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07/10/2009

Mangez moins de viande !

... quand on pense que les bovins pètent tant et plus du méthane, en plus de la disparition des arbres qui captent le CO2 ! Un tronc d'arbre brûlé, c'est un stock de CO2 qui repart dans l'atmosphère !
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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/07/foret-amazonienne-les-eleveurs-au-banc-des-accuses_1250493_3244.html#ens_id=1250596
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Forêt amazonienne : les éleveurs au banc des accusés
LE MONDE | 07.10.09 | 15h08  •  Mis à jour le 07.10.09 | 15h08
Belem Envoyé spécial


levage contre forêt. Cette bataille inégale qui dure depuis des décennies au Brésil connaît un nouveau rebondissement. Le ministère de la justice ayant déclenché des poursuites contre 22 fermes et 13 groupes de transport frigorifique, et menacé d'en faire autant contre 72 autres compagnies, les plus gros exportateurs de viande brésiliens se sont engagés lundi 5 octobre à instaurer et à respecter la traçabilité des produits bovins.

 

Ce bras de fer fait suite à un rapport de Greenpeace, paru en août 2009, sur "le massacre de l'Amazonie" qui montrait les liens entre l'expansion foudroyante de l'élevage et la destruction de la forêt. L'organisation écologiste mettait en cause les usines du sud du Brésil qui traitent de la viande et du cuir provenant de 150 000 hectares déboisés illégalement. Ces produits, une fois "blanchis", sont revendus à des entreprises qui approvisionnent de grandes marques mondiales de chaussures, d'aliments ou de voitures. En Amazonie, selon Greenpeace, les éleveurs brûlent un hectare de forêt primaire toutes les 18 secondes. Et le Brésil est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre de la planète.

C'est sur ces "fronts pionniers", territoires en transition entre la forêt occupée par ses peuples de toujours et des paysages agricoles exploités en majorité par des éleveurs, que se joue le drame de la déforestation amazonienne. Dans les années 1960 et 1970, à l'apogée de la dictature militaire, l'Etat exalte le peuplement et la mise en valeur de l'Amazonie. A propos de la terre, un slogan d'alors, un brin menaçant, proclame : "Occupez-la, sinon vous la perdrez." Des millions de Brésiliens vont migrer vers la "nouvelle frontière". On les incite à couper et à brûler la forêt, qui, juge-t-on, ne vaut rien, ou si peu.

A côté de la traditionnelle "Amazonie des fleuves" se développe l'"Amazonie des routes", puis celle des nouveaux espaces ruraux et urbains autour de petites villes surgies de rien. L'Incra, l'institut en charge de la réforme agraire, devient le principal déboiseur. En cette époque pré-écologique, les colons sont célébrés pour leur contribution valeureuse à la construction nationale.

Aujourd'hui, environnement oblige, tout a changé. Les anciens colons, ou leurs enfants, sont vilipendés. Ils acceptent mal d'être montrés du doigt pour continuer à faire ce qu'ils ont toujours fait à la satisfaction naguère générale : pousser des troupeaux de vaches blanches à bosse sur les décombres de la forêt.

Entre-temps, le Brésil est devenu le premier exportateur de boeuf au monde, avec 30 % du marché. Il possède le plus grand cheptel de la planète, avec 200 millions de têtes, dont 30 millions en Amazonie. Selon le chercheur Paulo Baretto, de l'institut Imazon, les chiffres de la déforestation épousent, avec un an de retard, les variations des cours de la viande à la Bourse de Chicago.

Malgré ce renversement, il y a peu de chance que les choses bougent sur le terrain. L'élevage reste attractif pour les petits agriculteurs. "C'est le mode de vie le mieux adapté aux précarités des fronts pionniers, explique René Poccard-Chapuis, coordinateur à Belem du Cirad, le Centre international de coopération en recherche agronomique. Sur un territoire immense, les difficultés de circulation, le manque d'infrastructures et les conditions de travail difficiles ont découragé ou marginalisé les cultures pérennes."

Le pâturage est un excellent moyen de marquer la propriété foncière, clé de l'enrichissement, et de la spéculation. L'élevage extensif exige peu d'efforts et un faible investissement. Même les plus pauvres peuvent s'y lancer en louant un troupeau ou en s'en partageant les revenus. Le cheptel permet de sécuriser son capital et d'en tirer de l'argent liquide à tout moment grâce à l'organisation efficace de la filière. Autrement dit, dans le boeuf, tout est bon.

La lutte contre la déforestation suppose de poursuivre les politiques de contrôle engagées : surveillance par satellite, régularisation foncière, installation d'un cadastre, généralisation de la traçabilité des produits. Il faudra surtout, à terme, interdire aux bûcherons et aux éleveurs, qui travaillent en tandem, d'accéder aux forêts menacées.

En attendant qu'on leur propose un mode plus durable de développement, l'immense majorité des petits agriculteurs amazoniens continueront de trouver le salut dans l'élevage. Sur les cendres de la forêt.

 

Jean-Pierre Langellier
Article paru dans l'édition du 08.10.09

23/06/2009

La consommation d'animaux clonés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/07/24/les-experts-europeens-restent-reserves-sur-la-consommation-d-animaux-clones_1076715_3244.html#ens_id=1210085

 

Compte rendu

Les experts européens restent réservés sur la consommation d'animaux clonés

LE MONDE | 24.07.08 | 14h34  •  Mis à jour le 22.06.09 | 20h58

 

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devait rendre public, jeudi 24 juillet, l'avis de son comité scientifique sur l'éventuelle consommation par l'homme des produits alimentaires issus de bovins ou de porcs créés à partir de la technique du clonage

Tout en reconnaissant qu'il n'existe aujourd'hui aucune donnée scientifique permettant d'affirmer que des différences existent entre ces animaux et ceux issus d'une reproduction sexuée, les experts font preuve d'une prudence aussi grande qu'inhabituelle.

A la différence de leurs homologues de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, qui avait donné son feu vert, en janvier, à la commercialisation de ces produits, les experts européens se sont penchés sur les questions de santé et de bien-être animal. Ils regrettent, en préalable, le faible nombre de travaux menés sur ce thème et le faible effectif des animaux étudiés. Cette situation fait que la réflexion scientifique est, selon eux, conduite dans un contexte de relative incertitude.

Les experts de l'EFSA observent que la technique de la création de bovins et de porcs par clonage est, chez les femelles porteuses, associée à une série d'anomalies durant la gestation et la mise bas. D'autre part, une proportion non négligeable de porcelets (durant les premières semaines) et de veaux (durant les premiers mois) est atteinte de différentes affections, notamment respiratoires. C'est pourquoi les experts expriment "de sérieuses réserves".

Celles-ci ne concernent toutefois pas la sécurité alimentaire au sens strict, puisque rien ne permet de distinguer les viandes et les laits aujourd'hui commercialisés de ceux provenant d'animaux clonés ou de la descendance de ceux-ci, elle-même issue de reproduction sexuée.

C'est précisément sur cette base que la FDA avait, au terme d'une analyse scientifique, donné son feu vert à la consommation de ces aliments, rompant ainsi avec un moratoire instauré en 2001. La FDA partageait les conclusions d'un rapport de l'Académie américaine des sciences qui, dès 2002, ne relevait pas de différence substantielle entre les deux catégories de produits.

Les experts de l'EFSA rejoignent ceux de la FDA pour dire que, faute de données scientifiques suffisantes, ils ne sont pas en mesure d'analyser la situation concernant les ovins ou les caprins créés par clonage.

L'avis de l'EFSA se démarque quelque peu de l'analyse faite en 2005 par l'Agence française sur la sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui estimait, à l'époque, que "les données acquises, notamment sur le lait et la viande, suggèrent que les animaux descendants des clones, qui sont les seuls susceptibles d'être proposés aux consommateurs, peuvent être traités comme leurs équivalents issus des méthodes de reproduction classiques". Pour les experts de l'Afssa, la fréquence anormalement élevée de certaines affections observées chez les clones imposait des examens "plus approfondis", conduits sur les animaux clonés et leurs descendants "pendant plusieurs générations".

Pour sa part, le Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies avait, le 16 janvier, émis un avis critique sur la commercialisation d'aliments issus directement ou non de la technique du clonage. Il évoquait notamment, à l'instar des scientifiques de l'EFSA, "les souffrances et les problèmes de santé" des animaux. Il précisait ne pas avoir trouvé d'arguments convaincants justifiant une telle pratique, faisait des recommandations sur la traçabilité et se demandait si de tels produits devaient être importés dans l'Union européenne.

On estime aujourd'hui à environ 4 000 le nombre des bovins créés par clonage dans le monde et à 500 celui des porcins, une majorité de ces animaux ayant vu le jour aux Etats-Unis, où leur descendance commence à être consommée.

 

Jean-Yves Nau

04/12/2008

Nouvelles menaces contre la forêt amazonienne

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/03/nouvelles-menaces-contre-la-foret-amazonienne_1126284_3244.html

Nouvelles menaces contre la forêt amazonienne
LE MONDE | 03.12.08 | 15h04 • Mis à jour le 03.12.08 | 15h45
RIO DE JANEIRO CORRESPONDANCE

Doucement mais sûrement la forêt amazonienne brésilienne perd du terrain. En douze mois, la végétation tropicale a encore reculé de 11 968 km2, soit une accélération du rythme de la déforestation de 3,8 % en un an. Le ministre de l'environnement du Brésil, Carlos Minc, considère pourtant que "la déforestation est stabilisée".

L'essentiel des destructions est illégal. La législation actuelle ne parvient à arrêter ni les tronçonneuses ni les incendies volontaires, et les défenseurs de l'environnement se mobilisent aujourd'hui pour empêcher la révision du Code forestier, qui pourrait, disent-ils, être fatale à la forêt. Ils ont face à eux le puissant lobby de l'agrobusiness, qui assure manquer de terres pour répondre à la demande.
A Brasilia, le Congrès discute actuellement de la diminution de la "réserve légale" instaurée par le Code forestier, cette part de végétation sauvage que tout propriétaire doit préserver, sur une parcelle située dans le bassin amazonien. Cette réserve passerait de 80 % à 50 % de la surface. Le Sénat a approuvé cette disposition en décembre 2007, au lendemain de la conférence sur le climat de Bali. La commission de l'environnement de la Chambre des députés, dominée par des représentants du monde rural, pourrait l'imiter avant la fin de l'année, mais les débats y sont tendus.
Les gros fermiers font pression, semble-t-il, pour compenser des dispositions qui gênent l'extension de leurs plantations de soja et de leurs pâturages. Par exemple, la récente résolution de la banque centrale, qui refuse d'accorder un crédit rural aux producteurs ayant illégalement déboisé leurs propriétés.
"Le gouvernement doit clarifier sa position, estime José Sarney Junior, député du Parti vert et membre de la commission parlementaire, car il hésite entre laisser la frontière agricole avancer sur la forêt et préserver le rôle d'une région qui rend service à la planète entière." L'importance du secteur agricole, premier exportateur mondial de soja et de viande, a cependant souvent incité les autorités de Brasilia à donner raison au monde rural.
La reformulation du Code, dont certains alinéas datent de 1934, est nécessaire, mais Carlos Minc s'est déclaré opposé à la réduction des réserves, en accord, assure-t-il, avec le président Luiz Inacio Lula da Silva.
Dans le nouveau projet, les ruralistas (lobby agricole) ont pour l'instant obtenu la possibilité de replanter sur la partie déboisée des espèces dites "exotiques", étrangères au milieu naturel, par exemple des palmiers qui assureraient un bon rendement aux propriétaires. Ceci au grand dam des écologistes.
Ce sont les Etats brésiliens de l'Amazonie, rongés par l'agriculture intensive, qui battent les records de déforestation. Cette année, la moitié des destructions a eu lieu dans l'Etat du Para. Selon le ministère de l'environnement, seules trois des trente-six municipalités où se concentrent l'abattage des arbres et la lutte contre la déforestation ont respecté la loi de 80 %. Brasil Novo n'a conservé que 17,47 % de sa forêt.
"Nous ne croyons pas que la loi puisse sauver l'Amazonie, la preuve nous en est apportée quotidiennement, reconnaît Marcio Astrime, de Greenpeace Brésil. Mais si la loi est affaiblie, les effets seront pires encore." L'organisation non gouvernementale (ONG) a lancé une campagne contre le projet de révision du Code forestier, dénonçant "une réforme opportuniste" qui conforte l'impunité de ceux qui détruisent.
Le projet propose en effet de "débloquer la situation actuelle" en offrant aux auteurs des destructions de compenser les dommages en préservant, "ailleurs", une surface équivalente. "Mieux vaut rentabiliser les aires déjà endommagées et conserver celles qui sont encore intactes, au lieu de détruire la nature en damier", argumente le sénateur du Para, auteur de la réforme du Code forestier, Flexa Ribeiro, qui affirme que son projet initial ne réduisait pas la réserve légale.
Les écologistes sont, quant à eux, partisans de la rémunération des propriétaires qui conservent la réserve en assurant une exploitation durable. Dans leur Pacte pour la valorisation de l'Amazonie, neuf ONG brésiliennes et internationales ont proposé de "rétribuer la forêt sur pied" pour parvenir à l'objectif de "déforestation zéro" en 2015. Conscient des enjeux se concentrant autour de l'Amazonie, le président Lula a annoncé, lundi 1er décembre, au premier jour de la conférence sur le climat qui se tient à Poznan (Pologne), un plan de lutte contre la déforestation comportant pour la première fois des objectifs chiffrés.
Il s'agit de réduire les destructions de 40 % d'ici 2010, un objectif jugé "peu sérieux"par Greenpeace. Le président brésilien a également annoncé un objectif de diminution de la déforestation de 70 % d'ici 2018.
"Le point de non-retour en Amazonie est proche, estime Gilvan Sampaio, de l'Institut national de recherche spatiale, qui observe par satellite la déforestation. Si 30 % de la forêt étaient encore détruits, cet écosystème cesserait d'exister, remplacé par un autre - une sorte de savane." Au rythme actuel, la moitié des arbres aura disparu en 2050.

Annie Gasnier

Chiffres :

Superficie : la partie brésilienne du bassin de la forêt amazonienne couvre 5 millions de kilomètres carrés, dont 46 % protégés par la loi : 100 000 km2 de réserves indiennes ; 200 000 km2 d'unités de conservations fédérales pour l'exploitation durable et 1,9 million de km2 de forêts publiques.

Nombre d'habitants : 25 millions de personnes.
Population indienne : 220 tribus comprenant 480 000 personnes.

Déforestation : 17 % de la végétation primaire, soit 700 000 km2, ont disparu en trente ans. Les quatre-cinquièmes de la déforestation sont illégaux.
Incendies de forêt : au nombre de 22 000 en 2007.
Pistes clandestines : il en existe 100 000 km.
Réserves d'eau : sur 100 000 km de cours d'eau, elles représentent 23 % de l'eau potable de la planète.
CO2 stocké : 70 milliards de tonnes.
Emission de CO2 du Brésil : 1 milliard de tonnes en 2004, dont 75 % sont dus aux brûlis de la forêt.

Article paru dans l'édition du 04.12.08