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03/02/2011

La pression monte contre les gaz de schiste

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4558

2/2/2011

Alors que le Ministère de l’Ecologie a accordé ces derniers mois, en grande discrétion, plusieurs milliers de kilomètres carrés de permis de recherches de gaz de schiste, de plus en plus de voix s’élèvent contre les dangers environnementaux de leur exploitation.

Contrairement au gaz naturel classique qui se situe dans des grandes poches du sous-sol, le gaz de schiste se répartit dans une multitude de petites poches dispersées dans des roches imperméables. Leur extraction nécessite des forages verticaux et/ou horizontaux d’une profondeur allant de 1 000 à 3 000 mètres selon le type de sous-sol. La libération du gaz implique de fracturer la roche par une technique de « fracturation hydraulique », consistant à injecter à haute pression un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques (1).

Au niveau du terrain, la contestation s’organise et une « Coordination des collectifs pour un moratoire sur la prospection du gaz de schiste » a lancé une pétition (2) pour demander « un gel immédiat des prospections et la suspension des permis de recherche de gaz et pétrole de schiste sur l’ensemble du territoire français ».  Trois semaines après son lancement sur Internet, la pétition affiche déjà plus de 22 000 signataires.

Martin Malvy,  président de la région Midi-Pyrénées, a demandé fin janvier la suspension des autorisations. Lors du colloque « Maîtrise des énergies dans les collectivités », Martin Malvy a déclaré : « Les autorisations ont été délivrées sans aucune concertation préalable, ni avec les élus locaux, ni avec les populations. Or, chacun sait que l’exploitation du gaz de schiste pose des problèmes environnementaux sérieux. C’est le cas au Canada et aux Etats-Unis. Ici, nos sous-sols sont maillés de rivières souterraines, une grande partie de l’espace concerné est située soit en Parcs Naturels Régionaux, soit en sites protégés. ». La région Midi-Pyrénées est notamment concernée par le « Permis de Nant » qui a été accordé en mars 2010 pour une surface d’environ 4 414 kilomètres carrés.
Michel Sage

1- Pour en savoir plus sur le sujet, voir le plein phare « La France ouvre les vannes des gaz de schiste » du magazine Echo Nature.
2 - http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci

 

Voir aussi les notes sur le blog :

http://collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/

(lien ci-contre)

 

20/12/2010

Le MEDIATOR, un problème de NOTRE société

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/mediator-ce-poison-rembourse-a-65-18-12-2010-1276961_23.php

Mediator, ce "poison remboursé à 65 %"

  • Par Émilie Lanez            

  • Le Point - Publié le 18/12/2010 à 13:34 - Modifié le 18/12/2010 à 15:33

    Que fut le plus pénible ? Les pressions diffuses, l'inertie des autorités sanitaires, les réticences des confrères, les soupirs des quatre enfants qui voient leur mère "la tête ailleurs", les nuits de veille devant l'ordinateur, les retards pris dans les consultations ? "Le plus dur aura été de savoir ce qu'il y avait dans le Mediator." Irène Frachon, 47 ans, pneumologue à l'hôpital de Brest, a dû enquêter quinze mois pour découvrir de quoi était composé cet adjuvant, vendu massivement dans nos pharmacies depuis 1976. Pour réaliser que dans ce médicament prescrit aux diabétiques, détourné comme coupe-faim, interdit partout ailleurs dans le monde, il y a une molécule - le benfluorex -, un dérivé d'amphétamine qui, ingéré, produit un métabolite toxique, la norfenfluramine. Un médicament qui pouvait donc se transformer en poison, attaquer les valves cardiaques, les déformant, provoquant des valvulopathies. Incidence : 0,5 cas grave pour 1.000 patients traités. Sachant que 300.000 Français ont avalé du Mediator chaque matin au petit déjeuner pendant trente-trois ans... Cinq millions de consommateurs de 1976 à 2009.

    Irène Frachon, c'est l'histoire d'une femme formidable. La consolante aventure d'un médecin de province qui révèle un scandale national de santé publique. "Elle n'a jamais hésité à dire ce qu'elle pensait ; déjà, gamine, sa parole était forte", se souvient une de ses amies, Hélène Debray. "Une femme qui ne se vante jamais, elle fonce", confie Fabienne, sa coiffeuse. "Elle a vu ce que tous les médecins auraient pu voir, confie, admirative, son ancienne chef de service à l'hôpital Foch, Isabelle Caubarrère, mais elle, elle a fait tilt." En février 2007, la pneumologue visite une patiente obèse, suffocante. Elle soulève la pancarte au pied du lit. Dans la liste des traitements : du Mediator. "Je me suis souvenue d'un article lu dans Prescrire, s'indignant que le benfluorex circule encore sous le nom de Mediator. J'ai cherché à comprendre." Trois ans plus tard, le médicament sera suspendu.

    Lobbys

    Entre l'évocation de son rendez-vous à l'Inspection générale des affaires sociales - "ils écarquillent les yeux, mais sont très attentifs" - et celle de son passage chez Ruquier - "Je n'ai pas la télé, c'est bien, cette émission ?" -, elle montre des vidéos de ses enfants, puis reprend son fil, méthodique, toute droite, croix huguenote autour du cou. "Cette affaire a fait exploser ma vie quotidienne. J'ai quitté le monde des Bisounours et compris la puissance de la désinformation des lobbys. Car, en France, on s'est arraché la gueule pendant trois ans pour faire retirer un truc déjà interdit partout. Aux États-Unis, en 1970, on a interdit toute la famille de médicaments à laquelle appartient la molécule du Mediator. On nous a vendu un poison remboursé à 65 % par la Sécu, c'est pas dingue, ça ?"

    Pourquoi Irène Frachon a-t-elle compris que quelque chose clochait gravement dans ce médicament, "pour lequel il fallait être Prix Nobel de médecine pour parvenir à lire la notice de composition ? Parce que, jeune interne, elle a entendu parler de l'isoméride, un dérivé amphétaminique prescrit comme coupe-faim, interdit en 1997. Ses copains médecins, en pointe sur l'affaire, lui ont raconté les détectives privés qui les filaient, les pressions énormes dans leur service hospitalier, les publications qui s'annulaient, les congrès qui se fermaient, les crédits - toujours privés - qui fondaient... Or, l'isoméride est une formule chimique cousine du Mediator, partageant le même métabolite. L'un fut supprimé. L'autre continuait d'être prescrit. La fille de militaire, mariée à un polytechnicien, ingénieur de l'armement et hydrographe, a foncé. Stratège. Elle a évalué les risques. Habitant Brest, "cela serait plus compliqué pour venir me chercher des noises", "praticien hospitalier, on ne pouvait pas trop peser sur mes financements", et puis "il me fallait me documenter sur tout, j'ai compris que les autorités sanitaires ne me passeraient aucune faiblesse". Irène Frachon n'est pas tout à fait isolée. Son inquiétude est partagée par quelques agences sanitaires, mais l'inertie - la collusion ? - est pesante. En 1999, la Commission de la transparence, dépendante de la Haute Autorité de santé, rend un avis défavorable au remboursement pour "absence d'intérêt thérapeutique". Avis non suivi par le ministère. Le médicament n'est pas très efficace - on ne sait pas encore qu'il peut tuer -, mais il continuera d'être remboursé. En 2003, il est retiré du marché espagnol. En 2005, il figure dans la liste des produits retirés de l'Organisation mondiale de la santé. En France, rien ne bouge. C'est que son fabricant, les laboratoires Servier, est une belle et grande entreprise française : 20.000 emplois, dont 3.000 exclusivement voués à la recherche. Pourquoi se fâcher ?... En mars 2007, la Commission nationale de la pharmacovigilance rend un avis mitigé. En 2008, un médecin écrit aux laboratoires Servier, s'enquérant de ces bruits troublants. Réponse : "Le Mediator 150 mg présente une bonne sécurité d'emploi (...). Et une bonne tolérance cardio-vasculaire."

    Victimes

    Le docteur Frachon a étudié tous les dossiers médicaux de patients décédés ou hospitalisés pour des valvulopathies, alerté ses copains pour qu'ils exhument leurs archives, vérifié, recoupé les publications espagnoles, américaines et même gabonaises. "Chaque fois, la même histoire. Des femmes qui veulent maigrir, puis s'essoufflent. On les surveille, on les hospitalise, elles repartent, continuent d'avaler leur coupe-faim, respirent de plus en plus mal."

    Irène Frachon réclame des autopsies, photographie au bloc ces valves cardiaques déformées. En février 2009, elle déclare onze cas de valvulopathie à son agence régionale de pharmacovigilance. En juin, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) l'invite à présenter ses conclusions. "Cinq diapos, un bref speech, et puis au revoir. Dans ces instances, on ne voit pas les malades, on les oublie." L'Afssaps est embarrassée par ces découvertes confondantes, car son financement dépend des industriels. La règle est en effet que les laboratoires paient l'instance qui évalue et autorise leurs médicaments. Donc, l'agence doit choisir d'interdire - ou pas - un produit commercialisé par l'un de ses contributeurs. Le 25 novembre 2009, le Mediator se voit retirer son autorisation de mise sur le marché. Fin de l'affaire ?

    Pas pour le médecin brestois, qui comprend que la suspension demeurera discrète. "Quand j'ai vu que le médicament était retiré en catimini, j'ai compris qu'on n'allait rien chercher. Et que mes patientes brestoises allaient attaquer en justice dans l'indifférence générale. J'ai décidé d'écrire un livre pour faire pression." Juin 2010 : elle publie son récit chez le libraire et éditeur Charles Kermarec. Une petite maison brestoise, Dialogues-fr. La couverture porte un sous-titre : "Combien de morts ?" Les laboratoires Servier obtiennent, en première instance, le retrait de cette couverture. "Cela a tué la diffusion du livre", déplore l'éditeur. Mais la censure irrite les éditeurs et scandalise les journaux. Branle-bas de combat, pétitions, enquêtes. Soudain, des victimes s'incarnent, on lit le chagrin des familles en deuil. La France découvre qu'on a prescrit, pendant trente-trois ans, un médicament dont on aurait pu savoir - depuis 1997 - qu'il comportait une molécule hautement suspecte. À la Cnam - "alors, eux, ils ont été impeccables" -, depuis plusieurs mois, on mouline des statistiques : combien de malades, combien de morts de valvulopathie ont reçu du Mediator ? "Là, ils se sont pris un cimetière en pleine tronche", dit le docteur Frachon. Le 15 novembre 2010, la Cnam évalue le nombre de morts à "au moins 500", et relève "3.500 hospitalisations". Les laboratoires Servier souhaitent apporter leur "contribution à la compréhension des chiffres avancés et à la réflexion qui sera menée pour l'amélioration du suivi des effets secondaires". Irène Frachon a vu Xavier Bertrand, ministre de la Santé, qui occupait déjà ce maroquin en 2006, lors des premières alertes. "Il m'a dit vouloir tout comprendre de cette affaire." Enfin.

    Mediator

    144 577 000 boîtes vendues depuis 1976.

    44e médicament le plus vendu en officine.

    Un mois de traitement coûte 15 euros, remboursés à 65%.

    L'assurance-maladie envoie cette semaine 350 000 lettres aux patients ayant pris du Mediator entre 2008 et 2009. Impossible de remonter informatiquement plus avant. Ces patients sont invités à consulter un médecin " afin qu'il puisse rechercher tout symptôme ou signe évocateur d'une atteinte d'une valve cardiaque ".

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    lire aussi :

    Mediator : l'alerte aurait été donnée dès 1998

    sur le même sujet, lu sur :

    http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

     

    1 000 à 2 000 décès imputables au Mediator
    Le Figaro, en kiosque samedi dernier, révèle que l'Afssaps disposait de deux études pour évaluer le nombre des victimes du Mediator, l'une menée par Catherine Hill (Institut Gustave-Roussy) : elle calculait une fourchette comprise entre 500 et 1 000 morts, et l'autre, menée par deux chercheurs de l'Inserm, Mahmoud Zureik et Agnès Fournier. Cette dernière étude qui, contrairement à la première, prend en compte la mortalité à long terme, dénombrait entre 1 000 et 2 000 décès. Mahmoud Zureik explique que "les patients hospitalisés pour valvulopathies, même s'ils ne décèdent pas pendant les premières années après leur hospitalisation, restent sujets à une surmortalité à plus long terme". Confronté à cette nouvelle estimation, Xavier Bertrand convoquait, samedi, les trois épidémiologistes ayant mené les études, le directeur général de l'Afssaps Jean Marimbert, et le DGS Didier Houssin.
    Agence France Presse_Fil Eco , 17/12/2010 - Figaro [Le] , 20/12/2010 - Figaro [Le] , 18/12/2010 - Monde [Le] , 20/12/2010 - Echos [Les] , 20/12/2010 - Journal du Dimanche [Le] , 19/12/2010 - Libération , 20/12/2010 - Tribune [La] , 20/12/2010 - Croix [La] , 20/12/2010 - Metro_Paris , 20/12/2010
     
    Traitements amaigrissants : les "dérapages" de certains médecins
    Aujourd'hui en France se demande si l'affaire du Mediator n'est pas "la face émergée de l'iceberg du scandale des médicaments amaigrissants". Interviewé par le quotidien, le Dr André Desueur (Conseil national de l'ordre des médecins) dénonce des "prescriptions de complaisance", et pointe certains "dérapages" médicaux. Des médecins généralistes, endocrinologues, parfois gynéco-obstétriciens, ont pu détourner des médicaments de leurs indications premières (Mediator ou Prozac), les prescrivant à des patients souhaitant maigrir.