Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/02/2009

L'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-1151687,0.html

Compte rendu
L'Europe veut mieux encadrer la pêche des espèces de requins menacées
LE MONDE | 06.02.09 | 15h47 • Mis à jour le 06.02.09 | 15h47
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

La Commission européenne a présenté, jeudi 5 février, à Bruxelles, son premier plan d'action en faveur des requins. Une initiative rendue nécessaire par la destruction d'espèces qui jouent un rôle essentiel au sein des écosystèmes marins. "Aujourd'hui, l'homme représente une menace bien plus grande pour le requin que le requin pour l'homme", souligne Joe Borg, commissaire chargé des affaires maritimes et de la pêche.

La surexploitation des stocks a des conséquences directes : un tiers des espèces de requins est aujourd'hui menacé d'extinction. Les captures de requins et d'espèces apparentées - raies, pocheteaux, chimères... - sont en forte augmentation depuis vingt ans et atteignent 800 000 tonnes par an au niveau mondial. La flotte de l'Union européenne en pêche 100 000 tonnes par an, principalement en mer du Nord, dans l'Atlantique nord-est et dans les eaux norvégiennes. Les navires communautaires opèrent toutefois dans d'autres zones : Atlantique centre, océan Indien ou Pacifique.

Le requin est une denrée très prisée dans divers Etats membres, dont la France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les ailerons sont surtout exportés vers les marchés asiatiques. Le Royaume-Uni s'est spécialisé dans la capture en eaux profondes d'espèces qui fournissent l'huile de foie, dont est tiré le squalène, une substance utilisée en cosmétique. Le cartilage intervient dans la composition de spécialités médicales, la peau est utilisée en maroquinerie.

Au total, l'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations. Les défenseurs de l'environnement dénoncent depuis longtemps le laxisme de la réglementation européenne, alors que les Etats membres ont, dans le cadre des Nations unies, adopté il y a dix ans déjà un plan d'action qu'ils étaient censés traduire en actes.

UN REGISTRE DES CAPTURES

Jusqu'à présent, les pêcheries visées par la législation européenne sont soit totalement déréglementées, soit gérées avec des quotas jugés très excessifs par les scientifiques. Quant au finning, la pratique qui consiste à couper les nageoires et à rejeter en mer le reste de l'animal, elle est en principe interdite... mais l'application du texte n'est que peu contrôlée.

Le plan d'action de Bruxelles cherche à pallier cette carence en développant la surveillance des bateaux battant pavillon européen, qu'ils pêchent en Europe ou ailleurs. Il vise également à limiter ou carrément interdire les activités dans les zones jugées sensibles pour les stocks menacés et à fixer des limites de capture. Il obligera aussi à la remise à l'eau des requins capturés en tant que "prises accessoires". Les espèces particulièrement vulnérables, dans certaines zones, bénéficieront de mesures spécifiques de protection. Les eaux peu profondes de l'Atlantique nord-est, jugées "hautement prioritaires", devraient notamment faire l'objet d'un programme pilote d'observation.

Globalement favorables au plan de la Commission, les associations de défense de l'environnement manifestent toutefois quelques réserves. Elles craignent, comme le Fonds mondial pour la nature (WWF), une mise en oeuvre trop tardive du plan, qui doit encore passer devant le Parlement et le Conseil européens.

D'autres associations exigent un registre obligatoire des captures, alors que Shark Alliance, une coalition de soixante organisations, réclame l'interdiction de tout prélèvement de nageoires en mer.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 07.02.09

07/11/2008

Agriculture et Biodiversité

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/xavier-le-roux-les-pays-du-nord-vont-devoir-reconcilier-agriculture-et-biodiversite_1115619_3244.html

Xavier Le Roux, écologue, directeur de recherche à l'INRA
"Les pays du Nord vont devoir réconcilier agriculture et biodiversité"
LE MONDE | 06.11.08 | 14h52 • Mis à jour le 06.11.08 | 14h52

- Directeur de la Fondation française pour la recherche sur la biodiversité, vous revenez de la conférence internationale "Biodiversité et agriculture" (Montpellier, 4 et 5 novembre). Quel en était l'enjeu ?

Pour gérer durablement les écosystèmes, les pays du Nord vont devoir profondément modifier leurs pratiques en matière de cultures et réconcilier agriculture et biodiversité. Pourront-ils, peu à peu, introduire une meilleure utilisation de la biodiversité ? Ou leur faudra-t-il opérer une rupture plus radicale par rapport aux fondements actuels de l'agriculture intensive ? Telle est la question principale.

- L'expertise collective "Agriculture et biodiversité", que vous avez pilotée cette année sous l'égide de l'INRA, apporte-t-elle un début de réponse ?

Qu'il s'agisse des impacts de l'agriculture sur la biodiversité, des services que celle-ci peut rendre dans les processus de la production agricole, ou encore des outils nécessaires à la mise en oeuvre des mutations à venir, cette expertise dresse avant tout un bilan des connaissances actuelles sur les liens qui unissent ces deux champs du vivant.
Parmi les facteurs clés responsables de la réduction de la biodiversité, elle souligne notamment le rôle crucial joué par l'homogénéisation des paysages. La disparition des espaces semi-naturels, des haies, des mares, a eu un impact aussi négatif que l'emploi intensif d'intrants chimiques ! Pour améliorer la situation, il sera impératif, entre autres mesures, d'accroître la complexité des paysages.

- Des synergies sont-elles possibles avec les pays du Sud ?

Globalement, et malgré le développement des plantations intensives, l'activité agricole menée sous les tropiques respecte mieux la biodiversité que celle de notre hémisphère : elle fait moins appel aux pesticides et continue de pratiquer le mélange d'espèces cultivées. Nous avons donc tout intérêt à nous pencher sur le travail des agronomes dans cette région du monde.
Par ailleurs, il faut se souvenir que derrière un système de production choisi par le Nord - tel l'emploi, pour nourrir le bétail, de tourteaux de soja - peut se cacher un effet négatif pour la biodiversité dans le Sud. Comme bien d'autres activités, l'agriculture est aujourd'hui mondialisée. Pour la conjuguer au mieux avec la gestion de la biodiversité, il faut lui accorder une vision planétaire.

Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 07.11.08