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25/09/2010

Intéressant et instructif

vu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/video/2010/09/24/qui-est-notre-cousin-neandertal_1415752_3244.html

Qui est notre cousin Neandertal ?

À l'occasion de la sortie du film de Jacques Malaterre Ao, le dernier Neandertal, le paléoanthropologue Pascal Picq nous explique, croquis à l'appui, les raisons de la disparition de notre plus proche cousin il y a environ 30 000 ans.

Simon Paul Sutton dans le film français de Jacques Malaterre, "AO, le dernier Néandertal".

vu aussi sur :

http://www.universcience.tv/media/1825/notre-cousin-neandertal.html

Notre cousin Neandertal, vidéo scientifique - Web TV universcience.tv

03/07/2009

La plus ancienne poterie

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/03/vieille-de-18-000-ans-la-plus-ancienne-poterie-est-chinoise_1214780_3244.html#ens_id=1214869

 

Vieille de 18 000 ans, la plus ancienne poterie est chinoise

LE MONDE | 03.07.09 | 15h18  •  Mis à jour le 03.07.09 | 15h18

 

Des tessons de céramiques découverts dans la grotte Yuchanyan, en Chine méridionale (Hunan), viennent d'être datés de 18 000 ans. Ce qui fait de cette poterie la plus ancienne jamais découverte. De précédents travaux avaient permis la mise au jour, dans la même région, de tels objets d'argile cuite plus récents de 2 000 à 3 000 ans. Ces résultats, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), s'appuient sur la datation au radiocarbone (carbone 14) de charbons et de collagène d'ossements animaux retrouvés dans la même couche stratigraphique. L'ensemble des datations effectuées sur les vestiges animaux du site indique une occupation de la grotte remontant à 21 000 ans environ. Des assemblages d'ossements animaux et des outils lithiques ont également été découverts sur le site.

Les chercheurs sont parvenus à réunir suffisamment de tessons pour reconstituer ce que devait être l'aspect de la céramique. D'aspect conique, celle-ci devait mesurer une trentaine de centimètres de hauteur. En outre, la qualité de sa facture laisse supposer que les artisans qui l'ont façonnée devaient être dépositaires d'un savoir-faire acquis de longue date.

La présence de telles céramiques à des époques aussi hautes pose question à la communauté scientifique. Elle suggère que la transition du paléolithique au néolithique s'est faite, en Asie de l'Est, sur de très longues périodes.

Au contraire, au Proche-Orient, le passage d'un mode de vie de nomades chasseurs-cueilleurs se fait relativement vite. Et ce n'est qu'autour du Xe millénaire avant notre ère que l'on retrouve de telles céramiques, sur des sites occupés par des populations déjà sédentarisées et maîtrisant les techniques agricoles. Une statuette en céramique datée d'environ 25 000 ans - la célèbre Vénus de Dolní Vestonice - a bien été mise au jour en Moravie (République tchèque) au début du XXe siècle, mais jamais aucun récipient remontant à des époques aussi anciennes n'a jamais été découvert.

Et pour cause : les chercheurs s'interrogent sur l'utilité de ces poteries primitives pour des populations ne maîtrisant pas encore l'agriculture - comme on le présume de celles occupant le site de Yuchanyan il y a 18 000 ans. Cependant, le site a également livré de rares restes de grains de riz. D'où ces questions : y avait-il plus de riz à l'origine qu'on n'en exhume aujourd'hui ? Ce riz était-il totalement sauvage ou déjà le fruit d'un embryon d'agriculture, dans une région réputée être le berceau de la domestication de cette céréale, à la base des régimes alimentaires de l'ensemble de l'Asie... Enfin, des questions se font également jour sur la nature de l'habitat qu'aurait représenté la grotte pour ses occupants d'il y a 18 000 ans.

 

Stéphane Foucart

Article paru dans l'édition du 04.07.09

19:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, préhistoire

17/01/2009

"Antecessor", le premier Européen

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/17/antecessor-le-premier-europeen_1143146_3244.html

"Antecessor", le premier Européen
LE MONDE | 17.01.09 | 14h00 • Mis à jour le 17.01.09 | 14h00

ne pellicule de givre s'est déposée sur les reliefs, rendant plus bleu encore le ciel de la province espagnole de Castille-Léon. Le froid est vif, comme celui, peut-être, qui, aux âges farouches de l'aube de l'humanité, poussa des hordes de chasseurs nomades à chercher refuge dans l'entrelacs de grottes et de galeries de la sierra d'Atapuerca, non loin de l'actuelle Burgos. La végétation, mêlant les influences des climats océanique et méditerranéen, était généreuse - chênes, hêtres, pins sylvestres, oliviers et arbrisseaux. Les terres, arrosées par l'Ebre et le Douro, giboyeuses. Entre le tigre à dents de sabre, l'aurochs, l'ours, le lion, le lynx, la panthère et les hominidés, la compétition pour la vie était féroce.

Accroupi devant l'entrée d'une fosse, Eudald Carbonell, codirecteur de l'équipe de fouilles, montre du doigt une étiquette fixée à un rivet. Pour le profane, un simple numéro. Mais l'oeil de l'archéologue brille. C'est là qu'a été exhumé, en 2007, un fragment de mandibule humaine vieux de 1,2 million d'années. Le plus ancien témoignage de la présence d'Homo jamais découvert en Europe de l'Ouest. Dans cet aven, baptisé Sima del Elefante ("gouffre de l'Eléphant") parce qu'y a été trouvée une molaire de mammouth, a été déterrée depuis une phalange de main provenant sans doute du même individu, un adulte mâle d'une trentaine d'années. Quelques outils de pierre taillée également.

Un bout de mâchoire, un os de quelques centimètres de long... Pour les paléoanthropologues, un trésor. Car ces reliques invitent à réécrire l'histoire du peuplement de l'Europe. On savait jusqu'ici que l'Eurasie avait été occupée par vagues migratoires successives, en provenance du berceau africain. La première remonterait à au moins 1,9 million d'années. D'autres, plus récentes et moins certaines, se seraient produites à partir de l'Afrique, mais aussi de l'Asie. Jusqu'à l'arrivée de l'homme moderne, Homo sapiens, parti de son foyer africain voilà 200 000 ans et parvenu sur le Vieux Continent il y a 40 000 ans.

Mais, pour le peuplement ancien de l'Europe occidentale, les pistes restent brouillées. Un temps prétendant au titre de plus vieil Européen de l'Ouest, le Français de Tautavel (un crâne de 450 000 ans) a d'abord été détrôné par le Britannique de Boxgrove (un tibia de 500 000 ans). Avant que, au milieu des années 1990, le site de la sierra d'Atapuerca ne livre, dans le gisement sédimentaire de Gran Dolina, les ossements (crânes, maxillaires, côtes, vertèbres...) d'au moins onze hominidés datant de 800 000 ans. Et que les dernières fouilles du site espagnol ne donnent à nos ancêtres européens un coup de vieux de 400 000 ans supplémentaires.

Entre-temps, des fossiles plus anciens encore, de 1,8 million d'années, ont été découverts à Dmanisi, en Géorgie. Ce qui peut laisser supposer que la colonisation de l'ouest de l'Europe s'est effectuée non pas par le détroit de Gibraltar, comme l'imaginent certains préhistoriens, mais à partir de l'Europe centrale.

Qui était donc l'homme d'Atapuerca ? Partageant des traits communs avec les futurs néandertaliens, apparus voilà 250 000 ans (même mâchoire), et avec Homo sapiens (même morphologie faciale), il a parfois été considéré comme leur aïeul commun. A tort probablement. "Tout porte à croire qu'il s'agit d'un rameau du genre Homo resté sans descendance, pense José-Maria Bermudes de Castro, qui codirige les fouilles. Il est sans doute né dans le cul-de-sac que constitue la péninsule Ibérique, et il y est mort."

Une espèce singulière donc, à laquelle les paléontologues ont donné le nom d'Homo antecessor, en référence à l'explorateur aux avant-postes de l'armée romaine. Un éclaireur qui "montre que l'Europe de l'Ouest a eu un peuplement plus précoce et plus important qu'on ne le pensait".

Ce chasseur, qui se servait de galets taillés et connaissait vraisemblablement l'usage du feu, était aussi... anthropophage. C'est ce que révèlent les marques d'incision observées sur les ossements provenant des onze squelettes mis au jour à Gran Dolina, tous des enfants ou des adolescents. Ces marques, semblables à celles que portent les restes d'animaux voisins, montrent que les dépouilles mortelles des jeunes victimes ont été décharnées à l'aide d'un outil tranchant et leur chair consommée. Les crânes de certaines d'entre elles furent fracassés. Et leurs os volontairement fracturés.

Il s'agit là du plus ancien témoignage de cannibalisme. Sans doute n'était-il pas pratiqué, ainsi qu'il le sera plus tard, comme un acte rituel permettant de s'approprier les qualités de la victime, mais plutôt, avance Eudald Carbonell, "afin d'éliminer les descendants d'un clan rival, en raison d'une croissance démographique entraînant une lutte territoriale".

Découvertes par hasard, à la faveur du percement d'une tranchée de chemin de fer minier, et fouillées depuis trente ans, les couches sédimentaires de la sierra d'Atapuerca sont loin d'avoir dévoilé tous leurs secrets. D'un autre gisement, la Sima de los Huesos ("gouffre des ossements"), ont déjà été sortis de terre plus de 5 000 fragments d'une trentaine de squelettes d'hominidés, datant d'environ 400 000 ans et appartenant à l'espèce Homo heildelbergensis, l'ancêtre de Neandertal. Les corps, entassés au fond d'un puits, semblent y avoir été jetés intentionnellement, ce qui pourrait constituer la plus ancienne preuve d'une pratique funéraire. Un biface en quartzite rouge, dont le fil des arêtes atteste qu'il n'avait jamais été utilisé, était déposé parmi les cadavres, en offrande peut-être.

Classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, le site d'Atapuerca "est l'un de ceux qui offrent la plus extraordinaire moisson d'informations sur l'histoire des premiers Européens", commente Jean-Pierre Mohen, directeur de la rénovation du Musée de l'homme. Avant sa fermeture provisoire, l'établissement parisien expose une sélection de ces vestiges, dont certains n'ont jamais été présentés. Ainsi de la phalange de main de 1,2 million d'années, d'autant plus précieuse que les os de petite taille sont rarement conservés dans les gisements fossiles.

Autre pièce remarquable : un crâne d'Heidelbergensis, le plus complet de tous ceux retrouvés à ce jour dans le monde, avec sa mâchoire suggérant une septicémie buccale mortelle. Les collections rejoindront ensuite le Musée de l'évolution humaine, qui ouvrira ses portes en 2010 à Burgos.

"Atapuerca, sur les traces des premiers Européens", jusqu'au 16 mars au Musée de l'homme, à Paris.


Pierre Le Hir (Atapuerca, Espagne, envoyé spécial)
Article paru dans l'édition du 18.01.09