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26/03/2016

L'utilisation des pesticides en France

Quelques liens :

Des pesticides en doses toujours plus massives dans les ...

www.lemonde.fr/.../des-pesticides-en-doses-toujours-plus-massives-dans-les...
9 mars 2016 - Présentées en périodes lissées de trois ans afin d'intégrer les variations climatiques, elles dessinent une tendance moyenne à la hausse de 5 ...

Tout ce qu'il faut savoir sur les pesticides - Le Monde

www.lemonde.fr/.../tout-ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-pesticides_4887437_3...
Il y a 4 jours - Selon les derniers chiffres officiels, au début de mars, le secteur agricole consomme de plus en plus de pesticides, avec une hausse annuelle ...

L'utilisation de pesticides toujours en hausse - France 3 ...

france3-regions.francetvinfo.fr/.../l-utilisation-de-pesticides-toujours-en-...
17 mars 2016 - L'utilisation des pesticides en France est toujours en hausse. Selon le rapport annuel du ministère de l'Agriculture on constate une ...

L'utilisation des pesticides toujours en hausse en France ...

www.bioalaune.com/.../lutilisation-des-pesticides-toujours-en-hausse-en-f...
11 mars 2016 - C'est une déception. La consommation et l'achat de pesticides sont en hausse en France malgré la progression du bio et la politique actuelle ...
Les chiffres de la campagne agricole 2013 viennent d'être rendus publics et ils sont particulièrement mauvais avec + 9,2 % de hausse de traitements pesticides ...

Pesticides en hausse. Les chiffres des cours d'eau bretons ...

www.letelegramme.fr/.../agriculture-l-utilisation-de-pesticides-en-hausse-...
9 mars 2016 - L'utilisation de produits phytosanitaires en France a continué d'augmenter entre 2011 et 2014, selon le rapport annuel du ministère de ...

Ecophyto: toujours plus de pesticides ! - Natura Sciences

www.natura-sciences.com/agriculture/ecophyto-hausse-pesticides934.html
14 mars 2016 - Le plan Ecophyto ne parvient pas à faire diminuer les doses de pesticides épandues dans les champs. La hausse des traitements est ...

Augmentation de l'utilisation des pesticides en France ...

https://blogs.mediapart.fr/.../augmentation-de-lutilisation-des-pesticides-e...
12 mars 2016 - Ils sont accablants. Loin de diminuer, l'usage de pesticides a encore augmenté de 9,4% entre 2013 et 2014. Réaction et propositions de FNE.

Utilisation pesticides en hausse - Le Gabi

www.gabi77.org/les-neonicotinoides/utilisation-pesticides-en-hausse
12 mars 2016 - Le ministère de l'Agriculture a rendu publiques le 8 mars les statistiques sur la consommation de produits phytosanitaires dans le secteur ...

L'utilisation des pesticides augmente de 9% en 2013-2014 ...

www.franceinfo.fr/.../l-utilisation-des-pesticides-augmente-de-9-en-2013...
8 mars 2016 - L'agriculture française toujours plus accro aux pesticides. Le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de plus de 9% entre 2013 et ...

Pesticides en hausse dans les campagnes françaises: tollé ...

www.goodplanet.info/.../pesticides-hausse-campagnes-francaises-tolle-on...
 

Pesticides en hausse dans les campagnes françaises: tollé ...

www.sciencesetavenir.fr › Nature & environnement
Pesticides en hausse dans les campagnes françaises: tollé des ONG. Publié le 10-03-2016 à 18h01 Mis à jour le 13-03-2016 à 17h45. AA ...

11 mars 2016 - Paris (AFP) – Le refus des sénateurs d'imposer 20% de produits bio dans les cantines du public reflète « un manque de vision ...

17/02/2015

Les OGM en plein champ sont néfastes à tout point de vue, sauf pour l'industrie chimique

communiqué :

OGM : SELON MONSANTO, UNE MODIFICATION GÉNÉTIQUE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Les insectes peuvent-ils tirer profit de plantes génétiquement modifiées (PGM) insecticides ? Cette question n'est pas soulevée par de tâtillons militants anti-OGM, loin de là. Elle est issue d'un article scientifique publié en 2014 dans la revue Bulletin of Entomological Research par des chercheurs brésiliens... et Monsanto [1] !

 
 
SURFACES MONDIALES D'OGM EN 2014 : +3,6% DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS POLARISÉ
Christophe NOISETTE, janvier 2015

L'Isaaa, lobby de l'agriculture biotechnologique, vient de publier son état des lieux annuel des plantes génétiquement modifiées (PGM) dans le monde. Au-delà des questions méthodologiques et des variations entre les sources, l'analyse de ce rapport prouve, malgré l'enthousiasme sémantique de son auteur, que l'engouement pour les OGM ne redémarre pas. Si les maïs et soja transgéniques ont été adoptés rapidement sur le continent américain, les autres plantes, elles, stagnent et les autres continents restent globalement prudents, pour ne pas dire hostiles, à cette technologie. Démonstration…

 
 
OGM EN BELGIQUE - LES FAUCHEURS DE POMME DE TERRE NE SONT PAS DES CRIMINELS
Christophe NOISETTE, janvier 2015

Le 29 mai 2011 [2], quelques centaines de militants anti-OGM venus de plusieurs pays de l'Union européenne (principalement de Belgique, mais aussi de France et des Pays-Bas) avaient participé à une action de désobéissance civile et arraché quelques pommes de terre cisgéniques [3] à Wetteren, en Belgique. Expérimentées par le centre de recherche flamand sur les biotechnologies (VIB), ces pommes de terre étaient censées mieux résister au mildiou. Onze personnes avaient dans un premier temps été inculpées et condamnées à de lourdes peines, dont de la prison, en janvier 2013, mais le procès était finalement reparti « à la case départ » pour une question de procédure. En septembre 2013, les peines étaient allégées mais les opposants aux chimères génétiques décidaient de faire appel, notamment car le Tribunal confirmait le premier verdict sur l'appartenance de ces personnes à « une association de malfaiteurs ». Pour eux, l'action était politique, et ils demandaient à être jugés en conséquence. Le 28 octobre 2014, lors du procès en Appel, le Tribunal est revenu sur ce point litigieux et a donc acquitté les Faucheurs de la condamnation pour « association de malfaiteurs », tout en maintenant des amendes et dommages et intérêts.

 
 
16 ANS DE CONTAMINATIONS D'OGM : IMPOSSIBLE COEXISTENCE
Eric MEUNIER, décembre 2014

Certains gènes ou graines de plantes génétiquement modifiées (PGM) peuvent se retrouver là où ils ne devraient pas. On parle alors de contamination (cf. Qu'appelle-t-on la coexistence des filières OGM / non OGM ?). Ces PGM peuvent se disséminer aux champs, en se croisant avec des plantes apparentées, mais aussi tout au long de la filière (transport, stockage, transformation, etc.). Un bilan exhaustif de la présence non désirée ou illégale de transgènes dans des productions agricoles, alimentaires ou autres, est difficile, voire impossible, à réaliser. Greenpeace et Genewatch, deux associations environnementalistes, proposent néanmoins un suivi des cas de contaminations commerciales. Ces associations ont dénombré 396 contaminations par des PGM dans 63 pays entre janvier 1 997 et décembre 2013.

11/11/2014

Abeilles, chimie, fipronil, Suisse

le surlignage est de moi

lu sur :

http://www.swissinfo.ch/fre/abeilles--causes-d-une-h%C3%A9catombe-dans-l-emmental-%C3%A9lucid%C3%A9es/41107892

10. NOVEMBRE 2014 - 20:45

Les causes de la mort mystérieuse de plus d'un million d'abeilles fin avril dans la région de Zäziwil, dans le canton de Berne, sont désormais élucidées.

Un insecticide, le fipronil, a été par erreur mélangé avec un fongicide chez un fabricant de produits phytosanitaires.

Du fipronil, une substance qui présente un effet insecticide, a été découvert sur les feuilles d'arbres fruitiers. Mais la façon dont ce produit s'est déposé sur les végétaux demeure un mystère. Son utilisation en Suisse pour la protection des plantes est interdite.

Ce sont deux laboratoires indépendants qui ont fait le rapprochement avec le fipronil, a annoncé lundi le service apicole apiservice. Une table ronde sera mise en place entre les différents acteurs pour prévenir un nouvel incident de ce type.
 
sda-ats

06/10/2014

Gardanne : manifestation contre le projet de la centrale à bois

à lire sur :

Gardanne : manifestation contre le projet de la centrale à bois

Francetv info - il y a 19 heures

Un des réacteurs de la centrale à charbon de Gardanne ne fonctionnera plus au charbon mais au bois . C'est ce que s'apprête à faire le groupe allemand E.on.

extrait :

Le saccage des forêts

Pas moins d'un million de mètres cubes de bois seront nécessaires chaque année au fonctionnement de la centrale électrique. Pour donner une image, cela représente 50 fois le volume de l'Arc de triophe.Le bois proviendra des forêts de la région mais aussi des Cévennes, du massif central et du Jura. Selon les écologistes, des zones classées au patrimoine de l'Unesco et Natura 2000 risquent d'être concernées. Si çela ne suffit pas, le bois sera importé des pays de l'Est ou du Canada.

Plus de pollution

En moyenne, 700 camions transportant le bois ou les cendres traverseront les communes de Meyreuil et de Gardanne et de nombreuses routes aux alentours. Une partie des produits brûlés comme les palettes par exemple dégageront des dioxines et d'autres éléments cancérigènes ainsi que des métaux lourds (plomb, chrome, zinc et arsenic). Les opposants dénoncent également une pollution sonore due au fonctionnement permanent d'un broyeur géant. L'émission de CO2 à 700 000 tonnes par an, soit 2 fois plus qu'aujourd'hui.

Gardanne : manifestation contre le projet de la centrale à bois

Un des réacteurs de la centrale à charbon de Gardanne ne fonctionnera plus au charbon mais au bois. C'est ce que s'apprête à faire le groupe allemand E.on. Un projet jugé aberrant et désastreux par les écologistes et les opposants. Ils étaient près de 300 à manifester ce dimanche 5 octobre.

  • Par Robert Papin
  • Publié le 05/10/2014 | 13:06, mis à jour le 05/10/2014 | 18:14

  •  

     

20/08/2014

Ressource naturelles : la "dette écologique" cette année

lu sur Le Point :

À partir du 19 aoûtl'humanité vit "à crédit" sur sa dette écologique

Le Point.fr - Publié le 19/08/2014 à 14:27

source AFP

Il a fallu à peine huit mois en 2014 pour consommer plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en renouveler, selon les calculs du Footprint Network.

Il y a une dette qui sera plus difficile à rembourser que d'autres, et elle n'est pas financière. La population mondiale vit en effet à "crédit écologique" à partir de ce mardi : elle a consommé en huit mois l'intégralité des ressources que la Terre peut produire sans compromettre leur renouvellement, a calculé l'ONG Footprint Network qui réalise ce bilan chaque année. "Pour le reste de l'année, notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l'accumulation du CO2 dans l'atmosphère", souligne l'ONG basée aux États-Unis. Le "jour du dépassement" ne cesse d'intervenir de plus en plus tôt dans l'année, c'est-à-dire que l'humanité engloutit son "budget écologique" de plus en plus vite.

Pression intense depuis les années 1970

Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003, et l'an dernier, il avait eu lieu le 20 août. L'humanité est "entrée en situation de dette écologique" dans les années 1970, selon l'ONG WWF. "Aujourd'hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler", poursuit-elle dans un communiqué. Selon Global Footprint Network, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l'empreinte actuelle de l'humanité.

Même si les chiffres sont mauvais, "nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l'utilisation durable des ressources. Mais il faut agir maintenant", a déclaré la directrice des programmes de conservation du WWF France, Diane Simiu. Énergies renouvelables, régimes alimentaires moins riches en viande, en finir avec l'économie linéaire (produire-jeter) et se convertir à l'économie circulaire où les déchets des uns sont les ressources des autres, ou encore repenser l'urbanisme sont autant de pistes mises en avant par l'ONG.

13/12/2012

Agriculture française et pesticides : un marché de 1,9 milliards d'euros

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/27/les-raisons-de-l-addiction-francaise-aux-pesticides_1782000_3244.html

Les raisons de l'addiction française aux pesticides

LE MONDE | 27.10.2012 à 10h51 • Mis à jour le 29.10.2012 à 07h40 Par Martine Valo

Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l'hectare cultivé.

L'importance des terres arables n'explique pas tout. Il existe en France une forme de reconnaissance envers ces substances qui ont soutenu la modernisation radicale de l'agriculture à partir des années 1950. Appauvrissement des sols, phénomènes de résistances des "ravageurs" et surtout dégradation inquiétante de la qualité de l'eau : le revers de la médaille se révèle aujourd'hui. Quant aux répercussions sur la santé, les adeptes de l'agriculture intensive – qui achètent 93 % des produits phytosanitaires du marché national – sont les premiers à en pâtir.

Lancé en 2008 à l'issue du Grenelle de l'environnement, le plan gouvernemental Ecophyto s'est fixé pour ambition de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2018. Mais les ventes ont continué de grimper de 2,6 % entre 2008 et 2011... Seules les substances les plus dangereuses ont fortement diminué... parce que l'Union européenne (UE) a imposé le retrait du marché de 53 d'entre elles. Le bilan est si décourageant et l'objectif jugé si inatteignable que le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a un temps hésité avant de le reprendre à son compte.

"PEU D'OUTILS OBLIGATOIRES OU COERCITIFS"

Qu'est ce qui coince ? La réponse est en partie inscrite dans le rapport de la mission parlementaire d'information sur les pesticides conduite par la sénatrice Nicole Bonnefoy (PS) : "L'analyse fine du contenu réel du plan Ecophyto 2018 montre que sa réussite dépend largement de la bonne volonté des agriculteurs, des fabricants et des industriels. Peu d'outils obligatoires ou coercitifs ont été mis en place." Pour ne prendre qu'un exemple, la mobilisation des pouvoirs publics n'a même pas mis fin aux épandages aériens de pesticides, officiellement interdits par la loi, mais qui continuent de bénéficier de multiples dérogations.

Au sein d'une agriculture française très structurée, convaincre chaque agriculteur de lever le pied sur le pulvérisateur de pesticides n'est peut-être pas le plus grand défi. Car que pèse le discours vertueux face aux pressions de la coopérative dont il dépend pour écouler sa production ? Peut-il risquer de se retrouver avec ses pommes ou son blé sur les bras ?

La coopérative impose ses propres critères, exige des rendements, tout en fournissant les conseils et parfois les pesticides qui permettent d'y parvenir. Elle rédige des cahiers des charges très précis pour répondre aux exigences de la grande distribution, voire de l'usine agroalimentaire dans laquelle elle a elle-même souvent des intérêts. Le terme de "coopérative" désigne en effet des groupements de dimension internationale aux intérêts diversifiés. Le chiffre d'affaires de In Vivo par exemple, spécialisée dans les céréales, dépasse 6 milliards d'euros, Sodiaal (lait) 4 milliards et, Triskalia, la polyvalente bretonne, 2 milliards.

Aucun règlement n'interdit "qu'une même personne morale prescrive ou au moins recommande des traitements phytosanitaires et vende les produits permettant de les réaliser", soulignent les parlementaires dans leur rapport. "Dans l'écrasante majorité des départements, s'inquiètent-ils, les coopératives agricoles jouent les deux rôles dont la synergie apparaît malsaine."

"PROBLÈME LANCINANT DES CONFLITS D'INTÉRÊTS"

Ils dénoncent en outre le "problème lancinant des conflits d'intérêts" au sein des groupes d'experts qui conseillent les pouvoirs publics sur la toxicité des produits. Quant aux chambres d'agriculture, qui comptent nombre de dirigeants de grandes coopératives à leur tête, elles continuent de jouer un rôle central en impulsant ou non des changements de pratiques chez leurs adhérents. Le plan Ecophyto repose sur elles pour la constitution d'un réseau d'exploitations de référence, les fermes Dephy, qui souhaitent jouer le jeu de produire autant en réduisant les intrants.

C'est par elles encore que passe la formation des agriculteurs, qui sera couronnée par un certificat, le Certiphyto, obligatoire à partir du 1er octobre 2014. Les distributeurs d'herbicides, fongicides et autres insecticides devront eux aussi obtenir un agrément.

Le ministère de l'environnement ne s'occupe que des 7,8 % d'utilisateurs en dehors du monde agricole – jardiniers, gestionnaires de golf, Réseau ferré de France... –, et a logiquement laissé la main à celui de l'agriculture, qui mise surtout sur la pédagogie. L'administration de Stéphane le Foll vient notamment de lancer une plate-forme contributive sur Internet, "Produisons autrement", qui regorge de témoignages convaincants d'exploitants et d'agronomes vantant les mérites de la diversification des variétés, de l'espacement des plantations, des substances nettement moins nocives pour l'environnement...

LE BIO N'OCCUPE QUE 3,5 % DE LA SURFACE AGRICOLE

Tout confondu, les crédits engagés pour Ecophyto s'élèvent à environ 140 millions d'euros par an, en bonne partie financés par la redevance sur les pollutions diffuses collectées par les agences de l'eau. "Le problème, ce n'est pas l'argent mais la volonté, observe François Veillerette de Générations futures. En Picardie par exemple, des exploitations qui ont réduit de moitié leur usage des pesticides n'ont pas pu prendre place dans le réseau Dephy, faute de convaincre les responsables agricoles locaux. On perd du temps.""On peut multiplier les changements à la marge, mais atteindre les 50 % en moins signifierait quitter le modèle de l'agriculture intensive et sortir la bio de sa niche", conclut Isabelle Laudon de WWF.

En 2011, le nombre d'exploitations engagées dans le système biologique a progressé de 12,3 %, ce qui ne les fait cependant occuper que 3,5 % de la surface agricole. Or le Grenelle de l'environnement a fixé l'objectif de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. En Europe, 17,2 % des terres autrichiennes sont déjà converties au bio, 8,6 % des italiennes et 5,9 % des allemandes.

Martine Valo

Un marché de 1,9 milliard d'euros en 2011

Avec plus de 5 kilogrammes en moyenne de matières actives déversés par hectare cultivé, le marché des pesticides a représenté un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros en France en 2011. Le commerce des herbicides – 40 % des ventes – occupe de loin la première place devant celui des fongicides et des insecticides.

Les grandes exploitations céréalières, les producteurs d'oléagineux et les viticulteurs sont les premiers utilisateurs de produits phytosanitaires.

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(reprise de la note du 27/10/2012 sur ce blog : Pesticides et agriculture :...)

09/06/2010

Contamination par du maïs transgénique en Allemagne

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lu sur :
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-1370050,0.html
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Contamination par du maïs transgénique en Allemagne

Des traces d'un maïs transgénique non autorisé à la culture en Europe ont été détectées dans sept régions d'Allemagne. Ces contaminations représenteraient 0,1 % des semis, soit une centaine de plants par hectare, selon Greenpeace. La filiale allemande de la firme américaine Pioneer Hi-Bred, qui commercialise les semences conventionnelles polluées par son maïs transgénique NK603, estime que le taux de contamination est bien plus faible, de l'ordre de 0,03 %.

Le semencier avance le chiffre de moins de 2 000 hectares concernés, quand l'association écologiste fait état de 3 000 hectares. Selon Greenpeace, le ministère de l'agriculture de Basse-Saxe, où est basé Pioneer, en était informé depuis mars, mais n'en aurait averti son homologue de l'environnement qu'un mois plus tard. Ce n'est que début juin, selon la radio Deutsche Welle, et après une décision de justice, que Pioneer a livré la liste des revendeurs des semences contaminées.

Article paru dans l'édition du 10.06.10

28/05/2010

Les pesticides favoriseraient les troubles de l'attention chez les enfants

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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/28/les-pesticides-favoriseraient-les-troubles-de-l-attention-chez-les-enfants_1364251_3244.html
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LEMONDE.FR | 28.05.10 | 12h43  •  Mis à jour le 28.05.10 | 13h27


es fruits et légumes responsables de troubles du développement chez les enfants ? C'est ce qu'avance une étude américano-canadienne publiée en mai dans la revue Pediatrics : les enfants exposés à des concentrations importantes de pesticides via les fruits et légumes cultivés aux Etats-Unis sont plus susceptibles de souffrir de troubles déficitaires de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Des chercheurs aux Etats-Unis et au Canada ont étudié les cas de 1 139 enfants âgés de 8 à 15 ans et ont découvert que ceux chez qui des concentrations élevées de pesticides de type organophosphates étaient détectées avaient deux fois plus de chances de souffrir de TDAH. "Cette étude est une nouvelle preuve du lien entre l'exposition à de hauts niveaux de pesticides et les troubles du développement", affirme le document.

L'ALIMENTATION, PRINCIPALE SOURCE D'EXPOSITION

Quelque quarante organophosphates sont homologués par l'Agence fédérale de protection de l'environnement. Les organophosphates sont habituellement issus de l'acide phosphorique ; la plupart sont des insecticides. Ils contrôlent les organismes nuisibles en agissant sur le système nerveux. A quelques exceptions près, la plupart sont hautement toxiques.

Bien que l'usage privé de pesticides soit très répandu, l'Académie américaine des sciences considère que la principale source d'exposition des enfants aux pesticides est leur alimentation, rapporte l'étude. Selon un rapport datant de 2008, cité par Pediatrics, des niveaux détectables de pesticides ont été relevés sur une part significative d'un échantillon de fruits et légumes cultivés aux Etats-Unis. En 2001, 33 000 tonnes de pesticides ont été répandues en 2001 aux Etats-Unis, selon des chiffres cités dans l'étude.

Selon les centres américains de contrôle et de prévention des maladies, entre 3 et 7 % des enfants en âge d'aller à l'école aux Etats-Unis souffriraient de TDAH.

Pour en savoir plus :

- Le site Internet Pesticides et cancer

 

Le Monde.fr avec AFP

05/05/2010

Le rapport parlementaire sur les pesticides

lu sur :

http://www.rue89.com/2010/05/04/linvraisemblable-rapport-parlementaire-sur-les-pesticides-150113

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Tribune

L'invraisemblable rapport parlementaire sur les pesticides

    Un panneau de danger contre les pesticides (jcwestbrook/Flickr).

    Photo : un panneau de danger contre les pesticides (jcwestbrook/Flickr).

    .

    L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques vient de livrer un très étrange rapport d'information sur les pesticides et la santé. Signé du député Claude Gatignol et du sénateur Jean-Claude Etienne, il marque un retour en force de la promotion d'une agriculture inféodée à l'industrie chimique.

    Et il fait fi de la préservation des écosystèmes, des ressources en eau et en sol, de la qualité des aliments, des revenus et de la santé des paysans.

    Téléchargez le rapport sur les pesticidesAu moment du vote de ce texte, il n'y avait plus que 10 parlementaires présents sur 36. Je suis la seule à avoir voté contre. Je vous livre ici mes réflexions après avoir feuilleté avec assiduité le rapport, que les parlementaires n'ont découvert que le jour de sa présentation.

    Comme par hasard, juste avant le Grenelle 2

    Déposé sur la table une semaine avant l'examen du Grenelle 2 à l'Assemblée nationale, il participe au retour de flamme dont la prise en compte de l'environnement est victime depuis quelques mois.

    Son sujet, les pesticides, est abordé par la juxtaposition d'auditions, et d'opinion contradictoires.

    Mais les alertes des scientifiques sur les éventuels risques de ces produits ne sont pas prises en compte. L'incertitude, quand elle est mise en avant, l'est toujours au bénéfice des mêmes.

    Le ton est donné dès l'introduction :

    « L'agriculture s'est construite autour de l'utilisation des produits phyto-pharmaceutiques, moyen de proposer des produits végétaux de qualité et d'aspect irréprochables tels qu'attendus par le consommateur. »

    Les abeilles ne seraient pas menacées de disparition

    Le rapport est truffé de conclusions intermédiaires à la rédaction ambiguë. Par exemple, il est écrit :

    « En France, les statistiques nationales ne permettent pas à ce jour de chiffrer précisément un phénomène de surmortalité touchant les ruchers du territoire national. »

    Certes. Mais ainsi écrit, sans aucune conclusion tirée des morts d'abeilles et des doléances des apiculteurs, le lecteur pourra en déduire qu'il n'y a pas d'hécatombe visible.

    La publication sert de cheval de Troie aux dispositifs de l'agriculture des grands groupes. L'agriculture dite « raisonnée » y est promue comme modèle, alors que chacun sait qu'elle repose sur des engagements a minima, qui équivaudraient pour un automobiliste à certifier qu'il ne brûlera pas les feux rouges et qu'il s'arrêtera au stop.

    Attention à ne pas baisser trop brutalement les pesticides

    Une vingtaine de pages présentent les OGM comme alternative, alors que leur implantation favorise l'usage de pesticides associés, comme les céréales « Roundup ready » ou bien qu'elles sécrètent en elles-mêmes les insecticides.

    Le ton est donné :

    « L'engagement du Grenelle de l'environnement de réduire l'usage des pesticides de 50% dans un délai de dix ans impliquerait, selon une simulation, que toute l'agriculture française passe en mode intégré. »

    Mais si cet objectif était respecté, voici les menaces énoncées par le rapport : baisse des rendements, malnutrition dans le monde, hausse des prix agricoles, résistance des ravageurs, signal négatif pour la recherche, disparition des productions de fruits et légumes…

    Les rapporteurs « rappellent les bénéfices de l'usage des pesticides et invitent les pouvoirs publics à anticiper les conséquences d'une diminution trop brutale de l'utilisation des pesticides en France ».

    Le rôle cancérigène des pesticides est minoré

    Tout cela fait le terrain des amendements de la majorité, qui prévoient de conditionner la réduction de ces substances à une évaluation des potentiels effets économiques.

    Après avoir minoré la qualité comparée d'un aliment biologique et d'un aliment chargé de pesticides, ainsi que le rôle cancérigène des pesticides, le rapport évoque toutes les autres sources de perturbateurs endocriniens pour mieux dédouaner les pesticides.

    Quant aux maladies professionnelles avérées des agriculteurs, un opportun tableau de leurs expositions quotidiennes flèche d'autres sources de pathologie : le fuel de leur tracteur, les fumées, les poussières du champ, et même les UV, puisqu'ils travaillent en plein air.

    Et si une étude sur l'exposition domestique fait apparaître un surnombre de tumeurs du cerveau, les rapporteurs en concluent :

    « Mais ce résultat est à prendre avec toutes les précautions d'usage d'autant que la question posée “Traitez-vous des plantes d'intérieur ? ” n'était pas assez précise et que les personnes ont très bien pu répondre par l'affirmative, qu'ils utilisent des insecticides, des engrais, des lustrants ou qu'ils ne font qu'arroser leurs plantes. »

    Visiblement, quand on ne veut pas entendre, on ne veut pas entendre !

    Pourtant, comme le note le Réseau environnement santé, « l'impact sanitaire des pesticides est avéré, il suffit de lire la littérature scientifique de façon non sélective. »

    Les recommandations ont sans doute été beaucoup plus éclairées par le médecin Etienne que par le vétérinaire Gatignol. Elles accompagnent le travail et comportent beaucoup plus d'éléments intéressants, comme l'augmentation de la recherche en toxicologie ou les registres cancers.

    Mais elles dissimulent des tentatives de déréglementation, la culpabilisation des apiculteurs -pour lesquels n'a pas été retenue ma proposition de les associer aux protocoles de recherche- ou encore la promotion des OGM.


    07/02/2010

    Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/06/les-agriculteurs-exposes-aux-pesticides-portent-des-precurseurs-du-cancer_1301932_3244.html#ens_id=1299588
    .
    Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer
    LE MONDE | 06.02.10 | 14h48  •  Mis à jour le 06.02.10 | 14h48


    l existe un lien entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer. Lors d'un colloque organisé à Marseille, vendredi 5 février, par la Ligue contre le cancer, Bertrand Nadel (Centre d'immunologie de Marseille-Luminy) a présenté des résultats obtenus lors d'une étude (Agrican) lancée en 2005. Ces travaux pourraient déboucher sur une stratégie de dépistage précoce de cancers du système lymphatique.

    Agrican est une grande étude effectuée auprès des affiliés de la Mutuelle sociale agricole, le régime de sécurité sociale des agriculteurs. Elle comprend un versant épidémiologique, appuyé sur un questionnaire, et un versant biologique, avec des prélèvements sanguins.

    En 2008, Bertrand Nadel et Sandrine Rouland avaient présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer, ils ont poursuivi leurs recherches et obtenu de nouveaux résultats, qui ont déjà été publiés, en juin 2009, dans le Journal of Experimental Medicine.

    Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome. Les chercheurs marseillais ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants à l'étude Agrican des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire.

    ANOMALIE GÉNÉTIQUE

    "Nous avons mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides, l'anomalie génétique et la prolifération de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet est fonction de la dose et du temps d'exposition", résume Bertrand Nadel.

    En l'occurrence, les chercheurs ont identifié une anomalie génétique : un fragment du chromosome 14 se détache et vient activer un oncogène situé sur le chromosome 18. Les personnes exposées aux pesticides présentent dans certaines cellules sanguines (lymphocytes) cette anomalie génétique de manière beaucoup plus fréquente que les personnes non exposées. L'absence de régulation de l'expression de cet oncogène fait que des cellules qui auraient dû mourir vont proliférer.

    "Il s'agit là d'une condition nécessaire au développement d'un lymphome folliculaire, mais elle n'est pas suffisante. Il existe d'autres anomalies comme une instabilité générale du génome : deux gènes sont exprimés en même temps alors que normalement pas ils ne le sont pas, ce qui permet aux cellules anormales de résister aux mécanismes de mort cellulaire programmée", explique Bertrand Nadel.

    L'équipe de Bertrand Nadel, qui espère aboutir à terme à un outil de diagnostic précoce, va désormais étudier une population de personnes ayant développé le même type de lymphome afin de documenter la présence de ces biomarqueurs.

     

    Paul Benkimoun
    Article paru dans l'édition du 07.02.10

    15/10/2009

    Le trafic d'or en Guyane

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/13/oiapoque-base-arriere-de-l-orpaillage-illegal-en-guyane_1253300_3244.html
    .
    Reportage
    Oiapoque, base arrière de l'orpaillage illégal en Guyane
    LE MONDE | 13.10.09 | 17h24  •  Mis à jour le 13.10.09 | 17h24
    Oiapoque (Brésil) Envoyé spécial

    ongs aux pieds, short bleu et tee-shirt marron délavé, Bernardo est assis au bord d'une rue poussiéreuse, sur une chaise en plastique. Il est arrivé il y a quelques jours à Oiapoque, sur la rive brésilienne de l'Oyapock, fleuve frontière avec la Guyane française. "J'étais depuis deux mois en Guyane, sur un chantier clandestin. J'ai fait seize grammes d'or, mais les gendarmes m'ont arrêté et ont saisi mon or", confie-t-il, souriant malgré ses traits tirés.

     

    Soigné à l'hôpital de Cayenne des suites d'une blessure contractée dans sa fuite, il est revenu à Oiapoque, dans l'espoir de repartir tenter sa chance sur la rive guyanaise. "J'ai 41 ans, et cela fait dix-sept ans que je fais ça. Ma vie, c'est l'orpaillage", lâche cet homme originaire du Maranhao, l'un des Etats les plus pauvres du Brésil.

    Depuis le début des années 1990 et la nouvelle ruée vers l'or en Guyane, des milliers de garimpeiros (chercheurs d'or) sont passés par Oiapoque, au nord de l'Etat brésilien d'Amapa, qui partage une frontière avec la Guyane sur sept cents kilomètres, dans une région de forêt primaire quasiment déserte. En vingt ans, la population de la ville frontière a triplé, pour atteindre vingt et un mille âmes aujourd'hui.

    Au bord du fleuve, à Oiapoque, une douzaine de comptoirs achètent l'or extrait - illégalement ou non - dans la forêt guyanaise. A l'approche d'un journaliste, les visages se ferment, les gérants sont systématiquement absents. A la receita federal - les douanes -, l'accueil est meilleur. "L'or est déclaré auprès de nos services par les cinq comptoirs d'Oiapoque autorisés par la banque centrale du Brésil, explique un agent. A partir de là, la marchandise devient officielle."

    Sur les documents fournis par les comptoirs, l'origine de l'or déclaré est "Oiapoque", une commune où, pourtant, il n'y a pas d'orpaillage. "Nous savons bien que cet or n'est pas extrait au Brésil, mais en Guyane", reconnaît le douanier, qui montre un tableau récapitulatif : depuis 2003, près de sept tonnes d'or ont été déclarées à Oiapoque. Au passage, l'Etat fédéral prélève une taxe de 1 %. Et avant 2003 ? "Nous n'avions pas de statistiques", répond-il.

    "Pratiquement tout l'équipement pour les chantiers clandestins part d'Oiapoque", reconnaît-on aux douanes. "La majorité du matériel franchit la frontière sans documents officiels, sa sortie est donc illégale", indique l'agent des douanes, qui souligne la faiblesse des moyens de contrôle sur place.

    Poste de contrôle

    Sous la fenêtre des douanes, un magasin géré par le maire de la commune propose justement "tout pour l'orpaillage, sauf les moteurs", selon un employé. "Nous vendons un peu de tout aux orpailleurs clandestins : de la nourriture, des tuyaux, des cordes... Notre commerce est légal, mais quand le fret remonte le fleuve vers les sites clandestins, il devient illégal", reconnaît le maire, Aguinaldo Rocha.

    Depuis le renforcement de la répression de l'orpaillage clandestin dans la forêt guyanaise - avec les dispositifs Harpie 1 en 2008, puis Harpie 2 en 2009 -, les affaires ne sont plus ce qu'elles étaient sur la rive brésilienne. "Notre activité orpaillage est en baisse de 90 %", déplore Reginaldo Quaresma, gérant d'un magasin qui vend des moteurs aux orpailleurs.

    Depuis mars, l'armée brésilienne tient un poste de contrôle plus en amont, pour limiter le ravitaillement des sites clandestins de Guyane, qui transite par Ilha Bella, village implanté illégalement sur la rive brésilienne de l'Oyapock, en plein parc national des montagnes du Tumucumaque. "Il y a eu pendant très longtemps une absence des pouvoirs publics dans la région de l'Oyapock", constate Christoph Jaster, responsable du parc.

    "Les quantités d'or vendues à Oiapoque peuvent être multipliées par deux ou trois si l'on tient compte de l'or non déclaré", assure par ailleurs Romain Taravella, chargé de mission à la branche guyanaise du WWF, qui achève un rapport sur les circuits de vente de l'or guyanais. "Il peut donc y avoir chaque année entre 2 et 6 tonnes d'or produites en Guyane, et exportées illégalement vers le Brésil, où elles sont blanchies", estime-t-il.

    Son enquête révèle aussi l'existence, dans la commune brésilienne, d'une douzaine de petits comptoirs qui cohabitent avec les cinq sociétés officielles et peuvent jouer le rôle de banques pour les orpailleurs clandestins. "Ces comptoirs achètent du matériel pour le compte des chercheurs d'or - carburant, alimentation, pompes, moteurs - et gèrent l'expédition jusqu'au lieu de production illégal en Guyane, les orpailleurs payant ensuite leur dû sur l'or vendu au comptoir", explique M. Taravella.

    Pour lutter contre les filières de l'or illégal, WWF réclame une meilleure "traçabilité" de l'or guyanais. Contactée à Brasilia, la direction des douanes brésiliennes indique avoir "déjà pris connaissance de ce sujet" qui est "en cours de traitement", mais se refuse à tout commentaire, s'abritant derrière le "secret fiscal".

    Oiapoque offre aussi un débouché discret à certains opérateurs miniers de Guyane, qui ont tendance à sous-déclarer leur production locale. "Mais cette évasion est devenue marginale aujourd'hui", confie un opérateur guyanais.

    Lors de la visite officielle de Nicolas Sarkozy à Brasilia, le 7 septembre, la question de l'orpaillage clandestin n'a pas été abordée publiquement. Un accord de lutte conjointe sur l'Oyapock a été signé, en décembre 2008, à Rio de Janeiro, par les présidents français et brésilien, mais il n'a toujours pas été ratifié par les parlements.


    Laurent Marot
    Article paru dans l'édition du 14.10.09


    12/08/2009

    OGM et pollinisation : la contamination des semences naturelles est inévitable

    Destruction de 30 hectares de maïs contaminé aux OGM
    L EXPRESS.fr avec AFP, publié le 10/08/2009 12:50
    En cause, des semences fournies par la société Pioneer à des agriculteurs de la Sarthe.
    Trois parcelles de maïs représentant une trentaine d'hectares ont été détruites dans la Sarthe (à Dangeul, Courgains et Saint-Vincent-des-Prés), fin juillet, après la découverte de traces d'OGM dans des semences fournies par la société Pioneer, a-t-on appris ce lundi auprès de l'entreprise et d'un agriculteur.

    "Des traces d'OGM inférieures à 0,1% ont été constatées par la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans un lot de semences conventionnelles en provenance de Hongrie", a indiqué à l'AFP Karine Affaton, responsable de communication de l'entreprise basée en Haute-Garonne, filiale du groupe chimique américain Dupont De Nemours. "Grâce à la traçabilité nous avons pu rappeler tous les sacs provenant de ce lot sauf pour trois exploitations de la Sarthe qui avaient déjà ensemencé, a précisé Karine Affaton. Comme il n'y a aucun seuil de tolérance en France, nous avons dû procéder à la destruction des parcelles concernées."
    Francis Lecorcier, un des agriculteurs concernés, a été contraint par la préfecture de détruire son champ avant la floraison du maïs. "C'est le principe de précaution qui a été strictement appliqué", a-t-il expliqué. "Nous respectons toutes les règles mais nous ne pouvons pas être à l'abri d'une présence fortuite d'OGM due à la pollinisation dans les pays comme la Hongrie où la culture d'OGM est autorisée", plaide Karine Affaton.

    23/06/2009

    La pollution atmosphérique a des effets délétères sur la croissance des foetus

    lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

    La pollution atmosphérique a des effets délétères sur la croissance des foetus

    Une étude réalisée par l'Inserm et l'université de Grenoble-I montre que l'exposition des femmes enceintes à la pollution atmosphérique (notamment au benzène, qui est un marqueur de cette pollution) a pour conséquence un poids plus faible et un périmètre crânien réduit du foetus. Les chercheurs estiment que les polluants pourraient perturber les fonctions endothéliales ou cardio-vasculaires de la mère, ce qui nuirait aux échanges avec le foetus. Ce phénomène pourrait accroître les troubles de la santé dans l'enfance, voire à l'âge adulte.

    Reprise information presse du 18 juin 2009 "Quel est l'impact de l'exposition des femmes enceintes aux polluants atmosphériques sur la croissance fotale ?"

    Monde [Le] , 20/06/2009

    30/05/2009

    Procréation sous pesticides ?

    lu sur :

    http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3769

    27-05-2009

    Maternités sous pesticides : gare aux risques de leucémie infantile

     

    Si la présence et la persistance des pesticides dans notre environnement et dans notre quotidien ne font aujourd’hui plus de doute (1), l’impact réel sur la santé humaine d’une exposition prolongée à ces substances actives reste plus incertain. Omniprésents, les pesticides s’acheminent, lentement mais sûrement, jusqu’à nous  via l'alimentation et l'eau (*). Reprenant des données de l’Institut Français de l’Environnement (IFEN), le MDRGF (2) rappelle que  96 % des eaux superficielles analysées recèlent des résidus de pesticides, ce pourcentage passant à 61 % pour les eaux souterraines(**). Les herbicides sont les composés les plus retrouvés dans les eaux. Or, s’il est clair que l’ingestion répétée de substances pesticides par l’organisme humain ne confère pas une santé de fer, il s’avère toutefois extrêmement délicat d’évaluer avec précision leur nocivité réelle pour la santé humaine.

    Mais cette carence s’atténue à chaque nouvelle étude scientifique qui paraît, la plupart de ces travaux s’accordant à décrire ces substances comme de véritables poisons. D’après le MDRGF, l’épidémiologie (3) a déjà démontré par le passé la responsabilité des pesticides dans la prédisposition observée chez certaines personnes exposées à développer des maladies telles que des cancers, des malformations congénitales, des problèmes d’infertilité ainsi que des problèmes neurologiques.

     

    Dernière en date, une meta-étude (compilation de plusieurs études) canadienne, réalisée par l’équipe de Donald Wigle de l’université canadienne d’Ottawa, a compilé 31 études épidémiologiques publiées entre 1950 et 2009 analysant un probable lien de cause à effet entre les leucémies dépistées chez l’enfant et l’exposition des parents aux pesticides.

    Si les résultats ne confirment pas une corrélation systématique, ils sont toutefois relativement inquiétants. En effet, d’après cette enquête, on a constaté que le risque de leucémie était doublé chez les enfants dont les mères, de par leur activité professionnelle, ont été exposées aux pesticides pendant leur grossesse, comparativement aux enfants de femmes non exposées. Ainsi, le risque était augmenté de 40 % chez les femmes exerçant la profession d’agricultrice. Toujours d’après l’analyse canadienne, l’exposition aux insecticides multiplierait le risque de leucémie infantile par un facteur de 2,7 et l’exposition aux herbicides par un facteur de 3,6, ces résultats reposant toutefois sur un nombre limité d’études.

     

    Préoccupant, ce constat n’est, malheureusement, pas surprenant alors que, comme le rappelle l’étude canadienne, l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA) ainsi que d’autres organismes nationaux et internationaux ont identifié comme cancérigènes connus, probables ou possibles pas moins de 165 substances actives utilisées dans des pesticides. Seules quelques-unes ont fait l’objet d’interdictions ou de restrictions, notamment dans le cadre de l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis, de l’Union Européenne et, à l’échelle mondiale, de la Convention de Stockholm.

    Cécile Cassier

    1- Voir notre dossier "Homme, nature et pesticides" (http://www.univers-nature.com/dossiers/pesticides/index.html)

    2- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures.

    3- Cette discipline étudie l’influence de divers facteurs (environnement, constitution individuelle, habitudes de vie…) sur la prédisposition et la fréquence de certaines maladies.

     

    (*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3539

    (**) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2334

     

    31/03/2009

    A Madagascar, la seule crevette d'élevage bio du monde ? Vraiment ?

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/31/a-madagascar-la-seule-crevette-d-elevage-bio-du-monde_1174697_3244.html#ens_id=1174789

    LIRE AUSSI LE COMMENTAIRE SUIVANT LA NOTE.

    Reportage
    A Madagascar, la seule crevette d'élevage bio du monde
    LE MONDE | 31.03.09 | 15h58 • Mis à jour le 31.03.09 | 19h38
    AMPAPAMENA (MADAGASCAR) ENVOYÉ SPÉCIAL

    Vincent Amirault est un peu stressé. "Avant, on utilisait plein de produits chimiques pour soigner les crevettes malades. Aujourd'hui, avec le label Agriculture biologique, on n'en a plus le droit. Alors il faut constamment surveiller pour anticiper."

    Autour du directeur de la ferme aquacole de la société OSO (Overseas Seafood Operations) située dans le nord-ouest de l'île de Madagascar, quarante bassins de dix hectares dans lesquels les crevettes biologiques grossissent pendant environ six mois. L'entreprise malgache s'est installée en 2001 sur ces espaces émergés entourés de mangroves. A quelques kilomètres de la réserve de l'Ankarana, ce site de 3 500 hectares, qui emploie jusqu'à 900 personnes, devient une île artificielle lors de la saison des pluies. Cette ferme est aujourd'hui la seule au monde à produire une crevette certifiée biologique.

    Pour résister aux géants aquacoles d'Amérique latine et d'Asie du Sud-Est, la filière crevettière malgache, qui génère un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros par an, a choisi de parier sur la qualité. Le numéro un du secteur, Unima, a décroché un label rouge - attestant la qualité de ses produits - en 2004. Son principal concurrent, OSO, a obtenu des autorités françaises la création d'un label Agriculture biologique (AB) pour la crevette en 2007.

    "Avec nos 6 000 tonnes annuelles de crevettes, on ne représente même pas 1 % de la production mondiale. Alors nous devons viser la niche du haut de gamme pour survivre à l'actuelle crise de surproduction", résume Claude Brunot, président du Groupement des aquaculteurs et pêcheurs de crevettes de Madagascar.

    En longeant les bassins au volant de son pick-up, Eric Douheret, le directeur du site OSO, le reconnaît : "C'est le label AB qui nous sauve, même si c'est extrêmement contraignant." Toute la chaîne de production a dû se plier aux règles du bio. Les fertilisants sont d'origine naturelle, à l'image de l'engrais, à base de farine de plumes.

    "LA SALLE DES AMOURS"

    Les aliments, comme la farine de poisson, sont garantis sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Dans les bassins, pas plus de dix crevettes au mètre carré. La nouvelle station d'épuration limite les rejets.

    "Avec le label AB, mon personnel a 25 % de travail en plus, estime René Bemanantsara, directeur adjoint de l'écloserie. Nous avons dû augmenter le nombre de reproductions, car le passage de traitements curatifs à une logique préventive a entraîné une baisse du taux de survie des larves." Dans la "salle des amours", plongée dans la pénombre, il observe chacune des cuves pour s'assurer du bon déroulement des accouplements. Puis vérifie au microscope, comme plusieurs fois par jour, l'état de santé des larves.

    Ces contraintes ont un coût : huit euros le kilo en moyenne pour mettre en boîte les gambas OSO, soit deux à trois euros de plus que pour une crevette standard. "En 2008, nous avons augmenté nos ventes de 32 %", se réjouit cependant Mathias Ismail, directeur opérationnel du groupe OSO, qui produit désormais 1 600 tonnes de crevettes par an, essentiellement à destination de l'Europe et de la France.

    Les effets de la crise commencent toutefois à se faire sentir. Premier producteur de crevettes d'élevage à Madagascar (avec 4 500 tonnes en 2008), le groupe Unima est confronté à des difficultés : depuis plus d'un an, l'une de ses deux fermes a dû provisoirement fermer ses portes. "Le marché de la crevette de qualité n'est pas extensible, surtout en période de crise", rappelle Amyne Ismail, son directeur général, qui a conclu un partenariat avec le Fonds mondial pour la nature (WWF). D'ici quelques semaines, OSO et Unima devraient rendre public le bilan carbone de leurs fermes.

    Sébastien Hervieu

    L'élevage fournit la moitié de la production mondiale :

    L'élevage des crevettes:
    Né au début des années 1980 pour répondre à la demande des pays occidentaux, l'élevage est principalement concentré en Asie (Chine, Thaïlande, Indonésie, Vietnam) et en Amérique latine (Brésil, Equateur). Les élevages y sont intensifs : on atteint parfois des densités de 200 crevettes au mètre carré.
    La production mondiale:
    La moitié de la production mondiale de crevettes provenait de l'élevage en 2008, soit près de 3 millions de tonnes.

    Article paru dans l'édition du 01.04.09
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    Je trouve intéressant de joindre ce commentaire
    écrit par : Xavier | 03.04.2009
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    Comment des journalistes peuvent-ils écrire cela????

    Des crevette sont certifiées bio depuis 1999 en Indonésie, Équateur, Viêt Nam, Inde, Bangladesh, Thaïlande, Brésil... je travaille moi même sur la mise en place d`un projet de crevettes bio dans le sud Viêt Nam. Je travaille sur le projet du Bangladesh depuis 2006 !

    Pour info, jusqu`en 2007 OSO utilisait des métabisulfites après la récolte de leurs crevettes certifiées Bio... ce produit est utilisé pour éviter les nécroses au niveau de la carapace (tête, branchies) et ces produits sont toxique pour l'environnement.... bravo le bio !
    Depuis 2007 je ne sais pas si AB a retiré l`autorisation de ce produit.
    Mais bizarement nous n`avons pas accès aux standards AB pour les crevette sur internet...

    De plus, ces crevette sont alimentées... de l`aliment bio peut-être mais aliment quand même ... importation des matières premières et transformation sont sources de pollution car utilisation d'énergie !

    Au Viêt Nam comme au Bangaldesh ou en Indonésie, les crevettes sont produites sans ajout d'aliment industriel !!! les feuilles des arbres, des algues ou tout autre plante aquatique suffisent!!

    Messieurs les journalistes..... renseignez-vous un peu avant d'écrire ce genre d`article... à moins que vous ayez des actions chez OSO..???

    Xavier

    26/03/2009

    La pollution de l'air dans les crèches en question

    lu sur :
    http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

    La pollution de l'air dans les crèches en question
    Selon une étude menée par l'Association Santé Environnement (ASE), l'air que les enfants respirent à l'intérieur des crèches est nettement pollué. Sur les neuf crèches examinées par l'association, les deux tiers présentaient des traces de benzène à des seuils « préoccupants » selon l'OMS et 5 d'entre elles dépassaient la valeur toxicologique dangereuse pour les formaldéhydes. L'ASE conseille aux gestionnaires de crèches de recourir à des matériaux écologiques pour leurs établissements et d'installer les crèches le plus loin possible des grands axes de circulation. La secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, doit présenter prochainement un projet de loi pour lutter contre les polluants intérieurs.

    Aujourd'hui en France , 26/03/2009
    (voir : http://www.leparisien.fr/societe/l-air-des-creches-trop-pollue-26-03-2009-455097.php )

    05/02/2009

    La chimie omniprésente dans notre environnement

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/20/de-nouveaux-suspects-dans-la-feminisation-des-poissons_1144106_3244.html

    De nouveaux suspects dans la "féminisation" des poissons
    LE MONDE | 20.01.09 | 16h13 • Mis à jour le 20.01.09 | 16h27

    La transformation sexuelle des poissons des rivières - des individus mâles deviennent femelles - ne résulte pas que de la présence d'hormones féminines (les oestrogènes) dans les effluents des stations d'épuration des eaux. Mais aussi de celle de substances antagonistes des hormones masculines (les androgènes). C'est la conclusion d'une étude de chercheurs britanniques mise en ligne le 7 janvier sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

    La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l'homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d'une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s'opposant à l'action hormonale.

    Principale auteure de l'étude britannique, Susan Jobling (université Brunel, Uxbridge) indique que depuis 1998, la féminisation des poissons sauvages des rivières était principalement expliquée par l'exposition à des oestrogènes, d'origines humaine et animale, et plus accessoirement par diverses substances chimiques présentes dans les eaux épurées.

    L'équipe de Susan Jobling avait montré en 2006 la "très forte corrélation entre le contenu en oestrogène des rivières britanniques et la féminisation des poissons sauvages". Cependant, des travaux chez le rongeur, un modèle plus proche de l'humain, indiquaient que ces anomalies résultaient plutôt d'action conjuguée des oestrogènes et des antiandrogènes.

    "Nous avons montré que, d'un point de vue statistique, il est hautement vraisemblable que les antiandrogènes jouent un rôle dans la féminisation des poissons sauvages, explique Susan Joubling. Le poisson est ainsi pris entre deux feux... entre les oestrogènes et les antiandrogènes." Directeur du Groupe d'étude de la reproduction chez l'homme et les mammifères (Gerhm, Inserm U625, Rennes), le professeur Bernard Jégou salue "une étude très sérieuse, faite avec de bons outils par un groupe de chercheurs qui sont une référence internationale".

    SAVONS ET DÉTERGENTS

    Les chercheurs britanniques ont une idée des suspects possibles. "Beaucoup de produits chimiques d'usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens", énumère Susan Joubling. Elle rappelle que "ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d'un cocktail de ces molécules, avec peut-être d'autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d'identifier les coupables."

    Paul Benkimoun
    Article paru dans l'édition du 21.01.09

    11/01/2009

    Toujours plus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales

    lu sur univers-nature.com /

    http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3539

    08-01-2009

    Toujours plus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales

    Chaque année, la DGCCRF (1) publie, à deux ans d’intervalles, le bilan annuel des plans de surveillance relatifs aux résidus de pesticides dans les productions végétales. Le 5 janvier 2009 était ainsi communiqué le rapport consacré spécifiquement à l’année 2007. Témoignant d’une exposition croissante des consommateurs à divers types de pesticides, les conclusions qui en ressortent n’ont rien de réjouissant.
    Au total, 266 matières actives ont été recherchées et mesurées sur quelque 5 412 échantillons issus de fruits et légumes frais ou transformés, de produits destinés à l’alimentation infantile et animale, de céréales ainsi que de certains produits végétaux biologiques présents sur le marché français. Les résultats ne se sont pas fait attendre, confirmant une tendance à la hausse quant à la teneur en pesticides des produits examinés. Ainsi, 52,1 % des fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides contre 45 % en 2006. Le dépassement des LMR (Limites Maximales en Résidus) (2) a bien entendu suivi le mouvement, passant de 6 % en 2006 à 7,6 % l’année suivante.
    Pris à part, le pourcentage des légumes contaminés aux pesticides est de 41,3 % en 2007 contre 35 % en 2006. En moyenne, 7,2 % s’avèrent non conformes à la réglementation. Cela concerne principalement les poivrons et les piments, les tomates, les poireaux, les laitues et les épinards. A l’inverse, les carottes, les pommes de terre, les endives et les concombres présentent un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne.

    L’évolution est sensiblement la même du côté des fruits. En 2007, 70,3 % des fruits analysés portent des traces de pesticides, le chiffre étant de l’ordre de 65 % en 2006. La non-conformité à la réglementation touche 8,5 % des produits, les dépassements s’appliquant essentiellement aux fraises, aux mandarines et aux raisins. Comptant parmi les fruits les moins touchés, les bananes, les pêches et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne.

    Les céréales et autres produits céréaliers remportent la palme de la plus forte progression en résidus de pesticides. Ils présentent en effet 8,2 % de non-conformité avec la réglementation sur les 282 échantillons testés. En 2006, ce pourcentage n’était que de 0,4 %. Du point de vue de la production biologique, les contrôles ont révélé une non-conformité de 3,1 %.

    Seul point positif, aucune non-conformité avec la réglementation légiférant en matière de pesticides n’a été détectée sur les produits transformés, les produits d’alimentation pour animaux, les produits d’alimentation infantile, les thés, les cafés et les épices.

    Alors que les bonnes résolutions s’imposent à l’aube de la nouvelle année, le MDRGF (3) invite le gouvernement a accélérer le plan issu du Grenelle visant à réduire de 50 % le recours aux pesticides. Il appelle en ce sens à la prise de mesures favorisant le développement des pratiques agricoles biologiques.

    Cécile Cassier

    1- Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.
    2- Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides correspondent aux quantités maximales acceptées, établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. Il y a une LMR pour chaque fruit, légume, céréale et chaque pesticide.
    3- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures : http://www.mdrgf.org/ (lien ci-contre)

    10/12/2008

    Réduire les pesticides, un défi pour l'agriculture

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/27/reduire-les-pesticides-un-defi-pour-l-agriculture_1123859_0.html

    Compte rendu
    Réduire les pesticides, un défi pour l'agriculture
    LE MONDE | 27.11.08 | 15h17 • Mis à jour le 27.11.08 | 15h17

    Les agriculteurs européens pourront-ils à l'avenir continuer à remplir leur principale mission, à savoir nourrir la population, tout en limitant le recours aux pesticides de synthèse ? La présidence française de l'Union européenne (UE) organisait, mardi 25 et mercredi 26 novembre à Paris, un séminaire consacré à cette question, à la veille de l'adoption d'une nouvelle réglementation européenne sur les pesticides qui pourrait bouleverser les pratiques agricoles.

    "Les agriculteurs vont devoir relever le grand défi du nouveau modèle agricole européen, dans un contexte difficile, a prévenu le ministre français de l'agriculture, Michel Barnier. La demande alimentaire va doubler, les risques climatiques et sanitaires s'accroissent, l'ère de la rareté écologique a déjà commencé."

    L'agriculture européenne est aujourd'hui fortement dépendante de la chimie. L'UE est la première région consommatrice de pesticides au monde. Quelque 300 substances permettant d'éradiquer les maladies et les parasites des récoltes sont homologuées. Chaque année, les contrôles décèlent la présence de résidus, à de très faibles doses, dans la quasi-totalité des denrées alimentaires testées. Dans environ 5 % des cas, les limites réglementaires sont dépassées.

    La démonstration des effets directs de ces molécules sur la santé est complexe, mais plusieurs études scientifiques ont mis en évidence des liens entre l'exposition aux pesticides et le développement de cancers, d'atteinte aux organes génitaux masculins, et d'altération de la fertilité, en particulier chez les agriculteurs, qui sont les premiers concernés. Les responsables politiques dans l'UE s'accordent aujourd'hui sur la nécessité de réduire l'exposition de la population.

    Le "paquet pesticides", qui sera adopté définitivement fin 2008 ou début 2009 par un vote en deuxième lecture au Parlement européen, comporte plusieurs volets. L'un deux, le plus débattu, durcit les critères d'autorisation des molécules. Pour la première fois, celles dont la toxicité est prouvée ne seront plus autorisées. Il s'agit des substances cancérigènes, mutagènes, et toxiques pour la reproduction (CRM), de niveaux 1 et 2, les plus nocives. Toutefois, des dérogations, valables pendant cinq ans et reconductibles, seront possibles pour certaines d'entre elles, si des pans de la production agricole sont menacés par leur retrait.

    Les substances à l'origine de perturbations du système hormonal seront également bannies. Le Parlement européen souhaite durcir ces règles, en ajoutant à cette liste les molécules neurotoxiques et immunotoxiques, et les substances nocives pour les abeilles. Des négociations sont en cours entre le Parlement, la Commission, et le Conseil de l'Union européenne. Par la voix de M. Barnier, la présidence française s'est dite déterminée à trouver un compromis avant la fin de l'année. L'impact de cette nouvelle procédure est difficile à évaluer. Selon la Commission européenne, seules 2 % à 4 % des substances seraient concernées. Le chiffre grimpe à... 40 %, selon les industriels du secteur phytosanitaire qui jugent les exigences du Parlement "inacceptables".

    "IL FAUT PARTIR DU SAVOIR-FAIRE"

    Autre innovation, la directive cadre sur l'utilisation durable des pesticides - qui complète la réforme des procédures d'homologation - prévoit la généralisation, d'ici à 2014, des méthodes de "protection intégrée des cultures". Il s'agit de favoriser la prévention des maladies, et de n'utiliser les pesticides qu'au bon moment et en dernier recours.

    Le défi sera colossal pour le monde agricole. Les recherches et expériences de terrain montrent qu'une réduction importante de l'usage des pesticides est possible en maintenant des rendements élevés, à condition de repenser complètement des systèmes de culture qui reposent aujourd'hui sur la spécialisation des productions et le recours préventif aux produits chimiques.

    Toute une gamme de mesures peut être employée : diversification des rotations, utilisation de variétés résistantes aux maladies, réduction de la densité des semis, amélioration de la surveillance et des systèmes d'alerte en cas d'attaques de ravageurs, utilisation de pesticides issus de substances naturelles... "Il faut partir du savoir-faire des agriculteurs, a affirmé Guy Paillotin, chargé de l'élaboration du plan français de réduction des usages de pesticides. Certains utilisent déjà deux fois moins de produits que d'autres. Ils sont peu nombreux, efficaces et bien formés."

    Les témoignages apportés lors des deux jours de séminaire ont tracé quelques grandes pistes pour l'avenir : le métier d'agriculteur sera, avec moins de produits chimiques, plus risqué financièrement et plus complexe ; la formation et le conseil seront indispensables à la généralisation de nouvelles pratiques ; les réglementations imposées sans l'adhésion du monde agricole et de toute la filière de production ont peu de chances d'être respectées. Et la remise en question d'habitudes acquises depuis cinquante ans, sous l'impulsion des pouvoirs publics, ne pourra se faire en un jour.

    Gaëlle Dupont
    Article paru dans l'édition du 28.11.08

    05/12/2008

    À propos du lien entre pesticides et cancer

    lu sur :

    http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

    À propos du lien entre pesticides et cancer
    À l'occasion de la sortie du film "Nos enfants nous accuseront", l'UIPP (Union des industries pour la protection des plantes) a émis un communiqué indiquant que "4000 études scientifiques ont été publiées sur les causes de cancers. À ce jour, la communauté scientifique considère qu'il n'est pas possible d'établir un lien entre pesticides et cancer".
    Mais dans Politis, André Cicolella, chercheur en santé environnementale, cite une synthèse réalisée par une équipe universitaire de l'Ontario selon laquelle, sur 104 études menées entre 1992 et 2003, 73 montrent une "association positive entre pesticides et cancers". Il cite également une étude de l'Inserm, publiée en décembre 2007, dont les résultats montrent que "l'usage d'insecticide pendant la grossesse est associé de façon significative aux leucémies aiguës et aux lymphomes non-hodgkiniens chez l'enfant."
    Politis , 04/12/2008

    30/10/2008

    Les plastiques souples pourraient contribuer à la baisse de la fertilité

    lu sur http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/ :

    Les plastiques souples pourraient contribuer à la baisse de la fertilité
    Après avoir mis en contact, in vitro, des cellules humaines produisant des spermatozoïdes avec du DEHP (une substance contenue dans les plastiques souples) une équipe de l'Inserm a constaté leur destruction progressive en trois jours. Le DEHP est présent dans de nombreux objets de la vie quotidienne, notamment les films plastiques alimentaires, les tuyaux d'arrosage... Cette étude a été publiée dans la Revue Environnemental Health Perspectives.
    Parents , 01/12/2008

    08/10/2008

    Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/03/cancers-les-liens-avec-la-pollution-mieux-cernes_1102545_0.html

    Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés
    LE MONDE | 03.10.08 | 09h36 • Mis à jour le 03.10.08 | 09h40

    Quelle est la contribution des facteurs environnementaux à l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers ? Nouvelle pièce à ce dossier controversé, une expertise collective, réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche en médecine (Inserm) à la demande de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a été rendue publique jeudi 2 octobre.

    Cette revue très complète de la littérature scientifique mondiale recense les cancers liés aux principaux agents cancérogènes, avérés ou suspectés, présents dans l'environnement. Entre 1980 et 2005, compte tenu des évolutions démographiques, l'incidence des cancers s'est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. Ont-ils augmenté du fait d'un dépistage plus répandu ? "L'évolution de la démographie et des pratiques médicales n'explique pas à elle seule l'augmentation constatée", répond l'expertise.

    Un récent rapport de l'Académie de médecine insistait sur le rôle des comportements individuels. Mais il s'en tenait aux cancérogènes avérés, au risque de sous-évaluer la responsabilité de l'environnement. Les experts réunis par l'Inserm ont pris en compte les facteurs de risque environnementaux des cancers "dont l'exposition est subie et non générée par des comportements individuels", ce qui leur a fait, par exemple, inclure le tabagisme passif et exclure le tabagisme actif.

    Même s'ils se sont heurtés "dans bon nombre de cas" à l'absence ou à l'insuffisance de "données permettant de quantifier les expositions et de préciser les co-expositions", ils citent plusieurs études montrant une association entre les particules atmosphériques provenant du trafic automobile, du chauffage et des activités industrielles, et le cancer du poumon.

    Des travaux estiment qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 [particules fines] étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm3)".

    A Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg, 10 % des cancers du poumon sont attribuables à l'exposition aux PM2,5. Or l'Europe s'est dotée d'une norme sur les PM2,5 visant 25µg/mm3 en 2010, qui ne sera contraignante qu'en 2015…

    Les radiations ionisantes (rayons X et gamma) peuvent provoquer de nombreux types de cancer : poumon, thyroïde, sein, cerveau, plèvre, leucémies… Les examens radiologiques répétés augmentent le risque de cancer du sein et, peut-être, celui d'autres cancers, précise l'expertise. Le nombre de ces examens s'accroît de 5 à 8 % par an en France.

    La France est l'un des plus gros utilisateurs mondiaux de pesticides. Les experts reconnaissent qu'avec près d'un millier de molécules mises sur le marché en France, "les risques liés à la totalité de ces molécules ne peuvent être évalués de façon satisfaisante". Mais l'exposition aux insecticides domestiques dans l'enfance ou via la mère au cours d'une grossesse "a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales".

    "Nous allons travailler à partir de l'expertise de l'Inserm afin de produire un avis, et des recommandations répondront aux besoins de connaissance des décideurs et d'information du public", affirme Henri Poinsignon, directeur général par intérim de l'Afsset.

    Paul Benkimoun

    06/10/2008

    L'héritage nucléaire

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/01/1-000-milliards-de-dollars-pour-traiter-l-heritage-nucleaire_1101656_3244.html

    ENVIRONNEMENT
    1 000 milliards de dollars pour traiter l'héritage nucléaire
    LE MONDE | 01.10.08 | 13h52 • Mis à jour le 01.10.08 | 13h52
    AVIGNON ENVOYÉ SPÉCIAL

    Mille milliards de dollars. Telle est la somme faramineuse nécessaire pour démanteler les centaines d'installations radioactives en fin de vie que soixante ans d'activité nucléaire ont disséminée sur la planète. "En 2004, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a estimé qu'il faudrait mille milliards de dollars pour décontaminer tous ces sites, dit Michele Laraia, chargé du dossier à l'Agence. Depuis, le chiffre a augmenté, avec l'inflation."

    Ce montant concerne pour moitié les installations liées au nucléaire militaire. Reste environ 500 milliards qu'il faudra trouver pour nettoyer les laboratoires de recherche et les quelque 440 réacteurs producteurs d'électricité qui fermeront d'ici à environ trente ans. "Si le problème est envisagé dès le démarrage de l'installation, et que de l'argent est régulièrement mis de côté, ce n'est pas une grosse difficulté, poursuit M. Laraia. Mais si rien n'est prêt au moment de l'arrêt, le coût sera très élevé."

    Cet impératif est intégré par la communauté nucléaire, réunie jusqu'au 2 octobre à Avignon, pour un colloque consacré au démantèlement qui a lieu, tous les cinq ans, sous les auspices de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN). "Pour maintenir l'option nucléaire ouverte, il faut montrer qu'on sait démanteler", résume Serge Klaeyle, d'EDF.

    A Avignon, les spécialistes ont constaté la normalisation de leur activité. "On est sorti de la phase d'apprentissage, observe Catherine Lecomte, directrice de l'assainissement au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les premières installations qu'on a démantelées ont été les plus délicates, mais nous sommes maintenant parvenus à une phase industrielle." Claudio Pescatore, de l'Agence de l'énergie nucléaire de l'OCDE confirme : "Le démantèlement est devenu une activité industrielle, représentant un chiffre d'affaires, en augmentation régulière, de 5 à 6 milliards de dollars par an."

    Mais si les techniques commencent à être bien maîtrisées, que les procédures et les méthodes sont bien établies, l'expérience est encore limitée, notamment sur les réacteurs de production d'électricité. Seuls une dizaine dans le monde ont été totalement démantelés - c'est-à-dire que les sites ont été rendus à un autre usage sans la moindre trace de radioactivité artificielle. Si bien que le coût réel de cette déconstruction n'est pas établi avec certitude. Les estimations varient de 500 à 800 millions de dollars par réacteur. "On n'est jamais assez prudents, remarque Georges Leka, de Areva TA. Les estimations initiales sont toujours revues à la hausse, jamais à la baisse. Car les exigences sont constamment renforcées."

    Les évaluations sont difficiles parce que les règles comptables ne sont pas harmonisées, que les situations varient beaucoup d'un site à l'autre, que les stratégies sont différentes : certains choisissent d'engager le démantèlement dès l'arrêt de l'installation, comme en France ou aux Etats-Unis, d'autres de repousser le problème à vingt-cinq ans, comme l'Espagne ou le Royaume-Uni avec ses réacteurs Magnox.

    La question du système de financement est dès lors cruciale. "Il faut s'assurer qu'il y aura des fonds quand le moment sera venu", résume Claudio Pescatore. Plusieurs formules sont possibles : en France, les opérateurs doivent constituer des fonds pour les opérations prévisibles (le CEA a provisionné 7 milliards d'euros, EDF 7,8 milliards, Areva 10 milliards). La Suisse et la Suède privilégient un fonds géré par une autorité indépendante. Au Royaume-Uni, c'est de facto le gouvernement qui abonde une grande partie des dépenses annuelles. Mais ces réserves constitueront toujours une tentation, et d'autant plus que la situation économique se tendra : "Aux Etats-Unis, raconte le consultant Tom LaGuardia, les compagnies ont versé 22 milliards de dollars dans le fonds de gestion des déchets géré par le gouvernement. Mais le fonds ne contient plus que 6 milliards, le reste a disparu !"

    Parallèlement au problème économique, le démantèlement est aussi gêné par le fait que très rares sont les pays où existent des sites prêts à accueillir les rebuts radioactifs issus de la déconstruction. En France, faute de site existant pour les déchets à vie longue ou moyenne, EDF et le CEA en sont réduits à créer des sites temporaires (Iceda et Cedra).

    Une solution consiste à allonger la durée de vie des réacteurs, jusqu'à soixante ans, comme aux Etats-Unis. Le problème ne sera plus à la charge de nos enfants, mais de nos petits-enfants...

    Hervé Kempf

    A Brennilis, un chantier en souffrance ouvert en 1985 :

    Brennilis, dans le Finistère, a vu fonctionner de 1967 à 1985 un réacteur à eau lourde de 70 mégawatts. Le démantèlement a commencé en 1985. Malgré quelques incidents, comme une remontée de nappe phréatique en 2000 et un incendie en 2001, et une opposition locale, le travail a bien avancé. Mais le Conseil d'Etat a annulé en juin 2007 le décret d'autorisation du démantèlement final. Le chantier est donc à l'arrêt. "Peut-être n'a-t-on pas fait assez de communication il y a trois ou quatre ans", dit EDF.

    Article paru dans l'édition du 02.10.08

    la pollution automobile

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/02/l-union-europeenne-peine-a-trouver-un-compromis-sur-la-pollution-automobile_1102237_3244.html

    L'Union européenne peine à trouver un compromis sur la pollution automobile
    LE MONDE | 02.10.08 | 15h01 • Mis à jour le 02.10.08 | 15h01
    BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

    La bataille pour des voitures moins polluantes tourne à la foire d'empoigne en Europe. Les représentants des Vingt-Sept Etats membres essaient cette semaine à Bruxelles de trouver un compromis pour réduire à 120 grammes par kilomètre les émissions de CO2 d'ici à 2012. La recherche d'un équilibre entre la défense de l'environnement et les intérêts des constructeurs automobiles s'avère cependant très délicate pour la présidence française de l'Union.

    En dépit d'un accord de principe entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en juin dernier, Paris doit composer avec la très forte mobilisation du gouvernement allemand. La grande coalition au pouvoir à Berlin défend bec et ongles les intérêts de constructeurs comme Mercedes, Porsche, ou BMW, encore très éloignés des objectifs mis sur la table par la Commission européenne. Mais les conciliabules franco-allemands sur le sujet agacent les autres pays, qui espèrent, eux aussi, faire valoir leur point de vue. Certains pays de transit, comme la Belgique et le Luxembourg, qui ne disposent pas de fabricants nationaux, misent beaucoup sur la réduction des pollutions automobiles afin de tenir leurs engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les voitures, qui rejettent en moyenne près de 160 grammes de CO2 par kilomètre, sont à ce jour responsables de 14 % des émissions polluantes européennes.

    VERS UN SURSIS DE TROIS ANS ?

    Pour tenter d'arracher un accord d'ici à novembre, la France suggère, dans un document diffusé cette semaine à Bruxelles, d'assouplir les projets de la Commission : seuls 60 % de la flotte seraient dans l'obligation de tenir l'ambition européenne en 2012, et 100 % en 2015. Paris propose aussi une montée en puissance graduelle des sanctions financières qui doivent frapper les fabricants incapables de tenir leurs objectifs. Des ouvertures que Greenpeace a aussitôt dénoncées : "Pour protéger les profits d'une poignée d'industriels, la France est en train de pousser l'Europe à brader la lutte contre le dérèglement du climat", a expliqué l'ONG.

    Pour ne rien arranger, les eurodéputés de la commission environnement ont rejeté, à la surprise générale, le 25 septembre, les amendements qui cherchaient, eux aussi, à ménager les intérêts des industriels. Le rapporteur sur ce projet, le socialiste italien Guido Sacconi, espérait pourtant être soutenu par les deux plus importants groupes parlementaires, de droite comme de gauche.

    Le clivage entre défenseurs de l'environnement et partisans de l'industrie a fait exploser les rangs conservateurs et socialistes. Pour le plus grand bonheur des élus écologistes. "Ce vote pourrait retarder l'examen du texte au Parlement", a regretté M. Sacconi. Plus grave pour les diplomates français, la division des deux formations-clés du Parlement risque de compliquer les négociations, déjà très difficiles, engagées sur le paquet climat-énergie.

    Philippe Ricard
    Article paru dans l'édition du 03.10.08

    14/09/2008

    La Commission Européenne et les OGM

    lu sur http://www.univers-nature.com/

    11-09-2008

    OGM : autorisation d’un soja transgénique en Europe

    La Commission européenne vient d’autoriser pour les 10 années à venir l’importation et l’utilisation pour l’alimentation humaine et animale d’un soja génétiquement modifié de Bayer. Dénommé A2704-12, ce soja n’est pas une nouveauté puisque sa demande d’importation en Europe remonte à 1998. Néanmoins, faute d’un accord entre les 27 ministres de l’agriculture, lors du conseil agriculture et pêche du 15 juillet dernier, la Commission européenne, toujours aussi volontaire en la matière (1) vient de l’autoriser en s’appuyant sur l’avis favorable qu’avait rendu, en août 2007, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA).

    Ce soja OGM est résistant à l’herbicide Liberty (contenant du Glufosinate) vendu par Bayer. Même si sa culture en Europe demeure interdite, sa commercialisation ouvre un peu plus l’UE aux OGM, plus particulièrement le secteur de l’élevage et de l’alimentation du bétail. Rappelons d’ailleurs que, si l’étiquetage des denrées contenant des OGM est obligatoire, les produits alimentaires issus d’animaux ayant consommé des OGM en sont dispensés.

    Cette nouvelle autorisation porte le nombre d’OGM autorisés, à l’importation à des fins alimentaires en Europe, à 16 (maïs, soja, betterave, colza).
    Pascal Farcy

    1- Depuis 2004 et la levée du moratoire européen sur les OGM, lorsqu’il lui appartient de trancher, la Commission européenne n’a jamais rendu d’avis négatif.

    10/09/2008

    Se souvenir des déchets nucléaires

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/06/se-souvenir-des-dechets-nucleaires_1092265_3244.html

    Patrick Charton, adjoint au directeur sûreté, qualité et environnement à l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra)
    Se souvenir des déchets nucléaires
    LE MONDE | 06.09.08 | 14h10 • Mis à jour le 06.09.08 | 14h10

    L'humanité produit chaque année des centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs, issus des centrales nucléaires, de l'industrie militaire ou de la recherche. Que deviennent-ils, et combien de temps resteront-ils dangereux ?

    Les déchets sont stockés dans divers sites en fonction de leur durée de vie et de leur dangerosité. Les déchets de faible et de moyenne activité resteront radioactifs de quelques dizaines à quelques centaines d'années. En France, ils sont stockés dans des centres de surface, dans l'Aube et dans la Manche. Les déchets hautement radioactifs et à vie longue continueront d'émettre des radionucléides pendant des centaines de milliers d'années, voire un million d'années. Ils sont pour l'instant entreposés près des sites de production, en attendant la création d'un site de stockage à 500 mètres sous terre, dans la Meuse.

    L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), où vous êtes responsable du développement durable, cherche les moyens de transmettre aux générations futures des informations sur la localisation et le contenu des sites. Pour quoi faire, si ces derniers sont parfaitement sûrs ?

    Les centres de stockage, qu'ils soient en surface, semi-enterrés ou situés dans des couches géologiques profondes, ont été conçus pour être sûrs. Mais si, ayant perdu la mémoire de leur existence, vous faites intrusion sans savoir où vous mettez les pieds, en effectuant un forage, par exemple, vous risquez de prendre des doses de radioactivité. Le fait de les mettre en sous-sol limite ce risque. Mais la transmission de la mémoire fait aussi partie des mesures de sûreté.

    Vous travaillez sur des échelles de temps extrêmement longues. Comment vous projetez-vous dans le futur ?

    C'est extrêmement difficile. Serons-nous plus ou moins intelligents, disposerons-nous de technologies totalement novatrices ? On n'en sait rien. De plus, certains événements accélèrent le temps, comme les révolutions et les guerres. Il y a trois siècles, à la cour du roi Louis XIV, pensez-vous que l'on pouvait imaginer la France d'aujourd'hui ? Au lieu de chercher à imaginer l'avenir, j'ai préféré me tourner vers le passé, afin d'étudier comment les choses sont parvenues jusqu'à nous.

    Quels enseignements en avez-vous tirés ?

    Les spécialistes des manuscrits médiévaux m'ont expliqué que le document technique que nous projetions de réaliser, baptisé "Mémoire de synthèse à l'attention des générations futures", avait toutes les chances de finir rapidement à la poubelle. Quand les gens trient des documents, ils gardent en priorité ceux qui contiennent des images, ce qui explique que les manuscrits illustrés aient été davantage conservés. Toutes les pages de notre document ont donc été illustrées. Ce document sera téléchargeable sur notre site Internet. Les décideurs, les associations, les riverains, à qui il sera destiné, pourront le stocker sur leur ordinateur ou l'imprimer.

    Quels autres vecteurs faudra-t-il employer pour assurer cette transmission ?

    Il faudra d'abord entretenir la mémoire dans les têtes. L'Andra devra maintenir sa communication sur l'existence des sites de stockage, même s'ils ne sont plus surveillés. Les commissions locales d'information (CLI), organismes indépendants devant lesquels l'Andra vient s'expliquer, permettront également de préserver la mémoire. Cela peut fonctionner sur un ou deux siècles.

    Et au-delà ?

    Des archives détaillées sont conservées sur les sites de stockage et aux Archives nationales. Le papier moderne contenant des composés chimiques chlorés qui attaquent l'encre, nous avons recours au papier "permanent", qui n'en contient pas, en espérant qu'il durera de six cents à mille ans. Nous inscrirons également des servitudes au cadastre pour éviter que les sites soient réutilisés.

    Imagine-t-on de laisser des signes sur les lieux de stockage ?

    Les Américains envisagent d'installer, au-dessus des sites, des objets servant à marquer le terrain. Des "information rooms", taillées dans le marbre, seront érigées sur des monticules de 30 mètres de haut. Ces salles contiendront des inscriptions en anglais et dans d'autres langues, ainsi que des symboles de dangerosité. Celui de la radioactivité bien sûr, mais aussi des visages exprimant la douleur. Ils pensent qu'elles auront une pérennité de l'ordre de 25 000 à 50 000 ans.

    Les Japonais, eux, se fondent sur une coutume ancestrale, qui veut que certains temples soient détruits tous les vingt-cinq ans et reconstruits à l'identique. Ils ont prévu de construire un temple contenant des plaques microgravées faites de matériaux très résistants, comme le tungstène ou le titane, où les sites de stockage seront décrits.

    La France ne s'oriente pas dans cette voie ?

    Cela pose en tout cas plusieurs types de problèmes. On peut trouver des supports qui résisteront très longtemps, comme le granite, mais la pierre finira par s'éroder. Des matériaux plus nobles pourraient être utilisés, tels des disques en saphir massif et en titane qui pourraient résister 2 millions d'années. Mais sans gardiennage, ils risquent d'être vandalisés. Il y a aussi l'obstacle de nos langues actuelles, qui peut-être seront mortes demain... Le principal problème, c'est la transmission du sens : il faut que les générations futures comprennent ce que nous avons voulu dire.

    N'existe-t-il pas des symboles susceptibles de traverser le temps ?

    Les mégalithes de Carnac, qui remontent à 6 700 ans, nous sont mystérieux. Pourquoi ces alignements, pourquoi à cet endroit ? Même chose avec les fresques de la grotte de Lascaux, exécutées il y a 18 000 ans. Etait-ce un exercice esthétique, ou ces hommes ont-ils essayé de nous transmettre un message ? Une tête de mort, un visage qui pleure évoqueront-ils un danger ? Rien ne dit que, dans des dizaines de milliers d'années, les symboles que nous laissons ne passeront pas pour un exercice esthétique. Il faut arriver à coupler le signe matériel et le sens, et personne n'a de réponse unique sur les moyens d'y parvenir sur des durées aussi longues.

    De nos ancêtres, nous avons reçu des objets d'art, des réalisations architecturales... Cela ne pose-t-il pas un problème moral de transmettre à nos descendants des déchets dangereux ?

    La mission de l'Andra, c'est de gérer les déchets. Ils existent. Même si, demain, on arrêtait le parc électronucléaire, il faudra en faire quelque chose. Aurait-il fallu ne pas les produire ? C'est un débat éthique qui dépasse la question du nucléaire. Si vous ne produisez pas votre électricité avec l'énergie nucléaire, vous utilisez du pétrole ou du charbon, qui émettent du CO2. Il faut mettre en parallèle notre mode de vie, qui génère toutes sortes de pollutions, et ce que nous voulons léguer à nos enfants. Notre mission est de faire en sorte que les générations futures puissent faire leurs choix en toute connaissance des nôtres.

    Propos recueillis par Gaëlle Dupont

    RADIOACTIVITÉS

    Les déchets de haute activité (ha) et de moyenne activité et à vie longue (ma-vl) représentent l'essentiel de la radioactivité, mais moins de 9 % du volume total des déchets.

    Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (fma-vc), pour l'essentiel des objets contaminés pendant leur emploi en centrale, représentent 0,055 % de la radioactivité et 76,8 % du volume total. Leur nocivité dure trois cents ans.

    Les déchets de faible activité à vie longue (fa-vl) proviennent de terres contaminées et du démantèlement de la première génération de centrales nucléaires. Ils représentent 0,013 % de la radioactivité et 4,6 % du volume de déchets.

    Article paru dans l'édition du 07.09.08

    03/09/2008

    Europe : la Commission Européenne bras armé des lobbies (le PROFIT, toujours plus de PROFIT !)

    Mais quelle Europe veulent les citoyens Européens ?

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/09/01/pesticides-les-nouvelles-normes-de-l-ue-entrent-en-vigueur-malgre-les-critiques_1089952_3214.html

    Pesticides : des ONG portent plainte contre les nouvelles normes de l'UE
    LEMONDE.FR avec AFP | 01.09.08 | 12h11 • Mis à jour le 01.09.08 | 12h28

    Les nouvelles normes européennes en matière de pesticides dans les aliments, violemment critiquées par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) qui les jugent dangereuses pour la santé, entrent en vigueur lundi 1er septembre. Ces nouveaux seuils, qui harmonisent les normes européennes en matière de résidus chimiques dans les aliments, doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Mais, selon les ONG, ce règlement a pour effet de repousser de façon "spectaculaire" les limites existantes.

    L'accusation est grave : selon Hans Muilerman, porte-parole de l'ONG néerlandaise Natuur en Milieu, pour chacun des 349 pesticides présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE, "la Commission a identifié le pays ayant la plus 'mauvaise' limite de sécurité et adopté ce niveau pour les normes européennes". En conséquence, "plusieurs centaines de limites maximales en résidus deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs", et ce "au regard même des normes d'analyse et des méthodes d'analyses fixées par l'UE", conclut une analyse conjointe de Greenpeace et de l'ONG environnementale autrichienne Global 2000.

    Dans certains pays étudiés, comme l'Allemagne ou l'Autriche, le changement serait très préoccupant. En Autriche par exemple, 65 % des pesticides utilisés verront leur taux maximal augmenter, pour certains jusqu'à 1 000 fois, alors que seuls 4 % verront leur taux baisser, note Global 2000. La consommation de pommes, poires, raisins, tomates et poivrons pourrait en particulier désormais poser des risques pour la santé des enfants. Deux ONG, Natuur en Milieu et le réseau PAN Europe, ont lancé en août une action en justice devant la Cour européenne de justice.

    La Commission européenne a répondu à ces critiques et défendu ses nouvelles normes. "Dans plusieurs cas, l'UE a établi des limites maximales en résidus alors que les Etats membres n'en avaient pas, rendant notre alimentation plus sûre", a fait valoir vendredi Nathalie Charbonneau, porte-parole de la Commission européenne. "Nous ne sommes pas d'accord avec les critiques des ONG, parce que d'abord nous ne parlons pas des mêmes choses. Nous avons fait une analyse qui est beaucoup plus large que la leur", déclare-t-elle. La Commission estime que les ONG se sont appuyées sur des données "imprécises", mais assure qu'elle examinera néanmoins "toute étude qui lui sera soumise".

    16/08/2008

    L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières

    lu sur lemonde.fr :

    L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières

    http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/16/en-france-vingt-zones-sont-touchees_1084453_3244.html

    En France, vingt zones sont touchées
    LE MONDE | 16.08.08 | 13h40 • Mis à jour le 16.08.08 | 13h40

    Dans la revue Science du 15 août, Robert Diaz et Rutger Rosenberg recensent vingt sites frappés d'eutrophisation en France, principalement des estuaires et des lagunes côtières. Mais "le processus est épisodique, périodique ou saisonnier, et peu important", précise Louis-Alexandre Romana, responsable de l'environnement côtier à l'Ifremer.

    Sont concernés les baies de Somme et de Vilaine (épisodique) ; l'estuaire de la Gironde et la lagune languedocienne du Prévost (périodique) ; les étangs de Berre et de Thau, les estuaires de la Loire et de la Seine (saisonnier). Auxquels s'ajoutent sans précision de périodicité les baies d'Arguenon, de Douarnenez, de la Frenaye, de Lannion, de Morlaix, de Saint-Brieuc, et Concarneau, les sites de Boulogne, Calais, Dunkerque, l'estuaire de la Canche (Picardie) et le bassin d'Arcachon.

    Dans les grands estuaires, l'eutrophisation est provoquée par le mouvement des marées, qui finit par former une sorte de "bouchon vaseux" à leur sortie. L'hypoxie a lieu en été, pendant les périodes de hautes eaux qui remuent ces sédiments et accentuent la consommation d'oxygène. Sur la Vilaine, un barrage a déplacé le bouchon vaseux en amont, où il y a moins d'eau.

    Dans le Languedoc-Roussillon, l'étang de Berre et l'étang de Thau connaissent des situations d'hypoxie plus marquées. Dans le premier cas, le problème vient d'EDF, qui a détourné le débit de la Durance vers l'étang de Berre pour alimenter la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas. L'arrivée d'eau douce dans l'eau salée à induit une stratification et une hypoxie en été. Pour réduire ces effets, EDF a décidé de limiter ses prélèvements estivaux.

    Dans l'étang de Thau, la conchyliculture alliée aux effluents domestiques est un des facteurs d'hypoxie estivale. Les coquillages filtrent beaucoup d'eau et envoient nombre de particules par le fond.

    Christiane Galus
    Article paru dans l'édition du 17.08.08

    12/08/2008

    "Nos experts n'assurent aujourd'hui quasiment aucune surveillance des nappes phréatiques."

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/12/la-surveillance-des-nappes-phreatiques-est-a-revoir-autour-des-sites-nucleaires_1082788_3244.html

    La surveillance des nappes phréatiques est à revoir autour des sites nucléaires
    LE MONDE | 12.08.08 | 15h17 • Mis à jour le 12.08.08 | 15h17

    "Nos experts n'assurent aujourd'hui quasiment aucune surveillance des nappes phréatiques." Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ne pratique pas la langue de bois. Ses propos prennent un relief particulier, alors que des incidents en cascade - 11 de niveau 1 sur l'échelle internationale allant de 0 à 7, depuis le début du mois de juillet - braquent les projecteurs sur les défaillances de la filière électronucléaire.

    A la suite de l'accident du Tricastin (Vaucluse) du 7 juillet, qui a entraîné le rejet de 74 kg d'uranium dans les cours d'eau, le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a demandé au Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, créé au mois de juin, de se pencher sur la situation radio-écologique de l'ensemble des sites nucléaires français. Et, en particulier, de vérifier l'état de toutes les nappes phréatiques. Le 22 juillet, le Haut Comité a saisi l'IRSN, qui doit lui remettre pour le 15 septembre - avec un rapport d'étape début septembre - un "bilan de la surveillance et de la qualité des eaux, souterraines et superficielles, à proximité des sites nucléaires".

    Les 70 agents de l'IRSN affectés au contrôle des centres nucléaires ne partent pas de rien. La loi impose une autosurveillance aux exploitants - EDF pour les centrales, Areva pour la fabrication et le retraitement du combustible, le Commissariat à l'énergie atomique pour la recherche civile et militaire, l'Andra pour les déchets - des quelque 130 installations nucléaires de base, réparties sur une trentaine de sites, dont 19 abritent les 58 réacteurs français. Ces exploitants ont obligation de s'assurer que leurs rejets, gazeux et liquides, ne dépassent pas les seuils autorisés, mais aussi qu'ils n'ont pas d'impact sur l'environnement.

    UNE CERTAINE "OPACITÉ"

    De son côté, l'IRSN procède chaque année à 30 000 prélèvements dans 600 points du territoire national. Les trois quarts de ces analyses portent sur les aérosols (poussières atmosphériques), la pollution radioactive de l'air étant considérée comme le risque majeur. Les autres prélèvements sont faits dans les rivières, ou sur des végétaux ou des produits tests (herbes, mousses, blé, lait). Dans le même temps, les 180 balises du réseau Téléray, qui mesurent en permanence le niveau de radioactivité dans l'air ambiant, fournissent 19 millions de mesures par an. Elles sont complétées par quelques stations de mesures des eaux fluviales et des bassins d'épuration.

    Mais l'Institut ne s'intéresse que "très peu" aux nappes phréatiques, reconnaît Didier Champion. Il ne suit que 16 sites (dont celui du Tricastin), sur lesquels il n'effectue que 114 prélèvements par an. Une goutte d'eau, en comparaison du réseau hydrographique souterrain. En outre, certains de ces sites, dont le choix est lié à des "raisons historiques", ne comptent pas parmi les plus significatifs. Ce désintérêt peut s'expliquer par le fait que les exploitants ne sont pas autorisés à rejeter des effluents dans les eaux profondes, qui ne devraient donc théoriquement pas être contaminées. Et qu'en cas d'accident, les nappes ne sont pas immédiatement atteintes, ce qui laisse le temps de déployer les moyens d'analyse nécessaires.

    Les exploitants sont toutefois tenus de surveiller les nappes situées sous leurs installations. Mais les résultats, communiqués à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), ne le sont pas à l'IRSN. Une "anomalie" qui, aux yeux de Didier Champion, contribue à une certaine "opacité". Un remède devrait y être apporté avec la création, à partir de janvier 2009, d'un réseau national de mesure de la radioactivité dans l'environnement. Géré par l'IRSN, il centralisera toutes les mesures émanant des exploitants comme des services de l'Etat.

    L'institut n'envisage pourtant pas de mettre en place une surveillance systématique des nappes phréatiques. "Ce serait déraisonnable, pour des raisons de moyens, estime Didier Champion. Les eaux souterraines ont un comportement complexe et fluctuant. Il ne suffit pas d'effectuer quelques mesures ponctuelles pour statuer sur leur qualité."

    Pour répondre à la demande ministérielle, l'IRSN a entrepris l'inventaire de toutes les données dont disposent déjà les exploitants, accompagné du recensement des stockages de déchets radioactifs, actuels ou passés, d'où des radionucléides pourraient ou auraient pu migrer vers le sous-sol. "Cet état de lieux permettra de déterminer les nappes qui présentent un marquage radioactif et demandent une attention particulière. Le Haut Comité fera ensuite des recommandations au ministre. Ce sera alors à lui de décider d'une surveillance renforcée", indique l'institut.

    Au-delà des seules nappes phréatiques, Didier Champion juge nécessaire "une évaluation de la pertinence du dispositif global de surveillance des sites nucléaires". Tout aussi important, pense-t-il, est de mettre à la disposition du public "des informations faciles à interpréter, notamment en termes de risques sanitaires". "Pour l'IRSN, ce n'est pas un été de tout repos, commente le directeur de l'environnement de cet institut. Tout le monde, même les chercheurs, est mobilisé pour cette mission."

    Pierre Le Hir
    Les vigiles du nucléaire

    ASN
    L'Autorité de sûreté nucléaire est le "gendarme" des industries de l'atome, chargé par l'Etat du contrôle de la sûreté et de la radioprotection. Moyens : 400 agents, 11 délégations territoriales, 50 millions d'euros de budget.

    IRSN
    L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, placé sous la tutelle des ministères de l'environnement, de la santé, de l'industrie, de la recherche et de la défense, assure l'expertise et la recherche sur les risques nucléaires. Moyens : 1 600 agents, 11 implantations régionales, 275 millions d'euros de budget.

    CRIIRAD
    La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, créée après l'accident de Tchernobyl et dotée de son propre laboratoire d'analyses, joue un rôle de contre-pouvoir. Moyens : 13 salariés, 4 000 adhérents, 675 000 euros de budget.

    Article paru dans l'édition du 13.08.08

    18/07/2008

    le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (7)

    lire attentivement : " LA RUPTURE DE LA CANALISATION DATERAIT DE PLUSIEURS ANNÉES ". Mais bien sûr, "IL N'Y A PAS DU TOUT D'IMPACT SUR L'ENVIRONNEMENT "...

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/07/18/une-fuite-d-uranium-constatee-a-romans-sur-isere_1074729_0.html

    Une fuite d'uranium constatée sur un site d'Areva à Romans-sur-Isère
    LEMONDE.FR avec AFP | 18.07.08 | 12h13 • Mis à jour le 18.07.08 | 13h13

    peine le groupe Areva a reconnu, jeudi 17 juillet, que des erreurs et des dysfonctionnements internes avaient conduit à la fuite d'uranium à l'usine Socatri au Tricastin, qu'une nouvelle fuite, sur un autre site, vient relancer la polémique sur la sécurité des infrastructures nucléaires en France. Des rejets d'effluents radioactifs ont en effet été constatés dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, à la suite d'une rupture de canalisation, a annoncé, vendredi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

    L'incident s'est produit dans l'usine FBFC, qui fabrique du combustible nucléaire pour des centrales de production d'électricité et des réacteurs de recherche. "Les premières analyses montrent qu'il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement, car les quantités d'uranium sont très faibles, de l'ordre de quelques centaines de grammes", a déclaré Evangelia Petit, porte-parole de l'ASN. L'Autorité indique avoir été prévenu jeudi soir par Areva. Elle a dépêché dans la nuit trois inspecteurs "pour examiner les circonstances de l'événement et les mesures prises par l'exploitant".

    "PAS DE LIEN AVEC SOCATRI"

    "Les inspecteurs de l'ASN ont relevé que la rupture de la canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années", précise l'ASN. Selon la société FBFC, il s'agit d'une canalisation reliant un atelier de fabrication de combustible à une station de traitement. L'ASN a notamment relevé "la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable" et a noté "une capacité de résistance aux chocs insuffisante pour éviter leur rupture".

    "La tuyauterie défaillante a été fermée par les équipes", a précisé la filiale d'Areva, qui assure que "l'incident est circonscrit à l'endroit de la rupture de la canalisation et reste donc limité au site". FBFC veut proposer à l'ASN de classer cet incident au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires (Ines), qui va de 0 à 7.

    Interrogée sur d'éventuelles similitudes avec l'incident qui a lieu sur l'usine Socatri du site de Tricastin (Vaucluse), dans la nuit du 7 au 8 juillet, l'ASN a souligné qu'il s'agissait d'un incident de nature très différente. "De notre point de vue, il n'y a absolument pas de lien avec Socatri car il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement", a expliqué l'ASN.