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27/09/2016

Les émissions de CO2 de l'aviation civile

Attac France‎ - 

Calculateur d'émissions de CO2 de l'aviation: DGAC

http://eco-calculateur.aviation-civile.gouv.fr/

07/06/2016

Australie : fin inéluctable de la grande barrière de corail

 

Australia’s natural wonder is in mortal danger. Bleaching caused by climate change has killed almost a quarter of its coral this year and many scientists believe it could be too late for the rest. Using exclusive photographs and new data, a Guardian special report investigates how the reef has been devastated – and what can be done to save it

07/01/2016

On n'arrête pas le progrès ! (un exemple : le méthane en Californie)

lu sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/07/etat-d-urgence-en-californie-apres-une-fuite-massive-de-methane_4842896_3244.html#TRJQSKxJHqJPxDwj.99

 (les surlignages sont de moi)

Le gouverneur de Californie a déclaré l’état d’urgence autour de Los Angeles, mercredi 6 janvier, à cause d’une fuite de méthane massive dans un puits gazier qui a forcé des milliers de résidents de la banlieue de Porter Ranch à évacuer. L’entreprise à l’origine de la fuite, Southern California Gas Company (SoCalGas), a estimé qu’entre 30 000 et 58 000 kilogrammes de méthane, un gaz inodore, étaient répandus par heure dans l’air.

Les autorités affirment que la fuite depuis le site d’Aliso Canyon de SoCalGas, qui avait été détectée le 23 octobre par des employés à plus de 2 400 mètres de profondeur, ne pose pas de danger sérieux pour la santé des riverains. Les additifs nauséabonds destinés à signaler les fuites de méthane ont tout de même provoqué chez beaucoup d’habitants des environs des nausées, saignements de nez et maux de tête.

Mais c’est surtout l’impact environnemental de cette fuite qui pourrait, lui, être dévastateur. L’autorité de la qualité de l’air en Californie (California Air Resources Board) estime que la fuite est si massive qu’elle correspond à une augmententation de la production de gaz à effet de serre pour toute la Californie de près de 25 %. « Nous ne pourrons évaluer son impact que lorsque la fuite sera définitivement arrêtée et que nous bénéficierons de chiffres », a déclaré un porte-parole de l’agence.

Cette fuite est « sans comparaison, catastrophique » car c’est du méthane, un gaz à effet de serre « 80 fois plus puissant que le CO2 à l’échelle de vingt ans, et qui agit beaucoup plus rapidement », dénonce Stephanie Pincetl, professeure de sciences environnementales, interrogée par l’AFP. C’est « l’équivalent de trois quarts des émissions de toutes les raffineries de pétrole de la Californie en un an », souligne Mme Pincetl.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/07/etat-d-urgence-en-californie-apres-une-fuite-massive-de-methane_4842896_3244.html#TRJQSKxJHqJPxDwj.99

17/09/2015

Europe de la concurrence libre et non faussée : par ici le bon lait !

lu sur le Canard de cette semaine

... achetez le Canard Enchaîné !

C'est pas cher : 1,20€ par semaine, et c'est plus instructif que d'autres journaux beaucoup plus chers !

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16/09/2015

In God they trust !

 ... les états-uniens croient en Dieu ... quand çà les arrange !

à lire sur The Guardian :

Pope Francis faces challenge persuading US's Catholic leaders on ...

www.theguardian.com/.../us-catholic-leadership-pope-francis-climate-change

5 hours ago ... Pope Francis at a meeting organized by the Foundation for Sustainable Development on Environmental Justice and Climate Change, last week .. 

extrait :

... Some 47% of Catholics believe climate change is caused by human activity, according to the Pew research centre. But there is a sharp political divide: 62% of Catholic Democrats believe warming is caused by human activity, compared to 24% of Catholic Republicans. ...

18/08/2015

Au secours !

Feu vert définitif au forage de pétrole et de gaz dans l’Arctique
 
L’administration américaine autorise finalement la compagnie Shell à commencer ses travaux d’exploration, au nord de l’Alaska.

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Sciences & Environnement 

Shell fore contre vents et marées en Alaska

La compagnie britannico-néerlandaise recherche du pétrole dans la mer des Tchouktches. Les organisations de protection de l’environnement redoutent des conséquences pour l’écosystème arctique

01/02/2015

Réchauffement climatique et activité volcanique

 

 Nota Bene :

 

les personnes qui lisent les notes mises sur ce blog ont sans doute remarqué la présence d'un bandeau publicitaire dans le haut de l'écran. Cette publicité, mise par le MIDI LIBRE, n'existait pas auparavant ; elle est apparue il y a quelques jours. 

 

Il faut savoir que cette publicité est extrêmement gênante pour l'enregistrement des notes et ralentit considérablement leur mise en page. 

 

De plus, je suis par principe opposé à toute publicité.

 

J'envisage donc de trouver un autre hébergeur pour ce blog.

 

L'adresse vous en sera donnée en temps voulu.

 

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lu sur :

Climate change is lifting Iceland – and it could mean more volcanic ...

www.theguardian.com/.../climate-change-lifting-iceland-volcanic-eruptions

 

Climate change is lifting Iceland – and it could mean more volcanic eruptions

Land moving upward faster than researchers expected at 1.4in every year, allowing ‘hot potato’ rocks to rise

Iceland is rising because of climate change, with land freed by the melting of the ice caps rebounding from the Earth at a rate of up to 1.4in per year.

The downside? Researchers believe the extra uplift could be behind an increase in volcanic activity, with three Icelandic eruptions in the last five years shutting down flights and spewing ash in the air.

In new research published in Geophysical Research Letters, scientists from the University of Arizona and the University of Iceland found the earth’s crust rising at a much faster rate amid the greater warming of the last 30 years.

At some sites in south and south-central Iceland, where five of the largest ice caps are located, ice loss resulting from that warming produced an uplift of 1.4in per year, the researchers said.

Researchers have known for some time that land freed from the weight of ice sheets tends to rise. But they did not anticipate just how swiftly the bounce in Iceland was occurring.

“It’s similar to putting weights on a trampoline. If you take the weights off, the trampoline will bounce right back up to its original flat shape,” said Richard Bennett, a geologist at the University of Arizona and one of the authors of the new research.

The bigger bounce was due to increased warming over the last 30 years, mathematical models showed.

“What we found is that the uplift is increasing. It’s faster and faster everywhere because of the accelerated loss of ice mass,” said Bennett.

The researchers relied on 62 GPS devices, deployed on rocks throughout Iceland, to track the changes in position. Some of the GPS receivers had been in position since 1995.

The danger is that increased melting and uplift could lead to a further uptick in volcanic activity. Iceland has experienced three eruptions in the last five years. When Eyjafjallajökull blew in 2010, flights across Europe were disrupted for a week.

The entire chain reaction of melting ice caps, rising earth surface and volcanic activity is still not entirely understood, Bennett said. But as the surface of the earth rises, so do rocks at depth, released from the pressure of the ice.

“They transport the heat like a hot potato as they move from high pressure to lower pressure and enter into conditions that promote melting,” Bennett said. And that creates conditions that are ripe for eruptions.

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quelques explications :

Le diamètre moyen de la Terre est de 12742 km et l'épaisseur moyenne de la croûte terrestre continentale est de 35 km. ( l'épaisseur du fond des océans est beaucoup plus fine : 7km environ )

Pour donner une idée , si la terre était représentée par une sphère d'environ 12cm de diamètre (une grosse orange), l'épaisseur de la croûte terrestre sur laquelle nous vivons ne serait que de 1/3 de mm (même pas l'épaisseur d'un ongle, pour fixer les idées).

Si les calottes glaciaires fondent, les plaques tectoniques sur lesquelles elle reposent sont allégées du poids de la couche de glace qui disparaît et elles se soulèvent (plus exactement : elles basculent), et le magma en fusion passe entre les fentes, et ... il y a des éruptions volcanique. C'est ce qui se passe en Islande.

Qui dit éruption volcanique dit cendres dans l'atmosphère, d'où possibilité d'un refroidissement climatique par occultation du rayonnement solaire. 

Avec des conséquences qui peuvent être importantes. Voir à ce sujet :

Lakagígar — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Lakagígar
Les Lakagígar, toponyme islandais signifiant littéralement en français « les ... Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout .... et à la famine, un des facteurs importants qui provoquèrent la Révolution française en 1789. 

 

20/08/2014

Ressource naturelles : la "dette écologique" cette année

lu sur Le Point :

À partir du 19 aoûtl'humanité vit "à crédit" sur sa dette écologique

Le Point.fr - Publié le 19/08/2014 à 14:27

source AFP

Il a fallu à peine huit mois en 2014 pour consommer plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en renouveler, selon les calculs du Footprint Network.

Il y a une dette qui sera plus difficile à rembourser que d'autres, et elle n'est pas financière. La population mondiale vit en effet à "crédit écologique" à partir de ce mardi : elle a consommé en huit mois l'intégralité des ressources que la Terre peut produire sans compromettre leur renouvellement, a calculé l'ONG Footprint Network qui réalise ce bilan chaque année. "Pour le reste de l'année, notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l'accumulation du CO2 dans l'atmosphère", souligne l'ONG basée aux États-Unis. Le "jour du dépassement" ne cesse d'intervenir de plus en plus tôt dans l'année, c'est-à-dire que l'humanité engloutit son "budget écologique" de plus en plus vite.

Pression intense depuis les années 1970

Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003, et l'an dernier, il avait eu lieu le 20 août. L'humanité est "entrée en situation de dette écologique" dans les années 1970, selon l'ONG WWF. "Aujourd'hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler", poursuit-elle dans un communiqué. Selon Global Footprint Network, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l'empreinte actuelle de l'humanité.

Même si les chiffres sont mauvais, "nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l'utilisation durable des ressources. Mais il faut agir maintenant", a déclaré la directrice des programmes de conservation du WWF France, Diane Simiu. Énergies renouvelables, régimes alimentaires moins riches en viande, en finir avec l'économie linéaire (produire-jeter) et se convertir à l'économie circulaire où les déchets des uns sont les ressources des autres, ou encore repenser l'urbanisme sont autant de pistes mises en avant par l'ONG.

31/03/2014

Évolution du climat : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici ...

lu sur :

Climat: le Giec alerte sur l'insécurité alimentaire et les risques de conflit

 Le Point

AFP- Publié le 31/03/2014 à 07:4

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà "tous les continents et les océans", vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).

"La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", note ce rapport intitulé "Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité".

Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12.000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d'investir dans cette direction.

A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

- Croissance économique ralentie -

 

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud: la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres.

"Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique", notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents".

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu "au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans".

 

- Toute la planète concernée -

 

Les risques concernent aujourd'hui toutes les régions du monde.

En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir "à court terme" est toujours plus pressante, dit le Giec.

Le Giec présente une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.).

Mais pour Chris Field, coauteur du rapport, "à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites".

08/02/2014

2013, année la plus chaude

lu sur :

L’année 2013 a été la sixième plus chaude depuis 1850 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/05/l-annee-2013...

 

 

LE MONDE | 05.02.2014 à 10h48 • Mis à jour le 05.02.2014 à 20h26 |

Stéphane Foucart 

L'année 2013 se place au sixième rang des années les plus chaudes observées depuis le milieu du XIXsiècle, ex aequo avec 2007. Le bilan climatique préliminaire de l'année écoulée, rendu public mercredi 5 février par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), précise en outre que la température moyenne à la surface de la Terre a été de 0,5°C supérieure à la normale météorologique calculée sur la période 1961-1990.

Chaque année, l'OMM compile les données de trois laboratoires différents – le Goddard Institute for Space Studies (GISS), le National Climatic Data Center (NCDC) et le MetOffice britannique – afin d'établir le classement qui fait autorité.

Au total, selon celui-ci, treize des quatorze années les plus chaudes mesurées depuis la révolution industrielle appartiennent au XXIe siècle. La seule année du XXe siècle à se hisser à ce palmarès est 1998, marquée par un puissant El Niño, phénomène naturel et cyclique qui fait fortement grimper la température du Pacifique tropical tous les trois à sept ans, et donc la moyenne de la Terre. 

« RÉALITÉ INDÉNIABLE »

« La température moyenne de l'année 2013 confirme la tendance au réchauffement sur le long terme, a déclaré Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM. C'est là une réalité indéniable, même si le rythme du réchauffement n'est pas uniforme. » De fait, l'année écoulée ne se situe guère que 0,03 C au-dessus de la moyenne de la dernière décennie (2001-2010).

Cependant, ces fluctuations de court terme sont fortement liées aux oscillations périodiques entre le phénomène El Niño et son antagoniste « froid », dit La Niña. Or 2013 a été une année « neutre », où ni l'un ni l'autre ne vient perturber le climat mondial. Au palmarès de ces années neutres, 2013 remonte à la quatrième place des années les plus chaudes. Malgré l'absence d'El Niño, les événements extrêmes se sont multipliés, comme aux Philippines, ravagées en novembre 2013 par le typhon Haiyan.

Aux fluctuations, notées d'une année sur l'autre ou d'une décennie sur l'autre, s'ajoutent d'étonnantes sautes d'humeurs saisonnières. Dans son analyse annuelle, le GISS note ainsi que, si l'hémisphère Nord connaît des étés de plus en plus chauds, les hivers tendent à y être en moyenne légèrement plus rigoureux depuis une dizaine d'années, après s'être réchauffés pendant les trois précédentes décennies. Le laboratoire américain estime toutefois « improbable » que ce retournement de tendance se poursuive. 

Dans l'hémisphère Sud, rien de cela : hivers comme étés sont toujours régulièrement plus chauds. 

LE RETOUR D’EL NIÑO 

Parmi les situations les plus extrêmes notées au cours de 2013, l'OMM relève « une chaleur exceptionnelle observée dans la Grande Baie australienne et les régions océaniques adjacentes, dans une partie du nord-est et du centre-sud de l'océan Pacifique et dans une grande partie de l'océan Arctique ». En Australie, 2013 a été l'année la plus chaude jamais mesurée. 

Cette tendance ne s'arrêtera pas. « Vu les concentrations record de gaz à effet de serre qui sont mesurées dans l'atmosphère, la hausse des températures moyennes va se poursuivre sur plusieurs générations », explique M. Jarraud. 

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Dans l'immédiat, toutes les spéculations sont permises pour 2014. Le retour possible du fameux El Niñoest au centre d'une intense activité scientifique. Pas seulement pour savoir si l'année en cours battra un nouveau record de température : les prévisions des climatologues en la matière sont aussi auscultées par les spéculateurs.

Car le retour d'El Niño, « l'enfant terrible du Pacifique », est source d'un grand nombre de perturbations météorologiques et océaniques qui affectent les productions primaires tout autour du globe : prises de pêche en berne dans le Pacifique sud, productions agricoles tropicales affectées (café, cacao, caoutchouc, etc.) ou encore inondations catastrophiques à attendre en Océanie. 

Selon l'OMM, la persistance de conditions neutres ou l'apparition, « devenue plus probable », d'un El Niño de faible intensité vers la mi-2014 sont des scénarios « aussi plausibles l'un que l'autre ».

En France, janvier 2014 est le mois plus chaud depuis 1900 

Selon Météo France, l’Hexagone a connu, en janvier, le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré depuis 1900, à égalité avec 1936 et 1988. La température moyenne du mois écoulé a été de 2,7 ºC supérieure à la normale (c’est-à-dire à la moyenne calculée sur la période 1981-2010). Ces températures élevées se sont accompagnées d’« un ensoleillement faible sur la majeure partie du pays ». Météo France note que, outre les températures exceptionnellement élevées, « les pluies ont été très excédentaires dans le sud-est du pays, dans le Sud-Ouest, et de la Bretagne au Cotentin ». En moyenne, sur l’ensemble de la France, les précipitations ont été supérieures à la normale de plus de 40 %.

17/01/2014

Lutte contre le réchauffement climatique : les choix en France

lu sur :

LE MONDE | 16.01.2014 à 12h00 • Mis à jour le 16.01.2014 à 14h50 |

Par Laurence Caramel

Réchauffement climatique _ la stratégie française critiquée par la Cour des comptes.pdf

extrait :

... " Celui-ci prévoit de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne (UE) d’ici à 2020 par rapport à 1990 tout en portant la part des énergies renouvelables à 20 % du mix-énergétique. Pour prendre sa part du fardeau, la France s’est vue assigner comme objectif de diminuer de 14 % ses émissions dans les secteurs dits diffus (transport, bâtiment, agriculture) – les grandes installations industrielles étant soumises au système européen d’échanges de quotas de CO2 – et de parvenir à un niveau d’énergie renouvelable de 23 % en 2020. "...

25/11/2013

Avez-vous des enfants ? Des petits-enfants ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/19/40-milliards-de-tonnes-les-emissions-de-co2-atteignent-un-niveau-record_3516216_3244.html

40 milliards de tonnes : les émissions de CO2 atteignent un niveau record

LE MONDE | 19.11.2013 à 11h06 • Mis à jour le 19.11.2013 à 11h32 |Par Stéphane Foucart

Le monde émet toujours plus de gaz à effet de serre et la courbe des émissions s'installe désormais au-dessus du pire scénario imaginé par les experts. Dans son bilan annuel, publié mardi 19 novembre, le Global Carbon Project (GCP) – un consortium scientifique conduit par l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) – estime que l'humanité aura émis 9,9 milliards de tonnes de carbone (GtC) dans l'atmosphère au cours de l'année 2013 (soit 36 milliards de tonnes de dioxyde de carbone).

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Cette estimation tient compte de la combustion des ressources fossiles et de l'activité des cimenteries, mais non de la déforestation dont les projections pour l'année se situent autour de 0,8 GtC. Au total, donc, ce sont 10,7 GtC qui auront été produits en 2013 par les activités humaines (soit près de 40 milliards de tonnes de CO2).

LES AMERICAINS EN PREMIÈRE LIGNE

Ce nouveau record marque une croissance de 2,1 % par rapport à 2012, année dont le GCP publie le bilan complet. Ce dernier constate, sans surprise, la poursuite de la montée en puissance chinoise. La Chine a vu ses émissions globales égaler celles des Etats-Unis en 2005. Et sept ans plus tard, Pékin pèse presque deux fois plus lourd que Washington dans le bilan carbone mondial. En 2012, la Chine a été responsable de 27 % des émissions mondiales, contre 14 % pour les Etats-Unis, 10 % pour l'Union européenne et 6 % pour l'Inde.

Rapporté à la population, la Chine reste néanmoins toujours loin derrière les Etats-Unis. En 2012, un Américain émettait en moyenne 4,4 tonnes de carbone par an contre 1,9 pour un Chinois – au même niveau qu'un Européen. « Il faut bien voir que les émissions chinoises servent en partie à produire des biens qui sont consommés ailleurs dans le monde », précise toutefois Pierre Friedlingstein (université d'Exeter, Royaume-Uni), coauteur du rapport.

Entre 2011 et 2012, la Chine a vu ses émissions bondir de près de 6 %, tandis que l'Union européenne les a réduites de 1,3 % et les Etats-Unis les ont vues tomber de 3,7 %, en partie en raison de la montée en puissance du gaz de schiste, qui s'est développé outre-Atlantique aux dépens du charbon.

Or ce dernier demeure le principal facteur d'émission au niveau mondial. Il compte pour 43 % des émissions, contre 33 % pour le pétrole, 18 % pour le gaz et 5,3 % pour la production de ciment. A ces émissions – soit 9,7 GtC pour l'année 2012 – s'ajoutent celles issue de l'utilisation des sols. La déforestation a contribué pour 0,8 GtC en 2012.

PRÉVISIONS ALARMANTES

Seule nouvelle rassurante du bilan publié, les émissions dues à l'utilisation des sols ont tendance à décroître depuis les années 1990, où elles se situaient à environ 1,5 GtC par an.

Le consortium estime en outre que les océans continuent à jouer un rôle majeur dans l'absorption d'une part du carbone anthropique : en 1960, les mers « ingéraient » 1 GtC par an, contre près du triple en 2012.

Lire aussi : Plancton, saint-jacques, huîtres et autres coquillages menacés par l’acidification des océans

extrait : ..."C'est ce que rappellent sans ambages les conclusions du troisième symposium international sur le sujet, publiées vendredi 15 novembre, qui précisent clairement la magnitude du phénomène : « Selon les travaux publiés les plus récents, le rythme d'acidification des océans de la planète pourrait être sans précédent depuis trois cents millions d'années. »...

 Les conclusions du symposium (en anglais)

Plancton, saint-jacques, huîtres et autres coquillages menacés par l’acidification des océans.pdf

Au total, le GCP estime que, depuis 1870, l'humanité a émis 550 GtC. « Selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat , il ne faut pas excéder 790 GtC pour avoir une chance de demeurer de manière “probable” sous la barre des 2º C de réchauffement, explique M. Friedlingstein. Au rythme actuel, c'est-à-dire sans tenir compte d'une possible poursuite de la croissance des émissions, ce seuil sera atteint dans vingt-cinq ans. » Pour l'heure, la courbe des émissions humaines au cours de la décennie place le climat terrestre sur la trajectoire d'un réchauffement de 3,2°C à 5,4°C à l'horizon de la fin du siècle, selon les scénarios du GIEC.

Voir : La carte des impacts du réchauffement climatique

28/09/2013

Les impacts du réchauffement climatique

vu sur : http://www.lemonde.fr/planete/visuel_interactif/2013/09/27/la-carte-des-impacts-du-rechauffement-climatique_3486190_3244.html

Regarder la carte interactive sur les impacts du réchauffement climatique

La carte des impacts du réchauffement climatique

Le Monde.fr | 27.09.2013 à 16h41 • Mis à jour le 27.09.2013 à 17h14

 

28/05/2013

Atlas scientifique du Mont-Blanc

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/27/le-rechauffement-climatique-a-l-assaut-du-mont-blanc_3418018_3244.html

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Le réchauffement climatique à l'assaut du Mont-Blanc - Le Monde

LE MONDE | 27.05.2013 à 12h09

Par Sophie Landrin

Un mont moins blanc, des glaciers érodés, des pentes instables, un écosystème appauvri, des paysages bouleversés... Le toit de l'Europe va se métamorphoser sous l'effet du réchauffement.

C'est ce que fait apparaître l'atlas scientifique du Mont-Blanc, mis en ligne lundi 27 mai (Atlasmontblanc.org). Destiné à la communauté scientifique comme au grand public, il est le fruit de trois années de travail d'une équipe pluridisciplinaire impliquant des chercheurs français, italiens et suisses. A l'initiative du Centre de recherche sur les écosystèmes d'altitude (CRÉA) de Chamonix (Haute-Savoie), ceux-ci ont mis en commun 152 études pour modéliser l'impact du changement climatique sur ce massif emblématique.

pour lire la suite : Le réchauffement climatique à l'assaut du Mont-Blanc.pdf

23/02/2013

Pas d'alternative à la "décroissance" énergétique

L'utilisation de l'énergie a toujours un coût environnemental.

Moralité : il faut consommer moins d'énergie.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/l-europe-en-quete-de-carburants-vraiment-verts_1836987_3244.html

(pour avoir les liens, cliquez d'abord sur le titre de la note ci-contre)

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L'Europe en quête de carburants vraiment "verts"

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h03

Par Pierre Le Hir

Quelle alternative aux biocarburants actuels, auxquels l'Europe souhaite donner un coup de frein ? La question est à l'ordre du jour du conseil des ministres de l'énergie des Vingt-Sept, vendredi 22 février, à Bruxelles. La réponse, elle, s'annonce problématique.

Rapporteur de ce dossier devant le Parlement, la députée européenne Corinne Lepage a entrepris de consulter agriculteurs, industriels, chercheurs et associations. A ce stade, elle n'avance pas de pistes. "J'imagine mal, dit-elle simplement, que sur un projet dont l'objectif est la réduction des gaz à effet de serre, nous n'aboutissions pas à une solution allant dans ce sens."

En octobre 2012, la Commission européenne a reconnu la nocivité pour la planète des biocarburants de première génération, appelés aussi "agrocarburants", car issus de cultures agricoles : colza, soja, tournesol et palme pour le biodiesel ; canne à sucre, betterave, maïs et blé pour le bioéthanol. Accaparant des terres auparavant réservées à l'alimentation humaine et animale, ces cultures énergétiques affichent aussi, pour certaines, un bilan environnemental calamiteux.

Cela en raison du changement d'affectation des sols indirect (Indirect Land Use Change, ou ILUC, pour les Anglo-Saxons). Le déplacement des productions alimentaires et les plantations destinées aux biocarburants entraînent en effet, en Amazonie ou en Indonésie, la destruction de forêts, de prairies ou de tourbières, qui constituent des puits de carbone.

AGGRAVER LA POLLUTION À L'OZONE, CHUTE DES RENDEMENTS AGRICOLES

L'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a conclu que, "dans plus de deux tiers des évaluations", les agrocarburants ne répondent pas aux objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre, si l'on prend en compte le changement d'affectation des sols.

L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a même calculé que, pour certains biodiesels (le biocarburant le plus utilisé), les émissions de CO2 sont supérieures à celles des carburants fossiles, quand on intègre ce facteur.

D'où le projet de directive de Bruxelles, soumis à l'examen du conseil des ministres et du Parlement européens. Il vise à plafonner à 5 %, c'est-à-dire au niveau actuel, l'usage des biocarburants tirés de cultures alimentaires. Et, pour atteindre l'objectif, toujours en vigueur, de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020, à leur substituer des "biocaburants avancés vraiment durables". Ceux de deuxième génération, issus du bois, des parties non alimentaires des plantes (ou "rémanents" : tiges, branches et feuillages) ou des déchets organiques. Et ceux de troisième génération, extraits des microalgues.

Problème : ces deux filières n'en sont qu'au stade de la recherche et du développement. Une production industrielle n'est pas attendue avant la prochaine décennie. En outre, à supposer même que des investissements et un effort de recherche accrus permettent d'aller plus vite – et de parvenir à une rentabilité économique aujourd'hui incertaine –, leur bilan carbone reste à établir.

Pour la deuxième génération, la valorisation de "rémanents" forestiers que n'exploite pas l'industrie du bois, ou celle de résidus agricoles, sera vertueuse pour l'environnement. Mais, s'il s'agit de paille de maïs ou de blé, l'approvisionnement entrera en concurrence avec le fourrage animal. Et si la matière première provient de cultures dédiées aux biocarburants – des herbacées à forte productivité tel le miscanthus (ou "herbe à éléphant") ou des arbres à croissance rapide tels le saule, le peuplier et l'eucalyptus –, alors la production de cette biomasse mobilisera elle aussi des terres agricoles et provoquera un changement d'affectation des sols.

Selon une récente publication scientifique, une mutiplication de taillis à rotation courte risque aussi d'aggraver la pollution à l'ozone et de faire chuter les rendements agricoles.

LES MICROALGUES, UNE CULTURE QUI EXIGE AUSSI DE L'ESPACE

Quant à la troisième génération, si les microalgues ont une capacité phénoménale à accumuler des huiles ou des sucres, convertibles en biodiesel ou en bioéthanol, leur culture exige elle aussi de l'espace. C'est l'objet de la thèse de Sophie Bresc-Litzler, doctorante à l'université Paris-I, sur les "contraintes géographiques" de l'algoculture.

Celle-ci peut être réalisée en bassins ouverts. Il y faut, précise la chercheuse, "des espaces plats et larges, un accès à une eau abondante, un bon ensoleillement, des zones à l'abri des vents et des aléas météorologiques, ainsi que la présence d'industries dégageant du CO2 dont se nourrissent les algues". Ce qui peut provoquer des conflits d'usage avec les activités agricoles, l'utilisation des ressources en eau ou l'aménagement périurbain.

Même si les territoires ultra-marins offrent un réel potentiel de développement, "pour une production de biocarburant à l'échelle industrielle, il faudrait des superficies considérables pour parvenir à des seuils de rentabilité", estime Mme Bresc-Litzler.

La culture peut aussi se faire, de façon intensive, dans des sortes de serres (des photobioréacteurs). Mais, si celles-ci ont l'avantage de pouvoir être installées sur des sites industriels, la quantité de lumière nécessaire aux algues est un facteur limitant.

La quête de biocarburants réellement "verts" s'annonce donc difficile. D'ores et déjà, plusieurs ONG demandent que le changement d'affectation des sols soit pris en compte pour les futures filières, afin d'"éviter qu'elles n'aient un impact environnemental néfaste".

16/01/2013

Le moteur diesel, une plaie !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/16/les-particules-du-diesel-et-des-feux-de-bois-2e-facteur-du-rechauffement_1817853_3244.html

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Les particules du diesel et des feux de bois, deuxième facteur du réchauffement

Le Monde.fr | 16.01.2013 à 14h15 • Mis à jour le 16.01.2013 à 14h16 Par Stéphane Foucart

Ces derniers mois, ce sont plutôt les spécialistes de santé publique qui ont offert leurs munitions aux adversaires des véhicules diesel, émetteurs de microparticules cancérogènes. Désormais, les climatologues ne sont plus en reste. Une vaste étude, publiée mardi 15 janvier dans Journal of Geophysical Research : Atmospheres, offre une nouvelle évaluation de la contribution des suies – ces particules carbonées produites par des combustions incomplètes – au changement climatique et parvient à un résultat saisissant.

Selon Tami Bond (université de l'Illinois à Urbana-Champaign) et ses coauteurs, une vingtaine de scientifiques internationaux, les suies (black carbon, en anglais) sont le deuxième facteur de réchauffement derrière le dioxyde de carbone, mais devant le méthane (CH-4). Cette nouvelle évaluation représente environ le double de celle que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait publiée en 2007, dans son dernier rapport.

 

FORMATION DE NUAGES QUI ACCROISSENT L'EFFET DE SERRE

Quel rapport avec le diesel ? Selon les chercheurs, c'est le levier le plus simple et le plus efficace pour lutter contre ces particules sombres à l'effet réchauffant. "L'atténuation des émissions des véhicules à moteur diesel semble offrir les meilleures chances de réduction de l'influence climatique humaine à court terme", écrivent les auteurs.

Certaines sources de suies, comme les feux de forêt, ne peuvent être taries facilement. Elles iront même en grandissant avec la multiplication des canicules et des sécheresses, qui favorisent les régimes d'incendies. Mais agir, outre sur le diesel, sur les autres sources anthropiques – fours à bois, chauffages domestiques, etc. – pourrait également produire des effets rapides.

Ces derniers, selon Tami Bond, "se feraient sentir presque immédiatement, car les suies ont une durée de vie courte". Cependant, ajoute le chercheur, "pour résoudre réellement le problème climatique à long terme, les émissions de dioxyde de carbone doivent aussi être réduites".

LES HAUTES LATITUDES DE L'HÉMISPHÈRE NORD TRÈS TOUCHÉES

Les modes d'action de ces particules sombres sont multiples. Elles participent par exemple à la formation de nuages qui contribuent à accroître l'effet de serre, donc à hausser les températures. Transportées au gré des masses d'air, elles se déposent également sur les vastes zones enneigées ou glacées de l'Arctique et en altèrent légèrement la blancheur. Banquises et glaciers absorbent ainsi plus d'énergie, contribuant à changer le "bilan radiatif" des hautes latitudes. Donc à y réchauffer l'atmosphère.

Selon les auteurs, ce sont de fait les hautes latitudes de l'hémisphère Nord qui sont le plus touchées par les effets climatiques des suies. Ces nouveaux résultats seront intégrés au prochain rapport du GIEC, qui sera rendu public en septembre. Ils pourront être utilisés pour prendre des mesures immédiates d'atténuation du réchauffement, de même qu'ils permettront une meilleure modélisation du climat.

24/10/2012

Expérience illégale de géo-ingénierie au Canada

lu sur :

Géopiraterie

Quand un riche « voyou du climat » veut manipuler les océans

Par Sophie Chapelle (23 octobre 2012)

Un businessman californien a joué les apprentis sorciers cet été, au large du Canada. Il a mené en toute illégalité une expérience visant à faire croître le plancton, qui se nourrit de CO2, sur une zone de 10 000 km2. Le but : monnayer ensuite des « droits à polluer » en échange du carbone ainsi séquestré. Qui arrêtera ces « géo-pirates » ?

100 tonnes de sulfate de fer ont été déversées dans l’océan Pacifique, au large des côtes orientales du Canada, en Colombie-Britannique. Objectif : provoquer une prolifération rapide de plancton sur une zone un peu plus grande que la Corse (10 000 km2). Et par conséquent lutter contre le réchauffement climatique. Le plancton se nourrit de gaz carbonique (CO2) et le séquestre au fond des océans. Le faire croître artificiellement pour augmenter sa capacité d’absorption de CO2 est l’une des techniques envisagées à grande échelle pour manipuler le climat. Ces techniques, appelées géo-ingéniérie, consistent par exemple à envoyer des nanoparticules dans l’atmosphère ou à recouvrir les déserts de plastique blanc pour réfléchir les rayons du soleil (lire notre précédent article). Mener des expériences de géo-ingéniérie à grande échelle est interdit depuis octobre 2011.

Problème : l’expérimentation qui a eu lieu au large du Canada en juillet relève d’une initiative totalement privée. Sans aucun contrôle, réalisée en toute illégalité, elle ne s’appuie que sur la recherche de profits. Le projet a été mené par Russ Georges, un homme d’affaires californien, qui espère qu’en retirant du CO2 de l’atmosphère, il pourrait vendre des « droits à polluer » sur le marché du carbone. C’est l’organisation canadienne ETC Group qui a découvert le pot-aux-roses et averti le journal britannique The Guardian, qui a mené l’enquête.

Des communautés autochtones dupées

Pour trouver les 2,5 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son expérience, l’entrepreneur s’est adressé à une communauté amérindienne vivant sur l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique. Il leur a vendu un « projet de restauration des populations de saumons », lesquelles déclinent dans cette région du Pacifique.

Pour leur vendre son idée, Russ George s’est servi d’une étude parue dans la revue Fisheries Oceanograph. Cette étude montre que des cendres volcaniques provenant d’Alaska, et très riches en fer, auraient favorisé l’éclosion de phytoplancton dans le fleuve Fraser, qui se jette à Vancouver. Et contribué à la multiplication des saumons. Le Conseil de la communauté a donc accepté d’emprunter deux millions et demi de dollars sur son fonds de réserve pour mettre sur pied la société Haida Salmon Restoration Corp. (HSRC) afin de financer le projet.

Aucune autorisation ni étude d’impact préalable

En dépit d’un moratoire international sur les expériences de géo-ingénierie [1], Russ Georges a mené son expérience sans aucune autorisation, ni aucune étude d’impact préalable. Car l’expérience contrevient à la Convention de l’Onu sur la diversité biologique et à la Convention de Londres qui interdisent la fertilisation des océans dans un but lucratif.

Après la révélation de l’affaire, le directeur général de la société HSRC, John Disney, a affirmé que plusieurs organismes gouvernementaux canadiens étaient au courant du projet. Le ministre de l’Environnement canadien a répondu qu’une enquête a été lancée dès le 30 août et que le déversement de sulfates de fer serait déclaré illégal s’il avait effectivement eu lieu.

Le président de la communauté qui a financé l’expérimentation a défendu ses habitants, arguant que la communauté autochtone n’avait pas été prévenue que le projet comportait des risques et qu’il violait des traités internationaux. « Notre peuple et l’humanité toute entière dépendent des océans et ne peuvent laisser leur sort aux caprices de quelques-uns », ont déclaré dans un communiqué paru le 18 octobre [2], le président et les chefs du conseil de la communauté.

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Cette « fécondation » artificielle des océans affectera-t-elle l’écosystème local ? « Il est difficile, sinon impossible, de prévoir ou détecter les effets qui se manifesteront dans les mois ou les années qui viennent », répond l’océanographe John Cullen dans le Guardian. Certains effets possibles, comme la raréfaction de l’oxygène ou l’altération des chaines alimentaires, devraient nous dissuader de manipuler l’océan de cette façon. L’histoire est riche d’exemples de manipulations écologiques qui se sont retournées contre nous ».

Des images de la NASA ont confirmé une croissance du plancton sur la zone de 10 000 km2. «  C’est normal d’en voir en cette période de l’année », temporise ETC Group. L’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), qui avait accepté de prêter vingt balises flottantes pour traquer l’évolution du plancton, assure de son côté avoir été « dupée », ne sachant pas que des dizaines de tonnes de sulfates de fer seraient déversées.

Les recherches menées en 2005 par une mission océanographique internationale (KEOPS) avaient déjà émis de sérieux doutes « sur les propositions de certaines sociétés de géo-ingénierie climatique qui prétendent pouvoir remédier à l’augmentation du CO2 atmosphérique par une manipulation délibérée de la pompe biologique, via un ajout artificiel en fer ». L’ajour artificiel de fer n’a pas les mêmes conséquences qu’un « apport continu et naturel de fer aux eaux de surface » [3].

« Ingénieur voyou »

« Ce n’est pas la première fois qu’un géo-ingénieur voyou tente de tirer profit de la pollution des communs, dénonce Neth Daño d’ETC Group. Et ce ne sera pas la dernière tant que les gouvernements n’interdiront pas toutes les activités de géo-ingénierie et ne tiendront pas leurs contrevenants responsables ». La géo-ingénierie n’est pas seulement une distraction dangereuse de quelques riches illuminés. Elle constitue aussi une excuse pour éviter de réduire sérieusement les émissions de combustibles fossiles.

Et qu’en est-il des millions de dollars escomptés par la vente de crédits carbone soi-disant produits par l’expérience ? « Il ne va pas obtenir un sou de crédits carbone, car il n’y a aucune preuve que le carbone va rester là où il est », estime le climatologue Andrew Weaver de l’université canadienne de Victoria. Aucun dispositif n’existe à ce jour pour évaluer le nombre de crédits carbone correspondant à ce type de manipulation.

Sophie Chapelle

Crédit photo : KEOPS / CNRS 2007

Notes

[1] Avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

[2] Télécharger le communiqué rédigé par les chefs de la communauté après la révélation de l’affaire

[3] Voir cet article du CNRS.

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voir aussi :

Polémique après une "fertilisation" illégale du Pacifique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/24/polemique-apres-une-fertilisation-illegale-du-pacifique-nord_1780108_3244.html

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LE MONDE |24.10.2012 à 11h49

 

Par Stéphane Foucart et Anne Pélouas (à Montréal)

L'objectif était ambitieux : faire revenir les saumons dans le Pacifique nord et récupérer d'importantes sommes d'argent par la vente de crédits-carbone. Russ George, un entrepreneur américain qui se pique d'océanographie, a promis tout cela aux autorités d'Old Massett, un petit village de l'archipel canadien Haida Gwaii, situé au large de la Colombie-Britannique.

Comment ? En "fertilisant" l'Océan avec une centaine de tonnes de particules de fer. Menée en haute mer en juillet, sur une zone d'environ 10 000 km2, l'expérience a coûté un million de dollars (environ 770 000 euros) à la communauté autochtone, sans compter un prêt bancaire de 1,5 million de dollars supplémentaire, garantie par elle. Récemment révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'expérience est, depuis, au centre d'une forte polémique – au Canada et au-delà, puisqu'elle a été dénoncée au cours de la conférence d'Hyderabad (Inde) sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 octobre.

 

Pour les associations comme Greenpeace ou l'ETC Group, l'opération, réalisée sans les autorisations requises, contrevient à la Convention sur la diversité biologique, ainsi qu'à la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers. Les instigateurs de l'expérience, financée par la société Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – dont le directeur scientifique est le fameux Russ George –, ont de leur côté assuré, lors d'une conférence de presse tenue le 19 octobre à Vancouver, qu'"au moins sept ministères étaient au courant".

"AUCUNE DEMANDE D'AUTORISATION"

Céline Tremblay, porte-parole du ministère de l'environnement canadien, confirme que "des agents ont rencontré des représentants de l'entreprise, le 7 mai". Ils ont été informés des lois canadiennes interdisant la fertilisation des océans. La seule exception, rappelle-t-elle, concerne les "projets de recherche scientifique accrédités", mais le ministère n'a reçu "aucune demande d'autorisation".

La communauté scientifique conteste aussi avec force la légitimité et le bien-fondé de cette expérience. "Comme la plupart des campagnes scientifiques en mer, les expériences scientifiques dites "de fertilisation" sont préparées très longtemps en amont, rappelle Francesco d'Ovidio, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (université Paris-VI, CNRS, IRD, MNHN). Elles sont discutées pendant un an et demi à deux ans dans la communauté scientifique pour en évaluer les risques potentiels et l'intérêt, en termes de recherche."

Plusieurs expériences scientifiques semblables ont été menées au cours de la dernière décennie. Elles montrent que l'épandage de sulfate de fer dans certaines régions de l'océan pouvait parfois augmenter la productivité – donc l'abondance – du phytoplancton dans les eaux de surface. Mais le stockage effectif de dioxyde de carbone (CO2) n'a pu être montré qu'une seule fois, dans les conditions très particulières de l'océan Austral (Le Monde du 21 juillet).

Malgré l'absence de preuves de l'"efficacité climatique" de l'expérience, le conseil d'Old Massett espérait récupérer son investissement dans l'opération grâce à la vente de crédits de carbone. En témoigne un échange de courriers entre le conseil d'Old Massett et la banque Northern Savings, qui a accordé le prêt. Dans ces lettres, rendues publiques par le groupe de conservation Living Oceans Society – qui avait alerté le gouvernement, dès août, de l'épandage –, on identifie même une entreprise européenne comme acheteur potentiel des crédits-carbone !

"LES RISQUES DE CE GENRE D'OPÉRATION NE SONT PAS NULS"

Quant à faire revenir le saumon dans le Pacifique nord... Le postulat avancé est que la prolifération de phytoplancton favorise celle de son prédateur immédiat – le zooplancton – et que l'abondance de celui-ci dope à son tour les populations de salmonidés qui s'en nourrissent. Là encore, les scientifiques doutent fort qu'un lien aussi simple puisse être tiré. "On ne réussira jamais à montrer de lien entre cette expérience et l'état de la pêcherie, estime M. d'Ovidio. Il y a beaucoup trop de paramètres non contrôlés pour pouvoir démontrer la réalité d'un effet."

"Le bloom de plancton que l'on observe après ces expériences disparaît très rapidement, alors que le cycle de vie du saumon est beaucoup plus long", confirme Christine Klaas, chercheuse au Alfred Wegener Institute, spécialiste des aspects biologiques de la fertilisation océanique. "En outre, ajoute-t-elle, les risques présentés par ce genre d'opération ne sont pas nuls. Il est possible de voir proliférer certaines diatomées qui produisent une toxine dont les effets peuvent être importants. Par exemple, des mortalités de pélicans, sur la côte ouest des Etats-Unis, ont par le passé été rapprochées de telles toxines."

Expérience illégale de géo-ingénierie au Canada

lu sur :

Géopiraterie

Quand un riche « voyou du climat » veut manipuler les océans

Par Sophie Chapelle (23 octobre 2012)

Un businessman californien a joué les apprentis sorciers cet été, au large du Canada. Il a mené en toute illégalité une expérience visant à faire croître le plancton, qui se nourrit de CO2, sur une zone de 10 000 km2. Le but : monnayer ensuite des « droits à polluer » en échange du carbone ainsi séquestré. Qui arrêtera ces « géo-pirates » ?

100 tonnes de sulfate de fer ont été déversées dans l’océan Pacifique, au large des côtes orientales du Canada, en Colombie-Britannique. Objectif : provoquer une prolifération rapide de plancton sur une zone un peu plus grande que la Corse (10 000 km2). Et par conséquent lutter contre le réchauffement climatique. Le plancton se nourrit de gaz carbonique (CO2) et le séquestre au fond des océans. Le faire croître artificiellement pour augmenter sa capacité d’absorption de CO2 est l’une des techniques envisagées à grande échelle pour manipuler le climat. Ces techniques, appelées géo-ingéniérie, consistent par exemple à envoyer des nanoparticules dans l’atmosphère ou à recouvrir les déserts de plastique blanc pour réfléchir les rayons du soleil (lire notre précédent article). Mener des expériences de géo-ingéniérie à grande échelle est interdit depuis octobre 2011.

Problème : l’expérimentation qui a eu lieu au large du Canada en juillet relève d’une initiative totalement privée. Sans aucun contrôle, réalisée en toute illégalité, elle ne s’appuie que sur la recherche de profits. Le projet a été mené par Russ Georges, un homme d’affaires californien, qui espère qu’en retirant du CO2 de l’atmosphère, il pourrait vendre des « droits à polluer » sur le marché du carbone. C’est l’organisation canadienne ETC Group qui a découvert le pot-aux-roses et averti le journal britannique The Guardian, qui a mené l’enquête.

Des communautés autochtones dupées

Pour trouver les 2,5 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son expérience, l’entrepreneur s’est adressé à une communauté amérindienne vivant sur l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique. Il leur a vendu un « projet de restauration des populations de saumons », lesquelles déclinent dans cette région du Pacifique.

Pour leur vendre son idée, Russ George s’est servi d’une étude parue dans la revue Fisheries Oceanograph. Cette étude montre que des cendres volcaniques provenant d’Alaska, et très riches en fer, auraient favorisé l’éclosion de phytoplancton dans le fleuve Fraser, qui se jette à Vancouver. Et contribué à la multiplication des saumons. Le Conseil de la communauté a donc accepté d’emprunter deux millions et demi de dollars sur son fonds de réserve pour mettre sur pied la société Haida Salmon Restoration Corp. (HSRC) afin de financer le projet.

Aucune autorisation ni étude d’impact préalable

En dépit d’un moratoire international sur les expériences de géo-ingénierie [1], Russ Georges a mené son expérience sans aucune autorisation, ni aucune étude d’impact préalable. Car l’expérience contrevient à la Convention de l’Onu sur la diversité biologique et à la Convention de Londres qui interdisent la fertilisation des océans dans un but lucratif.

Après la révélation de l’affaire, le directeur général de la société HSRC, John Disney, a affirmé que plusieurs organismes gouvernementaux canadiens étaient au courant du projet. Le ministre de l’Environnement canadien a répondu qu’une enquête a été lancée dès le 30 août et que le déversement de sulfates de fer serait déclaré illégal s’il avait effectivement eu lieu.

Le président de la communauté qui a financé l’expérimentation a défendu ses habitants, arguant que la communauté autochtone n’avait pas été prévenue que le projet comportait des risques et qu’il violait des traités internationaux. « Notre peuple et l’humanité toute entière dépendent des océans et ne peuvent laisser leur sort aux caprices de quelques-uns », ont déclaré dans un communiqué paru le 18 octobre [2], le président et les chefs du conseil de la communauté.

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Cette « fécondation » artificielle des océans affectera-t-elle l’écosystème local ? « Il est difficile, sinon impossible, de prévoir ou détecter les effets qui se manifesteront dans les mois ou les années qui viennent », répond l’océanographe John Cullen dans le Guardian. Certains effets possibles, comme la raréfaction de l’oxygène ou l’altération des chaines alimentaires, devraient nous dissuader de manipuler l’océan de cette façon. L’histoire est riche d’exemples de manipulations écologiques qui se sont retournées contre nous ».

Des images de la NASA ont confirmé une croissance du plancton sur la zone de 10 000 km2. «  C’est normal d’en voir en cette période de l’année », temporise ETC Group. L’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), qui avait accepté de prêter vingt balises flottantes pour traquer l’évolution du plancton, assure de son côté avoir été « dupée », ne sachant pas que des dizaines de tonnes de sulfates de fer seraient déversées.

Les recherches menées en 2005 par une mission océanographique internationale (KEOPS) avaient déjà émis de sérieux doutes « sur les propositions de certaines sociétés de géo-ingénierie climatique qui prétendent pouvoir remédier à l’augmentation du CO2 atmosphérique par une manipulation délibérée de la pompe biologique, via un ajout artificiel en fer ». L’ajour artificiel de fer n’a pas les mêmes conséquences qu’un « apport continu et naturel de fer aux eaux de surface » [3].

« Ingénieur voyou »

« Ce n’est pas la première fois qu’un géo-ingénieur voyou tente de tirer profit de la pollution des communs, dénonce Neth Daño d’ETC Group. Et ce ne sera pas la dernière tant que les gouvernements n’interdiront pas toutes les activités de géo-ingénierie et ne tiendront pas leurs contrevenants responsables ». La géo-ingénierie n’est pas seulement une distraction dangereuse de quelques riches illuminés. Elle constitue aussi une excuse pour éviter de réduire sérieusement les émissions de combustibles fossiles.

Et qu’en est-il des millions de dollars escomptés par la vente de crédits carbone soi-disant produits par l’expérience ? « Il ne va pas obtenir un sou de crédits carbone, car il n’y a aucune preuve que le carbone va rester là où il est », estime le climatologue Andrew Weaver de l’université canadienne de Victoria. Aucun dispositif n’existe à ce jour pour évaluer le nombre de crédits carbone correspondant à ce type de manipulation.

Sophie Chapelle

Crédit photo : KEOPS / CNRS 2007

Notes

[1] Avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

[2] Télécharger le communiqué rédigé par les chefs de la communauté après la révélation de l’affaire

[3] Voir cet article du CNRS.

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voir aussi :

Polémique après une "fertilisation" illégale du Pacifique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/24/polemique-apres-une-fertilisation-illegale-du-pacifique-nord_1780108_3244.html

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LE MONDE |24.10.2012 à 11h49

 

Par Stéphane Foucart et Anne Pélouas (à Montréal)

L'objectif était ambitieux : faire revenir les saumons dans le Pacifique nord et récupérer d'importantes sommes d'argent par la vente de crédits-carbone. Russ George, un entrepreneur américain qui se pique d'océanographie, a promis tout cela aux autorités d'Old Massett, un petit village de l'archipel canadien Haida Gwaii, situé au large de la Colombie-Britannique.

Comment ? En "fertilisant" l'Océan avec une centaine de tonnes de particules de fer. Menée en haute mer en juillet, sur une zone d'environ 10 000 km2, l'expérience a coûté un million de dollars (environ 770 000 euros) à la communauté autochtone, sans compter un prêt bancaire de 1,5 million de dollars supplémentaire, garantie par elle. Récemment révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'expérience est, depuis, au centre d'une forte polémique – au Canada et au-delà, puisqu'elle a été dénoncée au cours de la conférence d'Hyderabad (Inde) sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 octobre.

 

Pour les associations comme Greenpeace ou l'ETC Group, l'opération, réalisée sans les autorisations requises, contrevient à la Convention sur la diversité biologique, ainsi qu'à la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers. Les instigateurs de l'expérience, financée par la société Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – dont le directeur scientifique est le fameux Russ George –, ont de leur côté assuré, lors d'une conférence de presse tenue le 19 octobre à Vancouver, qu'"au moins sept ministères étaient au courant".

"AUCUNE DEMANDE D'AUTORISATION"

Céline Tremblay, porte-parole du ministère de l'environnement canadien, confirme que "des agents ont rencontré des représentants de l'entreprise, le 7 mai". Ils ont été informés des lois canadiennes interdisant la fertilisation des océans. La seule exception, rappelle-t-elle, concerne les "projets de recherche scientifique accrédités", mais le ministère n'a reçu "aucune demande d'autorisation".

La communauté scientifique conteste aussi avec force la légitimité et le bien-fondé de cette expérience. "Comme la plupart des campagnes scientifiques en mer, les expériences scientifiques dites "de fertilisation" sont préparées très longtemps en amont, rappelle Francesco d'Ovidio, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (université Paris-VI, CNRS, IRD, MNHN). Elles sont discutées pendant un an et demi à deux ans dans la communauté scientifique pour en évaluer les risques potentiels et l'intérêt, en termes de recherche."

Plusieurs expériences scientifiques semblables ont été menées au cours de la dernière décennie. Elles montrent que l'épandage de sulfate de fer dans certaines régions de l'océan pouvait parfois augmenter la productivité – donc l'abondance – du phytoplancton dans les eaux de surface. Mais le stockage effectif de dioxyde de carbone (CO2) n'a pu être montré qu'une seule fois, dans les conditions très particulières de l'océan Austral (Le Monde du 21 juillet).

Malgré l'absence de preuves de l'"efficacité climatique" de l'expérience, le conseil d'Old Massett espérait récupérer son investissement dans l'opération grâce à la vente de crédits de carbone. En témoigne un échange de courriers entre le conseil d'Old Massett et la banque Northern Savings, qui a accordé le prêt. Dans ces lettres, rendues publiques par le groupe de conservation Living Oceans Society – qui avait alerté le gouvernement, dès août, de l'épandage –, on identifie même une entreprise européenne comme acheteur potentiel des crédits-carbone !

"LES RISQUES DE CE GENRE D'OPÉRATION NE SONT PAS NULS"

Quant à faire revenir le saumon dans le Pacifique nord... Le postulat avancé est que la prolifération de phytoplancton favorise celle de son prédateur immédiat – le zooplancton – et que l'abondance de celui-ci dope à son tour les populations de salmonidés qui s'en nourrissent. Là encore, les scientifiques doutent fort qu'un lien aussi simple puisse être tiré. "On ne réussira jamais à montrer de lien entre cette expérience et l'état de la pêcherie, estime M. d'Ovidio. Il y a beaucoup trop de paramètres non contrôlés pour pouvoir démontrer la réalité d'un effet."

"Le bloom de plancton que l'on observe après ces expériences disparaît très rapidement, alors que le cycle de vie du saumon est beaucoup plus long", confirme Christine Klaas, chercheuse au Alfred Wegener Institute, spécialiste des aspects biologiques de la fertilisation océanique. "En outre, ajoute-t-elle, les risques présentés par ce genre d'opération ne sont pas nuls. Il est possible de voir proliférer certaines diatomées qui produisent une toxine dont les effets peuvent être importants. Par exemple, des mortalités de pélicans, sur la côte ouest des Etats-Unis, ont par le passé été rapprochées de telles toxines."

31/05/2012

Le gaz de schiste serait aussi nocif pour le climat que le charbon

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/29/climat-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-serait-aussi-nocive-que-le-charbon_1708941_3244.html

Le gaz de schiste serait aussi nocif pour le climat que le charbon

Le Monde 31/05/2012

Si le gaz de schiste est décrié pour les dégâts environnementaux que sa production entraîne, il pouvait se targuer d'un atout écologique : sa combustion dans les centrales électriques entraîne moins d'émissions de CO2 (dioxyde de carbone) que la combustion du charbon - 44 % de moins, selon l'America's Natural Gas Alliance, l'association professionnelle du gaz aux Etats-Unis.

Quant à l'émission de gaz à effet de serre lors de la production de gaz de schiste, elle était considérée jusqu'à présent comme négligeable. Mais ce postulat est sévèrement mis en cause par une série d'études scientifiques. Selon ces analyses, la production de gaz de schiste a un bilan en gaz à effet de serre équivalent, voire supérieur, à celui du charbon.

L'explication de ce paradoxe tient au fait que le gaz naturel - aussi appelé méthane (CH4) - a un coefficient de réchauffement supérieur de vingt-cinq fois à celui du dioxyde de carbone - voire soixante-douze fois sur les vingt premières années de son émission, en raison d'un temps de résidence dans l'atmosphère différent de celui du CO2. La présence de méthane dans l'atmosphère a donc un effet important.

Or la production de gaz de schiste entraîne un relâchement important de méthane. Quand les fluides utilisés pour fracturer la roche sont pompés pour être ramenés vers la surface, ils entraînent avec eux des bulles de gaz naturel qui vont se disperser dans l'atmosphère. De plus, la remontée du gaz à l'ouverture du puits se traduit pendant quelque temps par une fuite supplémentaire de méthane. Enfin, les différents gazoducs et autres équipements techniques sont aussi sources de fuites.

PIRE QUE LE CHARBON ET LE PÉTROLE

Jusqu'à récemment, les émissions liées au gaz de schiste étaient estimées selon des valeurs officielles établies par l'Agence de l'environnement des Etats-Unis (EPA) en 1996. En 2011, une équipe de chercheurs menée par Robert Howarth, de l'université de Cornell, a abouti à la conclusion que les puits de gaz de schiste laissaient fuir jusqu'à 8 % du méthane pendant leur durée d'exploitation.

Cette étude, publiée dans la revue Climate Change Letters, s'appuyait sur une revue approfondie des données disponibles. Selon Robert Howarth, "du point de vue climatique, le gaz de schiste est pire que le gaz conventionnel, mais aussi que le charbon et que le pétrole".

En février 2012, une autre équipe de chercheurs de l'université du Colorado a publié dans le Journal of Geophysical Research une étude confirmant le constat. Mais la méthode ici utilisée était expérimentale : des relevés physiques ont été effectués dans une campagne de mesures par un véhicule doté d'équipements sophistiqués.

Les échantillons d'air prélevés dans la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, où vingt mille puits exploitent le gaz de schiste, ont ensuite été analysés en laboratoire. Cela conduit à constater que des fuites de méthane se produisent dans une fourchette de 2 % à 8 % du gaz produit, une valeur de 4 % étant la plus probable - le double de la valeur retenue par l'EPA. Cette analyse ne prend pas en compte les fuites qui peuvent se produire dans les gazoducs.

"On a conduit une autre campagne de mesures dans l'Utah, dont on espère publier les résultats avant la fin de l'année, avance Gabrielle Pétron, qui a conduit la recherche. On va aussi mener une campagne de mesures par avion." D'autres études sont en cours en Pennsylvanie et au Texas. Le débat scientifique est loin d'être clos, mais la "virginité" climatique du gaz de schiste appartient au passé.

RISQUE SUPÉRIEUR DE CANCER

D'autres études soulignent par ailleurs l'effet de pollution atmosphérique liée à l'exploitation du gaz de schiste. Il n'y a en effet pas que du méthane qui fuit, mais aussi de nombreux autres hydrocarbures nocifs pour la santé, tel que le benzène.

Dans une étude parue en mars 2012 dans Science of Total Environment, Lisa Mc Kenzie et d'autres chercheurs de l'université du Colorado ont comparé deux groupes de personnes vivant près et loin de puits de gaz de schiste. Ils concluent que les premiers encourent un risque supérieur de cancer en raison d'une exposition plus importante aux hydrocarbures volatils.

Cette multiplication d'études n'a pas encore entraîné de réponse officielle, mais elle alimente un besoin de réglementation de plus en plus fort aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, explique dans un courriel Jesse Coleman, de Greenpeace USA, "la réglementation de la fracturation hydraulique a largement été laissée au niveau des Etats - qui sont beaucoup plus faibles -, en raison de la résistance de l'industrie à une loi fédérale".

Un des enjeux cruciaux consiste à obliger les entreprises à révéler les produits chimiques qu'elles utilisent dans la fracturation hydraulique. L'EPA doit rendre durant l'été un projet de réglementation - qui comprendrait des mesures pour limiter les fuites de méthane - en vue d'une application en 2015. La bataille des lobbies ne fait que commencer.

Hervé Kempf

12/03/2012

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/12/les-glaces-du-groenland-plus-sensibles-au-rechauffement-que-prevu_1656261_3244.html

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C au-delà duquel la calotte glaciaire du Groenland pourrait avoir totalement fondu. Une nouvelle étude abaisse ce seuil à +1,6 °C.

La calotte glaciaire du Groenland, dont la fonte contribue à la montée du niveau de la mer, est plus sensible au réchauffement climatique que ce qui était admis jusqu'ici, suggère une étude publiée dimanche 11 mars dans la revue scientifique Nature Climate Change.

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C par rapport à l'époque pré-industrielle au-delà duquel les glaces qui recouvrent le Groenland pourraient avoir totalement fondu, d'ici des millénaires. Cette nouvelle étude, à partir de simulations numériques, abaisse ce seuil à +1,6 °C (dans une plage allant de +0,8 °C à +3,2 °C), sachant que la planète s'est déjà réchauffée de 0,8 °C depuis le milieu du XVIIIe siècle.

Le temps que prendrait une fonte totale de la calotte (ou inlandsis) du Groenland dépend de la durée et de l'ampleur du dépassement de ce seuil : elle pourrait avoir disparu en deux mille ans en cas de réchauffement de +8 °C mais en cinquante mille ans en cas de hausse contenue à +2 °C, selon les chercheurs de l'Institut de Potsdam (PIK) et de l'université Complutense de Madrid. Limiter la hausse à 2 °C est l'objectif que s'est fixé la communauté internationale mais, au regard des émissions actuelles de gaz à effet de serre, le monde semble davantage être sur une trajectoire de +3 à +4 °C.

"IRRÉVERSIBLE"

Le Groenland constitue, après l'Antarctique, la seconde retenue d'eau sur terre. Une fonte importante de la calotte glaciaire, qui recouvre environ 80 % du territoire, pourrait contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer et affecter la vie de millions de personnes, rappellent les auteurs. "Notre étude montre que, sous certaines conditions, la fonte des glaces du Groenland devient irréversible", précise par ailleurs l'un des chercheurs, Andrey Ganopolski, de l'Institut de Potsdam.

Cela s'explique par les interactions existant entre le climat et la calotte glaciaire. La calotte peut atteindre plus de 3 000 mètres d'épaisseur et s'élève ainsi à des altitudes où les températures sont plus froides. Mais en fondant, sa surface s'affaisserait à des altitudes où les températures sont plus élevées, ce qui contribuerait à accélérer encore le processus.

08/03/2012

Plutôt que réduire les émissions ...

... la solution serait de stocker l'excès ? ABSURDE !

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5059

07-03-2012 - Captage et stockage du CO2 : la France s’entête 

Le tribunal administratif de Pau a finalement tranché dans l’affaire opposant des associations de protection environnementale à l’Etat et à Total, quant au premier stockage souterrain de CO2 en France. Estimant que toutes les procédures légales ont été respectées, il a condamné les associations à verser 1000 euros de frais de justice au groupe Total. Déçus par ce verdict, les membres associatifs considèrent que cette décision ne résout en rien les nombreuses questions de fond soulevées par la technique de captage et stockage du CO2 (CSC). Outre son impact environnemental et son caractère énergivore, cette dernière laisse de nombreuses incertitudes, notamment quant au transfert des responsabilités de l’exploitant au contribuable et au devenir de ces sites à risques. 

Cette prise de risques est d’autant moins légitime que les bénéfices tirés de cette méthode apparaissent très aléatoires, pour ne pas dire dérisoires. En 2009, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estimait ainsi qu’il faudrait créer plus de 6 000 installations de CSC, présentant chacune une capacité d’enfouissement d’un million de tonnes de CO2, pour pouvoir stocker 20 % des émissions mondiale de gaz à effet de serre. A l’annonce du verdict rendu, les associations ont fait savoir qu’elles envisagent de faire appel. Elles entendent, en effet, poursuivre leurs efforts de mobilisation alors que d’autres projets fleurissent à Claye-Souilly, à Florange et au Havre. La France se distingue ainsi de l’Europe où, sur 13 projets annoncés, 6 ont d’ores et déjà été abandonnés. 

Cécile Cassier

03/03/2012

Le début de la fin

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/02/la-fonte-de-la-banquise-entrainerait-une-forte-pollution-au-mercure_1650917_3244.html

La fonte de la banquise entraînerait une forte pollution au mercure

L'importante diminution de la banquise permanente dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait provoquer l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, selon la NASA.

La forte diminution de la banquise permanente constatée dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait avoir comme conséquence l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, à en croire une étude menée par la NASA et rendue publique jeudi 1er mars.

L'épaisse banquise permanente du pôle Nord laisse place progressivement à une glace moins épaisse et plus salée, qui dégage dans l'atmosphère du brome lorsque se produit une interaction avec les rayons solaires et le froid, a expliqué Son Nghiem, chercheur de la NASA au Laboratoire de propulsion à réaction (Jet Propulsion Laboratory, JPL) de Pasadena. Cela déclenche une réaction chimique appelée "explosion de brome" qui transforme le mercure gazeux présent dans l'atmosphère en un polluant toxique qui se dépose sur la neige, les terres et la glace et peut s'accumuler dans l'organisme des poissons, ajoute Son Nghiem, auteur principal de cette étude.

MODIFICATION DE LA COMPOSITION DE L'EAU

"Le rétrécissement de la glace d'été fait parler de lui surtout pour ce qui est de l'exploitation des ressources de l'Arctique et l'ouverture de nouvelles voies maritimes commerciales", rappelle-t-il. "Mais la modification de la composition de l'eau a elle aussi un impact sur l'environnement. Le changement des conditions dans l'Arctique pourrait provoquer des explosions de brome à l'avenir", ajoute-t-il.

Les émanations de brome pourraient, en outre, éliminer l'ozone de la couche la plus basse de l'atmosphère, la troposphère, continue le scientifique. La communauté scientifique, dit-il, cherche toujours à comprendre pourquoi l'Arctique a perdu un million de kilomètres carrés de banquise permanente au cours des dix dernières années. Cela pourrait être dû à une modification du régime des vents pendant cette période, avance-t-il. En mars 2008, l'étendue de la banquise permanente a atteint sa superficie la plus réduite depuis un demi-siècle, et elle a été remplacée par endroits par une glace saisonnière, plus salée car elle n'a pas subi de processus naturel de désalinisation.

L'étude en question a été réalisée par une équipe d'Américains, de Canadiens, d'Allemands et de Britanniques, en combinant des données transmises par six satellites de la NASA, de l'ESA (Agence spatiale européenne) et de l'Agence spatiale canadienne, avec des observations au sol et une modélisation.

23/02/2012

Science, conscience, lobbying et blogosphère

Pour les climato-sceptiques.

La question que je me pose est : Claude Allègre a-t-il été payé ? Combien ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/21/l-origine-de-la-fuite-des-documents-du-heartland-institute-a-ete-revelee_1646404_3244.html

L'origine de la fuite des documents du Heartland Institute a été révélée

Peter Gleick, un hydrologue de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique.

Un éminent hydrologue, membre de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique. Dans un billet posté lundi 20 février sur l'un de ses blogs, Peter Gleick, par ailleurs cofondateur et président du Pacific Institute, un centre de recherche basé en Californie, a admis être l'origine de la fuite d'une dizaine de pièces exfiltrées le 15 février du Heartland Institute.

Rendus publics sur le Net, ces documents ont plongé le think tank dans l'embarras : ils révèlent ses sources de financement (grandes entreprises, fondations, etc.), les noms des "experts" et des blogueurs qu'il rémunère pour propager la parole climato-sceptique, ainsi que ses projets d'action prioritaires pour 2012, en particulier pour asseoir auprès des enseignants et des élèves américains l'idée que le changement climatique est "incertain" et scientifiquement "controversé".

Sur son blog, M. Gleick a expliqué avoir reçu, début 2012, par courrier électronique anonyme, des documents confidentiels présentés comme provenant du Heartland Institute. "J'ai tenté de confirmer la validité des informations de ces documents, écrit l'hydrologue. Pour ce faire, et dans une grave faute vis-à-vis de moi-même, de mon éthique et de mon jugement, j'ai sollicité et obtenu du Heartland Institute, sous l'identité de quelqu'un d'autre, des documents supplémentaires." Ces nouveaux éléments ont confirmé, selon M. Gleick, ceux contenus dans l'envoi anonyme précédent, "en particulier la stratégie de levée de fonds [du think tank] pour 2012 et son budget". M. Gleick dit avoir ensuite fait suivre anonymement les documents en question "à plusieurs experts et journalistes travaillant sur la question climatique". Outre-Atlantique, l'affaire a suscité une intense couverture médiatique.

DES AUTEURS RÉMUNÉRÉS

Les aveux du scientifique, qui présente ses "excuses personnelles" à "ceux qui ont été affectés" par son geste, pourraient en réalité plonger le Heartland Institute dans un embarras plus grand encore. En effet, dès la mise en ligne des documents frauduleusement obtenus, le think tank de Chicago avait déclaré que l'un d'entre eux, un mémo intitulé "2012 Heartland Climate Strategy", était un "faux, apparemment destiné à diffamer et discréditer le Heartland Institute". Cependant, la plupart des informations confidentielles contenues dans le mémo litigieux sont présentes dans les autres documents rendus publics. De plus, le Heartland Institute ne précise pas quels sont les éléments dudit mémo qui auraient été fabriqués. Or, dans sa confession, M. Gleick assure n'avoir fait que transmettre les documents qu'il a obtenus et qu'il n'en a pas altéré, ni fabriqué, le contenu. Dans un communiqué du 20 février, le Heartland Institute maintient sa version, mais celle-ci a encore perdu en crédibilité depuis les aveux de M. Gleick.

Le mémo en question montrait que les responsables du think tank étaient très désireux d'entretenir sur le Net "des voix qui s'opposent" au consensus sur le climat et "des groupes capables de mobiliser rapidement des réponses face à des découvertes scientifiques, des articles de presse ou des billets de blog défavorables". Les documents indiquent ainsi qu'un célèbre blogueur climato-sceptique américain, fréquemment cité dans la blogosphère francophone, Anthony Watts, un ancien présentateur météo, s'est vu promettre près de 90 000 dollars sur l'année 2012. Sur son blog, l'intéressé n'a pas démenti ce chiffre, précisant que la somme en question était censée soutenir "un projet spécial" et non son site Web, pour lequel il assure "ne pas toucher de salaire".

Un autre personnage épinglé dans les documents rendus publics est Frederick Singer, un physicien américain à la retraite rémunéré à hauteur de 5 000 dollars par mois par le Heartland Institute. Cette rétribution correspond au travail de coordination et de promotion d'une série de rapports pseudo-scientifiques, rédigés par un groupe de chercheurs présentés comme le Non-Intergouvernmental Panel on Climate Change (NIPCC). Ces rapports, soumis à des décideurs et mis en circulation sur le Net, concluent systématiquement à l'inverse du consensus scientifique sur le réchauffement. Interrogé par Le Monde au printemps 2010, M. Singer – qui n'a cette fois pas répondu à nos sollicitations – avait assuré que les auteurs de ces rapports étaient bénévoles. Les documents du Heartland montrent que le budget prévu sur la période 2010-2013 pour la production, l'édition et la promotion des rapports du NIPCC se monte à plus d'un million et demi de dollars, dont un demi-million environ pour ses auteurs.

SCIENCE CONTRE IDÉOLOGIE

Frederick Singer a en outre eu ses frais de déplacements partiellement pris en charge par le Heartland Institute. Le physicien donne de nombreuses conférences à l'étranger, notamment pour présenter les conclusions des fameux rapports du NIPCC. En France, il a été invité à plusieurs reprises à l'Institut de physique du globe de Paris, bénéficiant ainsi d'un cadre académique prestigieux pour s'exprimer.

S'agissant des moyens frauduleux mis en œuvre par M. Gleick pour faire éclater le scandale, les commentaires sont partagés. Dans un billet publié mardi sur le site Web du Guardian, Bob Ward, l'un des directeurs du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment (London School of Economics) estime que "bien que des actes de tromperie ne puissent être acceptés, il est aussi important de noter que les documents obtenus par M. Gleick donnent une idée sur la manière dont certains groupes, fondamentalement opposés la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tentent de donner l'impression que leurs arguments sont fondés sur la science plutôt que sur l'idéologie".

Ironiquement, le Heartland Institute – qui proteste aujourd'hui avec virulence contre la publication des documents qui lui ont été dérobés –, avait été l'une des principales caisses de résonance, en novembre 2009, de l'affaire dite du Climategate. C'était alors les courriels de climatologues qui avaient été piratés dans les serveurs de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) et rendus publics sur le Net. Jusqu'à présent, les auteurs de ce piratage-là ne se sont pas dénoncés, pas plus qu'ils n'ont été démasqués par la police du Norfolk, chargée d'enquêter sur cette affaire.

19/02/2012

Huit Prix Nobel appellent l'Europe à rejeter les sables bitumineux

lu sur : 

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5032

Huit Prix Nobel appellent l'Europe à rejeter les sables bitumineux

16/02/2012

Le 23 février prochain, les Etats membres de l’Union européenne devront se mettre d’accord sur les conditions de mise en œuvre de la directive sur la qualité des carburants. Votée en 2008 mais mise de côté depuis lors, cette réglementation offre la possibilité de limiter l’importation des carburants les plus polluants en Europe. Ceci explique la forte opposition qu’elle suscite auprès des grandes compagnies pétrolières et du Canada, important producteur de sables bitumeux. Or, selon l’organisation des Amis de la Terre, certains pays, dont la France, seraient en train de céder à la pression du lobby contrant cette loi. Dans ce contexte, huit Prix Nobel de la Paix (1) ont écrit aux chefs d'États européens et aux ministres de l'environnement, en leur demandant de s’attaquer aux problématiques sources de carburants les plus polluantes, tels que les sables bitumineux et les huiles de schiste. 

En effet, comme le rappelle l’ONG, le pétrole produit à partir de sables bitumeux, d’huiles de schiste ou de charbon liquéfie génère des émissions de gaz à effet de serre (GES) bien plus importantes que le pétrole conventionnel. Les carburants issus des sables bitumeux produisent ainsi plus de 23 % d’émissions de GES que le pétrole conventionnel. Ils dégradent de manière irréversible l’environnement et affectent fortement les conditions de vie des populations locales. Selon les Amis de la Terre, Total travaillerait à un tel projet à Madagascar, zone vulnérable qui pourrait ainsi connaître le même sort que les forêts boréales canadiennes. Par le passé, des Prix Nobel s’étaient déjà adressés au président américain Barack Obama. Ils l’avaient alors persuadé d’abandonner le projet d’oléoduc Keystone XL, chargé de transporter les sables bitumeux depuis l’Alberta (Canada) vers les Etats-Unis. 

Cécile Cassier

Mairead Maguire, Prix Nobel de la Paix (1976) - Irlande 
Betty Williams, Prix Nobel de la Paix (1976) - Irlande 
Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix (1980) - Argentine 
Archbishop Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix (1984) - Afrique du Sud 
Rigoberta Menchú Tum, Prix Nobel de la Paix (1992) - Guatemala 
President José Ramos Horta, Prix Nobel de la Paix (1996) - Timor Oriental 
Jody Williams, Prix Nobel de la Paix (1997) - Etats-Unis 
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix (2003) - Iran

 

 

 

17/02/2012

Le lobby climatosceptique financé par le pétrolier Exxon

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/international/2010/07/19/01003-20100719ARTFIG00449-le-lobby-climatosceptique-finance-par-le-petrolier-exxon.php

Le lobby climatosceptique financé par le pétrolier Exxon

19/07/2010 | Mise à jour : 16:54

Le géant américain a versé l'an dernier plus d'un million d'euros à plusieurs groupes d'influence luttant contre le contrôle des gaz à effet de serre, révèle la presse britannique.

Le temps se couvre pour les climatosceptiques. Le quotidien britannique Times a révélé lundi que plusieurs organisations qui luttent contre les projets de limitation des gaz à effet de serre sont financées par le géant pétrolier américain ExxonMobil (maison mère d'Esso), à hauteur de presque un million de livres (1,2 million d'euros).

Les climatosceptiques, qui réfutent la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique - quand ils ne mettent pas en cause le réchauffement lui-même -, s'opposent aux tentatives de régulations des émissions de gaz à effet de serre. De fait, leurs positions convergent donc avec les intérêts des groupes pétroliers. Mais la collusion irait beaucoup plus loin puisque plusieurs de ces organisations - dont the Media Research Center, the Atlas Economic Research Foundation, the Pacific Research Institute et the Heritage Foundation - auraient bénéficié de la générosité d'ExxonMobil. Le quotidien britannique ne précise toutefois pas comment cet argent a concrètement été utilisé. 

Parole non tenue

La révélation est gênante dans le contexte de bras-de-fer qui oppose depuis plusieurs mois le camp des sceptiques aux chercheurs du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Il y a dix jours, le premier avait déjà subi un revers dans l'affaire dite du «climategate», tentative de discréditation des seconds. Une enquête indépendante avait en effet blanchi les climatologues, accusés d'avoir falsifié des données scientifiques pour accréditer leur théorie. L'enquête a au contraire établi leur «rigueur» et leur «honnêteté». Désormais, c'est l'intégrité des sceptiques qui est donc mise en cause. Par exemple, the Media Research Center, qui a justement contesté le rapport d'enquête établissant l'honnêteté des climatologues du Giec, aurait reçu l'an dernier 50.000 livres (presque 60.000 euros).

Le lobby climatosceptique n'est pas le seul à être discrédité par ces révélations. À un moment où le secteur pétrolier n'est pas en odeur de sainteté, suite à la marée noire dans le golfe du Mexique, Exxon se trouve également pris en flagrant délit de mensonge. Dans un rapport datant de 2007, la compagnie avait en effet promis d'«arrêter de contribuer aux groupes dont la position sur le changement climatique pourrait détourner l'attention de l'importante discussion sur la sécurité énergétique». Parole non tenue. Cette fois, contactée par le Times, Exxon a promis que trois des fondations citées par le quotidien ne seraient plus financées. Mais rien en revanche sur les vingt-et-uns autres groupes qui auraient reçu de l'argent l'an dernier.

LIRE AUSSI :

» Les scientifiques impliqués dans le «climategate» blanchis

http://www.lefigaro.fr/environnement/2010/03/31/01029-20100331ARTFIG00456-les-scientifiques-impliques-dans-le-climategate-blanchis-.php

28/11/2011

Sables bitumineux : la guerre des lobbies est lancée

lu sur :

http://www.branchez-vous.com/info/actualite/2011/11/sables_bitumineux__londres_soutiendrait_ottawa_15197099.html

Sables bitumineux : Londres soutiendrait Ottawa (la Presse Canadienne)

OTTAWA - La Grande-Bretagne a secrètement soutenu la campagne du Canada contre la proposition de l'Union européenne visant à étiqueter le pétrole produit à partir de sables bitumineux comme étant plus polluant, a rapporté dimanche un journal britannique. >> 

dimanche 27 novembre 2011 à 19H16

OTTAWA - La Grande-Bretagne a secrètement soutenu la campagne du Canada contre la proposition de l'Union européenne visant à étiqueter le pétrole produit à partir de sables bitumineux comme étant plus polluant, a rapporté dimanche un journal britannique.

The Guardian a en effet révélé que Shell et BP, deux géants du secteur de l'énergie ayant chacun un important projet d'exploitation de sables bitumineux en Alberta, avaient fait du lobbying auprès du gouvernement de David Cameron afin qu'il prête main-forte au gouvernement de Stephen Harper dans sa lutte contre l'initiative européenne.

Selon des documents obtenus en vertu des lois sur l'accès à l'information, au moins 15 réunions de haut niveau et plusieurs échanges ont eu lieu depuis septembre entre Londres et Ottawa.

L'Union européenne souhaite faire officiellement reconnaître que le transport du pétrole provenant des sables bitumineux génère 22 pour cent plus de gaz à effet de serre que celui du pétrole conventionnel, ce qui reviendrait à étiqueter le pétrole albertain comme étant plus polluant.

En prévision du vote européen sur la qualité des carburants, qui aura lieu vendredi, le secrétaire aux Affaires étrangères britannique, William Hague, avait offert son appui au gouvernement canadien et envoyé, en septembre, un télégramme aux ambassades de la Grande-Bretagne au Canada leur ordonnant de transmettre l'opinion de Londres sur la question et de demander à Ottawa ce qui constituerait pour elle un arrangement acceptable.

Selon The Guardian, le fait que la Grande-Bretagne adopte la même position que le Canada au sujet de la proposition de l'Union européenne isole le pays par rapport au reste du continent et le place dans une situation très embarrassante, alors qu'une nouvelle série de rencontres internationales sur les changements climatiques est sur le point de commencer à Durban, en Afrique du Sud, lundi.

L'article du quotidien est basé sur des documents obtenus par The Co-operative, un regroupement d'entreprises britanniques qui milite contre les sables bitumineux dans le cadre d'une campagne sur les changements climatiques.

«C'est très décevant d'apprendre que le gouvernement de la Grande-Bretagne soutient les efforts du Canada et nous espérons qu'il reverra sa position et qu'il placera la nécessité de remédier aux changements climatiques avant les intérêts commerciaux du Canada lorsque viendra le temps de voter pour la proposition de la commission européenne», a déclaré Colin Baines, le responsable de la campagne contre les carburants toxiques pour The Co-operative, en entrevue avec The Guardian.

Bill McKibben, un environnementaliste américain qui a été arrêté en août dernier alors qu'il manifestait contre le pipeline Keystone XL de TransCanada, a affirmé que la Grande-Bretagne semblait être devenue le «partenaire de crime» du Canada.

«Ce sera l'une des plus importantes décisions en matière d'environnement prises par le gouvernement Cameron», a-t-il conclu.

par La Presse Canadienne 

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voir aussi sur le journal Le Monde :

Sables bitumineux : la guerre des lobbies est lancéeLE MONDE | 26 novembre 2011 | Anne Pélouas | 775 mots 

 

Les écologistes essaient de contrer le travail d'influence des pétroliers canadiens en Europe.

A la veille de la Conférence des Nations unies sur le climat à Durban (Afrique du Sud), le lundi 28 novembre, Friends of the Earth Europe, Greenpeace et d'autres organisations non gouvernementales (ONG)...

04/11/2011

La mortalité va augmenter en France !

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Dans l'Humanité Dimanche, des chercheurs suédois estiment qu’« au rythme où nous polluons et auquel se réchauffe la planète, l’ozone au sol devrait augmenter la mortalité dans plusieurs pays d’Europe, la France en particulier, de 10 à 14% d’ici à 2060 ».

Selon les scientifiques suédois impliqués dans le projet européen Climate Trap – qui mesure l’impact du changement climatique sur la santé publique –, les décès seraient essentiellement liés à des problèmes respiratoires et cardiaques, rapporte Humanité Dimanche. (Humanité Dimanche, 03/11)

20/10/2011

Les espèces pourraient rétrécir avec le changement climatique

lu sur :

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/10/20/le-changement-climatique-pourrait-retrecir-les-especes/

Les espèces pourraient rétrécir avec le changement climatique

Selon un article publié par Nature, un rétrécissement général des espèces est perceptible à mesure que la planète se réchauffe.

11/10/2010

L'énergie hydroélectrique est elle propre ?

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/11/des-quantites-considerables-de-methane-rejetees-par-un-barrage-en-suisse_1423778_3244.html
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Des quantités "considérables" de méthane rejetées par un barrage en Suisse

Situé sur le lac de Wohlen, un barrage hydro-électrique produit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de kilomètres de circulation automobile, dénonce une étude.

LEMONDE.FR avec AFP | 11.10.10 | 15h47

Preuve que l'énergie hydroélectrique est moins neutre qu'on ne le pensait d'un point de vue environnemental, des chercheurs ont découvert des quantités "considérables" de méthane, un gaz à effet de serre, rejetées dans l'air par un lac de barrage helvétique près de Berne (centre), selon une étude suisse publiée lundi 11 octobre.

"En moyenne, plus de 150 milligrammes de méthane s'échappent de chaque mètre carré de sa surface vers l'atmosphère. C'est le taux d'émission le plus élevé jamais mesuré dans un lac de latitude moyenne", indiquent les chercheurs de l'institut Eawag, qui ont étudié une partie du lac de Wohlen. En extrapolant ces mesures, les scientifiques de cet institut de recherche spécialisé dans le domaine de l'eau, estiment que ce lac produit 150 tonnes de méthane par an, soit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de kilomètres de circulation automobile ou les émissions annuelles de 2 000 bovins.

Ces niveaux montrent que "l'énergie hydroélectrique n'est donc pas aussi neutre en carbone qu'on le pensait jusqu'à présent", affirme ainsi une des chimistes qui a participé à l'étude, Tonya Del Sontro. "En été, le lac de Wohlen fait parfois penser à une coupe de champagne, une multitude de bulles de gaz remontent vers la surface", ajoute-t-elle.

CORRECTION DU BILAN MÉTHANE

Le méthane est le composant principal du gaz naturel issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène. Il se dégage des zones humides peu oxygénées comme les marais et se forme aussi dans l'estomac des mammifères.

Les chercheurs se sont également penchés à d'autres occasions sur les lacs artificiels de montagne. La faiblesse des températures et des apports de matière organique expliquent, selon leurs études, pourquoi les grands barrages alpins ne rejettent pas autant de méthane que les retenues fluviales en moyenne altitude. Ils souhaitent désormais étudier d'autres lacs de barrage du plateau suisse pour voir si celui de Wohlen constitue une exception et si une correction du bilan méthane de la Suisse s'avère nécessaire, étant donné que ce type de gaz est inclus dans le protocole de Kyoto.

Conclu en 1997, le protocole impose aux trente-sept pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'Union européenne de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de plus de 5 % sur la période 2008-2012. Les Etats-Unis ne l'ont jamais ratifié.