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11/08/2015

Rappel sur la dangerosité des diodes luminescentes

à lire sur :

Les diodes luminescentes sous l'œil inquiet des chercheurs

www.lemonde.fr/.../les-diodes-luminescentes-sous-l-il-inquiet-des-chercheurs_4719537_1650684.html

voir aussi sur un autre blog la note du :

04/01/2013

Rappel sur la dangerosité...

12/05/2015

Pour l’interdiction des pesticides chimiques de synthèse et la généralisation des pratiques agroécologiques

lu dans la revue de presse de l'INSERM :


Plaidoyer de Greenpeace International en faveur de l’agriculture biologique

Greenpeace International publie aujourd’hui un rapport « en faveur de l’interdiction progressive des pesticides chimiques de synthèse et de la généralisation des pratiques agroécologiques ». L’ONG revient notamment sur l‘expertise collective Pesticides : Effets sur la santé publiée en 2013 par l’Inserm, souligne l’AFP. Selon Greenpeace : « L’exposition à certains pesticides représente un facteur de risque supplémentaire non négligeable de contracter de nombreuses maladies chroniques, y compris différentes formes de cancers et de maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et celle d’Alzheimer, et de développer des malformations congénitales ». L’ONG affirme par ailleurs que « (…) les agriculteurs et leurs familles font partie des populations les plus exposées à des risques de pathologies graves ».
 

AFP, 12/05

13/01/2015

Paralysie et implant neuronal

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

Des rats paralysés remarchent grâce à un implant neuronal

La Croix rend compte d’un travail interdisciplinaire qui a permis de faire remarcher des rats paralysés à la suite d’une lésion de la moelle épinière.

Stéphanie Lacour, professeur française à la chaire de technologie neuroprosthétique à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui a publié ces résultats dans la revueScience, explique : « Nous avons inventé une technologie combinant une stimulation électrique et une libération de messagers moléculaires (des neurotransmetteurs), pour réveiller les neurones situés au-delà de la lésion de la moelle épinière ».

Alain Privat, Unité Inserm 1051, souligne : « Il s’agit d’une avancée technique, une preuve de principe, par rapport à leurs travaux de 2012, mais qui pour l’instant est inapplicable à l’homme. Car, comment maîtriser la sécrétion du neurotransmetteur pour que la conduction nerveuse se fasse au bon moment ? » 

La Croix, 13/01

11/11/2014

Abeilles, chimie, fipronil, Suisse

le surlignage est de moi

lu sur :

http://www.swissinfo.ch/fre/abeilles--causes-d-une-h%C3%A9catombe-dans-l-emmental-%C3%A9lucid%C3%A9es/41107892

10. NOVEMBRE 2014 - 20:45

Les causes de la mort mystérieuse de plus d'un million d'abeilles fin avril dans la région de Zäziwil, dans le canton de Berne, sont désormais élucidées.

Un insecticide, le fipronil, a été par erreur mélangé avec un fongicide chez un fabricant de produits phytosanitaires.

Du fipronil, une substance qui présente un effet insecticide, a été découvert sur les feuilles d'arbres fruitiers. Mais la façon dont ce produit s'est déposé sur les végétaux demeure un mystère. Son utilisation en Suisse pour la protection des plantes est interdite.

Ce sont deux laboratoires indépendants qui ont fait le rapprochement avec le fipronil, a annoncé lundi le service apicole apiservice. Une table ronde sera mise en place entre les différents acteurs pour prévenir un nouvel incident de ce type.
 
sda-ats

21/05/2014

Uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems

communiqué d' ETC group :

Urgent request to address and halt the spread of genetically organisms into the environment!

Several examples of the uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems have been documented: cotton in Mexico, oilseed rape in North America, Japan, Switzerland and Australia and grasses in the USA. There are also cases of repeated transgene presence in landraces or local varieties of crop plants such as maize in Mexico and rice in China. This increasing trend towards uncontrolled spread of transgenes into wild populations and ecosystems raises a high level of concern for the release of new organisms such as genetically engineered trees, fish and insects and the challenges posed by emerging applications of synthetic biology.

Genetic engineering and synthetic biology represent a radical break from widely recognized natural restrictions on genome regulation and interspecies genetic exchange. Maintaining the ability of organisms to develop under their evolved dispositions and naturally established restrictions and to participate in further evolutionary processes is a crucial aspect of the protection of biodiversity. In the same way that we seek to protect organisms and ecosystems from persistent chemical substances, we should also protect them from the uncontrolled spread of synthetic and genetically engineered organisms. In the short or long term, these organisms have a capacity to self-replicate, evolve and interact with other organisms in unpredictable ways and thereby represent a threat to ecological systems and their resilience.

There is a risk that we will not be able to recover the original biodiversity, as the dynamics of wild and cultivated native varieties will be altered. We cannot rely solely on gene banks, as they are able to preserve only a very small percentage of the genetic diversity present within centres of origin and of genetic diversity.

From a regulatory point of view, spatio-temporal control of genetically engineered organisms is necessary. It is a fundamental precondition for any risk assessment because no reliable predictions can be made concerning the consequences of artificially transformed organisms once they are released or escape into wider environments and become part of open-ended evolutionary processes.

Article 17 of the Cartagena Protocol on Biosafety requires Parties to prevent or minimize the risks of unintentional transboundary movements of genetically engineered organisms. The current trend of an increasing spread of these organisms outside of the managed settings for which they were approved threatens to enhance the potential for unintentional transboundary movements. Finally, the precautionary principle can only be implemented if genetically engineered organisms can be retrieved from the environment in case of emergency. This becomes impossible once transgenes move and accumulate in wild and landrace varieties.

While all genetically engineered organisms can pose risks to the environment and health, we particularly call for the prohibition of experimental releases, imports and commercialization of genetically engineered organisms if:

a) they can persist and invade the environment if they escape their containment.
b) they can not be withdrawn from the environment if this is required.
c) it is already known that they can persist or have invasive behavior after release into the environment.
d) their release may lead to transgene flow into populations of local varieties at centres of origin and of genetic diversity and the accumulation of transgenes in the genomes of native varieties.

More information:
http://www.stop-the-spread-of-transgenes.org/

28/04/2014

Nano matériaux : pas vus, pas pris

lu sur la revue de presse de l'INSERM :

Le quotidien Les Echos publie un article sur les nanomatériaux et leurs effets sur la santé « difficiles à évaluer ». Selon le journal, la difficulté réside dans le fait que les nanomatériaux sont « constitués de particules d’une taille comprise entre 1 et 100 nanomètres et entrant dans la composition d’un grand nombre d’objets du quotidien ». Un rapport sur les risques qu’ils représentent pour la santé humaine sera dévoilé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) au mois de mai.

Les Echos, 28/04

------------------------

Nanomatériaux et santé _ le grand flou, Actualités.pdf

extrait :

... "combien de produits de  consommation courante sont-ils concernés ? Aussi inquiétant que cela paraisse, nul n'est capable de le dire : la prolifération des nanomatériaux échappe en grande partie aux écrans radars des autorités sanitaires de tous les pays. « Sans doute beaucoup plus qu'il y a quatre ans et beaucoup moins que dans quatre ans », se risque juste à répondre Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques de l'Anses. "...

 

26/04/2014

Agriculture intensive et géants de l'agrochimie

lu sur :

www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/23/les-geants-de...

les surlignages sont de moi

 

 

LE MONDE | 23.04.2014 à 10h57 • Mis à jour le 23.04.2014 à 16h34 |

Par Laurence Girard

Une coccinelle posée sur un haricot vert. Cette image bucolique accueillait les participants au forum organisé par le ministère de l'agriculture, mardi 22 avril, à la Cité des sciences et de l'industrie, à Paris, sur le thème du biocontrôle. Une manière d'illustrer les alternatives aux pesticides, fongicides et herbicides chimiques dont le ministre, Stéphane Le Foll, veut promouvoir l'usage auprès des agriculteurs.

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Mais la coccinelle croqueuse de pucerons ne fait pas à elle seule le biocontrôle. Derrière ce terme se cachent quatre familles de produits issus du milieu naturel et utilisés dans la protection des cultures. Les macro-organismes, comme les insectes ou les acariens. Les micro-organismes que sont les champignons, les virus ou les bactéries. Les médiateurs chimiques comme les phéromones utilisées pour lutter contre les insectes par confusion sexuelle. Et les substances naturelles, issues de plantes, d'animaux ou de minéraux, dont la rustique bouillie d'ortie.

Une boîte à outils bien garnie, mais encore peu exploitée par les agriculteurs. « Les produits de biocontrôle pèsent 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et ne représentent que 5 % du marché des phytosanitaires », a rappelé Jean-Pierre Princen, président de l'Association française des producteurs de produits de biocontrôle (IBMA).

UN MARCHÉ MONDIAL ÉVALUÉ À 1,6 MILLIARD D'EUROS

La France reste forte consommatrice de produits phytosanitaires chimiques. Avec tous les risques encourus. « Le rapport de l'Inserm [Institut national de la santé et de la recherche médicale] publié en 2013 a fait le lien entre l'usage des pesticides et certaines maladies », a réaffirmé Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle.

M. Potier a souligné que l'objectif de réduction de 50 % de l'usage des produits phytosanitaires d'ici à 2018, fixé par le plan Ecophyto dans le cadre du Grenelle de l'environnement, n'a pas été atteint. Au mieux, il évoque une stabilisation. La loi d'avenir agricole, qui devrait être adoptée d'ici à l'été, la refonte du plan Ecophyto en cours de discussion, et les évolutions réglementaires en Europe et en France, devraient contribuer à donner une dynamique au biocontrôle.

Cette perspective de croissance d'un marché mondial évalué à 1,6 milliard d'euros n'a pas échappé aux géants de l'agrochimie. Depuis quelques mois, on assiste à leur arrivée en force à coups d'acquisitions ou d'alliances. A l'été 2012, l'allemand Bayer s'emparait de l'américain AgraQuest. Son compatriote BASF lui emboîtait le pas en acquérant Becker Underwood. En décembre 2013, l'américain Monsanto se lançait en créant BioAg Alliance, une alliance avec le numéro un mondial des enzymes, le danois Novozymes. Quant au suisse Syngenta, il avait pris une longueur d'avance en créant sa filiale Bioline.

« DES PRODUITS DE PLUS EN PLUS EFFICACES »

Les PME françaises du biocontrôle sont convoitées. Ainsi, la société Goëmar, dirigée par M. Princen, vient d'être rachetée par Arysta LifeScience, détenue par le fonds Permira. Et Agrauxine, qui a développé avec l'Institut national de la recherche agronomique un produit pour lutter contre la maladie du bois de la vigne, a été reprise par le numéro un mondial des levures, le français Lesaffre.

« Les grands groupes accélèrent. Les produits de biocontrôle sont de plus en plus efficaces. La réglementation devient plus favorable. Les agriculteurs et les consommateurs sont demandeurs. De plus, il y a un phénomène de résistance accrue aux produits phytosanitaires chimiques. Pour les faire perdurer, les fabricants veulent les associer aux produits de biocontrôle », explique M. Princen.

Cet assaut des grands groupes sur le marché du biocontrôle ne va pas sans poser des questions. « N'est-ce pas un outil de plus pour privatiser le vivant ? », s'interroge Philippe Guichard, de la Confédération paysanne.

Pesticides
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 Mon commentaire :

utiliser des macro-organismes, comme les insectes ou les acariens, ou des micro-organismes cpmme les champignons, les virus, les bactéries n'est pas sans risque a priori. Voir la coccinelle asiatique par exemple :

fr.wikipedia.org/wiki/Coccinelle_asiatique   En cache

02/04/2014

Absence de dialogue sur l'impact des radiofréquences sur la santé

Communiqué de presse le 2 avril 2014

ANSES – Radiofréquences et santé-environnement

Dialogue en péril

Les associations ont quitté hier après-midi la réunion du comité de dialogue Radiofréquences

et santé de l'ANSES pour dénoncer la dénaturation du dialogue au sein de cette instance mise

en place il y a trois ans pour éclairer l'agence sur les attentes de la société civile en matière

d'expertise et de recherche.

Cinq mois et demi après le rendu public du rapport d'expertise sur les risques pour la santé des radiofréquences, qui avait suscité des critiques nombreuses de la part du monde associatif,

l'ANSES avait convoqué ce 1er avril une réunion avec pour ordre du jour le débat sur le

contenu du rapport et les perspectives de poursuite du dialogue.

Déjà en désaccord et sur le contenu du rapport qu'elles considèrent comme orienté et sur le

côté tardif du débat proposé, les associations ont découvert, à l'ouverture de la réunion, que

celle-ci serait présidée non pas par M. George Mercadal, président très apprécié de cette

instance depuis sa création, mais par le Directeur général de l'ANSES.

Considérant que la démission soudaine de Monsieur Mercadal, dans une période

particulièrement critique, était symptomatique de la détérioration du dialogue à l'ANSES et

qu'un débat ouvert et objectif sur des sujets conflictuels ne pouvait se tenir sous la présidence

du directeur général de l'Agence, partie prenante du débat, elles ont donc fait part de la

déclaration commune (voir PJ *) qu'elles avaient préparée, rappelant leur attachement au

dialogue et précisant leurs exigences de changements puis elles ont quitté la salle.

Elles ont annoncé qu'elles ne pourront reprendre leur participation que lorsqu'un président

indépendant et impartial sera à nouveau nommé et que des réponses claires seront données

aux exigences de changements exprimées sur :

- la méthodologie utilisée pour qu'elle reflète l'état de la connaissance et de la

controverse ;

- la prise en compte des conflits d’intérêt ;

- la définition de ce que doit être une expertise réellement pluraliste, le concept

d'expertise collective pouvant masquer l'expression d'une pensée unique.

Contact presse :

Priartem – Janine LE CALVEZ

Collectif des électrosensibles de France – contact.electrosensible.org/

CRIIREM - Pierre LE RUZ

Robin des Toits – Etienne CENDRIER

(*)

DeclarationCommuneInterassoComiteDialogue ANSES_RF_et_sante.pdf

31/03/2014

Évolution du climat : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici ...

lu sur :

Climat: le Giec alerte sur l'insécurité alimentaire et les risques de conflit

 Le Point

AFP- Publié le 31/03/2014 à 07:4

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà "tous les continents et les océans", vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).

"La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", note ce rapport intitulé "Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité".

Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12.000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d'investir dans cette direction.

A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

- Croissance économique ralentie -

 

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud: la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres.

"Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique", notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents".

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu "au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans".

 

- Toute la planète concernée -

 

Les risques concernent aujourd'hui toutes les régions du monde.

En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir "à court terme" est toujours plus pressante, dit le Giec.

Le Giec présente une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.).

Mais pour Chris Field, coauteur du rapport, "à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites".

09/03/2014

Des jeux vidéo pour aider la recherche

Des jeux vidéo en ligne font progresser la recherche scientifique.pdf

 

Un jeu vidéo pour accélérer la recherche sur le cancer | Actualité | LeFigaro.fr - Santé.pdf

12/02/2014

La modification du vivant et la création d'organismes nouveaux

à lire sur BASTAMAG :

http://www.bastamag.net/Biologie-de-synthese-comment

OPTIMISER LE VIVANT

Biologie de synthèse : comment ingénieurs et multinationales veulent industrialiser la vie

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 12 FÉVRIER 2014 

lire aussi :

ALIMENTATION

Privatisation des semences : une guerre de l’ombre se livre depuis un siècle 

EVOLUTION

Bienvenue dans une nouvelle ère géologique, déterminée par les humains pour le meilleur et pour le pire : l’Anthropocène

08/02/2014

Vers une catastrophe nucléaire en France ?

à lire sur MEDIAPART :

Près de la moitié des réacteurs nucléaires sont menacés par un phénomène d’usure des gaines de combustibles, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L'électricien s'est lancé dans un véritable bras de fer avec l'Agence de sûreté nucléaire sur le sujet. 

extrait :

... " Près de la moitié des réacteurs nucléaires en France sont menacés par un phénomène d’usure qui touche des gaines de combustibles, victimes de corrosion à force d’usage, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) envisage des mesures de restriction d’exploitation pour prévenir les risques de rupture de ces enveloppes métalliques. Leur tenue est essentielle au bon fonctionnement des centrales atomiques car les gaines de combustibles assurent la première barrière de sûreté du système. Mais ces dispositions sont contestées par le groupe qui les juge trop contraignantes. L’ASN doit rendre un avis sur ce sujet dans les jours à venir. " ...

13/01/2014

États-Unis : le Droit du plus Fort ! (la morale la plus faible) - rappel

 lu sur :  

 

www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/16/monsanto-un...

 

Le Monde.fr | 16.02.2012 à 10h29 • Mis à jour le 06.04.2013 à 21h02 |Par Soren Seelow

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

  • Un géant de la chimie… explosif

 

 

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industriechimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, departir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avantson interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

  • PCB : le procès de la honte

L'usine de Monsanto à Anniston (Alabama).

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à"n'apparaît pas cancérigène""Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

  • Agent orange : condamné pour "empoisonnement"

Un Vietnamien de 14 ans, victime supposée de l'agent orange.

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance auVietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenirl'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

 

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à… 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales. L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide.

Reportage : En Argentine, les habitants exposés à l'herbicide se plaignent de multiples affections

Paul François, céréalier charentais victime des pesticides, a fait condamner Monsanto en première instance au TGI de Lyon, lundi 13 février.

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

  • Hormones de croissance : scandale chez Fox News

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

 

 

  • OGM : des procès en pagaille

Un champ de colza génétiquement modifié.

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé"frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoirreplantées.

Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

  • Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?

L'aspartame est présent dans de nombreux aliments et médicaments.

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie".

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiperla réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommeren déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité""Dialogue","Transparence""Partage""Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

 

 

30/11/2013

Des nouvelles du gaz de schiste en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/29/les-contre-verites-du-rapport-parlementaire-sur-le-gaz-de-schiste_3521604_3244.html

Les contre-vérités du rapport parlementaire sur le gaz de schiste

Le Monde.fr | 29.11.2013 à 17h16 • Mis à jour le 29.11.2013 à 18h56 |Par Marie-Béatrice Baudet et Audrey Garric

Pour la remise, le 27 novembre, du rapport final de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, les deux rapporteurs Christian Bataille – député PS du Nord – et Jean-Claude Lenoir – sénateur UMP de l'Orne – avaient soigné la mise en scène. Les députés ont dû aller consulter le volume de 254 pages – un exemplaire écrit non photocopiable – dans une salle ad hoc. Quant à la presse, rien avant la conférence de presse de 11 heures. Aucun document remis sous embargo. 

Pourquoi avoir entretenu un tel « suspens » alors que MM. Bataille et Lenoir avaient déjà largement donné le « la » de leurs travaux six mois plus tôt lors de la publication de leur rapport d'étape ? Comme la copie finale, ce dernier appellait dès juin au lancement de forages expérimentaux afin de lancer une exploitation « maîtrisée » du gaz de schiste en France.

« TORQUEMADA DE L'OBSCURANTISME »

En réalité, depuis les déclarations de François Hollande, le 14 juillet, M. Bataille, pro-OGM et pro-gaz de schiste, ne décolère pas. Le chef de l'Etat avait en effet réaffirmé clairement, lors de la fête nationale, qu'il n'y aurait ni « exploration, ni exploitation du gaz de schiste en France » sous sa présidence. Le lendemain, le député PS, avait expliqué « tomber de l'armoire »  après avoir entendu que « François Hollande s'engouffrait dans un discours environnementaliste anti-industriel ». Samedi 3 août, dans un entretien au Figaro, M. Bataille estimait « qu'il fallait remettre les écologistes à leur place », afin que « le cercle de la raison reprenne l'ascendant sur les Torquemada de l'obscurantisme ».

Le rapport final de MM. Bataille et Lenoir, comme leur document d'étape, suscite la polémique. Et pas seulement parce que les deux auteurs préfèrent largement le terme de « stimulation » à celui de « fracturation ». Les deux parlementaires écologistes membres de l'Opecst, Denis Baupin et Corinne Bouchoux, parlent d'un rapport « partial et partiel ». Quant à Jean-Paul Chanteguet, président (PS) de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, il estime que « la majeure partie du travail réalisé est curieusement hors sujet puisqu'elle concerne la fracturation hydraulique, illégale en France ». Et que la conviction des deux rapporteurs sur la maîtrise technologique de la fracturation hydraulique « relève de l'acte de foi et non de la moindre preuve scientifique ». Décryptage des principaux arguments du rapport.

  • « Une technique ancienne en France »

« La technique de la fracturation hydraulique a été utilisée de façon répétée en France au cours des dernières décennies, sans qu'aucun dommage n'ait été signalé. Elle aurait été utilisée à au moins 45 reprises », avance le rapport. Et de citer notamment quatorze opérations de fracturation réalisées sur le gisement pétrolier de Chaunoy (Seine-et-Marne) par la société Esso REP entre 1986 et 1987, ainsi que quinze autres, sur la même formation, par la société Vermilion, entre 2002 et 2010. 

En réalité, sur les 45 fracturations, quarante-trois concernent du pétrole conventionnel. Or, contrairement aux huiles de schiste dispersées dans des roches-mères ultracompactes, le pétrole « classique » s'accumule dans des réservoirs au sein de formations géologiques plus perméables et poreuses. Le forage d'un puits vertical suffit alors à le faire remonter à la surface. Les hydrocarbures non conventionnels, au contraire, nécessitent, le long d'un forage souvent horizontal, de nombreuses opérations de fracturation de la roche, en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques sous pression – ce que l'on appelle la fracturation hydraulique.

Lire notre décryptage : Gaz de schiste : des fracturations hydrauliques ont-elles eu lieu en France ?

Cette technique peut néanmoins être également utilisée dans le cas des gisements conventionnels. « La roche peut s'endommager après un forage ou avec le temps. Un "effet de peau" peut se créer qui empêche ou rend plus difficile la connexion entre le puits et le réservoir. Pour reconnecter les deux, on peut alors recourir à la fracturation hydraulique », explique François Kalaydjian, directeur adjoint ressources à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN). La technique, désignée sous le nom de « stimulation hydraulique », consiste aussi à envoyer de l'eau, du sable et des produits chimiques sous pression, « mais à des quantités très inférieures à celles utilisées pour récupérer des hydrocarbures non conventionnels ». Surtout, la technique s'emploie de manière très locale, alors qu'il faut fracturer entre quinze et vingt fois le long d'un drain horizontal dans le cas des schistes.

Le groupe pétrolier canadien Vermilion a ainsi procédé essentiellement à des « stimulations hydrauliques ». « Nous en avons réalisé quinze entre 2002 et 2010 pour accroître le taux de production de nos puits de pétrole conventionnel », déclare Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques Vermilion Europe. Deux opérations supplémentaires, menées en juin 2010, ont en revanche bien porté sur un gisement de pétrole de schiste sur le site de Champotran (Seine-et-Marne). Mais elles relèvent davantage de l'expérimentation : deux puits verticaux existants ont été utilisés, et non des forages horizontaux comme aux Etats-Unis. Seul le deuxième a permis de produire du pétrole non conventionnel... à raison d'un baril par jour. C'est aujourd'hui le seul en France. L'expérience hexagonale en la matière ne coule donc pas de source.

  • « Une technique qui évolue pour mieux protéger l'environnement »

« La fracturation hydraulique a fait d'important progrès et c'est une technologie, certes industrielle et comportant des risques, mais maîtrisée », assure le rapport. Première de ces avancées, selon les deux rapporteurs : « Les industriels tendent à réduire le nombre, la quantité et la toxicité des additifs. » « Les produits indispensables au procédé de fracturation sont tous non toxiques, précise le rapport. Les autres produits – biocides, surfactant, acides, inhibiteurs de corrosion et de dépôt – ne sont pas indispensables. Ils permettent toutefois de préserver les équipements et d'optimiser la fracturation. »

De fait, si certains industriels tels qu'Halliburton se targuent d'avoir limité ces additifs chimiques au profit de substituts non toxiques – agréés par l'agroalimentaire –, la tendance reste pour l'instant marginale. « L'évolution n'est pas spectaculaire, reconnaît Roland Vially, géologue à l'Ifpen. Ce sont des produits plus chers. Il n'est donc pas évident que l'ensemble des opérateurs les choisissent, à moins d'encadrer les fluides de fracturation par une législation plus stricte. » « Il est impossible de généraliser car il y a autant de fracturations hydrauliques que de compagnies, confirme un industriel européen. Les compagnies américaines continuent d'utiliser les additifs les plus efficaces. »

Malgré l'ouverture d'un site Internet d'information sur le sujet, FracFocus, il reste difficile de connaître aujourd'hui la composition des fluides de fracturation. En 2010, un rapport rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine annonçait que l'exploitation du gaz de schiste avait nécessité, entre 2005 et 2009, l'utilisation de plus de 2 500 produits pour la fracturation hydraulique, contenant 750 substances chimiques, dont 29 sont connues ou suspectées pour être cancérigènes, ou présentant des risques pour la santé et l'environnement.

« Au-delà des additifs chimiques, le rapport occulte les polluants qui remontent à la surface avec le gaz, en provenance des couches géologiques, et que l'on ne maîtrise pas : des hydrocarbures comme du benzène ou toluène, et même des traces de radioactivité », dénonce François Veillerette, président de l'ONG Générations futures.

Autre conséquence pour l'environnement : les quantités d'eau utilisées. Le forage d'un puits requiert ainsi 10 000 à 20 000 m3 d'eau. « Les progrès techniques réalisés permettent d'optimiser le placement des fracturations et ainsi de minimiser la quantité d'eau nécessaire », assure le rapport. « Il y a des baisses sur certains forages, de l'ordre de 10 % à 20 %. Mais pour le moment, les volumes d'eau utilisés restent importants », juge Roland Vially.

Enfin, concernant la pollution des nappes phréatiques, régulièrement pointée par les opposants au gaz de schiste, elle n'est pas due à la fracturation hydraulique, assure le rapport, mais « à des défauts de cimentation des puits ou des déversements en surface ». S'il n'est effectivement pas possible, en l'état des connaissances scientifiques, d'incriminer la technique de fracturation hydraulique elle-même, reste que l'exploitation du gaz de schiste pollue bel et bien les eaux souterraines depuis des années. En juin, une étude publiée par le biologiste Robert Jackson dans la revue de l'Académie des sciences américaine mettait ainsi en évidence de fortes teneurs en méthane des eaux souterraines prélevées autour des puits de gaz non conventionnel dans le nord-est de la Pennsylvanie.

Lire : En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de schiste

  • « Des fuites de méthane plus faibles qu'il n'était craint »

« Les éventuelles fuites de méthane associées à la production d'hydrocarbures non conventionnels représentent un enjeu environnemental essentiel : compte tenu de l'importance de l'impact du méthane en tant que gaz à effet de serre, des chercheurs ont calculé qu'une fuite de 3,2 % anéantirait les effets bénéfiques de la réduction de la consommation de charbon vis-à-vis des émissions de gaz carbonique », indique le rapport.

Les défenseurs du gaz de schiste mettent en effet en avant ses « vertus climatiques » : à énergie produite équivalente, ce gaz émet trois à quatre fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon, la source d'énergie qu'il tend à remplacer outre-Atlantique. Problème : cet hydrocarbure non conventionnel émet par contre beaucoup plus de méthane (CH4), un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est trente-quatre fois supérieur à celui du CO2.

Pour minimiser cet impact, le rapport de l'Opecst cite une étude de l'université d'Austin (Texas), publiée en septembre, qui « conclut que les fuites au stade de la production de gaz non conventionnel sont de 0,42 %, soit un taux nettement inférieur aux estimations précédentes ». Sans préciser que ces travaux ont fait l'objet de critiques : ses auteurs ont notamment été accusés d'avoir choisi des sites non représentatifs de l'ensemble des bassins de production et d'avoir occulté les puits anciens ou abandonnés, également émetteurs de CH4.

Lire : Bataille d'études sur les vertus climatiques du gaz de schiste

Surtout, la majorité des travaux menés sur le sujet soulignent des taux de fuite de méthane bien supérieurs. En août, des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration ont ainsi conclu que 6,2 % à 11,7 % du gaz naturel produit finit dans l'atmosphère, après une campagne de mesures aériennes dans l'Utah. Dernière étude en date : des mesures publiées, le 25 novembre, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montrent que les Etats-Unis produisent 50 % à 70 % plus de méthane qu'estimé par l'Agence de protection de l'environnement américaine. Et la plus grande part de cet écart provient des activités pétrolières et gazières.

Lire : Les émissions américaines de méthane sont sous-estimées

  • « Des alternatives possibles à la fracturation hydraulique utilisées à une échelle industrielle »

Les rapporteurs et les industriels l'admettent : la fracturation hydraulique reste la technique la plus efficace et la plus couramment utilisée dans le monde. Les auteurs du rapport mentionnent néanmoins plusieurs alternatives. Notamment la fracturation par arc électrique, dont ils reconnaissent qu'elle est toujours au stade de la recherche et développement. Et qu'elle n'est donc pas, « pour le moment », une piste viable. Certains industriels se montrent plus radicaux, expliquant qu'elle ne le sera jamais.

MM. Bataille et Lenoir préfèrent mettre en avant « une technique opérationnelle et prometteuse : la stimulation au propane », dont le principal avantage est « évidemment de ne pas faire usage d'eau ». Une opération pouvant être de surcroît, selon eux, « réalisée avec moins d'additifs, voire aucun additif ». Même s'ils reconnaissent que le principal inconvénient de cette technologie est qu'elle « implique des quantités importantes (plusieurs centaines de tonnes) de propane inflammable », ils soulignent qu'elle est d'« un usage ancien » et que « la société canadienne Gasfrac a réalisé, de 2008 à 2013, près de 1 900 opérations de ce type en Amérique du Nord, principalement au Canada ». Si ces opérations ont bien eu lieu, le rapport oublie de mentionner qu'elles ont majoritairement concerné (85 %, selon un industriel du secteur) des réservoirs de tight gas – soit des hydrocarbures non conventionnels de réservoirs compacts –, et non du gaz de schiste.

Enfin, si des compagnies comme Ecorpstim – l'une des premières à s'être félicitée des conclusions du rapport de l'Opecst – expliquent développer un propane non inflammable, ce dernier n'a jamais encore été utilisé dans le cadre de la fracturation d'une roche-mère.

Marie-Béatrice Baudet 

Journaliste au Monde

Audrey Garric 

Journaliste au Monde

voir :

Gaz de schiste : un rapport parlementaire controversé relance le débat

Gaz de schiste : la fête est finie

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/28/gaz-de-schiste-la-fete-est-finie_3521598_3244.html

Gaz de schiste _ la fête est finie.pdf

09/11/2013

Automobile : quels pneus pour l'après pétrole ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/08/michelin-veut-mettre-des-cereales-dans-ses-pneus_3510544_3234.html

Michelin veut mettre des céréales dans ses pneus

Le Monde | 08.11.2013 à 15h18 |Denis Cosnard

Des pneus fabriqués à partir de betterave, de paille ou de branches d'arbre ? C'est la piste inattendue qu'explore actuellement Michelin afin de faire face à une possible pénurie de produits pétroliers.

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Le groupe français, deuxième fabricant mondial de pneus, devait annoncer, vendredi 8 novembre, le lancement d'un important programme de recherche sur le sujet, qui devrait aller jusqu'à la construction d'une usine pilote. Baptisé BioButterfly, il sera mené en association avec l'organisme public de recherche IFP Energies nouvelles et sa filiale Axens.

Le projet a été sélectionné par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, et bénéficiera d'une subvention de 14,7 millions d'euros dans le cadre des « investissements d'avenir ». Le budget total devrait atteindre 52 millions d'euros sur huit ans.

Pour Michelin, l'enjeu est majeur. Aujourd'hui, les pneus sont fabriqués à partir d'un mélange de caoutchouc naturel issu de l'hévéa et de caoutchouc synthétique. Or le butadiène, un dérivé du pétrole qui constitue le principal composant du caoutchouc synthétique, risque de manquer à terme. Vincent Ferreiro, l'un des dirigeants du groupe, le dit sans ambages : « Nous anticipons une pénurie de butadiène à l'horizon 2020. »

Une menace liée à l'essor du gaz de schiste à travers le monde. Il a fait chuter les prix du gaz et a incité les chimistes à préférer cette matière première au détriment du pétrole. Ce qui risque d'entraîner une moindre production de butadiène, alors que la demande, elle, devrait grimper de 4 % par an.

TENSIONS À PRÉVOIR

En 2011 et 2012, de premières tensions sur le butadiène ont fait doubler les cours de ce produit, et ont donné des frayeurs aux fabricants de pneus. Depuis, les prix sont retombés, du fait du ralentissement économique chinois. « Mais ces tensions vont revenir, et on ne peut pas se permettre de rester les bras ballants », dit M. Ferreiro. D'où le lancement d'un programme destiné à trouver une alternative durable au butadiène.

Le schéma envisagé consiste à partir de produits végétaux souvent considérés comme des déchets. Cette biomasse serait transformée en alcool par fermentation, pour aboutir à du « biobutadiène ». « Encore faut-il que le procédé soit validé techniquement, et compétitif », précise Jean-Pierre Burzynski, d'IFP Energies nouvelles. Ce sera l'objet des tests menés dans le cadre de BioButterfly.

Confrontés au même risque, les grands rivaux de Michelin comme Bridgestone et des chimistes tels qu'Eni et TPC travaillent eux aussi sur de possibles substituts au butadiène. Une sorte de course entre industriels que Bibendum aimerait bien gagner.

20/08/2013

L'impact des pesticides dans la nature

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f8041350-05ce-11e3-b089-099769b8893a/Les_pesticides_un_défi_pour_la_science#.UhNNAUbENXI

Les pesticides, un défi pour la science 

Chaque année, entre 1 et 2,5 millions de tonnes de produits seraient déversées dans l’environnement. Il est très difficile d’évaluer leur impact global .

 

pesticides, un défi pour la science.pdf

 

L'impact des pesticides dans la nature

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f8041350-05ce-11e3-b089-099769b8893a/Les_pesticides_un_défi_pour_la_science#.UhNNAUbENXI

Les pesticides, un défi pour la science 

ENVIRONNEMENT 

Vendredi 16 août 2013

Denis Delbecq

Chaque année, entre 1 et 2,5 millions de tonnes de produits seraient déversées dans l’environnement. Il est très difficile d’évaluer leur impact global

Au printemps dernier, après des années de bagarre entre industriels et écologistes, l’Union européenne (UE) a suspendu, pour deux ans, trois insecticides dérivés de la nicotine. Ils sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans l’effondrement des populations d’abeilles. Une décision qui a conduit la revue Science à consacrer un long dossier, publié aujourd’hui, aux défis scientifiques posés par les pesticides, notamment en ce qui concerne leur suivi dans l’environnement.

Pour protéger les récoltes ou lutter contre des fléaux sanitaires, l’homme dispose de centaines de molécules capables d’éradiquer les insectes (insecticides), la végétation (herbicides) et les champignons (fongicides). Un catalogue enrichi d’année en année pour accompagner la croissance démographique: la production alimentaire mondiale a presque doublé en cinquante ans, tandis que les surfaces cultivables ne se sont accrues que de 10%. Chaque année, entre 1 et 2,5 millions de tonnes de pesticides seraient ainsi déversées dans l’environnement, une quantité appelée à croître. De quoi susciter un effort scientifique croissant, constate Heinz Köhler, écotoxicologue à l’Université de Tübingen (Allemagne), qui cosigne un article dans Science.

Pour l’occasion, le chercheur a passé en revue l’ensemble des études sur les pesticides publiées depuis 1985 et observe, depuis 1990, une croissance exponentielle du nombre de celles consacrées à leurs effets. «C’est la conséquence d’un durcissement du cadre réglementaire imposé aux industriels en Europe et aux Etats-Unis à partir de 1993», justifie Heinz Köhler.

Déterminer l’impact d’un pesticide sur un écosystème est une tâche ardue. A l’échelle d’un individu, un insecte ou un poisson par exemple, le mode d’action d’une substance est souvent connu. «Dans la nature, les conséquences sont difficilement prévisibles, prévient Heinz Köhler. Chaque substance interagit avec de multiples facteurs – d’autres substances chimiques, des virus, des paramètres climatiques, etc.» Une interaction dont les effets sont démultipliés. «Des travaux danois publiés en 2010 constatent que 80% des études sur le sujet observent un impact total plus élevé que la somme des effets de chaque facteur.»

C’est par exemple le cas pour l’huître, dont la sensibilité à certains parasites est accrue en présence de traces de DDT, un insecticide interdit dans les pays occidentaux depuis les années 1970 mais toujours utilisé dans les pays en voie de développement pour lutter contre les moustiques vecteurs de maladie.

Les travaux de laboratoire et les modèles sont encore peu représentatifs de la réalité environnementale concernant l’influence des pesticides. «On sait par exemple modéliser l’impact d’un mélange de deux ou trois substances. Mais dans un champ, il y en a bien plus que cela.» Pour progresser, les chercheurs recréent des écosystèmes à échelle réduite dont l’environnement est contrôlé, des mésocosmes. «Cela coûte très cher, il y a donc peu d’études de ce genre.» Sur le terrain, en conditions réelles, les recherches sont encore plus rares. «Nous avons une étude en cours sur une durée de huit ans: quatre pour étudier le site avant utilisation de pesticides, puis quatre pour mesurer les conséquences. C’est une durée minimale car les produits restent parfois longtemps dans l’environnement.»

Cette persistance se mesure parfois en décennies. Près de quarante ans après son interdiction, on trouve toujours du DDT dans l’environnement des pays développés. De même, l’atrazine reste un problème majeur de pollution des eaux; cet herbicide a pourtant été interdit en 2003 dans l’UE, et en 2007 en Suisse (son utilisation n’y a totalement cessé qu’en 2011, une fois les stocks écoulés). «La persistance de certains produits est mal comprise», explique Kathrin Fenner, de l’institut de recherches sur l’eau Eawag, à Dübendorf, qui cosigne dans Science un article sur la dégradation des pesticides. «On trouve, dans les eaux souterraines et les sols, des concentrations résiduelles de l’ordre du milliardième de gramme par litre (ng/l) alors que les micro-organismes présents auraient dû les éliminer.» Une persistance relativement fréquente, selon la scientifique. «Dans les nappes phréatiques de pays industrialisés, on relève entre 10 et 20 substances présentes à plus de 100 ng/l, dont la moitié ne sont plus utilisées.»

De nombreux mécanismes sont impliqués dans la dégradation des molécules. «Il y a des mécanismes biologiques, qui passent par l’intermédiaire de micro-organismes ou de plantes, et des mécanismes chimiques», explique Kathrin Fenner. Des interactions qui s’étudient en éprouvette ou à l’aide de mésocosmes, mais qui sont là aussi difficilement extrapolables à l’environnement. Pourtant, les progrès dans le suivi sur le terrain sont importants: «Grâce à la spectrométrie de masse à haute résolution, méthode que nous utilisons depuis huit ans, nous pouvons en théorie connaître la totalité des substances présentes dans un prélèvement. Auparavant, nous étions limités à une cinquantaine de molécules.» De même, les chercheurs développent des techniques isotopiques, qui mesurent la proportion de différentes formes du carbone ou de l’azote pour suivre la dégradation des produits.

Ces progrès techniques permettent d’observer un nombre grandissant de pesticides, mais aussi de leurs produits de dégradation. «Certains n’ont pas d’effet direct sur l’environnement, précise Kathrin Fenner. Mais on s’est par exemple aperçu qu’une molécule inoffensive issue de la dégradation d’un fongicide se transforme en substance cancérigène par un traitement de l’eau à l’ozone.»

Depuis l’interdiction des substances les plus dangereuses, les industriels tentent de mettre au point des molécules plus efficaces et plus ciblées. «C’est un vrai défi car il y a, par exemple, très peu de différence biologique entre un papillon néfaste et un papillon inoffensif pour les cultures», prévient Heinz Köhler. D’autres espèces sont aussi touchées, comme les abeilles avec des néonicotinoïdes dont l’effet sur les individus est connu, mais dont le rôle dans le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles n’est pas clairement établi.

«Les preuves d’un impact des pesticides sur l’environnement sont de plus en plus nombreuses, et pourtant on imagine mal pouvoir s’en passer, affirme Kathrin Fenner. C’est à la société de fixer les limites et les règles.»

03/07/2013

Les variétés paysannes en voie de disparition en raison du lobbying des semenciers

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/30/les-varietes-paysannes-de-ble-en-voie-de-disparition_3436092_3244.html

Les variétés paysannes de blé en voie de disparition

Le Monde.fr | 30.06.2013 à 21h06 • Mis à jour le 02.07.2013 à 14h40 |Par Angela Bolis

"Qu'est-ce que ça veut dire, une variété, quand on réfléchit au mot ?", interroge Jean-François Berthellot, les pieds enfoncés dans la terre collante de ses champs de blé. Dans sa ferme du Roc, dans le Lot-et-Garonne, l'agriculteur, membre du réseau Semences paysannes, en manie une conception quelque peu tombée en désuétude, mais qui a le mérite de donner un sens à l'adjectif "varié" qui s'y cache.

Il en est ainsi de sa Japhabelle, dont il est particulièrement fier. Une variété paysanne – qu'il nomme aussi "population" – haute, robuste, qui mêle des épis plus ou moins barbus, plus ou moins épais, et dont le vert tendre tire, selon les plants, sur le blond, le roux ou le noir bleuté. Elle associe en fait vingt familles de blés différents.

Entre sa banque de graines et ses champs, Jean-François Berthellot a amassé quelque 200 variétés de blé – en plus de ses autres cultures de légumineuses et de céréales. Une collection qu'il tient à conserver de manière vivante aussi, dans une mosaïque de petites parcelles cultivées, pour que les plantes puissentcontinuer à évoluer et s'adapter à leur environnement. Il y pousse des blés d'Andalousie ou des montagnes de Turquie, de l'amidonnier, ancêtre du blé dur, et même, dans un coin, un nouveau graminé en phase de domestication. 

Lire aussi le reportage sur la réserve mondiale de semences de Spitzberg (Norvège) : "Graines en stock"

Partant de quelques graines – collectées au gré des échanges avec d'autres agriculteurs ou dans les banques de semences d'Europe et d'ailleurs –, le paysan les sème, puis sélectionne les meilleurs plants, les multiplie d'année en année, et observe, pendant cinq ou six ans : leur croissance, leur résistance aux maladies, aux parasites, au climat, leur capacité à ne pas ployer sous les pluies d'orage, leur brillance et les nuances colorées de leurs épis mûrs, qui le renseignent sur la qualité de leur gluten.

UNE VARIÉTÉ VARIÉE, MAIS NON RECONNUE

La diversité génétique de ces variétés leur permet de mieux résister aux maladies – qui contamineront moins facilement l'ensemble de la parcelle, sans ajout de pesticides –, et de s'adapter mieux aux variations des sols et des climats.

Mais la différence, avec une monoculture ou une variété homogène, se fait aussiressentir dans le produit fini du blé. Le pain par exemple. Le paysan peut enattester : il est aussi meunier et boulanger et a, de fait, la main sur toute la chaîne de production, "du grain au pain". Ce qui lui permet de tester directement les résultats de sa récolte, selon ses propres critères de sélection : "une palette gustative plus colorée, des produits moins uniformisés, de meilleures qualités nutritionnelles, et un gluten plus digestif – avec toutes ces allergies et ces intolérances au gluten causées par la sélection ultrapoussée des blés nains utilisés en agriculture intensive", explique-t-il. 

Juridiquement toutefois, la Japhabelle, comme chacune des 90 "variétés-populations" que Jean-François Berthellot a créées, n'est pas reconnue comme une variété. Ce type d'obtention paysanne, devenue rarissime en France, n'entre en fait dans aucune règlementation sur le commerce des semences, dans aucun catalogue officiel.

ÉROSION DE LA BIODIVERSITÉ CULTIVÉE

"Pour moi, il y a un raté historique, estime l'agriculteur. Pendant des milliers d'années, les cultivateurs ont fait de la création variétale. Et au début du XXesiècle, ces savoirs et ces méthodes ont été accaparés par l'industrie semencière, qui n'ont pas les mêmes critères de sélection que nous : la productivité, la conservation dans les circuits longs de la grande distribution... Aujourd'hui encore, on fait tout pour déposséder le paysan de ce travail d'obtention de variétés."   

La filière semencière française est aujourd'hui la troisième plus importante au monde, et, selon l'interprofession (le GNIS), 72 sélectionneurs créent chaque année "plus de 600 nouvelles variétés qui viennent renouveler les 6 000 variétés de toutes les espèces proposées aux agriculteurs dans le catalogue français". En parallèle toutefois, la FAO (branche de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) estime que trois quarts de la biodiversité cultivée s'est perdue au XXe siècle.

Dans le cas du blé tendre, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité note une "homogénéisation génétique très importante sur le territoire français""surtout due à la baisse de la diversité génétique à l'intérieur des variétés cultivées" : les "variétés de pays", plus locales et hétérogènes, ont peu à peu été remplacées par des "lignées pures modernes", qui deviennent, à partir de 1964, "le seul type de variétés cultivées et autorisées à la commercialisation".

C'est à cette époque que les plantes ne correspondant pas aux critères qui définissent désormais toute nouvelle variété sont exclues du catalogue officiel – catalogue déterminant l'autorisation de leur commercialisation. Toute variété légalese définit alors par : sa distinction (différente des variétés existantes), son homogénéité (plantes identiques les unes aux autres), et sa stabilité (elles conservent les mêmes caractéristiques d'une génération à l'autre). L'objectif étant de protéger les obtenteurs de ces variétés grâce à un titre de propriété intellectuelle, et de garantir au consommateur des variétés pures et bien identifiées.

UNE RÉFORME EUROPÉENNE AMBIGUË

Si ces règles commerciales ne s'appliquent pas à quelques variétés dites "de niche", dont la vente est limitée aux amateurs et en quantité, elles excluent en tout cas les variétés paysannes comme la Japhabelle. "Sur le terrain, on ne cultive pas un truc conceptuel, qui correspond aux critères de l'industrie, on cultive une variété qui évolue, qui est composée d'individus différents...", explique Jean-François Berthellot.

Toutefois, une vaste réforme européenne du marché des semences en cours paraît entrouvrir une porte, en créant un nouveau catalogue destiné aux variétés hétérogènes. En pratique cependant, des contraintes règlementaires – comme l'obligation de définir les parents qui ont engendré une nouvelle variété – leur barreraient la route, selon le réseau Semences paysannes. En revanche, il ouvrirait la voie aux variétés OGM, qui ne sont pas assez stables génétiquement pour entrer dans le catalogue officiel. 

Lire le décryptage : (voir plus bas : (*))

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"

Ce vaste paquet législatif européen prévoit aussi un contrôle accru des agriculteurs qui travaillent avec leurs propres graines : d'une part en imposant des "auto-contrôles" sur ces semences qui, "pour les petites exploitations comme nous, vont être insurmontables financièrement", et d'autre part en enregistrant sur un fichier tous ces agriculteurs-semenciers. "Un fichage inadmissible", selon le paysan.

Angela Bolis

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Mobilisation contre le contrôle de maraîchers sur un marché en Ariège  

Début juin, des paysans se sont rassemblés devant le siège régional de la DGCCRF (répression des fraudes) à Toulouse, munis de pancartes "légumes clandestins", pour manifester leur inquiétude et lancer une action de désobéissance civique, à la suite du contrôle de petits maraîchers dans l'Ariège. Ceux-ci vendaient, sur le marché de Lavelanet, des plants de légumes (tomates, poivrons, courgettes, aubergines...) – une"activité saisonnière annexe" jusqu'ici tolérée, expliquent la Confédération paysanne et le réseau Semences paysannes. Les agents, salariés par le GNIS (interprofession des semenciers) pour le compte de la DGCCRF, leur ont signifié l'obligation de détenir une carte du GNIS et l'interdiction de vendre des plants de variétés non-inscrites au catalogue officiel, sous peine d'une amende de 450 euros.

 

Lors de cette journée de mobilisation, la répression des fraudes a expliqué à une délégation d'agriculteurs qu'un "plan annuel de contrôles" avait en effet été décidé au siège central de la répression des fraudes, dans un but "pédagogique", rapportent les associations paysannes. Considérant "qu'il s'agit là d'un abus s'inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de (...) toutes les activités qui échappent au contrôle des multinationales de la semence", elles ont notamment exprimé leur refus d'adhérer de manière obligatoire au GNIS – qui"s'oppose à [nos] droits élémentaires de reproduire, d'échanger et de vendre les semences et les plants issus de [nos] propres récoltes" –, et revendiqué le droit de vendre et cultiver "toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue"Des élus EELV ont aussi réagi à ce contrôle, dénonçant "une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle".

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/17/des-etats-unis-a-l-europe-a-qui-appartiennent-les-plantes-cultivees_3235181_3244.html

 

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"


Le Monde.fr | 17.05.2013 à 16h41 • Mis à jour le 20.05.2013 à 17h10 |Par Angela Bolis

 

Lundi 13 mai, Monsanto remportait son procès contre Vernon Hugh Bowman, un agriculteur américain de 75 ans. L'homme avait acheté, en plus de ses semences de soja transgénique à Monsanto, d'autres graines en mélange à un producteur local, pour effectuer une récolte complémentaire à moindre coût. Cette récolte, il en a gardé une partie pour la resemer l'année suivante. Or, dans un Etat où 95 % du soja cultivé est transgénique, la plupart de ces graines détenaient le caractère du Roundup Ready, breveté par Monsanto, qui permet à la plante de résister à l'herbicide Roundup vendu par la même firme. Pour les avoir semées sans payerMonsanto, le fermier a été condamné à verser à la firme 85 000 dollars.

Lire (en édition abonnés) :  OGM : Monsanto gagne face aux petits agriculteurs

OGM _ Monsanto gagne face aux petits agriculteurs.pdf

Si l'affaire est devenue emblématique des conflits entre firmes et agriculteurs sur la question des brevets, elle est loin d'être exceptionnelle : Monsanto est passé maître dans l'art de contrôler, via sa "police des graines", les champs des cultivateurs américains, et il n'en est pas à sa première bataille judiciaire (lirel'encadré ci-dessous). Fin 2012, le groupe avait déjà empoché 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts dans le cadre de procèspour violation de brevets. Mais cette fois, c'est la firme elle-même qui a voulu l'ériger en symbole de la protection de sa propriété intellectuelle – avec un site Web spécifique à l'appui, et le soutien d'acteurs de poids comme l'Alliance de producteurs de logiciels (AppleMicrosoft...), des universités, ou encore le département de la justice américain.

Lire : La guérilla judiciaire des géants des semences contre les fermiers américains

  • AUX ÉTATS-UNIS, LE BREVET

Dans cette affaire de Monsanto contre M. Bowman, la Cour a justifié sa décision en expliquant qu'il est interdit de copier un produit breveté (soit, en l'occurrence, resemer les graines récoltées), sans quoi "un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente", ce qui "résulterait en une baisse de l'incitation à l'innovation". Cette position de la justice américaine est fidèle au principe du brevetage des plantes, adopté aux Etats-Unis dès 1930. Ces brevets ne s'appliquent pas seulement aux OGM, mais ont connu un boom avec le développement des biotechnologies – dans un pays où 93 % du soja cultivé, 88 % du coton et 86 % du maïs sont génétiquement modifiés (en 2010), d'après le Center for food safety (PDF).   

Le brevet, "directement inspiré du droit industriel, ne prend pas en compte la spécificité du vivant"explique l'interprofession française des semenciers, le GNIS. Il interdit à quiconque d'utiliser la variété protégée à titre expérimental ou pour la recherche, mais aussi, et surtout, pour faire des semences de ferme : traditionnellement, les agriculteurs sélectionnent et resèment ainsi leurs propres graines issues de leur récolte, ce qui leur permet de réduire leurs coûts et degagner en autonomie, mais aussi de favoriser l'adaptation des plantes aux conditions locales. Le système du brevet les oblige donc à racheter chaque année leurs graines aux semenciers – au premier rang desquels Monsanto, dont la technologie Roundup Ready est par exemple présente dans 94 % des variétés de soja OGM et 70 % du maïs OGM.

Lire aussi : Le 'Monsanto act' met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis

  • EN EUROPE, LE CERTIFICAT D'OBTENTION VÉGÉTALE...

En Europe, les variétés végétales ne sont pas brevetables. C'est le Certificat d'obtention végétale (COV) qui, depuis 1961, tient lieu de droit de propriété intellectuelle en agriculture. A l'inverse du brevet, ce dernier permet d'utiliser la variété à des fins de recherche et d'expérimentation, mais aussi en semences de ferme, à condition que l'agriculteur paie une redevance au propriétaire du COV. Cette dernière règle a été introduite en France par la loi de novembre 2011, qui a mis fin à un flou juridique en autorisant les semences de ferme – taxées –, pour 21 variétés de cultures agricoles (céréales, fourrages, pomme de terre...) uniquement.

Lire : Pour les agriculteurs, ressemer sa propre récolte sera interdit ou taxé

Pour obtenir un COV, la variété doit être homologuée selon certains critères : la distinction, à savoir son originalité par rapport aux variétés existantes, l'homogénéité entre ses différents individus, et la stabilité de ses caractéristiques après reproduction. En dehors de ces critères standardisés, point d'inscription au catalogue officiel ni, jusqu'à présent, d'autorisation de commercialisation. Au final, ces variétés protégées par COV correspondent à 99 % des plantes cultivées en France, selon Delphine Guey, du GNIS.

  • ... MAIS DE PLUS EN PLUS DE BREVETS SUR LES GÈNES

Aux côtés du COV existe aussi, en Europe, le brevet sur les végétaux. Non pas pour la variété entière, mais uniquement pour un de ses gènes – qu'il soit obtenu par sélection et croisement classiques, ou par introduction, par transgenèse, dans les cellules de la plante. Du coup, c'est ce caractère génétique que le propriétaire du brevet détient exclusivement – même s'il se retrouve, par propagation, dans les plantes du champ voisin.

En France, on ne trouve pas encore de végétaux brevetés dans le commerce. Mais les brevets accordés sur les fruits et légumes se multiplient en Europe. Récemment, le groupe d'agrochimie Syngenta a par exemple reçu un brevet sur son melon baptisé EP1587933, issu d'un croisement avec un melon indien, pour le caractère doux et amer de son goût. Du coup, la firme revendique la propriété sur tous les melons qui détiennent cette teneur, précisément mesurée, en acidité et en sucre, explique l'ONG "No patent on seeds". Grâce à ces brevets, "Monsanto et Syngenta détiennent ensemble déjà plus de 50 % des semences de variétés de tomates, poivrons et choux-fleurs enregistrées dans l'UE"alarme ainsi l'ONG Swissaid (PDF), qui s'inquiète de la concentration accrue de ce marché agroalimentaire. 

Autre inquiétude des agriculteurs : le brevet est beaucoup plus facilement détectable que le COV. Dans le premier cas, il suffit d'un test pour identifier le gène protégé. Dans le second, puisque les plantes resemées par l'agriculteur ne sont pas des clones et varient toujours de la récolte précédente, difficile pour le détenteur du COV de prouver qu'il s'agit de sa variété. Le brevet renforce donc le contrôle sur les semences de ferme, estime Guy Kastler, du réseau Semences paysannes.

  • RÉFORME DES SEMENCES : UNE OUVERTURE ACCRUE AUX BREVETS ?

L'Union européenne prépare actuellement une réforme majeure du marché des semences – qui doit entrer en vigueur à l'horizon 2016 après approbation, par le Parlement et le Conseil européen, des propositions de la Commission. Elle ambitionne de protéger la diversité et la productivité agricole en Europe, et defaciliter la commercialisation des variétés industrielles. Mais derrière ce but affiché, elle "place toutes les semences sous le contrôle direct des titres de propriété de l'industrie, certificats d'obtention végétale et brevets"dénonce le réseau Semences paysannes, faisant écho à l'opinion d'écologistes et défenseurs du droit des paysans.

Lire (en édition abonnés) :  Bruxelles renforce la mainmise des grands groupes sur la commercialisation des semences agricoles

Parmi les nombreuses implications de ce paquet législatif, certaines concernent donc la propriété sur les semences. Il en est ainsi du catalogue officiel, qui recense les quelque 30 000 variétés autorisées en Europe, et qui sera désormais géré par l'Office communautaire qui délivre les titres de propriété sur les variétés, financé par les entreprises-mêmes qui détiennent les COV. Autre mesure : les agriculteurs qui produisent des semences – dont des semences de ferme – seront enregistrés sur un fichier, qui pourra faciliter les contrôles s'ils utilisent des semences échangées entre eux (ce qui est interdit), ou sous protection d'un COV.    

Surtout, cette réforme ouvre au marché européen les semences hétérogènes, jusqu'ici interdites car elles ne correspondent pas aux critères d'homogénéité nécessaires à leur inscription au catalogue. Cette nouveauté doit, certes, bénéficier aux nouvelles sélections biologiques ou paysannes qui échappent à ces critères standardisés. Mais elle facilite, par la même occasion, l'accès au marché de variétés brevetées – dont certaines, les dernières générations d'OGM surtout, ne sont pas assez stables ou homogènes pour satisfaire à ces critères d'homologation, selon Guy Kastler. Pour l'agriculteur anti-OGM, "on sait que si on a gagné cette bataille, c'est parce que les biotechnologies voulaient la même chose".

Angela Bolis

Comment Monsanto surveille les fermiers américains

 

"Les agriculteurs les appellent 'la police des graines' et utilisent des mots comme la 'gestapo' ou la 'mafia' pour décrire leurs tactiques"relate un article de Vanity Fair. Le reportage montre comment des inspecteurs de Monsanto viennent observer dans leurs champs les agriculteurs susceptibles de violer les brevets sur leurs variétés OGM, enregistrent des vidéos, prennent discrètement des échantillons de leur culture pour les faire analyser, ou encore encouragent les fermiers à dénoncer leurs collègues via un numéro en libre appel.

 

Sans compter les intimidations : le magazine rapporte notamment le témoignage de Gary Rinehart, qui a reçu la visite, par erreur, d'un de ces inspecteurs dans sa boutique du Missouri. Celui-ci lui a assuré qu'il avait la preuve qu'il avait planté des graines de soja OGM sans contrat avec la firme, avant de lui asséner : "Monsanto est grand. On t'aura. Tu paieras." Quand Vanity Fair a contacté Monsanto sur ces pratiques, la firme a seulement expliqué qu'elle "dépensait plus de 2 millions de dollars par jour dans des recherches pour identifier, tester, développer et mettre sur le marché de nouvelles semences innovantes et des technologies qui bénéficient aux agriculteurs".

 

Fin 2012, Monsanto avait empoché plus de 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts de la part de fermiers américains, après avoir intenté pas moins de 142 procès pour violation des brevets contre 410 agriculteurs et 56 petites entreprises agricoles. Mi-février, un rapport du Center for food safety intitulé "Les géants des semences contre les fermiers américains" expliquait que l'entreprise emploie 75 personnes et un budget de 10 millions de dollars pour ces poursuites judiciaires. Ce contrôle tenace inquiète aussi les agriculteurs qui n'ont pas acheté de semences Monsanto, mais dont les champs, entourés de cultures OGM, sont susceptibles de se faire contaminer.

 

12/06/2013

OGM : une fausse bonne idée

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/12/les-insectes-survivent-de-mieux-en-mieux-aux-ogm_3428637_3244.html

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Les insectes survivent de mieux en mieux aux OGM

LE MONDE | 12.06.2013 à 13h36

Par Stéphane Foucart

La théorie de l'évolution fonctionne à merveille. Face à l'augmentation du nombre de surfaces de cultures transgéniques, modifiées pour sécréter des toxines insecticides Bt (Bacillus thurigensis), coléoptères et lépidoptères développent mécaniquement toujours plus de résistances. C'est le principal constat d'une synthèse de la littérature scientifique, publiée lundi 10 juin dans la revue Nature Biotechnology qui soulève la question des précautions à prendre avec ces cultures.

Selon ces travaux, conduits par Bruce Tabashnik (université d'Arizona à Tucson, Etats-Unis) des résistances à des toxines Bt sont établies pour cinq des treize grandes espèces d'insectes ravageurs ciblées par ces végétaux modifiés, à l'instar de la chrysomèle du maïs, un coléoptère. En 2005, voilà moins d'une décennie, seule une espèce était, localement, parvenue à s'adapter à ces cultures.

L'émergence accélérée de ces résistances cadre avec la forte augmentation des surfaces cultivées de maïs et de coton Bt. En 2011, celles-ci représentaient au niveau mondial environ 66 millions d'hectare, soit près de soixante fois plus qu'en 1996. Les Etats-Unis, qui représentent la moitié des superficies mondiales de cultures Bt, hébergent trois des cinq espèces ayant développé des résistances.

77 ÉTUDES DOCUMENTANT L'APPARITION DE RÉSISTANCES

Les auteurs ont passé en revue 77 études documentant l'apparition de ces résistances dans huit pays et, surtout, les conditions dans lesquelles celles-ci surviennent. "L'objectif était d'expliquer pourquoi la résistance a évolué très rapidement dans certains cas et pas dans d'autres", explique l'entomologue Yves Carrière (université d'Arizona), coauteur de ces travaux. Dans des situations comparables, les populations de nuisibles peuvent en effet s'adapter en deux à trois ans ou, au contraire, demeurer vulnérables après quinze ans de cultures Bt.

Pourquoi ? Les auteurs montrent toute l'importance de planter, autour des champs Bt, des surfaces "refuges" de cultures conventionnelles. Dans ces zones exemptes de toxines, les insectes non résistants peuvent prospérer et se reproduire avec ceux qui le sont devenus : c'est une sorte de "dilution génétique" de la résistance.

"Il faut adapter cette politique de refuge, notamment en fonction de la situation locale, explique Denis Bourguet, chercheur à l'Institut national de recherche agronomique (INRA). Par exemple, selon la fréquence de gènes de résistance à la toxine Bt déjà présents dans les populations d'insectes, avant même l'implantation d'une culture Bt."

EN CHINE, LES "REFUGES" NE SONT PAS OBLIGATOIRES

Une faible proportion de ravageurs possède naturellement un gène de résistance. C'est lorsque ce gène, par le biais de la sélection naturelle, devient présent chez la moitié des individus au moins qu'on parle de population devenue résistante. L'étendue des surfaces refuges doit être adaptée à cette proportion initiale. Un autre paramètre entre également en ligne de compte : moins la plante transgénique est efficace, plus les refuges doivent être étendus.

Dans certains pays, comme la Chine, les refuges ne sont pas obligatoires. Une situation qui rend non durable le bénéfice procuré par les cultures Bt. "Ailleurs, en Australie par exemple, cette politique a été menée avec succès avec, initialement, l'obligation de maintenir 70 % de zones refuges dans les cultures Bt", dit M. Bourguet.

Pour gérer l'apparition des résistances, les chercheurs notent l'utilisation accrue de plantes transgéniques sécrétant deux toxines Bt (dites "pyramides"), et non plus une seule. Mais là encore, les chercheurs recommandent certaines bonnes pratiques.

UNE SORTE DE RETOUR À LA CASE DÉPART

"L'efficacité des ''pyramides'' est réduite dans le cas où les plantes à deux toxines sont cultivées en même temps que des plantes n'en produisant qu'une seule des deux, ou lorsque les insectes ont déjà acquis une résistance", explique Thierry Brévault, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et coauteur de l'étude.

Paradoxe : l'apparition de populations résistantes oblige les agriculteurs à employer davantage d'insecticides utilisés en pulvérisation. Une sorte de retour à la case départ. "C'est cet indicateur qui a permis de déceler dans certaines régions des Etats-Unis, une perte d'efficacité du coton Bt vis-à-vis d'une espèce de chenille devenue résistante aux plantes produisant deux toxines Bt", dit M. Brévault.

Les cultures Bt ont jusqu'à présent permis de limiter l'épandage d'insecticides chimiques. L'agronome Charles Benbrook (Washington State University) estime que ces cultures ont en "économisé" 56 000 tonnes, aux Etats-Unis, entre 1996 et 2011. Mais jusqu'à quand ?

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Débat sur les OGM et AGM

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04/06/2013

Industries pharmaceutiques : le patient passe après les profits

lu sur :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/medicaments-les-effets-secondaires-graves-passes-sous-silence-par-les-visiteurs-medicaux-28-05-2013-1673123_57.php

Médicaments : les effets secondaires graves passés sous silence par les visiteurs médicaux

Le Point.fr - Publié le28/05/2013 à 18:55  

Chargés de promouvoir les traitements médicamenteux, les représentants des laboratoires pharmaceutiques évoquent, évidemment, surtout leurs bienfaits. 

Des bénéfices thérapeutiques énoncés dans 80 % des cas, des effets secondaires bénins souvent cités, et des effets graves tus plus de 9 fois sur 10 ! C'est le bilan d'une étude* internationale conduite auprès de 255 médecins généralistes exerçant à Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne reçoivent pas toutes les informations nécessaires à une bonne pratique lors des présentations réalisées par les visiteurs médicaux de firmes pharmaceutiques. Ces chiffres inquiètent d'autant plus le Dr Geneviève Durrieu** - qui a mené le volet français de l'étude -, qu'ils ne varient guère quelle que soit la réglementation des pays en la matière.

 
 

En pratique, 704 médecins ont été sélectionnés par tirage au sort sur 4 sites (Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse). Parmi eux, 36 % ont accepté de participer à l'enquête qui a consisté à recueillir des informations sur 1 700 promotions de médicaments lors de visites réalisées entre mai 2009 et juin 2010. Après chacune d'elles, les médecins ont rempli un questionnaire sur les informations fournies par les visiteurs (bénéfices et risques) pour chaque médicament promu, le don d'échantillons médicaux, et d'éventuelles invitations à des événements.

Les effets indésirables "graves" passés sous silence

Selon les résultats publiés dans le Journal of General Internal Medicine, les informations fournies par le visiteur médical concernent plus souvent les bénéfices que les risques des médicaments présentés, ce qui n'est pas illogique dans le cadre d'une démarche de promotion. Mais dans plus de la moitié des visites, aucun effet néfaste du médicament n'est cité spontanément. La proportion atteint même 66 % à Vancouver et Montréal. Le plus inquiétant : les effets indésirables "graves" ne sont mentionnés que dans 6 % des présentations de médicaments !

Pour une fois, la France fait presque figure de bonne élève. Les effets secondaires y sont mentionnés bien plus souvent qu'ailleurs. "Mais il s'agit en général des troubles fréquents et bénins (de type nausées ou diarrhées), alors que les problèmes sérieux sont passés sous silence, comme ailleurs", déplore Geneviève Durrieu. Il faut savoir qu'en France et aux États-Unis, ce sont les autorités gouvernementales chargées de la règlementation du médicament qui sont compétentes pour édifier des règles et surveiller la visite médicale. De plus, une Charte de la visite médicale a été adoptée dans notre pays en 2005. 
Au Canada, en revanche, les activités des visiteurs médicaux sont réglementées par l'association des compagnies de recherche pharmaceutique.

Logiciels

Pour le Dr Geneviève Durrieu, ce travail montre clairement la nécessité de fournir aux médecins une formation et une information autre que celle délivrée par les visiteurs médicaux. Des arguments que Jean-Claude Labrune, président de Cegedim (qui fournit des visiteurs médicaux aux laboratoires), balaie d'un revers de main. "Les médecins n'ont pas forcément le temps ni l'envie d'écouter les visiteurs lister tous les effets secondaires possibles, tels qu'ils figurent sur l'AMM (autorisation de mise sur le marché, NDLR), d'autant plus qu'ils ne sont pas hiérarchisés", affirme-t-il. "Et ils disposent désormais de logiciels qui contiennent tous les ingrédients leur permettant de sécuriser leur prescription."

Les industriels du médicament (LEEM) ne se satisfont pas de cette solution, qui fait fi du rôle d'informateur complet du visiteur médical. Pascal le Guyader (directeur des affaires générales, industrielles et sociales du LEEM), même s'il remarque que la France fait mieux que les autres, regrette que les médecins ne soient pas systématiquement avertis de tous les effets secondaires possibles les plus graves. "Certes, une visite médicale dure en moyenne 12 minutes, mais la charte et le processus de certification nous obligent à assumer ce devoir d'information." Dont acte.

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* Étude dirigée par B. Mintzes de l'Université de Colombie-Britannique de Vancouver, avec des chercheurs de l'Université York Toronto, l'Université de Montréal, l'université de Californie, Davis et de l'université de Toulouse III-Paul Sabatier.

** Équipe pharmaco-épidémiologie, évaluation de l'utilisation et du risque médicamenteux de l'Unité 1027 - Inserm/université Toulouse III-Paul Sabatier

01/06/2013

Essais d'OGM en plein champ : dissémination dans la nature de blé non autorisé

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/31/la-decouverte-aux-etats-unis-de-ble-transgenique-d-origine-inconnue-agite-le-marche-mondial_3421526_3244.html

La découverte aux Etats-Unis de blé transgénique d'origine inconnue

agite le marché mondial

LE MONDE | 31.05.2013 à 12h07 • Mis à jour le 31.05.2013 à 17h00

Par Gilles van Kote

Quelques plants de blé transgénique découverts dans une ferme de l'Oregon ont semé le trouble, jeudi 30 mai, sur le marché mondial de la céréale. Le département américain de l'agriculture (USDA) avait annoncé la veille, dans un communiqué, que "les résultats de tests effectués sur des échantillons de végétaux venant d'une ferme de l'Oregon indiquaient la présence de plants de blé transgénique résistants au glyphosate", le principe actif contenu dans des herbicides comme le Roundup. Des essais en plein champ de ce type de blé ont été menés par Monsanto entre 1998 et 2004 avant d'être abandonnés.

Le Japon a aussitôt annulé un appel d'offres portant sur près de 25 000 tonnes de blé américain, alors que la Commission européenne conseillait aux Vingt-Sept de procéder à des tests sur les cargaisons de blé en provenance des Etats-Unis, premier exportateur mondial. Bruxelles a affirmé avoir contacté Monsanto afin que le groupe américain lui précise la méthode et le matériel à employer pour les réaliser. La variété concernée, du blé tendre blanc, représente néanmoins une part négligeable des importations européennes en provenance des Etats-Unis.

"Je ne serais pas surpris si d'autres pays commençaient à annuler ou à réduire leurs achats de blé américain, notamment des pays asiatiques, ce qui mettrait la demande de blé sous pression", a confié Joyce Liu, de la société singapourienne de négoce Phillip Futures, à l'agence Reuters. Jeudi, en début d'après-midi, le cours du blé à la Bourse de Chicago, déjà orienté à la baisse depuis un mois en raison des perspectives de bonnes récoltes mondiales, enregistrait une chute de 1 %, mais restait stable à la clôture.

Le blé transgénique a été découvert dans une exploitation agricole de l'est de l'Oregon, dont la localisation précise a été tenue secrète par les autorités américaines. Des employés ont aspergé les champs de glyphosate afin d'empêcher l'apparition de mauvaises herbes entre deux récoltes. La résistance de plants de blé a attiré l'attention du fermier, qui les a fait analyser par l'université de l'Etat d'Oregon.

UNE GRAINE DE BLÉ PEUT GERMER PLUSIEURS ANNÉES APRÈS AVOIR ÉTÉ PRODUITE

Les tests ayant démontré qu'il s'agissait de variétés de blé transgénique dites "Roundup Ready", l'université a alerté l'USDA, dont les analyses ont confirmé les résultats. "Il n'existe pas de variété de blé génétiquement modifié dont la vente ou la production commerciale soit autorisée aux Etats-Unis ou ailleurs à cette date", a rappelé le département de l'agriculture, qui a voulu se montrer rassurant en précisant que "la détection de cette variété de blé ne pose pas de problème de sécurité alimentaire."

L'USDA a lancé une enquête officielle pour déterminer l'origine de cette dissémination, qui intervient des années après que Monsanto a interrompu ses recherches, les principaux pays importateurs de blé américain ayant fait savoir qu'ils n'achèteraient pas de variétés transgéniques. "Notre priorité est de déterminer aussi vite que possible les circonstances et l'étendue de la situation", a déclaré Michael Firko, un responsable du service d'inspection sanitaire animale et végétale de l'USDA.

"Il faudrait savoir si ce fermier a participé aux essais de Monsanto ou si ceux-ci ont eu lieu à proximité de son exploitation, et où il se fournit en semences, même si on voit mal comment des semences conventionnelles et transgéniques auraient pu être mélangées", affirme Catherine Feuillet, de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui précise qu'une graine de blé peut germer plusieurs années après avoir été produite.

Dans un communiqué, Monsanto rappelle qu'il s'agit du premier cas depuis l'interruption de ses recherches et s'interroge sur la fiabilité des analyses effectuées, tout en affirmant sa volonté de coopérer avec l'USDA pour déterminer l'origine de la dissémination.

"Il s'agit d'une sérieuse remise en cause de leur système d'essais en plein champ, qui met en danger les fermiers et toute la filière du blé", estime pour sa part Bill Freese, un expert du Center for Food Safety, une ONG opposée aux organismes génétiquement modifiés, interrogé par l'agence Bloomberg.

Gilles van Kote

25/05/2013

L'antenne WIFI de votre quartier, c'est VOUS ! (rappel)

LE SAVIEZ-VOUS ? 

L’ANTENNE WIFI DE VOTRE QUARTIER…C’EST VOUS !!!

Ce message s’adresse à vous si vous disposez d’une « box » d’accès Internet (et le cas échéant télévision et téléphone) mise à disposition par un opérateur télécom.

Sur cette boîte, pour votre accès à Internet, vous utilisez le réseau sans fil (WiFi)… ou pas, si vous l’avez désactivé au profit d’une liaison filaire (par câble ou CPL (Courants porteurs en ligne)).

Mais, le saviez-vous ? Votre « box » peut être la source de non pas un, mais deux réseaux sans fil : le vôtre, et un réseau dit « communautaire », qui a une portée beaucoup plus large puisqu’il « arrose » tout le quartier. Ce réseau, en accès libre pour tous les abonnés de l’opérateur, sert aux personnes qui souhaitent se connecter « en mobilité », c'est-à-dire en passant dans la rue ou en faisant une pause dans le parc. Ils se connectent… en utilisant votre boîte !!

Et cette fonction est activée par défaut, c'est-à-dire qu’elle a commencé à fonctionner dès que vous avez mis votre box en service, que vous en ayez conscience ou pas. Elle reste activée tant que vous ne l’avez pas éteinte, même si vous avez désactivé votre WIFI « maison ».

Il en découle plusieurs conséquences :

vous servez d’antenne WIFI à votre opérateur télécom, à vos frais, puisque c’est à partir de votre électricité, et en permanence puisque la boîte émet tout le temps, que le réseau soit effectivement utilisé ou pas ;

vous prenez double dose de champs électromagnétiques et vous en faites prendre double dose à vos voisins, qui n’en demandent sans doute pas tant et chez qui se trouvent peut-être des personnes fragiles (bébés, personnes âgées ou malades, personnes sensibles aux champs électromagnétiques), qui sont complètement démunies pour localiser l’origine de leurs maux ;

- vous êtes susceptible d’engager votre responsabilité si votre boîte est utilisée à des fins illégales, ne serait-ce que pour du téléchargement réprimé par la loi HADOPI. Certes, théoriquement, l’utilisateur doit s’identifier, et tout aussi théoriquement, il n’a pas accès à vos propres données de connexion ni à votre disque dur. Mais nous savons tous qu’il existe des logiciels permettant de « surfer » de façon anonyme ; et d’une façon générale, on sait que la créativité des hackers est sans limites. La collecte des informations sur les réseaux sans fil des particuliers a été menée par les voitures de Google, qui sillonnent le monde depuis 2007 dans le cadre du programme «Street View». En plus de prendre des photographies des rues, ces véhicules ont enregistré la localisation et le nom des réseaux Wi-Fi, afin d'enrichir la base de données du service de géolocalisation de Google. Mais elles ont aussi intercepté les données transitant sur les réseaux non cryptés, en France et dans les autres pays où Street View est opérationnel.

Et plus généralement, êtes-vous d’accord pour rendre ce service à l’opérateur ? Vous a-t-on mis au courant des modalités et des conséquences ? Vous a-t-on demandé votre avis ? Même sans parler du risque sanitaire il y a là une manipulation du consommateur qui n’est pas acceptable.

Vous ne croyez pas à ce que vous êtes en train de lire ? Appelez votre opérateur et parlez-lui du WiFi communautaire. Il reconnaîtra que cela existe (même s’il vous expliquera que ça émet peu, que c’est sans risque, que cela rend service, etc…).

Vous pouvez désactiver le WiFi communautaire et cesser de vous exposer à tous ces risques, même si vous voulez utiliser votre WiFi « maison » : ce sont deux réseaux différents. Pour connaître la marche à suivre, consultez le document Robin des Toits :  http://www.robindestoits.org/_a227.html

(*)

Ou demandez à votre opérateur, si votre type de « box » n’est pas répertorié sur la fiche « robin ».

Faites circuler ce message autour de vous !! Vos voisins figurent peut-être parmi les contacts des contacts de vos contacts !!

Le WIFI, pourquoi c’est dangereux :  http://www.robindestoits.org/_a1055.html

 

ROBIN DES TOITS
Correspondance : 12 rue Lucien Sampaix  75010 Paris
Tél. : 33 1 43 55 96 08
Permanences téléphoniques :
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
E-mail : contact@robindestoits.org
http://www.robindestoits.org

----------------------------------

(*) je viens de recevoir ce message, j'ai vérifié : j'étais effectivement avec un WIFI activé alors que je ne l'utilise pas. Je l'ai donc désactivé en suivant la procédure indiquée dans le lien  :

http://www.robindestoits.org/_a227.html

07/05/2013

La toxicité des nanomatériaux confirmée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/07/la-toxicite-des-nanomateriaux-confirmee-par-une-etude-americaine_3172367_3244.html

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La toxicité des nanomatériaux confirmée par une étude américaine

LE MONDE | 07.05.2013 à 13h50 • Mis à jour le 07.05.2013 à 13h50

Par Paul Benkimoun

Ils sont omniprésents dans notre vie courante. Peu de domaines, de la cosmétique à l'habillement en passant par l'automobile, l'électroménager, le bâtiment ou l'alimentation, échappent à l'essor des nanomatériaux. Leurs caractéristiques physiques et chimiques leur confèrent des avantages, mais aussi une toxicité particulière. Problème : celle-ci est mal connue, les tests chez l'animal donnant des résultats extrêmement variables d'un laboratoire à l'autre.

D'où l'intérêt de l'étude publiée lundi 6 mai, dans la revue Environmental Health Perspectives, par des chercheurs américains qui proposent une méthode pour harmoniser cette évaluation. Leurs travaux confirment que certains nanomatériaux parmi les plus répandus provoquent, chez la souris et chez le rat, des inflammations des voies respiratoires.

Définis comme ayant au moins une de leurs dimensions comprise entre 1 et 100 nanomètres (n, milliardième de mètre), les nanomatériaux ont souvent été utilisés sans qu'on puisse établir leur traçabilité. Un recensement effectué en 2009 par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait mis en évidence "246 produits de grande consommation disponibles sur le marché français et contenant des nanomatériaux manufacturés". Il y en aurait aujourd'hui, dans le monde, plus de 2 000.

"CES NANOTUBES SONT UN PROMOTEUR DU CANCER"

L'Anses, qui a préconisé dans plusieurs avis le "principe de précaution", poursuit un programme de surveillance spécifique des nanomatériaux et de leurs risques potentiels pour la population et, plus encore, pour les salariés et les riverains des installations industrielles fabriquant ces nanoproduits.

Même si les connaissances scientifiques restent lacunaires, un certain nombre de faits concernant la toxicité des nanomatériaux manufacturés sont établis. Des études avaient déjà suggéré que les nanotubes de carbone multiparois, mille fois plus fins qu'un cheveu et présents dans de très nombreux produits, pouvaient provoquer des mutations de l'ADN ou favoriser la transformation cancéreuse des cellules ayant subi de telles mutations.

Le 11 mars, le National Institute for Occupational Safety and Health (Niosh), l'autorité de santé au travail des Etats-Unis, a publié sur son blog de nouvelles données "démontrant pour la première fois sur un modèle expérimental que ces nanotubes sont un promoteur du cancer".

Une autre substance nanoparticulaire, le dioxyde de titane, que l'on trouve notamment dans des crèmes solaires, a été classée en 2006, par le Centre international de recherche sur le cancer, dans la catégorie "cancérogène possible pour l'homme", sur la base de données expérimentales chez le rat.

Mais l'évaluation de la toxicité est rendue difficile par l'insuffisance des méthodes de caractérisation des nanoproduits, par l'évolution qui peut se produire au cours de leur cycle de vie, ainsi que par la grande disparité des résultats obtenus par les laboratoires d'analyse. Une hétérogénéité souvent invoquée pour contester leur toxicité et retarder la mise en oeuvre de mesures de précaution.

VASTE ÉTUDE SUR DES SOURIS ET DES RATS 

C'est sur ce dernier point que le Niosh a voulu avancer, en mettant sur pied une vaste étude sur des souris et des rats, impliquant les chercheurs de treize universités américaines. Dans un premier temps, l'autorité de santé leur a demandé d'analyser trois formes nanométriques de dioxyde de titane et trois formes de nanotubes de carbone.

"Les responsables de l'étude se sont aperçus qu'il existait d'énormes différences entre les laboratoires, décrit Dominique Lison, professeur de toxicologie à l'Université catholique de Louvain (Belgique). Ils ont alors identifié les sources de variabilité et mis au point un protocole d'analyse harmonisé qu'ont utilisé, dans un second temps, les laboratoires universitaires."

Cette fois, les chercheurs ont abouti à des résultats similaires et cohérents sur le type de réaction provoqué dans les voies respiratoires des rongeurs. Ils ont décelé les mêmes phénomènes inflammatoires (une augmentation des globules blancs "neutrophiles"), avec la même ampleur.

"Cette étude démontre que, si on le veut, on peut avancer dans l'évaluation de la nanotoxicité", commente Dominique Lison. Les auteurs soulignent également, comme l'a fait en France l'Anses, le déséquilibre de la recherche, entre les travaux sur le développement et les applications des nanomatériaux et ceux sur leurs effets potentiels.

Compte tenu du risque respiratoire, le Niosh a recommandé, le 24 avril, de limiter les concentrations des nanotubes et nanofibres de carbone à 1 µg/m3 d'air. C'est la plus petite valeur mesurable de manière fiable.

-------------

voir aussi : http://ehp.niehs.nih.gov/1306866/

Nano GO Consortium—A Team Science Approach to Assess Engineered Nanomaterials: Reliable Assays and Methods

08/04/2013

Les effets biologiques de la téléphonie mobile (suite)

communiqué :

INERIS – Effets d’exposition à des champs électromagnétiques    

LES RATS DE L’INERIS SONT DES VEINARDS
Ils ont eu des émissions light.
 
Le 03 Avril 2013, ont été exposés dans les locaux de l’INERIS des travaux concernant la régulation thermique de jeunes rats exposés à des champs électromagnétiques.
Invitée, l’association nationale Robin des Toits était présente.
Une étude de ce type a pour objet de fournir des éléments de comparaison avec la situation réelle actuelle.

Les émissions produites par les opérateurs ont trois caractéristiques :
elles sont mixtes et comportent une composition de fréquences diverses,
elles comportent des extrêmement basses fréquences,
elles sont émises de façon discontinue et par saccades.

Les émissions offertes aux rats de l’INERIS sont nettement plus simples :
elles ne comportent qu’une seule fréquence – 900 MHz
donc, il n’y a pas d’extrêmement basse fréquence,
elles sont émises en continu.

Les résultats de l’étude montrent chez les animaux exposés des perturbations nettes – l’INERIS dit « très nettes » – du sommeil, de la thermorégulation et du comportement alimentaire.
Malgré la faible intensité des émissions.
Ils montrent aussi une augmentation de l’état d’alerte.

L’étude fait donc constater l’apparition de perturbations très nettes malgré la forte atténuation et la faible intensité de l’émission.
Deux conclusions sont évidentes :
- une émission plus complète produit des perturbations encore plus importantes,
- pour une information pleinement significative, il est nécessaire de soumettre les animaux en direct aux émissions auxquelles les opérateurs soumettent l’ensemble du vivant.

A titre de complément de la présente étude, Robin des Toits croit utile d’informer l’INERIS de l’existence des travaux suivants :
ADANG et VANDER VORST – Juin 2008
  124 rats
  21 mois d’exposition – faible
  Résultats :
  . perturbation du système immunitaire – multiplication des lymphocytes,
  . vieillissement accéléré,
  . 50% de surmortalité   (mortalité – pourcentage normal : environ 30%       ADANG : 60%)
Rappel : patrimoine génétique du rat identique à 90% avec celui de l’humain.

SALFORD et al – 2003 – dans Environ Health Perspect
  Nerve Cell Damage in Mammalian Brain After Exposure to Microwawes from GSM Mobil Phones.
  Le Professeur SALFORD, haute autorité dans le domaine du BioElectromagnétisme, a déclaré qu’une personne qui entre 15 et 25 ans a chaque jour un portable contre la tête pendant une demi-heure ou plus aura un ALZHEIMER à 30 ans.

- Trois travaux concernant les perturbations du sommeil par les émissions du type GSM :
  HUBER et al – 2000 – Biological and Medical Aspect of Electromagnetic Fields
  HOSSMANN et HERMANN – 2003
  HUNG et al – 2007

Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique

24/02/2013

Le dépistage des cancer du sein : à savoir

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/21/cancer-du-sein-depistage-inegal-selon-les-appareils_1836593_1650684.html

Cancer du sein : dépistage inégal selon les appareils

La fiabilité de certains types de mammographes paraît insuffisante. Une controverse technique qui s'ajoute à celle sur l'utilité du dépistage.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 21.02.2013 à 15h31 • Mis à jour le 23.02.2013 à 19h27

Par Pascale Santi

Faut-il encore dépister le cancer du sein ? Tel était le thème d'un atelier "santé environnement" à l'université Pierre-et-Marie-Curie, mardi 19 février. Ce sujet complexe et controversé était une nouvelle fois au centre des débats. Le dépistage a été généralisé en France en 2004 pour les femmes de 50 à 74 ans, invitées à faire une mammographie tous les deux ans, prise en charge par l'assurance-maladie. Plus de 2,4 millions de femmes de cette tranche d'âge y ont participé en 2011, soit 52,7 % des femmes concernées, participation restée stable en 2012. A cela s'ajoutent 10 % de personnes dépistées en dehors de ce dispositif. Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme (33 %), avec 53 000 nouveaux cas en 2011 et 11 500 décès.

Une autre question, évoquée récemment par Lyon Capital, est venue s'ajouter au débat sur le surdiagnostic, plus technologique cette fois. Les appareils de mammographie sont-ils tous de qualité équivalente ? La France compte environ 2 300 appareils, dont 400 installations analogiques, qui ne cessent de se réduire, et 1 900 appareils numériques. Il en existe deux types : les systèmes dits "DR" (environ 36 %), en augmentation, et les appareils dits "CR" (environ 64 % des installations numériques).

Une alerte avait été lancée fin 2009 sur une moindre détection des cancers du sein avec les appareils numériques de type CR. Les taux de détection des cancers varient en effet de 3,6 à 7,7 pour mille en fonction des types d'appareils et des marques, selon une étude réalisée par l'Institut national du cancer (INCa). "C'est préoccupant de constater de telles différences", a lancé mardi Brigitte Séradour, radiologue qui a piloté la politique de dépistage en France.

SURDIAGNOSTIC

Une enquête de l'INCa réalisée en juillet 2010 avait alors montré que le taux de détection était de 5,41 pour mille pour les appareils analogiques, 6,5 pour mille pour les numériques DR et 5,24 pour mille pour les CR. Par conséquent, le ministère de la santé a décidé de relever le niveau de qualité des appareils dits "CR", notamment pour la dose de rayons X délivrée et le seuil de visibilité du contraste, indique une note de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). "Les taux de détection se sont resserrés, mais restent hétérogènes selon les marques et les plaques", estime Jérôme Viguier, directeur du pôle santé publique et soins à l'INCa. " Un nouveau référentiel de contrôle de qualité va être mis en place avec une exigence plus élevée que celui qui est développé en Europe", explique Nicolas Thévenet, directeur des dispositifs médicaux à l'ANSM. Ces nouveaux contrôles vont démarrer mi-avril et devront être terminés en septembre. Mais certains constructeurs contestent la fiabilité de ces outils de contrôle. "On souhaite qu'ils soient irréprochables, ce qui n'est pas le cas", explique Jean-Pierre Smadja, directeur général délégué de Fujifilm Medical Systems France, leader du marché des appareils numériques, qui a adressé un recours gracieux à l'ANSM. Que va-t-il se passer ? "On peut s'attendre à l'arrêt de certaines machines", prévoit M. Thévenet.

Ces batailles risquent de semer un peu plus le trouble sur ce sujet déjà très controversé. L'association UFC-Que choisir avait relancé le débat en octobre 2012 en dénonçant les diagnostics erronés et les traitements inutiles, et avait réclamé le réexamen des données scientifiques. L'association de médecins généralistes Formindep pour une formation médicale indépendante remet en question l'intérêt du dépistage organisé. La revue Prescrire a primé début octobre 2012 le livre Mammography Screening, Truth, Lies and Controversy (Radcliffe Publishing Ltd, en anglais), du Danois Peter Gotzsche, qui considère que le dépistage présente plus d'inconvénients que d'avantages, avec un risque élevé de traitements inutiles.

L'un des inconvénients du dépistage organisé est le surdiagnostic, c'est-à-dire la détection de tumeurs (souvent préinvasives) qui n'évolueraient pas forcément vers la maladie. Mais là aussi il y a bataille de chiffres. Le taux de surdiagnostic serait de 5 % à 10 %, mais certaines études l'évaluent à 40 %. Autre question : le dépistage réduit-il la mortalité ? Là encore, les experts sont divisés. Une étude parue dans The Lancet fin 2012, menée, à la demande de Mike Richards, directeur de l'Institut du cancer britannique, par un groupe d'experts indépendants conduit par le professeur Michael Marmot, a passé en revue une douzaine d'études européennes et américaines. Il ressort "une réduction de 20 % de la mortalité chez les femmes invitées à participer à un programme de dépistage organisé" par rapport aux femmes qui n'ont pas bénéficié de dépistage. Un bémol, toutes les études incluses dans l'analyse reposent sur des données anciennes - au moins vingt ans. Le surdiagnostic est évalué à 19 %.

TRAITEMENTS INUTILES

"On n'a pas aujourd'hui de tests fiables qui permettent de reconnaître les cas de ces cancers de moins de 10 mm qui ne vont pas évoluer", affirme le docteur Séradour. Plus on détecte tôt, plus les chances de guérison sont grandes, moins les traitements sont lourds, martèlent les médecins. L'idée est d'éviter les traitements inutiles : ablation du sein, chimiothérapies, radiothérapies, etc. L'INCa, qui mène des travaux dans ce sens, a publié un article sur son site, "Limites et incertitudes sur le dépistage". "L'INCa ne découvre pas cette problématique", insiste M. Viguier. Des chercheurs travaillent actuellement sur l'identification de marqueurs moléculaires pour détecter les cancers évolutifs, majoritaires, et les cancers "indolents". L'idée est aussi de mettre en place un dépistage plus ciblé en fonction des facteurs de risque, avec des stratégies le plus individualisées possible.

Autre risque redouté : le cancer radio-induit, conséquence de l'irradiation reçue lors d'examens ou de traitements utilisant des rayons. Une étude avait interpellé fin 2011 sur le risque des mammographies répétées avant 50 ans, période où le sein est plus dense et nécessite donc une plus forte dose d'irradiation pour obtenir une image lisible, indique l'INCa. Ainsi, en l'absence de symptômes et de facteurs de risques, il n'y a pas d'indication à se faire dépister avant l'âge de 50 ans. Ce risque de cancer radio-induit est toutefois considéré par l'INCa comme "très faible".

Dans tous les cas, insiste Françoise Pinto, de l'association Europe Donna : "Les femmes veulent des informations claires et des recommandations apaisées ."

Pascale Santi

23/02/2013

Pas d'alternative à la "décroissance" énergétique

L'utilisation de l'énergie a toujours un coût environnemental.

Moralité : il faut consommer moins d'énergie.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/l-europe-en-quete-de-carburants-vraiment-verts_1836987_3244.html

(pour avoir les liens, cliquez d'abord sur le titre de la note ci-contre)

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L'Europe en quête de carburants vraiment "verts"

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h03

Par Pierre Le Hir

Quelle alternative aux biocarburants actuels, auxquels l'Europe souhaite donner un coup de frein ? La question est à l'ordre du jour du conseil des ministres de l'énergie des Vingt-Sept, vendredi 22 février, à Bruxelles. La réponse, elle, s'annonce problématique.

Rapporteur de ce dossier devant le Parlement, la députée européenne Corinne Lepage a entrepris de consulter agriculteurs, industriels, chercheurs et associations. A ce stade, elle n'avance pas de pistes. "J'imagine mal, dit-elle simplement, que sur un projet dont l'objectif est la réduction des gaz à effet de serre, nous n'aboutissions pas à une solution allant dans ce sens."

En octobre 2012, la Commission européenne a reconnu la nocivité pour la planète des biocarburants de première génération, appelés aussi "agrocarburants", car issus de cultures agricoles : colza, soja, tournesol et palme pour le biodiesel ; canne à sucre, betterave, maïs et blé pour le bioéthanol. Accaparant des terres auparavant réservées à l'alimentation humaine et animale, ces cultures énergétiques affichent aussi, pour certaines, un bilan environnemental calamiteux.

Cela en raison du changement d'affectation des sols indirect (Indirect Land Use Change, ou ILUC, pour les Anglo-Saxons). Le déplacement des productions alimentaires et les plantations destinées aux biocarburants entraînent en effet, en Amazonie ou en Indonésie, la destruction de forêts, de prairies ou de tourbières, qui constituent des puits de carbone.

AGGRAVER LA POLLUTION À L'OZONE, CHUTE DES RENDEMENTS AGRICOLES

L'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a conclu que, "dans plus de deux tiers des évaluations", les agrocarburants ne répondent pas aux objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre, si l'on prend en compte le changement d'affectation des sols.

L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a même calculé que, pour certains biodiesels (le biocarburant le plus utilisé), les émissions de CO2 sont supérieures à celles des carburants fossiles, quand on intègre ce facteur.

D'où le projet de directive de Bruxelles, soumis à l'examen du conseil des ministres et du Parlement européens. Il vise à plafonner à 5 %, c'est-à-dire au niveau actuel, l'usage des biocarburants tirés de cultures alimentaires. Et, pour atteindre l'objectif, toujours en vigueur, de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020, à leur substituer des "biocaburants avancés vraiment durables". Ceux de deuxième génération, issus du bois, des parties non alimentaires des plantes (ou "rémanents" : tiges, branches et feuillages) ou des déchets organiques. Et ceux de troisième génération, extraits des microalgues.

Problème : ces deux filières n'en sont qu'au stade de la recherche et du développement. Une production industrielle n'est pas attendue avant la prochaine décennie. En outre, à supposer même que des investissements et un effort de recherche accrus permettent d'aller plus vite – et de parvenir à une rentabilité économique aujourd'hui incertaine –, leur bilan carbone reste à établir.

Pour la deuxième génération, la valorisation de "rémanents" forestiers que n'exploite pas l'industrie du bois, ou celle de résidus agricoles, sera vertueuse pour l'environnement. Mais, s'il s'agit de paille de maïs ou de blé, l'approvisionnement entrera en concurrence avec le fourrage animal. Et si la matière première provient de cultures dédiées aux biocarburants – des herbacées à forte productivité tel le miscanthus (ou "herbe à éléphant") ou des arbres à croissance rapide tels le saule, le peuplier et l'eucalyptus –, alors la production de cette biomasse mobilisera elle aussi des terres agricoles et provoquera un changement d'affectation des sols.

Selon une récente publication scientifique, une mutiplication de taillis à rotation courte risque aussi d'aggraver la pollution à l'ozone et de faire chuter les rendements agricoles.

LES MICROALGUES, UNE CULTURE QUI EXIGE AUSSI DE L'ESPACE

Quant à la troisième génération, si les microalgues ont une capacité phénoménale à accumuler des huiles ou des sucres, convertibles en biodiesel ou en bioéthanol, leur culture exige elle aussi de l'espace. C'est l'objet de la thèse de Sophie Bresc-Litzler, doctorante à l'université Paris-I, sur les "contraintes géographiques" de l'algoculture.

Celle-ci peut être réalisée en bassins ouverts. Il y faut, précise la chercheuse, "des espaces plats et larges, un accès à une eau abondante, un bon ensoleillement, des zones à l'abri des vents et des aléas météorologiques, ainsi que la présence d'industries dégageant du CO2 dont se nourrissent les algues". Ce qui peut provoquer des conflits d'usage avec les activités agricoles, l'utilisation des ressources en eau ou l'aménagement périurbain.

Même si les territoires ultra-marins offrent un réel potentiel de développement, "pour une production de biocarburant à l'échelle industrielle, il faudrait des superficies considérables pour parvenir à des seuils de rentabilité", estime Mme Bresc-Litzler.

La culture peut aussi se faire, de façon intensive, dans des sortes de serres (des photobioréacteurs). Mais, si celles-ci ont l'avantage de pouvoir être installées sur des sites industriels, la quantité de lumière nécessaire aux algues est un facteur limitant.

La quête de biocarburants réellement "verts" s'annonce donc difficile. D'ores et déjà, plusieurs ONG demandent que le changement d'affectation des sols soit pris en compte pour les futures filières, afin d'"éviter qu'elles n'aient un impact environnemental néfaste".

24/01/2013

Gaz de schiste : au BRGM la communication se fait par l'intermédiaire d'une agence privée

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/24/gaz-de-schiste-co2-silence-dans-les-rangs-au-brgm_1822042_3244.html

Gaz de schiste, CO2 : silence dans les rangs au BRGM

LE MONDE | 24.01.2013 à 12h38 • Mis à jour le 24.01.2013 à 12h57 Par Stéphane Foucart

Une grande tension s'est installée entre la presse scientifique française et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), suspecté de censurer ses chercheurs.

Sylvestre Huet, président de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI) , et journaliste à Libération, a adressé, mi-janvier, une protestation écrite à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, déplorant un "comportement inacceptable du BRGM dans ses relations avec les journalistes".

L'affaire a éclaté après que plusieurs membres de l'AJSPI se sont plaints de difficultés à interroger des scientifiques de l'"établissement public spécialiste des applications des sciences de la Terre" sur des sujets comme le gaz de schiste ou le stockage géologique du dioxyde de carbone (CO2).

QUESTIONS ÉCRITES

En particulier lorsque le projet européen de séquestration de CO2 Ulcos était censé permettre de maintenir en fonctionnement les hauts-fourneaux de Florange (Moselle), plusieurs journalistes demandant des informations techniques se sont vu interdire l'accès aux chercheurs du BRGM.

 
 

Chose inhabituelle pour un organisme de recherche, le service de presse de ce dernier est assuré par Hill + Knowlton, une agence de relations publiques. D'après des échanges de correspondance rendus publics par l'AJSPI, Hill + Knowlton demande aux journalistes d'envoyer des questions écrites, y compris sur des sujets purement techniques comme le stockage du CO2...

En 2011, l'AJSPI voulait organiser une rencontre avec des scientifiques du BRGM sur le thème du gaz de schiste : impossible. Une confirmation d'information sur les ressources aurifères en France ? Impossible. Une réaction de géologues après la condamnation de leurs confrères italiens dans le procès de L'Aquila ? Impossible. Un chercheur de l'institution est joint directement ? Il demande aussitôt au journaliste de passer par Hill + Knowlton, faute de quoi il ne peut s'exprimer, même sans être cité... "La plupart du temps, les relations avec les journalistes se passent bien", répond-on cependant à l'agence.

NON-COMMUNICATION

Pierre Vassal, directeur de la communication du BRGM, assure que "les chercheurs du BRGM sont libres de s'exprimer, dans le respect des partenariats qui existent avec d'autres structures".

Sur nombre de sujets, l'organisme travaille en effet avec des entreprises. Des courriels internes datés du 14 janvier cités par le président de l'AJSPI sur son blog, et que Le Monde a pu consulter, montrent pourtant que la présidence du BRGM assume pleinement sa politique de communication – ou de non-communication. "N'importe quel journaliste ne peut pas joindre n'importe quel chercheur comme cela", précise dans un message interne le président de l'organisme, qui ajoute : "Organisme public ne veut pas dire que l'on est obligé de communiquer au public."

Pourtant, selon l'entourage de la ministre Geneviève Fioraso, "le BRGM est soumis aux mêmes règles de communication que les autres organismes publics de recherche".

Stéphane Foucart

22/01/2013

Les OGM mis en échec par les insectes (sélection naturelle)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/22/monsanto-tente-d-endiguer-la-resistance-d-un-coleoptere-a-son-mais-insecticide_1820405_3244.html

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LE MONDE | 22.01.2013 à 10h50 Par Gilles van Kote

L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a confirmé, dans un document mis en ligne jeudi 17 janvier, l'apparition, chez la chrysomèle du maïs, de résistances à la variété transgénique mise au point par Monsanto pour lutter contre ce parasite.

Des travaux publiés en 2011 dans la revue scientifique PLos One avaient mis en évidence l'apparition, dans l'Iowa, de cette résistance à la toxine insecticide Cry3Bb1, produite par le maïs grâce à un gène transplanté d'une bactérie, Bacillus thurigiensis (Bt). L'EPA affirme aujourd'hui que l'Illinois est également concerné et qu'il existe de fortes présomptions que le Dakota du Sud, le Wisconsin, le Nebraska et le Minnesota le soient également.

Face à cette situation, l'agence fédérale se dit prête à "collaborer avec Monsanto (...) afin d'éviter une aggravation de la baisse de sensibilité des populations de chrysomèles du maïs à la toxine Cry3Bb1".

Une réaction qui n'étonne pas Denis Bourguet, généticien des populations à l'Institut national de la recherche agronomique, dans la mesure où, "historiquement, l'EPA affirme depuis le début que les toxines Bt constituent un bien public et que, à ce titre, des plans de gestion de la résistance doivent être mis en place".

Selon le chercheur, l'apparition d'une résistance chez le coléoptère, quelques années seulement après le début de la culture du maïs Bt, peut s'expliquer par trois facteurs : une insuffisante mise en place de zones refuges pour l'insecte plantées de maïs conventionnel ; la moindre efficacité de la toxine que celle qui cible un autre ravageur du maïs, la pyrale, qui n'a toujours pas développé de résistance après plus de quinze ans ; la présence à une fréquence élevée de gènes de résistance chez les chrysomèles.

REFUGE DANS UN SAC

Parmi les solutions que l'EPA préconise à Monsanto d'appliquer, l'une consiste à développer la vente de semences transgéniques mélangées à des semences conventionnelles, une technique baptisée refuge in a bag ("refuge dans un sac") : la présence d'une certaine densité de maïs non transgénique est censée avoir le même effet que l'existence de zones refuges à proximité des champs de maïs génétiquement modifié.

Monsanto a également l'intention d'accélérer la commercialisation de variétés de maïs comportant au moins une autre toxine insecticide que Cry3Bb1, qui serait fatale aux coléoptères ayant développé une résistance à celle-ci. "On peut espérer ainsi prolonger l'efficacité du maïs transgénique de quelques années, mais c'est beaucoup moins efficace que d'associer d'entrée deux toxines, dans une sorte de bithérapie, assure Denis Bourguet. Dans ce cas, on peut penser que les premières résistances ne seraient apparues qu'après plusieurs dizaines d'années."

Dans une déclaration à l'agence de presse Blooomberg, une porte-parole de Monsanto a déclaré que la firme de Saint Louis travaillait avec les cultivateurs à réduire le nombre de champs ravagés par la chrysomèle. La vente de maïs a représenté 43 % du chiffre d'affaires de l'entreprise en 2012.

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sur le même sujet : (dernières nouvelles : cette information est fausse; voir la note du 23/1/2013)

  • 22 janvier 2013 - 17H23  
  • http://www.france24.com/fr/20130122-ogm-commission-europeenne-gele-le-processus-dautorisations-culture
OGM: la Commission européenne gèle le processus d'autorisations de culture

AFP - La Commission européenne a décidé de geler le processus d'autorisation de mise en culture des OGM dans l'Union européenne jusqu'à la fin de son mandat en 2014 et de rechercher un règlement négocié avec les Etats membres.

"La Commission, si elle le veut, peut lancer le processus pour autoriser la culture d'un soja et de six maïs OGM, dont le MON810, mais elle ne le fera pas", a assuré mardi à l'AFP Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire à la Santé Tonio Borg, en charge du dossier.

16/01/2013

Pesticides et abeilles : le risque est reconnu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/16/pesticides-un-risque-enfin-admis-pour-les-abeilles_1817630_3244.html

Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

LE MONDE | 16.01.2013 à 11h48 • Mis à jour le 16.01.2013 à 12h13 Par Stéphane Foucart

L'industrie des pesticides va devoir encaisser le coup. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devait publier, mercredi 16 janvier, un avis scientifique sévère sur trois pesticides (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame), tous présentant, selon l'EFSA, un risque élevé pour les abeilles.

Ces trois évaluations de l'agence de Parme (Italie) apportent du crédit à ceux qui attribuent à cette famille récente d'insecticides – néonicotinoïdes – un rôle dominant dans le déclin accéléré des insectes pollinisateurs, constaté partout dans le monde depuis une dizaine à une quinzaine d'années. Mises sur le marché au début des années 1990, ces nouvelles substances sont parmi les plus utilisées au monde en agriculture.

L'EFSA était saisie par la Commission européenne de l'évaluation des risques présentés par ces trois molécules, au regard des nouvelles données scientifiques produites depuis leur autorisation. La caractéristique principale de ces produits – commercialisés sous les noms de Gaucho, Cruiser, Poncho, Nuprid, Argento, etc. – est qu'ils s'utilisent en granules ou en enrobage de semences. Les graines sont gainées du principe actif avant d'être semées ; la plante sécrète ensuite le toxique tout au long de sa croissance.

UN SIMPLE CONTACT AVEC CES POUSSIÈRES PEUT ÊTRE FATAL

"Nous avons identifié des risques pour les abeilles en relation avec trois principales voies d'exposition des insectes, explique Domenica Auteri, qui a présidé les travaux de l'agence européenne. Ce sont les poussières produites par les graines ou les granules pendant le semis, la contamination par le pollen et le nectar et, dans le cas du maïs, traité par le thiaméthoxame, l'exposition par "guttation"", c'est-à-dire l'exsudation, par la plante, de gouttelettes d'eau imprégnées du pesticide et auxquelles s'abreuvent parfois les insectes.

Quant aux poussières produites lors des semis, elles peuvent être transportées par le vent et se déposer dans l'environnement. La dose létale de ces produits étant de quelques milliardièmes de gramme par abeille, un simple contact avec ces poussières peut être fatal à l'hyménoptère.
Les trois opinions scientifiques rendues par l'EFSA s'inscrivent dans un travail publié par l'agence en mai 2012, également commandé par la Commission européenne : il s'agissait alors d'évaluer l'efficacité des tests réglementaires ayant conduit à l'autorisation des molécules. Le groupe d'experts mandaté par l'agence européenne avait conclu que ces tests, conçus pour les produits utilisés en pulvérisation, n'étaient pas adaptés.

De plus, les chercheurs notaient que les tests en laboratoire étaient lacunaires : pas de prise en compte des effets de synergie avec des pathogènes ou d'autres produits phytosanitaires, pas d'évaluation des effets non létaux (désorientation, perte de mémoire des butineuses, etc.). De même que les tests en plein champ étaient incapables de déceler les effets de ces substances – surfaces traitées trop petites, colonies utilisées de trop petite taille, etc.

"LES NÉONICOTINOÏDES AFFECTENT NÉGATIVEMENT LES ABEILLES"

"Il est très réconfortant que l'EFSA ait réagi aux preuves de plus en plus fortes que l'utilisation des néonicotinoïdes affecte négativement les populations d'abeilles, et qu'elle reconnaisse les risques significatifs associés avec l'utilisation actuelle de ces produits", commente le biologiste David Goulson, professeur à l'université de Stirling (Royaume-Uni) et auteur d'une récente étude publiée dans la revue Science, documentant les effets de l'imidaclopride sur les bourdons : "Beaucoup d'entre nous voudraient désormais voir un moratoire être décidé sur l'utilisation de ces pesticides, jusqu'à ce que nous comprenions réellement à quel point ils dégradent l'environnement."

Dans les trois avis rendus, les experts de l'EFSA reconnaissent que la science est encore loin du compte. En fonction du produit et de son mode d'utilisation, les données ne permettent bien souvent pas de conclure à l'existence ou à l'absence de risques. Par exemple, il est actuellement impossible d'évaluer le risque posé par l'imidaclopride sur les abeilles lorsque le produit est utilisé sur l'endive, la laitue, la scarole, le radis, etc.

En juin, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a interdit le Cruiser sur le colza dans l'Hexagone. En revanche, son utilisation sur le maïs est toujours autorisée en France, bien qu'elle présente, selon l'EFSA, des risques pour les abeilles par deux voies : la guttation et les poussières des semis.

LES OPINIONS RENDUES PAR L'EFSA NE SONT PAS SURPRENANTES

Bien que tranchées, les trois opinions rendues par l'EFSA ne sont pas surprenantes. Laura Maxim, chercheuse à l'Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC) et l'une des meilleures spécialistes des controverses ayant accompagné l'utilisation de ces substances, note ainsi qu'"il y a dix ans, le Comité scientifique et technique [un groupe d'experts mis sur pied en 1999 par Jean Glavany, ministre de l'agriculture] était parvenu aux mêmes conclusions à propos de l'imidaclopride".

Le rapport de ce groupe d'experts avait été rendu en 2003, et avait conduit à l'interdiction du Gaucho en France. Deux ans plus tard, ce comité livrait des conclusions semblables pour un autre pesticide controversé, le fipronil (commercialisé sous le nom de Régent), également mis en cause dans le déclin d'abeilles. L'EFSA finalise une opinion scientifique sur cet autre produit controversé, n'appartenant pas à la famille des néonicotinoïdes. "Elle devrait être publiée d'ici à fin mars", précise Mme Auteri.

Stéphane Foucart

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Les contre-feux de l'industrie agrochimique

Outre les trois opinions scientifiques de l'Autorité européenne de sécurité sanitaire (EFSA), l'Italie, la France ou le Royaume-Uni ont récemment pris des mesures à l'encontre des insecticides néonicotinoïdes ou mènent des enquêtes parlementaires sur leurs effets sur les abeilles.

Les agrochimistes allument des contre-feux. Un rapport commandé par Bayer et Syngenta à un cabinet de consultants, rendu public lundi 14 janvier, chiffre les bénéfices des néonicotinoïdes à 4,5 milliards d'euros par an pour l'économie européenne et estime que leur abandon coûterait 50 000 emplois agricoles.

Le rapport ne dit pas qu'au niveau mondial, les services rendus par les insectes pollinisateurs sont estimés à 115 milliards d'euros par an.

30/12/2012

Abeilles et lobbying des firmes agrochimiques

Lire l'article "les abeilles et les nouveaux pesticides" paru dans le Monde daté du 30/12/2012, page 12,

et aussi :

Abeilles : la faillite de l'évaluation des pesticides

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/abeilles-la-faillite-de-l-evaluation-des-pesticides_1731092_3244.html

LE MONDE | 09.07.2012 à 15h11 • Mis à jour le 09.07.2012 à 18h04 Par Stéphane Foucart

Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'être interdit par la France sur le colza, une décision attaquée par son fabricant, Syngenta.

Cette défaillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'évaluation ont été remis à jour en 2010, c'est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs passé à peu près totalement inaperçu...

DES "FAIBLESSES MAJEURES"

Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l'EFSA a mandaté un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l'agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits "systémiques" – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols –, qui imprègnent l'ensemble de la plante au cours de son développement.

De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis...

"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.

Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées.

Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit.

En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille...

Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes.

DE "GÉNÉREUX SPONSORS"

Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont élaborés ces protocoles de test suspectés de grave myopie ? "En 2006, nous nous sommes posés, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment étaient homologuées au niveau européen les substances que nous suspectons d'être la cause principale du déclin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole européenne. En lisant les annexes de la directive européenne sur les phytosanitaires, nous avons remarqué que les lignes directrices de ces tests étaient notamment édictées par l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes [EPPO]." D'autres lignes directrices sont édictées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et sont complémentaires de celles de l'EPPO.

Celle-ci est une organisation intergouvernementale d'une cinquantaine d'Etats membres, basée à Paris"La question des abeilles est une toute petite part de notre activité", déclare Ringolds Arnitis, son directeur général. N'ayant pas d'expertise en interne, l'EPPO délègue à une autre structure – l'International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) – le soin d'élaborer les éléments de base de ces fameux tests standardisés.

L'ICPBR, quant à elle, est une structure quasi informelle créée en 1950 et domiciliée à l'université de Guelph (Canada). "Lorsque nous avons appris que cette organisation se réunissait pour réformer les fameux tests standardisés, nous nous sommes rendus à la conférence, raconte Mme Kievits. C'était à Bucarest, en octobre 2008."

La petite délégation de trois apiculteurs assiste donc à la réunion. Première surprise, raconte Janine Kievits, "les discussions commencent par une allocution pour remercier les généreux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont". Contacté par Le Monde, le groupe de travail de l'ICPBR sur la protection de l'abeille confirme le soutien financier des principaux fabricants de pesticides. Mais ajoute que la source principale de financement était les frais de participation à la conférence. Et que "sans ces financements extérieurs, le montant des frais de participation aurait été plus élevé", empêchant ainsi "une participation maximale de délégués non issus de l'industrie".

"C'ÉTAIT À TOMBER MORT !"

Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. "Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque présenté revenait à définir un produit comme 'à bas risque' dès lors que l'abeille n'est pas exposée à la "dose létale 50" chronique [qui tue 50 % d'une population exposée sur une longue période]. Donc le produit est 'à bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'était simplement incroyable. C'était à tomber mort !"

Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilité d'envoyer des commentaires, dans l'espoir de fairechanger les recommandations finales du groupe de travail. "Nous avons adressé nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n'a été retenu", explique Mme Kievits. Ces mêmes critiques ont été adressées, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l'EPPO. Aucune n'a répondu, à l'exception de l'Agence suédoise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux écotoxicologues de l'agence scandinave disent adhérer "pleinement " aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs...

Pourquoi l'ICPBR n'a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? "Les recommandations finales du groupe sont basées sur une approche de consensus, avec l'obtention d'un accord en séance plénière", explique-t-on à l'ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l'organisation entre les mains de l'industrie. Car l'ICPBR est ouverte à toute participation et les firmes agrochimiques y sont très représentées. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l'abeille, trois étaient salariés de l'industrie agrochimique, une était ancienne salariée de BASF et une autre future salariée de Dow Agrosciences.

CONFLITS D'INTÉRÊTS

Au cours de sa dernière conférence, fin 2011 à Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont été constitués sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous dominés par des chercheurs en situation de conflits d'intérêts. La participation d'experts employés par des firmes agrochimiques ou les laboratoires privés sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. Les autres membres sont des experts d'agences de sécurité sanitaires nationales ou, plus rarement, des scientifiques issus de la recherche publique. Les fabricants de pesticides jouent donc un rôle déterminant dans la conception des tests qui serviront à évaluer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.

En 2009, quelques mois après la conférence de Bucarest, les recommandations finales de l'ICPBR sont remises à l'EPPO. Mais avant d'être adoptées comme standards officiels, elles sont soumises à l'examen d'experts mandatés par chaque Etat membre de l'EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d'intérêts ? Sont-ils compétents ? Impossible de le savoir"La liste de ces experts n'est pas secrète : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n'est pas rendue publique", précise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adoptées par les Etats membres de l'organisation et publiées dans EPPO Bulletin.

Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l'expert représentant ce pays, issu du ministère de l'agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur...

Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une écotoxicologue de la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'agriculture) – qui représente la France à l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employée par l'agrochimiste Dow Agrosciences.

Stéphane Foucart

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voir aussi le fichier joint :

afssa_mortalite_abeilles.pdf