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27/10/2010

Brevets sur le vivant : la mainmise programmée des multinationales des semences

lu sur :

http://www.etcgroup.org/

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ETC Group
25 October 2010
www.etcgroup.org

Surge in Corporate Patents on “Climate-Ready” Crops Threatens Biodiversity and Signals Grab on Land and Biomass

Nagoya, Japan -- Under the guise of developing “climate-ready” crops, the world’s largest seed and agrochemical corporations are filing hundreds of sweeping, multi-genome patents in a bid to control the world’s plant biomass, according to a report released by ETC Group today.

A handful of multinational corporations are pressuring governments to allow what could become the broadest and most dangerous patent claims in history, warns the group at the United Nations’ Convention on Biodiversity in Nagoya, Japan (18-29 October 2010).

“The Gene Giants are stockpiling patents that threaten to put a choke-hold on the world’s biomass and our future food supply,” warns Silvia Ribeiro of ETC Group. “The breadth of many patent claims on climate ready crop genes is staggering. In many cases, a single patent or patent application claims ownership of engineered gene sequences that could be deployed in virtually all major crops – as well as the processed food and feed products derived from them,” explains Ribeiro.

ETC Group identifies over 262 patent families, subsuming 1663 patent documents published worldwide (both applications and issued patents) that make specific claims on environmental stress tolerance in plants (such as drought, heat, flood, cold, salt tolerance). DuPont, Monsanto, BASF, Bayer, Syngenta and their biotech partners account for three-quarters (77%) of the patent families identified. Just three companies – DuPont, BASF, Monsanto – account for over two-thirds of the total. Public sector researchers hold only 10%.

“In a desperate bid for moral legitimacy and to try to ease public acceptance of genetically modified crops, the Gene Giants have donated a few proprietary crop genes to poor farmers in Africa,” explains Ribeiro.

“The quid pro quo is that South governments must facilitate market access for genetically modified crops and embrace biotech-friendly patent laws. It’s an unacceptable trade-off.  In exchange for untested technologies, South governments are being pressured to surrender national sovereignty over intellectual property, biomass, and food,” she warned.

“These patents are the latest form of biopiracy,” notes Vandana Shiva, Director of India’s Research Foundation for Science, Technology, and Ecology. “Farmers have bred seeds for drought, flood and salt tolerance over millennia. Climate resilience ultimately depends on farmers’ innovation, biodiversity and agro-ecological processes staying in the hands of farming communities,” said Shiva.

“Governments meeting at the UN Biodiversity Convention in Nagoya, Japan must put a stop to the patent grab, yet another false solution to climate change. They should instruct their patent offices to reject or rescind all of these patents,” said ETC Group’s Neth Daño, who is attending the meeting. “A fundamental review of all intellectual property claims in agriculture should be jointly undertaken by the CBD and the Food and Agriculture Organization (FAO). These patents also clearly violate the FAO Seed Treaty and its governing body must investigate and take action.”

ETC Group’s report Gene Giants Stockpile Patents on “Climate-Ready” Crops in Bid to Become Biomassters will be released and discussed at a side event in Nagoya, Japan on 25 October (4:30 pm, Room 236, Bldg 2, 3rd floor).

31/07/2010

Étude de la surmortalité des abeilles

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/31/un-programme-sans-precedent-pour-elucider-la-surmortalite-des-abeilles_1394382_3244.html

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Un programme sans précédent pour élucider la surmortalité des abeilles

Quelle est la cause de la surmortalité des abeilles sauvages et domestiques qui, partout dans le monde, menacent la biodiversité et la sécurité alimentaire de l'humanité ? Pour répondre à cette question, les autorités anglaises et écossaises viennent de lancer un programme d'une envergure sans précédent.

Rassemblés sous l'intitulé "Initiative pour les insectes pollinisateurs", neuf projets de recherche, qui bénéficieront d'un financement de 12 millions d'euros sur trois ans, tenteront d'apporter des réponses. "L'enjeu est à la fois de protéger la biodiversité - de nombreuses espèces sauvages dépendant de la pollinisation -, et les cultures alimentaires, en particulier les fruits et légumes, explique Andrew Watkinson, directeur du partenariat Living with Environmental Change, qui chapeaute les recherches menées par les gouvernements du Royaume-Uni. On voit déjà les conséquences du manque de pollinisateurs en Angleterre : les producteurs de pommes doivent ainsi importer des abeilles."

Un tiers de l'alimentation mondiale dépend de la pollinisation par les insectes. Le programme a été suscité par les parlementaires britanniques, alertés par des apiculteurs. Il est financé par des fonds publics et le Welcome Trust, une fondation privée.

IMPACT DES PESTICIDES

Pour expliquer cette surmortalité, la communauté scientifique parle aujourd'hui de causes "multifactorielles", et d'interactions possibles entre les divers facteurs : maladies, parasites, exposition aux pesticides, raréfaction de la nourriture des insectes due à l'uniformisation des cultures, appauvrissement génétique des reines... Les programmes lancés en Grande-Bretagne exploreront ces diverses pistes : rôle du parasite Varroa destructor - surnommé le "vampire de l'abeille" - dans la propagation des virus, impact des modifications du paysage et des changements dans l'environnement, fonctionnement des abeilles en ville...

L'un d'eux, dirigé par le neurologue Christopher Connolly, de l'université de Dundee (Ecosse), sera consacré aux incidences des pesticides. "Ils affectent les connexions neuronales des insectes, explique M. Connolly. A haute dose, ils entraînent la mort, mais l'exposition chronique à de faibles doses peut aussi provoquer des changements plus ténus, comme la perte du sens de l'orientation, la diminution de la capacité d'apprendre et de communiquer." Jusqu'à présent, de tels impacts ont été mis en évidence en laboratoire, mais jamais en conditions réelles, en plein champ. L'équipe du professeur Connolly travaillera sur les deux plans.

Elle tentera de mettre en évidence les effets d'un ou de plusieurs pesticides sur l'activité cérébrale des abeilles au niveau cellulaire. "Nous nous focaliserons sur l'impact combiné de plusieurs pesticides, poursuit M. Connolly. Ils peuvent ne pas avoir d'effets isolément, mais être délétères quand ils agissent en synergie." Les pesticides de traitement des cultures, mais aussi ceux qui sont utilisés par les apiculteurs pour éradiquer les parasites dans les ruches, seront testés. L'évolution des capacités d'apprentissage d'abeilles exposées à des produits chimiques sera également évaluée en laboratoire.

Enfin, volet le plus spectaculaire de la recherche, les abeilles de trois ruches en plein champ seront équipées de puce de radio-identification (RFID), qui permettront de suivre la trace de chaque insecte. Il s'agit de résoudre l'une des difficultés majeures dans l'identification des causes de surmortalité : dans de nombreux cas, les abeilles ne meurent pas près de la ruche, mais disparaissent. Les insectes seront également régulièrement pesés, afin de déterminer s'ils ramènent la même quantité de nourriture que dans des ruches témoins. Quelque 16 000 abeilles au total seront équipées de puce RFID.

Ce programme, mené en collaboration avec des apiculteurs écossais, doit durer trois ans.

18:32 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, sciences

11/06/2010

Nestlé et les brevets sur le vivant

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/df20e5e6-7406-11df-b2fc-186928f78f03/Nestl%C3%A9_se_d%C3%A9fend_contre_des_accusations_de_piraterie_en_Afrique_du_Sud

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jeudi10 juin 2010

Nestlé se défend contre des accusations de piraterie en Afrique du Sud

Cinq demandes liées au Rooibos, une plante aux multiples propriétés médicinales, ont été faites à l’OMPI

Nestlé a-t-elle contrevenu tant à la Convention sur la biodiversité qu’à la loi sud-africaine en réclamant des brevets sur l’utilisation du rooibos auprès de l’Organisation mondiale pour la protection intellectuelle (OMPI)?

L’extrait de cet arbuste, qui pousse dans certaines régions arides d’Afrique du Sud, est utilisé dans une infusion connue comme le thé rouge ainsi que dans le traitement d’infections dermiques et capillaires.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.evb.ch/fr/p25017518.html

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Pillage de Rooibos : Nestlé accusé de biopiraterie en Afrique du Sud

Une enquête menée par la Déclaration de Berne et Natural Justice a révélé que cinq demandes de brevets déposées récemment par Nestlé concernant l’utilisation de Rooibos et de Honeybush pour des alicaments ou des produits cosmétiques contreviennent tant à la Convention sur la diversité biologique (CBD) qu’à la législation sud-africaine. Ce second cas de biopiraterie en Afrique du Sud en moins d’un an est une nouvelle preuve du peu de respect dont font preuve les multinationales vis-à-vis des règles de la CBD. En particulier, l’obligation d’un consentement préalable éclairé et d’un partage des avantages lorsqu’elles exploitent des ressources génétiques de pays en développement.

Quatre des cinq brevets en question concernent l’utilisation du Rooibos (Aspalathus linearis) et du Honeybush (Cyclopia spp.) pour traiter certaines affections dermiques et capillaires. Quant au dernier brevet, il revendique l’usage du Rooibos pour une préparation prévenant des problèmes inflammatoires. L’octroi de ces brevets couvrirait un large champ d’application et de produits, du cappuccino à la sauce à salade, en passant par le dentifrice et le rouge à lèvre. Le déposant est une société filiale de Nestlé nommée Nestec S.A. Le Rooibos et le Honeybush sont des plantes endémiques dans les provinces sud-africaines du Cap oriental et occidental, avec des vertus médicinales connues et exploitées de longue date.

Conformément à la loi sud-africaine sur la biodiversité, une entreprise doit obtenir une autorisation du gouvernement avant de pouvoir entreprendre des recherches à des fins commerciales ou déposer un brevet sur des ressources génétiques sud-africaines. Une telle permission n’est accordée que si un accord sur le partage des bénéfices a été préalablement négocié. Or, le Département des affaires environnementales sud-africain a confirmé à Natural Justice et à la Déclaration de Berne que Nestlé n’avait jamais reçu l’autorisation d’utiliser ces ressources génétiques.

Sur la base des informations fournies, les brevets de Nestlé ainsi que les recherches sur lesquelles ils reposent sont dès lors en contradiction flagrante avec la législation sud-africaine et la Convention sur la diversité biologique (CBD). L’office spécialisé dans les systèmes de savoir traditionnel au sein du Département des sciences et de la technologie sud-africain, qui défend les intérêts des communautés indigènes, a été approché et réfléchit actuellement à la manière dont il compte s’impliquer sur ce dossier.

Nestlé détient 30,5% des actions de L’Oréal et 50% de celles d’Innéov, une entreprise partenaire du géant mondial des produits cosmétiques, ce qui expliquerait l’intérêt de la multinationale suisse pour les produits dermiques et capillaires. Selon François Meienberg de la Déclaration de Berne, « Nestlé construit sa nouvelle activité économique sur du matériel obtenu de façon illégale et prive ainsi l’Afrique du sud de ses droits légitimes à un partage équitable des avantages. À l’avenir, le système des brevets devrait interdire de tels comportements hors-la-loi, et les gouvernements ne plus les tolérer ».
Ces dernières années, les États signataires de la CBD ont négocié un nouveau protocole devant garantir le respect des règles d’accès et de partage des avantages (Access and Benefit Sharing) de la CBD, ainsi que des législations nationales correspondantes. Kabir Bavikatte de Natural Justice conclut : « Le cas de Nestlé met clairement en évidence le besoin d’un nouveau protocole afin de prévenir une mainmise sur les ressources génétiques et les savoirs traditionnels associés. Seul un instrument contraignant et fort permettra aux pays en développement d’éviter que leurs ressources génétiques ne soient exploitées de manière illégale et abusive par des entreprises. »

21/10/2009

Tous hypocrites sauf un ...

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/15/seule-monaco-continue-a-defendre-thon-rouge-aupres-de-l-onu_1254517_3244.html
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Seule Monaco continue à défendre le thon rouge auprès de l'ONU
LEMONDE.FR avec AFP | 15.10.09 | 16h01  •  Mis à jour le 15.10.09 | 17h17


près la défection de la France, la principauté de Monaco serait seule à défendre le thon rouge, apprécié par les amateurs de sushis, en réclamant à l'ONU l'arrêt de son commerce international.

 

Selon le secrétariat de la Cites, la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées, aucun pays n'a coparrainé la proposition monégasque, ni déposé de projet concurrent. Le délai pour le faire expirait mercredi à minuit.

 

Seule Monaco a proposé en juillet l'inscription du thon rouge sur la liste des espèces les plus menacées, en arguant de la disparition des deux tiers des stocks en Méditerranée, entre 1957 et 2007 et de 82 % en Atlantique ouest entre 1970 et 2007. Cela signifierait l'interdiction totale de sa commercialisation internationale.

 

Le thon rouge de Méditerranée est particulièrement prisé sur le marché japonais pour la fabrication des sushis.
Le président français, Nicolas Sarkozy, avait annoncé en juillet, au nom du "respect des avis scientifiques rendus", que la France soutiendrait "l'inscription du thon rouge à l'annexe de la Convention internationale sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce".

Cette annonce, reconnaît une source gouvernementale, "renvoyait" à l'annexe 1 de la convention, qui signifie une interdiction totale du commerce international. Mais depuis, Paris a sollicité un nouvel avis, modifié sa position et ne réclamait plus qu'une inscription à l'annexe 2 de la Cites – soit une pêche limitée par des quotas.
"L'avis scientifique rendu en août estimait qu'il n'y avait pas de critères requis pour une inscription à l'annexe 1, explique-t-on au ministère du développement durable. La France a proposé fin août à Bruxelles d'appuyer un moratoire de deux ans".

Mais la Commission européenne ne s'est pas non plus manifestée auprès de la Cites. En septembre, la Commission avait soumis une proposition aux vingt-sept Etats membres sur l'interdiction de la pêche au thon qui l'avaient repoussée ; tous les pays riverains de la Méditerranée – dont la France, l'Espagne et l'Italie, les principaux pêcheurs – s'étaient prononcés contre.

La France, explique-t-on désormais, a décidé de miser sur l'ICCAT, la Commission internationale pour la conservation du thon en Atlantique, qui se réunira en novembre à Recife (Brésil). "Suite aux avis scientifiques rendus, l'ICCAT aura une très forte pression sur les épaules, assure le ministère. On attend des TAC (taux autorisés de captures) très faibles, voire de zéro, pour un an ou deux; ce qui équivaudrait à un moratoire."
Pour Stéphan Baucher, chargé des pêches à Greenpeace, "on a encore une fois eu droit à de grands effets d'annonce... puis l'administration s'est mise en marche". Selon lui, "le lobby de la pêche est allé voir qui il fallait".

Au WWF, Charles Braine se dit également intrigué : "La position française était claire et limpide en juillet : pourquoi avoir demandé un nouvel avis aux scientifiques entre-temps ?" Lui aussi attend désormais avec intérêt la décision de l'ICCAT, confrontée depuis de nombreuses années à des prises illégales de thons, bien au-delà des quotas autorisés.

Dans sa proposition déposée à la Cites fin juillet, Monaco estime que "le statut des populations de cette espèce a dépassé le point où son inscription en annexe 2 pourrait suffire. Une inscription de toute l'espèce en annexe 1 (...) est à ce stade malheureusement devenue nécessaire."

12/08/2009

A Java, le volcan Lusi pourrait vomir sa boue pendant encore cent ans

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/12/a-java-le-volcan-lusi-pourrait-vomir-sa-boue-pendant-encore-cent-ans_1227867_3244.html#ens_id=1227951

 

A Java, le volcan Lusi pourrait vomir sa boue pendant encore cent ans

LE MONDE | 12.08.09 | 15h22  •  Mis à jour le 12.08.09 | 15h22

Ile de Java (Indonésie) Envoyé spécial

 

Au guidon de sa Mobylette, Januari vient souvent rouler sur les ruines de son village. Jatirejo, une ville cimetière, ancienne cité ouvrière du nord-est de l'île de Java en Indonésie, que l'éruption du volcan Lusi en 2006 a ensevelie sous 8 mètres de boue. Jatirejo, d'où n'émergent que bouts de charpente et pinacles de mosquée. "Avant, il y avait 2 000 maisons, des écoles, des usines. Le volcan a tout détruit. Aujourd'hui, on n'a plus qu'à promener les touristes", déplore le jeune homme. Dans ce paysage de désolation, seul se dessine au loin l'inquiétant champignon de fumée blanche de celui que l'on surnomme ici le "monstre" Lusi.

Actif depuis le 29 mai 2006, le volcan ravage à petit feu la région industrielle et agricole de Sidoarjo. Chaque jour, il crache des tonnes de boue, d'eau et de gaz toxiques, au point qu'un lac visqueux s'est formé sur plus d'un millier d'hectares (cinq fois la superficie de Monaco). Pour freiner sa progression, des digues de terre ont été érigées, parfois fleuries, histoire d'égayer un décor de chaos.

 

PERFORATION D'UN GISEMENT

Au pied de remparts sans cesse fortifiés, on traverse pourtant des villages fantômes. Douze ont déjà été rayés de la carte. Les 45 000 habitants ont tous fui les coulées de boue. "On a été évacués dans un camp tout proche. On vit dans l'angoisse de la boue. Trois ans après, on attend toujours le remboursement de nos maisons détruites", raconte Fitria.

La plupart des victimes rendent la compagnie pétrolière indonésienne Lapindo-Brantas responsable de leurs malheurs. Deux jours avant l'éruption, elle menait sur les lieux un forage exploratoire de gaz. La perforation d'un gisement d'eau sous pression, à 3 kilomètres de profondeur, aurait fracturé les roches. Des fissures sont remontées en surface jusqu'à faire jaillir un geyser bouillonnant d'eau, d'argile et de gaz. "Il est impossible qu'un forage ait pu produire un tel phénomène ,explique-t-on à Lapindo. Nous sommes ici sur une faille. Un séisme a pu provoquer cette catastrophe."

Selon la société, le tremblement de terre, survenu le 27 mai 2006 à Yogyakarta, au centre de Java, a pu réactiver la faille (6,2 sur l'échelle de Richter). Même avec un épicentre à 280 km de là ? "Les volcans de boue sont liés à l'activité tectonique. La zone a d'ailleurs bougé dans les heures qui ont suivi le séisme. A chaque secousse, l'intensité de Lusi s'accroît avec une augmentation des débits de boue", souligne Adriano Mazzini, géologue à l'université d'Oslo (Norvège).

Tous les scientifiques ne partagent pas cette thèse. "L'épicentre du séisme était trop éloigné et sa magnitude trop faible pour avoir un tel impact", nous confie l'Américain Michael Manga, chercheur à l'université de Berkeley en Californie. Ses prévisions sur la durée de l'éruption ne sont guère optimistes : "Au mieux, entre dix et cent ans. Cela va dépendre des pressions et des concentrations en eau et en gaz dans le sous-sol", explique-t-il.

Devant l'énigme Lusi, les autorités ont bien tenté de stopper l'éruption : comme obstruer la cheminée du cratère avec un chapelet de boules en béton. Sans succès. Face à la menace omniprésente d'inondations, la boue est pompée, traitée, puis évacuée par pipeline vers le fleuve Porong. Tout l'écosystème, jusqu'à la mer de Java, s'en trouve bouleversé. Au grand désespoir des éleveurs de poissons et de crevettes, confrontés à une pollution des eaux. "On a 70 % de production en moins, déplore Saiful Bakhri, patron d'une coopérative. Avant, il y avait 25 éleveurs, il n'y en a plus que 3. Les autorités doivent stopper ces rejets ."

Signe de l'intense activité du sous-sol de Sidoarjo, un deuxième cratère de boue vient de se former, non loin du volcan Lusi. Une réplique qui ne surprend pas les chercheurs. Selon Andang Bachtiar, de l'Association des géologues indonésiens, "un phénomène identique s'est produit dans cette zone entre dix mille ans et un million d'années".

 

Arnaud Guiguitant

Article paru dans l'édition du 13.08.09

30/05/2009

Procréation sous pesticides ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3769

27-05-2009

Maternités sous pesticides : gare aux risques de leucémie infantile

 

Si la présence et la persistance des pesticides dans notre environnement et dans notre quotidien ne font aujourd’hui plus de doute (1), l’impact réel sur la santé humaine d’une exposition prolongée à ces substances actives reste plus incertain. Omniprésents, les pesticides s’acheminent, lentement mais sûrement, jusqu’à nous  via l'alimentation et l'eau (*). Reprenant des données de l’Institut Français de l’Environnement (IFEN), le MDRGF (2) rappelle que  96 % des eaux superficielles analysées recèlent des résidus de pesticides, ce pourcentage passant à 61 % pour les eaux souterraines(**). Les herbicides sont les composés les plus retrouvés dans les eaux. Or, s’il est clair que l’ingestion répétée de substances pesticides par l’organisme humain ne confère pas une santé de fer, il s’avère toutefois extrêmement délicat d’évaluer avec précision leur nocivité réelle pour la santé humaine.

Mais cette carence s’atténue à chaque nouvelle étude scientifique qui paraît, la plupart de ces travaux s’accordant à décrire ces substances comme de véritables poisons. D’après le MDRGF, l’épidémiologie (3) a déjà démontré par le passé la responsabilité des pesticides dans la prédisposition observée chez certaines personnes exposées à développer des maladies telles que des cancers, des malformations congénitales, des problèmes d’infertilité ainsi que des problèmes neurologiques.

 

Dernière en date, une meta-étude (compilation de plusieurs études) canadienne, réalisée par l’équipe de Donald Wigle de l’université canadienne d’Ottawa, a compilé 31 études épidémiologiques publiées entre 1950 et 2009 analysant un probable lien de cause à effet entre les leucémies dépistées chez l’enfant et l’exposition des parents aux pesticides.

Si les résultats ne confirment pas une corrélation systématique, ils sont toutefois relativement inquiétants. En effet, d’après cette enquête, on a constaté que le risque de leucémie était doublé chez les enfants dont les mères, de par leur activité professionnelle, ont été exposées aux pesticides pendant leur grossesse, comparativement aux enfants de femmes non exposées. Ainsi, le risque était augmenté de 40 % chez les femmes exerçant la profession d’agricultrice. Toujours d’après l’analyse canadienne, l’exposition aux insecticides multiplierait le risque de leucémie infantile par un facteur de 2,7 et l’exposition aux herbicides par un facteur de 3,6, ces résultats reposant toutefois sur un nombre limité d’études.

 

Préoccupant, ce constat n’est, malheureusement, pas surprenant alors que, comme le rappelle l’étude canadienne, l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA) ainsi que d’autres organismes nationaux et internationaux ont identifié comme cancérigènes connus, probables ou possibles pas moins de 165 substances actives utilisées dans des pesticides. Seules quelques-unes ont fait l’objet d’interdictions ou de restrictions, notamment dans le cadre de l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis, de l’Union Européenne et, à l’échelle mondiale, de la Convention de Stockholm.

Cécile Cassier

1- Voir notre dossier "Homme, nature et pesticides" (http://www.univers-nature.com/dossiers/pesticides/index.html)

2- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures.

3- Cette discipline étudie l’influence de divers facteurs (environnement, constitution individuelle, habitudes de vie…) sur la prédisposition et la fréquence de certaines maladies.

 

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3539

(**) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2334

 

14/05/2009

Un pesticide hautement toxique enfin interdit aux USA

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3744

12-05-2009

Un pesticide hautement toxique enfin interdit aux USA

Tueur d’oiseaux et reconnu dangereux pour l’homme, on espérait ne plus entendre parler du carbofurane. Mais cette substance active utilisée comme insecticide et commercialisée sous le nom de Furadane, interdite en Europe depuis 2007, est toujours utilisée dans un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis. Cela dit, peut être pas pour longtemps…

Déjà, en 1994, les USA bannissaient son utilisation sous forme de granules et, depuis lundi 11 mai, le carbofurane est dans le collimateur de l’EPA (U.S. Environmental Protection Agency) pour une interdiction complète. L’EPA entend bien réduire sa limite résiduelle à zéro dans toutes denrées alimentaires.

Encore utilisé aux Etats-Unis sous sa forme liquide dans le traitement des cultures de pommes de terre, de blé ou de soja, le carbofurane est suffisamment mobile et persistant pour être entraîné par lessivage dans les sols et les eaux souterraines. Contaminant l’eau, mais aussi les aliments, toxique par inhalation pour ses utilisateurs, ce composé de la famille des carbamates est un neurotoxique qui peut se signaler par des symptômes allant de soubresauts musculaires, tremblements, diarrhée et vomissements jusqu’à de graves œdèmes pulmonaires en cas d’exposition aiguë. Aux cotés des risques pour l’homme, ses effets sont surtout dévastateurs chez les oiseaux. Dans les années quatre-vingt, l’EPA estimait que le carbofurane était responsable de la mort par empoisonnement de près d’un million d’oiseaux chaque année. Cette hécatombe très largement médiatisée par les protecteurs de l’avifaune, touchant des espèces aussi emblématiques que l’aigle royal, la buse à queue rousse et de nombreux oiseaux migrateurs, conduisit aux restrictions de 1994, mais ne parvient qu’aujourd’hui à motiver une interdiction complète aux USA.

Les mesures pour proscrire toute présence de carbofurane dans l’alimentation des Américains pourraient bien avoir des implications au niveau international. Elles s’appliquent en effet également aux produits d’importation, comme le riz, le café ou le sucre de canne. Or, de nombreux pays en voie de développement utilisent encore cet insecticide de façon totalement incontrôlée, notamment le Kenya, pays d’où la BBC reportait encore l’année dernière un empoisonnement massif des grands mammifères (1) via cette substance. La restriction d’accès au marché américain est peut-être, à défaut de strictes réglementations internationales, une voie vers un changement plus global.

Elisabeth Leciak

1- Voir le reportage de la BBC « Insecticide "killing Kenya lions" » :

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7460008.stm

16/03/2009

Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes



lu sur :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3634
05-03-2009

Abeilles et pesticides : la goutte d’eau qui tue

Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes, d’après ce que démontrent des recherches menées à l’Université de Padoue, en Italie.

Jusqu’alors l’impact des pesticides sur les abeilles n’avait été évalué que lors des semailles de maïs et par la contamination du pollen et du nectar. Suite à différentes études, l’Allemagne, contrairement à la France, interdisait l’utilisation de l’insecticide Cruiser après une surmortalité des abeilles observée dans le Bad-Württemberg. En France, ce sont le « Gaucho » et le « Régent », des produits d’enrobage des graines de la firme Bayer, qui furent interdits en 2004 pour leur toxicité sur les insectes butineurs. Bien que l’Afssa dans son dernier rapport sur le sujet ne dénonce pas explicitement le rôle des traitements phytosanitaires dans la disparition des abeilles, il semble difficile aujourd’hui de nier leurs effets délétères. Le pire étant que ces effets sont peut être plus larges que ce que l’on pensait. Pour le professeur Vincenzo Girolami, « les gouttes d’eau issues du phénomène de « guttation »(1) de plantes provenant de graines de maïs traitées, tuent les abeilles en l’espace de quelques minutes si celles-ci utilisent leur ligule (la langue trompe des abeilles, NDLR) ». Sa collègue chimiste, Andrea Tapparo, a montré, en analysant les gouttes issues de la « transpiration » des feuilles, qu’elles pouvaient contenir des néonicotinoïdes (substances utilisées dans le traitement des graines) à des concentrations 10 000 fois supérieures à la dose létale pour les abeilles.
Les gouttelettes qui reposent à la surface des feuilles sont parmi les sources d’eau préférées des abeilles, elles risquent ainsi un empoissonnement direct, et pour les apiculteurs italiens, le problème ne se résoudra pas par la simple amélioration des semoirs ou des techniques de traitement.

Elisabeth Leciak

1- En apparence, la guttation ressemble à de la rosée. C'est un phénomène proche de la transpiration que certaines plantes, comme le maïs, mettent en œuvre pour évacuer le surplus de pression racinaire qui peut apparaître au cours de la nuit, notamment dans les sols où le taux d'humidité du sol est important. Il se traduit par une forme de suintement d'eau aux niveaux des stomates (les pores des feuilles), qui se condense pour former des gouttelettes sur les feuilles.

15/02/2009

La Belgique dit ''oui'' aux peupliers transgéniques

lu sur univers-nature.com :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3601

14-02-2009

La Belgique dit ''oui'' aux peupliers transgéniques

Depuis quelques années, sous la pression des industriels et des agriculteurs, des recherches sont menées pour améliorer certaines caractéristiques d'essence forestières ou fruitières. Ainsi, à titre d'exemple, de nombreux tests sont entrepris pour parvenir à diminuer le taux de lignine (1) de certains arbres. Pour cela, les arbres sont modifiés génétiquement, sachant que les espèces privilégiées sont le peuplier et le bouleau, avec des essais actuellement en cours en France, en Grande-Bretagne et en Finlande, notamment. Ailleurs, en Chine, en Espagne, au Brésil, etc. d'autres essences font l'objet de divers essais visant, par exemple, à augmenter la vitesse de croissance, la résistance aux insectes ravageurs, ou encore la production de fruits. A ces pays, on devrait bientôt pouvoir de nouveau ajouter la Belgique avec un projet d'essai en plein champ de peupliers OGM, manipulés aux fins de produire un biocarburant de deuxième génération.

Si en mai 2008, l'autorisation de cet essai avait été bloquée au motif que le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB), l'organisme demandeur, n'avait prévu aucun protocole d'évaluation spécifique des risques environnementaux liés au test, le Conseil d'Etat a débouté les ministres tenants de cette interdiction, en décembre dernier. C'est ainsi qu'hier, le ministre du climat et de l'énergie, Paul Magnette, et son homologue des affaires sociales et de la santé, Laurette Onkelinx, ont reconsidéré leur opposition première. Notons toutefois que ce revirement a été facilité par l'acceptation, par le VIB, de se conformer, entre autres, au suivi d'un "protocole renforcé d'évaluation environnementale de la faune et de la flore (insectes et sols)".
Néanmoins, la mise en place de ce qui est considéré politiquement comme un "strict encadrement de l'essai" ne répond pas aux risques de contamination et, plus particulièrement, de la dissémination d'un gène marqueur de résistance aux antibiotiques, dont on se demande bien l'intérêt pour la production d'agrocarburants.

Pascal Farcy

1- Le bois est principalement composé de cellulose (65 à 80%) et de lignine. La cellulose, à l'origine des fibres du bois, offre une résistance mécanique exceptionnelle en traction et en compression, mais, à l'inverse, ses performances transversales sont quasiment nulles. La cohésion transversale du bois est assurée par la lignine, laquelle imprègne la cellulose pour augmenter sa durabilité (y compris aux insectes et autres champignons) et sa résistance. En conséquence, les papetiers recherchent des bois pauvres en lignine, tandis que les secteurs du bâtiment, de l'ameublement et de l'énergie privilégient les bois qui en comptent le plus.

14/02/2009

OGM : L’AFSSA hors sujet et instrumentalisée

lu sur :

http://blog.greenpeace.fr/ogm/lafssa-hors-sujet-et-instrumentalisee

OGM - le 12 février 2009
L’AFSSA hors sujet et instrumentalisée

Paris, le 12 février 2008. Révélé en catimini par voie de presse jeudi matin, l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est maintenant public : il estime que le maïs MON 810 ne présente pas de danger pour la santé humaine. L’importance de cet avis d’une agence publique historiquement pro-OGM ne doit pas être surestimée… Quelques jours avant une réunion d’importance à Bruxelles, il est néanmoins symbolique du retour en force des lobbies pro-ogm et de l’urgence de se remobiliser dès maintenant pour le droit et la liberté de consommer et produire sans OGM.

Méthodes méprisables
« On peut légitimement s’étonner de la fuite organisée d’un rapport soi-disant secret, quelques jours avant que le sort de la clause de sauvegarde française soit discuté à Bruxelles, observe Arnaud Apoteker de Greenpeace France. Cette fuite est un coup bas des lobbies biotechnologiques visant à affaiblir M.Borloo, mais aussi à inciter les autres Etats Membres de l’UE à voter contre les moratoires nationaux. On ne peut que mépriser de telles pratiques et encourager le ministère français à défendre au nom du peuple français son opposition à des cultures potentiellement dangereuses et mal évaluées devant les institutions européennes. »

L’avis de l’AFSSA ne répond en rien aux préoccupations qui ont justifié la clause de sauvegarde française, prise en vertu de principes écologiques et non de principes sanitaires de court terme. En annonçant jeudi en milieu de journée que la France ne remettait pas en cause la suspension des cultures de maïs OGM, le gouvernement français s’est donc engagé dans la seule voie possible. Celle du bon sens. Greenpeace appelle maintenant le gouvernement à faire preuve du même discernement et de la même conviction les 16 février et 2 mars lors des réunions à Bruxelles qui doivent se prononcer sur les clauses grecque, française, hongroise et autrichienne.

Des doutes sérieux
Rappelons que la clause de sauvegarde française est principalement basée sur des considérations écologiques. En voici certaines :
- « Le risque de pollinisation croisée ne peut être négligé »
- « La protéine Bt produite naturellement par le bacille et celle produite par le maïs MON810 n’ont pas les mêmes séquences primaires »

Néanmoins, des risques sur la santé ont aussi été évoqués :
- « A ce jour, aucun travail scientifique ne permet d’affirmer l’innocuité pour la santé de ces plantes transgéniques »

Il est vrai qu’en l’état actuel des connaissances, les risques à long terme de ces derniers sur l’environnement et la santé ne sont pas connus. La suspension des cultures d’OGM doit donc être maintenue au nom du principe de précaution et du droit des consommateurs et des agriculteurs à consommer et produire sans OGM.

Le mépris de la prévention
L’AFSSA ne s’est jamais intéressé aux effets sanitaires à long terme des OGM. L’avis de l’AFSSA doit donc être ramené à sa juste valeur, celle d’une agence sanitaire qui s’intéresse au court terme et néglige son rôle de prévention. A ce titre, non seulement il n’affaiblit en rien la position de la France et celle des autres pays ayant activé une clause de sauvegarde, mais il justifie la demande unanime des Etats Membres de réformer les méthodes d’évaluation.

Donnez votre avis sur le dernier rapport de l’AFSSA, en participant aux sondages en ligne sur les sites du monde.fr (*) et du figaro.fr (**)

(*) http://www.lemonde.fr/a-la-une/sondage/2009/02/12/d-apres-l-agence-francaise-de-sante-et-de-securite-sanitaire-afssa-rien-ne-prouve-que-l-utilisation-de-mais-ogm-presente-des-dangers-pour-la-sante-dans-ces-cond_1154520_3208.html

(**) http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/02/12/01008-20090212QCMWWW00629-la-france-doit-elle-autoriser-la-culture-du-mais-transgenique-.php

09/02/2009

À Belem les Indiens veulent la parole

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/07/protection-de-l-amazonie-les-indiens-veulent-la-parole_1152156_3244.html#ens_id=1142880

Protection de l'Amazonie : les Indiens veulent la parole
LE MONDE | 07.02.09 | 15h43 • Mis à jour le 07.02.09 | 15h43
Belem (Brésil) Envoyée spéciale

Les Indiens awas, l'un des derniers peuples nomades de chasseurs-cueilleurs de l'Amazonie, sont en danger. Jeudi 5 février, Survival International, l'organisation qui, depuis 1969, milite pour la défense des peuples indigènes, a lancé un cri d'alerte à la communauté internationale et au gouvernement brésilien en lui demandant d'expulser les bûcherons et les fermiers installés dans leurs réserves au mépris des lois.

La population des Awas est estimée à quelque 500 individus dont 200 n'auraient jamais eu de contact avec l'extérieur. Elle vit dans les forêts résiduelles de l'Etat de Maranhao. "Les Awas ont obtenu en 2003 la reconnaissance légale de leurs terres mais cela ne les protège pas. Il y a aujourd'hui plus de colons dans la réserve que d'Indiens. Les forestiers ont tracé des routes et sont à moins de 3 km d'un des principaux campements", explique Almuneda Hernando, anthropologue à l'Université Complutense de Madrid. "Les Indiens sont conduits à vivre sur des portions de territoires de plus en plus confinées sur lesquelles la faune, elle-même menacée, se raréfie", ajoute Fiona Watson de Survival en dénonçant l'inertie des autorités locales.

Si la situation des Awas est d'une gravité particulière en raison du petit nombre de survivants, ce genre d'histoire reste malheureusement d'une assez grande banalité dans la région. "Les Indiens sont partout menacés par la déforestation illégale, l'extension de l'élevage et l'exploitation des ressources minières dont l'Amazonie regorge. La création de réserves ne les protège pas réellement", constate Andrew Miller, de l'organisation américaine Amazon Watch.

"Le gouvernement octroie des concessions forestières à des entreprises étrangères dans nos réserves", raconte Diego Escobar, représentant des peuples indigènes de Colombie. Au Surinam, les 25 000 Indiens n'ont pas encore obtenu de titres officiels reconnaissant leurs droits sur les terres qu'ils occupent depuis des lustres. "Le gouvernement peut nous contraindre à nous déplacer à sa guise", témoigne Leon Wijngaarde, de la tribu des Arawak. Mais le problème numéro un est celui de la pollution des cours d'eau par le mercure qu'utilisent les chercheurs d'or clandestins. "Les gens ne comprennent pas bien ce qui se passe, mais les problèmes de santé s'aggravent. Ils ne peuvent plus boire l'eau des rivières", poursuit-il. Edmundo Dzuhiwii Omore, un Xamante du Mato Grosso brésilien, se plaint aussi de la pollution entraînée, cette fois, par l'agriculture intensive du soja : "Les grandes exploitations de soja s'arrêtent aux limites de notre réserve mais les engrais qu'ils utilisent n'ont pas de frontières. Avec les pluies, ils polluent notre terre. Les animaux ne peuvent plus s'abreuver, les poissons meurent."
Seul dans la rencontre entre les peuples d'Amazonie organisée lors du Forum social mondial de Belem (du 27 janvier au 1er février), Pedro Nuny est un peu plus serein. Il est bolivien. L'élection de l'Indien Evo Morales à la tête du pays a changé le cours des choses pour les indigènes "Nous nous sentons représentés, nous pouvons faire valoir notre vision d'un développement de l'Amazonie qui soit compatible avec l'avenir de ses peuples", dit-il.

Pourtant, cette victoire au plan national n'a pas encore trouvé d'écho sur la scène internationale. "Beaucoup d'organisations non gouvernementales (ONG) parlent encore à notre place de la préservation de la forêt. Ce dont elles discutent avec les gouvernements nous inquiète", reconnaît Pedro Nuny.

"Nous sommes venus nombreux à Belem pour nous rendre visibles aux yeux de la communauté internationale. Ce n'est pas du folklore. Nous voulons être des acteurs de la négociation internationale", revendique le Péruvien Mario Palaciu, de la coordination andine. Les peuples amazoniens ne disposent que d'un statut d'observateurs dans les discussions internationales sur le climat, où la question de la déforestation est un des volets majeurs pour parvenir à un accord sur la lutte contre le réchauffement climatique d'ici fin 2009. "Nous ne contestons pas le changement climatique ; nous le subissons. Mais nous ne voulons pas que sous prétexte de protéger la forêt et le carbone qu'elle stocke, nos terres deviennent le théâtre d'un marché du CO2 sans que nous ayons été ni informés ni consultés", met en garde Diego Escobar. A Belem, la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien (Coiba), qui représente 390 peuples, a demandé à être écoutée. "Qui mieux que nous, peuples de la forêt, pourrait en être le gardien ?", plaide le porte-parole des Xamante. La Coiba compte faire des propositions lors de la prochaine rencontre internationale sur le climat, qui se tiendra à Bonn, en Allemagne, le 29 mars.

Laurence Caramel

L'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-1151687,0.html

Compte rendu
L'Europe veut mieux encadrer la pêche des espèces de requins menacées
LE MONDE | 06.02.09 | 15h47 • Mis à jour le 06.02.09 | 15h47
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

La Commission européenne a présenté, jeudi 5 février, à Bruxelles, son premier plan d'action en faveur des requins. Une initiative rendue nécessaire par la destruction d'espèces qui jouent un rôle essentiel au sein des écosystèmes marins. "Aujourd'hui, l'homme représente une menace bien plus grande pour le requin que le requin pour l'homme", souligne Joe Borg, commissaire chargé des affaires maritimes et de la pêche.

La surexploitation des stocks a des conséquences directes : un tiers des espèces de requins est aujourd'hui menacé d'extinction. Les captures de requins et d'espèces apparentées - raies, pocheteaux, chimères... - sont en forte augmentation depuis vingt ans et atteignent 800 000 tonnes par an au niveau mondial. La flotte de l'Union européenne en pêche 100 000 tonnes par an, principalement en mer du Nord, dans l'Atlantique nord-est et dans les eaux norvégiennes. Les navires communautaires opèrent toutefois dans d'autres zones : Atlantique centre, océan Indien ou Pacifique.

Le requin est une denrée très prisée dans divers Etats membres, dont la France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les ailerons sont surtout exportés vers les marchés asiatiques. Le Royaume-Uni s'est spécialisé dans la capture en eaux profondes d'espèces qui fournissent l'huile de foie, dont est tiré le squalène, une substance utilisée en cosmétique. Le cartilage intervient dans la composition de spécialités médicales, la peau est utilisée en maroquinerie.

Au total, l'Union européenne est responsable de 56 % des importations mondiales de chair de requin et de 32 % des exportations. Les défenseurs de l'environnement dénoncent depuis longtemps le laxisme de la réglementation européenne, alors que les Etats membres ont, dans le cadre des Nations unies, adopté il y a dix ans déjà un plan d'action qu'ils étaient censés traduire en actes.

UN REGISTRE DES CAPTURES

Jusqu'à présent, les pêcheries visées par la législation européenne sont soit totalement déréglementées, soit gérées avec des quotas jugés très excessifs par les scientifiques. Quant au finning, la pratique qui consiste à couper les nageoires et à rejeter en mer le reste de l'animal, elle est en principe interdite... mais l'application du texte n'est que peu contrôlée.

Le plan d'action de Bruxelles cherche à pallier cette carence en développant la surveillance des bateaux battant pavillon européen, qu'ils pêchent en Europe ou ailleurs. Il vise également à limiter ou carrément interdire les activités dans les zones jugées sensibles pour les stocks menacés et à fixer des limites de capture. Il obligera aussi à la remise à l'eau des requins capturés en tant que "prises accessoires". Les espèces particulièrement vulnérables, dans certaines zones, bénéficieront de mesures spécifiques de protection. Les eaux peu profondes de l'Atlantique nord-est, jugées "hautement prioritaires", devraient notamment faire l'objet d'un programme pilote d'observation.

Globalement favorables au plan de la Commission, les associations de défense de l'environnement manifestent toutefois quelques réserves. Elles craignent, comme le Fonds mondial pour la nature (WWF), une mise en oeuvre trop tardive du plan, qui doit encore passer devant le Parlement et le Conseil européens.

D'autres associations exigent un registre obligatoire des captures, alors que Shark Alliance, une coalition de soixante organisations, réclame l'interdiction de tout prélèvement de nageoires en mer.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 07.02.09

05/02/2009

La chimie omniprésente dans notre environnement

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/20/de-nouveaux-suspects-dans-la-feminisation-des-poissons_1144106_3244.html

De nouveaux suspects dans la "féminisation" des poissons
LE MONDE | 20.01.09 | 16h13 • Mis à jour le 20.01.09 | 16h27

La transformation sexuelle des poissons des rivières - des individus mâles deviennent femelles - ne résulte pas que de la présence d'hormones féminines (les oestrogènes) dans les effluents des stations d'épuration des eaux. Mais aussi de celle de substances antagonistes des hormones masculines (les androgènes). C'est la conclusion d'une étude de chercheurs britanniques mise en ligne le 7 janvier sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l'homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d'une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s'opposant à l'action hormonale.

Principale auteure de l'étude britannique, Susan Jobling (université Brunel, Uxbridge) indique que depuis 1998, la féminisation des poissons sauvages des rivières était principalement expliquée par l'exposition à des oestrogènes, d'origines humaine et animale, et plus accessoirement par diverses substances chimiques présentes dans les eaux épurées.

L'équipe de Susan Jobling avait montré en 2006 la "très forte corrélation entre le contenu en oestrogène des rivières britanniques et la féminisation des poissons sauvages". Cependant, des travaux chez le rongeur, un modèle plus proche de l'humain, indiquaient que ces anomalies résultaient plutôt d'action conjuguée des oestrogènes et des antiandrogènes.

"Nous avons montré que, d'un point de vue statistique, il est hautement vraisemblable que les antiandrogènes jouent un rôle dans la féminisation des poissons sauvages, explique Susan Joubling. Le poisson est ainsi pris entre deux feux... entre les oestrogènes et les antiandrogènes." Directeur du Groupe d'étude de la reproduction chez l'homme et les mammifères (Gerhm, Inserm U625, Rennes), le professeur Bernard Jégou salue "une étude très sérieuse, faite avec de bons outils par un groupe de chercheurs qui sont une référence internationale".

SAVONS ET DÉTERGENTS

Les chercheurs britanniques ont une idée des suspects possibles. "Beaucoup de produits chimiques d'usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens", énumère Susan Joubling. Elle rappelle que "ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d'un cocktail de ces molécules, avec peut-être d'autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d'identifier les coupables."

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 21.01.09

05/12/2008

À propos du lien entre pesticides et cancer

lu sur :

http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

À propos du lien entre pesticides et cancer
À l'occasion de la sortie du film "Nos enfants nous accuseront", l'UIPP (Union des industries pour la protection des plantes) a émis un communiqué indiquant que "4000 études scientifiques ont été publiées sur les causes de cancers. À ce jour, la communauté scientifique considère qu'il n'est pas possible d'établir un lien entre pesticides et cancer".
Mais dans Politis, André Cicolella, chercheur en santé environnementale, cite une synthèse réalisée par une équipe universitaire de l'Ontario selon laquelle, sur 104 études menées entre 1992 et 2003, 73 montrent une "association positive entre pesticides et cancers". Il cite également une étude de l'Inserm, publiée en décembre 2007, dont les résultats montrent que "l'usage d'insecticide pendant la grossesse est associé de façon significative aux leucémies aiguës et aux lymphomes non-hodgkiniens chez l'enfant."
Politis , 04/12/2008

11/11/2008

Dérèglement du climat : avenir sombre

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/11/un-expert-du-climat-appelle-a-un-sursaut-de-l-homme_1117219_3244.html

Un expert du climat appelle à "un sursaut de l'homme"
LE MONDE | 11.11.08 | 15h36 • Mis à jour le 11.11.08 | 16h09

Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius doit recevoir, mercredi 12 novembre, à Tokyo, le prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.

- Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...
Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.

- Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

- Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...
C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

- Une nouvelle ère ?

L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.
Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !

- Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.

- N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.

Propos recueillis par Laurent Carpentier

- Vers un traité international pour la protection de l'Arctique

La présidence française de l'Union européenne a lancé un appel, lundi 10 novembre, à Monaco, pour un renforcement de la coopération scientifique internationale dans l'Arctique, un premier pas vers une protection de cette région. "Il faut qu'il y ait un système de recherche unifié", a indiqué Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, lors d'une conférence internationale organisée conjointement avec la principauté monégasque.
L'Arctique fait l'objet de nombreux programmes mais "ces recherches ne sont pas coordonnées", a souligné le ministre. "Il n'est pas imaginable qu'il y ait des données scientifiques connues et non partagées, a-t-il estimé. Nous allons mettre les moyens nécessaires pour qu'il y ait ce réseau mondial d'informations."
Les scientifiques espèrent que ce soutien politique pourra donner un nouvel élan à la recherche au-delà de l'Année polaire internationale, qui s'achève en mars. Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas protégée par un traité international. Le Parlement européen s'est prononcé en octobre pour l'adoption d'un tel texte. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 12.11.08

07/11/2008

Agriculture et Biodiversité

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/xavier-le-roux-les-pays-du-nord-vont-devoir-reconcilier-agriculture-et-biodiversite_1115619_3244.html

Xavier Le Roux, écologue, directeur de recherche à l'INRA
"Les pays du Nord vont devoir réconcilier agriculture et biodiversité"
LE MONDE | 06.11.08 | 14h52 • Mis à jour le 06.11.08 | 14h52

- Directeur de la Fondation française pour la recherche sur la biodiversité, vous revenez de la conférence internationale "Biodiversité et agriculture" (Montpellier, 4 et 5 novembre). Quel en était l'enjeu ?

Pour gérer durablement les écosystèmes, les pays du Nord vont devoir profondément modifier leurs pratiques en matière de cultures et réconcilier agriculture et biodiversité. Pourront-ils, peu à peu, introduire une meilleure utilisation de la biodiversité ? Ou leur faudra-t-il opérer une rupture plus radicale par rapport aux fondements actuels de l'agriculture intensive ? Telle est la question principale.

- L'expertise collective "Agriculture et biodiversité", que vous avez pilotée cette année sous l'égide de l'INRA, apporte-t-elle un début de réponse ?

Qu'il s'agisse des impacts de l'agriculture sur la biodiversité, des services que celle-ci peut rendre dans les processus de la production agricole, ou encore des outils nécessaires à la mise en oeuvre des mutations à venir, cette expertise dresse avant tout un bilan des connaissances actuelles sur les liens qui unissent ces deux champs du vivant.
Parmi les facteurs clés responsables de la réduction de la biodiversité, elle souligne notamment le rôle crucial joué par l'homogénéisation des paysages. La disparition des espaces semi-naturels, des haies, des mares, a eu un impact aussi négatif que l'emploi intensif d'intrants chimiques ! Pour améliorer la situation, il sera impératif, entre autres mesures, d'accroître la complexité des paysages.

- Des synergies sont-elles possibles avec les pays du Sud ?

Globalement, et malgré le développement des plantations intensives, l'activité agricole menée sous les tropiques respecte mieux la biodiversité que celle de notre hémisphère : elle fait moins appel aux pesticides et continue de pratiquer le mélange d'espèces cultivées. Nous avons donc tout intérêt à nous pencher sur le travail des agronomes dans cette région du monde.
Par ailleurs, il faut se souvenir que derrière un système de production choisi par le Nord - tel l'emploi, pour nourrir le bétail, de tourteaux de soja - peut se cacher un effet négatif pour la biodiversité dans le Sud. Comme bien d'autres activités, l'agriculture est aujourd'hui mondialisée. Pour la conjuguer au mieux avec la gestion de la biodiversité, il faut lui accorder une vision planétaire.

Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 07.11.08

17/10/2008

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés

à lire sur mediapart.fr :

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés
Par Jade Lindgaard

Vieille revendication des écologistes, les parlementaires ont adopté le principe d'une taxe sur les poids lourds. Pour, dans la foulée, organiser les compensations et les exceptions! Résultat: personne n'est content, ni les écologistes, ni les transporteurs... C'est une nouvelle illustration des contradictions du projet de loi Grenelle-1.