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07/02/2010

Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/06/les-agriculteurs-exposes-aux-pesticides-portent-des-precurseurs-du-cancer_1301932_3244.html#ens_id=1299588
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Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer
LE MONDE | 06.02.10 | 14h48  •  Mis à jour le 06.02.10 | 14h48


l existe un lien entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer. Lors d'un colloque organisé à Marseille, vendredi 5 février, par la Ligue contre le cancer, Bertrand Nadel (Centre d'immunologie de Marseille-Luminy) a présenté des résultats obtenus lors d'une étude (Agrican) lancée en 2005. Ces travaux pourraient déboucher sur une stratégie de dépistage précoce de cancers du système lymphatique.

Agrican est une grande étude effectuée auprès des affiliés de la Mutuelle sociale agricole, le régime de sécurité sociale des agriculteurs. Elle comprend un versant épidémiologique, appuyé sur un questionnaire, et un versant biologique, avec des prélèvements sanguins.

En 2008, Bertrand Nadel et Sandrine Rouland avaient présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer, ils ont poursuivi leurs recherches et obtenu de nouveaux résultats, qui ont déjà été publiés, en juin 2009, dans le Journal of Experimental Medicine.

Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome. Les chercheurs marseillais ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants à l'étude Agrican des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire.

ANOMALIE GÉNÉTIQUE

"Nous avons mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides, l'anomalie génétique et la prolifération de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet est fonction de la dose et du temps d'exposition", résume Bertrand Nadel.

En l'occurrence, les chercheurs ont identifié une anomalie génétique : un fragment du chromosome 14 se détache et vient activer un oncogène situé sur le chromosome 18. Les personnes exposées aux pesticides présentent dans certaines cellules sanguines (lymphocytes) cette anomalie génétique de manière beaucoup plus fréquente que les personnes non exposées. L'absence de régulation de l'expression de cet oncogène fait que des cellules qui auraient dû mourir vont proliférer.

"Il s'agit là d'une condition nécessaire au développement d'un lymphome folliculaire, mais elle n'est pas suffisante. Il existe d'autres anomalies comme une instabilité générale du génome : deux gènes sont exprimés en même temps alors que normalement pas ils ne le sont pas, ce qui permet aux cellules anormales de résister aux mécanismes de mort cellulaire programmée", explique Bertrand Nadel.

L'équipe de Bertrand Nadel, qui espère aboutir à terme à un outil de diagnostic précoce, va désormais étudier une population de personnes ayant développé le même type de lymphome afin de documenter la présence de ces biomarqueurs.

 

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 07.02.10

08/01/2010

Tentative d'intimidation concernant l'utilisation des pesticides

( Commentaire : je serais curieux de savoir quel est le chiffre d'affaire des producteurs de raisins de table en France. )

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Les producteurs de raisin de table se disent dénigrés par une associationde défense de l'environnement.

Ils réclament 500 000 € de dédommagement.

lu sur :

http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Environnement-les-raisins-de-la-colere-_3640-1216276_actu.Htm

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Un demi-million d'euros.

Le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) a été assigné, hier, devant le tribunal de Grande instance de Paris.
La fédération nationale des producteurs de raisin de table lui réclame un demi million d'euros de dommages et intérêts.
Elle accuse cette association de défense de l'environnement de les avoir « dénigrés ». En 2008, le MDRGF avait publié, avec quatre autres associations européennes, une étude menée dans cinq pays européens. Elle relevait la présence de résidus de pesticides, dont certains interdits dans l'Union européenne, dans la quasi-totalité des raisins de table prélevés dans ces pays.
Sans contester les analyses publiées, les producteurs de raisin parlent d'une présentation « malhonnête » à propos de cette étude. Le jugement a été mis en délibéré. La décision sera rendue le 10 février.

 

Pépins.

Sur un total de 124 échantillons de raisin de table testés, 123 laissaient apparaître des résidus de pesticides. 20 % étaient contaminés par dix substances chimiques différentes ou plus et 4,8 % dépassaient les limites maximales autorisées par la nouvelle législation européenne. Trois échantillons contenaient des pesticides interdits dans les pays de production.

 

« Poursuite baillon ».

« On veut nous intimider et nous faire taire car les informations que nous publions dérangent certains groupes d'intérêts qui voudraient continuer à avoir des pratiques polluantes », dénonce François Veillerette. Pour le président du MDRGF, si le tribunal donnait raison à la fédération des producteurs de raisin de table, l'association devrait cesser ses activités et ne serait pas en mesure de verser la somme demandée.

 

Soutien de la Confédération paysanne.

Le MDRGF a reçu le soutien de la Confédération paysanne. « Cette étude a le mérite de mettre sur la place publique un problème qui mérite de l'être. Ne l'oublions pas, les premières victimes des pesticides, ce sont les producteurs eux-mêmes. ce n'est pas responsable de se voiler la face », estime Philippe Collin, son porte-parole.

 

Sortir de l'impasse.

La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe. Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, elle s'est lancée dans un programme ambitieux de réduction des pesticides. Avec la volonté de diminuer le nombre de molécules autorisées de 50 % d'ici à 2018. Mais on se heurte dans un certain nombre de cas à des impasses techniques. Car la mise au point de méthodes alternatives ou de produits prend plusieurs années. Une première liste de dérogations a été éditée pour prendre en compte ces situations. Mais elles n'ont pas vocation à être maintenues. Simplement de permettre à la recherche de faire son travail.

17/07/2009

Les victimes des pesticides s'organisent

lu sur :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/07/17/les-victimes-des-pesticides-s-organisent-pour-faire-reconnaitre-leurs-maladies_1219976_0.html

 

Les victimes des pesticides s'organisent pour faire reconnaître leurs maladies

LE MONDE | 17.07.09 | 16h36  •  Mis à jour le 17.07.09 | 16h36

 

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures vient de lancer un Réseau des victimes des pesticides. Cette association, qui milite depuis quinze ans pour une agriculture sans pesticides, est sollicitée par "de nombreux particuliers qui constatent qu'ils n'ont aucun moyen de se défendre contre les pulvérisations, la législation étant quasiment inexistante", explique François Veillerette, président du Mouvement.

Bertrand Pouchin est l'un d'entre eux. Lorsqu'il achète sa maison au milieu des champs de blé de la Beauce, en juillet 2004, il pense avoir gagné un "petit coin de paradis". Il déchante vite. Un week-end, un énorme tracteur vient pulvériser des pesticides à l'odeur nauséabonde jusqu'à la haie qui sépare les champs de son jardin, où joue son petit garçon. Première confrontation, violente, avec le fermier. M. Pouchin fait appel au maire qui, dans un premier temps, temporise. "Le conseil municipal, composé de huit céréaliers sur onze élus, a fini par m'envoyer promener, raconte-t-il. Chez les gendarmes, même chose ! On m'a répondu que les agriculteurs étaient là avant moi, et qu'ils doivent travailler." Il ne trouve donc personne pour constater l'infraction qui consiste à pulvériser ces produits même par vent de force 3, soit 19 km/h. "C'est pourtant fréquent dans la Beauce, premier parc éolien de France !", observe M. Pouchin. "De mars à octobre, on vit un enfer !, poursuit-il. Les céréaliers déversent des herbicides, des insecticides, des fongicides, des hormones de croissance, des hormones de contrôle..."

En octobre 2008, Damien, son deuxième petit garçon, alors âgé de 3 ans, perd du poids, et les médecins diagnostiquent une hyperthyroïdie que M. Pouchin impute aux pesticides, considérés comme des perturbateurs endocriniens. "En guerre" contre cette pollution chimique, il lance des accusations dans la presse locale et reçoit des menaces de mort. Il s'estime pourtant légitimé dans son combat lorsque des "repentis" de l'agriculture intensive lui font part de leurs maladies et de leurs soupçons.

Agriculteur installé en Alsace, Patrick fait partie de ces "repentis". Il a toujours utilisé les pesticides parce qu'on lui a "appris à le faire à l'école", mais le regrette depuis qu'il a développé la maladie de Parkinson, à l'âge de 35 ans. "On nous disait que les pesticides n'étaient pas nocifs, alors on les pulvérisait en short et en chemise... Un jour, un tuyau a éclaté et j'ai été douché aux désherbants à l'intérieur de la cabine de mon tracteur. J'ai dû être hospitalisé après une forte fièvre. Huit ans plus tard, les tremblements ont commencé. J'estime que j'ai été empoisonné, mais la Mutualité sociale agricole refuse d'établir un lien entre les deux événements et de reconnaître qu'il s'agit d'une maladie professionnelle", explique-t-il. Patrick et Bertrand se sont retrouvés au sein du nouveau Réseau des victimes des pesticides.

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures réclame l'interdiction des pesticides en ville, dans les parcs, jardins et aires de jeux, "pour éviter que les enfants dont le ballon tombe sur la pelouse les touchent et les avalent". Il demande aussi l'instauration de zones tampons (cultures bio ou pâturages), entre les habitations et les lieux de pulvérisation. Et, "pour que la législation soit respectée, il faut qu'elle soit assortie de sanctions pénales dissuasives", insiste M. Veillerette. Il souhaite que le gouvernement saisisse l'opportunité de la transposition d'une directive européenne encadrant l'usage des produits phytosanitaires pour introduire ces dispositions.

Le Mouvement espère aussi venir en aide aux victimes professionnelles, en les aidant à faire reconnaître leurs maladies, "ce qui n'a été le cas que d'un ou deux agriculteurs pour l'instant", selon M. Veillerette. "De nombreuses études épidémiologiques montrent que l'exposition aux pesticides augmente les risques de cancers, de troubles de la reproduction et de maladies neuro-dégénératives", rappelle-t-il. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient ainsi de confirmer, le 16 juin, qu'elle double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. "Nos adversaires répondent qu'on ne peut rien prouver, qu'on n'a jamais établi de lien de causalité entre l'exposition et la maladie, s'indigne M. Veillerette. Le fait de briser la loi du silence devrait les faire reculer." Comme cela a été le cas pour l'amiante.

 

Sur le Web : Pesticidescancer.eu

 

Rafaële Rivais

 

Risques accrus de Parkinson et de lymphomes

L'exposition aux pesticides double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs, selon les travaux menés par une équipe de chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'université Pierre-et-Marie-Curie. Le risque augmente avec le nombre d'années d'exposition et il est principalement lié à l'usage d'insecticides, notamment de type organochloré. Une autre étude récente de l'Inserm montre que les agriculteurs exposés aux pesticides présentent des anomalies chromosomiques pouvant favoriser le développement d'un lymphome ou d'un cancer du système immunitaire. Dans le cas du lymphome, le processus de cancérisation débute par un échange de matériel génétique, ou translocation, entre les chromosomes 14 et 18. Or, le sang de 128 agriculteurs suivis par l'Inserm présentait une fréquence de cellules transloquées pouvant être jusqu'à 1 000 fois supérieure à la normale.

 

Article paru dans l'édition du 18.07.09

17/06/2009

Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français

Information presse de l'INSERM

Paris, le 16 juin 2009

Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français

Une équipe de chercheurs de l’unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l’UPMC montre que l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. Ce risque augmente avec le nombre

d’années d’exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré. Ces résultats, qui posent également la question du rôle d’une contamination résiduelle de la population générale par ces pesticides,  sont publiés en ligne dans Annals of Neurology.

 

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. On admet que, dans la plupart des cas, elle trouve son origine dans une combinaison de facteurs de risque génétiques et environnementaux.

 

Parmi les facteurs d’environnement suspectés, des études épidémiologiques ont montré une association entre la survenue de la maladie de Parkinson et une exposition professionnelle aux pesticides. Toutefois, aucune famille de pesticides n’a pu être spécifiquement mise en cause et le rôle du niveau d’exposition n’a pas été étudié (relation dose-effet).

 

En collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) a étudié un groupe de 224 patients atteints de maladie de Parkinson, qu’ils ont comparé à un groupe de 557 personnes non malades, toutes affiliées à la MSA, de même âge et sexe et habitant dans le même département.

 

L’exposition aux pesticides durant toute la vie professionnelle des participants a été reconstituée de manière très détaillée à l’occasion d’entretiens avec des médecins du travail de la MSA permettant de recueillir un grand nombre d’informations telles que la surface des exploitations, le type de cultures et les pesticides utilisés, le nombre d’années et la fréquence annuelle d’exposition, ou encore la méthode d’épandage.

 

Les résultats montrent que les patients atteints de maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent des pesticides et durant un plus grand nombre d’années que les témoins ; les chercheurs ont alors estimé que les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n’en utilisaient pas.

 

Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après l’utilisation. Les chercheurs précisent toutefois qu’on ne peut pas, à partir de ces résultats, exclure l’implication d’autres types de pesticides moins fréquemment utilisés.

 

Les auteurs soulignent alors l’importance de l’éducation des utilisateurs professionnels de pesticides à un meilleur usage et la mise en place de mesures de protection des travailleurs agricoles.

 

Enfin, au-delà du rôle de l’exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent la question des conséquences d’une exposition à plus faibles doses. Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question.

 

Pour en savoir plus

“Professional exposure to pesticides and Parkinson’s disease”

Alexis Elbaz1,2,3 , Jacqueline Clavel 4,5, Paul J. Rathouz 6, Frédéric Moisan1,2, Jean-Philippe Galanaud1,2, Bernard Delemotte 7, Annick Alpérovitch1,2, Christophe Tzourio1,2.

1- Inserm Unité 708, F-75005, Paris, France (AE, JPG, FM, AA, CTZ)

2- UPMC Université Pierre et Marie Curie, F-75005, Paris, France (AE, JPG, FM, AA, CTZ)

3- Département santé-travail, Institut de Veille Sanitaire, F-94415, Saint-Maurice, France (AE)

4- Inserm Unité 54, F-94807, Villejuif, France (JC)

5- Université Paris 11, F- 94807, Villejuif, France (JC)

6- Department of Health Studies, University of Chicago, Chicago, IL (PJR)

 

7- Mutualité Sociale Agricole, Bagnolet, France (BD)

Annals of Neurology

http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/fulltext/122322358/PDFSTART

Sous presse

Contact chercheur

Alexis Elbaz,

Unité Inserm 708 Neuroépidémiologie

Hôpital de la Salpêtrière

47 Bvd de l'Hôpital

75651 Paris Cedex 13

France

Tel : 01 42 16 25 66

alexis.elbaz@upmc.fr

 

Contact presse

Anne Mignot

Tel. 01 44 23 60 73

anne.mignot@inserm.fr

 

14:02 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pesticides, chimie, santé

21/04/2009

OGM, MONSANTO, ROUNDUP, AGENT ORANGE, sélection naturelle

lu sur : http://www.france24.com/fr/20090419-super-mauvaises-herbes-menace-patrie-monsanto-etats-unis-environnement-ogm-amarantes-agriculture-herbicide?pop=TRUE

Dimanche 19 avril 2009
Par Clea CAULCUTT
Les "super mauvaises herbes" menacent la patrie de Monsanto :

De mauvaises herbes ultra-résistantes envahissent les champs OGM du sud des États-Unis. Face à cette nouvelle menace, des agriculteurs utilisent plus d’herbicides, renoncent aux cultures OGM ou abandonnent simplement leurs cultures.

Aux Etats-Unis, les faucheurs partent à la rescousse des champs de cultures transgéniques assaillis par des mauvaises herbes d’une nouvelle génération. Des amarantes surpuissantes sèment la pagaille sur des kilomètres de champs de coton et de soja OGM. Universitaires et agriculteurs tirent la sonnette d’alarme.
En automne 2004, un agriculteur de Macon, dans l’État de Géorgie, remarque que sa dernière application de l’herbicide Roundup - produit par la firme Monsanto - ne tue pas certaines pousses d’amarantes. L’ingrédient actif de ce puissant herbicide est pourtant le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, ce sont plus de cinq Etats du sud des Etats-Unis, la Géorgie, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, l’Arkansas, le Tennessee et le Missouri, qui subissent la fronde des "super mauvaises herbes", ou "superweeds", affirment les médias locaux.
Comment cela a-t-il pu se produire ? Selon les universitaires, les agriculteurs d’outre-Atlantique ont abusé de la formule magique Roundup Ready, une combinaison aussi révolutionnaire que controversée qui lie l’herbicide Roundup et des semences. Semences dans lesquelles on a introduit un gène qui leur permettent de résister à cet herbicide.
Monsanto, la multinationale de biotechnologie, est le producteur de Roundup et de graines OGM. Rien qu’aux Etats-Unis, 9 cultivateurs de soja sur 10 utilisent des semences Roundup, selon les chiffres de l’entreprise.

En Géorgie, 50 000 hectares gravement infestés d’amarantes :

Spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, Stanley Culpepper assure dans un entretien avec FRANCE 24 que 50 000 hectares en Géorgie sont gravement infestés d’amarantes et 29 comtés de Géorgie sont aussi contaminés.
"Les agriculteurs réalisent que la menace est très sérieuse. Pendant deux ans, on a cherché en vain à le leur faire comprendre. Mais une fois qu’ils ont pris conscience de la gravité de la situation, ils ont adopté une approche très agressive vis-à-vis de la plante", a confirmé Stanley Culpepper.
"L’année dernière, nous avons dû désherber à la main la moitié de nos champs sévèrement infestés", dit Stanley Culpepper, ajoutant que la lutte contre les amarantes "coûte très cher".
En 2007, 5 000 hectares de champs ravagés par les amarantes ont même été abandonnés par leurs propriétaires près de l’épicentre du phénomène des "superweeds" dans le comté de Macon, affirme le spécialiste agricole Alan York.
Parmi les "superweeds" américaines, il est difficile d’imaginer une mauvaise herbe plus incontrôlable que l’amarante. "C’est bien la mauvaise herbe qu’on ne veut pas voir dans son champs, elle domine tout", explique Stanley Culpepper. L’amarante peut produire 10 000 graines en une fois, résiste à la sécheresse et peut attendre trois mètres de haut. C’est une mauvaise herbe qui étouffe très facilement les arbustes de coton.
Aujourd’hui, les agriculteurs américains peinent à trouver un herbicide qu’ils puissent épandre sur les amarantes dans les plantations de coton.

Des solutions qui suscitent la polémique :

Dans une interview accordée à FRANCE24, le responsable du développement technique de Monsanto, Rick Cole, estime que les "superweeds" peuvent être maîtrisées. "Le problème des mauvaises herbes qui résistent au Roundup est une réalité que Monsanto ne nie pas. Mais le phénomène peut être maîtrisé", affirme-t-il.
Rick Cole encourage les agriculteurs à utiliser différents herbicides, même ceux de concurrents, et d’alterner les cultures Roundup.

Selon un communiqué de presse de Monsanto, leurs vendeurs incitent les agriculteurs à mélanger le Roundup avec d’autres herbicides, comme le 2,4-D, un herbicide interdit au Danemark, en Norvège et en Suède pour protéger la population de risques de cancer, de troubles du système reproductif et d’affaiblissement mental. Le 2,4-D est aussi connu pour être un ingrédient de l’Agent orange (*: produit par MONSANTO; voir ci-dessous), un herbicide utilisé par l’armée américaine pendant la guerre au Vietnam dans les années 1960.
Interrogé à propos de la toxicité et de l’impact environnemental de tels mélanges, Janice Person, directrice de communication chez Monsanto, répond que la multinationale "ne recommande pas de mélanges qui n’ont pas l’aval de l’Agence de la protection de l’environnement".
Selon la Soil Association, une association anti-OGM basée au Royaume-Uni, Monsanto était conscient de la menace des "superweeds" dès 2001 et avait fait breveter la pratique de mélanger de l’herbicide Roundup et d’autres herbicides qui ciblent des plantes résistantes au Roundup.
"Ce brevet va permettre à l’entreprise de profiter d’un problème que ses produits ont créé à l’origine," affirme un rapport de la Soil Association publié en 2002.

Les OGM lâchés par les agriculteurs :

Dans un élan qui ferait plaisir aux militants anti-OGM en Europe, certains agriculteurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir aux semences dites conventionnelles. "C’est bien de revenir aux graines traditionnelles, les gens ont abusé des graines Roundup", affirme Alan Rowland, cultivateur de graines de soja à Dudley, dans l’Etat du Missouri. Auparavant, 80 % de ses ventes provenaient de plants Monsanto de marque Roundup Ready. Aujourd’hui, la demande de graines conventionnelles est très forte, et Alan Rowland ne vend plus que des graines non-OGM.
Selon Stanley Culpepper, les agriculteurs américains sont nombreux à envisager de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture plus conventionnelle. Mais pour les agriculteurs, tout se résume à une question de coûts de production. Le système OGM devient de plus en plus cher, affirme Alan Rowland.

Si les universitaires et les agriculteurs n’osent pas faire des reproches à la multinationale, Alan Rowland affirme que "certains ont commencé à se rebeller contre les coûts élevés."

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* : lu sur :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange

..." L'agent orange, créé par la multinationale Monsanto, est en fait rose et brunâtre, et doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les fûts dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les Agent Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.
Ce produit était d'usage courant et utilisé dans l'agriculture aussi bien aux États-Unis qu'en URSS, dans les années 1960, on ne pensait pas alors qu'il était toxique pour l'être humain.
Ces herbicides furent utilisés pour défolier les forêts et ainsi empêcher les Vietnamiens de se cacher, pour détruire leurs récoltes, mais aussi de dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques.
Ces opérations de guerre chimique débutèrent en 1961 avec le feu vert du président John F. Kennedy, et furent progressivement intensifiées jusqu'à atteindre leur apogée en 1965. Elles diminuèrent ensuite progressivement et finalement cessèrent en 1971, suite à de nombreuses protestations dans le monde et aux États-Unis même, de la part de scientifiques, d'un certain nombre de parlementaires et surtout d'anciens combattants américains.
L'Académie nationale des sciences des États-Unis estime aujourd'hui que près de 80 millions de litres de ce défoliant ont été déversés. Selon Franz J. Broswimmer dans son ouvrage Ecocide, cet épandage a touché 20% des forêts du Sud Vietnam et empoisonné 400 000 hectares de terrain agricole.
Le 8 décembre 2006, le quotidien The Guardian rèvèle que Sir Richard Doll, épidémiologiste et toxicologue anglais réputé, célèbre pour avoir établi le lien entre l'usage de tabac et le cancer du poumon a été sous contrat de mai 1979 à mai 1986 [1] (période durant laquelle il aurait reçu selon The Guardian 1 500 dollars par jour de Monsanto et cela durant un an). C'est durant cette époque qu'il a affirmé à une commission australienne qu'il n'y avait pas de relation entre le cancer et l'agent orange. Richard Doll aurait aussi reçu de l'argent de l'Industrie chimique durant plus de vingt ans selon le quotidien. Il avait, avec son collègue Sir Richard Peto, produit en 1981 un article concluant que seuls 1 à 3 % des cancers avaient une cause environnementale."...

14/04/2009

Le ROUNDUP mis en accusation (2)

Voir aussi les notes du : 14/04/2009 , 09/01/2009 , 11/12/2008 , 07/05/2008

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Un herbicide provoque en éprouvette la mort des cellules humaines
Des expériences réalisées par Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l'université de Caen, montrent que des doses infinitésimales de Roundup, un herbicide Monsanto répandu sur la majorité des plantes OGM, programment en quelques heures la mort de cellules de cordon ombilical humain. Le glyphosate, principe actif des différents Roundup, n'est pas seul en cause. Les substances qui activent la pénétration de la molécule dans la plante sont également toxiques. La Croix indique que Monsanto a récusé la pertinence de cette étude.
Croix [La] , 14/04/2009

30/03/2009

Trop de pesticides dans les aliments

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Trop de pesticides dans les aliments
Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), et le réseau Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides (ACAP), organisent la 4e édition de la "Semaine sans pesticides". D'après une étude réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 45% des fruits et légumes contiennent des pesticides, et 7,2% dépassent les limites autorisées par la Commission européenne. D'après Le Monde, le ministère de l'Agriculture a annoncé en septembre un plan baptisé "Ecophyto", qui prévoit une réduction "si possible" de 50% des pesticides dans l'agriculture d'ici à 2018. Le quotidien indique que des études montrent régulièrement des liens entre pesticides et cancer.

Monde [Le] , 28/03/2009
(voir : http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/03/27/nos-aliments-ont-trop-de-pesticides_1173367_3238.html )

Compte rendu
Nos aliments ont trop de pesticides
LE MONDE | 27.03.09 | 16h33 • Mis à jour le 28.03.09 | 17h59

Collectivités locales, entreprises... se mobilisent depuis le 20 mars jusqu'au 30 mars contre les pesticides, dénonçant leur impact sur l'environnement et la santé, dans cette 4e édition de la "semaine sans pesticides", organisée par le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) et le réseau Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides (ACAP). Le constat est édifiant : la France est le premier consommateur européen de pesticides, et troisième mondial, avec 76 000 tonnes épandues en 2008.

Le terme de pesticides recouvre "trois types de substances : les herbicides ou désherbants (contre les mauvaises herbes), les fongicides (contre les champignons et les moisissures) et les insecticides", indique l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset). Sous chacune de ces appellations, on retrouve des familles chimiques différentes. Les pesticides sont majoritairement employés dans les exploitations agricoles, mais aussi dans les espaces verts, les forêts, les maisons...

D'où une présence dans la plupart des aliments : 45 % des fruits et des légumes contiendraient ces substances chimiques, selon la dernière étude réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ; 58,7 % des légumes ne contiennent pas de résidus, selon cette étude. Mais 7,2 % dépassent la LMR (limite maximale de résidus), la concentration maximale de résidus de pesticides légalement tolérée. Fixé par la Commission européenne, le taux de LMR est calculé de façon assez complexe pour chaque type de molécules. Pour les légumes, le dépassement de ces taux concerne essentiellement les poivrons, piments, tomates, poireaux, laitues et épinards. S'agissant des fruits, 29,7 % ne contiennent pas de résidus, mais 8,5 % ne sont pas conformes, dépassant le taux de LMR. Les plus touchés sont les fraises, les mandarines et les raisins... "Plus le temps de stockage est long, plus les produits contaminés migrent de la peau vers le fruit", explique François Veillerette, président du MDRGF. La pomme peut être contaminée jusqu'à 5 millimètres sous la peau du fruit, ajoute-t-il.

LA VOIE ROYALE

Alors comment faire pour les éliminer ? En lavant les fruits et légumes. Il vaut mieux cuire à la vapeur qu'à l'eau. Pour les aliments comme le chou, la laitue,... il est préférable de retirer les feuilles externes et le trognon. L'épluchage réduit beaucoup les risques, mais retire aux aliments certaines de leurs vertus nutritionnelles.

Quelles sont les alternatives ? "Manger bio reste la voie royale", selon M. Veillerette. D'autres moyens de production existent, comme l'agriculture raisonnée, ou les systèmes de production intégrés, entre l'approche conventionnelle et l'agriculture biologique. "Les producteurs de légumes se sont engagés avec l'INRA pour favoriser ces systèmes de production", indique Philippe Lucas, directeur de recherche à l'INRA.

Il y a un début de mobilisation. Le plan Ecophyto, annoncé en septembre par le ministre de l'agriculture, prévoit la réduction "si possible" de 50 % de pesticides en agriculture d'ici à 2018. Point positif, l'utilisation de pesticides a été réduite de 90 % depuis quinze ans dans les espaces verts parisiens. Certaines communes ont entamé des démarches vers le zéro pesticide.

Toutefois, les études ne cessent de montrer les liens entre pesticides et cancer, sans parler des effets sur la fertilité, le système endocrinien, explique André Cicollela, porte-parole du Réseau environnement santé (RES), qui demande un "plan environnement cancer". "Mais la voie alimentaire n'est pas la principale exposition aux pesticides", rappelle Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie à Bordeaux-I.

Sur le Web :
- www.semaine-sans-pesticides.fr ;
- www.acap.net ;
- www.mdrgf.org ;
- www.afsset.fr.

Pascale Santi

Une étude montre que l'air des crèches est pollué

L'air que respirent nos enfants est pollué, révèle une étude de l'Association santé environnement France (ASEF), présentée jeudi 26 mars. L'association a analysé pendant une semaine l'air de neuf crèches en France. Les résultats des mesures de benzène, formaldéhyde et phtalates "sont préoccupants", indique Patrice Halimi, de l'ASEF. "La pollution de l'air intérieur est un vrai sujet", a réagi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.

14:48 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pesticides, chimie, santé

26/03/2009

le CRUISER interdit en Allemagne reste autorisé en France

lu sur :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3664

24-03-2009

Procès insecticide Cruiser : le fabricant gagne face à FNE

Les semis de maïs vont commencer d’ici quelques semaines et une décision de justice annonce un démarrage bien peu encourageant pour le plan Ecophyto 2018. Lancé à la fin de l’année dernière, ce plan d’action visait à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d’ici les dix prochaines années (*). Mais ce lundi, qui plus est, en pleine « semaine sans pesticide » (1), le Conseil d’Etat vient de rejeter la requête de France Nature Environnement (FNE) pour le retrait de l’autorisation de l’insecticide Cruiser (2). De plus, FNE a été condamnée à verser la somme de 3 000 € à la société Syngenta, multinationale productrice de cet insecticide.

Plutôt enclin à la concertation, FNE s’étonne d’une telle sévérité qui, on peut le reconnaître, frise le ridicule quand une association de bénévoles se voit contrainte à rembourser les frais de procédure d’un leader mondial de l’agro-industrie. Si Jean-Claude Bévillard, secrétaire national de FNE en charge des questions agricoles, précise que l’association n’entend pas durcir ses positions suite à cette décision et va poursuivre ses actions en collaborant avec tous les acteurs, il reconnaît que « devant une telle manière de faire, personne ne va y gagner ». Nous serions, semble-t-il, encore loin d’une progression intelligente vers la réduction des pesticides et les procédures en justice révèlent toujours les blocages et les pressions existants.

Cette décision du Conseil d’Etat soulève de nombreuses inquiétudes. Tout d’abord, un problème d’harmonisation des mécanismes à l’échelle européenne. Substance d’enrobage destinée à protéger les semences de maïs contre les larves de taupins, le Cruiser a d’abord été utilisé en Allemagne, ce qui ouvrait une autorisation de droit dans les autres pays de l’Union, suivant la procédure de reconnaissance mutuelle. La France suivait. Mais quand la même Allemagne suspendait l’utilisation de ce pesticide en mai 2008, le ministère français, quant à lui, renouvelait l’autorisation en l’accompagnant de quelques recommandations d’usages (**). Devant la demande de retrait du Cruiser portée par FNE, pour le juge, la suspension allemande ne peut constituer un argument. Dans son ordonnance, la Cour admet l’intervention des producteurs de maïs (3) qui stipule « qu’il n’y a pas d’urgence » à suspendre l’autorisation et que « les risques de dissémination lors des semis ont été pris en compte », conformément aux recommandations de l’Afssa (4).
Sur ce dernier point, pour Jean-Claude Bévillard, dans la précipitation « les dispositifs techniques pourraient vraisemblablement être incomplètement mis en œuvre ». En effet, des systèmes de déflecteurs doivent être installés lors du semis afin de limiter les disséminations de poussières, mais le chargé des questions agricoles de FNE s’interroge sur l’application de ces mesures concrètes sur le terrain.
Si l’impact des poussières de Cruiser sur l’environnement, tout spécialement chez les abeilles, semble ne plus être contesté par les autorités sanitaires, un encouragement pour développer les alternatives aurait peut-être été plus judicieux qu’une parade technique dont l’opérationnalité est encore douteuse.

Elisabeth Leciak

1- Voir notre dossier "Homme, nature et pesticides" et le site de la semaine sans pesticides.
(voir : http://www.univers-nature.com/dossiers/pesticides/index.html
- et : http://www.semaine-sans-pesticides.fr/)
2- FNE appelle à une signature massive de sa pétition contre le Cruiser (http://www.fne.asso.fr/fr/actualites/petitions.html) , qui sera adressée au Ministre de l’agriculture à la fin de la semaine.
3- Association générale des producteurs de maïs (AGPM), syndicat des établissements de semences agrées pour les semences de maïs (SEPROMA), fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho (FNPSMS)
4- Agence française de sécurité sanitaire des aliments

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3353
(**) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3515

16/02/2009

Adieu coquelicots, chardons, ivraie, mais aussi biodiversité

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/16/adieu-coquelicots-chardons-ivraie-mais-aussi-biodiversite_1155939_3244.html#ens_id=1156046

Adieu coquelicots, chardons, ivraie, mais aussi biodiversité
LE MONDE | 16.02.09 | 15h21

En 1970, le journaliste François-Henri de Virieu réalisait un documentaire visionnaire consacré à l'évolution du métier de paysan, baptisé Adieu coquelicots. Près de quarante ans plus tard, des scientifiques de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) lui donnent raison. La révolution agricole a décimé les fleurs des champs et les mauvaises herbes. Le paysage en a souffert, mais ce n'est pas tout. Les scientifiques évoquent une perte de biodiversité importante, sans doute lourde de conséquences pour la faune des campagnes.

Les chercheurs de l'INRA de Dijon ont analysé 158 parcelles, plusieurs années de suite, à environ trente ans d'intervalle. "Nous avions la chance de disposer d'une série de relevés datant des années 1970, explique Xavier Reboud, directeur de l'unité biologie et gestion des adventices - les mauvaises herbes - à Dijon. Nous avons pu retourner exactement dans les mêmes parcelles et mesurer l'évolution." Résultat : pratiquement la moitié des espèces de mauvaises herbes ont disparu. Un résultat, publié dans la revue Biological Conservation de janvier 2009, dont l'ampleur a "surpris" l'équipe. Les chercheurs ont retrouvé un tiers environ des espèces disparues au bord des parcelles. Il y a donc aujourd'hui plus de biodiversité autour des champs cultivés qu'à l'intérieur.

Ce résultat marque aussi un succès : les agriculteurs ont réussi à "nettoyer" leurs terres des ennemis des cultures et à augmenter considérablement les rendements. Ils ont rempli la mission qui leur avait été confiée : nourrir la population. Mais l'utilisation d'herbicides et d'engrais, les labours profonds, l'utilisation de chaux pour amender les terres, l'irrigation ont détruit une partie de la flore, et sans doute de la faune des campagnes.

POLLINISATEURS

Car les adventices, contrairement à leur mauvaise réputation, sont utiles. Leurs graines alimentent les oiseaux, leurs fleurs les insectes pollinisateurs. Les travaux menés au Muséum d'histoire naturelle sur les populations d'oiseaux communs, considérées comme un bon indicateur de biodiversité, le confirment. Entre 1989 et 2006, l'abondance des oiseaux communs a baissé de 30 % en milieu agricole et est restée stable dans les villes.

Faut-il en arriver à protéger les bleuets, les chardons, l'ivraie et le chiendent ? Sans aller jusque-là, M. Reboud estime qu'un "effort particulier" devrait être fait pour préserver les bords des champs et des chemins, afin de "contribuer au maintien de la biodiversité". Et dans les champs ? La division par deux de l'usage des pesticides, si possible d'ici à dix ans, fait partie des principaux chantiers du Grenelle de l'environnement.

Des pistes existent pour diminuer le recours aux produits chimiques. Mais remplacer les désherbants par du travail mécanique ne suffit pas. C'est tout le système de production, qui repose sur la spécialisation des cultures et l'utilisation préventive de la chimie, qu'il faudra repenser pour parvenir à l'objectif.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 17.02.09

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Sur le Web :
http://www.inra.fr/ciag/revue_innovations_agronomiques/volume_3_decembre
_2008

Maîtrise de la flore adventice en grandes cultures
Ce numéro de la revue Innovations Agronomiques est totalement dédié au thème de la maîtrise de la flore adventice en grandes cultures. Il comprend les articles présentés lors du colloque du 2 décembre 2008 à Dijon ainsi que plusieurs articles complémentaires permettant de couvrir plus largement ce thème.
Sommaire

Bertrand M., Doré T., 2008. Comment intégrer la maîtrise de la flore adventice dans le cadre général d'un système de production intégrée ? Innovations Agronomiques 3, 1-13 (Article pdf, 156 Ko)

Fried G., Chauvel B., Reboud X., 2008. Evolution de la flore adventice des champs cultivés au cours des dernières décennies : vers la sélection de groupes d'espèces répondant aux systèmes de culture. Innovations Agronomiques 3, 15-26 (Article pdf, 621 Ko)

Valantin-Morison M., Guichard L., Jeuffroy M.H., 2008. Comment maîtriser la flore adventice des grandes cultures à travers les éléments de l’itinéraire technique ? Innovations Agronomiques 3, 27-41 (Article pdf, 598 Ko)

Tourdonnet S. de, Shili I., Scopel E., 2008. Utilisation des mulchs vivants pour la maîtrise des flores adventices. Innovations Agronomiques 3, 43-48 (Article pdf, 115 Ko)

Petit S., Thenail C., Chauvel B., Le Coeur D., Baudry J., 2008. Les apports de l’écologie du paysage pour comprendre la dynamique de la flore adventice. Innovations Agronomiques 3, 49-60 (Article pdf, 1255 Ko)

Colbach N., Gardarin A., Granger S., Guillemin J.P., Munier-Jolain N., 2008. La modélisation au service de l'évaluation et de la conception des systèmes de culture intégrés. Innovations Agronomiques 3, 61-73 (Article pdf, 276 Ko)

Munier-Jolain N., Deytieux V., Guillemin J.P., Granger S., Gaba S., 2008. Conception et évaluation multicritères de prototypes de systèmes de culture dans le cadre de la Protection Intégrée contre la flore adventice en grandes cultures. Innovations Agronomiques 3, 75-88 (Article pdf, 618 Ko)

Compagnone C., Hellec F., Morlon P., Macé K., Munier-Jolain N., Quéré L., 2008. Raisonnement des pratiques et des changements de pratiques en matière de désherbage : regards agronomique et sociologique à partir d'enquêtes chez des agriculteurs. Innovations Agronomiques 3, 89-105 (Article pdf, 1476 Ko)

Rodriguez A., Gasquez J., 2008. RMT « Gestion de la flore adventice en grandes cultures ». Innovations Agronomiques 3, 107-120 (Article pdf, 1101 Ko)

Mamy L., Barriuso E., Gabrielle B., 2008. Evaluer les risques environnementaux des pesticides. Innovations Agronomiques 3, 121-143 (Article pdf, 693 Ko)

Gasquez J., Fried G., Délos M., Gauvrit C., Reboud X., 2008. Vers un usage raisonné des herbicides : analyse des pratiques en blé d’hiver de 2004 à 2006. Innovations Agronomiques 3, 145-156 (Article pdf, 160 Ko)

Délye C., Boucansaud K., Pernin F., Couloume B., 2008. Détection de résistances aux inhibiteurs de l’ALS : des outils moléculaires pour un diagnostic rapide et fiable. Innovations Agronomiques 3, 157-165 (Article pdf, 210 Ko)

Le Bourgeois T., Bonnet P., Edelin C., Grard P., Prosperi J., Theveny F., Barthelemy D., 2008. L'identification des adventices assistée par ordinateur avec le système IDAO. Innovations Agronomiques 3, 167-175 (Article pdf, 1466 Ko)

Mannino M.R., Muracciole V., Cesbron G., Dussetour C., Stéphan J.C., Léchappé J., 2008. Evaluation de la présence d’adventices dans les lots de semences : méthodes internationales standardisées et apport de la vision artificielle à l’évolution des méthodes. Innovations Agronomiques 3, 177-191 (Article pdf, 1131 Ko)

Bonny S., 2008. Les cultures transgéniques tolérantes à un herbicide permettent-elles de réduire l'usage des pesticides ? Le cas du soja et du maïs aux Etats-Unis. Innovations Agronomiques 3, 193-212 (Article pdf, 282 Ko)

11/01/2009

Toujours plus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales

lu sur univers-nature.com /

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3539

08-01-2009

Toujours plus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales

Chaque année, la DGCCRF (1) publie, à deux ans d’intervalles, le bilan annuel des plans de surveillance relatifs aux résidus de pesticides dans les productions végétales. Le 5 janvier 2009 était ainsi communiqué le rapport consacré spécifiquement à l’année 2007. Témoignant d’une exposition croissante des consommateurs à divers types de pesticides, les conclusions qui en ressortent n’ont rien de réjouissant.
Au total, 266 matières actives ont été recherchées et mesurées sur quelque 5 412 échantillons issus de fruits et légumes frais ou transformés, de produits destinés à l’alimentation infantile et animale, de céréales ainsi que de certains produits végétaux biologiques présents sur le marché français. Les résultats ne se sont pas fait attendre, confirmant une tendance à la hausse quant à la teneur en pesticides des produits examinés. Ainsi, 52,1 % des fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides contre 45 % en 2006. Le dépassement des LMR (Limites Maximales en Résidus) (2) a bien entendu suivi le mouvement, passant de 6 % en 2006 à 7,6 % l’année suivante.
Pris à part, le pourcentage des légumes contaminés aux pesticides est de 41,3 % en 2007 contre 35 % en 2006. En moyenne, 7,2 % s’avèrent non conformes à la réglementation. Cela concerne principalement les poivrons et les piments, les tomates, les poireaux, les laitues et les épinards. A l’inverse, les carottes, les pommes de terre, les endives et les concombres présentent un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne.

L’évolution est sensiblement la même du côté des fruits. En 2007, 70,3 % des fruits analysés portent des traces de pesticides, le chiffre étant de l’ordre de 65 % en 2006. La non-conformité à la réglementation touche 8,5 % des produits, les dépassements s’appliquant essentiellement aux fraises, aux mandarines et aux raisins. Comptant parmi les fruits les moins touchés, les bananes, les pêches et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne.

Les céréales et autres produits céréaliers remportent la palme de la plus forte progression en résidus de pesticides. Ils présentent en effet 8,2 % de non-conformité avec la réglementation sur les 282 échantillons testés. En 2006, ce pourcentage n’était que de 0,4 %. Du point de vue de la production biologique, les contrôles ont révélé une non-conformité de 3,1 %.

Seul point positif, aucune non-conformité avec la réglementation légiférant en matière de pesticides n’a été détectée sur les produits transformés, les produits d’alimentation pour animaux, les produits d’alimentation infantile, les thés, les cafés et les épices.

Alors que les bonnes résolutions s’imposent à l’aube de la nouvelle année, le MDRGF (3) invite le gouvernement a accélérer le plan issu du Grenelle visant à réduire de 50 % le recours aux pesticides. Il appelle en ce sens à la prise de mesures favorisant le développement des pratiques agricoles biologiques.

Cécile Cassier

1- Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.
2- Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides correspondent aux quantités maximales acceptées, établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. Il y a une LMR pour chaque fruit, légume, céréale et chaque pesticide.
3- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures : http://www.mdrgf.org/ (lien ci-contre)

09/01/2009

Le ROUNDUP mis en accusation

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/09/le-desherbant-le-plus-vendu-au-monde-mis-en-accusation_1139824_3244.html

Le désherbant le plus vendu au monde mis en accusation
LE MONDE | 09.01.09 | 15h22 • Mis à jour le 09.01.09 | 15h36

Le désherbant le plus vendu au monde, le Roundup de la firme américaine Monsanto, est à nouveau mis en cause. Le biochimiste Gilles-Eric Séralini (université de Caen) et sa collègue Nora Benachour viennent de publier une étude mettant en évidence l'impact de diverses formulations et constituants de ce pesticide sur des lignées cellulaires humaines. Et ce à des doses très faibles.

M. Séralini avait déjà publié en 2005 et 2007 des résultats controversés sur le sujet. Son nouvel article, paru dans la revue Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, présente diverses atteintes - nécrose, asphyxie, dégradation de l'ADN - induites soit par le glyphosate, le principe actif du Roundup, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l'herbicide.

Les lignées choisies pour étudier l'impact de ces produits sont des cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d'embryon. La mort des cellules exposées intervenait dans les 24 heures, à des concentrations que les auteurs de l'étude jugent représentatives des résidus subsistant dans les récoltes après utilisation du Roundup.

Ce produit est notamment employé en conjonction avec certaines plantes transgéniques conçues pour tolérer le glyphosate. Ces champs de maïs, soja ou coton "Roundup Ready" peuvent ainsi être commodément nettoyés de leurs mauvaises herbes sans mettre en péril la récolte.

Les chercheurs ont eu la surprise de constater que les effets délétères les plus marqués ne venaient pas du glyphosate lui-même, mais d'autres composés entrant dans la formulation. C'est le POEA qui a eu l'impact le plus marqué. En résumé, "les effets délétères ne sont pas proportionnels aux concentrations en glyphosate, mais dépendent plutôt de la nature des adjuvants".

Le même phénomène avait été observé en 2005 par Rick Relyea (université de Pittsburg) qui avait montré que les POEA augmentaient l'impact de l'herbicide sur des populations d'amphibiens. Travaillant sur l'oursin, Robert Bellé (Station biologique de Roscoff) était parvenu à des conclusions similaires. "L'une des nouveautés intéressantes de l'article, c'est de constater que l'AMPA, dont la concentration augmente dans les eaux des rivières, est lui aussi actif", note-t-il.

S'appuyant sur ces résultats, le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont M. Séralini est membre, réclame la publication des analyses de sang détaillées "de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale (...), car elles pourraient masquer des effets indésirables". Directeur adjoint "végétal et environnement" de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Thierry Mercier estime que l'article de l'équipe de Caen ne justifie pas une réévaluation du Roundup. "Ces résultats ne remettent pas en cause les évaluations réalisées par la firme et dans des laboratoires indépendants", estime-t-il. "Il faut être prudent quant à une extrapolation possible à l'homme d'études in vitro", note-t-il. Le dernier avis de l'Afssa sur le Roundup remonte à 2007.

Gilles-Eric Séralini critique le "laxisme" des tests réglementaires, qui conduisent à tester le plus souvent séparément le principe actif et les adjuvants, alors que leur combinaison peut multiplier les effets toxiques. Pour tenir compte de cet "effet cocktail", "il faudrait au contraire des tests in vivo pour chaque formulation", assure-t-il. Un principe combattu par les industriels pour des raisons de coût.

De son côté, Monsanto France estime que "le protocole utilisé conduit à exposer directement des cellules de cordon humaines au produit alors que cela ne se produit jamais dans les conditions réelles d'usage du Roundup (...). L'étude de M. Séralini détourne intentionnellement l'usage normal de Roundup afin de dénigrer le produit, alors que sa sécurité sanitaire est démontrée depuis trente-cinq ans à travers le monde."

Hervé Morin

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(note du blogueur : ce qui suit dans le même article est plutôt une bonne chose.
Jusqu'à plus ample informé -- à partir de quelle modification moléculaire a été obtenue la résistance à la sécheresse ? -- c'est intéressant pour l'agriculture et pour la préservation des nappes phréatiques.
Au moins, ce ne sont pas des modifications permettant d'augmenter l'utilisation des herbicides comme les plantes "ROUNDUP READY".
Ce qui m'intrigue, c'est que cette information favorable aux OGM fasse immédiatement suite à une information TRÈS DÉFAVORABLE.)
Pour l'obtention de plantes résistant à la sécheresse, l'approche de Pioneer Hi-Bred International me paraît de loin préférable.
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Vers des maïs plus tolérants à la sécheresse :

La firme américaine Monsanto a annoncé avoir lancé auprès des autorités américaines une procédure d'homologation pour un maïs transgénique tolérant à la sécheresse. La compagnie, qui travaille sur ce projet avec l'Allemand BASF, a indiqué que les semences de ce maïs pourraient être commercialisées "au début de la prochaine décennie". Elle évoque des essais effectués en 2008 ayant montré des rendements en hausse de 6 % à 10 %. Le gène soumis à l'expertise de la Food and Drug Administration américaine en décembre 2008 retarde le moment où la plante ralentit son métabolisme face à un stress hydrique, explique Monsanto.

Pioneer Hi-Bred International conduit aussi des essais sur un maïs tolérant à la sécheresse, mais obtenu par sélection classique, ce qui facilite la procédure de commercialisation, espérée en 2010-2011. Syngenta table également sur la commercialisation d'un maïs de ce type avant 2012.


Article paru dans l'édition du 10.01.09

02/01/2009

Signez la pétition pour l’interdiction du Cruiser

Non au Cruiser, réduisons de 50% l’usage des pesticides !

Signez la pétition pour l’interdiction du Cruiser
et l’application immédiate du plan Ecophyto 2018
sur le site de France-Nature-Environnement :

http://fne.asso.fr/fr/actualites/petitions.html

Utilisé en France depuis janvier 2008 en enrobage de semences de maïs, le Cruiser (produit proche du Gaucho et du Régent), est un insecticide classé dangereux pour l’environnement, dangereux pour les abeilles, les oiseaux et les mammifères sauvages, et très toxique pour les organismes aquatiques.

On compte en France plus de 1000 espèces de pollinisateurs. Ces dernières années, leur surmortalité a été constatée partout dans le monde. Les abeilles sont particulièrement touchées, avec une mortalité annuelle de 30 à 40 %. Il faut savoir que 35 % du tonnage mondial d’aliments végétaux (fruits, légumes, oléagineux, café, cacao…) * et la survie de plus de 80% des espèces végétales dépendent directement de la pollinisation par les insectes !

Face à de tels enjeux agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementaux, au nom du principe de précaution, nous demandons :

- d’interdire immédiatement le Cruiser
- de mettre en œuvre, sans retard et avec la plus grande vigilance, le plan Ecophyto 2018 issu du Grenelle de l’environnement, qui prévoit la réduction de 50% de l’usage des pesticides

Cette pétition sera envoyée au Ministre de l’agriculture, au moment de l’Assemblée générale de France Nature Environnement du 14 mars 2009. FNE étudiera les possibilités d'action en justice si l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser devait malheureusement être délivrée.

* Pour une filière apicole durable, rapport du député Martial Saddier, octobre 2008.

Pour en savoir plus sur le Cruiser, les pesticides et le plan Ecophyto 2018, voir le lien sur le site de FNE

13/10/2008

L'air qu'on respire aujourd'hui

lu sur Le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/10/11/01006-20081011ARTFIG00174--l-air-du-cancer-.php

L'air du cancer
PAR MARTINE BETTI-CUSSO
10/10/2008 | Mise à jour : 14:06 |
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Entre 1980 et 2005, le nombre de cancers a augmenté en France de plus de 90 %. Partant de ce constat, les experts de l'Inserm ont analysé plus de 1 800 études et mis en relation des facteurs environnementaux avec l'apparition de neuf cancers. Parmi les facteurs cancérogènes « avérés ou débattus » figurent l'amiante (facteur avéré du cancer du poumon et de la plèvre), les radiations ionisantes (facteurs avérés des cancers du poumon, de la leucémie, de la thyroïde, du sein et des tumeurs cérébrales), le radon (facteur avéré du cancer du poumon), mais aussi les pesticides (facteurs débattus des cancers du poumon, du sein, de l'ovaire, du testicule, de la prostate, de la thyroïde, des leucémies et des tumeurs cérébrales)ou encore le tabagisme passif (facteur débattu des leucémies et des tumeurs cérébrales). Même si ce rapport est jugé timoré par des associations, c'est un pas de plus dans la reconnaissance des liens entre cancers et environnement. Il appelle, à tout le moins, au principe de précaution. Reste à accélérer les recherches pour connaître les effets des expositions à faible dose et celles des expositions croisées.

08/10/2008

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/03/cancers-les-liens-avec-la-pollution-mieux-cernes_1102545_0.html

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés
LE MONDE | 03.10.08 | 09h36 • Mis à jour le 03.10.08 | 09h40

Quelle est la contribution des facteurs environnementaux à l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers ? Nouvelle pièce à ce dossier controversé, une expertise collective, réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche en médecine (Inserm) à la demande de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a été rendue publique jeudi 2 octobre.

Cette revue très complète de la littérature scientifique mondiale recense les cancers liés aux principaux agents cancérogènes, avérés ou suspectés, présents dans l'environnement. Entre 1980 et 2005, compte tenu des évolutions démographiques, l'incidence des cancers s'est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. Ont-ils augmenté du fait d'un dépistage plus répandu ? "L'évolution de la démographie et des pratiques médicales n'explique pas à elle seule l'augmentation constatée", répond l'expertise.

Un récent rapport de l'Académie de médecine insistait sur le rôle des comportements individuels. Mais il s'en tenait aux cancérogènes avérés, au risque de sous-évaluer la responsabilité de l'environnement. Les experts réunis par l'Inserm ont pris en compte les facteurs de risque environnementaux des cancers "dont l'exposition est subie et non générée par des comportements individuels", ce qui leur a fait, par exemple, inclure le tabagisme passif et exclure le tabagisme actif.

Même s'ils se sont heurtés "dans bon nombre de cas" à l'absence ou à l'insuffisance de "données permettant de quantifier les expositions et de préciser les co-expositions", ils citent plusieurs études montrant une association entre les particules atmosphériques provenant du trafic automobile, du chauffage et des activités industrielles, et le cancer du poumon.

Des travaux estiment qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 [particules fines] étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm3)".

A Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg, 10 % des cancers du poumon sont attribuables à l'exposition aux PM2,5. Or l'Europe s'est dotée d'une norme sur les PM2,5 visant 25µg/mm3 en 2010, qui ne sera contraignante qu'en 2015…

Les radiations ionisantes (rayons X et gamma) peuvent provoquer de nombreux types de cancer : poumon, thyroïde, sein, cerveau, plèvre, leucémies… Les examens radiologiques répétés augmentent le risque de cancer du sein et, peut-être, celui d'autres cancers, précise l'expertise. Le nombre de ces examens s'accroît de 5 à 8 % par an en France.

La France est l'un des plus gros utilisateurs mondiaux de pesticides. Les experts reconnaissent qu'avec près d'un millier de molécules mises sur le marché en France, "les risques liés à la totalité de ces molécules ne peuvent être évalués de façon satisfaisante". Mais l'exposition aux insecticides domestiques dans l'enfance ou via la mère au cours d'une grossesse "a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales".

"Nous allons travailler à partir de l'expertise de l'Inserm afin de produire un avis, et des recommandations répondront aux besoins de connaissance des décideurs et d'information du public", affirme Henri Poinsignon, directeur général par intérim de l'Afsset.

Paul Benkimoun