Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

18/10/2010

GDF-SUEZ au top 5 de la honte

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4420

.

12-10-2010

Droits bafoués des peuples indigènes : 5 multinationales en ligne de mire

En hommage à la journée de Conquête de l’Amérique par Christophe Colomb (12 octobre), marquant également la décimation des peuples indiens au nom de la quête du profit et de la soif de territoires, l’organisation Survival International a dressé un palmarès des cinq multinationales les moins respectueuses des droits des peuples indigènes.

Ont ainsi intégré
le « Top 5 de la honte » le géant énergétique GDF-Suez, en partie détenu par l’Etat français, le duo formé par la compagnie franco-britannique Perenco et le géant pétrolier hispano-argentin Repsol-YPF, la compagnie d'exploitation forestière malaisienne Samling, la compagnie d'élevage brésilienne Yaguarete Pora et le tour-opérateur Wilderness Safaris. Après avoir privé d’eau et interdit de chasse le peuple des Bushmen sur leur propre territoire par décision gouvernementale, Andy Payne, le directeur de cette dernière entreprise, a ouvert un établissement touristique de luxe avec bar et piscine dans la Réserve du Kalahari central au Botswana. Répondant aux critiques qui lui ont été adressées, celui-ci aurait déclaré : « Nous offrirons un verre d'eau à tout Bushman qui le sollicitera ».

Construction de barrages dévastateurs, exploitation pétrolière ou forestière, édification de lodges touristiques de luxe, toutes ont en commun la violation des droits de peuples indigènes, délogés de leurs terres et, de ce fait, privés de leurs moyens de subsistance.

Cécile Cassier

17/10/2010

L'exploitation des enfants en Afrique de l'ouest

Le chocolat a un goût amer pour les enfants qui le produisent

13/10/2010

En mars 2009, l’association suisse « La Déclaration de Berne » décidait de se faire l’écho, auprès des consommateurs finaux que nous sommes, de l’exploitation et de la traite d’enfants pratiquées au sein de plantations de cacao en Afrique de l’Ouest. De fait, bien qu’ayant signé en 2001 le Protocole Harkin-Engel, lequel l’engageait à remédier à des conditions de travail inacceptables, l’industrie du chocolat et du cacao tarde à passer à l’action. Initialement, l’engagement à la prise de mesures effectives dans le cadre de cet accord volontaire et non contraignant fixait une première échéance en 2005. Non respectée, une prolongation de trois ans fut accordée. Les attentes n’ayant toujours pas été satisfaites en juin 2008, un troisième délai recula cette échéance factice à fin 2010.

Mandatée pour surveiller le processus de mise en œuvre des initiatives de la filière chocolat, l’université états-unienne de Tulane a publié, le 1er octobre dernier, un rapport inquiétant. Interrogés pour les besoins de l’enquête, 600 enfants travaillant dans des exploitations de cacao ont révélé des conditions de travail inadmissible, telles que l’utilisation de pesticides sans le moindre équipement de protection, le transport de charges lourdes ainsi que des violences psychologiques et physiques.
Plus révélateur encore de l’échec cuisant de la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement équitable et durable, le rapport de Tulane montre que le nombre d’enfants exploités est supérieur aux estimations faites lors de la précédente étude en 2002.

Expliquant cet enlisement, la majorité des programmes prétendument mis en œuvre sont restés à l’état de projets pilotes neuf ans après leur création. Pour preuve, ils n’ont bénéficié qu’à seulement 3 % des communes ivoiriennes et 14 % des communes ghanéennes où l’on cultive le cacao, le Nigeria et le Cameroun étant encore plus mal lotis.

En 2009, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) estimait à plus de 250 000 le nombre d’enfants travaillant dans les plantations en Afrique de l’Ouest, dont plus de 60 % étaient âgés de moins de quatorze ans. Bien que leur parcours varie d’une plantation à l’autre, il est fréquent que ces enfants soient vendus en échange d’une rémunération ou de la promesse d’une éducation.

Cécile Cassier

29/09/2010

Flottille: le Conseil des droits de l'homme de l'ONU accentue la pression sur Israël

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/flottille-le-conseil-des-droits-de-l-homme-de-l-onu-accentue-la-pression-sur-israel-29-09-2010-1242932_24.php

.

  • 19h06

    Flottille: le Conseil des droits de l'homme de l'ONU accentue la pression sur Israël

  •  

    Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a avalisé mercredi un rapport concluant à l'existence de "preuves" pour "appuyer des poursuites" contre Israël après l'abordage fin mai par la marine israélienne d'une flottille pour Gaza, accentuant ainsi la pression sur les autorités israéliennes.

    Ce rapport, publié le 22 septembre, conclut à l'existence de "preuves claires" pour "appuyer des poursuites" contre Israël pour "homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves".

    Le 31 mai 2010 à l'aube, des commandos israéliens avaient arraisonné la flottille pro-palestinienne de six navires qui se dirigeait vers Gaza dans l'intention de briser le blocus maritime imposé par Israël. Au cours des affrontements entre militants et soldats israéliens qui se sont produits sur le Mavi Marmara, neuf Turcs ont été tués, soulevant une vague de réprobation internationale.

    Qualifiant ces faits de "graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire", le rapport considère les "circonstances des meurtres d'au moins six des passagers correspondaient d'une certaine façon à une exécution extra-judiciaire, arbitraire et sommaire".

    Le document, qui a été adopté mercredi par le Conseil des droits de l'homme à l'issue d'un vote sur une résolution déposée par le Pakistan au nom de l'Organisation de la conférence islamique (regroupant 57 pays), ne fait toutefois pas de recommandation sur la façon dont des poursuites pourraient être engagées contre Israël.

    Un des trois experts en charge du rapport, Desmond de Silva (Royaume-Uni), s'est contenté d'indiquer mardi que la Cour pénale internationale pouvait se saisir du dossier étant donné que le navire "Mavi Marmara sur lequel la majorité des violences se sont déroulées battait pavillon des Comores, qui sont membres de la CPI".

    La résolution avalisant le rapport des experts a été adoptée mercredi avec 30 votes favorables, 1 vote contraire (celui des Etats-Unis) et 15 abstentions.

    Les pays qui se sont abstenus sont "la France, la Belgique, la Suisse, la Pologne, la Corée du Sud, la Zambie, le Japon, le Cameroun, la Hongrie, la Norvège, la Moldavie, la Slovaquie, l'Espagne, l'Ukraine et le Royaume-Uni", a indiqué une porte-parole du Conseil, dans un communiqué.

    Les trois experts en charge du rapport ont été mandatés le 2 juin par une résolution du Conseil approuvant la mise en place d'une mission internationale indépendante.

    Cette mission s'inscrit en parallèle à celle du panel formé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, également chargé d'enquêter sur le raid meurtrier.

    Regrettant que la résolution ne souligne pas "le rôle central du panel créé par le secrétaire général", l'ambassadeur belge Alex Van Meeuwen, s'exprimant au nom de l'Union européenne, a expliqué que l'UE recommandait l'"abstention".

    De son côté, l'ambassadrice américaine Eileen Donahoe a souligné que Washington s'opposait à la résolution, estimant qu'elle pouvait mettre à mal les pourparlers de paix engagés actuellement entre Israël et les Palestiniens sous supervision américaine.

    Cet "incident souligne la nécessité d'aller de l'avant rapidement avec des négociations qui peuvent conduire à une paix globale entre Arabes et Israéliens", a dit Mme Donahoe.

    "Nous sommes préoccupés par le ton, les propos qui sont tenus et les conclusions du rapport", avait-elle déjà indiqué mardi.

    -----------

    sur le même sujet :

    FLOTTILLE POUR GAZA - L'ONU avalise un rapport dénonçant Israël

14/06/2010

GAZA : la presse internationale met en doute la crédibilité de l'enquête israélienne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/14/gaza-la-presse-internationale-met-en-doute-la-credibilite-de-l-enquete-israelienne_1372294_3218.html#ens_id=1228030

.

 

Après plusieurs jours de négociations avec Washington, Israël a finalement annoncé la création d'une "commission publique indépendante" avec participation étrangère, deux semaines après l'assaut contre la flottille internationale qui a fait neuf morts.

L'ONU et plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, avaient réclamé une commission internationale, une proposition rejetée par l'Etat hébreu, qui veut mener l'enquête par ses propres moyens. La commission israélienne aura pour mission d'"enquêter sur les aspects relatifs à l'action entreprise par l'Etat d'Israël pour empêcher des navires d'atteindre les côtes de Gaza", selon un communiqué du bureau du premier ministre, Benyamin Nétanyahou.

Dans un éditorial, le quotidien Haaretz dénonce "les efforts du gouvernement pour éviter une enquête approfondie et crédible" qui "s'apparentent de plus en plus à une farce" et appelle le juge Yaakov Tirkel, nommé à la tête de la commission, à démissionner. Cet ancien magistrat à la Cour suprême se retrouve en porte-à-faux, estime Haaretz, après avoir prôné un autre type de commission quelques jours seulement avant sa nomination.

LES MÉDIAS EXAMINENT LE PARCOURS DES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX

La nomination de deux observateurs internationaux – sans droit de vote – répond aux demandes de la communauté internationale et particulièrement des Etats-Unis, qui avait réclamé une "participation internationale" à l'enquête. Mais l'impartialité de David Trimble, ancien premier ministre d'Irlande du Nord et nommé dimanche 13 juin, est sujette à caution. Le Prix Nobel de la paix 1998 ferait partie de l'initiative "Friends of Israël", qui aurait été inaugurée à Paris lundi 31 mai, précisément le soir de l'assaut. Le groupe se définit comme "une initiative pour lutter contre la déligitimisation de l'Etat d'Israël". Il compte notamment en son sein José Maria Aznar, l'ancien premier ministre espagnol. La cérémonie aurait été introduite par Dore Gold, ancien ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies et proche de Benyamin Nétanyahou.

Le parcours de l'autre observateur international, le général KenWatkin, ex-avocat de l'armée canadienne, est davantage salué. Comme l'explique le journal canadien The Chronicle Herald, Ken Watkin est notamment connu pour son implication auprès de l'armée candienne en Afghanistan. Dans un mémo envoyé à l'état-major canadien, dans le cadre de son travail, il rappelait qu'ignorer volontairement des faits de maltraitance sur des prisonniers était un crime. Le ministre des affaires étrangères canadien a déclaré que la carrière de Watkin le recommandait pour ce rôle.

LA TURQUIE N'A PAS CONFIANCE

De son côté, la Turquie s'est déclarée insatisfaite de ce compromis. "Nous n'avons pas du tout confiance dans le fait qu'Israël, un pays qui a perpétré une telle attaque sur un convoi civil dans les eaux internationales, mènera une enquête impartiale", a déclaré le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, à la presse lundi 14 juin. Le gouvernement insiste sur la création d'une commission d'enquête "sous le contrôle direct des Nations unies", qui incluerait des représentants turcs et israéliens. Le pays est concerné au premier rang par cette enquête puisque les neuf personnes tuées lors de l'assaut avaient la nationalité turque (l'une d'entre elles possédait également la nationalité américaine).

Israël avait rejeté à plusieurs reprises une commission d'enquête internationale, expliquant qu'"Israël est une démocratie". "Israël a la capacité et le droit d'enquêter par lui-même, de ne pas être l'objet d'une investigation par une instance internationale", expliquait son ambassadeur aux Etats-Unis, Michael Oren.

Les Etats-Unis ont estimé qu'une "présence internationale" au sein de la commission "conforterait la crédibilité" de l'enquête. La Maison Blanche a précisé qu'elle ne "préjugeait pas de l'issue du processus et attendrait ses résultats avant de tirer des conclusions."

04/04/2010

Diego Garcia , vous connaissez ?

Vous souvenez-vous de la création d'une base militaire américaine sur l'île de Diego Garcia ?
Et avez vous vu le dernier film de Polanski, "the ghost writer" ?
.
lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/03/aux-iles-chagos-protection-de-la-nature-et-droit-au-retour-s-affrontent_1328295_3244.html
.
Aux îles Chagos, protection de la nature et droit au retour s'affrontent
LE MONDE | 03.04.10 | 13h37  •  Mis à jour le 03.04.10 | 13h37
Londres Correspondant


a protection de l'environnement et le respect des droits de l'homme vont le plus souvent de pair. Les îles Chagos, colonie britannique en plein milieu de l'océan Indien, font toutefois exception à cette règle. La création par la puissance tutélaire de la réserve naturelle maritime la plus étendue au monde - soit une surface de 650 000 km2 d'eau parmi la plus pure de la planète - alimente une vive controverse.

"Il s'agit d'un pas majeur dans la protection des océans" : le secrétaire au Foreign office, David Miliband, a qualifié d'"historique" la décision annoncée le 1er avril, visant à transformer l'archipel des Chagos en site de référence pour la recherche scientifique.

En effet, ce lieu idyllique est un refuge pour quelque 76 espèces menacées comme les tortues de mer ou les oiseaux marins. Par ailleurs, les fonds marins autour du British Indian Ocean Territory, l'appellation officielle, abritent un millier d'espèces de poissons. Chagos possède surtout une des plus grandes structures coralliennes de la planète, avec 220 sortes de coraux. La pêche sera désormais interdite dans cette zone d'une incroyable biodiversité.

S'ils ont salué cette mesure de sauvegarde, les écologistes sont dans leurs petits souliers.

En effet, cette affaire fait remonter à la surface les effluves de la colonisation britannique. En 1965, Londres a fait expulser par une milice musclée les 1 500 habitants de la plus grande île Diego Garcia pour permettre l'installation d'une base militaire américaine. Les Etats-Unis avaient exigé une île déserte, afin de ne pas avoir à indemniser des habitants pour les destructions et la pollution marine éventuelles.

Soutenus par l'île Maurice, où la plupart des exilés vivent dans des conditions précaires, les Chagossiens exigent de pouvoir retourner dans leurs îles. Le refus britannique est motivé par la crainte de perdre des revenus substantiels en cas de départ des Américains qui règnent en maître sur l'un des derniers confettis de la Couronne. Ainsi, en 2002, la CIA a utilisé l'île à l'insu de Londres pour transférer en secret des terroristes présumés.

La création de la réserve marine a provoqué la colère de l'île Maurice, qui revendique la souveraineté sur l'archipel.

"La défense de l'environnement est un objectif louable", indique le Times, qui regrette cependant que cette protection n'ait pas été établie en collaboration avec le "peuple de Chagos". Pourtant peu suspect de sympathie envers les groupes de défense des droits de l'homme, le journal a critiqué une action qui n'est pas dénuée d'arrière-pensées électorales.

A l'approche du scrutin général, qui doit se dérouler sans doute le 7 mai, le premier ministre Gordon Brown, à la traîne dans les sondages, espère ainsi redorer son blason écolo mis à mal par le programme de relance du nucléaire civil.

 

Marc Roche
Article paru dans l'édition du 04.04.10

01/04/2010

L'Autorité palestinienne s'attaque à la mainmise israélienne en Cisjordanie

lu sur :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/04/01/l-autorite-palestinienne-s-attaque-a-la-mainmise-israelienne-en-cisjordanie_1327369_3218.html
.
L'Autorité palestinienne s'attaque à la mainmise israélienne en Cisjordanie
LE MONDE | 01.04.10 | 15h53  •  Mis à jour le 01.04.10 | 15h57
Ramallah Envoyé spécial


n vent nouveau de volontarisme souffle dans les couloirs de l'Autorité palestinienne à Ramallah. Enhardi par les éloges de la communauté internationale à l'égard de son projet de jeter les bases d'un Etat palestinien dans les deux ans à venir, le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Son nouvel objectif : les zones palestiniennes contrôlées exclusivement par Israël (zones dites C) et qui couvrent 60 % de la Cisjordanie. Aux pays donateurs, aux organisations non gouvernementales (ONG) internationales comme aux agences de l'ONU, il répète sur le même ton : "Il faut construire en zone C, les limitations imposées par Israël sont archaïques et dépassées."

Produit du découpage des territoires palestiniens institué par les accords d'Oslo II (1995), ces secteurs sont placés sous la tutelle exclusive d'Israël, par opposition aux zones A et B où l'Autorité palestinienne peut opérer. Il s'agit de zones rurales, faiblement peuplées, mais riches en ressources naturelles, situées à proximité de colonies juives, de bases militaires et surtout le long de la vallée du Jourdain, une étendue stratégique pour l'Etat juif car contiguë de la Jordanie.

La bureaucratie militaire israélienne y règne en maître. Elle ne délivre des permis de construire qu'au compte-gouttes et n'hésite pas à faire raser la moindre cahute dépourvue d'autorisation, si bien que ces terres sont maintenues dans un état de sous-développement souvent alarmant. "Allez construire des écoles ou des cliniques en zone C, a déclaré Jamal Zakout, un conseiller de Salam Fayyad, lors d'une réunion en présence d'ONG internationales. Et si les Israéliens les démolissent, nous montrerons au monde ce qu'ils font."

Le premier ministre palestinien veut montrer l'exemple. Sensible aux critiques de la société civile qui l'accuse de s'adapter à l'occupation israélienne et non de la défier, il a pris soin d'inclure plusieurs villages en zone C dans les mini-projets de construction qu'il inaugure au pas de charge. Dans la plupart des cas, ses déplacements dans ces zones sont soigneusement coordonnés avec l'armée israélienne, qui a accordé au préalable le permis requis. Mais pas toujours. Dans la vallée du Jourdain et près de Naplouse, ses services affirment avoir reconstruit des infrastructures démolies par les bulldozers israéliens. "On ne nous dissuadera plus de travailler en zone C, affirmait Salam Fayyad à la mi-février, lors d'un entretien accordé à un groupe de médias français. Il ne s'agit pas d'un territoire disputé, mais d'une partie intégrale des territoires occupés en 1967 sur lesquels nous voulons construire notre Etat."

Ce mot d'ordre a été intégré à la direction du Fonds d'investissement palestinien, la holding "souveraine" qui gère le portefeuille du "peuple palestinien". Eparpillée du temps de Yasser Arafat sur des comptes occultes ou des entreprises étrangères, cette manne a été rapatriée dans les territoires occupés, sur des projets immobiliers dont certains sont situés en zone C. Parmi ceux-ci, la construction de deux cents appartements près de Qalqiliya et, surtout, l'aménagement d'un complexe de luxe sur les rives de la mer Morte, avec balnéothérapie, centre de conférence et palaces cinq étoiles.

"Il y a un vrai changement d'attitude chez nos dirigeants, dit un expert palestinien. Dans le domaine économique au moins, ils veulent prendre l'initiative et défier le système d'occupation. Si les Israéliens tentent d'entraver leurs efforts, ils sont prêts à se bagarrer."

L'offensive de l'Autorité palestinienne sur les zones C suscite un agacement certain côté israélien. Dans un récent article, Alex Fishman, le correspondant militaire du Yediot Aharonot, rapportait que l'activisme de Salam Fayyad et sa stature grandissante bousculaient la routine des officiers affectés en Cisjordanie. "Il commence à nous ennuyer sérieusement", écrivait -il. Plus diplomatique, Ygal Palmor, le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, met en garde contre toute "révocation unilatérale" des arrangements d'Oslo qui "ne ferait que semer la confusion".

Du côté des agences des Nations unies et des ONG, la gêne est palpable. La plupart d'entre elles ont pour règle d'avancer en zone C sur la pointe des pieds. Du fait de l'extrême difficulté à obtenir un permis, du flou qui entoure la procédure et du peu de scrupules des autorités israéliennes à envoyer les bulldozers. Selon un rapport des Nations unies, en douze ans, 2 450 structures "illégales" ont été rasées dans ces secteurs : habitations en dur mais aussi tentes, citernes, étals de fruits ou cabanes en tôle.

"On comprend le souci politique de Salam Fayyad, dit Martha Myers, la directrice de l'association AIDA qui regroupe une centaine d'ONG présentes dans les territoires occupés. C'est vrai que la population des zones C mérite notre soutien. Mais il n'est pas réaliste d'aller construire des écoles en zone C qui risquent d'être démolies aussitôt finies."

Cette tiédeur pose un vrai dilemme au premier ministre palestinien. A eux seuls, ses mini-projets ne suffiront pas à sortir les zones C du marasme. Sans un regain d'audace des bailleurs de fonds, Salam Fayyad ne parviendra pas à desserrer le carcan de l'occupation. "C'est aux pays donateurs d'agir, dit Sami Khader, patron de l'ONG palestinienne Ma'an. Cela fait plus de dix ans que les zones C auraient dû passer sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Plutôt que de s'inquiéter de leurs contribuables, les pays donateurs devraient aller demander des comptes à Israël."

 

Benjamin Barthe
Article paru dans l'édition du 02.04.10