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25/09/2010

Intéressant et instructif

vu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/video/2010/09/24/qui-est-notre-cousin-neandertal_1415752_3244.html

Qui est notre cousin Neandertal ?

À l'occasion de la sortie du film de Jacques Malaterre Ao, le dernier Neandertal, le paléoanthropologue Pascal Picq nous explique, croquis à l'appui, les raisons de la disparition de notre plus proche cousin il y a environ 30 000 ans.

Simon Paul Sutton dans le film français de Jacques Malaterre, "AO, le dernier Néandertal".

vu aussi sur :

http://www.universcience.tv/media/1825/notre-cousin-neandertal.html

Notre cousin Neandertal, vidéo scientifique - Web TV universcience.tv

27/02/2010

X détermine le sexe ? (chez certaines souris)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/26/une-souris-africaine-defie-les-lois-de-la-differenciation-sexuelle_1311736_3244.html#ens_id=1311823
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Compte rendu
Une souris africaine défie les lois de la différenciation sexuelle
LE MONDE | 26.02.10 | 15h20  •  Mis à jour le 26.02.10 | 15h20


'est une découverte cocasse, qui n'a pas fini de poser question aux biologistes de l'évolution. Des chercheurs français documentent, dans l'édition à paraître de la revue Proceedings of the Royal Society B, l'étonnante faculté de Mus minutoides, une race de souris naine africaine dont mâles et femelles sont porteurs de la paire chomosomique XY. Découverte d'autant plus surprenante que le rongeur en question, présent dans toute l'Afrique australe, est très proche de la souris domestique commune - le modèle mammifère le plus étudié par les généticiens.

Inversion de la logique

S'agissant d'un animal aussi banal, l'affaire est donc inattendue. Car chez tous les mammifères ou presque, les femelles ont deux chromosomes X (XX) et les mâles un X et un Y (XY). "Chez la majorité des mammifères, lorsque des anomalies apparaissent, comme par exemple des femelles XY, les individus sont stériles, explique Frédéric Veyrunes, chercheur à l'institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS, université Montpellier-II) et coauteur de ces travaux. Chez ce petit rongeur, les femelles XY sont parfaitement fertiles." Non seulement elles sont fertiles, mais leur proportion, par rapport aux femelles XX, est très élevée.

"En Afrique du Sud, nous avons même identifié une population où, sur onze femelles, toutes sont XY et toutes sont fertiles", ajoute M. Veyrunes. Voilà qui interroge les mécanismes évolutifs qui ont poussé les minutoides dans cette voie. "Car si mâles et femelles sont tous invariablement XY, cela signifie que non seulement les embryons YY, mais aussi ceux qui sont porteurs de la paire XX ne sont pas viables, dit M. Veyrunes. Ce qui représente une perte de 50 % des embryons."

Pour comprendre les mécanismes à la base de la différenciation sexuelle chez minutoides, les auteurs ont mené des analyses génétiques sur les mâles et les femelles. Celles-ci montrent notamment que la détermination du sexe des individus ne repose pas sur le gène SRY, porté par le chromosome Y. "Chez tous les mammifères, on a eu tendance à penser que le gène SRY était à la base de ce mécanisme, explique le biologiste François Bonneton (ENS-Lyon). En gros, c'est la présence de ce gène qui fait un mâle. Mais les choses sont en réalité plus complexes, comme ces travaux l'illustrent bien."

En effet, mâles et femelles disposent de ce fameux gène SRY. "Nous pensons qu'il existe une mutation, sur le chromosome X, capable de réprimer l'expression de SRY", explique M. Veyrunes. Du coup, dans une inversion de la logique communément admise chez les autres mammifères, l'"interrupteur sexuel" ne serait pas porté par le chromosome mâle (Y), mais par le chromosome femelle (X). Lorsque celui-ci est "normal", l'individu est un mâle. Lorsqu'il porte la mutation capable de produire la protéine qui, à son tour, va inactiver le gène SRY, l'individu est une femelle.

Ce genre de mécanisme, rarissime chez les mammifères, est cependant assez fréquent ailleurs dans le vivant, chez les poissons notamment.

 

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 27.02.10

17:14 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, évolution

08/01/2010

Un nouvel ancêtre viral de l'homme

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/01/08/un-nouvel-ancetre-viral-de-l-homme_1289146_3244.html#ens_id=1289231
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Compte rendu
Un nouvel ancêtre viral de l'homme
LE MONDE | 08.01.10 | 15h56  •  Mis à jour le 08.01.10 | 15h57


xhumer de nouveaux ancêtres d'Homo sapiens n'implique pas forcément de gratter la terre. On peut, aussi, fouiller ses chromosomes à la recherche de gènes exotiques et découvrir des branches singulières à son arbre généalogique. En témoignent les travaux de chercheurs américains et japonais, dirigés par Masayuki Horie et Tomoyuki Honda (université d'Osaka), publiés jeudi 7 janvier dans la revue Nature, qui documentent l'existence de l'un de nos aïeux jusqu'ici inconnu.

Celui-ci est un petit virus, de la famille des bornavirus ; il a légué, il y a quelque 40 millions d'années, quatre séquences génétiques à l'ancêtre des primates.

Qu'un virus compte au nombre des ancêtres d'animaux ou de plantes n'est cependant pas une surprise en soi. On sait déjà qu'environ 8 % du génome humain est composé de séquences génétiques virales. Mais celles-ci proviennent exclusivement de rétrovirus : ceux-ci ont en effet la propriété d'insérer leur génome dans celui des cellules qu'ils infectent.

Imaginons que les cellules germinales (spermatozoïdes ou ovules) d'un animal sont infectées par de tels virus : la descendance de l'animal en question reçoit un patrimoine génétique modifié, agrémenté des gènes du microscopique parasite. Cette modification génétique sera, ensuite, transmise verticalement à l'ensemble de la descendance de l'être touché par l'infection...

"Ici, la nouveauté est que les séquences détectées dans des génomes de mammifères proviennent d'un virus qui n'est pas un rétrovirus, explique le biologiste Cédric Feschotte (université du Texas à Arlington). La première question posée par ces travaux est donc de savoir comment un bornavirus a été capable de s'intégrer dans le génome de nos ancêtres."

D'abord, contrairement aux rétrovirus, les bornavirus ne sont pas outillés pour mener à bien cette invasion génétique. Il leur manque la capacité à produire eux-mêmes une enzyme nécessaire à transformer leur patrimoine génétique en ADN "compatible" avec celui de leur hôte. Pour ce faire, il est probable, expliquent les auteurs, que le petit bornavirus soit parvenu à utiliser à son profit les outils du génome même qu'il allait coloniser. Une telle capacité à "pirater" le matériel génétique de son hôte a déjà été mis en évidence chez un autre virus.

D'autre part, les bornavirus sont réputés infecter le cerveau de leur victime, non leurs cellules germinales. Les virus semblables qui circulent aujourd'hui sont ainsi responsables de foudroyantes encéphalites chez les chevaux et d'autres grands herbivores... Depuis quelques années, certaines équipes de recherche suggèrent même un lien entre infection par un bornavirus et apparition, chez l'homme, de sévères troubles psychiatriques, comme la schizophrénie. Ces travaux sont toutefois encore préliminaires et très débattus.

Comment un virus à ce point porté à infecter les cellules cérébrales s'est-il retrouvé dans les cellules germinales de son hôte, pour se transmettre à la descendance de celui-ci ? Cette question demeure ouverte. "Elle est d'autant plus troublante que l'introduction, il y a 40 millions d'années, d'un bornavirus dans le génome des primates n'est pas un cas isolé, dit le biologiste Christophe Terzian (Ecole pratique des hautes études). La même équipe montre par exemple l'insertion d'un bornavirus, il y a 10 millions d'années, dans le génome de l'écureuil..."

Autre fait étonnant, ajoute Cédric Feschotte, "sur les quatre séquences génétiques identifiées (chez les primates) comme issues du bornavirus, deux sont des gènes potentiellement fonctionnels et sont donc théoriquement capables de produire des protéines". Ces protéines sont-elles bien synthétisées ? A quoi servent-elles ? "Le travail publié ne permet pas de le dire, répond Christophe Terzian. Mais si elles se sont conservées au cours de l'évolution, c'est vraisemblablement qu'elles avaient une utilité : peut-être offrent-elles une forme d'immunité contre les bornavirus, ou peut-être leur fonction a-t-elle été "domestiquée" par l'hôte." De tels exemples de "domestication" existent bel et bien. Ainsi, les gènes qui permettent la synthèse du placenta chez l'homme (c'est aussi le cas chez la majorité des mammifères) sont directement hérités de rétrovirus.

Pour autant, si certaines fonctions génétiques héritées du monde viral sont effectivement actives - et utiles - au fonctionnement de notre organisme, la majorité d'entre elles sont réduites au silence par des mécanismes de répression de l'expression des gènes. Or certains travaux montrent que, en cas de défaut de ces processus de répression, certaines maladies peuvent se déclencher. "C'est très spéculatif, mais il est désormais possible d'imaginer que des dérèglements de l'expression des séquences du bornavirus insérées dans nos chromosomes puissent provoquer certaines maladies neurologiques", conclut M. Terzian.

 

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 09.01.10

19:51 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, évolution