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07/09/2013

Notre-Dame-des-Landes ( suite ) : comment les médias en parlent

lu sur :

http://www.liberation.fr/medias/2013/09/06/la-societe-des-redacteurs-du-monde-regrette-les-propos-d-herve-kempf_929876

La Société des rédacteurs du «Monde» regrette les propos d'Hervé Kempf

Libération - 
6 septembre 2013 à 12:37

Dans une interview à «Libération», l'ancien journaliste du «Monde» accuse la direction du quotidien du soir de l'avoir empêché de couvrir le conflit à Notre-Dame-des-Landes.

Par AFP

La Société des rédacteurs du Monde a dit «regretter» vendredi des critiques de son ex-journaliste spécialiste de l’environnement Hervé Kempf, qui a quitté le journal, affirmant avoir été écarté de la couverture du dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

«Le conseil de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) regrette certains des propos tenus par Hervé Kempf, notre ex-confrère journaliste, spécialiste de l’environnement, dans un entretien publié dans Libération, le 6 septembre», a indiqué la SRM dans un communiqué.

A LIRE : Hervé Kempf: «L’écologie remet en cause le système»

Dans cet entretien, Hervé Kempf affirme notamment qu’on l’a«empêché de suivre Notre-Dame-des-Landes». Il met nommément en cause Didier Pourquery, alors directeur adjoint de la rédaction, et Alain Frachon, alors directeur par intérim du journal, et estime aussi que les actionnaires majoritaires du Monde, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, «par des moyens surtout indirects, c’est-à-dire en nommant une hiérarchie compatible avec leurs idées, influent sur l’orientation du média qu’ils possèdent».

«Le conseil de la SRM réfute ces propos d’Hervé Kempf, qui portent atteinte à la crédibilité de notre journal. Le conseil de la SRM rappelle qu’au Monde les journalistes travaillent librement», a répondu la Société des rédacteurs.

«Le conseil apporte son soutien aux deux directeurs du Monde», a-t-elle ajouté, jugeant par ailleurs qu’il n’est «pas correct» que Hervé Kempf, «un mois après avoir touché ses indemnités de départ, jette l’opprobre sur la collectivité où il a travaillé pendant quinze ans». Hervé Kempf, qui suivait pour Le Monde les questions d’environnement depuis 1998, a annoncé lundi quitter le journal, affirmant avoir été écarté de la couverture du dossier de Notre-Dame-des-Landes, une version démentie par la direction du quotidien.

10/12/2011

Regardez-vous TF1 ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/bidonnage-securitaire-a-tf1-09-12-2011-1405785_52.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20111210

Bidonnage sécuritaire à TF1

"Le Petit Journal" de Yann Barthès a débusqué dans un reportage de TF1 une fâcheuse supercherie. TF1 "regrette" ce bidonnage.

Les équipes du Petit Journal de Yann Barthès ont détecté ce que les responsables de TF1 n'ont pas vu. Dans l'émission Appels d'urgence, présentée par Carole Rousseau, d'étranges images américaines sont venues "gonfler" un sujet français sur la délinquance. Le thème de l'émission avait de quoi faire frissonner cette France qui a peur, chère à Roger Gicquel : "Vols, agressions : brigade d'élite contre les jeunes". Le reportage, ainsi que le montre Le Petit Journal, était censé suivre le quotidien des policiers du SIT (Service d'investigation transversal), mais, pour rendre l'affaire plus "sexy", deux séquences y ont été glissées : dans l'une, il s'agit de l'agression d'un sans-abri commise à Washington en 2005 et dans l'autre on y voit une personne se faire agresser dans un ascenseur, à Brooklyn, en 2008.

Contactée par Le Point.fr, TF1, qui présente ses excuses aux téléspectateurs, affirme être tombée des nues en découvrant le sujet de Yann Barthès. "C'est regrettable, déplore la direction de la communication de l'information. Nous avons demandé des explications à la société de production qui nous a vendu ce sujet. C'est bien entendu inacceptable et, si nous avions pu déceler l'origine de ses images avant diffusion, nous aurions évidemment précisé leur origine."

TF1 rejette la faute sur le producteur

L'affaire devient cocasse, car la société de production en question, TV Presse, est une filiale de Fremantle, un groupe de production cousin de... M6 ! Les deux sociétés ont la même maison mère. Or, parmi les responsables de TV presse, on retrouve Jacques Aragones, bien connu des dirigeants de TF1. Cet ancien directeur des magazines d'enquête de TF1 a oeuvré de longues années pour Le Droit de savoir avec Charles Villeneuve. On tourne en rond ! Joint au téléphone, TV Presse baisse le rideau de fer, mais précise que le sujet litigieux a été "coproduit" par TF1. Comprendre par là qu'il n'a pas seulement été acheté par la chaîne...

Ce dérapage est un classique du genre. Le dernier bidonnage attribué à TF1 remonte au 23 juin dernier : à l'époque, dans le journal de 13 heures, un reportage sur le contrat de responsabilité parentale mettait en scène un faux témoin, en l'occurrence l'attachée de presse d'un député ! Une intervenante facilement identifiable compte tenu de ses fonctions. Le sujet avait, là aussi, été acheté à une société extérieure. TF1 avait écopé d'une mise en demeure pour un manquement à son exigence d'honnêteté dans le traitement de l'information. Ce qui signifie que le CSA, cette fois, devrait, en principe, monter en gamme dans son échelle de sanctions. L'instance de régulation a été alertée dès le lendemain. Le dossier "Appels d'urgence" est à l'étude dans le groupe de travail "déontologie".

Le CSA dispose de plusieurs types de sanctions : l'amende assortie éventuellement d'une suspension de programme, la réduction de la durée de l'autorisation d'émettre dans la limite d'une année jusqu'à l'arme fatale - assez théorique - du retrait de l'autorisation d'émettre. 

17/12/2010

Londres : le Frontline Club au secours de Julian Assange

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4bb9714c-095c-11e0-9fde-91ffa1ed09fd|0

Le Frontline Club au secours de Julian Assange

Le directeur exécutif du mythique club de presse basé à Londres, Vaughan Smith, a offert aux juges de fournir une résidence au fondateur de WikiLeaks. L’Australien bénéficie d’une liberté sous caution et logera dans un manoir au nord de Londres en attendant la décision de justice sur son éventuelle extradition vers la Suède

C’était (presque) un secret de Polichinelle: où pouvait se cacher ces dernières semaines le cofondateur de WikiLeaks, Julian Assange, alors qu’il était en contact soutenu avec l’avocat londonien du New York Times, et alors que le chef de bureau londonien du quotidien américain, John F. Burns, ancien correspondant de guerre du Times en Irak, affirmait avoir rencontré Assange à la mi-octobre dans «le district de Paddington»? En quel endroit de Londres – et du quartier de Paddington en particulier – Julian Assange avait-il été aperçu, et où pourrait-il même trouver une chambre?

Au Frontline Club, bien sûr, sur Norfolk Place, à un jet de pierre de la station de métro Paddington: la Mecque des reporters de guerre, où ceux-ci peuvent se réunir en leur bar, se restaurer, organiser la projection de documentaires explosifs… et même louer une chambre s’ils ne sont que de passage entre deux conflits!

En juillet dernier, brandissant The Guardian qui en faisait déjà sa une, c’est dans l’auditorium select de ce club que Julian Assange avait osé tenir sa conférence de presse lançant les premières fuites afghanes. Quelques semaines plus tard, le magazine Frontline édité par ce même club publiait un long entretien exclusif avec Julian Assange («La guerre secrète»), portant cette fois sur les fuites irakiennes.

Mardi, ce club de presse unique au monde posait un pas supplémentaire lorsque son fondateur et directeur exécutif – l’ex-reporter de guerre Vaughan Smith – franchissait l’enceinte du Tribunal de Westminster et offrait aux juges de fournir une résidence officielle à Julian Assange si ce dernier était libéré sous caution: «Je peux confirmer que M. Assange a passé l’essentiel de ces derniers mois à travailler au départ de nos installations du Frontline Club, écrira-t-il plus tard sur son site. [Mardi] je lui ai offert une adresse pour sa libération sous caution.»

Pour ceux qui, malgré le soutien constant de l’Associated Press et du New York Times, ne souhaitaient voir en Julian Assange qu’un «pirate», le revers est rude: en recevant la caution du Frontline Club, c’est la presse internationale de qualité qui adoube l’Australien.

L’idée de Frontline remonte à la révolution roumaine de décembre 1989: quatre reporters de télévision unissent leurs forces pour créer Frontline Television News, une petite équipe particulièrement audacieuse qui couvrira les guerres des Balkans, d’Afghanistan, d’Irak, de Tchétchénie et autres, mais y laissera la moitié de ses effectifs.

L’un des deux survivants, Vaughan­ Smith, ancien soldat d’élite de la garde des grenadiers reconverti au journalisme, jette l’éponge en 2003. Il a lui-même été blessé par balles à deux reprises dans les Balkans, et décide d’ouvrir à Londres un club de la presse consacré à la liberté et à l’excellence en journalisme. Pas un mausolée à la mémoire des amis disparus, non, même si plusieurs salles exposent des reliques professionnelles. Mais un lieu d’émulation et de soutien.

2003 est l’année où le Wig & Pen Club ferme ses portes: le mythe de Fleet Street est bien mort, mais le Frontline Club devient, lui, une success story, avec plus de 200 événements par an: projections en (avant-)avant-première, débats exclusifs (WikiLeaks est au menu le 11 janvier prochain), une librairie en ligne consacrée au journalisme de conflit, et des ateliers réguliers pour initier les professionnels aux techniques d’enquête et de production les plus avancées. Depuis 2006, le Club est même inscrit auprès de la Charity Commission – l’organe de contrôle des associations à but non commercial.

Si le journalisme – et singulièrement le journalisme TV en zone de guerre – est le cheval de bataille du Frontline Club, pourquoi a-t-il décidé de soutenir Julian Assange? «Pour un point de principe, explique ainsi Vaughan Smith: face aux tentatives concertées de le faire taire, et après une décennie qui, depuis le 11 septembre 2001, a été caractérisée par la manipulation des médias par les autorités, les informations livrées par WikiLeaks donnent une ouverture rafraîchissante dans un monde sans cesse plus opaque.»