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03/02/2016

On n'arrête pas le progrès ! (chimie et environnement: vers une prise de conscience ?)

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Les équipes de "Cash Investigation" et de francetv info ont dressé la carte de France des ...

Plus d'actualités pour "http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/enquete-cash-investigation-quels-pesticides-dangereux-sont-utilises-pres-de-chez-vous_1294797.html"

23/08/2015

OGM + pesticides = malformations fœtales

à lire sur :

Pesticides in paradiseHawaii's spike in birth defects puts focus on ...

www.theguardian.com/us.../hawaii-birth-defects-pesticides-gmo

Image 1.png

 

12/05/2015

Pour l’interdiction des pesticides chimiques de synthèse et la généralisation des pratiques agroécologiques

lu dans la revue de presse de l'INSERM :


Plaidoyer de Greenpeace International en faveur de l’agriculture biologique

Greenpeace International publie aujourd’hui un rapport « en faveur de l’interdiction progressive des pesticides chimiques de synthèse et de la généralisation des pratiques agroécologiques ». L’ONG revient notamment sur l‘expertise collective Pesticides : Effets sur la santé publiée en 2013 par l’Inserm, souligne l’AFP. Selon Greenpeace : « L’exposition à certains pesticides représente un facteur de risque supplémentaire non négligeable de contracter de nombreuses maladies chroniques, y compris différentes formes de cancers et de maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et celle d’Alzheimer, et de développer des malformations congénitales ». L’ONG affirme par ailleurs que « (…) les agriculteurs et leurs familles font partie des populations les plus exposées à des risques de pathologies graves ».
 

AFP, 12/05

13/06/2013

Expertise collective sur les risques sanitaires des pesticides pour les agriculteurs

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les risques sanitaires des pesticides pour les agriculteurs

L’Inserm rend publique aujourd’hui une expertise collective, réalisée à la demande de la Direction générale de la Santé.

Comme le soulignent Le Figaro et Libération, cette expertise porte sur les risques sanitaires associés à une exposition aux pesticides, en particulier dans le monde agricole, et sur les effets sur le fœtus et les jeunes enfants.

L’expertise, qui a fait le bilan de la littérature scientifique internationale des trente dernières années, a constaté, concernant la période prénatale, « une augmentation significative du risque de fausses couches et de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle de la mère », indique Le Figaro. Le quotidien ajoute que d’autres études montrent « une atteinte de la motricité fine, de l’acuité visuelle et de la mémoire récente de l’enfant », ainsi qu’« un risque accru de leucémie et de tumeur cérébrale ».

Les experts, qui prônent un meilleur suivi longitudinal des enfants, estiment cependant que « l’ensemble des conséquences potentielles d’une exposition aux pesticides pendant la grossesse est encore insuffisamment évalué comme par ailleurs celles d’une exposition durant la période préconceptionnelle, la petite enfance et la période pré ou pubertaire ».

L’expertise collective constate notamment une hausse du risque de cancer de la prostate chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales, de même qu’un risque accru de lymphomes non hodgkiniens et de myélomes multiples.

 

Le Figaro, Libération, 13/05 –

Expertise collective de l’Inserm : Pesticides : effets sur la santé”

29/08/2010

Des traverses de chemins de fer reconverties en charbon de bois toxique ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4353

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26-08-2010 - Des traverses de chemins de fer reconverties en charbon de bois… toxique ?

Au regard de la directive européenne du 20 décembre 1994 et de l’arrêté du 7 août 1997, l’utilisation de bois traités aux huiles de créosote (1) pour la fabrication du charbon de bois est interdite, et ce en raison d’un risque cancérogène. Toutefois, en vue de recycler d’anciennes traverses de chemin de fer en charbon de bois à usage domestique, l’entreprise Sidénergie, dans le Lot, a fait une demande de dérogation. Etudiée sur la base de 3 échantillons collectés dans un unique four de carbonisation par un huissier, lui-même mandaté par l’exploitant, cette demande a finalement été acceptée. Emis par le Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique de France (section de l’alimentation et de la nutrition), dépendant du Ministère de la Santé, cet avis favorable n’a admis qu’une seule réserve : « l’approvisionnement en traverses doit être de qualité homogène ».

Cette dérogation est pourtant loin d’être anodine, comme le souligne l’association de protection de l’environnement Robin des Bois. De fait, bien que les anciennes traverses issues de voies ferroviaires soient vieilles de plusieurs décennies, elles contiendraient encore individuellement plusieurs litres de créosote. Les traverses sont polluées par les égouttures des wagons assurant le transport de matières toxiques. Pour sa part, Sidénergie a recyclé en charbon de bois 3 000 tonnes de traverses de chemin de fer provenant du démantèlement de l’usine toulousaine AZF. Or, durant leur carrière, les traverses sorties des rails ont régulièrement été imprégnées par les pesticides des « trains désherbeurs », dont le passage vise à contrer toute colonisation végétale sur les voies.

En dépit de ces constats, Sidénergie, promue comme un acteur du recyclage, aurait reçu l’appui financier de l’ANVAR (2), l’ADEME, la région Midi-Pyrénées et la SNCF, selon Robin des Bois. Aussi, et ce malgré « la présence dans ses stocks de poteaux traités à l’arsenic constatée par les services de l’Etat, les mises en demeure à répétition pour non-conformité à l’arrêté préfectoral d’exploitation et une gestion douteuse des déchets », Sidénergie poursuivrait aujourd’hui ses activités. Bien qu’ayant confié à Robin des Bois son intention de requérir auprès de l’AFSSA une nouvelle expertise sur ce dossier, le Ministère de la Santé n’a, semble-t-il, finalement pas jugé nécessaire d’aller au bout de la démarche.
A en croire ses discours promotionnels relayés par l’association, Sidénergie est ainsi à même d’exporter sa production dans des pays soumis à la directive européenne interdisant l’utilisation de bois créosotés pour la fabrication de charbon de bois, par la seule grâce d’une dérogation délivrée par les autorités françaises il y a plus de 10 ans.

Cécile Cassier

1- D’après la définition fournie par GTIF (Gestion des Techniques d’Ingénierie et de Formation), « La créosote est constituée de centaines de composés dont le groupe le plus important est celui des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). La créosote est un mélange de substances obtenu par distillation de goudron. Elle est classée comme cancérigène à cause de certaines de ces substances, notamment le benzo-a-pyrène ». Ce dernier est, en effet, classé comme substance cancérigène dès lors que sa concentration excède 50 ppm. Toutefois, une étude menée à la demande de la Commission européenne aurait conclu que, même en cas de concentration en benzo-a-pyrène inférieure à 50 ppm, la créosote et / ou le bois traité à la créosote présente « un risque de cancer pour les consommateurs clairement préoccupant » selon GTIF.
2- Agence Nationale de Valorisation de la Recherche.

26/08/2010

Des herbicides à l’origine de malformations congénitales

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4351

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Des herbicides à l’origine de malformations congénitales

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25/8/2010

Suite à l’observation de nombreux cas de malformations de nouveau-nés, notamment de malformations neurales et craniofaciales, au sein de régions où sont massivement utilisés des herbicides à base d’une substance active appelée glyphosate (1), des scientifiques argentins ont tenté d’établir une corrélation entre les deux phénomènes.


A cette fin, ils ont analysé les effets d’une dilution à 1/5000 d’herbicide à base de glyphosate sur des larves de grenouille Xenopus laevis. Publiés dans la revue scientifique Chemical Research in Toxicology, les résultats ont révélé des embryons « hautement anormaux », présentant « des altérations marquées du développement céphalique et de la crête neurale ». Afin de vérifier si de tels effets s’observaient sur d’autres vertébrés que des amphibiens, la même manipulation a été réalisée avec des embryons de poulet, débouchant sur des conclusions similaires.


A la lumière de ces découvertes, portant sur des concentrations faibles d’herbicides à base de glyphosate, les chercheurs s’inquiètent face aux cas de malformations cliniquement constatés chez des enfants vivant dans des régions où la population est exposée à ce type d’herbicides, utilisés sur des cultures d’OGM tolérants au glyphosate.

S’appuyant sur les résultats de cette nouvelle étude, le MDRGF (2) réclame l’application du principe de précaution et « le retrait de l’homologation de ces herbicides à base de glyphosate du marché français et européen, dans une logique de prévention des malformations congénitales dans les populations exposées ».

Cécile Cassier

1- Le décrié Round Up appartient à cette catégorie.
2- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures

01/06/2010

Le Brésil utilise des pesticides interdits ailleurs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/01/le-bresil-utilise-des-pesticides-interdits-ailleurs_1366043_3244.html

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Le Brésil utilise des pesticides interdits ailleurs
LE MONDE | 01.06.10 | 15h59  •  Mis à jour le 01.06.10 | 15h59
Rio de Janeiro Correspondant

'agriculture brésilienne a recours à des pesticides dont l'usage est interdit, à cause de leur toxicité, aux Etats-Unis, en Europe, en Inde ou en Chine. Ce constat inquiétant, que rapporte, dimanche 30 mai, le journal O Estado de São Paulo, a été dressé par l'Agence nationale de vigilance sanitaire (Anvisa), créée en 1999 et qui pratique des tests en laboratoire et des inspections sur le terrain. "Nous consommons ce que les autres nations rejettent à la poubelle", résume Rosany Bocher, coordinatrice du système national d'information toxico-pharmacologique de la prestigieuse Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz), équivalent au Brésil de l'Institut Pasteur.

Depuis sa création, l'Anvisa est parvenue à faire interdire quatre pesticides. En 2008, elle a établi une nouvelle liste de quatorze produits jugés dangereux. Mais, du fait des lenteurs administratives, des pressions politiques et des recours en justice, ces pesticides continuent à être utilisés.

Hautement suspect

Une seule de ces substances sera prohibée, mais seulement en 2011 : la cyhexatine, utilisée dans la culture des agrumes. Trois autres attendent d'être soumises à une commission tripartite où siègent des experts de la santé, de l'agriculture et de l'environnement : il s'agit de l'acéphate, du methamidofos et de l'endosulfan. L'importation de ce dernier, pourtant très suspect, a augmenté de 25 % en 2009.

Le Brésil est un des champions de l'usage des pesticides, qui y sont le quatrième facteur d'intoxications humaines. En 2007, 6 260 cas d'intoxications provoquées par ces substances, notamment chez des travailleurs agricoles, ont été enregistrés. Ils sont à l'origine d'hépatites, de maladies de peau, de cancers, de problèmes hormonaux et neurologiques.

Selon Sergio Rabello, chef du laboratoire toxicologique de l'Ecole nationale de santé publique, ces affections ne résultent pas nécessairement directement des pesticides, mais de leur "usage incorrect".

Plus inquiétant encore : les industriels brésiliens du secteur violent allégrement les règlements sanitaires. Depuis juillet 2009, l'Anvisa a inspecté les usines de sept entreprises qui assurent 80 % de la production nationale de pesticides. Une seule était à peu près en règle. Les six autres ont été contraintes d'arrêter leur production. Les inspecteurs de l'Anvisa, soutenus par des policiers fédéraux, ont saisi d'importants tonnages de pesticides suspects.

Une autre affaire, révélée lundi, attire l'attention sur la fragilité de la réglementation sanitaire du Brésil dans certains secteurs agricoles. Le ministère de l'agriculture a suspendu l'exportation de conserves de viande de boeuf vers les Etats-Unis après une plainte des autorités américaines auprès du fournisseur JBS Friboi, première entreprise mondiale de "traitement des protéines animales". Certains de ses clients ont décelé une trop forte présence d'Ivermectine, un vermifuge utilisé dans l'élevage des bovins.


Jean-Pierre Langellier
Article paru dans l'édition du 02.06.10

09/04/2010

L'Afssa recommande de renforcer la réglementation sur les PCB

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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/09/l-afssa-recommande-de-renforcer-la-reglementation-sur-les-pcb_1331241_3244.html
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L'Afssa recommande de renforcer la réglementation sur les PCB
LE MONDE | 09.04.10 | 16h08  •  Mis à jour le 09.04.10 | 16h08


ans un avis rendu jeudi 8 avril, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) recommande l'adoption de teneurs réglementaires européennes maximales de PCB (pyralènes) dans l'alimentation, afin de diminuer l'exposition de la population à ces polluants organiques persistants. Les PCB ont été interdits en 1987, mais restent présents dans l'environnement, en particulier dans les sédiments des rivières et les poissons d'eau douce. L'Afssa a également déterminé des valeurs critiques d'imprégnation, au-dessus desquelles des effets sur la santé peuvent advenir : 700 nanogrammes de PCB par gramme de lipides dans le sang pour les femmes enceintes, allaitantes ou en âge de procréer, et 1 800 ng pour les autres catégories. Environ 10 % des femmes en âge de procréer dépasseraient le seuil fixé, et 2 % de la population générale. Les populations les plus exposées sont les pêcheurs amateurs de poissons d'eau douce et leurs familles, sur lesquels une étude d'imprégnation est en cours. L'Afssa recommande aux femmes enceintes et en âge de procréer de ne pas consommer de poissons potentiellement contaminés (anguille, carpe, gardon, espadon, requin, sikki).

 

 

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 10.04.10

06/04/2010

Pesticides et santé

lu sur :

http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

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Phytosanitaires, cancers, troubles neurologiques et maladie de Parkinson


La MSA (Mutualité sociale agricole) qui a recensé, depuis 1997, 1 067 cas d'intoxication aiguë imputables aux pesticides, présentait, le 23 mars dernier, le bilan de son observatoire des risques.

Outre les irritations cutanées, les nausées, les céphalées ou les douleurs digestives, certains cancers, certains troubles neurologiques, voire la maladie de Parkinson semblent favorisés par une exposition prolongée aux produits phytosanitaires, certains cas ayant même été reconnus comme des maladies professionnelles.

L'an passé, une équipe de chercheurs américains considérait que les personnes exposées à moins de 500 mètres du manèbe et du paraquat, un herbicide, augmentaient de 75 % le risque de développer la maladie de Parkinson.

En 2009 toujours, l'équipe du Pr Elbaz (Inserm) publiait les résultats d'une étude dans The Annals of Neurology, selon laquelle les personnes exposées à certains insecticides, comme les organochlorés, multipliaient ce risque par deux. Dr Dupupet, médecin responsable des risques chimiques à la MSA, estime toutefois qu' "entre Parkinson ou cancer et phytosanitaires, aucun lien de cause à effet n'a été prouvé". Il rappelle que ces études ne concluent qu'à une "incidence plus importante de la maladie. Libération , 05/04/2010

30/11/2009

OGM et utilisation excessive des pesticides vont de pair

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/28/aux-etats-unis-la-generalisation-des-ogm-aboutirait-a-une-surutilisation-de-pesticides_1273432_3244.html#ens_id=1269926
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Aux Etats-Unis, la généralisation des OGM aboutirait à une surutilisation de pesticides
LE MONDE | 28.11.09 | 14h10  •  Mis à jour le 28.11.09 | 14h10


es organismes génétiquement modifiés (OGM) permettent-ils de réduire la consommation de pesticides ?
L'argument, contesté par les écologistes, est mis en avant par les entreprises de semences transgéniques. Une étude, publiée en novembre par The Organic Center, un centre de recherche américain opposé aux biotechnologies, ravive ce débat en affirmant que la généralisation du soja, du maïs, et du coton OGM aux Etats-Unis depuis 1996 a abouti à une surconsommation de pesticides de 144 000 tonnes (soit deux fois la quantité utilisée par an en France).

Le directeur scientifique du centre, Charles Benbrook, ancien directeur du bureau de l'agriculture de l'Académie des sciences américaine, devenu consultant, a utilisé les données collectées chaque année par le ministère américain de l'agriculture (USDA), qui évalue par sondage les surfaces traitées et les quantités appliquées par hectare. Ces données ne distinguant pas les plantes transgéniques des conventionnelles, M. Benbrook a donc estimé "l'impact" des biotechnologies en mettant en équation les chiffres de l'USDA avec des estimations - effectuées à partir de données publiques - des traitements appliqués en moyenne en fonction des modes de culture.

Selon ces résultats, l'utilisation de maïs et de coton génétiquement modifiés pour sécréter une toxine mortelle pour les insectes ravageurs (plantes Bt) aurait permis "d'économiser" 29 000 tonnes d'insecticides depuis 1996. En revanche, la généralisation du soja Round Up Ready (RR), conçu par Monsanto pour résister au passage de son herbicide vedette, aurait abouti à une surconsommation de 173 000 tonnes d'herbicides.

Le soja RR a conquis les agriculteurs américains : il représente 90 % des surfaces cultivées de soja. "C'est ce succès qui a entraîné l'accroissement des quantités de pesticides utilisées, affirme Charles Benbrook. L'utilisation d'un seul herbicide a favorisé l'apparition de mauvaises herbes résistantes. Plus on avance dans le temps, moins le système marche. Une seule application suffisait au départ pour contrôler les mauvaises herbes. Deux à trois sont parfois nécessaires aujourd'hui."

"DONNÉES INCOMPLÈTES"

Le rapport de M. Benbrook est contesté par le cabinet de conseil britannique PG Economics, spécialisé dans l'analyse de l'impact des biotechnologies - et en général favorable à ces dernières. "M. Benbrook utilise des données incomplètes de façon erronée", résume Graham Brookes, de PG Economics. Premier écueil : les données de l'USDA s'arrêtent en 2007 pour le coton, en 2006 pour le soja et en 2005 pour le maïs. Elles ont été complétées par extrapolation par M. Benbrook. Deuxième critique : ce dernier sous-évaluerait les traitements réalisés par les cultivateurs de soja traditionnel, peu nombreux aux Etats-Unis, donc jugés non représentatifs.

PG Economics utilise les données commercialisées par l'organisme privé DMR Kynetec, qui procède par sondage et, contrairement à l'USDA, distingue les modes de culture. Selon ces chiffres, M. Benbrook surestime l'utilisation des herbicides de 28 000 tonnes sur la période étudiée. Les mêmes données confirment toutefois une tendance à l'augmentation de l'usage des herbicides sur le soja OGM américain depuis le début des années 2000, de 10 % à 15 % par rapport à la période antérieure à 1996. Il augmente également sur le coton (de 18 % à 22 %), mais baisse sur le maïs (8 % à 12 %).

A ce débat sur les tonnages utilisés s'ajoute une controverse sur le glyphosate, la molécule active du Round Up, présentée comme moins dangereuse que celles qu'elle a remplacées. "C'est l'une des moins nocives utilisées actuellement, mais elle n'est pas sans risque", répond M. Benbrook.

 

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 29.11.09

21/08/2009

Exposition des femmes enceintes aux polluants atmosphériques et croissance foetale

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

 

Deux études de l'Inserm sur les substances toxiques pour le foetus

Enfant Magazine cite deux études réalisées par l'Inserm. La première montre que les polluants atmosphériques, notamment ceux du trafic routier et du chauffage, peuvent entraîner, à la naissance, un poids plus faible et une diminution du périmètre crânien du foetus. D'après la deuxième étude, les femmes enceintes ont une mauvaise estimation des conséquences de leur consommation d'alcool. Enfant Magazine rappelle que le syndrome d'alcoolisation foetale constitue la première cause non génétique de handicap mental en France.

Reprise information presse du 18 juin 2009 "Quel impact de l'exposition des femmes enceintes aux polluants atmosphériques sur la croissance foetale ?"

Enfant Magazine , 01/09/2009

Particules fines et moteur diesel

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

 

La pollution liée aux particules fines

Le Monde rappelle qu'en 1999, une étude menée en France, en Suisse et en Autriche, et publiée par l'OMS, avait révélé que l'exposition à long terme des adultes de plus de 30 ans à un air pollué par le trafic automobile provoquait 21.000 morts prématurés chaque année, de maladies respiratoires ou cardiaques. Il s'agissait de la première étude évaluant les effets sur la santé d'une exposition aux particules fines. D'après le quotidien, le gouvernement a actuellement pour objectif une réduction de 30% en 2015 de la teneur de l'air en particules fines. À partir de septembre 2009, l'installation d'un filtre à particules sur tous les nouveaux véhicules diesel sera obligatoire au niveau européen.

Monde [Le] , 19/08/2009

29/06/2009

Le tropisme pro-OGM des experts européens de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/29/genetiquement-pro-ogm_1213019_3244.html#ens_id=1213093

 

Enquête

Génétiquement pro-OGM

LE MONDE | 29.06.09 | 15h50  •  Mis à jour le 29.06.09 | 17h04

PARME (ITALIE), ENVOYÉ SPÉCIAL

 

Parme, sa cathédrale, son baptistère, ses fresques du Correggio, son parmigiano reggiano et son prosciutto. Les guides touristiques ajoutent désormais : son Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L'agence chargée, au niveau communautaire, d'évaluer les risques liés à la chaîne alimentaire. En particulier aux organismes génétiquement modifiés (OGM). C'est sur ses avis que s'appuient les décisions de la Commission de Bruxelles, du Parlement européen et des Etats membres de l'Union européenne. D'où son rôle crucial.

Loin des marbres patinés des palais des Farnèse, l'institution s'est installée dans un moderne bâtiment de verre. Façon, peut-être, d'afficher sa "transparence", l'une de ses vertus cardinales, annonce sa directrice, la Française Catherine Geslain-Lanéelle, avec l'"excellence scientifique", l'"indépendance" et la "réactivité". L'affirmation fait s'étrangler les écologistes. "Autant demander à un renard de surveiller un poulailler !" s'écrit Greenpeace.

Les ministres de l'environnement des pays européens ne sont pas loin de penser la même chose. Au point que onze d'entre eux - Autriche, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie -, affichant leur défiance à l'égard des instances communautaires, viennent de réclamer la possibilité d'interdire, de leur propre initiative, la culture de séquences génétiquement modifiées sur leur territoire. Sans souscrire à cette demande de nationalisation des autorisations de culture, la secrétaire d'Etat française à l'écologie, Chantal Jouanno, plaide elle aussi pour "que les procédures d'expertise soient revues".

Quand l'EFSA voit le jour, en janvier 2002, l'Europe sort des crises de la vache folle et du poulet à la dioxine belge. La confiance des consommateurs est ébranlée. La filière agroalimentaire discréditée. L'Union européenne décide de se doter d'une expertise scientifique incontestable. Et de séparer l'évaluation des risques de la décision politique.

Maladies animales, additifs alimentaires, OGM, pesticides, risques biologiques... L'agence ne chôme pas. Chaque année, sa charge de travail double : en 2009, elle rendra un millier d'avis scientifiques. Trop, trop vite ? Avec 400 permanents et un financement communautaire de 73 millions d'euros, elle a atteint "la taille critique" et "la maturité" qui garantissent aux citoyens européens "un système d'évaluation des risques extrêmement robuste", assure Mme Geslain-Lanéelle. Dix panels de scientifiques externes ont été mis en place pour couvrir les différentes disciplines, soit un réseau de 200 experts, réunis 10 à 12 fois par an. S'y ajoutent un millier de spécialistes consultés ponctuellement, dont la directrice souhaite tripler ou quadrupler le nombre.

Sur certains dossiers, l'EFSA a fait la preuve de l'indépendance qu'elle revendique. Par exemple en concluant, en 2007, que le colorant alimentaire Rouge 2G (E128), utilisé depuis trente ans dans les saucisses et les hamburgers, pouvait avoir des effets cancérigènes. Son bilan en matière d'OGM laisse en revanche perplexe.

Depuis sa création, l'autorité a reçu des industries agroalimentaires 119 demandes d'autorisation ou de renouvellement d'organismes génétiquement modifiés. Plus de la moitié (69) sont encore à l'étude, tandis que 8 ont été finalement retirées. Elle a donc rendu 42 avis... tous positifs. Qui plus est, adoptés à l'unanimité - le vote se faisant à main levée - des membres du panel OGM présents.

Pour les écologistes, la cause est entendue. En choeur, Greenpeace, les Amis de la Terre et le réseau d'associations France Nature environnement dénoncent "l'incapacité scandaleuse" de l'EFSA, à leurs yeux jouet du lobby industriel. Mieux vaut, fulminent-ils, qu'elle mette la clé sous la porte, en attendant sa "réforme complète".

L'autorité européenne se défend. Tous les avis, fait-elle valoir, ont été émis "après beaucoup de discussions". S'ils sont fondés sur les dossiers fournis par les industriels - l'EFSA n'a pas de moyens de recherche propres -, "ils prennent aussi en compte l'ensemble des articles scientifiques disponibles". Ainsi d'une étude, publiée en novembre 2008 par des chercheurs autrichiens, qui suggérait une altération de la fertilité de souris nourries au maïs transgénique MON 810-NK 603. Le panel OGM s'est saisi de ce travail et a conclu qu'il posait "des problèmes de méthodologie" qui l'invalidaient. Ce qu'a aussi estimé, voilà quelques semaines, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). L'EFSA admet toutefois qu'elle "devrait peut-être, lorsque l'industriel ne fournit pas les informations supplémentaires demandées dans un délai fixé, rendre un avis négatif".

D'où vient, alors, le tropisme pro-OGM des experts européens ? Tous les ans, chacun d'entre eux remplit une déclaration détaillée, attestant qu'il n'existe pas de conflit d'intérêts - financier ou intellectuel - entre sa mission et ses activités professionnelles (recherches payées par des firmes du secteur, travaux de consultant, détention d'actions ou de brevets...). Avant chaque réunion, il signe en outre une déclaration d'intérêts spécifique pour les sujets à l'ordre du jour. Pour avoir tu ses accointances avec un groupe industriel, un expert d'un autre panel, spécialiste de nutrition, a dû, début 2009, démissionner.

Les Amis de la Terre ont contesté la neutralité de plusieurs membres du panel OGM, pour leurs liens, directs ou indirects, avec des entreprises de biotechnologies. A commencer par son président, le Néerlandais Harry Kuiper, coordonnateur, de 2000 à 2003, d'un programme de recherche européen auquel participaient Monsanto, Bayer CropScience et Syngenta. "Il s'agissait d'un programme communautaire public, répond la directrice de l'EFSA. Du reste, s'il fallait disqualifier définitivement tous ceux qui ont travaillé avec l'industrie, on ne trouverait personne. Un bon expert n'ayant jamais collaboré avec le privé, c'est même suspect."

Si les garants de la sécurité alimentaire sont invariablement favorables aux OGM, c'est plutôt qu'ils portent des lunettes sélectives, pense l'écophysiologiste Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS. C'est lui qui a été chargé, en 2008, de rédiger un rapport scientifique répondant aux critiques de Monsanto contre la clause de sauvegarde activée par la France - en vertu du principe de précaution - pour suspendre la culture du maïs transgénique MON 810.

En octobre 2008, il a été auditionné, avec trois autres chercheurs français - un botaniste, Pierre-Henri Gouyon, un agronome, Denis Bourguet, et un statisticien, Marc Lavielle -, par les experts de l'EFSA. "Nous avons eu le sentiment que leur opinion était faite d'avance, rapporte-t-il. Ils n'étaient que six ou sept présents (le panel OGM compte 21 membres) et le début de la réunion a été très tendu. Nous avons dû menacer de partir pour obtenir la discussion ouverte que souhaitait la Commission de Bruxelles." Le procès-verbal - qui ne leur a pas été soumis - conclut : "Il n'existe pas de preuve de la possible toxicité du maïs MON 810. Les deux parties étaient d'accord sur ce point." Pour la délégation française, il aurait fallu ajouter : "Il n'existe pas de preuve de l'absence de toxicité à long terme du maïs MON 810. Les deux parties étaient également d'accord sur ce point."

Pierre-Henri Gouyon décrypte : "Nous avons affaire à des spécialistes de la biologie moléculaire, qui connaissent bien les problèmes de contamination aiguë, beaucoup moins les effets à long terme sur la santé et l'environnement. Tester des OGM sur des rats pendant 90 jours, même à fortes doses, c'est très insuffisant. Certaines pathologies ont une latence beaucoup plus longue."

Le ministère français de l'écologie fait une analyse similaire. "L'EFSA a été créée pour répondre à des questions sanitaires. Sur les OGM, on lui demande de répondre aussi à des questions environnementales. Est-elle bien armée pour le faire ?" s'interroge-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo.

Et d'expliciter : "Ses experts représentent-ils un spectre de disciplines suffisamment large ? Sont-ils à même de traiter des OGM non pas comme des produits isolés, mais comme des cultures intégrées à un écosystème vivant ? Se préoccupent-ils de la coexistence entre les filières OGM, conventionnelle et bio ? Enfin, les données fournies par les semenciers, qui ne donnent pas aux chercheurs l'accès aux séquences génétiques, assurent-elles une information scientifique équilibrée ?"

A toutes ces questions, la réponse est négative. Fin 2008, les ministres européens de l'environnement ont appelé à "améliorer" le système d'expertise communautaire sur les OGM. En insistant sur "une évaluation détaillée des effets à long terme sur l'environnement". L'une des premières tâches confiées par le ministre d'Etat français, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, Jean-Louis Borloo, au Haut Conseil des biotechnologies mis en place voilà quelques semaines, est de faire des "propositions" de réforme à l'Europe dans ce sens. La maison de verre de Parme doit se préparer à une mutation génétique.

 

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 30.06.09

09/05/2009

Des adolescents malformés attaquent en justice une municipalité britannique

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/08/des-adolescents-malformes-attaquent-en-justice-une-municipalite-britannique_1190519_3214.html#ens_id=1190630

 

Des adolescents malformés attaquent en justice une municipalité britannique

LE MONDE | 08.05.09 | 15h22  •  Mis à jour le 08.05.09 | 15h22

LONDRES CORRESPONDANTE

 

George Taylor, 17 ans, n'a que trois doigts. Depuis sa naissance, il a dû subir cinq opérations sur ses mains abîmées par des tumeurs. Il a mal, tout le temps. Anthony McGrath, 18 ans, lui, a tous ses doigts, mais ils sont chacun d'une taille inusuelle. Il parle avec difficulté. Il y a quelques années, on ne le comprenait pas. Il n'a jamais pu aller à l'école comme les autres. Ils sont seize autres jeunes, entre 9 et 22 ans, à présenter des malformations prénatales de ce type. Certains ont également des problèmes cardiaques, d'autres font de l'asthme

Jeudi 7 mai, ils sont rentrés chez eux après plus de douze semaines d'audience. Sans doute avec un sentiment du devoir accompli. Cela faisait dix ans que leurs familles voulaient aller en justice. On ne connaît pas encore le verdict, mais le procès, lui, a bel et bien eu lieu, devant la Haute Cour de justice. Et il s'est achevé jeudi 7 mai.

Ces 18 jeunes ont en commun, en dehors de leurs handicaps, d'avoir côtoyé la ville de Corby (Northamptonshire) quand ils étaient dans le ventre de leur mère. Douze d'entre eux y sont nés. Quatre autres venaient des villes voisines. Et dans les deux derniers cas, leurs familles ont rendu des visites régulières à Corby pendant le premier trimestre de la grossesse. Ils ont également en commun d'être nés entre 1985 et 1999, c'est-à-dire durant les travaux de réaménagement d'un ancien site sidérurgique

Pour eux, cela ne fait aucun doute : il y a un lien entre ce chantier de plus de 15 ans et leurs maladies. Ils ont donc attaqué la municipalité de Corby qui s'est lancée dans le redéploiement de ces 680 hectares. Pour les autorités locales, il s'agissait de reconvertir ce terrain à l'abandon depuis que British Steel s'en était allé en 1980, après 60 ans de présence, licenciant au passage plus de 10 000 personnes. Le programme de 35 millions de livres financé par le gouvernement et l'Europe a vu des tonnes de déchets toxiques déterrés et transportés dans des conditions que les habitants de Corby ont jugé, a posteriori, indignes des critères minima de sécurité. Il y avait là du plomb, des dioxines, du chrome, mais aussi du cadmium. Les camions qui ont transporté toutes ces matières, affirment les plaignants, voyageaient sans protection. Ils se souviennent aussi d'un air empesté et chargé... "Une soupe atmosphérique de matériaux toxiques", juge David Wilby, l'un des avocats des 18 jeunes.

"Nous compatissons de tout coeur avec chacun de ses enfants, ainsi qu'avec leur famille. Mais nous avons enquêté sur le sujet durant ces cinq dernières années, et il n'y a aucun lien entre ces travaux et leurs maladies", affirme Chris Mallender, le directeur général de la mairie. Ces travaux qui ont permis à la municipalité d'attirer, aides à la clef, des entreprises, ont marqué "un nouveau départ pour Corby", juge-t-il, "le début d'une success story". Corby aujourd'hui a une nouvelle gare, des magasins flambant neufs,...

Mais un audit interne à la mairie, mené en 1996, juge les choses un peu différemment. Il parle d'une "approche cavalière", d'un "manque total de supervision" mais aussi de "négligence" et d'"incompétence". Un ancien employé municipal a pour sa part jugé que les précautions les plus élémentaires en matière de sécurité n'avaient pas été prises. Ainsi, a-t-il décrit, les roues contaminées des camions n'étaient même pas nettoyées.

Qui plus est, le taux de malformation à la naissance à Corby est incontestablement au-dessus de la moyenne nationale, et ce dans des proportions significatives. Toutes les familles concernées n'ont pas porté plainte. Mais, sur la seule période de 1992 à 1999, quand la rénovation de la zone sidérurgique battait son plein, 24 enfants malformés ont vu le jour. Rapporté au nombre de naissances, c'est trois fois plus que dans la région.

Pour M. Wilby, la mairie "a utilisé l'argent public pour payer des entreprises locales et, de nombreux contrats ont été attribués à des amis ou à d'anciens collègues". Les victimes, aujourd'hui, réclament plusieurs millions de livres. Elles veulent aussi savoir ce qui s'est vraiment passé. "Je voudrais juste être sûre que je n'ai rien fait de mal pendant que je portais mon enfant", explique au Guardian Anita Nathwani, la maman de Kerri, 12 ans. Louise Carley - dont la fille Ashleigh Custance a 10 ans - ne culpabilise plus. "Si je devais avoir un autre enfant, serait-il également malformé ? s'interroge-t-elle. Je n'en sais rien, et c'est une des raisons pour lesquelles je ne veux plus d'enfant."

 

Virginie Malingre

Article paru dans l'édition du 09.05.09

11/04/2009

Informations sur les nanotechnologies

lu sur : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/04/10/nanotechnologies-le-syndrome-ogm_1179126_651865.html#ens_id=1150782

Nanotechnologies : le syndrome OGM
InternetActu | 10.04.09 | 15h57 • Mis à jour le 10.04.09 | 18h19

On a du mal à imaginer que Monsanto signe un jour une lettre ouverte avec la Confédération Paysanne déplorant le peu de financement accordé, par les autorités, à l’évaluation scientifique des risques liés aux d’OGM. C’est pourtant ce qui s’est passé, aux Etats-Unis en matière de nanotechnologies.
Dans un courrier (http://www.foresight.org/nanodot/?p=2166) envoyé en février 2006 à tous les parlementaires américains, quinze sociétés et ONG (dont Dupont, BASF, le Foresight Nanotech Institute et l’Union of Concerned Scientists) déploraient qu’aucune ligne budgétaire spécifique n’ait été allouée à la recherche en matière de risques sanitaires, environnementaux et de sécurité liés aux nanotechnologies.
En 2006, la National Nanotechnology Initiative (NNI ; http://www.nano.gov/), forte d’une enveloppe d’un milliard de dollars, ne disposait que de 38,5 millions (moins de 4%) pour financer de tels programmes de recherches. En 2009, le budget (http://www.nano.gov/html/society/EHS.html) est passé à 76 millions de dollars, portant à 256 millions la somme investie, en quatre ans.
Le Project on Emerging Nanotechnologies (PEN - Projet sur les nanotechnologies émergentes, créé par deux fondations américaines afin de renforcer l’implication du public et de limiter des risques en la matière) estime (http://www.nanotechproject.org/news/archive/7063/) pour sa part qu’en 2006 (la dernière année où l’on dispose de données), seuls 13 millions de dollars, sur les 1,5 milliards de dollars de la NNI, étaient investis dans ce type de recherches, soit un investissement de l’ordre de 1%, alors que, pour le PEN, “la majeure partie des experts estiment qu’il faudrait y consacrer un minimum de 10%“.
La base de données du PEN (http://www.nanotechproject.org/inventories/ehs/) répertoriant les recherches effectuées sur les risques potentiels posés par les nanoparticules et les nanotechnologies recense à ce jour plus de 560 projets de recherche, dans 17 pays. Un chiffre à manier avec précaution, car on n’est encore qu’au début du travail de caractérisation des risques, et nombreuses sont les études qui se bornent ainsi à déplorer l’absence d’études, et de méthodologies, ou à en esquisser les prémices.
Il n’existe aucune méthode permettant d’évaluer l’inocuité des nanomatériaux
Le problème se double du fait que le matériel coûte cher, et que peu nombreux sont les laboratoires équipés d’outils leur permettant d’effectuer de telles recherches, généralement cantonnées aux seuls laboratoires universitaires.
Intervenant récemment sur la Radio Suisse Romande, Jean-François Roche, responsable de la législation communautaire sur les nouveaux aliments à la Commission européenne, expliquait ainsi qu’”actuellement, il faut bien reconnaître que ça reste très difficile de caractériser la présence de nanomatériaux dans les aliments, c’est vraiment à l’état de recherche, et ça demande des moyens assez considérables qui ne sont pas à la portée des laboratoires d’analyse qui font le contrôle de routine des denrées alimentaires“ (http://www.rsr.ch/la-1ere/impatience/selectedDate/27/1/2009#mercredi).
Le Parlement européen adoptait pour sa part, en mars dernier, une résolution (http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/067-52498-082-03-13-911-20090324IPR52497-23-03-2009-2009-false/default_fr.htm) invitant la Commission à renforcer son contrôle des aliments produits grâce aux nanotechnologies (http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P6-TA-2009-0171+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR):
“Tout ingrédient contenu sous la forme d’un nanomatériau doit être clairement indiqué dans la liste des ingrédients. Le nom de cet ingrédient est suivi de la mention “nano” entre parenthèses.
Les aliments auxquels ont été appliqués des procédés de production qui nécessitent des méthodes spécifiques d’évaluation des risques (par exemple les aliments produits au moyen de nanotechnologies) ne peuvent pas être inscrits sur la liste communautaire aussi longtemps que l’utilisation de ces méthodes spécifiques n’a pas été approuvée et qu’une évaluation adéquate de l’innocuité sur la base de ces méthodes n’a pas prouvé que l’utilisation de chacun des aliments en question est sûre.”
Or, “il n’existe actuellement aucune méthode permettant d’évaluer l’innocuité des nanomatériaux“, notent les eurodéputés, qui proposent de développer “de toute urgence des méthodes d’expérimentation spécifiques aux nanomatériaux et ne recourant pas aux essais sur les animaux“.
Dans une opinion scientifique (http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1211902361968.htm) portant sur les risques potentiels posés par les nanosciences et les nanotechnologies, rendue publique en février dernier, l’autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) estime elle aussi que l’on manque cruellement de méthodologies, et que l’évaluation des effets engendrés pas les nanoparticules est dès lors sujet à “un très haut degré d’incertitude“.
Le Conseil et le Parlement européen viennent cela dit d’adopter un compromis en vue d’un règlement (http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/066-52333-082-03-13-911-20090323IPR52331-23-03-2009-2009-true/default_fr.htm) destiné à renforcer les contrôles en matière d’utilisation de nanomatériaux dans les produits cosmétiques. Ceux-ci devront clairement être etiquetés, mais aussi soumis à une évaluation de sécurité avant d’être autorisés sur le marché lorsqu’utilisés dans certains buts précis (comme colorants, conservateurs ou filtres UV).
Le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc ; http://www.beuc.org/Content/Default.asp), qui regroupe plus de quarante organisations européennes, se félicite de ce premier pas (http://docshare.beuc.org/Logon/TopLogon.asp?URL=/Common/GetFile.asp?ID=27517&mfd=off&LogonName=Guestf), et notamment du fait que, pour la première fois, il existe une définition juridique des nanomatériaux. Dans le même temps, le Beuc déplore cela dit que “malheureusement, elle ne couvre que les nanomatériaux bio-persistants et insolubles – ce qui revient à dire que tous les produits cosmétiques contenant tout autre type de nanomatériaux, dont on ne sait pas s’ils sont sûrs ou non pour les consommateurs, seront mis sur le marché sans aucune évaluation de sécurité“
Le Beuc souligne ainsi que “des centaines d’autres utilisations possibles des nanomatériaux ne seront soumise à aucune évaluation : les fabricants devront simplement informer la Commission des nanomatériaux utilisés“, et note enfin que cette règlementation n’entrera en vigueur qu’en 2012, “offrant ainsi aux fabricants trois ans de plus pour mettre sur le marché de nouveaux produits cosmétiques contenant des nanomatériaux potentiellement dangereux et non contrôlés. Cela signifie également que les produits utilisés aujourd’hui par les consommateurs ne devront pas être soumis à une évaluation…“.
Plus de 800 (nano)produits de grande consommation ont été mis sur le marché
Car nanotechnologies et nanoparticules ont bel et bien commencé à se répandre sur le marché, et ne sont plus cantonnées aux seuls laboratoires de recherche. En 2006, la base de données du PEN (http://www.nanotechproject.org/inventories/consumer/) des produits commercialisés et dont la composition contenait des nanoparticules recensait 212 (nano)produits de consommation (vêtements, articles de sport, produits cosmétiques, crèmes solaires, produits électroniques et informatiques, d’entretien ou de jardin, compléments alimentaires. Voir : http://www.nanotechproject.org/inventories/consumer/). En 2009, le PEN en répertorie plus de 800, commercialisés par plus de 400 compagnies, dans 21 pays.
Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? En application du Grenelle de l’environnement, il vient de lancer, début mars, un débat national relatif aux nanotechnologies visant, entre autres, à évaluer la toxicité sur l’homme et l’environnement, à élaborer des référentiels et outils pour la détection des nanoparticules, mais aussi à protéger les salariés impliqués dans les industries et laboratoires ès-nanotechnologies (voir: http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/developpement_durable_855/lancement_un_debat_public_62856.html).
Comme le souligne Dealers de science (http://2009.dealers-de-science.fr/), qui organisait en mars dernier un débat “Nanotechnologies : quels enjeux pour la santé ?“, et avait pour cela compilé une très intéressante revue de presse, “comme aucune loi ne peut être établie sur des suppositions, les instances se chargeant de la question se contentent donc de simples recommandations“(voir: http://2009.dealers-de-science.fr/2009/03/08/le-dossier-de-presse-nano/). Or, “ce n’est rien de moins que la santé de l’Homme qui est ici en jeu, incluant au passage les dizaines de milliers de scientifiques et autres ouvriers qui travaillent au contact de ces particules potentiellement mortelles depuis déjà plusieurs années“.
Le Comité de la Prévention et de la Précaution (CPP; http://www.ecologie.gouv.fr/Avis-du-Comite-de-la-Prevention-et.html) notait ainsi, dans un rapport demandé en 2007 par le ministère de l’écologie, que “les incertitudes sur le comportement à terme des nanoparticules dans l’environnement, leur écotoxicité et leur impact sur l’homme sont très grandes, qu’il s’agisse de l’exposition en milieu de travail, de la dissémination dans l’environnement ou des usages thérapeutiques“ (http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/impact_local/sante/nanotechnologies_quels_risques.jsp).
L’émission Sur les docks de France Culture se penchait récemment à la Nano-éthique : faut-il avoir peur des nano-technologies ? (http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=71649). On y apprenait qu’en France comme ailleurs, les pouvoirs publics sont dépassés : les normes de type ISO ne verront pas le jour avant 2015, et on ne sait pas dénombrer la variété des nanomatériaux existants.
Ils ne sont pas inventoriés, ni repérables d’un point de vue sanitaire, alors qu’on en connaît ni leurs effets toxiques sur la santé humaine, ni leur cycle de vie dans l’environnement. On sait par contre que les nanoparticules peuvent passer toutes les barrières du corps, désorienter les cellules, voire causer des lésions de l’ADN.
L’information n’est pas nouvelle : on sait, depuis 1992, que les nanotubes de carbone ressemblent aux fibres d’amiante. Mais il a fallu attendre l’an passé pour que des recherches (voir: http://2020science.org/2009/03/26/new-carbon-nanotube-study-raises-the-health-impact-stakes/) suggèrent que ces nanotubes pouvaient causer des maladies similaires à celles qu’entraînent l’exposition à l’amiante et constituer, selon le Haut conseil de la santé publique, qui parle d’un “signe d’alerte majeur“, un “danger cancérigène potentiel“ (http://www.hcsp.fr/hcspi/explore.cgi/avisrapportsdomaine?ae=avisrapportsdomaine&clefdomaine=2&menu=09).
Les recherches portant sur les risques sanitaires et environnementaux prendront du temps. En attendant, les différents acteurs impliqués rivalisent de lobbying. Les ONG, comme Greenpeace ou les Amis de la terre, en appellent à un moratoire, ou, en tout cas, à l’application du principe de précaution, ce que les industriels voient bien évidemment d’un mauvais oeil (voir, à ce titre, l’impressionnante synthèse - http://www.framingnano.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=107&Itemid=40 - du projet de recherche européen FramingNano sur la “gouvernnance en matière de nanoscience et de nanotechnologies“, et le résumé des différentes prises de position sur Euractiv - http://www.euractiv.com/en/science/industry-ngos-odds-nanotech-regulation/article-179936 ).
Car si, comme le réclament les eurodéputés et les ONG, il faut attendre que l’on dispose de données précises sur l’inocuité des nanoparticules pour pouvoir les commercialiser, c’est l’ensemble du marché qui fera l’objet d’un moratoire, de fait.
Les industriels ont peur du syndrome OGM
La bataille devient donc aussi celle de la communication, ce que révèle les réactions à la publication par TA Swiss (http://www.ta-swiss.ch/f/index.html) , le Centre d’évaluation des choix technologiques de l’Académie suisse des sciences, d’une étude (*) intitulée “Plus beaux, plus frais, plus sains“, au sujet des nanoemballages et nanoadditifs.
L’étude soulignait que “l’utilisation de la nanotechnologie dans les emballages alimentaires est déjà courante“, et qu’elle permet d’améliorer la conservation des aliments, et la diminution des déchets. Elle déplorait cela dit que les dispositions juridiques ne soient pas suffisamment adaptées, et que “la nécessité d’agir repose sur les fabricants, producteurs et commerçants“. Elle appelait ces derniers à plus de transparence, afin de “prévenir la méfiance dans la population“, mais aussi à l’application du principe de précaution.
Dans la newsletter (*) qui a suivi, TA Swiss rapportait que la parution de son étude “a éveillé quelques inquiétudes dans les milieux de l’industrie alimentaire (qui) craint que les médias ne viennent attiser l’inquiétude du public” :
“Les nanotechnologies risquent de susciter quelque malentendu politique, devant être prévenu par une évaluation préalable avant que la polémique s’empare du sujet. On se souvient des organismes génétiquement modifiés en agriculture (…)
Le même scénario doit être évité pour les nanotechnologies. L’opinion publique est de plus en plus sensible aux nouvelles techniques, qui cachent peut-être des dangers inconnus. Le principe de précaution est alors agité dans le débat politique qui passe rapidement des commissions parlementaires aux médias, puis à la population. Plus le débat dure, plus il devient passionnel.”
Suzanne Brenner, de TA Swiss, souligne que “le groupe a eu beaucoup de mal à recevoir des informations, parce que les producteurs ont peur que l’on parle des aspects négatifs des nanos. Ils ont peur du syndrome OGM. Ils ont raison, mais d’un autre côté les gens veulent savoir. A force d’être prudents, ils ne communiquent pas, et quand on ne communique pas aujourd’hui, c’est qu’on a quelque chose à cacher…“
Et comme le souligne Novethic (http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/impact_local/sante/nanotechnologies_quels_risques.jsp), les entreprises rechignent généralement à répondre lorsqu’on leur demande si leurs produits contiennent, ou non, des nanoparticules, au motif que cela relèverait du secret industriel.
Alain Kaufmann, responsable de la plateforme d’échange et de réflexion transdisciplinaire NanoPublic (http://www.unil.ch/nanopublic), qui veut réunir les acteurs concernés par les nanotechnologies en Suisse, se voulait plus optimiste, dans l’émission de la Radio Suisse Romande : “ce qui explique l’intensité des débats autour des nanos, c’est la manière dont la question des OGM a été gérée par les pouvoirs publics et l’industrie, considérée comme insatisfaisante; le dialogue autour des nanos, bien plus transparent, on le doit à la controverse autour des OGM“.
En attendant, il est urgent d’en débattre publiquement (http://www.internetactu.net/2007/01/11/nanotechnologies-la-necessite-du-debat-citoyen/). Benjamin Caillard, du Laboratoire d’intégration des matériaux et systèmes (http://www.ims-bordeaux.eu/), rappelait ainsi à Sud Ouest (http://mneaquitaine.wordpress.com/2009/03/03/le-silence-des-nanos-utop-bx-le-3-mars-begles-le-4-et-talence-le-5/) qu’”avant les problèmes, on nous dit : on ne peut pas savoir si c’est dangereux, il ne faut pas affoler les gens. Après, on nous dit : c’est trop tard pour arrêter. À quel moment est-on un citoyen responsable ?“.
La question reste aussi de savoir si ce qui s’est passé (ou plutôt, ce qui ne s’est pas passé) en matière d’OGM, amènera plus de transparence, et de débats ou si, a contrario, les industriels seront tentés par une sorte de “principe de précaution” en matière de communication, afin d’éviter que citoyens et responsables politiques se mêlent de leurs affaires.

Voir aussi : ProspecTic : Stratégies pour les nanosciences et les nanotechnologies - Quand “les” nanotechnologies ont détourné “la” nanotechnologie de son projet durable - Les “promesses” des aliments nanotechnologiquement modifiés - Le futur des nanos vu par ses experts
Nanotechs : débattre maintenant plutôt que trop tard ( http://www.internetactu.net/2008/11/04/prospectic-212-strategies-pour-les-nanosciences-et-les-nanotechnologies/ )

Jean-Marc Manach
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note :
(*) : vous pouvez me demander le fichier pdf correspondant

26/03/2009

La pollution de l'air par les particules fines issues des moteurs Diesel

Voir aussi la note du 23/03/2009

lu sur :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3666

25-03-2009

Particules fines, ne plus se retrancher derrière les pics

L’Afsset (1) vient de publier un rapport et un avis d’expertise sur la pollution de l’air par les particules fines et son impact sur la santé. Ces travaux font suite aux demandes, en août 2007, de la Direction générale de la santé et de la Direction de la prévention des pollutions et des risques. Les deux Directions exprimant, entre autres, les besoins de :
- procéder à une évaluation des risques sanitaires, en particulier pour les populations sensibles, des différentes composantes de la pollution particulaire;
- disposer d'un avis, tenant compte des connaissances les plus récentes, relatif à des seuils, pertinents sur le plan sanitaire, d'information et de recommandation du public pour les particules dans l'air ambiant.

Parmi les principaux résultats des expertises, l’Afsset indique que des effets indésirables des particules dans l’air ambiant sur la santé humaine existent aussi bien en relation à des expositions ponctuelles qu’à des expositions chroniques. L’Agence précisant qu’il « n’est pas possible d’observer un seuil de concentration en particules en deçà duquel aucun effet sanitaire ne serait constaté ».
Il apparaît que l’impact sanitaire prépondérant n’est pas lié aux quelques pics de concentration annuels mais à des expositions répétées à des niveaux de concentrations modérées. A titre d’illustration, les données épidémiologiques du Programme de surveillance air et santé de l’Institut de veille sanitaire indiquent que, pour l’agglomération parisienne sur l’année 2004, 97 % de l’impact sanitaire court terme (décès anticipés) associé aux particules étaient attribuables à des niveaux de PM10 (2) inférieurs à 50 μg/m3 et seulement 3 % à des niveaux supérieurs à 50 μg/m3.
En conséquence, l’Afsset estime que : « L’abaissement de la valeur moyenne de la concentration particulaire sur le long terme amènerait à un bénéfice sanitaire plus important qu’une stratégie de gestion focalisée sur les pics journaliers ». Ainsi, d’un point de vue strictement sanitaire, la priorité devrait être donnée à l’abaissement des niveaux moyens des concentrations de particules.

Ce rapport et cet avis de l’Afsset illustrent l’insuffisance de politiques trop souvent basées sur la communication et la prévention liées aux pics de pollution ; politiques qui, de fait, masquent une réalité quotidienne de mauvaise qualité de l’air bien plus difficile à endiguer.

Michel Sage

1- L’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) est un établissement public administratif de l’Etat placé sous la tutelle des ministres chargés de la santé, de l’écologie et du travail. L’Afsset a pour mission de contribuer à assurer la sécurité sanitaire dans le domaine de l’environnement et du travail et d’évaluer les risques sanitaires qu’ils peuvent comporter.
2- PM10 Particules en suspension dans l'air, d'un diamètre aérodynamique médian inférieur à 10 μm.

03/03/2009

Des produits toxiques sont présents dans notre vie quotidienne

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Des produits toxiques sont présents dans notre vie quotidienne
Dans un dossier consacré aux substances toxiques contenues dans les objets de consommation courante, Annie Sasco, directrice d'une équipe chargée de la prévention du cancer à l'Inserm (Bordeaux), cite les travaux du professeur Frederick Vom Saal, de l'université du Missouri (Columbia), selon lesquels des doses extrêmement faibles de perturbateurs endocriniens, dont le bisphénol A, ont des effets sur la santé. Elle s'interroge : "Quand on sait qu'un composé toxique n'est pas indispensable, pourquoi faire courir un risque à la population ?" Elle rappelle que le foetus et l'enfant jusqu'en période prépubère sont "particulièrement sensibles aux substances" qui imitent l'action des hormones. La chercheuse "souhaite des changements réglementaires et législatifs."

voir :
http://www.francesoir.fr/enquete/2009/03/03/l-augmentation-des-cancers-du-sein-et-des-testicules-peut-en-partie-etre-attribuee-a-ces-substances.html

France Soir , 03/03/2009

“L’augmentation des cancers du sein et des testicules peut, en partie, être attribuée à ces substances”

Viriginie Belle, le mardi 3 mars 2009 à 04:00

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Pour le Dr Annie Sasco, directrice d’une équipe sur la prévention du cancer à l’Inserm, qui fait référence à des travaux menés aux Etats-Unis, les substances comme le bisphénol A ont un effet sur la santé, même à doses extrêmement faibles.

Annie Sasco, aujourd’hui à la tête d’une équipe de recherche dédiée à la prévention du cancer à Bordeaux, est par ailleurs médecin et docteur en sciences en épidémiologie d’Harvard, aux Etats-Unis.

FRANCE-SOIR. Le bisphénol A est-il dangereux pour la santé ?
Annie Sasco. A haute dose, il est toxique. Les autorités nous assurent que le bisphénol A, absorbé par notre organisme à faibles doses, ne présente aucun danger. Or le professeur Frederick vom Saal, de l’université du Missouri (Columbia), a démontré qu’à des doses extrêmement faibles, les perturbateurs endocriniens, dont le bisphénol A, bouleversent l’équilibre très fragile de ce système, entraînant des effets sur la santé.

L’Afssa affirme pourtant qu’en dessous du seuil de sécurité, aucun risque n’existe…
Mais lui affirme l’inverse ! Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas exposés au seul bisphénol A mais à 30 ou 40 perturbateurs endocriniens chaque jour, toute la vie ! Le seuil de chaque produit pris individuellement n’a donc plus de sens et ne garantit pas l’absence de risques.

Le Canada adopte le principe de précaution, la France rassure…
Même en tant que scientifique, je suis en faveur du principe de précaution. Quand on sait qu’un composé toxique n’est pas indispensable, pourquoi faire courir des risques à la population ? D’autant que des solutions alternatives existent : biberons en verre ou sans bisphénol, bocaux en verre plutôt que boîtes de conserve, crème sans parabens. Je ne supporte plus que l’on attende encore les résultats d’une nouvelle preuve. Dans le passé, on l’a vu, les preuves arrivent toujours. Ce fut le cas de l’amiante, on a nié sa toxicité et pourtant…

Les enfants sont-ils plus vulnérables ?
Le fœtus, l’enfant jusqu’en période prépubère, est particulièrement sensible à l’apport de ces substances qui imitent l’action des hormones (féminines, masculines ou anti-féminines ou masculines selon les produits). Pour disposer d’éléments plus précis, il faudrait des études chez l’être humain, avec des marqueurs permettant d’identifier les expositions au bisphénol A, aux phtalates, aux pesticides, aux parabens… et des outils pour évaluer l’incidence sur les pubertés précoces, les cancers…

Les perturbateurs endocriniens expliquent-ils l’augmentation des cancers du sein et des testicules ?
Nous avons comparé, dans une étude menée en Espagne, les femmes atteintes d’un cancer du sein, avec des femmes non atteintes afin de mesurer leurs expositions cumulatives à ces produits. L’augmentation des cancers du sein, des testicules (hormono-dépendants) depuis ces vingt-cinq dernières années peut, en partie, être attribuée à ces substances. D’ailleurs, certains perturbateurs endocriniens sont cancérogènes chez la souris, et tous les cancérogènes chez la souris le sont chez l’être humain. Je n’ai aucun contre-exemple.

Peut-on se protéger ?
On ne peut pas se promener avec un livre de chimie et une loupe dans les magasins pour lire les étiquetages ! Aussi, des changements réglementaires et législatifs sont souhaitables. Nos décideurs ont la responsabilité de protéger la population, mieux vaut donc interdire les composés pour lesquels les données indiquent un effet cancérogène ou de perturbateurs endocriniens.

Les effets sont-ils réversibles ?
Je ne sais pas… mais l’arrêt de cette exposition ne peut qu’être favorable.


Julie, 36 ans, maman de deux enfants : “Je veux protéger mes enfants”
Vaste appartement dans les confins de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine. Ici, la famille est reine. La petite table de jeux jouxte la table du salon. Sur son canapé, Julie, jeune maman de 36 ans, donne le biberon à Eliette, 5 mois. Mais pas n’importe lequel ! « En novembre dernier, la pédiatre nous a alertés sur la nocivité des plastiques des biberons. Une semaine après, nous avons regardé le documentaire Mâle en péril, sur Arte*, décrivant les risques des perturbateurs endocriniens sur la santé », raconte Julie. « Le lendemain, je commandais de nouveaux biberons pour Eliette, sans bisphénol A, sans phtalates, et sans PVC ! » Produits rares à trouver, elle passe commande sur un site spécialisé, biberons Bfree.

Légumes vapeur

Si le petit Milo, trois ans et demi, n’a pas bénéficié de ces biberons, sa maman a opté dès son plus jeune âge pour les cosmétiques bio. « Je n’utilise aucune crème contenant du paraben. Je préfère le Liniment, à base d’huile d’olive, les produits Cattier ou Weleda, et je ne parfume plus les enfants. Cette coquetterie de maman n’a plus de sens ! Quand on sait que ces substances peuvent modifier le système hormonal des enfants, impacter leur développement, il ne faut pas plaisanter avec ça ! J’en ai pris conscience il y a six ans déjà. »

Six ans, date à laquelle Julie a appris qu’elle avait un lupus, maladie auto-immune dont l’origine précise est inconnue. Pour ces malades, toute perturbation hormonale peut être source de douleurs ou de complications. « Je fais donc très attention aux produits que j’utilise. Je fais attention à ma peau, n’utilise aucun anti-transpirant. Mieux vaut respecter la nature ! »
Plaquette explicative

Côté alimentation, « même combat ». Légumes à la vapeur, et petits pots sont labelisés bio, « pour éviter les pesticides ». « Je veux protéger mes enfants de problèmes à venir. Je passe parfois pour une intégriste mais ce choix de vie est capital pour notre santé à tous. Tant qu’une alternative existe, il faut la saisir. »

Julie, passionnée par son sujet, aimerait que tous les parents soient sensibilisés aux risques présumés des perturbateurs endocriniens. « Les pédiatres devraient donner une plaquette explicative. Informés, les parents pourraient alors acheter en conscience les produits sûrs, pour leurs enfants notamment. » En Suède, ces dépliants existent déjà et sont disponibles dans les maternités et les lieux de soins.

*Mâle en péril, un documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (ARTE France/Point du Jour, 2008).
Plus d’informations sur :
http://www.arte.tv/fr/70.html

18/02/2009

Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/10/23/amiante-une-etude-souligne-les-dangers-de-l-exposition-passive_970029_3224.html#ens_id=1156607

Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive"
LEMONDE.FR avec AFP | 23.10.07 | 12h06 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h16

Une étude, réalisée conjointement par l'Institut de veille sanitaire et l'Inserm, publiée mardi 23 octobre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, décrit, pour la première fois selon ses auteurs, des cas de cancers parmi des enseignants, des chercheurs et des ingénieurs, appartenant à un même campus universitaire, en l'occurrence celui de Jussieu à Paris, qui n'avaient jamais été exposés professionnellement à l'amiante auparavant.

Le document a diagnostiqué, entre 2001 et 2002, cinq cas de mésothéliome pleural – un cancer de la plèvre – chez un volcanologue, un physicien, un paléontologue, un ingénieur et une professeure de mathématiques exerçant à Jussieu. Cette découverte confirme, selon les chercheurs, "l'importance de l'impact sanitaire d'une exposition passive à l'amiante".

"UN MAXIMUM DE DÉCÈS ENTRE 2010 ET 2020"

"Parmi les cinq personnes, nées en 1934 et 1942, aucune exposition professionnelle active, domestique ou environnementale n'a pu être identifiée, excepté l'utilisation rare de produits de protection pour certains", relèvent-ils, alors que pendant dix à trente-cinq ans, ils ont tous été présents "à proximité d'un chantier de flocage au moment de la construction du campus".

Au-delà des cas particuliers, l'étude souligne que les décès causés par l'exposition à l'amiante, notamment par des mésothéliomes, des cancers du poumon et "très vraisemblablement des cancers du larynx", vont "continuer de se développer pendant au moins deux ou trois décennies dans notre pays". En Europe de l'Ouest, en particulier,"un maximum de décès attribuables au mésothéliome pleural" devraient avoir lieu "entre 2010 et 2020", note un spécialiste du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC-OMS).

Dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le professeur Marcel Goldberg revient sur les moyens mis en place en France pour lutter contre les retombées de l'amiante, constatant que même si des progrès ont été réalisés et que le retard a été comblé, il reste "beaucoup à faire". "On 'savait' depuis longtemps" les dangers de l'amiante, mais, en France, "la première réglementation en milieu de travail date de 1977 et l'interdiction de l'importation et de l'utilisation de l'amiante a été promulguée en 1997, alors que huit pays avaient déjà pris une telle mesure", souligne M. Goldberg.

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/30/l-amiante-devrait-echapper-a-l-inscription-sur-une-liste-internationale-de-produits-dangereux_1112843_3244.html#ens_id=1156607

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux
LEMONDE.FR | 30.10.08 | 13h53 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h15
MONTRÉAL (CANADA) CORRESPONDANCE

L'amiante chrysotile, la forme la plus toxique de cette fibre minérale, ne devrait pas être inscrit sur la liste des 39 produits chimiques dangereux de la Convention de Rotterdam, ce qui satisfait l'industrie canadienne, quatrième producteur mondial.

A moins d'un revirement à la réunion de Rome, qui se poursuit jusqu'au vendredi 31 octobre en présence des représentants de plus de 120 pays signataires du traité, il n'y aura pas de consensus sur la question : l'Inde, le Pakistan, le Vietnam et les Philippines se sont opposés, mardi 28 octobre, à l'ajout du chrysotile à la liste rouge, ce qui aurait rendu difficile le commerce de la fibre cancérigène, sans toutefois l'interdire comme dans l'Union européenne et la plupart des pays industrialisés.

Le gouvernement canadien avait refusé jusqu'à la dernière minute de faire connaître sa position officielle, répétant seulement, mercredi, qu'il prônait toujours une utilisation "responsable et sécuritaire" du chrysotile. Christian Paradis, député de la région québécoise de l'amiante et porte-parole d'Ottawa à Rome, s'attendait à un renvoi "à la prochaine réunion, en 2010". Un autre député canadien, le néo-démocrate Pat Martin, ancien mineur d'amiante, a déclaré que "le Canada n'a rien dit, laissant ses principaux clients faire le sale travail à sa place".

"MANIPULATIONS HONTEUSES"
Ce dossier a enflammé les esprits au Canada. L'Association médicale canadienne a vivement dénoncé l'attitude du gouvernement. Dans un éditorial intitulé "La mortalité liée à l'amiante, une exportation canadienne", elle soulignait que "le Canada est la seule démocratie occidentale à s'être constamment opposée aux efforts internationaux visant à réglementer le commerce mondial de l'amiante... en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques". Ottawa, ajoute-t-elle, "semble avoir calculé qu'il est préférable pour l'industrie de l'amiante d'agir dans l'ombre, comme les marchands d'armes, sans égard aux conséquences mortelles de son utilisation".

L'Institut Rideau, centre de recherche indépendant, a reproché à Ottawa et Québec de financer le lobby de l'amiante et de nier les dangers de cette fibre. Des scientifiques canadiens ont demandé au premier ministre Stephen Harper de "cesser de faire obstruction" à la Convention de Rotterdam, tandis que le quotidien The Gazette révélait l'existence d'un rapport non publié du ministère canadien de la santé sur les dangers de l'amiante.

Anne Pélouas

En Corse, l'"enfer blanc" de Canari bientôt sécurisé

A l'abandon depuis plus de quarante ans, l'ancienne mine d'amiante de Canari (Haute-Corse) va être mise en sécurité grâce à des crédits européens et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les travaux, d'un montant de 7,4 millions d'euros, débuteront en 2009 pour s'achever en 2010. Le chantier nécessitera des moyens de protection des prestataires et des riverains, pour prévenir la dispersion des fibres. Surnommé "l'enfer blanc" par les mineurs, ce gisement - le plus grand de France - a été exploité par une filiale d'Eternit de 1949 à 1965. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 31.10.08

En Belgique, des traces d'OGM dans des assiettes bio

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/17/en-belgique-des-traces-d-ogm-dans-des-assiettes-bio_1156497_3244.html#ens_id=1154122

En Belgique, des traces d'OGM dans des assiettes bio
LE MONDE | 17.02.09 | 15h23 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h23
BRUXELLES, CORRESPONDANT

L'organisation belge de défense des consommateurs Test-Achats a détecté des traces d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans 22 des 113 produits alimentaires qu'elle a testés récemment, dans le cadre d'une vaste enquête sur la qualité de l'alimentation. Certains de ces produits étaient pourtant porteurs du label bio. En 2003, une enquête semblable n'avait détecté aucun OGM.

Test-Achats indique que 12 produits testés, contenant du maïs et du soja, présentaient des traces d'OGM, mais inférieures à la limite européenne autorisée, soit 0,9 %, pouvant résulter d'une contamination "accidentelle". Si elle n'atteint pas ce seuil, la présence d'OGM n'a pas à être mentionnée, sauf volonté particulière.

Sept autres produits contenaient des traces d'OGM non autorisés par l'Union européenne. Leur quantité, minime, ne pose pas de problème, mais leur nature oui, puisqu'ils ne sont pas en conformité avec la réglementation communautaire, souligne l'organisation.

Autres découvertes de Test-Achats : deux produits bio porteurs d'OGM autorisés et un produit non bio contenant plus de 0,9 %, non mentionnés sur l'étiquette. Plus généralement, insiste l'organisation, des produits présentés comme "sans OGM" n'offrent en réalité aucune garantie fondamentale quant à une contamination involontaire.

Partisan d'une ligne "dure", Test-Achats déplore les changements intervenus au 1er janvier 2009 dans la législation européenne. Celle-ci prévoit qu'une présence "imprévisible ou techniquement inévitable" d'OGM dans l'alimentation bio ne doit plus figurer sur l'étiquette dès l'instant où le seuil de 0,9 % n'est pas atteint. Et cela, souligne Test-Achats, alors que les cahiers des charges européens pour ce secteur agricole interdisent toute présence d'OGM.

Au passage, l'organisation souligne qu'elle a relevé des résidus de pesticides dans 4 des 17 bouteilles de vin "bio" qu'elle a analysées. Ce qui pose, selon Test-Achats, la question du fonctionnement des organismes de certification.

"INTRANSIGEANCE"

Au total, estiment les auteurs de l'enquête, les "produits OGM ne resteront plus longtemps une rareté" sur le marché belge, alors que la Wallonie a adopté une législation très sévère. En juin 2008, cette région a prôné une agriculture "de qualité, biologique et traditionnelle", quelles que soient les règles nationales ou européennes, le gouvernement régional s'en prenant à "l'ultra-libéralisme" de la Commission de Bruxelles et à son "intransigeance" face aux pays qui se déclarent adversaires des OGM.

L'arsenal répressif dont s'est dotée la Wallonie prévoit de lourdes amendes, la possibilité d'arrachage et la création de zones sans OGM, pour éviter toute dissémination. Ainsi qu'un fonds de compensation financé exclusivement par les candidats à la production d'OGM couvrant les pertes liées au mélange accidentel de cultures.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 18.02.09

08/02/2009

La pollution de l'eau par les médicaments

Vous avez soif ? Buvez !

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/02/l-alarmante-pollution-de-l-eau-par-les-medicaments_1149551_3244.html

Enquête
L'alarmante pollution de l'eau par les médicaments
LE MONDE | 02.02.09 | 16h22 • Mis à jour le 02.02.09 | 16h22

Faut-il avoir peur de l'eau ? Celle qui coule dans les rivières et rejoint les océans ou les nappes phréatiques. Celle qui abreuve les cheptels et irrigue les cultures. Celle, même, que nous buvons au robinet...

En jetant l'anathème, début janvier, sur la pilule contraceptive, accusée d'avoir "des effets dévastateurs sur l'environnement", du fait des hormones relâchées dans la nature via les urines de ses utilisatrices, le Vatican cherchait le diable là où il n'est pas. Pourquoi excommunier la pilule, plutôt que les innombrables polluants - pesticides, détergents, solvants, hydrocarbures, métaux - qui souillent les cours d'eau ? De bonne ou de mauvaise foi, l'Eglise catholique n'en soulève pas moins un problème réel, dont commencent à se préoccuper scientifiques et autorités sanitaires : celui de la contamination des eaux par les résidus médicamenteux.

Des chercheurs canadiens de l'université de Montréal viennent ainsi de mettre en évidence, dans le fleuve Saint-Laurent, de faibles concentrations de molécules utilisées contre le cholestérol, l'hypertension ou le cancer. Une "pharmacie à ciel ouvert", rapporte Radio-Canada.

De nombreuses études, aux Etats-Unis, au Brésil, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Finlande ou en France, décrivent des situations similaires. "La présence de traces de substances médicamenteuses ou de leurs dérivés a été largement établie à l'échelle mondiale, en particulier dans les eaux superficielles et souterraines, dans les eaux résiduaires, dans les boues des stations d'épuration utilisées en épandage agricole et dans les sols", souligne l'Académie nationale de pharmacie française dans un rapport rendu à l'automne 2008. Toutes les eaux sont contaminées, y compris celles "destinées à la consommation humaine". L'origine de cette pollution est double. Elle provient, d'une part, des urines et des selles humaines - ainsi que de celles des animaux de compagnie - évacuées dans les eaux domestiques, où se retrouvent aussi des médicaments non utilisés dont, malgré les systèmes de collecte, une partie est directement jetée dans les toilettes ou les égouts. Elle résulte, d'autre part, des rejets de l'industrie chimique et pharmaceutique, des élevages industriels d'animaux et des piscicultures - gros consommateurs d'antibiotiques et d'hormones de croissance -, mais aussi, paradoxalement, des hôpitaux.

Ces derniers, qui utilisent en grande quantité non seulement des médicaments, mais aussi des molécules de diagnostic et des réactifs de laboratoire, sont les principaux responsables de la dissémination de produits anticancéreux et radiopharmaceutiques, qui se retrouvent, avec les excréments des malades, dans leurs effluents. Une étude, conduite par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a montré que des molécules anticancéreuses très actives, présentant "un danger potentiel pour la santé humaine et l'environnement", sont présentes "à des quantités non négligeables" dans les effluents hospitaliers, mais aussi en aval de la station d'épuration qui recueille ceux-ci.

Toutes les eaux d'évacuation, d'origine domestique, industrielle ou hospitalière, sont pourtant traitées - du moins dans les pays développés - par des stations d'épuration. Mais ces installations, qui éliminent les pollutions azotées, carbonées ou phosphorées, n'ont dans leur cahier des charges aucune obligation concernant les résidus médicamenteux. Ceux-ci ne sont que "partiellement" détruits, reconnaît une entreprise spécialisée dans la distribution et l'assainissement de l'eau.

Cette situation est due à des questions de coût et non de technique, puisqu'il existe des procédés de filtration ultrafine par des systèmes membranaires utilisés pour le dessalement de l'eau de mer, ou de piégeage par du charbon actif. Selon les classes de médicaments, l'efficacité du traitement des eaux usées varie de près de 100 % à... 0 %.

Ce sont donc des eaux chargées en traces d'antibiotiques, d'anticancéreux, d'analgésiques, d'antidépresseurs, d'anti-inflammatoires, d'hormones ou de bêta-bloquants qui retournent dans les ruisseaux, les rivières et les eaux souterraines, où ces molécules se diluent, sans toutefois disparaître. Si bien qu'elles se retrouvent ensuite dans les réseaux d'eau potable et à la sortie du robinet. Car les traitements de potabilisation, qui prennent en compte une soixantaine de paramètres, notamment microbiologiques, laissent eux aussi de côté les substances pharmaceutiques.

Quels sont les risques pour la santé humaine ? Les concentrations, indique l'Académie de pharmacie, peuvent atteindre plusieurs centaines de microgrammes (millionièmes de gramme) par litre dans les effluents et les eaux résiduaires urbaines, et quelques nanogrammes (milliardièmes de gramme) par litre dans les eaux superficielles, les eaux souterraines et les eaux de consommation.

Les quantités sont donc très inférieures à celles absorbées en cas de prescription médicale, qui sont de l'ordre de quelques dizaines ou centaines de milligrammes. Le problème est que les effets de l'ingestion régulière de faibles doses sur une longue période - toute une vie -, ainsi que du mélange des molécules dans un "cocktail thérapeutique" incontrôlé, sont aujourd'hui totalement inconnus. "Il n'existe pas de données permettant d'établir un lien de cause à effet entre ces résidus et des pathologies chez l'homme, mais il est légitime de se poser la question. Nous en sommes au stade de l'évaluation des risques sanitaires", commente Jean-Nicolas Ormsby, du département d'expertises en santé, environnement et travail de l'Afsset. On sait toutefois que, chez certains poissons, des substances médicamenteuses, en particulier hormonales, peuvent provoquer une altération des caractères sexuels, voire un changement de sexe.

Une surveillance s'impose, "notamment pour les populations les plus sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes", estime l'Académie de pharmacie. Elle préconise, face à un "problème mondial", une véritable "politique de prévention".

Pierre Le Hir

Un marché pharmaceutique de 300 milliards d'euros :

La pollution médicamenteuse est d'abord une problématique de pays riches, ceux en développement ayant comme première préoccupation l'accès à l'eau potable. Sur un marché mondial estimé, en 2006, à 300 milliards d'euros, les Etats-Unis sont de loin les premiers consommateurs de médicaments (51 % du total), devant l'Europe (25 %) et le Japon (15 %). La France arrive au quatrième rang, derrière l'Allemagne. Les principales prescriptions, en chiffre d'affaires, concernent l'appareil cardio-vasculaire et le système nerveux. Certains pays du Sud sont aussi touchés par la contamination de leur environnement par des composés pharmaceutiques qu'ils produisent pour les pays industrialisés.

Article paru dans l'édition du 03.02.09

09/01/2009

Le ROUNDUP mis en accusation

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/09/le-desherbant-le-plus-vendu-au-monde-mis-en-accusation_1139824_3244.html

Le désherbant le plus vendu au monde mis en accusation
LE MONDE | 09.01.09 | 15h22 • Mis à jour le 09.01.09 | 15h36

Le désherbant le plus vendu au monde, le Roundup de la firme américaine Monsanto, est à nouveau mis en cause. Le biochimiste Gilles-Eric Séralini (université de Caen) et sa collègue Nora Benachour viennent de publier une étude mettant en évidence l'impact de diverses formulations et constituants de ce pesticide sur des lignées cellulaires humaines. Et ce à des doses très faibles.

M. Séralini avait déjà publié en 2005 et 2007 des résultats controversés sur le sujet. Son nouvel article, paru dans la revue Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, présente diverses atteintes - nécrose, asphyxie, dégradation de l'ADN - induites soit par le glyphosate, le principe actif du Roundup, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l'herbicide.

Les lignées choisies pour étudier l'impact de ces produits sont des cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d'embryon. La mort des cellules exposées intervenait dans les 24 heures, à des concentrations que les auteurs de l'étude jugent représentatives des résidus subsistant dans les récoltes après utilisation du Roundup.

Ce produit est notamment employé en conjonction avec certaines plantes transgéniques conçues pour tolérer le glyphosate. Ces champs de maïs, soja ou coton "Roundup Ready" peuvent ainsi être commodément nettoyés de leurs mauvaises herbes sans mettre en péril la récolte.

Les chercheurs ont eu la surprise de constater que les effets délétères les plus marqués ne venaient pas du glyphosate lui-même, mais d'autres composés entrant dans la formulation. C'est le POEA qui a eu l'impact le plus marqué. En résumé, "les effets délétères ne sont pas proportionnels aux concentrations en glyphosate, mais dépendent plutôt de la nature des adjuvants".

Le même phénomène avait été observé en 2005 par Rick Relyea (université de Pittsburg) qui avait montré que les POEA augmentaient l'impact de l'herbicide sur des populations d'amphibiens. Travaillant sur l'oursin, Robert Bellé (Station biologique de Roscoff) était parvenu à des conclusions similaires. "L'une des nouveautés intéressantes de l'article, c'est de constater que l'AMPA, dont la concentration augmente dans les eaux des rivières, est lui aussi actif", note-t-il.

S'appuyant sur ces résultats, le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont M. Séralini est membre, réclame la publication des analyses de sang détaillées "de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale (...), car elles pourraient masquer des effets indésirables". Directeur adjoint "végétal et environnement" de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Thierry Mercier estime que l'article de l'équipe de Caen ne justifie pas une réévaluation du Roundup. "Ces résultats ne remettent pas en cause les évaluations réalisées par la firme et dans des laboratoires indépendants", estime-t-il. "Il faut être prudent quant à une extrapolation possible à l'homme d'études in vitro", note-t-il. Le dernier avis de l'Afssa sur le Roundup remonte à 2007.

Gilles-Eric Séralini critique le "laxisme" des tests réglementaires, qui conduisent à tester le plus souvent séparément le principe actif et les adjuvants, alors que leur combinaison peut multiplier les effets toxiques. Pour tenir compte de cet "effet cocktail", "il faudrait au contraire des tests in vivo pour chaque formulation", assure-t-il. Un principe combattu par les industriels pour des raisons de coût.

De son côté, Monsanto France estime que "le protocole utilisé conduit à exposer directement des cellules de cordon humaines au produit alors que cela ne se produit jamais dans les conditions réelles d'usage du Roundup (...). L'étude de M. Séralini détourne intentionnellement l'usage normal de Roundup afin de dénigrer le produit, alors que sa sécurité sanitaire est démontrée depuis trente-cinq ans à travers le monde."

Hervé Morin

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(note du blogueur : ce qui suit dans le même article est plutôt une bonne chose.
Jusqu'à plus ample informé -- à partir de quelle modification moléculaire a été obtenue la résistance à la sécheresse ? -- c'est intéressant pour l'agriculture et pour la préservation des nappes phréatiques.
Au moins, ce ne sont pas des modifications permettant d'augmenter l'utilisation des herbicides comme les plantes "ROUNDUP READY".
Ce qui m'intrigue, c'est que cette information favorable aux OGM fasse immédiatement suite à une information TRÈS DÉFAVORABLE.)
Pour l'obtention de plantes résistant à la sécheresse, l'approche de Pioneer Hi-Bred International me paraît de loin préférable.
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Vers des maïs plus tolérants à la sécheresse :

La firme américaine Monsanto a annoncé avoir lancé auprès des autorités américaines une procédure d'homologation pour un maïs transgénique tolérant à la sécheresse. La compagnie, qui travaille sur ce projet avec l'Allemand BASF, a indiqué que les semences de ce maïs pourraient être commercialisées "au début de la prochaine décennie". Elle évoque des essais effectués en 2008 ayant montré des rendements en hausse de 6 % à 10 %. Le gène soumis à l'expertise de la Food and Drug Administration américaine en décembre 2008 retarde le moment où la plante ralentit son métabolisme face à un stress hydrique, explique Monsanto.

Pioneer Hi-Bred International conduit aussi des essais sur un maïs tolérant à la sécheresse, mais obtenu par sélection classique, ce qui facilite la procédure de commercialisation, espérée en 2010-2011. Syngenta table également sur la commercialisation d'un maïs de ce type avant 2012.


Article paru dans l'édition du 10.01.09

Fin de la redistribution de médicaments inutilisés aux défavorisés

lu sur univers-nature.com :

05-01-2009

Fin de la redistribution de médicaments inutilisés aux défavorisés

Né d’un protocole d’accord signé le 6 avril 1994 entre les ministères des Affaires sociales, de l’Environnement et du ministère délégué à l’Action humanitaire, le dispositif Cyclamed a pour fonction première de récupérer et d’éliminer dans des conditions satisfaisantes les déchets issus des médicaments devenus obsolètes. Jusqu’au 31 décembre 2008, il visait également à faire bénéficier les populations les plus démunies de médicaments non utilisés en procédant à leur redistribution. Mais, suite à certaines dérives du système révélées notamment par un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) en 2005, la partie dédiée à la redistribution des produits aux populations défavorisées fut abandonnée sur décision parlementaire début 2007. On accorda néanmoins un délai aux associations humanitaires dont l’approvisionnement reposait en grande partie sur le dispositif, délai aujourd’hui arrivé à échéance avec le passage à la nouvelle année, le 1er janvier dernier.
Pour justifier ce revirement, le détournement frauduleux par certains pharmaciens du réseau Cyclamed, ayant revendu les médicaments non utilisés, est la principale raison invoquée. S’y ajoutent l’inadaptation des produits récoltés aux besoins des pays défavorisés ainsi que la dégradation des médicaments revalorisés, due notamment à de mauvaises conditions de stockage.

Malgré ces déficiences, le système représentait une source d’approvisionnement essentielle pour les associations d’aide humanitaire. En illustrent les chiffres avancés par l’association lyonnaise « Terre d’amitié », œuvrant auprès des régions africaines. En 2005, celle-ci récupérait ainsi quelque 228,2 tonnes de médicaments dont 65,1 furent expédiées au Bénin, au Burkina Faso, Madagascar, Mali, Togo ainsi qu’au Sénégal. Les 163,1 tonnes restantes furent incinérées. La faible part consacrée à la revalorisation s’explique tout d’abord par la contrainte liée au respect des dates de péremption. Par ailleurs, les médications occidentales (psychotropes…) ne correspondent guère aux traitements recherchés au sein des pays en voie de développement (antibiotiques, antiparasitaires, anti-diarrhées…).
Pour l’Ordre de Malte, autre association impliquée dans le combat humanitaire, « c’est un million de malades soignés par l’Ordre de Malte qui sont ainsi privés de médicaments ».
Ces arguments n’ont pourtant pas suffi à convaincre le gouvernement qui, bien qu’ayant affirmé chercher des palliatifs à ce déficit d’approvisionnement, n’a fourni aucune piste sérieuse à ce jour.

Pour l’heure, il est essentiel que les particuliers continuent de rapporter auprès de leur pharmacien les médicaments non utilisés, lesquels peuvent contenir des substances potentiellement néfastes à l’environnement et provoquer des accidents domestiques, tout particulièrement avec les enfants. Une fois collectés, ils seront désormais intégralement incinérés et reconvertis en sources énergétiques. Alors que les Déchets issus de Médicaments (MID) émanant des ménages représentent environ 70 000 tonnes par an, ce geste s’avère indispensable.
Mis en œuvre par Cyclamed, le processus d’incinération est assuré par 45 incinérateurs répartis sur le territoire national. L’énergie qu’il produit est récupérée sous forme de vapeur pour le chauffage des logements et/ou sous forme d’électricité pour l’éclairage. En 2003, il aurait permis de chauffer ou d’éclairer près de 8 000 logements.

Cécile Cassier

10/12/2008

Pesticides et insecticides : cancers de la lymphe et leucémie

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/27/un-risque-plus-eleve-de-cancers-de-la-lymphe-chez-les-agriculteurs_1123860_0.html

Un risque plus élevé de cancers de la lymphe chez les agriculteurs
LE MONDE | 27.11.08 | 15h17

Les agriculteurs exposés à certains pesticides présentent selon toute vraisemblance un risque plus élevé de développer un cancer du système lymphatique (lymphome), indiquent plusieurs études. Une altération d'un chromosome, première étape vers la cancérisation de cellules lymphocytaires, serait particulièrement fréquente dans cette population.

C'est ce que montrent les travaux présentés, le 7 novembre à Marseille, par Bertrand Nadel et Sandrine Roulland (centre d'immunologie de Marseille-Luminy), lors d'un colloque sur les hémopathies malignes (cancers des cellules sanguines) organisé par le cancéropôle Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le lymphome dit "folliculaire" (LF) est "un des cancers les plus fréquents et l'une des principales causes de mortalité par cancer", explique Bertrand Nadel. On dénombre 17 000 nouveaux cas par an de cancers lymphoïdes en France. Le premier événement du processus cancéreux est une cassure chromosomique. La portion séparée du chromosome 18 va se fixer sur le chromosome 14. C'est ce que l'on appelle une translocation. "Chez la plupart des gens, cette translocation est présente dans une cellule sur un million, indique M. Nadel. Nous avons montré dans une étude récente que dans certains groupes d'individus et notamment des agriculteurs exposés à des facteurs environnementaux, dont des pesticides connus pour pouvoir provoquer ce genre de cassure, la translocation entre les chromosomes 18 et 14 est mille fois plus fréquente. Les cellules lymphocytaires affectées sont très similaires à des cellules précoces du LF."

LEUCÉMIE ET INSECTICIDES

Une autre étude menée dans plusieurs régions de France conforte ces résultats. Dans un article publié en ligne le 18 novembre dans la revue Occupational and Environmental Medicine, l'équipe dirigée par Jacqueline Clavel (Inserm U 754) indique que les expositions professionnelles aux pesticides pourraient être impliquées dans plusieurs hémopathies malignes, dont la maladie de Hodgkin et le myélome multiple. Leurs analyses mettent en évidence une association entre le lymphome de Hodgkin et les expositions aux fongicides triazolés et aux herbicides dérivés de l'urée, de même qu'entre une forme de leucémie, dite "à tricholeuycocytes", et les insecticides organochlorés et à différents herbicides. A l'inverse, il n'a pas été établi de relation significative dans le cas des lymphomes non hodgkiniens.

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 28.11.08

24/11/2008

Des résidus de pesticides interdits détectés dans du raisin de table

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/24/des-residus-de-pesticides-interdits-detectes-dans-du-raisin-de-table_1122574_3244.html

Des résidus de pesticides interdits détectés dans du raisin de table
LEMONDE.FR avec AFP | 24.11.08 | 17h10 • Mis à jour le 24.11.08 | 17h18

Une enquête, effectuée par plusieurs associations écologistes européennes et publiée lundi 24 novembre, révèle la présence de pesticides dans la quasi-totalité des raisins de table prélevés en Italie, en France, aux Pays-Bas, en Hongrie et en Allemagne. Sur un total de 124 échantillons de raisin de table testés dans des supermarchés européens, 123 ont fait apparaître des résidus de pesticides, indique dans un communiqué le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures en France (MDRGF), qui a participé à l'enquête (1).

Les ONG (Legambiente en Italie, le MDRGF en France, Milieudefensie aux Pays-Bas, Levego Munckasoport en Hongrie et Greenpeace en Allemagne) avaient confié l'analyse des échantillons à un laboratoire allemand spécialisé. Pour la France, les 25 échantillons testés se sont tous révélés contaminés. "On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d'être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal", souligne le communiqué de la MDRGF.

Parmi les raisins étudiés, provenant de seize enseignes de grandes distribution, 20 % étaient contaminés par dix substances chimiques différentes ou plus, et 4,8 % dépassaient les limites maximales autorisées par la nouvelle législation européenne. Quatre d'entre eux – un français et trois italiens importés – dépassaient les nouvelles limites maximales en résidus européennes. Plus grave, trois échantillons de raisin italien contenaient des pesticides interdits : le bromopropylate et l'endosulfan. Le bromopropylate est un pesticide utilisé en viticulture, sur des arbres fruitiers et en cultures légumières. Son l'utilisation n'est pas autorisée en France dans la composition de préparations mises sur le marché. L'endosulfan est un polluant organique persistant, qui provoque des dommages à long terme pour l'environnement. "La dernière autorisation tolérée dans l'Union européenne pour l'endosulfan date du 31 décembre 2007", a précisé le président du MDRGF, François Veillerette. "De là à penser que des agriculteurs ont écoulé leurs stocks..."

(1) voir :

http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html

(les résultats détaillés peuvent être téléchargés enformat pdf)

23/11/2008

25 nov. 2008 Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant

25 nov. 2008
Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant : sous la direction scientifique de l'Afsset et de l'IReSP

Dans l'ensemble des pays industrialisés on observe une augmentation des affections qui altèrent la fertilité masculine. Sur le banc des produits fortement suspectés se trouvent des substances chimiques qui agissent comme des perturbateurs endocriniens.

Des anomalies du système reproducteur sont observées dans de nombreuses espèces : imposex chez les mollusques gastéropodes, féminisation des populations de poissons dans les rivières et les estuaires, et dans les zones les plus sévèrement polluées, l’incidence de l'intersexualité atteint 100%.

Dans l'espèce humaine, on a observé une diminution de la production spermatique de 50% au cours des 50 dernières années, et dans la même période un doublement de l'incidence du cancer du testicule et de certaines malformations génitales.

Pour faire le point des connaissances sur les implications des chercheurs et des décideurs, sur les perspectives et les possibilités d’actions devant ces enjeux humains et environnementaux, l'Afsset et l'IReSP organisent cette journée placée sous la présidence française de l'UE. Des scientifiques venus spécialement du monde entier se retrouveront pour présenter les derniers résultats de leurs programmes de recherche.

VOIR LES INFORMATIONS SUR :

http://www.afsse.fr/index.php?pageid=1631&parentid=631&ongletlstid=3524#content

09/11/2008

Pollution et réchauffement

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/pollution-et-rechauffement-des-defis-a-relever-de-pair_1116436_3244.html

ENVIRONNEMENT
Pollution et réchauffement, des défis à relever de pair
LE MONDE | 08.11.08 | 14h16 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h16
STRASBOURG ENVOYÉE SPÉCIALE

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique aura-t-elle, en améliorant la qualité de l'air, des effets bénéfiques pour la santé ? Oui, mais seulement si les deux politiques - lutte contre le réchauffement climatique et contre la pollution atmosphérique - sont pensées et menées conjointement. Dans le cas contraire, elles peuvent avoir des effets contradictoires, parfois au détriment de la santé des populations. Tel est en substance le message des experts réunis au Parlement européen de Strasbourg, jeudi 6 et vendredi 7 novembre, pour un colloque consacré à l'intégration de ces problématiques.
"Les deux questions ont jusqu'à présent été étudiées séparément, à des époques différentes, par des communautés scientifiques différentes, dans des cadres institutionnels différents", constate Jean-Marie Rambaud, vice-président de l'Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (APPA), organisatrice de la réunion. "Nous avons besoin d'une approche globale, il n'y a qu'une seule atmosphère", a plaidé Roy Harrison, spécialiste de la santé environnementale à l'université de Birmingham (Grande-Bretagne).
Les deux types de pollution sont en effet étroitement liés. Elles proviennent à peu près des mêmes sources, à savoir la combustion de carburants fossiles, la production industrielle et la production agricole. De plus, les deux phénomènes interagissent. L'ozone, qui est un polluant nocif pour la santé, contribue à l'effet de serre, et les particules ont un impact sur le climat. Réciproquement, l'augmentation des températures accélère les réactions chimiques dans l'atmosphère et aggrave la pollution. Ces interactions sont encore trop peu étudiées, selon les participants.
Les avantages attendus d'une meilleure intégration des politiques sont de plusieurs ordres. Le bénéfice pourrait être économique et politique. L'objectif de réduire de 20 % les émissions de CO2 d'ici à 2020 en Europe contribuera à minorer les particules de 12 %, les oxydes d'azote de 15 %, et le dioxyde de soufre de 40 %, a expliqué Markus Amann au nom de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA). Le bénéfice économique lié aux maladies ainsi évitées pourrait atteindre 20 milliards d'euros par an. "Ce gain substantiel n'est jamais pris en compte dans les analyses des coûts et des bénéfices des politiques de lutte contre le changement climatique", regrette le chercheur. La mise en avant de ces bénéfices sur la santé pourrait aider à légitimer la lutte contre le changement climatique, surtout dans les pays en développement, où la pollution atmosphérique est perçue comme un enjeu majeur, à l'instar de la Chine.
Une élaboration conjointe permettrait surtout d'éviter les contradictions. Le chauffage au bois, par exemple, est une source d'énergie renouvelable promue dans le cadre de la lutte contre les émissions de CO2, mais aussi un gros émetteur de particules. "Nous avons vu arriver une nouvelle source de pollution dans nos villes, a relaté Ed Dearly, de l'association britannique Environnemental Protection UK. Si le chauffage au bois remplace des centrales à charbon en milieu rural, où la pollution atmosphérique est limitée, c'est positif. S'il remplace du chauffage au gaz naturel, moins polluant, dans les villes, c'est négatif."
Autre exemple : l'encouragement donné en France, par le bonus-malus, aux véhicules diesel, moins consommateurs de carburant donc moins émetteurs de CO2, mais eux aussi émetteurs de particules. Or l'installation de filtres à particules n'est pas obligatoire en Europe. Et la présence du filtre augmente la consommation du véhicule, annulant une partie de l'effet recherché.

VISION D'ENSEMBLE

Une vision d'ensemble inciterait à privilégier les mesures efficaces sur tous les tableaux : économies d'énergie, efficacité énergétique, développement des énergies solaires et éoliennes, choix du rail et des transports en commun au détriment de la route, etc. Elle permettrait, en outre, d'anticiper les effets d'interactions inattendues. Les émissions de particules, par exemple, semblent avoir retardé les effets du réchauffement climatique en réfléchissant le rayonnement solaire. Leur diminution dans l'atmosphère risque donc d'accélérer le phénomène. "Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter de lutter contre la pollution atmosphérique, relève M. Amann, mais qu'il faut faire encore plus, et plus vite, contre les émissions de gaz à effet de serre."

Gaëlle Dupont

DEUX TYPES DE POLLUANTS :

-PRINCIPAUX POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES :
les particules (PM), les oxydes d'azote (NOx), les composés organiques volatils (COV), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2), et l'ozone (O3). Ils sont responsables de maladies respiratoires et cardio-vasculaires et, pour certains, de cancers. Les émissions de particules sont responsables, à elles seules, de 350 000 décès anticipés chaque année en Europe.

-PRINCIPAUX GAZ À EFFET DE SERRE :
le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O),l'ozone (O3) et certains gaz fluorés.


Article paru dans l'édition du 09.11.08

08/11/2008

"Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne."

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/la-sante-environnementale-en-mal-d-harmonisation_1116438_3244.html

UNION EUROPÉENNE BIOSURVEILLANCE
La santé environnementale en mal d'harmonisation
LE MONDE | 08.11.08 | 14h23 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h24

Il faut harmoniser la surveillance de la santé environnementale à l'échelle européenne. C'est le constat effectué lors d'un colloque sur la "biosurveillance" humaine en Europe, organisé les 4 et 5 novembre à Paris par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Cette réunion, initiée dans le cadre de la présidence française de l'Union, s'inscrit dans un plan européen pour 2004-2010 visant à mettre en place "un système d'information intégré sur l'environnement et la santé". Une étude pilote devrait être lancée fin 2009 pour tester la faisabilité d'une approche commune.
Le Plan d'action européen en faveur de l'environnement et de la santé définit la biosurveillance comme "la surveillance de l'homme en utilisant des indicateurs biologiques dénommés "biomarqueurs", révélateurs d'expositions environnementales, de maladies (...), et l'étude des liens éventuels existant entre eux".
Les biomarqueurs d'exposition comprennent des métaux (mercure, cadmium, plomb ou leurs résidus) dont la quantité témoigne de l'importance du contact avec ces polluants. Les altérations de l'ADN provoquées par un agent génotoxique font partie des biomarqueurs d'effet.
Les pays européens affrontent des problèmes communs : PCB (polychlorobyphéniles) contaminant les rivières, phtalates présents dans les jouets, champs électromagnétiques, tabagisme passif... Mais leurs réponses manquent de coordination et les procédures diffèrent, rendant les comparaisons difficiles. Les valeurs de référence pour déterminer les doses tolérables et prendre des mesures concrètes sont en nombre insuffisant. En Europe, certains pays, tels que l'Allemagne, la Suède ou la Belgique (au niveau de la Flandre), ont ainsi pris de l'avance sur la France dans la mise en place de mesures de surveillance.
Marike Kolossa-Gehring (Agence fédérale de l'environnement, Allemagne) a présenté les résultats inquiétants d'une étude environnementale dont la première phase a commencé en 1985, et qui porte sur près de 2 000 enfants : "Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne." Le niveau d'exposition est d'autant plus élevé que le niveau socio-économique de la famille de l'enfant est bas. Mais il pourrait être réduit par des modifications des comportements et de la réglementation.
Représentant la direction générale de l'environnement de la Commission européenne, Birgit Van Tongelen a rappelé les différentes initiatives impulsées par Bruxelles, dont la mise sur pied, en 2005, d'un réseau d'experts européens en biosurveillance, Esbio. Pourtant, dans une résolution adoptée le 4 septembre, le Parlement européen regrettait "profondément le fait que la Commission n'ait pas fourni des financements suffisants en 2008 pour la biosurveillance humaine". C'est dire à quel point l'attente est grande dans ce domaine.

Paul Benkimoun

En France, un comité de la biosurveillance va être créé en 2009

En France, la biosurveillance humaine fait partie des missions de l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui conduit, depuis 2006, une Etude nationale nutrition santé (ENNS). Dans ce cadre, des informations sur l'exposition environnementale aux métaux lourds et aux pesticides sont recueillies. Cela permet une "biosurveillance intégrée", a indiqué le directeur général de la santé, Didier Houssin, lors du colloque sur la biosurveillance humaine en Europe.
Directrice adjointe à la direction générale de la santé, Sophie Delaporte a annoncé la "mise en place en 2009 d'un comité stratégique du développement de la biosurveillance au niveau national, constitué des ministères et des agences impliqués dans le domaine". Les organisations non gouvernementales devraient être associées à cette instance, chargée en particulier de "définir les priorités nationales en matière de biosurveillance, en cohérence avec les priorités européennes".

Article paru dans l'édition du 09.11.08

07/11/2008

Directive REACH : Les entreprises françaises sont en retard

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/les-entreprises-francaises-sont-en-retard-dans-le-preenregistrement-de-leurs-produits-chimiques_1115620_3244.html

Les entreprises françaises sont en retard dans le préenregistrement de leurs produits chimiques
LE MONDE | 06.11.08 | 14h54 • Mis à jour le 06.11.08 | 14h54

Le 1er décembre marque la première étape importante pour les entreprises qui doivent se conformer au règlement européen Reach (Enregistrement, évaluation et autorisation de substances chimiques). L'objectif est d'enregistrer, d'ici à 2018, les quelque 30 000 substances fabriquées ou importées dans l'Union européenne, et d'évaluer les risques liés à leur utilisation. Début décembre, toutes les entreprises de l'UE devront avoir rempli une première obligation : préenregistrer les substances qu'elles fabriquent ou utilisent auprès de l'Agence européenne des produits chimiques, basée à Helsinki. Or beaucoup d'entreprises françaises sont en retard, au point que les autorités s'en inquiètent.
Sur quelque 5 000 entreprises concernées, 1 552 avaient effectué cette démarche fin octobre. La France est en décalage par rapport à d'autres pays de l'Union. Quelque 3 200 entreprises ont déclaré leurs produits en Allemagne, et 2 300 en Grande-Bretagne. Au total, 15 000 entreprises sont concernées dans l'UE.
"Certains attendent la dernière limite", explique-t-on au ministère de l'écologie. Le Bureau d'évaluation des risques des produits et agents chimiques (BERPC), qui fonctionne depuis le 1er juin 2007, ne connaît une véritable affluence que depuis deux mois. Surtout, beaucoup ignorent qu'ils doivent se conformer à la réglementation. "Nous avons beaucoup d'appels d'entreprises, surtout de PME, qui ne savent pas si elles sont concernées, explique Philippe Huré, directeur du BERPC. Nous craignons de nous apercevoir que des pans entiers de l'industrie n'ont pas fait la démarche."

CONSÉQUENCES LOURDES

Les fabricants de produits chimiques, très tôt informés de l'évolution de la réglementation, ne sont pas dans ce cas de figure. En revanche, les utilisateurs de produits sont peu informés. Une multitude de secteurs sont concernés : importateurs de peintures, fabricants de pièces mécaniques, de jouets, de savonnettes, de bougies parfumées ou de teintures pour les cheveux...
Tous doivent vérifier auprès de leurs fournisseurs que les substances qu'ils utilisent ont bien été déclarées. "Obtenir ces informations peut être difficile pour les entreprises qui importent des produits fabriqués hors de l'UE, surtout pour les mélanges de substances", explique Catherine Lequime, spécialiste du règlement Reach à l'Union des industries chimiques (UIC). Les conséquences pourraient être lourdes : le 2 décembre, les substances qui n'auront pas été enregistrées ne pourront plus être fabriquées ni commercialisées.
Le préenregistrement n'est que le début d'un long processus. En décembre 2010, toutes les substances produites ou importées dans des quantités supérieures à 1 000 tonnes devront avoir été enregistrées, ainsi que les substances considérées comme les plus dangereuses : les cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). Pour chacune d'entre elles, les entreprises devront prouver qu'elles sont employées en toute sécurité pour les consommateurs et l'environnement.
L'Agence européenne des produits chimiques a publié, le 29 octobre, une première liste de 15 substances "considérées comme très préoccupantes". Les industriels devront informer les consommateurs de leur présence dans les produits à partir du 1er décembre 2011. "C'est un premier pas bienvenu, mais c'est une goutte d'eau dans l'océan au regard des centaines de substances dangereuses, connues et présentes dans des produits utilisés chaque jour en Europe", a commenté l'organisation écologiste Greenpeace.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 07.11.08

13/10/2008

L'air qu'on respire aujourd'hui

lu sur Le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/10/11/01006-20081011ARTFIG00174--l-air-du-cancer-.php

L'air du cancer
PAR MARTINE BETTI-CUSSO
10/10/2008 | Mise à jour : 14:06 |
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Entre 1980 et 2005, le nombre de cancers a augmenté en France de plus de 90 %. Partant de ce constat, les experts de l'Inserm ont analysé plus de 1 800 études et mis en relation des facteurs environnementaux avec l'apparition de neuf cancers. Parmi les facteurs cancérogènes « avérés ou débattus » figurent l'amiante (facteur avéré du cancer du poumon et de la plèvre), les radiations ionisantes (facteurs avérés des cancers du poumon, de la leucémie, de la thyroïde, du sein et des tumeurs cérébrales), le radon (facteur avéré du cancer du poumon), mais aussi les pesticides (facteurs débattus des cancers du poumon, du sein, de l'ovaire, du testicule, de la prostate, de la thyroïde, des leucémies et des tumeurs cérébrales)ou encore le tabagisme passif (facteur débattu des leucémies et des tumeurs cérébrales). Même si ce rapport est jugé timoré par des associations, c'est un pas de plus dans la reconnaissance des liens entre cancers et environnement. Il appelle, à tout le moins, au principe de précaution. Reste à accélérer les recherches pour connaître les effets des expositions à faible dose et celles des expositions croisées.