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03/01/2010

Pétrole : l’Agence internationale reconnaît des erreurs

rappel 2009 :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3872

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05/08/2009

Lors d’une interview accordée au quotidien britannique « The Independent », Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a fait part de son inquiétude sur les capacités futures de la production pétrolière mondiale. Selon ses propos, l’Agence aurait largement sous-estimé la baisse de la production de nombreux champs de pétrole. Si la production mondiale repose actuellement sur quelque 70 000 champs, les trois quarts de cette production proviennent de seulement 800 champs dont la plupart ont déjà atteint leur pic de production. D’après une étude récente de l’Agence, le déclin des puits qui avait été estimé en 2007 à 3,7 % par an, serait en fait de 6,7 % par an.
Cette déclaration constitue une sorte de première ; jusqu’à présent l’Agence se contentait de modifier régulièrement ses prévisions à moyen terme pour les faire se rapprocher de la réalité, sans jamais avouer de grossières erreurs d’interprétation.
Les prévisions de l’Agence ont toujours été dénoncées, pour leur caractère simpliste et optimiste par des acteurs indépendants tels l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil & Gas) (1), ou l’ EWG (l’institut Energy Watch Group) (2) qui avait publié, en 2007,
une étude très critique sur les prévisions de l’AIE.
Lors de cette interview, Fatih Birol s’inquiète d’une future remontée brutale des prix du pétrole pouvant remettre en cause la sortie de la crise économique mondiale. Il est vrai que les différents plans de relance, aussi bien celui de l’Administration américaine, que celui de la Chine et ceux des pays d’Europe, privilégient les modes de consommation d’avant crise, à savoir ceux basés sur le pétrole. Il est vrai aussi que, jusqu’à présent, ces gouvernements étaient, directement et exclusivement, conseillés par l’Agence internationale de l’énergie. Les autres sources d’informations étant considérées comme « non fiables » pour ne pas dire « folkloriques».

Michel Sage

1- L’ASPO est un réseau de scientifiques et autres, ayant pour but la détermination de la date et de l’impact du pic et du déclin de la production mondiale de pétrole et de gaz, dû aux ressources limitées. Des sections nationales indépendantes existent ou sont en formation dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, Égypte, Espagne, États-Unis, France, Irlande, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

2- Energy Watch Group (EWG) : Initié par Hans-Josef Fell, parlementaire Allemand, regroupe en réseau des spécialistes des ressources énergétiques.

08/09/2009

La pollution de la réserve naturelle des Coussouls de Crau

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/08/possible-aggravation-de-la-pollution-de-la-reserve-naturelle-des-coussouls-de-crau_1237446_3244.html
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Possible aggravation de la pollution de la réserve naturelle des Coussouls de Crau
LE MONDE | 08.09.09 | 14h42  •  Mis à jour le 08.09.09 | 14h42
Marseille Correspondant


n mois après la rupture, le 7 août, d'un pipeline au coeur de la réserve naturelle des Coussouls de Crau (Bouches-du-Rhône), les conséquences déjà désastreuses de la destruction d'un écosystème unique en Europe pourraient se doubler d'une pollution de la nappe phréatique. La Société du pipeline sud-européen (SPSE), gestionnaire de l'oléoduc, a en effet décelé, jeudi 3 septembre, des "traces d'hydrocarbures à proximité du point de rupture". En application d'un arrêté préfectoral imposant les conditions de dépollution des cinq hectares de steppe souillés, quatre piézomètres - instruments servant à mesurer la compressibilité des liquides - surveillent la qualité de la nappe phréatique, l'une des plus étendues de France. Elle alimente en eau potable 250 000 habitants des Bouches-du-Rhône.

 

Des analyses sont en cours pour comparer les caractéristiques de l'hydrocarbure répandu dans la réserve naturelle à celles des traces relevées dans l'eau. Des prélèvements dans les puits de bergerie et les points d'eau de cette zone aride sont effectués deux fois par semaine. "Il n'existe pas de risque immédiat de pollution de la nappe phréatique", considère François Trabucco, directeur technique adjoint de la SPSE. Il souligne que la vitesse du courant à cet endroit de la nappe est d'un mètre par jour. Le point de captage d'eau potable le plus proche se situe à Port-Saint-Louis-du-Rhône, à 5 kilomètres, soit "4 000 à 5 000 jours", calcule le gestionnaire de l'oléoduc. Un délai qui lui permettrait de mettre en place le dispositif de dépollution de l'eau qu'il a présenté, durant la semaine du 1er septembre, aux responsables de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement et au Syndicat mixte de gestion de la nappe phréatique de la Crau (SYMCrau). Le risque d'une pollution de l'eau est pourtant pris au sérieux. Un test a été conduit à Port-Saint-Louis-du-Rhône, consistant à basculer le réseau d'alimentation de la commune sur celui du Grand Port maritime de Marseille.

"Travaux titanesques"

Cette nouvelle menace intervient alors que le gestionnaire de la réserve naturelle et un collectif d'associations s'alarment "des travaux titanesques" entrepris pour dépolluer. La création de cheminements routiers, l'implantation d'une "base de vie" pourraient faire que pour un hectare dépollué, trois hectares soient touchés. Des pelleteuses raclent le sol sur une profondeur de 40 centimètres, et un ballet incessant de camions bâchés évacue les terres contaminées. Les cailloux sont nettoyés, éventuellement pour être replacés. La SPSE estime que 1 600 rotations de camions seront nécessaires pour mener à bien les opérations d'excavation de 36 000 tonnes de terre. Cent camions traversent donc quotidiennement le site classé Natura 2000. Aux Coussouls, lieu de pâturage ovin depuis six mille ans, comme en témoignent des vestiges datant du néolithique et des restes de bergeries romaines, "la végétation exceptionnelle est détruite à jamais", déplore Thierry Dutoit, professeur à l'université d'Avignon.

La SPSE a par ailleurs procédé au remplacement du pipeline endommagé, enterré là en 1971, et a renforcé seize autres tronçons. L'état des 4 900 kilomètres de canalisation transportant des matières dangereuses enfouies dans le sol de Provence-Alpes-Côte d'Azur inquiète le préfet de région, Michel Sappin. A l'issue d'une réunion, vendredi 4 septembre, avec les représentants de 80 communes des Bouches-du-Rhône concernées et vingt-trois exploitants d'oléoducs, le représentant de l'Etat a annoncé le recensement, d'ici à fin septembre, "des canalisations sur lesquelles nous avons des préoccupations". Comme une mise en garde aux exploitants, le préfet a indiqué qu'"on est entrés dans une nouvelle ère. Ce qui était admissible il y a vingt ans ne l'est plus aujourd'hui".

 

Luc Leroux
Article paru dans l'édition du 09.09.09