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08/10/2008

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/03/cancers-les-liens-avec-la-pollution-mieux-cernes_1102545_0.html

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés
LE MONDE | 03.10.08 | 09h36 • Mis à jour le 03.10.08 | 09h40

Quelle est la contribution des facteurs environnementaux à l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers ? Nouvelle pièce à ce dossier controversé, une expertise collective, réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche en médecine (Inserm) à la demande de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a été rendue publique jeudi 2 octobre.

Cette revue très complète de la littérature scientifique mondiale recense les cancers liés aux principaux agents cancérogènes, avérés ou suspectés, présents dans l'environnement. Entre 1980 et 2005, compte tenu des évolutions démographiques, l'incidence des cancers s'est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. Ont-ils augmenté du fait d'un dépistage plus répandu ? "L'évolution de la démographie et des pratiques médicales n'explique pas à elle seule l'augmentation constatée", répond l'expertise.

Un récent rapport de l'Académie de médecine insistait sur le rôle des comportements individuels. Mais il s'en tenait aux cancérogènes avérés, au risque de sous-évaluer la responsabilité de l'environnement. Les experts réunis par l'Inserm ont pris en compte les facteurs de risque environnementaux des cancers "dont l'exposition est subie et non générée par des comportements individuels", ce qui leur a fait, par exemple, inclure le tabagisme passif et exclure le tabagisme actif.

Même s'ils se sont heurtés "dans bon nombre de cas" à l'absence ou à l'insuffisance de "données permettant de quantifier les expositions et de préciser les co-expositions", ils citent plusieurs études montrant une association entre les particules atmosphériques provenant du trafic automobile, du chauffage et des activités industrielles, et le cancer du poumon.

Des travaux estiment qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 [particules fines] étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm3)".

A Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg, 10 % des cancers du poumon sont attribuables à l'exposition aux PM2,5. Or l'Europe s'est dotée d'une norme sur les PM2,5 visant 25µg/mm3 en 2010, qui ne sera contraignante qu'en 2015…

Les radiations ionisantes (rayons X et gamma) peuvent provoquer de nombreux types de cancer : poumon, thyroïde, sein, cerveau, plèvre, leucémies… Les examens radiologiques répétés augmentent le risque de cancer du sein et, peut-être, celui d'autres cancers, précise l'expertise. Le nombre de ces examens s'accroît de 5 à 8 % par an en France.

La France est l'un des plus gros utilisateurs mondiaux de pesticides. Les experts reconnaissent qu'avec près d'un millier de molécules mises sur le marché en France, "les risques liés à la totalité de ces molécules ne peuvent être évalués de façon satisfaisante". Mais l'exposition aux insecticides domestiques dans l'enfance ou via la mère au cours d'une grossesse "a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales".

"Nous allons travailler à partir de l'expertise de l'Inserm afin de produire un avis, et des recommandations répondront aux besoins de connaissance des décideurs et d'information du public", affirme Henri Poinsignon, directeur général par intérim de l'Afsset.

Paul Benkimoun

04/10/2008

Cancers et environnement

lu sur le site de l'INSERM :

http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/ec_cancer_environnement_21008.html

Paris, le 2 octobre 2008
Dossier de presse
Cancers et environnement
Une expertise collective de l’Inserm

En 2005, le nombre de nouveaux cas de cancers en France a été estimé à près de 320 000 pour les deux sexes confondus, 180 000 chez les hommes et 140 000 chez les femmes. On constate une augmentation de l’incidence des cancers depuis une vingtaine d’années. Si l’on tient compte des changements démographiques (augmentation et vieillissement de la population française), l’augmentation du taux d’incidence depuis 1980 est estimée à +35 % chez l’homme et +43 % chez la femme1. Il n’est pas possible actuellement de chiffrer avec précision la part due à l’évolution des pratiques de soins dans cette augmentation.
Les modifications de l’environnement pourraient être partiellement responsables de l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers. Cette hypothèse doit faire l’objet d’un effort de recherche constant, portant à la fois sur la mesure de l’exposition des populations à des cancérogènes avérés ou probables, et sur l’existence et la nature du lien causal. L’Afsset a chargé l’Inserm d’établir un bilan des connaissances sur les liens entre l’environnement et neuf cancers qui ont été sélectionnés lors d’une expertise précédente2 en raison de l’augmentation de leur incidence au cours des 25 dernières années : les cancers du poumon, les mésothéliomes, les hémopathies malignes, les tumeurs cérébrales, les cancers du sein, de l’ovaire, du testicule, de la prostate et de la thyroïde. Pour réaliser cette nouvelle expertise, l’Inserm a réuni deux groupes de chercheurs ayant des compétences dans les domaines de l’épidémiologie, de la toxicologie, de la clinique, de la médecine du travail et de la quantification des risques. Ces experts ont analysé les données de la littérature internationale sur les neuf cancers et considéré comme facteurs environnementaux les agents physiques, chimiques ou biologiques présents dans l’atmosphère, l’eau, les sols ou l’alimentation dont l’exposition est subie et non générée par des comportements individuels. Ainsi, le tabagisme passif est abordé dans cette expertise alors que le tabagisme actif ne l’est pas. L'investigation prend en compte les facteurs de l’environnement général et ceux présents dans l’environnement professionnel.
L’impact d’un facteur environnemental sur le risque de cancer dépend à la fois de son lien avec ce cancer et de la prévalence d’exposition à ce facteur dans la population. Ainsi, un facteur environnemental conférant une augmentation même faible ou modérée du risque de cancer aura un
impact élevé si ce facteur est très répandu dans la population générale. À l’inverse, un facteur cancérogène même puissant aura un impact faible si très peu de personnes y sont exposées. L’évaluation de l’impact des facteurs environnementaux reste limitée dans bon nombre de cas, en raison d’une absence ou d’une insuffisance de données permettant de quantifier les expositions sur l’ensemble de la vie des populations exposées et de préciser les co-expositions. L’évaluation des effets des expositions chroniques à de faibles doses doit encore progresser. C’est une problématique importante en termes de santé publique car cela concerne une large part de la population.

... lire la suite sur le site de l'INSERM. Le dossier complet peut être téléchargé en format pdf.