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16/01/2015

Alerte : la Vie sur Terre est menacée par la pollution

à lire sur The Guardian : (info@mail.theguardian.com)

lien :

 Rate of environmental degradation puts life on Earth at risksay ...

www.theguardian.com/environment/.../rate-of-environmental-degradation-puts-life-on-earth-at-risk-say-scientists
 

( cette alerte est valable pour toute forme de vie, pas seulement pour l'espèce humaine )

13/01/2014

États-Unis : le Droit du plus Fort ! (la morale la plus faible) - rappel

 lu sur :  

 

www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/16/monsanto-un...

 

Le Monde.fr | 16.02.2012 à 10h29 • Mis à jour le 06.04.2013 à 21h02 |Par Soren Seelow

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

  • Un géant de la chimie… explosif

 

 

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industriechimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, departir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avantson interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

  • PCB : le procès de la honte

L'usine de Monsanto à Anniston (Alabama).

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à"n'apparaît pas cancérigène""Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

  • Agent orange : condamné pour "empoisonnement"

Un Vietnamien de 14 ans, victime supposée de l'agent orange.

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance auVietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenirl'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

 

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à… 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales. L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide.

Reportage : En Argentine, les habitants exposés à l'herbicide se plaignent de multiples affections

Paul François, céréalier charentais victime des pesticides, a fait condamner Monsanto en première instance au TGI de Lyon, lundi 13 février.

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

  • Hormones de croissance : scandale chez Fox News

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

 

 

  • OGM : des procès en pagaille

Un champ de colza génétiquement modifié.

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé"frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoirreplantées.

Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

  • Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?

L'aspartame est présent dans de nombreux aliments et médicaments.

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie".

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiperla réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommeren déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité""Dialogue","Transparence""Partage""Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

 

 

17/10/2012

Chevron condamné pour pollution en Équateur

( 200 millions  c'est peu par rapport à 19 milliards, mais c'est mieux que rien ! )

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/17/l-equateur-gele-200-millions-de-dollars-d-actifs-de-chevron_1776579_3244.html

L'Equateur gèle 200 millions de dollars d'actifs de Chevron

Le Monde.fr |17.10.2012 à 12h10 • Mis à jour le17.10.2012 à 15h07

Par Grégoire Allix (avec AFP et Reuters)

Nouveau revers pour la compagnie pétrolière Chevron dans ses déboires judiciaires en Equateur. Un tribunal de ce petit pays d'Amérique du Sud a ordonné, mardi 16 octobre, le gel des actifs du géant pétrolier américain dans le pays, en raison de son refus de payer une amende de 19 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros) pour dégâts à l'environnement. La valeur des avoirs ainsi confisqués atteindrait 200 millions de dollars (152 millions d'euros).

La cour de la province amazonienne de Sucumbios a souligné, dans son jugement, que cette décision concernait l'ensemble des actifs de la compagnie dans le pays, y compris à travers ses filiales. "L'exécution de cette décision s'impose sur la totalité du patrimoine de Chevron jusqu'à l'accomplissement total de son obligation", a indiqué le juge Wilfrid Erazo, en référence à l'amende que la société refuse de payer.

"MINIMUM D'ACTIFS"

Chevron a aussitôt rejeté le gel de ses avoirs, précisant qu'elle ne détenait dans le pays qu'un "minimum d'actifs via ses filiales". Parmi les actifs ainsi immobilisés figurent une dette due par le gouvernement équatorien au pétrolier, pour un montant de 96 millions de dollars, les sommes détenues par la société sur un compte banquaire du pays et des revenus générés par l'exploitation de licences commerciales de Chevron.

Cette décision intervient une semaine après que la Cour suprême des Etats-Unis, saisie par Chevron, a refusé de bloquer l'amende infligée par la justice équatorienne en 2011. "Pour les villageois de l'Amazonie, c'est un premier pas énorme vers le paiement de la totalité des 19 milliards de dollars", s'est réjoui Pablo Fajardo, principal avocat des commautés villageoises qui poursuivent la compagnie. 

Quelque 30 000 indigènes et petits agriculteurs accusent Texaco, acquise en 2001 par Chevron, d'avoir pollué de vastes zones de la forêt amazonienne alors qu'elle y exploitait du pétrole, de 1964 à 1990. Selon les plaignants, des dégâts environnementaux très graves ont été causés par le déversement dans des fosses à ciel ouvert de déchets pétroliers qui ont ensuite contaminé sols et rivières, et empoisonné la population.

L'amende décidée par le tribunal de Lago Agrio est la plus forte dans toute l'histoire du droit de l'environnement, dépassant celle initialement infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l'Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars.

Chevron estime pour sa part que les preuves présentées par les plaignants sont "sans fondement scientifique", que Texaco a nettoyé toutes les fosses et que le jugement est fondé sur une "application rétroactive et illégale de la législation".

ARBITRAGE INTERNATIONAL

Chevron peut toujours espérer échapper à son amende record. La Cour suprême de l'Equateur doit encore se prononcer sur la condamnation. Et la compagnie a demandé l'arbitrage d'un comité international, en vertu d'un accord commercial entre l'Equateur et les Etats-Unis. Ce comité doit commencer à examiner le contentieux au mois de novembre.

L'ensemble du secteur pétrolier guette attentivement l'issue de cette bataille judiciaire, qui pourrait influencer l'évolution d'autres affaires de pollutions liées à leurs activités. Poursuivie par une association du Nigéria, la compagnie Shell est ainsi jugée depuis le jeudi 11 octobre à La Haye, aux Pays-Bas, pour des fuites de pétrole dans le delta du Niger.

Grégoire Allix (avec AFP et Reuters)

22/04/2010

Report de la taxe kilométrique poids lourds

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4192

.

Report de la taxe kilométrique poids lourds

21-04-2010

Destinés pour l’essentiel à alimenter l’Agence de financement des infrastructures de transports de France en vue de nouveaux projets d’infrastructures, les bénéfices générés par cette taxation devraient s’élever à 1,2 milliard d’euros. Autrefois alimentée par les péages routiers, l’agence affiche une carence en financements et aurait bien besoin de ce budget. Aussi, pour France Nature Environnement et la CFDT , le report de la taxe kilométrique poids lourds implique dans l’immédiat que les contribuables continuent à assumer les dégâts provoqués par l’excès du transport routier, dont la dégradation des routes notamment.Comme le dénoncent de nombreuses associations de protection environnementale, le fléchissement du gouvernement français à donner corps à l’emblématique Grenelle de l’Environnement ne cesse de se vérifier. Après l’abandon de la taxe carbone, c’est désormais la taxe kilométrique poids lourd qui prend du plomb dans l’aile. Initialement prévue pour 2010, puis pour 2011, elle est finalement reportée à la fin 2012. En théorie, cette taxe doit concerner les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur près de 10 000 km de routes.

Cécile Cassier

18/11/2008

Un maïs OGM, autorisé à l’alimentation, serait néfaste pour la fécondité (suite)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/18/les-souris-nourries-au-mais-mon-810-nk-603-se-reproduisent-moins-bien-que-les-autres_1119984_3244.html

Compte rendu
Les souris nourries au maïs MON 810-NK 603 se reproduisent moins bien que les autres
LE MONDE | 18.11.08 | 15h24 • Mis à jour le 18.11.08 | 15h24

Une étude toxicologique, rendue publique mercredi 12 novembre, pose de nouvelles questions sur les effets biologiques de certains organismes génétiquement modifiés (OGM). Menés par des chercheurs du département de médecine vétérinaire de l'université de Vienne (Autriche), ces travaux suggèrent que des souris nourries avec un maïs de deuxième génération - pourvu de deux constructions génétiques distinctes (MON 810-NK 603) - ont un succès reproductif inférieur à celles nourries avec la même variété de maïs non génétiquement modifiée. L'étude compte au nombre des très rares travaux toxicologiques sur les OGM financés par les deniers publics et non commandités par l'industrie.
Deux protocoles expérimentaux ont été utilisés. Le premier a consisté à suivre, sur quatre générations, des groupes d'animaux exposés aux maïs conventionnels et génétiquement modifiés. "Du point de vue des capacités reproductives, ce protocole n'a pas révélé de différences statistiquement significatives entre les groupes", explique Jürgen Zentek, principal auteur de ces travaux. Les rongeurs exposés à l'OGM et leurs descendants sur quatre générations (eux-mêmes à leur tour exposés à l'OGM) ont donc eu, grosso modo, la même capacité à se reproduire que les autres animaux.

Fin de l'histoire ? Non : dans une deuxième expérience, une même génération d'animaux a donné naissance à quatre portées consécutives. "De manière inattendue", selon M. Zentek, ce protocole a montré que les troisième et quatrième portées issues des rongeurs nourris au maïs modifié étaient significativement plus petites que celles issues des bêtes nourries au maïs conventionnel. Ce groupe de 24 paires d'individus a en effet généré 1 035 naissances, tandis que le groupe nourri à l'OGM (de même taille) n'en a généré que 844.

MONSANTO SE REBIFFE

Pourquoi les deux protocoles donnent-ils des résultats si différents ? "Dans le second, l'organisme des femelles a été très sollicité et soumis à un stress plus grand puisqu'elles ont dû mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives", explique M. Zentek. L'exposition au maïs transgénique en question pourrait donc n'avoir un effet sur la reproduction qu'en situation de stress.
D'autres investigations approfondies ont été réalisées sur l'analyse de sang, la mesure du poids des organes, etc. Les cellules intestinales des animaux nourris ou non à l'OGM ont été observées par microscopie électronique. "Il en ressort des différences qu'il est difficile d'interpréter", commente Gérard Pascal, ancien directeur scientifique de la nutrition humaine et de la sécurité alimentaire à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais ces "différences" ne sont pas pathologiques.
Très prudents dans leurs conclusions, les auteurs appellent à une poursuite des travaux pour confirmer ces résultats inédits. D'autant que ceux-ci n'ont pas encore été dûment évalués.
A une réserve près (sur le choix de la variété du maïs témoin), Gérard Pascal, peu suspect d'activisme pro ou anti-OGM, salue un "beau travail" et dit "adhérer globalement aux conclusions des auteurs". Celles-ci sont rejetées en bloc par Monsanto. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient, quant à elle, de s'autosaisir pour évaluer l'étude.
"Des études commandées par Monsanto existent sur les événements MON 810 et NK 603, mais les résultats bruts de ces études sont maintenus confidentiels, dit pour sa part Gilles-Eric Séralini (université de Caen, Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique). Il est impératif de rendre publiques ces données qui existent déjà."
Greenpeace et Les Amis de la Terre demandent, de leur côté, le retrait immédiat des OGM en cause.

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 19.11.08

28/10/2008

Mondialisation de la pollution

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/25/l-air-de-l-himalaya-est-aussi-pollue-que-celui-des-villes-d-europe_1111025_3244.html

L'air de l'Himalaya est aussi pollué que celui des villes d'Europe
LE MONDE | 25.10.08 | 14h31 • Mis à jour le 25.10.08 | 14h47

Le Toit du monde n'est plus cet îlot de pureté que l'on imagine encore souvent. Pour la première fois, une équipe de chercheurs franco-italienne a pu réaliser dans l'Himalaya des mesures à plus de 5 000 m d'altitude et constater la présence de particules de suie à des niveaux de concentration surprenants dans un espace aussi vierge.
Les relevés ont été effectués au Népal à partir de la station de surveillance atmosphérique Nepal Climate Observatory, la plus haute du monde (5 079 m). "Nous ne nous attendions pas à ces résultats : ils témoignent de niveaux de pollution comparables à ceux de villes européennes", reconnaît Paulo Laj, du laboratoire de météorologie physique de l'université de Clermont-Ferrand, qui a participé à l'étude menée avec l'université de Bologne et publiée récemment dans les "Comptes rendus de l'Académie des sciences américaine" (PNAS).
Les données atmosphériques dans cette partie du monde sont très rares. Une autre équipe - finlandaise - travaille au Népal, mais elle est jusqu'à présent restée sous la zone des 2 000 m. L'énorme logistique nécessaire à l'installation des stations d'observation est évidemment un frein.
L'étude met en évidence deux phénomènes inquiétants. Portée par les vents, la pollution des grandes métropoles d'Asie du Sud-Ouest peut parcourir des milliers de kilomètres et remonter jusqu'aux sommets élevés de l'Himalaya. Dans la zone de contact entre l'air propre issu des très hautes altitudes et les masses polluées venues des vallées, les chercheurs ont, de plus, recensé la formation de nouvelles particules de dimensions nanométriques qui amplifient la pollution. C'est, là aussi, la première fois qu'un tel phénomène est observé à cette altitude.
"Le dioxyde de carbone est considéré comme l'ennemi numéro un dans la lutte contre le changement climatique, mais le système climatique est complexe et les études montrent de plus en plus que les particules atmosphériques sont aussi des acteurs importants du réchauffement", relèvent les chercheurs.
Le danger est évidemment que cette situation accélère la fonte des glaciers himalayens. Le recul important des fronts glaciers au cours des dernières décennies est d'ores et déjà considéré comme l'une des manifestations les plus inquiétantes du réchauffement global. Avec ses 33 000 km2 de surfaces gelées, l'Himalaya est souvent désigné par les climatologues comme le "troisième pôle" après l'Arctique et l'Antarctique, même s'il n'a jusqu'à présent pas fait l'objet de la même attention.
Le Groupe international d'experts sur le changement du climat (GIEC) estime que de nombreux glaciers himalayens pourraient avoir disparu d'ici à 2035, avec des conséquences considérables pour l'ensemble de l'Asie centrale, où vit 40 % de la population mondiale.
Cela pour plusieurs raisons. La liquéfaction des masses de glace crée, en aval, des lacs - près de 500 ont été dénombrés - potentiellement dangereux pour les populations vivant sur les premiers contreforts et dans les vallées. Des débordements brutaux se sont déjà produits. Mais surtout le régime hydrologique des plus grands fleuves comme l'Indus, le Gange, l'Amou-Daria ou le Yangzi dépend étroitement du fonctionnement de cette "calotte" himalayenne.
"Dans un premier temps, l'eau libérée viendra gonfler leur débit puis, dans un second temps, l'inverse se produira, l'eau viendra à manquer et l'apport vital des glaciers, surtout pendant la saison sèche, fera défaut", explique Christian Vincent, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (CNRS) de Grenoble.
Près de 1,3 milliard de personnes pourraient être confrontées à des risques accrus de pénurie d'eau, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
Si le Gange devenait saisonnier - ce que n'excluent pas les scientifiques -, plus de 400 millions de personnes vivant dans la plus grande zone d'agriculture irriguée de l'Inde seraient affectés. Et le PNUE ne comptabilise pas, ici, la population qui, au total, à l'échelle du pays, serait touchée par la baisse des rendements agricoles.
Quand cela se produira-t-il ? "Il est difficile de le dire. L'Himalaya est l'un des massifs montagneux les moins bien observés au monde", indique Christian Vincent. La plupart des informations disponibles sont fournies par des photos aériennes qui permettent seulement de mesurer le recul des fronts glaciers, un indicateur très insuffisant pour comprendre le fonctionnement de ces monstres froids. Le massif alpin, avec ses 2 500 km de glaciers, compte deux fois plus de postes d'observation que l'Himalaya tout entier.
Les bouleversements en cours sont lourds de menaces pour la stabilité de cette partie du monde. Les écologistes en sont convaincus. Wouter J. Veening, de l'Institut néerlandais pour la sécurité environnementale, juge urgent d'établir un réseau d'alerte.
"La vie de plus de 1 milliard de personnes est concernée ; nous devons identifier les zones les plus fragiles et évaluer les risques de conflits", affirme-t-il. Le degré de pollution découvert au sommet de l'Himalaya lui donne un argument supplémentaire.

Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du 26.10.08

17/10/2008

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés

à lire sur mediapart.fr :

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés
Par Jade Lindgaard

Vieille revendication des écologistes, les parlementaires ont adopté le principe d'une taxe sur les poids lourds. Pour, dans la foulée, organiser les compensations et les exceptions! Résultat: personne n'est content, ni les écologistes, ni les transporteurs... C'est une nouvelle illustration des contradictions du projet de loi Grenelle-1.

12/10/2008

À LIRE : mondialisation et économie

À lire sur univers-nature.com :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3398

08-10-2008

Les coulisses de l’assiette

Les articles les plus lus
Echo Nature
Le magazine d'information environnementale

A l’heure actuelle, on estime que le secteur de l’agroalimentaire est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Reflet de ce que contient notre assiette, celui-ci est intrinsèquement lié aux habitudes de consommation véhiculées par les pays industrialisés et fondées sur des modes de production intensifs hautement néfastes à l’environnement. Pour répondre à cette forte demande, les pays du Sud sont mis à contribution, contraints de céder une grande partie de leurs ressources. Aussi n’est-ce pas une surprise si, comme le rappelle Nicolas Hulot, sur les 923 millions de personnes souffrant de la faim, les trois quarts sont des paysans.
Photo ci-contre - D'origine brésilienne, 80% du jus d'orange arrive en Europe avec un bilan énergétique désastreux.
Contraire à l’éthique, cette production débridée est également lourde de conséquences pour l’environnement. Exemple frappant du monopole et de la pression exercés par les pays industrialisés, l’huile de palme est un ingrédient majeur, entrant la composition de près d’un produit alimentaire sur dix vendus en Europe (biscuits, chocolat, bonbon, crème glacée, sauce, margarine…). Or, si l’on croit la fondation Hulot, sa culture serait la cause de 90 % de la déforestation sévissant en Malaisie. Un chiffre pas si surprenant puisque 17 m2 de palmiers à huile sont nécessaires pour satisfaire les besoins annuels d’un seul Français. Une atteinte grave pour ces forêts tropicales naturelles, véritables réservoirs de la biodiversité.

La problématique de la surexploitation des ressources ne concerne pas que la terre ferme, bien au contraire. Les écosystèmes marins sont eux aussi gravement affectés avec 70 % des stocks de poissons menacés. A l’origine de cette raréfaction des richesses halieutiques, une augmentation de la consommation individuelle des pays riches due notamment à l’engouement pour de nouvelles pratiques culinaires (sushis…). Ce contexte déjà peu favorable est encore aggravé par la surpêche ainsi que les prises accidentelles et la dégradation des milieux marins perturbés par les changements climatiques (disparition des récifs coralliens…).

Les conséquences sur l’environnement de notre mode de consommation ne se limitent pas à la question de l’approvisionnement en matières premières. Une fois celles-ci prélevées, encore faut-il les transformer en un produit fini, lequel implique un emballage et un conditionnement spécifiques. La clientèle étant souvent très éloignée du lieu de production, de l’énergie supplémentaire sera nécessaire pour l’acheminer de son lieu de création à son point de vente et le conserver une fois arrivé à destination. Destination somme toute provisoire, le dit produit étant amené à être transporté à nouveau pour aboutir dans un réfrigérateur familial ou sur une plaque de cuisson… On l’aura compris, ce type de consommation, et le système productif qu’il implique, génère une dépense énergétique massive. Or, celle-ci pourrait être évitée si les produits consommés étaient cultivés localement. Ainsi, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement. Dès lors, un kilo de pommes provenant d’Afrique du Sud correspond à 5 litres de gasoil, soit 20 fois plus qu’un kilo de pommes cultivées localement. Autre exemple parlant, les 80 % du jus d’orange à base de concentré, bus en Europe, proviennent du Brésil. Si l’on tient compte des diverses opérations générées par leur transformation et leur transport, boire un verre de jus d’orange à base de concentré revient à avaler plus de pétrole que d’orange.

Si une alimentation locale est bénéfique à l’environnement, il faut de même savoir faire varier les plaisirs. Manger varié est certes bon pour la santé mais cela a aussi une incidence notable sur la nature. Pour répondre aux normes dictées par l’industrie agroalimentaire, des variétés de fruits et de légumes ont fait l’objet de standardisation. Outre une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques, cette production uniforme conduit à un appauvrissement de la biodiversité. De fait, bien que l’on recense quelque 6 000 races d’animaux d’élevage de bétail et de volailles, seules 3 races bovines assument à elles seules 98 % de la production mondiale bovine. On observe des phénomènes similaires du côté des cultures. Ainsi, alors qu’il existerait près de 7 000 variétés de tomates à travers le monde (1), nous n’en ingérons pas plus de 5 distinctes.

S’intégrant toujours dans cette politique du haut rendement, les techniques agricoles majoritairement employées étendent cet appauvrissement général à la qualité des sols. Premier consommateur européen et troisième à l’échelle mondiale, la France est particulièrement friande de produits phytosanitaires. Mais, outre qu’elles dérogent à leur fonction première en favorisant l’émergence d’insectes ravageurs libérés de leurs prédateurs, ces substances chimiques non biodégradables s’accumulent dans les milieux naturels et intoxiquent les espèces végétales et animales environnantes. La chaîne alimentaire étant ce qu’elle est, l’animal n’est pas le seul à pâtir du recours à ces composés chimiques. Selon l’INRA, en 2006 on estimait qu’un Français pouvait ingérer jusqu’à 1,5 kg de pesticides par an.

Constatant que notre mode de consommation actuel a eu pour effet d’éloigner le consommateur des techniques de production en veillant à lui offrir la plus large gamme de produits sur un plateau d’argent, la fondation Nicolas Hulot a décidé de s’investir dans une opération massive de sensibilisation et d’information sur l’impact environnemental de nos choix alimentaires. Intitulée « Des fraises au printemps », celle-ci repose principalement sur le prochain lancement à la mi-octobre d’un site Internet sur lequel seront référencés les réseaux de magasins et de marchés bio. En parallèle, d’autres outils informatifs seront mis à disposition des consommateurs à l’image d’un mini-guide « Repères pour faire ses courses » ou encore un éventail de fiches pratiques (quel poisson consommer…). L’objectif est de faire la lumière sur des réalités que l’on a plus ou moins caché au consommateur en l’entretenant dans le mythe du tout disponible, de tout temps et à toute saison.

Cécile Cassier

1- Univers-nature vous en propose un petit échantillon de leur diversité en photo (lien sur le site d'univers-nature)