chiffre. Plus inquiétant encore, la même année, on constate une montée en flèche du nombre d'enfants pauvres : ils étaient 280 000 de plus qu'en 2009 à passer sous le seuil de pauvreté (2,66 millions au total). Alors, quand on interroge les statisticiens de l'institut national sur l'évolution des chiffres plus récents, ceux de 2011, 2012 et 2013, ils préfèrent botter en touche : "Ces indicateurs de distribution des revenus sont très longs à obtenir." Mais au vu des piètres performances économiques du pays, passées et à venir, difficile de penser que ces tendances ne vont pas se prolonger, voire s'accentuer.

REGARDEZ. Évolution du niveau de vie moyen des Français répartis par déciles en 2008, 2009 et 2010

 

 
Evolution des déciles de niveau de vie des 
Français entre 2008 et 2010

Lecture : en 2009, les 10 % des ménages les moins aisés ont vu leur niveau de vie baisser de 1,13 % par rapport à 2008. Entre 2008 et 2010, ce niveau de vie a baissé de 1,15 % par an en moyenne.

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24/04/2013

Pillage des mers par les bateaux de pêche chinois

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c674db52-ac2e-11e2-a5e3-37f440f5d881

Océans mis sous pression par la pêche chinoise

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée

Ressources Mercredi24 avril 2013 

Océans mis sous pression par la pêche chinoise 

Par Martine Valo 

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée .

Le pillage des mers par les bateaux de pêche chinois a pris des proportions gigantesques, selon une étude internationale coordonnée par le célèbre biologiste Daniel Pauly, de l’Université de Colombie-Britannique, qui chiffre pour la première fois la mainmise chinoise sur une ressource halieutique en rapide déclin.

Cette recherche, publiée d’abord dans la revue spécialisée Fish and Fisheries puis reprise dans la revue scientifique Nature début avril, conclut que les navires de pêche chinois ont siphonné, loin de leurs côtes, entre 3,4 et 6,1 millions de tonnes de poissons par an entre 2000 et 2011. Dans le même temps, Pékin ne déclarait que 368 000 tonnes de poissons en moyenne auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Douze fois moins que la réalité estimée par les spécialistes des ressources halieutiques! La valeur du poisson débarqué de l’étranger par la Chine s’élèverait à 10,9 milliards de francs par an.

Non seulement la Chine sous-estime considérablement le produit de sa pêche à l’extérieur, mais elle surestime à l’inverse ce secteur dans ses eaux territoriales. Faute de statistiques réalistes accessibles au public, l’équipe de Daniel Pauly a dû réaliser des estimations à partir du nombre de bateaux – surtout des grands chalutiers, mais aussi des senneurs, entre autres – présents dans différentes zones économiques exclusives autour du monde, en corrélant ces données à leurs prises annuelles attendues.

Plutôt que de s’en tenir à la nature des pavillons – trop souvent de complaisance –, elle s’est appuyée sur la nationalité des marins et de leurs officiers, car il est rare qu’un équipage de la République populaire de Chine travaille pour un armateur d’un autre pays. Au large de l’Afrique, il est courant que des navires armés par des propriétaires chinois fassent travailler des pêcheurs locaux, mais ces derniers sont alors souvent rémunérés avec quelques caisses de poissons, qui seront revendues près des côtes africaines, mais pas en Asie.

Car ce que dénoncent les gouvernements africains et ce qu’observent les ONG sur le terrain se confirme et se précise avec ce recensement. Tous dénoncent les chalutiers géants qui campent dans les eaux poissonneuses du continent noir, en approvisionnant souvent directement des bateaux-usines-frigos en mer. L’Afrique constitue la première cible de la flotte chinoise: cette dernière y prélève 3,1 millions de tonnes de poissons par an en moyenne, selon les chercheurs, soit 64% de ses prises à l’étranger. Les côtes de l’ouest du continent – sans doute les plus pillées du monde, pas seulement par des bateaux asiatiques – sont leur cible principale.

L’Asie, suivie de loin par l’Océanie, l’Amérique du Sud et centrale, ainsi que l’Antarctique constituent les autres terrains de chasse de la flotte de pêche chinoise.

Les données publiées par les chercheurs correspondent à de la pêche non répertoriée, ce qui ne signifie pas qu’elle soit entièrement illégale. Une partie peut être réalisée avec l’accord des autorités du pays concerné, mais il n’est pas possible de distinguer les deux types de pratiques.

Dans leur publication, les experts d’instituts de recherche canadiens, espagnols, français et australiens mettent en rapport le déclin de la ressource halieutique dans les océans, dont témoigne la stagnation du tonnage global de la pêche mondiale, et la pratique qui consiste à envoyer les bateaux pêcher très loin de leurs ports d’attache, dans des zones épargnées par la surpêche jusqu’à il y a peu.

Européens et Américains ont été les premiers à y avoir recours dans les années 1980, suivis par les Russes, le Japon et la Corée du Sud une décennie plus tard. Tous s’assuraient un accès aux eaux étrangères moyennant l’achat de licences de pêche auprès des gouvernements locaux – plus ou moins légalement il est vrai. Les Chinois, qui se lancent à leur tour à l’autre bout des mers pour répondre à la demande de leur marché intérieur, ne semblent pas toujours s’embarrasser de tels préalables.   

19/03/2013

Abandon de l'huile de palme par le fonds souverain de Norvège

lu sur :

http://www.boursorama.com/actualites/le-fonds-souverain-norvegien-abandonne-les-producteurs-d-huile-de-palme-4a59793af04fdbbab92c64a23b47b1f6

Le fonds souverain norvégien abandonne les producteurs d'huile de palme

Commodesk le 12/3/2013 à 9:45

Le Fonds souverain norvégien, chargé de gérer les revenus pétroliers du pays dans une optique durable, a vendu ses participations dans 23 entreprises productrices d'huile de palme en 2012, indique son rapport publié le 8 mars.

Les sociétés désinvesties, notamment en Indonésie, ne produisent pas dans la perspective de respect de l’environnement du Fonds, ont expliqué ses gestionnaires. Parmi elles figureraient nombre d'entreprises qui auraient participé à la déforestation à Bornéo, comme Wilmar ou Golden Agri-Resources.

La décision a été applaudie par la fondation Rainforest, qui demande depuis des années que la Norvège ne soutienne plus les producteurs d'huile de palme, destructeurs des forêts tropicales.

Toutefois, le fonds d’investissement a quadruplé ses parts dans la société malaisienne Sime Darby, critiquée pour ses conflits avec les populations locales. Le fonds ne désespèrerait pas de faire évoluer la politique de cette société. D’après Rainforest, il reste 12 sociétés délinquantes vis-à-vis de l’environnement dans le portefeuille du Fonds.

La décision reste symbolique, sachant que le fonds norvégien n’a pas investi plus de 0,56% de ses ressources (546 milliards d’euros) dans les pays en développement. Toutefois, elle pourrait avoir un effet d’entraînement sur d’autres fonds prenant en considération des critères d’éthiques.
 

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23/02/2013

Règles a minima pour le pétrole en mer

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/compromis-critique-sur-la-securite-des-forages-en-mer_1836990_3244.html

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Compromis critiqué sur la sécurité des forages en mer

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h13

Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, bureau européen

A la veille d'un conseil européen des ministres de l'énergie, la Commission européenne, le Conseil (les Etats) et le Parlement se sont mis d'accord, jeudi 21 février, sur un projet de directive concernant les forages de pétrole et de gaz en mer.

Le texte impose de nouvelles règles aux compagnies dans le domaine de la sécurité et du respect de l'environnement. Il clarifie les responsabilités des exploitants et espère, à terme, les obliger à démontrer qu'ils disposent des ressources nécessaires pour couvrir les dégâts qui pourraient être causés à la nature. Il insiste aussi sur la prévention des catastrophes et la mise au point de plans d'urgence.

C'est "une occasion manquée", estime pourtant Eva Lichtenberger, du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. "Un accord décevant", juge pour sa part l'association Oceana, qui lutte pour la protection des mers.

Au départ, la Commission voulait réduire le danger des forages les plus risqués. Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, avait évoqué la nécessité d'un moratoire. C'était en avril 2010, au lendemain du choc provoqué par la marée noire survenue dans le golfe du Mexique, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, exploitée par BP. L'émotion est retombée, la pression de certains pays – dont la Grande-Bretagne, qui exploite la moitié des mille plates-formes européennes – a été forte, et la Commission a dû négocier avec des Etats réticents et des députés européens divisés entre ceux qui entendaient donner la priorité aux intérêts économiques et ceux qui défendaient des mesures de précaution environnementales.

AUCUN MORATOIRE

Les critiques déplorent que l'Agence européenne pour la sécurité maritime ne soit pas dotée de compétences supplémentaires et que son intervention soit limitée aux situations "post-catastrophe". Les défenseurs de l'environnement regrettent qu'aucun moratoire ne soit prévu pour les forages dans la zone arctique.

Oceana évoque une disposition "honteuse" : les normes imposées aux compagnies seront différentes selon qu'elles opèrent en Europe ou en Afrique, par exemple. "Une lacune monstrueuse, commente Nicolas Fournier, conseillerpolitique de l'ONG. Nous avons seulement obtenu que les compagnies doivent rendre compte d'un accident à leur autorité nationale, mais il y a des chances que ces rapports dorment sur une étagère..."

Un dernier doute subsiste quant à l'obligation faite aux sociétés pétrolières d'apporter la preuve qu'elles sont aptes à couvrir les coûts d'une catastrophe. Ceux-ci pourraient osciller annuellement entre 205 et 915 millions d'euros selon l'ampleur de l'accident, estime la Commission. Les procédures financières à mettre en place le seront avant la fin de l'année, promet-elle.

La catastrophe de Deepwater Horizon

a coûté jusqu'ici 28,3 milliards d'euros à BP. Depuis 1974, l'exploitation pétrolière en mer a entraîné la fuite de 2,2 millions de tonnes de pétrole en Europe.