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15/11/2010

Indignez-vous !

lu sur :

http://www.rue89.com/2010/11/13/stephane-hessel-violemment-attaque-pour-ses-critiques-disrael-175677

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Stéphane Hessel violemment attaqué pour sa critique d'Israël

Les téléspectateurs de France 5 ont pu découvrir vendredi soir un délicieux nonagénaire porté par « l'audace de l'espoir » : Stéphane Hessel, ancien résistant, ambassadeur de France, militant de causes orphelines.

Au même moment, Stéphane Hessel fait l'objet d'une violente et pernicieuse campagne hostile. La raison : ses critiques vis-à-vis d'Israël.

La vie de Stéphane Hessel, qu'il a racontée avec minutie dans « Citoyen sans frontières », un livre d'entretiens avec Jean-Michel Helvig (éd. Fayard 2008), reprise dans ce documentaire de France 5, est une véritable épopée qui traverse le XXe siècle.

Né à Berlin de parents allemands, dont un père juif -c'est le couple mythique qui a donné le film « Jules et Jim » de François Truffaut-, il devient Français en 1937, s'engage dans la résistance, est capturé et torturé par la Gestapo, déporté à Buchenwald et Dora, avant de participer, à la Libération, à la rédaction de la déclaration universelle des droits de l'homme aux Nations unies naissantes.

Toute la vie de Stéphane Hessel, après ces débuts époustouflants, sera marquée du sceau de ces engagements avant tout humanistes, même s'il s'implique sur le tard en politique, d'abord mendésiste, puis au PS de François Mitterrand, et plus récemment en devenant, à l'age de 91 ans, candidat sur une liste Europe Ecologie aux dernières régionales…

L'appel au boycott des produits israéliens

Mais ce qui lui vaut la campagne hostile actuelle, c'est son engagement persistant, répété, contre la politique suivie par Israël vis-à-vis des Palestiniens, et son soutien à la campagne controversée en faveur du boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés.

Et, pour délégitimer un homme ayant eu un tel parcours, une telle histoire, on l'accuse d'être un falsificateur, d'avoir la haine d'Israël et des juifs, la haine d'une partie de soi puisque son père était juif, même s'il ne se décrit pas comme juif.

La dernière attaque est venue d'un directeur de recherches au CNRS, Pierre-André Taguieff, qui s'est spécialisé dans le « nouvel antisémitisme », avec des livres comme « La Judéophobie des Modernes » (éd. Odile Jacob, 2008), « La Nouvelle propagande antijuive » (éd. PUF, 2010).

Ce qui rend la polémique étrange et résolument moderne, c'est que les accusations de Taguieff ont été portées non pas dans une publication du CNRS, mais sur… Facebook. Sur le « mur » du chercheur qui a depuis été fermé, mais sur lequel il avait écrit en octobre, paraphrasant Voltaire :

« Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu'on ait envie de lui écraser la tête. »

Il remplaçait ensuite cette phrase par une autre :

« Il aurait certainement pu finir sa vie d'une façon plus digne sans appeler à la haine contre Israël joignant sa voix à celle des pires antijuifs. »

Depuis, accusations et contre-accusations se succèdent. Réactions indignées des défenseurs de Stéphane Hessel qui dénoncent un appel au lynchage et exigent des excuses du chercheur, et contre-attaque des amis de Taguieff qui font circuler -sur Facebook- une pétition contre « une campagne d'intimidation et de diffamation qui se développe contre lui, visant à le discréditer et à le faire taire » et en viennent à remettre en cause le passé de résistant de Hessel.

« Indignation à propos de la Palestine »

Que dit Stéphane Hessel pour susciter de telles polémiques ? Ecoutez-le d'abord à l'émission « Ripostes » de Serge Moatti, en 2008, confier ce qu'il pense du conflit israélo-palestinien et de l'attitude de la France dans ce dossier. (Voir la vidéo)


 

 

On retrouvera sa pensée sur le sujet, de manière plus précise encore, dans un petit livre (par le nombre de pages) qui sort ces jours-ci, intitulé « Indignez-vous ! ». Stéphane Hessel consacre deux pages à son « indignation à propos de la Palestine », revenant notamment sur la guerre de Gaza de 2009 et sur le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone qui accuse Israël -et le Hamas- de crimes de guerre.

Stéphane Hessel écrit :

« Je partage les conclusions du juge sud-africain. Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c'est insupportable. Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire. […]

Je pense bien évidemment que le terrorisme est inacceptable, mais il faut reconnaître que lorsque l'on est occupé avec des moyens militaires infiniment supérieurs aux vôtres, la réaction populaire ne peut pas être que non-violente. […]

L'exaspération est un déni de l'espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant elle n'est pas acceptable. »

Ces prises de position, doublées de son soutien à l'appel au boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés, qui lui vaut une mise en examen avec plusieurs autres personnes, sont au cœur de la campagne hostile qui le vise. Et qui prend un tour nauséabond, pour reprendre un mot chargé, lorsqu'on tente de semer trouble et confusion autour de sa biographie, et la réalité de son engagement pendant la guerre. C'est indigne et abaisse ceux qui utilisent ces arguments.

Critiquer Israël quand on a des origines juives : la haine de soi ?

Mais la question est plus vaste. Elle porte sur la manière de délégitimer toute personne qui critique Israël, surtout si elle a des origines juives : on ne peut être que dérangé ou avoir la haine de soi.

Nous évoquions ici-même récemment le cas de Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem, lui-même Franco-Israélien, qui fait l'objet depuis dix ans d'une campagne personnelle pour son reportage, au début de la deuxième intifada, sur la mort à Gaza du jeune Mohamed al-Doura.

Pour avoir défendu Charles Enderlin, je me suis vu personnellement accuser par le principal détracteur d'Enderlin de relever de la « psychanalyse » et d'avoir conçu dans mon enfance la haine de moi-même et d'Israël : rien que ça.

Le cas de Stéphane Hessel est plus grave encore, en raison de sa stature morale reconnue, et qui est bien au-dessus de tous ses détracteurs. Pour minimiser l'impact de ses prises de position, il faut casser cette image et salir un homme.

Certes, Stéphane Hessel en a vu d'autres dans sa vie et s'est retrouvé face à des ennemis autrement plus redoutables ; et, de surcroît, un homme qui proclame « Indignez-vous ! » doit bien s'attendre à ses oppositions. Il n'empêche, on les aurait préférées plus dignes de l'homme et du sujet.

« Stéphane Hessel, Sisyphe heureux » - documentaire de Sophie Lechevalier et Thierry Neuville, rediffusion sur France 5 dimanche 14 novembre à 7h52, ou sur le site de France 5 jusqu'au 19 novembre.

Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! » - éditions Indigène, 29 pages, 3 euros.

►Précision, le 13/11/10 à 17h30 : il s'agit bien du boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés.

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LIRE AUSSI L'ARTICLE DU CANARD ENCHAÎNÉ DU 10/11/2010, PAGE 5 où il est indiqué que Michèle Alliot -Marie, notre ministre de la justice, insiste pour qu'Hessel soit poursuivi pour sa prise de position pour le boycott.


hessel-canard2.jpg

 


05/10/2010

Israel : arrestation d'une prix Nobel de la Paix pro-palestienne

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à lire sur :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/85999996-cffa-11df-9d5c-57a960ceb815/Une_Nobel_de_la_paix_ind%C3%A9sirable
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mardi5 octobre 2010

Une Nobel de la paix indésirable

Mairead Maguire. (AFP)

Mairead Maguire. (AFP)

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La militante nord-irlandaise Mairead Maguire, arrêtée la semaine dernière à sa descente d’avion à l’aéroport Ben Gourion, a fait appel de son bannissement. La Cour suprême l’a rejeté lundi soir

02/12/2009

Le boycott contre des produits israéliens importés dans des conditions illégales au regard du droit international.

Communiqué de la section de la LDH de Talence 

La Section de la Ligue des droits de l’homme de Talence et les associations de soutien ont été stupéfaites d’apprendre qu’en France,
un procureur de la république ait pu accepter l’introduction d’une plainte pour incitation à la haine raciale contre les Israéliens, à l’encontre d’une militante défendant les droits de l’homme en Palestine occupée, Madame Sakina Arnaud.

En effet, le seul motif est qu’elle prône le boycott contre des produits israéliens importés dans des conditions illégales au regard du droit international.

Les organisations qui ont déposé cette plainte en arrivent à confondre intentionnellement le racisme avec la critique et le refus de soutenir économiquement un Etat étranger, en l’occurrence Israël, parce que la politique de ce pays ne respecte pas le droit international, notamment ceux du peuple palestinien.

A ce que nous savons, pour l’instant, des associations parties civiles, il s’agit du "Secours français des sinistrés israéliens", du Conseil des communautés juives d’Ile de France", du "Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme", toutestrois ayant le même président, Sammy Ghozlan, et d’"Avocat Sans Frontières", de Gilles-William Goldnadel, connu pour ses plaintes, entre autres, contre Daniel Mermet et contre Edgar Morin.   Ces associations ne poursuivent, pour l’essentiel, qu’un but, celui d’entraver l’action des associations qui s’opposent ici en France à la politique d’Israël, quitte pour cela à instrumentaliser la justice Française.

Cette campagne politique d’action directe non violente, appelée BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), initiée par les organisations palestiniennes elles-mêmes, s’inspire du boycott organisé contre l’Apartheid d’Afrique du Sud.

Nous invitons les associations, qu’elles soient ou non d’accord avec cette campagne internationale, à déclarer qu’elles pensent que cette campagne n’a rien à voir avec l’antisémitisme comme essaient de le faire croire ces soutiens de la politique israélienne dès que l’on critique cette dernière, et donc qu’elle soutiennent notre adhérente.

La situation devient inquiétante quand on apprend qu’à la suite d’un "hasard malheureux de l’informatique ( !!)", le Président de la 5ème chambre du Tribunal correctionnel de Bordeaux s’apprêtait à juger cette affaire en présence des requérants, mais sans la prévenue ni son avocat, lesquels avaient été assurés qu’ils n’étaient pas inscrits à l’audience et qu’ilsn’étaient pas en possession du dossier à charge !

La manipulation n’a pu réussir grâce à la présence d’esprit de Maître Landete et du responsable de la LDH de Talence, Bègles, Villenave d’Ornon, qui se sont rendu au Tribunal. Ainsi l’avocat a pu faire repousser l’audience au 13 janvier 2010 à 14 H.

La libre expression politique, le droit à la critique de la politique d’un Etat étranger, la défense des droits des Palestiniens, la liberté de choisir l’origine des produits que nous consommons, sont ainsi menacés en France si ce procès devait donner raison aux plaignants, c’est pourquoi chacun doit se mobiliser pour obtenir que les organisations requérantes soient déboutées.



Pour la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Talence, Bègles et Villenave d’Ornon (33). Le Président Didier TERRIÉRE

05/10/2009

Palestine pas morte (2)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/10/05/nous-resterons-ici-jusqu-a-l-eternite_1249388_3218.html#ens_id=1249497
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"Nous resterons ici jusqu'à l'éternité"
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LE MONDE | 05.10.09 | 15h32  •  Mis à jour le 05.10.09 | 15h32
Taibeh Envoyé spécial


e père Raed Abousahlia, curé de l'église latine - "catholique romaine", à ne pas confondre avec les Eglises orthodoxe grecque et grecque melkite catholique -, est un battant. Sur les 1 300 âmes de Taibeh, il en revendique 780, en accorde 450 aux orthodoxes et 169 aux melkites.

 

Cet homme est une bourrasque. Col romain, soutane noire, il vibrionne au milieu des multiples dignitaires religieux et laïcs rassemblés pour l'inauguration de la fête de la bière, l'"Oktoberfest", un festival qui a fait connaître ce village "à 100 % chrétien, le seul de Palestine, le seul qui n'ait pas de mosquée", fameux, assure-t-il, pour une foule de choses qui n'ont rien à voir avec la brasserie.

Il montre l'antenne de Radio Terre sainte dont l'émetteur va permettre de diffuser la parole de Dieu, à partir de Noël, de Tel-Aviv à Amman et Hébron, parle des 150 groupes de pèlerins qui viennent chaque année à Taibeh, insiste sur son initiative des "colombes de la paix", des lampes à huile (de Taibeh) en céramique qui, fabriquées sur place, éclairent aujourd'hui "50 000 églises dans le monde".

Son objectif ? "Donner du travail aux chrétiens de Terre sainte." "Abouna" (père) est un "citoyen du monde", d'origine palestinienne, un spécialiste de la non-violence. Né en 1965 à Zababdeh, près de Jénine. Il ne se plaint pas des relations avec les musulmans, au contraire : "Nous disposons de la liberté religieuse, nous avons nos églises, nos processions, et faisons sonner nos cloches."

En 2002-2003, avec le patriarche latin, il allait voir presque chaque mois Yasser Arafat, à Ramallah, l'ancien chef de l'Autorité palestinienne, bien disposé envers les chrétiens. Avec les Israéliens, c'est autre chose. Abouna s'enflamme : "Nous ne sommes pas une troisième partie dans ce conflit. Nous sommes un même peuple : les Palestiniens sont sous occupation et nous sommes sous occupation." Le Père Raed a une carte d'identité palestinienne, un laissez-passer du Vatican, mais ne peut franchir les barrages de l'armée israélienne.

Pour se rendre à Jérusalem, il doit obtenir un permis d'"ouvrier d'église". Heureusement, il a plus d'une poche dans sa soutane : "Au check-point, je m'efforce de redonner au soldat son humanité, afin qu'il me redonne mon humanité. Alors je parle, je souris, je raconte une anecdote, et il me laisse passer... " Il est serein : "Nous sommes là depuis deux mille ans, et nous y resterons jusqu'à l'éternité..."

 

Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 06.10.09

29/05/2009

Sri Lanka : comment faire taire les témoins des massacres

Sri Lanka : comment faire taire les témoins des massacres

LE MONDE | 29.05.09 | 16h42  •  Mis à jour le 29.05.09 | 16h48

Colombo. Envoyé spécial

 

Leur seul crime est d'avoir donné une voix aux victimes. Alors que les bombes gouvernementales pleuvaient sur les réfugiés tamouls, les docteurs Thurairaja Varatharajah, Thangamuttu Sathyamurthi et V. Shanmugarajah sont restés jusqu'au bout, soignant ceux qui pouvaient l'être avec les moyens du bord. En l'absence de journalistes ou d'observateurs internationaux, les médecins tamouls sont devenus les derniers témoins d'une tragédie à huis clos qui a fait des milliers de morts, de fin janvier à fin mai, dans l'offensive finale de l'armée sri-lankaise contre le mouvement séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).

Pour toute récompense, les docteurs, affiliés au ministère de la santé de Colombo, ont été emprisonnés, dès qu'ils ont pu quitter, le 15 mai, la bande de plage du Nord-Est, où l'armée a donné l'assaut final. Selon une source bien informée, ils sont au secret dans l'immeuble de la Criminal Investigation Division (CID) de Colombo, dans un centre d'interrogation "sordide". Selon un rapport de l'ONU de 2007, la torture y est une pratique "routinière". Seul le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu les rencontrer et constater qu'ils sont "OK". L'un d'eux, V. Shanmugarajah, a été soigné pour un éclat d'obus à la poitrine. "Si, un jour, on fait le procès du régime, ce seront des témoins clés, c'est pour ça qu'ils voulaient les tuer et ont été très déçus qu'ils s'en sortent", explique un responsable international.

Ce responsable international a été en contact avec les docteurs mais refuse de donner son nom, de peur d'être expulsé. "Ces types sont des héros, on fait des films sur ce genre de personnes", ajoute-t-il. Durant le conflit, depuis des ordinateurs connectés à des téléphones satellitaires, au fur et à mesure qu'ils déplaçaient leurs hôpitaux de fortune, ils ont envoyé des courriels, comme des bouteilles à la mer.

Le Monde s'est procuré certains de ces documents, souvent brefs, sobres, presque cliniques. Exemple : "29 avril 2009. Cher Monsieur, Madame, aujourd'hui, aux alentours de 16 heures, l'hôpital de Mullivaikkal a été attaqué au mortier. Le toit du pavillon a été très endommagé et des patients à l'intérieur sont morts. Neuf patients morts et quinze patients blessés. Beaucoup de patients ont quitté l'hôpital. Ce matin, un officier du CICR a visité l'hôpital aux alentours de 11 heures. Salutations. Docteur T. Sathiyamoorthy, directeur régional des services de santé."

Les destinataires étaient un cercle de fonctionnaires de l'ONU, de responsables sri-lankais, de diplomates et de membres de la diaspora. Les photos numériques qui accompagnent chaque message, prises par les médecins ou des employés locaux de l'ONU, montrent crûment, au bord de la plage, corps démembrés, plaies béantes, femmes en larmes et enfants à l'agonie - le résultat de bombardements à l'arme lourde contre des civils sous des tentes en plastique, que les Tigres tamouls empêchaient de fuir, et dont l'armée n'avait que faire.

"Les docteurs évitaient toujours les questions politiques, ils faisaient simplement leur boulot", se souvient le responsable international. Rarement trahissaient-ils le moindre sentiment. Sauf un jour. Au téléphone, Thangamuttu Sathiyamoorthy est au bord des larmes. Une femme, dont les deux jambes ont été sectionnées au niveau des cuisses par des éclats d'obus, est en train de se vider de son sang sous une bâche, qui frémit au rythme de ses derniers souffles. Sa petite fille, que des patients tentent de distraire, implore le docteur de la sauver. Elle a perdu son père et c'est toute la famille qu'il lui reste. Les médecins, qui n'ont plus de matériel depuis des mois, ne peuvent rien faire. "Sathiyamoorthy m'a dit : "J'ai toujours su que la guerre viendrait, mais je n'ai jamais pensé que ça finirait sous un tapis de bombes"", se souvient le responsable international.

A plusieurs reprises, lorsque le bateau du CICR accostait sur la plage pour évacuer les blessés, les docteurs fournissaient à l'organisation les coordonnées GPS de leurs centres médicaux itinérants, pour qu'ils préviennent l'armée de leur position. "Quelques heures plus tard, l'armée bombardait ce point précis", rapporte cette source.

Sur la fin, le ton des e-mails change. 13 mai : "Les combats à l'arme lourde ont commencé à 5 h 30 du matin. Beaucoup de civils blessés ont été amenés à l'hôpital, et l'hôpital ne fournit plus de soins parce qu'il est sous des tirs de mortier (...). Près d'un millier de patients attendent leur traitement quotidien.(...) Tant de blessés ont dû mourir. Dans le pavillon, il y a de nombreux cadavres parmi les patients. On peut voir et entendre les patients pleurer dans l'hôpital, c'est un vrai désastre."

"Ce sont des médecins qui improvisent, qui font tout ce qu'ils peuvent, même s'il faut arrêter une hémorragie avec un bout de ficelle ou panser une plaie avec un drap", explique notre source. Mais les dernières semaines, "ils disaient qu'il était temps de partir, qu'ils ne pouvaient plus soigner les gens. C'était trop dangereux, ils ne pouvaient plus sortir des bunkers. Il n'y avait aucun matériel, ils étaient dépassés par le nombre de blessés. Ça tirait de tous côtés. L'armée était à 500 mètres. Il y avait des morts partout autour d'eux".

Détenus en vertu des "régulations d'urgence" et du Prevention of Terrorism Act qui permettent de les garder enfermés un an avant de les inculper, les trois docteurs n'ont formellement été accusés de rien. Mais dans la presse aux ordres, ils sont "soupçonnés d'avoir fait des déclarations désobligeantes dans les médias et la communauté internationale en faveur des LTTE." "Le gouvernement ne va pas les laisser partir parce qu'ils peuvent témoigner des crimes de guerre commis par l'armée", prédit un défenseur des droits de l'homme, qui craint qu'ils soient, comme tant d'autres, soumis à la torture.

Leurs familles ont été menacées par des paramilitaires tamouls progouvernement qui surveillent leurs maisons, les suivent dans la rue et posent des questions sur leur lieu de travail. "Si vous avez affaire à ces groupes, vous retrouverez le torse de votre fille dans un réservoir dans quelques jours", explique le responsable international. Les ONG et plusieurs missions diplomatiques tentent d'obtenir la libération des docteurs, pour qu'ils puissent s'installer dans un pays d'accueil.

Dans un pays où plus de 60 employés humanitaires ont été tués en trois ans, et où des journalistes connus ou des défenseurs des droits de l'homme sont couramment enlevés en plein jour par des hommes en armes, parfois pour ne jamais réapparaître, rares sont ceux qui s'expriment. Il n'est qu'à lire les derniers titres de "une" des principaux journaux, The Island ou le Daily News : "Complicité avec les terroristes au prétexte du soutien des droits de l'homme" ; "Les journalistes payés par le LTTE seront dénoncés" (citation du comandant de l'armée, le général Sarath Fonseka) ; "L'expertise des ONG a aidé le LTTE"...

"Ici, c'est pire qu'en Birmanie", affirme un fonctionnaire onusien, selon lequel les bureaux de l'ONU sont sur écoute. Le régime, dit-il, a repris à son compte le mantra bushien : "Vous êtes avec nous, ou contre nous". "Depuis la victoire, on ne peut plus les arrêter. C'est un Etat militaire et ça ne va faire qu'empirer", prévient le défenseur des droits de l'homme. Pour l'heure, les médecins, "héroïques" selon l'ONU, croupissent en détention. Mais ils pourraient un jour se retrouver dans le box des témoins, et leurs geôliers sur le banc des accusés.

 

Philippe Bolopion

Article paru dans l'édition du 30.05.09

15/05/2009

L'ONU réclame une enquête sur les centres secrets de détention israéliens

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/15/l-onu-reclame-une-enquete-sur-les-centres-secrets-de-detention-israeliens_1193703_3218.html#ens_id=1106055

 

L'ONU réclame une enquête sur les centres secrets de détention israéliens

LEMONDE.FR avec AFP | 15.05.09 | 16h43

 

Le comité contre la torture de l'ONU (CAT) a appelé, vendredi 15 mai, Israël à lever le voile sur ses centres secrets de détention et d'interrogatoires, auxquels n'ont accès ni le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ni les avocats ou parents des détenus. Dans son rapport sur l'Etat hébreu publié vendredi le CAT demande que "les allégations de tortures et de mauvais traitements de détenus dans le 'camp 1391' fassent l'objet d'une enquête impartiale".

Israël "devrait enquêter et révéler l'existence de tout autre camp du même type, et établir sous l'autorité de qui il a été créé", ajoute le rapport. Les experts demandent en outre que les résultats de l'enquête "soient rendus publics et que tout responsable de violation de la convention (contre la torture) réponde de ses actes".

Le CAT ne s'est pas satisfait des réponses fournies par Israël, selon lequel "le lieu de détention et d'interrogatoire (...) connu sous le nom de 'camp 1391' n'est plus utilisé depuis 2006 pour détenir ou interroger des suspects". "En dépit de [ces] informations, le Comité remarque avec inquiétude que plusieurs pétitions déposées auprès de la Cour suprême [d'Israël] dans le but d'inspecter l'installation ont été rejetées", relève le rapport. Le Comité contre la torture s'est aussi déclaré "préoccupé" par le fait que cette même Cour suprême ait jugé "raisonnable" le refus des autorités israéliennes de ne pas enquêter sur les allégations de tortures commises dans le camps.

12/05/2009

Licenciement d'un cadre de TF1 : "liens incestueux" entre le pouvoir actuel et la principale chaîne de télévision

lu sur :

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/11/licenciement-d-un-cadre-de-tf1-christine-albanel-sanctionne-un-membre-de-son-cabinet_1191478_3236.html

 

Licenciement d'un cadre de TF1 : Mme Albanel sanctionne un membre de son cabinet

LE MONDE | 11.05.09 | 16h03  •  Mis à jour le 11.05.09 | 16h03

 

La ministre de la culture, Christine Albanel, a suspendu pour une durée d'un mois un de ses collaborateurs. Ce membre du cabinet ministériel - dont l'identité n'a pas été révélée - avait transmis à TF1 un courrier électronique, rédigé par Jérôme Bourreau, responsable du pôle innovation Web de la chaîne critiquant le projet de loi "Création et Internet" en discussion au Parlement. M. Bourreau avait fait l'objet, dans la foulée, d'une procédure de licenciement.

En annonçant, dimanche 10 mai, la suspension de son conseiller, Mme Albanel est sortie du déni avec lequel elle avait accueilli, dans un premier temps, les informations révélées par Libération, le 7 mai. Interpellée à l'Assemblée nationale par plusieurs députés de l'opposition, elle avait écarté toute implication de son cabinet dans la sanction visant M. Bourreau.

"Je ne suis naturellement pour rien dans cette affaire. Il s'agit de décisions internes à la société TF1, avait répondu la ministre à un rappel au règlement de Patrick Bloche (PS, Paris). A ma connaissance, rien n'a été transmis, je n'ai jamais demandé la tête de quiconque." Cette argumentation embarrassée ne pouvait suffire à lever toutes les suspicions dans cette affaire.

Rappel des faits. Le 18 février, M. Bourreau adresse à la députée de sa circonscription, Françoise de Panafieu (UMP, Paris), un courriel dans lequel il exprime son hostilité au projet de loi Hadopi. "Devant les arguments donnés par son auteur, je l'ai transféré au ministère de la culture en suggérant qu'on s'en inspire pour établir une sorte de contre-argumentaire à l'intention des députés du groupe", a expliqué Mme de Panafieu à l'Assemblée, ajoutant que, l'auteur n'ayant pas demandé la confidentialité sur son identité, elle s'était "sentie autorisée à appuyer sur la touche "forward"".

Transmis au conseiller parlementaire de la ministre, Richard Eltvedt, le courrier circule au sein du cabinet et une copie est adressée à TF1. M. Bourreau est alors convoqué par le directeur de eTF1, Arnaud Bosom, qui lui signifie son renvoi au motif que "cette prise de position (constitue) un acte d'opposition à la stratégie du groupe". Dans la lettre de licenciement reçue par le cadre de TF1, il est précisé que "cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la culture, qui l'a adressée le jour même à TF1". "Madame la ministre dit qu'elle n'était pas au courant : je veux bien la croire, déclarait Martine Billard (Verts, Paris), lors de la discussion à l'Assemblée. Allez-vous procéder à une enquête interne et prendre des sanctions en conséquence ?"

L'affaire soulève en effet deux interrogations. Tout d'abord, le statut d'une correspondance privée : "On ne peut être licencié pour avoir émis une opinion par voie de correspondance privée, encore moins quand cette opinion concerne un projet de loi", relevait Mme Billard. Jean-Pierre Brard (app. PCF, Seine-Saint-Denis) s'inquiétait pour sa part de "la consanguinité entre l'appareil d'Etat et les majors de la communication".

Pour l'ensemble de la gauche, cette affaire est une nouvelle illustration des "liens incestueux" entre le pouvoir actuel et la principale chaîne de télévision. La ministre, sur les conseils de Matignon, a préféré couper court en prenant cette décision de sanction à l'encontre d'un de ses collaborateurs. Il n'est pas sûr que cela suffise à faire taire les polémiques.

 

Patrick Roger

Article paru dans l'édition du 12.05.09

Autre fait divers, dont la presse officielle ne se fait pas l'écho

lu sur : 

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=544

 

lundi 27 avril 2009

Qui laisse agir les milices sionistes à Paris ?

par Zulficar 

 

Les milices sionistes font régner la terreur dans Paris. Certains événements qui se sont déroulés ces derniers jours mettent au jour une fois de plus les agissements anciens de milices sionistes ultra violentes, mais aussi les étranges accointances et l’impunité quasi totale dont elle semblent bénéficier depuis très longtemps, au sein de cette république.

 

Ce soir là mercredi 22 / 04 se tient au CICP, 21 ter rue Voltaire une petite réunion de solidarité pour Gaza, à l’initiative de Génération Palestine. Tout à coup, effervescence en contrebas sur le boulevard Voltaire. Quatre personnes sont en train de rouer de coups un participant au meeting qui remontait paisiblement la rue en direction du centre associatif situé à 200 m environ. S’ensuivent des affrontements très violents lorsque le petit service de sécurité du meeting, venu à la rescousse, se trouve débordé car confronté à une bande organisée d’une quarantaine de nervis sionistes identifiés comme tels, surgie comme par magie de nulle part. Un véritable guet-apens. Ce soir là, il y a bien eu attaque préméditée. Et ce d’autant plus que d’autres provocations ou agressions, verbales ou physiques, ayant eu lieu à peu près au même moment dans les environs, confirment cette thèse. Ainsi des jeunes femmes portant le hijab et se rendant à la réunion Palestine ont déclaré à la police avoir été menacées et suivies par un groupe hostile depuis la place de la nation, un autre jeune porteur de keffieh palestinien, entré imprudemment dans un café, « se fait courser » et violemment agressé par une bande d’hystériques. Le lendemain, c’est à dire jeudi soir un commando viendra à nouveau asperger de gaz lacrymogène les portes du CICP.

 

Bref tout cela ne serait demeuré qu’exactions supplémentaires à mettre au compte de milices pro israéliennes ayant pour nom Betar ou Ligue de Défense Juive, si, et c’est cela qui pose problème, cette agression ne s’était déroulée sous le regard même des forces de police. Celles ci présentes sur les lieux, justement à la demande de Génération Palestine, sans doute dans l’attente de consignes de leurs supérieurs ont temporisé suffisamment longtemps pour que les agresseurs aient le temps de blesser sérieusement deux des jeunes. In fine, intervention des fonctionnaires, contrôles d’identité et tout le monde, agresseurs, victimes, témoins, se retrouve au commissariat du XIe arrondissement. Les deux blessés y déposent plainte puis se rendent aux urgences hospitalières où ils passeront la nuit après s’être vus délivrer des ITT respectivement de 2 et 3 jours. Les policiers leur demandant juste de revenir le lendemain matin au commissariat pour compléter leur déposition.

 

Et c’est ce même jeudi à 11 h que le piège se referme sur eux. Ce qui n’aurait dû être qu’une formalité rapide, leur déposition, se transforme en cauchemar. Ils apprennent qu’ils sont convoqués dans un autre commissariat, celui du XIXe. Confiants en la justice de leur pays, ils s’y rendent immédiatement, non sans avoir été menacés et insultés, à nouveau, aux portes même de celui ci par un groupe organisé présent et apparemment bien renseigné sur leur rendez vous. A peine arrivés, ils apprennent, changement de rôle, qu’ils sont désormais en garde à vue.

 

A croire que le scénario qui depuis la veille attendait d’être peaufiné était désormais au point. Emprisonnés de jeudi midi à samedi dans les locaux du commissariat de Riquet, les deux jeunes, se sont ensuite vus déférés devant un juge d’instruction. Celui ci, ne peut que les remettre en liberté sous contrôle judiciaire après, incroyable mais vrai les avoir gratifiés, eux les agressés ainsi qu’une troisième personne, celle là même qui avait été assaillie en premier, d’une hallucinante inculpation pour « violences en réunion et actes antisémites ».

 

Dés lors plusieurs questions s’imposent. Que faisait Samy Gozlan sur le théâtre d’opérations du boulevard Voltaire ? En effet si l’on en croît plusieurs témoins, on aurait vu rapidement accourir sur le lieux des incidents cette figure connue du soutien à Israël. Cet ex commissaire de police et responsable communautaire au CRIF, est aussi le chef du très officiel SPCJ "Service de protection de la communauté juive". Il est surtout connu pour être un ennemi fanatique de la cause palestinienne. Avait-il décidé de se reconvertir dans la protection de la communauté musulmane, qui en avait bien besoin ce soir là, ou était-il en train de faire son footing vespéral ? L’inculpation scandaleuse des victimes n’est-elle pas le fruit d’un deal, histoire de contrebalancer l’inculpation pour violences des deux agresseurs sionistes arrêtés dont semble t-il un cadre connu d’une de ces milices ? En tout cas tout cela en dit long sur le niveau de connivence entre l’Etat et ces mêmes milices.

 

Depuis le temps qu’elles agissent dans l’impunité, de Mitterrand à Sarkozy, les milices sionistes sont très utiles, tout comme les milices de l’extrême droite classique, au pouvoir politique français. D’abord comme instrument de terreur à l’encontre du mouvement de solidarité pro-palestinien. Mais il semble qu’elles aient aussi désormais une autre fonction, celle de terroriser la jeunesse « indigène », dans le but de la mettre au pas. Ainsi de plus en plus souvent, celles ci se font le bras armé de l’islamophobie ambiante. A de nombreuses reprises ces dernières années, souvent en marge de manifestations pour la Palestine, des jeunes musulmanes se sont fait arracher leur Hijab par des admirateurs de l’Etat d’Israël.

 

Autre constat. Cette nouvelle affaire d’agression sioniste intervient curieusement après celle il y a quinze jour du gala "Nos talents pour Gaza" ( deux blessés parmi les gens qui faisaient la queue ) par un commando hurlant « mort aux Arabes ! ». Deux des assaillants de l’attaque contre le théâtre Adyar le 12 avril auraient d’ailleurs à nouveau été identifiés parmi ceux de mercredi soir. Dans une conjoncture marquée par la conférence de Durban et la commémoration de la création d’Israël, les milieux sionistes comme d’habitude vont tout faire pour banaliser leur soutien constant à des crimes de guerre, ceux de l’armée israélienne, surtout après l’agression contre Gaza. Ainsi l’hebdo Actualités Juive tente déjà, dans un article tout récent titré "les barbares", d’exploiter de façon indécente, l’émotion plus que légitime soulevée par l’odieux assassinat du jeune Ilan Halimi dont le procès des tortionnaires s’ouvre bientôt. En liant, rien de moins, ce crime crapuleux aux propos d’Ahmadi Nejad et à Durban II. Bien sûr au mépris total de la mémoire du jeune Ilan mais dans le sens d’un soutien accru à Israël. Sous le thème, "les mots ( comprendre ceux des pro-palestiniens, avérés ou supposés) conduisent aux actes" ( ceux du Gang des Barbares, assassins du jeune Ilan ).,

 

C’est ainsi que par la magie d’une promotion républicaine express, réservée aux seuls jeunes bronzés, deux victimes, des « issues de » passent en un clin d’œil, de la catégorie d’agressés à celle d’agresseurs. Ce qui, diront certains, n’est, ni plus ni moins, en raccourci, que le sort subi par le peuple palestinien depuis son expulsion hors de sa terre natale en 1948. Considéré depuis 60 ans, par un étrange strabisme occidental, comme le bourreau de son bourreau.

 

Dans la France de 2009, les jeunes bronzés de toute évidence demeurent les coupables tous désignés de tous les maux du moment. Délinquance, toxicomanie, violences scolaires, urbaines ou conjugales, bien sûr anti sémitisme et bientôt, pourquoi pas, le chômage et la crise financière, eux qui en sont les premières victimes. Suspects professionnels, c’est à eux de prouver en permanence leur innocence. Surtout quand ils sont hors de cause, surtout quand ce sont eux sur lesquels se déchaîne le monde politique. Leur innocence apparente ne peut être alors qu’un sortilège oriental et c’est bien là, la marque de leur perversité suprême que de réussir à dissimuler leur culpabilité ontologique. Ce que l’on veut faire payer à trois jeunes dans cette nouvelle affaire de violences sionistes est connu. Tout simplement la défense du droit à la liberté pour le peuple palestinien et l’opposition résolue à une idéologie colonialiste avérée, le sionisme. Mais c’est aussi leur dignité que l’on veut fouler des pieds et c’est leur soumission totale que l’on réclame à corps et à cris. Pourtant les politiques de ce pays devraient le savoir, rien n’arrêtera notre quête de justice.

 

Zulficar du MIR

11/05/2009

Fait divers au printemps

Pauvre France ...

 

"Les policiers ont fait 'Bingo !' comme s’ils avaient découvert une cache d’armes"

LE MONDE | 11.05.09 | 10h32  •  Mis à jour le 11.05.09 | 19h00

lu sur :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/05/11/les-policiers-ont-fait-bingo-comme-s-ils-avaient-decouvert-une-cache-d-armes_1191399_0.html

 

Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd'hui une "manœuvre d'intimidation".

Membre active d'un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen dans l'affaire des sabotages de voies SNCF, elle en connaît quelques-unes, en a croisé d'autres à Tarnac, en Corrèze, où elle s'est déjà rendue. Mais elle ne s'attendait pas, six mois après l'arrestation des neuf le 11 novembre 2008, a être, à son tour, interpellée de la sorte dans la rue. Depuis lors, elle collecte les témoignages.

Ce 28 avril, en début d'après-midi, Tessa Polak circule en voiture dans le 20e arrondissement à Paris avec Benjamin Rosoux, l'un des mis en examen de Tarnac, à ses côtés. "A l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue du Jourdain, alors que je ralentissais, une nuée de types a surgi, dit-elle. Ma vitre était ouverte, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe tandis que deux autres me braquaient de face. J'ai cru à un car-jacking." Il s'agit en fait de policiers en civil. Eberluée, elle ne se souvient que de ces mots : "Terroriste ! Terroriste !"

Menottée, elle est embarquée dans une autre voiture, tandis que Benjamin Rosoux est planté sur le trottoir, et emmenée à son propre domicile où a lieu une perquisition. Sur place, la police saisit ses ordinateurs et deux piles de L'insurrection qui vient. Ce livre collectif et anonyme, en vente libre, est perçu par la police, qui l'attribue à Julien Coupat, comme la doctrine du groupe. Il a été versé, dans son intégralité, au dossier d'instruction et vaudra d'ailleurs à son éditeur, Eric Hazan, d'être entendu le 9 avril par la police antiterroriste.

Dans le coffre de la voiture de Tessa Polak, la SDAT en découvre 400 autres exemplaires. "Ils ont fait 'Bingo !', comme s'ils avaient découvert une cache d'armes, ironise-t-elle. Sauf que quand ils m'ont demandé d'où ça venait, je leur ai dit que j'étais passée chez l'éditeur et que je comptais les distribuer dans le cadre du comité de soutien, ce qu'ils savaient déjà."

Tout au long de sa garde à vue, et des "8 à 10 interrogatoires", la jeune femme comprend qu'elle a fait l'objet d'une surveillance. Aux policiers qui lui demandent pourquoi elle a prêté son véhicule, en novembre 2008, à trois des mis en examen, dont Benjamin Rosoux, elle répond : "Ma voiture je l'ai prêtée comme ma maison est ouverte, mon frigo est ouvert…" "Ce qui m'a étonnée, poursuit Tessa Polak, c'est que leurs investigations portaient beaucoup sur le livre. Le type de questions qu'ils m'ont posé, la manière avec laquelle ils le faisaient, c'était pour valider leurs fantasmes. Le mot 'cellule' revenait sans cesse…"

Après 48 heures, elle est brièvement présentée au juge d'instruction Thierry Fragnoli pour une prolongation de sa garde à vue. Tessa Polak jure alors l'avoir entendu dire : "Ce n'est pas ma faute mais vous allez payer pour les autres." "J'étais sonnée", dit-elle.

Avec le recul, la jeune femme analyse son interpellation comme une "manœuvre d'intimidation, une façon de briser les solidarités actives, d'envoyer des signaux, et de banaliser les garde à vue". "Sinon, ajoute-t-elle, pourquoi m'ont-ils convoquée de cette façon ? Quand je leur ai demandé, ils ne m'ont pas répondu." Après cette interpellation, et celle de plusieurs étudiants, soupçonnés d'avoir participé à une manifestation non autorisée en faveur, notamment, de Julien Coupat, dernier des mis en examen à être toujours incarcéré, les comités de soutien – il en existerait une cinquantaine en France –, se sentent sous pression. "Il y a une demande très pressante de “guides” de garde à vue", ironise Frédéric Combarieu, membre du comité parisien.

Alors que le juge des libertés et de la détention doit une nouvelle fois statuer sur la demande de remise en liberté de Julien Coupat, ce dernier lassé des fouilles et de cette "farce", a demandé à ne pas être extrait de sa cellule pour l'occasion. Pour les mêmes raisons, le comité de soutien ne se rassemblera pas non plus ce jour-là. Mais plusieurs initiatives en mai, des concerts notamment, sont à l'ordre du jour

 

Isabelle Mandraud

Article paru dans l'édition du 12.05.09

15/01/2009

Grande manifestation jusqu'’à l’'ambassade d'’Israël à Paris CE SAMEDI

IL FAUT AVOIR LE COURAGE DE SES OPINIONS !
Les palestiniens de GAZA sont-ils des terroristes ou des résistants ?
Rappelez-vous la dernière guerre mondiale et la propagande NAZI : voyez par exemple l'article de WIKIPEDIA sur L'AFFICHE ROUGE (http://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge - Voir la photo dans l'album ci-contre )
..."L'affiche, dont l'image figure ci-contre, comprend :
* un slogan : « DES LIBERATEURS ? LA LIBÉRATION ! PAR L'ARMÉE DU CRIME »
* les photos, les noms et les actions menées par dix résistants du groupe Manouchian :
o « GRZYWACZ : Juif polonais, 2 attentats »
o « ELEK : Juif hongrois, 8 déraillements »
o « WASJBROT : Juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements »
o « WITCHITZ : Juif polonais, 15 attentats » (en réalité il est français)
o « FINGERWEIG : Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements »
o « BOCZOV : Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats »
o « FONTANOT : Communiste italien, 12 attentats »
o « ALFONSO : Espagnol rouge, 2 attentats »
o « RAYMAN : Juif polonais, 13 attentats »
o « MANOUCHIAN : Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés »
* six photos d'attentats ou de destructions, représentant des actions qui leur sont reprochées.
La mise en page marque une volonté d'assimiler ces dix résistants à des terroristes : la couleur rouge ; le triangle formé par les portraits apportent de l'agressivité ; les six photos en bas, pointées par le triangle, soulignent leurs aspects criminels."...
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Grande manifestation jusqu'’à l’'ambassade d'’Israël à Paris CE SAMEDI !

> Face à l’horreur sans nom de ce que les médias qualifient pudiquement d’"opération", "intervention" ou d’"offensive", et qu’il faut appeler par son nom : UN GENOCIDE, nous appelons, avec beaucoup d’autres associations à une grande manifestation à Paris ce samedi 17 janvier à 14 H 30 qui partira de la place du Chatelet pour se rendre à l’ambassade d’Israël. Ci-dessous notre déclaration auprès de la préfecture de police de Paris.

Cher Monsieur

Je vous informe que notre association CAPJPO-EuroPalestine appelle à manifester à Paris samedi 17 janvier contre les massacres israéliens dans la Bande de Gaza.

Itinéraire : de la place du Chatelet à l’ambassade d’Israël. Départ 14 H 30 de la place du Chatelet. Parcours : Rue de Rivoli. Concorde. Avenue des Champs Elusées jusqu’à l’ambassade d’Israël.

Vous recevrez des déclarations d’appel à cette manifestation de la part de bien d’autres associations dans les heures qui suivent, les massacres de la population de la Bande de Gaza par Israël ne faisant que s’amplifier. Plus de 1000 morts et 5000 blessés, dont la moitié de femmes et d’enfants, en ce 19ème jour d’agression sauvage, où les escadrons de la mort israéliens n’hésitent pas à recourir à des bombes au phosphore, à sous-munitions et autres engins barbares.

Les médecins sur place témoignent qu’ils ne peuvent même pas soigner les blessés, étant donné l’état dans lequel ils leur arrivent, et se contentent de pratiquer des amputations à la chaîne (qui ne sauvent pas toujours les vies étant donné la gravité des lésions).

Nous tenons à souligner que vous avez autorisé le CRIF, à Paris comme à Marseille, à manifester ces jours-ci devant l’ambassade et le consulat d’Israël. L’argument de risque de trouble à l’ordre public n’est donc pas de mise.

Par ailleurs, des manifestations ont lieu quotidiennement devant l’ambassade d’Israël dans des grandes capitales comme Londres, et il n’y a aucune raison pour que cela ne soit pas possible ici.

Enfin, le fait que vous autorisiez des ligues fascistes comme la Ligue de Défense Juive à s’entrainer militairement en France, à y faire des ratonnades et à blesser des jeunes, comme à nouveau ces jours-ci devant le Lycée Jeanson de Sailly à Paris, rend incontournable le fait d’aller protester devant l’ambassade d’Israël, associée au demeurant à un gala au profit de l’armée israélienne, programmé le 21 janvier prochain à Paris.

Olivia Zémor, Présidente de CAPJPO-EuroPalestine

NOUS APPELONS TOUTES LES ASSOCIATIONS A INFORMER LA PREFECTURE DE POLICE DE PARIS DE LEUR PROPRE APPEL A PARTICIPER SAMEDI PROCHAIN A CETTE MANIFESTATION.

Il faut pour cela envoyer une déclaration à cyrille.bourreau@interieur.gouv.fr avec le nom de votre association.

IL FAUT QUE TOUTES LES VILLES DE FRANCE LANCENT UN APPEL A MANIFESTER SAMEDI ET CONTINUENT A SE MOBILISER COMME ELLES LE FONT DEPUIS LE DEBUT DES MASSACRES ISRAELIENS.

IL FAUT QUE LA MOBILISATION S’AMPLIFIE : LE PEUPLE PALESTINIEN NOUS CRIE "AU SECOURS !"

IL FAUT QUE NOTRE PRINCIPAL MOT D’ORDRE SOIT LE BOYCOTT DE TOUTES LES RELATIONS ET COLLABORATIONS AVEC ISRAEL. IL FAUT QUE LES PARTIS ET SYNDICATS ORGANISENT LE GEL DE TOUTES LES IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS CONCERNANT ISRAEL ET NOTAMMENT LES VENTES ET ACHATS D’ARMES, COMME CELA VIENT DE SE FAIRE EN GRECE OU LES TRAVAILLEURS ONT BLOQUE LES MUNITIONS AMERICAINES DESTINEES A ISRAEL

IL FAUT QUE TOUTES LES UNIVERSITES, TOUS LES INSTITUTS DE RECHERCHE ARRETENT IMMEDIATEMENT D’ENTRETENIR DES RELATIONS AVEC LES INSTITUTIONS ISRAELIENNES, CAR AUCUNE D’ENTRE ELLE N’A ELEVE LA MOINDRE PROTESTATION CONTRE LES MASSACRES ISRAELIENS !

Chacun d’entre nous, dans son entreprise, doit en discuter, et refuser de se rendre complice, même passivement, de ce qui se passe dans la bande Gaza.

SAUVONS GAZA !

Merci de nous tenir informés de vos actions pour que nous puissions les répercuter et montrer que la mobilisation ne faiblit pas, au contraire. Merci à toutes les associations de nous envoyer (à info@europalestine.com ) une copie par mail de leur déclaration en préfecture, pour pouvoir en faire état sur notre site http://www.europalestine.com

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

02/01/2009

Pétition EN LIGNE pour un cessez-le feu à GAZA

Message du 30/12/08 18:24
De : "Brett Solomon - Avaaz.org"
Objet : Gaza: demande de cessez-le-feu

Chers amis,

Signez votre nom dans la pétition urgente demandant un cessez-le-feu à Gaza. Nous la ferons parvenir immédiatement au Conseil de sécurité de l’ONU, à la Ligue arabe, aux États-Unis et aux autres dirigeants mondiaux.

Agissez maintenant !
Pendant que nous sommes témoins de l’horrible massacre se déroulant en ce moment à Gaza, atterrés par la façon avec laquelle la crise s’aggrave hors de tout contrôle, une seule chose semble claire : cette escalade de violence n’apportera que des souffrances supplémentaires aux civils.

Une solution alternative doit être envisagée afin de résoudre cette crise continue. Plus de 370 personnes sont mortes et des centaines sont blessées. Les tirs de roquette secouent Ashdod, au coeur d’Israël, pour la première fois, tandis que les zones frontalières se mobilisent en vue d’une invasion. À présent, une réponse internationale s’est fait entendre. Or, des actions fermes de la communauté internationale, et non des déclarations, seront nécessaires pour arrêter la violence immédiatement et faire régner la paix.

Aujourd’hui, nous lançons une campagne urgente qui parviendra au Conseil de sécurité de l’ONU et à des pouvoirs-clés mondiaux, les appelant à agir pour assurer un cessez-le-feu immédiat, à freiner la crise humanitaire grandissante et à poser des gestes concrets dans la construction d’une paix réelle et durable. Suivez ce lien dès maintenant pour signer la pétition urgente et pour l’envoyer à tous ceux que vous connaissez :

http://www.avaaz.org/fr/gaza_time_for_peace/

Après plus de huit années de diplomatie américaine et mondiale inefficaces, et en ce jour le plus sanglant dans l’histoire récente de Gaza, nous devons lancer un cri d’alarme global demandant aux dirigeants mondiaux d’aller au-delà des déclarations s’ils veulent construire la paix dans cette région. L’ONU, l’Union européenne, la Ligue arabe et les États-Unis doivent désormais agir de concert pour assurer un cessez-le-feu. Ceci inclut la fin des attaques à la roquette vers Israël et l’ouverture des postes de contrôle aux combustibles, à la nourriture, aux médicaments et aux autres livraisons d’aide humanitaire.

Avec le nouveau président américain, qui prendra le pouvoir dans moins d’un mois, une opportunité réelle existe désormais pour insuffler une nouvelle ardeur aux efforts de paix. Ces hostilités nécessitent non seulement un cessez-le-feu immédiat, mais également un engagement d’Obama et des autres di rigeants mondiaux pour qu’une résolution du conflit israélo-palestinien soit prioritaire à l’ordre du jour. Tandis que le monde entier ressent l’impact de ce conflit interminable, nous ne pouvons demander moins.

En 2006 nous nous sommes mobilisés pour un cessez-le-feu au Liban. Nous travaillons depuis des années à encourager une paix juste et durable, diffusant nos messages sur les panneaux et les ondes d’Israël et de la Palestine. Maintenant que nous sommes aux portes de 2009, nous devons une fois de plus nous unir afin de demander une résolution durable du conflit. Veuillez suivre le lien suivant et signez au nom de la paix :

http://www.avaaz.org/fr/gaza_time_for_peace/

Tous les participants au conflit continueront à agir comme ils l’ont fait par le passé s’ils croient que le monde les laissera faire sans intervenir. En 2009, faisons en sorte que cette situation change. Devant la crise, il est temps de profiter du renouveau que la nouvelle année amène pour demander un cessez-le-feu et de travailler ensemble pour mettre un terme au cycle de la violence.

Avec espoir et détermination,

Brett, Ricken, Alice, Ben, Pascal, Paul, Graziela, Paula, Luis, Iain et toute l’équipe d’Avaaz.

Des actions supplémentaires pourraient inclure : une résolution formelle du Conseil de sécurité, plutôt que la diffusion d’un communiqué de presse, comme cela avait été fait le 28 décembre 2008 ; des pressions privées et publiques internationales explicites sur les deux parties pour mettre un terme aux hostilités, comprenant des conditions claires sur la reprise des négociations (voir également le document ci-joint, en version anglaise seulement : http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1230456497503& pagename=JPost/JPArticle/ShowFull); une surveillance internationale efficace de la frontière à Rafah ; et au moment opportun, une résolution détaillée du Conseil de sécurité établissant les conditions d’une paix permanente entre Israël et la Palestine dans le cadre légal international.