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16/11/2016

Déchets plastiques dans l'océan : comment les éliminer ?

lu sur :

Dutch prototype clean-up boom brings Pacific plastics solution a step ...

https://www.theguardian.com › Environment › Plastics
22 juin 2016 - Dutch prototype clean-up boom brings Pacific plastics solution a step closer. If tests of the 100 metre-long barrier that collects rubbish on the ...

20/09/2016

Rassemblement à Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016

communiqué :

   
Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016 : « Que résonnent les chants de nos bâtons ! »
Qui ? Attac France
Quand ? Samedi 8 octobre de 10h00 à 18h00
Où ? Notre-Dame-des-Landes
Acculé par les mobilisations massives des 9 janvier et 27 février, le gouvernement a organisé en juin une consultation biaisée. Se croyant forts du résultat de cette mascarade, les pro-aéroport et le premier ministre ont confirmé leur intention de procéder cet automne à l’évacuation et à la destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, de ses cultures, de sa faune et de sa flore, de ses habitats et activités ainsi que des liens entre toutes celles et ceux qui se sont attaché.es à ce bocage. Ces déclarations font fi de la situation juridique du dossier puisqu’entre autres les autorisations de travaux ne sont toujours pas accordées.

lire en ligne

Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016 : « Que résonnent les ...

https://france.attac.org/.../notre-dame-des-landes-le-8-octobre-2016-que-resonnent-les...

11/05/2016

France : le Sénat et l'influence des lobbies

lu sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/10/les-senateurs-etrillent-la-loi-sur-la-biodiversite_4917028_3244.html#KogUzfBLZ4fETU1u.99


LE MONDE | 10.05.2016 à 21h08 | Par Martine Valo


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Jusqu’à présent, la future loi-cadre en faveur de la biodiversité, déposée par le gouvernement en mars 2014, avançait laborieusement mais plutôt favorablement. Son premier passage devant le Sénat, en janvier 2016, semblait même avoir bénéficié de l’effet COP21. Mais voilà que le projet de texte pour la « reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » se confronte à un rude retour à la réalité à l’occasion de sa deuxième lecture par la haute assemblée.

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable ne s’est pas livrée à un simple toilettage, mais à un sérieux lessivage avant l’examen du texte législatif en assemblée plénière programmée du 10 au 12 mai.

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Les associations de défense de l’environnement se réjouissent dans l’ensemble du maintien du chapitre sur le préjudice écologique, sur lequel les sénateurs ont eux-mêmes apporté leur expertise juridique. Mais pour le reste, c’est une longue liste de renoncements qui s’annonce.

Lire aussi :   La France tente de sauver une biodiversité en péril

La décision d’interdire les pesticides de la famille des néonicotinoïdes est abandonnée ; comme celle d’instituer une taxe sur l’huile de palme. Le droit d’entamer une procédure en justice dans le but de défendre la nature est limité à certains acteurs ; passe aussi à la trappe la volonté d’inscrire le principe de non-régression de l’environnement dans la loi ; idem pour la possibilité de classer certaines zones en « espaces de continuités écologiques » dans les plans d’urbanisme.

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Lire aussi :   Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs

« Droitisation en prévision de la primaire »

« Ils ont même supprimé l’interdiction des poteaux creux qui constituent des pièges mortels pour les chouettes, soupire le sénateur écologiste de Loire-Atlantique, Ronan Dantec. Il ne s’agit plus d’une loi de reconquête, mais de simples mesures d’accompagnement de la perte de la biodiversité que connaît le pays, en se contentant de limiter les dégâts. Les élus de droite se sont ressaisis », résume-t-il pour expliquer ces ambitions revues à la baisse. « Les lobbys, notamment ceux très puissants de l’agroalimentaire, sont remontés au créneau », renchérit son homologue du Morbihan, Joël Labbé. On assiste surtout à une forme de droitisation en prévision de la primaire qui suscite le durcissement des positions vis-à-vis de l’environnement. »

Le président du parti Les Républicains a lui-même donné le ton. Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy a multiplié en public les déclarations très offensives vis-à-vis des principes fondant l’écologie. Au chapitre de l’énergie, il a ainsi pris

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position pour le nucléaire – auquel il n’existe « aucune alternative crédible » selon lui –, s’est déclaré pour le développement d’une nouvelle génération de centrales, tout en refusant la fermeture de l’installation vieillissante de Fessenheim (Haut-Rhin), favorable encore à la recherche de gaz de schiste, à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes… Quant à la transition vers une agriculture moins destructrice pour l’environnement, l’ancien président de la République s’est chargé de traiter l’affaire à coup de boulets rouges, la qualifiant de passe-temps pour « bobos », « faux nez d’une véritable obsession pour la destruction de notre puissance agricole ».

Recul sur l’interdiction des néonicotinoïdes

Or derrière sa dimension d’inventaire à la Prévert d’une loi-cadre foisonnante, qui porte à la fois des grands principes et des dispositions sur les vieux moulins à l’abandon qui barrent l’écoulement naturel des rivières, par exemple, se cachent des oppositions fondamentales sur les modèles d’agriculture appelés à nourrir la planète.

A quel prix pour l’environnement, la biodiversité et la santé humaine ? C’est précisément sur ce terrain que la société risque d’avoir le plus de mal à comprendre les sénateurs qui s’apprêtent à reculer sur l’interdiction des néonicotinoïdes.

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Lire aussi :   Tout comprendre aux pesticides néonicotinoïdes

« Je tâche de faire preuve de pédagogie en expliquant qu’il va falloir arrêter d’utiliser ces produits, assure Jérôme Bignon, rapporteur du projet de loi biodiversité pour la haute assemblée. Mais on n’est pas à deux ans près pour y parvenir. » « J’essaie de convaincre mes collègues que ce n’est pas une affaire de quelques écolos contre le reste du monde, mais une préoccupation partagée par l’immense majorité de la société », assure le sénateur Les Républicains de la Somme, à contre-courant de la majorité de son parti sur cette question.

Après être passé à la moulinette du Sénat, le projet de loi devrait être examiné en commission mixte paritaire le 25 mai. On doute des chances d’aboutir à un compromis tant les textes des deux chambres parlementaires diffèrent. Auquel cas le dernier mot reviendrait à l’Assemblée nationale.

Lire aussi :   Les députés votent une interdiction des pesticides tueurs d’abeilles

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/10/les-senateurs-etrillent-la-loi-sur-la-biodiversite_4917028_3244.html#KogUzfBLZ4fETU1u.99


         Lire aussi :   Néonicotinoïdes : le paradoxe de la Reine rouge

Pour l’heure, la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, Barbara Pompili, va tenter de rééquilibrer le texte proposé par la commission sénatoriale. Le gouvernement a déposé vingt-quatre amendements. Sur le dossier emblématique des néonicotinoïdes, il envisage de venir à bout de ces pesticides en deux temps : d’abord au cas par cas en fonction des alternatives existantes, puis en décrétant une interdiction générale le 1er juillet 2020.

Signe de l’intensité des crispations sur cette affaire, leur fin a été repoussée à plus tard à chaque étape du parcours législatif. Initialement, elle était prévue au 1er janvier 2017.

 Martine Valo


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12/05/2015

Pour l’interdiction des pesticides chimiques de synthèse et la généralisation des pratiques agroécologiques

lu dans la revue de presse de l'INSERM :


Plaidoyer de Greenpeace International en faveur de l’agriculture biologique

Greenpeace International publie aujourd’hui un rapport « en faveur de l’interdiction progressive des pesticides chimiques de synthèse et de la généralisation des pratiques agroécologiques ». L’ONG revient notamment sur l‘expertise collective Pesticides : Effets sur la santé publiée en 2013 par l’Inserm, souligne l’AFP. Selon Greenpeace : « L’exposition à certains pesticides représente un facteur de risque supplémentaire non négligeable de contracter de nombreuses maladies chroniques, y compris différentes formes de cancers et de maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et celle d’Alzheimer, et de développer des malformations congénitales ». L’ONG affirme par ailleurs que « (…) les agriculteurs et leurs familles font partie des populations les plus exposées à des risques de pathologies graves ».
 

AFP, 12/05

09/04/2015

Environnement : l'opinion publique peut être prise en compte. Un exemple en Australie

à lire sur :

Australie : trois banques françaises renoncent à un vaste ...
Australie : trois banques françaises renoncent à un vaste projet minier Le Point - Publié le 08/04/2015 à 15:33.

Selon une ONG, "c'est la première fois que les ...
www.lepoint.fr/environnement/australie-trois-ba

extrait :

AFP

Trois banques françaises - Société généraleBNP Paribas et Crédit agricole - ont décidé de ne pas participer au financement d'un vaste projet minier près de la Grande Barrière de corail, en Australie, a-t-on appris mercredi de sources concordantes. Elles se sont engagées à ne financer aucun des projets de mines de charbon et d'infrastructures associées dans le bassin de Galilée, dans l'État du Queensland (est), a indiqué Lucie Pinson de l'ONG Les Amis de la Terre.

"C'est la première fois que les banques s'engagent à ne pas financer les projets de toute une région en raison de leurs impacts environnementaux et climatiques", a souligné l'ONG dans un communiqué. "Leurs engagements vont donc au-delà de celui des huit autres banques internationales" qui s'étaient, pour la plupart, seulement engagées à ne pas financer l'extension du port d'Abott Point, nécessaire à l'exportation du charbon, souligne-t-elle.

Interrogées, les trois banques françaises ont confirmé cette information, BNP précisant que sa décision s'inscrit dans une politique de financements responsables mise en place depuis plusieurs années

Australie _ trois banques françaises renoncent à un vaste projet minier - Le Point.pdf

25/02/2015

Françafrique et trafic de bois illégal

communiqué :

D’après l’ONG Global Witness, la France se classe au 3e rang des importateurs européens de bois “à haut risque d’illégalité”. Depuis de nombreux mois, Greenpeace multiplie les actions et les interpellations pour faire réagir les dirigeants français : ils doivent appliquer la loi !
 
Aujourd’hui, nous avons besoin de vous pour amplifier notre voix.
 
Écrivez à Ségolène Royal et demandez-lui d’agir et de mettre en œuvre les moyens administratifs et financiers nécessaires pour appliquer la loi ! 
 
 

 

 

 

 

Le laxisme de la France en termes de lutte contre le bois illégal en fait aujourd’hui le “maillon faible” de l’Europe, à l’heure où d’autres États comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Pays-Bas redoublent d’efforts.

Ségolène Royal doit agir au plus vite et prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette situation !

27/12/2014

Lumière et environnement urbain : les conséquences

lu sur Le Temps (Suisse) :

Quand la lumière menace les animaux

Le Temps 

Sciences & Environnement 

Omniprésent et de plus en plus intense, l’éclairage urbain perturbe la faune des villes, même si quelques espèces semblent au contraire en tirer profit. Les spécialistes s’inquiètent des conséquences à long terme

BIODIVERSITÉ Samedi 27 décembre 2014
 
Denis Delbecq

Les moineaux domestiques chassent plus facilement grâce aux lumières nocturnes, mais cela dérègle profondément leur cycle de reproduction. (123RF)

Les moineaux domestiques chassent plus facilement grâce aux lumières nocturnes, mais cela dérègle profondément leur cycle de reproduction. (123RF)
 

Depuis l’installation des premiers éclairages publics dans les rues de Paris au début du XIXe siècle, l’humanité a entrepris de combattre ses peurs nocturnes avec des candélabres et réverbères, de sculpter ombres et lumières sur ses monuments à l’aide de puissants projecteurs et d’allécher les promeneurs du soir en illuminant les vitrines. Un bain de lumière permanent qui perturbe le sommeil des humains et la vie de centaines d’espèces lucifuges, celles qui vivent là où il n’y a pas de lumière.

A Paris, par exemple, la chouette hulotte est en forte régression. «Plusieurs raisons expliquent la diminution de sa population, souligne l’ornithologue Jean-Philippe Siblet, directeur du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle, et auteur d’une imposante étude bibliographique sur les conséquences de la pollution lumineuse sur la biodiversité. Il y a de moins en moins de vieux arbres creux; les petits rongeurs qui composent son menu sont moins fréquents, et il est presque impossible de trouver de l’obscurité dans Paris: il ne reste que quelques grands parcs et cimetières où la chouette peut chasser dans le noir d’un cadre naturel.»

Parmi les espèces victimes de la lumière nocturne, les insectes sont les plus visibles: à partir du printemps, le moindre lampadaire est enveloppé d’une nuée de bestioles. Beaucoup meurent en se brûlant, ou parce qu’elles épuisent leurs forces à virevolter au lieu de se nourrir. «On peut parfois ramasser des centaines de kilos d’insectes morts autour d’un réverbère, constate Jean-Philippe Siblet. Quand on sait que les populations de nombreuses espèces de libellules, de papillons diurnes ou de coléoptères sont en chute libre, l’éclairage public entraîne une véritable hécatombe qui s’ajoute aux autres perturbations telles que la disparition des habitats, les pesticides et les collisions routières.»

Les oiseaux sont aussi victimes de notre soif de lumières nocturnes. La plupart des migrateurs volent de nuit. Le halo qui recouvre les ciels urbains empêche certaines espèces de s’orienter avec les étoiles. Et les lumières sont de dangereux pièges, à l’instar des tours illuminées où les oiseaux s’écrasent contre les vitrages. «La lumière et l’éblouissement dérèglent leur sens de l’orientation, précise Jean-Philippe Siblet. C’est encore plus marqué quand la visibilité et mauvaise.» Les puissants faisceaux qui balaient le ciel pour marquer la présence d’une boîte de nuit sont eux aussi meurtriers. «Certaines nuits brumeuses, on ramasse de nombreux oiseaux morts au pied de la tour Eiffel.» Ils sont victimes du puissant phare installé en haut du monument pour célébrer l’an 2000, si puissant qu’il est visible à 80 kilomètres à la ronde. «C’est d’ailleurs avec la construction des premiers phares maritimes que l’on a découvert l’impact de ces lumières sur les oiseaux.»

Certaines espèces semblent s’être adaptées à l’éclairage urbain. Ainsi, le moineau domestique tire un grand profit de certains réverbères: il niche au chaud, tout en disposant d’un garde-manger bien rempli, avec les insectes qui virevoltent toute la nuit autour de leur nid. Mais le cycle naturel de l’animal est profondément perturbé. «En ville, le moineau se reproduit pratiquement toute l’année. Quelles conséquences cela aura-t-il à terme, s’interroge Jean-Philippe Siblet. Désormais, on entend les merles chanter dès décembre, comme si le printemps était arrivé.» Le merle citadin, justement, vient de faire l’objet d’une longue étude à Leipzig, en Allemagne. Parfaitement adapté au cadre urbain, l’animal déborde d’activité nocturne, ont montré les chercheurs: il se lève jusqu’à cinq heures plus tôt que ceux qui vivent dans des forêts obscures, et se couche jusqu’à une heure plus tard. Et si le bruit urbain explique en ­partie ce phénomène, la lumière nocturne joue un rôle essentiel, puisque les différences de comportement diminuent au fur et à mesure que les jours rallongent au printemps.

Le merle ne profiterait-il pas de ces heures supplémentaires pour mieux se nourrir? Rien ne permet de l’affirmer, montrent les chercheurs allemands, après avoir pesé leurs oiseaux. «On peut imaginer qu’une espèce puisse temporairement profiter de l’éclairage nocturne. Mais l’artificialisation de l’environnement ne peut que créer des problèmes à long terme, insiste Jean-Philippe Siblet. Dans un premier temps, le prédateur peut profiter de la situation puisqu’il voit mieux ses proies. Mais à force de chasser, il finit par moins se reproduire, et donc être à son tour menacé.» Le renard, animal nocturne s’il en est, a fini par s’adapter à la présence de lumière nocturne. «A tel point qu’il n’est pas rare d’en rencontrer en plein jour dans les rues de Genève, en train de fouiller les poubelles. Mais à long terme, le renard pâtira de cette adaptation, ne serait-ce que parce que les humains tenteront de s’en débarrasser.»

Mais alors, comment limiter les dégâts sur la biodiversité urbaine, déjà menacée par toutes sortes d’agressions? «La solution la plus efficace est d’éteindre la lumière! avertit Jean-Philippe Siblet. Une partie des réverbères peut être éteinte, tout comme les vitrines. De plus, on peut revoir la conception des lampadaires pour qu’ils éclairent le sol, et supprimer ces boules qui éclairent autant le ciel que les trottoirs.»

De même, certains types de lampes sont moins néfastes que d’autres en raison de la couleur de leur lumière. Projecteurs au sodium ou éclairages à LED peuvent ainsi avantageusement remplacer les lampes à vapeur de mercure utilisées depuis des décennies. «Ces solutions apportent un double bénéfice, puisqu’un éclairage optimisé consomme moins d’énergie, rappelle Jean-Philippe Siblet. Il est essentiel de faire cet effort pour préserver la biodiversité en ville. Car à force de vivre sans nature, les humains finissent par s’en passer. Un des étudiants du muséum vient de montrer qu’à force de vivre déconnecté de la nature, on finit par ne plus vouloir payer pour préserver ce qui en reste sur la planète.»

22/12/2014

Trop tard ...

... c'était hier !

 
Libération - Il y a 1 jour
 

Cette année, la journée mondiale de l'orgasme du 21 décembre ... 

Les femmes, pas toutes égales face à l'orgasme - Libération.pdf

19/09/2014

Semences : après presque 10 ans de procédure, la Cour d’Appel de Nancy donne enfin raison à Kokopelli !

communiqué :

Nouvelles spéciales du 18 septembre 2014

Procès Kokopelli c. Graines Baumaux :
Après presque 10 ans de procédure, la Cour d’Appel de Nancy donne enfin raison à Kokopelli !

Dans l’affaire nous opposant, depuis près de 10 ans, à la société Graines Baumaux, le délibéré de la Cour d’Appel de Nancy a été prononcé le 9 septembre dernier et l’arrêt, dans son entier, vient de nous être communiqué.

A notre grande satisfaction, la Cour rejette l’essentiel des demandes de la société Graines Baumaux, et en particulier celle fondée sur une prétendue faute de concurrence déloyale liée à l’absence d’enregistrement des variétés distribuées par Kokopelli.

Le jugement de 1e instance, qui condamnait Kokopelli, est donc infirmé !!!

La Cour considère en effet que la société Graines Baumaux, qui reprochait à l’association de proposer à la vente une gamme plus élargie de variétés anciennes que la sienne, « ne se trouve aucunement empêchée de proposer à la vente les mêmes produits que l’association KOKOPELLI et donc d’offrir la même gamme élargie de semences à sa clientèle de jardiniers amateurs à la seule condition d’inscrire les variétés qu’elle entend commercialiser sur liste officielle de « variétés dont la récolte est principalement destinée à l’autoconsommation » sur laquelle l’inscription est libre et d’un coût modique par rapport à l’enjeu commercial, soit un montant de 125 euros par variété comme elle l’indique elle-même. Il lui est également loisible d’étoffer son catalogue en commercialisant davantage de variétés de graines sélectionnées parmi les 14 500 variétés que compte selon elle le catalogue officiel européen ».

C’est l’argument que nous lui avions suggéré. La société Graines Baumaux, qui prétendait que l’enregistrement au Catalogue était simple et peu coûteux, et que la biodiversité se trouvait déjà fort bien protégée et représentée par celui-ci, se trouve ainsi prise au piège de ses propres affirmations.

Toutefois, cela ne signifie pas que l’activité de Kokopelli se trouve officiellement avalisée par la Cour d’Appel. Bien au contraire. En effet, l’argument selon lequel la vente de semences à des jardiniers amateurs ne faisant pas une exploitation commerciale de celles-ci ne serait pas soumise aux exigences d’enregistrement au Catalogue, a été rejeté par la Cour.

Cet argument peu ambitieux – car ne faisant aucune place à l’agriculture professionnelle dans la lutte pour la sauvegarde de la biodiversité – avait été avancé, en dernier recours, après la décision défavorable prise par la Cour de Justice de l’Union Européenne en juillet 2012. Bien qu’il soit abondamment utilisé par de nombreuses associations de préservation des semences en Europe, il n’avait jamais été soumis à l’examen d’une juridiction.

C’est maintenant chose faite, mais la décision de la Cour d’Appel de Nancy, sur ce point, est très décevante. En effet, la Cour considère, à l’issue d’une leçon de grammaire particulièrement byzantine, que « la formulation de l’article 2 de la directive permet de retenir que sont soumises à ses prescriptions la vente ou l’offre de vente de semences ainsi que les autres formes de cession réalisées dans le cadre d’une exploitation commerciale, ce qui exclut les cessions de semences à des tiers dans un but autre, comme de réaliser des expérimentations et permet d’écarter du champ d’application du texte les échanges de graines entre particuliers amateurs de jardinage qui ne font pas commerce de leurs semences potagères. »

La Cour n’exclut donc du champ d’application de la législation que les échanges de semences entre jardiniers amateurs. Tout transfert de semences, à titre onéreux ou gratuit, réalisé non pas « en vue d’une exploitation commerciale », comme le dit le texte, mais « dans le cadre d’une exploitation commerciale », comme le dit la Cour, tombe sous le coup de la loi et son obligation d’enregistrement des variétés.

Cette interprétation, pour le moins aventureuse, aura vraisemblablement des répercussions dans toute l’Europe et nous espérons qu’elle sera corrigée par le législateur européen lorsqu’il devra voter sur le projet de réforme de la législation actuelle.

En tout état de cause, dans le litige particulier nous opposant à la société Graines Baumaux, la décision de la Cour d’Appel de Nancy signifie donc que s’il est vrai que Kokopelli commet des actes illicites par la vente de variétés non inscrites au Catalogue officiel, ces agissements ne sont pas générateurs de responsabilité vis-à-vis de la société Graines Baumaux et « n’ont pas pour effet de fausser le jeu de la concurrence ». Ces considérations nous mettent hors de danger vis-à-vis de Graines Baumaux et de l’industrie semencière, et c’est évidemment l’essentiel.

Quant aux accusations réciproques de dénigrement, la Cour renvoie les parties l'une contre l'autre et chacune est condamnée à payer 5 000 € de dommages-intérêts à l’autre. Si, par ce volet de sa décision, la Cour semble vouloir ménager la chèvre et le choux, il ne faut toutefois pas oublier que c'est bien la société Graines Baumaux qui poursuit Kokopelli depuis presque 10 ans et qu'elle souhaitait voir ordonnée la cessation pure et simple de nos activités. On peut donc dire que son initiative a simplement échoué... A l’évidence, l’association Kokopelli sort gagnante de ce long combat.

Si enfin l’on se souvient que la Cour de Justice de l’Union Européenne, statuant contre l’avis de son Avocat Général, avait désavoué Kokopelli et considéré que la législation européenne sur le commerce des semences, permettant supposément une augmentation de la productivité agricole, n’était pas critiquable, il faut saluer un exploit dans notre défense et une victoire inespérée de Kokopelli, qui maintient le cap de la biodiversité, contre vents et marées…!

Contacts :

Ananda Guillet, Directeur :
semences@kokopelli-semences.fr

Notre avocate, Blanche Magarinos-Rey :
contact@avocat-magarinos-rey.com

 

L'équipe de Kokopelli.

 

Association Kokopelli - 22 Cap de Lourm - 09290 Le Mas d’Azil - France
Tél : 05 61 67 69 87 - Fax : 05 34 02 14 54 / 
semences@kokopelli-semences.fr - www.kokopelli-semences.fr
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08/09/2014

France : Multiplication des contestations locales

lu sur : Le Monde

Tensions dans le Tarn, où le barrage de Sivens attise la guerre de l'eau

LE MONDE | 08.09.2014 à 11h31 • Mis à jour le 08.09.2014 à 18h01 |Par Martine Valo

Lisle-sur-Tarn (Tarn), envoyée spéciale

Lundi 8 septembre au matin, aux abords de la forêt de Sivens, dans le Tarn, les forces de l'ordre ont chargé une fois de plus le cortège de voitures et de tracteurs des opposants au barrage qui va provoquer la destruction de 13 hectares de zones humides entre Lisle-sur-Tarn et Gaillac. Deux barrages sur la route départementale ont tenu un bon moment suscitant des embouteillages, tandis que dans les bois, à proximité immédiate du chantier, cinq personnes s'étaient enterrées pour empêcher la progression des engins des bûcherons. Il y a eu des blessés et des interpellations.

La veille, dimanche 7 septembre, les propos de Ségolène Royal avaient fait naître l'espoir d'un moratoire qui frapperait ce futur lac artificiel. Celui-ci, d'une emprise totale de 48 hectares, doit retenir 1,5 million de mètres cube d'eau pour assurer l'alimentation l'été de quelques agriculteurs en aval. « L'eau est un bien précieux », a insisté dimanche la ministre de l'écologie, rappelant en substance que son ministère ne donne pas pour instruction de permettre à quelques grandes exploitations de s'approprier la ressource grâce à des investissements publics.

Voilà des mois que durent les échauffourées dans le Tarn, que des militants s'accrochent au sommet des arbres pendant des jours entiers, sans compter d'éphémères barricades de terre pour freiner le chantier, les manifestations et plusieurs grèves de la faim : le projet de Sivens symbolise le réservoir de trop dans une vaste région, le bassin Adour-Garonne, où l'eau est devenue un enjeu essentiel. 

AMBIANCE FESTIVE ET SOUTIENS

A l'heure du pique-nique, dimanche, l'ambiance pouvait sembler festive dans les clairières de Sivens où se sont côtoyés un bon millier d'amoureux de la nature sauvage dans cette partie de la vallée du Tescou, quelques éleveurs du coin (sympathisants de la Confédération paysanne ou non), des élus Europe Ecologie-Les Verts (avec le député européen José Bové en vedette), tandis qu'était annoncé le soutien de personnalités médiatiques tel le chanteur Manu Chao.

Comme un moment de répit dans un combat au long cours de plus en plus tendu. Car les « zadistes » – l'irréductible bataillon de la « zone à défendre », un terme devenu générique depuis Notre-Dame-des-Landes – sont la bête noire du conseil général du Tarn, maître d'ouvrage du lac artificiel.

Depuis l'arrivée des premiers bûcherons le 1er septembre, puis des engins qui recrachent les pins sous forme de bouillie de bois, les abords du chantier sont placés sous haute sécurité. Environ 150 à 200 gendarmes mobiles lourdement équipés y ont pris position, ils sont souvent plus nombreux que les opposants. Un hélicoptère contrôle le nombre de « zadistes » éparpillés dans les bois, où vrombissent les tronçonneuses.

RADICALISATION 

Sur place, ces derniers se plaignent d'être harcelés ; une jeune fille montre sa cuisse toute bleue d'avoir reçu un tir tendu de Flash-Ball. Des élus écologistes ont même été bousculés par les gendarmes, qui disent de leur côté être la cible de cocktails Molotov.

Dans leur ferme toute proche, un couple d'exploitants s'inquiète de cette radicalisation et s'interroge. « Sivens, c'est un projet de plus de trente ans, témoigne l'agriculteur. Il était fondé alors, mais vous ne croyez pas que de Gaillac à Montauban, on a tous attendu la bouche ouverte que le barrage nous arrive ! Moi, j'ai fait mon propre lac en 1975, j'ai trois puits aussi. Les autres ont fait pareil ! »

Le bassin-versant du Tescou compte déjà 185 retenues collinaires : de quoi stocker 5 millions de mètres cubes en déviant un tiers du cours d'eau. Pourquoi alors investir 8,4 millions d'euros, avec un coût de fonctionnement estimé à 360 000 euros par an, dans un ouvrage supplémentaire au profit de 81 exploitants agricoles selon les chambres d'agriculture locales, 19 selon les opposants ?

UNE MAJORITÉ D'AVIS DÉFAVORABLES

« Sivens répond à 70 % aux besoins de l'agriculture, mais il servira aussi à soutenir l'étiage du Tescou, assure le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac (PS). Même si aucun agriculteur ne pompait dedans, je le ferais quand même pour améliorer la qualité de l'eau », assure-t-il. L'élu admet que l'enquête publique a recueilli une majorité d'avis défavorables ( le surlignage est de moi ). Mais il faut bien agir : le département est déficitaire de 39 millions de mètres cubes par an.

La bataille se livre aussi sur le terrain juridique. France Nature Environnement, Nature Midi-Pyrénées et d'autres associations ont attaqué les arrêtés préfectoraux permettant de lancer les travaux dans un secteur classé zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique et de noyer une zone humide majeure.

Ben Lefetey, porte-parole du collectif, s'est engagé contre le barrage, moins en faveur des 94 espèces protégées de mammifères, oiseaux, reptiles et insectes qui vont perdre leur habitat, que pour dénoncer un modèle agricole « qui sent le roussi »« Entre ceux qui irriguent leur maïs, c'est déjà la guerre : ils pompent dans la rivière et ne touchent au contenu de leurs réserves qu'in extremis, peu importe le voisin en aval. Personne n'a le courage de les mettre autour d'une table pour les obliger à partager. »

Le militant montre une étude rédigée pour le département voisin du Tarn-et-Garonne. Elle indique que, plusieurs fois, le Tescou s'est complètement asséché en à peine une dizaine de jours. « L'influence des pompages d'irrigation est ici manifeste », écrivent les rapporteurs.

Martine Valo

journaliste Planète

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voir aussi :

Multiplication des contestations locales

Édition abonnés Contenu exclusif

05/09/2014

Les conséquences de l’exposition aux radiations à Fukushima

à lire sur "Le Temps" (Suisse) :

ENVIRONNEMENT Jeudi 04 septembre 2014

SCIENCES & ENVIRONNEMENT 
L’inquiétant déclin des oiseaux à Fukushima 
Le déclin des oiseaux près de la centrale dévastée inquiète les biologistes, qui contredisent le discours rassurant des autorités

extrait :

..."Les effets négatifs des radiations sur les animaux, Zbyszek Boratynski, docteur en biologie de l’Université de Porto, les a également décelés dans la région de Fukushima dans une étude qui devrait paraître dans les prochains mois. «Nos premiers résultats montrent plusieurs effets. Nous avons observé au Japon, comme à  Tchernobyl d’ailleurs, une fréquence de la cataracte très élevée chez les rongeurs. Dans le cas des souris, presque toutes celles que nous avons analysées possédaient cette maladie dans un des deux yeux», relève-t-il. La taille des cerveaux des rongeurs a diminué dans les zones fortement radioactives. La couleur du pelage a aussi été modifiée, ce qui les rend plus vulnérables envers les prédateurs et affecte donc leur capacité de survie. 

De son côté, Joji Otaki, professeur associé à la Faculté des sciences de l’Université de Ryukyus, à Okinawa, a 

publié en mai dernier dans Nature les résultats d’une étude sur les conséquences de l’exposition aux radiations internes pour le Zeeria maha (1) , un des papillons les plus courants au Japon. Des feuilles ont été récoltées dans cinq sites présentant des taux de radioactivité différents. Elles ont constitué la nourriture de larves provenant de papillons capturés à Okinawa, soit à 1750 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Un autre groupe de larves s’est nourri de feuilles non contaminées. Les analyses ont démontré que le taux de mortalité et d’anomalies avait fortement augmenté, particulièrement avec de faibles taux de radiation. Les chercheurs japonais avaient déjà publié les résultats préliminaires d’une autre étude dans le Journal of Heredity. Des papillons avaient été récoltés dans la région de Fukushima en mai et en septembre 2011. Les analyses mettaient en avant les anomalies morphologiques (2décelées sur les antennes, les pattes, les yeux, voire une réduction de la taille des ailes antérieures. L’augmentation des anomalies avait été constatée sur les deux générations suivantes. Le 15 septembre prochain, une nouvelle étude réalisée par la même équipe de chercheurs devrait être publiée. "...

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1)  The biological impacts of ingested radioactive materials on the pale grass blue butterfly

Scientific Reports 4, Article number: 4946 doi:10.1038/srep04946

Received 17 January 2014 Accepted 22 April 2014 Published 15 May 2014

A massive amount of radioactive materials has been released into the environment by the Fukushima Dai-ichi Nuclear Power Plant accident, but its biological impacts have rarely been examined. Here, we have quantitatively evaluated the relationship between the dose of ingested radioactive cesium and mortality and abnormality rates using the pale grass blue butterfly, Zizeeria maha. When larvae from Okinawa, which is likely the least polluted locality in Japan, were fed leaves collected from polluted localities, mortality and abnormality rates increased sharply at low doses in response to the ingested cesium dose. This dose-response relationship was best fitted by power function models, which indicated that the half lethal and abnormal doses were 1.9 and 0.76 Bq per larva, corresponding to 54,000 and 22,000 Bq per kilogram body weight, respectively. Both the retention of radioactive cesium in a pupa relative to the ingested dose throughout the larval stage and the accumulation of radioactive cesium in a pupa relative to the activity concentration in a diet were highest at the lowest level of cesium ingested. We conclude that the risk of ingesting a polluted diet is realistic, at least for this butterfly, and likely for certain other organisms living in the polluted area.

2) Journal of Heredity

  • Pp. 710-722
Fukushima’s Biological Impacts: The Case of the Pale Grass Blue Butterfly
  1. Wataru TairaChiyo NoharaAtsuki Hiyama and Joji M. Otaki

Author Affiliations

  1. From the BCPH Unit of Molecular Physiology, Department of Chemistry, Biology and Marine Science, Faculty of Science, University of the Ryukyus, Nishihara, Okinawa 903-0213, Japan (Taira, Nohara, Hiyama, and Otaki).
  1. Address correspondence to Joji M. Otaki at the address above, or e-mail: otaki@sci.u-ryukyu.ac.jpReceived September 25, 2013. Revision received January 16, 2014. Accepted February 2, 2014.

 

Abstract

To evaluate the effects of the Fukushima nuclear accident on the surrounding area, we studied the pale grass blue butterfly Zizeeria maha, the most common butterfly in Japan. We here review our important findings and their implications. We found forewing size reduction, growth retardation, high mortality rates, and high abnormality rates in the field and reared samples. The abnormality rates observed in September 2011 were higher than those observed in May 2011 in almost all localities, implying transgenerational accumulation of genetic damage. Some of the abnormal traits in the F1 generation were inherited by the F2 generation. In a particular cross, the F2 abnormality rate scored 57%. The forewing size reduction and high mortality and abnormality rates were reproduced in external and internal exposure experiments conducted in our laboratory using Okinawa larvae. We observed the possible real-time evolution of radiation resistance in the Fukushima butterflies, which, in retrospect, indicates that field sampling attempts at the very early stages of such accidents are required to understand the ecodynamics of polluted regions. We propose, as the postulates of pollutant-induced biological impacts, that the collection of phenotypic data from the field and their relevant reproduction in the laboratory should be the basis of experimental design to demonstrate the biological effects of environmental pollutants and to investigate the molecular mechanisms responsible for these effects.

Les eaux en France : Pollution aux nitrates

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/04/pollution-aux...

Pollution aux nitrates : la France de nouveau condamnée par la justice européenne

Le Monde.fr | 04.09.2014 à 10h57 • Mis à jour le 04.09.2014 à 12h02 |

Par Martine Valo

La France a été condamnée une nouvelle fois, jeudi 4 septembre, par la Cour de justice de l'Union européenne, pour son incapacité à améliorer la qualité de ses eaux. Elle fait face à deux contentieux pour n'être jamais parvenue à respecter la directive de 1991 sur les nitrates et les pollutions d'origine agricole.

La Commission européenne, qui a fini par saisir la justice de Luxembourg après moult avertissements, estime en effet que Paris a sous-estimé le problème en ne prenant pas la mesure des zones vulnérables, ces régions sérieusement polluées par les effluents agricoles où il serait urgent d'agir. Ce qui lui a valu une première condamnation en 2013.

Lire : L'Europe condamne la France pour ses eaux polluées aux nitrates

L'autre manquement de l'Etat, épinglé jeudi : la mollesse de son action. L'avocate générale, Juliane Kokott, s'était montrée très sévère à cet égard dans ses conclusions présentées le 16 janvier.

Dans les deux cas, Paris risque une amende forfaitaire plus des astreintes journalières, dont les montants ne sont pas encore connus, mais qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions d'euros. La justice européenne menace en effet de prononcer un deuxième arrêt dans les prochains mois si la France ne redresse pas la situation. A ce moment-là, elle devra effectivement régler la note.

RÉGLEMENTATION FRANÇAISE TROP LAXISTE

L'essentiel du problème des nitrates résulte de l'excès d'azote qui ruisselle sur les terres agricoles vers les rivières. Or la réglementation française est jugée bien trop laxiste sur les dates et les durées d'épandage de lisier et autres fertilisants azotés. Elle permet de traiter des champs très pentus ou gelés et se contente d'imposer des capacités de stockage insuffisantes.

Or la pollution rend l'eau de plus en plus difficile à traiter et donc de plus en plus chère au robinet, tandis que sur le littoral maritime les algues vertes gagnent du terrain bien au-delà de la Bretagne.

Un rapport interministériel sur la protection des captages d'eau potable, rendu public fin août, laisse entrevoir l'ampleur des difficultés. Les données relevées au printemps et analysées par quatre ingénieurs généraux révèlent qu'après quatre plans d'action successifs, « aucun progrès réellement décisif n'a été observé en l'absence de solution à la hauteur du problème ».

2 000 POINTS D'EAU FERMÉS

Sur 35 392 captages, 8,5 % ne respectent pas les seuils autorisés : soit ils dépassent 40 milligrammes de nitrates par litre, soit leurs taux de pesticides excèdent 0,4 microgramme par litre. Comment le problème se règle-t-il ? En abandonnant tout simplement les sources trop polluées. En quinze ans, plus de 2 000 points d'alimentation ont ainsi été fermés.

Quant aux 500 captages à protéger en priorité – une initiative inscrite dans la loi depuis 2009 – près de la moitié d'entre eux disposent d'un plan d'action pour leur sauvegarde, mais seuls 17 % sont validés par un arrêté préfectoral. La ministre de l'écologie, Ségolène Royal, a proposé fin juillet de revoir le classement des zones vulnérables : 3 800 communes supplémentaires devraient rejoindre cette catégorie peu reluisante, soit 23 000 communes au total. 70 % du territoire français sont concernés.

Pour les associations de défense de l'environnement comme Eaux et rivières de Bretagne entre autres, les déboires judiciaires de l'Etat ne font que commencer. Les rivières chargées en nitrates contribuent à l'eutrophisation des eaux côtières et empêchent donc la France de respecter une autre directive-cadre européenne sur le milieu marin. En outre, les effluents d'élevage et les engrais azotés sont aussi à l'origine de l'essentiel des émissions d'ammoniac, un gaz nocif pour la santé. Rien de tout cela ne devrait plaire à Bruxelles qui en train de rédiger le futur paquet air.

Martine Valo

01/09/2014

OGM et pesticides: le désastre argentin, la guerre transatlantique

à lire sur MEDIAPART et documentaire à regarder lundi 1/9/14:

OGM et pesticides_ le désastre argentin, la guerre transatlantique.pdf

29 AOÛT 2014 |  PAR PAUL MOREIRA

Les OGM permettent d'utiliser moins de pesticides et de produits chimiques: c'est l'argumentaire de l'industrie transgénique. 

Problème: il est faux et l'Argentine, massivement convertie au soja OGM, est en train d'en payer le prix fort sur le plan sanitaire et agricole. 

Le journaliste Paul Moreira en revient, avec un documentaire diffusé lundi sur Canal+. 

Enquête et extraits.

28/08/2014

Projet de Barrage de SIVENS (Tarn) : MOBILISATION GENERALE

communiqué :

Si ce message html ne s'affiche pas correctement

25.08.14

 Projet de Barrage de SIVENS (Tarn) : 
MOBILISATION GENERALE

 

Dans le département du Tarn le Conseil Général envoie ses agents territoriaux commencer le déboisement d'une zone humide de grand intérêt !

SOS Loire Vivante soutien l'occupation du site et appelle à une mobilisation générale nationale pour aider les 
2 comités de défense locaux à obtenir l'abandon du projet....(collectif Tant qu'il y aura des bouilles et collectif Testet)

 

dernière minute :  appel à un rassemblement samedi 30 et dimanche 31 août 
à la maison forestière de Sivens


plus d'info (dossiers, vidéo, news, cartes...)

 

 

CopyrightCollectif Tant qu'il aura des bouilles

 

 

 

SOS Loire Vivante - ERN France, 8 Rue Crozatier 43000 Le Puy en Velay France
0033(0)4 71 05 5788      0033 (0) 4 71 02 08 14  
www.sosloirevivante.org

sosloirevivante@rivernet.org   infos@ern.org   www.sosloirevivante.org

 

07/07/2014

Ferme-usine des 1000 vaches (suite)

lu sur le site du Point :

Le Point.fr - Publié le 05/07/2014 à 16:58 - Modifié le 07/07/2014 à 10:0

Il était une fois la fable des "mille vaches"

Une ferme laitière géante dans la Somme cristallise une forte opposition locale. Son promoteur veut aller jusqu'au bout. Ses détracteurs aussi.

C'est un feuilleton qui sent le soufre, même si on y parle principalement de bouses. Dans ce qui est devenu "l'affaire de la ferme des mille vaches", aucun des deux camps n'est prêt à rendre les armes. Cet affrontement, Colette Michaux, ancienne vice-présidente socialiste de Picardie, le résume à sa façon : "C'est l'histoire d'une vieille personne têtue et de petits bourgeois qui ne veulent pas perdre leur tranquillité." 

Un projet grandeur nature 

Dans le rôle du têtu, Michel Ramery. Ce patron nordiste, fils d'agriculteur, a fait fortune dans le BTP. Le groupe Ramery a engrangé en 2013 un chiffre d'affaires de 551 millions d'euros. D'après Challenges, il est, à 65 ans, la 349e fortune française. Celui qui rafle la quasi-totalité des marchés publics dans le Nord-Pas-de-Calais ne s'attendait pas à voir ses ambitions freinées aussi net quand il décide de s'offrir son "rêve" : ériger une vaste exploitation laitière dans la Somme. Près de 20 000 mètres carrés d'étables, un méthaniseur géant et jusqu'à 1 750 bêtes sous le même toit. La plus grande ferme de France devait ouvrir en décembre 2012. Elle est toujours au point mort.

Et pour cause, en face, les "petits bourgeois" - en l'occurrence les habitants de Drucat - ont de la ressource. La banlieue résidentielle plutôt aisée du nord d'Abbeville doit accueillir sur son territoire une parcelle de la ferme. Celle où fermentent les effluents bovins. Les premières habitations sont à 500 mètres. En septembre 2011, une rencontre publique entre Michel Ramery et les Drucatois jette un froid. Le discours est impossible, la guerre de tranchées commence.

Dès le lendemain, Le Courrier picard rapporte les craintes des habitants : bien-être des animaux, contamination de la nappe phréatique, hausse du trafic routier - pour livrer le lait mais aussi pour transporter des déchets qui "nourrissent" le méthaniseur. Le bruit et les odeurs, aussi. 

"C'est surtout la peur de perdre en valeur immobilière qui les motive", persifle Éric Mouton, le maire de la commune voisine de Buigny-Saint-Maclou, qui accueille le reste des installations laitières. Lui n'est pas opposé au projet, au contraire : il en a même conçu une partie des plans ! Localement, l'architecte reste plutôt isolé. Dès novembre 2011, des riverains créent l'association Novissen - Nos villages se soucient de leur environnement. Entendre "nos vies saines". C'est un autre Michel, le Dr Kfoury, qui prend la tête du mouvement. Il revendique aujourd'hui 2 350 membres, dont la majorité habite la Somme. "C'est un projet tellement juteux, il y a tellement de subventions derrière. On sait que Ramery ne lâchera pas comme ça. Mais il pensait avancer et laisser les gens s'essouffler", analyse le médecin, qui s'est présenté en quatrième position sur les listes EELV aux européennes, sans "être encarté". 

"Démontage" contre "saccage" 

Novissen attaque d'abord le projet de la "ferme-usine" en justice. Les résultats sont loin d'être à la hauteur des espérances : les opposants ne réussissent pas à obtenir en référé l'annulation du permis de construire de Michel Ramery. "C'est une honte collective, s'emporte Grégoire Frison, avocat de l'association. N'importe quel autre dossier aurait été cassé." L'avocat dénonce un "dossier sous tension", monté "n'importe comment". Deux procédures sur le fond, contre le permis de construire et l'autorisation d'exploiter, sont en instruction depuis plus d'un an. "On se bat sur tout, mais avec des pistolets à eau", soupire encore l'avocat. Et de pointer les soutiens politiques locaux de l'entrepreneur. Ce dernier a emmené une quarantaine d'élus de la région - y compris le sous-préfet du département et le maire d'Abbeville - en voyage en Allemagne pour visiter une ferme "modèle". 

Malgré ce lobbying grandeur nature, le projet subit tout de même un revers important puisque le préfet, dans son arrêté du 1er février 2013, plafonne le projet à 500 vaches laitières, la surface d'épandage disponible n'étant pas suffisante. Demi-victoire pour les détracteurs ? Pas vraiment. Car l'étable est toujours prévue pour au moins le double de bêtes. Dans la tête du promoteur, l'objectif mille vaches est maintenu. 

C'est alors que Novissen reçoit le soutien décisif de la Confédération paysanne, le deuxième syndicat agricole. Partisans d'une agriculture familiale, ses membres sont révulsés par les plans de Ramery. En tout, les militants de "la Conf" enchaînent trois escarmouches sur la ferme de Drucat-Buigny. Pour leur dernière action, le 28 mai, une trentaine de paysans infiltrent la salle de traite et participent à une opération de "démontage". On se croirait 15 ans plus tôt, à l'époque de l'attaque du McDonald's de Millau par José Bové, leur ancienne figure de proue . 

En tout, neuf militants sont poursuivis pour dégradations, le procès a été renvoyé au 28 octobre. Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat, en fait partie : "C'est un démontage symbolique, peut-être condamnable, mais c'est surtout un acte légitime", argumente-t-il. De la simple désobéissance civile, alors ? "Avec eux, c'est on saccage et on discute après", tonne Frank Berton, avocat de Michel Ramery, dont il est un ami. Le ténor du barreau, qui s'est illustré dans l'affaire Outreau, est confiant quant aux procédures en cours : "Il n'y a pas de fondements juridiques ! On n'attend pas un blanc-seing pour ouvrir, mais qu'on nous rende justice sur des faits de destruction", explique-t-il. Le promoteur estime les dégâts matériels à 150 000 euros. 

Version vachère de Notre-Dame-des-Landes ? 

Des actions-chocs qui réussissent leur véritable objectif : porter le débat au-delà de la sphère judiciaire. Même s'il s'en serait bien passé, c'est Stéphane Le Foll qui récupère la patate chaude. Le ministre de l'Agriculture, interpellé sans cesse sur le sujet, comme mercredi à l'Assemblée (voir vidéo ci-dessous), est bien obligé de prendre position. "Ce n'est pas mon modèle, affirme-t-il. Mon projet à moi, c'est d'avoir des agriculteurs, des paysans qui soient à la tête des exploitations agricoles." Pour autant, le ministère ne bougera pas : "Que voulez-vous faire contre un projet légal ?" y souffle-t-on. 

La question du modèle est bien le coeur du problème. D'un côté, l'avènement de l'"énergieculteur" à grande échelle, producteur aussi bien de biogaz que de lait, pour qui l'industrialisation et la salarisation des agriculteurs-employés sur le site les "libèrent" de tâches laborieuses. De l'autre, les partisans des exploitations laitières de petite taille, soit le modèle français historique depuis l'après-guerre, plus riche en emplois - la ferme Ramery compte une quinzaine d'employés, alors que 50 vaches font travailler en moyenne deux personnes ailleurs. Avec, en toile de fond, la fin des quotas laitiers au niveau européen en 2015.

"Quotas ou non, on n'a aucune certitude sur la supériorité d'un modèle par rapport à l'autre, assure Alexandre Gohin, économiste et directeur de recherche à l'Inra. Dans la mondialisation, les grosses boîtes comme les TPE peuvent s'en sortir." Le chercheur, plutôt favorable à l'expérimentation de fermes à grande échelle "pour essayer", rappelle qu'outre-Rhin ce modèle de développement a atteint ses limites avec plus de 10 000 unités de méthanisation. En France, l'objectif officiel est de 1 000 d'ici à 2020. Le territoire ne devrait donc pas être envahi de "fermes-usines" du jour au lendemain, quoi qu'en disent les détracteurs.

"Projet affectif"

Ces derniers soutiennent en tout cas qu'un projet agricole dont le dirigeant ne participe pas à la traite, dont il ne consomme pas la production et qui, in fine, est plus un gestionnaire qu'un paysan n'a pas d'âme en plus d'être prédateur pour les plus petits. Faux, rétorque Frank Berton, qui se fait le porte-parole de son client (lequel s'est imposé une cure de silence médiatique) : "C'est un projet affectif. Vous pensez bien que s'il ne lui tenait pas à coeur, il aurait déjà abandonné, étant donné tout ce qu'il a subi. Franchement, c'est beaucoup de bruit pour rien."

Que se passera-t-il alors si la ferme ouvre, comme Michel Ramery l'espère, avant la fin de l'année ? "On bloque ! prévient Michel Kfoury. C'est notre droit et... j'ai beaucoup de retraités avec moi." Une guérilla campagnarde revendiquée aussi par Laurent Pinatel : "Il n'y aura pas de trêve", dit-il. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour que le site devienne un nouveau merdier pour le gouvernement, dans tous les sens du terme. D'ailleurs, pour parler de leur "combat", les membres de Novissen ont été invités ce week-end par... les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La fable des mille vaches est donc loin d'être terminée et on ne sait pas encore qui va en écrire la morale.

21/05/2014

Uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems

communiqué d' ETC group :

Urgent request to address and halt the spread of genetically organisms into the environment!

Several examples of the uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems have been documented: cotton in Mexico, oilseed rape in North America, Japan, Switzerland and Australia and grasses in the USA. There are also cases of repeated transgene presence in landraces or local varieties of crop plants such as maize in Mexico and rice in China. This increasing trend towards uncontrolled spread of transgenes into wild populations and ecosystems raises a high level of concern for the release of new organisms such as genetically engineered trees, fish and insects and the challenges posed by emerging applications of synthetic biology.

Genetic engineering and synthetic biology represent a radical break from widely recognized natural restrictions on genome regulation and interspecies genetic exchange. Maintaining the ability of organisms to develop under their evolved dispositions and naturally established restrictions and to participate in further evolutionary processes is a crucial aspect of the protection of biodiversity. In the same way that we seek to protect organisms and ecosystems from persistent chemical substances, we should also protect them from the uncontrolled spread of synthetic and genetically engineered organisms. In the short or long term, these organisms have a capacity to self-replicate, evolve and interact with other organisms in unpredictable ways and thereby represent a threat to ecological systems and their resilience.

There is a risk that we will not be able to recover the original biodiversity, as the dynamics of wild and cultivated native varieties will be altered. We cannot rely solely on gene banks, as they are able to preserve only a very small percentage of the genetic diversity present within centres of origin and of genetic diversity.

From a regulatory point of view, spatio-temporal control of genetically engineered organisms is necessary. It is a fundamental precondition for any risk assessment because no reliable predictions can be made concerning the consequences of artificially transformed organisms once they are released or escape into wider environments and become part of open-ended evolutionary processes.

Article 17 of the Cartagena Protocol on Biosafety requires Parties to prevent or minimize the risks of unintentional transboundary movements of genetically engineered organisms. The current trend of an increasing spread of these organisms outside of the managed settings for which they were approved threatens to enhance the potential for unintentional transboundary movements. Finally, the precautionary principle can only be implemented if genetically engineered organisms can be retrieved from the environment in case of emergency. This becomes impossible once transgenes move and accumulate in wild and landrace varieties.

While all genetically engineered organisms can pose risks to the environment and health, we particularly call for the prohibition of experimental releases, imports and commercialization of genetically engineered organisms if:

a) they can persist and invade the environment if they escape their containment.
b) they can not be withdrawn from the environment if this is required.
c) it is already known that they can persist or have invasive behavior after release into the environment.
d) their release may lead to transgene flow into populations of local varieties at centres of origin and of genetic diversity and the accumulation of transgenes in the genomes of native varieties.

More information:
http://www.stop-the-spread-of-transgenes.org/

26/04/2014

Agriculture intensive et géants de l'agrochimie

lu sur :

www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/23/les-geants-de...

les surlignages sont de moi

 

 

LE MONDE | 23.04.2014 à 10h57 • Mis à jour le 23.04.2014 à 16h34 |

Par Laurence Girard

Une coccinelle posée sur un haricot vert. Cette image bucolique accueillait les participants au forum organisé par le ministère de l'agriculture, mardi 22 avril, à la Cité des sciences et de l'industrie, à Paris, sur le thème du biocontrôle. Une manière d'illustrer les alternatives aux pesticides, fongicides et herbicides chimiques dont le ministre, Stéphane Le Foll, veut promouvoir l'usage auprès des agriculteurs.

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Mais la coccinelle croqueuse de pucerons ne fait pas à elle seule le biocontrôle. Derrière ce terme se cachent quatre familles de produits issus du milieu naturel et utilisés dans la protection des cultures. Les macro-organismes, comme les insectes ou les acariens. Les micro-organismes que sont les champignons, les virus ou les bactéries. Les médiateurs chimiques comme les phéromones utilisées pour lutter contre les insectes par confusion sexuelle. Et les substances naturelles, issues de plantes, d'animaux ou de minéraux, dont la rustique bouillie d'ortie.

Une boîte à outils bien garnie, mais encore peu exploitée par les agriculteurs. « Les produits de biocontrôle pèsent 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et ne représentent que 5 % du marché des phytosanitaires », a rappelé Jean-Pierre Princen, président de l'Association française des producteurs de produits de biocontrôle (IBMA).

UN MARCHÉ MONDIAL ÉVALUÉ À 1,6 MILLIARD D'EUROS

La France reste forte consommatrice de produits phytosanitaires chimiques. Avec tous les risques encourus. « Le rapport de l'Inserm [Institut national de la santé et de la recherche médicale] publié en 2013 a fait le lien entre l'usage des pesticides et certaines maladies », a réaffirmé Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle.

M. Potier a souligné que l'objectif de réduction de 50 % de l'usage des produits phytosanitaires d'ici à 2018, fixé par le plan Ecophyto dans le cadre du Grenelle de l'environnement, n'a pas été atteint. Au mieux, il évoque une stabilisation. La loi d'avenir agricole, qui devrait être adoptée d'ici à l'été, la refonte du plan Ecophyto en cours de discussion, et les évolutions réglementaires en Europe et en France, devraient contribuer à donner une dynamique au biocontrôle.

Cette perspective de croissance d'un marché mondial évalué à 1,6 milliard d'euros n'a pas échappé aux géants de l'agrochimie. Depuis quelques mois, on assiste à leur arrivée en force à coups d'acquisitions ou d'alliances. A l'été 2012, l'allemand Bayer s'emparait de l'américain AgraQuest. Son compatriote BASF lui emboîtait le pas en acquérant Becker Underwood. En décembre 2013, l'américain Monsanto se lançait en créant BioAg Alliance, une alliance avec le numéro un mondial des enzymes, le danois Novozymes. Quant au suisse Syngenta, il avait pris une longueur d'avance en créant sa filiale Bioline.

« DES PRODUITS DE PLUS EN PLUS EFFICACES »

Les PME françaises du biocontrôle sont convoitées. Ainsi, la société Goëmar, dirigée par M. Princen, vient d'être rachetée par Arysta LifeScience, détenue par le fonds Permira. Et Agrauxine, qui a développé avec l'Institut national de la recherche agronomique un produit pour lutter contre la maladie du bois de la vigne, a été reprise par le numéro un mondial des levures, le français Lesaffre.

« Les grands groupes accélèrent. Les produits de biocontrôle sont de plus en plus efficaces. La réglementation devient plus favorable. Les agriculteurs et les consommateurs sont demandeurs. De plus, il y a un phénomène de résistance accrue aux produits phytosanitaires chimiques. Pour les faire perdurer, les fabricants veulent les associer aux produits de biocontrôle », explique M. Princen.

Cet assaut des grands groupes sur le marché du biocontrôle ne va pas sans poser des questions. « N'est-ce pas un outil de plus pour privatiser le vivant ? », s'interroge Philippe Guichard, de la Confédération paysanne.

Pesticides
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 Mon commentaire :

utiliser des macro-organismes, comme les insectes ou les acariens, ou des micro-organismes cpmme les champignons, les virus, les bactéries n'est pas sans risque a priori. Voir la coccinelle asiatique par exemple :

fr.wikipedia.org/wiki/Coccinelle_asiatique   En cache

Au Canada : du pétrole et des idées (pour évacuer les problèmes)

les surlignages sont de moi

lu sur :

feeds.lefigaro.fr/c/32266/f/438191/s/39a65be8/sc/37/l/0L...

Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 23/04/2014 à 08:16 Publié le 23/04/2014 à 08:11

Écologistes et parti d'opposition ont dénoncé la décision du Canada de ne plus classer les baleines à bosse comme une espèce menacée, accusant le gouvernement d'avoir voulu faciliter le projet d'oléoduc controversé Northern Gateway. Expliquant se baser sur des relevés scientifiques, le gouvernement canadien a annoncé samedi dans le journal officiel que ce mammifère, le plus gros de la planète après la baleine bleue, serait désormais considéré comme "une espèce préoccupante" et non plus comme une "espèce menacée".
 
Conséquence de cette distinction, l'habitat de ce cétacé, appelé rorqual à bosse au Canada, ne sera plus protégé par la loi. Cette décision a été prise "incroyablement rapidement", a observé hier Jay Ritchlin, de la Fondation David Suzuki, l'un des groupes écologistes les plus influents du pays. Il a jugé "inquiétant" que cette modification ait lieu "au même moment où un développement majeur est à l'étude", en l'occurrence le projet d'oléoducs Northern Gateway. Le principal parti d'opposition au Parlement fédéral, le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), a pour sa part accusé le gouvernement conservateur d'avoir voulu "satisfaire ses amis de l'industrie pétrolière et ouvrir la voie au projet d'oléoducs de Northern Gateway".
 
Dans le Journal officiel, le gouvernement a toutefois souligné avoir agi suite au dépôt en 2011 d'un rapport réalisé par un comité indépendant de scientifiques ayant noté "une plus grande abondance de l'espèce" au large des côtes canadiennes sur le Pacifique. La baleine à bosse avait été officiellement déclarée espèce menacée en 2005 sur recommandation d'un panel de scientifiques.
 
En 2003, le rapport indépendant recensait "quelques centaines" de cétacés. Actuellement, le gouvernement estime la population à environ 18.000 têtes. Les défenseurs de ces baleines se sont inquiétés dans le passé des nuisances qu'engendrerait le trafic maritime lié à l'exportation du pétrole acheminé sur le littoral de Colombie-Britannique (ouest) par le projet Northern Gateway.
"La population des baleines a augmenté", a confirmé Jay Ritchlin, tout en jugeant précoce de cesser de protéger leur habitat.
 
Mené par le groupe canadien Enbridge, le projet Northern Gateway, long de 1.200 km, vise à acheminer 525.000 barils de pétrole brut par jour sur le littoral pacifique canadien depuis la province d'Alberta (ouest) en traversant les montagnes Rocheuses. Le double oléoduc projeté achèverait sa course au nord de la Colombie-Britannique, au port de Kitimat, dans une zone vide de population proche de la frontière avec l'État américain de l'Alaska. Les groupes pétroliers canadiens espèrent ainsi pouvoir exporter leur or noir vers l'Asie, à raison des rotations de 220 gros pétroliers chaque année, selon des estimations. La population locale a déjà fermement marqué son opposition au projet, et le gouvernement fédéral a jusqu'au mois de juillet pour statuer.

21/04/2014

L'association pour la protection des animaux sauvages dans la Drôme

les surlignages sont de moi

lu sur : 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/19/dans-la-drome...

LE MONDE | 19.04.2014 à 09h51 • Mis à jour le 21.04.2014 à 15h11 |

Par Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale )

A perte de vue, des falaises de calcaire s'élèvent, majestueuses, tapissées d'un dense couvert forestier. En contrebas, un ruisseau, le Riousset, s'étire longuement, bordant quelques rares bâtisses de pierres du hameau de Véronne. C'est dans ce lieu majestueux, au coeur de la Drôme et aux portes du Vercors, que l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) va inaugurer, mardi 22 avril, la première réserve privée de vie sauvage, celle du Grand Barry. Objectif de ce lieu inédit en France : laisser la nature s'exprimer sans la moindre intervention humaine. Et prendre le relais d'une gestion publique des aires protégées jugée « déficiente ».

« Alors que les parcs et réserves naturelles ne protègent plus autant la biodiversité, en autorisant fréquemment la chasse et l'exploitation forestière, nous avons développé un nouvel outil pour assurer une protection pérenne des milieux naturels : l'acquisition foncière, explique Pierre Athanaze, le président de l'Aspas, reconnue d'utilité publique. Depuis 2010, nous rachetons des terrains avec comme seul mode de gestion la libre évolution. »

FONDS PRIVÉS

Pour financer ses espaces, l'association, qui refuse d'être subventionnée par l'Etat, ne recourt qu'à des fonds privés : ce sont les cotisations de ses 11 000 adhérents, ainsi que des dons, legs et un coup de pouce de la Fondation pour une Terre humaine, qui ont permis de réunir les 150 000 euros nécessaires à l'acquisition des 110 hectares de terrains du Grand Barry, achetés à des particuliers.

Des opérations similaires menées dans les Côtes-d'Armor et dans la Haute-Loire permettent aujourd'hui à l'association de totaliser 300 hectares « sauvages ». Pour l'instant, seule la zone du Grand Barry a été labellisée « réserve de vie sauvage », une marque déposée par l'Aspas. Elle a par ailleurs intégré en février le réseau européen Rewilding Europe, qui regroupe 27 réserves et vise à atteindre, d'ici à 2020, un million d'hectares.

CAHIER DES CHARGES EXIGEANT

Le cahier des charges de ces « îlots de naturalité » est des plus exigeants. Sont interdits la chasse et la pêche, l'exploitation forestière et agricole, l'élevage, les feux, les dépôts de déchets, le passage de chiens non tenus en laisse et même la cueillette. Seule la promenade non motorisée, sur les sentiers, est autorisée.

Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l'Union internationale de conservation de la nature, qui mesure, sur une échelle de 6, l'intervention humaine sur la nature. Une demi-douzaine d'agents assermentés – bénévoles – seront bientôt formés pour faire respecter la charte dans cet espace en libre accès, et des panneaux d'information seront installés.

EFFETS VISIBLES DANS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

« Depuis près de deux ans que les terrains sont interdits à la chasse, nous avons observé un retour des grands ongulés », s'enthousiasment Roger Mathieu et Françoise Savasta, administrateurs de l'Aspas dans la Drôme, en faisant découvrir la réserve. Lors de la visite, on n'apercevra aucun des nombreux chamois, chevreuils, biches ou cerfs qui arpentent les sentiers et rochers de la zone, en raison de la chaleur et des fortes bourrasques de vent. Mais les multiples traces et crottes, ainsi que les pièges photo installés sur des arbres, attestent des fréquents passages des herbivores.

« La biodiversité est exceptionnelle ici. On procède à un inventaire de la faune et la flore », indique Roger Mathieu, en suivant avec ses jumelles des aigles royaux, circaètes, éperviers et vautours fauves qui paradent dans le ciel. A hauteur de sol, ce sont des hépatiques, colchiques ou encore gesses de Hongrie qui fleurissent au pied des chênes pubescents et pins sylvestres. « En France, c'est inimaginable que l'on achète et privatise des terrains pour ne rien en faire, si ce n'est regarder la nature évoluer », regrette Françoise Savasta, passionnée de botanique. Mais les effets véritables de cette renaturalisation ne seront visibles que dans plusieurs générations.

SEULEMENT 1 % DU TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN PROTÉGÉ

La protection française des espaces naturels a pris son envol au début des années 1960, avec la création progressive d'une vingtaine d'outils et de statuts, tels que les parcs nationaux (au nombre de dix), les parcs régionaux (48), les réserves naturelles (166 nationales, 129 régionales et 6 corses), les sites Natura 2000 ou encore les arrêtés de biotopes.

Malgré tout, seulement 1 % du territoire métropolitain est aujourd'hui « sous protection forte » – un chiffre qui est censé doubler d'ici à 2019 en vertu des engagements du Grenelle de l'environnement. « Nous avons des lacunes en termes de protection par rapport à nos voisins européens, regrette Daniel Vallauri, chargé de la biodiversité et des forêts pour WWF France. En France, l'homme a toujours façonné l'ensemble de ses paysages, notamment par l'agriculture, l'exploitation forestière et l'urbanisation. Et nous avons des propriétaires et des usages privés partout, qu'il faut satisfaire. »

« LA LOI DE 2006 A ABAISSÉ LES EXIGENCES »

La loi de 2006, qui réforme le statut des parcs nationaux, a accru l'empreinte humaine sur ces espaces naturels. En ouvrant les conseils d'administration des parcs aux élus locaux, et en renégociant leur charte avec les communes, elle les a davantage soumis aux pressions économiques et touristiques. « L'objectif était de concilier impératif de protection et développement économique, afin de favoriser l'acceptabilité de l'ensemble du parc par les élus et citoyens », explique Alby Schmitt, directeur adjoint de l'eau et de la biodiversité au ministère de l'écologie.

« La loi a abaissé les exigences de protection du coeur des parcs, ceux-là mêmes qui devraient être des sanctuaires », rétorque Anthony Turpaud, secrétaire de la branche espèces protégées au Syndicat national de l'environnement et agent technique au parc du Mercantour. « Nous avons moins de temps à consacrer aux zones centrales car nous avons des nouvelles missions de développement local dans les zones périphériques, poursuit-il. Surtout, le lobbying des différents groupes d'intérêts est devenu plus fort. »

Ainsi la chasse a-t-elle été autorisée dans le cœur du dernier-né des parcs nationaux, celui des Calanques – de même que dans 70 % des réserves naturelles. Le parc national des Cévennes, de son côté, a demandé à être une zone d'exclusion pour le loup. A l'inverse du Grand Barry, où les animaux sauvages sont désormais maîtres de leur territoire.

  • Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale ) 
    Journaliste au service Planète du Monde

 

 

17/04/2014

Le réseau de coopératives agricoles Longo Maï

lu sur Le Temps (Suisse):

VIE ALTERNATIVE Jeudi 17 avril 2014
 

L’insoumission comme mode de vie

SOCIÉTÉ 
L’insoumission comme mode de vie 

Depuis 1987, au Montois, dans le Jura, vit une petite communauté autogérée, anarchiste et anticapitaliste. Elle fait partie du réseau de coopératives agricoles Longo Maï, qui célèbre ses 40 ans. Reportage

Ce n’est peut-être pas le bout du monde, le Montois, mais ça y ressemble. Une ferme isolée, à 700 mètres d’Undervelier, village jurassien de 300 habitants, au pied des gorges du Pichoux. Un écrin de verdure et de tranquillité, où la rudesse du climat se vérifie pourtant chaque hiver: deux mois sans soleil, de décembre à février, à cause d’une montagne qui fait de l’ombre, et un arc de froid qui fait que «le – 10 de la nuit subsiste toute la journée», dit Raymond Gétaz, qui vit là depuis vingt-sept ans.

LeTemps.ch | L’insoumission comme mode de vie.pdf

31/03/2014

Évolution du climat : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici ...

lu sur :

Climat: le Giec alerte sur l'insécurité alimentaire et les risques de conflit

 Le Point

AFP- Publié le 31/03/2014 à 07:4

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà "tous les continents et les océans", vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).

"La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", note ce rapport intitulé "Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité".

Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12.000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d'investir dans cette direction.

A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

- Croissance économique ralentie -

 

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud: la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres.

"Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique", notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents".

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu "au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans".

 

- Toute la planète concernée -

 

Les risques concernent aujourd'hui toutes les régions du monde.

En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir "à court terme" est toujours plus pressante, dit le Giec.

Le Giec présente une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.).

Mais pour Chris Field, coauteur du rapport, "à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites".

22/03/2014

L'eau : quelle eau ?

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/22/l...

Le Monde.fr | 22.03.2014 à 07h36 • Mis à jour le 22.03.2014 à 08h39

La Journée mondiale de l'eau, le 22 mars, suscite moult animations et expositions en France comme ailleurs. Citons notamment celles des ONG de la Coalition Eau et la grande Nuit de l'eau organisée par la Fédération française et l'Unicef dans de nombreuses piscines.

C'est aussi le moment de s'arrêter sur la lenteur des progrès de développement qui laisse 768 millions d'humains sans accès à une source d'eau améliorée, c'est-à-dire un puits ou une source dans laquelle ne s'approvisionnent pas aussi les animaux, selon la définition de par l'Organisation des Nations unies.

Dans son Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau 2014, rendu public le 21 mars, l'ONU avance aussi une autre estimation : selon l'indicateur retenu, ce seraient en fait 3,5 milliards de personnes qui ne bénéficient pas d'une eau sûre, propre, accessible et abordable.

SANS TOILETTE, LES FILLES DÉSERTENT L'ÉCOLE

A l'heure des grands bilans, le chiffre de 2,5 milliards d'individus qui n'ont pas accès à un système d'assainissement suscite moins de débat. Pourtant derrière cette donnée se cache des souffrances quotidiennes, en particulier pour les femmes lorsqu'elles cherchent à s'isoler, pour les filles qui finissent par déserter l'école sans toilette et pour les enfants victimes de maladies hydriques.

En outre, l'ONU s'inquiète de l'impact sur l'environnement des 80% à 90% d'eaux usées qui sont rejetées sur la planète sans traitement. L'Agence française de développement (AFD) en a fait un de ses chevaux de bataille, nous dit Cassilde Brénière. En tant que chef de la division eau et assainissement de l'agence chargée de financer l'aide publique aux pays du sud – essentiellement sous forme de prêts -, elle a répondu à quelques-unes de nos questions.

Cassilde Brénière, selon vous, l'accès à l'eau est-il toujours une priorité de l'Agence française de développement ?
Bien sûr. Porté par les Nations unies, cet Objectif de développement-là semble en bonne voie pour 
atteindre son but, même s'il progresse avec d'énormes disparités. Rappelons qu'un habitant des Etats-Unis utilise en moyenne 300 à 400 litres d'eau par jour, un Européen 120 à 150 litres et un Africain des contrées subsahariennes 20 à 30 litres. Il reste beaucoup à faire.

Lire aussi : L'ONU inquiète du double bond de la demande en eau et en énergie

L'Afd consacre grosso-modo la moitié de ses moyens à améliorer la distribution d'eau potable dans les pays en voie de développement. L'accès n'est pas la seule difficulté, le gaspillage aussi pose problème.De grandes quantités d'eau sont perdues en Amérique latine, tandis que l'Afrique subsaharienne reste déshéritée.

Quant aux pays méditerranéens, ils se trouvent confrontés à l'épuisement de lnombreux aquifères. La qualité de ces réservoirs naturels se dégrade et les rend inutilisables. En effet quand les nappes sont surexploitées, leur niveau baisse permettant l'intrusion d'eau salée. C'est le cas au Maroc, en Tunisie, en Jordanie, dans les Territoires palestiniens…

Une de nos actions consiste à acheter de l'eau à Israël pour la diluer et faire baisser le taux de sel de l'eau qui est distribuée à Gaza. C'est un projet qui se mène dans des conditions difficiles, mais nous en sommes relativement contents, car il modifie la vie des habitants.

Quelles évolutions se dessinent pour l'avenir ?
L'AFD s'est engagée à 
consacrer au domaine de l'eau, 700 millions d'euros par an de 2014 à 2018, en faveur des pays en développement et 50 millions en d'euros en direction de l'Outre-mer. Nous voulons renforcer nos actions et augmenter la part de nos financements en faveur de l assainissement. C'est une problématique qui nous préoccupe.

Nous contribuons actuellement à la fois à des programmes de développement permettant aux gens de disposer de toilettes et à l'installation d'unités d'épuration des eaux usées. Ces trois dernières années, nos programmes ont permis de faciliter l'accès à l'assainissement à 217 millions de personnes par an, en particulier au Brésil, Burkina-Faso, Maroc, en Tunisie, PalestineEgypte

En comparaison des enjeux de l'eau potable, les gens sont moins conscients que ce sont des questions essentielles à la fois pour la sauvegarde de la santé et pour le bien-être humain. Maladies d'origine hydriques, les diarrhées sont la seconde cause de mortalité infantile : elles tuent 2 000 moins de 5 ans en moyenne chaque jour dans le monde.

Et l'assainissement a bien sûr un impact direct sur la vie aquatique et donc in fine sur la qualité de la ressource elle-même.

Constatez-vous des progrès ?
Oui, car nous faisons des études d'impact. Pour autant, il est difficile d'
attribuer la régression des maladies hydriques à une seule origine. Nous accompagnons systématiquement nos programmes d'actions de sensibilisation à l'hygiène, ce qui compte aussi.

Ce sujet figure-t-il davantage sur les agendas internationaux aujourd'hui ?
Il n'est plus tabou, mais il y a encore tant à 
faire ! Nous voulons motiver à la fois nos partenaires bailleurs internationaux et les pays du sud à consentir à des efforts dans ce domaine. Il faut agir.

Par exemple, le lac Victoria, la deuxième plus grande étendue d'eau douce du monde, est victime de blooms d'algues et de pollutions graves qui entraînent la disparition d'espèces. Avec la Banque mondiale et l'agence allemande d'aide au développement, nous contribuons à un gros programme de traitement des rejets des villes dépourvues de stations d'épuration qui sont situées dans trois Etats, autour du lac Victoria.

Pouvez-vous nous citer d'autres d'opérations qui vous tiennent à cœur ?
Outre la bande de Gaza, je répondrai le prêt de 100 millions d'euros que nous avons accordé aux autorités brésiliennes pour 
financer un système de collecte et de traitement des eaux usées dans douze villes de l'Etat de Santa Catarina, dans le sud du pays.

Et puis l'alimentation de quartiers périphériques, informels et délaissés, de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Aujourd'hui, dans cette ville, l'une des plus grandes d'Afrique, le réseau fonctionne. Les gens se sont mis à payer l'eau à la borne-fontaine.

Nous nous appuyons sur des associations locales d'usagers qui se chargent de la comptabilité. Ce projet qui marche bien en suscite d'autres de la part des habitants. Cela va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle on ne peut pas vendre d'eau dans des quartiers pauvres, à un prix abordable évidemment.

20/02/2014

Un rapport à « caractère partisan » de l’Inra contre l’agriculture biologique

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

130 chercheurs mobilisés contre un rapport sur l’agriculture biologique

Près de 130 chercheurs (notamment de l’Institut national de la recherche agronomique, de l’Inserm, du Centre national de la recherche scientifique et d’AgroParistech) exigent le retrait d’un rapport de l’Inra sur l’agriculture biologique qui, selon eux, « manque de rigueur scientifique et minimise ses bienfaits sanitaires et environnementaux », rapporte une dépêche AFP.

Cette étude, publiée en septembre 2013, dirigée par Hervé Guyomard (directeur scientifique agriculture à l’Inra) et réalisée par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), porte sur « L’analyse des performances de l’agriculture biologique ». 

L’AFP cite les propos d’un signataire de la lettre envoyée en décembre dernier au président de l’Inra qui évoque le « caractère partisan » du rapport : « il y a peu de données sur l’agriculture biologique et à chaque fois qu’il y a une incertitude, il tranche systématiquement en sa défaveur ». Les signataires pointent également du doigt les « conclusions très tranchées sur l’absence d’avantage sanitaire de l’agriculture biologique » de l’étude et l’absence de mention de la question des pesticides.

AFP, 18/02

12/02/2014

La modification du vivant et la création d'organismes nouveaux

à lire sur BASTAMAG :

http://www.bastamag.net/Biologie-de-synthese-comment

OPTIMISER LE VIVANT

Biologie de synthèse : comment ingénieurs et multinationales veulent industrialiser la vie

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 12 FÉVRIER 2014 

lire aussi :

ALIMENTATION

Privatisation des semences : une guerre de l’ombre se livre depuis un siècle 

EVOLUTION

Bienvenue dans une nouvelle ère géologique, déterminée par les humains pour le meilleur et pour le pire : l’Anthropocène

08/02/2014

2013, année la plus chaude

lu sur :

L’année 2013 a été la sixième plus chaude depuis 1850 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/05/l-annee-2013...

 

 

LE MONDE | 05.02.2014 à 10h48 • Mis à jour le 05.02.2014 à 20h26 |

Stéphane Foucart 

L'année 2013 se place au sixième rang des années les plus chaudes observées depuis le milieu du XIXsiècle, ex aequo avec 2007. Le bilan climatique préliminaire de l'année écoulée, rendu public mercredi 5 février par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), précise en outre que la température moyenne à la surface de la Terre a été de 0,5°C supérieure à la normale météorologique calculée sur la période 1961-1990.

Chaque année, l'OMM compile les données de trois laboratoires différents – le Goddard Institute for Space Studies (GISS), le National Climatic Data Center (NCDC) et le MetOffice britannique – afin d'établir le classement qui fait autorité.

Au total, selon celui-ci, treize des quatorze années les plus chaudes mesurées depuis la révolution industrielle appartiennent au XXIe siècle. La seule année du XXe siècle à se hisser à ce palmarès est 1998, marquée par un puissant El Niño, phénomène naturel et cyclique qui fait fortement grimper la température du Pacifique tropical tous les trois à sept ans, et donc la moyenne de la Terre. 

« RÉALITÉ INDÉNIABLE »

« La température moyenne de l'année 2013 confirme la tendance au réchauffement sur le long terme, a déclaré Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM. C'est là une réalité indéniable, même si le rythme du réchauffement n'est pas uniforme. » De fait, l'année écoulée ne se situe guère que 0,03 C au-dessus de la moyenne de la dernière décennie (2001-2010).

Cependant, ces fluctuations de court terme sont fortement liées aux oscillations périodiques entre le phénomène El Niño et son antagoniste « froid », dit La Niña. Or 2013 a été une année « neutre », où ni l'un ni l'autre ne vient perturber le climat mondial. Au palmarès de ces années neutres, 2013 remonte à la quatrième place des années les plus chaudes. Malgré l'absence d'El Niño, les événements extrêmes se sont multipliés, comme aux Philippines, ravagées en novembre 2013 par le typhon Haiyan.

Aux fluctuations, notées d'une année sur l'autre ou d'une décennie sur l'autre, s'ajoutent d'étonnantes sautes d'humeurs saisonnières. Dans son analyse annuelle, le GISS note ainsi que, si l'hémisphère Nord connaît des étés de plus en plus chauds, les hivers tendent à y être en moyenne légèrement plus rigoureux depuis une dizaine d'années, après s'être réchauffés pendant les trois précédentes décennies. Le laboratoire américain estime toutefois « improbable » que ce retournement de tendance se poursuive. 

Dans l'hémisphère Sud, rien de cela : hivers comme étés sont toujours régulièrement plus chauds. 

LE RETOUR D’EL NIÑO 

Parmi les situations les plus extrêmes notées au cours de 2013, l'OMM relève « une chaleur exceptionnelle observée dans la Grande Baie australienne et les régions océaniques adjacentes, dans une partie du nord-est et du centre-sud de l'océan Pacifique et dans une grande partie de l'océan Arctique ». En Australie, 2013 a été l'année la plus chaude jamais mesurée. 

Cette tendance ne s'arrêtera pas. « Vu les concentrations record de gaz à effet de serre qui sont mesurées dans l'atmosphère, la hausse des températures moyennes va se poursuivre sur plusieurs générations », explique M. Jarraud. 

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Dans l'immédiat, toutes les spéculations sont permises pour 2014. Le retour possible du fameux El Niñoest au centre d'une intense activité scientifique. Pas seulement pour savoir si l'année en cours battra un nouveau record de température : les prévisions des climatologues en la matière sont aussi auscultées par les spéculateurs.

Car le retour d'El Niño, « l'enfant terrible du Pacifique », est source d'un grand nombre de perturbations météorologiques et océaniques qui affectent les productions primaires tout autour du globe : prises de pêche en berne dans le Pacifique sud, productions agricoles tropicales affectées (café, cacao, caoutchouc, etc.) ou encore inondations catastrophiques à attendre en Océanie. 

Selon l'OMM, la persistance de conditions neutres ou l'apparition, « devenue plus probable », d'un El Niño de faible intensité vers la mi-2014 sont des scénarios « aussi plausibles l'un que l'autre ».

En France, janvier 2014 est le mois plus chaud depuis 1900 

Selon Météo France, l’Hexagone a connu, en janvier, le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré depuis 1900, à égalité avec 1936 et 1988. La température moyenne du mois écoulé a été de 2,7 ºC supérieure à la normale (c’est-à-dire à la moyenne calculée sur la période 1981-2010). Ces températures élevées se sont accompagnées d’« un ensoleillement faible sur la majeure partie du pays ». Météo France note que, outre les températures exceptionnellement élevées, « les pluies ont été très excédentaires dans le sud-est du pays, dans le Sud-Ouest, et de la Bretagne au Cotentin ». En moyenne, sur l’ensemble de la France, les précipitations ont été supérieures à la normale de plus de 40 %.

09/12/2013

Le stockage des déchets radioactifs

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[2013-12-06] Boycottée par les opposants, la consultation publique sur l'enfouissement des résidus du nucléaire français dans la Meuse a dû être reléguée sur Internet.
 
 

01/12/2013

Étude de la pollution chimique dans l'environnement

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/18/les-lecons-des-ecosystemes-synthetiques_3515732_3244.html

Les leçons des écosystèmes synthétiques

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.11.2013 à 16h35

A quelle concentration le bisphénol A, perturbateur endocrinien omniprésent dans l’environnement, cesse-t-il d’avoir un effet sur le vivant ? Une étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), présentée jeudi 14 novembre à Paris, apporte des éléments de réponse inédits, et montre que les seuils choisis au niveau européen pour définir les concentrations sans effet observé (NOEC) sont probablement trop laxistes.

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Pour parvenir à cette conclusion, l’Ineris s’est appuyé sur un outil expérimental, à mi-chemin entre l’éprouvette et le milieu naturel, le mésocosme. « En laboratoire, on sait tuer des poissons avec des fortes doses chimiques… mais on ne sait pas évaluer l’impact des faibles doses ou travailler sur du long terme, explique Eric Thybaud, écotoxicologue à l’Ineris. D’où le recours à des mésocosmes. » Ces « mondes intermédiaires » qui, depuis les années 1980, permettent de tester l’impact d’une substance, ou d’une modification environnementale, sur un écosystème.

« En général, en écotoxicologie, on commence nos études en évaluant l’effet d’une substance à différentes concentrations sur une espèce, continue le chercheur. Mais l’extrapolation de ce type de résultats à l’échelle de l’écosystème est souvent problématique car, dans le milieu naturel, la substance peut changer de forme ou influencer l’un ou l’autre des maillons de la chaîne alimentaire. » L’impact réel est alors très différent de celui observé en laboratoire. « Une élévation des températures peut engendrer une prolifération bactérienne dans les conditions de laboratoire, mais pas en milieu naturel, notamment parce que les prédateurs des bactéries prolifèrent davantage », continue Francesca Vidussi, une chercheuse à l’université de Montpellier, qui travaille avec des mésocosmes marins. D’où l’intérêt d’étudier le phénomène à l’échelle de l’écosystème.

PARAMÈTRE ENVIRONNEMENTAL

Le faire en milieu naturel n’est pas toujours possible. « Parce qu’il est quand même malvenu de balancer une substance chimique dans la nature pour en observer les effets », continue Eric Thybaud. « Parce qu’on ne peut pas faire varier un paramètre environnemental, comme la température ou la pluviométrie, sur un écosystème trop grand », explique Jacques Roy, directeur de l’Ecotron de Montpellier.

« Parce qu’en milieu marin, les masses d’eau bougent et que, dans ces conditions, il est difficile de suivre l’évolution d’une population », souligne Francesca Vidussi. Les chercheurs ont donc mis sur pied des mésocosmes, dans certains cas, des bouts d’écosystèmes naturels mis sous cloche et laissés, ou non, dans leur environnement d’origine ; dans d’autres, des écosystèmes simplifiés et placés dans des conditions naturelles.

C’est cette dernière voie qu’a choisie l’Ineris. « Le principal avantage de cette approche, c’est que l’on connaît très précisément l’historique de l’écosystème étudié », note Eric Thybaud. Créé en 1995, le dispositif à mésocosmes de Verneuil-en-Halatte (Oise) permet d’appréhender l’effet d’une substance chimique sur un écosystème d’eaux vives. Il est fait de douze canaux longs de 20 mètres, parallèles, rigoureusement identiques et installés en extérieur. « Un test en mésocosme dure en général un an, continue le chercheur. En novembre, nous remplissons tous les canaux avec la même quantité de sédiments, de l’argile et du sable. Nous mettons ensuite les bassins en eau, nous installons des plantes, des invertébrés et nous attendons que l’écosystème se stabilise. » Comme le ferait tout aquariophile qui se respecte. « En mars, nous ajoutons dans chaque bassin le même nombre de poissons et la substance à étudier aux concentrations souhaitées. »

EXPÉRIENCE SUR LE BISPHÉNOL A

Lors de l’expérience qui, entre 2011 et 2012, a porté sur le bisphénol A, trois canaux ont ainsi été soumis à 1 microgramme par litre de BPA, trois autres à 10 microgrammes par litre de BPA et les trois suivant à 100 microgrammes par litre de BPA, les trois derniers servant de témoins.

Les chercheurs ont alors laissé évoluer le système, prélevant de temps à autre des échantillons d’eau pour connaître l’évolution des populations d’invertébrés ainsi que la concentration réelle en BPA du milieu expérimental. « Nous avons recouvert nos canaux de filets pour que les oiseaux ne viennent pas se repaître de nos épinoches. » Des petits poissons dont le comportement sexuel est sous régulation hormonale et peut donc être affecté par le BPA. Quelques mois plus tard, les chercheurs ont stoppé l’expérience et observé l’effet du bisphénol A sur les différents écosystèmes. « Il apparaît que les végétaux ont du mal à pousser dans les canaux présentant le plus fort taux de BPA », ce qui, d’après le chercheur, n’avait jamais été observé auparavant.

Concernant les invertébrés, une chute significative des populations a été constatée, là encore à 100 microgrammes par litre. Plus intéressant, chez les poissons, des retards de la maturité sexuelle ont été observés dans les environnements titrés à 10 microgrammes de BPA par litre. « Dans ces canaux, la quantité de PBA mesurée était à 5,6 microgrammes par litre, poursuit le chercheur. Cela indique que la NOEC doit se trouver en dessous de 5,6 microgrammes par litre. » Or cette concentration est trois fois inférieure à la NOEC de 16 microgrammes de PBA par litre proposée, en 2003, par l’Europe à partir de tests en laboratoire. « Les tests en mésocosmes montrent que des effets apparaissent à des doses bien plus faibles que ne le laissaient penser les études en laboratoire. »

Pour mémoire, la concentration de BPA classiquement retrouvée dans l’environnement avoisine le microgramme par litre.

09/11/2013

Moscou, le pétrole et le droit international

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/07/greenpeace-le-sort-des-30-devant-la-justice-internationa_3509825_3244.html

Le sort des « 30 » de Greenpeace devant la justice internationale

LE MONDE | 07.11.2013 à 12h18 • Mis à jour le 08.11.2013 à 09h35 |Par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

Seuls devant les juges du Tribunal international du droit de la mer (TIDM), à Hambourg, les Pays-Bas ont plaidé pendant trois heures, mercredi 6 novembre, en faveur de Greenpeace. Les bancs de la Russie sont restés vides. Moscou refuse de laisser cette juridiction des Nations unies, chargée depuis 1994 de faire respecter la Convention sur le droit de la mer (1982), s'ingérer dans l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

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Le 19 septembre, le brise-glace affrété par Greenpeace et battant pavillon néerlandais avait été arraisonné par les autorités russes, saisi puis amarré dans le port de Mourmansk. Les militants avaient tenté la veille d'accrocher une banderole sur la plate-forme pétrolière et gazière de Prirazlomnaïa, dans la mer de Pechora, exploitée par Gazpromneft et d'autres compagnies pétrolières.

Mais la manifestation pacifique a mal tourné. Cinq jours plus tard, les trente membres d'équipage, de dix-huit nationalités différentes, étaient débarqués et emprisonnés dans cette ville portuaire du nord-ouest de la Russie pour « piraterie » d'abord, puis pour « hooliganisme ». Ils pourraient être bientôt transférés dans une prison de Saint-Pétersbourg.

LES MILITANTS RISQUENT, À CE JOUR, JUSQU'À 15 ANS DE PRISON

A Hambourg, les Pays-Bas ont demandé aux juges d'ordonner d'urgence une mainlevée sur l'Arctic-Sunrise, et la libération des 28 militants de Greenpeace et des deux photographes qui formaient l'équipage. Conseiller juridique du ministère des affaires étrangères néerlandais, Liesbeth Lijnzaad reproche à la Russie d'avoir arraisonné et immobilisé illégalement l'Arctic-Sunrise et détenu l'équipage du navire sans le consentement de l'Etat de pavillon, les Pays-Bas.

Elle assure que la Russie « a violé les droits de l'homme de cet équipage, notamment la liberté de circulation » et que « le différend s'aggrave et s'étend ».

Car en Russie, la procédure pénale se poursuit et les militants risquent, à ce jour, jusqu'à 15 ans de prison. Ainsi, le 28 septembre, le bateau était perquisitionné par les autorités russes, sans le consentement des Pays-Bas. Le 8 octobre, le capitaine du navire était condamné à une amende de 20 000 roubles (500 euros environ) pour refus d'obtempérer lorsque les garde-côtes russes lui ont demandé de stopper son navire.

DES MEMBRES DE GREENPEACE SUR LA MOSKOVA

Enfin, la justice russe a refusé de libérer l'équipage sous caution, procédure pourtant prévue par le droit international. Pour La Haye, il y a urgence. « L'Etat général du navire se dégrade, assurent les Néerlandais. Il s'agit d'un brise-glace vieillissant qui nécessite une maintenance intensive (...
)
. Il en découle naturellement un risque pour l'environnement, dont des fuites d'hydrocarbure » et, ajoutent les Pays-Bas, « ce risque réel est aggravé par les conditions météorologiques difficiles qui règnent et par l'état de la glace dans l'Arctique ».

Conseiller des Pays-Bas, René Lefeber a demandé aux magistrats d'ordonner que « l'Arctic-Sunrise puisse regagner Amsterdam avant que le soleil de l'Arctique se couche et que l'hiver arrive ». Pendant que M. Lefeber plaidait à Hambourg, des militants de Greenpeace naviguaient à bord de canots pneumatiques sur la Moskova, à Moscou, déployant leurs banderoles pour la « libération des 30 » détenus.

Quelles sont les chances des Pays-Bas dans cette affaire ? La Russie n'a dit mot, mais les courriers entre Moscou et La Haye figurent désormais au dossier et certains pourraient peser dans la décision des juges. Moscou rappelle ainsi que l'Arctic-Sunrise a violé la zone de sécurité de 3 milles établie autour de la plate-forme pétrolière, et assure que « le navire accélérait et changeait continuellement de cap, se livrant ainsi à des manœuvres dangereuses » dans la zone économique exclusive (zone sur laquelle un Etat côtier peut conduire souverainement des activités) de la Russie.

2013, ANNÉE DE L'AMITIÉ ENTRE LA RUSSIE ET LES PAYS-BAS

La veille de l'arraisonnement, les Russes avaient informé les Néerlandais que les actes de Greenpeace présentaient « le caractère d'activités terroristes ». Le tribunal devrait rendre sa décision le 22 novembre.

S'il peut ordonner la libération de l'équipage et le retour du brise-glace à son port d'attache, il n'a, en revanche, pas les moyens d'obliger Moscou à appliquer ses décisions.

Simon Olleson, avocat de Greenpeace dans cette affaire, rappelle que « le tribunal n'a aucun moyen de forcer la Russie à coopérer », mais un refus de Moscou pourrait lui coûter cher « sur le plan diplomatique ». Ironie de l'histoire, 2013 a été déclarée Année de l'amitié entre la Russie et les Pays-Bas. Il leur reste deux mois pour trouver une issue à l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

15/10/2013

Australie : changement climatique, connaît pas ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/14/l-australie-sacrifie-l-environnement-pour-relancer-son-economie_3495176_3244.html

L'Australie sacrifie l'environnement pour relancer son économie

LE MONDE | 14.10.2013 à 11h12 • Mis à jour le 14.10.2013 à 16h12 |

Par Colin Folliot (Sydney, correspondance) 

Pour Tony Abbott, le nouveau premier ministre conservateur australien, le démontage méthodique de la politique environnementale de ses prédécesseurs est une priorité. Ce climato-sceptique, qui qualifiait en 2009 de "connerie absolue" l'attribution du changement climatique à l'activité humaine, avait fait des élections législatives de septembre "un référendum sur la taxe carbone", mise en place par les travaillistes et qu'il promettait d'abroger. Entré en vigueur en 2012, ce dispositif prend la forme de permis d'émission de CO2 que doivent acheter les 500 plus gros pollueurs du pays.

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La question est délicate en Australie : particulièrement sensible aux aléas climatiques – des records de température cet automne accroissent encore les risques d'incendie –, le pays a échappé à la crise économique grâce à son industrie minière, très polluante, et il est un des plus gros émetteurs de CO2 par habitant. C'est au nom de l'économie que les conservateurs s'attaquent à l'écologie. Pour eux, "supprimer la taxe carbone doit alléger la pression sur les familles, aider les petites entreprises et restaurer la confiance dans l'économie".

 Le ministre de l'environnement, Greg Hunt, est aussi prié de faire des économies en supprimant plusieurs organismes chargés de la lutte contre le changement climatique. Le nouveau gouvernement espère enrayer le récent ralentissement de la croissance australienne, en allégeant les contraintes qui pèsent sur les entreprises.

POLITIQUEMENT RISQUÉ

Tony Abbott s'est engagé à ce que l'abrogation de la taxe carbone soit présentée rapidement au Parlement. Mais ce calendrier est politiquement risqué, car les nouveaux sénateurs élus en septembre ne prendront leurs fonctions que le 1er juillet 2014. D'ici là, les travaillistes et les Verts restent majoritaires à la Chambre haute. Greg Hunt les exhorte à respecter le "mandat " du nouveau gouvernement en votant l'abrogation, mais les travaillistes s'y refusent catégoriquement, comme l'a rappelé Bill Shorten, le nouveau leader du parti. En cas de blocage, Tony Abbott menace d'une "double dissolution" (seul moyen de dissoudre le Sénat), mais il pourrait finalement préférer attendre juillet. Il devrait alors rallier au moins six sénateurs indépendants.

Cette mesure pourrait coûter au budget national jusqu'à 2 milliards de dollars australiens (1,4 milliard d'euros), selon RepuTex, cabinet d'analyse spécialisé dans l'énergie. En effet, en attendant la mise en place, prévue au 1er juillet 2015, d'un marché du carbone, les entreprises ont acheté leurs permis d'émission, dont elles pourraient, en cas de disparition de la taxe carbone, demander le remboursement à l'Etat. 

 MODIFICATION LÉGISLATIVE NÉCESSAIRE 

La suppression de la taxe carbone doit s'accompagner de celle de l'Autorité du changement climatique, chargée de conseiller le gouvernement sur la lutte contre le changement climatique et notamment sur les prix à fixer pour le carbone. Mais cette institution ayant été créée par une loi, Tony Abbott devra aussi passer devant le Sénat. 

Dès sa nomination, Greg Hunt a également supprimé la Commission du climat, organisme indépendant dont le rôle était d'informer le public sur le changement climatique. Son dirigeant, Tim Flannery, a toutefois décidé de lui redonner vie sous la forme d'une ONG. Rebaptisée Conseil du climat, l'organisation a déjà reçu 20 000 dons, pour 1 million de dollars australiens.

Enfin, Tony Abbott a demandé à son ministre de l'économie et des finances, Joe Hockey, de fermer la Clean Energy Finance Corporation. Ce fonds d'investissement public, doté de 10 milliards de dollars australiens et chargé d'investir dans des projets d'énergies renouvelables, est accusé par Greg Hunt "d'emprunter l'argent public pour investir dans des entreprises spéculatives".

MÉPRIS POUR LA CLIMATOLOGIE 

Sénatrice de Tasmanie et chef des Verts, Christine Milne a vivement réagi à ces annonces : "C'est un jour noir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Tony Abbott a démontré son mépris pour la science du climat et pour la santé et le bien-être des générations futures." 

Pour justifier la disparition de toutes ces institutions, le ministre de l'environnement affirme que leur travail sera directement assuré par ses services et le bureau de météorologie. En contrepartie, il devrait ensuite mettre en place un "plan d'action directe", prévoyant des incitations financières pour les entreprises en fonction de leur "efficacité énergétique", et la plantation de 20 millions d'arbres.

Ce plan vise à atteindre les objectifs fixés par les travaillistes pour 2020 : des émissions de gaz à effet de serre réduites de 5 % par rapport à 2000 et 20 % de l'électricité produite par des énergies renouvelables. Mais Tony Abbott a déjà prévenu : il est hors de question de dépasser le budget de 3,2 milliards de dollars australiens sur quatre ans alloué à cette politique. 

14/10/2013

Pétrole et environnement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/07/pour-sauver-le-parc-congolais-des-virunga-wwf-porte-plainte-contre-le-petrolier-soco_3490974_3244.html

LE MONDE | 07.10.2013 à 11h03 • Mis à jour le 07.10.2013 à 16h53 |

Par Laurence Caramel

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a déposé plainte (PDF en anglais), lundi 7 octobre, contre la compagnie pétrolière anglaise Soco auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour "violation des normes de responsabilité sociale des entreprises internationales". "Les activités d'exploration pétrolière de Soco dans et aux abords du parc national des Virunga violent les directives de l'OCDE concernant l'environnement et les droits de l'homme", avance l'ONG. L'OCDE devrait dire d'ici à deux mois si la plainte est recevable.

C'est une nouvelle étape dans la bataille lancée par WWF pour tenter d'empêcher les pétroliers détenteurs de concessions dans le plus ancien parc national d'Afrique, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979, d'utiliser les permis octroyés par le gouvernement congolais. Trois groupes étaient concernés jusqu'à présent : L'italien ENI, Total et Soco. Les deux premiers ont renoncé. Christophe de Margerie, PDG de l'entreprise française, a assuré, en mai, qu'aucune exploration n'aurait lieu à l'intérieur des limites actuelles du parc. Reste donc Soco.

Lire (édition abonnés) : " Congo-Kinshasa : difficile cohabitation entre grands singes et pétroliers"

Congo-Kinshasa _ difficile cohabitation entre grands singes et pétroliers.pdf

 L'entreprise, créée en 1997 et qui opère en Angola et au Vietnam, est restée sourde pour le moment aux avertissements de l'Unesco et du gouvernement britannique. Tout comme le gouvernement congolais, qui a reçu des mises en garde de ses bailleurs, à commencer par le premier d'entre eux, l'Union européenne. La filiale congolaise de Soco – domiciliée aux îles Caïmans – détient depuis 2007 une concession dénommée "bloc 5" de 7 500 km2 dont plus de la moitié se trouve à l'intérieur des Virunga.

WWF DEMANDE À L'OCDE DE FACILITER UN "DIALOGUE AMIABLE"

En octobre 2011, alors que la mobilisation internationale était déjà lancée, elle a été autorisée, par décret du ministère de l'énergie, à explorer "à des fins scientifiques", seul motif prévu par la loi congolaise sur la protection de la nature, pour déroger à l'interdiction de pénétrer dans une aire protégée. Mais Soco continue de violer les traités internationaux auxquels a souscrit la RDC en sollicitant l'inscription des Virunga au Patrimoine mondial. Le site, où vivent un quart des derniers gorilles de montagne, a été classé en danger en 2008. 

En portant l'affaire devant l'OCDE, le Fonds mondial pour la nature est conscient de s'aventurer sur un terrain juridiquement faible. Les lignes directrices de l'organisation internationale ne sont pas contraignantes et les entreprises qui ne les respectent pas n'encourent aucune sanction. Si ce n'est de ternir leur réputation. "Nous voulons attirer l'attention sur cette société et convaincre ceux qui détiennent des actions ou voudraient en acheter d'y renoncer", explique Jean-Baptiste Roelens, de WWF France. Dans sa procédure, l'ONG demande à l'OCDE de faciliter un "dialogue amiable" pour amener l'entreprise à modifier son comportement.

La plainte, rédigée sur 34 pages, liste une série d'entorses aux principes auxquels sont tenues de se conformer les multinationales d'un pays membre de l'OCDE. Parmi elles, selon le WWF, l'absence d'évaluation de l'impact humain que pourraitavoir une "ruée vers l'or noir" dans une région aussi instable que l'est de la RDC."Il y a de sérieuses craintes que le pétrole n'attire encore davantage de groupesarmés et n'alimente les conflits. Soco n'a pas démontré qu'elle avait pris ce risque en compte comme elle aurait dû le faire", souligne WWF.

IMPACTS SENSIBLES SUR LA BIODIVERSITÉ

La compagnie aurait aussi failli à son obligation de fournir une évaluation environnementale aux populations touchées par le projet. Or, selon le document gardé confidentiel par l'entreprise et que WWF produit dans sa plainte, il s'avère que les activités d'exploration pourraient avoir des impacts sensibles sur la biodiversité : pertes d'habitats ; risques de pollution ; perturbation de la reproduction de la faune aquatique ; risque de braconnage des employés du site... Le bloc 5 traverse le lac Edouard sur lequel travaillent environ 27 000 pêcheurs. Des tentatives d'intimidation des communautés locales, dont plusieurs se sont regroupées pour demander au gouvernement de mettre fin au projet, ont été relatées.

Cette accusation fait écho à l'arrestation, le 19 septembre, d'un des rangers du parc, Rodrigue Katembo Mugaruka. Aucune charge n'a été encore officiellement retenue contre lui, mais les ONG qui ont pris sa défense pointent l'altercation qu'il aurait eue, deux jours avant son arrestation, avec des employés de Soco qui tentaient d'implanter une antenne de télécommunication sans autorisation. L'entreprise nie toute implication dans cette arrestation.

Lire aussi (édition abonnés) : " L'Equateur renonce à sanctuariser le parc Yasuni pour en exploiter le pétrole"

 L'Equateur renonce à sanctuariser le parc Yasuni pour en exploiter le pétrole.pdf

Les forages peuvent commencer à Yasuni, en Equateur
Le Congrès équatorien a autorisé, jeudi 3 octobre, des forages pétroliers dans le parc national Yasuni, en Amazonie.
Le président socialiste, Rafael Correa, avait annoncé en août sa décision de renoncer à sanctuariser cette aire protégée, qui possède une biodiversité remarquable mais aussi 20 % des réserves de pétrole du pays.
En 2007, l'Equateur avait lancé une initiative originale en s'engageant à ne pas exploiter le sous-sol du parc si la communauté internationale lui promettait 3,6 milliards de dollars (2,65 milliards d'euros), soit la moitié des revenus escomptés du pétrole. Six ans après, seule une infime partie de ce montant a pu être rassemblée.
Rafael Correa minimise l'impact des forages pétroliers sur l'environnement en assurant qu'ils n'affecteront que 0,01 % du bassin du Yasuni. Le parc possède une superficie de près de 10 000 km2. Les écologistes et les populations indigènes continuent de protester et réclament un référendum.