Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16/01/2009

Gaza: des bâtiments abritant l'ONU et des médias bombardés

lu sur lepoint.fr :

http://www.lepoint.fr/actualites/gaza-violents-bombardements-des-batiments-abritant-l-onu-et/914/0/306985

16:21 | 15/01/2009 AFP
Gaza: des bâtiments abritant l'ONU et des médias bombardés

Par Maï YAGHI

Gaza: des bâtiments abritant l'ONU et des médias bombardés

L'armée israélienne a violemment bombardé jeudi Gaza, touchant des bâtiments abritant des médias et une agence de l'ONU après une incursion en profondeur de ses chars dans la ville, au 20e jour de son offensive dévastatrice contre le Hamas qui a tué près de 1.100 Palestiniens.

L'armée israélienne a violemment bombardé jeudi Gaza, touchant des bâtiments abritant des médias et une agence de l'ONU après une incursion en profondeur de ses chars dans la ville, au 20e jour de son offensive dévastatrice contre le Hamas qui a tué près de 1.100 Palestiniens.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, arrivé en Israël dans le cadre d'une tournée régionale, a estimé que les conditions étaient réunies pour que les combats cessent "maintenant", en jugeant "insupportable" le nombre des victimes palestiniennes.

Mais au moment où la diplomatie s'activait pour arracher un cessez-le-feu dans la guerre déclenchée le 27 décembre contre les islamistes palestiniens du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza, l'armée israélienne a intensifié ses bombardements aériens et ses tirs de blindés contre Gaza-ville.
Trois employés de l'Unrwa, la principale agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens, ont été blessés par des obus de chars qui ont endommagé son complexe, selon un porte-parole de l'agence qui a suspendu ses opérations dans l'enceinte après la destruction de plusieurs entrepôts dans un incendie .
M. Ban s'est dit "scandalisé" par le bombardement du bâtiment de l'Unrwa, affirmant que le ministre israélien de la Défense Ehud Barak l'avait qualifié de "grave erreur".
Une épaisse colonne de fumée noire se dégageait en début d'après-midi des entrepôts de l'Unrwa dont le quartier de Rimal, où l'incendie à ravagé des dizaines de tonnes d'aide humanitaire et risquait de se propager dans les réservoirs de fioul, a affirme le porte-parole Adnan Abou Hasna, estimant les pertes à des dizaines de millions de dollars.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a condamné le bombardement israélien "indéfendable" et "inacceptable" de bâtiments de l'ONU alors que le commissaire européen à l'aide humanitaire Louis Michel s'est dit "choqué" et "consterné".
Les attaques israéliennes ont aussi touché un immeuble abritant les bureaux de plusieurs médias arabes et internationaux. Deux cameramen palestiniens de la télévision arabe d'Abou Dhabi ont été blessés.
Un incendie s'est déclaré en outre à l'hôpital Al-Quds relevant du Croissant Rouge palestinien, touché par des obus, provoquant des scènes de terreur dans l'établissement.
"J'ai amené mes enfants à l'hôpital parce qu'ils avaient peur à la maison. Mais en fait, ici, c'est encore plus terrifiant", a avoué Hussein, 40 ans.
La France a condamné "avec la plus grande fermeté" le bombardement de l'hôpital, de l'immeuble de presse et des bâtiment de l'ONU.
Quelques heures plus tôt, les chars, appuyés par l'aviation, avaient avancé sur plusieurs centaines de mètres dans Tal Al-Hawa, un quartier périphérique de Gaza-ville. Ils y ont affronté des combattants palestiniens tirant au mortier et à la roquette anti-char.
Une colonne de blindés a pris position dans un parc public du centre du quartier, forçant des centaines de familles palestiniennes à fuir les lieux.
Au moins 40 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens ces dernières heures, selon des sources médicales.
L'aviation a en outre effectué des attaques dans le nord du territoire, où une femme et ses trois enfants ainsi qu'une jeune voisine ont péri dans un raid.
Pendant la nuit, la bande de Gaza avait été la cible de violents bombardements, les plus intenses depuis le début de l'offensive, selon des habitants. L'armée a affirmé avoir visé "70 cibles" dans des raids aériens, notamment des sites de lancement de roquettes et des groupes d'hommes armés.
Entre-temps, les tirs de roquettes à partir de Gaza ont continué. Selon l'armée, 17 engins sont tombés sans faire de victime sur le sud d'Israël, où une maison a été touchée à Sdérot.
Depuis le début de l'offensive, 1.073 Palestiniens ont été tués, dont 355 enfants et 100 femmes, et plus de 5.000 blessés, selon un dernier bilan fourni par le chef des services d'urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein.
Durant cette période, dix militaires et trois civils israéliens ont péri.
"Les opérations militaires continuent. Nous avons enregistré des succès exceptionnels", a dit M. Barak dans un communiqué tout en répétant que son gouvernement "examinait parallèlement la possibilité de mettre fin à cette opération à la faveur du processus diplomatique afin de concrétiser ce succès".
Les efforts diplomatiques s'accéléraient avec l'arrivée du négociateur israélien Amos Gilad en Egypte, les visites de M. Ban et du chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier et la tenue d'un sommet des monarchies du Golfe à Ryad.
M. Gilad discutait dans l'après-midi avec le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, d'un plan égyptien de cessez-le-feu.
L'Egypte, qui joue les intermédiaires entre Israël et le Hamas, a affirmé avoir obtenu l'aval du mouvement islamiste à son plan, ce que ce dernier n'a pas confirmé.
L'Assemblée générale de l'ONU doit tenir une réunion d'urgence dans la journée pour appeler au respect de la résolution 1860 du Conseil de sécurité demandant un cessez-le-feu immédiat à Gaza et restée lettre morte.
La situation humanitaire dans le territoire palestinien surpeuplé et pauvre devient "dramatique", ont par ailleurs affirmé les agences, alors que les habitants fuyant les raids n'ont pas d'endroit où se réfugier.
Un million d'habitants vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.
Le Parlement européen a dénoncé jeudi "le châtiment collectif" infligé par Israël aux Palestiniens de Gaza, en violation du "droit humanitaire international".

GAZA : encore un témoignage

On s'habitue ... Comment se fait-il que la très grande majorité (plus de 9/10 d'après ce que j'ai lu) de la population israélienne soit favorable à ce que fait son armée ?
C'est incompréhensible et augure mal d'une paix à venir.
Conclusion : la paix devra être imposée de l'extérieur d'Israël.
Comment ?
Par un embargo économique, par exemple, comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid
(voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Embargo ).
L'Europe devrait donner l'exemple, au lieu d'accroître le partenariat économique comme ce fut fait récemment sous la présidence française.
En ce qui concerne le bombardement de bâtiments de l'ONU par l'armée israélienne hier, dont j'ai eu des échos à la radio ce matin, je ne vois aucun article dans la presse écrite, sauf ce court passage dans un article de la Croix :

..."La journée de jeudi a été marquée par les bombardements les plus intenses depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre. Ils ont touché le complexe de l'Unrwa, l'agence d'aide de l'ONU aux réfugiés palestiniens, un hôpital et un immeuble abritant des médias internationaux."...

Que fait la presse nationale ? Informe-t-elle ?

-------------------------------
lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/01/16/un-medecin-hollandais-raconte-une-veritable-tragedie_1142682_3218.html

Harald Veen Fresed, médecin, a vécu l'enfer de l'hôpital Chifa à Gaza
LEMONDE.FR | 16.01.09 | 11h05 • Mis à jour le 16.01.09 | 11h05
Jérusalem, correspondant

Harald Veen Fresed vient de passer une semaine à l'hôpital Chifa, dans la ville de Gaza. Ce chirurgien hollandais est épuisé. Envoyé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ce spécialiste des opérations abdominales a du mal à cacher son émotion après ce qu'il appelle "une véritable tragédie". Pourtant habitué aux guerres et aux situations de détresse – tout particulièrement dans les conflits africains –, il revient bouleversé par ce qu'il a vu.

Pendant huit jours, sans discontinuer, le médecin a vécu toutes les horreurs. "Des membres mutilés, des cervelles qui sortaient, des tripes à l'air, des blessés qui mouraient après s'être vidés de leur sang. L'afflux était énorme. Il était difficile de faire face. On parait au plus pressé, choisissant ceux que l'on pouvait sauver, délaissant ceux pour qui c'était trop tard."

Harald Veen Fresed explique que trois équipes de quinze médecins se relaient tour à tour, toutes les vingt-quatre heures, pour faire face à un afflux continuel de blessés. "A tel point que l'on peut à peine bouger et qu'il faut soigner au plus vite pour absorber ce trop-plein."

Le médecin rend hommage à la compétence et au dévouement des docteurs palestiniens. Il y a des médicaments, mais il n'y a pas suffisamment de matériels, ni de place dans les salles ou à la morgue. Les cas les plus graves sont expédiés en Egypte par Rafah. "Je peux vous dire que le chiffre de plus de 1 000 morts est certainement inférieur à la réalité. On croit déjà avoir tout vu, être bien préparé pour affronter l'inaffrontable. Eh bien je peux vous assurer que ce fut une véritable épreuve."

Grand, blond, filiforme, pesant ses mots, Harald explique que le plus dur fut d'assister "aux drames personnels". "Aux parents, aux familles effondrées face à la mort et à la souffrance. Vous assistez, impuissant, en silence, à ces tragédies. Certains voulaient suivre les blessés jusque dans la salle d'opération de peur de ne plus jamais les revoir vivants. Beaucoup avaient des blessures énormes provoquées par des éclats et je me demandais comment ils pouvaient encore survivre. On dit toujours que la guerre est horrible mais l'on ne peut pas s'imaginer ce que c'est, car l'on n'en voit qu'une partie."

"UN GRAND TROU DANS LE DOS"

Pour Harald, il y a tous ces morts mais il y a surtout tous ceux qui sont amputés, paraplégiques, aveugles. "La guerre ne s'arrête pas avec le cessez-le-feu. Pour beaucoup, elle dure pendant des années, toute la vie." Une chose est sûre pour lui : "J'étais content d'être là. Je me considère comme un privilégié d'avoir pu de façon infinitésimale apporter une aide."

Après être intervenu pendant le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994, il avait décidé d'arrêter pendant deux ans pour en digérer l'horreur. Puis, il est reparti. Et chaque fois que le CICR l'appelle, il reprend sa valise juste pour faire ce qu'il appelle "une petite différence". "Ce qui est important, c'est d'être là." Il se défend d'être un idéaliste. Il en a beaucoup trop vu pour cela. Cela ne l'empêche pas de faire des cauchemars, de revivre des scènes.

Lorsqu'il a quitté Gaza, ce ne fut pas facile, car il a eu le désagréable sentiment "d'abandonner" ses collègues d'une semaine. Harald est allé retrouver sa petite fille de 3 ans. Le même âge que celle qu'il a vue arriver à l'hôpital Chifa, l'air intact, les yeux grands ouverts. Lorsqu'il l'a retournée, elle avait "un grand trou dans le dos". Plus jamais, elle ne remarchera.

Michel Bôle-Richard