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19/04/2014

France. Une société où le pouvoir est de plus en plus éloigné du Peuple

à lire sur MEDIAPART :

L’ALERTE
Nantes: le chef de la police assume sans réserve les blessés par Flashball
PAR LOUISE FESSARD

Le bilan des blessés de la manifestation de Nantes contre l'aéroport ne cesse de s'alourdir. Trois hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers.

Interrogé par Mediapart, le directeur départemental de la sécurité publique assume: « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels».

29/03/2014

En France, deux morts par jour ...

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/14/enfants...

L'enfance maltraitée, ce n'est pas seulement une succession de faits divers effroyables mais apparemment isolés, comme l'affaire de la petite Marina Sabatier, morte en 2009 à l'âge de 8 ans sous les coups de ses parents, ou celles de ces bébés retrouvés dans des congélateurs (trois cas depuis mars).
 

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La maltraitance est "un phénomène de santé publique massif", estime l'épidémiologiste Anne Tursz, directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les conséquences sont graves, beaucoup d'enfants souffriront de handicaps, de troubles psychologiques – ou pourront à leur tour se livrer à la violence.

Le colloque organisé au Sénat vendredi 14 juin sous l'égide du sénateur (PS) André Vallini vise à faire comprendre l'enjeu. Mme Tursz, le pédopsychiatre Daniel Rousseau et la médecin Céline Raphaël, elle-même battue dans son enfance, tentent de faire reconnaître l'enfance en danger comme grande cause nationale. Les ministres de la justice Christiane Taubira, de l'éducation Vincent Peillon, de la famille Dominique Bertinotti et du droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem, ainsi que Valérie Trierweiler, qui se consacre à la cause de l'enfance, seront présents.

Le nombre d'enfants concernés est considérable. Combien exactement ? Impossible à dire. Les spécialistes parlent de "chiffre noir". Chacun sait désormais qu'en France, une femme meurt tous les deux jours battue par son compagnon, une donnée qui a permis d'inscrire le sujet dans l'agenda des politiques. Rien de tel pour l'enfance en danger. L'Observatoire de l'action sociale décentralisée (ODAS) évaluait à 98 000 le nombre de mineurs en danger en 2006, dont 20 % d'enfants victimes de violences physiques, psychologiques ou d'abus sexuels, et 80 % "en risque" (violences conjugales, enfants laissés seuls…). Cette enquête n'existe plus.

DÉCÈS SUSPECTS

Elle devait être remplacée par des données plus précises produites par l'Observatoire national de l'enfance en danger (ONED), créé en 2007. Ces informations font défaut, faute d'harmonisation des procédures entre départements. On sait seulement que 273 000 mineurs étaient suivis par l'Aide sociale à l'enfance au 31 décembre 2010, soit un peu moins de 2 % des moins de 18 ans. Ces chiffres, très élevés, sont probablement sous-évalués : les enfants non repérés n'y sont pas inclus.

Un article publié dans la revue médicale The Lancet en janvier 2009 évaluait à 10% en moyenne la proportion d'enfants maltraités ou négligés dans différents pays développés. La définition du danger retenue est "extensive", reconnaît cependant Mme Tursz. "Tout dépend du contexte culturel, observe Gilles Séraphin, directeur de l'ONED. La frontière entre une éducation "à l'ancienne" et la maltraitance peut être ténue." En France, aucune étude effectuée à partir des déclarations des adultes sur leur enfance n'a jamais été réalisée.

L'Inserm s'est donc penché sur la manifestation la plus tragique de la maltraitance : les infanticides. Pendant cinq ans, une importante enquête sur les décès suspects d'enfants de moins d'un an a été menée par cinq chercheurs dans les hôpitaux et les tribunaux de trois régions françaises – le Nord - Pas-de-Calais, l'Ile-de-France et la Bretagne –, représentant un tiers des naissances en France. Ce travail de terrain a conclu à une sous-évaluation considérable des infanticides dans les statistiques officielles.

En extrapolant les résultats, Mme Tursz aboutit au chiffre de 400 à 800 homicides de mineurs par an. Soit près de deux enfants en moyenne qui meurent chaque jour de violences infligées par des adultes, en général leurs parents. "Beaucoup de morts d'enfants ne font pas l'objet d'investigations suffisantes", estime Mme Tursz.

« DISSIMULATION »

Une réalité confirmée par Anne Laurent-Vannier, médecin de la rééducation, spécialiste du syndrome du bébé secoué, un geste très violent "négligé et méconnu" selon elle. "Celui qui reçoit l'enfant à l'hôpital ne pense pas à la violence, qui est dérangeante, explique-t-elle. On préfère croire à la chute." Dans l'enquête de l'Inserm, seuls 50 % des nourrissons déclarés victimes de "mort subite" avaient été autopsiés. Pourtant, ce diagnostic ne devrait être posé qu'après une autopsie excluant d'autres causes.

Les mêmes raisons qui conduisent à sous-estimer les infanticides entraînent un déficit de signalement des soupçons de maltraitance : impossibilité d'y croire, refus de s'introduire dans l'intimité des familles, crainte de déclencher une machine administrative et judiciaire infernale. "Il y a encore un tabou énorme autour de ces questions", affirme Me Agathe Morel, avocate de l'association Enfance et partage, récemment déboutée de sa plainte contre l'Etat dans l'affaire Sabatier.

Certains cas sont en outre difficiles à repérer"On peut avoir affaire à des adultes dont la capacité de dissimulation est au-delà de ce qu'on imagine", analyse Marie-Agnès Féret, chargée d'étude pour l'enfance et la famille à l'ODAS. Ces raisons sont avancées pour expliquer une réaction trop tardive dans le cas de Marina, ou celui d'enfants découverts le 17 avril dans une cave insalubre des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Comme l'amélioration de la connaissance du phénomène, le repérage précoce des enfants est une priorité pour les spécialistes réunis au Sénat. Les personnels de santé doivent être sensibilisés.

Alors que l'éducation nationale est la première source de signalements d'enfants à la justice, les médecins alertent peu, faute de formation. Le grand public, qui peut appeler le 119 (numéro anonyme et gratuit) en cas de doutes, est aussi visé. "Les enfants ne vont pas être immédiatement emmenés dans un foyer, affirme M. Séraphin. Appeler ce n'est pas dénoncer, c'est partager une inquiétude."

08/02/2014

Vers une catastrophe nucléaire en France ?

à lire sur MEDIAPART :

Près de la moitié des réacteurs nucléaires sont menacés par un phénomène d’usure des gaines de combustibles, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L'électricien s'est lancé dans un véritable bras de fer avec l'Agence de sûreté nucléaire sur le sujet. 

extrait :

... " Près de la moitié des réacteurs nucléaires en France sont menacés par un phénomène d’usure qui touche des gaines de combustibles, victimes de corrosion à force d’usage, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) envisage des mesures de restriction d’exploitation pour prévenir les risques de rupture de ces enveloppes métalliques. Leur tenue est essentielle au bon fonctionnement des centrales atomiques car les gaines de combustibles assurent la première barrière de sûreté du système. Mais ces dispositions sont contestées par le groupe qui les juge trop contraignantes. L’ASN doit rendre un avis sur ce sujet dans les jours à venir. " ...

24/09/2013

Refusez le compteur LINKY ...

... sinon vous risquez de le regretter !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/24/l-ufc-que-choisir-denonce-les-couts-caches-du-compteur-intelligent-linky_3483413_3234.html

LE MONDE | 24.09.2013 à 10h59 • Mis à jour le 24.09.2013 à 17h27 |Par Gilles Paris

Le compteur d'électricité intelligent est-il duplice ? L'association de consommateurs UFC-Que choisir semble pencher pour l'affirmative. Elle publie, mardi 24 septembre, une enquête virulente consacrée aux surcoûts qui seront engendrés, selon elle, par l'installation à venir, dans 35 millions de foyers, des nouveaux compteurs Linky.

Ces derniers, communicants, permettent d'échanger à distance des données et des ordres sans l'intervention d'un technicien. Ils ouvrent la voie à une modification profonde des usages de l'électricité, dont le centre de recherche Concept Grid, installé par EDF sur son site des Renardières, à Ecuelles (Seine-et-Marne), commence à donner un aperçu. L'installation des compteurs Linky relève de la compétence d'une filiale d'EDF, Electricité réseau distribution France (ERDF), principal gestionnaire du réseau français. A ce jour, 300 000 compteurs ont d'ores et déjà été déployés dans deux zones tests complémentaires : le département d'Indre-et-Loire et Lyon.

Selon l'association UFC-Que choisir, les installations annoncées comme gratuites d'appareils qui devraient permettre d'économiser de l'énergie grâce à une meilleure information risquent pourtant d'engendrer un surcoût pour les consommateurs estimé à 545 millions d'euros.

"REMISE À PLAT"

"55 % des consommateurs sont actuellement mal équipés, assure Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs. Une partie d'entre eux paient un abonnement pour une puissance dont ils n'ont pas besoin, alors que les autres bénéficient en revanche d'une puissance supérieure à celle à laquelle ils ont souscrit. L'installation des compteurs Linky va entraîner une remise à plat. Nous n'y trouvons rien à redire, à condition que les consommateurs n'aient pas à payerpour un déficit de conseil."

Selon l'UFC-Que choisir, les premiers – ceux qui paient un abonnement pour une puissance dont ils n'ont pas besoin – devront en effet s'acquitter du prix de l'intervention nécessaire pour modifier la puissance de leur compteur alors que les seconds – bénéficiant d'une puissance supérieure à celle à laquelle ils ont souscrit – paieront en outre un abonnement plus élevé pour conserver la même puissance électrique.

"Une modification de puissance nécessite un déplacement qui fait l'objet d'un tarif validé par la Commission de régulation de l'énergie, explique Marc Boillot, directeur stratégie et grands projets d'ERDF. Mais, sur les 300 000 compteurs Linky déjà installés, l'augmentation de puissance n'a concerné que 0,88 % des foyers." Un chiffre bien éloigné de celui obtenu par UFC-Que Choisir.

Quant à l'existence d'une différence entre la puissance prévue et celle distribuée,"les origines peuvent être multiples ", estime le responsable d'ERDF. "Cela peut être une erreur au moment de l'installation, ou bien relever de la fraude. Mais il s'agit alors d'une anomalie qui n'a rien à voir avec l'installation de Linky", précise-t-il.

Pour éviter ce renchérissement du coût de l'énergie qu'elle dénonce, UFC-Que Choisir prône deux mesures. Tout d'abord, la gratuité de la prestation de changement de puissance pendant deux ans, le temps de parvenir à la mise à plat des abonnements imposée par le nouvel équipement.

L'association de consommateurs prône aussi l'instauration d'une grille tarifaire plus fine que les actuels changements de paliers de 3 kilowatts (kW). "Linky permettra d'avoir des évolutions de puissance kW par kW, au lieu des tranches actuelles, assure de son côté M. Boillot, même si cette offre tarifaire n'existe pas pour l'instant."

06/03/2013

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

L’Académie de médecine a apporté hier son soutien à la semaine de 4,5 jours que souhaite mettre en place le ministre de l’Education, Vincent Peillon, indique Aujourd’hui en France. Elle a expliqué que « la semaine de 4 jours est un contresens biologique qu’il faut abolir en aménageant le temps scolaire sur quatre jours et demi ».

Selon elle, la vie scolaire est « aujourd’hui un facteur déterminant de la fatigue exprimée par l’enfant, source de difficultés de concentration et d’apprentissage, d’irritabilité et d’agressivité, voire d’échec scolaire ».

L’Académie préconise que les enfants aient cours le samedi matin plutôt que le mercredi et demande de limiter « le temps de travail quotidien à l’école de 4h30-5 heures en fonction de l’âge de l’enfant ».

Elle estime par ailleurs que « les devoirs et les leçons actuellement faits à la maison doivent être inclus dans le temps scolaire ».

Aujourd’hui en France, 06/03

22/02/2013

Le contrôle de l'usage de l'alcool et des stupéfiants dans la police

Stupéfiant !

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Le projet d’arrêté prévoyant des contrôles inopinés d’alcool et d’usage de stupéfiants dans la police a été « reporté » en vue de « permettre la consultation et la concertation des syndicats » de police et « des médecins de prévention », selon une source proche du dossier citée par l’AFP.

AFP, RMC Info, 21/02

24/01/2013

Gaz de schiste : au BRGM la communication se fait par l'intermédiaire d'une agence privée

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/24/gaz-de-schiste-co2-silence-dans-les-rangs-au-brgm_1822042_3244.html

Gaz de schiste, CO2 : silence dans les rangs au BRGM

LE MONDE | 24.01.2013 à 12h38 • Mis à jour le 24.01.2013 à 12h57 Par Stéphane Foucart

Une grande tension s'est installée entre la presse scientifique française et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), suspecté de censurer ses chercheurs.

Sylvestre Huet, président de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI) , et journaliste à Libération, a adressé, mi-janvier, une protestation écrite à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, déplorant un "comportement inacceptable du BRGM dans ses relations avec les journalistes".

L'affaire a éclaté après que plusieurs membres de l'AJSPI se sont plaints de difficultés à interroger des scientifiques de l'"établissement public spécialiste des applications des sciences de la Terre" sur des sujets comme le gaz de schiste ou le stockage géologique du dioxyde de carbone (CO2).

QUESTIONS ÉCRITES

En particulier lorsque le projet européen de séquestration de CO2 Ulcos était censé permettre de maintenir en fonctionnement les hauts-fourneaux de Florange (Moselle), plusieurs journalistes demandant des informations techniques se sont vu interdire l'accès aux chercheurs du BRGM.

 
 

Chose inhabituelle pour un organisme de recherche, le service de presse de ce dernier est assuré par Hill + Knowlton, une agence de relations publiques. D'après des échanges de correspondance rendus publics par l'AJSPI, Hill + Knowlton demande aux journalistes d'envoyer des questions écrites, y compris sur des sujets purement techniques comme le stockage du CO2...

En 2011, l'AJSPI voulait organiser une rencontre avec des scientifiques du BRGM sur le thème du gaz de schiste : impossible. Une confirmation d'information sur les ressources aurifères en France ? Impossible. Une réaction de géologues après la condamnation de leurs confrères italiens dans le procès de L'Aquila ? Impossible. Un chercheur de l'institution est joint directement ? Il demande aussitôt au journaliste de passer par Hill + Knowlton, faute de quoi il ne peut s'exprimer, même sans être cité... "La plupart du temps, les relations avec les journalistes se passent bien", répond-on cependant à l'agence.

NON-COMMUNICATION

Pierre Vassal, directeur de la communication du BRGM, assure que "les chercheurs du BRGM sont libres de s'exprimer, dans le respect des partenariats qui existent avec d'autres structures".

Sur nombre de sujets, l'organisme travaille en effet avec des entreprises. Des courriels internes datés du 14 janvier cités par le président de l'AJSPI sur son blog, et que Le Monde a pu consulter, montrent pourtant que la présidence du BRGM assume pleinement sa politique de communication – ou de non-communication. "N'importe quel journaliste ne peut pas joindre n'importe quel chercheur comme cela", précise dans un message interne le président de l'organisme, qui ajoute : "Organisme public ne veut pas dire que l'on est obligé de communiquer au public."

Pourtant, selon l'entourage de la ministre Geneviève Fioraso, "le BRGM est soumis aux mêmes règles de communication que les autres organismes publics de recherche".

Stéphane Foucart

01/12/2012

Rail : Contestation de la liaison Lyon-Turin

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/01/la-liaison-lyon-turin-de-plus-en-plus-contestee_1798743_3244.html

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La liaison Lyon-Turin de plus en plus contestée

LE MONDE | 01.12.2012 à 11h51 Par Rémi Barroux

La grogne monte contre la ligne ferroviaire Lyon-Turin, censée favoriser le ferroutage de part et d'autre des Alpes. Cette contestation qui s'étoffe ouvre, après l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle ligne de front entre les écologistes et le gouvernement. Car François Hollande et Jean-Marc Ayrault entendent mener à bien, coûte que coûte, les deux chantiers, inscrits dans la politique de transport et d'aménagement du territoire.

Le chef de l'Etat français et le président du conseil italien, Mario Monti, devraient réaffirmer, à l'occasion du sommet France-Italie qui se tient à Lyon lundi 3 décembre, l'intérêt du projet transalpin.

Le 28 novembre, lors du conseil des ministres, dans la continuité des engagements pris par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé un projet de loi "autorisant l'approbation de l'accord pour la réalisation et l'exploitation d'une nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin".

Les opposants – écologistes, associations de défense de l'environnement, agriculteurs et élus locaux – ont fait connaître leur détermination à bloquer le projet lors d'un "avant-sommet" qui s'est tenu vendredi et samedi à Lyon.

PLUS LONG QUE LE TUNNEL SOUS LA MANCHE

Le député européen José Bové, également très en pointe dans la bataille de Notre-Dame-des-Landes, et plusieurs élus d'Europe Ecologie-Les Verts devaient être présents.

Le Lyon-Turin est un chantier titanesque, plus long que le tunnel sous la Manche, et très complexe compte tenu du relief et de la géologie. Aujourd'hui, seuls 10 % des marchandises traversent les Alpes entre la France et l'Italie par le rail, contre 60 % en Suisse et 30 % en Autriche.

Les partisans du projet mettent donc en avant sa forte ambition environnementale qui permettra de réduire le trafic routier et ses nuisances. Tout en renforçant la sécurité.

Les "anti" qu'ils soient français, suisses ou italiens, tentent de fédérer leurs forces. Les Français devaient ainsi recevoir le soutien de leurs homologues italiens, plus virulents, qui comptent manifester lundi à Lyon et dont plusieurs militants étaient bloqués à la frontière samedi matin.

"SUSPICION DE CONFLIT D'INTÉRÊTS"

Globalement, ils réclament des mesures préalables, comme en Suisse, où le transport routier a été fortement taxé, et estiment que la ligne historique, celle qui passe par le tunnel du Mont-Cenis est suffisante pour assurer le fret, en forte diminution. Ils dénoncent "les désastres environnementaux", et plus précisément "les conflits d'intérêts et les rapports douteux" ainsi que les coûts "exorbitants " du futur tunnel.

Le député (UMP) de Savoie et maire d'Aix-les-Bains, Dominique Dord, a ainsi exprimé son doute sur "les informations officielles sur lesquelles nous fondons nos raisonnements et nos décisions", allant jusqu'à évoquer une "suspicion de conflit d'intérêts au sein même de la commission d'enquête" publique.

Lancé lors d'un sommet franco-italien en 1991, le projet est aussi un casse-tête financier. Le coût du tunnel dit "de base" entre l'Italie et la France, a été d'abord évalué à 8,5 milliards d'euros. Mais, selon la Cour des comptes qui a adressé, en août, à Jean-Marc Ayrault un référé sur le projet, les "coûts prévisionnels sont en forte augmentation".

L'estimation du coût global est passée de 12 milliards d'euros, en comptant les accès au tunnel côté français, à "26,1 milliards d'euros". Et de regretter que "d'autres solutions alternatives moins coûteuses ont été écartées sans avoir été explorées de façon approfondie".

IL FAUT AUSSI INVESTIR DANS LES TRAVAUX D'ACCÈS

L'Elysée et le gouvernement sont conscients du problème que représente le financement du projet, surtout en période de recherche d'économies. A Lyon, François Hollande devrait appeler l'Union européenne au secours et lui demander de maximiser son financement. Soit 50 % du coût des travaux préparatoires et 40 % des travaux définitifs. Rien de sûr. L'allocation de ces sommes dépend du futur budget européen 2014-2020, lui aussi soumis aux lois de la rigueur. Sans ces engagements, avance-t-on au gouvernement, "il sera impossible de conclure".

Outre le financement du tunnel lui-même, il faut aussi investir dans les travaux d'accès et la mise en cohérence du schéma de transport, notamment le contournement du Grand Lyon.

Des milliards d'euros qui reposeront sur l'Etat français et les collectivités territoriales. Si les partisans du projet, conscients du problème financier, veulent dissocier les deux étapes du projet Lyon-Turin, beaucoup reconnaissent qu'elles sont complémentaires et indispensables à la cohérence globale. Une partie des enquêtes d'utilité publique sur ces travaux "franco-français" est en cours.

Les opposants entendent bien batailler ferme à cette occasion. La mise en service du tunnel, prévue pour 2023, pourrait être repoussée à 2028-2029.

lire aussi sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/07/liaison-ferroviaire-fret-et-tgv-entre-lyon-et-turin-la-cour-des-comptes-s-invite-dans-le-debat_1786937_3234.html

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Liaison ferroviaire fret et TGV entre Lyon et Turin : la Cour des Comptes s'invite dans le débat

LE MONDE | 07.11.2012 à 11h37 • Mis à jour le 07.11.2012 à 15h30 Par Philippe Jacqué

A mesure que l'on se rapproche du sommet franco-italien du 3 décembre à Lyon, qui doit donner le top départ du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, via un nouveau tunnel de 57 km sous les Alpes à partir des quatre galeries déjà creusées, la tension monte.

Après la demande des Verts, fin octobre, d'un report sine die de ce chantier, les promoteurs et les opposants de la nouvelle ligne mixte fret et voyageurs (à grande vitesse à l'horizon 2035) se réunissaient mercredi 7 novembre.

 

Les pour se sont donné rendez-vous au Sénat pour un séminaire qui devrait en appeler au président de la République. Les contre se retrouvent pour leur part à Montluel dans l'Ain. Dans leur combat, ils peuvent désormais compter sur un nouvel allié : la Cour des comptes, qui est partie en croisade ces derniers mois contre tous les grands projets d'infrastructure coûteux.

"RISQUE DE SATURATION"

Dans un référé, un avis consultatif à destination du gouvernement rendu public lundi, les magistrats financiers regrettent le pilotage d'un projet, lancé officiellement en 2001 pour 2025, qui ne répond pas "aux exigences de rigueur nécessaires à une opération de cette ampleur et de cette complexité".

Pis, la Cour souligne le dérapage du coût prévisionnel du Lyon-Turin, qui est passé de 12 milliards d'euros en 2002, à 26,1 milliards d'euros, réévalués cette année.

L'institution de la rue Cambon estime également que "les prévisions de trafic établies dans les années 1990, qui envisageaient la poursuite d'une forte croissance, ont été fortement remises en cause depuis. Le risque de saturation des infrastructures existantes n'est aujourd'hui envisagé qu'à l'horizon 2035", rendant de fait le projet inutile...

Enfin, critique la Cour, "la mobilisation d'une part élevée de financements publics se révèle très difficile à mettre en oeuvre dans le contexte actuel". La Cour "dénonce les grossières sous-évaluations des coûts, les prévisions de trafic fantaisistes et surévaluées", assure la coordination contre le projet Lyon-Turin, qui exige la fin des travaux préparatoires déjà engagés.

Dans sa réponse aux magistrats, le premier ministre défend la pertinence du projet : "Même dans des perspectives de trafic dégradées, le besoin d'une infrastructure performante entre la France et l'Italie est avéré pour aboutir à un report modal substantiel." Des mesures sont d'ailleurs promises pour obliger les poids lourds à utiliser le nouveau tunnel ferroviaire, notamment ceux qui passent la frontière par Vintimille, à l'est de Nice.

NOUVEAUX AMÉNAGEMENTS

Jean-Marc Ayrault réfute, par ailleurs, tout dérapage financier excessif de ce projet qui fait l'objet d'un traité international avec l'Italie. Le coût du seul tunnel reliant la France à l'Italie est passé de 8 à 8,5 milliards d'euros en dix ans. Le reste du projet, notamment la partie italienne, a certes augmenté, du fait d'un changement de tracé, mais il sera à la charge de l'Italie.

En France, les accès aux tunnels sont évalués par Réseau ferré de France (RFF) à 11,4 milliards d'euros. Cette somme, qui sera dépensée par phase, inclut aussi de nouveaux aménagements ferroviaires pour le réseau rhône-alpin.

Quant au tunnel international, minimise Jacques Chiron, sénateur (PS) de l'Isère et l'un des promoteurs du Lyon-Turin, "le coût pour la France sera limité à 2 milliards d'euros". L'Italie contribuera à hauteur de 3 milliards, alors que la Commission européenne devrait s'engager sur les 3,5 milliards restants. L'Union européenne a, en effet, fait de cet axe européen est-ouest une priorité, complémentaire à l'axe nord-sud.

Après avoir longtemps buté sur une forte opposition locale, celle des No TAV notamment, l'Italie a depuis amendé son projet. Mieux, mi-octobre, le gouvernement de Mario Monti a inscrit, dans son budget triennal 2013-2015, 790 millions d'euros pour sa phase d'étude.

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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART (demandez moi l'article si vous n'êtes pas abonné):

Lyon-Turin: l'énorme projet projet ferroviaire concentre toutes les critiques
PAR JADE LINDGAARD

Par quel mystère, en pleine disette d’argent public, la France et l’Italie s’apprêtent-elles à dépenser plusieurs milliards d’euros pour construire un tunnel dont l’utilité est contestée par les services de l’Etat ? Quête désespérée de croissance économique et d’emplois, assurance bureaucratique, pantouflage, conflits d’intérêt… comme un parfum de Notre-Dame-des-Landes.

Lire la suite

 

16/07/2012

Marchands d'eau, Lyonnaise des eaux, lobbying

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/2012/07/13/la-com-croupie-de-la-lyonnaise-des-eaux_833293

La com croupie de la Lyonnaise des eaux

Récit La filiale de Suez a engagé un cabinet pour décrédibiliser l’action d’un élu de l’Essonne qui a remunicipalisé la distribution de l’eau.

Par Renaud Lecadre

Certains marchands d’eau semblent prêts à tout pour préserver leur pré carré. C’est toute l’histoire de la Lyonnaise des eaux (filiale de Suez environnement), déclenchant une opération noire contre un élu de l’Essonne, Gabriel Amard. Ce membre du Parti de gauche, président du syndicat intercommunal des Lacs de l’Essonne (regroupant Grigny et Viry-Châtillon), avait eu le toupet d’instaurer une régie publique afin de remunicipaliser la distribution d’eau. Les accablantes révélations de Marianne2.fr, qui, la semaine dernière, dévoilait le dessous des cartes, n’ont pas fini de faire des vagues.

Fin 2011, après un référendum local ratifiant dans l’enthousiasme général (95% de oui) le retour en régie, la Lyonnaise passait contrat avec le cabinet Vae Solis, autoproclamé spécialiste en «communication et gestion de crise». Cahier des charges : «Limiter, réduire et discréditer sur le fond la communication agressive et néfaste» de Gabriel Amard sur la gestion publique de l’eau. Vaste programme.

Cible. L’opération démarre piano : «Publication de quelques articles dans la presse pour dénoncer la démarche de la mairie de Viry.» De la simple communication d’influence auprès des «journalistes concernés par le secteur» - Libération n’a pas eu l’honneur de recevoir leur prose… Puis Vae Solis passe un cran au-dessus en proposant à la Lyonnaise une «nécessaire riposte digitale». Ce sera la création d’un blog intitulé Monvirynature, officiellement créé par un écolo local mais alimenté en coulisse par Vae Solis et la Lyonnaise. Suivie d’une «republication de son contenu sur les réseaux sociaux» - car Monvirynature tweete à mort.

La cible n’est pas seulement Gabriel Amard en tant que tel. Au nom de son agglo, il a certes remunicipalisé la distribution d’eau, mais reste tributaire de la Lyonnaise en matière d’approvisionnement. A terme, d’ici à 2013, il envisage de se raccorder au réseau d’Eau de Paris, la capitale disposant d’une régie totalement autonome. Dès lors, Monvirynature va se mettre à pester contre la qualité de l’eau parisienne. Un de ses posts, titré «Des nitrates à Paris ?», se conclut par : «Le doute existe pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.» Anne Le Strat, adjointe du maire de la capitale et présidente d’Eau de Paris, s’en indigne : «C’est grotesque, on est largement en dessous des normes.» Mais la Lyonnaise, via Vae Solis, pardon, Monvirynature, pinaille au motif que «le taux moyen peut varier selon les quartiers et flirter, dans certains cas, avec la norme».

Dans son étrange cahier des charges, Vae Solis promettait de «mettre en forme et diffuser des notes blanches», terme réservé aux services de renseignements, «afin de ne pas exposer la Lyonnaise des eaux». Leurs destinataires ? «Les principales figures de l’opposition locale.» On songe immanquablement à Yves Jégo, député de droite de Seine-et-Marne, vent debout contre la politique de l’eau de la capitale, qu’il accuse de «pomper chez nous 50 millions de m3 sans contrepartie : Paris ne paie aucune redevance et Delanoë vient d’annoncer une baisse de 8% du prix de l’eau pour les Parisiens. C’est une honte.» Anne Le Strat répond point par point: «C’est vrai qu’on va chercher de l’eau dans les départements alentours, mais tout comme Suez et Veolia», ces grands oubliés de la diatribe.

«Violence». Vae Solis a également facturé à la Lyonnaise une «médiatisation spontanée dans la continuité des interventions d’Yves Jégo». Soit 65 000 euros, plus un éventuel «success fee» de 45 000 euros si son action souterraine parvenait à torpiller les négociations sur le raccordement des Lacs de l’Essonne au réseau parisien. On n’en prend pas le chemin : «En dépit de ce mauvais film, nous continuons à travailler sur un éventuel raccordement», souligne Anne Le Strat.

Le bilan final est désastreux. Le cabinet Vae Solis se flattait d’une «capacité d’influence réelle et démultipliée» en vue de la «gestion de l’image, priorité stratégique» de ses clients. Celle de la Lyonnaise est durablement écornée : sa direction nationale vient de désavouer sa filiale francilienne, signataire de l’étrange contrat Vae Solis, en «condamnant vigoureusement une initiative locale et isolée». Mais Gabriel Amard s’indigne de «pratiques occultes qui témoignent de la violence que les multinationales de l’eau sont capables de mettre en œuvre».

Le site internet de Vae Solis n’affiche qu’une seule actualité récente. Non pas pour se défendre de tout scandale, mais pour se «féliciter» de la nomination de son directeur général et pilote de l’opération, Antoine Boulay, comme chef de cabinet et conseiller personnel du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll (1). Ils auront l’occasion de discuter nitrates, entre autres.

(1) Déjà membre du QG de Ségolène Royal en 2007, Antoine Boulay a aussi épaulé la campagne 2012 de François Hollande comme conseiller pour l’opinion.

03/04/2011

Electricité, gaz, téléphone: des tarifs sociaux bien planqués

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012329117-electricite-gaz-telephone-des-tarifs-sociaux-bien-planques

Electricité, gaz, téléphone: des tarifs sociaux bien planqués

DECRYPTAGE

Les tarifs sociaux, censés alléger les factures des plus démunis, se multiplient. Mal connus, mal appliqués, ils ne servent pas à grand chose. 

Et voilà, les prix du gaz augmentent encore, de 5,2% cette fois. Soit une hausse de plus de 20% en un an. Quant aux tarifs de l'électricité, ce n'est pas vraiment mieux. Selon Les Echos, EDF réclame une hausse de 30% d'ici 2015. «Dans l'ensemble, depuis cinq ans, on constate une augmentation des prix des services essentiels, dont on ne peut pas se passer. Que ce soit le gaz, l'électricité  mais aussi le fioul, l'essence, l'ADSL, les assurances...», énumère Thierry Saniez de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).

Comme pansement social à ces hausses, les politiques, de droite comme de gauche, brandissent les tarifs sociaux, censés alléger les factures des plus démunis. Ils existent déjà pour l'électricité, le gaz et le téléphone fixe. Le Premier ministre, François Fillon, en a promis un (il y a plus d'un an) pour faciliter l'accès à Internet. Le Parlement vient de voter une loi instaurant un tarif social de l'eau. Quant à Yves Cochet (Verts), il veut dupliquer l'idée pour les prix des carburants. Efficace?

L'idée est bonne mais en pratique le fonctionnement n'est pas satisfaisant. Revue des principaux problèmes. Et pistes de solutions.

La galère pour y accéder

Prenez le tarif première nécessité (TPN), mis sur pied par EDF en 2004 et le tarif spécial de solidarité (TSS) valable pour le gaz. Pour en bénéficier, il faut être éligible à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Sauf que cela n'a rien d'automatique. La caisse primaire d'assurance maladie envoie un formulaire aux personnes concernées. Complexe, comme tous les formulaires, avec une mention spéciale sur le nombre de chiffres à recopier. «Cela multiplie les risques d'erreur, sans compter les documents qui se perdent, ceux qui ne sont pas envoyés à la bonne adresse... Et tous ceux qui n'ont pas de factures en leur nom, qu'ils vivent chez des proches ou en concubinage», explique Stéphane Mialot, directeur des services du médiateur de l'énergie.

Pour le téléphone fixe, France Télécom propose depuis plus de dix ans une réduction sur l'abonnement de base. Sont éligibles cette fois les personnes touchant le RSA (revenu de solidarité active), l'allocation adulte handicapé ou l'allocation de solidarité spécifique (pour les chômeurs en fin de droits). Aucun courrier n'est envoyé pour informer les bénéficiaires potentiels. Ceux qui par chance sont au courant doivent demander un formulaire au Pôle emploi.

C'est l'un des gros points noirs de ces tarifs sociaux, ils sont peu connus. «Il faut dire que les entreprises ne communiquent pas beaucoup sur le sujet. On avait mené l'enquête il y a quelques années sur les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz, peu de travailleurs sociaux en avaient connaissance», rapporte Pierre Mazet, de l'observatoire du non recours aux droits et services.

Très peu de personnes en bénéficient 

L'écart entre les bénéficiaires potentiels et réels est important. Pire, il se creuse. L'année dernière, le nombre de ménages profitant du TPN (électricité) a chuté, et pas qu'un peu. Ils étaient 940.000 fin décembre 2009 et seulement 625.000 (-33%) en 2010. Comment expliquer cette baisse? EDF plaide la bonne foi, disant ne pas avoir d'explication. La nécessité de refaire chaque année la demande (et donc la paperasse) serait un élément d'explication.

Quoi qu'il en soit, ces chiffres sont le signe du mauvais fonctionnement de ces tarifs sociaux. On estime à deux millions le nombre de personnes éligibles au TPN et à un million pour le tarif spécial du gaz (contre 300.000 dans les faits).

Concernant le téléphone, même constat. Quelque 330.000 clients bénéficient de la réduction sur l'abonnement à la ligne fixe. «Leur nombre baisse mais c'est normal, il suit l'évolution des abonnements de ligne fixe. Les gens préfèrent le portable», assure-t-on chez France Télécom qui se targue de proposer depuis un an et demi — «avant nos concurrents et avant que le gouvernement nous le demande» — un forfait mobile spécial RSA. Sauf que là, encore, ils sont très peu à en bénéficier, à peine 4.500.

Pas du tout à la hauteur des factures

Dans le cas du forfait mobile d'Orange, c'est 10 euros par mois pour 40 minutes de communication et 40 SMS. Sachant qu'une fois le temps épuisé, il faut racheter des recharges au prix fort. Quand on sait que les premiers forfaits classiques commencent à 15 euros par mois... On comprend mieux que peu de personnes fassent les démarches.

Pour l'électricité, c'est encore pire. «Le tarif première nécessité ne couvre pas du tout les frais de chauffage. Il a été pensé pour garantir le minimum de lumière et le fonctionnement du frigo», indique Stéphane Mialot. Le TPN n'offre qu'une réduction sur l'abonnement et sur les 100 premiers kWh consommés chaque mois. C'est très peu. Cela revient à une économie d'environ 88 euros par an! C'est rien du tout quand on sait que la facture moyenne d'électricité est de 600 euros par an, et monte facilement à 1000 euros quand on utilise un chauffage électrique. «Or, souvent les personnes dans le besoin vivent dans des appartements mal isolés avec des radiateurs électriques», rappelle comme une évidence Stéphane Mialot.

Comment améliorer

Première idée, valable pour le gaz et l'électricité: automatiser l'application des tarifs sociaux pour éviter la case paperasse. «Cela fait des années que cette mesure de bon sens est imminente, on attend toujours», ironise Pierre Mazet. «Concrètement, on voit mal comment cela va fonctionner, estime Stéphane Mialot. Encore faudrait-il que les fichiers des adresses soient à jour... Et cela ne résout pas tout : quand la personne n'a pas de facture à son nom, elle n'a pas droit à l'aide.»

L'association de consommateur CLCV milite pour une solution plus radicale : «Repenser le système, réfléchir à un dispositif global plutôt que de multiplier comme ça les tarifs sociaux pour colmater les trous, juge Thierry Saniez. On a fait des propositions, elles sont sur la table. Maintenant, cela relève d'un choix politique. Veut-on, oui ou non, garantir l'accès pour tous aux services essentiels?»