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08/05/2009

Diététique collective chez les fourmis australiennes

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/08/dietetique-collective-chez-les-fourmis-australiennes_1190561_3244.html#ens_id=1190654

Compte rendu

Diététique collective chez les fourmis australiennes

LE MONDE | 08.05.09 | 16h31  •  Mis à jour le 08.05.09 | 16h31

 

Placez deux friandises appétissantes devant une fourmilière. Deux flans gélatineux, riches, le premier en oeuf et en protéines lactées, le second en sucre. Observez alors le comportement des fourrageuses, ces 10 % de membres de la colonie chargés d'approvisionner en nourriture l'ensemble du nid. C'est l'expérience qu'ont tentée une entomologiste française, Audrey Dussutour, du Centre de recherche sur la cognition animale (CNRS-université Paul-Sabatier de Toulouse), et un nutritionniste australien, Steve Simpson, de l'université de Sydney. Ils publient leur travail dans le numéro du 12 mai de Current Biology.

Résultat : les ravitailleuses ne choisissent pas leur entremets au hasard. Elles privilégient la formule protéinée lorsque des larves sont présentes dans la colonie, ce qui favorise la croissance de ces dernières. Elles préfèrent au contraire la gelée sucrée en l'absence de larves, répondant aux besoins énergétiques des adultes.

Cette étude apporte un nouvel éclairage sur le fonctionnement très structuré de ces sociétés d'hyménoptères, où les tâches sont réparties entre fourrageuses, nourrices, bâtisseuses, guerrières... Elle n'explique pas, toutefois, comment les fourmis, qui communiquent principalement grâce à leurs phéromones (sécrétions chimiques), évaluent le nombre de larves de la colonie et leurs besoins nutritionnels.

 

EFFETS DÉLÉTÈRES

Les chercheurs ont poussé leurs investigations. Ils ont observé, pendant plusieurs cycles de développement (du premier oeuf au premier cocon, soit environ sept semaines), le régime alimentaire de 60 colonies de fourmis australiennes, de l'espèce Rhytidoponera metallica, auxquelles étaient proposées différentes denrées, plus ou moins protéinées et plus ou moins sucrées.

Ils ont constaté que, lorsque les rations sont riches en protéines, les insectes en régurgitent une partie à l'extérieur du nid, sous forme de boulettes. Ce qui n'empêche pas une mortalité très élevée, pouvant atteindre 75 % du groupe. A l'inverse, les fourmis nourries avec des aliments pauvres en protéines enregistrent moins de 5 % de pertes. La mortalité est cependant réduite dans les colonies comprenant des larves.

Première conclusion : les larves effectuent, au bénéfice des adultes, une prédigestion des protéines qui, cassées en acides aminés, deviennent plus facilement assimilables. La digestion des aliments, comme leur collecte, obéit donc à une division du travail, la communauté disposant en quelque sorte d'une bouche et d'un estomac collectifs.

Deuxième conclusion : les aliments protéiques sont hautement toxiques pour les fourmis, ce que les scientifiques avaient déjà établi pour la mouche drosophile. De là à penser que, chez l'homme, les régimes hyperprotéinés - suivis pour maigrir ou augmenter la masse musculaire - peuvent aussi avoir des effets délétères, il y a davantage qu'un pas de fourmi.

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 09.05.09

18:31 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, nutrition

21/03/2009

"Les enfants risquent d'être en moins bonne santé que leurs parents"

Un peu de pub, beaucoup de vérités.

lu sur :
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/03/20/les-enfants-risquent-d-etre-en-moins-bonne-sante-que-leurs-parents_1170611_3238.html

Entretien
"Les enfants risquent d'être en moins bonne santé que leurs parents"
LE MONDE | 20.03.09 | 16h26 • Mis à jour le 20.03.09 | 16h26

La santé est dans notre assiette. Cette antienne, aussi vieille qu'Hippocrate, n'a jamais été autant d'actualité. Face à l'augmentation des pathologies de l'abondance alimentaire (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité...), le docteur Laurent Chevallier remet le couvert sur ce sujet dans un livre intitulé Les 100 meilleurs aliments pour votre santé et la planète (Fayard, 330 pages, 19 euros), en librairie le 25 mars. Le credo de ce spécialiste de la nutrition ? Halte à la chimie (additifs, arômes de synthèse, édulcorant, acide gras trans, sulfites...) qui perturberait notre métabolisme et notre capacité à contrôle notre poids.

Vous affirmez que notre sécurité alimentaire n'est pas suffisamment assurée. N'est-ce pas excessivement alarmiste ?
Non. Il y a une grande faiblesse de la politique de santé publique face à des risques de mieux en mieux appréhendés. Face à l'invasion de la chimie dans l'agriculture et dans nos assiettes, je demande tout simplement plus de science, notamment sur le problème de l'interaction entre les différentes substances chimiques notamment les additifs. Quand des études soulèvent des doutes ou alertent, il ne faut pas dire "la nocivité reste à prouver" mais s'assurer de l'innocuité d'un produit en toutes circonstances. Actuellement, nous n'avons pas cette garantie. Je m'interroge sur le rôle de ces agences. Lorsqu'elles font des recommandations sur la boisson Red Bull par exemple, elles ne sont pas prises en compte et sur le Bisphenol A ou l'aspartame elles ne s'appuient que sur les recommandations de l'agence européenne.

Quels sont les réflexes à avoir lorsqu'on fait ses courses ?

Le principe de base est de regarder la liste des additifs et de ne pas acheter de produits alimentaires qui en comportent plus de trois même si cela est arbitraire car tous les additifs ne sont pas à considérer de la même manière. De plus en plus de gens lisent les étiquettes des produits mais ont du mal à les interpréter. Par exemple, derrière le terme "arôme" se cache souvent un arôme de synthèse. Les quinze produits à éviter (le BHA ou E320, édulcorant, etc.) ne sont pas forcément nocifs mais comportent un défaut d'information ou des doutes.

Vous appelez à boycotter les colas, pourquoi ?
Au-delà de la problématique de la consommation de sodas (sucre, colorants, etc.) nous ne savons pas se que recouvre le terme d'"extraits végétaux" ? La transparence ne doit-elle pas être de mise, à l'image de ce qui est demandé aux producteurs bio ?

Pas de Coca, pas de viennoiseries industrielles mais au contraire un appel à faire soi-même ses yaourts et son pain, est-ce si facile ?

Pour contrôler plus facilement son poids et sa santé il faut arrêter de manger de la nourriture yankee. Mais la nourriture ne doit pas être un motif de dispute dans la famille. L'idéal serait de revenir à l'alimentation des années 1930 en sachant que nous avons deux avantages contemporains énormes : l'amélioration de l'hygiène alimentaire et la conservation par le froid.

Les enfants d'aujourd'hui risquent-ils d'être en moins bonne santé que leurs parents ?

C'est certain. Regardez aux Etats-Unis où l'on constate une stagnation de l'espérance de vie. En outre, je suis ahuri du peu de considération accordée à l'alimentation de la femme enceinte au regard de l'extrême vulnérabilité du foetus.

Votre livre donne le sentiment que le consommateur est face aux "méchants" industriels de l'agroalimentaire...

Davantage que les industriels c'est la réglementation qui n'avance pas assez vite. Sur les acides gras trans ou la teneur en sel par exemple, la réglementation est trop laxiste. Néanmoins, même parmi les biscuits, on peut trouver quelques bons produits. En revanche, une seule margarine répond à nos critères.

N'est-ce pas un ouvrage pour bobos ?

Non. Il existe actuellement un mouvement de fond en faveur d'une autre manière de faire et de s'organiser pour manger mieux et moins cher.

Quel regard portez-vous sur le rapport de l'Institut national du cancer relatif aux liens entre nutrition et prévention des cancers ?

Ce genre de rapport est maladroit et inadapté car il ne hiérarchise pas les problèmes. Les patients sont perdus. On ne peut pas mettre sur le même plan la consommation d'un verre de vin par jour associée à une nourriture diversifiée et celle associée à de la nourriture grasse, au tabac ou à la sédentarité. Ce rapport est parfois incompréhensible. S'agissant, par exemple, de la consommation de produits laitiers chez les hommes, on nous dit que si elle est riche, il existe une diminution probable du risque de cancer colo-rectal mais une augmentation probable du risque de cancer de la prostate ; bref c'est "choisissez votre cancer" ! De plus, ce rapport balaye d'un revers de main le problème des additifs et des pesticides.

Propos recueillis par Sandrine Blanchard
Article paru dans l'édition du 21.03.09

15:32 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nutrition