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09/01/2009

Fin de la redistribution de médicaments inutilisés aux défavorisés

lu sur univers-nature.com :

05-01-2009

Fin de la redistribution de médicaments inutilisés aux défavorisés

Né d’un protocole d’accord signé le 6 avril 1994 entre les ministères des Affaires sociales, de l’Environnement et du ministère délégué à l’Action humanitaire, le dispositif Cyclamed a pour fonction première de récupérer et d’éliminer dans des conditions satisfaisantes les déchets issus des médicaments devenus obsolètes. Jusqu’au 31 décembre 2008, il visait également à faire bénéficier les populations les plus démunies de médicaments non utilisés en procédant à leur redistribution. Mais, suite à certaines dérives du système révélées notamment par un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) en 2005, la partie dédiée à la redistribution des produits aux populations défavorisées fut abandonnée sur décision parlementaire début 2007. On accorda néanmoins un délai aux associations humanitaires dont l’approvisionnement reposait en grande partie sur le dispositif, délai aujourd’hui arrivé à échéance avec le passage à la nouvelle année, le 1er janvier dernier.
Pour justifier ce revirement, le détournement frauduleux par certains pharmaciens du réseau Cyclamed, ayant revendu les médicaments non utilisés, est la principale raison invoquée. S’y ajoutent l’inadaptation des produits récoltés aux besoins des pays défavorisés ainsi que la dégradation des médicaments revalorisés, due notamment à de mauvaises conditions de stockage.

Malgré ces déficiences, le système représentait une source d’approvisionnement essentielle pour les associations d’aide humanitaire. En illustrent les chiffres avancés par l’association lyonnaise « Terre d’amitié », œuvrant auprès des régions africaines. En 2005, celle-ci récupérait ainsi quelque 228,2 tonnes de médicaments dont 65,1 furent expédiées au Bénin, au Burkina Faso, Madagascar, Mali, Togo ainsi qu’au Sénégal. Les 163,1 tonnes restantes furent incinérées. La faible part consacrée à la revalorisation s’explique tout d’abord par la contrainte liée au respect des dates de péremption. Par ailleurs, les médications occidentales (psychotropes…) ne correspondent guère aux traitements recherchés au sein des pays en voie de développement (antibiotiques, antiparasitaires, anti-diarrhées…).
Pour l’Ordre de Malte, autre association impliquée dans le combat humanitaire, « c’est un million de malades soignés par l’Ordre de Malte qui sont ainsi privés de médicaments ».
Ces arguments n’ont pourtant pas suffi à convaincre le gouvernement qui, bien qu’ayant affirmé chercher des palliatifs à ce déficit d’approvisionnement, n’a fourni aucune piste sérieuse à ce jour.

Pour l’heure, il est essentiel que les particuliers continuent de rapporter auprès de leur pharmacien les médicaments non utilisés, lesquels peuvent contenir des substances potentiellement néfastes à l’environnement et provoquer des accidents domestiques, tout particulièrement avec les enfants. Une fois collectés, ils seront désormais intégralement incinérés et reconvertis en sources énergétiques. Alors que les Déchets issus de Médicaments (MID) émanant des ménages représentent environ 70 000 tonnes par an, ce geste s’avère indispensable.
Mis en œuvre par Cyclamed, le processus d’incinération est assuré par 45 incinérateurs répartis sur le territoire national. L’énergie qu’il produit est récupérée sous forme de vapeur pour le chauffage des logements et/ou sous forme d’électricité pour l’éclairage. En 2003, il aurait permis de chauffer ou d’éclairer près de 8 000 logements.

Cécile Cassier