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07/05/2009

Les normes comptables et la valeur des banques

lu sur : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-29-normes-comptables

 

mercredi 29 avril 2009

Les banques veulent changer le thermomètre

 

Changer les graduations du thermomètre pour minimiser l’impact dévastateur de la crise financière sur les comptes… C’est la stratégie déployée par l’industrie bancaire aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Depuis qu’a éclaté la crise des subprimes, un lobbying intensif a en effet été mené des deux côtés de l’Atlantique pour modifier les normes comptables. Dans la ligne de mire des agents d’influence, la manière dont sont évalués certains actifs au moment de l’élaboration des comptes. En Europe comme aux Etats-Unis, les banques doivent en effet valoriser leurs actifs à la valeur de marché, c’est-à-dire qu’elles doivent leur attribuer une valeur comme si elles s’apprêtaient à les vendre. Cette disposition, qui est entrée en vigueur au début des années 2000 au nom de la transparence des comptes, a ses avantages quand le marché est haussier ou qu’il connaît la formation d’une bulle. A l’inverse, la baisse des indices a un impact négatif puisque la valeur des actifs est entraînée à la baisse. Pour les banques, cette situation est d’autant plus inconfortable qu’elles sont aussi soumises à des ratios prudentiels qui les obligent à disposer d’une certaine réserve de fonds propres par rapport aux emprunts qu’elles ont accordés. Quand le prix des actifs baisse, voire qu’il est égal à zéro, cela amplifie les pertes des établissements bancaires.

 

Aux Etats-Unis, ces derniers viennent donc d’obtenir un sérieux coup de pouce avec la modification d’une norme comptable établie par le Financial Accounting Standard Board (FASB), l’organisme américain en charge de l’établissement du référentiel comptable. Approuvée par le Congrès début avril 2009, la norme FAS 157-e (1) permet aux banques, dans certains cas, par exemple lors d’une crise boursière, de ne pas valoriser leurs actifs selon leur valeur de marché. En clair, les actifs « pourris » que détient l’industrie bancaire américaine pourront ne pas être imputés au tableau des pertes, ce qui devrait permettre aux établissements concernés d’afficher des résultats moins catastrophiques qu’au cours des dix-huit derniers mois. Au premier trimestre 2009, ces résultats ont d’ailleurs déjà surpris la grande majorité des observateurs puisque les principales banques américaines ont annoncé un retour aux bénéfices et que certaines d’entre elles, à l’image de Goldman Sachs, envisagent même de rembourser le Trésor américain afin d’échapper à sa tutelle, en matière notamment de paiements de dividendes et de bonus.

 

Pour autant, ces résultats en hausse sont plus dus aux aides et financements de l’Etat américain qu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle norme FAS 157-e. Si certaines banques l’ont intégrée pour l’élaboration de leurs comptes trimestriels, d’autres établissements ne l’appliqueront que pour l’actuel trimestre, ce qui promet une nouvelle salve de résultats en hausse en juillet prochain. Parmi les autres facteurs qui ont contribué aux bons comptes des banques américaines, il faut aussi relever la hausse des marges bancaires. Elles sont à un niveau historiquement élevé, en raison de la faiblesse des taux de la Réserve fédérale et de la reprise des émissions obligataires des entreprises, cela sans oublier le fait que les banques américaines ont diminué la masse salariale globale de leur secteur, avec la destruction de près de 300 000 emplois depuis la mi-2008.

 

On s’en doute, la démarche américaine donne des idées aux banques européennes. Tribunes, appels, colloques et interviews de grands patrons martèlent l’idée d’une révision comparable des normes comptables. Même les politiques s’en mêlent, comme en témoignent les déclarations de responsables européens en marge du G20. L’International standard accounting board (ISAB), le pendant continental du FASB, est ainsi sommé de modifier au plus vite la norme de la valorisation au prix de marché. Pour l’heure, ses membres résistent au nom de la « règle de la permanence » en matière de comptabilité, mais ont tout de même dû concéder l’ouverture de discussions sur ce thème avec le FASB, avec pour objectif à moyen terme une « harmonisation » des normes comptables. En clair, la remise en cause en Europe de la valorisation des actifs selon le prix de marché n’est plus qu’une affaire de temps.

Akram Belkaïd

 

(1) La FAS 157-e permet aux banques d’inclure dans leur bilan un prix pour leurs actifs (*) qui n’est pas forcément celui du marché.

(*voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Actif_financier )

18/03/2009

Bouclier fiscal : les 756 foyers fiscaux les plus riches se sont partagés 288 millions d'euros, soit plus de 30 années de Smic par ménage en UNE SEULE année !



à lire sur mediapart :

Bouclier fiscal: tout pour les riches

Par Martine Orange

Un an après sa mise en application, le bouclier fiscal adopté dans le cadre de la loi Tepa se révèle injuste, inefficace et couteux. Mediapart donne les chiffres. Ils sont édifiants. En 2008, la charge du bouclier fiscal a doublé pour l'Etat: il a dû reverser 458 millions d'euros aux bénéficiaires. Les 756 foyers fiscaux les plus riches (5,4% des bénéficiaires du bouclier fiscal) se sont partagés 288 millions d'euros, soit 63% des sommes reversées par l'Etat. Ce qui représente de 381.782 euros par ménage, plus de 30 années de Smic. A l'inverse, 59% des ménages les plus pauvres qui ont bénéficié du bouclier fiscal se sont partagés moins de 4,8 millions, soit 1% du total. Pire, les reversements de l'Etat qui leur ont été destinés ont été divisés par deux entre 2007 et 2008. Malgré les multiples pressions pour modifier ce dispositif , Nicolas sarkozy refuse de changer "cette mesure de justice".
(la suite sur mediapart !)

04/03/2009

La politique du renard libre dans un poulailler libre : POUR RÉGLER LA CRISE, l’Union européenne s’en remet aux banquiers.

lu sur : http://www.france.attac.org/spip.php?article9627

G20 - rapport Larosière
article publié le 4/03/2009
auteur-e(s) : Attac France

La politique du renard libre dans un poulailler libre :
POUR RÉGLER LA CRISE, l’Union européenne s’en remet aux banquiers.

Il pourrait sembler évident que les décideurs européens ne demandent pas aux responsables de la crise actuelle les solutions pour en sortir : c’est pourtant ce qu’il font.

Un groupe de "sages" a été nommé par la Commission pour lui donner son avis sur les solutions à mettre en œuvre face à la crise, ce qu’il a fait le 25 février dernier. On trouve dans ce rapport le florilège des mesures néolibérales qui démontrent chaque jour leur incurie. Il s’agit d’une réforme graduelle de la supervision financière au sein de l’Union européenne : entre autres, la mise en place d’un conseil européen du risque systémique dirigé par la Banque centrale européenne (on ne change pas une équipe qui perd), avec la mise en place d’un système "effectif" du risque ; créer un système européen de superviseurs financiers, ainsi que quelques mesures de réformes des institutions. Ces mesures ne sont pas seulement insuffisantes, elles démontrent qu’aucune leçon n’a été tirée par le milieu bancaire de la crise. Comment s’en étonner ?

Présidé par Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et ancien directeur général du Fonds monétaire international, ce comité de "sages" comprend, sur huit membres, quatre qui sont directement impliqués dans la crise financière par leurs fonctions dans les groupes bancaires : Rainer Masera (Lehman Brothers), Otmar Issing (Goldman Sachs), Jacques de Larosière (BNP Paribas) et Onno Ruding (CitiGroup). Le cinquième, Callum McCarthy, a présidé l’Autorité des services financiers britannique, dont le laxisme dans le contrôle des milieux financiers est notoire. Le sixième, Leszek Balcerowicz est surtout connu pour s’opposer à toute régulation.

Demander leur avis à certains de ceux qui sont responsables de la crise est symptomatique de cette volonté politique de ne pas y porter remède réellement : non seulement, cet épisode montre que l’Union européenne fonctionne d’une manière opaque et antidémocratique, mais encore que le système ne compte pas se réformer seul et ne le fera pas spontanément. À l’heure de l’aggravation constante de la crise, de la succession de "plans de sauvetage" toujours plus colossaux les uns que les autres et visiblement toujours aussi inefficaces, Attac rappelle que la crise que nous traversons est systémique, qu’elle est en même temps sociale, environnementale, alimentaire et pas seulement financière, et que seules des mesures radicales pourront permettre d’en sortir.

Attac France produira, avant le prochain G20, deux rapports sur les paradis fiscaux et les taxes globales.

Attac France,
Montreuil, le 4 mars 2009

20/01/2009

MADOFF ce HÉROS méconnu !

MADOFF Escroc ou Héros ?

Madoff aurait “perdu” des milliards de dollards. 50 milliards, de son propre aveu (voir : “Mystères Madoff “ http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-1143139,0.html )

Mais que sont devenus ces milliards ? Se sont-ils évanouis d’un coup de baguette magique ?

Réfléchissons un peu à ce qu’est le “système pyramidal” qui a permis ce merveilleux tour de magie, existant depuis 15 ans au moins et qui "faisait" du 11 % en moyenne (voir l’article cité).

Madoff se voyait confier de l’argent car il promettait des intérêts nettement plus élevés que ce qui pouvait être obtenu ailleurs. Et c’était vrai : il versait régulièrement ces intérêts, d‘où l’engouement pour le fonds Bernard Madoff Investment Securities (BMIS) auquel tout le monde voulait souscrire.

En réalité, les intérêts versés n’étaient pas des intérêts mais simplement une partie du capital confié au fonds. Donc le capital diminuait et devait être approvisionné sans arrêt par l’apport de nouveaux entrants.

Faisons un petit arrêt sur ce point intéressant : le capital diminuait.

En fait, le capital n’était pas perdu, il ne disparaissait pas.
Il était rendu aux “investisseurs”, qui pensaient toucher des “intérêts” alors qu’ils recevaient leur propre capital ou celui d’autres “investisseurs”.

À quoi celà aboutissait-il ? À un comportement différent de ces “investisseurs” vis-à-vis de leur PROPRE ARGENT. Ils l’utilisaient en pensant que c’était des revenus alors que c’était leur propre capital. On peut penser qu’ils le dépensaient (au moins en partie) pour se faire plaisir, sans contrainte, en tout cas PAS comme s’ils avaient su qu’il s’agissait de leur CAPITAL.

En d’autres termes, on peut considérer qu’ils REDISTRIBUAIENT LEUR CAPITAL en faisant marcher l’ÉCONOMIE de CONSOMMATION AU LIEU DE THÉSAURISER.
Ce qui est un comportement économiquement vertueux, car il redistribue la richesse. Tous les économistes adeptes de la CONSOMMATION vous le diront.

CONCLUSION : le système pyramidal utilisé par Madoff n’est pas répréhensible mais hautement MORAL sur le plan de l’économie.

Nous avons besoin de beaucoup de MADOFFs pour redistribuer l’argent des riches !
Je propose qu’une pétition soit lancée pour le soutenir dans ses déboires judiciaires, voire même lui obtenir la LÉGION D’HONNEUR.
Écrivez à notre Président ! Qu’il fasse preuve de bon sens politique et social et intervienne auprès d’Obama !

Créons un fonds de soutien : envoyez-moi vos DONS !
(j’en ferai bon usage !)

01/11/2008

Michel Rocard : "La crise actuelle est née en 1971"

Beaucoup d'opinions sur la crise a posteriori. Pourquoi pas avant ?

lu sur lemonde.fr :

Michel Rocard, ancien premier ministre
Michel Rocard : "La crise actuelle est née en 1971"
LE TEMPS.CH | 22.10.08 | 17h41

Au-delà des crédits immobiliers subprimes, on a le sentiment que la crise financière remonte à plus loin... Quelle est votre explication ?

Il y a un consensus presque absolu sur les causes techniques de la crise actuelle. Les banques américaines ont caché les crédits immobiliers douteux dans des packages contenant 15 à 20 % d'actifs douteux, camouflés dans des avoirs sains, qu'on a ensuite vendus comme des actifs financiers uniques. Aujourd'hui, aucune banque n'est en état de mesurer son degré d'incertitude, et encore moins celui du voisin.

Pourquoi ça s'est passé comme ça ?

Je suis convaincu qu'il faut remonter au décrochage du dollar et de l'or en 1971. Il a entraîné un manque de repères fixes qui a poussé le monde financier à inventer de plus en plus de mécanismes pour se prémunir contre les aléas de change. Ils sont regroupés sous le nom de produits dérivés. Petit à petit, le taux d'incertitude de ces produits est devenu trop grand et on a eu un effet de bulle...

Pardon, vous suggérez de revenir à l'étalon or ?

On ne peut pas ! Malheureusement, c'est le passé. On ne sortira pas des difficultés actuelles sans trouver quelque chose de nouveau. De 1945 à 1975, dans tous les Etats développés, le capitalisme avait une croissance de 5 % par an, il ne connaissait jamais de crise financière et tout le monde était en plein emploi. Nous sommes maintenant dans un capitalisme qui s'essouffle pour atteindre la moitié de cette croissance, sans y parvenir, qui connaît une crise financière gravissime tous les quatre ou cinq ans, et où tous les pays ont un quart de leur population fragilisée devant le travail. Ma question est : peut-on rafistoler le système bancaire sans remédier à cette anémie générale de l'économie physique ?

Pourquoi le capitalisme s'est-il essoufflé ?

L'équilibre entre partenaires du jeu économique a changé. C'est le résultat de deux siècles d'histoire du capitalisme. Quand il est né – dans les années 1810-1840 – on s'est aperçu que le système était cruel et injuste. Assez vite naît une riposte du monde du travail, qui prend la forme des coopératives, des mutuelles, des syndicats, du mouvement socialiste. Leur souci est de se débarrasser du capitalisme. Mais le capitalisme a gagné. Sous la pression ouvrière, mais pas seulement, son efficacité prodigieuse a été mise au service de la lutte contre la cruauté sociale.
Le système est ainsi fait qu'il est instable. C'est même sa caractéristique principale. La crise des années 1929-1932, et la guerre qui a suivi, a rallié les cervelles à l'idée qu'il fallait le stabiliser. L'accord s'est fait dans le monde sur trois stabilisateurs. Le premier, c'est la sécurité sociale. L'Anglais Beveridge a théorisé qu'en faisant des retraites, de l'assurance chômage, de l'assurance maladie, des prestations familiales, on contribuait à stabiliser le système. Le deuxième régulateur, c'est celui de Keynes : au lieu de gérer les budgets et la monnaie sur la base de comptes nationaux, il faut les utiliser pour amortir les chocs extérieurs. Cette idée explique l'absence de crise pendant les trente années qui suivent. Le troisième régulateur, le plus ancien, c'est celui d'Henry Ford, et il tient en une phrase : "Je paie mes salariés pour qu'ils achètent mes voitures." Mis ensemble, à la fin de la Second Guerre mondiale, ces trois stabilisateurs vont donner le compromis social-démocrate, qui a duré trente ans.

Mais ce compromis a été abandonné depuis longtemps...

Les actionnaires ont fini par considérer qu'ils étaient mal traités. Ils ne venaient pas aux assemblées générales – on en rigolait, d'ailleurs. Ça a changé quand se sont créés les fonds de pension qui regroupent des milliers, des millions d'actionnaires. Ils ont envahi toutes les assemblées, en se moquant des problèmes internes de l'entreprise, et en disant "je veux plus". Dans la foulée se créent les fonds d'investissement, plus petits mais beaucoup plus incisifs, et les fonds d'arbitrage, les hedge funds.

Ces fonds ont créé une vaste pression sur les managers. Ils disaient : "Si vous ne payez pas plus, on vous vire." Puis il y a eu un mouvement plus puissant encore, celui des OPA. Celui qui ne distribue pas assez à ses actionnaires devient "opéable". Il en a résulté une externalisation formidable de la main-d'œuvre, qui a rendu précaire un quart de nos populations. Au final, cela donne une économie fatiguée, minée par la méfiance, où l'idée de fidélité à l'entreprise commence à disparaître et où la croissance ralentit.

Y a-t-il des moyens d'en sortir ?

Tout commence par la prise de conscience et le diagnostic. Ce diagnostic doit être scientifique et internationalement partagé. Aussi longtemps que les chefs d'entreprises productives se laisseront intoxiquer par la propagande bancaire, alors que leurs intérêts sont souvent antagonistes, aussi longtemps que les médias nieront le diagnostic, il n'y aura pas de remède.
Le repli national, c'est l'assurance déclin, l'assurance récession, parce que nos économies sont interdépendantes. L'économie administrée, on sait bien que ça ne marche pas. Interdire les produits dérivés, à mon avis ce n'est pas possible, car ils font fonctionner le système. Donc il faut une longue réflexion, qui doit comprendre un aspect éthique. La confiance ne peut pas revenir quand le PDG ou le banquier, qui gagnait 40 fois plus que ses salariés pendant les deux premiers siècles de capitalisme, gagne 350 à 500 fois plus. Il faut reconnaître que le moteur de la croissance, c'est la consommation des ménages. Cela implique le retour de la masse salariale à un niveau plus élevé : en moyenne, sa part dans le PIB a perdu 10 % en vingt-cinq ou trente ans.
Il faudra aussi fournir un élément scientifique pour condamner l'espoir d'une rentabilité à 15 %, alors que le PIB croît de 2 % par an. Cet objectif de 15 % est un objectif de guerre civile. Or, il a été formulé par les professionnels de l'épargne et personne n'a rien dit. Aujourd'hui, si on ne trouve pas d'inflexion, on est dans le mur. Le déclin du Bas-Empire romain a commencé comme ça...

Comment jugez-vous l'action de l'Europe dans cette crise ?

Elle a fait preuve d'une inventivité inhabituelle. Mais ce ne sont pas les institutions européennes qui ont fonctionné. La Commission se tait. Le Conseil des ministres n'a pas été sollicité. Un type talentueux, qui s'appelle Nicolas Sarkozy, a exploité la convergence des volontés de quelques grands Etats européens. La zone euro nous a protégés. Sans l'euro la crise serait infiniment plus grave. Elle a trouvé un bon conseiller en la personne de Gordon Brown, avec son invention géniale de garantie publique aux prêts interbancaires.
A ce propos, je viens d'apprendre une nouvelle délicieuse : le principal conseiller financier de Gordon Brown serait Alan Greenspan [ancien président de la Réserve fédérale américaine]. Or, c'est le surcroît de liquidités qu'il a créé qui a permis aux banques de prendre tous ces risques. Il y a de quoi sourire.

Vous êtes encore plus sévère envers l'économiste ultralibéral Milton Friedman...

Friedman a créé cette crise ! Il est mort, et vraiment, c'est dommage. Je le verrais bien être traduit devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Avec son idée que le fonctionnement des marchés est parfait, il a laissé toute l'avidité, la voracité humaine s'exprimer librement.

Propos recueillis par Sylvain Besson (Le Temps.ch)