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29/07/2016

Le tout diesel pour économiser l'énergie ? Une belle arnaque !

lu sur :

Enquête inachevée sur les véhicules diesel

Le Monde -

Rapport retardé, investigations incomplètes : les travaux de la commission sur la réalité des émissions polluantes des véhicules diesel circulant en France, mise en place par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, sont vivement critiqués par des ONG.

Alors que les instances similaires britannique et allemande, créées à la suite du scandale Volkswagen – qui a reconnu avoir sciemment triché sur la réalité des émissions polluantes de ses véhicules –, ont déjà publié leur compte rendu, en avril, la présentation des conclusions de la commission Royal, initialement prévue en juin, remise une première fois au 22 juillet, a de nouveau été reportée. Ce sera pour le lundi 1er août, assure-t-on au ministère de l’environnement.

Les ONG France nature environnement (FNE) et Réseau action climat (RAC) craignent que le rapport sorte en toute discrétion dans la torpeur de l’été, sans que sa version finale puisse être relue par l’ensemble des membres de la commission dont elles font partie. Or, elles s’inquiètent des conclusions qui seront tirées.

Dévoilées en avril, les analyses effectuées sur 52 premiers véhicules – 100 véhicules devaient être testés – ont montré que la majorité des modèles dépassaient les normes pour le CO2 et les oxydes d’azote. Ces dépassements, en conditions réelles de conduite, pouvaient atteindre pour certains véhicules de trois à dix fois les plafonds autorisés. Mais ces tests n’établissaient pas, précisait alors le ministère, l’existence de logiciels permettant la fraude tels que celui employé par Volkswagen.

Lire aussi :   Diesel : aucun constructeur ne respecte les normes

« Lorsque l’on voit que même sur les tests classiques d’homologation, en laboratoire, il peut y avoir des écarts importants, jusqu’à 2,5 fois au-dessus de la norme – y compris pour des voitures de la toute dernière norme Euro 6 –, des investigations plus poussées sont nécessaires avant d’affirmer qu’il n’y a pas de logiciel truqueur, affirme Charlotte Lepitre, de FNE. D’autant que les explications données par les constructeurs sont restées très lacunaires. »

Un autre membre de la commission, Eric Horlait, directeur général délégué de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), un établissement public sous la tutelle des ministères de la recherche et de l’industrie, partage ce constat : « La commission a fait un travail intéressant, révélant que presque tous les véhicules dépassaient les normes et pour certains de façon très importante. Ce qui, en soi, pour les citoyens, est inquiétant. Mais elle n’a pas gratté jusqu’au bout. On ne peut conclure à l’absence de tricherie dans les logiciels car nous ne nous sommes pas donné les moyens de vérifier. »

« Nous ne savons pas comment
les logiciels sont faits »

Le principe des tests élaborés par l’UTAC Ceram, l’organisme de certification français, a certes consisté à faire en sorte qu’un éventuel système de fraude, installé sur les moteurs, ne puisse pas détecter que les véhicules se trouvent en phase de tests en laboratoire, comme c’était le cas sur les modèles Volkswagen. Mais la commission – présidée par Mme Royal, elle est composée d’experts du ministère, de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’organismes spécialisés dans l’environnement, d’ONG, d’associations de consommateurs et de parlementaires – n’a pas expertisé en tant que tels les logiciels qui équipaient les voitures testées.

« Il aurait pourtant été légitime d’engager une analyse des logiciels, d’autant que c’était la question qui était posée au départ et a suscité la mise en place de cette commission, comme d’ailleurs notre présence en son sein. L’objectif n’était-il pas de regarder si les véhicules comportaient ou non un système de leurre antipollution ? », interpelle Eric Horlait.

Lire aussi :   Trois questions sur les tests lancés par Ségolène Royal sur les véhicules diesels

Selon cet expert, pour mettre à l’épreuve les logiciels des voitures, il aurait été « techniquement tout à fait possible » d’organiser des tests sur une flotte réelle de véhicules en circulation, en exploitant les données massives ainsi recueillies. Les véhicules modernes, de plus en plus connectés, sont équipés de dispositifs de mesure qui pourraient permettre de vérifier que le système antipollution fonctionne tout le temps. « Nous n’avons même pas eu accès au code source et à la documentation des logiciels, les constructeurs se montrant réticents à nous les fournir. Nous ne savons donc pas comment ils sont faits », ajoute Eric Horlait.

Interrogé par Le Monde, le constructeur français Renault assure, sans autres commentaires, avoir « pleinement coopéré avec la commission Royal ». Si Mercedes dit ne pas avoir été interrogé lors de son audition sur les logiciels, chez Ford on reconnaît qu’« à deux reprises, la question a été posée, des membres de la commission soulignant qu’il serait utile d’avoir ces informations. Ce à quoi nous avons répondu les tenir à la disposition de l’UTAC et de la DGCCRF. Mais la commission n’a pas réitéré sa demande et a confirmé l’absence avérée de logiciel truqueur dans les modèles Ford ».

« Il y a une grave crise de confiance »

L’entourage de Ségolène Royal souligne que la démarche de la commission « relevait plus d’une opération de transparence que d’une enquête “judiciaire” ». « Il revenait aux constructeurs, lors de leur audition, de justifier les résultats observés sur leurs véhicules et de proposer un plan d’amélioration. La question du rôle joué par l’ordinateur de bord des voitures a toutefois été posée par des membres lors des discussions au sein de la commission et mériterait d’être approfondie », explique-t-on au ministère, tout en évoquant la possibilité de futurs travaux pour cette commission.

« Il y a une grave crise de confiance. Tous les citoyens réclament la transparence, insiste de son côté le sénateur (LR) des Alpes-Maritimes Louis Nègre, lui-même membre de la commission Royal. Dès lors, ces informations, comme le code source des logiciels qui relèvent du secret des affaires, devraient être mises à la disposition d’instances habilitées à en juger en toute confidentialité, de façon à rassurer les citoyens et à permettre aux constructeurs de retrouver leur crédibilité. »

Les organisations FNE et RAC rappellent aussi « l’impérieuse nécessité de faire preuve de transparence ». Alors que 86 véhicules ont été, à ce jour, testés par l’UTAC Ceram,  elles déplorent le fait que les membres de la commission n’aient toujours pas eu accès aux derniers résultats.


Laetitia Van Eeckhout
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/07/29/enquete-inachevee-sur-les-vehicules-diesel_4976199_1652666.html#AQersmqPF1TfvKQe.99

22/04/2016

La carte des victimes des pesticides en France

Première carte des victimes des pesticides
L’association Générations Futures a rendu publique la « première carte des victimes des pesticides », indiquent Le Parisien et La Tribune. Cette association a collecté depuis 2010 plus de 400 témoignages de riverains ou de professionnels victimes de nuisances ou de maladies. « Toutes les zones en culture intensive sont concernées », souligne-t-elle, mettant en avant la hausse du nombre de signalements. Générations Futures souligne que ces victimes ne sont pas des cas isolés, et souhaite faire évoluer la législation. La Tribune rappelle qu’en 2013 un rapport de l’Inserm a reconnu l’existence de « présomptions fortes ou moyennes » de lien entre l’exposition à des pesticides et de graves pathologies (lymphomes, cancers, Parkinson, Alzheimer, troubles de la fertilité,…).

Le Parisien, La Tribune, 22/04

 

Image pour le résultat associé aux actualités
Découvrez la carte de France inédite de victimes des pesticides ainsi que la Coordination nationale ... de France des victimes des pesticides
 

29/01/2016

Gaz de schiste : Total persiste , le pouvoir politique se soumet

communiqué :


Total vient de gagner son recours contre l'État : le tribunal administratif annule la décision du gouvernement Fillon qui en 2011 avait abrogé son permis de recherche d'hydrocarbures de Montélimar. Nouvelle preuve des failles de la loi votée en juillet 2011 que nous avons toujours dénoncées. Les opposants appellent déjà à manifester le 28 février à Barjac (Gard). Explications et perspectives, notamment quelques semaines après la fin de la COP21 :

27/09/2015

Il est plus facile d'être stupide et à courte vue qu'intelligent et prévoyant !

Ahhh ! Puissance des lobbies automobiles et pétroliers !

L’affaire Volkswagen remet sur le devant de la scène ce carburant plus polluant que l’essence, mais longtemps favorisé par les Français.

(il serait plus juste de dire : toujours favorisé par  les "décideurs" politiques et économiques")

Le patron de Volkswagen : « Je suis infiniment désolé » - Le Monde

www.lemonde.fr/.../le-patron-de-volkswagen-je-suis-infiniment-desole_ 4767968_1654940.html

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sur le même sujet :

Emmanuelle Cosse réclame une interdiction du diesel d'ici 2025 ...

www.liberation.fr/.../emmanuelle-cosse-reclame-une-interdiction-du-diesel-d- ici-2025_1389405

REPORTAGE La tête de liste Europe Ecologie-Les Verts en Ile-de-France a lancé sa campagne pour les régionales en s'appuyant sur le scandale des tests anti-pollution truqués de Volkswagen et pour faire oublier les divisions des Verts.

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UKFrance and Germany lobbied for flawed car emissions tests ...

www.theguardian.com/.../uk-france-and-germany-lobbied-for-flawed-car-emissions-tests-documents-reveal
 
8 hours ago ... UKFrance and Germany lobbied for flawed car emissions tests,documents reveal. Exclusive: Countries publicly calling for investigations into ...

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et sur MEDIAPART :

La grande hypocrisie des moteurs diesel -

Mediapart 

25 septembre 2015 

extrait :

Pour ne rien arranger, le quotidien britannique The Guardian a révélé le 24 septembre que les gouvernements allemand, britannique et français avaient fait du lobbying auprès de la Commission européenne pour rendre moins sévère la procédure de contrôle des émissions des voitures, qui doit être modifiée en 2017. Dans ce contexte, la hâte des gouvernements à faire aujourd’hui toute la lumière sur le scandale apparaît quelque peu de circonstance. Au demeurant, les Verts allemands dénoncent l’« hypocrisie » d’Alexander Dobrindt, le ministre des transports. Oliver Krischer, député des Grünen, estime que « le gouvernement est depuis des années au courant des manipulations des firmes automobiles » et que « le scandale actuel est le résultat d’une politique qui fait fi de la protection de l’environnement et des consommateurs ». Contacté par Mediapart, le bureau de Krischer précise : « Le problème est connu de nous et de la plupart des experts depuis des années, mais le gouvernement n’a rien fait contre ; nous pensons que d’autres constructeurs [que Volkswagen] utilisent des stratégies similaires, mais aucun nom n’a été mentionné. »

Alexander Dobrindt récuse les attaques des Verts. Mais plusieurs sources confirment que la pratique reprochée à Volkswagen par l’EPA, l’Agence de protection de l’environnement américaine, n’est pas un cas isolé. Le 10 septembre, avant que le scandale n’éclate aux États-Unis, l’ONG Transport & Environment (T&E) a publié un rapport sur la pollution automobile dont le message tient dans le titre : Don’t Breathe Here, « Ne respirez pas ici ». Selon ce rapport, les modèles récents de voitures diesel émettent cinq fois plus de particules et de gaz polluants que la limite autorisée par la nouvelle norme, dite Euro 6, entrée en vigueur début septembre. Sur 23 voitures testées, seules trois sont apparues conformes à la norme, et un modèle Audi a produit 22 fois plus d’émissions que la limite.

02/02/2013

"Nourri sans OGM" introuvable ! (ou presque)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/vous/article/2013/02/01/la-mention-nourri-sans-ogm-boudee-par-la-grande-distribution_1825805_3238.html

La mention "sans OGM" boudée par la grande distribution

Le Monde.fr avec AFP | 01.02.2013 à 09h21 • Mis à jour le 01.02.2013 à 10h24 

Un an jour pour jour après la publication du décret autorisant la mention "Nourri sans OGM" sur les produits d'origine animale, entré en vigueur le 1er juillet, une enquête menée par l'association UFC-Que choisir (*) démontre que ce nouvel étiquetage se fait très rare dans les grandes surfaces.

L'association de consommateurs UFC-Que choisir a dénoncé, jeudi 31 janvier, la trop faible présence dans les rayonnages des grandes surfaces de produits d'origine animale portant la mention "Nourri sans OGM", malgré la forte demande des consommateurs. La grande distribution, épinglée par l'association UFC-Que choisir pour bouder l'étiquetage "sans OGM" entré en vigueur l'été dernier, fait valoir des arguments techniques pour se justifier.

Selon son enquête dans 324 grandes surfaces, seules deux enseignes, Carrefour et Auchan, ont fait cet effort pour leurs produits de marques distributeurs, proposant tous deux "une véritable gamme de produits sans OGM".  Les autres "font quasiment l'impasse", souligne l'association, qui note également que la mention "sans OGM" ne porte que sur la volaille et les œufs, le porc, le poisson et parfois le veau.

LES FILIÈRES D'ALIMENTATION SANS OGM MENACÉES

"Est-ce qu'ils sont en train de faire des tests ou est-ce que cela ne les intéresse pas ?", s'interroge Olivier Andrault, chargé de missions au sein d'UFC-Que Choisir et responsable de l'enquête. "Il faut que les filières et les distributeurs se réveillent pour répondre à la demande des consommateurs", estime-t-il en réclamant "une nécessaire prise de conscience pour maintenir la diversité de choix". Car, insiste M. Andrault, les filières d'alimentation sans OGM sont "menacées". 

"Alors que la réglementation européenne imposait aux Etats membres de signaler les produits contenant des OGM, elle laissait à leur discrétion la possibilité de signaler les produits 'sans'", rappelle Anaïs Fourest, responsable du dossier OGM à Greenpeace France.

Globalement, il reste difficile pour le consommateur de savoirtrouver ces produits dans 86 % des magasins, faute de signalétique suffisante, note l'étude. Cela est "d'autant plus regrettable" que l'UFC ne relève pas de différence de prix avec les produits conventionnels, selon un relevé effectué entre les 14 et 18 janvier sur le site Internet de 1 653 magasins "drive" de la grande distribution.

(*) voir :

http://www.quechoisir.org/alimentation/ogm-biotechnologies/communique-disponibilite-du-nourri-sans-ogm-dans-les-grandes-surfaces-mention-peut-mieux-faire-!

"Nourri sans OGM" un étiquetage des aliments trop rare en grandes surfaces - UFC Que Choisir.pdf

22/03/2011

On n'arrête pas le progrès ... nucléaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/22/nucleaire-le-japon-avait-ete-alerte-d-irregularites-a-fukushima_1496991_3244.html

Nucléaire : le Japon avait été alerté d'irrégularités à Fukushima

De nouvelles révélations accablent Tepco, l'opérateur de la centrale de Fukushima, mais aussi les autorités de régulation du nucléaire.

02/03/2011

Trop d'antibiotiques dans l'élevage

à lire :

http://www.l214.com/20110301-Le-Parisien-nos-animaux-accr...

20/12/2010

Le MEDIATOR, un problème de NOTRE société

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/mediator-ce-poison-rembourse-a-65-18-12-2010-1276961_23.php

Mediator, ce "poison remboursé à 65 %"

  • Par Émilie Lanez            

  • Le Point - Publié le 18/12/2010 à 13:34 - Modifié le 18/12/2010 à 15:33

    Que fut le plus pénible ? Les pressions diffuses, l'inertie des autorités sanitaires, les réticences des confrères, les soupirs des quatre enfants qui voient leur mère "la tête ailleurs", les nuits de veille devant l'ordinateur, les retards pris dans les consultations ? "Le plus dur aura été de savoir ce qu'il y avait dans le Mediator." Irène Frachon, 47 ans, pneumologue à l'hôpital de Brest, a dû enquêter quinze mois pour découvrir de quoi était composé cet adjuvant, vendu massivement dans nos pharmacies depuis 1976. Pour réaliser que dans ce médicament prescrit aux diabétiques, détourné comme coupe-faim, interdit partout ailleurs dans le monde, il y a une molécule - le benfluorex -, un dérivé d'amphétamine qui, ingéré, produit un métabolite toxique, la norfenfluramine. Un médicament qui pouvait donc se transformer en poison, attaquer les valves cardiaques, les déformant, provoquant des valvulopathies. Incidence : 0,5 cas grave pour 1.000 patients traités. Sachant que 300.000 Français ont avalé du Mediator chaque matin au petit déjeuner pendant trente-trois ans... Cinq millions de consommateurs de 1976 à 2009.

    Irène Frachon, c'est l'histoire d'une femme formidable. La consolante aventure d'un médecin de province qui révèle un scandale national de santé publique. "Elle n'a jamais hésité à dire ce qu'elle pensait ; déjà, gamine, sa parole était forte", se souvient une de ses amies, Hélène Debray. "Une femme qui ne se vante jamais, elle fonce", confie Fabienne, sa coiffeuse. "Elle a vu ce que tous les médecins auraient pu voir, confie, admirative, son ancienne chef de service à l'hôpital Foch, Isabelle Caubarrère, mais elle, elle a fait tilt." En février 2007, la pneumologue visite une patiente obèse, suffocante. Elle soulève la pancarte au pied du lit. Dans la liste des traitements : du Mediator. "Je me suis souvenue d'un article lu dans Prescrire, s'indignant que le benfluorex circule encore sous le nom de Mediator. J'ai cherché à comprendre." Trois ans plus tard, le médicament sera suspendu.

    Lobbys

    Entre l'évocation de son rendez-vous à l'Inspection générale des affaires sociales - "ils écarquillent les yeux, mais sont très attentifs" - et celle de son passage chez Ruquier - "Je n'ai pas la télé, c'est bien, cette émission ?" -, elle montre des vidéos de ses enfants, puis reprend son fil, méthodique, toute droite, croix huguenote autour du cou. "Cette affaire a fait exploser ma vie quotidienne. J'ai quitté le monde des Bisounours et compris la puissance de la désinformation des lobbys. Car, en France, on s'est arraché la gueule pendant trois ans pour faire retirer un truc déjà interdit partout. Aux États-Unis, en 1970, on a interdit toute la famille de médicaments à laquelle appartient la molécule du Mediator. On nous a vendu un poison remboursé à 65 % par la Sécu, c'est pas dingue, ça ?"

    Pourquoi Irène Frachon a-t-elle compris que quelque chose clochait gravement dans ce médicament, "pour lequel il fallait être Prix Nobel de médecine pour parvenir à lire la notice de composition ? Parce que, jeune interne, elle a entendu parler de l'isoméride, un dérivé amphétaminique prescrit comme coupe-faim, interdit en 1997. Ses copains médecins, en pointe sur l'affaire, lui ont raconté les détectives privés qui les filaient, les pressions énormes dans leur service hospitalier, les publications qui s'annulaient, les congrès qui se fermaient, les crédits - toujours privés - qui fondaient... Or, l'isoméride est une formule chimique cousine du Mediator, partageant le même métabolite. L'un fut supprimé. L'autre continuait d'être prescrit. La fille de militaire, mariée à un polytechnicien, ingénieur de l'armement et hydrographe, a foncé. Stratège. Elle a évalué les risques. Habitant Brest, "cela serait plus compliqué pour venir me chercher des noises", "praticien hospitalier, on ne pouvait pas trop peser sur mes financements", et puis "il me fallait me documenter sur tout, j'ai compris que les autorités sanitaires ne me passeraient aucune faiblesse". Irène Frachon n'est pas tout à fait isolée. Son inquiétude est partagée par quelques agences sanitaires, mais l'inertie - la collusion ? - est pesante. En 1999, la Commission de la transparence, dépendante de la Haute Autorité de santé, rend un avis défavorable au remboursement pour "absence d'intérêt thérapeutique". Avis non suivi par le ministère. Le médicament n'est pas très efficace - on ne sait pas encore qu'il peut tuer -, mais il continuera d'être remboursé. En 2003, il est retiré du marché espagnol. En 2005, il figure dans la liste des produits retirés de l'Organisation mondiale de la santé. En France, rien ne bouge. C'est que son fabricant, les laboratoires Servier, est une belle et grande entreprise française : 20.000 emplois, dont 3.000 exclusivement voués à la recherche. Pourquoi se fâcher ?... En mars 2007, la Commission nationale de la pharmacovigilance rend un avis mitigé. En 2008, un médecin écrit aux laboratoires Servier, s'enquérant de ces bruits troublants. Réponse : "Le Mediator 150 mg présente une bonne sécurité d'emploi (...). Et une bonne tolérance cardio-vasculaire."

    Victimes

    Le docteur Frachon a étudié tous les dossiers médicaux de patients décédés ou hospitalisés pour des valvulopathies, alerté ses copains pour qu'ils exhument leurs archives, vérifié, recoupé les publications espagnoles, américaines et même gabonaises. "Chaque fois, la même histoire. Des femmes qui veulent maigrir, puis s'essoufflent. On les surveille, on les hospitalise, elles repartent, continuent d'avaler leur coupe-faim, respirent de plus en plus mal."

    Irène Frachon réclame des autopsies, photographie au bloc ces valves cardiaques déformées. En février 2009, elle déclare onze cas de valvulopathie à son agence régionale de pharmacovigilance. En juin, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) l'invite à présenter ses conclusions. "Cinq diapos, un bref speech, et puis au revoir. Dans ces instances, on ne voit pas les malades, on les oublie." L'Afssaps est embarrassée par ces découvertes confondantes, car son financement dépend des industriels. La règle est en effet que les laboratoires paient l'instance qui évalue et autorise leurs médicaments. Donc, l'agence doit choisir d'interdire - ou pas - un produit commercialisé par l'un de ses contributeurs. Le 25 novembre 2009, le Mediator se voit retirer son autorisation de mise sur le marché. Fin de l'affaire ?

    Pas pour le médecin brestois, qui comprend que la suspension demeurera discrète. "Quand j'ai vu que le médicament était retiré en catimini, j'ai compris qu'on n'allait rien chercher. Et que mes patientes brestoises allaient attaquer en justice dans l'indifférence générale. J'ai décidé d'écrire un livre pour faire pression." Juin 2010 : elle publie son récit chez le libraire et éditeur Charles Kermarec. Une petite maison brestoise, Dialogues-fr. La couverture porte un sous-titre : "Combien de morts ?" Les laboratoires Servier obtiennent, en première instance, le retrait de cette couverture. "Cela a tué la diffusion du livre", déplore l'éditeur. Mais la censure irrite les éditeurs et scandalise les journaux. Branle-bas de combat, pétitions, enquêtes. Soudain, des victimes s'incarnent, on lit le chagrin des familles en deuil. La France découvre qu'on a prescrit, pendant trente-trois ans, un médicament dont on aurait pu savoir - depuis 1997 - qu'il comportait une molécule hautement suspecte. À la Cnam - "alors, eux, ils ont été impeccables" -, depuis plusieurs mois, on mouline des statistiques : combien de malades, combien de morts de valvulopathie ont reçu du Mediator ? "Là, ils se sont pris un cimetière en pleine tronche", dit le docteur Frachon. Le 15 novembre 2010, la Cnam évalue le nombre de morts à "au moins 500", et relève "3.500 hospitalisations". Les laboratoires Servier souhaitent apporter leur "contribution à la compréhension des chiffres avancés et à la réflexion qui sera menée pour l'amélioration du suivi des effets secondaires". Irène Frachon a vu Xavier Bertrand, ministre de la Santé, qui occupait déjà ce maroquin en 2006, lors des premières alertes. "Il m'a dit vouloir tout comprendre de cette affaire." Enfin.

    Mediator

    144 577 000 boîtes vendues depuis 1976.

    44e médicament le plus vendu en officine.

    Un mois de traitement coûte 15 euros, remboursés à 65%.

    L'assurance-maladie envoie cette semaine 350 000 lettres aux patients ayant pris du Mediator entre 2008 et 2009. Impossible de remonter informatiquement plus avant. Ces patients sont invités à consulter un médecin " afin qu'il puisse rechercher tout symptôme ou signe évocateur d'une atteinte d'une valve cardiaque ".

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    lire aussi :

    Mediator : l'alerte aurait été donnée dès 1998

    sur le même sujet, lu sur :

    http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

     

    1 000 à 2 000 décès imputables au Mediator
    Le Figaro, en kiosque samedi dernier, révèle que l'Afssaps disposait de deux études pour évaluer le nombre des victimes du Mediator, l'une menée par Catherine Hill (Institut Gustave-Roussy) : elle calculait une fourchette comprise entre 500 et 1 000 morts, et l'autre, menée par deux chercheurs de l'Inserm, Mahmoud Zureik et Agnès Fournier. Cette dernière étude qui, contrairement à la première, prend en compte la mortalité à long terme, dénombrait entre 1 000 et 2 000 décès. Mahmoud Zureik explique que "les patients hospitalisés pour valvulopathies, même s'ils ne décèdent pas pendant les premières années après leur hospitalisation, restent sujets à une surmortalité à plus long terme". Confronté à cette nouvelle estimation, Xavier Bertrand convoquait, samedi, les trois épidémiologistes ayant mené les études, le directeur général de l'Afssaps Jean Marimbert, et le DGS Didier Houssin.
    Agence France Presse_Fil Eco , 17/12/2010 - Figaro [Le] , 20/12/2010 - Figaro [Le] , 18/12/2010 - Monde [Le] , 20/12/2010 - Echos [Les] , 20/12/2010 - Journal du Dimanche [Le] , 19/12/2010 - Libération , 20/12/2010 - Tribune [La] , 20/12/2010 - Croix [La] , 20/12/2010 - Metro_Paris , 20/12/2010
     
    Traitements amaigrissants : les "dérapages" de certains médecins
    Aujourd'hui en France se demande si l'affaire du Mediator n'est pas "la face émergée de l'iceberg du scandale des médicaments amaigrissants". Interviewé par le quotidien, le Dr André Desueur (Conseil national de l'ordre des médecins) dénonce des "prescriptions de complaisance", et pointe certains "dérapages" médicaux. Des médecins généralistes, endocrinologues, parfois gynéco-obstétriciens, ont pu détourner des médicaments de leurs indications premières (Mediator ou Prozac), les prescrivant à des patients souhaitant maigrir.

     

    19/11/2010

    Les déserts médicaux français

    lu sur :

    http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

    Les déserts médicaux français, objets d’une enquête
    .
    Le CISS (Comité inter-associatif sur la santé), la FNATH (Association des accidentés de la vie) et l'UNAF (Union nationale des associations familiales) ont enquêté sur les "déserts médicaux" français, et relevé une somme d' "inégalités flagrantes" entre les départements.
    La densité de médecins s'avère ainsi supérieure de 30 % à la moyenne nationale en Gironde, par exemple, et inférieure dans les mêmes proportions dans l'Eure.
    En outre les soutiens financiers, publics et territoriaux visant à encourager l'installation de médecins en "zones sous-dotées, n'ont pas permis aux déserts médicaux de reculer", rapporte Le Monde.
    Bien que faisant partie des départements à forte densité médicale, Paris manque aussi de médecins généralistes. Ici, le problème vient de la spécialisation des cabinets, Christian Saout (CISS) précise que "la véritable difficulté des Parisiens, c'est d'avoir accès à un spécialiste au tarif de la Sécurité sociale".
    .
    Monde [Le] , 19/11/2010

    03/11/2010

    Bisphénol A : deux nouvelles études préoccupantes


    lu sur :
    http://dircom.inserm.fr/
    .
    Bisphénol A : deux nouvelles études préoccupantes

    En septembre dernier, les experts de l'Efsa disaient n'avoir "pu identifier aucune nouvelle preuve qui les amènerait à reconsidérer la dose journalière tolérable existante pour le BPA".
    Or, deux nouvelles études relancent les craintes. La première a été réalisée par des chercheurs de l'Inra, qui ont mis en évidence l'absorption du bisphénol A par la peau. La seconde étude est américaine et montre "une altération de la qualité du sperme" chez des travailleurs chinois "exposés", lit-on dans Le Monde.
    Monde [Le] , 30/10/2010 - Figaro [Le] , 02/11/2010

    10/09/2010

    Firmes pharmaceutiques et faux articles scientifiques

    .
    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/10/des-negres-font-du-marketing-medical_1409443_3244.html
    .

    Des "nègres" font du marketing médical

    LEMONDE | 10.09.10 | 14h23  •  Mis à jour le 10.09.10 | 17h14

    Le recours à des "nègres" pour rédiger des articles favorables à des médicaments, que signent ensuite des médecins hospitalo-universitaires, est un phénomène en expansion. Il est difficile à déceler et à quantifier, sauf lorsqu'une procédure judiciaire permet un accès complet à des documents confidentiels. C'est ce qui s'est produit à propos d'un médicament hormonal, le Prempro, utilisé aux Etats-Unis pour traiter les troubles liés à la ménopause. Des faits rapportés, mardi 7 septembre, par la revue PLoS Medicine.

    Quatorze mille plaintes sont en cours contre le laboratoire Wyeth (depuis racheté par Pfizer) par des femmes ayant utilisé le Prempro, qui souffrent aujourd'hui d'un cancer du sein. Experte auprès des parties civiles, Adriane Fugh-Berman (université de Georgetown, Etats-Unis) a épluché quelque 1 500 documents internes. Elle a découvert que des articles ont été rédigés par des "nègres". Ces textes atténuaient la perception des risques de cancer du sein lié au traitement, défendaient sans base scientifique le bénéfice cardiovasculaire et promouvaient l'utilisation du médicament hors indication.

    Entre 1997 et 2003, une officine spécialisée, DesignWrite, a ainsi produit de manière occulte pour le compte de Wyeth "plus de 50 articles publiés dans des revues à comité de lecture, plus de 50 articles courts et posters pour des manifestations scientifiques, suppléments à des journaux, documents à usage interne, kits de diapositives et symposiums..."

    Une vingtaine d'articles ont été payés 25 000 dollars pièce. DesignWrite était chargé de la gestion des "auteurs", loin d'être tous exigeants sur le contenu du texte. "En général, les corrections étaient autorisées si les messages de marketing n'étaient pas remis en cause", constate Adriane Fugh-Berman.

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    mon commentaire :

    Je suis persuadé que de faux articles scientifiques existent ailleurs que dans le domaine médical. Je pense en particulier à tout ce qui concerne l'alimentation et l'agriculture (OGM, "alicaments", etc ...)

    16/07/2010

    Grippe A : NOVARTIS fait exploser son bénéfice

    lu sur :

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8976d1e-9050-11df-a3ff-6d2295f0bf6e/Novartis_fait_exploser_son_b%C3%A9n%C3%A9fice

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    vendredi16 juillet 2010

    Novartis fait exploser son bénéfice

    Le groupe bâlois, aidé par une meilleure maîtrise des coûts et la vente exceptionnelle de vaccins contre la grippe A(H1N1), augmente son bénéfice d’un tiers au premier semestre

     

    Le changement de patron de Novartis, avec l’arrivée aux commandes opérationnelles, en février, de Joseph Jimenez en remplacement de Daniel Vasella, n’a pas modifié la forte croissance du groupe qui a surpris les analystes financiers jeudi, lors de la publication des résultats du premier semestre.

    Les chiffres, meilleurs qu’attendu, confirment la stabilité du groupe bâlois qui peut s’appuyer sur une large diversification allant des médicaments de pointe contre le cancer et bientôt la sclérose en plaques, aux génériques Sandoz, en passant par les vaccins. Ces derniers, en particulier celui contre la grippe A(H1N1) ont d’ailleurs nettement contribué à la croissance semestrielle de 15% (en monnaies locales) des ventes du groupe, à 23,85 milliards de dollars, de 33% du bénéfice d’exploitation, à 6,47 milliards, et de 29% du bénéfice net, à 5,38 milliards. La division vaccins et diagnostics a réalisé un bénéfice d’exploitation de 797 millions de dollars à fin juin, contre une perte de 234 millions au premier semestre 2009.

    Les génériques Sandoz, grâce à un décollage des ventes aux Etats-Unis et au lancement réussi de trois biosimilaires, sont sortis d’une phase marquée par une faible marge bénéficiaire. La marge bénéficiaire se situe à 18,4% pour Sandoz (+1,1 point de pourcentage), à 24,5% (+42,7 points) pour la division vaccins, et à 34,4% (+1,8 point) pour les médicaments vendus sur ordonnance. Pour l’ensemble du groupe, cette marge atteint 28% (+2,7 points).

    Les analystes guettaient la performance de Diovan, le principal produit de Novartis, présent sur le marché de l’hypertension désormais ouvert aux génériques. Ce médicament a bien résisté, avec des ventes en hausse de 1%, à 1,6 milliard de dollars au deuxième trimestre 2010. La stratégie du groupe bâlois, qui consiste à préconiser la vente de médicaments combinés contre l’hypertension afin d’atténuer la prochaine perte de brevet de Diovan, semble fonctionner. La part de marché de Novartis dans les thérapies contre l’hypertension a même augmenté de plus d’un point de pourcentage en avril pour atteindre 15,9%.

    Prix mystérieux

    Le prochain événement attendu, en septembre, est l’homologation aux Etats-Unis de Gilenia, un médicament prometteur non injectable contre la sclérose en plaques. David Epstein, chef de la division pharmaceutique du groupe bâlois, n’a pas voulu indiquer une fourchette de prix, en réponse à la question d’un analyste qui s’inquiétait du triplement du coût de ces traitements en cinq ans.

    L’amélioration des perspectives économiques a incité Novartis à réviser à la hausse ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires, qui devrait se situer, en 2010, dans la fourchette de 5 à 9%, au lieu de 5% au mieux.

    Le groupe entend toujours, malgré la forte réticence d’actionnaires minoritaires, finaliser cet automne l’acquisition de 77% d’Alcon. Le titre Novartis s’est apprécié jeudi en début de séance à la bourse suisse, avant de clôturer en baisse de 1,02%.

    05/07/2010

    Bisphénol A : tout risque n’est pas écarté

    lu sur :

    http://dircom.inserm.fr/

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    Bisphénol A : tout risque n’est pas écarté

    C'en est fini du bisphénol A dans la fabrication des biberons en France, cette molécule reste encore très présente dans notre environnement immédiat : on le trouve dans les boites de conserve, les films étirables ou encore les bouilloires électriques.
    Et cela inquiète scientifiques et écologistes car le bisphénol est un « perturbateur endocrinien ». André Ciccolella, président du Réseau environnement santé, explique qu'il intervient « dans le cancer du sein, dans certains cas de diabète, d'obésité, dans la fertilité masculine et dans les troubles du comportement.
    Les femmes enceintes constituent une priorité car l'imprégnation se fait principalement au niveau du foetus ».
    France Soir , 05/07/2010 - Marianne , 03/07/2010

    28/06/2010

    Le Nutella : à base d'huile de palme

    Je ne savais pas que le NUTELLA était à base d'huile de palme ...

    Sachant que cette huile est à boycotter en raison de la déforestation des forêts tropicales pour la plantation de palmiers à huile, en Indonésie notamment, je préconise les tartines à la confiture (faite maison de préférence, ou bio), au miel, ou encore au beurre saupoudré de chocolat noir râpé (un souvenir de mon enfance).

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    lu sur :

    http://www.lepoint.fr/societe/alimentation-faut-il-avoir-peur-du-nutella-28-06-2010-471005_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100628

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    Adulée par des millions d'inconditionnels à travers le monde - qui en consomment 235.000 tonnes par an ! -, la célèbre pâte à tartiner chocolatée est dans le collimateur de l'Union européenne.

    Composé de plus de 60 % de sucre et d'huile de palme, le Nutella ne serait pas conforme au "profil nutritionnel" défini à Bruxelles.

    Le fabricant, l'italien Ferrero, risque de devoir annoncer sur ses étiquettes que son produit est dangereux pour la santé. Mais la résistance s'organise à Alba, dans le nord de l'Italie, où il est fabriqué. Un député de la Ligue du Nord a même fondé un comité Touche pas à mon Nutella.

    25/05/2010

    Les femmes et le cancer du poumon

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/25/les-femmes-de-plus-en-plus-nombreuses-a-mourir-d-un-cancer-du-poumon_1362141_3224.html
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    Les femmes de plus en plus nombreuses à mourir d'un cancer du poumon
    LEMONDE.FR avec AFP | 25.05.10 | 07h28  •  Mis à jour le 25.05.10 | 10h28


    a mortalité par cancer du poumon a été divisée par deux en dix ans chez les hommes de 40 ans, alors qu'elle était multipliée par quatre en quinze ans chez les femmes du même âge. Cette tendance s'explique par un phénomène clairement observable : les hommes ont réduit leur consommation de tabac durant cette période, tandis que les femmes l'ont accrue.

    Chez les hommes, la consommation a commencé à décroître en 1980 grâce aux politiques de prévention, selon le dernier bulletin épidémiologique (BEH) de l'Institut de veille sanitaire, consacré au tabac à la veille de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai. Conséquemment, la mortalité par cancer du poumon a atteint un maximum en 1993 chez les hommes et a nettement baissé depuis, diminuant de moitié en dix ans entre 35 et 44 ans.

    Pour les femmes, la mortalité augmente depuis 1980 et "s'est accélérée dans les années récentes", selon une étude pilotée par Catherine Hill, de l'Institut Gustave Roussy. Elle a ainsi été multipliée par quatre entre 1984 et 1999. La mortalité par cancer du poumon chez les femmes de 35 à 54 ans en 2000-2007 "est proche de la mortalité chez les hommes de même âge observée durant les années 1950", note l'étude.

    Selon cette étude, "on peut prévoir que l'épidémie va continuer chez les femmes au fur et à mesure que vieilliront les générations qui ont beaucoup fumé". Et on peut s'attendre à un ralentissement de la diminution de la mortalité chez les hommes, les ventes de cigarettes étant restées constantes de 2004 à 2009.

    En effet, si l'augmentation des prix de 37 % intervenue en octobre 2003 et janvier 2004 a entraîné une baisse de 27 % des ventes de tabac, à moitié compensée par les achats frontaliers, les augmentations intervenues depuis 2007, faibles et très inégales selon les marques, n'ont pas eu d'effet sur les ventes.

    01/05/2010

    Pétition pour L’HÔPITAL PUBLIC

    - Défendez-le parce qu’il assure des soins de qualité pour tous quels que soient les moyens de chacun.

    - Défendez-le parce que c’est là que se font les grandes recherches d’aujourd’hui qui permettront les progrès de demain.

    - Défendez-le parce que c’est lui qui assure 80% des urgences, c’est lui qui a fait face hier à l’épidémie de SIDA et à la canicule et qui pourra faire face à une pandémie grippale.

    - Défendez-le parce que c’est lui qui prend en charge les cas les plus graves ou les plus complexes à tous les âges de la vie.

    - Défendez-le parce que les autres pays nous l’envient.

    La loi HPST dite loi Bachelot a supprimé l’appellation de « Service Public Hospitalier ». Elle ne parle plus que d’ « Etablissement de Santé ». Elle cherche à transformer l’hôpital public en entreprise.
    Pour être rentable l’hôpital devra sélectionner les pathologies et les patients, et diminuer le nombre de personnels : moins d’infirmières, moins d’aides soignantes, moins de médecins, moins de secrétaires, moins d’assistantes sociales.
    Il est prévu de supprimer 20 000 emplois dans l’ensemble des hôpitaux.

    NE LAISSEZ PAS FAIRE                                                                                
    POUR DÉFENDRE VOTRE HÔPITAL PUBLIC ASSURANT                                      
    L’ACCÈS ÉGAL POUR TOUS À DES SOINS DE QUALITÉ,                                     
    SIGNEZ LA PÉTITION NATIONALE QUI SERA ADRESSÉE                                   
    AU PARLEMENT ET AU GOUVERNEMENT:

    « Je défends l’Hôpital Public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l’innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité.

    Je m’oppose à son démantèlement qu’annoncent d’une part un nouveau mode de direction qui aura pour souci principal la rentabilité, d’autre part des suppressions d’emplois non justifiées qui altèreront la qualité des soins. L'Hôpital Public doit avoir un financement lui permettant de remplir ses missions.

    lien :

    JE SIGNE LA PÉTITION .

    27/01/2010

    La santé des Européennes

    lu sur :
    http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
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    La santé des Européennes
    Des universitaires allemands ont bouclé une volumineuse étude relative à la santé des femmes dans l'UE. La Commission européenne vient d'en publier les conclusions sur son site (*). "Si toutes ces données ne sont par forcément nouvelles, elles ont le mérite d'être présentées pour la première fois de manière globale et au niveau de toute l'Europe", apprécie le rédacteur du Quotidien du médecin. Ont été passés en revue : le surpoids, l'alcoolisme, le tabagisme, la dépression, les tendances suicidaires, les morts violentes, le sida ou la maladie d'Alzheimer, ainsi que l'accès aux soins, dépistages, offre généalogique, etc. Les habitantes des pays baltes cumulent les plus mauvais indicateurs de santé. "Une Européenne sur sept et un Européen sur six mourra d'une affection coronarienne, cause de mort la plus fréquente, suivie par les maladies cérébro-vasculaires puis par les cancers : chez les femmes, les localisations les plus fréquentes sont le sein, le côlon et le rectum, l'utérus et le poumon." En 2011, les universitaires poursuivront leurs investigations en s'intéressant, cette fois, à la population masculine.
    Quotidien du Médecin [Le] , 26/01/2010
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    (*) voir :
    http://ec.europa.eu/health/population_groups/docs/women_report_en.pdf

    24/01/2010

    Le traitement des eaux usées contre les micropolluants

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/01/22/le-traitement-des-eaux-usees-contre-les-micropolluants-est-a-ameliorer_1295259_3244.html#ens_id=1295344
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    Compte rendu
    Le traitement des eaux usées contre les micropolluants est à améliorer
    LE MONDE | 22.01.10 | 16h21  •  Mis à jour le 22.01.10 | 16h21


    ne partie des micropolluants présents dans les eaux usées sont éliminés par les stations d'épuration classiques. Mais pas tous. Des solutions techniques existent pour obtenir de meilleurs résultats. Mais elles sont coûteuses. Telles sont les conclusions d'une étude de grande ampleur - la plus vaste conduite en Europe sur ce sujet - réalisée par le Cemagref (établissement public de recherche en sciences et technologies de l'environnement), Suez Environnement et l'université de Bordeaux-I.

    En France, les effluents domestiques et industriels sont traités par un parc de 17 700 stations d'épuration, dont le ministère de l'écologie a lancé, en 2007, un plan de mise aux normes, 146 d'entre elles ayant été épinglées pour non-conformité avec la réglementation. "Nous sommes en passe de gagner la bataille de l'assainissement", s'est récemment félicitée la secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno. La victoire n'est pourtant pas acquise.

    La directive-cadre européenne sur l'eau de 2000 exige que soit assuré, à l'horizon 2015, un "bon état écologique et chimique" de tous les milieux aquatiques naturels. En particulier, 33 substances classées "prioritaires", parce que potentiellement nocives, devront avoir disparu des ruisseaux, des rivières et des eaux souterraines, ou y être présentes en moindres quantités qu'aujourd'hui.

    Ces produits font partie des multiples micropolluants issus de l'industrie, de l'agriculture, des transports ou des usages domestiques, dilués en quantités infimes (de l'ordre du millionième de gramme par litre), dans les eaux usées. On y trouve, en vrac, des dérivés du pétrole, des pesticides, des solvants, des détergents et des métaux. Sur ces 33 substances, 13, jugées "dangereuses", comme le cadmium et le mercure, devront avoir été totalement supprimées, une réduction étant imposée pour les 20 autres.

    En complément d'une baisse des émissions à la source, le rôle des stations d'épuration est crucial. Or, les installations actuelles ont été conçues pour traiter les macropolluants, c'est-à-dire les matières azotées, phosphorées et carbonées. Pour déterminer si elles dégradent aussi les micropolluants, et avec quelle efficacité, le Cemagref et Suez Environnement ont analysé les performances de 21 stations représentatives des différentes filières. En élargissant le panel à plus de 100 substances, très répandues ou suspectées de nocivité.

    "Aller plus loin"

    Parmi elles, une trentaine de molécules provenant des industries pharmaceutiques. Les résidus médicamenteux, rejetés par ces industries, mais aussi par les hôpitaux (dont les effluents contiennent beaucoup d'anticancéreux), par les élevages industriels (gros consommateurs d'antibiotiques et d'hormones de croissance) ou par les foyers domestiques (avec les urines et les selles), représentent en effet une proportion importante - 15 % - des polluants contenus dans les eaux arrivant en station d'épuration.

    L'enquête montre que "85 % des substances prioritaires sont éliminées à plus de 70 %". Le score tombe à "environ 35 %" pour les autres molécules passées au crible. Un examen plus détaillé révèle que les stations conventionnelles ont une bonne capacité d'élimination pour des substances biodégradables comme l'aspirine, le paracétamol ou l'ibuprofène, ou d'autres, retenues dans les boues d'épuration, comme des plastifiants, des hydrocarbures aromatiques et la plupart des métaux. Mais, du fait de leur forte concentration originelle, 50 % des produits restent présents (à l'état de traces) dans l'eau traitée : c'est le cas de détergents, de plastifiants, de solvants et de l'aspirine. En outre, 25 % des molécules restent réfractaires au traitement biologique : ainsi de certains pesticides et certains antidépresseurs.

    "Ces premiers résultats sont rassurants, commentent les auteurs de l'étude. On peut aller plus loin." Des procédés d'épuration plus poussés existent : par filtration sur charbon actif, passage par des membranes ultrafines, ou ozonation. Ces techniques pourraient améliorer sensiblement l'efficacité du traitement. Mais leur mise en oeuvre "peut doubler le coût de l'épuration".

    Il faudra donc arbitrer, entre coût économique et risques sanitaires et environnementaux. Il est établi que même à très faibles doses, certains polluants peuvent affecter les poissons (en provoquant parfois leur changement de sexe), les mollusques et les plantes aquatiques. En 2008, l'Académie de pharmacie avait estimé que les résidus médicamenteux, qui se retrouvent dans les réseaux d'eau potable et à la sortie du robinet, nécessitaient une surveillance, "notamment pour les personnes sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes".

     

    Pierre Le Hir
    Article paru dans l'édition du 23.01.10

    18:27 Publié dans société,santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, pollution

    19/01/2010

    OMS et pandémie de grippe

    lu sur :
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f6cc9580-0478-11df-82a3-9d622675a4b5|0
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    Nations unies mardi19 janvier 2010
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    Les Etats ménagent l’OMS pour éviter leur mea culpa

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    L’Organisation mondiale de la santé tient son Conseil exécutif jusqu’à vendredi. Les rapports entre l’agence onusienne et l’industrie pharmaceutique font débat.

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    A l’heure où le Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé est réuni à Genève pour une semaine, Wolfgang Wodarg continue d’asséner ses critiques au vitriol: «Le problème avec l’OMS, c’est qu’elle a modifié la définition d’une pandémie. Elle a supprimé dans cette même définition la notion de maladies graves et de haute morbidité/mortalité. Du coup, on peut déclarer une pandémie chaque année sur la base d’une simple grippe.»

    Population sceptique

    Médecin et épidémiologiste, Wolfgang Wodarg est à la tête de ceux qui pensent que l’OMS a surréagi par rapport à la grippe A(H1N1) en raison de ses liens incestueux avec l’industrie pharmaceutique. Celle-ci ayant beaucoup investi d’argent dans la recherche sur les vaccins, elle avait conclu des contrats avec différents Etats qui n’entraient en vigueur qu’en cas de pandémie déclarée.

    Membre de la commission Social et Santé du Conseil de l’Europe, le médecin allemand s’est engagé pour qu’une enquête soit menée sur les liens entre les pharmas et l’OMS. Mais aussi entre les scientifiques et l’agence onusienne. «Il n’y a pas que des politiques qui dénoncent la situation, soulève Wolfgang Wodarg. La population elle-même ne croit plus dans les scientifiques. Une preuve? Elle a en grande partie refusé de se faire vacciner.»

    Conseiller spécial de la directrice de l’OMS pour la grippe pandémique, Keiji Fukuda réfute toute manipulation du terme pandémie. Il reconnaît que la formulation varie quelque peu d’un cas à l’autre. Mais il rappelle qu’une pandémie répond toujours à la même idée: celle d’une propagation mondiale d’une maladie ou infection. Le conseiller spécial ajoute que l’OMS «n’a jamais inclus dans la définition la sévérité» du virus.

    Aujourd’hui, l’ex-député allemand au Bundestag le confie au Temps: «Nous demandons que l’OMS fasse preuve de plus de transparence. Mais elle n’est pas la seule en cause. Les gouvernements nationaux ont aussi leur part de responsabilité. Ils ont aussi échoué à améliorer le mode de fonctionnement de l’OMS.» C’est peut-être la raison pour laquelle les Etats membres de l’OMS ont épargné lundi la directrice de l’OMS, Margaret Chan. La critiquer, c’était risquer l’effet boomerang.

    Hier, devant le Conseil exécutif de l’organisation, Margaret Chan a tenu à circonscrire les attaques. Elle a déclaré qu’une commission d’experts indépendants allait évaluer de façon «très large» la réaction de l’OMS à la pandémie et soumettre ses premières conclusions aux ministres de la Santé en mai prochain. La Chinoise a ajouté que la commission analysera le système d’alerte pandémique ainsi que les questions liées à la virulence et à l’étendue géographique du virus. «Il est normal que chaque décision soit examinée de près, estime Margaret Chan. L’OMS n’opposera aucune restriction à ce type d’investigation.»

    La directrice de l’agence onusienne a relevé hier à Genève que l’OMS avait prévu qu’il y aurait des problèmes pour produire des vaccins à temps. Mais elle a reconnu que son organisation n’avait pas «prévu que les gens décideraient de ne pas se faire vacciner. […] Inciter les gens à adopter un comportement sûr est l’un des plus grands défis de santé publique.»

    Grands profiteurs

    Quoi qu’il en soit, Wolfgang Wodard juge une enquête nécessaire, d’autant que «les pharmas ont été les grands profiteurs de la pandémie». Le membre du Conseil de l’Europe rappelle que tous les Etats n’ont pas cédé à la «psychose» provoquée par l’agence onusienne: «Certains Etats ont refusé l’alarmisme de l’OMS. Des Etats comme la Pologne n’ont pas acheté de vaccins. Le Luxembourg a aussi mis en garde contre tout accès de panique.» En France, les sénateurs vont auditionner mercredi les entreprises pharmaceutiques pour tenter d’y voir clair. Paris avait commandé 94 millions de doses de vaccins avant de résilier certains contrats pour faire taire la polémique qui a éclaté dans l’Hexagone.

     

    Stéphane Bussard

    24/12/2009

    Manger mieux

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/12/22/manger-moins-de-viande-pour-sauver-la-planete_1283941_3244.html#ens_id=1284031
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    L'élevage, accusé de nuire à l'environnement, riposte
    LE MONDE | 22.12.09 | 14h07  •  Mis à jour le 22.12.09 | 14h07


    anger moins de viande, c'est bon pour la planète. Impossible d'ignorer le message : la consommation de produits carnés a fait, à l'occasion du sommet de Copenhague sur le climat, l'objet d'attaques inédites.

    L'ancien Beatles Paul McCartney a ouvert les hostilités en appelant, début décembre, depuis la tribune du Parlement européen, à ne pas en consommer un jour par semaine. Plusieurs personnalités françaises, dont les politiques Corinne Lepage et Yves Cochet, l'écologiste Allain Bougrain-Dubourg et le botaniste Jean-Marie Pelt, ont observé à Copenhague une "grève de la viande". Leur message : l'industrie de l'élevage est une "aberration" qui produit des dégâts considérables sur l'environnement. Un repas avec viande et produits laitiers équivaut, en émissions de gaz à effet de serre, à 4 758 km parcourus en voiture, contre 629 km pour un repas sans produits carnés ni laitiers. Pour protéger la planète, il est donc aussi efficace - sinon plus - de se priver de viande que de rouler à vélo ou de baisser le chauffage.

    L'élevage est, de fait, responsable de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre, davantage que les transports, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il est, de plus, responsable d'autres dégradations : pollution des eaux, érosion des sols, perte de biodiversité...

    La production de viande capte en outre des ressources considérables en terres et en eau. Elle mobilise 70 % des terres arables. Environ 9 % des quantités d'eau douce consommées chaque année y sont consacrées.

    Dans toutes leurs projections, les experts désignent l'augmentation de la demande de viande comme un des principaux facteurs des pénuries à venir. Or la consommation de produits carnés connaît une croissance fulgurante. Relativement stable dans les pays développés (autour de 80 kg par an et par habitant), elle augmente fortement dans les pays en développement, à mesure que la population croît, mais aussi que l'urbanisation et les revenus progressent.

    "La viande est un signe extérieur de richesse", commente Fabrice Nicolino, auteur de Bidoche (éd. Les liens qui libèrent), un réquisitoire contre l'industrie de l'élevage publié en septembre. "En consommer démontre l'accès à un statut social privilégié." Sa consommation devrait passer, dans les pays en développement, de 28 kg par an et par habitant en moyenne aujourd'hui à 37 kg en 2030.

    Il faut entre trois et neuf calories végétales, selon les espèces, pour produire une calorie animale. Déjà, quelque 40 % des céréales cultivées dans le monde sont destinées à alimenter le bétail. Selon les projections de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), pour répondre à la demande, la production mondiale de viande devra doubler d'ici à 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes.

    "Où ferons-nous pousser les céréales pour nourrir tous ces animaux ?, interroge M. Nicolino. Si la tendance se poursuit, on peut s'attendre à avoir une concurrence entre alimentation animale et humaine." D'où la baisse de consommation prônée par les détracteurs de la viande. Selon ceux-ci, cela aurait, en outre, des avantages pour la santé, car la viande accroît le risque de maladies cardio-vasculaires, d'obésité et de diabète.

    L'interprofession bovine a vite riposté à ce feu nourri de critiques, par le biais d'une page de publicité dans la presse. Elle met en avant plusieurs arguments. Tout d'abord, dans la majorité des élevages en France, les vaches sont nourries à l'herbe, un mode d'élevage respectueux de l'environnement, qui ne concurrence pas l'alimentation humaine et permet de séquestrer du carbone.

    La consommation de viande dans le pays est, par ailleurs, en baisse : elle est passée de 150 grammes par jour en 1999 à 117 grammes en 2007. "Certaines catégories de la population n'en mangent pas assez, comme les femmes et les personnes âgées", commente Pascale Hébel, du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc).

    Le Centre d'information des viandes (CIV) souligne, de son côté, que la viande fournit des nutriments indispensables (fer, vitamine B12, zinc, sélénium). Le gouvernement recommande d'ailleurs, dans le cadre du programme national nutrition santé, de consommer de la viande, du poisson ou des oeufs une à deux fois par jour, tout en alertant sur les dangers de la consommation de viande grasse.

    "L'homme ne serait pas devenu ce qu'il est s'il n'était pas omnivore", s'insurge Louis Orenga, président du CIV, qui voit dans cette campagne "une utilisation d'arguments environnementaux pour promouvoir le végétarisme". C'est effectivement l'Association végétarienne de France (AVF) qui est à l'origine de la grève de la viande de Copenhague. Paul McCartney et Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui a soutenu son appel, sont tous deux végétariens.

    "L'alimentation a une dimension psychologique importante, explique Alain Méry, président de l'AVF. L'argument environnemental parle plus aux gens que la défense des animaux, qui est culpabilisante." Selon M. Méry, les réticences sur le sujet restent cependant "très fortes" en France. M. Orenga, lui, voit dans la campagne du "jour sans viande" une menace. "Les politiques continueront-ils à soutenir financièrement une activité dont le grand public est persuadé qu'elle pollue et est dangereuse pour la santé ?", s'interroge-t-il.

    A la FAO, sans recommander la diminution de la consommation de viande dans les pays du Nord, les experts prônent "une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre visant l'élevage de manière spécifique", affirme l'économiste Pierre Gerber, parlant au nom de l'organisation. "Les modes de production vont devoir changer, sans quoi la croissance de la production se fera au prix d'atteintes très importantes à l'environnement", poursuit-il.

    Des recherches sont en cours pour réduire la production de méthane par les ruminants. Des scientifiques de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) sont parvenus à faire baisser leurs émissions d'un tiers en intégrant dans les rations de l'huile de lin. Un chercheur de l'université du Missouri, Monty Kerley, affirme qu'une sélection génétique rigoureuse permettrait de diminuer la ration alimentaire des vaches de 40 %. Des changements de méthodes culturales permettraient aussi de stocker davantage de carbone dans les sols.

    Reste à savoir si ces techniques seront suffisantes, et si tous les paysans du monde, y compris les plus petits, auront la volonté et les moyens de les mettre en oeuvre. L'élevage fait vivre un milliard de personnes pauvres dans le monde.

     

    Gaëlle Dupont

    Déforestation et effet de serre

    Les éructations des ruminants produisent 37 % du méthane émis du fait des activités humaines. Le potentiel de réchauffement global du méthane est 23 fois supérieur à celui du CO2. Le stockage et l'épandage de fumier sont responsables de 65 % des émissions d'oxyde nitreux, le plus puissant des gaz à effet de serre.

    La déforestation pour convertir des terres en pâturages ou en cultures fourragères (destinées à l'alimentation du bétail) est responsable de 9 % des émissions de CO2. Selon la FAO, 70 % des terres autrefois boisées d'Amérique du Sud sont aujourd'hui consacrées à l'élevage.

     

    Article paru dans l'édition du 23.12.09

    18/12/2009

    Une étude sur la santé mentale des SDF

    lu sur :
    http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/
    .
    Une étude sur la santé mentale des SDF
    D'après une enquête menée par le Samu social de Paris et l'Inserm, 32% des SDF souffrent d'un trouble psychiatrique sévère. Chez les 18-25 ans, ils sont 40%. Une dépêche AFP précise que "la fréquence des troubles psychotiques est en général dix fois plus importante chez les SDF que dans la population générale et celle des troubles dépressifs quatre fois plus importante". Dans un entretien accordé à Libération, Anne Laporte, coordinatrice de cette enquête pour le Samu social, indique que "chez les jeunes de moins de 25 ans sans logement personnel, 1 sur 5 est déjà dépendant à l'alcool", et "qu'un quart des personnes atteintes de troubles psychotiques n'a jamais eu recours aux soins".
    Agence France Presse, 15/12/2009 - Libération , 15/12/2009 - France Soir , 15/12/2009

    17/11/2009

    L’hospitalisation sous contrainte

    lu sur :

    http://www.la-croix.com/La-contrainte-en-psychiatrie-un-moindre-mal-/article/2401663/5547

    .

    La contrainte en psychiatrie, un moindre mal ?



    En partenariat avec Bayard, la Cité des sciences de la Villette organise le 17 novembre 2009 les Rencontres vidéo en santé mentale. A cette occasion, « La Croix » donne la parole à des personnes malades

    Grégoire, 19 ans, allait mal depuis quelques mois, sans que ses parents aient vu la « crise » arriver. Puis le couperet est tombé violemment : il s’est mis à ne plus dormir, à marcher de long en large dans l’appartement, et à tenir des propos incohérents… Une nuit, alors que son état s’était encore aggravé, ses parents ont appelé les pompiers. « Votre fils est majeur, leur a-t-il été répondu. S’il ne veut pas aller à l’hôpital, on ne peut rien faire pour lui, il faut que vous appeliez la police. » Mais, explique son père, « face à notre désespoir, ils nous ont proposé d’utiliser un subterfuge : “Posez-lui n’importe quelle question (“Veux-tu que quelqu’un vienne s’occuper de toi ?”), s’il répond oui, on vous envoie une équipe.” » La ruse a fonctionné. Grégoire a été embarqué aux urgences de l’hôpital du secteur, puis hospitalisé sous la contrainte.

    « C’est une vraie violence qu’on lui a faite, reconnaît son père. Nous avons abusé de sa faiblesse, profité de son désarroi pour le piéger. Mais on n’avait pas le choix : c’était comme jeter la couverture sur quelqu’un qui brûle. Mon fils ne nous l’a d’ailleurs jamais reproché. » Après un mois d’hospitalisation, Grégoire vit dans un appartement thérapeutique et accepte de prendre ses médicaments. Mais son père ne sait pas s’il les prend pour son bien-être, les médecins ayant réussi à le convaincre, ou par peur de la menace répétée d’un retour à l’hôpital s’il ne les prend pas. « C’est dur à dire, soupire-t-il, mais c’est sans doute plus difficile encore à entendre. »

    L’hospitalisation sous contrainte, que l’on impose à certains malades psychiques – notamment lors de leur première crise, parce qu’il y a urgence, voire danger, ou que le déni de leur maladie fait partie de leurs troubles –, reste une expérience traumatisante pour tous, à commencer par les malades eux-mêmes. Si certains reconnaissent a posteriori qu’on leur a rendu service, d’autres en gardent un sentiment de persécution et une perte de confiance douloureuse.

    "C’est traumatisant, vous perdez toute croyance en toute valeur de la société"

    Ainsi Philippe, 56 ans, hospitalisé à deux reprises à cause de « syndromes bipolaires », est persuadé que c’est « la contrainte qui (l’)a rendu malade ». « C’est traumatisant de subir cela, dit-il, vous perdez toute croyance en toute valeur de la société : ce passage par l’infirmerie de la préfecture, cette espèce de garde à vue punitive, où on ne vous parle pas, mais où on vous bourre de médicaments. Puis l’hôpital où on vous refuse toute activité, tout contact avec l’extérieur, et où vous n’avez aucun droit, sauf celui de prendre vos médicaments. Si vous refusez de les prendre, on vous met dans une cellule d’isolement, et on vous les injecte de force… » Aujourd’hui, il vient dans un accueil de jour participer à des activités et prendre ses médicaments. Le fait-il de son plein gré ? «Cette question n’a pas de sens, rétorque-t-il avec humour. Notre seul choix est de dire oui, sinon on nous réinterne : c’est l’injonction de l’injection ! »

    François, 53 ans, interné il y a dix ans à la demande de ses frères pour une « grosse dépression » (diagnostiquée comme trouble bipolaire), garde le sentiment amer qu’on a voulu « se débarrasser de lui » et souffre qu’on l’ait « privé de sa décision ». « Mes frères ont fait venir un psychiatre chez moi, mais comme je ne voulais pas bouger (je disais que je n’étais pas malade, c’est ce qu’on dit dans ces cas-là), ils ont appelé la police, qui m’a conduit à l’hôpital. Peut-être ont-ils eu raison, mais je l’ai très mal vécu : j’aurais voulu qu’on m’explique, qu’on me rassure ; j’avais plus besoin de soutien psychologique que de police et d’ambulance. »

    Il a souffert d’autres choix dont il s’est senti spolié, notamment la mise sous curatelle. « Peut-on vous priver de vos droits et libertés parce que vous êtes en souffrance psychique ? On nous dit : c’est pour notre bien… Mais on ne sait pas tout le mal que cela nous fait. En même temps, y avait-il d’autres solutions ? »

    "La contrainte n’est pas tenable sur le long terme"

    Ces « autres solutions », préservant à la fois la liberté et la santé du malade et celles de son entourage, Catherine les cherche encore. Son fils Julien, 21 ans, souffre depuis deux ans de troubles psychotiques, et refuse de se soigner. Il ne peut pas être hospitalisé sous la contrainte, car il n’est pas en crise aiguë, n’est pas considéré comme dangereux pour lui-même ou pour les autres. « Or, souligne Catherine, la famille peut vivre des situations de violence psychique, d’épuisement nerveux, de tyrannie quotidienne du malade, sans qu’il y ait pour autant délire ou passage à l’acte violent. Par ailleurs, l’hospitalisation ne résout pas tout, quand la personne est renvoyée chez elle au bout d’un certain temps. Car la contrainte n’est pas tenable sur le long terme.»

    Pour obliger certains patients à se soigner sur une plus longue durée, sans pour autant les hospitaliser, l’Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam) préconise, avec l’appui de psychiatres, une réforme de la législation qui permette d’imposer des soins en ambulatoire sans consentement. Une mesure qui n’est pas à l’abri d’une récupération sécuritaire, craignent certains médecins, et qui soulève de nombreuses questions éthiques (lire débat) : doit-on et peut-on soigner un malade psychique contre son gré, voire par la force ? Dans quels cas et dans quel but ? Qui cherche-t-on avant tout à protéger : le patient, l’entourage, la société ? Et de quels types de soins parle-t-on ?

    « La famille pourrait intervenir au déclenchement de la procédure, car elle est le veilleur au quotidien. C’est elle qui est en risque aujourd’hui, estime Jean Canneva, président de l’Unafam. C’est donc elle qui pourrait faire cette demande de soins intensifs. L’idéal est de rechercher le consentement de la personne, mais il est difficile d’attendre sa volonté quand la maladie porte sur sa capacité à décider. Il faut donc qu’à certains moments quelqu’un décide à sa place. Qui ? Je ne serais pas contre une décision judiciaire quelque part. »

    Pour Claude Finkelstein, présidente de la Fédération nationale des patients en psychiatrie (Fnapsy), la réflexion devrait rester dans un tri comportant le patient, le soignant, et éventuellement le juge, mais pas la famille : « Ce n’est pas de sa responsabilité de priver une personne de sa liberté. Je comprends leur peur, leur terrible demande de prise en charge. Mais tout cela n’est pas toujours très sain. Je souhaiterais que cette obligation de soin ne soit pas perçue comme une menace ou une punition, comme les hospitalisations sous contrainte le sont souvent, ce qui empêche la personne de prendre conscience qu’elle est malade, la désinsère immédiatement, et l’empêche de s’en sortir. Mais qu’elle prenne la forme d’un contrat de soin entre le médecin et la personne, et qu’on ne la médicalise pas tout de suite. Sous prétexte qu’il n’y a pas assez de soignants, on ne prend plus le temps de le faire. Or, je suis sûre que dans 85 % des cas d’hospitalisation sous contrainte, si on prenait le temps de leur expliquer, on arriverait à leur faire accepter un contrat de soin, qui respecte leur liberté. »
    Christine LEGRAND

    14:38 Publié dans société,santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société

    27/01/2009

    FUIR LE MONDE RÉEL ...

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/01/26/le-desarroi-des-parents-face-au-danger-du-cannabis_1146606_3238.html

    Enquête
    Le désarroi des parents face au danger du cannabis
    LE MONDE | 26.01.09 | 16h28 • Mis à jour le 26.01.09 | 18h48

    Près de la moitié des jeunes de 17 ans ont déjà consommé du cannabis, le plus souvent sous forme de résine (haschisch) mélangée à du tabac. Faible entre 12 et 13 ans, cette expérimentation augmente nettement à partir de 14 ans. Faut-il s'en inquiéter ? Quels en sont les risques ? Comment repérer que son enfant fume cette drogue ? Ces questions, qui concernent les parents, étaient au programme d'un colloque organisé, samedi 24 janvier, à Paris, par l'Union départementale des associations familiales de Paris (UDAF-75) et le rectorat de Paris.

    "Il existe des campagnes de prévention dans les établissements scolaires auprès des jeunes, mais les parents ne sont pas suffisamment informés, considère Mériadec Rivière, président de l'UDAF de Paris. Souvent, ils ne se rendent pas compte si leur enfant se drogue ou non, et si c'est le cas, ils sont désemparés."

    Si la moitié des lycéens ont expérimenté le cannabis, le nombre de fumeurs réguliers - au moins dix consommations dans le mois - tombe à 15 % pour les garçons et 6 % pour les filles de 17 ans, selon l'enquête Escapad de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Des chiffres assez stables depuis 2000, mais qui placent la France parmi les pays occidentaux les plus touchés.

    Les dangers du cannabis ont été longtemps minimisés, estime Jean Costentin, professeur de pharmacologie à l'université de Rouen, qui prône une consommation zéro : "Nous sommes de plus en plus d'accord parmi les addictologues pour éviter les expressions "drogues douces" et "dures". Le cannabis, qualifié de drogue douce, a un fort pouvoir d'accrochage et peut être l'antichambre de produits plus forts, comme la cocaïne ou l'héroïne."

    Les risques d'une consommation régulière sont loin d'être anodins. Perçu comme un anxiolytique, procurant un sentiment d'apaisement ou d'euphorie, le cannabis peut aussi déclencher, chez les personnes fragiles, des crises de panique, voire des bouffées délirantes. Il peut révéler ou aggraver des troubles psychiatriques comme les psychoses maniaco-dépressives et la schizophrénie.

    Plus fréquemment, il provoque, chez l'adolescent consommateur régulier, des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire à court terme, une perte de la motivation. "Les signes d'un jeune qui consomme du cannabis sont plus insidieux et moins visibles qu'avec d'autres produits comme la cocaïne, explique le docteur Philippe Nuss, psychiatre à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris. Progressivement le jeune change, sa vie s'appauvrit, il ne fait plus les choses qu'il aimait."

    Ses performances scolaires chutent. Il se désocialise souvent, restreignant son cercle d'amis à ceux qui fument. "Le cannabis a la propriété de faire croire à celui qui fume qu'il est quelqu'un d'ouvert, décontracté, altruiste, poursuit le docteur Nuss. Sa consommation s'accompagne d'une culture cannabis, un prêt-à-penser qui permet au jeune de plaquer un modèle explicatif quand on lui demande pourquoi il fume."

    A partir de quand faut-il tirer le signal d'alarme ? "Dès un ou deux joints par semaine, considère le professeur Gilbert Lagrue, du centre de tabacologie de l'hôpital Albert-Chenevier, à Créteil (Val-de-Marne),surtout à partir du moment où l'ado commence à fumer seul. Quand la consommation devient quotidienne, c'est une zone de très haut risque de décrochage scolaire."

    Que peuvent faire dans ce cas les parents ? Inutile d'adopter un discours moralisateur du style "tu dois, Il faut..."."Il est très important de dialoguer, d'interroger son enfant sur sa consommation, de lui dire qu'on se pose la question de savoir comment l'aider", précise le docteur Nuss. Si nécessaire, les parents peuvent se renseigner grâce à la ligne d'écoute cannabis, auprès du médecin traitant ou d'une consultation spécialisée.

    Il faut savoir qu'on ne décroche pas du cannabis du jour au lendemain. Pierre de Parcevaux, responsable d'une association familiale de lutte contre la toxicomanie, La Luciole, voit défiler des parents épuisés. "Au départ, ils nous contactent pour que nous prenions en charge leur enfant, mais tout mon travail consiste à leur dire que j'ai besoin d'eux", explique-t-il.

    Pierre de Parcevaux conseille d'abord aux parents de changer l'image, souvent négative, qu'ils ont de leur enfant. Il leur explique qu'il est inutile de culpabiliser et de se tourmenter sur le thème : "Je n'ai pas été assez sévère, je ne l'ai pas assez aimé"... "Je leur demande, de rester parents, de ne pas abandonner leur rôle d'éducateurs, et d'autorité, de continuer à accompagner leur enfant", conclut-il.

    "Parents : alerte au tabac et au cannabis", de Gilbert Lagrue, éd. Odile Jacob, 2008, 240 p., 19 euros.

    Ecoute cannabis : 0811-912-020.

    Ligne d'écoute de l'association La Luciole : 01-40-34-17-66.

    Martine Laronche
    Article paru dans l'édition du 27.01.09