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09/11/2010

Détournement d'argent public

lu sur :

http://www.lepoint.fr/politique/cour-de-cassation-poursuites-validees-sur-les-biens-mal-acquis-africains-09-11-2010-1260250_20.php

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Poursuites validées sur les "biens mal acquis" africains

La Cour de cassation a autorisé mardi la reprise de poursuites judiciaires concernant des logements de luxe et des avoirs bancaires détenus en France par trois présidents africains. La plus haute juridiction française a annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris de 2009 qui déclarait irrecevable la plainte de l'organisation Transparency International.

La Cour ordonne le renvoi du dossier à un juge d'instruction pour que soit instruite la plainte de l'ONG, qui considère que les biens en question ont été forcément acquis avec de l'argent public détourné. Ce dossier vise les familles d'Ali Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzavile) et de Teodoro Obiang (Guinée équatoriale).

Une enquête de police de 2007 avait recensé 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang.

23/09/2010

Golfe persique : 123 milliards de dollars d'armements

lu sur :
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Réarmement record contre le nouvel ennemi : l’Iran
Golfe persique : 123 milliards de dollars de fournitures états-uniennes aux régimes arabes


Le 22 septembre 2010

C’est la plus grosse vente particulière d’armes jamais réalisée par les Etats-Unis : ils fourniront à l’Arabie Saoudite et aux autres Etats du Golfe des bombardiers, des hélicoptères, des missiles et d’autres armements pour une valeur de 123 milliards de dollars.

 

Boeing vend à l’Arabie Saoudite 85 nouveaux F-15 et en potentialise 70 autres : ce sont des chasseurs de combat multifonction, en mesure de transporter des armes nucléaires, à une vitesse deux fois et demi supérieure à celle du son, et capables d’éviter les défenses ennemies. Boeing fournit en outre 70 hélicoptères de combat Apache et 36 Little Bird, utilisés par les forces pour les opérations spéciales. A cela s’ajoute plus de 70 hélicoptères de combat Black Hawk de Sikorsky (United Technologies). Le « colis » coûtera à l’Arabie Saoudite 67 milliards de dollars, à quoi s’ajouteront les dépenses pour l’entraînement du personnel, les pièces de rechange et les modernisations.

 

Aux  Emirats Arabes Unis, les USA vendent 35-40 milliards de dollars d’armements, dont un « bouclier » formé de missiles Thaad de Lockheed Martin. Sont en outre potentialisés les missiles Patriot, fournis par Raytheon aux Emirats et aux Koweït. Ce dernier paiera 7 milliards de dollars. A Oman seront fournis 18 nouveaux chasseurs F-16 de Lockheed Martin, tandis que 12 autres seront potentialisés : la dépense se monte à 12 milliards de dollars.

 

Dans son annonce de la vente de 123 milliards de dollars aux Etats du Golfe, le Financial Times (21 septembre) la définit comme « une énorme impulsion à l’industrie américaine (états-unienne, NdT) de la défense ». Il ajoute ainsi que « l’achat de nouvelles armes états-uniennes survient au moment où de nombreux pays du Moyen-Orient, où se trouvent les deux tiers des réserves pétrolifères mondiales, sont en alarme à cause des ambitions nucléaires de l’Iran ». La campagne sur la « menace iranienne » fonctionne donc, et bien. Les pays du Golfe ne sont pas seuls à avoir intensifié leurs acquisitions de systèmes d’armes états-uniennes, les pays européens aussi se préparent à le faire : le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rasmussen, leur a recommandé il y a quelques jours de réaliser avec les Etats-Unis un unique « bouclier » contre la « menace des missiles iraniens». La décision politique devrait venir du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance Atlantique, à Lisbonne, en novembre. Viendra ensuite la phase opérative, avec une toute nouvelle militarisation du territoire européen et italien.

 

Que préfigure-t-on, dans l’administration Obama, avec cette mega vente d’armes aux pays du Golfe ? Son objectif, écrit le Financial Times, va au-delà de la simple promotion de l’industrie militaire états-unienne. Si les alliés de Washington dans le Golfe achètent leurs armes aux USA, ils « sont entraînés sur des plateformes communes, en potentialisant leur capacité de combattre un adversaire commun » avec les forces états-uniennes. Sur cela, ajoute le New York Times, est aussi d’accord Israël, qui jusque là avait considéré avec suspicion toutes fournitures d’armes USA aux pays arabes. En d’autres termes : en faisant la promotion de cette colossale vente d’armes, non seulement l’administration Obama revigore l’industrie guerrière et donc l’économie états-unienne, dans laquelle celle-ci joue un rôle important. Mais en même temps, l’administration Obama accroît l’influence états-unienne dans la zone stratégique du Golfe, en s’assurant que les armées des pays alliés soient à la totale disposition du Pentagone et bien armées, de façon à pouvoir un jour attaquer l’Iran qui a pris la place de l’Irak comme ennemi numéro un.

 

Est-ce ainsi que le président Obama est en train de gagner le Prix Nobel pour la paix qui lui a été conféré « pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » ? Quels sens cela a-t-il de commencer le retrait des troupes combattantes en Irak – mais en laissant un presidium de bases et environ 50 mille soldats, et en doublant le nombre des mercenaires – et d’annoncer la probable amorce d’une sortie du bourbier afghan avec une afghanisation plus importante de la guerre sur le terrain, si pendant ce temps on prépare concrètement un nouveau scénario guerrier, bien plus grave ?

 

Il est emblématique que cette administration, tandis qu’elle accuse le gouvernement iranien de violer les principes de la démocratie et les droits de l’homme, soutienne et arme l’Arabie Saoudite, où le souverain détient le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ; où il n’existe pas de Parlement mais seulement un conseil consultatif nommé lui aussi par le souverain ; où les partis politiques et les organisations syndicales sont considérées comme illégales, et les femmes exclues de la vie politique et du travail. Sans oublier les nombreux « cas Sakineh » dans les prisons des pays du Golfe. Ces « valeurs » sont défendues et renforcées par les chasseurs bombardiers et les hélicoptères de combat, fournis dans une mesure sans précédents par les Etats-Unis sous une administration démocratique.

 

Il manifesto, 21 septembre 2010,

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20100922/pagina/09/pezzo/287376/

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

08:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, société

17/08/2010

À mourir de rire ! (suite)

à lire sur MEDIAPART :

 

Par Mathilde Mathieu Michaël Hajdenberg

Eric Woerth et le Crédit Agricole ont remis en cause l'exactitude des document publiés par Mediapart et qui montrent qu'en 2008, le ministre, candidat aux municipales, avait fait une fausse déclaration sur ses revenus lors d'un emprunt sollicité auprès de sa banque. Mediapart maintient ses affirmations, publie les documents qui font preuve et précise comment il les a obtenus.

EXTRAITS :

..."nous avons demandé à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques de nous transmettre les comptes de campagne d'Eric Woerth pour les élections législatives de 2007 et les municipales de 2008. Après plusieurs semaines de délai, nous avons pu les consulter le lundi 9 août. Nous les avons épluchés pendant plusieurs jours, et découvert que l'expert-comptable qui avait certifié les comptes du micro-parti d'Eric Woerth avait été décoré de la Légion d'honneur.

Nous avons également découvert les conditions étranges d'un emprunt réalisé par Eric Woerth pendant sa campagne pour les municipales. Nous n'avons donc ni volé ce formulaire, ni soudoyé qui que ce soit, ni réalisé «des montages farfelus, fabriqués de toutes pièces» comme nous en accuse Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP."...

..."Nous voulions nous assurer que c'était bien le ministre qui avait rempli le formulaire d'emprunt. Le service de presse a pris contact avec la caisse du Crédit agricole de l'Oise"...

..."Les explications de la banque sur le caractère non authentique du document contredisent d'ailleurs celles du ministre"...

09/01/2010

Mondialisation,Mafia,immigration,Italie

lu sur :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a54c6b2e-fc9c-11de-a33a-76a00061db9f|0
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italie samedi9 janvier 2010
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Révolte immigrée en Calabre

 

Victimes d’exploitation, de vexations et de provocations, des centaines d’immigrés africains, le plus souvent clandestins, ont provoqué depuis jeudi une véritable émeute dans la petite ville calabraise de Rosarno, au sud de l’Italie. Vivant depuis des années des conditions d’habitat et d’hygiène terribles, travaillant dans les champs d’agrumes jusqu’à quatorze heures par jour pour une vingtaine d’euros, ils ont bloqué et saccagé une partie de la commune et se sont très violemment affrontés aux forces de l’ordre, après avoir été une nouvelle fois l’objet d’intimidations.

Arme à air comprimé

Jeudi après-midi, deux d’entre eux ont en effet été pris pour cible et légèrement blessés par des inconnus tirant avec une arme à air comprimé. Au retour du labeur, les centaines d’étrangers ont alors décidé de se rassembler pour bloquer dans un premier temps les routes d’accès à Rosarno, n’hésitant pas à s’en prendre physiquement aux automobilistes avant de fondre dans le centre-ville. Armés de barres de fer, de bâtons et de pierres, ils ont caillassé les commerces, brûlé des bennes à ordures, détruit de nombreuses voitures. Dans la soirée, la police est intervenue, chargeant très durement les manifestants. Jeudi soir, le bilan était de 34 blessés (dont 18 policiers) et de sept immigrés arrêtés.

La protestation a repris vendredi matin avec le renfort de centaines d’immigrés provenant de toute la région de la plaine de Gioia Tauro (qui accueillerait au total 15 000 étrangers). Les écoles et les commerces sont restés fermés. Mais, de nouveau, des vitrines ont été brisées et des poubelles renversées tandis qu’une partie des habitants de Rosarno s’organisaient à leur tour contre les immigrés, certains tirant des coups de feu en l’air. Le calme n’est que très provisoirement revenu qu’après une rencontre entre une délégation de travailleurs africains et le commissaire Domenico Bagnato, qui assure l’administration de la ville depuis que le Conseil municipal a été dissous pour infiltration mafieuse. Le représentant de l’Etat a assuré aux immigrés que leurs dortoirs seraient «surveillés et protégés», que des structures seraient aménagées et des toilettes chimiques installées. «Les lieux où ils vivent sont comme les cercles de l’enfer de Dante, ce sont des conditions inhumaines et de désespoir», a rappelé Don Carmelo Ascone, le curé de Rosarno.

 

Mafia et exploitation

Après l’entrevue avec le commissaire, les travailleurs africains ont accepté de mettre un terme à la manifestation. Mais une centaine d’habitants de la ville se sont à leur tour mobilisés pour occuper la mairie et demander l’expulsion des étrangers. «Basta avec les extracommunautaires, il faut qu’ils s’en aillent», a hurlé l’un des meneurs parcourant les rues de la ville en voiture avec un mégaphone.

Le ministre (Ligue du Nord) de l’Intérieur, Roberto Maroni, qui a dépêché des renforts sur place, a profité des incidents pour parler d’une «trop grande tolérance envers l’immigration clandestine». «Ce n’est pas parce que celui qui recourt à la violence est un immigré que l’on doit le tolérer», lui a fait écho le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, tandis que le secrétaire du Parti démocrate, Pierluigi Bersani, invite au contraire à prendre «le problème à la racine, un problème marqué par la mafia, l’exploitation, la xénophobie et le racisme». La police n’exclut d’ailleurs pas que la’Ndrangheta, la mafia calabraise, ait provoqué les incidents de Rosarno pour détourner l’attention et alléger la pression de la police dans sa lutte contre les clans.

«Il est étrange que deux immigrés aient été blessés au moment même où le comité national pour l’ordre et la sécurité se réunissait à Reggio de Calabre», a fait remarquer le commissaire Domenico Bagnato. «Le problème des immigrés est lié à celui de la’Ndrangheta, a de son côté estimé le vicaire du diocèse de Rosarno, Don Pino Demasi. L’exploitation est en partie pilotée par la criminalité organisée.»

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés se déclare en tout cas «très préoccupé par la situation à Rosarno» et estime qu’il est «absolument nécessaire d’empêcher la chasse à l’immigré». Comme pour donner raison à ce sombre pressentiment et signe que la tension restait très vive, on apprenait hier soir de source officielle que deux immigrés avaient été grièvement blessés à coups de barres de fer à Rosarno, tandis que deux autres avaient été victimes de tirs de balles dans les jambes.

Enfin, au moins cinq étrangers ont été volontairement renversés par des voitures conduites par des habitants de la petite ville. Selon l’agence de presse italienne Ansa, ils ne souffraient que de blessures légères.

Eric Jozsef

21/08/2009

Aux USA exemption de taxes pour l'encouragement à la colonisation juive à Jérusalem-est

lu sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20090817.OBS7826/pas_de_taxes_pour_une_association_de_procolons_israelie.html

ISRAEL

Pas de taxes pour une association de pro-colons israéliens aux Etats-Unis

NOUVELOBS.COM | 17.08.2009 | 12:20

Les donateurs américains d'une association de soutien à la colonisation juive à Jérusalem-est bénéficieraient d'une exemption de taxes accordée aux Etats-Unis, au titre d'aide à des "projets éducatifs".

Dans son édition du lundi 17 août, le quotidien israélien Haaretz révèle que les donateurs américains de l'association "Ateret Cohanim", qui encourage la colonisation juive à Jérusalem-est, bénéficieraient d'une exemption de taxes aux Etats-Unis. Les "Amis américains d'Ateret Cohanim" auraient recueilli ces dernières années plusieurs millions de dollars pour cette association, dont l'objectif est de développer la présence juive dans la partie orientale de la ville annexée par Israël en juin 1967, et plus particulièrement la Vieille ville.

 

Le financement d"institutions éducatives"

 

Pour bénéficier d'une exemption de taxes, les "Amis américains d'Ateret Cohanim" sont enregistrés aux Etats-Unis en tant qu'organisme de financement d"institutions éducatives" en Israël, précise Haaretz. Mais la législation américaine interdit aux associations caritatives de s'engager dans des activités politiques. Les Amis d'Ateret Cohanim" financent exclusivement nos institutions éducatives", a déclaré le responsable de la campagne de fonds Daniel Luria, qui a démenti toute implication des donateurs américains dans l'achat de terrain à Jérusalem-est. Selon le quotidien israélien, pour l'année fiscale 2007, les "Amis américains d'Ateret Cohanim" ont recueilli 2,1 millions de dollars.

 

"Renforcer les racines juives à Jérusalem-est"

"Ateret Cohanim" est une association nationaliste et religieuse qui s'emploie à "renforcer les racines juives à Jérusalem-est par la rédemption de la terre", a affirmé Daniel Luria. L'un de ses principaux bailleurs de fonds est l'homme d'affaires américain Irving Moskowitz, dont le projet de construction d'un ensemble immobilier, approuvé récemment par les autorités, dans le quartier Cheikh Jarrah à Jérusalem-est, a provoqué de vives protestations. Au début du mois, des Palestiniens ont été expulsés de deux maisons dans ce même quartier. Quelque 200.000 Israéliens vivent dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-est, aux côtés de 270.000 Palestiniens.

 

(Nouvelobs.com avec AFP)

 

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lu sur lemonde.fr :

Etats-Unis: exemption de taxes pour une association de colons (journal)

17.08.09 | 08h03

 

Les donateurs américains d'une association d'encouragement à la colonisation juive à Jérusalem-est bénéficient d'une exemption de taxes accordée aux Etats-Unis au titre d'aide à des "projets éducatifs", affirme lundi le quotidien israélien Haaretz.

Toutefois, interrogée par l'AFP, l'association "Ateret Cohanim" a démenti que ses donateurs américains financent ses achats de terrains.

Selon le journal, Les "Amis américains d'Ateret Cohanim" ont recueilli ces dernières années plusieurs millions de dollars pour cette association qui s'est donnée pour objectif de rejudaïser la partie orientale de la ville annexée par Israël en juin 1967, et plus particulièrement la Vieille ville.

Pour bénéficier d'une exemption de taxes, les "Amis américains d'Ateret Cohanim", sont enregistrés aux Etats-Unis en tant qu'organisme de financement d'"institutions éducatives" en Israël, précise Haaretz.

La loi américaine interdit cependant à une telle association caritative de s'engager dans des activités politiques.

"Les Amis d'Ateret Cohanim financent exclusivement nos institutions éducatives", a déclaré à l'AFP le responsable de la campagne de fonds Daniel Luria.

Il a néanmoins reconnu qu'Ateret Cohanim, une association ultra-nationaliste et religieuse, s'employait à "renforcer les racines juives à Jérusalem-est par la rédemption de la terre", en référence aux achats de terrains par cette association pour installer des colons au coeur de quartiers arabes.

Pour l'année fiscale 2007, les "Amis américains d'Ateret Cohanim" ont recueilli 2,1 millions de dollars, selon le Haaretz.

L'un des principaux bailleurs de fonds de cette association est l'homme d'affaires juif américain Irving Moskowitz, dont le projet de construction d'un ensemble immobilier, approuvé récemment par les autorités, dans le quartier Cheikh Jarrah à Jérusalem-est, a provoqué de vives protestations, en particulier de Washington.

Au début du mois, des Palestiniens ont été expulsés de deux maisons dans ce même quartier. Quelque 200.000 Israéliens vivent dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-est, aux côtés de 270.000 Palestiniens.

05/08/2009

L'Islande face à un scandale bancaire de plusieurs milliards d'euros

lu sur :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/08/04/l-islande-face-a-un-scandale-bancaire-de-plusieurs-milliards-d-euros_1225749_1101386.html

 

L'Islande face à un scandale bancaire de plusieurs milliards d'euros

LEMONDE.FR | 04.08.09 | 20h08  •  Mis à jour le 05.08.09 | 12h34

 

Il n'était bien entendu pas prévu que l'affaire soit rendue publique. En pleine période de crise, les Islandais apprennent que, deux semaines avant de faire faillite, la plus grosse banque de leur pays a prêté des sommes allant de 45 millions à 1,4 milliard d'euros… à ses principaux actionnaires.

Le 29 juillet, sur Wikileak.org (*), un site qui permet de donner une audience aux fuites d'informations tout en protégeant les sources, a été publié anonymement un "loan book" ("livre de prêts") de la banque islandaise Kapthing. Le document, "privé et confidentiel", liste, sur 210 pages, 205 emprunteurs de la banque à travers le monde. Et dans l'entourage de la juge Eva Joly, qui s'occupe de la commission d'enquête, l'authenticité du document n'est pas remise en question.

Le document est daté du 25 septembre 2008. Deux semaines plus tard, le 9 octobre, la banque est mise sous tutelle et placée en cessation de paiements. Et parmi les 205 emprunteurs, on trouve essentiellement des actionnaires de la banque.

 

DES CENTAINES DE MILLIONS D'EUROS PRÊTÉS AUX ACTIONNAIRES

Des noms reviennent régulièrement au fil des 210 pages. Par exemple les frères Ágúst et Lýður Guðmundsson, qui dirigent le groupe Exista, le plus gros actionnaire de la banque. Exista possède 99 % du groupe Skipti, également actionnaire de Kaupthing Bank. Exista a reçu un prêt de 1,42 milliard d'euros, Skipti, de 320 millions d'euros.

Robert Tchenguiz est directeur du groupe Exista. Il a reçu personnellement un prêt d'un peu plus d'un milliard d'euros. Son frère, Vincent, a, lui, reçu 200 millions d'euros en prêt. Ólafur Ólafsson, un autre homme d'affaires, a emprunté personnellement 48 millions d'euros. Mais il est également président du conseil administratif de la holding Alfesca, qui a reçu près de 150 millions d'euros en prêt. En tout, selon l'hebdomadaire islandais Visir, son emprunt s'élèverait à 700 millions d'euros. Des emprunts massifs, consentis à des initiés à un moment où les dirigeants de la banque savaient que l'entreprise était au plus bas, et accordés sans aucune garantie.

Quant à l'homme d'affaires Skuli Thorvaldsson, il a, lui, reçu 650 millions d'euros. En outre, il est le plus gros emprunteur de KBLux (filiale luxembourgeoise de la banque islandaise et non de la Kredietbank belge comme nous l'avons écrit par erreur).

 

ÉTOUFFER L'AFFAIRE

Comme si ce scandale ne se suffisait pas à lui-même, un jour après la publication de ce rapport, les avocats de la "nouvelle" banque Kaupthing, depuis nationalisée – mais dont certains dirigeants sont restés en place – ont écrit à Wikileak pour que ce rapport soit retiré du site. "Cette information hautement sensible et confidentielle est soumise au secret bancaire islandais", écrit l'avocat principal de Kaupthing. "Toute divulgation de ces informations est strictement interdite et passible de peines de prison, selon la loi islandaise", menace-t-il (**).

La radiotélévision publique islandaise (RUV) a également reçu l'injonction de taire l'affaire. L'ordre a été donné par le commissaire de Reykjavik, Rúnar Guðjónsson, dont le fils, Guðjón Rúnarsson, dirige l'Association islandaise des services financiers et joue le rôle de porte-parole des banques en faillite du pays. Détail : l'autre fils du commissaire, Frosti Reyr Rúnarsson, a dirigé le département de courtage de Kaupthing. La RUV a refusé de faire l'impasse.

Ce n'est qu'après le week-end, mardi 4 août, que la première ministre islandaise, Johanna Sigurdardottir, a fait une déclaration publique, devant l'ampleur de la colère du peuple et des médias islandais. "Il n'est pas possible, dans la situation que connaît actuellement notre société, où tout doit être ouvert et transparent, d'utiliser le secret bancaire pour dissimuler des abus du marché", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous avons donc examiné la possibilité de réviser la législation sur le secret bancaire", a-t-elle ajouté.

 

RENDRE LA BANQUE AUX ACTIONNAIRES

 

Le 20 juillet, l'Etat islandais avait annoncé son intention de renflouer à hauteur de 1,5 milliard d'euros les trois principales banques islandaises, nationalisées en urgence en octobre, dont la "nouvelle" Kaupthing. L'accord, précédé de plusieurs semaines de négociations avec les créanciers des banques, était censé être appliqué le 14 août et prévoyait que la quasi-totalité du capital de deux banques, Islandsbanki (ex-Glitnir) et New Kaupthing, soit rendu à des actionnaires. On prend les mêmes et on recommence ?

 

Hélène Bekmezian

(*) voir :

http://wikileaks.org/wiki/Financial_collapse:_Confidential_exposure_analysis_of_205_companies_each_owing_above_EUR45M_to_Icelandic_bank_Kaupthing%2C_26_Sep_2008

(**) voir :

http://wikileaks.org/wiki/Icelandic_bank_Kaupthing_threat_to_WikiLeaks_over_confidential_large_exposure_report%2C_31_Jul_2009

Services publics: toujours plus cher pour les usagers

à lire sur MÉDIAPART :

 

Services publics: toujours plus cher pour les usagers

04 Août 2009 Par

Martine Orange

 

Le gouvernement a tranché: les prix de l'électricité augmenteront de 1,9% pour les particuliers à partir du 15 août. Le gouvernement a décidé d'ignorer les règles fixées par le contrat de service public signé avec EDF. Les révisions se font toutes dans le même sens: en défaveur des usagers et des consommateurs. En dépit de la récession et de la montée du chômage, tous les services publics et les charges de la vie quotidienne augmentent au-delà de l'inflation. En revanche, le gouvernement a décidé de ne pas donner de pouce au SMIC. Les salariés de la fonction publique ont vu leur salaire revalorisé de 0, 5%. Quant aux allocations familiales et minima sociau, ils sont restés inchangés.Revue de détail avec les prix de EDF, GDF, la SNCF, la RATP et le livret A.

18/07/2009

La durée effective de travail a augmenté en cinq ans

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/17/la-duree-effective-de-travail-a-augmente-en-cinq-ans_1220158_3224.html

 

La durée effective de travail a augmenté en cinq ans

LEMONDE.FR avec AFP | 17.07.09 | 18h45

 

En cinq ans, la durée moyenne effective du travail pour les salariés à temps complet a augmenté, passant de 1 635 heures par an en 2003 à 1 680 heures en 2007, selon une étude publiée vendredi 17 juillet par l'Insee. Comme en 2003, "la durée du travail est plus longue dans le privé" ainsi que "dans les petites entreprises" que dans le public.

Si la semaine habituelle de travail salarié à temps complet a peu évolué au cours de cette période, passant de 39 h 7 réparties sur cinq jours à 39 h 24, "l'augmentation globale des heures supplémentaires, rémunérées ou non, et la consommation de moins de jours de congés" peut expliquer cette hausse, explique Lucie Gonzalez, coautrice de l'étude.

De 2003 à 2007, la durée effective du travail à temps complet a augmenté pour toutes les catégories mais davantage pour les cadres et professions intellectuelles supérieures (+3,2 % à 1 950 heures par an) et les professions intermédiaires (+3,1 % à 1 680 heures) que pour les ouvriers (+2,5 % à 1 640 heures) et les employés (+1,3 % à 1 610 heures).

 

UNE FEMME SALARIÉE SUR TROIS À TEMPS PARTIEL

 

La palme des longues journées de travail est restée cependant, comme par le passé, aux non-salariés, agriculteurs en premier lieu, mais aussi artisans, commerçants, professions libérales ou chefs d'entreprise, qui travaillent aussi plus de jours dans l'année. Les non-salariés ont déclaré en moyenne 2 560 heures en 2007, une durée relativement stable par rapport à 2003.

L'étude fait apparaître d'autres constantes, notamment que "les femmes déclarent moins d'heures de travail professionnel que les hommes" . C'était déjà le cas en 2003. L'Insee expliquait alors que "les femmes prennent davantage en charge les tâches domestiques et familiales" et "occupent aussi moins souvent des postes à responsabilités".

Près d'une femme salariée sur trois travaille à temps partiel, contre moins de 5 % des hommes, 38 % d'entre elles déclarant l'être principalement pour s'occuper des enfants ou d'un autre membre de la famille.

13/07/2009

Travailler pour rien

lu sur :

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-39844145@7-37,0.html

 

Travailler gratuitement: stratégie ou désespoir ?

13.07.09 | 16h20

Par Michelle Nichols

 

NEW YORK (Reuters) - Le chômage, à son plus haut niveau depuis 20 ans aux Etats-Unis, a modifié les comportements des salariés américains dont certains sont tentés d'accepter de travailler gratuitement pour ne pas sortir durablement du marché de l'emploi.

Cette tendance est perçue par des experts comme une forme de désespoir exploité en toute illégalité par certaines entreprises, tandis que d'autres veulent y voir un moyen d'élargir son expérience et d'améliorer ses compétences.

Au mois d'avril, Dana Lin, 22 ans, a perdu son emploi dans une société technologique près de San Francisco et elle a rejoint les rangs des 14,7 millions de salariés américains au chômage.

Après avoir postulé en vain à une cinquantaine d'offres, elle a accepté de travailler gratuitement cinq heures par semaine pour une société de l'internet Jobnob.com.

"Dans certains cas, les entreprises peuvent profiter de la situation", reconnaît Lin, diplômée de l'université Cornell. "Mais, il est bon d'avoir quelque chose pour s'occuper.

"Et quand je m'adresse à d'éventuels employeurs, il est mieux de pouvoir dire que je ne suis pas restée assise toute la journée à ne rien faire, que je fais quelque chose".

Jobnob.com est un site qui référence les salaires moyens par profession, organise des réunions, baptisées "happy hour", afin de mettre en relation des chômeurs et de jeunes entreprises qui n'ont pas toujours les moyens d'offrir des rémunérations.

"Les demandeurs d'emploi ont du temps", explique Julie Greenberg, co-fondatrice de Jobnob.com. "Cela constitue pour eux un danger car lorsque vous ne travaillez pas pendant plusieurs mois, un vide apparaît dans votre curriculum vitae et il ne fait que s'accroître."

"Ils perçoivent immédiatement les avantages. Ils ont besoin de références. Ils ont besoin d'entretenir leurs compétences et beaucoup de gens acquièrent de nouvelles connaissances", explique-t-elle.

"Je ne pense pas que les gens ont le sentiment que l'on profite de la situation parce qu'ils comprennent ça (...) Nous préférerions avoir des revenus, nous préférerions pouvoir vous rémunérer."

 

UN REVENU MINIMAL

La première "happy hour" organisée par Jobnob.com a attiré plus de 300 demandeurs d'emploi. D'autres rencontres sont déjà au programme.

Les chômeurs ne sont pas les seuls qui acceptent de travailler gratuitement, certaines entreprises sont attirées par cette tendance.

Ainsi British Airways a demandé le mois dernier à ses employés basés en Grande-Bretagne de se porter volontaires pour travailler jusqu'à un mois sans rémunération.

Certaines entreprises et certaines administrations américaines ont imposé à leurs employés des congés sans solde. Ces derniers, craignant de perdre leur emploi, ont continué à travailler.

"Cela n'est pas seulement une mauvaise idée, c'est illégal", rappelle Ross Eisenbrey, vice-président de l'Institut de politique économique basé à Washington. "La loi prévoit que les entreprises ne peuvent tolérer ou autoriser des employés à travailler en-dessous du revenu minimal."

"Plus les gens sont désespérés et plus ils font des choses comme ça afin de susciter l'intérêt d'un employeur", précise Eisenbrey. "Les perspectives à court-terme sont très mauvaises pour la plupart des chômeurs. Ils ne vont pas améliorer leur situation en travaillant illégalement ou gratuitement."

Comme le souligne Alexandra Levit, spécialiste du monde du travail, les salariés doivent prendre garde à ne pas se dévaluer. "Si vous avez une expérience, elle doit être rémunérée", explique-t-elle. "Je suis convaincue que les entreprises profitent de la situation."

Madeline Laurano, analyste chez Bersin and Associates, une société de conseil, estime que cette tendance au travail gratuit constitue un excellent moyen pour les entreprises de constituer des "réservoirs de talents" dans lesquels elles pourront puiser au moment de la reprise.

Selon elle, les salariés doivent penser en termes stratégiques comme le font les entreprises qui cherchent toujours à engager des personnes compétentes.

"Les demandeurs d'emploi doivent se dire: 'Je veux investir mon temps dans une entreprise dans laquelle je crois, dans laquelle je peux m'épanouir et apprendre des choses'".

 

Version française Pierre Sérisier

02/07/2009

Publicité et développement durable

lu sur : http://www.arpp-pub.org/Nouvelle-Recommandation.html

 

L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a publié une " Nouvelle Recommandation Développement durable "

26.06.2009 - Le Conseil d’Administration de l’ARPP du 18 juin 2009 a validé les nouvelles règles de déontologie publicitaire relatives au développement durable, réécrites conformément à l’engagement pris dans la Charte pour une publicité éco-responsable signée en avril 2008 avec les pouvoirs publics. Très complet, ce dernier remplace trois textes antérieurs (Recommandations Arguments écologiques et Développement durable et Note de doctrine Véhicules en espaces naturels) et apporte plusieurs novations importantes.

 

Une volonté de simplification

Les professionnels ont souhaité un saut significatif en termes de clarté et de pédagogie. D’où la fusion de plusieurs textes en un seul et l’adoption d’une structure plus didactique.

De multiples sources d’inspiration

Outre l’avis émis par le CPP (Conseil Paritaire de la Publicité) en mars 2009, le groupe de rédaction s’est largement inspiré de la Norme ISO 14021, mais également du Code de la CCI (Chambre de commerce internationale) ainsi que des réflexions issues des études Ademe-ARPP sur ces questions.

Une approche résolument globale

Confirmant et approfondissant l’approche retenue en 2003, ce texte va au-delà des seules allégations environnementales pour englober l’ensemble du développement durable (en faisant des focus sur l’environnement si nécessaire). Ambitieuse, cette approche dote la France d’un texte sans équivalent en Europe.

Des réponses claires à des attentes fortes

Ce texte apporte des réponses opérationnelles sur des sujets particulièrement sensibles :

a) La prise en compte des cycles de vie – Ce texte intègre une définition de ce qu’est un cycle de vie, ses différentes composantes et de la façon dont il doit être abordé en publicité pour respecter les objectifs de véracité et d’objectivité. En allant aussi loin qu’il est techniquement possible de le faire aujourd’hui, notamment compte tenu de l’absence de référentiels publics.

Ainsi, par exemple, si un produit est présenté comme plus écologique parce qu’il intègre des pièces recyclables, le message devra être explicite, de façon à ne pas laisser penser au public que le produit présente des plus-values écologiques également au niveau de sa phase de consommation.

b) Les auto-déclarations environnementales – Le sujet est récurrent, au cœur de la Norme ISO 14021, dans un contexte de grand foisonnement des logos, distinctions, prix, et autres cautions. Le nouveau texte l’aborde en soulignant, entre autres, la nécessité d’une meilleure identification et explicitation de ces signes. L’objectif est que le consommateur puisse savoir à quoi il a affaire.

Dans cette idée, si un annonceur crée un logo, il faudra qu’il indique clairement dans sa publicité qu’il en est à l’origine (pas d’ambiguïté par rapport à un label officiel) et qu’il précise sa signification s’il y a un risque de confusion.

Mais également – au-delà de ces deux éléments majeurs, le nouveau texte marque des avancées significatives sur des sujets qui, pour être plus pointus, n’en sont pas moins importants. On retiendra notamment :

a) La présentation de dispositifs complexes – Comment communiquer sur la compensation carbone sans induire le public en erreur, par exemple ?

Ainsi, ce n’est pas parce qu’un constructeur automobile compense les émissions émises pendant deux ans par un véhicule qu’il peut afficher un slogan de type "tel modèle = zéro CO2".

b) La visualisation – Jusqu’où peut-on aller dans la "verdisation" d’un visuel ?

Par exemple, il ne sera plus acceptable d’identifier un avion à un oiseau ou une voiture à un arbre.

c) Les prototypes, les rêves – Par exemple, quand un produit n’existe qu’au stade expérimental, est-il possible de s’en prévaloir dans une publicité ?

Si un annonceur a développé un prototype, il pourra le mettre en avant dans sa publicité mais il devra le présenter comme tel, sans que le public puisse penser que le produit est commercialisé.

d) Du corporate au produit – Comment ne pas utiliser de façon abusive un positionnement corporate quand on fait de la communication produit, et inversement ?

Ainsi, un annonceur ayant développé une fondation en faveur de la protection des fonds marins ne pourra pas en tirer argument pour dire que ses produits issus de la mer procèdent d’une pêche durable.

Un renforcement du point sur la portée éco-citoyenne des messages

L’ancienne Recommandation Développement Durable avait innové en proscrivant la représentation dans la publicité de comportements contraires à la protection de l’environnement. Le nouveau texte ajoute une dimension complémentaire : la non dévalorisation par la publicité de la gravité des enjeux liés au développement durable. Par exemple, les publicités qui relativiseraient la gravité de la problématique du réchauffement climatique seront exclues.

Ce texte entrera en vigueur le 1er octobre 2009.

 

Jean-Pierre Teyssier, Président de l’ARPP :

"Après la réforme du dispositif de régulation professionnelle de la publicité, la mise en place d’un conseil systématique pour les arguments écologiques, la publication d’un Code sur la construction de maisons intégrant des règles environnementales, cette Recommandation est une étape supplémentaire dans l’accomplissement des engagements pris en faveur d’une publicité éco-responsable. L’étape suivante est la publication des résultats du bilan Ademe sur la bonne application des règles, prévue pour la rentrée prochaine."

09/06/2009

L'effet boomerang de l'antisarkozysme

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/l-effet-boomerang-de-l-antisarkozysme_1203799_1168667.html

 

L'effet boomerang de l'antisarkozysme

LE MONDE | 08.06.09 | 13h48  •  Mis à jour le 08.06.09 | 13h50

 

Un séisme. Le mot n'est pas trop fort pour décrire les bouleversements qui se sont produits, dimanche 7 juin, sur la scène politique française. Réputé pour sa brutalité, le scrutin européen, qui se déroule à la proportionnelle à un tour, a fait deux grandes victimes : le PS, qui tombe à 16,48 % des suffrages exprimés, et le MoDem, qui n'en obtient que 8,45 %.

Mais, une fois n'est pas coutume, il a aussi consacré deux vainqueurs, l'UMP, qui arrive en tête avec 27,87 %, et Europe Ecologie, qui fait pratiquement jeu égal avec le PS à 16,28 %. Deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, ces résultats appellent une série de questions qui vont structurer toute la suite du quinquennat.

Quelle est la réalité de l'antisarkozysme ? Hormis celles de l'UMP, les listes qui concouraient avaient comme point commun l'opposition au chef de l'Etat. Or, le parti présidentiel arrive largement en tête, ce qui ne s'était pas produit depuis 1979. Dispersés, mal structurés, les opposants au président de la République ne parviennent pas à peser, alors même que le scrutin comportait une dimension de vote sanction.

Autre fait troublant: les deux partis qui avaient démarré la campagne sur une opposition frontale au chef de l'Etat boivent le bouillon: le PS accuse un retard de plus de onze points sur l'UMP, et le MoDem, qui voulait être la surprise de ce scrutin, est en recul de 3,4 % par rapport à son score de 1994. L'un et l'autre ont commis l'erreur de se tromper d'élection, de négliger la dimension européenne du scrutin, d'oublier d'être une force de propositions. Ils se sont noyés dans leur antisarkozysme, offrant, par contrecoup, au président de la République l'opportunité d'accélérer les réformes sans renoncer à l'ouverture.

Le Parti socialiste est-il en bout de course ? Depuis 2002, le principal parti d'opposition ne parvient pas à se reconstruire. Le ministre de la relance Patrick Devedjian n'a pas manqué de le souligner en comparant le score enregistré dimanche par le PS à celui de Lionel Jospin le 16 avril 2002.

Absence de leadership, de projet, d'alliés, les maux dont souffre ce parti sont pointés du doigt par tous ces dirigeants sans qu'aucun ne parvienne à prendre le dessus. En s'approchant du très mauvais score de Michel Rocard en 1994 (14,49%) alors qu'elle s'était fixé un objectif de 20 % à 22 %, Martine Aubry l'Européenne, la fille de Jacques Delors, enregistre une défaite personnelle. Hormis l'outre-mer, toutes les régions sont en repli, Nord compris.

Mal remis des séquelles du congrès de Reims, le PS n'a pas seulement fait une très mauvaise campagne. Il a été aussi affaibli par la dissidence de Jean-Luc Mélenchon qui, allié au PC dans le Front de gauche, est parvenu à attirer 6,05 % des voix, et à devancer le NPA d'Olivier Besancenot (4,88 %).

Comme à chaque lendemain de défaite, les responsables socialistes – Martine Aubry en tête – promettent de s'attaquer à la rénovation, mais le chantier est compliqué par l'apparition d'un nouveau handicap: le score piteux du PS ne lui permet pas de prétendre être la force autour de laquelle se réorganise l'opposition, il doit compter avec un revenant: Daniel Cohn-Bendit.

L'écologie est-elle en train de s'imposer comme l'utopie du XXIe siècle ? Menacés de disparition lors de l'élection présidentielle de 2007, les Verts connaissent une spectaculaire renaissance à la faveur de "l'ouverture" menée par Daniel Cohn-Bendit.

Rassemblant sous sa bannière les Verts, les amis de Nicolas Hulot, les associatifs, ainsi que des personnalités comme José Bové ou Eva Joly, le député européen a mené une campagne 100 % écologique et 100 % européenne, au moment où l'idée de croissance verte est en vogue dans l'Union.

Il a eu du nez : l'homme à la mode, c'est lui, qui approchera les 70 ans à la fin de son mandat. Pour que ce ne soit pas qu'un feu de paille – un risque dans ce genre d'élection –, il reste à structurer un courant écologique, alors que l'ancien leader de mai 1968, qui a la nationalité allemande, veut continuer à vivre entre Francfort et Bruxelles.

Les frontières traditionnelles ont-elles vécu ? La question se pose dans chaque camp, obligé de remettre à plat la question des alliances. A droite, l'UMP règne, mais sur un désert. Grace à des thèmes comme la sécurité, elle est parvenue à contenir l'électorat frontiste à 6,34 % et souverainiste à 6,57 %, mais il lui manque des alliés pour espérer remporter le scrutin régional de 2010, qui se joue à deux tours.

A gauche, le PS se retrouve écartelé entre les partisans de l'alliance avec la gauche radicale et ceux qui lorgnent vers un MoDem très mal en point. Des deux côtés, le succès des listes Europe Ecologie incite à un recyclage accéléré de la thématique verte. Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a été le premier à tenter le raccourci entre l'UMP et Europe Ecologie, en estimant que les Français avaient soutenu les listes qui ont parlé "d'avenir, d'Europe et de planète".

De fait, il ne faut pas négliger dans cette élection la dimension européenne. Les listes qui s'en sont le mieux sorties sont celles qui ont su marier une vision européenne avec les enjeux français. De quoi nuancer les interprétations du niveau record de l'abstention (59,36 %).

 

Françoise Fressoz

Article paru dans l'édition du 09.06.09

10:21 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

Le Front de gauche devance le NPA

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/le-front-de-gauche-devance-le-npa_1203926_1168667.html

 

Compte rendu

Le Front de gauche devance le NPA

LE MONDE | 08.06.09 | 15h36  •  Mis à jour le 08.06.09 | 15h36

 

Dans la compétition qui opposait le Front de gauche au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), les amis de Marie-George Buffet et de Jean-Luc Mélenchon ont emporté la partie. Avec 6,05 % des voix et quatre élus, l'alliance du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire (transfuges du NPA) a réussi son pari. Alors qu'il était largement en tête des enquêtes d'opinion pour la cinquième place en début de campagne, le NPA s'est fait dépasser et obtient au final 4,88 %, mais pas d'élus.

"Nos listes ont été les seules qui ont donné à voir un espoir qui se lève. On a commencé cette démarche d'union sur la base d'un projet politique audacieux, il faut la poursuivre", a lancé la secrétaire nationale du PCF sur une péniche amarrée au port de la Gare à Paris. Entourée des militants qui scandaient "Tous ensemble, tous ensemble, Front de gauche", la numéro un communiste a expliqué que, si la coalition avait eu ce résultat encourageant, c'était grâce au "rassemblement". Jean-Luc Mélenchon n'était pas en reste. Si, à ses yeux, "la gauche n'a pas de quoi pavoiser", car "le PS est dans le trou", le Front de gauche est "un point d'appui, une méthode pour rassembler et marier identité et unité".

Cette campagne mêlant culture communiste, socialiste et trotskiste, mais qui a su attirer des syndicalistes, des adhérents du Mouvement républicain et citoyen, ou des collectifs antilibéraux, a réussi une petite dynamique militante. Les listes du Front de gauche ont bénéficié aussi d'un électorat plus captif, plus vieux et donc plus prompt à se mobiliser.

Le PCF sauve ainsi la face avec l'élection de Patrick Le Hyaric en Ile-de-France, de Jacky Hénin dans le Nord. S'y ajoute celle d'une militante associative, Marie-Christine Vergiat dans le Sud-Est et d'un élu du Parti communiste réunionnais, Elie Hoareau. Et Marie-George Buffet peut partiellement effacer son score désastreux de 1,93 % à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon réussit son pari en emportant un siège dans le Sud-Ouest, sur les terres traditionnellement socialistes. "Si on veut avoir d'autres résultats, c'est toujours ensemble qu'on y arrivera", a conclu Mme Buffet, dimanche 7 juin. C'est désormais l'enjeu pour cette gauche antilibérale : parvenir à maintenir l'attelage, et même l'élargir "à quatre, cinq ou beaucoup plus", comme le dit la numéro un communiste.

 

AMBIANCE MODESTE AU NPA

L'ambiance était plus modeste au NPA. Devant une quinzaine de militants, c'est Omar Slaouti, tête de liste d'Ile-de-France, qui a donné l'analyse du résultat de son parti : "Ce fut notre premier test électoral. Et avec près de 5 %, c'est plutôt un bon résultat." "C'est un bon début", a déclaré, de son côté, M. Besancenot, précisant qu'"il faudra faire avec la gauche anticapitaliste dans ce pays". Le ton était donné : l'objectif a presque été atteint

Expliquant que leurs listes ont pâti plus que d'autres d'une abstention particulièrement forte dans les milieux populaires, les amis d'Olivier Besancenot tentent de donner le change. "Avec près de 5 %, notre progression par rapport à 2004 est notable", analyse François Sabado, un vieux dirigeant de la LCR. "Ce n'est pas une percée ni un résultat fracassant, mais dans les conditions d'un scrutin difficile pour nous, c'est assez satisfaisant", admet Pierre-François Grond, membre de l'exécutif.

Le parti de M. Besancenot se maintient au niveau du score de son leader à la présidentielle. Le résultat est modeste et la bagarre avec le Front de gauche perdue. Mais en doublant le score obtenu en 2004, alors dans le cadre d'une alliance avec Lutte ouvrière, le NPA s'installe. Il a distancé les amis de Nathalie Arthaud et Arlette Laguiller. Et presque doublé le score de l'extrême gauche à lui tout seul. Reste à garder l'élan militant qui s'était agrégé au sortir de la campagne présidentielle autour d'un axe : le NPA serait la seule "vraie gauche". Ce test les a détrompés.

 

Sylvia Zappi

 

Pas d'élus pour Lutte ouvrière

Avec 1,2 % des voix, Lutte ouvrière (LO) s'est fait une fois de plus distancer par les amis d'Olivier Besancenot. La désignation de Nathalie Arthaud comme nouvelle porte-parole, à la place d'Arlette Laguiller, n'a pas suffi à renouveler l'image un peu désuète et très orthodoxe de LO.

"Nos scores sont modestes, mais témoignent de la permanence d'un courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte ouvrière", a reconnu Mme Arthaud dans un communiqué. Et d'ajouter : "Et si le poids de cet électorat est faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales."

Après avoir fait campagne sur le peu d'intérêt des travailleurs pour ce scrutin, LO estime que les élections européennes constituent "un épiphénomène dans une période où les classes populaires subissent des attaques".

Article paru dans l'édition du 09.06.09

09:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

05/05/2009

L’Union européenne contre les droits des femmes

lu sur : http://www.parti-ouvrier-independant.com/spip/spip.php?article298
L’Union européenne contre les droits des femmes

Le 3 octobre dernier, la Commission européenne a présenté une nouvelle proposition de directive concernant les femmes enceintes. La discussion sur cette directive doit venir au Parlement européen le 5 mai. Cette directive contient une remise en cause fondamentale des droits des femmes en supprimant le congé prénatal obligatoire ( pour la femme comme pour l’employeur) qui est en France de 2 semaines avant la date présumée de l’accouchement.

Cette même directive propose d’allonger la durée globale du congé de maternité de 14 à 18 semaines. Un droit et non une obligation. Chacun comprend comment pourront s’exercer les pressions des employeurs ! Au nom des prérogatives que lui confèrent les traités européens, la Commission européenne voudrait ainsi interdire aux Etats membres de maintenir le congé prénatal d’au moins deux semaines, là où il est obligatoire, comme c’est le cas en France.

La Commission européenne justifie cette mesure en expliquant que les femmes doivent pouvoir conserver le choix de travailler jusqu’au terme de leur grossesse en invoquant le fait de « de nombreuses femmes enceintes ne connaissent aucun problème de santé durant leur grossesse » et qu’elles souhaitent passer le plus de temps possible avec leur nouveau-né après la naissance. De qui se moque-t-on ? Qui peut croire un seul instant que la suppression du congé prénatal obligatoire relèverait du « choix des femmes » ? Qui peut croire un seul instant que la suppression du congé prénatal améliorerait la protection des femmes enceintes ? Il est parfaitement juste d’affirmer, comme le fait la Commission des affaires européennes du Sénat (1), que : « le congé prénatal, en assurant aux femmes enceintes le repos indispensable dont elles ont besoin, surtout durant le dernier mois de la grossesse, où tout est plus contraignant, contribue à la prévention des naissances prématurées ». Dans les pays qui n’ont pas de congé maternité prénatal, les taux de prématurés observés atteignent parfois le double du taux français ! Tout comme il est juste de revenir sur les pressions auxquelles les femmes pourraient être soumises dans certaines entreprises « parfois contre leur gré, de rester à leur poste de travail le plus longtemps possible ».

Le 16 avril dernier, la commission des droits de la femme du Parlement européen a adopté un rapport, présenté par Edite Estrela au nom du Parti socialiste européen, sur cette directive.

Aucun des 29 amendements proposés ne porte sur la question du congé prénatal obligatoire !

Alors que les institutions de l’Union européenne remettent en cause les droits des femmes depuis des décennies, comment prétendre combattre pour « Une Europe des droits des femmes » sans rompre avec les traités européens existants ? Pour le maintien de la période de congé prénatal obligatoire, pour la rupture avec l’Union européenne ! C’est cette exigence qu’exprimeront les travailleuses et travailleurs rassemblés le 16 mai prochain à l’initiative du POI.

(1) La sénatrice Annie David a déposé une résolution demandant au gouvernement de s’opposer à la suppression du congé prénatal obligatoire.

La commission femmes du Parti Ouvrier Indépendant

Cet article a été publié le 30 avril 2009

03/02/2009

FRONT COMMUN A GAUCHE POUR UNE AUTRE EUROPE ET UNE ALTERNATIVE AU CAPITALISME. Meeting unitaire à FRONTIGNAN

Les politiques de l’Union Européenne ont sur nos vies des effets désastreux (chômage, précarité pauvreté croissante, inégalité des chances, perte de souveraineté nationale...). Elles contribuent à la crise globale du capitalisme mondialisé que nous subissons.
Rompre avec cette logique destructrice et vaincre la crise s’impose partout en France, en Europe, dans le monde.
Commencer à construire de nouvelles fondations pour l’Union Européenne et ouvrir de nouvelles perspectives est plus que jamais à l’ordre du jour.

Inventons une Europe sociale et écologique, démocratique et égalitaire, de paix et de coopération et non de concurrence, pour éviter la catastrophe écologique et sociale qui menace.
Cela suppose l’émergence d’un projet reposant sur un autre mode de développement, au service des besoins des peuples et non des profits.
Ce projet alternatif proposera (entre autres) :
- Une réorientation globale des choix économiques et sociaux.
- Le développement et la démocratisation des services publics.
- L’instauration d’un bouclier social protégeant les salariés et l’ensemble du monde du travail.
- L’égalité des droits pour les résidents en Europe.
- D’autres rapports avec le Sud, sur la base de coopérations équitables.
- Une autre action sur la scène internationale. Sortie de l’OTAN. Le refus d’envisager la guerre comme mode
de règlement des conflits sera en particulier affirmé (Gaza, Darfour, Afghanistan).

De nombreux citoyens et citoyennes, non organisés, ou membres de partis politiques, de syndicats, d’associations, de collectifs, souhaitent empêcher que soient renvoyés aux oubliettes de l’histoire, le « non » français au Traité Constitutionnel du 29 mai 2005 ainsi que les votes des peuples hollandais et irlandais.
Refusant le Traité de Lisbonne et l’Europe antidémocratique de l’argent-roi, ils prônent la construction d’une Europe anti-libérale et veulent être associés à sa construction.

C’est ce qu’ont exprimé 150 d’entre eux, le 16 décembre 2008 à Montpellier, lors d’un débat autour du thème « Quelle Europe voulons-nous ? », initié par le collectif départemental « Pour une Autre Europe », à la suite de l’Appel Politis.

C’est ce qu’ils exprimeront le 5 février prochain à FRONTIGNAN

(19h30, Salle de l’Aire; voir les indications sur : http://partidegauche34.midiblogs.com/ ; lien ci-contre)

au meeting unitaire national, décentralisé
« Front de Gauche pour Changer l’Europe »,
avec la participation de Jean-Luc Mélenchon (PG), Francis Wurtz (PCF), Denis Sieffert (Politis),
Jacques Nikonoff (M’PEP), un représentant des Alternatifs, des CUALS et du MRC.

L’action commune dans la diversité est engagée dans notre département. Elle se poursuivra dans les mois qui viennent avec des initiatives nouvelles (Jeudis pour une autre Europe, réunions citoyennes par secteur géographique).

Tout appelle aujourd’hui les forces de transformation sociale et écologique à s’unir et à lutter pour une alternative au capitalisme en crise et à faire front commun aux Elections Européennes de juin 2009.

Collectif pour une autre Europe.

Alternatifs, Appel Politis, CUALS, Mars, MPEP, MRAP, MRC, PCF, PG.

17/12/2008

L'Élysée ne connaît pas la crise !

lu sur le monde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/12/17/l-elysee-augmente-discretement-son-budget-de-9-1_1132349_0.html

L'Elysée augmente discrètement son budget de 9,1 %
LEMONDE.FR avec AFP | 17.12.08 | 15h55 • Mis à jour le 17.12.08 | 16h09

L'Elysée vient d'augmenter de 9,2 millions d'euros son budget initial pour 2008, soit une hausse de 9,1 %, a affirmé, mardi 16 décembre, dans un communiqué, le député apparenté PS René Dosière. Cette augmentation s'est faite par décret publié au Journal officiel électronique du 14 décembre 2008, a précisé M. Dosière, qui ironise sur le fait que cette "procédure discrète" n'ait pas été pas reprise dans l'édition papier du Journal Officiel.

Vérification faite, un décret au JO du 14 décembre prévoit effectivement 9,2 millions d'euros pour la présidence de la République, sous forme "d'autorisation d'engagement" et de "crédits de paiement". En compensation, le même décret annule 9,2 millions de crédits sur les budgets des missions de la défense (5,3 millions) et de la sécurité (3,9 millions). Le décret est signé par le premier ministre, François Fillon, et le ministre du budget, Eric Woerth.

"Contrairement à l'an passé, l'Elysée n'a pas utilisé la procédure transparente de la loi de finances rectificative, qui est actuellement en cours de discussion au Parlement", commente M. Dosière. Le 15 octobre, le député avait affirmé que les crédits de l'Elysée pour 2009 étaient en hausse de 11,45 % par rapport à 2008. L'Elysée avait aussitôt répondu que son budget, "exemplaire de transparence et de bonne gestion", progressait en réalité de seulement "2 %". La différence entre les deux chiffres correspondait en fait à cette hausse de 9,1 % du budget 2008 accordée en fin d'exercice, qualifiée par René Dosière de "tour de passe-passe".

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Remarque : cette augmentation est vraiment très discrète ! J'ai eu un peu de mal à la trouver.
Il faut aller sur les site du Journal Officiel :

http://www.journal-officiel.gouv.fr/frameset.html

Puis cliquer sur le calendrier pour demander le numéro du 14 décembre

Dans ce numéro, il faut aller au point 15 :

15 Rapport relatif au décret n° 2008-1317 du 12 décembre 2008 portant transfert de crédits

Puis il faut télécharger le fichier pdf correspondant, l'ouvrir et voir finalement que :

Art. 1er. −Sont annulés, pour 2008, des crédits d’un montant de
9 200 000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret.
Art. 2. −Sont ouverts, pour 2008, des crédits d’un montant de
9 200 000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables au programme du budget général mentionné dans le tableau 2 annexé au présent décret.

Le tableau 2 étant :

INTITULÉ DE LA MISSION, DU PROGRAMME, DE LA DOTATION : Présidence de la République.
NUMÉRO du programme ou de la dotation : 501
AUTORISATIONS d’engagement ouvertes (en euros) :9200000
CRÉDITS de paiement ouverts (en euros) : 9200000

Le Sénat ne connaît pas la crise !

Voir aussi les précédentes notes sur le Sénat dans les archives du blog de l'association " Une Place pour Tous ! ": notes du 18/11/2008 et du 27/6/2009 ( lien ci-contre )

Lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/12/17/le-senat-refuse-de-se-separer-de-ses-importantes-reserves-financieres_1132171_823448.html

Le Sénat refuse de se séparer de ses importantes réserves financières
LE MONDE | 17.12.08 | 14h41 • Mis à jour le 17.12.08 | 14h41

Le bureau du Sénat a arrêté, mardi 16 décembre, un deuxième train de mesures destiné à restaurer l'image de cette institution, écornée par les révélations sur ses fastes et les privilèges dont bénéficient ses membres. Le nouveau président, Gérard Larcher (UMP), désireux de rompre avec les pratiques de son prédécesseur, Christian Poncelet, assure vouloir rendre "transparente" la gestion du Palais du Luxembourg.

Mais le bureau a refusé toute restitution éventuelle des très importantes "réserves" financières du Sénat. En sus de la dotation budgétaire de l'Etat (336 millions d'euros en 2009), le Sénat dispose d'environ 220 millions d'euros de ressources propres sous forme de valeurs mobilières et d'immobilisations financières. Surtout, les "réserves" des caisses de retraite du Sénat s'élèvent à 1,16 milliard d'euros (539 millions pour la caisse de retraite des sénateurs et 626 millions pour celle des personnels).

PRÊTS IMMOBILIERS À TAUX ZÉRO

"Pourquoi montrer du doigt un système éprouvé qui permet de demander trois fois moins à l'Etat pour le financement des pensions qu'il sert ?", a défendu M. Larcher. En 2007, ces disponibilités ont été sollicitées pour 13,3 millions d'euros pour les retraites des sénateurs et 7,1 millions pour celle des personnels.

Le premier questeur, Philippe Richert, a lui aussi vigoureusement défendu le principe de ces caisses autonomes, dont la création remonte à 1856 pour celle des personnels et 1905 pour celle des sénateurs, et dont "le produit est issu des dépôts de ses cotisants". "Il n'y a pas de raison de penser que l'Etat gérerait mieux ces montants", estime le sénateur (UMP) du Bas-Rhin.

Ainsi campé sur ses "réserves", le Sénat a toutefois consenti un geste. Il propose un "pacte de stabilité financière" avec l'Etat reposant sur "deux engagements" : le maintien de la dotation et du budget du Sénat en euros constants sur les exercices 2009, 2010 et 2011 ; la restitution à l'Etat de toute partie de la dotation qu'il n'aurait pas utilisée pour son fonctionnement. Il a aussi annoncé qu'à partir du 31 décembre 2009 ne seront plus accordés aux sénateurs et aux personnels de prêts immobiliers à taux zéro : une économie qu'il évalue à 71,5 millions d'euros.

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 18.12.08

13/12/2008

LES ORS DE LA RÉPUBLIQUE

À lire sur "le Point" un article sur Rachida Dati :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/l-extravagante-mme-dati/920/0/298981

..."Rachida Dati a la bougeotte. Effectuer trois déplacements dans une même journée ne lui fait pas peur. Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque, mue par une sorte de mouvement perpétuel, elle exige, pour un oui, pour un non, d’emprunter les avions de l’Escadron de transport, d’entraînement et de calibration (Etec), l’unité de l’armée de l’air réservée au transport du chef de l’Etat et des membres du gouvernement. Les appareils aux couleurs de la République française ont de 8 à 12 places, mais voyagent pratiquement à vide, la ministre ne tolérant auprès d’elle que son chef de cabinet, qui tient l’agenda, et un chargé de communication. Or un vol de Villacoublay, la base aérienne de la flotte, revient en moyenne de 15 000 à 20 000 euros. « Rachida Dati ne regarde pas à la dépense » , fait-on remarquer dans les préfectures. D’autant que, chaque fois, tenus d’arriver avant elle pour préparer le déplacement, conseillers, directeurs de l’administration centrale, membres de l’équipe vidéo qui la suit en permanence, et sa photographe sont obligés de prendre un avion de ligne ou le TGV, à l’aube de préférence. Tant pis si, sur place, les préfets doivent organiser aux frais de la princesse deux convois sous escorte."...

... article se terminant par :

"...Des âmes charitables affirment qu’à l’heure de la curée Rachida Dati, qui connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur."
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Ce qui a été à l'origine de l'information suivante, lue sur lemonde.fr ( http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/12/12/dati-tairait-des-informations-sur-la-gestion-des-hauts-de-seine_1130630_823448.html ) :

Dati tairait des informations sur la gestion des Hauts-de-Seine
LEMONDE.FR | 12.12.08 | 19h32 • Mis à jour le 12.12.08 | 19h55

Rachida Dati, qui connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine (...), saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur [Nicolas Sarkozy]" : cette petite phrase, publiée dans un article du Point sème le trouble. En insinuant que la garde des sceaux, qui a occupé de 2004 à 2005 le poste de directrice générale adjointe du conseil général, pourrait disposer d'informations explosives sur l'attribution des marchés publics dans un département alors dirigé par Nicolas Sarkozy, le journaliste Denis Demonpion a déclenché une série de réactions en chaîne, vendredi 12 décembre.

Le député socialiste Arnaud Montebourg est, le premier, monté au front, s'étonnant du silence longtemps observé par la garde des sceaux. Soit Rachida Dati "a connaissance d'irrégularités de nature à mettre en cause le président de la République (...) et elle s'empresse de faire ouvrir une enquête, soit elle doit démentir immédiatement", écrivait le député, vendredi, à la mi-journée.

LES ÉLUS PS RÉCLAMENT UNE ENQUÊTE

Il n'en fallait pas plus pour que la chancellerie, après s'être longtemps réfugiée derrière un laconique "aucun commentaire", ne rende publique une lettre (à lire sur le site Internet du Point) adressée par la ministre à l'auteur de l'article. Rachida Dati y qualifie l'article de "totalement faux", souligne n'avoir eu aucun "contact" avec le journaliste. Et assène : "Ma fonction (...), mon statut, mes convictions personnelles et ma loyauté sans faille à l'égard du chef de l'Etat sont à l'opposé de ce que vous insinuez." Denis Demonpion assurait pourtant de son côté, au nouvelobs.com, jeudi 11 décembre, qu'il ne "retirait pas une ligne" à ses écrits, assurant même : "Rachida Dati n'a pas démenti et ne démentira pas."

En fin d'après-midi, 6 élus socialistes du conseil général des Hauts-de-Seine ont tiré la dernière salve : ils demandent que le président du conseil général, Patrick Devedjian, saississe "le procureur de la République de Nanterre afin d'ouvrir une enquête judiciaire concernant les informations dont disposerait" Rachida Dati. Plusieurs affaires judiciaires sont déjà en cours d'instruction sur des malversations financières présumées en lien avec le conseil général des Hauts-de-Seine.



Le Monde.fr, avec AFP

LA GESTION DE L'EAU EN ÎLE DE FRANCE : la politique sous son plus mauvais jour

lu sur le site de l'ACME (lien ci-contre) :

EDITO
Le vote a eu lieu : Rien ne change sous l'eau du SEDIF
Nihil novi sub sole
Malgré un engagement fort et uni de nombreux élus, d'associations de défense des consommateurs, d'associations de défense du service public et de particuliers, les délégués du SEDIF ont voté ce matin et ont choisi de conserver son mode actuel de gestion de l'eau. Il restera en régie intéressée et sera délégué à une société privée.
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'Petits meurtres entre amis 'de la gestion publique de l'eau, grâce aux bulletins secrets.
Le vote a eu lieu : Rien ne change sous l'eau du SEDIF
88 contre 54

Ce 11 décembre 2008 aurait pu marquer un virage de la politique de l'eau en Ile de France. Mais c'est un jour sombre pour tous ceux qui croyaient possible un retour en régie publique de sa gestion.

Le vote à bulletins secrets a permis ce résultat : 88 délégués sur 142 ont voté pour le renouvellement du contrat du SEDIF pour la gestion de l'eau à une entreprise privée , 54 ont voté contre, c'est-à-dire qu'ils choisissaient un mode de gestion en régie directe.

Un vote à bulletins secrets :

Alors que le vote concernait un choix de gestion d'une délégation de service public, il s'est opéré à bulletins secrets..., à la demande de 68 délégués de "droite". Ce qui aura permis peut-être aux délégués les moins courageux, ou à ceux qui s'étaient engagés à voter contre, de se désavouer et d'échapper à la vindicte de leur parti ou de leurs électeurs.

Pourtant hier les comptages des associations et des élus engagés pour un retour à une gestion publique ne prévoyaient pas un tel score. Les déclarations les élus de gauche comme certains de droite donnaient le résultat du vote incertain ou même défavorable pour le choix que défend M. Santini.

Tout avait été préparé pour couvrir les retourneurs de vestes : le résultat est là !

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Article de l'AFP : Ile-de-France: les élus maintiennent la gestion de l'eau au secteur privé
/ 11 décembre 2008 17h10)

Voici en effet le résultat du vote acquis par Santini 88 contre 54 . « CHOISY-LE-ROY (Val-de-Marne) - Les élus du Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) ont voté jeudi en faveur du maintien au secteur privé de la gestion du plus gros service d'eau potable en Europe, par 88 voix contre 54, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce vote, effectué à bulletins secrets, entérine la poursuite de la délégation de service public (DSP), confiée depuis 1923 au groupe Veolia (alors Générale des Eaux), et rejette de fait la constitution d'une régie publique qui avait notamment les faveurs d'élus de gauche.

Le débat public précédant le vote a souvent viré à la passe d'armes: les partisans de la motion ont fustigé le "recours à des méthodes altermondialistes" de la part des partisans de la régie publique, qui ont, eux, accusé Veolia d'"être obnubilé par la soif de rentabilité".

Signé en 1962 pour un montant de 317 millions d'euros, le dernier contrat confié à Veolia expire fin 2010 et se trouve au centre de critiques d'associations et d'élus de gauche qui dénoncent régulièrement "une surfacturation" de l'eau francilienne, UFC-Que Choisir l'ayant évaluée à 90 millions d'euros par an.

Une étude commandée par le Sedif lui-même montre pour sa part que des économies de 35 à 42,5 millions d'euros par an pourraient être réalisées en rénovant le mode de gestion actuel.

Le débat a pris de l'ampleur depuis la décision fin novembre de la ville de Paris de remunicipaliser la distribution de l'eau dans la capitale.

A l'issue du vote, le président (Nouveau Centre) du Sedif, André Santini, s'est montré très "optimiste" concernant une future baisse des prix, invoquant "la concurrence acharnée" qui s'est manifestée sur ce marché.

"Veolia, c'est son plus beau contrat (...), ils sont très menacés, et Suez (Environnement, concurrent de Veolia, ndlr) a fait savoir, en montrant les dents, qu'il voulait être candidat. Je suis très optimiste", a résumé M. Santini.

Contactés par l'AFP, Veolia et Suez Environnement n'ont pas souhaité faire de commentaires.

Opposante au projet, la maire (Verts) de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet, a fait part de sa "déception". "Je suis convaincue que la formule de la régie aurait permis de faire plus facilement baisser les coûts tout en assurant la sécurité de l'approvisionnement", a-t-elle dit.

Le Sedif doit à présent élaborer un cahier des charges détaillant les modalités de la nouvelle délégation de service public avant le lancement d'un appel d'offres international à la mi-2009.

M. Santini s'est notamment engagé à "étudier" la possibilité de diviser le marché en plusieurs lots ("alotissement") et à instaurer "une tarification sociale" de l'eau pour les ménages modestes.

Le Sedif fournit en eau potable quatre millions d'habitants répartis sur 144 communes et les sept départements de la banlieue parisienne.

La politique, ce n’est pas cela ! Réaction de Jacques Perreux, Vice-président au conseil départemental du Val de Marne
Aujourd’hui a eu lieu le vote au sein du SEDIF pour décider de son futur mode de gestion.

Celui-ci survenant après une magnifique campagne citoyenne, devait selon tous les observateurs être extrêmement serré entre les partisans d’une gestion publique et les partisans de la poursuite d’une gestion aujourd’hui déléguée à Véolia. Monsieur Santini et ses amis de droite ont imposé le vote à bulletin secret.

Ainsi des élus du peuple, ceux de la République contrairement aux usages démocratiques dans les assemblées communales, départementales et nationales ont pu cacher leur vote sur une question d’intérêt général et sur une question concernant les générations futures. La gauche et les verts qui comptent soixante-cinq élus ainsi que le Modem qui en compte trois ont annoncé qu’ils voteraient « non » à la proposition de M. Santini.

Une chose absolument incroyable s’est alors passée, puisque seulement cinquante-quatre votes « non » ont été ressencés. Les citoyens ont donc été volés, la démocratie bafouée, par un certain nombre d’élus qui se sont rendus coupables de lâcheté en votant l’inverse de leur engagement public. Cet acte jette l’opprobre sur la politique et entretient une suspicion déjà très forte.

S’il est déshonorant, il n’aura pas le pouvoir de décourager toutes celles et tous ceux, associations, citoyens et élus qui considèrent qu’il n’est pas de meilleure gestion pour un bien commun que la gestion publique et toutes celles et tous ceux que croient qu’en politique, les actes doivent nécessairement aller de pair avec les paroles. Bien au contraire !

12/11/2008

Politique : l'Afrique mauvaise élève. Ou : la fin justifie les moyens

Ou bonne élève : tout dépend de quel côté on se place ...

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/11/11/les-deputes-senegalais-ont-destitue-le-president-de-l-assemblee_1117235_3212.html

Les députés sénégalais ont destitué le président de l'Assemblée
LE MONDE | 11.11.08 | 15h32 • Mis à jour le 11.11.08 | 15h32

CHANGER la Constitution pour se débarrasser d'un ancien premier ministre ambitieux. Abdoulaye Wade, président du Sénégal, pays censé symboliser l'exemplarité démocratique africaine, n'a pas hésité à employer les grands moyens pour évincer Macky Sall, chef du gouvernement entre 2004 et 2007. Car M. Sall, président de l'Assemblée nationale jusqu'à dimanche, est désormais considéré par le pouvoir comme un rebelle.
Les députés sénégalais ont en effet adopté, dimanche 9 novembre, une résolution " mettant fin" à ses fonctions par 111 voix contre 22. Massivement, l'Assemblée, où le Parti démocratique sénégalais (PDS) du président Wade dispose d'une majorité écrasante depuis les élections législatives de 2007 boycottées par l'opposition, a satisfait la volonté du chef de l'Etat de limoger le président qu'elle s'était donné.
Un mois plus tôt, le 13 octobre, le Parlement avait déjà voté sans barguigner une loi d'inspiration présidentielle modifiant la Constitution réduisant de cinq à un an la durée du mandat du président de l'Assemblée et du Sénat. Le 21 octobre, le président Wade avait promulgué le texte qui " s'applique au mandat en cours". Le feuilleton de la disgrâce de Macky Sall, qui agite les milieux politiques sénégalais et la presse depuis un an, venait de trouver son épilogue.

Il avait débuté lorsque le nouveau président de l'Assemblée avait avalisé la décision de la commission des finances d'auditionner Karim Wade, fils du président de la République. Les députés souhaitaient questionner M. Wade junior sur sa gestion financière de l'Agence chargée des grands chantiers de Dakar liés à l'organisation de la Conférence islamique de mars 2008, dont il est président.

L'initiative avait suscité la colère du chef de l'Etat, et n'avait pas connu de suite. Le différend entre M. Wade père et Macky Sall avait rapidement pris une tournure personnelle. En septembre, l'invitation de M. Sall par le Sénat français avait été considérée comme un casus belli. Dimanche, les députés sénégalais ont justifié sa mise à l'écart par "ses activités personnelles" à l'étranger et la crise de confiance avec l'exécutif.
L'affaire se réduirait à une simple lutte d'influence au sommet de l'Etat si elle ne reflétait pas l'âpreté de la querelle pour la succession du président Wade, 82 ans. Longtemps alliés, l'ancien premier ministre, âgé de 46 ans, et le fils du président, 40 ans, affichent désormais leurs ambitions. Le chef de l'Etat sénégalais, qui se défend de toute dérive monarchique, semble pourtant tout faire pour écarter les rivaux de son fils. Avant M. Sall, il avait limogé en 2004 une autre étoile montante de la vie politique, son ancien premier ministre Idrissa Seck, qui s'est présenté contre lui à l'élection présidentielle de 2007.
Juste après son éviction du perchoir de l'Assemblée, Macky Sall est entré lui aussi dans l'opposition. Il a démissionné du PDS et de ses mandats de député et de maire, dénonçant "une procédure antidémocratique qui n'honore pas le Sénégal".

Ph. B.
Article paru dans l'édition du 12.11.08

11/11/2008

FRANCE : un État policier ?

Les informations suivantes ont été confirmées aux informations sur France Musique il y a une heure.

Ministère de l'Éducation Nationale Secrétariat général
Délégation à la communication
110, rue de Grenelle – 75357 PARIS 07 SP
Cahier des clauses particulières
CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008

Appel d’offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics
Objet : Veille de l’opinion
(extraits)

ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION
Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement
supérieur et de la recherche.
Ils sont passés en application des dispositions des articles 57 à 59 du code des marchés publics, relatives
à l’appel d’offres ouvert.

ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS
5.1 Présentation
5.1.1 Objectif
Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :
Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
Suivre les informations signifiantes dans le temps
Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
Rapprocher ces informations et les interpréter
Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
Alerter et préconiser en conséquence
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion »
potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.

5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, articipatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.

5.1.3 Finalités
L’analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet, l’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.

31/10/2008

Amiante : le commerce l'emporte

lu sur lemonde.fr :

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux
30.10.08 | 13h53 • Mis à jour le 30.10.08 | 16h31
MONTRÉAL (CANADA) CORRESPONDANCE

L'amiante chrysotile, la forme la plus toxique de cette fibre minérale, ne devrait pas être inscrit sur la liste des 39 produits chimiques dangereux de la Convention de Rotterdam, ce qui satisfait l'industrie canadienne, quatrième producteur mondial.
A moins d'un revirement à la réunion de Rome, qui se poursuit jusqu'au vendredi 31 octobre en présence des représentants de plus de 120 pays signataires du traité, il n'y aura pas de consensus sur la question : l'Inde, le Pakistan, le Vietnam et les Philippines se sont opposés, mardi 28 octobre, à l'ajout du chrysotile à la liste rouge, ce qui aurait rendu difficile le commerce de la fibre cancérigène, sans toutefois l'interdire comme dans l'Union européenne et la plupart des pays industrialisés.
Le gouvernement canadien avait refusé jusqu'à la dernière minute de faire connaître sa position officielle, répétant seulement, mercredi, qu'il prônait toujours une utilisation "responsable et sécuritaire" du chrysotile. Christian Paradis, député de la région québécoise de l'amiante et porte-parole d'Ottawa à Rome, s'attendait à un renvoi "à la prochaine réunion, en 2010". Un autre député canadien, le néo-démocrate Pat Martin, ancien mineur d'amiante, a déclaré que "le Canada n'a rien dit, laissant ses principaux clients faire le sale travail à sa place".

"MANIPULATIONS HONTEUSES"
Ce dossier a enflammé les esprits au Canada. L'Association médicale canadienne a vivement dénoncé l'attitude du gouvernement. Dans un éditorial intitulé "La mortalité liée à l'amiante, une exportation canadienne", elle soulignait que "le Canada est la seule démocratie occidentale à s'être constamment opposée aux efforts internationaux visant à réglementer le commerce mondial de l'amiante... en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques". Ottawa, ajoute-t-elle, "semble avoir calculé qu'il est préférable pour l'industrie de l'amiante d'agir dans l'ombre, comme les marchands d'armes, sans égard aux conséquences mortelles de son utilisation".

L'Institut Rideau, centre de recherche indépendant, a reproché à Ottawa et Québec de financer le lobby de l'amiante et de nier les dangers de cette fibre. Des scientifiques canadiens ont demandé au premier ministre Stephen Harper de "cesser de faire obstruction" à la Convention de Rotterdam, tandis que le quotidien The Gazette révélait l'existence d'un rapport non publié du ministère canadien de la santé sur les dangers de l'amiante.

Anne Pélouas

En Corse, l'"enfer blanc" de Canari bientôt sécurisé :
A l'abandon depuis plus de quarante ans, l'ancienne mine d'amiante de Canari (Haute-Corse) va être mise en sécurité grâce à des crédits européens et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les travaux, d'un montant de 7,4 millions d'euros, débuteront en 2009 pour s'achever en 2010. Le chantier nécessitera des moyens de protection des prestataires et des riverains, pour prévenir la dispersion des fibres. Surnommé "l'enfer blanc" par les mineurs, ce gisement - le plus grand de France - a été exploité par une filiale d'Eternit de 1949 à 1965. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 31.10.08

14/10/2008

Instruction instructive

lu sur le monde.fr :

Dix personnes en garde à vue dans l'affaire Besancenot
14.10.08 | 17h34

Par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Dix personnes, dont cinq policiers et le patron de la société commercialisant en France le pistolet Taser, ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur une surveillance illicite d'Olivier Besancenot, apprend-on de source proche de l'enquête.

Antoine Di Zazzo, dirigeant de SMP Technologies, société qui commercialise le pistolet à impulsions électriques Taser, s'oppose publiquement depuis 2007 au porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) sur les dangers supposés de cette arme équipant certains services de police.

Olivier Besancenot a vivement réagi à l'annonce de ces gardes à vue. "J'ai une réaction d'indignation face à une opération de barbouzes et de flics véreux, d'autant plus inquiétante qu'on a un gouvernement qui n'a de cesse de propager le système des fichiers", a-t-il dit.

"On se rend compte avec ce qui vient de m'arriver que n'importe quel barbouze peut avoir accès à des données extrêmement privées, avec la mise en place de surveillances, de filatures", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Antoine Di Zazzo est soupçonné d'avoir commandité une enquête sur le dirigeant d'extrême gauche auprès des autres suspects, notamment les cinq policiers, un détective privé et un ex-policier devenu cadre bancaire à LCL (ex-Crédit lyonnais).

Ces personnes auraient consulté de manière illégale le fichier de police des cartes grises et un fichier bancaire, le Ficoba (Fichier national des comptes bancaires et assimilés), qui recense tous les comptes bancaires en France.

Un lien financier - le paiement d'une prestation - a été établi par la police entre le détective privé et SMP Technologies, selon plusieurs médias.

Olivier Besancenot, qui a obtenu près de 1,5 million de voix à la présidentielle de 2007 (4,08%), est une des personnalités de gauche les plus populaires dans les sondages d'opinion. Il prépare la création d'un nouveau parti "anticapitaliste", le NPA, qui visera à rassembler plus largement la gauche radicale.

PROCÈS TASER-BESANCENOT LUNDI

La police judiciaire et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices") interrogent les suspects dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 7 mai par le parquet de Paris après une plainte déposée par l'ex-candidat aux élections présidentielles de 2002 et 2007.

Le parquet visait dans son enquête l'"atteinte à l'intimité de la vie privée" ainsi que l'introduction frauduleuse dans des fichiers de police.

L'affaire est partie d'une enquête de L'Express, qui disait avoir découvert l'enquête privée menée sur la vie d'Olivier Besancenot de la part d'une officine de renseignement privée, d'octobre 2007 à janvier 2008.

L'Express citait un rapport de cette officine, qui mettait au jour le fait que la compagne d'Olivier Besancenot avait été photographiée au pied de son immeuble, en compagnie de l'enfant du couple.

L'Express avait publié une note confidentielle, datée du 25 octobre 2007, qui résumait les premières investigations sur le couple, jusqu'à l'emplacement de son appartement. Une autre donnait les détails de leurs comptes bancaires.

L'hebdomadaire croyait savoir que la surveillance avait été ordonnée par SMP Technologies. Olivier Besancenot a mis en cause le Taser, assurant pendant la campagne présidentielle de 2007 que cette arme avait fait des morts aux Etats-Unis et au Canada.

La société le poursuit en diffamation sur ces affirmations et nie catégoriquement tout lien avec la mise sous surveillance. Le procès se tiendra lundi prochain à Paris. Olivier Besancenot a déclaré mardi qu'il dirait son fait "dans les yeux" à Antoine Di Zazzo à cette audience.

En mai, lors de l'ouverture de l'enquête, ce dernier avait déclaré à Reuters : "On est tombé des nues. On n'a jamais demandé à suivre M. Besancenot. Dans quel but ? Sa vie privée ne nous regarde pas, on a autre chose à faire."

Édité par Gilles Trequesser