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30/09/2010

Les manifestations en Europe

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/defile-a-bruxelles-contre-les-politiques-de-rigueur-29-09-2010-1242982_28.php

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Publié le 29/09/2010 à 20:39 Le Point.fr

Défilé à Bruxelles contre les politiques de rigueur

 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé, mercredi, dans les rues de Bruxelles à l'occasion d'une journée de mobilisation à travers l'Europe contre les mesures d'austérité qui, de l'avis des syndicats, vont freiner la reprise économique et peser lourdement sur les bas salaires. Les syndicats avaient organisé des rassemblements dans treize capitales européennes, de Lisbonne à Helsinki, et l'Espagne a vécu à l'heure de la grève générale, la première depuis huit ans, pour s'opposer aux baisses des dépenses publiques ainsi qu'à des réformes du code du travail. Des manifestations ont aussi eu lieu à Dublin, Lisbonne, Rome, Paris, Riga, Varsovie, Nicosie, Bucarest, Prague, Vilnius, Belgrade et Athènes.

"C'est le début de la lutte, pas la fin. Notre principale revendication aujourd'hui, c'est de faire entendre notre voix contre l'austérité et pour les emplois et la croissance", a dit John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES). À Bruxelles, l'organisation syndicale européenne a avancé un chiffre de 100.000 manifestants. Les policiers ont compté, eux, 56.000 personnes dans le défilé. Il y a eu plus de 200 interpellations pour des délits mineurs. Au Portugal, en pleine crise de sa dette, les syndicats ont fait état de 50.000 manifestants dans la capitale, Lisbonne, et de 20.000 à Porto. La police n'a fourni aucune estimation. En Grèce, qui s'est engagée dans une cure d'austérité en échange de l'aide financière de l'UE et du FMI, un millier de personnes seulement se sont rassemblées dans le centre d'Athènes, loin de la mobilisation des derniers mois qui avait culminé à 50.000 manifestants en mai. À Varsovie, les manifestants étaient 5.000.

Cortège funèbre

"Le sentiment général qu'ont les gens, c'est que pour le système bancaire, on trouve des millions et des milliards d'euros, alors que pour les allocations sociales, on réduit tout. Ce n'est pas juste", déplorait Ralf Kutkowski, un mineur des houillères allemandes, parmi le flot des manifestants à Bruxelles. Les protestataires agitaient dans les rues de Bruxelles des drapeaux et des banderoles rejetant l'austérité et prônant la priorité à l'emploi et à la croissance. On trouvait parmi les cinquante syndicats représentés dans la capitale belge aussi bien des "gueules noires" venues d'Allemagne que des ouvriers roumains du secteur gazier et des employés des chantiers navals polonais.

En tête du défilé avançait un groupe de personnes vêtues de noir et portant des masques, des parapluies et des valises noirs, symboles d'un cortège funèbre pleurant la mort de l'Europe. En Espagne, l'impact de la grève générale était limité essentiellement aux transports en commun et à certaines usines, notamment dans l'industrie automobile. Les syndicats espagnols ont estimé que dix millions de salariés, soit un sur deux, avait cessé le travail. Le gouvernement socialiste n'a pas donné de chiffres mais a minimisé l'impact général du mouvement social.

Les gouvernements européens disent avoir été contraints d'adopter des mesures d'austérité pour écarter le danger d'une crise de leur dette souveraine comme celle qu'a traversée la Grèce au printemps. De l'avis des économistes, les grèves et manifestations ne devraient pas contraindre les États à renoncer aux réformes structurelles et aux réductions budgétaires, mais elles pourraient limiter l'ampleur des réformes sur le long terme et déboucher sur la défaite de certains gouvernements lors des élections. "Nous comprenons bien qu'il y a une crise, mais elle sert de prétexte idéal pour tous types de pressions exercées sur les salariés", a déclaré Alexandre Nikolov, venu de Bulgarie par la route pour manifester à Bruxelles. Pour Dennis Radtue, syndicaliste représentant les mineurs des houillères d'Allemagne, le fossé se creuse entre riches et pauvres en Europe. "C'est un problème parce que les riches ont beaucoup d'occasions de placer leur argent et de ne pas payer d'impôts, alors qu'au même moment, un travailleur de base doit payer ses impôts qu'il le veuille ou non", dit-il.

21/06/2009

Les Irlandais et le traité de Lisbonne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/06/20/les-irlandais-sont-prets-a-revoter-sur-le-traite-de-lisbonne_1209325_3214.html#ens_id=1208066

 

Les Irlandais sont prêts à revoter sur le traité de Lisbonne

LE MONDE | 20.06.09 | 13h33  •  Mis à jour le 20.06.09 | 15h54

Bruxelles Envoyée spéciale

 

Pauvre traité de Lisbonne ! Jusque dans la dernière ligne droite, sa ratification restera incertaine et chaotique. Face aux nombreux obstacles qui s'opposent encore à l'entrée en vigueur de ce traité destiné à rendre l'Europe plus efficace et qui doit être ratifié par les vingt-sept Etats membres, le Conseil européen a choisi de parer au plus pressé : vendredi 19 juin, à Bruxelles, il a accordé aux Irlandais le "protocole" qu'ils exigeaient avant d'organiser un deuxième référendum sur le traité. "Nous avons maintenant une base solide pour obtenir un oui", s'est félicité le premier ministre irlandais, Brian Cowen. Il a annoncé le référendum pour le début du mois d'octobre.

Les Irlandais avaient déjà dit non au traité de Lisbonne lors d'un premier référendum, en juin 2008. M. Cowen s'était engagé à les faire revoter, à condition de leur offrir des garanties sur les sujets qui avaient alimenté leurs inquiétudes : maintien de la neutralité militaire, refus d'une harmonisation fiscale supplémentaire - l'Irlande a dû sa croissance économique au faible impôt sur les sociétés, un véritable attrait pour les multinationales -, refus de voir imposer par l'Europe l'autorisation de l'avortement.

Rien dans le traité de Lisbonne ne venait remettre en cause ces "vaches sacrées" irlandaises, habilement exploitées par les partisans du non. Le geste demandé par Brian Cowen aux autres Européens est plus politique que juridique : il ne s'agit pas de modifier le traité de Lisbonne, puisqu'il ne contredit pas les garanties demandées, mais de prouver aux électeurs irlandais que leur vote n'a pas été méprisé et que l'Union européenne est prête à les écouter.

Vendredi, le Conseil a donné à ces garanties, déjà formulées en décembre 2008, une forme juridique : il s'est engagé par écrit à les annexer sous la forme d'un "protocole" au prochain traité européen, lequel sera vraisemblablement le traité d'adhésion de la Croatie ou de l'Islande. Pas question, en effet, d'annexer ce protocole au traité de Lisbonne : ce serait fournir des armes aux adversaires du traité, qui pourraient exiger de reprendre à zéro le processus de ratification.

Le président tchèque, Vaclav Klaus, connu pour son europhobie et qui refuse toujours, comme son homologue polonais, Lech Kaczynski, de signer le traité, a tout de même saisi la perche. Dans une lettre à son premier ministre, Jan Fischer, il assure que les garanties à l'Irlande ont valeur de traité international et doivent être soumises à un vote du Parlement tchèque. Son analyse est unanimement contestée au Conseil, y compris par M. Fischer, mais elle a de quoi donner l'occasion aux eurosceptiques de repartir au combat. Notamment à David Cameron, leader de l'opposition conservatrice britannique et probable futur premier ministre : il brandit la menace d'un référendum qui remettrait en cause la ratification du traité par le Royaume-Uni.

Les Vingt-Sept s'y préparent. Gordon Brown, premier ministre britannique, en position instable, a tenté de s'opposer à cette forme contraignante du "protocole", qui risque de rouvrir le débat risqué de la ratification. Mais entre le risque de voir les Irlandais dire non une seconde fois et celui de s'affronter aux manoeuvres juridiques des eurosceptiques, les vingt-sept dirigeants de l'UE ont choisi de circonscrire l'incendie le plus urgent, le vote des Irlandais.

Sans lui, pas de traité de Lisbonne. Donc pas de Parlement renforcé, pas de prises de décision facilitées par l'abandon du droit de veto et le passage à la majorité qualifiée dans un plus grand nombre de domaines, pas de président stable du Conseil européen, pas de fusion des services diplomatiques de la Commission et du Conseil gérés par un futur ministre des affaires étrangères... Même si les Irlandais votent oui, les Européens auront d'autres incendies à éteindre : du côté de la République tchèque, de la Pologne et du Royaume-Uni.

 

Marion Van Renterghem

Article paru dans l'édition du 21.06.09

08:47 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, europe

18/02/2009

Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/10/23/amiante-une-etude-souligne-les-dangers-de-l-exposition-passive_970029_3224.html#ens_id=1156607

Amiante : une étude souligne les dangers de l'"exposition passive"
LEMONDE.FR avec AFP | 23.10.07 | 12h06 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h16

Une étude, réalisée conjointement par l'Institut de veille sanitaire et l'Inserm, publiée mardi 23 octobre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, décrit, pour la première fois selon ses auteurs, des cas de cancers parmi des enseignants, des chercheurs et des ingénieurs, appartenant à un même campus universitaire, en l'occurrence celui de Jussieu à Paris, qui n'avaient jamais été exposés professionnellement à l'amiante auparavant.

Le document a diagnostiqué, entre 2001 et 2002, cinq cas de mésothéliome pleural – un cancer de la plèvre – chez un volcanologue, un physicien, un paléontologue, un ingénieur et une professeure de mathématiques exerçant à Jussieu. Cette découverte confirme, selon les chercheurs, "l'importance de l'impact sanitaire d'une exposition passive à l'amiante".

"UN MAXIMUM DE DÉCÈS ENTRE 2010 ET 2020"

"Parmi les cinq personnes, nées en 1934 et 1942, aucune exposition professionnelle active, domestique ou environnementale n'a pu être identifiée, excepté l'utilisation rare de produits de protection pour certains", relèvent-ils, alors que pendant dix à trente-cinq ans, ils ont tous été présents "à proximité d'un chantier de flocage au moment de la construction du campus".

Au-delà des cas particuliers, l'étude souligne que les décès causés par l'exposition à l'amiante, notamment par des mésothéliomes, des cancers du poumon et "très vraisemblablement des cancers du larynx", vont "continuer de se développer pendant au moins deux ou trois décennies dans notre pays". En Europe de l'Ouest, en particulier,"un maximum de décès attribuables au mésothéliome pleural" devraient avoir lieu "entre 2010 et 2020", note un spécialiste du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC-OMS).

Dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le professeur Marcel Goldberg revient sur les moyens mis en place en France pour lutter contre les retombées de l'amiante, constatant que même si des progrès ont été réalisés et que le retard a été comblé, il reste "beaucoup à faire". "On 'savait' depuis longtemps" les dangers de l'amiante, mais, en France, "la première réglementation en milieu de travail date de 1977 et l'interdiction de l'importation et de l'utilisation de l'amiante a été promulguée en 1997, alors que huit pays avaient déjà pris une telle mesure", souligne M. Goldberg.

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/30/l-amiante-devrait-echapper-a-l-inscription-sur-une-liste-internationale-de-produits-dangereux_1112843_3244.html#ens_id=1156607

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux
LEMONDE.FR | 30.10.08 | 13h53 • Mis à jour le 17.02.09 | 15h15
MONTRÉAL (CANADA) CORRESPONDANCE

L'amiante chrysotile, la forme la plus toxique de cette fibre minérale, ne devrait pas être inscrit sur la liste des 39 produits chimiques dangereux de la Convention de Rotterdam, ce qui satisfait l'industrie canadienne, quatrième producteur mondial.

A moins d'un revirement à la réunion de Rome, qui se poursuit jusqu'au vendredi 31 octobre en présence des représentants de plus de 120 pays signataires du traité, il n'y aura pas de consensus sur la question : l'Inde, le Pakistan, le Vietnam et les Philippines se sont opposés, mardi 28 octobre, à l'ajout du chrysotile à la liste rouge, ce qui aurait rendu difficile le commerce de la fibre cancérigène, sans toutefois l'interdire comme dans l'Union européenne et la plupart des pays industrialisés.

Le gouvernement canadien avait refusé jusqu'à la dernière minute de faire connaître sa position officielle, répétant seulement, mercredi, qu'il prônait toujours une utilisation "responsable et sécuritaire" du chrysotile. Christian Paradis, député de la région québécoise de l'amiante et porte-parole d'Ottawa à Rome, s'attendait à un renvoi "à la prochaine réunion, en 2010". Un autre député canadien, le néo-démocrate Pat Martin, ancien mineur d'amiante, a déclaré que "le Canada n'a rien dit, laissant ses principaux clients faire le sale travail à sa place".

"MANIPULATIONS HONTEUSES"
Ce dossier a enflammé les esprits au Canada. L'Association médicale canadienne a vivement dénoncé l'attitude du gouvernement. Dans un éditorial intitulé "La mortalité liée à l'amiante, une exportation canadienne", elle soulignait que "le Canada est la seule démocratie occidentale à s'être constamment opposée aux efforts internationaux visant à réglementer le commerce mondial de l'amiante... en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques". Ottawa, ajoute-t-elle, "semble avoir calculé qu'il est préférable pour l'industrie de l'amiante d'agir dans l'ombre, comme les marchands d'armes, sans égard aux conséquences mortelles de son utilisation".

L'Institut Rideau, centre de recherche indépendant, a reproché à Ottawa et Québec de financer le lobby de l'amiante et de nier les dangers de cette fibre. Des scientifiques canadiens ont demandé au premier ministre Stephen Harper de "cesser de faire obstruction" à la Convention de Rotterdam, tandis que le quotidien The Gazette révélait l'existence d'un rapport non publié du ministère canadien de la santé sur les dangers de l'amiante.

Anne Pélouas

En Corse, l'"enfer blanc" de Canari bientôt sécurisé

A l'abandon depuis plus de quarante ans, l'ancienne mine d'amiante de Canari (Haute-Corse) va être mise en sécurité grâce à des crédits européens et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les travaux, d'un montant de 7,4 millions d'euros, débuteront en 2009 pour s'achever en 2010. Le chantier nécessitera des moyens de protection des prestataires et des riverains, pour prévenir la dispersion des fibres. Surnommé "l'enfer blanc" par les mineurs, ce gisement - le plus grand de France - a été exploité par une filiale d'Eternit de 1949 à 1965. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 31.10.08

Commission européenne : Résistances à l'interdiction complète de l'amiante

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/17/amiante-les-risques-lies-aux-petites-fibres-ont-ete-sous-estimes_1156495_3244.html#ens_id=1156607

Des résistances à l'interdiction complète de l'amiante :

Dans le cadre du règlement Reach sur les produits chimiques, la Commission européenne doit examiner, les 19 et 20 février, des dérogations sur les produits contenant de l'amiante. Si la Commission, puis le Parlement donnaient leur feu vert, "la mise sur le marché ou l'utilisation d'articles contenant des fibres d'amiante" installés ou en service avant le 1er janvier 2005 continuerait "d'être autorisée jusqu'à leur élimination finale ou leur fin de vie utile". La Confédération européenne des syndicats et les associations anti-amiante s'y opposent. En novembre, les pays utilisateurs, appuyés par le Canada, ont obtenu que l'amiante ne soit pas inscrit sur la liste des produits dangereux dans le cadre de la convention de Rotterdam.

18:01 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amiante, europe, reach

18/12/2008

SCANDALE ! L'insecticide CRUISER autorisé en France avec "un avis favorable de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/17/l-utilisation-de-l-insecticide-cruiser-prorogee-en-france-jusqu-en-mai-2009_1132421_3244.html

L'autorisation de l'insecticide Cruiser prorogée en France jusqu'en mai 2009
LEMONDE.FR avec AFP | 17.12.08 | 19h40 • Mis à jour le 17.12.08 | 19h41

Le ministère de l'agriculture a annoncé, mercredi 17 décembre, le renouvellement, jusqu'en mai 2009, de l'autorisation d'utilisation de l'insecticide Cruiser, dont le retrait est réclamé par les apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. Cette autorisation "a été accordée à des conditions restrictives et sous réserve d'un renforcement du suivi de son utilisation, après un avis favorable de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)", a fait valoir le ministère.

Le Cruiser est un insecticide utilisé dans la protection du maïs destiné à l'alimentation animale contre un insecte qui s'attaque aux racines, le taupin. Il avait reçu en janvier une autorisation de mise sur le marché du ministère de l'agriculture pour une durée d'un an. Début décembre, des apiculteurs et des associations de défense de l'environnement avaient manifesté dans plusieurs villes, lors d'une journée d'action nationale, pour demander l'interdiction de ce pesticide.

"EXTRÊMEMENT NÉFASTE"

La molécule active du Cruiser, le thiamethoxam, détruit le système nerveux des insectes. Le produit enrobe la semence et agit pendant la croissance de la plante. Or, ce type d'insecticide neurotoxique systémique, dont font aussi partie le Gaucho et le Régent, est soupçonné, par les apiculteurs, d'être à l'origine de l'affaiblissement des colonies d'abeilles constaté dans de nombreuses régions du monde. L'usage du Gaucho et du Régent sur le maïs est suspendu en France depuis 2004.

Le ministère a assuré, mercredi, que les conditions de fabrication et d'utilisation du Cruiser, produit par la firme suisse Syngenta, "sont strictement encadrées". Ainsi, l'usage de ce pesticide sur une même parcelle ne sera possible qu'une année sur trois. Le ministère a en outre étendu le protocole de suivi de l'autorisation du Cruiser à six régions au lieu de trois en 2008. Ce protocole est "innovant en termes d'évaluation des impacts environnementaux d'un produit phytosanitaire", selon le ministère, et son pilotage "sera assuré par un comité placé auprès du cabinet du ministre, associant toutes les associations qui le souhaiteront dans le cadre d'un suivi régulier et transparent".

Soulignant que "l'Afssa a reconnu les risques de ce produit pour les abeilles, et demandé de nombreuses contraintes d'utilisation (faible densité de semis, utilisation une année sur trois...)", l'association France nature environnement juge que "le renouvellement de l'autorisation de mise en vente du Cruiser [est] extrêmement néfaste pour la survie des pollinisateurs."

23/11/2008

25 nov. 2008 Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant

25 nov. 2008
Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant : sous la direction scientifique de l'Afsset et de l'IReSP

Dans l'ensemble des pays industrialisés on observe une augmentation des affections qui altèrent la fertilité masculine. Sur le banc des produits fortement suspectés se trouvent des substances chimiques qui agissent comme des perturbateurs endocriniens.

Des anomalies du système reproducteur sont observées dans de nombreuses espèces : imposex chez les mollusques gastéropodes, féminisation des populations de poissons dans les rivières et les estuaires, et dans les zones les plus sévèrement polluées, l’incidence de l'intersexualité atteint 100%.

Dans l'espèce humaine, on a observé une diminution de la production spermatique de 50% au cours des 50 dernières années, et dans la même période un doublement de l'incidence du cancer du testicule et de certaines malformations génitales.

Pour faire le point des connaissances sur les implications des chercheurs et des décideurs, sur les perspectives et les possibilités d’actions devant ces enjeux humains et environnementaux, l'Afsset et l'IReSP organisent cette journée placée sous la présidence française de l'UE. Des scientifiques venus spécialement du monde entier se retrouveront pour présenter les derniers résultats de leurs programmes de recherche.

VOIR LES INFORMATIONS SUR :

http://www.afsse.fr/index.php?pageid=1631&parentid=631&ongletlstid=3524#content

18/11/2008

Un maïs OGM, autorisé à l’alimentation, serait néfaste pour la fécondité (suite)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/18/les-souris-nourries-au-mais-mon-810-nk-603-se-reproduisent-moins-bien-que-les-autres_1119984_3244.html

Compte rendu
Les souris nourries au maïs MON 810-NK 603 se reproduisent moins bien que les autres
LE MONDE | 18.11.08 | 15h24 • Mis à jour le 18.11.08 | 15h24

Une étude toxicologique, rendue publique mercredi 12 novembre, pose de nouvelles questions sur les effets biologiques de certains organismes génétiquement modifiés (OGM). Menés par des chercheurs du département de médecine vétérinaire de l'université de Vienne (Autriche), ces travaux suggèrent que des souris nourries avec un maïs de deuxième génération - pourvu de deux constructions génétiques distinctes (MON 810-NK 603) - ont un succès reproductif inférieur à celles nourries avec la même variété de maïs non génétiquement modifiée. L'étude compte au nombre des très rares travaux toxicologiques sur les OGM financés par les deniers publics et non commandités par l'industrie.
Deux protocoles expérimentaux ont été utilisés. Le premier a consisté à suivre, sur quatre générations, des groupes d'animaux exposés aux maïs conventionnels et génétiquement modifiés. "Du point de vue des capacités reproductives, ce protocole n'a pas révélé de différences statistiquement significatives entre les groupes", explique Jürgen Zentek, principal auteur de ces travaux. Les rongeurs exposés à l'OGM et leurs descendants sur quatre générations (eux-mêmes à leur tour exposés à l'OGM) ont donc eu, grosso modo, la même capacité à se reproduire que les autres animaux.

Fin de l'histoire ? Non : dans une deuxième expérience, une même génération d'animaux a donné naissance à quatre portées consécutives. "De manière inattendue", selon M. Zentek, ce protocole a montré que les troisième et quatrième portées issues des rongeurs nourris au maïs modifié étaient significativement plus petites que celles issues des bêtes nourries au maïs conventionnel. Ce groupe de 24 paires d'individus a en effet généré 1 035 naissances, tandis que le groupe nourri à l'OGM (de même taille) n'en a généré que 844.

MONSANTO SE REBIFFE

Pourquoi les deux protocoles donnent-ils des résultats si différents ? "Dans le second, l'organisme des femelles a été très sollicité et soumis à un stress plus grand puisqu'elles ont dû mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives", explique M. Zentek. L'exposition au maïs transgénique en question pourrait donc n'avoir un effet sur la reproduction qu'en situation de stress.
D'autres investigations approfondies ont été réalisées sur l'analyse de sang, la mesure du poids des organes, etc. Les cellules intestinales des animaux nourris ou non à l'OGM ont été observées par microscopie électronique. "Il en ressort des différences qu'il est difficile d'interpréter", commente Gérard Pascal, ancien directeur scientifique de la nutrition humaine et de la sécurité alimentaire à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais ces "différences" ne sont pas pathologiques.
Très prudents dans leurs conclusions, les auteurs appellent à une poursuite des travaux pour confirmer ces résultats inédits. D'autant que ceux-ci n'ont pas encore été dûment évalués.
A une réserve près (sur le choix de la variété du maïs témoin), Gérard Pascal, peu suspect d'activisme pro ou anti-OGM, salue un "beau travail" et dit "adhérer globalement aux conclusions des auteurs". Celles-ci sont rejetées en bloc par Monsanto. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient, quant à elle, de s'autosaisir pour évaluer l'étude.
"Des études commandées par Monsanto existent sur les événements MON 810 et NK 603, mais les résultats bruts de ces études sont maintenus confidentiels, dit pour sa part Gilles-Eric Séralini (université de Caen, Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique). Il est impératif de rendre publiques ces données qui existent déjà."
Greenpeace et Les Amis de la Terre demandent, de leur côté, le retrait immédiat des OGM en cause.

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 19.11.08

09/11/2008

Pollution et réchauffement

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/pollution-et-rechauffement-des-defis-a-relever-de-pair_1116436_3244.html

ENVIRONNEMENT
Pollution et réchauffement, des défis à relever de pair
LE MONDE | 08.11.08 | 14h16 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h16
STRASBOURG ENVOYÉE SPÉCIALE

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique aura-t-elle, en améliorant la qualité de l'air, des effets bénéfiques pour la santé ? Oui, mais seulement si les deux politiques - lutte contre le réchauffement climatique et contre la pollution atmosphérique - sont pensées et menées conjointement. Dans le cas contraire, elles peuvent avoir des effets contradictoires, parfois au détriment de la santé des populations. Tel est en substance le message des experts réunis au Parlement européen de Strasbourg, jeudi 6 et vendredi 7 novembre, pour un colloque consacré à l'intégration de ces problématiques.
"Les deux questions ont jusqu'à présent été étudiées séparément, à des époques différentes, par des communautés scientifiques différentes, dans des cadres institutionnels différents", constate Jean-Marie Rambaud, vice-président de l'Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (APPA), organisatrice de la réunion. "Nous avons besoin d'une approche globale, il n'y a qu'une seule atmosphère", a plaidé Roy Harrison, spécialiste de la santé environnementale à l'université de Birmingham (Grande-Bretagne).
Les deux types de pollution sont en effet étroitement liés. Elles proviennent à peu près des mêmes sources, à savoir la combustion de carburants fossiles, la production industrielle et la production agricole. De plus, les deux phénomènes interagissent. L'ozone, qui est un polluant nocif pour la santé, contribue à l'effet de serre, et les particules ont un impact sur le climat. Réciproquement, l'augmentation des températures accélère les réactions chimiques dans l'atmosphère et aggrave la pollution. Ces interactions sont encore trop peu étudiées, selon les participants.
Les avantages attendus d'une meilleure intégration des politiques sont de plusieurs ordres. Le bénéfice pourrait être économique et politique. L'objectif de réduire de 20 % les émissions de CO2 d'ici à 2020 en Europe contribuera à minorer les particules de 12 %, les oxydes d'azote de 15 %, et le dioxyde de soufre de 40 %, a expliqué Markus Amann au nom de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA). Le bénéfice économique lié aux maladies ainsi évitées pourrait atteindre 20 milliards d'euros par an. "Ce gain substantiel n'est jamais pris en compte dans les analyses des coûts et des bénéfices des politiques de lutte contre le changement climatique", regrette le chercheur. La mise en avant de ces bénéfices sur la santé pourrait aider à légitimer la lutte contre le changement climatique, surtout dans les pays en développement, où la pollution atmosphérique est perçue comme un enjeu majeur, à l'instar de la Chine.
Une élaboration conjointe permettrait surtout d'éviter les contradictions. Le chauffage au bois, par exemple, est une source d'énergie renouvelable promue dans le cadre de la lutte contre les émissions de CO2, mais aussi un gros émetteur de particules. "Nous avons vu arriver une nouvelle source de pollution dans nos villes, a relaté Ed Dearly, de l'association britannique Environnemental Protection UK. Si le chauffage au bois remplace des centrales à charbon en milieu rural, où la pollution atmosphérique est limitée, c'est positif. S'il remplace du chauffage au gaz naturel, moins polluant, dans les villes, c'est négatif."
Autre exemple : l'encouragement donné en France, par le bonus-malus, aux véhicules diesel, moins consommateurs de carburant donc moins émetteurs de CO2, mais eux aussi émetteurs de particules. Or l'installation de filtres à particules n'est pas obligatoire en Europe. Et la présence du filtre augmente la consommation du véhicule, annulant une partie de l'effet recherché.

VISION D'ENSEMBLE

Une vision d'ensemble inciterait à privilégier les mesures efficaces sur tous les tableaux : économies d'énergie, efficacité énergétique, développement des énergies solaires et éoliennes, choix du rail et des transports en commun au détriment de la route, etc. Elle permettrait, en outre, d'anticiper les effets d'interactions inattendues. Les émissions de particules, par exemple, semblent avoir retardé les effets du réchauffement climatique en réfléchissant le rayonnement solaire. Leur diminution dans l'atmosphère risque donc d'accélérer le phénomène. "Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter de lutter contre la pollution atmosphérique, relève M. Amann, mais qu'il faut faire encore plus, et plus vite, contre les émissions de gaz à effet de serre."

Gaëlle Dupont

DEUX TYPES DE POLLUANTS :

-PRINCIPAUX POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES :
les particules (PM), les oxydes d'azote (NOx), les composés organiques volatils (COV), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2), et l'ozone (O3). Ils sont responsables de maladies respiratoires et cardio-vasculaires et, pour certains, de cancers. Les émissions de particules sont responsables, à elles seules, de 350 000 décès anticipés chaque année en Europe.

-PRINCIPAUX GAZ À EFFET DE SERRE :
le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O),l'ozone (O3) et certains gaz fluorés.


Article paru dans l'édition du 09.11.08

08/11/2008

"Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne."

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/la-sante-environnementale-en-mal-d-harmonisation_1116438_3244.html

UNION EUROPÉENNE BIOSURVEILLANCE
La santé environnementale en mal d'harmonisation
LE MONDE | 08.11.08 | 14h23 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h24

Il faut harmoniser la surveillance de la santé environnementale à l'échelle européenne. C'est le constat effectué lors d'un colloque sur la "biosurveillance" humaine en Europe, organisé les 4 et 5 novembre à Paris par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Cette réunion, initiée dans le cadre de la présidence française de l'Union, s'inscrit dans un plan européen pour 2004-2010 visant à mettre en place "un système d'information intégré sur l'environnement et la santé". Une étude pilote devrait être lancée fin 2009 pour tester la faisabilité d'une approche commune.
Le Plan d'action européen en faveur de l'environnement et de la santé définit la biosurveillance comme "la surveillance de l'homme en utilisant des indicateurs biologiques dénommés "biomarqueurs", révélateurs d'expositions environnementales, de maladies (...), et l'étude des liens éventuels existant entre eux".
Les biomarqueurs d'exposition comprennent des métaux (mercure, cadmium, plomb ou leurs résidus) dont la quantité témoigne de l'importance du contact avec ces polluants. Les altérations de l'ADN provoquées par un agent génotoxique font partie des biomarqueurs d'effet.
Les pays européens affrontent des problèmes communs : PCB (polychlorobyphéniles) contaminant les rivières, phtalates présents dans les jouets, champs électromagnétiques, tabagisme passif... Mais leurs réponses manquent de coordination et les procédures diffèrent, rendant les comparaisons difficiles. Les valeurs de référence pour déterminer les doses tolérables et prendre des mesures concrètes sont en nombre insuffisant. En Europe, certains pays, tels que l'Allemagne, la Suède ou la Belgique (au niveau de la Flandre), ont ainsi pris de l'avance sur la France dans la mise en place de mesures de surveillance.
Marike Kolossa-Gehring (Agence fédérale de l'environnement, Allemagne) a présenté les résultats inquiétants d'une étude environnementale dont la première phase a commencé en 1985, et qui porte sur près de 2 000 enfants : "Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne." Le niveau d'exposition est d'autant plus élevé que le niveau socio-économique de la famille de l'enfant est bas. Mais il pourrait être réduit par des modifications des comportements et de la réglementation.
Représentant la direction générale de l'environnement de la Commission européenne, Birgit Van Tongelen a rappelé les différentes initiatives impulsées par Bruxelles, dont la mise sur pied, en 2005, d'un réseau d'experts européens en biosurveillance, Esbio. Pourtant, dans une résolution adoptée le 4 septembre, le Parlement européen regrettait "profondément le fait que la Commission n'ait pas fourni des financements suffisants en 2008 pour la biosurveillance humaine". C'est dire à quel point l'attente est grande dans ce domaine.

Paul Benkimoun

En France, un comité de la biosurveillance va être créé en 2009

En France, la biosurveillance humaine fait partie des missions de l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui conduit, depuis 2006, une Etude nationale nutrition santé (ENNS). Dans ce cadre, des informations sur l'exposition environnementale aux métaux lourds et aux pesticides sont recueillies. Cela permet une "biosurveillance intégrée", a indiqué le directeur général de la santé, Didier Houssin, lors du colloque sur la biosurveillance humaine en Europe.
Directrice adjointe à la direction générale de la santé, Sophie Delaporte a annoncé la "mise en place en 2009 d'un comité stratégique du développement de la biosurveillance au niveau national, constitué des ministères et des agences impliqués dans le domaine". Les organisations non gouvernementales devraient être associées à cette instance, chargée en particulier de "définir les priorités nationales en matière de biosurveillance, en cohérence avec les priorités européennes".

Article paru dans l'édition du 09.11.08