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02/05/2009

Survivre 15 ans sur un îlot perdu ...

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/30/archeologie-sur-les-traces-des-robinson-noirs_1187426_3244.html#ens_id=1187507

Enquête

Archéologie : sur les traces des Robinson noirs

LE MONDE | 30.04.09 | 13h23  •  Mis à jour le 30.04.09 | 21h12

À Valparaiso, un jour de 2003, Max Guérout recueillit "une bouteille à la mer". Le message était envoyé sur Internet, lancé au hasard des vents et des courants de ce monde infini. En plein océan Indien, un météorologue français suppliait quiconque lirait ces lignes de s'intéresser aux naufragés de l'île Tromelin.

A 450 km de Madagascar et 550 km de La Réunion, cette possession française revendiquée par l'Etat mauricien, stérile ovale de sable de 1 500 mètres sur 750, huit mètres d'altitude à son plus haut, fut le théâtre de poche d'un extraordinaire fait divers. En 1761, un navire négrier, l'Utile, s'était fracassé sur ce récif battu par la houle et frangé d'écume. Abandonnés par l'équipage, les esclaves avaient vécu là quinze ans, avant que les rescapés, sept femmes et un bébé de huit mois, ne soient secourus. 

Dans le port chilien, Max Guérout est ferré. Sitôt rentré en France, le spécialiste en archéologie navale se lance dans le sillage de l'Utile. De Paris à Aix, de Lorient à Genève, avec une poignée de passionnés, il exhume des archives plusieurs témoignages dont l'un est attribué à l'écrivain du bord, ainsi que des comptes rendus de la Compagnie des Indes. Se reconstitue alors par lambeaux une aventure humaine hors normes.

Le 23 juillet 1761, l'Utile quitte le port malgache de Foulpointe pour l'île de France (l'actuelle île Maurice). Sur le pont, 140 hommes d'équipage. A fond de cale, 160 esclaves embarqués en contrebande. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, le navire heurte un bout de terre mal consigné sur les cartes, qui hante les histoires de marin. L'équipage gagne la terre ferme à la nage. Vingt marins périssent. Nul ne songe à déclouer les panneaux de cale. Les esclaves sont promis à la noyade. Mais une lame éventre la coque et 88 hommes et femmes atteignent la plage. Une vingtaine d'entre eux mourra encore d'épuisement, de soif ou de blessures dans les heures qui suivront.

COMBLER LE VIDE

L'équipage est parvenu à récupérer des vivres, des armes et du matériel de première nécessité. Il creuse un puits et touche une nappe d'eau saumâtre, gage de survie. Deux campements s'improvisent sous les voiles récupérées : celui des Blancs et celui des Noirs. L'île étant à l'écart des grandes routes, nul salut n'est à espérer d'un navire de passage. Les marins construisent un esquif avec les débris de l'Utile. Ils improvisent une forge, un atelier de charpente, les esclaves les aident. Le chantier dure deux mois. "Dès le début, les officiers savaient que l'embarcation serait trop petite pour emmener tout le monde." Le grand jour, les marins abandonnent les Malgaches, avec la vague promesse de revenir. Ils arriveront sains et saufs à Foulpointe.

A Tromelin, les naufragés s'installent dans une terrible attente. On sait bien peu de chose sur leur séjour, hormis les témoignages très parcellaires des rescapées. En 2006 puis 2008, Max Guérout et une équipe de bénévoles ont entrepris deux campagnes de fouilles pour combler ce vide. Sous le patronage de l'Unesco, l'opération a été baptisée "Esclaves oubliés". "Il fallait savoir quel type de société avait bien pu s'organiser durant ces années, explique le responsable du projet. C'est là une forme d'archéologie de la détresse."

Une véritable expédition, également. Tromelin est difficilement accessible. Elle abrite depuis 1954 une station météo où cohabitent trois ou quatre employés en de longues vacations. Elle possède une piste d'urgence mais est approvisionnée par bateau, quand la mer l'autorise. Chaque déchargement est un exploit.

Les campagnes durent un mois chaque fois, par une chaleur écrasante, dans un confort spartiate. Les fouilles ont mis au jour les fondations d'un habitat très organisé, taillé dans le corail. Ont été retrouvés 400 objets dont "une cinquantaine particulièrement intéressants parce qu'ils sont la preuve de l'imagination et de l'industrie de ceux qui ont vécu là". Les habitants se nourrissaient d'oiseaux, des tortues et de leurs oeufs. Avec le bois échoué, ils ont couvé contre les intempéries le feu laissé par les marins. Des gamelles en cuivre ont été forgées, des vêtements confectionnés en plumes d'oiseaux. Les archéologues ont découvert des amulettes en coquillage et deux bracelets en cuivre, fabriqués sur place. "Ces gens avaient dépassé les nécessités de la survie, construit une micro-société", constate Max Guérout.

"Nous avons retrouvé seize cuillères et seize récipients en cuivre", poursuit-il. Baissant rapidement les premières années, la population semble s'être stabilisée à une quinzaine d'individus, cinq ans après le naufrage et être restée à ce niveau pendant la décennie suivante. Les femmes, "plus rustiques", ont mieux enduré la vie extrême.

Cette démographie s'ajustait-elle aux ressources de l'île ou faut-il trouver d'autres raisons ? On sait seulement qu'après deux ans de vains espoirs, dix-huit personnes ont tenté leur chance sur un radeau de fortune. Pour les autres, mystère. "Sont-ils morts de désespoir, de maladie ou dans des luttes fratricides ?" Y a-t-il eu combat pour la survie ou solidarité ? L'expédition a recherché en vain jusqu'à présent le cimetière signalé en 1851 par un navigateur anglais. "Les ossements, un crâne fracassé par exemple, nous donneraient de précieuses indications." Max Guérout aimerait monter une nouvelle campagne en ce sens.

Le calvaire des Robinson malgaches dure quinze ans. Leur histoire est pourtant connue des contemporains, jusqu'en France. Des feuilles à grand tirage racontent le destin de l'Utile. Condorcet et d'autres s'émeuvent. Mais les autorités se désintéressent du sort des infortunés.

En 1775 enfin, un navire de passage tente de secourir les naufragés. Un homme est débarqué mais doit être abandonné sur place, tant la mer est hostile. Le marin construit un radeau de fortune, embarque avec lui trois femmes et les trois derniers hommes. Ils disparaissent. En 1776, le chevalier de Tromelin parvient finalement à récupérer les huit derniers rescapés et donne son nom à cette terre maudite. Débarquées sur l'île de France, les femmes sont déclarées libres et baptisées. L'enfant est prénommé Moïse.

Benoît Hopquin

Article paru dans l'édition du 02.05.09

19:43 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : petite histoire

09/01/2009

le comportement des politiciens dans l'hexagone: Charles Millon visé par une enquête préliminaire pour "abus de biens sociaux, faux et recel"

Il n'y a pas si longtemps, c'était le socialiste Jean-Paul Huchon qui était poursuivi pour le même motif, si j'ai bonne mémoire.

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/01/09/charles-millon-vise-par-une-enquete-preliminaire-pour-abus-de-biens-sociaux-faux-et-recel_1139979_823448.html

Charles Millon visé par une enquête préliminaire pour "abus de biens sociaux, faux et recel"
LEMONDE.FR avec AFP | 09.01.09 | 14h04 • Mis à jour le 09.01.09 | 14h04

Le parquet de Paris a ouvert le 23 décembre une enquête préliminaire pour "abus de biens sociaux, faux et recel" visant l'ancien ministre de la défense Charles Millon au sujet d'éventuelles malversations au sein d'une entreprise de biocarburants dont il fut l'un des dirigeants, rapporte l'AFP vendredi 9 janvier.

Les investigations menées par la brigade financière portent sur d'éventuels détournements, évalués à plus de 150 000 euros, qui auraient été opérés au préjudice de la société Agro Energie Développement (Agroed), spécialisée dans les biocarburants, dont Charles Millon a été actionnaire et membre du conseil de surveillance, selon l'hebdomadaire Marianne qui fait également état de cette plainte dans son édition à paraître samedi. L'ouverture de cette enquête préliminaire fait suite à des plaintes simples déposées par le président d'Agroed et le principal actionnaire de l'entreprise, le groupe d'investissement parisien LMBO.
Charles Millon avait pactisé en 1998 avec le FN pour conserver la présidence de la région Rhônes-Alpes. En 2003, Jacques Chirac avait tenté de lui faire quitter la vie politique locale en lui offrant un poste d'ambassadeur auprès de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, en échange de son retrait de la vie politique. En septembre 2008, après dix ans de purgatoire, Charles Millon a échoué à se faire élire sénateur dans l'Ain.

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En ce qui concerne Jean-Paul Huchon, on peut lire l'article du Point:

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/prise-illegale-d-interets-jean-paul-huchon-coupable-mais-eligible/920/0/293658


Publié le 21/11/2008 à 09:56 - Modifié le 21/11/2008 à 20:01 Le Point.fr
Prise illégale d'intêrets : Jean-Paul Huchon coupable mais éligible

lepoint.fr (avec agence)

Prise illégale d'intêrets : Jean-Paul Huchon coupable mais éligible

La cour d'appel de Paris a annulé la peine d'inéligibilité d'un an qui avait été prononcée en première instance, le 20 février 2007, contre Jean-Paul Huchon. Cette dernière peine était particulièrement lourde pour l'adjoint au maire de Conflans-Sainte-Honorine car, par le jeu des dispositions du code électoral, elle entraînait une inéligibilité de fait d'une durée de dix ans. Une sanction qui aurait signé sa mort politique. Toutefois, la cour d'appel a confirmé que le président PS de la région Île-de-France était coupable d'avoir poussé le conseil régional d'Île-de-France à passer contrat avec trois sociétés de communication en 2002 et 2003, alors qu'à chaque fois, son épouse, Dominique, intermittente du spectacle spécialisée dans le cinéma, était salariée de ces sociétés.

La cour justifie sa décision de ne pas le rendre inéligible "au regard du montant des sommes en cause [40.000 euros, NDLR] et du caractère effectif du travail fourni" par l'épouse de Jean-Paul Huchon et "alors qu'il apparaît du dossier que le conseil régional, sous l'impulsion de son président, a mis en place une politique du cinéma ambitieuse qui démontre que la finalité de l'opération n'était pas de procurer un emploi" à sa compagne.

La cour reprend à son compte la condamnation à six mois de prison avec sursis et à 60.000 euros d'amende prononcée contre l'élu socialiste par le tribunal correctionnel de Paris le 20 février 2007. "Un intérêt personnel a prévalu à l'intérêt général", a déploré la 9e chambre. Présidée par Christian Pers, elle a également confirmé la peine de son épouse, de quatre mois avec sursis et 20.000 euros d'amende, et les relaxes de Dominique Merchez, ancien responsable des marchés à la région, et Michel Sajn, chef d'entreprise en contrat avec le conseil régional.

"Blotti dans une attitude de déni"

Resté silencieux à sa sortie de l'audience, l'élu a diffusé peu après un communiqué, dans lequel il se réjouit "de ce qu'aucune inéligibilité n'ait été prononcée à son encontre", la cour ayant "constaté qu'il n'y avait dans cette affaire, aucun préjudice pour la région ni enrichissement personnel, et ce, conformément à ce qu'il a toujours défendu". Lors de l'audience du 8 octobre, Jean-Paul Huchon, 62 ans, avait créé la surprise en reconnaissant les faits, alors qu'en première instance, il avait dit tout ignorer des activités de sa femme. À l'époque, "j'ai réagi avec une excessive rigidité" face "à une manoeuvre, une exploitation politique" qui avait pour "volonté de me nuire et de nuire à la région", avait-il raconté, confessant s'être alors "blotti dans une attitude de déni". L'élu avait toutefois considéré "disproportionnée" l'inéligibilité prononcée à son encontre, une position partagée par l'avocat général.

Tout au long de son réquisitoire jeudi, Denys Millet a appelé la cour "à prendre la mesure des choses", face à une affaire qui "aujourd'hui, objectivement, se réduit à pas grand-chose". "Cette affaire, il faut la voir simplement et ne pas en faire un roman policier ou un roman-feuilleton avec des machinations", a-t-il estimé, en relevant la faiblesse des montants incriminés et l'absence de préjudice matériel pour la région, Dominique Le Texier ayant bien assuré une prestation, rémunérée à un tarif "pas anormal".

Roger Karoutchi, qui brigue la tête de liste UMP en Île-de-France pour les élections régionales de 2010, se dit "ravi" que la peine d'inéligibilité de Jean-Paul Huchon ait été annulée : "Je n'ai jamais cru qu'on écartait un responsable politique sur le tapis vert judiciaire, je veux affronter Jean-Paul Huchon à la loyale : projet révolutionnaire contre bilan catastrophique des socialistes". "Il y aura un vrai débat Huchon-Karoutchi, c'est le débat que toute l'Île-de-France attend, et c'est tant mieux."

Lire aussi :

Une peine de principe requise contre Jean-Paul Huchon