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17/03/2017

Production d'électricité au niveau local

à lire sur BASTAMAG :

Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour - Basta

www.bastamag.net › Inventer

10 mars 2017 - Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour produire une électricité de proximité. par Sonia (Lutopik) 10 mars 2017 ...

Deux-mille petits barrages hydroélectriques sont abandonnés en France, depuis la domination de l’électricité nucléaire. Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

Cet article a initialement été publié dans le journal Lutopik.

27/09/2016

Les émissions de CO2 de l'aviation civile

Attac France‎ - 

Calculateur d'émissions de CO2 de l'aviation: DGAC

http://eco-calculateur.aviation-civile.gouv.fr/

26/05/2016

Jusqu'ici, tout va bien ... Jusqu'ici, tout va bien ... Jusqu'ici, tout va bien ...

Vous connaissez l'histoire de la personne qui tombe d'un gratte ciel ?

à lire sur :

Le Monde

Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire française, Pierre-Franck Chevet, s'inquiète ...

 

31/03/2016

Du plutonium dans la Loire

communiqué:

C'est bien arrivé : du plutonium dans la Loire !

www.sortirdunucleaire.org/C-est-bien-arrive-du-plutonium-dans-la-Loire


En 1980, un accident grave à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) a conduit à un déversement de plutonium dans la Loire. 36 ans après, on vient de retrouver cette substance radioactive dans les sédiments du fleuve ! Nous interpellons les autorités pour dénoncer les risques pour les habitants de la vallée de la Loire.

 

 

29/03/2016

Gaz de schiste : les risques sismiques

 
Gaz et pétrole : 7 millions d’Américains menacés de séismes liés à la fracturation hydraulique
 
Dans un rapport publié lundi, l’Institut américain de géophysique a identifié 21 endroits ayant connu ces dernières années un accroissement des secousses sismiques provoquées par cette méthode.

13/03/2016

Errare Humanum Est, Perseverare Diabolicum !

(comprenne qui pourra ... ou voudra ... fouchtra ! )

lu sur :

EDF chief executive warns France over Hinkley costs - The ...


www.theguardian.com › Business › EDF Energy
Traduire cette page
Il y a 2 jours - Jean-Bernard Lévy says nuclear project will not go ahead without more financial backing from French government.


One analyst earlier this week described the Hinkley project as “insane” because of the problems EDF and Areva had experienced at similar schemes at Flamanville in Normandy and Olkiluoto in Finland.

The Japanese prime minister at the time of the Fukushima nuclear accident has warned that nuclear power is unsafe and too expensive to justify building new plants anywhere in the world.

Speaking on the fifth anniversary of the disaster on Friday, Naoto Kan said he was against the idea of Japanese manufacturers such as Hitachi and Toshiba building nuclear plants in the UK.

“Nuclear power is not safe. In the worst case scenario up to 50 million people would have had to be evacuated. Nuclear power is not a suitable technology and renewable power is much better,” Kan told the Guardian.

29/01/2016

Gaz de schiste : Total persiste , le pouvoir politique se soumet

communiqué :


Total vient de gagner son recours contre l'État : le tribunal administratif annule la décision du gouvernement Fillon qui en 2011 avait abrogé son permis de recherche d'hydrocarbures de Montélimar. Nouvelle preuve des failles de la loi votée en juillet 2011 que nous avons toujours dénoncées. Les opposants appellent déjà à manifester le 28 février à Barjac (Gard). Explications et perspectives, notamment quelques semaines après la fin de la COP21 :

15/01/2016

On n'arrête pas le progrès ! (un exemple : le gaz de schiste)

07/01/2016

On n'arrête pas le progrès ! (un exemple : le méthane en Californie)

lu sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/07/etat-d-urgence-en-californie-apres-une-fuite-massive-de-methane_4842896_3244.html#TRJQSKxJHqJPxDwj.99

 (les surlignages sont de moi)

Le gouverneur de Californie a déclaré l’état d’urgence autour de Los Angeles, mercredi 6 janvier, à cause d’une fuite de méthane massive dans un puits gazier qui a forcé des milliers de résidents de la banlieue de Porter Ranch à évacuer. L’entreprise à l’origine de la fuite, Southern California Gas Company (SoCalGas), a estimé qu’entre 30 000 et 58 000 kilogrammes de méthane, un gaz inodore, étaient répandus par heure dans l’air.

Les autorités affirment que la fuite depuis le site d’Aliso Canyon de SoCalGas, qui avait été détectée le 23 octobre par des employés à plus de 2 400 mètres de profondeur, ne pose pas de danger sérieux pour la santé des riverains. Les additifs nauséabonds destinés à signaler les fuites de méthane ont tout de même provoqué chez beaucoup d’habitants des environs des nausées, saignements de nez et maux de tête.

Mais c’est surtout l’impact environnemental de cette fuite qui pourrait, lui, être dévastateur. L’autorité de la qualité de l’air en Californie (California Air Resources Board) estime que la fuite est si massive qu’elle correspond à une augmententation de la production de gaz à effet de serre pour toute la Californie de près de 25 %. « Nous ne pourrons évaluer son impact que lorsque la fuite sera définitivement arrêtée et que nous bénéficierons de chiffres », a déclaré un porte-parole de l’agence.

Cette fuite est « sans comparaison, catastrophique » car c’est du méthane, un gaz à effet de serre « 80 fois plus puissant que le CO2 à l’échelle de vingt ans, et qui agit beaucoup plus rapidement », dénonce Stephanie Pincetl, professeure de sciences environnementales, interrogée par l’AFP. C’est « l’équivalent de trois quarts des émissions de toutes les raffineries de pétrole de la Californie en un an », souligne Mme Pincetl.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/07/etat-d-urgence-en-californie-apres-une-fuite-massive-de-methane_4842896_3244.html#TRJQSKxJHqJPxDwj.99

21/09/2015

Charité bien ordonnée ... (pétrole)

lu sur :

Le Monde - 

Selon l’OCDE, les Etats dépensent trop de milliards en faveur des énergies fossiles

Le Monde | 21.09.2015 à 10h37 • Mis à jour le 21.09.2015 à 12h00 |

Par Martine Valo

Réduire par tous les moyens l’usage des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre (GES) : la lutte contre le changement climatique est à ce prix. Pétrole, gaz et charbon sont responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2 et 67 % des émissions de gaz à effet de serre. Et pourtant les Etats continuent massivement à subventionner ces énergies polluantes.

Dans un rapport rendu public lundi 21 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) chiffre à environ 500 milliards de dollars par an (442 millions d’euros) les moyens fournis par les gouvernements dans le monde pour en encourager la consommation et la production. Si l’on prend en compte les 34 pays membres de cette institution plus le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Russie et l’Afrique du Sud, entre 2010 et 2014, ce sont 141 à 177 milliards d’euros qui sont allés chaque année au soutien du gaz (qui reçoit 10 % du total), du charbon (8 %) et surtout des produits pétroliers (82 %).

Lire aussi : Cinq cartes qui montrent l’impact du charbon en Europe

Pour parvenir à ces sommes faramineuses, les Etats font preuve de créativité dans le registre fiscal. L’OCDE a recensé pas moins de 800 mesures diverses : exemptions, réduction de TVA, bons d’essence pour les ménages à faible revenu, aides directes, etc. Qui en bénéficie ? Il y a les coups de pouce appuyés sous forme, par exemple, de détaxes supplémentaires pour les habitants des outre-mers français ou bien pour le personnel des administrations américaines et… de l’OCDE. Mais, dans la majorité des 40 pays étudiés sont aussi concernés les agriculteurs, les pêcheurs et la foresterie, ainsi que les taxis, les compagnies aériennes sur leurs vols internationaux, les familles qui chauffent leur logement au fioul ou au gaz, les automobilistes, les routiers… bref à peu près tout le monde.

Infléchissement

La production reçoit sa part de soutien : financement de terminaux charbonniers ou gaziers, de la recherche et de l’exploration, crédit d’impôt pour de lourds investissements. « La suppression multilatérale et coordonnée des subventions à la consommation dans les pays en développement et émergents réduirait les émissions mondiales de GES de 3 % à l’horizon 2020 par rapport à un scénario de référence », rappelle l’OCDE. La consommation est pourtant lourdement encouragée et absorbe les quatre cinquièmes du montant total des aides diverses.

Mais chez les pays producteurs, la proportion des aides consacrées à la production reste forte : dans la Fédération de Russie, cette part représente 78 % ; aux Etats-Unis, 42 % ; et au Canada, 38 %. L’Allemagne continue de subventionner ses mines de houille pour 1,5 milliard d’euros, mais c’est toutefois trois fois moins qu’en 1998. L’inventaire OCDE des mesures de soutien pour les combustibles fossiles de 2015 et des données complémentaires vont être mis en ligne lundi, afin que « les gens puissent s’informer et débattre », espère Jehan Sauvage, principal auteur de cette étude.

POUR PARVENIR À CES SOMMES, LES ETATS FONT PREUVE DE CRÉATIVITÉ DANS LE REGISTRE FISCAL : EXEMPTIONS, RÉDUCTION DE TVA, AIDES DIRECTES…

« Ces mesures de soutien sont coûteuses, privent les Etats de recettes fiscales au détriment d’autres dépenses, comme celles de santé et d’éducation, détournent artificiellement les investissements qui pourraient sinon se diriger vers d’autres secteurs plus propres. Enfin, en encourageant la consommation de carburants notamment, elles accroissent les coûts humains de la pollution et contribuent au changement climatique. Pour toutes ces raisons, il est important que les contribuables soient mieux informés », résume l’analyste.

Le résultat du travail de transparence de l’OCDE ne désigne ni champion ni dernier de la classe, les comparaisons entre des taxes aussi différentes se révélant délicates. Les auteurs décèlent néanmoins une certaine tendance à la baisse depuis le dernier pic en date, celui de 2012.

Cet infléchissement n’est pas seulement dû à la chute des cours internationaux du pétrole, auxquels nombre de décotes fiscales sont liées, mais aussi au fait que certains pays ont commencé à lever le pied. Au chapitre des bons élèves, les Pays-Bas, par exemple, ont mis fin en janvier 2013 à la réduction du droit d’accise sur le gazole pour les activités agricoles et pour le chauffage au nom de la défense de l’environnement. L’Autriche et la Slovaquie ont enclenché le même processus. Quant à la France, sa « contribution climat-énergie », une taxe carbone introduite en 2014 sur le gaz naturel, n’a pas encore produit d’effet observable.

Appel à réviser la fiscalité

Les principaux reculs des sommes consenties aux énergies fossiles proviennent de pays comme le Mexique, qui a mis progressivement fin au soutien à l’achat d’essence et de gazole commercialisés par deux marques nationales. Conjuguées à la chute des prix du pétrole, ces évolutions ont ramené en deux ans les dépenses mexicaines de 13 milliards d’euros à 1,8 milliard d’euros. L’Indonésie a aussi cessé toute subvention à l’essence au début de 2015 et plafonné les aides pour le gazole.

Lire aussi : Charbon : noir c’est noir

Les deux tiers de ces 800 aides ont été adoptées avant l’an 2000. Certaines datent des années 1970, une période de croissance où la sécurité énergétique passait bien avant la conscience écologique. L’OCDE en conclut que les Etats feraient bien de réviser de temps en temps leur fiscalité en la matière. Ce rapport devrait les y aider. L’organisation conclut : « Il existe à l’évidence de réelles possibilités d’économiser des ressources budgétaires et d’améliorer l’état de l’environnement, à la fois dans les économies avancées et dans les émergentes. »

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, prévient les Etats : « Pour relever le défi du changement climatique, nous devrons réduire à zéro, d’ici à la fin du siècle, les émissions nettes dues aux combustibles fossiles dans le monde. A défaut, la hausse des températures est inexorable. »

Martine Valo 
journaliste Planète

18/08/2015

Au secours !

Feu vert définitif au forage de pétrole et de gaz dans l’Arctique
 
L’administration américaine autorise finalement la compagnie Shell à commencer ses travaux d’exploration, au nord de l’Alaska.

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Sciences & Environnement 

Shell fore contre vents et marées en Alaska

La compagnie britannico-néerlandaise recherche du pétrole dans la mer des Tchouktches. Les organisations de protection de l’environnement redoutent des conséquences pour l’écosystème arctique

09/04/2015

Environnement : l'opinion publique peut être prise en compte. Un exemple en Australie

à lire sur :

Australie : trois banques françaises renoncent à un vaste ...
Australie : trois banques françaises renoncent à un vaste projet minier Le Point - Publié le 08/04/2015 à 15:33.

Selon une ONG, "c'est la première fois que les ...
www.lepoint.fr/environnement/australie-trois-ba

extrait :

AFP

Trois banques françaises - Société généraleBNP Paribas et Crédit agricole - ont décidé de ne pas participer au financement d'un vaste projet minier près de la Grande Barrière de corail, en Australie, a-t-on appris mercredi de sources concordantes. Elles se sont engagées à ne financer aucun des projets de mines de charbon et d'infrastructures associées dans le bassin de Galilée, dans l'État du Queensland (est), a indiqué Lucie Pinson de l'ONG Les Amis de la Terre.

"C'est la première fois que les banques s'engagent à ne pas financer les projets de toute une région en raison de leurs impacts environnementaux et climatiques", a souligné l'ONG dans un communiqué. "Leurs engagements vont donc au-delà de celui des huit autres banques internationales" qui s'étaient, pour la plupart, seulement engagées à ne pas financer l'extension du port d'Abott Point, nécessaire à l'exportation du charbon, souligne-t-elle.

Interrogées, les trois banques françaises ont confirmé cette information, BNP précisant que sa décision s'inscrit dans une politique de financements responsables mise en place depuis plusieurs années

Australie _ trois banques françaises renoncent à un vaste projet minier - Le Point.pdf

05/09/2014

EDF en justice pour carences dans la gestion d'une situation d'urgence

lu sur :

france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/2014/09/03/justice...   En cache

  • France 3 Alpes avec AFP
  • Publié le 03/09/2014 | 19:03

  •  

 

 

nucléaire Justice. 20.000 euros d'amende requis contre EDF pour non-respect des ... EDF s'est depuis conformée aux préconisations du gendarme du nucléaire.

Sur la base d'une saisine de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, la justice reproche à EDF et à sa branche en charge du démantèlement, le Centre d'ingénierie déconstruction et environnement (CIDEN), de ne pas avoir tenu compte de ses préconisations lui enjoignant "de renforcer les moyens de gestion des situations d'urgence". Une "première en France", selon le réseau "Sortir du nucléaire" qui s'est constitué partie civile.
 
En 2012, à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une inspection réalisée par une équipe de l'ASN avait mis en évidence des carences dans la gestion d'une situation d'urgence, en l'occurrence un feu de sodium. Les inspecteurs du gendarme du nucléaire relevaient plus particulièrement l'incapacité du personnel de surveillance à accueillir convenablement les secours et mettaient en demeure EDF d'y remédier. Neuf mois plus tard, une nouvelle inspection concluait que les mesures prises par l'exploitant n'étaient pas pleinement "opérationnelles". Ainsi l'employé d'un sous-traitant, âgé de 23 ans, chargé de guider et d'accueillir les pompiers du service départemental d'incendie et de secours (Sdis), n'avait pas été en mesure de le faire de manière satisfaisante.
 
"Une défaillance humaine"
A la barre, EDF, via son conseil Olivier Piquemal, a reconnu "une défaillance humaine" de la part d'un agent qui a "perdu ses moyens" dans le cadre d'un exercice qui ne s'est cependant pas "joué dans les conditions réelles". Le rôle de l'équipe de l'ASN en charge de l'inspection, mais faisant également office de pompiers, a été pointé du doigt en particulier dans le scénario de la simulation. De même, la défense qui a plaidé la relaxe, a souligné le caractère général de la mise en demeure et la difficulté dès lors d'y répondre "en détails".
 
"Je suis surpris d'entendre: 'c'est un exercice, il n'a pas compris'. Et en situation réelle, est-ce qu'il comprendra?", s'est interrogé le procureur de la République, Cédric Cabut, qui a requis 20.000 euros d'amende à l'endroit de l'exploitant pour cette infraction au code de l'environnement.
 
Dénonçant "la désinvolture" de l'exploitant, l'avocat de "Sortir du nucléaire", Me Etienne Ambroselli, a demandé des dommages et intérêts à hauteur de 20.000 euros.
 
Selon l'ASN et le ministère public, EDF s'est depuis conformée aux préconisations du gendarme du nucléaire. Le jugement a été mis en délibéré au 5 novembre.
 

28/08/2014

Projet de Barrage de SIVENS (Tarn) : MOBILISATION GENERALE

communiqué :

Si ce message html ne s'affiche pas correctement

25.08.14

 Projet de Barrage de SIVENS (Tarn) : 
MOBILISATION GENERALE

 

Dans le département du Tarn le Conseil Général envoie ses agents territoriaux commencer le déboisement d'une zone humide de grand intérêt !

SOS Loire Vivante soutien l'occupation du site et appelle à une mobilisation générale nationale pour aider les 
2 comités de défense locaux à obtenir l'abandon du projet....(collectif Tant qu'il y aura des bouilles et collectif Testet)

 

dernière minute :  appel à un rassemblement samedi 30 et dimanche 31 août 
à la maison forestière de Sivens


plus d'info (dossiers, vidéo, news, cartes...)

 

 

CopyrightCollectif Tant qu'il aura des bouilles

 

 

 

SOS Loire Vivante - ERN France, 8 Rue Crozatier 43000 Le Puy en Velay France
0033(0)4 71 05 5788      0033 (0) 4 71 02 08 14  
www.sosloirevivante.org

sosloirevivante@rivernet.org   infos@ern.org   www.sosloirevivante.org

 

26/04/2014

Au Canada : du pétrole et des idées (pour évacuer les problèmes)

les surlignages sont de moi

lu sur :

feeds.lefigaro.fr/c/32266/f/438191/s/39a65be8/sc/37/l/0L...

Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 23/04/2014 à 08:16 Publié le 23/04/2014 à 08:11

Écologistes et parti d'opposition ont dénoncé la décision du Canada de ne plus classer les baleines à bosse comme une espèce menacée, accusant le gouvernement d'avoir voulu faciliter le projet d'oléoduc controversé Northern Gateway. Expliquant se baser sur des relevés scientifiques, le gouvernement canadien a annoncé samedi dans le journal officiel que ce mammifère, le plus gros de la planète après la baleine bleue, serait désormais considéré comme "une espèce préoccupante" et non plus comme une "espèce menacée".
 
Conséquence de cette distinction, l'habitat de ce cétacé, appelé rorqual à bosse au Canada, ne sera plus protégé par la loi. Cette décision a été prise "incroyablement rapidement", a observé hier Jay Ritchlin, de la Fondation David Suzuki, l'un des groupes écologistes les plus influents du pays. Il a jugé "inquiétant" que cette modification ait lieu "au même moment où un développement majeur est à l'étude", en l'occurrence le projet d'oléoducs Northern Gateway. Le principal parti d'opposition au Parlement fédéral, le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), a pour sa part accusé le gouvernement conservateur d'avoir voulu "satisfaire ses amis de l'industrie pétrolière et ouvrir la voie au projet d'oléoducs de Northern Gateway".
 
Dans le Journal officiel, le gouvernement a toutefois souligné avoir agi suite au dépôt en 2011 d'un rapport réalisé par un comité indépendant de scientifiques ayant noté "une plus grande abondance de l'espèce" au large des côtes canadiennes sur le Pacifique. La baleine à bosse avait été officiellement déclarée espèce menacée en 2005 sur recommandation d'un panel de scientifiques.
 
En 2003, le rapport indépendant recensait "quelques centaines" de cétacés. Actuellement, le gouvernement estime la population à environ 18.000 têtes. Les défenseurs de ces baleines se sont inquiétés dans le passé des nuisances qu'engendrerait le trafic maritime lié à l'exportation du pétrole acheminé sur le littoral de Colombie-Britannique (ouest) par le projet Northern Gateway.
"La population des baleines a augmenté", a confirmé Jay Ritchlin, tout en jugeant précoce de cesser de protéger leur habitat.
 
Mené par le groupe canadien Enbridge, le projet Northern Gateway, long de 1.200 km, vise à acheminer 525.000 barils de pétrole brut par jour sur le littoral pacifique canadien depuis la province d'Alberta (ouest) en traversant les montagnes Rocheuses. Le double oléoduc projeté achèverait sa course au nord de la Colombie-Britannique, au port de Kitimat, dans une zone vide de population proche de la frontière avec l'État américain de l'Alaska. Les groupes pétroliers canadiens espèrent ainsi pouvoir exporter leur or noir vers l'Asie, à raison des rotations de 220 gros pétroliers chaque année, selon des estimations. La population locale a déjà fermement marqué son opposition au projet, et le gouvernement fédéral a jusqu'au mois de juillet pour statuer.

08/02/2014

Vers une catastrophe nucléaire en France ?

à lire sur MEDIAPART :

Près de la moitié des réacteurs nucléaires sont menacés par un phénomène d’usure des gaines de combustibles, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L'électricien s'est lancé dans un véritable bras de fer avec l'Agence de sûreté nucléaire sur le sujet. 

extrait :

... " Près de la moitié des réacteurs nucléaires en France sont menacés par un phénomène d’usure qui touche des gaines de combustibles, victimes de corrosion à force d’usage, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) envisage des mesures de restriction d’exploitation pour prévenir les risques de rupture de ces enveloppes métalliques. Leur tenue est essentielle au bon fonctionnement des centrales atomiques car les gaines de combustibles assurent la première barrière de sûreté du système. Mais ces dispositions sont contestées par le groupe qui les juge trop contraignantes. L’ASN doit rendre un avis sur ce sujet dans les jours à venir. " ...

30/11/2013

Des nouvelles du gaz de schiste en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/29/les-contre-verites-du-rapport-parlementaire-sur-le-gaz-de-schiste_3521604_3244.html

Les contre-vérités du rapport parlementaire sur le gaz de schiste

Le Monde.fr | 29.11.2013 à 17h16 • Mis à jour le 29.11.2013 à 18h56 |Par Marie-Béatrice Baudet et Audrey Garric

Pour la remise, le 27 novembre, du rapport final de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, les deux rapporteurs Christian Bataille – député PS du Nord – et Jean-Claude Lenoir – sénateur UMP de l'Orne – avaient soigné la mise en scène. Les députés ont dû aller consulter le volume de 254 pages – un exemplaire écrit non photocopiable – dans une salle ad hoc. Quant à la presse, rien avant la conférence de presse de 11 heures. Aucun document remis sous embargo. 

Pourquoi avoir entretenu un tel « suspens » alors que MM. Bataille et Lenoir avaient déjà largement donné le « la » de leurs travaux six mois plus tôt lors de la publication de leur rapport d'étape ? Comme la copie finale, ce dernier appellait dès juin au lancement de forages expérimentaux afin de lancer une exploitation « maîtrisée » du gaz de schiste en France.

« TORQUEMADA DE L'OBSCURANTISME »

En réalité, depuis les déclarations de François Hollande, le 14 juillet, M. Bataille, pro-OGM et pro-gaz de schiste, ne décolère pas. Le chef de l'Etat avait en effet réaffirmé clairement, lors de la fête nationale, qu'il n'y aurait ni « exploration, ni exploitation du gaz de schiste en France » sous sa présidence. Le lendemain, le député PS, avait expliqué « tomber de l'armoire »  après avoir entendu que « François Hollande s'engouffrait dans un discours environnementaliste anti-industriel ». Samedi 3 août, dans un entretien au Figaro, M. Bataille estimait « qu'il fallait remettre les écologistes à leur place », afin que « le cercle de la raison reprenne l'ascendant sur les Torquemada de l'obscurantisme ».

Le rapport final de MM. Bataille et Lenoir, comme leur document d'étape, suscite la polémique. Et pas seulement parce que les deux auteurs préfèrent largement le terme de « stimulation » à celui de « fracturation ». Les deux parlementaires écologistes membres de l'Opecst, Denis Baupin et Corinne Bouchoux, parlent d'un rapport « partial et partiel ». Quant à Jean-Paul Chanteguet, président (PS) de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, il estime que « la majeure partie du travail réalisé est curieusement hors sujet puisqu'elle concerne la fracturation hydraulique, illégale en France ». Et que la conviction des deux rapporteurs sur la maîtrise technologique de la fracturation hydraulique « relève de l'acte de foi et non de la moindre preuve scientifique ». Décryptage des principaux arguments du rapport.

  • « Une technique ancienne en France »

« La technique de la fracturation hydraulique a été utilisée de façon répétée en France au cours des dernières décennies, sans qu'aucun dommage n'ait été signalé. Elle aurait été utilisée à au moins 45 reprises », avance le rapport. Et de citer notamment quatorze opérations de fracturation réalisées sur le gisement pétrolier de Chaunoy (Seine-et-Marne) par la société Esso REP entre 1986 et 1987, ainsi que quinze autres, sur la même formation, par la société Vermilion, entre 2002 et 2010. 

En réalité, sur les 45 fracturations, quarante-trois concernent du pétrole conventionnel. Or, contrairement aux huiles de schiste dispersées dans des roches-mères ultracompactes, le pétrole « classique » s'accumule dans des réservoirs au sein de formations géologiques plus perméables et poreuses. Le forage d'un puits vertical suffit alors à le faire remonter à la surface. Les hydrocarbures non conventionnels, au contraire, nécessitent, le long d'un forage souvent horizontal, de nombreuses opérations de fracturation de la roche, en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques sous pression – ce que l'on appelle la fracturation hydraulique.

Lire notre décryptage : Gaz de schiste : des fracturations hydrauliques ont-elles eu lieu en France ?

Cette technique peut néanmoins être également utilisée dans le cas des gisements conventionnels. « La roche peut s'endommager après un forage ou avec le temps. Un "effet de peau" peut se créer qui empêche ou rend plus difficile la connexion entre le puits et le réservoir. Pour reconnecter les deux, on peut alors recourir à la fracturation hydraulique », explique François Kalaydjian, directeur adjoint ressources à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN). La technique, désignée sous le nom de « stimulation hydraulique », consiste aussi à envoyer de l'eau, du sable et des produits chimiques sous pression, « mais à des quantités très inférieures à celles utilisées pour récupérer des hydrocarbures non conventionnels ». Surtout, la technique s'emploie de manière très locale, alors qu'il faut fracturer entre quinze et vingt fois le long d'un drain horizontal dans le cas des schistes.

Le groupe pétrolier canadien Vermilion a ainsi procédé essentiellement à des « stimulations hydrauliques ». « Nous en avons réalisé quinze entre 2002 et 2010 pour accroître le taux de production de nos puits de pétrole conventionnel », déclare Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques Vermilion Europe. Deux opérations supplémentaires, menées en juin 2010, ont en revanche bien porté sur un gisement de pétrole de schiste sur le site de Champotran (Seine-et-Marne). Mais elles relèvent davantage de l'expérimentation : deux puits verticaux existants ont été utilisés, et non des forages horizontaux comme aux Etats-Unis. Seul le deuxième a permis de produire du pétrole non conventionnel... à raison d'un baril par jour. C'est aujourd'hui le seul en France. L'expérience hexagonale en la matière ne coule donc pas de source.

  • « Une technique qui évolue pour mieux protéger l'environnement »

« La fracturation hydraulique a fait d'important progrès et c'est une technologie, certes industrielle et comportant des risques, mais maîtrisée », assure le rapport. Première de ces avancées, selon les deux rapporteurs : « Les industriels tendent à réduire le nombre, la quantité et la toxicité des additifs. » « Les produits indispensables au procédé de fracturation sont tous non toxiques, précise le rapport. Les autres produits – biocides, surfactant, acides, inhibiteurs de corrosion et de dépôt – ne sont pas indispensables. Ils permettent toutefois de préserver les équipements et d'optimiser la fracturation. »

De fait, si certains industriels tels qu'Halliburton se targuent d'avoir limité ces additifs chimiques au profit de substituts non toxiques – agréés par l'agroalimentaire –, la tendance reste pour l'instant marginale. « L'évolution n'est pas spectaculaire, reconnaît Roland Vially, géologue à l'Ifpen. Ce sont des produits plus chers. Il n'est donc pas évident que l'ensemble des opérateurs les choisissent, à moins d'encadrer les fluides de fracturation par une législation plus stricte. » « Il est impossible de généraliser car il y a autant de fracturations hydrauliques que de compagnies, confirme un industriel européen. Les compagnies américaines continuent d'utiliser les additifs les plus efficaces. »

Malgré l'ouverture d'un site Internet d'information sur le sujet, FracFocus, il reste difficile de connaître aujourd'hui la composition des fluides de fracturation. En 2010, un rapport rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine annonçait que l'exploitation du gaz de schiste avait nécessité, entre 2005 et 2009, l'utilisation de plus de 2 500 produits pour la fracturation hydraulique, contenant 750 substances chimiques, dont 29 sont connues ou suspectées pour être cancérigènes, ou présentant des risques pour la santé et l'environnement.

« Au-delà des additifs chimiques, le rapport occulte les polluants qui remontent à la surface avec le gaz, en provenance des couches géologiques, et que l'on ne maîtrise pas : des hydrocarbures comme du benzène ou toluène, et même des traces de radioactivité », dénonce François Veillerette, président de l'ONG Générations futures.

Autre conséquence pour l'environnement : les quantités d'eau utilisées. Le forage d'un puits requiert ainsi 10 000 à 20 000 m3 d'eau. « Les progrès techniques réalisés permettent d'optimiser le placement des fracturations et ainsi de minimiser la quantité d'eau nécessaire », assure le rapport. « Il y a des baisses sur certains forages, de l'ordre de 10 % à 20 %. Mais pour le moment, les volumes d'eau utilisés restent importants », juge Roland Vially.

Enfin, concernant la pollution des nappes phréatiques, régulièrement pointée par les opposants au gaz de schiste, elle n'est pas due à la fracturation hydraulique, assure le rapport, mais « à des défauts de cimentation des puits ou des déversements en surface ». S'il n'est effectivement pas possible, en l'état des connaissances scientifiques, d'incriminer la technique de fracturation hydraulique elle-même, reste que l'exploitation du gaz de schiste pollue bel et bien les eaux souterraines depuis des années. En juin, une étude publiée par le biologiste Robert Jackson dans la revue de l'Académie des sciences américaine mettait ainsi en évidence de fortes teneurs en méthane des eaux souterraines prélevées autour des puits de gaz non conventionnel dans le nord-est de la Pennsylvanie.

Lire : En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de schiste

  • « Des fuites de méthane plus faibles qu'il n'était craint »

« Les éventuelles fuites de méthane associées à la production d'hydrocarbures non conventionnels représentent un enjeu environnemental essentiel : compte tenu de l'importance de l'impact du méthane en tant que gaz à effet de serre, des chercheurs ont calculé qu'une fuite de 3,2 % anéantirait les effets bénéfiques de la réduction de la consommation de charbon vis-à-vis des émissions de gaz carbonique », indique le rapport.

Les défenseurs du gaz de schiste mettent en effet en avant ses « vertus climatiques » : à énergie produite équivalente, ce gaz émet trois à quatre fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon, la source d'énergie qu'il tend à remplacer outre-Atlantique. Problème : cet hydrocarbure non conventionnel émet par contre beaucoup plus de méthane (CH4), un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est trente-quatre fois supérieur à celui du CO2.

Pour minimiser cet impact, le rapport de l'Opecst cite une étude de l'université d'Austin (Texas), publiée en septembre, qui « conclut que les fuites au stade de la production de gaz non conventionnel sont de 0,42 %, soit un taux nettement inférieur aux estimations précédentes ». Sans préciser que ces travaux ont fait l'objet de critiques : ses auteurs ont notamment été accusés d'avoir choisi des sites non représentatifs de l'ensemble des bassins de production et d'avoir occulté les puits anciens ou abandonnés, également émetteurs de CH4.

Lire : Bataille d'études sur les vertus climatiques du gaz de schiste

Surtout, la majorité des travaux menés sur le sujet soulignent des taux de fuite de méthane bien supérieurs. En août, des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration ont ainsi conclu que 6,2 % à 11,7 % du gaz naturel produit finit dans l'atmosphère, après une campagne de mesures aériennes dans l'Utah. Dernière étude en date : des mesures publiées, le 25 novembre, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montrent que les Etats-Unis produisent 50 % à 70 % plus de méthane qu'estimé par l'Agence de protection de l'environnement américaine. Et la plus grande part de cet écart provient des activités pétrolières et gazières.

Lire : Les émissions américaines de méthane sont sous-estimées

  • « Des alternatives possibles à la fracturation hydraulique utilisées à une échelle industrielle »

Les rapporteurs et les industriels l'admettent : la fracturation hydraulique reste la technique la plus efficace et la plus couramment utilisée dans le monde. Les auteurs du rapport mentionnent néanmoins plusieurs alternatives. Notamment la fracturation par arc électrique, dont ils reconnaissent qu'elle est toujours au stade de la recherche et développement. Et qu'elle n'est donc pas, « pour le moment », une piste viable. Certains industriels se montrent plus radicaux, expliquant qu'elle ne le sera jamais.

MM. Bataille et Lenoir préfèrent mettre en avant « une technique opérationnelle et prometteuse : la stimulation au propane », dont le principal avantage est « évidemment de ne pas faire usage d'eau ». Une opération pouvant être de surcroît, selon eux, « réalisée avec moins d'additifs, voire aucun additif ». Même s'ils reconnaissent que le principal inconvénient de cette technologie est qu'elle « implique des quantités importantes (plusieurs centaines de tonnes) de propane inflammable », ils soulignent qu'elle est d'« un usage ancien » et que « la société canadienne Gasfrac a réalisé, de 2008 à 2013, près de 1 900 opérations de ce type en Amérique du Nord, principalement au Canada ». Si ces opérations ont bien eu lieu, le rapport oublie de mentionner qu'elles ont majoritairement concerné (85 %, selon un industriel du secteur) des réservoirs de tight gas – soit des hydrocarbures non conventionnels de réservoirs compacts –, et non du gaz de schiste.

Enfin, si des compagnies comme Ecorpstim – l'une des premières à s'être félicitée des conclusions du rapport de l'Opecst – expliquent développer un propane non inflammable, ce dernier n'a jamais encore été utilisé dans le cadre de la fracturation d'une roche-mère.

Marie-Béatrice Baudet 

Journaliste au Monde

Audrey Garric 

Journaliste au Monde

voir :

Gaz de schiste : un rapport parlementaire controversé relance le débat

Gaz de schiste : la fête est finie

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/28/gaz-de-schiste-la-fete-est-finie_3521598_3244.html

Gaz de schiste _ la fête est finie.pdf

09/11/2013

Moscou, le pétrole et le droit international

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/07/greenpeace-le-sort-des-30-devant-la-justice-internationa_3509825_3244.html

Le sort des « 30 » de Greenpeace devant la justice internationale

LE MONDE | 07.11.2013 à 12h18 • Mis à jour le 08.11.2013 à 09h35 |Par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

Seuls devant les juges du Tribunal international du droit de la mer (TIDM), à Hambourg, les Pays-Bas ont plaidé pendant trois heures, mercredi 6 novembre, en faveur de Greenpeace. Les bancs de la Russie sont restés vides. Moscou refuse de laisser cette juridiction des Nations unies, chargée depuis 1994 de faire respecter la Convention sur le droit de la mer (1982), s'ingérer dans l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

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Le 19 septembre, le brise-glace affrété par Greenpeace et battant pavillon néerlandais avait été arraisonné par les autorités russes, saisi puis amarré dans le port de Mourmansk. Les militants avaient tenté la veille d'accrocher une banderole sur la plate-forme pétrolière et gazière de Prirazlomnaïa, dans la mer de Pechora, exploitée par Gazpromneft et d'autres compagnies pétrolières.

Mais la manifestation pacifique a mal tourné. Cinq jours plus tard, les trente membres d'équipage, de dix-huit nationalités différentes, étaient débarqués et emprisonnés dans cette ville portuaire du nord-ouest de la Russie pour « piraterie » d'abord, puis pour « hooliganisme ». Ils pourraient être bientôt transférés dans une prison de Saint-Pétersbourg.

LES MILITANTS RISQUENT, À CE JOUR, JUSQU'À 15 ANS DE PRISON

A Hambourg, les Pays-Bas ont demandé aux juges d'ordonner d'urgence une mainlevée sur l'Arctic-Sunrise, et la libération des 28 militants de Greenpeace et des deux photographes qui formaient l'équipage. Conseiller juridique du ministère des affaires étrangères néerlandais, Liesbeth Lijnzaad reproche à la Russie d'avoir arraisonné et immobilisé illégalement l'Arctic-Sunrise et détenu l'équipage du navire sans le consentement de l'Etat de pavillon, les Pays-Bas.

Elle assure que la Russie « a violé les droits de l'homme de cet équipage, notamment la liberté de circulation » et que « le différend s'aggrave et s'étend ».

Car en Russie, la procédure pénale se poursuit et les militants risquent, à ce jour, jusqu'à 15 ans de prison. Ainsi, le 28 septembre, le bateau était perquisitionné par les autorités russes, sans le consentement des Pays-Bas. Le 8 octobre, le capitaine du navire était condamné à une amende de 20 000 roubles (500 euros environ) pour refus d'obtempérer lorsque les garde-côtes russes lui ont demandé de stopper son navire.

DES MEMBRES DE GREENPEACE SUR LA MOSKOVA

Enfin, la justice russe a refusé de libérer l'équipage sous caution, procédure pourtant prévue par le droit international. Pour La Haye, il y a urgence. « L'Etat général du navire se dégrade, assurent les Néerlandais. Il s'agit d'un brise-glace vieillissant qui nécessite une maintenance intensive (...
)
. Il en découle naturellement un risque pour l'environnement, dont des fuites d'hydrocarbure » et, ajoutent les Pays-Bas, « ce risque réel est aggravé par les conditions météorologiques difficiles qui règnent et par l'état de la glace dans l'Arctique ».

Conseiller des Pays-Bas, René Lefeber a demandé aux magistrats d'ordonner que « l'Arctic-Sunrise puisse regagner Amsterdam avant que le soleil de l'Arctique se couche et que l'hiver arrive ». Pendant que M. Lefeber plaidait à Hambourg, des militants de Greenpeace naviguaient à bord de canots pneumatiques sur la Moskova, à Moscou, déployant leurs banderoles pour la « libération des 30 » détenus.

Quelles sont les chances des Pays-Bas dans cette affaire ? La Russie n'a dit mot, mais les courriers entre Moscou et La Haye figurent désormais au dossier et certains pourraient peser dans la décision des juges. Moscou rappelle ainsi que l'Arctic-Sunrise a violé la zone de sécurité de 3 milles établie autour de la plate-forme pétrolière, et assure que « le navire accélérait et changeait continuellement de cap, se livrant ainsi à des manœuvres dangereuses » dans la zone économique exclusive (zone sur laquelle un Etat côtier peut conduire souverainement des activités) de la Russie.

2013, ANNÉE DE L'AMITIÉ ENTRE LA RUSSIE ET LES PAYS-BAS

La veille de l'arraisonnement, les Russes avaient informé les Néerlandais que les actes de Greenpeace présentaient « le caractère d'activités terroristes ». Le tribunal devrait rendre sa décision le 22 novembre.

S'il peut ordonner la libération de l'équipage et le retour du brise-glace à son port d'attache, il n'a, en revanche, pas les moyens d'obliger Moscou à appliquer ses décisions.

Simon Olleson, avocat de Greenpeace dans cette affaire, rappelle que « le tribunal n'a aucun moyen de forcer la Russie à coopérer », mais un refus de Moscou pourrait lui coûter cher « sur le plan diplomatique ». Ironie de l'histoire, 2013 a été déclarée Année de l'amitié entre la Russie et les Pays-Bas. Il leur reste deux mois pour trouver une issue à l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

14/10/2013

À quand un Fukushima français ?

 
L'Etat compte prolonger de dix ans la vie des centrales nucléaires
 
La décision de prolonger de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises, pour qu'elle passe de 40 à 50 ans, est prise et devrait être annoncée bientôt, affirme le "Journal du Dimanche".

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/13/l-etat-compte-prolonger-de-dix-ans-la-vie-des-centrales-nucleaires_3494983_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20131014-[titres]

La décision de prolonger de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises, pour qu'elle passe de 40 à 50 ans, est prise et devrait être annoncée bientôt, affirme le Journal du Dimanche. Selon le JDD, l'Etat veut allonger la durée d'exploitation des 58 réacteurs composant les 19 centrales du pays, et la décision"pourrait être officialisée" à l'occasion d'un conseil de politique nucléaire prévu le 15 novembre.

Selon une source proche de l'administration citée par le JDD, la décision deprolonger à 50 ans la durée de vie des centrales "est actée" et "le gouvernement cherche juste le bon timing politique". Elle sera "prise avant la fin de l'année", selon une autre source citée par le journal, présentée comme proche du ministère de l'écologie.
Si "rien n'est officiel" pour l'instant, "c'est inéluctable", confirme une troisième source au journal. Une quatrième, à Bercy, explique "qu'on aura du mal à s'enpasser, d'autant que son impact financier profitera aux consommateurs".

EDF s'est refusé à tout commentaire. Le ministère de l'écologie a indiqué qu'"il n'y a qu'une seule personne qui pilote ce dossier au gouvernement, et c'est le ministre de l'écologie Philippe Martin". Fin septembre, le ministère avait évoqué "une demande d'EDF" concernant un amortissement sur 50 ans des centrales nucléaires : "L'amortissement sur 50 ans en moyenne des centrales nucléaires est une demande d'EDF. L'Etat ne s'est pas prononcé sur ce sujet. Aujourd'hui, seules l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et EDF décident de la prolongation des centrales", avait souligné le ministère.

PLAN D'INVESTISSEMENT DE 55 MILLIARDS D'EUROS

EDF peaufine un plan d'investissement de 55 milliards d'euros d'ici 2025, visant àprolonger de 40 jusqu'à 60 ans la durée de vie de ses centrales et à améliorer leur sûreté après la catastrophe de Fukushima au Japon.

L'Autorité de sûreté nucléaires (ASN) ne s'est pas prononcée sur une telle extension. Ce n'est qu'en 2009 qu'elle avait validé le principe d'une exploitation jusqu'à 40 ans des réacteurs, sous réserve toutefois que chacun réponde à ses exigences de sûreté et du résultat des visites décennales. L'ASN peut autoriserou non au terme de ces contrôles approfondis un réacteur à fonctionner dix ans de plus et, éventuellement, imposer des travaux de rajeunissement plus ou moins lourds.

Au total, 48 des 58 réacteurs nucléaires ont été mis en service entre 1978 et 1989, ce qui induit en théorie une fin de vie pour certains dès 2018. Un allongement d'exploitation permettrait à EDF d'améliorer ses profits et donc d'augmenter les dividendes déjà importants versés par l'électricien à l'Etat, qui est son actionnaire à 84 %. 

"UNE PROVOCATION POLITIQUE"

Les écologistes sont déjà montés au créneau, alors même que le gouvernement veut réduire la part du nucléaire dans le système électrique de 75 % à 50 % à l'horizon 2025. Le sénateur écologiste Ronan Dantec avait dénoncé récemment tout "deal" qui verrait le gouvernement allonger la durée de vie des centrales au prétexte de dégager des ressources supplémentaires pour la transition énergétique.

Dans un communiqué pubié dimanche, EELV écrit "qu'une telle décision constituerait une provocation politique, un mensonge économique et une aberration énergétique""Une provocation politique puisqu' une telle décision remettrait directement en question l'engagement du président de la République, rappelé à plusieurs reprises, de ramener à 50 % d'ici 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité", détaille le mouvement.

Un mensonge économique "car cela reviendrait à inscrire dans les comptes d'EDF une durée d'amortissement supérieure non seulement à la durée de vie des installations, mais aussi en contradiction avec les multiples déclarations de l'Autorité de sûreté nucléaire indiquant qu'EDF ne pouvait compter sur une durée de vie de ses réacteurs supérieure à 40 ans". Enfin cette décision serait "une aberration énergétique" car elle reviendrait à maintenir "sous assistance respiratoire de vieilles installations en déclin".

Interrogée sur Europe 1 dimanche à ce sujet, l'ancienne présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a estimé que "donner du temps aux centrales nucléaires, cela va dans le bon sens, mais en s'assurant qu'elles sont à un niveau de sûreté qui leur permet d'avancer""C'est à l'ASN de le dire", a-t-elle ajouté, tout en soulignant que les centrales nucléaires françaises "sont un investissement qui a été fait historiquement".

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24/09/2013

Refusez le compteur LINKY ...

... sinon vous risquez de le regretter !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/24/l-ufc-que-choisir-denonce-les-couts-caches-du-compteur-intelligent-linky_3483413_3234.html

LE MONDE | 24.09.2013 à 10h59 • Mis à jour le 24.09.2013 à 17h27 |Par Gilles Paris

Le compteur d'électricité intelligent est-il duplice ? L'association de consommateurs UFC-Que choisir semble pencher pour l'affirmative. Elle publie, mardi 24 septembre, une enquête virulente consacrée aux surcoûts qui seront engendrés, selon elle, par l'installation à venir, dans 35 millions de foyers, des nouveaux compteurs Linky.

Ces derniers, communicants, permettent d'échanger à distance des données et des ordres sans l'intervention d'un technicien. Ils ouvrent la voie à une modification profonde des usages de l'électricité, dont le centre de recherche Concept Grid, installé par EDF sur son site des Renardières, à Ecuelles (Seine-et-Marne), commence à donner un aperçu. L'installation des compteurs Linky relève de la compétence d'une filiale d'EDF, Electricité réseau distribution France (ERDF), principal gestionnaire du réseau français. A ce jour, 300 000 compteurs ont d'ores et déjà été déployés dans deux zones tests complémentaires : le département d'Indre-et-Loire et Lyon.

Selon l'association UFC-Que choisir, les installations annoncées comme gratuites d'appareils qui devraient permettre d'économiser de l'énergie grâce à une meilleure information risquent pourtant d'engendrer un surcoût pour les consommateurs estimé à 545 millions d'euros.

"REMISE À PLAT"

"55 % des consommateurs sont actuellement mal équipés, assure Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs. Une partie d'entre eux paient un abonnement pour une puissance dont ils n'ont pas besoin, alors que les autres bénéficient en revanche d'une puissance supérieure à celle à laquelle ils ont souscrit. L'installation des compteurs Linky va entraîner une remise à plat. Nous n'y trouvons rien à redire, à condition que les consommateurs n'aient pas à payerpour un déficit de conseil."

Selon l'UFC-Que choisir, les premiers – ceux qui paient un abonnement pour une puissance dont ils n'ont pas besoin – devront en effet s'acquitter du prix de l'intervention nécessaire pour modifier la puissance de leur compteur alors que les seconds – bénéficiant d'une puissance supérieure à celle à laquelle ils ont souscrit – paieront en outre un abonnement plus élevé pour conserver la même puissance électrique.

"Une modification de puissance nécessite un déplacement qui fait l'objet d'un tarif validé par la Commission de régulation de l'énergie, explique Marc Boillot, directeur stratégie et grands projets d'ERDF. Mais, sur les 300 000 compteurs Linky déjà installés, l'augmentation de puissance n'a concerné que 0,88 % des foyers." Un chiffre bien éloigné de celui obtenu par UFC-Que Choisir.

Quant à l'existence d'une différence entre la puissance prévue et celle distribuée,"les origines peuvent être multiples ", estime le responsable d'ERDF. "Cela peut être une erreur au moment de l'installation, ou bien relever de la fraude. Mais il s'agit alors d'une anomalie qui n'a rien à voir avec l'installation de Linky", précise-t-il.

Pour éviter ce renchérissement du coût de l'énergie qu'elle dénonce, UFC-Que Choisir prône deux mesures. Tout d'abord, la gratuité de la prestation de changement de puissance pendant deux ans, le temps de parvenir à la mise à plat des abonnements imposée par le nouvel équipement.

L'association de consommateurs prône aussi l'instauration d'une grille tarifaire plus fine que les actuels changements de paliers de 3 kilowatts (kW). "Linky permettra d'avoir des évolutions de puissance kW par kW, au lieu des tranches actuelles, assure de son côté M. Boillot, même si cette offre tarifaire n'existe pas pour l'instant."

11/08/2013

Drôle de guerre dans le golfe de Guinée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/19/quand-la-marine-francaise-traque-les-pirates_3432615_3210.html

Quand la marine française traque les pirates

LE MONDE | 19.06.2013 à 15h42 • Mis à jour le 19.06.2013 à 18h34 |Par Nathalie Guibert

Golfe de Guinée, envoyée spéciale. 

Dans la nuit opaque, des dizaines de puits crachent des flammes orangées. C'est la seule lueur visible sur la mer noir d'encre, dans cette portion du golfe de Guinée, au sud du Nigeria, l'un des plus grands champs pétrolifères offshore du monde. A bord du Latouche-Tréville, l'obscurité règne aussi. La frégate française patrouille en silence. Pour cette nuit de juin, au large de Port Harcourt, le navire de guerre s'est tracé un terrain de jeu de 200 km2. La zone est hérissée de pièges : forages abandonnés, plates-formes secondaires, plates-formes mères, oléoducs reliant les unes aux autres en toile d'araignée, sur des milliers de kilomètres. Les puits du groupe pétrolier français Total figurent telles de larges pièces de monnaie sur les cartes de la marine nationale.

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Le Latouche-Tréville a "quelques échanges informels" avec les compagnies françaises dans la zone, mais le bateau veut circuler sans rendre compte ; il demeure sourd aux appels des étrangers qui lui demandent de s'identifier"Ici, c'est chacun pour soi", commente l'officier de quart. Les plates-formes pétrolières violent le droit des eaux internationales en traçant autour d'elles, à 20 km au lieu des 500 m autorisés, un périmètre de sécurité gardé par des sociétés militaires privées. "Les gardes sont très nerveux. L'insécurité est très élevée", poursuit l'officier.

Dans ces eaux chaudes, où transitent les richesses de l'Afrique, il rôde des fantômes : vedettes blindées des armées privées, circulant tous feux éteints ; embarcations des pirates au système d'identification coupé ; pêcheurs illégaux ; trafiquants d'essence, d'armes, de drogue et d'êtres humains. Au large de l'Afriquede l'Ouest, le Bureau maritime international (BMI) a recensé 966 marins visés en 2012 : 70 attaques ont eu lieu depuis début 2013 dans le golfe.

UNE DES PRIORITÉS DE LA DÉFENSE FRANÇAISE

Présence française dans le golfe de Guinée

Pour les Français, la dernière a eu lieu le 13 juin. Le pétrolier MT-Adour a été attaqué au large du Togo, avant d'être amené dans les eaux nigérianes. Les assaillants, une dizaine d'hommes armés de kalachnikovs, n'ont pu siphonner les cuves, vides. Ils se sont rabattus sur le carburant de propulsion, mais ils ont aussi pris en otage le commandant – aussitôt relâché à terre – et son second. Celui-ci a été libéré mardi 18 au Nigeria, tandis que le Latouche-Tréville escortait le pétrolier.

Le golfe de Guinée est une des priorités de la défense française. Elle y déploie une mission de surveillance baptisée "Corymbe". Pour la première fois, depuis début avril, une frégate de premier rang tient la permanence. Lancée en 1990, Corymbe a été conçue pour appuyer ponctuellement une opération terrestre. Mais, depuis 1996, dans cette zone d'insécurité croissante, la marine patrouille sansdiscontinuer, appuyée par un avion Atlantique-2, basé à Dakar.

Les choses ne sont pas présentées ainsi, mais ce navire forme bien la quatrième base française en Afrique, avec celles de Dakar, de Libreville et de Djibouti. Les intérêts français dans la zone sont majeurs. On compte 1 500 entreprises et 90 000 ressortissants dans l'Ouest subsaharien, dont la majorité dans les villes baignées par le golfe de Guinée, souligne Mathieu Le Hunsec, auteur d'un ouvrage sur la marine nationale en Afrique. D'ici provient le quart de l'approvisionnement national en pétrole. Les ports de la région sont aussi des points d'appui pourintervenir au Sahel. De Cotonou part l'uranium extrait par Areva au Niger. Par Douala passe la logistique de l'armée de terre en République centrafricaine. Depuis Dakar, l'armée soutient ses opérations au Mali.

DE LA PRÉDATION ÉCONOMIQUE À LA PRISE D'OTAGES

Renseignement, coopération militaire avec les pays riverains : la mission couvre un très vaste périmètre maritime, du Sénégal au Congo. "Il s'agit de maintenir les choses à un niveau de violence à peu près maîtrisé, ne pas laisser une situation se dégrader dans la région sans qu'on en ait connaissance", résume le commandant Xavier de Véricourt. Le bateau de Corymbe sera le premier à pouvoirévacuer des ressortissants en cas de crise. Le Latouche-Tréville transporte l'équipement d'un groupe commando qui pourrait être largué en mer pour lerejoindre. Les échéances électorales dans la région sont un baromètre pour l'état-major. En ligne de mire aujourd'hui : les fragilités du Nigeria et du Cameroun.

La piraterie, qui s'étend vers la Côte d'Ivoire, devient plus violente. Sa nature change, elle passe de la pure prédation économique à la prise d'otages. En témoigne l'attaque qui a visé dans la nuit du 4 au 5 juin l'Arethuse, un navire français de service offshore de la société Bourbon. "Les pirates cherchaient des expatriés", indique le commandant du Latouche-Tréville. Deux vedettes de 20 m, une douzaine d'hommes armés en "uniforme", très organisés : les assaillants ont ouvert le feu pour prendre possession du bord. Les expatriés ont eu le temps de se barricader dans une chambre forte.

Des marins nigérians qui n'avaient pas eu le temps de se barricader seront laissés libres. Repartis bredouilles, les assaillants ont attaqué sur leur route deux autres navires, le C-Viking et le Miss-Kayla. La frégate a repéré les deux bateaux pirates 5 km plus loin, dérivant ensemble tous feux éteints. Ils sont désormais dûment répertoriés.

LES ETATS-UNIS DONNENT DES PATROUILLEURS 

Un "contrôle naval volontaire" a été institué dans le golfe de Guinée, piloté par la marine depuis Brest : le bateau de l'opération Corymbe contacte tous les navires battant pavillon français ou les bateaux "d'intérêt" qui se déclarent. La militarisation de la zone semble inévitable. "Si la mer n'est pas contrôlée, si aucune présence n'est assurée, on verra des gens s'y mettre", note le commandant du Latouche-Tréville.

La défense américaine développe depuis 2006 un projet d'aide aux marines locales dans le cadre de l'Africa Partnership Station. Les Etats-Unis donnent des patrouilleurs à tous les pays de la région. La France mène des actions de formation similaires, notamment en Guinée équatoriale où elle a ouvert une école navale. Avec l'aide d'autres partenaires – IsraëlChineRussie –, les pays côtiers du golfe de Guinée tentent de constituer une marine nationale.

La prise de conscience de cette nécessité est récente. En février 2009, le palais présidentiel de Guinée équatoriale, à Malabo, la capitale située sur l'île de Bioko au large du Cameroun, a été attaqué depuis la mer. Des attaques à but crapuleux ont visé de la même façon des banques à Douala (Cameroun), des supermarchés à Port-Gentil (Gabon). Pirates, mafias et groupes politiques rebelles s'imbriquent.

"LA MER N'EST PLUS VIDE"

En mars 2010, un site de Total avait été attaqué pour la première fois par le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger. "Des milices apparaissent, disparaissent, mais opèrent toujours", commente le capitaine de vaisseau Joël Manga, qui a embarqué le 9 juin avec des officiers camerounais pour un exercice à bord du Latouche-Tréville"Nous avons d'abord un problème de pêche illégale dans les eaux territoriales, note-t-il, mais nous concentrons aussi nos forces au nord, pour éviter que les menaces issues du Nigeria, y compris Boko Haram, s'étendent."

Un PC régional s'est mis en place à Douala, où le capitaine de vaisseau Boulingui,officier gabonais, salue de premiers "résultats positifs" au large du Cameroun. "La mer n'est plus vide. Mais nous n'avons que trois bateaux et nous avons besoin deratisser plus large." La coopération maritime sera au menu du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale et de l'Ouest à Yaoundé, les 24 et 25 juin.

Sénégal, Liberia, Cap-Vert, Guinée-Conakry, Côte d'Ivoire, Ghana... Le Latouche-Tréville aura fait une quinzaine d'escales en quatre mois de mission. Elles servent de test : si le programme est tenu, si les marins travaillent bien ensemble, c'est que le pays tient bon.

Piraterie maritime

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26/07/2013

Rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/25/energies-renouvelables-la-cour-des-comptes-epingle-un-soutien-public-peu-rentable_3453282_3244.html

Energies renouvelables : la Cour des comptes épingle un soutien public peu rentable

Le Monde.fr | 25.07.2013 à 11h58 • Mis à jour le 25.07.2013 à 14h21 |Par Pierre Le Hir

Oui aux énergies vertes... à condition qu'elles ne plombent pas l'économie française. C'est, en substance, la teneur du rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables" présenté, jeudi 25 juillet, par la Cour des comptes.

Une semaine après la clôture du débat national sur la transition énergétique, qui s'est achevé sur un constat de désaccord profond entre les parties prenantes, ce document donnera du grain à moudre aux partisans des filières renouvelables comme aux défenseurs du modèle énergétique français, où le nucléaire est en première ligne.

Les premiers retiendront qu'il n'est pas question de "relâcher l'effort" dans ce secteur. Les seconds, que "les choix de long terme" doivent être "soutenables", dans une période où "l'accent doit être mis avant tout sur les économies budgétaires et sur la compétitivité de notre économie".

OBJECTIFS "DIFFICILES À ATTEINDRE"

En matière d'énergies renouvelables, la France s'est fixé des objectifs "ambitieux"qui seront "difficiles à atteindre", note la Cour des comptes. En 2011, celles-ci représentaient 13,1 % de la consommation finale d'énergie, soit un peu plus de la moitié des 23 % qui devront être atteints en 2020 (l'objectif de l'Union européennen'étant que de 20 %). La France figure ainsi "en bonne position par rapport à ses voisins européens", l'Allemagne étant à 12,3 %, l'Italie à 11,5 %, la Belgique à 4,1 % et le Royaume-Uni à 3,8 %, même si l'Espagne, avec 15,1 %, la devance.

"Pour autant, écrivent les rapporteurs, les premiers retards enregistrés dès 2011 dans la production d'énergies de sources renouvelables et le niveau des efforts àfournir pour atteindre les objectifs fixés en 2020 éloignent la perspective de lesatteindre." En effet, "les suppléments de production à réaliser dans les secteurs de l'électricité et de la chaleur renouvelables entre 2011 et 2020 représentent six et sept fois ce qui a été respectivement réalisé entre 2005 et 2011".

"CONJONCTION DE DIFFICULTÉS"

L'essor des filières vertes, analyse la Cour des comptes, se heurte à "une conjonction de difficultés". D'abord, "des coûts de production élevés", qui obligent les pouvoirs publics à les soutenir par "un système de soutien complexe et d'efficacité variable", qu'il s'agisse d'aides à l'investissement, de garantie d'achat ou d'incitations fiscales.

Ensuite, le cadre juridique est "instable et contesté". Sur le plan réglementaire, souligne la Cour, "les objectifs parfois contradictoires des politiques de l'énergie, de la protection de l'environnement et de l'urbanisme compliquent et fragilisent le droit encadrant le développement des énergies renouvelables, ce qui favorise les contentieux et freine les projets". L'Etat n'est pas exempt de reproches, pour n'avoir "pas su adapter son organisation, ce qui nuit à la visibilité et au pilotage de l'ensemble".

Or, de façon générale, les filières industrielles des énergies renouvelables sont"encore fragiles", juge la Cour des comptes. La filière photovoltaïque est "en mauvais état", l'éolien en mer est "un pari industriel risqué", les grands projets de cogénération "déséquilibrent les marchés locaux". Cela, pour un impact sur l'emploi qualifié de "modeste", avec un total de 93 000 emplois directs, dont environ 32 000 dans le solaire, 24 000 dans la biomasse, 14 000 dans les pompes à chaleur, 11 000 dans l'hydraulique, 10 000 dans l'éolien et 1 000 dans la géothermie.

COÛT TRÈS ÉLÉVÉ

Dans ce contexte – c'est la partie la plus sensible et la plus sujette à polémique du rapport –, la Cour estime que "le coût croissant du soutien au développement des énergies renouvelables conduit à s'interroger sur sa soutenabilité sur le long terme".

Entre 2005 et 2011, chiffre-t-elle, "l'ensemble des coûts publics de la politique de soutien aux énergies renouvelables – dispositifs fiscaux, fonds chaleur, recherche et développement, charge de service public de l'électricité [la contribution au service public de l'électricité (CSPE), supportée par les consommateurs pourcompenser le surcoût de l'électricité d'origine renouvelable] – ressort globalement estimé à 14,3 milliards d'euros". A elle seule, précise la cour, "la filière solaire a coûté 3,6 milliards d'euros, alors qu'elle constitue seulement la quatrième source d'énergies renouvelables".

Au final, conclut le rapport, "le coût du soutien aux énergies renouvelables est donc très élevé sans que celui-ci ait apporté, jusqu'à présent, les retombées socio-économiques attendues".

"FAIRE DES CHOIX"

Pour autant, la Cour des comptes ne condamne pas les filières renouvelables. "Il ne s'agit pas de relâcher l'effort, mais de le rendre plus cohérent et plus soutenable dans le long terme", écrit-elle. C'est-à-dire de "faire des choix" et d'arbitrer entre les filières, afin de "réserver le soutien à celles qui peuvent le mieux contribuer à atteindre les objectifs". Cela, tout en recherchant "une meilleure cohérence dans l'organisation et l'action de l'Etat", qui doit aussi "lever les verrous juridiques et administratifs".

Replaçant les renouvelables dans le mix énergétique global, la Cour des comptes ne manque pas de rappeler, en conclusion, le bénéfice que tire la France de son parc de 58 réacteurs électronucléaires – qui lui assurent une électricité meilleur marché que celle de ses principaux voisins et réduisent ses rejets de gaz à effet de serre. Mais elle souligne aussi l'avantage économique que tirent certains pays, notamment les Etats-Unis, de l'exploitation des huiles et gaz de schiste. Même si, précise-t-elle, "il ne [lui] revient pas de se prononcer sur les méthodes employées pour les extraire".

Cette mention, dans un rapport consacré au développement des énergies renouvelables, des hydrocarbures non conventionnels, ne pourra qu'apporter de l'eau au moulin du Medef qui, lors du débat sur la transition énergétique, en a fait un cheval de bataille.

Lire : "Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique"

Plus généralement, même si les promoteurs des énergies vertes pourront liredans ce rapport un invitation à poursuivre leur développement, les industriels, eux, y verront surtout un sévère avertissement sur leur coût pour "les financespubliques, le pouvoir d'achat et la compétitivité économique".

Pierre Le Hir

Le débat sur la transition énergétique

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02/07/2013

Les vitrines de magasins devront être éteintes entre 1 heure et 7 heures du matin

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/extinction-nocturne-des-feux-obligatoire-pour-les-vitrines-bureaux-et-facades-01-07-2013-1687816_28.php

Extinction nocturne des feux obligatoire pour les vitrines , bureaux et façades

Le Point.fr - Publié le 01/07/2013 à 15:35

La mesure issue du Grenelle de l'environnement doit permettre de réaliser des économies d'énergie, de réduire la facture et de limiter la pollution lumineuse.

Source AFP

Redonner leur place aux étoiles et... alléger un peu la facture d'électricité. L'extinction des vitrines, magasins, bureaux et façades de bâtiments (monuments, écoles, mairies) devient obligatoire la nuit à partir de lundi, avec des dérogations possibles pour certaines zones touristiques et au moment des fêtes. C'est déjà très souvent le cas, mais c'est désormais une obligation légale : l'éclairage des façades des bâtiments non résidentiels, comme les monuments, mairies, écoles, gares, entreprises ou encore entrepôts, devra être coupé au plus tard à une heure du matin, en vertu de l'arrêté qui entre en vigueur le 1er juillet. Idem pour les vitrines de magasins qui devront être éteintes entre 1 heure et 7 heures du matin, ou "une heure après la fermeture lorsque l'activité se poursuit après 1 heure", indique le ministère de l'Écologie. Enfin, les éclairages intérieurs des locaux à usage professionnel, au premier rang desquels les bureaux, devront aussi être éteints au maximum une heure après la fin de l'occupation des lieux.

Ces mesures, qui ne concernent pas les bâtiments résidentiels, l'éclairage public, ni les éclairages destinés à assurer la sécurité des bâtiments, se veulent d'abord pédagogiques, dit-on au ministère. Mais les contrevenants risquent jusqu'à 750 euros d'amende, les contrôles revenant aux maires et aux préfets.

Cette extinction des feux obligatoire concrétise des promesses nées du Grenelle de l'environnement et devrait permettre d'alléger - un peu - la facture d'électricité : les économies espérées sont de l'ordre de 2 térawattheures (TWh) par an, soit 200 millions d'euros, selon le ministère. Mais elle doit aussi permettre de réduire la pollution lumineuse en ville, peu appréciée des animaux (migration et alimentation des oiseaux, par exemple) comme des humains. "Cela va plutôt dans le bon sens", salue Anne-Marie Ducroux, présidente de l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANCPEN). "Mais on reste vigilants sur les dérogations, la ministre de l'Écologie nous a promis une évaluation début 2014 pour voir comment cette obligation est effectivement mise en place et comment elle est contrôlée", ajoute-t-elle.

"Pas dramatique" pour les commerçants

Le texte prévoit en effet la possibilité de dérogations préfectorales pour la veille des jours fériés, pour les illuminations de Noël, lors d'événements locaux, mais surtout "dans les zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente". Quarante et une communes sont concernées par ces exceptions, dont la Ville Lumière (Champs-Élysées, Butte Montmartre, rue de Rivoli, place des Vosges...), mais aussi le centre touristique de Marseille ou de Nice et le Vieux Lyon, avait indiqué le ministère lors de la publication de l'arrêté en janvier.

L'obligation va ainsi s'appliquer "avec souplesse", se félicite Claude Boulle, président de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV). "Pour le commerce proprement dit, le sujet n'est pas dramatique, au fond, c'est plus une mesure symbolique", selon lui. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) estime aussi que cette "réglementation a été largement anticipée", notamment par des mesures volontaires d'efficacité énergétique. Certains jugent toutefois surestimées les économies potentielles avancées par le ministère. Le Syndicat de l'éclairage, qui regroupe une cinquantaine d'entreprises de matériel électrique, chiffre la baisse de la consommation à seulement 0,5 TWh, soit quatre fois moins que ce qu'avance le gouvernement. Tout en se disant favorable à la démarche, le syndicat estime pour sa part que des mesures touchant les modes d'éclairage et le matériel utilisé permettraient d'économiser jusqu'à 16 TWh dans les bâtiments non résidentiels, dont la consommation annuelle totale (jour et nuit) pour l'éclairage atteint 37 TWh.

Depuis juillet 2012, les nouvelles enseignes lumineuses, non visées par cet arrêté, doivent également être éteintes. Mais pour celles qui étaient déjà en place à cette date, un délai de six ans a été accordé aux entreprises pour se mettre en conformité.

12/06/2013

Le gaz de schiste en France

à lire sur :

 

http://www.bastamag.net/article3110.html

 

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.
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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

Lire la suite

09/06/2013

Le gaz de schiste en France

à lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

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sur le même sujet, lire sur Bastamag :

http://www.bastamag.net/article3110.html

Energies

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.

28/02/2013

Pollution de l'air en France : conséquences sur les enfants

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-une-etude-montre-un-effet-des-particules-sur-le-poids-des-nouveau-nes_1827695_3244.html

Pollution : une étude montre un effet des particules sur le poids des nouveaux nés

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h27 • Mis à jour le 11.02.2013 à 10h43

Par Stéphane Foucart

Un élément de preuve décisif indique que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines de la pollution atmosphérique présentent un risque plus élevé d'accoucher d'un bébé dont le poids sera inférieur à 2,5 kg après une grossesse menée à terme. Cette insuffisance, qui touche environ 2 % des enfants, est associée à une probabilité plus forte de troubles ultérieurs.

La revue Environmental Health Perspectives (*) (EHP) publie, mercredi 6 février, la plus vaste étude internationale menée à ce jour sur le sujet. Ces travaux, coordonnés par Tracey Woodruf (université de Californie à San Francisco) et Jennifer Parker (National Center for Health Statistics), ont consisté en l'analyse de trois millions de naissances, recensées dans quatorze centres urbains répartis en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Asie.

"Le résultat est conforme à de précédentes études qui suggéraient un tel lien", explique Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Institut Albert-Bonniot (INSERM et université Joseph-Fourier de Grenoble) et coauteur de ces travaux. "Une méta-analyse comme celle-ci permet d'éviter les biais, en particulier les biais de publication" – une étude qui met en évidence un lien ayant plus de chances d'être publiée que celles qui n'en trouvent pas...

Les auteurs montrent que l'exposition moyenne à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de particules de diamètre inférieur à 10 microns (ou PM10), sur toute la grossesse, accroît le risque d'insuffisance pondérale du bébé de 3 %. L'exposition à 10 µg/m3 des particules les plus fines, dites PM2,5, conduit pour sa part à un risque accru de 10 %.

VÉHICULES DIESEL

Schématiquement, l'exposition d'une femme enceinte à une concentration moyenne de 30 µg/m3 de PM2,5 tout au long de sa grossesse conduirait ainsi à un risque de faible poids à la naissance accru de 10 % par rapport à une femme qui n'aurait été exposée qu'à 20 µg/m3...

Cependant, de telles déductions simples demeurent hasardeuses : les effets varient de manière très complexe, selon les régions, en fonction des proportions relatives de PM10 et de PM2,5. Plus ces dernières sont abondantes, plus le risque est élevé. Ce sont précisément ces particules qui ont atteint, le 12 janvier, à Pékin, un pic de concentration de 993 µg/m3.

Les particules fines proviennent essentiellement de la circulation automobile – en particulier des véhicules diesel – et de la combustion du charbon et de la biomasse. "Le risque individuel demeure faible, mais, en termes de santé publique, l'effet est très important, car de très grandes populations sont exposées à ces pollutions, explique M. Slama. On suspecte en outre que le faible poids à la naissance ne soit que le signe visible d'autres modifications, pouvant être associées à des risques accrus, plus tard dans la vie, de troubles du métabolisme ou de pathologies cardiaques..."

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les microparticules favorisent le cancer, l'arthérosclérose, les troubles respiratoires, le diabète, et affectent le développement neurologique des enfants et les fonctions cognitives.

Stéphane Foucart

(*) http://ehp.niehs.nih.gov/2013/02/1205575/

Lire aussi

Une étude établit un lien entre pollution et poids des bébés à la naissance

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/une-etude-etablit-un-lien-entre-pollution-et-poids-des-bebes-a-la-naissance_1827679_3244.html

Le Monde.fr | 06.02.2013 à 11h17 • Mis à jour le 06.02.2013 à 12h26 

Les femmes enceintes les plus exposées aux polluants des gaz d'échappement des automobiles et des centrales à charbon ont un risque plus élevé d'avoir un enfant dont le poids à la naissance sera trop faible, selon une vaste étude internationale, publiée mercredi 6 février dans la revue médicale américaine Environmental Health Perspectives.

Il s'agit de la recherche la plus étendue effectuée portant sur le lien entre la pollution de l'air et le développement du fœtus, précisent les auteurs, dont la Dr Tracey Woodruff, professeure de gynécologie et de science de la reproduction à l'université de Californie, à San Francisco. Cette recherche est basée sur trois millions de naissances dans neuf pays et dans quatorze sites en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Europe, en Asie et en Australie. La plupart des données ont été collectées entre le milieu des années 1990 et la fin de la décennie 2000.

Les scientifiques ont constaté que dans les différents sites dans le monde où cette recherche a été effectuée, plus le taux de pollution était élevé, plus grand était le taux de naissances d'enfants avec un poids insuffisant. Un faible poids à la naissance – moins de 2,5 kilos – est lié à des risques accrus de maladies et de mortalité postnatales ainsi qu'à des problèmes de santé chroniques plus tard dans la vie, relève le Dr Payam Dadvand, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, en Espagne, un des principaux coauteurs.

"Ce sont en fait des niveaux de pollution de l'air auxquels nous sommes quasiment tous exposés dans le monde", relève la Dr Woodruff. "Ces particules microscopiques, qui sont en taille inférieures au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, se trouvent dans l'air que nous respirons tous", ajoute-t-elle. La Dr Woodruff note que les pays qui ont des réglementations plus strictes pour limiter la pollution des automobiles et des centrales au charbon ont des niveaux plus faibles de ces polluants. "Aux Etats-Unis, nous avons montré pendant plusieurs décennies que les bienfaits pour la santé et le bien-être publics de la réduction de la pollution de l'air sont beaucoup plus grands que les coûts", insiste-t-elle.

Les particules polluantes en suspension dans l'air sont mesurées en microgrammes par mètre cube d'air. Aux Etats-Unis, les réglementations fédérales limitent la concentration moyenne annuelle à 12 microgrammes/m3 de particules mesurant moins de 2,5 microns. Dans l'Union européenne, cette limite est de 25 microgrammes/m3, et les agences de protection de l'envionnement examinent la possibilité d'abaisser ce niveau. A Pékin, la concentration de ces particules polluantes a été récemment mesurée à plus de 700 microgrammes/m3. "De tels niveaux sont de toute évidence totalement intenables pour la santé publique mondiale", souligne Mark Nieuwenhuijsen, du CREAL, autre coauteur de cette recherche.

Une autre recherche épidémiologique se penche actuellement sur les effets potentiels d'une exposition des femmes enceintes à certains degrés de cette pollution de l'air sur la santé de leur enfant plus tard dans leur vie.

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sur le même sujet :

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) va lancer cette année « une étude sur les particules fines présentes dans l’air, notamment celles émises par les véhicules diesel », rapportent Les Echos.

Les résultats de ces travaux, qui visent à « déterminer le profil et l’origine de ces substances », seront connus courant 2014, ajoute le quotidien.

Les Echos, 19/03/13

Pollution de l'air en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-de-l-air-pas-de-peages-urbains-ni-de-prime-a-la-casse_1827694_3244.html

Pollution de l'air : pas de péages urbains ni de prime à la casse 

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h14 • Mis à jour le 07.02.2013 à 14h04

Par Sophie Landrin

La France est condamnée à agir, mais elle fait du surplace depuis près de huit ans. Sous la menace d'une nouvelle mise en demeure de l'Europe, le gouvernement devait arrêter, mercredi 6 février, à l'issue d'un conseil interministériel, des mesures pour lutter contre la pollution de l'air, et notamment contre les particules fines en suspension, responsables de la mort prématurée de 42 000 personnes chaque année en France. 60 % des Français sont exposés à la pollution atmosphérique.

Le ministère de l'écologie veut sortir de la logique des zones d'action prioritaires pour l'air (ZAPA) imaginées par la majorité précédente, mais que les collectivités locales ont échoué à mettre en place, pour privilégier des dispositions plus générales. Celles-ci concernent les transports propres, la régulation des flux de véhicules, les installations industrielles et les cheminées chez les particuliers, la fiscalité des véhicules et l'information des citoyens. Ce n'est pas le grand soir. La ministre de l'écologie a travaillé avec les ministères de l'intérieur et des transports. Mais c'est à Bercy que les derniers arbitrages doivent être rendus.

Coincé par des marges économiques et budgétaires réduites, le gouvernement a renoncé à l'annonce des mesures fortes comme la "sortie" du diesel, principal contributeur de particules fines, la création de péages urbains, pour limiter l'accès des centres-ville où la pollution automobile est la plus élevée ou encore la suppression des véhicules les plus anciens et les plus polluants. Ils sont 6 millions et représentent 25 % de la pollution aux particules fines. Bercy ne veut pas entendre parler d'une prime à la casse. Le ministère de l'économie est plus favorable à "une prime à la conversion" ciblée sur les ménages modestes. Pour améliorer le parc automobile, de nouveaux standards de contrôle technique vont être définis.

LIMITER LA VITESSE ET LES FLUX DE VÉHICULES

Pour limiter les flux de véhicules, le gouvernement veut favoriser le covoiturage. Son organisation devrait être confiée aux collectivités territoriales dans le cadre de la loi de décentralisation actuellement en chantier.

Des mesures d'abaissement de la vitesse dans les zones de pollution seront également prises, comme sur le périphérique parisien. La mairie de Paris a annoncé mercredi qu'elle avait l'accord du gouvernement pour y abaisser la vitesse maximale autorisée de 80 à 70 km/h, une mesure que la capitale souhaite mettre en place "avant l'été". Cette annonce "permettra notamment de réduire la pollution et le bruit et de renforcer la sécurité routière sur cet axe", a souligné la ville.

Le gouvernement veut également durcir la réglementation et la définition des "pics" de pollution, et inciter les villes à adapter leur offre de transports en commun lors de ces journées de forte pollution.

LA "FIN" DU DIESEL SERAIT L'UNE DES MESURES LES PLUS EFFICACES

Deux autres contributeurs de la pollution aux particules seront concernés : les industries et les chauffages. Le seuil autorisé des émissions industrielles devrait être abaissé. Et les cheminées des particuliers devront être équipées d'insert. Delphine Batho veut également boucler d'ici à la fin 2013 la révision des 34 plans de protection de l'atmosphère, conduite par les préfets.

La question du diesel a été repoussée au printemps, dans l'attente des travaux de la commission chargée de réfléchir à la fiscalité écologique. La "fin" du diesel, réclamée par les écologistes, serait, selon les spécialistes, l'une des mesures les plus efficaces : les moteurs diesel, contrairement aux moteurs à essence, sont l'un des plus gros émetteurs de particules fines. La France possède l'un des parcs de véhicules diesel les plus importants au monde. Les gouvernements successifs ont largement favorisé son développement – et celui du constructeur PSA – par une fiscalité très avantageuse.

LA FRANCE MENACÉE DE LOURDES SANCTIONS

Ces mesures suffiront-elles à rassurer la Commission européenne ? La France est menacée de sanctions pour ne pas respecter la directive sur la qualité de l'air. Ce texte fixe des valeurs limites d'exposition du public aux particules fines en suspension dans l'air, les PM10, générées notamment par le trafic automobile.

En 2008, la France avait reçu une première lettre d'avertissement de la Commission européenne. Puis, en 2011, Bruxelles a décidé de traduire la France devant la Cour de justice européenne pour n'avoir pas agi ni limité les dépassements. Face à l'inertie française, la Commission devrait, d'ici mars, faire parvenir à Paris une mise en demeure. La procédure est longue, mais la France risque de se voir infliger tôt ou tard de lourdes sanctions financières.

En septembre 2012, Delphine Batho avait acté l'échec du dispositif des ZAPA et s'était donné six mois pour mettre sur pied un nouveau dispositif en partenariat avec les huit collectivités locales candidates. Paris a été reçue par des techniciens du ministère il y a une quinzaine de jours. Les représentants de ville étaient ressortis de leur entretien d'une heure pessimistes, avec l'impression que le gouvernement était "à court d'idées".

23/02/2013

Règles a minima pour le pétrole en mer

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/compromis-critique-sur-la-securite-des-forages-en-mer_1836990_3244.html

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Compromis critiqué sur la sécurité des forages en mer

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h13

Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, bureau européen

A la veille d'un conseil européen des ministres de l'énergie, la Commission européenne, le Conseil (les Etats) et le Parlement se sont mis d'accord, jeudi 21 février, sur un projet de directive concernant les forages de pétrole et de gaz en mer.

Le texte impose de nouvelles règles aux compagnies dans le domaine de la sécurité et du respect de l'environnement. Il clarifie les responsabilités des exploitants et espère, à terme, les obliger à démontrer qu'ils disposent des ressources nécessaires pour couvrir les dégâts qui pourraient être causés à la nature. Il insiste aussi sur la prévention des catastrophes et la mise au point de plans d'urgence.

C'est "une occasion manquée", estime pourtant Eva Lichtenberger, du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. "Un accord décevant", juge pour sa part l'association Oceana, qui lutte pour la protection des mers.

Au départ, la Commission voulait réduire le danger des forages les plus risqués. Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, avait évoqué la nécessité d'un moratoire. C'était en avril 2010, au lendemain du choc provoqué par la marée noire survenue dans le golfe du Mexique, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, exploitée par BP. L'émotion est retombée, la pression de certains pays – dont la Grande-Bretagne, qui exploite la moitié des mille plates-formes européennes – a été forte, et la Commission a dû négocier avec des Etats réticents et des députés européens divisés entre ceux qui entendaient donner la priorité aux intérêts économiques et ceux qui défendaient des mesures de précaution environnementales.

AUCUN MORATOIRE

Les critiques déplorent que l'Agence européenne pour la sécurité maritime ne soit pas dotée de compétences supplémentaires et que son intervention soit limitée aux situations "post-catastrophe". Les défenseurs de l'environnement regrettent qu'aucun moratoire ne soit prévu pour les forages dans la zone arctique.

Oceana évoque une disposition "honteuse" : les normes imposées aux compagnies seront différentes selon qu'elles opèrent en Europe ou en Afrique, par exemple. "Une lacune monstrueuse, commente Nicolas Fournier, conseillerpolitique de l'ONG. Nous avons seulement obtenu que les compagnies doivent rendre compte d'un accident à leur autorité nationale, mais il y a des chances que ces rapports dorment sur une étagère..."

Un dernier doute subsiste quant à l'obligation faite aux sociétés pétrolières d'apporter la preuve qu'elles sont aptes à couvrir les coûts d'une catastrophe. Ceux-ci pourraient osciller annuellement entre 205 et 915 millions d'euros selon l'ampleur de l'accident, estime la Commission. Les procédures financières à mettre en place le seront avant la fin de l'année, promet-elle.

La catastrophe de Deepwater Horizon

a coûté jusqu'ici 28,3 milliards d'euros à BP. Depuis 1974, l'exploitation pétrolière en mer a entraîné la fuite de 2,2 millions de tonnes de pétrole en Europe.

Pas d'alternative à la "décroissance" énergétique

L'utilisation de l'énergie a toujours un coût environnemental.

Moralité : il faut consommer moins d'énergie.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/l-europe-en-quete-de-carburants-vraiment-verts_1836987_3244.html

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L'Europe en quête de carburants vraiment "verts"

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h03

Par Pierre Le Hir

Quelle alternative aux biocarburants actuels, auxquels l'Europe souhaite donner un coup de frein ? La question est à l'ordre du jour du conseil des ministres de l'énergie des Vingt-Sept, vendredi 22 février, à Bruxelles. La réponse, elle, s'annonce problématique.

Rapporteur de ce dossier devant le Parlement, la députée européenne Corinne Lepage a entrepris de consulter agriculteurs, industriels, chercheurs et associations. A ce stade, elle n'avance pas de pistes. "J'imagine mal, dit-elle simplement, que sur un projet dont l'objectif est la réduction des gaz à effet de serre, nous n'aboutissions pas à une solution allant dans ce sens."

En octobre 2012, la Commission européenne a reconnu la nocivité pour la planète des biocarburants de première génération, appelés aussi "agrocarburants", car issus de cultures agricoles : colza, soja, tournesol et palme pour le biodiesel ; canne à sucre, betterave, maïs et blé pour le bioéthanol. Accaparant des terres auparavant réservées à l'alimentation humaine et animale, ces cultures énergétiques affichent aussi, pour certaines, un bilan environnemental calamiteux.

Cela en raison du changement d'affectation des sols indirect (Indirect Land Use Change, ou ILUC, pour les Anglo-Saxons). Le déplacement des productions alimentaires et les plantations destinées aux biocarburants entraînent en effet, en Amazonie ou en Indonésie, la destruction de forêts, de prairies ou de tourbières, qui constituent des puits de carbone.

AGGRAVER LA POLLUTION À L'OZONE, CHUTE DES RENDEMENTS AGRICOLES

L'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a conclu que, "dans plus de deux tiers des évaluations", les agrocarburants ne répondent pas aux objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre, si l'on prend en compte le changement d'affectation des sols.

L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a même calculé que, pour certains biodiesels (le biocarburant le plus utilisé), les émissions de CO2 sont supérieures à celles des carburants fossiles, quand on intègre ce facteur.

D'où le projet de directive de Bruxelles, soumis à l'examen du conseil des ministres et du Parlement européens. Il vise à plafonner à 5 %, c'est-à-dire au niveau actuel, l'usage des biocarburants tirés de cultures alimentaires. Et, pour atteindre l'objectif, toujours en vigueur, de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020, à leur substituer des "biocaburants avancés vraiment durables". Ceux de deuxième génération, issus du bois, des parties non alimentaires des plantes (ou "rémanents" : tiges, branches et feuillages) ou des déchets organiques. Et ceux de troisième génération, extraits des microalgues.

Problème : ces deux filières n'en sont qu'au stade de la recherche et du développement. Une production industrielle n'est pas attendue avant la prochaine décennie. En outre, à supposer même que des investissements et un effort de recherche accrus permettent d'aller plus vite – et de parvenir à une rentabilité économique aujourd'hui incertaine –, leur bilan carbone reste à établir.

Pour la deuxième génération, la valorisation de "rémanents" forestiers que n'exploite pas l'industrie du bois, ou celle de résidus agricoles, sera vertueuse pour l'environnement. Mais, s'il s'agit de paille de maïs ou de blé, l'approvisionnement entrera en concurrence avec le fourrage animal. Et si la matière première provient de cultures dédiées aux biocarburants – des herbacées à forte productivité tel le miscanthus (ou "herbe à éléphant") ou des arbres à croissance rapide tels le saule, le peuplier et l'eucalyptus –, alors la production de cette biomasse mobilisera elle aussi des terres agricoles et provoquera un changement d'affectation des sols.

Selon une récente publication scientifique, une mutiplication de taillis à rotation courte risque aussi d'aggraver la pollution à l'ozone et de faire chuter les rendements agricoles.

LES MICROALGUES, UNE CULTURE QUI EXIGE AUSSI DE L'ESPACE

Quant à la troisième génération, si les microalgues ont une capacité phénoménale à accumuler des huiles ou des sucres, convertibles en biodiesel ou en bioéthanol, leur culture exige elle aussi de l'espace. C'est l'objet de la thèse de Sophie Bresc-Litzler, doctorante à l'université Paris-I, sur les "contraintes géographiques" de l'algoculture.

Celle-ci peut être réalisée en bassins ouverts. Il y faut, précise la chercheuse, "des espaces plats et larges, un accès à une eau abondante, un bon ensoleillement, des zones à l'abri des vents et des aléas météorologiques, ainsi que la présence d'industries dégageant du CO2 dont se nourrissent les algues". Ce qui peut provoquer des conflits d'usage avec les activités agricoles, l'utilisation des ressources en eau ou l'aménagement périurbain.

Même si les territoires ultra-marins offrent un réel potentiel de développement, "pour une production de biocarburant à l'échelle industrielle, il faudrait des superficies considérables pour parvenir à des seuils de rentabilité", estime Mme Bresc-Litzler.

La culture peut aussi se faire, de façon intensive, dans des sortes de serres (des photobioréacteurs). Mais, si celles-ci ont l'avantage de pouvoir être installées sur des sites industriels, la quantité de lumière nécessaire aux algues est un facteur limitant.

La quête de biocarburants réellement "verts" s'annonce donc difficile. D'ores et déjà, plusieurs ONG demandent que le changement d'affectation des sols soit pris en compte pour les futures filières, afin d'"éviter qu'elles n'aient un impact environnemental néfaste".

18/02/2013

Le marché des petites éoliennes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/18/les-couacs-perdurent-sur-le-marche-des-petites-eoliennes_1834114_3244.html

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LE MONDE | 18.02.2013 à 12h40 • Mis à jour le 18.02.2013 à 12h50 

Les couacs perdurent sur le marché des petites éoliennes 

Les éoliennes n'ont pas toujours été d'immenses mâts de 100 mètres de haut équipés de puissants rotors de 100 mètres de diamètre. Elles ont d'abord été petites et ont trouvé leur premier usage en France, dès les années 1950, pour alimenter les phares.

Ces petites éoliennes n'appartiennent pas au passé. Elles connaissent même un véritable engouement depuis deux à trois ans, comme l'a constaté l'Association française des professionnels du petit éolien (FPPE), qui a tenu son colloque national à Toulouse les 13 et 14 février.

Les quarante membres de l'association, parmi lesquels près de dix fabricants, ont martelé au cours de cette réunion leur maître mot : "professionnalisation". Car, si ces éoliennes de moins de 12 m de haut, dont la puissance s'échelonne de 1 à 30 kilowatts, rencontrent un succès grandissant chez les particuliers, elles sont souvent vendues par des installateurs qui n'assurent pas la qualité nécessaire de l'installation et de la maintenance. Sur les quelques milliers de machines qui auraient été vendues en 2012, beaucoup suscitent la déception. 

SYSTÉMATISER DES ÉTUDES DE VENT

Sur le papier, le dispositif est alléchant : grâce à un crédit d'impôt de 32 % plafonné à 16 000 euros, installer une éolienne (pour un coût de l'ordre de 15 000 euros) paraît une bonne affaire. Mais cela n'est vrai qu'à condition qu'elle soit placée de façon à recueillir efficacement le vent. Et surtout pas sur le toit d'une maison, que l'éolienne a de fortes chances d'abîmer rapidement. "J'en suis réduit à faire le bureau des pleurs des gens qui se sont fait arnaquer par des installateurs peu scrupuleux", rapporte Jean-Marc Noël, président de la FPPE.

En fait, la profession veut effacer l'effet d'aubaine créé par le crédit d'impôt. "Elle propose de supprimer carrément ce dispositif, explique Philippe Rocher, consultant au cabinet Metrol, pour le remplacer par un tarif d'achat dégressif et révisable tous les deux ans. Cela augmenterait la charge de la contribution au service public de l'électricité (CSPE), mais serait compensé par l'accroissement des recettes de l'Etat grâce à la disparition du crédit d'impôt."

Cela "ferait le ménage sur le marché", analyse Robert Bellini, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les professionnels du petit éolien voudraient aussi systématiser des études de vent selon des modèles réalisés par Météo France, afin de ne pas vendre des éoliennes dans des endroits insuffisamment ventés. Car c'est surtout l'ouest de la France qui paraît propice à une bonne rentabilité des petites éoliennes.

"NOUS ASSURONS DES EMPLOIS NON DÉLOCALISABLES"

Enfin, pour assurer la qualité technique des matériels, il est proposé de faire vérifier les caractéristiques annoncées des machines par le Site expérimental pour le petit éolien national (Sepen), situé à Narbonne.

Les professionnels espèrent que les changements qu'ils proposent seront repris par le gouvernement et inclus dans la loi qui conclura le débat sur la transition énergétique cette année. "Nous assurons des emplois non délocalisables, assure Jérôme Bousquet, du fabricant Eolys. Dans les pays voisins, le secteur connaît une croissance à deux chiffres. Avec un cadre réglementaire et tarifaire adéquat, cela pourrait être le cas ici aussi."

Le petit éolien peut avoir un intérêt économique global : en Bretagne, où le réseau électrique est très tendu, des éoliennes sur les exploitations agricoles permettraient d'alléger la demande en hiver.