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19/05/2009

Les dangers de la course aux hydrocarbures et aux minerais précieux dans l'Arctique

En attendant la disparition du Gulf Stream ...

(voir, entre autres :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Perturbation_du_Gulf_Stream )

 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/19/les-dangers-de-la-course-aux-hydrocarbures-et-aux-minerais-precieux-dans-l-arctique_1195197_3244.html#ens_id=1192068

 

Les dangers de la course aux hydrocarbures et aux minerais précieux dans l'Arctique

LE MONDE | 19.05.09 | 14h47  •  Mis à jour le 19.05.09 | 14h47

 

Le Canada vient de publier le premier Atlas géologique de l'Arctique qui cartographie en 1 222 cartes l'emplacement des gisements d'hydrocarbures et de minerais précieux de cette région convoitée. Environ un quart des réserves non découvertes de gaz et de pétrole se trouverait dans l'Arctique. Cette course aux matières premières s'intensifie alors que le réchauffement climatique imprime sa marque sur la planète.

En 2007 et en 2008, les chercheurs ont constaté une fonte record de la banquise estivale. Pour la première fois les passages du Nord-Ouest (le long de l'Amérique) et du Nord-Est (le long de la Russie) ont été libérés pendant plusieurs semaines. "Les régions polaires sont au coeur des incertitudes que nous avons sur l'évolution du climat", explique Jean Jouzel, du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), en rappelant que le comportement des calottes glaciaires sera crucial pour la hausse du niveau des océans. Un paramètre que, faute de données, le rapport du GIEC en 2007 avait ignoré.

 

STATUT PROTECTEUR

Les chercheurs aimeraient que l'Arctique bénéficie comme l'Antarctique d'un statut protecteur. Sans trop y croire. "L'exploitation des énergies fossiles va à l'encontre de la lutte contre le réchauffement, et elle s'accompagne de risques très importants pour l'environnement", poursuit M. Jouzel.

Michel Rocard, ambassadeur chargé des négociations internationales sur les pôles, juge difficile de "sanctuariser" le pôle Nord : "L'Antarctique est un continent vide, alors que l'Arctique est un milieu humanisé et disputé pour ses ressources." Près de 4 millions de personnes y vivent. Les zones économiques exclusives (ZEE) - jusqu'à 200 milles des côtes -, relevant des pays riverains (Canada, Etats-unis, Russie, Danemark, Norvège), couvrent 40 % de l'Arctique. Mais si toutes les demandes d'extension étaient satisfaites, la zone internationale serait ramenée à 10 %, et "l'Arctique serait alors réduite à une mosaïque de zones nationales ouvertes à tous les usages, y compris militaires", redoute M. Rocard.

Pour revendiquer une portion de territoire, les Etats s'appuient sur la Convention internationale sur le droit de la mer, qui permet d'étendre ses droits pour l'exploitation des ressources naturelles au-delà des 200 milles (sans dépasser les 350) si le pays prouve que cette extension est la prolongation de son plateau continental.

Le Canada, en publiant un atlas fondé sur des données récoltées par chacun des pays, espère dépassionner les discussions. Les géologues ont réuni des relevés sous-marins pris par les brise-glace à l'aide de sonars, d'études sismiques... Les cartes indiquent la composition du sous-sol, l'emplacement des plaques tectoniques ou encore les volcans sous-marins, dont l'existence coïncide souvent avec des gisements de matières précieuses.

Vu l'ampleur des enjeux, il est peu probable toutefois que les Etats acceptent de réviser leurs appétits sur la foi de ce seul atlas, qui refuse par exemple à la Russie la propriété de la dorsale de Lomonossov sur laquelle Moscou s'était empressé, en 2008, de planter son drapeau national. Pour les géologues canadiens, cette chaîne volcanique sous-marine est nord-américaine.

 

Laurence Caramel

Article paru dans l'édition du 20.05.09