18.07.2008
le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (7)
lire attentivement : " LA RUPTURE DE LA CANALISATION DATERAIT DE PLUSIEURS ANNÉES ". Mais bien sûr, "IL N'Y A PAS DU TOUT D'IMPACT SUR L'ENVIRONNEMENT "...
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/07/18/une-fuite-d-uranium-constatee-a-romans-sur-isere_1074729_0.html
Une fuite d'uranium constatée sur un site d'Areva à Romans-sur-Isère
LEMONDE.FR avec AFP | 18.07.08 | 12h13 • Mis à jour le 18.07.08 | 13h13
peine le groupe Areva a reconnu, jeudi 17 juillet, que des erreurs et des dysfonctionnements internes avaient conduit à la fuite d'uranium à l'usine Socatri au Tricastin, qu'une nouvelle fuite, sur un autre site, vient relancer la polémique sur la sécurité des infrastructures nucléaires en France. Des rejets d'effluents radioactifs ont en effet été constatés dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, à la suite d'une rupture de canalisation, a annoncé, vendredi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L'incident s'est produit dans l'usine FBFC, qui fabrique du combustible nucléaire pour des centrales de production d'électricité et des réacteurs de recherche. "Les premières analyses montrent qu'il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement, car les quantités d'uranium sont très faibles, de l'ordre de quelques centaines de grammes", a déclaré Evangelia Petit, porte-parole de l'ASN. L'Autorité indique avoir été prévenu jeudi soir par Areva. Elle a dépêché dans la nuit trois inspecteurs "pour examiner les circonstances de l'événement et les mesures prises par l'exploitant".
"PAS DE LIEN AVEC SOCATRI"
"Les inspecteurs de l'ASN ont relevé que la rupture de la canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années", précise l'ASN. Selon la société FBFC, il s'agit d'une canalisation reliant un atelier de fabrication de combustible à une station de traitement. L'ASN a notamment relevé "la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable" et a noté "une capacité de résistance aux chocs insuffisante pour éviter leur rupture".
"La tuyauterie défaillante a été fermée par les équipes", a précisé la filiale d'Areva, qui assure que "l'incident est circonscrit à l'endroit de la rupture de la canalisation et reste donc limité au site". FBFC veut proposer à l'ASN de classer cet incident au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires (Ines), qui va de 0 à 7.
Interrogée sur d'éventuelles similitudes avec l'incident qui a lieu sur l'usine Socatri du site de Tricastin (Vaucluse), dans la nuit du 7 au 8 juillet, l'ASN a souligné qu'il s'agissait d'un incident de nature très différente. "De notre point de vue, il n'y a absolument pas de lien avec Socatri car il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement", a expliqué l'ASN.
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16.07.2008
le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (5)
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/07/16/de-l-uranium-militaire-incrimine-au-tricastin_1073789_3244.html
De l'uranium militaire incriminé au Tricastin
LE MONDE | 16.07.08 | 08h56 • Mis à jour le 16.07.08 | 09h02
Dix jours après l'accident survenu sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme-Vaucluse) où, dans la nuit du 7 au 8 juillet, le débordement d'une cuve d'effluents radioactifs a entraîné la dispersion de 74 kg d'uranium dans les rivières et la nappe phréatique (chiffre annoncé par l'exploitant de l'installation, la société Socatri, filiale d'Areva), des interrogations subsistent. En particulier sur l'origine de la contamination de certains captages de la nappe alluviale.
Dans les eaux de surface et la nappe phréatique, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a certes fait état, vendredi 11 juillet, d'une "diminution régulière de la concentration en uranium", revenue à "une valeur proche de la normale, de l'ordre de quelques microgrammes par litre". Les résultats de nouvelles mesures, portant également sur des poissons, des légumes, des végétaux aquatiques et des sédiments, devaient être communiqués mercredi 16 juillet.
Pourtant, des taux anormaux d'uranium, dix fois supérieurs au "bruit de fond" enregistré habituellement, ont été relevés dans plusieurs captages utilisés par des particuliers. Ces "marquages" intriguent d'autant plus qu'ils fluctuent selon les jours.
Au robinet relié à un puits situé à 2 kilomètres au sud de la station de la Socatri, la concentration était de 64 microgrammes par litre (µg/l) le 8 juillet, de 22 µg/l le 10 juillet, de 36,6 µg/l le 14 juillet. Dans une ferme voisine, la teneur était de 15,2 µg/l le 9 juillet, de 12,5 µg/l le 14 juillet.
L'accident de la Socatri ne semble pas pouvoir expliquer ces concentrations en uranium, qui approchent ou dépassent la limite de 15 µg/l fixée par l'Organisation mondiale de la santé, pour les eaux destinées à la consommation humaine. Jean-Christophe Gariel, directeur adjoint de l'environnement à l'IRSN, avance deux hypothèses : "Une présence d'uranium d'origine naturelle, ou un incident plus ancien". L'hydrogéologie "très complexe" de la zone du Tricastin pouvant expliquer les disparités observées.
Corinne Castagnier, directrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), exclut l'origine naturelle. "Pour un autre radionucléide naturel, le polonium 210, issu de la chaîne de désintégration de l'uranium, on trouve des valeurs similaires en amont et en aval du site, alors que pour l'uranium, elle sont six à sept fois supérieures en aval. Il y a donc bien une pollution à l'uranium", fait-elle valoir.
STOCKAGE À CIEL OUVERT
La Criirad suspecte un entreposage de déchets, issus d'une ancienne usine militaire d'enrichissement de l'uranium ayant fonctionné, sur le site du Tricastin, de 1964 à 1996. Dans un tumulus de terre haut de 5 à 6 mètres ont notamment été accumulées 760 tonnes de "barrières de diffusion", parois poreuses permettant de séparer l'uranium fissile, nécessaire aux armes nucléaires, de l'uranium naturel qui n'en contient que 0,7%.
Une étude du Haut-Commissariat à l'énergie atomique, réalisée en 1998, estimait entre 2,6 et 3,5 tonnes la quantité d'uranium contenue dans ces résidus, dont la teneur en U235 variait de 0,6 à 3,5 %. Les eaux de pluie, ruisselant sur ce stockage à ciel ouvert, auraient lessivé une partie de l'uranium vers la nappe.
Areva a la charge de ce dépôt. Des contrôles réguliers sont effectués par l'Autorité de sûreté nucléaire pour les installations relevant de la Défense, la DSND. Le rapport du Haut-Commissariat notait que "la contamination de la nappe liée à cette butte de stockage a été mise en évidence dès 1977" et estimait que "900 kg environ d'uranium auraient quitté la butte via les eaux souterraines". Au point que l'exploitant a procédé, jusqu'en 1998, à un pompage dans cette nappe pour l'assainir, en rejetant les eaux aspirées dans le canal Donzère-Mondragon qui rejoint le Rhône. La Cogema (devenue Areva) avait envisagé une couverture de la butte de stockage, jamais réalisée.
"Une quarantaine de familles de la zone du Tricastin possède des puits. Certaines en boivent l'eau, souligne Corinne Castagnier. Les niveaux d'uranium ne sont certes pas très élevés. Mais ce qui est inadmissible, c'est le cynisme des responsables et la violation du b-a-ba de la gestion des déchets nucléaires."
Pierre Le Hir
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15.07.2008
le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (4)
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/07/14/de-l-uranium-suspect-decele-dans-la-nappe-phreatique-au-tricastin_1073149_3244.html
De l'uranium suspect décelé dans la nappe phréatique au Tricastin
LE MONDE | 14.07.08 | 15h41 • Mis à jour le 14.07.08 | 15h42
La crise engendrée par la fuite d'uranium survenue le 7 juillet dans une unité de traitement de la société Socatri, au Tricastin (Vaucluse), pourrait rebondir. Certes, la préfecture du Vaucluse a levé en partie les interdictions d'usage de l'eau, le long des cours d'eau où une partie des effluents radioactifs s'étaient déversés : les mesures faites par la filiale d'Areva ne relèvent plus, dans les eaux de surface, de dépassements de la norme de potabilité fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à 15 microgrammes d'uranium par litre (µg/l).
Certes, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui avait ordonné la fermeture de l'unité de traitement défaillante après une première inspection, jeudi 10 juillet, a constaté lors d'une deuxième visite, samedi, que ses prescriptions avaient été respectées : la Socatri a achevé la vidange du bac de rétention "fuyard" ; elle a mis la terre contaminée en lieu sûr et a nettoyé le réseau d'eaux pluviales souillé, avant qu'un orage ne vienne s'en charger. Elle estime que la teneur d'uranium dans l'effluent était de 8 g/l et non de 12 g/l.
POLLUTION ANTÉRIEURE ?
Mais il reste plusieurs zones d'ombre. La plus préoccupante concerne la présence, encore inexpliquée, de teneurs en uranium plus élevées que la normale dans divers points de la nappe phréatique. Compte tenu de la vitesse de diffusion de l'uranium, ces concentrations n'auraient pas dû être relevées. Sur un point de prélèvement, nommé AEP4, situé à deux kilomètres au sud de la Socatri, la teneur est montée jusqu'à 64 µg/l le 8 juillet, et restait à 36,6 µg/l le 13 juillet.
Dans une ferme avoisinante, elle se situait autour de la limite fixée par l'OMS - soit presque dix fois au-dessus du "bruit de fond" enregistré habituellement dans la nappe. "Ces valeurs ne peuvent être expliquées par le rejet accidentel", estime l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Le point AEP4, situé chez un particulier, déconcerte les autorités : la teneur en uranium fluctue, l'eau prélevée au puits présentant des concentrations moins élevées que celles mesurées au robinet qu'il alimente.
Cette découverte renvoie à une étude récemment conduite par l'IRSN, la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale et Areva sur la nappe phréatique du Tricastin. "Elle avait mis en évidence des marquages à l'uranium en certains points, entre 10 et 15 µg/l, sans que l'on puisse préciser leur source, indique Didier Champion, directeur de l'environnement à l'IRSN. On ne peut exclure qu'il y ait eu des rejets antérieurs, à l'origine d'une pollution à l'uranium." Soucieuse d'éclaircir ce point, la préfecture du Vaucluse ne prévoit pas de modifier ses prescriptions sur l'usage de l'eau avant plusieurs jours. Le temps aussi de collecter les résultats des analyses de sédiment, de plantes et de poisson issus des cours et plans d'eau souillés.
Reste également aux autorités à analyser le respect ou non des procédures l'alerte des différents services de l'Etat, des élus et des populations. La défaillance de la Socatri semble patente : une alarme signalant un niveau élevé d'effluent dans la cuve s'est déclenchée à 19 heures lundi 7 juillet. Le débordement a été constaté à 23 heures, mais ce n'est qu'à 4 heures le lendemain que la fuite en dehors de la cuve de rétention, accidentellement fendue lors de travaux récents, a été détectée. Le plan d'urgence interne a été déclenché à 6 h 15, l'ASN et la préfecture de la Drôme étant prévenues une heure plus tard. Que s'est-il passé pour que certains maires ne soient pas avertis avant 13 h 30 ? Et pour que l'IRSN ne soit alerté qu'à 11 h 30 ? "Pourquoi l'exploitant n'a-t-il pas déclenché l'alerte nationale ?, s'interroge Didier Champion. Nous avons perdu une demi-journée pour conduire nos analyses sur place." Diverses enquêtes, administratives et judiciaires, devront le déterminer.
Hervé Morin
Article paru dans l'édition du 15.07.08
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10.07.2008
le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (3)
lu sur lemonde.fr :
(voir aussi "les dossiers enterrés de Tchernobyl" sur Une Place pour Tous, lien ci-contre)
La Criirad dénonce "une série de dysfonctionnements" sur le site nucléaire du Tricastin
LEMONDE.FR | 09.07.08 | 15h20
runo Chareyron est responsable de laboratoire à la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Selon lui, l'incident survenu, dans la nuit du 7 au 8 juillet, sur le site nucléaire du Tricastin, dans le Vaucluse, n'a "rien d'une catastrophe nucléaire" mais ne doit pas, pour autant, être minimisé. Il révèle toute une suite de dysfonctionnements dans la sécurité du site, des dysfonctionnements que la Criirad signalait depuis plusieurs années :
M. Chareyron estime que la préfecture a pris les mesures de sécurité nécessaire, mais insiste sur l'importance de l'incident et ses éventuels conséquences environnementales. La concentration en uranium des rejets est importante, d'autant plus que la diffusion s'est faite dans le sol ou dans des petits ruisseaux, soit des milieux à faible dilution :
Pour la Criirad, la communication sur cet incident, comme sur la plupart des incidents de ce type, a trop tendance à minimiser l'importance des risques nucléaires : "Areva insiste sur le fait que c'est l'uranium naturel, il n'en est pas moins radioactif et toxique" :
Propos recueillis par Thibaud Vuitton
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Le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (2)
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/07/09/les-autorites-nucleaires-se-veulent-rassurantes-face-au-rejet-d-uranium-sur-le-site-de-tricastin_1067895_0.html
(voir aussi "Le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (1)"
Les autorités nucléaires se veulent rassurantes face au rejet d'uranium sur le site de Tricastin
LE MONDE | 09.07.08 | 05h46 • Mis à jour le 09.07.08 | 17h44
Quelque 360 kg d'uranium se sont déversés dans l'environnement du site nucléaire du Tricastin, sur la commune de Bollène (Vaucluse), dans la nuit du 7 au 8 juillet. L'accident est survenu dans une installation de la société Socatri, filiale d'Areva, qui assure la décontamination de matériels et la récupération de l'uranium traité par l'usine d'enrichissement d'Eurodif, installée sur le même site. Les circonstances du déversement accidentel de 30 m3 de solution contenant 12 grammes d'uranium par litre restent encore à élucider.
Les préfets du Vaucluse et de la Drôme ont interdit, jusqu'à nouvel ordre, la consommation d'eau potable issue de captages privés sur trois communes, mais aussi la baignade et la pêche dans les cours et plans d'eau avoisinants. L'irrigation agricole est stoppée. Les effluents radioactifs se sont en effet infiltrés pour partie dans le sol à l'intérieur même de l'établissement. Mais une quantité mal évaluée a rejoint par le réseau des eaux pluviales les rivières de la Gaffière, puis du Lauzon qui se déverse dans le Rhône. La société Socatri, qui a immédiatement effectué des mesures, "a constaté un dépassement de la valeur préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les eaux destinées à la consommation humaine d'un facteur 1000 pendant une courte période correspondant au passage du pic de pollution", indique l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Chargé de l'expertise en cas d'accident, cet organisme estime cependant que les "conséquences radiologiques pour les populations devraient être négligeables".
100 FOIS LE REJET ANNUEL
"Dans la mesure où les gens ne consomment pas l'eau de la nappe phréatique, les risques de contamination sont inexistants", estime Thierry Charles, directeur de la sûreté des usines à l'IRSN. Un plan de surveillance sur 12 points de prélèvement d'eau va être mis en place pour vérifier l'évolution des teneurs dans les semaines et les mois à venir. Ces analyses permettront de déterminer à quelle échéance les mesures de restrictions pourront être levées. Elles pourraient l'être à plus faible délai dans les cours d'eau, qui assurent une dilution plus rapide, "lorsque nous serons assurés que l'uranium ne s'est pas fixé sur les sédiments", précise Charles-Antoine Louet, chef de division de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à Lyon.
Si les autorités se veulent rassurantes, les associations de défense de l'environnement s'inquiètent de l'ampleur de la pollution. Sortir du nucléaire évoque le risque de cancer lié aux contaminations de ce type. Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), note que "la radioactivité contenue dans ce rejet a été plus de 100 fois supérieure à la limite annuelle fixée pour cet établissement". Il ne veut pas encore se prononcer sur l'impact environnemental et sanitaire de l'accident, "attendant plus de données pour l'évaluer". Il y a quelques jours, la Criirad s'était inquiétée de l'entreposage sous un tumulus de terre de 770tonnes de déchets radioactifs d'origine militaire au Tricastin. "Cela fait beaucoup pour un site qui est la deuxième plate-forme nucléaire française, après La Hague", note-t-il.
Hervé Morin
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29.06.2008
le Nucléaire en France et dans le monde: des irresponsables aux commandes ? (1)
lu sur liberation.fr
Un scandale de fuite radioactive contrarie les plans de Merkel
De notre correspondante à Berlin NATHALIE VERSIEUX
QUOTIDIEN : samedi 28 juin 2008
Le gouvernement allemand se serait bien passé de ce nouveau scandale… En milieu de semaine, l’opinion a appris l’existence d’une fuite radioactive dans une ancienne mine de sel reconvertie en centre de stockage à Asse, dans le centre du pays. L’affaire est d’autant plus sensible qu’Angela Merkel vient tout juste de commencer une offensive de charme pro-nucléaire auprès d’une opinion particulièrement rétive. La chancelière allemande attend les élections de l’automne 2009 pour revenir sur la décision prise par le gouvernement Schröder de fermer toutes les centrales nucléaires du pays d’ici à 2020.
Endommagés. Retour à Asse, en Basse-Saxe, où 125 000 fûts faiblement radioactifs ont été entreposés à 750 mètres de profondeur entre 1967 et 1978. Mille trois cents autres fûts de déchets «moyennement» radioactifs (mais contenant onze kilos de plutonium) gisent également à 511 mètres de profondeur. Les couches salines, géologiquement stables depuis soixante-dix millions d’années, sont considérées comme quasiment imperméables. Sauf qu’à cet endroit, le sol est en mouvement. Depuis la révélation de l’affaire, la société chargée de gérer le site a dû reconnaître qu’il lui fallait pomper chaque jour, depuis 1988, les 12 mètres cubes d’eau qui s’infiltrent quotidiennement dans la mine et entrent en contact avec un ou plusieurs fût(s) endommagé(s). Ce qui expliquerait que depuis des années, les mesures réalisées sur place font état d’une contamination au césium 137. «Selon les endroits, les relevés sont de trois à onze fois supérieurs à la norme autorisée», admettent aujourd’hui les autorités du Land. Les Verts et les habitants craignent une possible contamination de l’eau potable de la région.
Au-delà des faits, le scandale d’Asse choque d’autant plus en Allemagne qu’il met en évidence les limites des systèmes de contrôle et d’information autour du nucléaire civil. Les autorités régionales, compétentes en la matière, n’ont été informées que récemment des fuites radioactives, et n’ont pas prévenu Berlin. Les liquides pompés de la mine sont réinjectés dans d’autres mines désaffectées, sans autorisation de l’autorité de sûreté nucléaire…
Longtemps, Asse a été considéré en Allemagne comme un prototype du futur centre de stockage de Gorleben, dont le projet repose dans les tiroirs du gouvernement depuis des années. Depuis la révélation des fuites, Berlin tente de relativiser les points communs entre les deux sites.
La période actuelle est, de fait, décisive pour l’avenir du nucléaire civil outre-Rhin. La CDU, le parti de la chancelière, évoque déjà, dans un document consacré à l’avenir de l’énergie en Allemagne, la «renaissance d’une technique nucléaire hautement moderne». «A moyen terme, on ne peut pas renoncer en Allemagne à l’électricité d’origine nucléaire», insistent les auteurs du document.
«Absurde». «Fermer les centrales allemandes dans douze ans pour importer du courant nucléaire de République Tchèque, de France ou de Finlande, c’est absurde», estime pour sa part Merkel. La chancelière multiplie depuis des semaines les déclarations de ce type, destinées à préparer l’opinion à un retour au nucléaire si elle était réélue l’an prochain. «Mais il faudra d’abord résoudre la question du stockage des déchets avant d’envisager la construction de nouvelles centrales», avertissent les auteurs du document de la CDU. C’était avant que n’éclate le scandale actuel.
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l'eau du robinet
lu sur liberation.fr :
Tempête dans une bouteille d'eau aux Etats-Unis
http://www.flickr.com/photos/11147789@N00/128127862/
La Conférence des maires des Etats-Unis a voté en juin une résolution appelant les municipalités à privilégier l'eau du robinet pour des raisons écologiques.
LIBELABO.FR
LIBERATION.FR : samedi 28 juin 2008
Un mouvement grandissant aux Etats-Unis s'oppose à la consommation régulière d'eau en bouteille en raison du gaspillage de plastique et des coûts énergétiques générés par son acheminement.
Illustrant cette tendance, la Conférence des maires des Etats-Unis a voté en juin une résolution appelant les municipalités à abandonner progressivement l'eau en bouteille et à promouvoir l'importance des réserves publiques d'eau potable.
Pour Janet Larsen, directrice de recherche à l'Earth Policy Institute, il existe "un rejet de l'eau en bouteille car de plus en plus de personnes réalisent qu'elle n'est pas meilleure que celle qui sort du robinet".
L'Institut Pacifique, un groupe de réflexion sur les questions de développement durable basé en Californie, soutient que la fabrication de bouteilles pour la consommation américaine en eau a requis l'équivalent de 17 millions de barils de pétrole en 2006, sans compter l'énergie utilisée pour le transport, a rejeté 2,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone et nécessité trois litres d'eau pour chaque litre d'eau produit.
Cette opposition survient à un moment où les ventes d'eau embouteillée connaissent une forte hausse aux Etats-Unis, peut-être liée à la peur d'une éventuelle contamination de l'eau du robinet, même si des opposants au secteur de l'eau embouteillée affirment que le matraquage publicitaire en est le facteur principal.
Le Conseil de défense des ressources naturelles a conclu que "la plupart des eaux testées étaient de très bonne qualité (même si) quelques marques étaient contaminées", tout en relevant que l'eau en bouteille "subit des tests" moins drastiques et "a des normes de pureté moins rigoureuses que ce qui s'applique à l'eau du robinet".
De plus, selon ce groupe, "environ un quart de l'eau en bouteille est en réalité de l'eau du robinet embouteillée". Les réglementations gouvernementales "autorisent les embouteilleurs à qualifier leur produit d'eau de source même s'ils l'ont puisée à l'aide d'une pompe et peut être traitée avec des produits chimiques".
Selon le groupe de consultants Beverage Marketing Corp, les Etats-Unis sont les plus gros consommateurs d'eau en bouteille au monde avec environ 33 milliards de litres d'eau bus en 2007.
Mais, en terme de consommation par personne, les Américains, avec 109 litres par an, n'arrivent qu'en cinquième position derrière les Italiens, qui en consomment deux fois plus, les Emiratis, les Mexicains et les Français.
Kevin Keane, de l'association américaine des boissons, souligne en outre que l'eau en bouteille est nécessaire aux communautés touchées par des catastrophes naturelles et dont les réseaux publics d'approvisionnement en eau sont infectés.
Mais, au-delà des questions de sécurité et d'environnement, certains militants accusent l'industrie de l'eau embouteillée de s'approprier une ressource publique.
Dans le Maine (nord-est), l'accès à un important bassin par Poland Spring, grand embouteilleur américain appartenant à la société suisse Nestlé, soulève la controverse. "Nestlé ruine les ruisseaux, les étangs, les puits et les bassins aquifères", soutient Judy Grant, de l'organisation militante Corporate Accountability.
Joe Doss, président de l'Association internationale de l'eau en bouteille, déplore "que cela tourne au débat entre eau du robinet et eau embouteillée" puisque, selon lui, la plupart des gens boivent les deux. L'eau en bouteille représente une infime partie des déchets en plastique non recyclés, affirme-t-il. Les efforts de recyclage doivent provenir de l'ensemble des industries, pas seulement des embouteilleurs, ajoute-t-il.
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19.06.2008
le ROUND-UP de MONSANTO et la division cellulaire : une étude
voir l'interview de robert Bellé, Prof. à l'Univ. Pierre et Marie Curie Unité Mer et santé Roscoff
Description :
voir l'interview de robert Bellé, Prof. à l'Univ. Pierre et Marie Curie Unité Mer et santé Roscoff
Vidéo ajoutée le : 07-05-2008 16:25:09
Catégories : Régions Télévision Actualités
Mots-clés : eau campagne université rivières pesticide grenelle roscoff round-up désherbant eau-et-rivières bellé
Langue : Français
Lieu de tournage : France / 29000
Adresse de la vidéo : http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoafYzc3.html
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07.06.2008
Cartographie des pollutions aux PCB en France
lu sur www.univers-nature.com
23-05-2008
Cartographie des pollutions aux PCB en France
L’association écologiste Robin des Bois a mis en ligne hier sur son site une cartographie répertoriant les différents bâtiments, sols et sous-sols français pollués aux PCB. Outre les archives de l’association, ce minutieux travail de recensement a bénéficié de diverses sources dont plusieurs bases de données telles BASOL (1) affiliée au ministère de l’écologie, la source nationale BASIAS (Base des Anciens Sites Industriels et Activités de Service) constituée des inventaires historiques régionaux d’activités industrielles et de services potentiellement pollueurs et enfin la base de données ARIA du Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles (BARPI), laquelle recense plus de 30 000 accidents technologiques.
Si les sources de pollution sont extrêmement diverses et résultent d’épandages, d’infiltrations, et de dépôts survenus lors d’activités autorisées ou illégales, le résultat, lui, reste significativement le même. Consécutives d’un mauvais fonctionnement ou d’une négligence (volontaire ou non), ces fuites sont responsables de rejets massifs de PCB (2) sur l’ensemble du territoire français. D’après les informations fournies par l’atlas, les bassins de la Seine, du Rhône, les lacs alpins, le Rhin, la Moselle, la Somme et leurs affluents, de même que le Nord Pas-de-Calais et ses canaux révèlent des traces de PCB. Toutes ces voies d’eau représentent dès lors une menace potentielle pour les écosystèmes qu’elles traversent.
De nombreux produits intégrant PCB au cours de leur fabrication, la question du traitement de ceux-ci une fois arrivés en fin de vie relance la problématique liée à ces substances toxiques. Particulièrement appréciées des industriels, ces substances ont effectivement été intégrées à la composition des encres, papiers, textiles, peintures, PVC, carburants… On les retrouve également dans les condensateurs d’appareils électroménagers et des véhicules à moteur. A durée de vie longue, on retrouve aujourd’hui ces articles dans les décharges et les sites de broyage et de recyclage.
L’engouement qu’ils ont suscité par le passé n’est pas la seule raison à invoquer pour expliquer leur prégnance actuelle. Bien que n’étant plus produits, ni utilisés en Europe depuis une vingtaine d’années, ils perdurent cependant dans les milieux contaminés. Peu solubles dans l’eau, ils se décomposent très lentement et finissent par rejoindre les sédiments déposés au sol. Cette persistance en milieu naturel explique en partie que les pollutions aux PCB recensées soient de plus en plus nombreuses alors que ces substances ne sont plus censées être commercialisées.
Mais alors que l’on ignore encore l’étendue des dégâts générés par les pollutions passées, les fuites continuent. Ainsi, dans le Loiret, l’alerte a été donnée suite au relevé d’un taux de PCB évalué à 0,38 mg/kg dans la rivière des Mauves, lequel a été jugé excessif par la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement). Aux dires de FNE (France Nature Environnement), la contamination serait attribuable à la PME Westendorp en charge du traitement de certains déchets industriels. A la lumière de cette révélation, il revient à la préfecture du Loiret de déterminer si la consommation de poissons pêchés sur le site doit être suspendue.
Phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, la dispersion des PCB dans la nature est un enjeu majeur de la lutte contre la pollution. Au cours des dernières années, des contaminations aux PCB ont ainsi été constatées sur presque la totalité du parcours du Rhône. En conséquence de quoi, la consommation de poissons pêchés dans le Rhône a commencé à être interdite en 2006 sur certaines zones, pour parvenir à une interdiction sur tout le trajet français du fleuve en août 2007. Depuis, des contaminations aux PCB d'autres rivières et fleuves, générant des interdictions ponctuelles, sont régulièrement détectées.
Espérons que ce nouvel état des lieux proposé par Robin des Bois initiera une prise de conscience quant à l’urgence de contenir ces vagues successives de contamination.
Cécile Cassier
1- La base BASOL met à disposition la liste des sites pollués recensés par les pouvoirs publics et faisant l’objet d’une action.
2- Les PCB représentent une famille de 209 composés organochlorés. Nuisibles et peu biodégradables, ils sont classés parmi les polluants organiques persistants (POPS). Les polychlorobiphényles sont parfois dénommés à tort 'pyralènes', du nom commercial de préparations huileuses qui les intègrent dans leur composition.
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Insectes et acariens se substituent aux pesticides chimiques
lu sur www.univers-nature.com
13-05-2008
Insectes et acariens se substituent aux pesticides chimiques
Malgré une consommation en baisse depuis 2004, la France reste à l’échelle européenne la plus gourmande en herbicides, insecticides et fongicides. Si l’agriculture pèse lourdement dans cette triste position de leader, l’entretien des voies ferrées a elle aussi sa part de responsabilité. Cette dernière est parallèlement concurrencée par l’ONF et les petits propriétaires forestiers qui protègent leurs plantations à grand renfort de produits chimiques. Mais ce constat ne doit pas minimiser l’impact des volumes de traitements effectués par les particuliers et les collectivités, lesquels pèsent pour 10 % des pesticides rejetés dans la nature d’après l’association Agir pour l’environnement.
Sensible à la protection de l’environnement, Colomiers, ville de 32 000 habitants située près de Toulouse, n’a pas pour autant voulu faire le sacrifice d’un cadre de vie agréable. Aussi, pour entretenir les quelque 3 000 m² dévolus à la décoration florale de la commune, le Centre horticole de Colomiers a mis en place depuis un an et demi le « Programme Biologique Intégré ».
Son fonctionnement en est simple ; il consiste à substituer aux traitements chimiques les traditionnels prédateurs des indésirables parasites. Ainsi, pas moins de 50 millions d’insectes et acariens sont introduits chaque année dans les 2 500 m2 de serres pour jouer le rôle de régulateur naturel.
La production de ces serres est exclusivement destinée à alimenter les massifs de la ville. Face à l’étendue à couvrir, il est clair que l’effort écologique ne doit pas se faire au détriment du rendement. Mais en embellissant les rues de la ville de 120 000 fleurs annuelles et bisannuelles (1), la méthode a su attester de son efficacité.
Dans le prolongement de cette politique de protection environnementale, le Centre horticole columérin a automatisé les systèmes de chauffage, d’arrosage, d’aération et d’ombrage à l’intérieur des serres, limitant ainsi le risque de gaspillage d’énergie.
Si cette technique 100 % naturelle dispense du recours aux pesticides, elle écarte également la question du traitement de l’eau après utilisation, les écoulements d’eau chargée en pesticides et engrais étant à l’origine de la pollution des nappes phréatiques.
Malheureusement toujours en cours d’étude, la mise en pratique de ce programme en extérieur n’est pas encore à l’ordre du jour. En compensation, l’utilisation de pesticides pour l’entretien des fleurs, une fois plantées, est réduite au minimum au profit de remèdes ancestraux tels que l’eau chaude ou le grattage pour le désherbage. La diversité des espèces florales introduites joue elle aussi un rôle préventif, endiguant la prolifération de certains nuisibles.
Aussi, même si le système demande encore à être optimisé, on peut saluer la démarche de la ville de Colomiers.
Cécile Cassier
1- Les 3 000 m² de massifs de Colomiers sont plantés deux fois dans l’année (hiver-printemps et été) de fleurs bisannuelles (œillets, pensées…) et annuelles (dahlias, capucines…). Au total, plus de 200 variétés de fleurs sont cultivées pour assurer la diversité des plantations.
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