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21/09/2015

Charité bien ordonnée ... (pétrole)

lu sur :

Le Monde - 

Selon l’OCDE, les Etats dépensent trop de milliards en faveur des énergies fossiles

Le Monde | 21.09.2015 à 10h37 • Mis à jour le 21.09.2015 à 12h00 |

Par Martine Valo

Réduire par tous les moyens l’usage des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre (GES) : la lutte contre le changement climatique est à ce prix. Pétrole, gaz et charbon sont responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2 et 67 % des émissions de gaz à effet de serre. Et pourtant les Etats continuent massivement à subventionner ces énergies polluantes.

Dans un rapport rendu public lundi 21 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) chiffre à environ 500 milliards de dollars par an (442 millions d’euros) les moyens fournis par les gouvernements dans le monde pour en encourager la consommation et la production. Si l’on prend en compte les 34 pays membres de cette institution plus le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Russie et l’Afrique du Sud, entre 2010 et 2014, ce sont 141 à 177 milliards d’euros qui sont allés chaque année au soutien du gaz (qui reçoit 10 % du total), du charbon (8 %) et surtout des produits pétroliers (82 %).

Lire aussi : Cinq cartes qui montrent l’impact du charbon en Europe

Pour parvenir à ces sommes faramineuses, les Etats font preuve de créativité dans le registre fiscal. L’OCDE a recensé pas moins de 800 mesures diverses : exemptions, réduction de TVA, bons d’essence pour les ménages à faible revenu, aides directes, etc. Qui en bénéficie ? Il y a les coups de pouce appuyés sous forme, par exemple, de détaxes supplémentaires pour les habitants des outre-mers français ou bien pour le personnel des administrations américaines et… de l’OCDE. Mais, dans la majorité des 40 pays étudiés sont aussi concernés les agriculteurs, les pêcheurs et la foresterie, ainsi que les taxis, les compagnies aériennes sur leurs vols internationaux, les familles qui chauffent leur logement au fioul ou au gaz, les automobilistes, les routiers… bref à peu près tout le monde.

Infléchissement

La production reçoit sa part de soutien : financement de terminaux charbonniers ou gaziers, de la recherche et de l’exploration, crédit d’impôt pour de lourds investissements. « La suppression multilatérale et coordonnée des subventions à la consommation dans les pays en développement et émergents réduirait les émissions mondiales de GES de 3 % à l’horizon 2020 par rapport à un scénario de référence », rappelle l’OCDE. La consommation est pourtant lourdement encouragée et absorbe les quatre cinquièmes du montant total des aides diverses.

Mais chez les pays producteurs, la proportion des aides consacrées à la production reste forte : dans la Fédération de Russie, cette part représente 78 % ; aux Etats-Unis, 42 % ; et au Canada, 38 %. L’Allemagne continue de subventionner ses mines de houille pour 1,5 milliard d’euros, mais c’est toutefois trois fois moins qu’en 1998. L’inventaire OCDE des mesures de soutien pour les combustibles fossiles de 2015 et des données complémentaires vont être mis en ligne lundi, afin que « les gens puissent s’informer et débattre », espère Jehan Sauvage, principal auteur de cette étude.

POUR PARVENIR À CES SOMMES, LES ETATS FONT PREUVE DE CRÉATIVITÉ DANS LE REGISTRE FISCAL : EXEMPTIONS, RÉDUCTION DE TVA, AIDES DIRECTES…

« Ces mesures de soutien sont coûteuses, privent les Etats de recettes fiscales au détriment d’autres dépenses, comme celles de santé et d’éducation, détournent artificiellement les investissements qui pourraient sinon se diriger vers d’autres secteurs plus propres. Enfin, en encourageant la consommation de carburants notamment, elles accroissent les coûts humains de la pollution et contribuent au changement climatique. Pour toutes ces raisons, il est important que les contribuables soient mieux informés », résume l’analyste.

Le résultat du travail de transparence de l’OCDE ne désigne ni champion ni dernier de la classe, les comparaisons entre des taxes aussi différentes se révélant délicates. Les auteurs décèlent néanmoins une certaine tendance à la baisse depuis le dernier pic en date, celui de 2012.

Cet infléchissement n’est pas seulement dû à la chute des cours internationaux du pétrole, auxquels nombre de décotes fiscales sont liées, mais aussi au fait que certains pays ont commencé à lever le pied. Au chapitre des bons élèves, les Pays-Bas, par exemple, ont mis fin en janvier 2013 à la réduction du droit d’accise sur le gazole pour les activités agricoles et pour le chauffage au nom de la défense de l’environnement. L’Autriche et la Slovaquie ont enclenché le même processus. Quant à la France, sa « contribution climat-énergie », une taxe carbone introduite en 2014 sur le gaz naturel, n’a pas encore produit d’effet observable.

Appel à réviser la fiscalité

Les principaux reculs des sommes consenties aux énergies fossiles proviennent de pays comme le Mexique, qui a mis progressivement fin au soutien à l’achat d’essence et de gazole commercialisés par deux marques nationales. Conjuguées à la chute des prix du pétrole, ces évolutions ont ramené en deux ans les dépenses mexicaines de 13 milliards d’euros à 1,8 milliard d’euros. L’Indonésie a aussi cessé toute subvention à l’essence au début de 2015 et plafonné les aides pour le gazole.

Lire aussi : Charbon : noir c’est noir

Les deux tiers de ces 800 aides ont été adoptées avant l’an 2000. Certaines datent des années 1970, une période de croissance où la sécurité énergétique passait bien avant la conscience écologique. L’OCDE en conclut que les Etats feraient bien de réviser de temps en temps leur fiscalité en la matière. Ce rapport devrait les y aider. L’organisation conclut : « Il existe à l’évidence de réelles possibilités d’économiser des ressources budgétaires et d’améliorer l’état de l’environnement, à la fois dans les économies avancées et dans les émergentes. »

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, prévient les Etats : « Pour relever le défi du changement climatique, nous devrons réduire à zéro, d’ici à la fin du siècle, les émissions nettes dues aux combustibles fossiles dans le monde. A défaut, la hausse des températures est inexorable. »

Martine Valo 
journaliste Planète

20/03/2015

La Fondation Bille Gates investit massivement dans le pétrole ...

... pour vacciner et maintenir en vie les futurs consommateurs de la société globalisée.

à lire sur :

RevealedGates Foundation's $1.4bn in fossil fuel investments...

www.theguardian.com/.../gates-foundation-has-14bn-in-fossil-fuelsinvestments-guardian-analysis

16 hours ago ... Analysis of the Bill and Melinda Gates Foundation's most recent tax filing reveals huge investments in the world's biggest fossil fuel companies.

(une pétition est en ligne sur le journal)

sur le même sujet :

La fondation Gates sous pression pour exclure les énergies fossiles ...

www.novethic.fr/.../la-fondation-gates-sous-pression-pour-exclure-les- energies-fossiles-de-ses-investissements-143163.html

Sur la prétendue générosité de Bill Gates - Mediapart

blogs.mediapart.fr/blog/.../sur-la-pretendue-generosite-de-bill-gates

24/05/2013

UBS et la fraude fiscale en France

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e892449e-c3e0-11e2-9d9b-e1235b6f0489/Laffaire_UBS_France_se_poursuit_avec_la_mise_en_garde_%C3%A0_vue_de_deux_nouveaux_cadres

banque Vendredi24 mai 2013

L’affaire UBS France se poursuit avec la mise en garde à vue de deux nouveaux cadres

L’enquête pour démarchage illégal et blanchiment de fraude fiscale avance à nouveau à grands pas. Un nouveau document accable l’établissement

Le juge Guillaume Daïeff enquête depuis plus d’une année sur des soupçons d’évasion fiscale, organisée par la banque entre la France et la Suisse, notamment à travers un mécanisme dit des «carnets du lait», mis en place entre 2002 et 2007 au moins. Ce système de comptabilité fantôme aurait permis de masquer les opérations d’ouverture de comptes non déclarés en Suisse, et les activités des chargés d’affaires suisses sur territoire hexagonal. La quête, notamment lors d’événements mondains, sportifs ou musicaux, de riches clients incités à ouvrir des comptes à Genève, Lausanne, Bâle ou Zurich, n’est en effet pas autorisée.

L’instruction a été ouverte le 12 avril 2012 par le parquet de Paris, pour «démarchage bancaire ou financier par personne non habilitée», ainsi que «blanchiment de fraude fiscale et de fonds obtenus à l’aide d’un démarchage illicite, commis en bande organisée». Au cours de l’information judiciaire, trois personnes – notamment un ancien dirigeant du bureau de Lille et un ancien directeur général de la filiale française – ont été mises en examen, en particulier pour «complicité de démarchage illicite». A la suite de quoi, des perquisitions ont été menées dans les locaux d’UBS à Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Paris.

Dans cette affaire, UBS a toujours repoussé les reproches qui lui sont faits; la banque ne commente pas les enquêtes en cours et assure qu’elle «collabore pleinement» avec la justice française.

Durant l’hiver, l’affaire Cahuzac semble avoir parasité le dossier. Alors que plusieurs sources anticipaient une mise en examen d’UBS France en tant que personne morale, fin novembre 2012, celle-ci n’avait pas été prononcée. Mais ces dernières semaines, alors que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est élevée au rang de priorité numéro un par le gouvernement français, le tempo semble à nouveau s’accélérer. A nouveau pressentie par plusieurs acteurs proches du dossier, la mise en examen d’UBS France devrait constituer une étape finale de l’instruction. Elle pourrait être prononcée prochainement, estiment plusieurs sources.

Un élément supplémentaire s’est ajouté mercredi à l’affaire. Sur le site du journal La Croix , Antoine Peillon, l’auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France, a dévoilé un nouveau document à charge contre UBS France, datant de février 2004: un compte rendu de l’entretien préalable de licenciement du directeur du service juridique et de la conformité d’alors. Ce texte manuscrit d’une douzaine de pages a été rédigé par Stéphanie Gibaud, une salariée élue représentante du personnel qui, de par cette fonction, assistait le directeur au cours de l’entretien. Ce document prouverait que la banque était au courant des pratiques de démarchage «dès 2003 au moins»: il y est précisé que «certains chargés d’affaires d’UBS France, à cette époque, bénéficiaient «d’un statut privilégié», l’un d’entre eux étant, par exemple «rattaché fonctionnellement au président du conseil de surveillance», le Suisse Dieter Kiefer». Le journaliste cite également cette phrase de l’ancien directeur licencié: «Dans le même temps, nous avons une nouvelle preuve du démarchage actif de prospects français, en France, par des équipes de chargés d’affaires d’UBS Suisse: démarchage illicite, plus vente de produits financiers non autorisés à la commercialisation en France. Là aussi, les responsables d’UBS France se rendent complices d’opérations de fraude fiscale.»

Interrogée par Le Temps, Stéphanie Gibaud confirme qu’elle était présente, dans un grand «état de stress», à cette séance d’une durée de deux heures, et qu’elle a bien rédigé ce compte-rendu, cosigné notamment par la DRH et le président d’UBS France de l’époque. Celui-ci a ensuite démissionné, en désaccord avec les pratiques de la banque. Il reconnaît, d’ailleurs, le démarchage pratiqué par les chargés d’affaires suisses en France et admet qu’au début des années 2000, «tout le monde savait» ce qu’il en était.

Enfin, la nouvelle Commission d’enquête du Sénat, qui vient de démarrer ses travaux, devrait aussi se pencher sur UBS France. En se concentrant sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion fiscale, elle veut comprendre les «mécanismes à l’œuvre dans la fraude et l’optimisation», selon son rapporteur Eric Bocquet. Dans ce contexte, le sénateur, seul ou avec la commission, devrait entendre d’anciens salariés de la banque. Il pourrait aussi se rendre dans les bureaux des autorités de surveillance, notamment l’Autorité de contrôle prudentielle, alertée de longue date par d’anciens collaborateurs d’UBS.

13/02/2012

Interpeller Hollande sur la taxe Tobin

communiqué :

"Face à la caricature de taxe Tobin proposée par Nicolas Sarkozy, les associations de solidarité internationale membres de la coalition "Robin des Bois" nous ont proposé d'interpeller François Hollande pour qu'il prenne enfin une position claire sur le niveau et la destination des fonds collectés par la taxe sur les transactions financières qu'il propose. Vous trouverez ci-joint le texte d'un e-mail d'interpellation.

LA TAXE ROBIN DES BOIS

La France s'apprête d'ici début mars à adopter une "taxe sur les transactions financières". Victoire ? Pas vraiment, car Nicolas Sarkozy a annoncé une taxe au rabais et dont les revenus seraient finalement destinés au budget national et à "réduire les déficits"...

En clair : le gouvernement a cédé à la finance et nous vole la taxe !
Utopie quand il s'agissait de lutter contre la spéculation, l'extrême pauvreté et les défis planétaires, la taxe risque de devenir qu'un simple produit de façade à l'approche des élections. Ne dégageant qu'un milliard d'euros, une telle taxe ne peut avoir aucun effet dissuasif sur la spéculation, ni répondre aux exigences considérables posées par le changement climatique, l'extrême pauvreté et les grandes pandémies comme celle du sida.

Mais il est encore possible d'agir : puisque le gouvernement refuse d'entendre la voix des citoyens, c'est désormais aux parlementaires, que nous devons nous adresser : les députés et sénateurs ont le pouvoir de remettre la taxe dans le bon sens !

Le projet de loi de cette taxe au rabais est en ce moment même discuté à l'Assemblée nationale, qui devrait le voter en début de semaine prochaine. Puis le texte fera la navette au Sénat et à nouveau à l'Assemblée.

Aidez-nous à convaincre le candidat aux présidentielles et les parlementaires socialistes de modifier le texte, en proposant une alternative au projet du gouvernement, pour que la France mette en place une VRAIE taxe Robin des Bois !

Envoyez le texte ci-dessous à François Hollande : 

contact@francoishollande.fr 

avec en titre de mail :

Taxe sur les transactions financières

(il suffit de faire un copié collé du texte ci-dessous)

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Monsieur Hollande,

Aujourd'hui, au lieu d'honorer ses engagements, le Président de la République Nicolas Sarkozy a tranché : la taxe française sur les transactions financières, en plus d'être au rabais, ne deviendra pas un outil historique pour lutter contre les dérives du secteur financier et les injustices mondiales. Le gouvernement balaye d'un revers de main les 500 000 citoyens européens et les 82% de Français qui demandent une taxe efficace contre la spéculation financière et dont le produit soit alloué à la solidarité internationale.1

Vous vous êtes déjà engagé pour l'instauration d'une taxe sur les transactions financières tant au niveau français qu'européen. Toutefois, tant vos déclarations que les initiatives parlementaires de votre groupe omettent l'un des principes fondamentaux d'une telle taxe : lutter pour le développement, contre les grandes pandémies et les conséquences désastreuses du changement climatique dans les pays du Sud.

Aujourd'hui, Monsieur Hollande, la balle est dans votre camp.
En tant que candidat présidentiel du plus grand parti d'opposition, vous avez le pouvoir d'influencer le projet de loi qui est en cours de discussion au Parlement jusqu'au 8 mars. Nous vous demandons de donner suite à votre discours au Bourget en exprimant votre soutien public à "une véritable taxe sur les transactions financières" pour dégonfler la bulle financière, lutter contre la pauvreté, les grandes pandémies et le changement climatique, et d'appeler les parlementaires socialistes à amender en ce sens le texte déposé par le gouvernement.

Monsieur Hollande, ferez-vous mieux que Nicolas Sarkozy ?

Pour être bien surs que notre message sera entendu, vous pouvez également interpeller Michel Sapin, chargé du projet présidentiel auprès de François Hollande, et Kader Arif, "monsieur développement" de l'équipe de campagne de François Hollande, et nous aider à diffuser au maximum cette action : 

http://www.taxerobindesbois.org/latest/action-urgente-hol...

1 : 82% des Français considèrent que le produit de la taxe sur les transactions financières (TTF) devrait être affecté à la solidarité internationale, Sondage CSA de décembre 2011

03/01/2012

Le paradis Suisse

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/la-suisse-montree-du-doigt-dans-la-lutte-contre-le-blanchiment-02-01-2012-1414563_28.php

La Suisse montrée du doigt dans la lutte contre le blanchiment

Par

Cela s'appelle l'Egmont Group, car créé au palais d'Egmont-Arenberg à Bruxelles en 1995. Cet organisme, fort peu connu du grand public, regroupe 127 cellules de renseignements sur le blanchiment d'argent. La France est représentée par Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). À la fin de l'été, Egmont Group a adressé une missive à la Suisse, menaçant de la suspendre. Motif ? Le bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS, pour Money Laundering Reporting Office of Switzerland), représentant local d'Egmont Group, ne communiquerait pas d'informations financières à ses partenaires.

Cette menace de suspension n'a été révélée que le 1er janvier 2012 pour le journal dominical alémanique SonntagsZeitung, et confirmée par Danièle Bersier, porte-parole de l'Office fédéral de la police (Fedpol) à Berne. On peut imaginer que Nicolas Sarkozy était au courant de cette démarche lorsqu'il a dénoncé la Suisse en novembre dernier, à Nice, à l'occasion du dernier sommet du G20. Le président français reprochait à la Confédération de refuser de procéder à l'échange automatique d'informations avec les autres autorités fiscales.

Au nom du secret bancaire

C'est exactement ce que reproche l'Egmont Group à Berne : de s'opposer à l'échange d'informations sur des soupçons de transferts financiers douteux. Le problème, c'est que le MROS, correspondant suisse de l'Egmont Group, n'a tout simplement pas le droit d'échanger des informations financières, comme des numéros ou des relevés de comptes, avec ses 126 partenaires d'Egmont Group, car cela relève tout simplement du secret bancaire.

L'article 47 de la loi fédérale sur les banques, datant de 1934, condamne toujours celui qui aurait violé ce "secret professionnel" à un "emprisonnement pour six mois ou plus" ou à une "amende à concurrence de 50 000 francs" (*). Et la Suisse ne compte pas abolir cet article. Le MROS n'est pourtant pas inactif. En 2010, il a enregistré pas moins de 1 159 communications de soupçons en matière de blanchiment d'argent. Soit une augmentation de 29,4 % par rapport à l'année précédente. Malheureusement, les pays étrangers n'ont toujours pas le droit de profiter de ces informations.

Adhésion de l'Afghanistan et des Bahamas

Curieusement, le MROS, sur le site de la Confédération suisse consulté ce jour, se vante toujours de son adhésion au groupe Egmont, "dont le but est de créer les conditions nécessaires à un échange d'informations sécurisé, rapide et juridiquement admissible entre les cellules de renseignements dans les domaines de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme". Suspendue, la Suisse ne pourrait plus exercer son droit de vote ni participer aux groupes de travail. Mais, surtout, cette décision porterait atteinte à l'image de la place financière helvétique, déjà fort malmenée. Certains esprits chagrins pourraient se demander si la présence de la Suisse est véritablement indispensable à l'Egmont Group. Mais, dans ce cas, que penser de l'adhésion de pays comme l'Afghanistan (dont le PIB dépend à plus de 50 % de la drogue), des Bahamas, des îles Caïmans ou du Liban ?

* Le secret bancaire de Sylvain Besson, collection Le savoir suisse, 2004


21/12/2011

De 1% à 3% ou 4% ... peut-être (qui va payer la différence ?)

Je viens d'entendre à la radio que la Banque Centrale Européenne (BCE) allait prêter de l'argent aux banques privées à un taux de 1%, ce qui permettra à ces banques privées de prêter aux États européens à 3 ou 4% (peut-être ...).

Regardez donc la vidéo suivante :

Comprendre la dette publique en quelques minutes

 http://www.youtube.com/watch?v=AAyyp_zeWtE (13'29")

19/05/2011

L'Organisation mondiale de la santé, une agence de plus en plus privée

article payant à lire sur le Monde  :

L'Organisation mondiale de la santé, une agence de plus en plus privée

LE MONDE | 18 mai 2011 | Agathe Duparc | 641 mots

Dès l'ouverture de la 64e assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui se tient à Genève du 16 au 24 mai, Margaret Chan, sa directrice générale, a donné le coup d'envoi de "la réforme la plus vaste jamais entreprise au sein de l'organisation depuis sa création en 1948".

31/03/2011

Hausse du tarif horaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/03/29/mille-dollars-l-heure_1500143_3234.html

Mille dollars l'heure

LE MONDE | 29 mars 2011 | Sylvain Cypel | 793 mots

Emoluments des avocats d'affaires, virements des immigrés à leurs proches restés au pays : ces données en disent plus que les indicateurs classiques. A quoi observe-t-on que les affaires sont de retour ? Il y a les formidables bénéfices de quelques hedge funds, les bonus repartis à la hausse des...

A quoi observe-t-on que les affaires sont de retour ? Il y a les formidables bénéfices de quelques hedge funds, les bonus repartis à la hausse des dirigeants des grandes banques et des traders... Mais il est des manifestations moins spectaculaires qui en disent parfois plus sur l'humeur générale régnant à Wall Street que les indicateurs les plus classiques. Ainsi en est-il du coût du temps que les juristes spécialisés facturent à leurs clients (qui sont souvent ces mêmes banquiers que l'on vient d'évoquer).

Jamais en première ligne, heureux de vivre caché tant il est indispensable, lelawyer, et plus précisément l'avocat d'affaires, est à la fois le poumon et le masque des activités de la place ; et ses émoluments sont toujours représentatifs d'une tendance. Il y a quatre ou cinq ans, les premiers d'entre eux, les plus recherchés pour leurs compétences, avaient commencé d'oser dépasser les 1 000 dollars (710 euros actuels) l'heure de conseil facturée à leurs clients.

Ce secteur d'activité générait un chiffre avoisinant les 100 milliards de dollars annuels et ses stars, primes de fin d'année incluses, empochaient de 3 millions à 4 millions de dollars par an. En 2008, le tarif moyen du conseil juridique facturé aux entreprises (de 500 à 550 dollars l'heure) avait crû de 8 %. Comme le prix du mètre carré, le tarif de l'avocat d'affaires semblait promis à croître sans discontinuer mille ans encore.

Las ! la panique boursière de l'automne 2008 et la crise financière qui s'ensuivit avaient mis à mal cette perspective mirifique. Après la disparition de Lehman Brothers et l'effondrement de l'assureur AIG, même les plus courus des avocats d'affaires n'ont osé dépasser la "barre des 1 000", de crainte de voir le chaland partir se faire mieux conseiller ailleurs à moindre coût. Depuis, comme les petites banques locales, dont quelque 800 ont disparu de 2007 à ce jour, des cabinets juridiques, petits et même moyens, ont également fermé. Eh bien, les beaux jours reviennent ! Selon le consultant spécialisé Valeo Partners, les vedettes du conseil juridique n'hésitent désormais plus à facturer pour certains types de service des honoraires allant jusqu'à 1 250 dollars (888 euros) l'heure.

Les noms de Michelle GonJohn HuberKirk Radke et d'autres ne vous diront rien, pas plus que ceux des grands cabinets où ils sont partenaires, mais leurs talents particuliers et l'évolution de leur rémunération constituent d'excellentes indications de l'état d'esprit moyen régnant au sein des marchés et des activités les plus en vogue. Ainsi, les stars du conseil juridique les plus courues actuellement (donc les mieux rémunérées) sont d'abord spécialisées dans l'investissement en Chine, ensuite dans le capital-investissement (là, rien de neuf), puis dans les fusions-acquisitions - qui, elles, redémarrent -, enfin dans les faillites, qui se maintiennent à un niveau élevé.

Tel le célèbre "indice Big Mac" imaginé par The Economist pour comparer l'évolution du pouvoir d'achat d'un pays à l'autre, le paramètre inattendu, mais à la signification symptomatique plus ample - du type honoraire de l'avocat d'affaires -, peut se dupliquer dans d'autres domaines, en ces temps d'incertitude quant au contenu réel de ce que mesurent les indicateurs usuels (croissance, chômage, inflation, etc.).

Ainsi encore, par exemple : comment mesurer autrement qu'à l'aide de taux abstraits et peu fiables l'évolution de la situation économique d'ensemble des Etats-Unis, c'est-à-dire d'un pays où l'immigration étrangère - légale, légalisée ou illégale -, plus qu'en tout autre lieu du monde riche, occupe une place majeure ? Réponse : en pistant les montants envoyés par les travailleurs étrangers qui y sont installés à ceux des leurs restés vivre dans leur pays d'origine (sachant que l'accroissement annuel du nombre des immigrés reste très stable).

Une étude récemment publiée par la Banque interaméricaine de développement (BID) sur la décennie écoulée conclut ainsi qu'après un spectaculaire effondrement en 2009-2010 des transferts monétaires des immigrants latinos, les premiers mois de l'année en cours marquent un infléchissement positif notoire.

Entre 2001 et 2008, ces montants n'avaient cessé d'augmenter, passant de 21 à 69 milliards de dollars par an, avant de retomber durant les deux années suivantes de grande récession sous le niveau atteint en 2006 (moins de 60 milliards). Or, sur le groupe de quatre pays qui constitue l'ossature actuelle de cette immigration - Guatemala, Honduras, Salvador et surtout Mexique, pays qui, à lui seul, fournit aujourd'hui le quart des immigrés aux Etats-Unis -, les données pour le début 2011 sont impressionnantes.

Par rapport au même mois de l'an dernier, les flux monétaires de ce type des Etats-Unis vers ces pays y ont augmenté en moyenne, en janvier, de 6 % à 16 %, selon les cas. Commentant cette étude, le Wall Street Journal, qui note au passage que"les travailleurs immigrés aux Etats-Unis tendent à retrouver un emploi plus rapidement que la moyenne", y décèle un indice supplémentaire que la "reprise économique" est bien là.

Ainsi donc, de la finance à l'économie réelle, et si l'on occulte un moment la croissance molle, la faiblesse de l'emploi, la multiplication des faillites ou la poursuite des saisies immobilières, tout irait mieux - même les indicateurs hors piste l'assurent.


cypel@lemonde.frSylvain Cypel

26/12/2010

Changer de banque

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012309832-l-ethique-une-valeur-bankable

L’éthique, une valeur «bankable»?

L’appel d’Eric Cantona à boycotter les banques a mis en avant les établissements privilégiant les placements dits «alternatifs». 

Un gros buzz, un petit flop, mais une question désormais sur la place publique. L’appel à retirer son argent des banques, inspiré par l’ex-star du ballon rond Eric Cantona et relayé sur Facebook, a mis la Toile en effervescence et inquiété le gouvernement. Sans que la révolte contre le système financier ne franchisse le cap du virtuel. Ni le 7 décembre ni depuis, les grands réseaux bancaires n’ont relevé de mouvement inhabituel de fermetures de comptes.

«Casino financier». La tentative du collectif Sauvons les riches et du site Jechangedebanque.org de transformer l’appel en un bank run constructif n’a guère eu plus d’écho. Distingué «banque éthique» parce qu’il est de ces établissements «qui investissent l’épargne localement, ne participent pas au casino financier, refusent d’être présentes dans les paradis fiscaux et de verser des bonus indécents», le Crédit coopératif a bien reçu 1 500 demandes d’informations le jour J. Mais seulement deux ouvertures de comptes. Si l’intérêt des citoyens s’est cependant confirmé dans les semaines suivantes, avec 3 500 demandes d’ouverture de compte via Internet à ce jour, les passages à l’acte sont encore pour l’heure nettement moins nombreux.

Catharsis collective vite effacée, l’appel au bank run ? Ce serait mésestimer le ressentiment populaire. Les grandes banques ne s’y sont pas trompées, qui ont décelé dans le bouillonnement du Net un signe très tangible de la dégradation de leur image. Leur contre-offensive a pris la semaine dernière la forme d’une campagne de communication commune, dont le slogan - «Parlons de la banque et parlons-en vraiment» - en dit long sur la défiance des épargnants alors que les grands réseaux de proximité, Crédit agricole et Société générale en tête, affichent désormais leur volonté de recentrer leur développement sur la banque de détail.

Le mea culpa a suivi : concédant sur RTL «un peu d’arrogance» de la part des établissements en question, l’actuel président de la Fédération française bancaire, François Pérol, a admis «des erreurs» et «des comportements inadaptés». Et le même de refuser l’amalgame «entre les banques françaises et celles de Wall Street».

Aiguillonné par les associations, le ministère de l’Economie s’est, de son côté, penché sur l’aspect pratique de l’affaire. Résultat : contrairement à leurs engagements, les banques ne favorisent pas la mobilité de leurs clients, toujours très mal informés sur les délais de transfert des opérations et de fermeture de compte. Contraint et forcé, Bercy a sorti le bâton : l’autorité de surveillance des établissements financiers français va, d’ici à juin 2011, procéder à un audit pour distribuer bons et mauvais points.

Classement. Mais le véritable effet Cantona n’est ni commercial ni réglementaire. «L’appel a mis le doigt sur le nécessaire questionnement de chacun sur l’utilisation qui est faite de notre argent, analyse le député européen Pascal Canfin (Europe-Ecologie), ancien journaliste de l’hebdomadaire Alternatives économiques et promoteur du site Jechangedebanque.org. Le citoyen ne peut empêcher la BNP de financer des fonds spéculatifs ou de faire transiter ses fonds par des paradis fiscaux, mais il peut refuser de déposer son épargne dans une banque qui a de telles pratiques.»

La circonspection du public ressemble néanmoins à de la sagesse. A ce jour, aucune analyse multicritère ne permet de classer les différentes banques françaises, au-delà de la Banque postale ou du Crédit coopératif (lire page 3). «C’est vrai, il n’y a pas de définition normative d’une banque éthique et responsable, admet Pascal Confin. Il y a seulement un faisceau d’indices, comme le processus de sélection des clients, la présence dans les paradis fiscaux ou les projets d’investissements financés.» Une grille sommaire qui permet sans doute de distinguer la Banque postale et le Crédit coopératif et de stigmatiser la BNP ou la Société générale. Mais quid du Crédit mutuel, dont la politique est correcte sans être particulièrement environnementale et citoyenne ? Un manque auquel le député dit vouloir remédier. Tout en se félicitant de l’acquis : à son corps défendant, l’ex-joueur de Manchester United a mis à la portée du citoyen lambda la question de l’éthique financière.

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http://www.liberation.fr/economie/01012309829-l-accessibilite-dans-le-detail

La Banque postale, l’accessibilité dans le détail

Schizophrène,la Banque postale ? A la fois «banque comme les autres» et«banque pas comme les autres», comme le dit aujourd’hui son slogan. Difficile de ne pas jouer sur les deux tableaux quand on vient «du fond des âges», selon l’expression d’un pilier de la maison, qu’on a bâti sa singularité autour du Livret A et du logement social, mais qu’on ambitionne comme aujourd’huide disputer aux banques commerciales ses clients.

Ce qui la distingue ? «L’accessibilité bancaire», lance un syndicaliste de Sud, ultra-vigilant sur ce registre, et aussi une tarification plutôt douce. Le changement de statut de La Poste, devenue société anonyme au début de 2010, a même plutôt renforcé sa vocation sociale. «Il n’y a qu’à la Poste qu’on peut ouvrir un Livret A à partir de 1,5 euro, s’en servir comme d’un porte-monnaie pour de minuscules montants, effectuer des virements gratuits, ou se faire établir un chèque (de banque) pour payer la cantine quand on est RMiste», énumère le militant.

100 % publique. Pas comme les autres, la Banque postale l’est parce qu’elle se limite à la banque de détail. «Nous n’avons pas perdu un euro dans les subprimes», s’était gargarisé, son patron, Patrick Werner, au lendemain de la chute de Lehman Brothers.

Différente aussi, parce qu’elle est 100% publique. Et ses bénéfices (588 millions d’euros de résultat net en 2009) vont à l’Etat. Mais qu’en sera-t-il demain ? La Banque postale, en bonne forme aujourd’hui, revient de loin. «On a bancarisé les Français avec la création des comptes chèques postaux (CCP). On a atteint 50% de parts de marché [en 1960, ndlr], et après, parce qu’on offrait un service au rabais [pas de découvert bancaire, pas de crédit…]et trop de rigidité, les clients ont commencé à nous quitter», se souvient un ancien.

Le rebond qui va créer et mettre en orbite la Banque postale date de 2005. Sous la forme d’un amendement greffé au détour de la transposition d’une directive postale. Il est déposé par le sénateur Pierre Hérisson, et n’a rien à voir avec le sujet du jour. L’amendement prend les banques par surprise, et passe, soutenu par le gouvernement d’alors (Chirac à l’Elysée, Raffarin à Matignon).

Une fois créée - le 1er janvier 2006 -, la Banque postale se rue sur tous les métiers : crédit immobilier, crédit à la consommation, assurance voiture et habitation (depuis décembre 2009), complémentaire santé l’an prochain.

Crédit resserré. En se banalisant, va-t-elle perdre son âme ? La Poste s’en défend. Chez elle, le crédit conso, selon sa pub, «c’est pour les moments importants, pas pour les envies du moment». Il «s’accorde ou se refuse». La Banque postale aurait même tellement resserré le crédit qu’elle peinerait à atteindre ses objectifs.

Etablissement des pauvres, la Banque postale n’oublie pas les riches. Après Cachemire, (accessible à partir de 24 000 euros), la Poste a lancé Toscane, (mise de départ 200 000 euros) en septembre, un produit spécial ISF, et labellisé «optimisation fiscale». Elle compte 800 000 clients patrimoniaux. Son image est au top, celle d’«une banque aux services accessibles» et d’«une marque qui appartient au patrimoine collectif», loin devant les autres, selon une étude récente d’Euro RSCG.

 

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lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012309830-le-champion-du-participatif

 Le Crédit coopératif, champion du participatif

A défaut de faire sauter la banque, les citoyens peuvent opter pour les établissements qui jouent la solidarité. En France, le Crédit coopératif est en tête de liste. «Une autre manière d’être banquier, c’est de faire naître de nouvelles façons d’entreprendre, utiles à ceux qui veulent faire changer le monde, explique Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif. La banque ne doit pas être une fin en soi, mais un service.»

Son fonctionnement coopératif et son mode de gouvernance en sont les fondements. Sa gamme de produits l’illustration. Le Crédit coopératif a, le premier, inventé une carte bancaire de partage. Traduction : à la souscription de la carte Agir de la banque, un client peut sélectionner une association, une ONG ou une fondation qui se voit alors attribuer 3 euros et reçoit 6 centimes à chaque utilisation de la carte. «Attention, ce n’est pas le client qui paie, mais la banque sur ses propres fonds, explique Jean-Louis Bancel. Ce système pousse des clients à s’interroger sur la destination de leurs dépôts. Ils peuvent, en partie, en choisir l’affectation. Nous sommes là au cœur de l’esprit participatif.» Sur les 323 000 clients que comptait la banque en 2009, plus de 10% ont choisi cette carte.

Même principe pour l’épargne : les particuliers ou les associations qui ouvrent un Livret A au Crédit coopératif ont la possibilité de reverser une partie des intérêts à l’association de leurs choix. Et ça marche. Non seulement le nombre des clients augmente d’une année sur l’autre, mais le mouvement s’accélère au fur et à mesure que croît la défiance vis-à-vis des pratiques des banques classiques.

Microfinance. En 2009, l’encours des crédits s’élevait à plus de 8 milliards d’euros. Et 70% des crédits accordés le sont à une clientèle constituée d’associations culturelles, d’enseignement, de santé, mais aussi de collectivités territoriales, de syndicats, de mutualités et d’offices chargés d’habitat social. Ses ressources ? Essentiellement les dépôts de sa clientèle.

Bien sûr, la banque n’est pas étrangère au reste de la finance. Chaque jour, elle prête ou emprunte à d’autres banques, pour assurer sa «liquidité». Mais ici, pas question de superbonus et encore moins de paradis fiscaux. Pour sa politique de crédit, l’établissement, créé en 1893 par des associations ouvrières, prend en compte des critères extrafinanciers. Ainsi, il réduit les taux d’intérêt pour les financements d’habitats écologiques. Et n’hésite pas à jouer le banquier du monde de la microfinance.

Lehman Brothers. En Europe, ces banques d’un autre genre pèsent près de 7% du produit net bancaire (PNB) avec près de 528 000 clients. Et sur la trentaine de pays concernés, la première marche du podium va au Crédit coopératif. Ce dernier aurait-il inventé la banque où finance et morale font bon ménage ? «Nous restons modestes, tempère son président. Mais nous montrons qu’on peut mettre en œuvre des solutions alternatives.» Pourtant, même là, le risque zéro n’existe pas. Par souci de transparence, le Crédit coopératif ne cache pas ses pertes : 20 millions sur des obligations Lehman Brothers ; 30 millions sur la dette islandaise…

Mais la gouvernance en est sortie inchangée : la majorité des 30 000 sociétaires (et non pas actionnaires) de l’établissement ont reconduit les dirigeants. Les mécontents ont cédé leurs parts. A 15,50 euros la part, prix auquel ils l’avaient achetée. Car ici, pas de profit sur le capital. Esprit coopératif oblige.

23/12/2010

Vos découverts rapportent deux milliards d'euros aux banques par an

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012309710-vos-decouverts-rapportent-deux-milliards-d-euros-aux-banques-par-an

Vos découverts rapportent deux milliards d'euros aux banques par an

Sous la pression du gouvernement et des consommateurs, le secteur devrait trouver d'autres solutions pour réduire ces frais. 

23/12/2010 à 10h58           

L’ensemble des frais liés aux découverts assure aux banques plusieurs milliards d’euros de revenus par an, une ressource précieuse qui devrait pourtant se réduire sous la pression des consommateurs et du gouvernement, poussant le secteur à trouver des solutions de substitution.

Le Canard enchaîné estimait mercredi à deux milliards d’euros annuels les revenus liés au découvert, en l’absence de chiffre officiel.

Le montant avancé comprenait les agios liés aux découverts autorisés, mais aussi les commissions dites d’intervention, qui sont prélevées à chaque fois qu’un client dépasse le montant autorisé ou se met à découvert sans y avoir été autorisé préalablement.

Le taux d’intérêt va d’environ 11% à 15% selon les réseaux pour le découvert autorisé, mais oscille plutôt entre 15% et 19% pour les dépassements non autorisés.
La commission d’intervention, qui s’ajoute aux agios payés sur le découvert, coûte entre 5 et 10 euros.

Taux illégal de découvert non autorisé

«Pour un paiement représentatif, toutes les banques pratiquent donc un taux usuraire (supérieur au plafond fixé par la loi, ndlr), et donc illégal, de découvert non autorisé», avait fait valoir l’association UFC-Que Choisir dans une étude publiée en juin.

En additionnant tous les frais liés au découvert, selon Eric Delannoy, vice-président du cabinet de conseil Weave, l’ensemble pèse entre 8% et 14% des revenus des établissements français sur l’activité banque de détail.

Sur la base du chiffre d’affaires des neuf principaux réseaux, les comptes dans le rouge auraient rapporté aux banques environ six milliards d’euros en 2009. «On ne va pas vous dire que ce n’est pas une source de PNB» (produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires), reconnaît un banquier, sous couvert d’anonymat.

Bien qu’en nette diminution depuis la crise financière, les taux pratiqués restent élevés. Et aucune des banques interrogées par l’AFP n’explique comment ils sont fixés. «Les banques tarifient tout ce qu’elles font, à des niveaux qu’elles sont incapables de justifier», regrette Reine-Claude Mader, présidente de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).

Baisse des frais et des commissions

Pour Eric Delannoy, la loi sur le crédit à la consommation, initiée par la ministre de l’Economie Christine Lagarde devrait faire fondre ces revenus en modifiant la fixation du taux d’usure, le taux maximum applicable aux crédits. A compter de mai 2011, ce taux ne sera plus déterminé selon la nature du crédit mais selon son montant, ce qui doit contribuer à le faire baisser. Conséquence directe, «les banques anticipent une baisse des revenus liés au découvert comprise entre 30% et 50%», estime Eric Delannoy.

Par ailleurs, dans la foulée d’un rapport commandé par Bercy et publié en juillet, les banques se sont engagées à diviser par deux leurs commissions d’intervention pour les clients les plus fragiles. Le nombre de commissions sera aussi plafonné par jour ou par mois «pour éviter des effets cumulatifs excessifs», selon la Fédération bancaire française (FBF). Face à la perspective d’une contraction de leurs revenus traditionnels, «les banques cherchent à réinventer leur relation avec les clients» et à trouver d’autres sources de chiffre d’affaires, relève Eric Delannoy.

Outre la baisse des frais et commissions, les associations, ainsi que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) qui réunit toutes les parties, militent aussi pour une transparence accrue. «Les gens ne savent pas réellement ce qu’ils payent», affirme Mme Mader, qui réclame la suppression du terme «commission d’intervention», que «les clients ne comprennent pas».

(Source AFP)

30/11/2010

Les banques inquiètes de l'annonce d'une action visant à retirer son argent

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Vous n'avez pas besoin de retirer tout votre argent. 1/10 (ou moins) de ce que vous avez en liquide suffira. Mais il faut que ce soit en liquide.

SANS RETIRER VOTRE ARGENT DE LA BANQUE, VOUS POUVEZ TRÈS FACILEMENT METTRE LE SYSTÈME NÉOLIBÉRAL ACTUEL EN DIFFICULTÉ.

Comment ?

Simplement en revenant à ce qui se faisait autrefois : payer tout en liquide, en monnaie sonnante et trébuchante.

Car si vous retirez de votre banque tous les mois en liquide ce dont vous avez besoin pour vos dépenses courantes, tous l'argent que vous aurez chez vous ne pourra pas être utilisé par la banque pour spéculer.

Sachez que pour la banque, le coefficient multiplicateur est de 50 actuellement : si vous retirez 1000€ en liquide, la banque a 50 000€ de moins pour spéculer (voir la note La monnaie, qu'est-ce ? (3) sur le bloglibredemonquartier)

Vous pensez que votre banque ne spécule pas ?

Lisez donc les articles suivants :

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lu sur :
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Les banques inquiètes de l'annonce d'une action visant à retirer son argent

(24/11/2010)

Les banques belges sont inquiètes après l'appel lancé par la réalisatrice belge Géraldine Feuillien, 41 ans, invitant les personnes à retirer tout leur argent des banques le 7 décembre. "Cet appel peut de nouveau poser des problèmes aux banques", affirme mercredi dans Het Nieuwsblad et De Standaard la fédération du secteur financier, Febelfin. En France, l'ancienne star du football Eric Cantona a appelé chacun à vider son compte bancaire.

La Bruxelloise Géraldine Feuillien a repris l'idée d'Eric Cantona pour "piller" les banques. Avec quelques amis, elle a développé le site www.bankrun2010.com. Elle veut réunir autant de personnes que possible afin qu'elles aillent retirer tout l'argent de leur banque le 7 décembre. Géraldine Feuillien pense que près de 15.000 personnes vont participer à cette action en Belgique et en France.
Les banques en Belgique sont totalement opposées à cette initiative.

"Cette action peut déstabiliser notre système financier qui est fragile", a réagi Michel Vermaerke, administrateur délégué de Febelfin, la fédération du secteur financier. "Certaines institutions bancaires en Belgique ont dû être sauvées par le gouvernement en raison des conséquences de la crise du crédit. Un tel sauvetage ne doit pas être réitéré car il est très coûteux", a insisté Michel Vermaerke qui espère que les auteurs de cette initiative ne vont pas passer à l'action.

© La Dernière Heure 2010

06/10/2010

Kerviel : communiqué d'ATTAC France

KERVIEL : LE BOUC ÉMISSAIRE

Jérôme Kerviel a été condamné à 3 ans fermes et 5 milliards d’euros d’indemnités ; la Société Générale, non seulement lavée de toute faute, mais présentée en victime. Le scandale est énorme. Jamais aucune multinationale, aucun PDG, aussi criminels soient-ils, n’ont été condamnés aussi lourdement que le lampiste Kerviel.

Catastrophe de Bhopal (20 000 morts) : 400 millions de dollars d’indemnités à la charge d’Union Carbide. Marée noire de l’Erika : Total a payé 92 millions d’euros d’indemnités. Catastrophe d’AZF Toulouse (31 morts) : 2 milliards d’indemnités, sans même une condamnation. Seul le fonds d’indemnisation des travailleurs forcés du nazisme a atteint les 5 milliards d’euros, dont la moitié seulement à la charge des groupes industriels et bancaires allemands.

Plus récemment, les banques internationales ont provoqué une crise financière qui a coûté des milliers de milliards de dollars et d’euros aux contribuables (les plans de sauvetage) et aux populations (le coût de la récession), provoquant une flambée du chômage et de l’austérité en Europe et aux Etats-Unis. Banquiers, PDG de fonds spéculatifs, « régulateurs » comme MM. Greenspan, Trichet et autres : aucun des responsables de cette dernière catastrophe n’a été inquiété. Tous continuent à bénéficier de leurs bonus, stock-options, parachutes dorés, et – pour ceux qui ont cessé leur activités coupables – de leurs retraites-chapeaux. Pratiquement rien n’a été fait - malgré les fanfaronnades du G20 - pour empêcher que cela recommence.

La Société Générale ne pouvait pas ignorer les pratiques de ses traders, Kerviel compris. Elle est la banque française la plus engagée dans les activités spéculatives à hauts risques, elle exige des rendements hallucinants à ses opérateurs : l’affaire Kerviel n’a pas éclaté par hasard à la Société Générale. Profitant des très faibles taux d’intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne, la banque a réalisé 2,2 milliards d’euros de profits au seul premier semestre 2010. Notamment en achetant des obligations émises par les États grec, portugais et espagnol, qui doivent payer des taux d’intérêt exorbitants du fait de la spéculation. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

Quelle que soit la responsabilité de Jérôme Kerviel, celle de son employeur et du système financier en général est infiniment plus lourde. Ce jugement illustre jusqu’à la caricature la complaisance des institutions – tribunaux, gouvernements et Parlements – vis-à-vis des dérives désastreuses de la finance. Attac va redoubler d’efforts pour mobiliser les citoyens contre cette impunité scandaleuse. La finance doit être mise au service de la société : il faut socialiser le système bancaire et construire les alternatives aux banques prédatrices.

Attac France
Paris, le 6 octobre 2010

http://www.france.attac.org/spip.php?article11718

09/11/2008

Aux Etats-Unis, la colère enfle contre les banquiers "égoïstes" et "cupides"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/05/aux-etats-unis-la-colere-enfle-contre-les-banquiers-egoistes-et-cupides_1115168_1101386.html

Aux Etats-Unis, la colère enfle contre les banquiers "égoïstes" et "cupides"
LE MONDE | 05.11.08 | 13h41 • Mis à jour le 05.11.08 | 13h41

Wall Street n'a plus la cote. Sur YouTube, le "rap des banquiers cupides" (greedy bankers rap) fait un tabac et sur CNN. com, le journaliste Anderson Cooper a dressé la liste des " 10 most wanted", les dix responsables de la crise financière les plus recherchés.
Le Wall Street Journal a publié, le 3 novembre, un article scandalisé expliquant que les 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) d'aides fédérales du plan Paulson allaient aider les banques à distribuer 40 milliards de dollars d'arriérés de salaire, de bonus et primes de retraite aux grands patrons de la finance au titre de l'exercice 2007. Après avoir reçu 10 milliards d'aide fédérale, Goldman Sachs va ainsi redistribuer 11,8 milliards à ses dirigeants.
L'idée que les responsables du désastre financier continuent de s'enrichir alors que chômage et récession menacent, alimente la colère populaire qui trouve un fort écho dans le contexte électoral américain. "La concentration des patrimoines est devenue aux Etats-Unis un sujet brûlant", explique Camille Landais, chercheur à Berkeley. "La promesse de M. Obama d'augmenter les prélèvements sur les plus hauts revenus pour financer les aides aux bas revenus est au coeur de la présidentielle", ajoute-t-il. Même le républicain John McCain a répété à longueur d'interviews que "la cupidité de certains à Wall Street méritait d'être punie".
Deux images de milliardaires s'affrontent aujourd'hui aux Etats-Unis. La "mauvaise" est celle de la finance égoïste et cupide de Wall Street. La "bonne" est symbolisée par Warren Buffett, le "sage" d'Omaha (Nebraska), dont la fortune colossale, supérieure à 60 milliards de dollars, a été construite sur la durée, à coups d'investissements judicieux dans des entreprises purement américaines (Coca-Cola, ConocoPhilips, Johnson & Johnson...). Celui-ci, qui expliquait, le 16 octobre, au New York Times qu'il recherchait aujourd'hui les pépites sous cotées de Wall Street, incarne la vitalité du capitalisme traditionnel.
La récession accroît le clivage entre les deux types de fortune. Les financiers jouissent toujours de leurs stock-options, tandis que les fortunes industrielles se réduisent. Aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde. Lakshmi Mittal, quatrième fortune mondiale au classement Forbes 2007 - il contrôle 43,04 % du groupe sidérurgique Mittal - a vu la valeur de son groupe divisée par deux. Selon Bloomberg, les 25 premiers milliardaires russes ont vu leur fortune se réduire de 62 % entre le 19 mai et le 6 octobre. En Chine, les milliardaires ont perdu 57 % de leur fortune, selon Forbes, en raison de la dépression des cours, de la dévalorisation de l'immobilier et de la chute des monnaies. En Europe, le plus riche des chefs de gouvernement, l'Italien Silvio Berlusconi (9,4 milliards d'euros au classement Forbes 2008) a vu quant à lui sa fortune se dévaluer de 38 % cette année.

VERS UN RÉAJUSTEMENT FISCAL

Idem en France. Les traditionnelles grandes fortunes étalonnées par Challenges - Bernard Arnault, PDG de LVMH et deuxième fortune de France (18,3 milliards d'euros), la famille Bettencourt (30 % du capital de l'Oréal), François Pinault (40 % de Pinault Printemps Redoute, 10 milliards d'euros environ) ont vu la valeur de leur patrimoine s'éroder de 20 % à 30 % en cette fin d'année 2008.
Les milliardaires pourraient payer deux fois : après avoir acquitté leur dîme au krach, ils courent un sérieux risque de prélèvement fiscal. Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, rappelle qu'après la crise de 1929, "en réaction contre les élites qui s'étaient enrichies en conduisant le pays à la crise, le taux de l'impôt fédéral sur le revenu applicable aux revenus les plus élevés était passé de 25 % à 63 % en 1932, avant d'atteindre 79 % en 1936". Cette hausse des impôts initiée aux Etats-Unis avait ensuite gagné l'Europe. Aux Etats Unis, pendant un "demi-siècle, le taux supérieur de l'impôt sur le revenu n'est jamais descendu en dessous de 70 %", explique M. Piketty.
Un retour de balancier fiscal aux Etats-Unis provoquerait une demande identique au sein de l'opinion publique européenne.
Le retour de l'impôt sur les hauts revenus consacrerait le retour de l'Etat dans l'arène économique.

Yves Mamou
Article paru dans l'édition du 06.11.08

17:52 Publié dans Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance