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28/11/2010

Au secours ! Péril jaune pour nos truffes !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/culture/la-genetique-vole-au-secours-de-la-truffe-du-perigord-27-11-2010-1267753_3.php

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La génétique vole au secours de la truffe du Périgord

 

En matière de gastronomie, la génétique ne rime pas nécessairement avec OGM. Et quand elle vole au secours de la truffe, elle ne cherche pas à produire des diamants noirs artificiels, mais bien plutôt à la protéger de l'invasion chinoise et à améliorer sa vie sexuelle.

A tout seigneur, tout honneur: la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum), qui coûte en moyenne 500 euros/kg, est le premier champignon comestible dont le génome a été décrypté, en mars dernier.

Le séquençage de la truffe a notamment permis d'identifier dans son ADN des marqueurs génétiques distinguant différentes espèces de truffes, "voire différentes souches au sein d'une même espèce", explique Francis Martin, chercheur au centre de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Nancy.

"C'est exactement les mêmes procédures que les collègues de la police scientifique utilisent avec l'ADN sur les empreintes génétiques humaines", précise M. Martin, dont l'équipe a travaillé durant cinq ans au séquençage.

Il ne s'agit pas là de confondre un criminel, encore que... de par son coût, sa rareté et ses qualités, la truffe du Périgord est un produit particulièrement prisé des fraudeurs. La tentation peut être grande de faire passer pour la truffe noire une de ses cousines, chinoise celle-là (Tuber indicum) et coûtant seulement 30 euros/kg, qui lui ressemble en tout point sauf en termes d'arôme.

Outre la fraude, qui reste marginale, la filière s'inquiète surtout de l'invasion possible de cette truffe de Chine directement dans les truffières, qui aurait des conséquences, gastronomiques et économiques, beaucoup plus graves.

"Cette truffe de Chine est extrêmement compétitive et a une grande capacité à coloniser de jeunes plants. On a déjà détecté en Italie, dans la région de Turin, certaines pépinières contaminées", souligne Francis Martin.

Selon le spécialiste, ces contaminations ne sont pas forcément volontaires et peuvent aisément résulter d'une maladresse, les deux espèces de truffe se ressemblant fortement.

D'où l'idée de développer un "kit de diagnostic" destiné aux professionnels, pépiniéristes comme trufficulteurs. 80% de la production de truffes en France, en Italie ou en Espagne provient aujourd'hui de la production de jeunes plants, "inoculés" selon une méthode d'ailleurs mise au point par l'Inra dans les années 70.

Elle consiste à associer la truffe à un arbre (chêne, noisetier, etc.), en écrasant quelques truffes puis en trempant les racines dans cette purée. Les jeunes arbres sont ensuite maintenus en serre pendant deux ans avant d'être vendus pour être plantés.

Grâce au kit élaboré par l'Inra et ses partenaires italiens, tout juste breveté, les plants qui sortiront des pépinières seront donc assurés d'être porteurs de la bonne variété de truffe.

Mieux encore, ce kit permettra aussi de détecter le sexe des truffes présentes sur les racines de l'arbre! Car comme la plupart des organismes, "le champignon a une sexualité qui aboutit à la formation des truffes, fruit de cet accouplement souterrain entre le mycélium (équivalent des racines chez le champignon) mâle et femelle", explique M. Martin.

Or les scientifiques se sont aperçus que, pour des raisons encore mal connues, l'un des deux sexes finissait par prédominer dans les truffières au bout d'un an ou deux. Faute de partenaire adéquat, pas d'accouplement, et donc pas de truffe...

"Pratiquement la moitié des truffières n'aboutissent jamais, on a un taux d'échec très important", de l'ordre de 50% même si l'accouplement n'est pas le seul facteur à l'oeuvre, relève Francis Martin.

03/10/2010

Agriculture européenne: l'autorisation des OGM en discussion

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4402

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28/9/2010

Les Etats contre leur autonomie en matière d'OGM

Mi-juillet, la Commission européenne (CE) proposait de rendre les pays décisionnaires en matière de culture OGM à l'intérieur de leurs frontières. Hier, contre toute attente, le conseil des ministres européens de l'agriculture ne l'a pas entendu de la sorte et a rejeté la proposition. On peut dès lors imaginer que le prochain conseil des ministres de l'environnement, également invité à se prononcer, suivra cette position le 14 octobre.

La France et l'Italie ont été sur le devant de la scène, soutenues entre autres par l'Allemagne, l'Autriche et l'Espagne. Les duettistes se sont notamment inquiétés des effets d'une telle décision sur la Politique Agricole Commune (PAC), dont ils sont tous deux d'importants bénéficiaires ... A l'inverse, des pays généralement
pro-OGM, comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, ont apporté leur soutien à la proposition de la commission pour surmonter les blocages communautaires qui les empêchent d'ouvrir leurs champs aux OGM.

En rendant les Etats souverains chez eux, la CE permettait certes l'émergence de zones dites 'sans OGM' mais ouvrait aussi la porte de l'Union Européenne à ces mêmes organismes génétiquement modifiés dans les pays les plus permissifs. Or, dans le cadre de la libre circulation des marchandises, on imagine aisément le désordre qui s'en suivrait, et la quasi impossibilité de contrôler ce qui est véritablement semé. Un état de fait qui aboutirait à plus ou moins court terme à une ouverture globale aux OGM.

Ce vote du conseil des ministres de l'agriculture intervient alors qu'une quinzaine d'OGM sont en attente d'homologation à des fins de culture, quand seulement la pomme de terre Amflora de BASF et le maïs MON810 de Monsanto détiennent le précieux sésame.

Pascal Farcy

01/10/2010

Les eaux souterraines mondiales sont surexploitées

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/01/les-eaux-souterraines-mondiales-sont-surexploitees_1418795_3244.html

Les eaux souterraines mondiales sont surexploitées

Sollicitées par l'homme à hauteur de 734 km3 par an, les nappes phréatiques donnent des signes d'épuisement.

LEMONDE | 01.10.10 | 14h43  •  Mis à jour le 01.10.10 | 14h43

Au niveau mondial, le surpompage des eaux souterraines a plus que doublé au cours des cinquante dernières années. Dans une étude à paraître dans la revue américaine Geophysical Research Letters (GRL), des chercheurs néerlandais, en collaboration avec l'International Groundwater Resources Assessment Center (Igrac), établissent la première évaluation de l'appauvrissement des nappes phréatiques, ainsi que de l'évolution de ce phénomène. "L'ampleur des résultats est surprenante", dit l'hydrogéologue Marc Bierkens (université d'Utrecht), principal auteur de ces travaux. Elle traduit la forte influence des activités humaines - en particulier agricoles - sur le cycle de l'eau.

L'étude indique qu'en 2000, environ 734 km3 d'eau ont été prélevés dans les aquifères, à des fins de consommation mais surtout d'irrigation. En 1960, le rythme de prélèvement n'était que de 312 km3 par an. La part non durable de ce pompage (la quantité d'eau non renouvelée par les précipitations) est passée de 126 km3 à 283 km3 par an au cours de la même période. Chaque année, les nappes phréatiques mondiales s'appauvrissent donc globalement de 4 km3 de plus que l'année précédente - mais cette tendance s'accélère nettement depuis la fin des années 1990.

Marc Bierkens et ses coauteurs fondent leurs travaux sur l'analyse des statistiques nationales de prélèvement dans les réservoirs souterrains. "Ils ont ensuite utilisé un modèle hydrologique pour simuler la recharge des nappes, car il n'existe aucune mesure globale de ce phénomène", dit Anny Cazenave, chercheuse (Centre national d'études spatiales) au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (Legos).

Le recours à un modèle numérique est la principale source d'incertitude de ces travaux. Cependant, les mesures satellitaires, menées depuis 2002, des subtiles variations locales du champ de gravitation terrestre permettent d'évaluer localement la diminution des eaux souterraines. Selon Marc Bierkens, la seule différence notable avec ces observations directes est une légère surestimation par ses propres travaux de l'appauvrissement des nappes du nord du Pakistan.

Le stress subi par les aquifères est inégalement réparti : c'est au nord-est de la Chine, dans le centre et le Grand Ouest des Etats-Unis, au Moyen-Orient ou encore dans le sous-continent indien que les nappes phréatiques sont le plus sollicitées. Avec quelques "points chauds", où leur rythme d'assèchement est particulièrement rapide : certaines zones des Balkans, le delta du Nil, le nord de l'Iran, le nord-ouest de l'Inde et l'est du Pakistan, ainsi que la Californie apparaissent comme les secteurs les plus menacés par un futur ralentissement de leur production agricole. Parfois, les effets locaux de cette déplétion se font déjà sentir. C'est le cas notamment en Inde, où, "dans certaines régions, le niveau des puits chute d'un mètre par an", affirme Marc Bierkens.

En outre, la surexploitation des aquifères réserve parfois de mauvaises surprises, comme l'apparition de polluants dits "géogéniques". Le cas le plus célèbre est celui du Bangladesh, où l'augmentation des besoins en eau depuis les années 1960 a conduit à forer de plus en plus profondément, là où l'eau est chargée en arsenic d'origine naturelle. Selon une étude publiée dans la revue The Lancet, un décès sur cinq est, dans ce pays, attribuable à une contamination chronique à ce métalloïde.

Des études en cours, dans le cadre du projet européen AquaTrain, indiquent que plusieurs pays d'Europe orientale ne sont pas à l'abri de telles pollutions, généralement dues à la surexploitation des aquifères. En Roumanie et en Hongrie, "de 20 % à 30 % des prélèvements d'eau montrent depuis peu des taux d'arsenic supérieurs à la limite de potabilité", explique Romain Millot, chercheur au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), et responsable du projet AquaTrain. En Californie, un autre métalloïde, le sélénium, commence à poser problème dans les eaux utilisées pour l'irrigation des cultures.

Outre la cartographie des zones les plus sujettes à de tels périls, les travaux de M. Bierkens permettent d'évaluer la contribution du surpompage des eaux souterraines à l'élévation du niveau de la mer. Le déficit annuel de 283 km3 d'eau dans les nappes souterraines finit dans les océans, dont il élève le niveau de 0,8 millimètre par an (sur un total de 3,3 mm/an actuellement).

"Il ne faut pas prendre ce résultat de manière isolée, prévient toutefois Mme Cazenave. Il faut voir les choses en termes de bilan de la gestion des eaux douces et se souvenir que les retenues artificielles contribuent, à l'inverse, à faire baisser le niveau des océans."

Rapporter ces phénomènes à des variations minuscules du niveau marin peut sembler inepte. Il n'en est rien : affiner ces estimations permet de mieux évaluer les contributions respectives de la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique, des glaciers d'altitude et de la dilatation des océans (qui voient leur volume augmenter avec leur température). Ce qui permet d'affiner les calculs d'élévation des mers d'ici à la fin du siècle.

Stéphane Foucart

29/05/2010

Le purin d'ortie

 

Un reportage d'ARTE à regarder !

(cliquez sur le lien ci-dessous)

 

Secrets de plantes

 

18/05/2010

Des pommiers résistant aux maladies

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4223

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12-05-2010

Des pommiers préhistoriques offrent une lueur d’espoir contre les pesticides

Ce n’est pas sans raison qu’un petit coin de forêt sauvage, situé dans les montagnes du Tian Shan au Kazakhstan est comparé au jardin d’Eden. Ce site peu ordinaire accueille, en effet, des forêts de pommiers sauvages préhistoriques, lesquels seraient apparus il y a quelque 165 millions d’années. Toutefois, leur singularité ne réside pas uniquement dans leur ancienneté. Appelés Malus sieversii et pouvant atteindre jusqu’à 30 mètres de haut, ces pommiers produisent des pommes comestibles, de couleurs et de formes diverses, certaines étant réputées « sucrées et savoureuses ». Outre le fait d’être alléchants, certains de ces fruits ont développé des résistances exceptionnelles aux maladies s’attaquant au pommier, et tout particulièrement à son ennemi n°1 qu’est la tavelure.
D’après l’INRA (1), les arbres de Malus sieversii présents au Kazakhstan possèdent probablement « un ensemble de gènes de résistance qui s'est perdu au cours du long processus de domestication des pommes, lors de leur voyage depuis l'Asie jusqu'à l'Europe ».

La découverte de ces pommiers atypiques n’est pas récente. On la doit à l'académicien kazakh Aymak Djangaliev, lequel a dédié sa vie à l’étude et à la protection de Malus sieversii, recensant et étudiant ses représentants. En revanche, les retombées de ces recherches pourraient s’avérer être de réels atouts face aux enjeux agricoles actuels, et notamment concernant la problématique réduction des pesticides. Ainsi, comme l’explique François Laurens, de l'unité Génétique et horticulture à l'Inra d'Angers-Nantes : « Ce travail scientifique d'une importance capitale a aujourd'hui permis qu'un vaste travail de recherche sur les résistances aux parasites de ces pommiers, démarre à l'Université de Cornell aux USA, à Oxford en Angleterre et à l'Inra d'Angers-Nantes en France". Intégrant les nouvelles variétés de fruits destinées à réduire le recours aux pesticides, la pomme Ariane fut ainsi le fruit de 30 ans de recherches.

Cécile Cassier

 

1- Institut national de la recherche agronomique.

05/05/2010

Le rapport parlementaire sur les pesticides

lu sur :

http://www.rue89.com/2010/05/04/linvraisemblable-rapport-parlementaire-sur-les-pesticides-150113

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Tribune

L'invraisemblable rapport parlementaire sur les pesticides

    Un panneau de danger contre les pesticides (jcwestbrook/Flickr).

    Photo : un panneau de danger contre les pesticides (jcwestbrook/Flickr).

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    L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques vient de livrer un très étrange rapport d'information sur les pesticides et la santé. Signé du député Claude Gatignol et du sénateur Jean-Claude Etienne, il marque un retour en force de la promotion d'une agriculture inféodée à l'industrie chimique.

    Et il fait fi de la préservation des écosystèmes, des ressources en eau et en sol, de la qualité des aliments, des revenus et de la santé des paysans.

    Téléchargez le rapport sur les pesticidesAu moment du vote de ce texte, il n'y avait plus que 10 parlementaires présents sur 36. Je suis la seule à avoir voté contre. Je vous livre ici mes réflexions après avoir feuilleté avec assiduité le rapport, que les parlementaires n'ont découvert que le jour de sa présentation.

    Comme par hasard, juste avant le Grenelle 2

    Déposé sur la table une semaine avant l'examen du Grenelle 2 à l'Assemblée nationale, il participe au retour de flamme dont la prise en compte de l'environnement est victime depuis quelques mois.

    Son sujet, les pesticides, est abordé par la juxtaposition d'auditions, et d'opinion contradictoires.

    Mais les alertes des scientifiques sur les éventuels risques de ces produits ne sont pas prises en compte. L'incertitude, quand elle est mise en avant, l'est toujours au bénéfice des mêmes.

    Le ton est donné dès l'introduction :

    « L'agriculture s'est construite autour de l'utilisation des produits phyto-pharmaceutiques, moyen de proposer des produits végétaux de qualité et d'aspect irréprochables tels qu'attendus par le consommateur. »

    Les abeilles ne seraient pas menacées de disparition

    Le rapport est truffé de conclusions intermédiaires à la rédaction ambiguë. Par exemple, il est écrit :

    « En France, les statistiques nationales ne permettent pas à ce jour de chiffrer précisément un phénomène de surmortalité touchant les ruchers du territoire national. »

    Certes. Mais ainsi écrit, sans aucune conclusion tirée des morts d'abeilles et des doléances des apiculteurs, le lecteur pourra en déduire qu'il n'y a pas d'hécatombe visible.

    La publication sert de cheval de Troie aux dispositifs de l'agriculture des grands groupes. L'agriculture dite « raisonnée » y est promue comme modèle, alors que chacun sait qu'elle repose sur des engagements a minima, qui équivaudraient pour un automobiliste à certifier qu'il ne brûlera pas les feux rouges et qu'il s'arrêtera au stop.

    Attention à ne pas baisser trop brutalement les pesticides

    Une vingtaine de pages présentent les OGM comme alternative, alors que leur implantation favorise l'usage de pesticides associés, comme les céréales « Roundup ready » ou bien qu'elles sécrètent en elles-mêmes les insecticides.

    Le ton est donné :

    « L'engagement du Grenelle de l'environnement de réduire l'usage des pesticides de 50% dans un délai de dix ans impliquerait, selon une simulation, que toute l'agriculture française passe en mode intégré. »

    Mais si cet objectif était respecté, voici les menaces énoncées par le rapport : baisse des rendements, malnutrition dans le monde, hausse des prix agricoles, résistance des ravageurs, signal négatif pour la recherche, disparition des productions de fruits et légumes…

    Les rapporteurs « rappellent les bénéfices de l'usage des pesticides et invitent les pouvoirs publics à anticiper les conséquences d'une diminution trop brutale de l'utilisation des pesticides en France ».

    Le rôle cancérigène des pesticides est minoré

    Tout cela fait le terrain des amendements de la majorité, qui prévoient de conditionner la réduction de ces substances à une évaluation des potentiels effets économiques.

    Après avoir minoré la qualité comparée d'un aliment biologique et d'un aliment chargé de pesticides, ainsi que le rôle cancérigène des pesticides, le rapport évoque toutes les autres sources de perturbateurs endocriniens pour mieux dédouaner les pesticides.

    Quant aux maladies professionnelles avérées des agriculteurs, un opportun tableau de leurs expositions quotidiennes flèche d'autres sources de pathologie : le fuel de leur tracteur, les fumées, les poussières du champ, et même les UV, puisqu'ils travaillent en plein air.

    Et si une étude sur l'exposition domestique fait apparaître un surnombre de tumeurs du cerveau, les rapporteurs en concluent :

    « Mais ce résultat est à prendre avec toutes les précautions d'usage d'autant que la question posée “Traitez-vous des plantes d'intérieur ? ” n'était pas assez précise et que les personnes ont très bien pu répondre par l'affirmative, qu'ils utilisent des insecticides, des engrais, des lustrants ou qu'ils ne font qu'arroser leurs plantes. »

    Visiblement, quand on ne veut pas entendre, on ne veut pas entendre !

    Pourtant, comme le note le Réseau environnement santé, « l'impact sanitaire des pesticides est avéré, il suffit de lire la littérature scientifique de façon non sélective. »

    Les recommandations ont sans doute été beaucoup plus éclairées par le médecin Etienne que par le vétérinaire Gatignol. Elles accompagnent le travail et comportent beaucoup plus d'éléments intéressants, comme l'augmentation de la recherche en toxicologie ou les registres cancers.

    Mais elles dissimulent des tentatives de déréglementation, la culpabilisation des apiculteurs -pour lesquels n'a pas été retenue ma proposition de les associer aux protocoles de recherche- ou encore la promotion des OGM.


    23/04/2010

    Les terres arables dans le monde

    La course aux terres arables devient préoccupante
    LE MONDE | 22.04.10 | 15h24  •  Mis à jour le 22.04.10 | 19h45


    epuis 2006, près de 20 millions d'hectares de terres arables auraient fait l'objet de négociations dans le monde, selon Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Des transactions correspondant presque à la surface arable française.

    L'hectare devient un actif à la mode pour des investisseurs comme le financier George Soros ou le fonds Altima, à l'affût d'une hausse durable des prix des denrées ou d'une volatilité accrue des marchés. Tout comme il est devenu un élément stratégique pour les pays soucieux s'assurer leur sécurité alimentaire.

    Car d'ici à 2050, la production agricole doit croître de 70 % pour répondre à l'augmentation de la population, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Mais cette offensive sur les terres ne se fait pas sans dérapages. Il devient nécessaire de cadrer ces investissements, dont certains peuvent déséquilibrer un pays, à l'image des visées du coréen Daewoo à Madagascar. C'est pourquoi, parallèlement aux travaux menés au sein des Nations unies, les Etats-Unis et le Japon organisent, dimanche 25 avril à Washington, une table ronde sur les "principes d'un investissement responsable dans l'agriculture".

    "Il est nécessaire d'investir dans l'agriculture, mais attention, il faut un code de conduite pour les acquisitions, notamment dans les pays pauvres, qui n'ont pas les moyens politiques et économiques de défendre leurs intérêts", lance Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, deux ans après avoir pointé les risques d'émergence d'un "néocolonialisme". La crise des prix des denrées alimentaires en 2008 a précipité vers les terres des investisseurs aux profils différents.

    Aux fonds souverains d'Etats soucieux d'assurer leur stratégie d'approvisionnement, parmi lesquels les pays du Golfe ou la Chine, se sont ajoutés des investisseurs privés, locaux ou étrangers. "Les fonds et les investisseurs privés s'intéressent à la terre, car malgré la crise, ils disposent encore de réserves", explique ainsi Carl Atkin, de Bidwells Property, une société britannique de conseil dans le domaine foncier.

    Ces acteurs n'en sont souvent qu'à leurs premiers pas, car "il y a un décalage entre les effets d'annonce et les investissements effectivement réalisés", souligne Patrick Caron, directeur scientifique au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

    Les acquisitions de terres n'ont pas commencé avec la crise alimentaire de 2008. Mais leur rythme s'accélère, pointe M. de Schutter. L'Arabie saoudite a mis sur pied une société publique pour financer les entreprises privées du royaume qui achètent des terres à l'étranger. Les créations de fonds d'investissement spécialisés se multiplient. Et les élites locales, proches des gouvernements, entendent aussi profiter de l'attrait financier des terres. "En Ukraine, il y a peu d'étrangers sur ce secteur, mais plutôt des Ukrainiens et des Russes", souligne Charles Vilgrain, qui dirige AgroGeneration, une entreprise fondée par Charles Beigbeder pour investir dans la production de céréales et d'oléagineux en Ukraine.

    DÉRAPAGES

    L'investissement dans les terres arables n'est pas une chose simple et transparente. En Ukraine, les investisseurs étrangers peuvent louer les riches terres céréalières et non les acheter. En Afrique, sur une même terre peuvent se juxtaposer des titres de propriété formels et des droits coutumiers d'usage. "Les accords entre groupes sociaux ne sont pas toujours reconnus par le droit international ou par les acteurs politiques institutionnels", note M. Caron.

    Pour éviter les dérapages au cours de ces investissements, l'ONU, la FAO et certains gouvernements essaient de trouver des principes d'encadrement de ces investissements qui protègent les petits producteurs.

    "Souvent, tout se passe entre le gouvernement et une grande entreprise, regrette Ajay Vashee, président de la Fédération internationale des producteurs agricoles (IFAP). Il faut un dialogue avec les gens sur le terrain. Par ailleurs, des investissements bien encadrés peuvent apporter des bénéfices aux producteurs, avec des économies d'échelle dues à l'arrivée de sous-traitants des investisseurs, des retombées sociales avec la construction d'écoles ou de centres de santé et la création de contrats qui font travailler les petits fermiers."

    Outre l'encadrement des acquisitions, une autre voie explorée est en effet celle du "contract farming", qui établit un contrat de longue durée et évite l'achat de la terre et la disparition des droits d'usage. "Le rôle des organisations paysannes est important pour l'expression des intérêts et des droits des producteurs auprès des Etats et des investisseurs", note Paul Mathieu, expert des questions foncières au sein de la FAO.

    Reste à savoir comment et par qui le respect de ces principes sera assuré. L'implication des pays de l'OCDE, des nations en développement et des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale, paraît indispensable, mais difficile à obtenir.

     

    Bertrand d'Armagnac
    Article paru dans l'édition du 23.04.10

    08/02/2010

    La spéculation sur les terres agricoles

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/08/la-foret-ne-gagne-plus-de-terrain-en-france_1302622_3244.html#ens_id=1302724
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    La forêt ne gagne plus de terrain en France
    LE MONDE | 08.02.10 | 15h34  •  Mis à jour le 08.02.10 | 15h34


    'est la rupture d'une tendance historique de plus d'un siècle : en 2008, la forêt a cessé de gagner du terrain en France, après une progression continue pendant plus de cent cinquante ans. Ce tournant majeur dans l'occupation du territoire a été observé par les statisticiens du ministère de l'agriculture, dont l'enquête Teruti sur l'utilisation du territoire a été publiée fin 2009 (Agreste, Chiffres et données, n° 208). Menée chaque année depuis les années 1960, l'enquête observe l'occupation des terrains sur plus de 300 000 points du territoire. En 2008, il est apparu que les sols boisés reculaient (16,946 millions d'hectares) par rapport au relevé précédent (16,974).

    Ce tournant s'inscrit dans un phénomène général et continu de conversion des terres agricoles vers d'autres usages : jusqu'à présent, ce mouvement s'opérait partie par boisement, partie par urbanisation. C'est maintenant l'urbanisation, ou "artificialisation des sols", qui absorbe les terres agricoles abandonnées. Les chiffres montrent aussi que l'urbanisation des sols s'accélère : de 54 000 hectares par an dans la décennie 1982-1992 à 74 000 hectares par an sur les années 2006-2008. Ce rythme dépasse largement la croissance de la population.

    Le sujet est pris au sérieux au plus haut niveau : le 25 janvier, lors de l'émission télévisée "Paroles de Français", Nicolas Sarkozy a ainsi dit : "Nous avons besoin de protéger les terres agricoles, parce que les terres agricoles, c'est l'équivalent d'un département qui disparaît par an, c'est une catastrophe." C'est en fait en dix ans que l'équivalent d'un département est absorbé par l'artificialisation, mais le danger est réel. "Le gaspillage des terres agricoles continue inexorablement, écrit André Thévenot, président de la fédération des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer). L'étalement urbain ne cesse de s'amplifier au détriment des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains, au risque de perturber les équilibres écologiques et territoriaux."

    Un spécialiste du cabinet d'études Solagro, Philippe Pointereau, s'inquiète même pour l'autonomie du pays : "Au rythme actuel de perte des terres agricoles, la France pourrait devenir franchement importatrice de denrées agricoles en 2050, et perdre son indépendance alimentaire."

    La cause essentielle du gaspillage de l'espace est le décalage entre le revenu agricole et le prix du foncier : il est toujours plus intéressant de vendre une terre à la construction que de la conserver en culture. Ainsi, le prix national des terres et prés libres est d'environ 5 170 euros l'hectare en 2008, selon les Safer. Mais si le terrain devient constructible, sa valeur est d'un coup multipliée par quatorze dans la Creuse, par cinquante dans la région toulousaine et même par... trois cents en région parisienne. Rares sont d'ailleurs les agriculteurs à tirer profit de cette culbute, puisque plus des deux tiers des exploitations sont en fermage.

    Taxer les plus-values

    Quelles solutions envisager ? Des offices fonciers achetant les terres pour la collectivité, comme le recommandait Edgard Pisani dans son ouvrage Utopie foncière, qui vient d'être réédité (Ed. du Linteau, 23 euros) ? Ou "un zonage pérenne et généralisé des terres agricoles", comme le souhaite M. Thévenot ? Quoi qu'il en soit, le facteur-clé sera une volonté politique de maîtriser cette surconsommation d'espace. Les élus locaux sont toujours tentés d'urbaniser, ce qui génère de nouvelles recettes fiscales.

    Le législateur a déjà essayé de freiner cette érosion des terres agricoles, mais en vain. La loi SRU de 2000 conférait aux schémas de cohérence territoriale (SCOT) - un document d'urbanisme créé par ce texte - l'obligation de prendre en compte la préservation des terres agricoles. "Les SCOT montent en puissance, mais leur couverture nationale n'est pas très forte", note cependant un agent de l'Etat. En 2005, les départements ont aussi été dotés de la compétence de protection des espaces périurbains avec un nouvel instrument, les PAEN, leur permettant d'acheter des terres agricoles et de jouer le rôle de bailleur. Mais sans succès jusqu'à présent.

    La loi de modernisation agricole, qui doit être discutée au Parlement après les élections régionales des 14 et 21 mars, va également tenter de réduire la consommation de terres agricoles. L'objectif en serait, selon le ministre Bruno Le Maire, de réduire de moitié ce gaspillage d'ici à 2020 à travers, notamment, la taxation des plus-values excessives.

     

    Hervé Kempf et Clément Lacombe
    Article paru dans l'édition du 09.02.10

    07/02/2010

    Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/06/les-agriculteurs-exposes-aux-pesticides-portent-des-precurseurs-du-cancer_1301932_3244.html#ens_id=1299588
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    Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer
    LE MONDE | 06.02.10 | 14h48  •  Mis à jour le 06.02.10 | 14h48


    l existe un lien entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer. Lors d'un colloque organisé à Marseille, vendredi 5 février, par la Ligue contre le cancer, Bertrand Nadel (Centre d'immunologie de Marseille-Luminy) a présenté des résultats obtenus lors d'une étude (Agrican) lancée en 2005. Ces travaux pourraient déboucher sur une stratégie de dépistage précoce de cancers du système lymphatique.

    Agrican est une grande étude effectuée auprès des affiliés de la Mutuelle sociale agricole, le régime de sécurité sociale des agriculteurs. Elle comprend un versant épidémiologique, appuyé sur un questionnaire, et un versant biologique, avec des prélèvements sanguins.

    En 2008, Bertrand Nadel et Sandrine Rouland avaient présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer, ils ont poursuivi leurs recherches et obtenu de nouveaux résultats, qui ont déjà été publiés, en juin 2009, dans le Journal of Experimental Medicine.

    Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome. Les chercheurs marseillais ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants à l'étude Agrican des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire.

    ANOMALIE GÉNÉTIQUE

    "Nous avons mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides, l'anomalie génétique et la prolifération de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet est fonction de la dose et du temps d'exposition", résume Bertrand Nadel.

    En l'occurrence, les chercheurs ont identifié une anomalie génétique : un fragment du chromosome 14 se détache et vient activer un oncogène situé sur le chromosome 18. Les personnes exposées aux pesticides présentent dans certaines cellules sanguines (lymphocytes) cette anomalie génétique de manière beaucoup plus fréquente que les personnes non exposées. L'absence de régulation de l'expression de cet oncogène fait que des cellules qui auraient dû mourir vont proliférer.

    "Il s'agit là d'une condition nécessaire au développement d'un lymphome folliculaire, mais elle n'est pas suffisante. Il existe d'autres anomalies comme une instabilité générale du génome : deux gènes sont exprimés en même temps alors que normalement pas ils ne le sont pas, ce qui permet aux cellules anormales de résister aux mécanismes de mort cellulaire programmée", explique Bertrand Nadel.

    L'équipe de Bertrand Nadel, qui espère aboutir à terme à un outil de diagnostic précoce, va désormais étudier une population de personnes ayant développé le même type de lymphome afin de documenter la présence de ces biomarqueurs.

     

    Paul Benkimoun
    Article paru dans l'édition du 07.02.10

    08/01/2010

    Tentative d'intimidation concernant l'utilisation des pesticides

    ( Commentaire : je serais curieux de savoir quel est le chiffre d'affaire des producteurs de raisins de table en France. )

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    Les producteurs de raisin de table se disent dénigrés par une associationde défense de l'environnement.

    Ils réclament 500 000 € de dédommagement.

    lu sur :

    http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Environnement-les-raisins-de-la-colere-_3640-1216276_actu.Htm

    .

    Un demi-million d'euros.

    Le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) a été assigné, hier, devant le tribunal de Grande instance de Paris.
    La fédération nationale des producteurs de raisin de table lui réclame un demi million d'euros de dommages et intérêts.
    Elle accuse cette association de défense de l'environnement de les avoir « dénigrés ». En 2008, le MDRGF avait publié, avec quatre autres associations européennes, une étude menée dans cinq pays européens. Elle relevait la présence de résidus de pesticides, dont certains interdits dans l'Union européenne, dans la quasi-totalité des raisins de table prélevés dans ces pays.
    Sans contester les analyses publiées, les producteurs de raisin parlent d'une présentation « malhonnête » à propos de cette étude. Le jugement a été mis en délibéré. La décision sera rendue le 10 février.

     

    Pépins.

    Sur un total de 124 échantillons de raisin de table testés, 123 laissaient apparaître des résidus de pesticides. 20 % étaient contaminés par dix substances chimiques différentes ou plus et 4,8 % dépassaient les limites maximales autorisées par la nouvelle législation européenne. Trois échantillons contenaient des pesticides interdits dans les pays de production.

     

    « Poursuite baillon ».

    « On veut nous intimider et nous faire taire car les informations que nous publions dérangent certains groupes d'intérêts qui voudraient continuer à avoir des pratiques polluantes », dénonce François Veillerette. Pour le président du MDRGF, si le tribunal donnait raison à la fédération des producteurs de raisin de table, l'association devrait cesser ses activités et ne serait pas en mesure de verser la somme demandée.

     

    Soutien de la Confédération paysanne.

    Le MDRGF a reçu le soutien de la Confédération paysanne. « Cette étude a le mérite de mettre sur la place publique un problème qui mérite de l'être. Ne l'oublions pas, les premières victimes des pesticides, ce sont les producteurs eux-mêmes. ce n'est pas responsable de se voiler la face », estime Philippe Collin, son porte-parole.

     

    Sortir de l'impasse.

    La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe. Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, elle s'est lancée dans un programme ambitieux de réduction des pesticides. Avec la volonté de diminuer le nombre de molécules autorisées de 50 % d'ici à 2018. Mais on se heurte dans un certain nombre de cas à des impasses techniques. Car la mise au point de méthodes alternatives ou de produits prend plusieurs années. Une première liste de dérogations a été éditée pour prendre en compte ces situations. Mais elles n'ont pas vocation à être maintenues. Simplement de permettre à la recherche de faire son travail.

    12/08/2009

    OGM et pollinisation : la contamination des semences naturelles est inévitable

    Destruction de 30 hectares de maïs contaminé aux OGM
    L EXPRESS.fr avec AFP, publié le 10/08/2009 12:50
    En cause, des semences fournies par la société Pioneer à des agriculteurs de la Sarthe.
    Trois parcelles de maïs représentant une trentaine d'hectares ont été détruites dans la Sarthe (à Dangeul, Courgains et Saint-Vincent-des-Prés), fin juillet, après la découverte de traces d'OGM dans des semences fournies par la société Pioneer, a-t-on appris ce lundi auprès de l'entreprise et d'un agriculteur.

    "Des traces d'OGM inférieures à 0,1% ont été constatées par la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans un lot de semences conventionnelles en provenance de Hongrie", a indiqué à l'AFP Karine Affaton, responsable de communication de l'entreprise basée en Haute-Garonne, filiale du groupe chimique américain Dupont De Nemours. "Grâce à la traçabilité nous avons pu rappeler tous les sacs provenant de ce lot sauf pour trois exploitations de la Sarthe qui avaient déjà ensemencé, a précisé Karine Affaton. Comme il n'y a aucun seuil de tolérance en France, nous avons dû procéder à la destruction des parcelles concernées."
    Francis Lecorcier, un des agriculteurs concernés, a été contraint par la préfecture de détruire son champ avant la floraison du maïs. "C'est le principe de précaution qui a été strictement appliqué", a-t-il expliqué. "Nous respectons toutes les règles mais nous ne pouvons pas être à l'abri d'une présence fortuite d'OGM due à la pollinisation dans les pays comme la Hongrie où la culture d'OGM est autorisée", plaide Karine Affaton.

    13/07/2009

    Le Conseil d’Etat annule un essai de maïs OGM par faute de transparence

    lu sur :

    http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3834

    07-07-2009

    Le Conseil d’Etat annule un essai de maïs OGM par faute de transparence

    Par un arrêt du 24 mai dernier, rendu public dernièrement, le Conseil d’Etat a annulé les décisions prises début 2007 par le ministère de l’agriculture pour autoriser la multinationale Monsanto à procéder à des expérimentations de divers maïs transgéniques sur le territoire de la commune de Bourgoin-Jallieu, en Isère. Suite à cette décision ministérielle, une forte mobilisation, tant des habitants que des instances communales, départementales et régionales, a vu le conseil municipal prendre 'symboliquement' un arrêté visant à interdire la culture en plein champs d’OGM sur le territoire communal, tandis qu’un recours était déposé au Conseil d’Etat.

    Formulé pour contrer la décision du ministre de l’époque, qui imposait de facto ces expérimentations pour la saison 2007, le recours attaquait la 'forme' de la procédure ministérielle, avec plus particulièrement le manque de transparence qui l’accompagnait. En effet, joint par téléphone, le maire, Alain Cottalorda, souligne que faute de connaître les emplacements précis des essais d’OGM, il n’était '…pas en position de pouvoir évaluer leur risque d’interaction (pollution génétique, N.D.L.R.) avec les cultures bio et raisonnées locales'. De plus, partant du principe que la compétence du maire s’étend sur l’ensemble du territoire de la commune, il paraissait logique qu’il bénéficie d’une information complète pour exercer pleinement sa fonction, ce qui en l’occurrence faisait défaut.

    Si le Conseil d’Etat a étonnamment refusé de statuer en urgence sur le dossier, laissant le champ libre aux plantations, la commune a néanmoins eu gain de cause, Monsanto préférant renoncer aux plantations en Isère, vraisemblablement face à une opposition massive et au risque de destruction de ses parcelles d’OGM.

    Alors qu’aucune expérimentation n’a donc été menée localement, l’affaire aurait pu en rester là sans la décision que vient de rendre le Conseil d’Etat, deux ans plus tard. Donnant raison à la commune de Bourgoin-Jallieu, le Conseil d’Etat a argumenté sa décision par le manque de transparence et d’informations relatif à l’autorisation d’expérimentation des OGM en plein champ, et plus particulièrement quant à la localisation exacte des parcelles concernées. Un défaut d’autant plus important que la Commission du Génie Biomoléculaire (l’organisme scientifique chargé d’assister le ministre avant sa décision) ne disposait pas, elle-même, des informations nécessaires pour apprécier les risques d’une éventuelle dissémination…

    Cette décision contre le non-respect de la démocratie et l’absence de consultation des municipalités trop souvent mises devant le fait accompli, constitue une première victoire sur la 'forme' et devrait normalement faire jurisprudence.

    Pascal Farcy

    10/07/2009

    L'humus

    lu sur :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/10/l-homo-humus-de-l-aveyron_1217658_3244.html#ens_id=1217666

     

    Portrait

    L'"Homo humus" de l'Aveyron

    LE MONDE 2 | 10.07.09 | 16h48  •  Mis à jour le 10.07.09 | 19h51

     

    L'humus représente " la matière organique du sol provenant de la décomposition partielle des matières animales et végétales ". Le Robert dit vrai mais il ne dit pas tout. L'humus, c'est aussi la clé de la fertilité des sols, la base nourricière de la terre nécessaire à l'alimentation des plantes. Sans lui point de culture, des sols nourris artificiellement et finalement sans vie. En France, selon l'Inra, 7 millions d'hectares – environ un tiers des sols cultivés – ont une teneur insuffisante en humus. A l'échelle mondiale la situation est pire encore puisqu'on estime que 50 % à 60 % des sols sont plus ou moins dégradés. Et " lorsque l'humus s'en va, l'homme s'en va ".

    Celui qui me livre cette forte maxime, quelque part sur le causse du Nord Aveyron, a deux passions : les pur-sang arabes et l'humus. Les premiers gambadent sur des dizaines d'hectares et il les connaît tous par leur prénom. Plus de 200, dont cette bande de 19 juments, accompagnées de leurs 19 poulains, paissant tendrement dans l'herbe luisante d'après l'averse et gravée à jamais dans ma mémoire pastorale.

    L'humus, c'est l'autre histoire de Marcel Mézy, 67 ans, un homme qui plonge à pleines mains dans un tas et vous en met une poignée sous le nez en disant : " Regardez comme ça sent bon ! " Soumis à un contrôle sanguin inopiné, il serait à coup sûr déclaré positif au compost. Voilà trente ans que celui-ci coule dans ses veines.

    Ils étaient huit garçons, nés sur la ferme familiale. Trop de bouches, pas assez d'hectares. Marcel, qui dans son adolescence s'était caché pour échapper au séminaire, part vivre sa vie. Marchand de boissons, d'engrais, de matériel agricole, il sera l'un des premiers à s'essayer au commerce des produits bio dans les années 1970. Autodidacte complet, il se passionne pour l'agriculture biologique et comprend vite que le compost agit "comme un catalyseur de la vie du sol, capable de lui rendre sa capacité naturelle à retenir les éléments fertilisants". Et Marcel se mit au compost, choisissant avec soin les denrées et leurs sites de fermentation, à l'abri des regards.

    Il multiplie les expériences sans obtenir de résultats probants. Jusqu'à ce jour de 1982 où, faute de place, " j'ai poussé mes tas de compost les uns sur les autres et je me suis rendu compte qu'en mélangeant des plantes originaires des bois ou des prairies, par exemple, on arrivait à des résultats complètement différents ". A tel point qu'il renverra deux fois les échantillons au laboratoire, pensant à une erreur d'analyse.

    Empiriquement, intuitivement Marcel Mézy a découvert un accélérateur d'humus extraordinaire avec ce cocktail de compost dont la formule reste un secret absolu, connu seulement de trois personnes. La visite de plusieurs sites de compostage se fera d'ailleurs dans la plus grande discrétion. Ici des orties, là des feuilles de chêne, ailleurs des lichens cueillis par ses ramasseurs, une douzaine de composts différents vivent leur vie, cachés dans la campagne aveyronnaise. Agglomérés à d'autres matières organiques (cabosse de cacao, mélasse), ils deviendront Bactériolit pour le fumier et Bactériosol pour la terre, un " intrant " en granulés qui " agit naturellement sur la fertilité du sol, améliore sa qualité et permet une récolte abondante ". Bref l'engrais magique, certifié de surcroît par Ecocert pour l'agriculture biologique.

    Inévitablement le doute saisit l'enquêteur, renforcé par l'atmosphère de secret qui entoure l'invention de cet Homo humus. Sa société (Sobac) emploie une cinquantaine de salariés et a fabriqué en 2008 30 000 tonnes de Bactériolit et de Bactériosol dans son usine de Bourré (Loir-et-Cher). Il revendique 8 000 clients en France et à l'étranger (Suisse, Maroc, Canada) et plus de 200 000 ha sont traités avec ces produits. " Un agriculteur sur six les utilise dans l'Aveyron bien qu'une pseudo-étude de la chambre d'agriculture les ait qualifiés de poudre de perlimpinpin ", affirme Marcel.

    Nous avions rendez-vous avec quelques-uns dans un des derniers burons préservés dans l'Aubrac. Nourritures solides et franches paroles. André et Odile Franques et leur fille Nathalie élèvent 400 brebis à Sébazac-Concourès (Aveyron). Ils font partie des pionniers, faisant confiance à Marcel Mézy dès 1982. " En 1986, nous avons fait le grand saut. Nous avons arrêté tous les engrais chimiques et sommes passés en bio. Les marchands de produits phytosanitaires nous disaient : “Vous êtes foutus.” Nous avons pourtant vu très vite la différence en comparant avec nos voisins. Nos terres, qui étaient pauvres, se sont remises à vivre. "

    Et André se souvient d'un jour où les brebis, ayant le choix entre une prairie traditionnelle et une traitée au Bactériosol, se sont toutes regroupées dans cette dernière car " les animaux ne se trompent jamais ". Aujourd'hui, leur Gaec fournit en saison 600 litres de lait bio par jour, les bêtes sont rarement malades et jamais ils ne reviendront aux engrais chimiques après vingt ans d'expérience.

    Les frères Paul et Mathieu Causse ont un troupeau de 140 vaches allaitantes de race aubrac dans leur ferme de Bozouls (Aveyron).

    Marchant sur les traces de leur père décédé qui avait le premier suivi Marcel Mézy, ils sont passés en bio et tiennent à démentir le schéma traditionnel selon lequel " passer en bio signifie baisse de la production ". " A condition de bien choisir la race et son alimentation, nous obtenons de très bons résultats en croissance comme en reproduction. " Parfois meilleurs qu'en élevage traditionnel et à moindre coût en produits.

    Ces expériences sur le terrain, Marcel Mazoyer, professeur à l'Inra Paris-Grignon et expert en économie rurale, les a étudiées dans le Limousin et en Bretagne. A chaque fois, ses conclusions sont identiques : Bactériolit et Bactériosol améliorent la fertilité des sols, la quantité et la qualité des productions tout en réduisant les charges et en préservant l'environnement. " Cette technologie est donc un bon outil de développement d'une agriculture durable, économe et autonome. " Qu'attend-on pour l'utiliser massivement ? Homo humus en rêve.

    JP Géné

    Pour les particuliers aussi

    Bactériolit et Bactériosol étaient jusqu'à présent réservés aux agriculteurs. Avec Bactériosol jardin (12,50 $ le sac de 3 kg) cet amendement organique sera disponible pour les particuliers à partir du mois de septembre. Marcel Mézy, Société Sobac, ZA Lioujas, 12740 Lioujas. Rens. : 05-65-46-63-30, contact@sobac.fr, www.bacteriosol-sobac.com

     

    Article paru dans l'édition du 11.07.09

    20:27 Publié dans agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agriculture

    01/07/2009

    Feu vert au maïs transgénique MON 810

    lu sur :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/01/l-autorite-europeenne-redonne-son-feu-vert-au-mais-transgenique-mon-810_1213865_3244.html#ens_id=1213093

     

    L'Autorité européenne redonne son feu vert au maïs transgénique MON 810

    LE MONDE | 01.07.09 | 15h03  •  Mis à jour le 01.07.09 | 15h03

     

    Un bras de fer se prépare entre les institutions communautaires et plusieurs Etats membres de l'Union européenne, concernant le maïs génétiquement modifié, produit par Monsanto, le MON 810. Mardi 30 juin, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), basée à Parme, a publié un nouvel avis scientifique favorable à la culture de cette variété, ainsi qu'à son utilisation dans les produits et les additifs alimentaires. Cela, alors que six pays (Allemagne, Autriche, France, Grèce, Hongrie et Luxembourg) ont interdit la culture de cette semence sur leur territoire.

    Les OGM doivent être évalués tous les dix ans et le premier avis de l'EFSA sur le MON 810 datait de 1998. Dans ses conclusions réactualisées, le panel d'experts de l'Autorité européenne considère que cette semence "est aussi sûre que son homologue conventionnel pour ce qui est des effets éventuels sur la santé humaine et animale". Il estime qu'un impact néfaste sur l'environnement est "improbable", en particulier si "des mesures de gestion appropriées" sont mises en place pour limiter l'exposition possible d'insectes inoffensifs pour le maïs.

    Pour Greenpeace-France, "une fois de plus, l'EFSA choisit d'ignorer les preuves scientifiques relatives aux effets négatifs sur l'environnement de ce maïs pesticide". Une attitude "d'autant plus grave que la Commission européenne ne se fonde que sur l'avis de cette seule agence". Or, en l'absence de majorité qualifiée dans le vote des Etats membres, c'est la Commission européenne - favorable aux OGM - qui décide des autorisations.

    Signe de l'enjeu commercial, dès le 29 avril, le semencier américain Monsanto a révélé la position de l'EFSA, ce qui a fait monter son cours d'action à la Bourse de New York. Le MON 810, conçu pour résister aux chenilles d'un papillon nuisible, la pyrale, est le seul OGM dont la culture est autorisée en Europe, sur une superficie qui, selon Monsanto, a dépassé 107 000 hectares en 2008, les plus grandes parcelles se trouvant en Espagne.

    Récemment, douze pays - dont la France, qui a activé sa clause de sauvegarde, et l'Allemagne, qui a décidé en avril de prohiber cette variété - ont fait part à l'EFSA de leurs interrogations devant le risque que le MON 810 crée une résistance chez les insectes ravageurs du maïs, tout en étant nocif pour d'autres insectes (papillons, coccinelles, puces d'eau). Et certains pays - dont ne font partie ni la France ni l'Allemagne - ont réclamé le droit d'interdire la culture de semences transgéniques sur leur sol, de leur propre initiative.

    L'EFSA, dont tous les avis ont jusqu'ici été favorables aux OGM, est de plus en plus contestée (Le Monde du 30 juin). Les ministres européens de l'environnement, rejoignant les écologistes, demandent depuis plusieurs mois sa réforme.

     

    Pierre Le Hir

    Article paru dans l'édition du 02.07.09

    29/06/2009

    Le tropisme pro-OGM des experts européens de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)

    lu sur :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/29/genetiquement-pro-ogm_1213019_3244.html#ens_id=1213093

     

    Enquête

    Génétiquement pro-OGM

    LE MONDE | 29.06.09 | 15h50  •  Mis à jour le 29.06.09 | 17h04

    PARME (ITALIE), ENVOYÉ SPÉCIAL

     

    Parme, sa cathédrale, son baptistère, ses fresques du Correggio, son parmigiano reggiano et son prosciutto. Les guides touristiques ajoutent désormais : son Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L'agence chargée, au niveau communautaire, d'évaluer les risques liés à la chaîne alimentaire. En particulier aux organismes génétiquement modifiés (OGM). C'est sur ses avis que s'appuient les décisions de la Commission de Bruxelles, du Parlement européen et des Etats membres de l'Union européenne. D'où son rôle crucial.

    Loin des marbres patinés des palais des Farnèse, l'institution s'est installée dans un moderne bâtiment de verre. Façon, peut-être, d'afficher sa "transparence", l'une de ses vertus cardinales, annonce sa directrice, la Française Catherine Geslain-Lanéelle, avec l'"excellence scientifique", l'"indépendance" et la "réactivité". L'affirmation fait s'étrangler les écologistes. "Autant demander à un renard de surveiller un poulailler !" s'écrit Greenpeace.

    Les ministres de l'environnement des pays européens ne sont pas loin de penser la même chose. Au point que onze d'entre eux - Autriche, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie -, affichant leur défiance à l'égard des instances communautaires, viennent de réclamer la possibilité d'interdire, de leur propre initiative, la culture de séquences génétiquement modifiées sur leur territoire. Sans souscrire à cette demande de nationalisation des autorisations de culture, la secrétaire d'Etat française à l'écologie, Chantal Jouanno, plaide elle aussi pour "que les procédures d'expertise soient revues".

    Quand l'EFSA voit le jour, en janvier 2002, l'Europe sort des crises de la vache folle et du poulet à la dioxine belge. La confiance des consommateurs est ébranlée. La filière agroalimentaire discréditée. L'Union européenne décide de se doter d'une expertise scientifique incontestable. Et de séparer l'évaluation des risques de la décision politique.

    Maladies animales, additifs alimentaires, OGM, pesticides, risques biologiques... L'agence ne chôme pas. Chaque année, sa charge de travail double : en 2009, elle rendra un millier d'avis scientifiques. Trop, trop vite ? Avec 400 permanents et un financement communautaire de 73 millions d'euros, elle a atteint "la taille critique" et "la maturité" qui garantissent aux citoyens européens "un système d'évaluation des risques extrêmement robuste", assure Mme Geslain-Lanéelle. Dix panels de scientifiques externes ont été mis en place pour couvrir les différentes disciplines, soit un réseau de 200 experts, réunis 10 à 12 fois par an. S'y ajoutent un millier de spécialistes consultés ponctuellement, dont la directrice souhaite tripler ou quadrupler le nombre.

    Sur certains dossiers, l'EFSA a fait la preuve de l'indépendance qu'elle revendique. Par exemple en concluant, en 2007, que le colorant alimentaire Rouge 2G (E128), utilisé depuis trente ans dans les saucisses et les hamburgers, pouvait avoir des effets cancérigènes. Son bilan en matière d'OGM laisse en revanche perplexe.

    Depuis sa création, l'autorité a reçu des industries agroalimentaires 119 demandes d'autorisation ou de renouvellement d'organismes génétiquement modifiés. Plus de la moitié (69) sont encore à l'étude, tandis que 8 ont été finalement retirées. Elle a donc rendu 42 avis... tous positifs. Qui plus est, adoptés à l'unanimité - le vote se faisant à main levée - des membres du panel OGM présents.

    Pour les écologistes, la cause est entendue. En choeur, Greenpeace, les Amis de la Terre et le réseau d'associations France Nature environnement dénoncent "l'incapacité scandaleuse" de l'EFSA, à leurs yeux jouet du lobby industriel. Mieux vaut, fulminent-ils, qu'elle mette la clé sous la porte, en attendant sa "réforme complète".

    L'autorité européenne se défend. Tous les avis, fait-elle valoir, ont été émis "après beaucoup de discussions". S'ils sont fondés sur les dossiers fournis par les industriels - l'EFSA n'a pas de moyens de recherche propres -, "ils prennent aussi en compte l'ensemble des articles scientifiques disponibles". Ainsi d'une étude, publiée en novembre 2008 par des chercheurs autrichiens, qui suggérait une altération de la fertilité de souris nourries au maïs transgénique MON 810-NK 603. Le panel OGM s'est saisi de ce travail et a conclu qu'il posait "des problèmes de méthodologie" qui l'invalidaient. Ce qu'a aussi estimé, voilà quelques semaines, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). L'EFSA admet toutefois qu'elle "devrait peut-être, lorsque l'industriel ne fournit pas les informations supplémentaires demandées dans un délai fixé, rendre un avis négatif".

    D'où vient, alors, le tropisme pro-OGM des experts européens ? Tous les ans, chacun d'entre eux remplit une déclaration détaillée, attestant qu'il n'existe pas de conflit d'intérêts - financier ou intellectuel - entre sa mission et ses activités professionnelles (recherches payées par des firmes du secteur, travaux de consultant, détention d'actions ou de brevets...). Avant chaque réunion, il signe en outre une déclaration d'intérêts spécifique pour les sujets à l'ordre du jour. Pour avoir tu ses accointances avec un groupe industriel, un expert d'un autre panel, spécialiste de nutrition, a dû, début 2009, démissionner.

    Les Amis de la Terre ont contesté la neutralité de plusieurs membres du panel OGM, pour leurs liens, directs ou indirects, avec des entreprises de biotechnologies. A commencer par son président, le Néerlandais Harry Kuiper, coordonnateur, de 2000 à 2003, d'un programme de recherche européen auquel participaient Monsanto, Bayer CropScience et Syngenta. "Il s'agissait d'un programme communautaire public, répond la directrice de l'EFSA. Du reste, s'il fallait disqualifier définitivement tous ceux qui ont travaillé avec l'industrie, on ne trouverait personne. Un bon expert n'ayant jamais collaboré avec le privé, c'est même suspect."

    Si les garants de la sécurité alimentaire sont invariablement favorables aux OGM, c'est plutôt qu'ils portent des lunettes sélectives, pense l'écophysiologiste Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS. C'est lui qui a été chargé, en 2008, de rédiger un rapport scientifique répondant aux critiques de Monsanto contre la clause de sauvegarde activée par la France - en vertu du principe de précaution - pour suspendre la culture du maïs transgénique MON 810.

    En octobre 2008, il a été auditionné, avec trois autres chercheurs français - un botaniste, Pierre-Henri Gouyon, un agronome, Denis Bourguet, et un statisticien, Marc Lavielle -, par les experts de l'EFSA. "Nous avons eu le sentiment que leur opinion était faite d'avance, rapporte-t-il. Ils n'étaient que six ou sept présents (le panel OGM compte 21 membres) et le début de la réunion a été très tendu. Nous avons dû menacer de partir pour obtenir la discussion ouverte que souhaitait la Commission de Bruxelles." Le procès-verbal - qui ne leur a pas été soumis - conclut : "Il n'existe pas de preuve de la possible toxicité du maïs MON 810. Les deux parties étaient d'accord sur ce point." Pour la délégation française, il aurait fallu ajouter : "Il n'existe pas de preuve de l'absence de toxicité à long terme du maïs MON 810. Les deux parties étaient également d'accord sur ce point."

    Pierre-Henri Gouyon décrypte : "Nous avons affaire à des spécialistes de la biologie moléculaire, qui connaissent bien les problèmes de contamination aiguë, beaucoup moins les effets à long terme sur la santé et l'environnement. Tester des OGM sur des rats pendant 90 jours, même à fortes doses, c'est très insuffisant. Certaines pathologies ont une latence beaucoup plus longue."

    Le ministère français de l'écologie fait une analyse similaire. "L'EFSA a été créée pour répondre à des questions sanitaires. Sur les OGM, on lui demande de répondre aussi à des questions environnementales. Est-elle bien armée pour le faire ?" s'interroge-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo.

    Et d'expliciter : "Ses experts représentent-ils un spectre de disciplines suffisamment large ? Sont-ils à même de traiter des OGM non pas comme des produits isolés, mais comme des cultures intégrées à un écosystème vivant ? Se préoccupent-ils de la coexistence entre les filières OGM, conventionnelle et bio ? Enfin, les données fournies par les semenciers, qui ne donnent pas aux chercheurs l'accès aux séquences génétiques, assurent-elles une information scientifique équilibrée ?"

    A toutes ces questions, la réponse est négative. Fin 2008, les ministres européens de l'environnement ont appelé à "améliorer" le système d'expertise communautaire sur les OGM. En insistant sur "une évaluation détaillée des effets à long terme sur l'environnement". L'une des premières tâches confiées par le ministre d'Etat français, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, Jean-Louis Borloo, au Haut Conseil des biotechnologies mis en place voilà quelques semaines, est de faire des "propositions" de réforme à l'Europe dans ce sens. La maison de verre de Parme doit se préparer à une mutation génétique.

     

    Pierre Le Hir

    Article paru dans l'édition du 30.06.09

    27/06/2009

    Les contaminations par le chlordécone

    lu sur :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/24/l-inquietant-parcours-du-chlordecone-perdu_1210725_3244.html#ens_id=1207698

     

    L'inquiétant parcours du "chlordécone perdu"

    LE MONDE | 24.06.09 | 15h27  •  Mis à jour le 24.06.09 | 15h27

     

    Les Antilles ne sont pas les seuls territoires contaminés par le chlordécone, un polluant extrêmement persistant, soupçonné d'être cancérigène, employé comme pesticide dans les plantations de bananiers en Guadeloupe et en Martinique entre 1981 et 1993. Au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), la sénatrice Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) et le député Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) présentent mercredi 24 juin un rapport dans lequel ils retracent, pour la première fois, le parcours du "chlordécone perdue".

    Selon les informations des rapporteurs, quelque 1 600 tonnes ont été produites aux Etats-Unis entre 1958 et 1976. La fabrication a ensuite été interdite, les ouvriers et les riverains des sites de production présentant des atteintes neurologiques graves. Environ 200 autres tonnes de chlordécone ont ensuite été produites au Brésil. Or, 300 tonnes seulement ont été utilisées aux Antilles. Le reste a été exporté dans d'autres régions du monde, en particulier dans l'ancienne Allemagne de l'Est (RDA), en Pologne, peut-être en Ukraine. Le pesticide a également été utilisé au Cameroun et en Côte d'Ivoire.

    "On pourrait potentiellement se trouver en présence d'un problème sanitaire et environnemental de dimension mondiale, qui devrait envoyer à une coopération internationale", écrivent les auteurs. Le chlordécone n'étant plus produite ni utilisée aujourd'hui, ses résidus ne sont plus recherchés. Une enquête sur les zones d'épandage dans le monde est pourtant impérative, selon les rapporteurs.

     

    CANCER DE LA PROSTATE

    Les effets sanitaires d'une exposition à de faibles doses de produit - par l'alimentation et l'eau potable - ont été dénoncés par le cancérologue Dominique Belpomme, dans un rapport publié en septembre 2007. Il mettait en lien la pollution et l'augmentation des cancers de la prostate aux Antilles. Les auteurs contestent ces résultats, qualifiant de "peu solides" les méthodes de M. Belpomme. Cependant, ils n'écartent pas le risque sanitaire. "L'occurrence du cancer de la prostate est très marquée ethniquement (...), mais cette prévalence chez certaines populations n'exclut pas que l'exposition aux pesticides puisse être un facteur aggravant", écrivent-ils, renvoyant à plusieurs études épidémiologiques dont les résultats seront connus prochainement.

    La chlordécone pose un problème particulier du fait de sa persistance dans l'environnement. La molécule, très stable, peut rester présente dans les sols entre un et sept siècles, et continuer à transiter vers les produits cultivés. Les sédiments servent aussi de vecteur de contamination des eaux de rivière, puis des milieux marins. Le polluant s'accumule dans les graisses et se concentre dans la chaîne alimentaire, "en particulier les milieux aquatiques".

    Or, les auteurs relèvent que la contamination potentielle des poissons et des crustacés a été oubliée dans le plan élaboré en 2008 pour limiter l'exposition de la population antillaise - un plan jugé efficace, en revanche, concernant les fruits et les légumes. Les rapporteurs jugent "urgent" de localiser la pollution des milieux marins et de multiplier les analyses sur les produits de la mer, très consommés aux Antilles.

    Ils soulignent aussi l'absence de connaissance sur la contamination des eaux fluviales et souterraines. La cartographie des terres polluées (plus d'un quart des zones agricoles des deux îles) avance en outre trop lentement. Les auteurs recommandent de rechercher des méthodes d'analyse "plus fiables, plus rapides et moins coûteuses".

     

    Gaëlle Dupont

    Article paru dans l'édition du 25.06.09

    07/05/2009

    Privatisation du vivant : vers un brevetage des semences traditionnelles ?

    lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3735

    06-05-2009

    Privatisation du vivant : vers un brevetage des semences traditionnelles ?

    Des brevets pourraient-ils être déposés pour des variétés de plantes et des semences issues de croisements traditionnels ? La question, en suspens cette année à l’OEB (Office européen des brevets), a fait réagir une coalition d’ONG (1) qui vient de publier un rapport et de lancer un appel devant les risques imminents. Pour les ONG, les décisions de l’OEB pourraient avoir un très fort impact sur le marché international des semences, et plus globalement sur la sécurité alimentaire.

    Actuellement, un brevet sur les semences et parties comestibles du brocoli (EP 1069819) et un autre concernant des tomates à faible teneur en eau (EP 1211926) sont en attente d’approbation. Ces deux cas concernent des plantes issues de sélections et de cultures conventionnelles, or il était jusqu’à présent exclu d’obtenir des brevets sur des « processus essentiellement biologiques pour la production des plantes ou des animaux ». C’est la première fois que l’office des brevets va devoir statuer sur cette question dans le détail. Avec le dossier du brocoli, une plante qui n’a subi aucune manipulation génétique, la Grande Chambre de Recours de l’OEB arrêtera une décision de principe qui pourra faire office de précédent pour tous les autres cas.

    Dans leur rapport, les ONG montrent que les demandes de brevets pour des variétés conventionnelles n’ont fait qu’augmenter durant ces dernières années. En 2008, près de 500 candidatures ont été déposées, représentant 25 % de toutes les demandes concernant les plantes et les semences pour cette année-là. D’après le rapport, ce type de cas, impliquant des semences obtenues par voie conventionnelle, ne comptait que pour 5 % de l’ensemble des dossiers dans les années 2000 à 2002. Les ONG militant contre la privatisation du vivant y voient tout de suite l’intérêt des grandes compagnies, comme Monsanto ou Syngenta. Le succès des variétés utiles, non issues de modifications génétiques, n’est pas à démontrer et le marché est immense. Les multinationales, spécialisées dans le génie génétique, pourraient bien vouloir étendre leur monopole à ce plus large spectre. Elles ont déjà commencé à « inventer des inventions » dans le domaine de la sélection dite « normale », jouant sur le fait que quelques outils techniques utilisés pour la reproduction suffisaient pour convertir l’ensemble du processus de reproduction en objet brevetable. Déjà 70 brevets ont ainsi été obtenus. Si jamais l’OEB finit par accepter le brevet sur le brocoli, il est à craindre un scénario dans lequel les compagnies privées pourront progressivement contrôler l’accès aux semences, impactant à la fois leur prix et leur disponibilité, préviennent les ONG (2).

    Elisabeth Leciak

    1- La Déclaration de Berne (DB), Greenpeace, Misereor, « Pas de brevets sur le vivant », Swissaid. Télécharger le rapport complet (en anglais).

    2- Appel Mondial contre des brevets sur des semences et des animaux conventionnels.

    (voir : http://www.no-patents-on-seeds.org/ )

    05/05/2009

    La justice allemande confirme l'interdiction du maïs Monsanto MON810

    lu sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/05/la-justice-allemande-confirme-l-interdiction-du-mais-monsanto-mon810_1189249_3244.html#ens_id=1176302

    La justice allemande confirme l'interdiction du maïs Monsanto MON810

    LEMONDE.FR avec AFP | 05.05.09 | 15h11

    Un tribunal administratif allemand a rejeté, mardi 5 mai, un référé introduit par le groupe agro-industriel américain Monsanto contre l'interdiction de cultiver son maïs OGM prise par Berlin mi-avril. Le tribunal administratif de Brunswick, dans le nord-ouest de l'Allemagne, a rejeté le recours en urgence déposé par Monsanto, estimant que la culture de maïs MON810 de Monsanto représentait "après un examen provisoire (...) une situation de risque justifiant une telle interdiction, comme le prévoit la loi sur les biotechnologies".

    Pour qu'une telle décision soit légitime, il n'est pas nécessaire qu'un danger clairement identifié existe, il suffit que des indices aillent dans ce sens, estime encore le tribunal. Monsanto a la possibilité de faire appel de cette décision en référé. La firme a indiqué à l'AFP qu'elle "étudiait la possibilité de présenter de nouveaux éléments de droit". Dans tous les cas, une procédure sur le fond va se poursuivre à Brunswick, au cours de laquelle des débats oraux seront menés. Mais le tribunal a précisé qu'aucune date ne pouvait être fixée pour le moment.

    Le 14 avril, la ministre de l'agriculture, Isle Aigner, avait activé la clause de sauvegarde contre le MON810, s'appuyant sur "deux nouvelles études" ayant apporté "de nouveaux éléments scientifiques" – notamment le fait que le gène introduit par Monsanto dans la semence serait nuisible aux coccinelles et aux papillons. L'Allemagne avait ainsi rejoint la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg, parmi les pays ayant banni cette culture au nom du "principe de précaution".

     

    03/05/2009

    BRÉSIL : premier consommateur mondial de pesticides

    lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3717


    28-04-2009

    Le Brésil nourri aux pesticides

    Au Brésil, l’Agence Nationale de Vigilance Sanitaire (Anvisa) vient de rendre publics des chiffres alarmants sur les pesticides. Des résidus de produits chimiques utilisés dans l’agriculture ont été retrouvés dans de nombreux produits alimentaires, à des taux dépassant les limites autorisées. Au Brésil, « après les médicaments, les produits chimiques issus de l’agriculture sont la deuxième cause d’intoxication des populations » déclare José Gomes Temporão, Ministre de la Santé. Selon le rapport de l’Anvisa, sur plus de 1700 échantillons analysés, parmi les produits alimentaires les plus courants (patate, tomate, banane, oignon, etc.), 15 % ne présentent pas de résultats « satisfaisants ». Quelques produits se révèlent comme les plus risqués : 64 % des échantillons de poivrons analysés ont des teneurs en pesticides au-dessus des limites admises par les autorités sanitaires, ou encore le raisin et les fraises, pour lesquels près de 30 % des échantillons sont contaminés.
    Le rapport met également en relief la présence de pesticides classés comme dangereux pour la santé dans la plupart des analyses. Désormais interdits dans d’autres pays du monde, des produits comme l'acephate, l'endosulfan, le phorate et le metamidophos ont été retrouvés dans les cultures de laitue, de riz, de tomate ou encore d’ananas.

    Pays émergent, le Brésil est considéré comme le futur « géant vert » de la planète. D’une superficie 16 fois supérieure à la France, ce pays-continent a en effet un potentiel agricole sans commune mesure. Déjà premier exportateur de café et de canne à sucre, deuxième exportateur mondial de soja et de viande bovine, le Brésil a connu ces dernières années une formidable expansion de son agriculture au point que la production agricole et l’ensemble des secteurs qui lui sont liés représentent aujourd’hui près de 33 % du PIB (Produit Intérieur Brut). Mais ce développement fulgurant ne se fait pas sans qu’il y ait de revers à la médaille. Sans même parler de la déforestation du patrimoine planétaire qu’est l’Amazonie, c’est le peuple brésilien qui est le premier affecté. D’après les résultats d’analyses de l’Anvisa, il est clair que les risques sanitaires de l’agriculture industrielle sont très loin d’être maîtrisés. Or si l’agence du ministère de la santé brésilien propose une série de recommandations, pour les consommateurs et afin de renforcer le suivi, il est à espérer que le géant latino-américain s’imposera plus de vigilance, alors qu’il est devenu, en 2008, le premier consommateur mondial de pesticides, dépassant les Etats-Unis.


    Elisabeth Leciak

    13:40 Publié dans agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agriculture, chimie

    29/04/2009

    Le conseil général du Vaucluse ne veut pas d’OGM

    lu sur : http://www.mondepublic.fr/20090427/le-conseil-general-du-vaucluse-ne-veut-pas-dogm/

    Lors de la séance publique décentralisée du 17 avril 2009 à Pernes les Fontaines, le Conseil général du Vaucluse s’est exprimé pour un Vaucluse sans OGM une majorité de 17 voix sur 24.

    Principalement rural, le Département de Vaucluse soutient le développement d’une agriculture durable reposant sur la préservation du savoir-faire de ses producteurs et le maintien d’une production de qualité, soucieuse de son impact sur l’environnement.

    Dans un communiqué du 20 avril 2009, “le Conseil général constate et partage l’inquiétude et les réticences citoyennes envers les organismes génétiquement modifiés (OGM). Les semences génétiquement modifiées brevetées, fabriquées et commercialisées par des entreprises transnationales induisent une logique d’uniformisation de la production agricole. A ce jour, aucune certitude n’est apportée sur l’innocuité des OGM pour la santé des consommateurs.”

    Par ailleurs, le Conseil général indique que “Compte tenu de l’irréversibilité du phénomène, il ne faut pas négliger les risques de contamination des productions suite aux effets non maitrisés d’une dissémination des transgènes vers les cultures traditionnelles.”
    Par conséquent, “au nom du principe de précaution et dans une volonté affichée de protéger les exploitants locaux, leurs productions et les consommateurs vauclusiens” le Conseil général du Vaucluse s’est déclaré contre la culture commerciale des OGM et s’oppose à tout essai ou culture en plein champ d’organismes génétiquement modifiés sur le territoire du Vaucluse.

    28/04/2009

    OGM, ROUNDUP, mutations, plantes résistantes

    lu sur : http://www.futura-sciences.com/fr/print/news/t/botanique-1/d/ogm-la-menace-des-super-mauvaises-herbes-samplifie_19036/

    Le 24 avril 2009 à 11h27

    OGM : la menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie
    Par Jean Etienne, Futura-Sciences Bookmark and Share

    Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s'étend à d'autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…

    En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l'est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

    Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

    Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

    Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

    La firme Monsanto ne nie pas le problème. Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, a estimé que ces « super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées. Pourtant, un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique).

    L’amarante vous salue bien…

    En attendant, l’amarante « mutante » se porte bien et prolifère. Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. Profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, comme le constatent de nombreux agriculteurs, non seulement en Géorgie mais aussi en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri, contraints de passer au désherbage manuel… ou de baisser les bras.

    D’autres cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

    Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland.

    Un manque flagrant de statistiques et d'informations

    On pourra cependant déplorer le manque de précision des données statistiques permettant de quantifier la relation entre semences OGM, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé. En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

    Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement.

    voir aussi :
    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/dans-les-champs-dogm-les-mauvaises-herbes-font-de-la-resistance_12093/

    16/04/2009

    Agriculture traditionnelle contre OGM : "...l'agriculture traditionnelle continue d'avoir de meilleurs résultats"

    lu sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/16/ogm-la-hausse-des-rendements-contestee_1181487_3244.html

    Compte rendu
    OGM : la hausse des rendements contestée
    LE MONDE | 16.04.09 | 15h30 • Mis à jour le 16.04.09 | 15h30

    Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne sont pas seulement la cible des critiques en Europe, où l'Allemagne vient de rejoindre le cortège des Etats ayant banni le maïs Mon810 de leur territoire. Aux Etats-Unis, patrie du groupe Monsanto, un rapport publié mardi 14 avril par l'Union of Concerned Scientist (UCS), un groupe indépendant d'experts né dans le giron du Massachusetts Institute of Technology (MIT), s'attaque au principal argument des fabricants de semences modifiées : la garantie de plus forts rendements.

    "Depuis des années, les industriels claironnent qu'ils vont nourrir le monde, en promettant que les OGM produiront de meilleurs rendements. Mais après vingt ans de recherches et treize ans de commercialisation, les fermiers américains qui ont recours à ces semences n'ont guère récolté davantage à l'acre (0,4 hectare). En comparaison, l'agriculture traditionnelle continue d'avoir de meilleurs résultats", affirme l'auteur du rapport, Doug Gurian-Sherman.

    Pour aboutir à cette conclusion, ce biologiste a passé au crible toutes les statistiques et études académiques publiées sur le soja et le maïs, les deux cultures transgéniques les plus répandues aux Etats-Unis, oùprès de 90 % des surfaces plantées en soja le sont en OGM, tout comme plus de 60 % des surfaces consacrées au maïs.

    Trois OGM dominent le marché. Une variété de maïs résistante à certains insectes nuisibles - comme la pyrale, une chenille qui dévore les tiges de la plante de l'intérieur - et deux variétés tolérantes aux herbicides, l'une de maïs et l'autre de soja. Ces deux dernières "n'ont apporté aucune amélioration des rendements", affirme le rapport.

    Concernant le maïs Bt (Bacillus thuringiensis), résistant aux insectes, comme le Mon810, l'accroissement de la production s'est avéré "marginal", sauf dans les cas de fortes invasions, où une hausse de 7 % à 12 % a pu être observée. Ces résultats s'appuient en partie sur des récoltes obtenues en Europe, où le maïs Bt est largement exporté.

    La hausse de la productivité au cours des dernières années tient davantage à d'autres facteurs d'innovation agricole, selon le rapport. L'auteur juge même en conclusion qu'il serait dangereux de miser sur les OGM pour assurer les besoins alimentaires d'une planète qui comptera 9 milliards d'habitants en 2050, soit près de 50 % de plus qu'aujourd'hui.

    "FAUSSE PROMESSE"

    Ce rapport n'est pas le premier à dénoncer la "fausse promesse" des OGM. Et le constat n'émane pas seulement de cercles réputés hostiles aux biotechnologies. En 2006, les chercheurs du ministère américain de l'agriculture, faisant le bilan des dix premières années de cultures transgéniques, ne constataient pas d'amélioration significative des rendements. Alors que les enquêtes réalisées auprès des fermiers montraient que ce point constituait la principale raison de se tourner vers les OGM.

    Les semenciers ont jusqu'à présent catégoriquement réfuté ces affirmations. Proche des multinationales du secteur, le cabinet de conseil PG Economics expliquait, en février, que "les faits montrent que sur l'ensemble des pays ayant recours à des maïs OGM résistant aux insectes ravageurs, les rendements ont crû de 5,7 % entre 1996 et 2006". Et d'ajouter que "les performances sont d'autant plus fortes quand le pays a peu de moyens pour lutter contre les pestes animales". Toujours selon PG Economics, le coton transgénique aurait entraîné une augmentation des rendements de 50 % en Inde, le maïs OGM faisant de même à hauteur de 24 % aux Philippines.

    En France, Luc Esprit, directeur de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), se dit surpris par les conclusions de l'UCS : "Je ne peux parler que de nos résultats. Mais entre 2005 et 2007, jusqu'à ce que le Mon810 soit interdit, nous avons enregistré, en moyenne, un écart de 6 à 8 quintaux à l'hectare entre les parcelles de maïs OGM et les parcelles traditionnelles."

    Ce débat sur les rendements s'ajoute à ceux concernant l'innocuité des OGM sur la santé humaine et leur incidence sur l'environnement. Mercredi 15 avril, la Commission européenne (après avoir vainement tenté de jouer les gendarmes contre les pays récalcitrants) a décidé de se donner le temps de la réflexion sur le Mon810.

    Laurence Caramel

    8 % des surfaces cultivées dans le monde

    Cultures.
    125 millions d'hectares étaient cultivés en organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le monde en 2008, soit 8 % des surfaces cultivées, selon l'International Service for the Acquisition of Agro-biotech Applications (Isaaa). Les surfaces cultivées en OGM ont augmenté de 9,4 % par rapport en 2007.

    Producteurs.
    25 pays cultivent des OGM et 30 en ont autorisé l'importation depuis le début de leur commercialisation, en 1996. Les Etats-Unis, le Canada, le Brésil et l'Argentine concentrent près de 80 % de la production mondiale. En 2008, une percée a été observée en Afrique, où le Burkina Faso et l'Egypte sont venus rejoindre l'Afrique du Sud au rang des pays producteurs.

    Marché.
    7,5 milliards de dollars (5,7 milliards d'euros) en 2008, sur un total de 34 milliards de dollars (26 milliards d'euros) pour le marché mondial des semences.

    Article paru dans l'édition du 17.04.09

    Appel à manifester contre les OGM devant le consulat d'Espagne à Bayonne

    Appel à manifester contre les OGM devant le consulat d'Espagne à Bayonne

    En soutien aux "lanceurs d'alerte" favorables à la mise en place d'un moratoire en Espagne, le collectif Alerte OGM Pays Basque réalisera une action de soutien le jeudi 16 avril à 12H00 devant le consulat d'Espagne à Bayonne.

    En 2008 près de 79.300 hectares d'OGM ont été cultivés en Espagne.

    Le collectif Alerte OGM Pays Basque appelle à participer à une action de soutien aux anti-OGM le jeudi 16 avril à 12H00 devant le Consul Général d'Espagne à Bayonne.

    Alors que la France a voté en 2008 un moratoire sur le maïs transgénique MON 810, "l'Espagne est encore à ce jour un des plus grands cultivateurs d'OGM agricoles en plein champ et un terrain d'expérimentation pour des multinationales telle Monsanto," dénonce le collectif dans un communiqué.

    Si la Communauté autonome basque est une zone libre de tout OGM depuis 2005, en Espagne, par contre, plus de 60 variétés de maïs Monsanto MON 810 sont exploités en toute légalité : pour le gouvernement espagnol, le principe de précaution ne devra être appliqué que lorsqu'il sera "réellement" prouvé que le MON 810 est effectivement contraire aux règles sanitaires. Une affirmation jugée aberrante pour Juan Felipe Carrasco, responsable de la campagne OGM de Greenpeace Espagne.

    "Les preuves scientifiques ayant conduit au moratoire en France auraient dû conduire l'Espagne à prendre une mesure similaire," a expliqué M. Carrasco dans un entretien avec eitb.com à l'occasion du procès de douze faucheurs volontaires de maïs OGM début juillet 2008 à Bordeaux.

    "Après l'accord du gouvernement Aznar de libéraliser le maïs OGM en Espagne, le gouvernement de Zapatero, malgré ses promesses il y a cinq ans, n'a pas adopté une autre position malgré les conséquences sanitaires, agricoles et sociales du maïs Monsanto." Aujourd'hui, selon M. Carrasco, "il n'est plus possible de faire des produits bio en Espagne tant la totalité du maïs est suspecté."


    Bilan 2008: 79.300 hectares d'OGM

    "Nous n'avons aucune visibilité de la quantité d'hectares en OGM, puisque les chiffres officiels sont fournis sans vérification par Monsanto lui-même. Tous les exploitants qui souhaitent échapper à cette contamination sont obligés d'importer du maïs français - et de le vérifier -, ce qui pèse considérablement sur leur équilibre économique."

    En 2008 près de 79.300 hectares d'OGM ont été cultivés en Espagne, les régions les plus touchées étant Aragon (33.000 hectares), Catalogne (25.300 hectares) et Navarre (5.200 hectares).

    "Même si la société espagnole est globalement hostile aux OGM, la puissance du lobby agricole, l'arsenal juridique espagnol contre les contrevants anti-OGM, et la volonté catastrophique du gouvernement de Madrid ne permettent pas aujourd'hui d'envisager un futur proche débarrassé de ce risque sanitaire," dénonce M. Carrasco.

    Au vu de cette situation, de nombreux collectifs espagnols appellent à une grande manifestation le 18 avril à Saragosse.

    En soutien à ces "lanceurs d'alerte" favorables au principe de précaution et à la mise en place d'un moratoire, de nombreux collectifs français se mobiliseront cette semaine devant les ambassades et consulats d'Espagne. En Pays Basque nord, le collectif AlerteOGM Pays Basque réalisera une action symbolique de soutien le jeudi 16avril à 12H00 devant le consul général d'Espagne à Bayonne qui permettra aussi de faire un point général d'actualité sur les OGM.

    15/04/2009

    L'Allemagne interdit à son tour le maïs transgénique de Monsanto

    lu sur : http://www.latribune.fr/entreprises/industrie/chimie-pharmacie/20090414trib000366882/lallemagne-interdit-a-son-tour-le-mais-transgenique-de-monsanto.html

    L'Allemagne interdit à son tour le maïs transgénique de Monsanto

    La Tribune.fr - 14/04/2009 à 16:29

    Le gouvernement allemand a annoncé ce mardi qu'il suspendait la culture du maïs génétiquement modifié MON810 de Monsanto, en raison de "deux nouveaux éléments scientifiques". C'est le sixième pays européenn à prendre cette décision.


    L'Allemagne rejoint le camp des réfractaires au maïs génétiquement modifié, interdisant ce mardi la culture du MON810 du géant américain des semences transgéniques Monsanto. "Ce n'est pas une décision politique. Elle a été prise dans l'intérêt de l'environnement (...) nous avons mené une étude rigoureuse pour peser le pour et le contre", a expliqué la ministre de l'Agriculture, Ilse Aigner.

    La ministre a notamment justifié cette décision par "de nouveaux éléments scientifiques", en l'occurrence "deux nouvelles études" qui mettent en évidence des incidences de la culture du MON810 sur des organismes "non cibles", qui n'avaient pas été étudiés jusque-là. L'Allemagne devient ainsi le sixième pays européenn à interdire le maïs OGM, après France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg.

    Seule une décision de la Commission, soutenue par une majorité qualifiée d'Etats de l'Union Européenne, pourrait mettre fin à la décision allemande. Mais les ministres de l'Environnement ont déjà mis leur veto début mars à une proposition de la Commission visant à contraindre l'Autriche et la Hongrie à revenir sur des interdictions semblables.

    Si la décision de l'Allemagne n'aura pas de répercussions financières pour Monsanto (le pays ne cultivant que 3.700 hectares de maïs transgéniques cette année), elle pourrait surtout faire définitivement pencher la balance à Bruxelles, où la Commission tente de contraindre les réticents d'autoriser la culture du MON810.

    L'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) doit remettre dans les prochaines semaines son avis sur la demande de renouvellement de l'autorisation décennale pour le MON 810, le seul OGM autorisé au sein de l'Union. Il y avait été homologué en 1998, pour dix ans.

    04/04/2009

    L'AFSSA et les OGM

    lu sur :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/03/l-agence-francaise-de-securite-sanitaire-des-aliments-recuse-la-conclusion-negative-d-une-etude-sur-un-ogm_1176188_3244.html#ens_id=1176302

    Compte rendu
    L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments récuse la conclusion négative d'une étude sur un OGM
    LE MONDE | 03.04.09 | 15h18 • Mis à jour le 03.04.09 | 18h14

    L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a rendu public, jeudi 2 avril, un avis très critique sur une récente étude toxicologique évaluant les effets biologiques d'un maïs génétiquement modifié (Le Monde du 19 novembre 2008).

    Réalisée par des chercheurs de l'université de Vienne (Autriche) à la demande du ministère autrichien de la santé, celle-ci suggérait une altération des fonctions de reproduction chez les souris nourries avec un maïs pourvu d'un gène insecticide et d'un gène de tolérance au glyphosate (MON810, NK603). Ses résultats - mais non encore dûment publiés - avaient conduit l'Afssa à s'autosaisir.

    Après examen de ces travaux, l'agence française indique dans un communiqué qu'ils présentent "d'importantes faiblesses". Et qu'ils ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis favorable, rendu en septembre 2005 par l'Afssa, sur le même organisme génétiquement modifié (OGM).

    INTERPRÉTATION CONTESTABLE

    Les résultats présentés par les chercheurs autrichiens étaient frappants. L'un des protocoles (dit "Reproduction par élevage continu") mis en oeuvre consistait à former deux groupes de vingt-quatre couples de souris - chaque groupe étant nourri de l'OGM ou de la variété de maïs non modifiée.

    Les couples de chaque groupe ont donné naissance à quatre portées successives. Le nombre total des souriceaux parvenus à maturité était de 1 035 dans le groupe nourri avec le maïs non-OGM et de 844 dans celui nourri avec l'OGM. Différence à première vue considérable - de l'ordre de 17 %.

    Ce chiffre n'est pas remis en cause par les experts de l'Afssa, qui en contestent cependant l'interprétation. En effet, l'un des coefficients utilisés pour analyser les écarts de fertilité entre les groupes est le "nombre moyen de naissances par portée réussie". Or les chercheurs autrichiens ont par mégarde, dans le cas du groupe OGM, confondu ce coefficient avec le "nombre moyen de naissances par couple mis dans l'expérience". "Cette erreur induit une analyse statistique et une interprétation fausses, écrivent les experts de l'Afssa dans leur avis. Cela remet en cause les principales conclusions de l'étude."

    Cette erreur n'est pas le seul grief formulé par les experts français. Les résultats des scientifiques autrichiens n'ont pas, selon eux, tenu compte de certains aléas expérimentaux. Ainsi, dans ce genre d'expérience menée, notent les experts de l'Afssa, "les mâles deviennent agressifs avec l'âge et les femelles sont susceptibles de cannibaliser leurs souriceaux. Ces faits connus ne sont pas documentés".

    En outre, ajoutent-ils, les différences de fécondité relevées pourraient également être le fait de la variabilité génétique des souris utilisées. Ce qui, en plus de la survenue d'"accidents statistiques" non précisément documentés (couples stériles ou échec de la fécondation), exclut selon l'Afssa que l'exposition à l'OGM soit la cause principale et nécessaire de la baisse de fertilité des rongeurs.

    Jürgen Zentek, principal auteur de l'étude, n'était pas joignable, jeudi 2 avril, pour répondre à ces critiques.

    Stéphane Foucart
    Article paru dans l'édition du 04.04.09
    -----------------------
    REMARQUE :
    L'AFSSA exclut " que l'exposition à l'OGM soit la cause principale et nécessaire de la baisse de fertilité des rongeurs."
    À la lecture des remarques de l'AFSSA, la LOGIQUE scientifique permet simplement de dire que l'exposition à l'OGM n'est peut-être pas la seule cause de la baisse de fertilité des rongeurs. Pas de l'exclure.
    Une fois de plus, les experts de l'AFSSA se singularisent. Voir aussi la note du 1/4/2009.
    Et les notes du : 26/3/9 - 16/3/9 - 3/3/9 - 18/12/8 - 18/11/8 - 12/11/8 - 9/11/8 - 13/8/8 - 26/7/8 - 7/6/8 - 23/1/8 - 7/12/7

    16/03/2009

    Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes



    lu sur :
    http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3634
    05-03-2009

    Abeilles et pesticides : la goutte d’eau qui tue

    Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes, d’après ce que démontrent des recherches menées à l’Université de Padoue, en Italie.

    Jusqu’alors l’impact des pesticides sur les abeilles n’avait été évalué que lors des semailles de maïs et par la contamination du pollen et du nectar. Suite à différentes études, l’Allemagne, contrairement à la France, interdisait l’utilisation de l’insecticide Cruiser après une surmortalité des abeilles observée dans le Bad-Württemberg. En France, ce sont le « Gaucho » et le « Régent », des produits d’enrobage des graines de la firme Bayer, qui furent interdits en 2004 pour leur toxicité sur les insectes butineurs. Bien que l’Afssa dans son dernier rapport sur le sujet ne dénonce pas explicitement le rôle des traitements phytosanitaires dans la disparition des abeilles, il semble difficile aujourd’hui de nier leurs effets délétères. Le pire étant que ces effets sont peut être plus larges que ce que l’on pensait. Pour le professeur Vincenzo Girolami, « les gouttes d’eau issues du phénomène de « guttation »(1) de plantes provenant de graines de maïs traitées, tuent les abeilles en l’espace de quelques minutes si celles-ci utilisent leur ligule (la langue trompe des abeilles, NDLR) ». Sa collègue chimiste, Andrea Tapparo, a montré, en analysant les gouttes issues de la « transpiration » des feuilles, qu’elles pouvaient contenir des néonicotinoïdes (substances utilisées dans le traitement des graines) à des concentrations 10 000 fois supérieures à la dose létale pour les abeilles.
    Les gouttelettes qui reposent à la surface des feuilles sont parmi les sources d’eau préférées des abeilles, elles risquent ainsi un empoissonnement direct, et pour les apiculteurs italiens, le problème ne se résoudra pas par la simple amélioration des semoirs ou des techniques de traitement.

    Elisabeth Leciak

    1- En apparence, la guttation ressemble à de la rosée. C'est un phénomène proche de la transpiration que certaines plantes, comme le maïs, mettent en œuvre pour évacuer le surplus de pression racinaire qui peut apparaître au cours de la nuit, notamment dans les sols où le taux d'humidité du sol est important. Il se traduit par une forme de suintement d'eau aux niveaux des stomates (les pores des feuilles), qui se condense pour former des gouttelettes sur les feuilles.

    03/03/2009

    OGM : les grandes compagnies empêchent la recherche scientifique (2)

    VOIR AUSSI LA NOTE du 26/2/2009

    lu sur le site internet du New York Times :

    http://www.nytimes.com/2009/02/20/business/20crop.html?_r=1&scp=1&sq=epa%20Ken%20Ostlie&st=cse

    Crop Scientists Say Biotechnology Seed Companies Are Thwarting Research

    By ANDREW POLLACK
    Published: February 19, 2009

    Biotechnology companies are keeping university scientists from fully researching the effectiveness and environmental impact of the industry’s genetically modified crops, according to an unusual complaint issued by a group of those scientists.

    Ken Ostlie, an entomologist, said Syngenta had withdrawn its permission and a study about corn and rootworms had to stop.

    “No truly independent research can be legally conducted on many critical questions,” the scientists wrote in a statement submitted to the Environmental Protection Agency. The E.P.A. is seeking public comments for scientific meetings it will hold next week on biotech crops.

    The statement will probably give support to critics of biotech crops, like environmental groups, who have long complained that the crops have not been studied thoroughly enough and could have unintended health and environmental consequences.

    The researchers, 26 corn-insect specialists, withheld their names because they feared being cut off from research by the companies. But several of them agreed in interviews to have their names used.

    The problem, the scientists say, is that farmers and other buyers of genetically engineered seeds have to sign an agreement meant to ensure that growers honor company patent rights and environmental regulations. But the agreements also prohibit growing the crops for research purposes.

    So while university scientists can freely buy pesticides or conventional seeds for their research, they cannot do that with genetically engineered seeds. Instead, they must seek permission from the seed companies. And sometimes that permission is denied or the company insists on reviewing any findings before they can be published, they say.

    Such agreements have long been a problem, the scientists said, but they are going public now because frustration has been building.

    “If a company can control the research that appears in the public domain, they can reduce the potential negatives that can come out of any research,” said Ken Ostlie, an entomologist at the University of Minnesota, who was one of the scientists who had signed the statement.

    What is striking is that the scientists issuing the protest, who are mainly from land-grant universities with big agricultural programs, say they are not opposed to the technology. Rather, they say, the industry’s chokehold on research means that they cannot supply some information to farmers about how best to grow the crops. And, they say, the data being provided to government regulators is being “unduly limited.”

    The companies “have the potential to launder the data, the information that is submitted to E.P.A.,” said Elson J. Shields, a professor of entomology at Cornell.

    William S. Niebur, the vice president in charge of crop research for DuPont, which owns the big seed company Pioneer Hi-Bred, defended his company’s policies. He said that because genetically engineered crops were regulated by the government, companies must carefully police how they are grown.

    “We have to protect our relationship with governmental agencies by having very strict control measures on that technology,” he said.

    But he added that he would welcome a chance to talk to the scientists about their concerns.

    Monsanto and Syngenta, two other biotech seed companies, said Thursday that they supported university research. But as did Pioneer, they said their contracts with seed buyers were meant to protect their intellectual property and meet their regulatory obligations.

    But an E.P.A. spokesman, Dale Kemery, said Thursday that the government required only management of the crops’ insect resistance and that any other contractual restrictions were put in place by the companies.

    The growers’ agreement from Syngenta not only prohibits research in general but specifically says a seed buyer cannot compare Syngenta’s product with any rival crop.

    Dr. Ostlie, at the University of Minnesota, said he had permission from three companies in 2007 to compare how well their insect-resistant corn varieties fared against the rootworms found in his state. But in 2008, Syngenta, one of the three companies, withdrew its permission and the study had to stop.

    “The company just decided it was not in its best interest to let it continue,” Dr. Ostlie said.

    Mark A. Boetel, associate professor of entomology at North Dakota State University, said that before genetically engineered sugar beet seeds were sold to farmers for the first time last year, he wanted to test how the crop would react to an insecticide treatment. But the university could not come to an agreement with the companies responsible, Monsanto and Syngenta, over publishing and intellectual property rights.

    Chris DiFonzo, an entomologist at Michigan State University, said that when she conducted surveys of insects, she avoided fields with transgenic crops because her presence would put the farmer in violation of the grower’s agreement.

    An E.P.A. scientific advisory panel plans to hold two meetings next week. One will consider a request from Pioneer Hi-Bred for a new method that would reduce how much of a farmer’s field must be set aside as a refuge aimed at preventing insects from becoming resistant to its insect-resistant corn.

    The other meeting will look more broadly at insect-resistant biotech crops.

    Christian Krupke, an assistant professor at Purdue, said that because outside scientists could not study Pioneer’s strategy, “I don’t think the potential drawbacks have been critically evaluated by as many people as they should have been.”

    Dr. Krupke is chairman of the committee that drafted the statement, but he would not say whether he had signed it.

    Dr. Niebur of Pioneer said the company had collaborated in preparing its data with universities in Illinois, Iowa and Nebraska, the states most affected by the particular pest.

    Dr. Shields of Cornell said financing for agricultural research had gradually shifted from the public sector to the private sector. That makes many scientists at universities dependent on financing or technical cooperation from the big seed companies.

    “People are afraid of being blacklisted,” he said. “If your sole job is to work on corn insects and you need the latest corn varieties and the companies decide not to give it to you, you can’t do your job.”

    18/02/2009

    En Belgique, des traces d'OGM dans des assiettes bio

    lu sur lemonde.fr :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/17/en-belgique-des-traces-d-ogm-dans-des-assiettes-bio_1156497_3244.html#ens_id=1154122

    En Belgique, des traces d'OGM dans des assiettes bio
    LE MONDE | 17.02.09 | 15h23 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h23
    BRUXELLES, CORRESPONDANT

    L'organisation belge de défense des consommateurs Test-Achats a détecté des traces d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans 22 des 113 produits alimentaires qu'elle a testés récemment, dans le cadre d'une vaste enquête sur la qualité de l'alimentation. Certains de ces produits étaient pourtant porteurs du label bio. En 2003, une enquête semblable n'avait détecté aucun OGM.

    Test-Achats indique que 12 produits testés, contenant du maïs et du soja, présentaient des traces d'OGM, mais inférieures à la limite européenne autorisée, soit 0,9 %, pouvant résulter d'une contamination "accidentelle". Si elle n'atteint pas ce seuil, la présence d'OGM n'a pas à être mentionnée, sauf volonté particulière.

    Sept autres produits contenaient des traces d'OGM non autorisés par l'Union européenne. Leur quantité, minime, ne pose pas de problème, mais leur nature oui, puisqu'ils ne sont pas en conformité avec la réglementation communautaire, souligne l'organisation.

    Autres découvertes de Test-Achats : deux produits bio porteurs d'OGM autorisés et un produit non bio contenant plus de 0,9 %, non mentionnés sur l'étiquette. Plus généralement, insiste l'organisation, des produits présentés comme "sans OGM" n'offrent en réalité aucune garantie fondamentale quant à une contamination involontaire.

    Partisan d'une ligne "dure", Test-Achats déplore les changements intervenus au 1er janvier 2009 dans la législation européenne. Celle-ci prévoit qu'une présence "imprévisible ou techniquement inévitable" d'OGM dans l'alimentation bio ne doit plus figurer sur l'étiquette dès l'instant où le seuil de 0,9 % n'est pas atteint. Et cela, souligne Test-Achats, alors que les cahiers des charges européens pour ce secteur agricole interdisent toute présence d'OGM.

    Au passage, l'organisation souligne qu'elle a relevé des résidus de pesticides dans 4 des 17 bouteilles de vin "bio" qu'elle a analysées. Ce qui pose, selon Test-Achats, la question du fonctionnement des organismes de certification.

    "INTRANSIGEANCE"

    Au total, estiment les auteurs de l'enquête, les "produits OGM ne resteront plus longtemps une rareté" sur le marché belge, alors que la Wallonie a adopté une législation très sévère. En juin 2008, cette région a prôné une agriculture "de qualité, biologique et traditionnelle", quelles que soient les règles nationales ou européennes, le gouvernement régional s'en prenant à "l'ultra-libéralisme" de la Commission de Bruxelles et à son "intransigeance" face aux pays qui se déclarent adversaires des OGM.

    L'arsenal répressif dont s'est dotée la Wallonie prévoit de lourdes amendes, la possibilité d'arrachage et la création de zones sans OGM, pour éviter toute dissémination. Ainsi qu'un fonds de compensation financé exclusivement par les candidats à la production d'OGM couvrant les pertes liées au mélange accidentel de cultures.

    Jean-Pierre Stroobants
    Article paru dans l'édition du 18.02.09

    15/02/2009

    La Belgique dit ''oui'' aux peupliers transgéniques

    lu sur univers-nature.com :

    http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3601

    14-02-2009

    La Belgique dit ''oui'' aux peupliers transgéniques

    Depuis quelques années, sous la pression des industriels et des agriculteurs, des recherches sont menées pour améliorer certaines caractéristiques d'essence forestières ou fruitières. Ainsi, à titre d'exemple, de nombreux tests sont entrepris pour parvenir à diminuer le taux de lignine (1) de certains arbres. Pour cela, les arbres sont modifiés génétiquement, sachant que les espèces privilégiées sont le peuplier et le bouleau, avec des essais actuellement en cours en France, en Grande-Bretagne et en Finlande, notamment. Ailleurs, en Chine, en Espagne, au Brésil, etc. d'autres essences font l'objet de divers essais visant, par exemple, à augmenter la vitesse de croissance, la résistance aux insectes ravageurs, ou encore la production de fruits. A ces pays, on devrait bientôt pouvoir de nouveau ajouter la Belgique avec un projet d'essai en plein champ de peupliers OGM, manipulés aux fins de produire un biocarburant de deuxième génération.

    Si en mai 2008, l'autorisation de cet essai avait été bloquée au motif que le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB), l'organisme demandeur, n'avait prévu aucun protocole d'évaluation spécifique des risques environnementaux liés au test, le Conseil d'Etat a débouté les ministres tenants de cette interdiction, en décembre dernier. C'est ainsi qu'hier, le ministre du climat et de l'énergie, Paul Magnette, et son homologue des affaires sociales et de la santé, Laurette Onkelinx, ont reconsidéré leur opposition première. Notons toutefois que ce revirement a été facilité par l'acceptation, par le VIB, de se conformer, entre autres, au suivi d'un "protocole renforcé d'évaluation environnementale de la faune et de la flore (insectes et sols)".
    Néanmoins, la mise en place de ce qui est considéré politiquement comme un "strict encadrement de l'essai" ne répond pas aux risques de contamination et, plus particulièrement, de la dissémination d'un gène marqueur de résistance aux antibiotiques, dont on se demande bien l'intérêt pour la production d'agrocarburants.

    Pascal Farcy

    1- Le bois est principalement composé de cellulose (65 à 80%) et de lignine. La cellulose, à l'origine des fibres du bois, offre une résistance mécanique exceptionnelle en traction et en compression, mais, à l'inverse, ses performances transversales sont quasiment nulles. La cohésion transversale du bois est assurée par la lignine, laquelle imprègne la cellulose pour augmenter sa durabilité (y compris aux insectes et autres champignons) et sa résistance. En conséquence, les papetiers recherchent des bois pauvres en lignine, tandis que les secteurs du bâtiment, de l'ameublement et de l'énergie privilégient les bois qui en comptent le plus.

    14/02/2009

    OGM : L’AFSSA hors sujet et instrumentalisée

    lu sur :

    http://blog.greenpeace.fr/ogm/lafssa-hors-sujet-et-instrumentalisee

    OGM - le 12 février 2009
    L’AFSSA hors sujet et instrumentalisée

    Paris, le 12 février 2008. Révélé en catimini par voie de presse jeudi matin, l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est maintenant public : il estime que le maïs MON 810 ne présente pas de danger pour la santé humaine. L’importance de cet avis d’une agence publique historiquement pro-OGM ne doit pas être surestimée… Quelques jours avant une réunion d’importance à Bruxelles, il est néanmoins symbolique du retour en force des lobbies pro-ogm et de l’urgence de se remobiliser dès maintenant pour le droit et la liberté de consommer et produire sans OGM.

    Méthodes méprisables
    « On peut légitimement s’étonner de la fuite organisée d’un rapport soi-disant secret, quelques jours avant que le sort de la clause de sauvegarde française soit discuté à Bruxelles, observe Arnaud Apoteker de Greenpeace France. Cette fuite est un coup bas des lobbies biotechnologiques visant à affaiblir M.Borloo, mais aussi à inciter les autres Etats Membres de l’UE à voter contre les moratoires nationaux. On ne peut que mépriser de telles pratiques et encourager le ministère français à défendre au nom du peuple français son opposition à des cultures potentiellement dangereuses et mal évaluées devant les institutions européennes. »

    L’avis de l’AFSSA ne répond en rien aux préoccupations qui ont justifié la clause de sauvegarde française, prise en vertu de principes écologiques et non de principes sanitaires de court terme. En annonçant jeudi en milieu de journée que la France ne remettait pas en cause la suspension des cultures de maïs OGM, le gouvernement français s’est donc engagé dans la seule voie possible. Celle du bon sens. Greenpeace appelle maintenant le gouvernement à faire preuve du même discernement et de la même conviction les 16 février et 2 mars lors des réunions à Bruxelles qui doivent se prononcer sur les clauses grecque, française, hongroise et autrichienne.

    Des doutes sérieux
    Rappelons que la clause de sauvegarde française est principalement basée sur des considérations écologiques. En voici certaines :
    - « Le risque de pollinisation croisée ne peut être négligé »
    - « La protéine Bt produite naturellement par le bacille et celle produite par le maïs MON810 n’ont pas les mêmes séquences primaires »

    Néanmoins, des risques sur la santé ont aussi été évoqués :
    - « A ce jour, aucun travail scientifique ne permet d’affirmer l’innocuité pour la santé de ces plantes transgéniques »

    Il est vrai qu’en l’état actuel des connaissances, les risques à long terme de ces derniers sur l’environnement et la santé ne sont pas connus. La suspension des cultures d’OGM doit donc être maintenue au nom du principe de précaution et du droit des consommateurs et des agriculteurs à consommer et produire sans OGM.

    Le mépris de la prévention
    L’AFSSA ne s’est jamais intéressé aux effets sanitaires à long terme des OGM. L’avis de l’AFSSA doit donc être ramené à sa juste valeur, celle d’une agence sanitaire qui s’intéresse au court terme et néglige son rôle de prévention. A ce titre, non seulement il n’affaiblit en rien la position de la France et celle des autres pays ayant activé une clause de sauvegarde, mais il justifie la demande unanime des Etats Membres de réformer les méthodes d’évaluation.

    Donnez votre avis sur le dernier rapport de l’AFSSA, en participant aux sondages en ligne sur les sites du monde.fr (*) et du figaro.fr (**)

    (*) http://www.lemonde.fr/a-la-une/sondage/2009/02/12/d-apres-l-agence-francaise-de-sante-et-de-securite-sanitaire-afssa-rien-ne-prouve-que-l-utilisation-de-mais-ogm-presente-des-dangers-pour-la-sante-dans-ces-cond_1154520_3208.html

    (**) http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/02/12/01008-20090212QCMWWW00629-la-france-doit-elle-autoriser-la-culture-du-mais-transgenique-.php