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05/12/2010

Stopper le gaspillage publicitaire lors des pics de consommation

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4488

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03-12-2010 - Stopper le gaspillage publicitaire lors des pics de consommation

Avec le froid hivernal qui s’est installé ces derniers jours, la France est à nouveau confrontée à des pics de consommation électrique. Pour soulager les tensions entre des capacités de production électriques limitées et une consommation en dents de scie, la population est appelée à surveiller sa consommation lors de ces pics, notamment en ce qui concerne le non indispensable tel que les équipements de type machine à laver, sèche linge et lave-vaisselle.
Or, comme le dénonce l’association Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P), le secteur publicitaire ne tient pas compte des appels à la responsabilité lancés par le Réseau de Transport de l’Electricité (RTE). De fait, le secteur publicitaire a multiplié les dispositifs retro-éclairés et autres écrans plasmas. Ce gaspillage électrique quotidien s’avère inacceptable alors que des coupures électriques privent certaines régions de chauffage.

Estimant avec justesse que l’appel à la responsabilisation citoyenne ne doit pas s’appliquer uniquement aux usagers, les associations appellent les décideurs nationaux et locaux à adopter des arrêtés d’interdiction des dispositifs publicitaires énergivores, plus particulièrement lors des épisodes de pics de consommation. Il n’est, en effet, pas illogique que les usages électriques totalement inutiles soient proscrits a priorité.

Cécile Cassier

16/10/2010

Transport radioactif record les 5 et 6 novembre

Appel du Réseau "Sortir du nucléaire" et de Greenpeace
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Train d'enfer : transport radioactif record

Les 5 et 6 novembre

Mobilisons-nous contre le nucléaire et ses déchets dangereux

Les 5 et 6 novembre 2010, onze conteneurs de déchets très hautement radioactifs, issus du retraitement par Areva des combustibles usés allemands, vont quitter La Hague (Manche) pour retourner en Allemagne. Ils seront stockés temporairement dans un hangar sur le site de Gorleben en Basse-Saxe, en attente d’une « solution ».

Ni à la Hague ni à Gorleben : aucune solution satisfaisante n’existe aujourd’hui pour la gestion des déchets radioactifs

Si la Hague n’est pas un lieu de stockage satisfaisant, Gorleben ne l’est pas plus. Ces déchets doivent retourner sur leur lieu de production, car le nucléaire est un choix dont chacun doit assumer les conséquences morales, politiques, financières et environnementales.

Ces déchets doivent donc logiquement retourner à l’envoyeur. En l’occurrence, les centrales nucléaires appartenant aux quatre grands producteurs d’électricité allemands.

Le transport le plus radioactif du monde : aucun transport cumulant en une seule fois autant de radioactivité n'aura jamais été réalisé.

Les rayonnements radioactifs émis par les onze conteneurs « CASTOR » entraînent un risque d'irradiation des cheminots et des populations riveraines des voies où le convoi passera. Le retraitement des déchets nucléaires est directement responsable de la concentration phénoménale de radioactivité de ce convoi.

En France, en Allemagne et ailleurs, le nucléaire est une impasse !

Ce transport-record est l'occasion de rappeler quelques vérités sur les milliers de transports nucléaires qui circulent chaque année dans l'Hexagone, et sur la réalité du retraitement des déchets nucléaires.

Tout transport de matières hautement radioactives comporte des risques réels. Pourtant les populations locales ne sont pas informées du passage des convois, pas plus que des risques associés.

Sous couvert de « tri sélectif » et « recyclage », Areva, dans son usine de la Hague, fait augmenter le volume de déchets radioactifs produits (pour une tonne retraitée, environ 65 m3 de déchets sont produits), la contamination environnementale (rejets gazeux et liquides) mais aussi les risques de prolifération (extraction du plutonium).

Mobilisons nous contre les fausses solutions de l’industrie nucléaire

Les associations environnementales – dont Greenpeace et le Réseau « Sortir du nucléaire » – ont obtenu l'arrêt du retraitement des déchets allemands. Ainsi, si l’Allemagne n’envoie plus ses combustibles usés en France, il reste encore des centaines de tonnes de déchets allemands entreposés dans l’attente d’une solution à la Hague, ou encore dans les centres de stockage de la Manche ou de l’Aube. Le stockage de déchets nucléaires, présenté comme sûr il y a 40 ans, tourne au désastre dans l'ancienne mine d'Asse II en Allemagne. Chaque jour, depuis des années, plus de 12 m3 d'eau entrent dans la mine.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace appellent à une mobilisation la plus large possible les vendredi 5 et samedi 6 novembre sur le trajet du transport (Manche, Calvados, Eure, Seine Maritime, Somme, Pas de Calais, Nord, Aisne , Ardennes, Meuse, Moselle, Meurthe et Moselle, Bas Rhin) et tout particulièrement dans les villes de Caen, Rouen, Amiens, Arras, Nancy, Strasbourg).

Notre objectif n’est pas d’interférer avec ce convoi mais de faire toute la lumière sur les fausses solutions de l’industrie nucléaire pour gérer ces déchets, que ce soit à Gorleben, à la Hague (Manche) ou encore à Bure (Meuse).

Pour agir près de chez vous, nous mettons du matériel à votre disposition (banderole, affiche, tract, tee-shirts…).

Les déchets nucléaires resteront radioactifs pendant des dizaines de milliers d'années. Arrêtons d'en produire et sortons du nucléaire !

Pour connaître les horaires de passage du convoi, en savoir plus sur ce transport et agir à nos côtés :
http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/train-d-enfer-transport-la-hague/

Contact :
Laura Hameaux
Coordination Nationale des groupes et actions
Réseau Sortir du nucléaire
Mobile: +33 (0)685230511
Tel: +33 (0)320179491
Mail: laura.hameaux@sortirdunucleaire.fr

11/10/2010

L'énergie hydroélectrique est elle propre ?

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/11/des-quantites-considerables-de-methane-rejetees-par-un-barrage-en-suisse_1423778_3244.html
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Des quantités "considérables" de méthane rejetées par un barrage en Suisse

Situé sur le lac de Wohlen, un barrage hydro-électrique produit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de kilomètres de circulation automobile, dénonce une étude.

LEMONDE.FR avec AFP | 11.10.10 | 15h47

Preuve que l'énergie hydroélectrique est moins neutre qu'on ne le pensait d'un point de vue environnemental, des chercheurs ont découvert des quantités "considérables" de méthane, un gaz à effet de serre, rejetées dans l'air par un lac de barrage helvétique près de Berne (centre), selon une étude suisse publiée lundi 11 octobre.

"En moyenne, plus de 150 milligrammes de méthane s'échappent de chaque mètre carré de sa surface vers l'atmosphère. C'est le taux d'émission le plus élevé jamais mesuré dans un lac de latitude moyenne", indiquent les chercheurs de l'institut Eawag, qui ont étudié une partie du lac de Wohlen. En extrapolant ces mesures, les scientifiques de cet institut de recherche spécialisé dans le domaine de l'eau, estiment que ce lac produit 150 tonnes de méthane par an, soit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de kilomètres de circulation automobile ou les émissions annuelles de 2 000 bovins.

Ces niveaux montrent que "l'énergie hydroélectrique n'est donc pas aussi neutre en carbone qu'on le pensait jusqu'à présent", affirme ainsi une des chimistes qui a participé à l'étude, Tonya Del Sontro. "En été, le lac de Wohlen fait parfois penser à une coupe de champagne, une multitude de bulles de gaz remontent vers la surface", ajoute-t-elle.

CORRECTION DU BILAN MÉTHANE

Le méthane est le composant principal du gaz naturel issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène. Il se dégage des zones humides peu oxygénées comme les marais et se forme aussi dans l'estomac des mammifères.

Les chercheurs se sont également penchés à d'autres occasions sur les lacs artificiels de montagne. La faiblesse des températures et des apports de matière organique expliquent, selon leurs études, pourquoi les grands barrages alpins ne rejettent pas autant de méthane que les retenues fluviales en moyenne altitude. Ils souhaitent désormais étudier d'autres lacs de barrage du plateau suisse pour voir si celui de Wohlen constitue une exception et si une correction du bilan méthane de la Suisse s'avère nécessaire, étant donné que ce type de gaz est inclus dans le protocole de Kyoto.

Conclu en 1997, le protocole impose aux trente-sept pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'Union européenne de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de plus de 5 % sur la période 2008-2012. Les Etats-Unis ne l'ont jamais ratifié.

01/05/2010

Drill baby, drill ! Les choix énergétiques aux US

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8875d716-5498-11df-9b62-6c2095f4974e|0

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États-Unis vendredi30 avril 2010
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Marée noire: le paradoxe énergétique

La catastrophe de Louisiane risque paradoxalement de paralyser le débat sur les nouvelles énergies

C’est l’époque de l’année à laquelle des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs passent par les marais de Louisiane en direction du nord. La pêche à la crevette, retardée en raison des grands froids de l’hiver, devait bientôt battre son plein. Sur ces côtes en partie protégées qui entourent le delta du Mississippi, dauphins, pélicans et tortues de mer sont parmi les milliers d’espèces aujourd’hui en sursis, alors que des centaines de milliers de litres de pétrole continuaient vendredi de se déverser dans le golfe du Mexique.

Ce week-end, les premières images des représentants de ce fragile biotope, échoués sur le rivage ou les plumes encrassées de pétrole, vont commencer d’être diffusées par les télévisions. Et le débat sur le forage offshore, et plus largement sur l’utilisation des énergies fossiles, risque de déferler sur l’Amérique dans les mêmes proportions que la gigantesque nappe de pétrole, qui atteint déjà les dimensions de l’Etat du Delaware.

En réalité, ce débat, les Etats-Unis viennent déjà de l’entamer à la suite d’une violente explosion dans une mine de charbon de Virginie, qui a tué une trentaine de personnes et qui vient de déposséder d’une partie de leurs arguments ceux qui préconisent le «charbon propre» comme l’une des sources fiables de l’approvisionnement énergétique de demain. Dans le cas du pétrole, la dispute ne s’est jamais réellement apaisée depuis 1969, après une catastrophe similaire sur une plate-forme située à 10 kilomètres des côtes. Ravivée encore par le désastre de l’Exxon Valdez, au large de l’Alaska en 1989, la question est l’une de celles qui soulèvent le plus d’émotion dans le pays.

Or, depuis la dernière campagne électorale, elle est revenue de manière spectaculaire sur le devant de la scène. Derrière la candidate à la vice-présidente Sarah ­Palin, les républicains ont transformé en cri de ralliement le slogan drill, baby, drill («fore, bébé, fore» ou, plus crûment, «fore-moi fort»). Censée représenter la volonté d’indépendance de l’Amérique, l’extension des forages pétroliers, y compris dans les régions protégées, est ainsi devenue l’une des grandes exigences de ceux qui, à droite, estiment irréalisable le programme de Barack Obama entendant réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Face à un projet de loi qui n’en finissait plus de s’embourber au Sénat, le président à fait coup sur coup deux pas en direction de l’opposition en acceptant la relance du programme nucléaire américain, puis, en mars dernier, l’extension du forage pétrolier. Ces gestes de bonne volonté ont rendu furieux les militants démocrates, ainsi qu’une partie des élus, principalement ceux de la côte Ouest et les Californiens traumatisés par l’accident de 1969. Mais ils étaient vus par l’administration comme le seul moyen d’obtenir en échange une plus grande souplesse des républicains en matière de développement des énergies renouvelables.

Le désastre de Louisiane vient troubler ce fragile équilibre. D’ores et déjà, Barack Obama a proclamé l’interdiction de procéder à de nouveaux forages pétroliers, officiellement afin d’attendre les résultats d’une enquête sur les causes de l’explosion. En réalité, comme l’affirment certaines sources anonymes dans la presse américaine, il sera désormais extrêmement difficile, aussi bien pour les démocrates que pour les républicains, de défendre l’idée d’un texte de loi de consensus au cours d’une cérémonie où seraient invités les responsables de l’industrie pétrolière, dont ceux de BP, la compagnie la plus présente dans le golfe du Mexique. En outre, certains élus démocrates ont déjà exprimé leur volonté de mettre les bâtons dans les roues de tout accord qui comprendrait l’extension de forages pétroliers.

Paradoxalement, la marée noire de Louisiane pourrait ainsi être le dernier clou dans le cercueil de cette loi, visant précisément à limiter la dépendance des Etats-Unis à l’égard du pétrole. Ce qui, pourtant, n’empêche pas l’administration Obama de poursuivre ses projets en faveur de l’énergie verte, indépendamment du sort du projet de loi. Ainsi, au terme d’années de polémique, elle vient de décider d’aller de l’avant dans un projet qui doit voir l’érection de dizaines d’éoliennes au large de Cape Cod, dans le Massachusetts. Le projet est d’autant plus symbolique que Cape Cod est le lieu de villégiature des familles fortunées de Boston, dont la famille Kennedy, qui avait fait campagne contre sa réalisation.

 

Voir aussi :

La marée noire en Floride

03/01/2010

Ordinateurs, TV... 2e source de consommation d'électricité en France

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3644

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Rappel 2009

12/03/2009

 

Les technologies de l’information et de la communication, dites TIC, ont envahi notre quotidien. Sous cette vaste dénomination, se côtoient ordinateurs et autres équipements informatiques, appareils de téléphonie fixe et mobile, téléviseurs et dérivés audiovisuels (décodeurs…), sans oublier la large gamme couverte par les matériels électroniques (détecteurs de présence, imageries médicale…). Economes en déplacements et en contraintes, les services rendus par les TIC sont régulièrement promus comme atouts écologiques. Pourtant, cette promotion environnementale est à nuancer.

Ayant le vent en poupe depuis le début des années 1990, le secteur des TIC ne s’est que récemment préoccupé des enjeux environnementaux liés à son développement. Conscients de ces lacunes, le ministère de l’écologie et le ministère de l’industrie ont respectivement mandaté, en mars 2008, le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et le Conseil Général des Technologies de l’Information pour la rédaction d’un rapport étudiant la place à accorder aux TIC dans le cadre d’une politique de développement durable.
Or, malgré un fort potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les TIC s’avèrent de plus en plus gourmandes en électricité. D’après les estimations du rapport, la consommation électrique annuelle des TIC s’élève à 58,5 TWh, soit 13, 5 % de la consommation électrique française estimée à 434 TWh. Les téléviseurs et leurs périphériques constituent le plus gros poste de la consommation électrique au sein des TIC. Cela s’explique notamment par l’engouement nouveau que suscitent les écrans plats, jugés très énergivores, ainsi que par l’achat croissant d’adaptateurs/ décodeurs, destinés à assurer la transition vers le numérique et la haute définition. A cet égard, le passage à la TNT (1) dès fin 2011 n’a rien de réjouissant et illustre la nécessité, à l’heure actuelle, de prendre les devants via des mesures visant à maîtriser et réduire la dépense énergétique des TIC.

Parmi les pistes envisagées en ce sens dans le présent rapport, figurent, entre autres, l’affichage obligatoire de la consommation des téléviseurs en fonctionnement et en veille, l’obligation d’une compatibilité TNT-HD pour tout téléviseur ou adaptateur mis sur le marché dès 2009, voire le recours à un bonus/malus « modéré ».
Pourtant, il ne s’agit pas de limiter les TIC mais, bien au contraire, d’en favoriser un développement plus responsable. Pour rendre à ces technologies nouvelles tout leur potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les auteurs du rapport appellent à une nécessaire mutation de nos façons de consommer, de travailler… Sont ainsi prônés le développement de l’achat en ligne, de même que le télétravail via des visioconférences. Or, en la matière, la France fait figure de retardataire avec environ 7 % de « télétravailleurs » contre 13 % en Europe. Pourtant, les alternatives qu’offrent les TIC « pourraient permettre d’économiser d’une à quatre fois leurs propres émissions de GES. En effet, c’est l’activité économique dans son ensemble qui réduit ses émissions grâce aux TIC… ».

Pour l’heure, si la tendance actuelle se maintient, avec un taux de croissance moyen de 10 %, les TIC pèseront pour 20 % de la consommation d’électricité française dès 2012. Un pourcentage difficilement conciliable avec l’objectif de réduction de 20 % de la consommation énergétique globale à l’horizon 2020.

Cécile Cassier
Illustration © rapport TIC et Développement durable

1- Télévision Numérique Terrestre.

09:16 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : énergie, société

11/12/2008

AREVA et EPR (European pressurized water reactor)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/11/olkiluoto-le-bourbier-finlandais-d-areva_1129822_3244.html

Reportage
Olkiluoto, le bourbier finlandais d'Areva
LE MONDE | 11.12.08 | 16h03 • Mis à jour le 11.12.08 | 18h28
OLKILUOTO (FINLANDE) ENVOYÉ SPÉCIAL

À Olkiluoto, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes nucléaires. Sur cette presqu'île du sud-ouest de la Finlande, au milieu d'une forêt de sapins et de bouleaux qui descend en pente douce vers les côtes du golfe de Botnie, le plus grand chantier nucléaire du monde bat son plein au milieu d'un hérissement de grues géantes. Dans le labyrinthe boueux du site, 3 500 ouvriers et techniciens d'une cinquantaine de pays se relaient parfois en 3 × 8, 7 jours sur 7 et par des températures descendant jusqu'à - 15 °C. Des terrassiers et des grutiers polonais, des soudeurs baltes, des électromécaniciens finlandais, des ingénieurs français ou allemands... Oui, tout semble aller pour le mieux à Olkiluoto.

Et pourtant tout a dérapé depuis le lancement, en 2005, de ce chantier phare pour l'industrie nucléaire française et son chef de file, Areva. Prévu mi-2009, le raccordement de ce réacteur de troisième génération au réseau de lignes à haute tension n'interviendra pas avant 2012. Ces retards ont fait exploser les coûts et obligé le groupe, responsable de la coordination du projet, à provisionner chaque semestre (sauf un) des sommes importantes. Ils ont tendu les relations avec le client, le groupe d'électricité finlandais TVO, qui a besoin de l'électricité pour alimenter les papetiers et les sidérurgistes. Et peut-être compromis les chances d'Areva de construire un second EPR (European pressurized water reactor) finlandais.

En décembre 2003, quand Areva signe le contrat de construction de ce réacteur conçu avec l'allemand Siemens, sa présidente, Anne Lauvergeon, y voit plus que la promesse d'un chèque de 3 milliards d'euros : la fin de l'hiver nucléaire. Olkiluoto est le plus ambitieux projet lancé depuis l'explosion du réacteur n° 4 de Tchernobyl en avril 1986. Et le réacteur choisi devient vite l'emblème du nucléaire "made in France", dont Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy vantent l'excellence dans les voyages officiels. Le plus puissant avec ses 1 650 mégawatts. Et le plus propre, puisqu'il consomme 17 % d'uranium enrichi en moins que ceux de la génération précédente pour la même production d'électricité, assurent les ingénieurs d'Areva.

Début 2004, la victoire d'Areva est pourtant lourde d'incertitudes : pour décrocher le contrat, la société a fait la promesse mirobolante de livrer l'EPR clés en main en quatre ans, comme le russe Atomstroïexport et l'américain General Electric. Même les ingénieurs d'Areva qui ont participé à la construction du parc français dans les années 1980-1990 jugent alors le calendrier intenable. "On a mis plus de six ans pour construire certains réacteurs de deuxième génération", rappelle un des responsables du chantier d'Olkiluoto.

"Délais ridicules, prix trop bas, absence de savoir-faire d'Areva comme architecte-ensemblier", tranche un grand industriel français. Les difficultés s'accumulent dès 2006 : problème dans le béton de la dalle supportant le réacteur, forgeage raté de certaines pièces de l'îlot nucléaire... Plus tard viendront des interrogations sur la peau métallique (liner) renforçant l'enceinte de confinement. Rien d'étonnant sur un chantier où 1 200 sous-traitants se bousculent. Les dirigeants d'Areva se défendent : ils ont dû les retenir pour décrocher le marché, mais certains ont une expérience limitée, voire nulle, du nucléaire.

Ces retards arrivent au plus mauvais moment pour Anne Lauvergeon, dont le mandat de présidente du directoire d'Areva expire en juin 2006. Le ministre de l'économie, Thierry Breton, qui ne l'apprécie guère, utilise ces déboires finlandais pour demander sa tête à l'Elysée. Sans succès. Six mois plus tard, quand un marché de quatre réacteurs échappe à Areva en Chine au profit de l'américano-japonais Toshiba-Westinghouse, M. Breton glisse aux journalistes que le groupe français paye les dérives du chantier finlandais...

Les coûts vont continuer à dériver, en dépit d'une sérieuse reprise en main. Début 2007, Anne Lauvergeon a dépêché sur le chantier Philippe Knoche. Jusque-là directeur de la stratégie, cet X-Mines a l'avantage d'être de culture franco-allemande. Un bon profil pour mettre de l'huile dans les rouages de la machine Areva-Siemens. Mais dans les mois qui suivent, des tensions apparaissent avec Bouygues, le responsable du génie civil. Le géant du BTP n'est pas un partenaire comme les autres : premier actionnaire d'Alstom (30 %), son patron, Martin Bouygues, ami de Nicolas Sarkozy, veut entrer dans le nucléaire en prenant le contrôle d'Areva via le fabriquant de turbines. Un mariage qu'Anne Lauvergeon refuse obstinément.

A qui incombe la responsabilité de ces ratés ? Areva incrimine la lourdeur de la procédure de Stuk, l'agence de sûreté nucléaire finlandaise qui valide chaque étape du chantier et l'assemblage des 10 000 composants de l'EPR, de la plus petite valve jusqu'aux énormes générateurs de vapeur. Tout comme les lenteurs de TVO, qui met en moyenne neuf mois à approuver les documents quand son contrat avec Areva n'en prévoit que deux. "Cent mille documents d'ingénierie doivent être approuvés par TVO. On n'avait pas anticipé que leur examen serait aussi long, raconte Philippe Knoche. Mille personnes y travaillent dans les bureaux d'Areva. On ne compromettra ni la qualité ni la sûreté de la centrale."

"Voilà beaucoup de temps et d'argent perdus", s'indigne dès le début Frédéric Marillier, responsable de la campagne énergie à Greenpeace France. Alors que les provisions passées par Siemens sont publiques, celle d'Areva relèvent du secret. "Elles sont significatives", admet juste le groupe. L'ardoise (main-d'oeuvre, équipements, matériaux...) pourrait atteindre 2 milliards d'euros, les deux tiers du prix initial, selon des analystes financiers. S'y ajouteront des centaines de millions d'euros de pénalités de retard au profit de TVO.

"Qui va payer la facture ? Les contribuables français", attaque Frédéric Marillier. Le groupe public français a très vite fait savoir qu'il ne supporterait pas seul les surcoûts. Réplique brutale de TVO il y a quelques semaines : "Le fournisseur d'une centrale clés en main est responsable du calendrier et des éventuelles augmentations de coûts. TVO dispose d'un contrat de fournitures à prix fixe et n'est pas en train de s'accorder avec son fournisseur sur le partage des pertes d'Areva."

Pour l'heure, une seule procédure d'arbitrage a été introduite par Areva devant la Chambre internationale de commerce, à Paris, sur un différend remontant au début du chantier. "Elle porte sur un montant non significatif", assure Philippe Knoche. Mais d'autres contentieux risquent de s'y ajouter. En 2009, Areva entrera dans la période d'assemblage des composants de l'îlot nucléaire, la partie la plus sensible de la centrale. "On n'est pas à l'abri de difficultés", concède-t-il.

Le groupe français n'aurait-il pas mieux fait de s'associer à EDF pour profiter de l'expérience acquise par l'"architecte-ensemblier" des 58 réacteurs français ? Dans le petit monde des nucléocrates français, le "cas Olkiluoto" a ravivé les querelles qui ont toujours opposé EDF à son fournisseur de réacteurs Framatome - devenu Areva en 2001 après sa fusion avec Cogema et CEA Industrie. Des barons d'EDF ont mal accepté qu'on se passe de leurs compétences. Blessés dans leur orgueil, ils ne se sont guère apitoyés sur les mésaventures d'Areva.

A ces critiques feutrées, les experts d'Areva répondent que l'EPR de Flamanville accuse déjà un an de retard. Il n'entrera en service qu'"en 2013", assurait mi-novembre Anne Lauvergeon en soulignant que son entreprise est, elle, "parfaitement à l'heure dans l'ensemble de ses livraisons". "Non, Flamanville sera prêt en 2012", a immédiatement fait rectifier Pierre Gadonneix, le PDG d'EDF. Mais pour 4 milliards au lieu des 3,3 milliards prévus, vient-il de reconnaître.

Malgré ces difficultés, les Finlandais ne semblent pas regretter le choix de la technologie franco-allemande. "Areva et ses sous-traitants sont toujours les leaders mondiaux du nucléaire. Ils possèdent le produit le meilleur et le plus sûr", affirme Jukka Laaksonen, le directeur général de Stuk. "Pour un premier projet du genre, avec tellement d'innovations, c'est pas mal", se rassure Anne Lauvergeon.

Chez TVO, le patron du projet concède que les retards sont inhérents à ces grands projets. "C'est un challenge technologique, comme l'A380", explique Jouni Silvenoinnen. Il a peut-être pris cet exemple à dessein : le programme de développement de l'avion gros porteur européen a finalement coûté 11 milliards d'euros, dont 4,8 milliards liés aux dérapages du calendrier ; mais c'est Airbus - et non les compagnies aériennes clientes - qui paiera la facture !

La vente de l'EPR risque plus de souffrir de la crise financière que des retards du chantier finlandais. La compagnie sud-africaine Eskom, qui envisageait d'en commander deux, vient de renoncer à la relance de son programme nucléaire "en raison de l'importance de l'investissement". Les autres clients ne sont pas mécontents de voir qu'on essuie les plâtres à leur place.

Fin 2007, le chinois CGNPC a commandé deux EPR pour 8 milliards d'euros (avec le combustible). Les Américains prévoient d'en construire au moins quatre. Le géant allemand de l'énergie E.ON - comme EDF - va se développer sur le marché nucléaire britannique avec le réacteur franco-allemand.

Jean-Michel Bezat
Article paru dans l'édition du 12.12.08